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Guide 20datacenters

Ce guide, élaboré par la DGE et Business France, vise à accompagner l'implantation de centres de données en France, en s'adressant aux collectivités, propriétaires fonciers et porteurs de projets. Il souligne l'importance de ces infrastructures pour le dynamisme économique, la souveraineté numérique et la responsabilité environnementale du secteur. Le document présente également les sites propices à leur implantation et les modalités d'accompagnement disponibles pour les acteurs concernés.

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Ce guide, élaboré par la DGE et Business France, vise à accompagner l'implantation de centres de données en France, en s'adressant aux collectivités, propriétaires fonciers et porteurs de projets. Il souligne l'importance de ces infrastructures pour le dynamisme économique, la souveraineté numérique et la responsabilité environnementale du secteur. Le document présente également les sites propices à leur implantation et les modalités d'accompagnement disponibles pour les acteurs concernés.

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GUIDE D’ACCOMPAGNEMENT

DGE
Accélérer l’économie

Implantation
de demain !

de centres
de données
Ce guide s’inscrit dans la démarche d’accompagnement pilotée
par la DGE et Business France pour l’implantation en France
de centres de données. Il s’adresse à l’ensemble des acteurs
impliqués, notamment les collectivités, propriétaires fonciers
et porteurs de projets.

Novembre 2025
Guide  Implantation de centres de données

Sommaire
1. Qu’est-ce qu’un centre de données ? ............................................................................ 5

2. Pourquoi installer des centres de données en France ? .............................................. 6


Contribuer au dynamisme et à la souveraineté de la filière numérique française ................ 6
Des retombées positives pour les collectivités ............................................................................. 7
Vers une plus grande responsabilité environnementale du secteur numérique.................... 8

3. Quels sont les sites propices à l’implantation d’un centre de données ? ................10
Configuration territoriale propice à l’implantation de centres de données .........................10
La disponibilité foncière .................................................................................................................................... 10
Le raccordement au réseau électrique ........................................................................................................... 10
La localisation du site et l’existence d’infrastructures................................................................................. 11
Prise en compte des contraintes environnementales ................................................................................. 11
Action de l’État pour accompagner les porteurs de projets .....................................................12

4. Comment attribuer un site stratégique pour l’implantation d’un centre de


données ? ..........................................................................................................................14
Cadre juridique pour l’attribution d’un site ..................................................................................14
1. Cas où le bien d’implantation ne relève pas de la propriété d’une personne publique : ............ 14
2. Cas où le bien d’implantation relève de la propriété d’une personne publique : ......................... 14
Enjeux économiques ..........................................................................................................................15
Enjeux environnementaux ................................................................................................................16

5. Porteur de projet, propriétaire foncier ou collectivité : comment se faire


accompagner ? .................................................................................................................18
Porteurs de projets.............................................................................................................................18
Propriétaires fonciers et collectivités.............................................................................................18
Les questions relatives au raccordement électrique ..................................................................19

3
La France dispose de nombreux atouts
pour se positionner comme un acteur
clé dans l'économie numérique
mondiale : des talents exceptionnels,
des compétences pointues dans les
domaines de l’informatique et du
numérique et une infrastructure
énergétique solide, décarbonée et
fiable. Nous bénéficions, en outre d’une
position géographique idéale, au cœur
de l’Europe, qui nous place à la croisée
Thomas Courbe des routes commerciales et numériques
Directeur général mondiales.
des entreprises
Les centres de données sont aujourd’hui
un pilier de notre stratégie numérique.
Ils contribuent, d’une part, au dynamisme de la filière française, en
accélérant le développement de solutions innovantes dans des
domaines tels que l’intelligence artificielle (IA) ou le calcul
quantique. A l’échelon local, ils sont source de revenus fiscaux pour
les collectivités et peuvent contribuer au développement et à la
revitalisation des territoires. D’autre part, l’accueil de ces
infrastructures sur notre territoire participe de notre souveraineté
numérique. C’est pourquoi l'État s’engage avec détermination pour
faire de la France un leader dans l’hébergement de ces
infrastructures critiques. Nous avons mis en place des mesures
importantes pour attirer les investissements nécessaires et faciliter
l’implantation de nouveaux projets de centres de données sur
notre territoire. Lors du Sommet International pour l’action sur l’IA,
ce sont ainsi 109 Md€ d’investissement qui ont été annoncés.
L’action de l’État est ambitieuse et elle doit s’incarner sur le terrain.
Nous continuerons ainsi d’accompagner tous les acteurs du
secteur, en mettant en place les politiques publiques adaptées, un
cadre réglementaire simplifié et des solutions concrètes pour
faciliter l’installation de ces infrastructures stratégiques. Une « task
force » dédiée a été mise en place pour accompagner les porteurs
de projets, les territoires et les responsables publics locaux. 63 sites
favorables à l’implantation de centres de données ont ainsi déjà pu
être identifiés et annoncés lors du Sommet Choose France 2025.
Cette dynamique s’inscrit dans une ambition collective : faire de la
France un pôle de référence pour les technologies de demain, tout
en préservant les valeurs de sécurité, de transparence et de
durabilité qui fondent notre modèle numérique.

4
Guide  Implantation de centres de données

1. Qu’est-ce qu’un centre de


données ?
Dans le cadre d’une économie de plus en plus numérisée, les centres
de données jouent un rôle stratégique. Traditionnellement dédiés au
stockage des données et à l’interconnexion des réseaux télécoms, ils
sont aujourd’hui indispensables pour les nouveaux usages liés à
l’intelligence artificielle (IA) et au calcul haute performance (HPC).

Définition
Un centre de données, ou datacenter, est un site physique où sont regroupées des
infrastructures informatiques et de télécommunications destinées à stocker, à
traiter ou à distribuer des données de façon sécurisée. Il se compose
d’infrastructures physiques (e.g., bâtiment, alimentation électrique, systèmes de
refroidissement), informatiques (e.g., serveurs de calcul, serveurs de stockage,
équipements réseau) et logicielles (e.g., systèmes d’exploitation, logiciels de gestion
et de virtualisation).

