CAT DEVANT DES
ARTHRALGIES
Réalisé par: Chaimae Sadiki et Douaa Ouzanif
Encadré par: Dr Khaoula Achir
Service de Pédiatrie
PLAN
Introduction
Physiologie de l’articulation
Physiopathologie des arthralgies
Etilogies des arthralgies
Conduite à tenir devant des arthralgies chez l’enfant
Traitement
Complications
Conclusion
Introduction :
L’arthralgie est une douleur articulaire.
Monoarthralgie : Oligoarthralgie : Polyarthralgie :
atteinte d’une seule articulation. atteinte de ≤ 4 articulations. implique > 4 articulations.
Chez la plupart des enfants, les articulations touchées sont le genou, la hanche, la cheville ou, plus rarement, une articulation du
membre supérieur.
Épidémiologie :
Les arthralgies sont un symptôme très fréquent en consultation pédiatrique. Elles touchent environ 10 à 20 % des enfants à un moment
donné de leur croissance. La prévalence varie selon l’âge, avec un pic pendant l’adolescence.
Facteurs influençant l’épidémiologie :
Âge : Sexe : Génétique :
certaines pathologies prédominent à les arthrites juvéniles idiopathiques prédisposition familiale pour certaines
des âges spécifiques. (AJI) touchent plus souvent les filles formes.
(ratio 2:1).
Géographie : Niveau socio-économique :
variations selon les régions influence l’accès aux soins et certaines
(rhumatisme articulaire aigu, maladie infections.
de Lyme).
Définitions :
Arthrite : c’est une douleur associée à des signes inflammatoires/synovite
Atteinte axiale : atteinte du rachis jusqu’au bassin
Atteinte périphérique : atteinte des membres
Synovite : épaississement articulaire (structures péri-articulaires), elle traduit le plus souvent une pathologie chronique.
Physiologie :
Une articulation est la jonction entre deux os. On distingue, en fonction de la mobilité, trois types d’articulations :
Articulations mobiles : Articulations semi-mobiles : Articulations immobiles :
Permettent des mouvements Permettent peu de mouvements Ne permettent aucun mouvement
étendus (genou, cheville, épaule, (comme celles reliant les vertèbres (comme celles reliant les os du
coude, hanche, etc.). entre elles). crâne).
Articulation mobile:
Dans une articulation, l’espace entre les 2 os est délimité par une capsule
dont la mb interne appelée synoviale qui sécrète le liquide synoviale qui
lubrifie et nourrit l’articulation.
Les os sont revêtus à leur extrémités d’une substance lisse appelé
cartilage qui leur permet de glisser en douceur l’un contre l’autre.
Physiopathologie
Structure d'une articulation synoviale
Une articulation synoviale est composée de :
• Cartilage hyalin recouvrant l'os sous-chondral,
• Une capsule articulaire tapissée par une membrane synoviale,
• Des ligaments interosseux,
• Parfois, de ménisques et de labrum, qui améliorent la congruence articulaire.
Structures atteintes lorsque l’articulation est malade
• Cartilage
• Os
• Membrane synoviale
• Liquide synovial
Mécanisme infectieux : Arthrite septique
L’arthrite septique se déroule selon 3 phases :
1. Exsudative
2. Purulente
3. Destructrice
Conséquences (indépendamment de la nature du germe) :
Réaction de la cavité articulaire :
Épanchement purulent : libération de toxines qui entraînent la destruction du cartilage articulaire.
Étirement des vaisseaux épiphysaires : en rapport avec l’épanchement intra-articulaire, compromettant la vascularisation du
noyau céphalique, entraînant une ischémie puis une nécrose.
Distension de la capsule articulaire : écarte les pièces osseuses et expose à la luxation de la hanche.
Étiologies
L'arthralgie est une manifestation d’un ensemble d’étiologies regroupées selon leurs mécanismes en :
C auses infectieuses :
Arthrite septique
L’arthrite septique (AS) est une infection articulaire qui évolue en quelques heures ou quelques jours dans les tissus synoviaux ou péri-articulaires. Elle est
généralement d’origine bactérienne, avec une inoculation hématogène dans le cadre d’un sepsis ou par inoculation directe. Il s’agit d’une urgence
diagnostique et thérapeutique, car elle cause des destructions articulaires irréversibles, sources d’infirmités majeures, et est grevée d’une morbidité
importante.
