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Addiction

L'addiction est une dépendance irrépressible à des substances ou activités, souvent synonyme de toxicomanie, qui peut entraîner des conséquences physiques, psychologiques et sociales graves. Elle se manifeste par un désir compulsif et des comportements persistants malgré la conscience des effets néfastes. Les types d'addiction incluent la dépendance à des produits, aux jeux, et des comportements compulsifs, avec des classifications variées dans des manuels comme le DSM-5 et la CIM-10.

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Addiction

L'addiction est une dépendance irrépressible à des substances ou activités, souvent synonyme de toxicomanie, qui peut entraîner des conséquences physiques, psychologiques et sociales graves. Elle se manifeste par un désir compulsif et des comportements persistants malgré la conscience des effets néfastes. Les types d'addiction incluent la dépendance à des produits, aux jeux, et des comportements compulsifs, avec des classifications variées dans des manuels comme le DSM-5 et la CIM-10.

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Addiction

L'addiction, dépendance, ou assuétude, est l'envie répétée et irrépressible de faire


ou de consommer quelque chose en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour
s'y soustraire.

L'anglicisme addiction est au sens courant souvent synonyme de toxicomanie1 et


désigne tout attachement nocif à une substance ou à une activité. Le terme plus
ancien d’assuétude est d'usage courant dans certaines régions de la francophonie,
notamment au Québec2. Dans d'autres régions, il est vieilli, mais reste parfois utilisé
pour qualifier des dépendances faibles comme celle au chocolat.

Il peut exister des addictions pour tout ce qui permet de se donner du plaisir : alcool,
drogue (en particulier les opiacés), jeux d'argent, jeux vidéo, masturbation,
pornographie, nourriture (boulimie), achats (oniomanie), malgré la conscience aiguë
qu'a le sujet — le plus souvent — d'abus et de perte de sa liberté d'action, de
dégradation de la santé ou de ruine.

On parle d'addiction pour désigner un phénomène de manque qui se manifeste


lorsqu'une personne est privée d'un besoin et que ce besoin n'est pas vital (sommeil,
nourriture). Cette addiction est dite grave si son sevrage entraîne de la violence ou de
l'agressivité. Les problèmes engendrés par une addiction peuvent être d'ordre
physique, psychologique, relationnel, familial et social. La dégradation progressive et
continue à tous ces niveaux rend souvent le retour à une vie libre de plus en plus
problématique.

En psychanalyse, le terme d'addiction est utilisé de manière plus large dans la mesure
où il relève plus d'une attitude intrapsychique, d'un mécanisme, plutôt que des
moyens pour y satisfaire. Des mécanismes parallèles peuvent intervenir dans les
déterminants comme celui d'une anorexie mentale.

L'addiction se rapporte autant à des conduites telles que le jeu compulsif, la


dépendance au jeu vidéo, à Internet3, au smartphone, à la pornographie, les conduites
à risques ou la pratique d'exercices sportifs inadaptés entraînant un syndrome de
surentraînement qu'à la dépendance à des produits comme l'alcool, le tabac ou les
psychotropes.

L'idée de dépendance sans drogue (ou addiction comportementale) si elle reste


controversée4, se développe avec l'évolution sociologique de la place des
dépendances et des approches plus centrées sur les sujets que sur les produits 5. Si
seuls les jeux d'argent figurent, dans le DSM-5, parmi les addictions
comportementales6, la cyberdépendance7, des conduites telles que l'anorexie8
peuvent être assimilés à des conduites addictives 9. La prise en charge et l'étude de
l'addiction relèvent de la discipline de l'addictologie.
1
Page
Sommaire
 1 Étymologie et introduction
 2 Classification
o 2.1 CIM-10
o 2.2 DSM-5
o 2.3 Types de dépendance
 2.3.1 Dépendance à un produit
 2.3.2 Dépendance au sport
 2.3.3 Dépendance affective
 3 Mécanisme
 4 Traitements
 5 Critères d'addiction
o 5.1 Potentiel addictogène des produits
 6 Conséquences psychologiques, relationnelles, familiales et sociales
o 6.1 Conséquences psychologiques
o 6.2 Conséquences relationnelles
o 6.3 Conséquences familiales
o 6.4 Conséquences sociales
o 6.5 Conséquences routières
 7 Termes associés
 8 Différences avec la dépendance
 9 Substances addictives
 10 Notes et références
 11 Voir aussi
o 11.1 Bibliographie
o 11.2 Articles connexes
o 11.3 Liens externes

Étymologie et introduction
Le terme addiction est d'étymologie latine, ad-dicere « dire à ». Dans la civilisation
romaine, les esclaves n'avaient pas de nom propre et étaient dits à leur Pater familias.
Le terme d'addiction exprime une absence d'indépendance et de liberté, donc bien un
esclavage.