Les serveurs sont l’élément central d’un centre de données : ce sont eux qui
assurent véritablement le stockage, le traitement et la gestion des données, en
interaction avec les autres équipements et infrastructures.

Il existe plusieurs types de centres de données, selon les usages :

→ Les centres de données d’entreprise sont conçus, détenus et exploités en propre,


essentiellement par de grandes entreprises et organisations telles que des banques, des
opérateurs télécoms ou des institutions gouvernementales. Les données (e.g., stockage de
données clients, messagerie) sont hébergées sur leurs propres serveurs au sein
d’infrastructures leur appartenant, avec pour avantage l’internalisation des risques mais pour
inconvénients des coûts d’exploitation élevés.

→ Les centres de données d’hébergement et de colocation proposent à la location des espaces


de stockage physiques à des entreprises ou organisations clientes qui bénéficient ainsi d’une
infrastructure partagée (alimentation, refroidissement, sécurité), gérée par l’opérateur du
centre de données, tout en restant propriétaires de leurs serveurs et autonomes dans la
gestion de ceux-ci. Ces centres de données sont souvent de grande taille et localisés à
proximité de pôles urbains, pour une meilleure prise en charge des éventuels problèmes
informatiques. Data4 (FR), Digital Realty (US), Equinix (US), Telehouse (JP) font partie des
acteurs de référence de la colocation en France.

→ Les centres de données des entreprises de services « en nuage » ou « cloud » hébergent les
données de clients particuliers, d’entreprises ou d’organisations tierces sur des serveurs
possédés et opérés par l’opérateur de services cloud. Certains fournisseurs peuvent
également proposer une offre de puissance de calcul via le cloud (i.e., les utilisateurs louent
de la puissance de calcul sans avoir à posséder l'infrastructure physique). Aux côtés des
« hyper-scalers » américains comme Amazon, Microsoft et Google – capables de gérer des

5
Guide  Implantation de centres de données

volumes de données extrêmement importants 1 – des acteurs français ont réussi à se faire
une place sur ce marché. Il s’agit, par exemple, d’OVHcloud, Orange Business Services,
OpCore, 3D Outscale, avec les européens Deutsche Telekom, Serverspace, Schwartz IT,
Hertzner, Ionos ou Upcloud. En outre, des acteurs du « neo-cloud » comme Coreweave (US)
Fluidstack (UK) et Sesterce (FR) fournissent des clusters de calcul pour l’IA via le cloud.

→ Les centres de données « edge » sont situés à proximité des utilisateurs finaux, dans des sites
décentralisés et de plus petite taille, afin de réduire la latence et améliorer la performance
des applications. Ils sont souvent utilisés pour des applications nécessitant un traitement en
temps réel (e.g., internet des objets, vidéo en streaming, aide à la conduite autonome).

→ Les centres haute densité pour le calcul haute performance (HPC) et l’entrainement de
modèles d’IA sont une branche émergente et en expansion rapide du secteur des centres de
données. Ils permettent la simulation et l’analyse de données massives pour des universités,
laboratoires de recherche et entreprises spécialisées dans l’IA. Certains de ces centres de
données peuvent être opérés en colocation. Le français Eclairion est par exemple positionné
sur ce marché.

2. Pourquoi installer des centres de


données en France ?
Le développement d’un écosystème numérique dynamique,
innovant et compétitif appelle des infrastructures numériques
nouvelles sur notre territoire. Une partie de cet écosystème a
également vocation à répondre aux enjeux de souveraineté
concernant le traitement de nos données. La France, grâce à son
énergie disponible, fiable et largement décarbonée, peut, par
ailleurs, contribuer à l’émergence d’un secteur numérique moins
émetteur en CO2. Pour ces raisons, outre les acteurs français du
secteur, tels que les fournisseurs de services cloud et de puissance de
calcul pour l’IA (GPU2), de nombreux acteurs internationaux
(hyperscalers, hébergeurs, fonds d’investissement) ont fait part de
leur souhait d’investir en France.

Contribuer au dynamisme et à la souveraineté de la filière


numérique française
L’implantation de centres de données en France est essentielle tant pour le
développement d’une filière nationale compétitive dans le numérique (start-ups d’IA,
fournisseurs de cloud, intégrateurs HPC) que pour pourvoir aux besoins des entreprises
de tous secteurs économiques. Ainsi, certains projets de centres de données
présentent une grande valeur pour l’économie numérique française et européenne, tels
que ceux hébergeant :

1 Plateformes de réseaux sociaux, services cloud de grande ampleur (Google Cloud Platform, Microsoft Azure, Amazon Web Services) et autres
services reposant sur l’IA (e.g., Google Maps, Co-Pilot).
2 Dans les serveurs de dernière génération, notamment ceux dédiés à l’IA et au cloud moderne, les Graphics Processing Units (GPU) agissent comme
le « cerveau » du datacenter. Elles opèrent l’ensemble des opérations de calcul et sont conçues pour exécuter des milliers de taches simultanément.

6
Guide  Implantation de centres de données

→ des services à très faible latence (edge), dont le bon fonctionnement exige une infrastructure
à proximité des utilisateurs finaux ;

→ les services cloud de fournisseurs français ou européens, qui hébergent les données
d’entreprises et organisations françaises ;

→ des capacités innovantes et massives pour l’entraînement des modèles d’IA, indispensables
aux entreprises françaises du secteur pour innover et se développer ;

→ les serveurs des sociétés utilisatrices installées en France ;

→ les équipements d’interconnexion et de stockage des opérateurs télécoms, nécessaires pour


maintenir une connectivité de qualité et un accès haut débit à l’ensemble du territoire.