Diagnostic clinique :
Douleurs : début aigu, brutal, intense. Pour les localisations au niveau de la hanche ou de l’épaule,
la douleur peut être projetée et retarder la prise en charge.
Signes généraux : fièvre, frissons, altération de l’état général.
Impotence fonctionnelle : limitation des mouvements actifs et passifs (mouvements très douloureux),
attitude antalgique de l’articulation.
Signes inflammatoires locaux : tuméfaction, rougeur, chaleur locale.
Parfois : adénopathies satellites.
Le diagnostic est orienté par la biologie et l’imagerie, et confirmé par les prélèvements bactériologiques du liquide articulaire.
Arthrite réactionnelle
De nombreuses infections, notamment virales, chez l’enfant, peuvent provoquer une arthrite réactionnelle. Ce diagnostic reste
un diagnostic d’élimination, et une surveillance rapprochée doit être effectuée. Ces arthrites réactionnelles se définissent par un
tableau viral associé au moment de l’apparition ou dans les jours précédents des arthralgies, ou au décours d’une infection
bactérienne génitale ou digestive. Elles surviennent sur un terrain génétique prédisposé, comme en témoigne la présence
fréquente de l’antigène H LA-B 27 (7 0 % des cas).
Cliniquement, elles réalisent un tableau d’oligoarthrite asymétrique évoluant par poussées. En cas de présence de fièvre et si
l’atteinte est mono-articulaire, une arthrite septique est à considérer jusqu’à preuve du contraire. Ces épisodes ont lieu le plus
souvent après un épisode infectieux (ORL, VZV…). Par définition, ces épisodes doivent durer moins de 6 semaines. La recherche
d’un syndrome inflammatoire sous-jacent est intéressante, notamment pour éliminer une infection active. L’échographie permet
également d’objectiver un épanchement. La recherche du virus causal n’est pas nécessaire en l’absence d’inquiétude autre.
Maladie de Lyme
Des arthralgies sont retrouvées dans 5 0 à 7 0 % des cas au stade précoce de la borréliose de Lyme. L’arthrite de Lyme apparaît,
quant à elle, de quelques semaines à 2 ans après la morsure de tique. Elle touche plus généralement une seule articulation,
classiquement le genou, et peut être oligoarticulaire dans de rares cas. L’arthrite de Lyme est classiquement indolente, comme
les arthrites des rhumatismes inflammatoires. Il est par conséquent important de rechercher, devant toute arthrite (notamment
du genou), des éléments pouvant évoquer une borréliose de Lyme : morsure de tique, érythème migrant, fièvre.
C auses inflammatoires
R humatisme articulaire aigu
Maladie inflammatoire, auto-immune, post-infectieuse (10 à 40 jours après
une infection streptococcique).
Endémie : Streptocoque bêta-hémolytique du groupe A.
Terrain de vulnérabilité : facteurs socio-économiques survient généralement
entre 5 et 15 ans avec un pic entre 8 et 10 ans.
C aractérisée par les atteintes suivantes :
Articulaire : Polyarthrite aiguë ; l’atteinte est fugace, diffuse et migratrice.
L’articulation se libère en 2 à 6 jours, sans destruction articulaire ni séquelles.
Caractérisée par sa réponse spectaculaire à l’aspirine.
Cardiaque : Endocardite causant des valvulopathies, péricardite (peu fréquente).
Neurologique : Chorée de Sydenham, plus fréquente chez la fille, tardive (après 6 mois), rare. Le début est insidieux, marqué par une hypotonie et une
modification de l’humeur. À la phase d’état apparaissent l’ataxie et les mouvements anormaux. Le langage devient bredouillant, l’écriture illisible puis impossible.
Cutanée : Érythème marginé, nodules sous-cutanés de Meynet.
À distinguer de l’arthrite réactionnelle post-streptococcique.
Les connectivites
Lupus érythémateux disséminé (LED)
Les connectivites constituent un groupe hétérogène de maladies atteignant la peau, les muscles, les articulations et d’autres structures riches en tissu conjonctif. Elles s’y associent à la production d’auto-anticorps.
C’est la plus fréquente des connectivites.
