Master
Bases cellulaires et moléculaires en Biotechnologie
Pr. Zeineb ZIAN
Année universitaire: 2025-2026
Plan
I. Le Tissu Musculaire
[Link] Muscle Squelettique.
[Link] Muscle Cardiaque
[Link] Muscle Lisse.
[Link] Dystrophine et Les Protéines Musculaires Associées.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
• 1. La Dystrophie Musculaire de Duchenne (DMD)
• 2. La Dystrophie Musculaire de Becker (DMB)
• 3. La Dystrophie Musculaire Congénitale (DMC)
• 4. La Cardiomyopathie Dilatée (CMD) et Hypertrophique (CMH)
3
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- Généralité sur le Muscle
• Le tissu musculaire : un des quatre tissus fondamentaux de l’organisme aux côtés du tissu
épithélial, du tissu conjonctif et du tissu nerveux.
• Il constitue de 40 à 50 % de notre masse corporelle totale.
• Du point de vue fonctionnel, la principale caractéristique du tissu musculaire, est son
aptitude à transformer une énergie chimique en énergie mécanique.
• Cette contraction est le résultat de la mise en jeu d’un
mécanisme contractile suite à une excitation provenant du
système nerveux central et grâce à un système d’apport
énergétique.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
2- Fonction du Muscle
La mobilisation du
Le maintien de la
corps dans son
posture globale du
environnement
corps
extérieur
Fonction du
muscle
La stabilité des La production de
articulations chaleur
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
3- Propriétés du Muscle
• La propriété de modifier leur structure • La capacité de réagir à une stimulation en
en fonction du type de travail qu'ils Excitabilité produisant des phénomènes électriques grâce à
accomplissent et de s'adapter à l'utilisation de neurotransmetteurs
différents types d'efforts.
Plasticité Contractibilité • La faculté de se contracter
Propriétés vigoureusement en réponse à une
de muscles stimulation appropriée, mobilisant
ainsi les éléments auxquels leurs
fibres sont rattachées.
Tonicité Elasticité
• La capacité de retrouver la forme
• La capacité à maintenir un état de
initiale après avoir été soumis à une
tension permanent, connu sous le
contraction.
nom de tonus musculaire.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- Types du Muscle
• Le corps humain comprend trois principaux types de muscles : le muscle squelettique,
le muscle cardiaque et le muscle lisse. Chacun de ces types de muscle a des
caractéristiques structurelles et fonctionnelles spécifiques.
Muscles striés ( rouge) Muscle lisse / blanc
Muscle cardiaque Muscles squelettiques
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- La Structure du Muscle Squelettique
• Le corps humain comprends 639 muscles dont 579 sont des muscles squelettiques.
• Les muscles squelettiques sont responsables de la contraction volontaire qui permet le
mouvement du corps.
• Les muscles squelettique représente 43% de la masse du corps.
• Les muscles squelettiques sont attachés aux os par les tendons et ils produisent tous les
mouvements des parties du corps, l'une par rapport à l'autre.
• Le muscle referme:
✓ Vaisseaux sanguins.
✓ Neurofibres (des nerfs moteurs).
✓ Une grande partie de tissu conjonctif.
✓ Des adipocytes (gras intramusculaire).
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- La Structure du Muscle Squelettique
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- La Structure du Muscle Squelettique
Structure de la Fibre Musculaire Squelettique
Une fibre musculaire contient :
1. Sarcolemme : La membrane plasmique de la cellule
musculaire, associée à une lame basale, permettant
l'adhérence cellulaire.
2. Noyaux : Plusieurs noyaux situés en périphérie de la
cellule, résultant de la fusion de cellules lors du
développement, formant un syncytium.
3. Sarcoplasme : Le cytoplasme de la cellule musculaire
contenant des myofibrilles. Le sarcoplasme abrite
également des granules de glycogène et de nombreuses
mitochondries qui fournissent l'énergie pour la contraction.
4. Réticulum sarcoplasmique : Un réseau de sacs
membranaires stockant le calcium essentiel à la contraction
musculaire.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- La Structure du Muscle Squelettique
Structure de la Fibre Musculaire Squelettique
5. Les tubules transverses (Tubules T) : jouent un rôle
crucial en transportant les signaux électriques nécessaires à
la contraction et en synchronisant la libération de calcium.
6. Myofibrilles : des structures contractiles occupant la
majeure partie du cytoplasme, contenant des filaments
d'actine et de myosine responsables de la contraction
musculaire.
7. Cellules satellites : des cellules souches musculaires
inactives situées entre la lame basale et la membrane
plasmique des myocytes. En cas de lésion, les cellules
musculaires ne se divisent pas, mais elles sont remplacées
par la division des cellules satellites.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- La Structure du Muscle Squelettique
Structure d’une myofibrille
Une myofibrille : responsable de la contraction
musculaire, est composée de plusieurs éléments
clés :
• Sarcomères : Ce sont les unités fonctionnelles
de base, délimitées par les lignes Z, et
responsables de l'apparence striée des muscles.
• Filaments d'actine : Composés de protéines
d'actine en double hélice, ils ont des sites actifs
pour les interactions lors de la contraction.
• Filaments de myosine : Ces molécules de
myosine ressemblent à des bâtons de golf, avec
des têtes sphériques contenant des sites de
liaison à l'ATP et des enzymes ATPases.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- La Structure du Muscle Squelettique
Structure d’une myofibrille
• Tropomyosine : Une protéine qui recouvre les
sites actifs de l'actine, empêchant la liaison des
têtes de myosine en position de repos.
• Troponine : Une protéine composée de trois
sous-unités (troponine-T, troponine-I,
troponine-C) jouant un rôle essentiel dans la
régulation de la contraction musculaire en
réagissant au calcium.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- La Structure du Muscle Squelettique
Structure d’un Sarcomère
• Les sarcomères sont responsables de l'apparence
striée des muscles squelettiques et cardiaques,
définis comme des segments entre deux stries-Z
voisines.
• Les stries-Z sont des lignes foncées formées par des
filaments d'alpha-actinine.
• Chaque sarcomère se compose d'une demi-bande I
(isotrope), d'une bande A (anisotrope) et d'une
deuxième demi-bande I.
• La bande A est riche en filaments d'actine
superposés aux molécules de myosine, avec une
partie plus pâle appelée la bande H, constituée des
tiges des molécules de myosine.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- La Structure du Muscle Squelettique
Structure d’un Sarcomère
• La strie-M est une région où les tiges de myosine
s'organisent en hélice.
• Les demi-bandes I sont composées de filaments
d'actine et de filaments de titine (une protéine
élastique reliant la strie-M à la strie-Z pour soutenir
les filaments de myosine).