La localisation en France d’infrastructures de stockage et de calcul peut contribuer à


renforcer notre souveraineté numérique, en réduisant la dépendance à des
infrastructures situées à l’étranger, tout en limitant – dans certaines conditions – le
risque d’exposition des données à des législations non-européennes à portée
extraterritoriale3. En tant qu’acteur clé de la révolution numérique, la France bénéficie
de l’installation sur son territoire d’acteurs internationaux de premier plan porteurs de
grands projets d’investissement dans les centres de données. En parallèle, le
développement d’une offre d’infrastructures portée par des acteurs français et
européens, notamment du cloud et de l’IA, constitue un enjeu stratégique pour la
France.

Des retombées positives pour les collectivités


Au niveau local, l’installation d’un centre de données est source de recettes fiscales
pour la collectivité, notamment au travers de la taxe foncière sur les propriétés bâties
(TFPB), de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la cotisation sur la valeur
ajoutée des entreprises (CVAE). Les taxes applicables et leurs modalités de calcul
précises varient selon le type de centre de données et selon que l’opérateur est
propriétaire ou non de l’infrastructure informatique4. A ces recettes s’ajoutent des
créations d’emplois directs, pour le fonctionnement des infrastructures (environ 50 ETP
pour 100MW de puissance), et indirects (e.g., construction).

Selon le type d’infrastructure visé par le projet, des bénéfices peuvent être attendus
pour l’écosystème économique local. En effet, les centres de données fournissent une
infrastructure pouvant être utile aux acteurs économiques et universitaires du territoire
dans leur accès à la puissance de calcul et aux données, permettant de soutenir leurs
activités de recherche et développement (R&D) dans des domaines tels que
l’intelligence artificielle, la simulation scientifique et le traitement de volumes de
données importants. L’implantation d’un ou plusieurs centres de données dans un
territoire peut alors stimuler l’attractivité de celui-ci auprès d’entreprises, de
laboratoires et de centres d’innovation et contribuer à la constitution d’un pôle
technologique local. De même, ces projets sont de nature à favoriser l’attraction de
talents et peuvent participer au financement d’initiatives en faveur de l’éducation et de
la formation dans le numérique. Les bénéfices pour l’écossyème seront d’autant plus
importants que des contreparties seront demandées dans le contrat d’implantation par
le propriétaire public, le cas échéant5.

Enfin, l’implantation de centres de données peut parfois être source d’externalités


positives en matière de développement du territoire et d’infrastuctures. Les projets de
centre de données, compte-tenu de leurs besoins en énergie, participent du

3 C’est notamment le cas pour les services cloud lorsque ceux-ci bénéficient de la certification SecNumCloud - cf. le site de l’ANSSI
4 Il est fortement recommandé aux propriétaires publics de se rapprocher de leur Direction départementale des finances publiques (DDFIP) ainsi
que de la Direction nationale d’interventions domaniales (DNID) pour évaluer précisément les sommes qui seront induites par le projet (cf. « 5.
Porteur de projet, propriétaire foncier ou collectivité : comment se faire accompagner ? »)
5 Cf. « 4. Quels sont les enjeux liés à l’implantation d’un centre de données ? »

7
Guide  Implantation de centres de données

financement des extensions du réseau électrique que planifie le gestionnaire de réseau,


lesquelles peuvent bénéficier à d’autres secteurs et entreprises. Lorsque le lieu
d’implantation s’y prête, les infrastructures numériques peuvent faire profiter les
secteurs teritiaires et industriels de la chaleur émise par les serveurs en venant
alimenter des réseaux de chaleur locaux, existants ou créés à l’initiative des projets. En
outre, certaines régions, confrontées à l’existence de friches industrielles, peuvent
trouver dans les projets de centres de données une solution aux problèmes de
dépollution des sites – prise en charge par le porteur – et de revitalisation.

Vers une plus grande responsabilité environnementale du secteur


numérique
Bien qu’ils soient au cœur de l’économie numérique, les centres de données restent
relativement mal connus et peuvent parfois soulever des interrogations quant à leurs
externalités négatives (consommation importante d’énergie et d’eau, nuisances
sonores, impacts sur le paysage, rejet de chaleur fatale, notamment). Si certaines
constructions plus anciennes peuvent souffrir d’une efficacité énergétique et hydrique
non optimisées, les infrastructures plus récentes répondent mieux à ces enjeux (les
technologies de refroidissement à eau les plus récentes, en circuit fermé, ont une
consommation hydrique annuelle équivalente à celle de quelques dizaines de foyers) et
prennent également en considération l’intégration paysagère et la réduction des
éventuelles nuisances sonores.

Désormais, l’intégration de la dimension écologique est indispensable dans tous les


projets d’implantation de centres de données et permet de distinguer les plus vertueux
grâce à des critères d’analyse de l’impact environnemental des infrastructures
numériques précis6. L’autorité administrative a la responsabilité d’évaluer les
contraintes locales et de favoriser les solutions techniques qui réduisent la pression sur
la ressource, par exemple en exigeant d’un porteur de projet qu’il choisisse un système
de refroidissement moins consommateur en eau sur un territoire identifié comme
structurellement en tension hydrique7. L’implantation d’un centre de données sur un
territoire doit être pensée dans une logique de sobriété et de responsabilité
environnementale.

La France porte depuis plusieurs années des positions ambitieuses sur la scène
européenne et internationale en matière de responsabilisation environnementale des
acteurs du numérique. Elle est notamment le premier pays au monde à avoir élaboré un
cadre juridique dédié à la réduction de l’empreinte environnementale du numérique 8.
Depuis 2023, le dispositif éco-énergie tertiaire (loi ELAN) fixe d’ailleurs des objectifs de
performance énergétique en fonction de la taille des centres de données installés en
France.

Par ailleurs, au niveau européen, la directive sur l’efficacité énergétique (2023) impose
aux grands centres de données de communiquer chaque année à la Commission
européenne leurs données de performance. L’Arcep collecte également chaque année
en France, depuis 2023, des données auprès des opérateurs de centres de données,
qu’elle publie sous forme agrégée dans un rapport public9, permettant ainsi d’ajuster
les politiques publiques dédiées à la réduction de l’empreinte environnementale du
numérique.