Selon l'étymologie addictus qui, en bas latin, signifie « adonné à », ce terme était
utilisé en droit romain pour désigner la situation du débiteur qui, incapable de payer
ses dettes, se trouvait « adonné » à son créancier. Ce dernier avait alors le droit de
disposer entièrement de sa personne comme d’un esclave. Il s’agit, en quelque sorte,
de la contrainte par corps10.
2
Page
Ainsi, être addicté était au Moyen Âge une obligation d'un débiteur qui ne pouvait
rembourser sa dette autrement à payer son créancier par son travail à la suite d'une
ordonnance d'un tribunal.

Par la suite, dans la langue anglaise, dès le XIVe siècle, addiction a pu désigner la
relation contractuelle de soumission d'un apprenti à son maître, puis se rapprocher
peu à peu du sens moderne, en désignant des passions nourries et moralement
répréhensibles. Toujours en langue anglaise, le mot addiction est totalement intégré
dans le langage populaire pour désigner toutes les passions dévorantes et les
dépendances par exemple : c'est un sex-addict. C'est cette popularité du terme chez
les anglo-saxons qui explique son ambiguïté : les psychiatres anglophones hésitent
souvent à l'utiliser (il n'apparaît pas dans le DSM-IV au profit du terme de
« dépendance »). William Shakespeare est considéré comme le premier auteur à avoir
employé le mot addiction, dans sa pièce Henry V, où le mot est synonyme de
penchant (pour la théologie, dans le cas) 11.

Ce terme est un anglicisme qui est utilisé depuis quelques années comme équivalent
du mot dépendance et même de toxicomanie. Il a un sens plus général que celui de
pharmacodépendance qui fait référence à l'usage de substances psychoactives et
s'impose lorsque les chercheurs observent l'émergence de nouvelles conduites
addictives (souvent nommées addictions sans produit ou comportementales), plus
particulièrement les addictions à l'écran, puis les jeux d'argent et de hasard. Le terme
français correct serait assuétude12.

C'est Sigmund Freud qui le premier a utilisé le terme en illustrant un « besoin


primitif » (lettres à Wilhelm Fliess) qui fait partie de la condition de tout être humain :
l'infans est dépendant de sa mère pour sa survie. C'est de cet état primordial qui
aurait mal évolué que dériveraient les « addictions ».

Karl Abraham en 1908, Sándor Radó en 1933, Otto Fenichel en 1945 et Herbert
Rosenfeld en 1968 sont des psychanalystes qui ont contribué à enrichir la définition
du terme en l'approfondissant. Il s'agissait pour eux d'en analyser les mécanismes
inconscients, pulsionnels, régressifs et autres du point de vue théorique et clinique.
Isy Pelc, psychiatre belge, lui préfère le terme d'assuétude. Le concept général
d'addiction est théorisé par le psychiatre Aviel Goodman en 1990 qui définit
l'addiction comme « un processus par lequel un comportement, qui peut fonctionner à
la fois pour produire du plaisir et pour soulager un malaise intérieur, est utilisé sous un
mode caractérisé par : (1) l’échec répété dans le contrôle de ce comportement
(impuissance) et (2) la persistance de ce comportement en dépit de conséquences
négatives significatives (défaut de gestion) »13.

Ce concept fait l'objet de controverses ; les addictions comportementales peuvent ne


comporter ni syndrome de sevrage important, ni rechute caractéristique des
addictions aux substances psychoactives 14.

Classification
Article détaillé : Classification des psychotropes.

La dépendance (en) est un état pathologique où l'organisme est incapable de


fonctionner physiologiquement en dehors de la consommation de la substance
3

responsable. Le sevrage est un syndrome apparaissant chez un dépendant lorsqu'il ne


Page

peut consommer la dite substance. Le terme dépendance ne doit pas être confondu
avec le terme addiction.
La dépendance est un des facteurs servant à évaluer la dangerosité des produits
psychoactifs. Elle s'estime par l'énergie dépensée pour parvenir à l'abstinence et par
les efforts déployés pour se procurer le produit. Elle varie selon deux facteurs
importants : les propriétés du produit (propriétés pharmacologiques de sensibilisation
et d'accoutumance, mode de consommation, concentration, etc.) et la prédisposition
de l'usager (personnalité, antécédent d'usage, trajectoire personnelle, etc.)15.