• D'autres protéines, comme la desmine, jouent un
rôle dans le maintien des sarcomères au sein de la
myofibrille en liant les myofibrilles et la membrane
plasmique.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- La Structure du Muscle Squelettique
Structure d’un Sarcomère
• Les filaments de myosine sont constitués de nombreuses
molécules de myosine associées à d'autres protéines.
• Ils ont une structure similaire à un bâton de golf, avec une tige
cylindrique se terminant par une tête sphérique à deux lobes.
• Chaque molécule de myosine est constituée de deux chaînes
polypeptidiques lourdes entrelacées, et ces chaînes forment les
deux têtes de la molécule.
• Les têtes de myosine contiennent des sites de liaison pour l'ATP et
des enzymes ATPases, ce qui les rend actives pour la contraction
musculaire en se liant aux filaments d'actine.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- La Structure du Muscle Squelettique
Structure d’un Sarcomère
• Les filaments d’actine sont constitués d'une double
hélice de protéine fibreuse appelée actine F, dont
chaque brin de la double hélice est composé de
molécules d'actine G.
• Chaque molécule d'actine G porte une molécule
d'ADP, qui sert de site actif pour les interactions
lors de la contraction musculaire.
• Le filament d'actine contient également deux autres
protéines, la tropomyosine et la troponine.
• La tropomyosine rigidifie le filament d'actine et
bloque les sites actifs en position de repos.
• La troponine, composée de trois polypeptides
différents, joue un rôle clé dans la régulation de la
contraction musculaire en réagissant au calcium.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
1- La Structure du Muscle Squelettique
Mécanisme Moléculaire de la Contraction Musculaire
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I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
2- Le Muscle Cardiaque
Structure du Muscule Cardiaque
• La paroi du cœur est composée de trois couches: l’épicarde, myocarde, et endocarde.
Le myocarde, est responsable de l'action de pompage du sang.
• Le muscle cardiaque se contracte en réponse aux signaux émis par le système de
conduction cardiaque pour faire battre le cœur.
• Le muscle cardiaque assure la circulation sanguine en propulsant le sang oxygéné vers les organes et les
tissus, et en ramenant le sang désoxygéné vers les poumons pour être réoxygéné.
• Le muscle cardiaque est constitué de cellules appelées cardiomyocytes qui possèdent une apparence striée
comme le MS, mais leur structure globale est plus courte et plus épaisse.
• Les cardiomyocytes sont ramifiés, ce qui leur permet de se lier à plusieurs autres cardiomyocytes. Cela
forme ainsi un réseau facilitant une contraction coordonnée.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
2- Le Muscle Cardiaque
Structure des Cellules Cardiaques
Les cardiomyocytes possèdent des myofilaments d'actine et de
myosine mais elles diffèrent des les cellules musculaires squelettiques
par différents points:
• Structure nucléaire: Les cardiomyocytes sont mononuclées et le
noyau est central et entourée d'un sarcolemme.
• Taille: Les cardiomyocytes sont beaucoup plus courtes.
• Agencement: Les cardiomyocytes sont allongées s'associent les
unes aux autres pour former des travées séparées les unes des autres
par du tissu conjonctif très vascularisé (endomysium).
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
2- Le Muscle Cardiaque
Structure des Cellules Cardiaques
• Connexions intercellulaires: Les cardiomyocytes sont
interconnectés par des jonctions intercalaires, des structures
spécialisées qui facilitent la conduction des impulsions
électriques d'une cellule à l'autre.
• Sarcoplasme: La majeure partie du sarcoplasme est occupée
par les myofibrilles. L’épaisseur des myofibrilles est irrégulière.
• Régénération: Les cellules satellites n’existent pas et de ce fait
la régénération des fibres lésées est impossible
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
2- Le Muscle Cardiaque
Structure des Cellules Cardiaque
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
2- Le Muscle Cardiaque
Structure des Cellules Cardiaque
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
3- Le Muscle Lisse
• Un type de tissu musculaire non strié qui existe dans les parois des organes internes.
• Responsable de diverses fonctions essentielles à la physiologie du corps telles que la
contraction des viscères, la régulation de la pression artérielle, la digestion, la miction, la
dilatation des pupilles (iris), et la respiration (bronches).
• Les fibres musculaires lisses sont situées dans les parois des
organes viscéraux creux tels que le les voies digestives,
respiratoires, urinaires et génitales.
• Les myofilaments ne sont pas organisés en sarcomères (pas de
tubules T transverses).
• La contraction est involontaire, parfois rythmique, très lente et
réalisée surtout en anaérobiose.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
• Cellule allongée, fusiforme avec un seul noyau
3- Le Muscle Lisse central, entourée d'un sarcolemme doublé d'une
Structure du Muscule Lisse
lame basale.
• Dans le sarcoplasme, de nombreuses
mitochondries, quelques lysosomes, des enclaves
lipidiques, du glycogène, et un réticulum
sarcoplasmique peu développé, ainsi que l'appareil
de Golgi.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
3- Le Muscle Lisse
Structure du Muscule Lisse
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
3- Le Muscle Lisse
Mécanisme Moléculaire de la Contraction Musculaire
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
Trois types de muscle:
Fonction Localisation Type de Cellule
Fonctionnement
Muscle cardiaque autonome pour la Cœur Cardiomyocyte
contraction du cœur
Mouvement volontaire
Muscle squelettique strié sous contrôle du système Recouvre le squelette et Rhabdomyocyte
nerveux central s’y attache.
Mouvement involontaire
Muscle Lisse sous contrôle du système Viscères: Estomac, Léiomyocyte
nerveux viscéral Intestin..
29
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine
• La dystrophine est une grande protéine structurelle qui joue un rôle essentiel dans le maintien de l'intégrité
des cellules musculaires, en particulier dans les muscles squelettiques.
• Structure : une protéine composée de plusieurs domaines
fonctionnels, dont la partie centrale, appelée domaine de
liaison à la F-actine.
• Localisation : se trouve principalement dans la membrane
plasmique des cellules musculaires, où elle renforce la
structure et prévient les dommages causés par la contraction
musculaire.
• Fonction : stabilise la membrane des fibres musculaires en
liant les filaments de myofibrilles à la membrane cellulaire.
Elle aide également à répartir les forces de contraction
musculaire.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
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I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine
La dystrophine est une protéine hydrophile du cytosquelette de 427 (kDa) (3 685 acides aminés) localisée sous
le sarcolemme. Elle est composée de quatre domaines principaux:
• Le domaine N-terminal (NT) d’une longueur de 240 (aa) qui se lie aux filaments d’actine par
l’intermédiaire de la région ABD1 (actin-binding domain 1). Cette dernière permet d’interagir avec les
filaments d’actine à travers de trois sites ABS1 (acides aminés 18 à 27), ABS2 (acides aminés 131 à 148) et
ABS3 (acides aminés 97 à 117).