6 Cf. Ibid. pour une grille d’analyse des enjeux environnementaux.


7 L’article R111-2 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales
s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son
implantation à proximité d'autres installations. ». Dans le cas où le territoire connaitrait des tensions structurelles sur sa ressource en eau, le service
instructeur pourra solliciter l'avis du service public de l'eau afin d'avoir des éléments techniques sur l'état de la ressource en eau. Le cas échéant, il
pourra s'appuyer sur cet avis pour refuser le projet en invoquant un risque d'atteinte à la salubrité publique
8 loi REEN en 2021
9 Cf. Arcep, Enquête annuelle "Pour un numérique soutenable".

8
Guide  Implantation de centres de données

Enfin, outre les obligations légales qui lui sont imposées, la filière a pris un ensemble
d’engagements volontaires10 pour améliorer en particulier la performance énergétique
et hydrique des centres de données.

Tableaux 1, 2, 3, 4 et 5 — Exemples de caractéristiques idéales d’un centre de données selon le


type de territoire au regard des enjeux environnementaux 11

Zone Tempérée Zone de Stress Hydrique

Caractéristiques Description Caractéristiques Description


Utilisation de systèmes Utilisation de systèmes
de refroidissement hybrides (air et eau) Refroidissement de refroidissement à air sec pour
Refroidissement
pour s'adapter aux variations minimiser la consommation d'eau.
saisonnières.
PUE optimisé grâce à des technologies
Efficacité
PUE optimisé grâce à une combinaison de refroidissement avancées et une
Efficacité Énergétique
de refroidissement naturel gestion intelligente de l'énergie.
Énergétique
et mécanique.
Systèmes de récupération et
Systèmes de récupération de l'eau Gestion de l'Eau de recyclage de l'eau pour les besoins
Gestion de l'Eau de pluie pour les besoins non critiques.
de refroidissement.

Zone à humidité ambiante élevée

Caractéristiques Description
Utilisation de systèmes de refroidissement évaporatif indirect (en circuit fermé) permettant de bénéficier
Refroidissement du pouvoir rafraîchissant de l’eau sans introduire d’humidité dans la salle informatique.
Ces systèmes réduisent la dépendance aux compresseurs mécaniques.
Contrôle Systèmes de déshumidification avancés pour maintenir des niveaux d'humidité optimaux à l'intérieur
de l'Humidité du datacenter.
Efficacité PUE amélioré grâce à la récupération de l’humidité naturelle et à l’utilisation de procédés de refroidissement
Énergétique passif, limitant la consommation d’énergie des systèmes de climatisation traditionnels.
Emplacement Situé dans des zones élevées pour éviter les risques d'inondation.

Zone Chaude Zone Froide

Caractéristiques Description Caractéristiques Description


Utilisation de systèmes de Utilisation de l'air extérieur froid pour
refroidissement à haute efficacité Refroidissement le refroidissement naturel (free cooling)
Refroidissement énergétique, comme le refroidissement pendant la majeure partie de l'année.
par liquide direct pour les salles infos, et
le refroidissement à air pour le bâtiment. Efficacité PUE très bas grâce à la réduction des
Énergétique besoins en refroidissement mécanique.
PUE optimisé grâce à des technologies
Efficacité Isolation thermique avancée pour
de refroidissement avancées et une
Énergétique Isolation minimiser les pertes de chaleur
gestion intelligente de l'énergie.
et maximiser l'efficacité énergétique.
Systèmes de dissipation de la chaleur
Gestion de l'Eau avancés pour maintenir des
températures internes optimales.
Situé dans des zones avec un accès facile
aux infrastructures de transport
Emplacement et d'énergie, mais éloigné des zones
urbaines pour minimiser
l'impact thermique.

10 Climate Neutral Data Center Pact, Code of Conduc.


11 Cf. chapitre 4. « Comment attribuer un site stratégique pour l’implantation d’un centre de données ? », section « Enjeux environnementaux »
pour une description détaillée des critères énergétiques et environnementaux permettant d’apprécier un projet.

9
Guide  Implantation de centres de données

3. Quels sont les sites propices à


l’implantation d’un centre de
données ?
Actuellement, les centres de données sont principalement localisés
en Ile-de-France et, dans une moindre mesure, dans le Nord (Lille,
Roubaix), dans la région de Marseille ou à proximité des principales
métropoles. Ces choix de localisation par les porteurs de projet
tiennent à un ensemble de facteurs géographiques et techniques
rendant ces territoires particulièrement attractifs. Pour autant, les
exigences relatives à la localisation des infrastructures varient en
fonction du type de centre de données, et l’État encourage les
porteurs et collectivités à considérer des régions où les disponibilités
électrique et foncière sont plus abondantes et moins sollicitées.

Configuration territoriale propice à l’implantation de centres de


données
De manière générale, les porteurs de projets prennent en considération trois grands
paramètres pour déterminer où implanter un centre de données : la disponibilité
foncière, le raccordement au réseau électrique ainsi que la localisation et l’existence
d’infrastructures. En parallèle, des enjeux environnementaux et de limitation des
nuisances doivent être intégrées à la réflexion sur le foncier.

La disponibilité foncière
Selon leur taille et leur typologie, les centres de données s’étendent sur des sites d’une
superficie allant de quelques centaines de mètres carrés pour ceux destinés à des
services locaux de type edge, à plusieurs dizaines d’hectares pour les grandes
infrastructures de type hyperscale.

L’existence sur un territoire de sites déjà ou anciennement aménagés (e.g., zones


d’activités, friches industrielles), ou dont les études d’impact ont déjà été réalisées (e.g.,
sites labelisés « clés en main »12), facilite l’implantation de centres de données,
notamment au regard des autorisations environnementales. Certains porteurs de projet
peuvent par ailleurs spécifiquement chercher des sites déjà bâtis et dont les
constructions existantes peuvent être réemployées.