Atteinte articulaire : Peut être inaugurale, aiguë, inflammatoire, touchant les grosses articulations, mais n’aboutissant jamais à des destructions articulaires.
Manifestations ostéo-musculaires :Myalgies, ostéonécrose aseptique.
Signes cutanés :
• V espertilio : éruption érythémato-squameuse faciale en aile de papillon (pas péri-orbitaire).
• Alopécie, ongles : striation ou dépression en cupule.
• Lupus discoïde, urticaire, photosensibilité.
• Ulcérations : cutanées, muqueuses buccales et génitales.
• V asculaires : Phénomène de Raynaud, livedo reticularis, ulcère de la jambe, télangiectasies, purpura vasculaire.
Signes hématologiques : Anémie, leucopénie, thrombopénie (ADP, SPM).
Signes rénaux (2ᵉ cause de mortalité du LED) : Atteinte glomérulaire (syndrome néphrotique, syndrome néphritique, protéinurie, hématurie, insuffisance rénale).
Mécanismes : Dépôt de complexes immuns, anticorps reconnaissant des antigènes rénaux ou fixés sur les glomérules, microthromboses (SAPL).
Signes cardiaques : Péricardite (fréquente), myocardite, endocardite verruqueuse de Liebman-Sacks.
Signes respiratoires :Pleurésie, fibrose.
Signes neurologiques : Méningite aseptique, convulsions, AV C (anticorps anti-phospholipides).
Les vascularites :
Maladie de B ehçet
Aphtose récidivante bipolaire : buccale + + + et génitale
Signes cutanés : pseudo-folliculite, érythème noueux
Signes articulaires : arthralgies, mono-arthrites, polyarthrites symétriques. L’atteinte érosive est rare
Atteintes veineuses : thrombophlébites superficielles et profondes
Atteintes artérielles : thromboses, anévrysmes
Neuro-Behçet : méningite lymphocytaire aseptique, méningo-encéphalite, AV C
Atteinte oculaire : uvéite postérieure +++ ; uvéite antérieure : risque de cécité. Toutes les parties de l'œil peuvent être atteintes
Atteinte cardiaque : péricardite, myocardite, endocardite, coronarite
Signes respiratoires : pleurésies, embolie pulmonaire, anévrysme artériel à hémoptysie
Signes rénaux : glomérulopathie subaiguë
Maladie de K awasaki :
Le Syndrome de Kawasaki (SK), aussi appelé Syndrome des Adénopathies Muco-Cutanées (SAMC), est une vascularite
systémique (inflammation des vaisseaux sanguins) de l’enfant, caractérisée par :
• une fièvre prolongée,
• des conjonctivites,
• une éruption maculopapuleuse,
• des lèvres fissurées
• une langue framboisée,
• un œdème et une adénopathie cervicale.
Purpura rhumatoïde
Le purpura rhumatoïde (PR) ou vascularite à immunoglobulines A (IgA) est la vascularite pédiatrique la plus fréquente, avec une
incidence décrite chez l’enfant âgé de moins de 14 ans. Il est caractérisé par :
Signes cutanés : purpura vasculaire palpable, déclive, symétrique (atteinte la plus fréquente et souvent inaugurale).
Signes digestifs : douleurs abdominales intenses, coliques, nausées, vomissements, mélénas ou rectorragies.
Signes rénaux : atteinte rénale survenant dans les semaines ou mois suivant l’apparition du purpura, due à des dépôts de
complexes d’IgA au niveau glomérulaire, entraînant une hématurie, un syndrome néphrotique évoluant vers une insuffisance
rénale.
Maladies inflammatoires de l’intestin
Environ 20 à 25 % des MICI débutent avant l’âge de 18 ans. Le terme regroupe principalement, comme chez l’adulte, la Maladie
de Crohn (MC) et la Rectocolite H émorragique (RCH ).
Arthrite juvénile idiopathique
Atteinte inflammatoire articulaire survenant avant l’âge de 16 ans, durant plus de 6 semaines, sans cause connue. Son évolution
est imprévisible et c’est un diagnostic d’élimination. Elle se présente sous plusieurs formes cliniques, dont :
Maladie de Still
F ièvre : quotidienne, pendant au moins 15 jours, typique avec 1 ou 2 pics par jour.