En 1975, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la dépendance comme :


« un état psychique et parfois physique, résultant de l'interaction entre un organisme
vivant et un produit, caractérisé par des réponses comportementales ou autres qui
comportent toujours une compulsion à prendre le produit de façon régulière ou
périodique pour ressentir ses effets psychiques et parfois éviter l'inconfort de son
absence (sevrage). La tolérance peut être présente ou non ».

En août 2011, l’American Society of Addiction Medicine (ASAM) propose une nouvelle
définition de l'addiction. La dépendance est une maladie chronique du cerveau, un
syndrome qui va au-delà d'un problème comportemental lié à l'excès de drogues,
d'alcool, de jeux, de sexe ou de nourriture, etc.16.

Le terme « addiction » n'est pas utilisé en tant que terme diagnostique dans le DSM-5,
ni dans le CIM-1017. Dans de nombreux pays, il est d'usage courant, y compris pour les
cliniciens, d'utiliser le terme addiction pour décrire les problèmes graves liés à une
utilisation compulsive et répétée de substance, mais le terme ne figure pas dans les
terminologies officielles du fait d'une définition incertaine et de connotation
négative18.

CIM-10

La Classification internationale des maladies (CIM-10) utilise notamment la


classification « Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de substances
psychoactives ». La toxicomanie est présentée comme la manifestation d'au moins
trois des signes ci-après sur une période d'un an et ayant persisté au moins un mois
ou étant survenus de manière répétée.

 un désir compulsif de consommer le produit.


 des difficultés à contrôler la consommation.
 l'apparition d'un syndrome de sevrage en cas d'arrêt ou de diminution des doses
ou une prise du produit pour éviter un syndrome de sevrage.
 une tolérance aux effets (augmentation des doses pour obtenir un effet
similaire).
 un désintérêt global pour tout ce qui ne concerne pas le produit ou sa
recherche.
 une poursuite de la consommation malgré la conscience des problèmes qu'elle
engendre.

DSM-5

Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) utilise


l'expression de troubles de l'usage d'une substance pour décrire la prise compulsive
de drogues, d'une forme légère à une forme grave à rechutes chroniques. Elle se
manifeste par l'apparition d'au moins deux des manifestations suivantes, au cours
4

d'une période de 12 mois18 :


Page
1. Une consommation plus importante en quantité, ou durant une période plus
longue que prévu ;
2. Un désir persistant, ou des efforts infructueux pour réduire cette
consommation ;
3. Beaucoup de temps est consacré à l'obtention, l'utilisation, et la récupération
des effets de la substance ;
4. Un besoin impérieux de consommation (craving) ;
5. Consommation répétée avec incapacité de remplir ses obligations socio-
professionnelles ;
6. Consommation continue malgré des problèmes causés ;
7. Abandon ou réduction des activités socio-professionnelles et de loisir ;
8. Consommation répétée dans des situations où cela peut être physiquement
dangereux ;
9. Consommation poursuivie en toute connaissance de cause de problèmes
persistants ou récurrents ;
10. La tolérance est définie par un besoin de quantité plus forte pour obtenir
l'effet désiré, ou par la diminution de l'effet par usage d'une même quantité ;
11. Le sevrage se manifeste par un syndrome de sevrage caractéristique de la
substance, ou par la prise de la substance pour éviter ou soulager les
symptômes de sevrage.

La sévérité des troubles est spécifiée en forme légère (2 à 3 manifestations), moyenne


(4 à 5), grave (plus de 6). La rémission précoce est définie comme l'absence de
manifestation pendant au moins 3 mois, et la rémission prolongée pendant au moins
12 mois, à l'exception du critère 4 craving dans les deux cas18.

Les troubles de l'usage d'une substance sont classés par substances. En sus, le DSM-5
distingue des troubles non liés à des substances : le jeu d'argent pathologique avec
des critères spécifiques18.