Enfin, il est à noter que les centres de données sont soumis à la loi Zéro artificialisation
net (ZAN)13, qui impose des quotas en matière d’artificialisation des sols. Les centres de
données ne peuvent pas être comptabilisés sur les quotas nationaux et doivent donc
s’inscrire dans les quotas locaux ou régionaux selon l’ampleur du projet.

Le raccordement au réseau électrique


Les centres de données sont des infrastructures électro-intensives qui doivent être
raccordées au réseau. Si les infrastructures les plus modestes nécessitent une puissance

12 Cf. dispositif "sites clés en main France 2030".


13 Cf. présentation de la mesure Zéro artificialisation nette pour plus d’informations.

10
Guide  Implantation de centres de données

électrique de quelques mégawatts (MW), les plus grands projets à l’étude actuellement
peuvent dépasser le gigawatt (GW), avec en moyenne des besoins autour de
50-250 MW pour des projets d’une certaine ampleur. Cette contrainte de
raccordement implique l’existence à proximité du terrain d’un poste électrique et de
lignes haute tension (HTB pour des puissances supérieures à 40 MW, HTA sinon).

Dans un contexte d’accroissement des demandes et de potentielles tensions sur le


réseau, il est à noter que les délais de raccordement au réseau ou de montée en
puissance d’une installation existante peuvent varier de 2-3 ans à 6-9 ans pour les
travaux les plus importants. A ce titre, il est recommandé aux porteurs de projets de
cibler en priorité les sites facilement raccordables au réseau et, lorsque cela est
possible, d’éviter les régions où ces tensions sont les plus fortes. L’Île-de-France,
notamment, région très sollicitée pour implanter de nouveaux centres de données,
subit actuellement une saturation du réseau de transport d’électricité, dont il résulte
une élévation des coûts et des durées de raccordement du fait de la nécessité de
renforcer le réseau.

Néanmoins, les raccordements opérés par RTE s’inscrivent en cohérence avec son
schéma de développement du réseau (SDR) et prennent en compte les potentiels
enjeux de tension sur le réseau et de concurrence avec d’autres activités économiques.
Les centres de données peuvent, en outre, constituer une source de flexibilité pour le
réseau électrique grâce aux solutions de pilotage des installations et systèmes
d’alimentation de secours ou d’alimentation sans interruption (ASI). 14

La localisation du site et l’existence d’infrastructures


Afin de garantir un niveau de service optimal, les centres de données doivent bénéficier
d’infrastructures réseau (fibre, connectivité) performantes, garantissant une
transmission rapide et fiable des données ainsi qu’une interconnexion avec d’autres
centres de données. A ce titre, la présence d’un hub de peering15 à proximité constitue
un avantage certain. De même, certaines régions côtières (e.g., agglomération de
Marseille) tirent leur attractivité de la proximité de stations d’atterrissement de câbles
sous-marins. La présence de centres économiques et d’entreprises clientes est un
avantage pour certains centres de données requérant une très faible latence et une
capacité d’intervention rapide en cas de problème technique (e.g., usages edge,
stockage de données stratégiques d’une entreprise) mais importe moins pour les
infrastructures dédiées au cloud et à l’IA.

Prise en compte des contraintes environnementales


Au-delà de ces critères, certains prérequis sont à prendre en compte, tels que la
compatibilité du Plan local d’urbanisme (PLU) avec les infrastructures de centres de
données, l’absence de contraintes environnementales fortes (e.g., site protégé, stress
hydrique) ou encore l’acceptation des acteurs locaux.

Ainsi, sur le plan environnemental, outre les analyses de risque 16 habituelles pour tout
projet d’infrastructure (risques inondation, séisme, etc.), les porteurs de projet sont
incités à cibler prioritairement des terrains déjà artificialisés et des friches industrielles,
afin de respecter le principe du Zéro artificialisation nette (ZAN) tel que conçu par le
législateur. De même, un équilibre doit être trouvé entre une localisation suffisamment
proche des activités humaines pour permettre la récupération de chaleur (e.g., réseaux
de chaleur urbains), mais suffisamment éloignée pour éviter certaines éventuelles
nuisances (e.g., risques incendie).

Une attention particulière doit enfin être portée au système de refroidissement


envisagé au regard de la situation hydrique du territoire d’implantation. Ainsi, dans une
zone régulièrement en situation de stress hydrique, il est nécessaire de privilégier des

14 Cf. GIMELEC, Contribution des data centers français à la flexibilité du système électrique
15 Point d’interconnexion physique entre plusieurs réseaux.
16 La consultation des bases officielles (notamment Géorisques, PPRN) permet d'évaluer ce risque.

11
Guide  Implantation de centres de données

systèmes de refroidissement à air sec pour minimiser la consommation d’eau, plutôt


que des systèmes par tours aéroréfrigérantes ou refroidissement adiabatique17.

Les porteurs de projets souhaitant approfondir leur compréhension des enjeux


environnementaux peuvent se référer à l’ADEME, notamment via les guides de
valorisation de la chaleur fatale ou le fonds chaleur18.

Tableau 6 — Les différents types de centres de données et leurs besoins

Type Modèle économique Taille Localisation


Variable selon la taille
Dans ou à proximité des locaux
Exploitation A l’usage exclusif de l’entreprise et les besoins de
de l’entreprise propriétaire
sur site propriétaire. l’entreprise (du placard
du datacenter.
au mégacentre).
Besoin d’espace pour déployer des
Infrastructure louée et partagée infrastructures relativement grandes
Hébergement par plusieurs entreprises clientes, Grands voire très et proximité avec les entreprises
et colocation qui conservent cependant grands (mégacentres). clientes, favorisant les zones
la propriété de leurs serveurs. facilement accessibles (grands axes
autoroutiers, zones périurbaines).
Pas d’exigence particulière mais
Infrastructure (y.c. serveurs)
Grands voire besoin d’espace disponible important
Services cloud possédés par le fournisseur
très grands. favorisant les implantations en zones
de services cloud.
rurale ou périurbaine.
Possédés par l’entreprise
utilisatrice (usages financiers,
A proximité immédiate
Edge santé, internet des objets, Petits.
des utilisateurs.
mobilité) ou mis à disposition
de tiers.
Possédés par ou mis à disposition Pas d’exigence particulière mais
Haute densité d’utilisateurs publics ou privés qui Grands voire besoin d’espace disponible important
(HPC et IA) bénéficient de capacités de calcul très grands. favorisant les implantations en zones
significatives. rurale ou périurbaine.