Représentation de la dystrophine et de ses domaines d’interaction avec les autres protéines du DAPC. Les différents domaines de la
dystrophine et les zones d’interaction avec des partenaires protéiques du DAPC.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine
• Le domaine central (ou rod domain), le plus long de la protéine (2 840 aa), est composé de 24 répétitions
« spectrine-like », interrompues par quatre régions charnières riches en proline qui confèrent à la
dystrophine sa flexibilité.
Représentation de la dystrophine et de ses domaines d’interaction avec les autres protéines du DAPC. Les différents domaines de la
dystrophine et les zones d’interaction avec des partenaires protéiques du DAPC.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine
• Le domaine riche en cystéine (CR) de 280 aa possède deux sites de fixation au calcium intracellulaire
(EF1 et EF2) et un site de fixation du zinc (ZZ). Il présente également le domaine WW connu pour fixer le
β-dystroglycan, un partenaire majeur du complexe protéique associé à la dystrophine (DAPC).
• Le domaine C-terminal (CT) ou extrémité COOH de la dystrophine (325 aa) est composé de motifs en
hélice α (coiled-coil) et permet la liaison avec plusieurs partenaires du DAPC.
Représentation de la dystrophine et de ses domaines d’interaction avec les autres protéines du DAPC. Les différents domaines de la
dystrophine et les zones d’interaction avec des partenaires protéiques du DAPC.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
✓ La dystrophine fait partie d’un large complexe protéique appelé le DAPC (dystrophin associated protein
complex) dans lequel elle joue un rôle central dans le maintien de la structure des cellules musculaires et le
recrutement de protéines de régulation et de signalisation.
✓ Les protéines du DAPC peuvent être distinguées en deux catégories :
• Des protéines de structure permettant le lien entre la matrice extracellulaire (MEC) et le cytosquelette de la
cellule musculaire.
• Des protéines cytoplasmiques permettant la régulation de certaines voies de signalisation cellulaires.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.1. Les Protéines de Structure
Le Complexe Dystroglycane (DG)
• Complex dystroglycane composé de sous-unités α-DG (156 kDa) et β-DG (43 kDa) et sont liés par des
liaisons covalentes.
• α-DG se lie à des composants de l’MEC, notamment la laminine 2.
• β-DG est une protéine transmembranaire reliée à la dystrophine par l'intermédiaire de son domaine CR.
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I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.1. Les Protéines de Structure
L’Alpha-Dystrobrevine (α-DB)
• La famille des dystrobrevines comprend l'α-DB et la β-DB, codées par les gènes DTNA et DTNB,
respectivement.
• L'α-DB est principalement exprimée dans les tissus musculaires, tandis que la β-DB est exprimée dans les
tissus non musculaires.
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I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.1. Les Protéines de Structure
L’Alpha-Dystrobrevine (α-DB)
• L'α-DB interagit avec la dystrophine au niveau de l'extrémité CT par l'intermédiaire du domaine C terminal.
• L'α-DB est ancrée au sarcolemme par son interaction avec le complexe transmembranaire des sarcoglycanes.
• L'α-DB relie le DAPC à des protéines du cytosquelette (la syncoiline, la β-synemine et la dysbindine).
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I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.1. Les Protéines de Structure
Le Complexe Sarcoglycanes/Sarcospane
• Sarcoglycanes : glycoprotéines transmembranaires formant un complexe tétramérique.
• Association avec la protéine sarcospane.
• Fonction : renforcer le lien entre le complexe dystroglycane et la dystrophine via l'α-DB.
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I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.1. Les Protéines de Structure
Les Syntrophines
• Cinq isoformes de protéines intracellulaires d'environ 60 kDa - α1-, β1-, β2-, γ1- et γ2- synt.
• α1- synt : Principalement exprimée dans les muscles squelettiques et le cœur, β1- et β2-synt sont ubiquitaires.
• Les protéines α1- et β1- synt se lient au domaine CT de la dystrophine.
• L’α1-synt permet également de recruter la molécule nNOS.
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I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.1. Les Protéines de Structure
Les Syntrophines
• La syntrophine agit comme protéine adaptatrice au sein du DAPC.
• La syntrophine permet de localiser précisément les protéines intracellulaires impliquées dans la signalisation
cellulaire.
• Le domaine PDZ des syntrophines favorise les interactions avec diverses protéines de signalisation, y compris
les canaux ioniques TRPC1 et TRPC4, impliqués dans l'homéostasie calcique des cellules du muscle
squelettique..
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I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.1. Les Protéines de Structure
Les nNOS
• Les synthases de l’oxyde nitrique (NOS) : des enzymes impliquées dans différentes voies de signalisation.
• Dans les cellules musculaires, l'isoforme neuronale (nNOS) est impliquée dans l'interaction avec la
dystrophine via les répétitions R16 et R17 et plus particulièrement la région « linker » entre les deux
répétitions.
• Dans les tissus musculaires, le produit de synthèse de nNOS (l’oxyde nitrique) induit une vasodilatation locale
qui est essentielle pour l'oxygénation normale des muscles.
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I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.1. Les Protéines de Structure
Les Microtubules
• Les microtubules sont composés d’hétérodimères de tubulines α
et β qui polymérisent grâce à l’hydrolyse du GTP et
s’organisent d’abord en protofilaments qui ensuite s’associent
en 13 sous-unités pour former des microtubules.
• Les interactions dystrophine /microtubule se font par
l’intermédiaire des répétitions R20-23 avec une affinité plutôt
élevée.
• Comme dans le cas des interactions dystrophine /actine, celles
effectuées avec les microtubules contribuent au rôle de
charpente de la membrane.
44
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.1. Les Protéines de Structure
Les Phospholipides
• La dystrophine peut également interagir directement avec les phospholipides de la membrane des cellules
musculaires ce qui lui permet de mieux résister au stress induit par la contraction .
Représentation de la dystrophine et de ses domaines d’interaction avec les autres protéines du DAPC. Les différents domaines de la
dystrophine et les zones d’interaction avec des partenaires protéiques du DAPC.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.1. Les Protéines de Structure
L’ankyrine
• L'ankyrine est une famille de protéines qui relient le cytosquelette et la membrane plasmique. Il existe trois
membres de cette famille, appelés ankyrine-R, -G et -B. Les deux dernières interagissent avec la
dystrophine au niveau de son domaine CR
• l’ankyrine-B semble jouer un rôle clé dans l’adressage de la dystrophine au sarcolemme via le réseau de
microtubules tandis que l’ankyrine-G serait nécessaire à la stabilisation du DAPC.