Types de dépendance

Il existe deux types de dépendance1 (déjà considéré comme désuet en 201419 et


depuis le DSM-5 et la reconnaissance du craving, ce modèle est complètement
bouleversé) :

La dépendance physique
C'est un état dans lequel, passé une certaine dose, l'organisme nécessite la
présence d'un produit développant des troubles physiques parfois graves en cas
de manque (non-présence du produit dans l'organisme), l'ensemble de ces
troubles constituant appelé le syndrome de sevrage. La dépendance physique
résulte des mécanismes d’adaptation de l’organisme à une consommation
prolongée et peut s’accompagner d’une accoutumance, c'est-à-dire la nécessité
d'augmenter les doses pour éprouver un même effet.
La dépendance psychique
la dépendance psychique, qui se subdivise en deux sous-groupes :
La dépendance psychologique[Passage problématique] ou craving
désir insistant et persistant de consommer qui peut parfois se traduire par des
manifestations psycho-somatiques (véritables douleurs physiques sans cause
physiologique)[Passage problématique]. La dépendance psychologique est bien plus liée
aux caractéristiques des individus (états affectifs, styles de vie) qu'au produit
lui-même[Passage problématique]. Des exemples de dépendance psychologique très
5

répandues sont la dépendance au travail, à l'activité physique ou intellectuelle,


Page
qui peut parfois aboutir au surmenage. Un terme anglais la désigne sous
l'appellation « workaholic » ;
La dépendance comportementale[Passage problématique] ou également craving
correspond à des stimulations générées par les habitudes ou l'environnement,
facteur de rechute. Par exemple l'addiction aux jeux d'argent est une addiction
comportementale qui implique un excès répété et persistant d'une unique
préoccupation exercée sous l'effet de la compulsivité. Il s'agit d'une pathologie
semblable à toutes autres addictions20.

Dépendance à un produit

La dépendance à un produit est une dépendance psychique mais souvent physique


qui pousse le corps à réclamer l’absorption d'un produit le plus rapidement possible.
Généralement l’absorption régulière de ce produit mène à une dépendance physique
et le corps réclame l’absorption de doses de plus en plus élevées de celui-ci (alcool,
drogue, anxiolytiques, etc.).

Dépendance au sport

La dépendance au sport est appelée la bigorexie, néologisme venant de l'anglais big


(gros) associé à orexis mot grec signifiant envie ou appétit21. Celle-ci, résultant d'une
souffrance psychique parfois cachée, peut se caractériser par une dégradation de la
vie professionnelle ou sociale, et donc transformer la pratique saine du sport en un
comportement aberrant21. Cette addiction, pouvant toucher tous les sportifs mais plus
particulièrement les coureurs, est une maladie reconnue par l'Organisation mondiale
de la santé22[réf. à confirmer] et peut mener à l'anorexie23[réf. à confirmer].

Dépendance affective

La dépendance affective fait partie des addictions sans substances. Il s'agit d'une
organisation psychique conduisant à placer l'autre comme source de sa dépendance.
Les conséquences sont souvent semblables aux addictions classiques (perte
d'objectivité, renonciation de soi pour un investissement exclusif vis-à-vis de l'objet de
dépendance). Des psychologues travaillent sur ces problématiques 24.

Mécanisme
Longtemps considérés comme un trait de caractère marqué par l'absence de volonté,
les mécanismes psychiques de l'addiction sont maintenant mieux connus et l'on
commence à distinguer de mieux en mieux les centres du cerveau impliqués par la
dépendance même si ces recherches restent très complexes à interpréter. Le schéma
tiré du béhaviorisme met de son côté en évidence le dysfonctionnement du système
de récompense qui serait le pivot des phénomènes de dépendance.

De nombreuses études neurophysiologiques ont montré le rôle central qu'occupait le


système de récompense/renforcement dans le phénomène de l'addiction25. Ce
système fonctionnel est basé sur un réseau neuronal constitué de projections
dopaminergiques, principalement, qui relient différentes zones et structures
cérébrales, et en particulier l'aire tegmentale ventrale (ATV ou VTA en anglais) au
noyau accumbens. En situation non pathologique, ce système sert à fournir la
motivation nécessaire pour la réalisation de comportements adaptés à la survie
6

(alimentation, reproduction…), et renforce et conditionne ces comportements par


Page

l'intermédiaire de l'activation « de sensations de plaisirs ». Cependant, il semble que


dans l'addiction le système de récompense soit détourné et devienne générateur de
modifications de comportement. Ce détournement résulterait de modifications
neurobiologiques causées par la consommation chronique de substances addictives.
Parmi ces modifications, des changements de l'expression de certains gènes, des
changements de la morphologie neuronale ou de la plasticité synaptique et
particulièrement dans les processus de type mémorisation (LTP/LTD) ont été mis en
évidence, mais ne sont pas encore compris dans une vision globale de l'addiction 26.