Action de l’État pour accompagner les porteurs de projets


Afin de renforcer l’attractivité de la France pour l’accueil de centres de données, l’Etat
travaille à la simplification des procédures administratives et à la réduction des délais
nécessaires à leur implantation en France :

→ une procédure de pré-réservation de capacités électriques sur demande de l’Etat a été


approuvée en mai 2025 par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), permettant un
raccordement accéléré (3 à 4 ans) pour des sites de forte puissance (>400MW) identifiés
comme « fast-track » ;
→ des travaux visant à étendre aux centres de données le statut de Projet d’intérêt national
majeur (PINM) sont en cours19. Ce statut permet actuellement de faire bénéficier les projets
industriels stratégiques d’une accélération des procédures administratives préalables à
l’implantation (autorisation d’urbanisme, obtention de la dérogation espèces protégées).

17 Cf. site de la DRIAS


18 Cf. ADEME, "L'ADEME en région" pour des contacts régionaux, et le dossier "Avis d'experts - Les data centers ou centres de données" pour des
éléments sur les enjeux environnementaux.
20 Un site relève du domaine public lorsqu’il est affecté à l’usage direct du public ou à un service public et fait l’objet d’un aménagement
indispensable à l’exécution des missions de ce service public.

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Guide  Implantation de centres de données

Une « task force » pour identifier des sites éligibles à


l’accueil de centres de données
En début d’année 2025, dans le cadre du Sommet de Paris pour l’action sur l’IA, un
groupe de travail, ou « task force » dédié à l’implantation de centres de données a
été mis en place, piloté par la Direction Générale des entreprises (DGE) et
comprenant Business France, RTE, la Direction générale de l’énergie et du climat
(DGEC) ainsi que le Direction générale de l’aménagement et du logement (DGALN).

La task force travaille notamment à l’identification de sites disponibles pour


l’accueil de centre de données, en collaboration avec les services déconcentrés de
l’Etat en région, les agences régionales de développement (ARD) et collectivités
territoriales. A l’issue de ce travail, 63 sites répondant aux critères d’implantation
d’un datacenter ont pu être identifiés en vue d’être proposés aux porteurs de
projets, et quatre d’entre eux bénéficient de la procédure de raccordement
accéléré, dite « fast-track ».

Dans une logique de préservation des espaces non-artificialisés et


d’accompagnement des territoires dans la requalification d’anciens sites industriels,
la task force travaille avec les différentes parties prenantes à porter les efforts sur
l’identification de friches pouvant être converties et dont le bâti existant peut être
réutilisé. Un travail conjoint avec l’ADEME a également été mené sur les enjeux
environnementaux.

Image 1 — Sites propices à l’accueil de centres de données

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Guide  Implantation de centres de données

4. Comment attribuer un site


stratégique pour l’implantation
d’un centre de données ?
Compte-tenu de leurs caractéristiques (raccordement électrique,
localisation, surface, etc.) les sites propices à l’implantation de
centres de données constituent un vivier précieux de foncier de
qualité et doivent, à ce titre, être attribués avec vigilance aux projets
les plus pertinents, tant sur le plan économique qu’environnemental.

Cadre juridique pour l’attribution d’un site


Il convient de distinguer selon que le bien d’implantation du projet relève ou non de la
propriété d’une personne publique.

1. Cas où le bien d’implantation ne relève pas de la propriété d’une


personne publique :
Dans le cas d’une propriété privée, le choix du porteur de projet reste à la main du
propriétaire. Il convient toutefois de respecter les règles habituelles pour toute
implantation d’infrastructure (autorisations en matière d’urbanisme, d’environnement,
etc.).

2. Cas où le bien d’implantation relève de la propriété d’une personne


publique :
Dans ce cas, il convient de distinguer selon que le bien relève du domaine public ou
privé de la personne publique.

– Le bien appartient au domaine public20


L’article L. 2122-1-1 du code général de la propriété des personnes publiques (CG3P)
précise que dans le cas où l’occupation du domaine public permet « d'occuper ou
d'utiliser le domaine public en vue d'une exploitation économique, l'autorité compétente
organise librement une procédure de sélection préalable présentant toutes les garanties
d'impartialité et de transparence, et comportant des mesures de publicité permettant
aux candidats potentiels de se manifester ».

– Le bien appartient au domaine privé


Aucune disposition législative ou règlementaire n’impose à une personne publique de
recourir à une procédure de mise en concurrence préalablement à l’attribution d’un
site sur un bien relevant du domaine privé. Le juge administratif l’a pour l’instant
reconnu dans le cas où la personne publique envisageait une opération de cession 21 ou
la conclusion d’un contrat de bail22.

Toutefois, une personne publique peut faire le choix, sans y être contrainte, de
procéder à une mise en concurrence préalable entre opérateurs pour l’attribution d’un

20 Un site relève du domaine public lorsqu’il est affecté à l’usage direct du public ou à un service public et fait l’objet d’un aménagement
indispensable à l’exécution des missions de ce service public.
21 Conseil d’Etat, 16 avril 2019, Sociétés Procedim et Sinfimmo, n° 420876
22 Conseil d’Etat, 2 décembre 2022, n° 460100

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Guide  Implantation de centres de données

droit réel sur un site appartenant à son domaine privé. Dans ce cas, elle est tenue de
respecter le principe d’égalité de traitement entre candidats.