Représentation de la dystrophine et de ses domaines d’interaction avec les autres protéines du DAPC. Les différents domaines de la
dystrophine et les zones d’interaction avec des partenaires protéiques du DAPC.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.1. Les Protéines de Structure
Les Protéines du Cytosquelette
• La dystrophine interagit directement avec un certain nombre de protéines du cytosquelette.
• La dystrophine est liée aux filaments d’actine au niveau de son domaine NT et des répétitions R10-R14.
• La dystrophine également se lie aux microtubules au niveau de la répétition R24 et du domaine CR (résidus 2
932 à 3 068).
• La dystrophine lie des filaments intermédiaires tels que la kératine 19 (domaine NT), la synemine (répétitions
R11-15) et la plectine (domaine CR).
Représentation de la dystrophine et de ses domaines d’interaction avec les autres protéines du DAPC. Les différents domaines de la
dystrophine et les zones d’interaction avec des partenaires protéiques du DAPC.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.2. Les Protéines de Signalisation
La Calmoduline (CaM)
• La calmoduline (CaM) est une protéine qui se lie au calcium pour activer différentes protéines de
signalisation lorsque la concentration intracellulaire en calcium augmente, notamment pendant la
contraction musculaire et la transmission du signal nerveux.
• La dystrophine possède des sites de liaison à la calmoduline dans les domaines NT et CR, suggérant que
cette liaison pourrait influencer l'interaction entre la dystrophine et l'actine, renforçant ainsi la résistance à
la contraction musculaire.
Représentation de la dystrophine et de ses domaines d’interaction avec les autres protéines du DAPC. Les différents domaines de la
dystrophine et les zones d’interaction avec des partenaires protéiques du DAPC.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.2. Les Protéines de Signalisation
La Calmoduline (CaM)
• La calmoduline peut également réguler la phosphorylation/déphosphorylation de la dystrophine en se liant à des
protéines kinases ou phosphatases.
• La liaison de la calmoduline interfère avec l'interaction de l'α1-synt au niveau du domaine CT, provoquant sa
séparation de la dystrophine. Cela suggère que la calmoduline peut réguler les interactions de la dystrophine avec
d'autres protéines en cas d'augmentation de la concentration intracellulaire en calcium.
• La calmoduline se lie à la molécule nNOS, induisant un changement de conformation et activant ainsi cette molécule.
Représentation de la dystrophine et de ses domaines d’interaction avec les autres protéines du DAPC. Les différents domaines de la
dystrophine et les zones d’interaction avec des partenaires protéiques du DAPC.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.2. Les Protéines de Signalisation
La Myospryne
• Myospryne : protéine de 449 kDa, exprimée dans le muscle squelettique et le cœur.
• Interactions protéiques : principalement via le domaine CT de la myospryne.
• Domaine CT de la myospryne lie la région CT de la dystrophine (exons 63 à 79).
• La myospryne ancre la protéine kinase A (PKA) pour la phosphorylation de la dystrophine.
Représentation de la dystrophine et de ses domaines d’interaction avec les autres protéines du DAPC. Les différents domaines de la
dystrophine et les zones d’interaction avec des partenaires protéiques du DAPC.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.2. Les Protéines de Signalisation
Les Par1b
• Par1b est une protéine kinase impliquée dans l'établissement et le maintien de la polarité cellulaire.
• Elle phosphoryle les protéines associées aux microtubules qui régulent leur stabilité.
• Par1b interagit directement avec la dystrophine au niveau des répétitions R8-R9.
• Elle pourrait jouer un rôle dans la division asymétrique des cellules satellites dans le muscle.
Représentation de la dystrophine et de ses domaines d’interaction avec les autres protéines du DAPC. Les différents domaines de la
dystrophine et les zones d’interaction avec des partenaires protéiques du DAPC.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
L’alpha-dystrobrevine
syntrophines
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et les Protéines Associées
4.2.2. Les Protéines de Signalisation Complexe dystroglycane
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I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et Le Gène DMD
• Le gène DMD code la dystrophine (une protéine essentielle pour l'intégrité des fibres
musculaires).
• Le gène DMD représente 0.1 % du génome humain et est le plus long identifié, avec
une taille d'environ 2,5 millions de paires de bases.
• 99 % de sa séquence est constituée d'introns, et son transcrit composé de 79 exons
mesure 14 kb.
• Le gène DMD est situé sur le chromosome X (locus Xp21), ce qui explique pourquoi
la maladie affecte principalement les garçons par un mode de transmission récessif.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
La Dystrophine et Le Gène DMD
Représentation schématique du transcrit DMD (gris) et des différentes régions de la protéine dystrophine
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
Les Mutations du Gène DMD
• L'absence de dystrophine dans les cellules musculaires entraîne une
série de conséquences, notamment :
o Déstabilisation du DAPC.
o Réduction de l'expression et de la localisation des partenaires de
la dystrophine au niveau du sarcolemme.
o Formation de microlésions sur le sarcolemme.
o Déstabilisation du lien entre la matrice extracellulaire et le
cytosquelette d'actine.
o Fragilité des fibres musculaires.
o Apparition de noyaux centraux dans les fibres musculaires.
o Anisocytose (une hétérogénéité dans le diamètre des fibres
musculaires).
o Infiltration de cellules inflammatoires, notamment macrophages,
lymphocytes T CD4+ et CD8+.
Représentation schématique des conséquences cellulaires de
l’absence de dystrophine dans le muscle.
I. Le Muscle et la Cellule Musculaire
4- La Dystrophine et les Protéines Associées
Les Mutations du Gène DMD
• La progression de la maladie se caractérise par :
o Épuisement de la réserve de cellules souches.
o Réduction des cycles de dégénération et régénération.
o Diminution du nombre de fibres musculaires.
o Remplacement progressif par du tissu fibreux et adipeux.
• L'absence ou la carence en dystrophine provoque deux types de
dystrophie musculaire, résultant en une destruction progressive des
muscles.
• La majorité des cas sont liés à des délétions ou duplications
détectables dans le gène, principalement entre les exons 43 et 52
• Les délétions dans le cadre du gène provoquent la forme sévère de
la maladie de Duchenne (DMD), tandis que celles en dehors du
cadre peuvent causer la forme plus légère de Becker (BMD).
Représentation schématique des conséquences cellulaires de
l’absence de dystrophine dans le muscle.
62
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
La myopathie regroupe un ensemble de maladies qui touchent les
muscles. Elle peut prendre plusieurs formes :
• La dystrophie musculaire : caractérisée par une dégénérescence
progressive des cellules musculaires.
• Les myopathies inflammatoires : provoquées par une infection,
une blessure, ou une maladie auto-immune.
• Autres myopathies : peuvent être causées par :
✓ des désordres métaboliques
✓ des désordres endocriniens
✓ la consommation de certaines drogues
✓ la consommation de médicaments
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Les dystrophies musculaires (DM):
• Des affections héréditaires progressives résultant de mutations
génétiques affectant la structure musculaire.