George F. Koob et Nora D. Volkow ont proposé un modèle théorique d'addiction (ou
cycle d'addiction) 27représentant les 3 phases observées chez un individu lors de sa
consommation de drogue et les comportements physiques et émotionnels associés à
ces phases. Ce modèle propose qu'une prise régulière de drogue entraîne des
changements neurobiologiques dans notre cerveau. La première phase est
l'intoxication, elle représente le moment où la drogue est consommée, la deuxième
phase est le sevrage, elle correspond à la période d'abstinence du consommateur et
la dernière phase est l'anticipation (l'envie), elle est associée à la période où le
consommateur ressent le besoin de consommer à nouveau de la drogue. La phase
d'intoxication entraîne des modifications au niveau du ganglion basal, où une
hyperactivation du système de récompense dopaminergique est observée. Cette
hyperactivation, caractérisée par un relâchement plus élevé de dopamine, va
entraîner chez le consommateur une envie compulsive de consommer de la drogue,
sans tenir compte des conséquences négatives que cela va engendrer. Ce
dérèglement dans le circuit dopaminergique est responsable du caractère addictif de
la drogue. La phase de sevrage entraîne des modifications au niveau de l'amygdale
étendue et le dérèglement de systèmes non associés au système de récompense.
Cela se traduit chez le consommateur par, entre autres, une perte de motivation pour
les tâches quotidiennes et une augmentation de l'anxiété. La phase d'anticipation
entraîne, elle, des modifications au niveau du cortex préfrontal, où on retrouve un
dérèglement des signaux entre cette partie et les régions du cerveau contrôlant la
prise de décision, la mémoire du travail et l'autorégulation. Cela se traduit chez le
consommateur par une réactivité excessive aux situations ou repères associés à la
drogue.

L'interprétation psychanalytique repose sur la question de développements


ontogénétiques relatifs à la satisfaction des besoins (faim, amour, etc.) et à leur
intrication avec la pulsion sexuelle (libido) et la destructivité. Freud dans la deuxième
topique a tenté d'élucider la compulsion de répétition comme une manifestation de la
pulsion de mort. Ses successeurs ont repris ces théories sous l'angle des relations
d'objet (L'Absence de Pierre Fédida) ou l'ordalie comme mécanisme inconscient à la
base du jeu entre vie et mort.

Les données issues d'études familiales, de jumeaux ou encore d'adoption montrent


une héritabilité significative de l'ensemble des addictions, variant de 30 % à 60 %
selon les travaux (estimée à 55 % pour l'alcoolo-dépendance)28. Les gènes
précisément en cause, leur rôle et leur nombre restent toutefois à déterminer. Ces
facteurs génétiques interagissent avec de nombreux facteurs environnementaux dans
le déterminisme des addictions, processus étudié au travers du domaine de
l'épigénétique.

De nombreuses théories psychiques, neurologiques et biologiques tentent d'expliquer


les mécanismes de l'addiction et celui des dépendances. L'explication simple du cycle
défini par la régulation d'endorphines internes et externes est insuffisante et
dépassée. Toutes les études[réf. nécessaire] sont en faveur d'un rôle central de la dopamine,
7

au sein de la voie mésolimbique. Toutefois, ces mécanismes sont susceptibles d'être


Page

modulés par de nombreux autres.


Le système de récompense aléatoire majorerait la dépendance en particulier aux jeux
vidéos aux écrans29,30 conceptualisé par Bruno Patino dans son petit traité du marché
de l'attention31, ainsi, ce serait lorsque certains sites ou certaines applications internet
sont conçus comme des jeux que pourrait s’installer une « dépendance à l’Internet »
(avec des guillemets car l’Internet en lui-même ne serait pas directement en cause, et
cette notion est controversée dans le monde médical, et non reconnue par la CIM-10
et la CIM-11, ni par le DSM-5).

Traitements
En France, la prise en charge médicale des addictions est effectuée par les médecins
généralistes, les psychiatres, les psychologues, les psychomotriciens les addictologues
et au sein des Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie
(CSAPA) ou des Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques
pour Usagers de Drogues (CAARUD). La plateforme drogues info service [archive] dans
une mission de prévention et de prise en charge, conseille et oriente les utilisateurs
vers les services de soins32.

Le traitement vise l'abstinence pour le dépendant à l'alcool. En ce qui concerne les


dépendants aux drogues illicites, le traitement vise aussi à l'abstinence jusqu'aux
années 1980 puis la politique change pour l'ensemble des traitements. La prise en
charge psychopathologique est primordiale au regard des comorbidités psychiatriques
fréquentes. Les impacts des troubles addictifs concernent également les fonctions
cognitives. Pour cela, des professionnels de santé comme les psychomotriciens,
rééduquent les troubles des fonctions exécutives ou les problématiques
psychomotrices.

