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Xani - L'Étoile de Fer Chapitre I: La Chute Du Ciel Rouge: Descends

Dans un monde où le ciel est rouge à cause des Forges Orbitales, Xani, une guerrière marquée par la guerre, se prépare pour une mission périlleuse. Elle doit infiltrer la station pénitentiaire Voïd-9, qui s'avère être un laboratoire de transformation de prisonniers en soldats parfaits pour l'Empire Vorthane. Avec l'aide de sa cellule, elle espère sauver des vies tout en affrontant ses propres démons intérieurs.

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Xani - L'Étoile de Fer Chapitre I: La Chute Du Ciel Rouge: Descends

Dans un monde où le ciel est rouge à cause des Forges Orbitales, Xani, une guerrière marquée par la guerre, se prépare pour une mission périlleuse. Elle doit infiltrer la station pénitentiaire Voïd-9, qui s'avère être un laboratoire de transformation de prisonniers en soldats parfaits pour l'Empire Vorthane. Avec l'aide de sa cellule, elle espère sauver des vies tout en affrontant ses propres démons intérieurs.

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XANI — L'ÉTOILE DE FER

Chapitre I : La Chute du Ciel Rouge

Le ciel de Kaïros n'avait jamais été bleu.

Depuis que les Forges Orbitales tournaient au-dessus de la planète comme des lunes artificielles
crachant leur fumée noire, le ciel était rouge. Rouge comme du sang séché. Rouge comme une
blessure qui refuse de guérir.

Xani le regardait chaque matin, ce ciel maudit. Accroupie sur le rebord effilé de la Tour Cassée, ses
genoux contre sa poitrine, ses yeux couleur d'ambre fixés sur les nuages de métal en fusion qui
dérivaient lentement vers l'horizon. Elle avait vingt-trois ans et portait déjà les cicatrices d'une vie
entière de guerre.

Sur son bras gauche, une ligne blanche, propre — une lame Vorthane, il y a trois ans.

Dans son dos, un réseau de brûlures en forme d'arbre — une décharge de canon ionique, il y a deux
ans.

Sous son œil droit, un point minuscule, presque invisible — l'ongle d'un enfant soldat qui avait essayé
de lui arracher le visage avant qu'elle ne le désarme. C'était la cicatrice qui lui faisait le plus mal, non
pas physiquement, mais dans un endroit qu'elle ne savait pas encore nommer.

— Xani. La voix craqua dans son oreillette comme une brindille sous une botte. Réunion dans dix.
Descends.

Elle ne répondit pas. Elle plongea.

La Tour Cassée était le dernier vestige d'une ancienne cathédrale de communication, construite il y a
deux siècles par les Fondateurs de Kaïros, quand les hommes croyaient encore pouvoir parler aux
étoiles. La moitié supérieure avait été rasée par un bombardement orbital il y a quatre ans. Ce qui
restait — soixante mètres de béton carbonite, de câbles pendants et de fresques à demi effacées —
servait de quartier général à la Cellule Omégha.

Xani tomba en chute libre pendant trois secondes, puis activa ses amortisseurs de tibia — une
technologie volée aux soldats de l'Empire Vorthane, implantée de force dans ses jambes à l'âge de
seize ans par un chirurgien de la résistance qui avait les mains qui tremblaient. L'atterrissage fit
craquer le plancher métallique. Poussière. Silence. Puis des voix.

Elle poussa la porte.

La salle de commandement ressemblait à un cauchemar d'ingénieur. Des écrans holographiques


flottaient dans l'air comme des fantômes lumineux, affichant des cartes de déplacement de troupes,
des flux de données interceptés, des visages recherchés. Des câbles couraient sur le sol comme des
lianes métalliques. Au centre, autour d'une table ronde gravée d'impacts de balles, se tenaient les
quatre autres membres de la cellule.

Oben, soixante ans, ex-amiral de la Flotte Libre, dont le bras droit avait été remplacé par une
prothèse en alliage noir après la Bataille des Trois Soleils. Il était grand, massif, et parlait toujours
comme s'il donnait des ordres à une armée — même quand il demandait du sel.
Lirae, vingt-huit ans, la technicienne. Petite, rapide, avec des yeux augmentés qui pouvaient lire le
code source d'un système directement en le regardant. Elle avait un rire de cristal qui tranchait avec
sa façon de pirater des systèmes militaires sans sourciller.

Dox, jumeau de Lirae à cinq minutes près, mais son opposé en tout. Lourd, lent à parler, rapide à
frapper. Il portait toujours deux haches magnétiques dans le dos, et Xani avait vu ces haches
traverser une armure Vorthane standard comme du papier.

Et puis Seren. Seren que personne ne regardait vraiment. Seren qui n'était ni vieux ni jeune, ni grand
ni petit, ni homme ni femme dans le sens où Kaïros l'entendait. Seren qui savait des choses avant
qu'elles n'arrivent, sans jamais expliquer comment.