• Entraînant la dégénérescence progressive des cellules
musculaires et affectant la mobilité, voire la durée de vie des
patients.
• Classées en différentes formes, telles que la dystrophie
musculaire de Duchenne (DMD), la dystrophie musculaire de
Becker (DMB) , la dystrophie musculaire d'Emery-Dreifuss, la
dystrophie myotonique, et d'autres.
• Les formes de dystrophie musculaire diffèrent par la
population touchée, les groupes musculaires affectés, le
moment d'apparition de la maladie et la nature de l'atteinte
musculaire.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
• Les DMD et DMB résultent de mutations du gène DMD porté sur le chromosome X (locus p21), avec des
conséquences différentes sur la production de dystrophine. Ce sont des maladies à transmission récessive.
• La présence d'une mutation du gène de la dystrophine sur l'un des chromosomes X d'une
femme constitue un facteur de risque pour sa progéniture.
• Les DMD et DMB affectent principalement les garçons, tandis que les femmes peuvent être
porteuses du gène et présenter parfois des symptômes légers.
• L’absence de dystrophine (< 5 %) est à l'origine de la DMD, qui est la forme la plus
commune et sévère et se manifestant tôt vers l'âge de 2 ou 3 ans.
• La production d’une dystrophine anormale ou en quantité insuffisante cause la DMB, qui se
développe généralement plus tard dans la vie et entraîne des symptômes moins sévères.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Représentation schématique de la corrélation génotype/phénotype d’un patient.
(A) : Dans un contexte sain, une protéine dystrophine complète et fonctionnelle.
(B) : Dans le cas d’un phénotype DMD, l’absence de protéine dystrophine.
(C) : Lorsque, malgré la mutation, une dystrophine tronquée mais fonctionnelle.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
La dystrophine, du gène à la protéine, mutations et phénotypes associés
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
1- La Dystrophie Musculaire de Duchenne (DMD)
1.1- Généralités sur la DMD
• DMD est une maladie héréditaire la plus répandue chez l’homme.
• Touche environ 1 sur 3500 garçons, partout dans le monde à la naissance et est causée par une mutation du
gène de la dystrophine.
• Les mutations peuvent apparaître à plusieurs endroits dans le gène. La sévérité de la DMD dépend de
l’endroit, du genre, et du nombre de mutations dans le gène de la dystrophine.
• En l’absence de dystrophine chez les patients DMD, les fibres qui constituent les muscles squelettiques, les
muscles lisses, et le muscle cardiaque s’abiment à chaque contraction et finissent par se détruire.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
1- La Dystrophie Musculaire de Duchenne (DMD)
1.1- Généralités sur la DMD
✓ Des cellules souches musculaires tentent de régénérer le tissu musculaire endommagé, mais ce processus
est vite débordé et la dégénérescence finit par l’emporter.
✓ Le gène DMD responsable de la maladie étant situé sur le chromosome X, donc 99.9 % des malades sont
des garçons.
✓ Les femmes peuvent être porteuses d’une mutation affectant ce gène.
Mais comme elles possèdent deux chromosomes X, et donc deux copies
du gène DMD, elles développent extrêmement rarement la maladie
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
1- La Dystrophie Musculaire de Duchenne (DMD)
1.2- Les Symptômes de DMD
• Faiblesse des muscles proximaux (particulièrement les membres inférieurs);
• Marche sur les orteils et démarche dandinante ;
• Lordose et/ou scoliose;
• Difficulté à courir, sauter, monter des escaliers et se lever à partir du sol;
• Chutes fréquentes pouvant mener à des fractures (chez 20% des enfants);
• Contractures (rigidité) en flexion des membres si la mobilisation et le positionnement ne sont pas des
priorités pour les soignants ;
• Pseudohypertrophie musculaire, surtout au niveau des mollets (remplacement de certains groupes de
muscles par du tissu fibreux et adipeux)
• Déficience intellectuelle légère non progressive affectant les habiletés verbales (~1/3 des enfants
atteints).
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
2- La Dystrophie Musculaire de Becker (DMB)
2.1- Généralités sur la DMB
• Incidence dix fois moindre que celle de la DMD. L’occurrence des DMB est très difficile à chiffrer à cause
de l’hétérogénéité phénotypique.
• Début plus tardif et déficit moins sévère.
• Atteinte cardiaque moins constante, mais elle peut être aussi sévère que dans la DMD. L’atteinte cardiaque
est responsable de 50% des décès des patients DMB et il est parfois nécessaire de réaliser une
transplantation cardiaque.
• Présence de dystrophine en quantité réduite, avec une taille variable selon l'anomalie moléculaire en cause.
• Les signes sont à peu près constants : une élévation du taux de CK, une hypertrophie des muscles du mollet
et des crampes dues à l’exercice.
• Les mutations dans le gène DMD ne décalent pas le cadre de lecture, et engendrent un déficit partiel en
dystrophine ou la production d'une dystrophine tronquée plus ou moins fonctionnelle.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
3- La Dystrophie Musculaire Congénitale (DMC)
3.1- Généralités sur la DMC
• Les DMC sont des maladies génétiques dont plus de 40 gènes différents impliqués ont été identifiés jusqu'à
présent. Les protéines codées par ces gènes jouent un rôle essentiel dans les interactions entre les cellules
musculaires et leur environnement, protégeant les cellules des contraintes mécaniques lors des contractions
musculaires.
• Les DMC sont rares et se caractérisent par une atteinte musculaire conduisant à une faiblesse musculaire
(hypotonie) dès la naissance ou durant les premiers mois de vie. Cette atteinte musculaire peut entraîner des
rétractions musculo-tendineuses et des problèmes respiratoires.
• Il existe trois grands groupes de DMC, chacun associé à des protéines spécifiques liées à la matrice
extracellulaire, au bon fonctionnement de l’α-dystroglycane, ou au déficit d'une protéine contenant du
sélénium.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
3- La Dystrophie Musculaire Congénitale (DMC)
3.1- Généralités sur la DMC
• Bien que rares, les DMC sont relativement fréquentes parmi les causes d'hypotonie musculaire chez les
nouveau-nés et les nourrissons.
• Les anomalies génétiques à l'origine des DMC entraînent généralement un déficit en une protéine
particulière (la mérosine, le collagène VI, l'intégrine α7, la FKRP, la fukutine, POMT1, POMT2,
POMGnT1, LARGE, et la sélénoprotéine 1).
• Ces protéines contribuent au maintien de la liaison entre l'intérieur et l'extérieur de la cellule musculaire,
permettant à la cellule de s'adapter aux contraintes mécaniques résultant des contractions musculaires.
