Droit constitutionnel
Université Assane SECK de Ziguinchor
Unité de Formation et de Recherche
Des Sciences Juridiques et Politiques
Section sciences politiques
Droit international
humanitaire
LICENCE 3
Semestre 2
2023-2024
Dr. Abdoulaye GUISSE
Enseignant-Chercheur
Université Assane Seck de Ziguinchor
Droit international humanitaire
Introduction
Ce cours constitue une initiation au droit international humanitaire (DIH) à travers son
histoire et son évolution, son contenu mais également sa mise en œuvre. Le DIH étant le droit
applicable aux conflits armés, il importe avant tout de le définir (1) afin de le distinguer des
autres branches du droit international public (2).
1. Définition du DIH
Le droit international humanitaire (DIH) peut renvoyer au sens large à toutes les règles
relatives à l’humanitaire. Il engloberait ainsi plusieurs branches du droit international
notamment le droit des conflits armés, les droits de l’homme, le droit des réfugiés, le droit des
apatrides, le droit international pénal, etc. Mais au sens strict, le DIH se résume au droit
applicable aux conflits armés.
Droit de la guerre, droit des conflits armés ou encore jus in bello, le DIH renvoie à
l’ensemble des règles applicables aux conflits armés. Il s’agit des règles internationales
d'origine conventionnelle ou coutumière, qui sont spécialement destinées à régler les problèmes
humanitaires découlant directement des conflits armés, internationaux ou non internationaux,
et qui restreignent, pour des raisons humanitaires, le droit des parties au conflit d'utiliser les
méthodes et moyens de guerre de leur choix ou protègent les personnes et les biens affectés, ou
pouvant être affectés, par le conflit 1.
C’est dire que le DIH s’applique dans les situations de conflit armé en réglementant la conduite
des hostilités et en protégeant les victimes. Il se distingue ainsi d’autres branches du droit
international.
1
Définition élaborée par le Comité International de la Croix Rouge et généralement acceptée, Commentaire des
Protocoles additionnels du 8 Juin 1977 aux Conventions de Genève du 12 août 1949, CICR, Genève, 1986, p. 17.
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2. DIH et autres branches du droit international
Le DIH doit être distingué d’autres branches du droit international telles que le droit
international des droits l’homme (DIDH) (2) et le jus ad bellum (1).
a) DIH et jus ad bellum :
Le Jus ad bellum ou jus contra bellum représente le droit de recours à la force. Il
s’applique, en dehors de la guerre ou en période de paix. Il détermine la légalité de faire la
guerre et la violation de cette légalité. Il est régi par la Charte de l’Organisation des Nations
Unies (ONU).
Droit de prévention de la guerre, il cherche à limiter le recours à la force entre les États.
Conformément à la Charte des Nations Unies, les États doivent s’abstenir de recourir à la
menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un
État tiers (article 2, paragraphe 4). Ce principe souffre de quelques exceptions : la légitime
défense, l’autorisation de recourir à la force par le Conseil de Sécurité en vertu du Chapitre VII
de la Charte des NU et l’intervention militaire consentie par l’État de résidence.
Or, le DIH ou Jus in bello (le droit dans la guerre) régit les conflits armés. Il réglemente la
manière dont la guerre est conduite.
Droit à vocation humanitaire, le DIH vise à limiter les souffrances causées par la guerre en
assurant, autant que possible, protection et assistance aux victimes. Il traite donc de la réalité
d’un conflit sans considération des motifs ou de la légalité d’un recours à la force. Il en
réglemente uniquement les aspects ayant une importance humanitaire.
b) DIH et droit international des droits de l’homme (DIDH) :
Le DIH et DIDH sont deux branches distinctes du droit international qui ont en commun
le but d’assurer une protection à la personne humaine. Alors que le DIH ne s'applique qu'en cas
de conflit armé (et constitue donc la lex specialis), les droits de l’homme sont réputés
s'appliquer en tout temps (et constituent la lex generalis). Ils revoient à l’ensemble de droits
universels, inaliénables que possède tout homme, quel que soit le droit positif en vigueur et
quelles que soit sa nationalité et son appartenance ethnique, religieuse…
Droits fondamentaux de l'individu, ils découlent de la dignité inhérente à tout être humain. « Ils
définissent la relation entre l'individu et les structures du pouvoir, en particulier l'État. Ils fixent
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les limites dans lesquelles l’État peut exercer son pouvoir et exigent en même temps de l'État
qu'il prenne des mesures positives pour garantir un environnement qui permette à tous les êtres
humains de jouir de leurs droits. »2
Cette clarification permet d’appréhender la spécificité du DIH ; un droit à la fois simple
et complexe au confluent de deux nécessités contradictoires : d’une part les nécessités de la
guerre et d’autre part les nécessités de l’humanité.
Dans ce cours, seront examiné, d’une part, le cadre du Droit international humanitaire (Titre 1)
et, d’autre part, son contenu et sa mise en œuvre (Titre 2).
Les conventions de Genève et leurs protocoles additionnels nous serviront de cadre de
références.
2
NOWAK, Manfred, Droits de l’homme, Guide à l'usage des parlementaires, Union interparlementaire / HCDH,
N° 8, 2005, p. 1.
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