Concrètement, si la procédure de mise en concurrence est choisie par le propriétaire


public, elle s’organise généralement selon plusieurs étapes successives qui peuvent être,
à titre illustratif, les suivantes :

→ la publication d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) ou d’un appel à projets23 ou tout
autre mode de publicité approprié ;

→ la détermination d’une grille de critères objectifs et non discriminatoires permettant de


départager les candidatures ;

→ l’organisation de sessions d’audition des candidats ;

→ l’étude détaillée de leurs propositions sur la base des critères choisis ;

→ le cas échéant, l’entrée en phase de négociation / discussion exclusive avec le lauréat


pressenti ;

→ l’annonce du candidat retenu , qui prend la forme d’une décision de l’autorité compétente
pour permettre l’attribution du site24.

Dans tous les cas, le propriétaire public devra prendre en compte différents enjeux,
notamment économiques et environnementaux, préalablement à l’attribution d’un site.

Enjeux économiques
Des bénéfices économiques importants, tant pour l’écosystème local que national,
peuvent être retirés de l’implantation d’un centre de données. Afin de maximiser ces
derniers et s’assurer de la solidité du projet, une analyse économique doit être menée
laquelle peut, à titre indicatif, couvrir quatre grands axes :

→ la maturité économique et financière du projet, comprenant :

• le niveau de liquidités disponibles du projet pour financer les investissements, une forte
capacité d’autofinancement – ou une capacité d’autofinancement couvrant au moins les
dépenses initiales – permettant d’assurer un meilleur niveau de sécurité financière ;

• la capacité d’accès au crédit du porteur de projet, matérialisée par les taux auxquels le
porteur peut prétendre, et qui constitue un signal de la solidité financière du porteur et
de sa crédibilité auprès des prêteurs ;

• la maturité commerciale du projet, reflétée par l’existence de clients déjà clairement


identifiés (avec signature de lettres d’intention idéalement), de préférence diversifiés
dans le cas d’activités de colocation ;

• la résilience du projet, qui doit notamment pouvoir être adapté à d’autres usages que
ceux prévus lors de sa conception, si nécessaire (cas de disruption de marché, par
exemple) – cela est d’autant plus important que le projet est de grande ampleur, auquel
cas une conception de type « modulaire » permettra une meilleure adaptation de
l’infrastructure à son utilisation réelle ;

• la cohérence des ambitions affichées du projet compte-tenu des contraintes existantes


(e.g., comparaison de la puissance électrique recherchée par rapport à la superficie du
terrain) ;
→ le modèle économique et la cohérence stratégique du projet, couvrant :

23 Dans les deux cas, la personne publique devra veiller à ce que le règlement de ces procédures de sélection ne traduise pas l’existence d’un
besoin, ce qui pourrait dans l’affirmative entrainer une requalification en contrat de la commande publique.
24 Par exemple, pour les collectivités territoriales, une délibération du conseil municipal autorisant le maire à procéder à signature du contrat de
vente ou du bail avec l’opérateur retenu.

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Guide  Implantation de centres de données

• le type d’usages servis par le projet (colocation, IA, cloud…), celui-ci devant être apprécié
au regard du contexte national et territorial 25 ;
• les clients envisagés, notamment pour les projets en colocation, avec une partie des
infrastructures qui pourra être allouée à des acteurs français et européens, de préférence
ETI et PME ;
• le type de porteur, qui peut être soit un opérateur de centres de données, soit un
investisseur / développeur parfois issu de l’immobilier, dont la logique sera davantage
purement financière, avec un objectif de cession de l’infrastructure ;
→ les retombées locales du projet, appréciées par :
• la maîtrise laissée à la collectivité sur le projet et, notamment, sur le foncier – dans ce cadre,
un bail à construire offre un meilleur contrôle à la collectivité qu’une simple cession ;
• la forme juridique associée au projet, la création d’une SPV (Special Purpose Vehicle)
assurant plus de transparence, une meilleure protection contre les risques et une
structuration financière claire ;
• les revenus apportés à la collectivité, en particulier les revenus fiscaux, qui doivent être
précisément estimés par le porteur26 ainsi que le prix d’acquisition proposé ;
• les contreparties offertes par le projet, qui constituent un élément essentiel et doivent
notamment inclure la création d’emplois directs dûment chiffrés – d’autres contreparties
comme des investissement dans des activités de formation ou des engagements de
coopération avec les écosystèmes locaux (e.g., entreprises locales pour la construction,
approvisionnement en matériel et équipements auprès d’entreprises françaises) peuvent
être envisagées ;
→ la maturité opérationnelle du projet, analysée selon :
• l’expertise (track record) du porteur dans le secteur des centres de données et dans des
projets d’ampleur similaire ;
• la maîtrise par le porteur des enjeux et procédures environnementales, essentielle à la
bonne conduite du projet ;
• la maîtrise des enjeux de raccordement au réseau électrique et la capacité du porteur à
financer les études nécessaires.

Enjeux environnementaux
L’installation d’un centre de données pose un certain nombre d’enjeux
environnementaux, d’infrastructures de réseaux et d’efficacité énergétique qui doivent
être pris en compte et traités dès la conception du projet 27, et ont fait l’objet d’un
travail approfondi avec l’Ademe. Une attention particulière devra notamment être
apportée aux éléments suivants :
→ la valorisation énergétique et l’intégration aux réseaux locaux de chaleur : les serveurs d’un
centre de données produisent de la chaleur fatale, laquelle doit, sauf impossibilité technique
ou économique, être récupérée pour bénéficier à certains usages (chauffage de bâtiments,
usages industriels, serres agricoles…) – la récupération de cette chaleur est facilitée par la
proximité de besoins thermiques et le raccordement possible à un réseau de chaleur 28, tout
en étant assez éloignée des habitations pour éviter ou réduire les nuisances ;

25 Bien que plus innovants et s’inscrivant dans la stratégie nationale, les projets orientés vers l’IA ne doivent pas être les seuls considérés, les usages
cloud et de colocation pouvant également répondre à des besoins locaux et nationaux.
26 Il est possible de se rapprocher de la DGFIP pour être accompagné sur les questions fiscales (cf. « 5. Porteur de projets, propriétaire foncier ou
collectivité : comment se faire accompagner ? »).
27 Source : travaux en cours de l’Ademe sur l’implantation des centres de données
28 La Directive Efficacité Energétique (2023/1791) impose aux nouveaux centres de données de +1MW de valoriser leur chaleur fatale, sauf
impossibilité technique ou économique.