L'apparition du SIDA et la nécessité de lutter contre sa propagation entraînent le


traitement des héroïnomanes dans le champ médical des épidémies. Les traitements
de substitution par la méthadone prennent le pas sur toute autre forme de thérapie.
On[Qui ?] commence à parler de politique de réduction des risques en privilégiant une
approche sanitaire par notamment la distribution des seringues, l'élargissement des
indications de substitution avec la méthadone, voire de la distribution contrôlée
d'héroïne dans certains pays (Suisse, Angleterre, Canada) avec mise à disposition de
locaux d'injection encadrés par du personnel paramédical.

Jusqu'à l'apparition et la reconnaissance de l'importance du SIDA et de sa propagation


par le partage de matériels d'injection, les traitements de la toxicomanie furent l'objet
de nombreuses controverses. Pour certains[Qui ?], les opiacés sont nécessaires aux
toxicomanes via une analogie avec le diabétique et son insuline. Il s'agit alors de
distribuer largement la méthadone qui doit stabiliser la toxicomanie en aidant les
patients à sortir de l'illégalité et en leur permettant d'accéder à une certaine
autonomie. Pour d'autres[Qui ?] à la suite de Claude Olievenstein, cette « toxicomanie
légale » ou « médicalisée » remplace une aliénation par une autre. Pour eux, le but
doit être d'aider les toxicomanes à sortir de leur dépendance en retrouvant leur
liberté. Il s'agit aussi de contrer les sectes et communautés thérapeutiques dont
certaines préconisent un déconditionnement brutal.

L'apparition du SIDA va favoriser la mise en place de méthodes visant à limiter la


transmission du virus, reléguant au second plan la question et la signification
psychologique et sociale de la toxicomanie.
8
Page

C'est aussi depuis cette époque qu'il est plus question de dépendance et que cette
catégorie s'étend à toutes formes de conduites et/ou d'abus. Certains [Qui ?] pensent que
cette extension a l'inconvénient de jeter le trouble sur la question du point de vue
psychopathologique et qu'il n'est pas évident d'établir le lien entre les « besoins »
d'un addict aux jeux vidéo ou à Internet, et un cocaïnomane ou un alcoolique. Ces
deux approches sont à l'origine d'une controverse parfois virulente.

La plupart des pays ont établi une planification des soins souvent surtout basés sur
des mesures législatives plus ou moins répressives et des grandes campagnes
d’information et de prévention. En France, c'est la Mildt qui prépare les plans
gouvernementaux de lutte contre les drogues et veille à leur application, sous
l'autorité du Premier Ministre33.

Une piste de recherche porte sur une forme de « vaccination » de la personne contre
la molécule responsable de l'addiction34. Une expérience du Scripps Research Institute
de La Jolla (Californie), laisse penser qu’il est possible de vacciner contre certaines
addictions. Joel Schlossburg et al. ont réussi à vacciner des rats de laboratoire contre
l’addiction à l’héroïne et à ses métabolites. L’organisme des animaux vaccinés
séquestrent ces molécules dès leur entrée dans le sang et empêchent ainsi qu’elles
traversent la barrière hématoencéphalique pour pénétrer le cerveau 34. Elles perdent
alors tout effet psychoactif. De plus, les rats vaccinés ne rechutent pas 34.

Aux États-Unis, au Canada mais aussi en Espagne et au Brésil, la majorité des centres
pour le rétablissement des personnes dépendantes aux drogues et à l'alcool utilise le
Modèle Minnesota[réf. souhaitée]. Il s'agit d'un modèle thérapeutique qui a été mis en place
aux États-Unis au début des années 1950. Cette approche vise à prendre en charge
les personnes dépendantes dans leur globalité. Ce modèle, qui est issu d’un
rapprochement entre les modes de prise en charge « traditionnels » de la dépendance
et le mouvement des Alcooliques Anonymes, repose sur une théorie particulière
explicitant le fait que la dépendance est une maladie physique, mentale et
spirituelle[réf. souhaitée]. Pour remédier à tous ces aspects de la maladie, il met l’accent sur
un programme de traitement multidisciplinaire (les soins), sur la croissance spirituelle
et sur la dignité retrouvée par l’individu. Parce qu'il met l'accent sur le changement
dans l'attitude et le comportement, le Modèle Minnesota est notamment qualifié de
psychothérapie cognitivo-comportementale. À ce jour, il permet la prise en charge
thérapeutique de toutes les addictions (dont comportementales).