• Dans les DMC, le déficit en l'une de ces protéines perturbe ce système de liaison, entraînant
progressivement une altération de la membrane cellulaire due aux contractions répétées et, à terme, une
fragilisation de la cellule musculaire dans son ensemble.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
3- La Dystrophie Musculaire Congénitale (DMC)
3.2- Symptômes de la DMC
• L'atteinte musculaire est commune aux différentes formes de DMC selon son type en cause.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
4- La Cardiomyopathie Dilatée et Hypertrophique
4.1- Généralités
• La cardiomyopathie est une altération progressive de la structure et de la fonction des parois musculaires
des cavités cardiaques.
• Les cardiomyopathies entraînent souvent le pompage inadéquat du sang par le cœur provoquant des
symptômes d’insuffisance cardiaque, notamment l’essoufflement et la fatigue.
• Certaines cardiomyopathies peuvent également causer une douleur thoracique, des évanouissements, un
trouble du rythme cardiaque ou une mort subite.
• Les principaux types de cardiomyopathie sont:
• La cardiomyopathie dilatée dans laquelle les ventricules s’élargissent.
• La cardiomyopathie hypertrophique dans laquelle les parois des ventricules s’épaississent et
deviennent rigides.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
4- La Cardiomyopathie Dilatée et Hypertrophique
4.2- La Cardiomyopathie Dilatée (CMD)
• La CMD est un groupe de troubles du muscle cardiaque dans lesquels
les ventricules (les deux cavités inférieures du cœur) se dilatent sans
pouvoir pomper une quantité de sang suffisante pour les besoins du
corps, ce qui provoque une insuffisance cardiaque.
• La CMD peut se développer à tout âge, mais elle est plus fréquente
chez les adultes de moins de 50 ans, et environ 10 % des cas
surviennent chez les personnes de plus de 65 ans.
• La prévalence des CMD reste mal connue.
• Une incidence de 4.5/100,000 habitants par an a été rapportée.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
4- La Cardiomyopathie Dilatée et Hypertrophique
4.2- La Cardiomyopathie Dilatée (CMD)
• La CMD est caractérisée par un ventricule gauche (VG) dilaté et une fonction systolique réduite, en
l'absence de maladie coronaire explicative.
• Les CMD se présentent sous différentes formes, avec des atteintes systoliques du VG, des atteintes bi-
ventriculaires, et divers degrés de dysfonction diastolique.
• Les CMD représentent 30 à 40% de toutes les insuffisances cardiaques systoliques dans les essais cliniques
et sont la principale indication de transplantation cardiaque.
• La transmission autosomique dominante est le mode de transmission le plus courant des CMD.
• Plus de 40% des cas de CMD montrent une composante génétique.
• Diverses mutations pathogènes ont été identifiées, principalement dans des gènes codant pour des
composants de la structure du myocarde (des protéines du sarcomère, du disque Z, ou de la membrane
nucléaire).
• Il existe une importante communauté de gènes pathogènes partagés entre les CMD et d'autres types de
cardiomyopathies.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
4- La Cardiomyopathie Dilatée et Hypertrophique
4.2- La Cardiomyopathie Dilatée (CMD)
Causes les plus fréquentes de la CMD:
• Infections virales, notamment le virus coxsackie B, et le VIH.
• Parfois, une infection bactérienne, comme la maladie de Chagas.
• Facteurs génétiques impliqués dans 20 à 35 % des cas.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
4- La Cardiomyopathie Dilatée et Hypertrophique
4.2- La Cardiomyopathie Dilatée (CMD)
Autres causes de CMD:
• Troubles hormonaux chroniques (diabète mal contrôlé ou les problèmes thyroïdiens).
• Obésité sévère.
• Fréquence cardiaque rapide persistante.
• Consommation excessive d’alcool, de cocaïne, de certains antidépresseurs,
antipsychotiques, et certains médicaments de chimiothérapie.
• Causes rares incluent la grossesse, surcharge en fer, sarcoïdose, certaines maladies
auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus, sclérodermie systémique), stress
extrême, et cardiomyopathie de Takotsubo.
Cardiomyopathie dilatée idiopathique : aucune cause spécifique n’est identifiée.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
4- La Cardiomyopathie Dilatée et Hypertrophique
4.2- La Cardiomyopathie Dilatée (CMD)
Symptômes
• Premiers symptômes : essoufflement, fatigue, douleurs thoraciques, réduction de capacité de pompage,
insuffisance cardiaque.
• Cardiomyopathie due à une infection : fièvre, symptômes grippaux.
• Complications de la CMD: insuffisance cardiaque, rétention de liquide, remplissage des poumons de liquide,
pression artérielle basse.
• Dilatation cardiaque et valvulopathies : régurgitation
sanguine, souffles cardiaques.
• Lésions musculaires et risque de troubles du rythme
cardiaque : arythmies, palpitations, essoufflement, mort
subite.
• Stagnation de sang, caillots sanguins et risque
d'accidents vasculaires cérébraux : caillots sanguins,
vaisseaux sanguins, cerveau.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
4- La Cardiomyopathie Dilatée et Hypertrophique
4.3- La Cardiomyopathie Hypertrophique (CMH)
• La CMH regroupe des troubles cardiaques qui provoquent l’épaississement
(hypertrophie) et le raidissement des parois des ventricules (les deux
cavités inférieures du cœur).
• La CMH est une cause fréquente de mort subite chez les jeunes athlètes.
(Au moins 1 personne sur 500 est affectée).
• Pathologie le plus fréquemment autosomique dominante et présentant une
grande hétérogénéité clinique et génétique.
• Maladie familiale dans plus de 60% des cas. Sa prévalence est évaluée à
1/500 dans une population de jeunes adultes.
• Les gènes impliqués sont nombreux, avec en premier lieu les gènes codant
pour des protéines du sarcomère. 81
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
4- La Cardiomyopathie Dilatée et Hypertrophique
4.3- La Cardiomyopathie Hypertrophique (CMH)
Causes
• Mutations génétiques spontanées ou anomalies génétiques héréditaires
• Le spectre génétique de la CMH est le résultat de mutations génétiques dans des gènes codant pour les protéines
du sarcomère, comprenant les composants du filament épais (MYH7, MYL2, MYL3), ceux du filament fin
(ACTC1, TPM1, TNNT2, TNNI3, TNNC1), des gènes des protéines intermédiaires (MYBPC3) et des gènes de
la strie Z (ACTN2, MYOZ2, NEXN).
• Plus de 500 mutations de type faux sens ont été identifiées dans le gène MYH7, qui fut le premier à être
identifié comme responsable de la CMH. Les mutations de ce gène semblent associées à des phénotypes
sévères, d’âge de début plus précoce et d’évolution plus péjorative que les mutations du gène MYBPC3.