Signes articulaires (dès le début de la fièvre ou secondairement) :
• Poly-arthralgies, mono ou oligo-arthrite, polyarthrite.
• Arthralgies ou arthrites bilatérales et symétriques.
• Œdème des parties molles, épanchement, épaississement synovial, kystes et ténosynovites.
• Localisations à mauvais pronostic : hanche, rachis cervical, articulation temporo-maxillaire.
Signes systémiques (au premier plan) :
• Éruption fugace, macules rosées (tronc, racine des membres) : présente dans 9 0 % des cas.
• Adénopathies, hépatomégalie, splénomégalie.
• Sérite : péricardite.
Peut être révélé par une complication : le syndrome d’activation macrophagique.
Maladie périodique
La principale caractéristique clinique d’une maladie récurrente auto-inflammatoire est son évolution par poussées. Les signes cliniques sont donc
intermittents, séparés par des périodes où l’enfant est peu ou pas symptomatique. La durée des poussées peut varier d’une pathologie à l’autre, et
tous les patients ne retrouvent pas toujours un état asymptomatique entre les accès.
Syndrome PFAPA
Syndrome de fièvre périodique avec aphtose, stomatite, pharyngite, adénite. F ièvre récurrente à périodicité régulière avec pharyngite, aphtes
buccaux, adénopathies cervicales. Parfois céphalées et douleurs abdominales.
Autres :
• F ièvre méditerranéenne familiale
• Sarcoïdose
• Maladie sérique
C auses onco-hématologiques
Atteinte tumorale Autres causes
Leucémie, Neuroblastome : urgence diagnostique en cas • H émophilie
d’arthralgies localisées d’apparition subaiguë, associées à altération • Drépanocytose
de l’état général, fébricule, purpura ou syndrome
lymphoprolifératif.
C auses orthopédiques
Douleurs de type mécanique incluant :
• Syndrome d’hyperlaxité articulaire
• Ménisques discoïdes
• Subluxation de la rotule
Conduite à tenir
1. Diagnostic différentiel :
A. Douleurs de croissance
• Localisées au niveau des membres inférieurs, généralement bilatérales et toujours extra-articulaires.
• Surviennent en fin de journée ou la nuit, pouvant réveiller l’enfant.
• Durée variable : de quelques minutes à quelques heures.
• Intensité variable : de faible (< 3/10 EV A) à forte (> 6 /10 EV A).
• Très souvent liées à une activité physique plus importante que d’habitude.
B.
2. Éliminer les urgences
Arthrite septique V ascularites
Leucémie R humatisme articulaire aigu (R AA)
3. Diagnostic étiologique
A. Interrogatoire
Terrain :
• Âge
• Sexe
• Antécédents :
• Personnels : épisode d’angine récente, infection digestive/ORL/urinaire/hépatite/tuberculose, etc.
• F amiliaux : consanguinité pouvant orienter vers des maladies auto-immunes.
H istoire de la maladie :
• Mode d’apparition : aigu/chronique
• Évolution : fixe/migratrice/par poussées
• Circonstances de survenue : éliminer la notion de traumatisme
• Caractère de la douleur
• Nombre d’articulations touchées
• Type d’articulations touchées : petites/grandes, périphériques/axiales
• Intensité : l’arthrite septique donne souvent des douleurs intenses
• Réponse aux AINS
• Signes associés : Le signe le plus alarmant : fièvre/altération de l’état général
• Autres signes:
B . Examen clinique
Général :
• Aspect général du patient
• Évaluer la stabilité sur le plan hémodynamique et respiratoire
• V érifier l’apyrexie
Articulaire :
L’objectif est de préciser la topographie et le nombre d’atteintes articulaires, de rechercher des signes articulaires locaux et d’évaluer
l’impotence fonctionnelle.
• Inspection : posture antalgique, signes d’arthrite (gonflement, rougeur), boiterie à la marche, atrophie musculaire (montre le degré
d’impotence fonctionnelle).
• Palpation : chercher une douleur à l’interligne articulaire, chaleur, épanchement (facile à détecter pour certaines articulations comme
le genou (choc rotulien), mais un examen complémentaire est nécessaire pour d’autres localisations comme la hanche ou l’épaule).
• Mobilisation active et passive
Systémique :
ORL :
• Chéilite
• Langue framboisée
• Signes de syndrome hémorragique (gingivorragie, etc.)