Dans de nombreux pays où le système de soin est moins performant, de nombreux


patients se rétablissent en participant à des groupes d'entraides anonymes et gratuits
(alcooliques anonymes, narcotiques anonymes, dépendants affectifs et sexuels…) et
retrouvent une meilleure qualité de vie.

Critères d'addiction
Ils sont nombreux et varient autant que les points de vue et références théoriques qui
les sous-tendent. Mais la plupart d'entre eux sont construits sur le modèle dit « bio-
psycho-social » qui renvoie aux aspects biologiques (potentiel addictogène du produit,
éventuel antécédent génétique), aux aspects sociologiques (contexte, environnement
familial, scolaire, etc.) et aux aspects psychologiques (personnalité du sujet).

Par exemple, et selon le modèle mécaniciste d'Aviel Goodman, psychiatre américain :

 impossibilité de résister à l'impulsion de passage à l'acte ;


9

 sensation croissante de tension précédant immédiatement le début du


Page

comportement ;
 soulagement ou plaisir durant la période ;
 perte de contrôle dès le début de la crise ;
 présence d'au moins trois des sept critères suivants qui définissent la
dépendance :
o existence d'un syndrome de sevrage à l'arrêt (dépendance physique, non
obligatoire),
o durée des épisodes plus importants que souhaités à l'origine,
o tentatives répétées pour réduire, contrôler ou abandonner le
comportement,
o temps important consacré à préparer les épisodes, à les entreprendre ou
à s'en remettre,
o diminution du temps passé avec les autres,
o poursuite du comportement malgré l'existence de problèmes
psychologiques ou de santé,
o tolérance marquée, c'est-à-dire besoin d'augmenter l'intensité ou la
fréquence pour obtenir l'effet désiré, ou diminution de l'effet procuré par
un comportement de même intensité.

Potentiel addictogène des produits

Le potentiel addictogène du produit, appelé aussi pouvoir addictogène ou pouvoir


addictif est la capacité de ce produit d'induire une pharmacodépendance. Cette
capacité peut être évaluée : par des tests pharmacologiques (modèles animaux
d'autoadministration) ; en comparant la corrélation pour chaque produit entre la
fréquence et l'importance de la consommation avec la fréquence et la sévérité des
dépendances installées ; en mesurant le rapport dépendants / non-dépendants. Selon
le critère basé sur le rapport dépendants / non-dépendants, le produit le plus addictif
serait le tabac (80 % à 90 % des consommateurs sont dépendants35,36,37, les moyens
médicaux de sevrage actuels ne dépassant pas des taux réels de réussite de 20 %, à
30% — pour les études les plus généreuses sans garantie de fiabilité — des fumeurs
qui les utilisent, les fumeurs qui tentent d’arrêter de fumer spontanément sont moins
de 10% à rester abstinents au-delà d’un an 36, et ceux qui utilisent un placebo ou
assimilé sont 10% à rester abstinents), suivi par l’héroïne (23 %), la cocaïne (17 %),
l’alcool (15 %), le cannabis (9 %), les médicaments psychotropes et analgésiques
(9 %), les substances hallucinogènes (5 %), les poppers, colles et solvants (4 %)38,39.

Conséquences psychologiques, relationnelles,


familiales et sociales
Les problèmes engendrés par une addiction peuvent être d'ordre physique,
psychologique, relationnel, familial et social.

Conséquences psychologiques

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Conséquences relationnelles

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Conséquences familiales
Les problèmes d'addictions ont toujours un retentissement sur l'entourage familial, les
proches sont inquiets pour l'addict et sa santé, sur la cohésion du milieu familial. Ils
sont confrontés à la perturbation des relations et à l'impuissance 40. Face aux
difficultés auxquelles les proches font face, ils peuvent développer des troubles
anxieux, dépressifs ou des insomnies. Ils sont également particulièrement à risque de
développer des relations de codépendances. Les familles subissent également les
conséquences sociales de l'addiction (voir ci-dessous).

Conséquences sociales

Les addictions aux drogues et aux substances peuvent entraîner des risques de
problèmes judiciaires, de délinquance, de désinsertion sociale, de violence, de
difficultés scolaires, de difficultés professionnelles et financières, ou encore de
relations sexuelles non consenties ou non protégées 41. Non traitées, elles peuvent
conduire à des situations de paupérisation, désocialisation et isolement42.