• D’autres gènes du sarcomère ont été impliqués mais avec une évidence moins forte (MYH6, CSRP3, TCAP,
VCL, TTN), ainsi que des gènes codant des protéines non sarcomériques comme celles du métabolisme
calcique (CASQ2, JPH2, PLN).
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
4- La Cardiomyopathie Dilatée et Hypertrophique
4.3- La Cardiomyopathie Hypertrophique (CMH)
Complications
• Parois épaisses et rigides
• Relaxation cardiaque insuffisante
• Remplissage des cavités cardiaques
• Cœur bat rapidement
• Pompage insuffisant de sang
• Interférence avec le flux sanguin
• Souffles cardiaques (Sons cardiaques anormaux)
• Troubles du rythme cardiaque
• Mort subite
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
4- La Cardiomyopathie Dilatée et Hypertrophique
4.3- La Cardiomyopathie Hypertrophique (CMH)
Symptômes
Les symptômes sont extrêmement variables, mais quand ils se produisent, ils se
développent généralement quand les individus sont âgés de 20 à 40 ans.
Les symptômes commencent à apparaître à l’effort et comprennent :
• Évanouissement
• Douleur thoracique
• Essoufflement
• Sensation de battements cardiaques irréguliers (palpitations)
• Les syncopes sont généralement subites sans symptôme précurseur.
• Les syncopes ou même une mort subite peuvent être les premiers
signes quand une personne est atteinte de ce trouble.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Examens Paracliniques et Stratégie Diagnostique
Stratégie du diagnostic de la DMD
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Examens Paracliniques et Stratégie Diagnostique
• Le diagnostic d’une myopathie repose sur un ensemble de critères, qui ont évolué au fil du temps et des
progrès intervenus en biologie moléculaire
• Plusieurs tests sont disponibles pour confirmer le diagnostic de dystrophies musculaires et la
cardiomyopathie. Les principaux tests pratiqués sont:
Dosage du taux de créatines kinases (CK)
Examens paracliniques
Electromyographie (EMG)
Histologie musculaire
Imagerie musculaire
Biochimiques et western blot
Analyses moléculaires
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Dosage Enzymatique
• Lorsque les cellules musculaires « souffrent », elles ont tendance à libérer dans la circulation sanguine
une grande quantité de créatine kinase (CK).
• Le taux de créatine phosphokinase (CPK) souvent très augmenté (50 à 200 fois la valeur normale)
oriente fortement vers une myopathie, sans pour autant en préciser le type.
• CK élevée : (plus de 10 fois la normale) chez un enfant ou un adulte jeune avec un déficit
musculaire progressif oriente fortement vers une dystrophie musculaire, en particulier une
dystrophinopathie chez les hommes.
• CK anormale : dans les dystrophies musculaires, le taux de CK est généralement élevé, et il ne
revient jamais à la normale contrairement à d'autres pathologies.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Electromyographie (EMG)
• L'électromyographie mesure l'activité électrique des muscles.
• Permet de recueillir et d’analyser des signaux électriques par l’intermédiaire de fines aiguilles-
électrodes implantées dans le muscle étudié.
• Permet d’affirmer devant des troubles moteurs une origine neuropathique (neurogène ou myogène).
• L'EMG est utilisé pour rechercher des anomalies myogènes dans les muscles proximaux, ce qui aide
au diagnostic différentiel par rapport aux affections neurogènes, avec des résultats évolutifs observant
des potentiels polyphasiques et une activité spontanée.
• L'examen des muscles par ultrasons permet de détecter d'éventuelles anomalies dans les tissus
musculaires.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Histologie Musculaire
• La biopsie musculaire est un examen médical qui consiste à prélever, sous anesthésie locale, un petit
fragment de tissu musculaire. Les fragments de tissu musculaire prélevés sont observés au microscope
(biopsie endomyocardique).
• Les différentes méthodes utilisées pour préparer le tissu permettent de déceler des anomalies de la
morphologie et/ou de la structure des fibres musculaires et/ou de mettre en évidence le déficit d'une
protéine spécifique.
• Elle peut aider à identifier la forme précise de dystrophie musculaire et de la cardiomyopathie.
• La biopsie musculaire révèle des caractéristiques histologiques spécifiques, nécroses-régénérations, des
fibres musculaires nécrotiques, des fibres hypercontractées, et une involution fibroadipeuse du muscle.
La fibrose endomysiale est un marqueur précoce de mauvais pronostic moteur.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Imagerie Musculaire
• L'imagerie par scanner et l'IRM musculaire sont de plus en plus utilisées pour confirmer le diagnostic, en
montrant des signes de dystrophie musculaire, notamment une hypodensité sélective de certains muscles.
• Très souvent, les enfants atteints de DMD présentent des grandes ondes électriques dans certains territoires
cardiaques à l'électrocardiogramme et une tendance de leur cœur à battre plus vite (tachycardie), sans que
cela affecte leur état de santé.
• L’électrocardiogramme: enregistrer l'activité électrique spontanée du cœur au repos à l'aide d'électrodes
posées sur la poitrine de la personne allongée. C'est un examen rapide (moins de cinq minutes) qui peut être
fait en cabinet de médecin, à l'hôpital, voire à domicile. Les résultats sont communiqués de suite.
• L'échocardiographie: (ou échographie cardiaque) permet de visualiser les différentes structures du cœur
(cavités, parois, valves...) et d'analyser leurs dimensions et leurs mouvements. Le patient est, dans la mesure
du possible, allongé sur le côté gauche et le cardiologue applique une sonde d'échographie sur la peau enduite
d'un gel aqueux.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Techniques Biochimiques et Western Blot
• Ces techniques permettent de détecter des anomalies de la dystrophine, qui sont des marqueurs
importants des dystrophies musculaires.
• Le Western Blot (WB) : Technique d'analyse des protéines en fonction de leur PM, permettant de
détecter la présence, l'absence ou certaines anomalies des protéines étudiées.
• L'analyse des protéines musculaires par WB est nécessaire pour identifier le type de déficit protéique,
comme l'absence de dystrophine dans la DMD.
• Le WB permet à la fois une évaluation quantitative et qualitative de la dystrophine, où la sévérité du
phénotype est liée à la quantité résiduelle de dystrophine et à sa taille.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Techniques Biochimiques et Western Blot
• Dans le cas de la DMD, la dystrophine est indétectable, tandis que dans la DMB, elle est généralement
anormale (de PM réduit) ou présente en quantité limitée.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Analyses Moléculaires
• Les tests génétiques jouent un rôle essentiel dans le diagnostic des dystrophinopathies, notamment
la DMD et la DMB.