• Aphtoses buccales
• Porte d’entrée infectieuse (pharyngite, otite, etc.)
• Ulcères buccaux
Cutaneo-muqueux :
• Érythème marginé et nodules sous-cutanés de Meynet
• Aphtoses génitales
• Alopécie et érythème en vespertilio
• Érythème noueux
• Purpura
• Érythème et desquamation des paumes et plantes des mains
• Lupus pernio
• Psoriasis
Examen ophtalmologique : chercher une uvéite
Examen cardiovasculaire : chercher un souffle mitral à l’auscultation, frottement péricardique
Examen respiratoire : chercher une matité à la percussion, diminution des vibrations vocales,
abolition du murmure vésiculaire
Examen abdominal : chercher une hépatosplénomégalie, douleur de la fosse iliaque droite
Examen ganglionnaire : chercher des adénopathies
Examen neurologique : chercher les signes de la chorée de Sydenham (hypotonie, mouvements
anormaux)
C . Examens Paracliniques
Orientés par la clinique, il n’y a pas de bilan systématique.
Radiographie :
• B ilatérale et comparative.
• Souvent normale dans les atteintes mono ou oligo-articulaires.
• La présence de lésions est en faveur d’une cause septique.
Échographie :
• Utile pour confirmer l’épanchement articulaire, notamment lorsque l’articulation est profonde et difficilement palpable
(comme la hanche).
• Examen simple, fiable, reproductible et non invasif.
• La normalité rend le diagnostic d’arthrite septique très improbable.
B iologie :
B ilan biologique non spécifique : protéines de l’inflammation (CRP, fibrinogène), hémogramme, bilan hépatique et rénal.
Examens biologiques spécifiques :
• En cas de suspicion d’origine infectieuse : sérologies microbiennes, hémocultures, prélèvements génitaux.
• En cas d’hypothèse inflammatoire : recherche d’anticorps antinucléaires, facteur rhumatoïde, anticorps anti-
peptides/protéines citrullinés (ACPA), électrophorèse des protéines plasmatiques.
Analyse du liquide articulaire :
• G este à la fois diagnostique et thérapeutique, réalisé avant la mise en route du traitement antibiotique.
• Doit être réalisée rapidement, dès que le diagnostic d’arthrite aiguë bactérienne est suspecté, et de façon systématique.
• Réalisée en asepsie stricte, en aveugle ou écho-guidée.
• Retrouve un liquide macroscopiquement purulent, une hypercellularité > 25 000/mm³ à prédominance de PNN, ainsi que
des germes.
Autres examens :
• IRM, scintigraphie (maladies inflammatoires et tumorales)
• Myélogramme en cas de suspicion d’anomalie maligne
T R AIT EMENT
Les doses dépendent de l’âge du patient, de ses antécédents médicaux, de ses allergies et de son état de santé.
C auses infectieuses
Arthrite septique:
-Antibiothérapie rapide, puis adaptée à l’antibiogramme.
-Évacuation du pus des articulations infectées= Drainage par arthroscopie ou, le plus souvent, par arthrotomie.
Maladie de Lyme:
Antibiotiques: La doxycycline et les bêta-lactamines. (efficaces rapidement si le diagnostic est établi assez tôt)
Arthrite réactionnelle:
AINS : indométacine.
Corticoïdes : dans les cas résistants.
C auses inflammatoires
Objectif : contrôler l’inflammation et réduire au minimum l’activité de la maladie afin que les organes ne soient pas endommagés à long terme.
AJI (Arthrite juvénile idiopathique):
Méthotrexate : première intention.
AINS : aspirine, diclofénac, indométacine
Corticoïdes
RAA (Rhumatisme articulaire aigu):
Antibiothérapie : amoxicilline.
Traitement anti-inflammatoire :
F orme mineure : aspirine à dose anti-inflammatoire pendant 4–6 semaines
F orme majeure avec atteinte cardiaque minime : aspirine pendant 8 semaines
F orme majeure avec atteinte cardiaque modérée ou sévère ou résistante sous aspirine : corticoïde
Repos: traitement de la douleur
Syndrome de Kawasaki:
H ospitalisation systématique dès la suspicion.