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Guide  Implantation de centres de données

→ les indicateurs d’exploitation « by design », mesurant l’efficacité énergétique, qui sont à


considérer de manière simultanée, doivent s’appuyer sur des hypothèses de charge réalistes
et vérifiables qui comprennent :
• le PUE (Power Usage Effectiveness) prévisionnel, indicateur d’efficience énergétique 29 ;
• le WUE (Water Usage Effectiveness), indicateur d’efficacité de la consommation d’eau du site ;
• le taux de valorisation de la chaleur fatale (Energy reuse factor, ERF), mesurant
l’intégration au territoire ;
→ les systèmes de refroidissement, appréciés par :
• l’usage du free cooling ou chilling naturel lorsque les conditions climatiques le permettent ;
• le recours à des technologies de refroidissement innovantes, à faible consommation
énergétique et hydrique ;
• la maîtrise du PRG (potentiel de réchauffement global) des réfrigérants utilisés,
conformément au règlement européen 2024/1364 ;
→ la réduction de l’empreinte environnementale du bâtiment, en prenant en compte :
• les certifications attestant de sa performance environnementale ;
• le design du bâtiment, notamment son adaptabilité au territoire, au changement
climatique et aux aléas de charge ;
• l’utilisation de matériaux bas carbone, biosourcés ou recyclés ;
→ la réduction de l’empreinte des équipements, en prenant en compte :
• pour les équipements informatiques : la ré-employabilité, la recyclabilité et l’efficacité
énergétique (score SERT ou Cserv) ;
• pour les générateurs de secours et UPS (alimentation sans interruption) : le choix de
technologies bas carbone, la participation à la flexibilité du réseau et le recours à des
combustibles alternatifs (HVO, bioliquide).
Enfin, il est à noter que les centres de données d’une certaine taille et puissance ont
des équipements soumis au régime des installations classées pour la protection de
l’environnement (ICPE)30, en raison des risques potentiels qu’ils représentent pour
l’environnement.

Une grille d’analyse des projets de centres de données


Afin de soutenir les collectivités et décideurs locaux dans l’étude des projets qui
leurs sont présentés, la DGE a élaboré une grille d’analyse couvrant à la fois les
aspects économiques et environnementaux des projets. Cette grille se veut avant
tout indicative en apportant des éléments de réflexion aux acteurs locaux et en
pointant les enjeux à prendre en compte pour l’installation d’un centre de
données. Il est peu probable que l’ensemble des critères soient remplis
simultanément, de même qu’il est recommandé d’adapter les éléments de cette
grille aux particularités et besoins locaux.

29 Les plus grands centres de données (+10 000m²) ont un objectif de PUE de 1,20 en 2030, fixé par le décret tertiaire.
30 Cf. Minsitère de la transition écologique, "Tout savoir sur les ICPE"

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Guide  Implantation de centres de données

5. Porteur de projet, propriétaire


foncier ou collectivité : comment se
faire accompagner ?
Porteurs de projets
L’implantation d’un centre de données en France suit des procédures similaires à celles
d’un projet industriel lorsque sa puissance est supérieure à 10MW. Pour plus
d’informations sur les démarches à entreprendre, les porteurs peuvent se référer au
guide de l'implantation industrielle édité par le DGE.

Les entreprises françaises à la recherche d’un site en France pour l’implantation d’un
centre de données peuvent écrire à l’adresse mail générique
[Link]@[Link]. Les entreprises étrangères sont invitées à prendre
attache avec Business France à l’adresse FranceforAI@[Link]. Les agences
régionales de développement (ARD) peuvent également accompagner les porteurs
dans leurs projets.

Les porteurs de projets étrangers souhaitant être accompagnés dans leur


compréhension du cadre légal et fiscal s’appliquant aux centres de données en France
peuvent s’adresser au service Tax4Business de la DGFIP, à l’adresse
tax4business@[Link]

Propriétaires fonciers et collectivités


Au niveau local, les Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des
solidarités (DREETS) et les Agences régionales de développement (ARD) sont les
interlocuteurs privilégiés des acteurs publics locaux pour évaluer l’opportunité
d’installer un centre de données sur leur territoire, pour qualifier un site avec son
propriétaire – privé ou public – ou évaluer un projet.

La taskforce centres de données est en contact régulier avec les DREETS et ARD. En
particulier, la DGE et Business France présentent aux ARD les spécificités (e.g., usage de
destination du datacenter, emplois créés) et besoins (e.g., puissance de raccordement,
superficie du site) des projets de centres de données qui leur sont remontés par les
entreprises. Les ARD établissent ensuite la liaison entre les besoins exprimés et les sites
disponibles sur territoire dont elles s’occupent, en relation avec leurs propriétaires.

Pour des questions spécifiquement relatives aux retombées fiscales d’un projet, la
Direction générale des finances publiques (DGFiP) déploie un réseau de conseillers aux
décideurs locaux pouvant être mobilisés si besoin. L’estimation de la valeur d’un site et
ou des redevances dues par le porteur au titre de son occupation pouvant s’avérer
complexes, il est également conseillé aux propriétaires publics de se faire accompagner
par les services de la Direction nationale d’interventions domaniales (DNID) et de la
Direction départementale des finances publiques (DDFIP).

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Guide  Implantation de centres de données

Image 2 — Processus de mise en relation des projets avec des sites dont le propriétaire est public

Les questions relatives au raccordement électrique


Les questions de raccordement au réseau électrique peuvent être directement
adressées aux correspondants locaux d’Enedis (raccordement de moins de 40MW)
ou RTE, dont les coordonnées sont disponibles sur internet (voir les pages de Enedis
et RTE).

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Conception : DGE
Réalisation : Sircom
Novembre 2025

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