• Ils visent à détecter des anomalies génétiques dans le gène DMD, qui code pour la protéine
dystrophine. Ces anomalies peuvent prendre diverses formes, telles que des délétions (dans 60% des
cas), des duplications (dans 10% des cas) ou des mutations ponctuelles (dans 30% des cas).
• Différentes méthodes de diagnostic génétique sont utilisées, notamment la PCR multiplex semi-
quantitative, la MLPA (Multiplex Ligation-dependent Probe Amplification) qui permettent la
détection des grands remaniements (délétion ou duplication d'un ou plusieurs exons) et le
séquençage du gène DMD.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Analyses Moléculaires
• Cependant, ces tests peuvent avoir leurs limites.
• Environ 10% des patients atteints de DMB et jusqu'à un tiers qui sont asymptomatiques peuvent
présenter une étude immunohistochimique de la dystrophine normale, nécessitant d'autres méthodes
pour confirmer le diagnostic.
• Dans les cas où d'autres méthodes échouent, le séquençage complet du gène DMD peut être
employé pour détecter de petites modifications génétiques.
• Les avancées technologiques, telles que le NGS, permettent de séquencer simultanément de
nombreux gènes, facilitant ainsi l'identification de patients porteurs de plusieurs variants génétiques.
Cette approche peut analyser l'ensemble du génome du patient, son exome, ou un panel de gènes
ciblés liés à sa pathologie.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Trois axes de recherche prioritaires
• Produire de la dystrophine : c’est l’objectif des thérapies innovantes (Thérapie génique, saut d’exon et
Translecture des codons stop) qui fournissent aux cellules musculaires les outils génétiques pour qu’elles
puissent fabriquer de la dystrophine.
• Favoriser la régénération des muscles : c’est le but des thérapies cellulaires qui permettent, grâce à des
cellules souches non malades, de reconstituer du muscle.
• Atténuer les effets de l'absence de la dystrophine : c’est l’enjeu des médicaments plus classiques agissant à
différents niveaux des tissus (musculaires, cardiaques, digestifs…) afin de limiter la fragilité des cellules
musculaires qui ont perdu leur dystrophine (agir sur l’inflammation, la fibrose, l’oxygénation du muscle,
l’augmentation de la masse musculaire…etc).
• Autres approches (Genome editing avec la technique CRISPR-cas9) sont en développement préclinique
permettant la réparation directe de la région défectueuse du gène sur l’ADN.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Thérapie Génique via la Micro-Protéine
• La thérapie génique a pour but d’introduire chez un patient la copie
normale d’un ou des gènes déficients responsables de la maladie ou
de modifier l’expression d’un ou des gènes délétères impliqués
dans une pathologie.
• La thérapie génique peut être somatique ou germinale. Pour le
moment, on s’occupe de la somatique. Cette thérapie génique peut
être réalisée de deux façons :
✓ La thérapie génique « in vivo »: administrer le gène (transgène)
directement à l’individu généralement grâce à l’aide d’un
vecteur (le plus souvent un virus désactivé). Les cellules
musculaires se prêtent très bien à l’insertion de transgènes.
✓ La thérapie génique « ex-vivo »: extraire les cellules tissulaires
d’un individu, puis les mettre en culture avec le transgène et
réinjecter ces cellules à l’individu. Ces cellules vont produire la
protéine correspondant au gène qui a été inoculé.
Principe de la thérapie génique (Nicolas, 2012).
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Thérapie Génique via Saut d’Exon / Modification d’Epissage
• Le saut d'exon est une technique visant à rétablir un message génétique
correct du gène DMD en cas de décalage du cadre de lecture dû à une
anomalie génétique.
• Des oligonucléotides anti-sens (des fragments d'ADN ou d’ARN) se lient
spécifiquement au pré-ARN messager naturel pour modifier le processus
d'épissage de l'ARN messager mature.
• L'insertion d'un oligonucléotide anti-sens dans les cellules du patient
bloque la transcription de l'exon cible. En l'absence de cet exon dans
l'ARN messager, le cadre de lecture de la protéine est corrigé, ce qui
permet la production d'une protéine plus courte et non dégradée.
• Les oligonucléotides anti-sens ciblent des anomalies génétiques
spécifiques du gène DMD, nécessitant que le patient porte la délétion Schéma explicatif du Saut de l’exon 52 par un
oligonucléotide anti sens spécifique, qui permet de raccorder
correspondante pour répondre à un traitement de saut d'exon donné. les exons 50 et 53 qui sont compatibles (Nicolas, 2012).
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Thérapie Génique via Translecture des codons stop
• Une stratégie thérapeutique consiste à utiliser des molécules qui
forcent le passage des codons stop pour permettre la production
d’une dystrophine normale. Cette stratégie opère au niveau de
l’ARN messager, permettant à la machinerie cellulaire
d’assembler les acides aminés de la protéine malgré le signal
stop. Cette stratégie cible uniquement les anomalies du gène
DMD de type non-sens / codon stop (Téléthon, 2021).
L’ataluren (Translarna®, PTC-124)
• L'ataluren est une application directe de cette approche. Cette
molécule est utilisée dans les DMD et DMB pour restaurer la
production d'une dystrophine fonctionnelle. La translecture du codon stop (Téléthon, 2021)
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Thérapie Génique via CRISPR-Cas9
• Le système CRISPR/Cas9 (clustered regular interspaced short palindromic repeats / CRISPR associated protein
9) est un système simple, rapide, et efficace pour couper l’ADN à un endroit précis du génome, dans n’importe
quelle cellule. Il est constitué d’un « ARN guide », qui cible une séquence d’ADN particulière, associé
à l’enzyme Cas9 (comme des ciseaux moléculaires) qui coupe l’ADN.
• Une fois la séquence d’ADN coupée, les systèmes de réparation de la cellule vont recoller les extrémités des
deux fragments d'ADN créés par la coupure.
II. Etude des Pathologies Musculaires Héréditaires
Thérapie Cellulaire
La thérapie cellulaire repose sur un transfert hétérologue ou autologue de cellules souches musculaires :
• Le transfert hétérologue permet l’administration de cellules saines prélevées sur un autre individu, mais
nécessite une immunosuppression pour éviter les rejets.
• Le transfert autologue consiste en l’administration de cellules souches provenant du patient et modifiées in
vitro grâce à des techniques de thérapie génique, et pose moins de problèmes immunitaires, même si une
immunisation contre la dystrophine en elle-même est possible puisque cette protéine n’a jamais été produite
par l’organisme auparavant.
• Dans la DMD, la transplantation de cellules souches a pour
but de favoriser la régénération du muscle et d’améliorer la
fonction motrice. Plusieurs essais de thérapie cellulaire sont
en cours dans la DMD. Les essaies de cette thérapie en
2021 sont toujours maintenus en attendant d’autres résultats
dans les prochaines années.