Immunoglobulines
Acide acétylsalicylique:
Effet anti-inflammatoire
Effet anticoagulant: prévenir les thromboses coronaires.
Lupus:
Antipaludéens : hydroxychloroquine (action régulatrice sur le système immunitaire et anti-inflammatoire)
.Toxicité cardiaque et oculaire
Méthotrexate : déconseillé en cas d’atteinte rénale, neurologique et vasculaire (peut masquer une infection)
Corticostéroïdes
Immunosuppresseurs : azathioprine, cyclophosphamide, mycophénolate mofétil
Purpura rhumatoïde:
• Repos
• Antalgiques
Corticothérapie à discuter en consultation spécialisée en cas de complications :
• Rénale
• Abdominale
• Uro-génitale
C auses onco-hématologiques
Leucémie: H émophilie:
Chimiothérapie anticancéreuse : destruction des cellules Remplacement du facteur déficient :
tumorales (administrée par cathéter veineux central).
Injections de facteur de coagulation (facteur V III pour
G reffe de moelle osseuse : après chimiothérapie pour
l’hémophilie A, facteur IX pour l’hémophilie B )
détruire le clone de cellules tumorales.
Thérapies ciblées : ciblent spécifiquement certaines cellules
cancéreuses.
Radiothérapie : en cas d’envahissement d’organes par les
cellules tumorales.
C omplications
C auses infectieuses
Arthrite septique:
Destruction de l’articulation → impotence définitive.
Dissémination de l’infection → ostéite, endocardites, septicémies (défaillances viscérales multiples).
Maladie de Lyme:
Arthrite persistante
Douleurs migratoires (articulations, os, tendons, muscles)
Problèmes oculaires : conjonctivite
Complications cardiaques : palpitations, rythme cardiaque anormal
F atigue, céphalées, myalgies, arthralgies
Difficultés cognitives (troubles de concentration et de mémoire)
Arthrite réactionnelle:
Arthrite récurrente (15–50 %)
Sténose urétrale
Nécrose de la racine aortique
G laucome secondaire
Cataracte
C auses inflammatoires
AJI:
Persiste à l’âge adulte dans plus de 5 0 % des cas.
Si la rémission n’est pas obtenue dans les 10 ans après le diagnostic, elle est peu vraisemblable.
Risque d’amylose.
RAA:
Complications rénales : albuminurie, défaillance de la fonction rénale.
Complications cardiaques : accélération du rythme cardiaque, péricardite, insuffisance cardiaque, fibrillation auriculaire.
Éruptions cutanées
Atteinte du système nerveux : déficit dans le contrôle de la motricité.
Syndrome de Kawasaki:
Atteinte cardiaque : myocardite, anévrismes coronariens (risque de thrombose, infarctus, rupture, myocardiopathie ischémique,
mort subite).
Purpura rhumatoïde:
Atteinte rénale : hématurie microscopique, protéinurie, syndromes néphrotiques ou néphritiques, insuffisance rénale.
Récidive des symptômes: chez jusqu’à un tiers des patients dans les 4 à 6 mois suivant la première manifestation.
Complications digestives : hémorragies, hématomes, œdèmes, invaginations, malabsorption, ulcérations, nécroses, perforations.
C auses onco-hématologiques
Leucémie: H émophilie:
Infections bactériennes : infections urinaires, Saignements dans les articulations ou les muscles
bronchopneumonies. • Inflammation de la membrane synoviale
Maladies auto-immunes : thrombopénie, anémie • Problèmes articulaires à long terme
hémolytique.
• Infections liées aux transfusions
Résistance aux traitements : échec de la chimiothérapie,
nécessité d’une greffe de cellules souches ou de transfusions.
C onclusion:
Les arthralgies chez l'enfant représentent un motif fréquent de consultation pédiatrique, nécessitant
une démarche diagnostique systématique face à un large spectre étiologique incluant causes
inflammatoires, infectieuses, onco-hématologiques.
Le diagnostic d'élimination repose sur l'interrogatoire précis (contexte d'apparition, fièvre associée,
signes systémiques), l'examen clinique détaillé et des examens complémentaires adaptés (biologie,
imagerie, ponction articulaire pour exclure les urgences.
Une approche multidisciplinaire est essentielle, car l'évolution peut être imprévisible.
MER C I POU R V OT R E
AT T ENT ION