— Tu saignes, dit Seren en la regardant entrer.

Xani baissa les yeux. Une entaille sur sa paume, probablement le rebord de la Tour. Elle serra la main
en poing.

— C'est pour ça qu'on m'a appelée ?

— Non, dit Oben. Assieds-toi.

Elle ne s'assit pas. Elle s'appuya contre le mur, les bras croisés, et attendit.

Oben posa une main sur la table. L'hologramme central changea. Une planète apparut — sphérique,
couverte de nuages verts toxiques, avec un anneau artificiel qui tournait autour d'elle comme une
couronne de métal.

— Voïd-9, dit-il. Station pénitentiaire de classe maximale. Propriété de l'Empire Vorthane.


Officiellement, elle contient trois mille détenus politiques.

— Officiellement, répéta Xani.

— Officieusement…

Lirae intervint, ses doigts dansant dans l'air pour faire pivoter l'hologramme.

— On a intercepté une transmission cryptée il y a quarante-huit heures. Niveau Sigma — c'est-à-dire


que même les généraux Vorthane ne reçoivent pas ce niveau de cryptage. On a mis vingt-deux
heures à la décoder. Ce qu'elle contient…

Elle s'arrêta. Ce qui était rare chez Lirae.

— Ce qu'elle contient, reprit Seren d'une voix douce, c'est la preuve que Voïd-9 n'est pas une prison.
C'est un laboratoire. Ils ne gardent pas des prisonniers. Ils les transforment.

Le mot tomba dans la pièce comme une pierre dans de l'eau noire.

— Transforment, dit Xani. Transforment en quoi ?

Oben cliqua une dernière fois. L'hologramme de la station disparut, remplacé par une image. Une
silhouette humaine — ou ce qui l'avait été. Haute de deux mètres, la colonne vertébrale exposée et
remplacée par une crête de métal et de bioluminescence, les membres allongés, les yeux remplacés
par des capteurs qui brillaient d'un blanc froid.
— Des soldats, dit Dox pour la première fois. Il mâchait quelque chose. Des soldats parfaits. Qui ne
dorment pas. Qui ne saignent presque pas. Qui n'obéissent qu'à l'Empire.

— Combien ? demanda Xani.

— La transmission parle de Projet Éternité, dit Lirae. Phase finale. Dans dix-sept jours, ils auront les
premiers mille unités opérationnelles.

Silence.

Xani détacha ses bras, se redressa.

— Et vous voulez qu'on détruise le laboratoire.

— On veut que tu y entres, dit Oben. Que tu récupères le chercheur principal — un certain Docteur
Elon Mave, le seul homme qui comprend suffisamment le Projet pour pouvoir l'annuler
définitivement — et que tu fasses sauter ce qui reste.

— Seule ?

— Lirae sera dans ton oreillette. Dox assure l'extraction. Seren…

— Je serai là où je dois être, dit Seren.

Xani regarda l'image de la créature qui flottait encore dans l'air. Elle imagina mille de ces choses
marchant sur Kaïros. Sur les ruelles rouges où elle avait grandi. Sur les marchés de ferraille où les
enfants jouaient encore entre les ruines.

— Quand ?

— Demain soir. On a une fenêtre de quarante minutes pendant la rotation des satellites de
surveillance.

— Il me faut du matériel.

— Le couloir B, dit Lirae avec un sourire. Je t'ai préparé quelques cadeaux.

Cette nuit-là, Xani ne dormit pas.

Elle s'assit dans le noir, au sol, les jambes croisées, et démonta son arme principale pièce par pièce.
Un Fulgurant Mk-IV — un pistolet à impulsions électromagnétiques capable de neutraliser n'importe
quel système cybernétique dans un rayon de huit mètres. Elle le connaissait par cœur. Elle en
nettoya chaque composant, huila les jointures, réassembla l'ensemble en trente secondes les yeux
fermés.

Puis elle s'arrêta.

Elle pensa aux mille silhouettes de métal et de chair déformée.

Elle pensa à l'enfant soldat, et à la cicatrice sous son œil.

Elle pensa au ciel rouge de Kaïros.

Une question tournait dans sa tête, lente et opiniâtre, comme un satellite en orbite décroissante :
Jusqu'où un guerrier peut-il aller avant de devenir lui-même une arme ?
Elle n'avait pas de réponse. Elle rangea son arme, s'allongea sur sa natte, et fixa le plafond jusqu'à ce
que la lumière de l'aube — rouge, toujours rouge — filtre par les fissures du mur.

Demain, elle irait à Voïd-9.

Demain, elle sauverait des milliers de vies en en prenant peut-être quelques-unes.

C'est ce que font les guerriers.

Du moins, c'est ce qu'elle se répétait.

— Fin du Chapitre I —

À suivre : Chapitre II — L'Intérieur du Vide

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