Conséquences routières

En Finlande, la dépendance à une substance est le principal problème de santé


identifié comme facteur de fond dans les accidents mortels routiers tuant le
conducteur ou un ou des tiers43.

Termes associés
Le craving (de l'anglais, « désir ardent, appétit insatiable ») est le désir compulsif de
reproduire le comportement d'addiction après une période d'abstinence.

Souvent associé aux symptômes physiques du sevrage des opiacés, le manque a une
définition plus large[réf. nécessaire] : c'est un état temporaire où l'individu dépendant
ressent une sensation de vide qui pourrait être comblé par l'accomplissement du
comportement addictogène.

[Passage problématique]

Différences avec la dépendance


Bien que le terme addiction soit souvent utilisé comme synonyme de dépendance, il
existe en réalité une nuance entre ces deux concepts. Comme cela a été montré plus
haut, le concept de dépendance fait intervenir deux notions : la dépendance physique
(tolérance et sevrage,critères 1 et 2 du DSM-IV) et la dépendance psychique ou
comportementale (critères 3 à 7[Passage problématique]). En pratique spécialisée, la tendance
consiste à utiliser le terme d'addiction pour ne désigner que le volet comportemental
du phénomène de dépendance44.

Cette nuance permet, par exemple, de distinguer les situations problématiques réelles
lors de traitements médicamenteux prolongés par certains médicaments
addictogènes. Pour illustration, les patients douloureux chroniques, traités par
analgésiques opioïdes au long cours, développent des critères de dépendance
physique (à savoir une tolérance et, en cas d'arrêt brutal, un syndrome de sevrage)
mais ces manifestations sont considérées comme normales et le prescripteur ne
11

cherche pas spécialement à les éviter (la « dépendance » du patient est attendue
comme une manifestation physiologique normale). En revanche des manifestations de
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dépendance psychique/comportementale (c’est-à-dire de l'« addiction ») sont


considérées comme indésirables et l'objectif est de les éviter (l'addiction du patient,
elle, n'est pas attendue).

Substances addictives
Voici une liste non exhaustive des substances addictives :

 Éthanol ;
 Amphétamines ;
 Hydrocarbures (inhalation) ;
 Anxiolytiques ;
 Cocaïne ;
 Opiacés ;
 Hypnotiques ;
 Cannabis ;
 Tabac (la dépendance peut être évaluée par le test de Fagerström) ;
 Nicotine.

À cela s'ajoutent les dépendances sans produit, ou dépendances comportementales :

 la dépendance au jeu vidéo ;


 le jeu pathologique ;
 l'oniomanie (les troubles du comportement d'achat) — non reconnus comme
addiction mais impliquant les mêmes processus neurobiologiques ;
 les troubles des conduites alimentaires (TCA), notamment l'anorexie — non
reconnus comme addiction mais impliquant les mêmes processus
neurobiologiques ;
 les dépendances affectives et l'addiction sexuelle ;
 la dépendance à la pornographie
 la dépendance au travail, appelée aussi ergomanie.
 l'Automutilation

Notes et références
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7), p. 207 et suivantes.
  La classification par types de dépendance est un modèle qui date. Aujourd'hui,
beaucoup de chercheurs pensent que, malgré sa complexité, il ne faut pas chercher à
subdiviser la dépendance, car il n'y a pas de règles scientifiques claires pour le faire.
Quoi qu'il en soit, on peut passer en revue les types de dépendance, en gardant à
l'esprit qu'il s'agit probablement de manières différentes d'appréhender une même
réalité.[1] [archive]
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  ARE MEDICAL FITNESS TO DRIVE PROCEDURES FIT FOR PURPOSE? PIN Flash
Report 40, March 2021, ETSC

44.  Lusher et al. Clin J Pain. 2006

Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :

 addiction, sur le Wiktionnaire


 Addiction, sur Wikiversity

Bibliographie

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Années 2010

 Didier Acier, Les addictions, Bruxelles, De Boeck, 2012, 142 p. (OCLC 820437540)
 Amal Hachet, Pascal Hachet, Les toxicomanes sur le divan. Nouvelles pratiques,
nouveaux défis, Paris, In Press, 2013 (ISBN 978-2-84835-257-2).
 Dossier documentaire de la Société Française Santé Publique [archive]

Articles connexes

 Abus de substances
 Pharmacodépendance
 Crise des opioïdes
 Tabagisme
 Toxicomanie
 Dépendance au smartphone 15
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