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PM

Le roman 'Pardonne-moi' de S.H.L Charlène explore les thèmes de l'amour interdit et de la tentation à travers le personnage de Charlotte, mariée mais attirée par son beau-frère Greyson, un boxeur séduisant. L'histoire commence lors d'une réunion de famille où Charlotte ressent une attraction intense pour Greyson, malgré sa situation maritale. Le récit promet des scènes érotiques et des dilemmes émotionnels, tout en mettant en avant la passion et les conflits intérieurs de l'héroïne.

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Le roman 'Pardonne-moi' de S.H.L Charlène explore les thèmes de l'amour interdit et de la tentation à travers le personnage de Charlotte, mariée mais attirée par son beau-frère Greyson, un boxeur séduisant. L'histoire commence lors d'une réunion de famille où Charlotte ressent une attraction intense pour Greyson, malgré sa situation maritale. Le récit promet des scènes érotiques et des dilemmes émotionnels, tout en mettant en avant la passion et les conflits intérieurs de l'héroïne.

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Pardonne moi

S.H.L Charlène
Roman
S.H.L Charlène, 2018
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle
réservés pour tous pays. L’auteur est seul propriétaire des droits et responsable
du contenu de ce livre. Toute représentation ou reproduction intégrale ou
partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur
ou de ses ayants droit ou ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon aux
termes des articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Première publication
Titre original : Pardonne moi
Couverture : S.H.L Charlène
Copyright © 2018 by S.H.L Charlène
Pour la présente édition :
S.H.L Charlène, 2018

Ce livre est un ouvrage de fiction. Les personnages, noms et évènements sont le


produit de l’imagination de l’auteur ou utilisés de façon fictive.
Toute ressemblance à des faits réels, des personnages existants ou ayant existé
serait purement fortuite.
Avertissement :

Cette œuvre comporte des scènes érotiques dépeintes dans un langage adulte.
Elle vise un public averti et ne convient donc pas aux mineurs. L’auteur décline
toute responsabilité dans le cas où cette histoire serait lue par un public trop
jeune.
Sommaire :
Titre
Dédicace
Copyright
Prologue
Chapitres de 1 à 21
Remerciements
Dédicace

À mon mari Farid pour avoir été aussi patient et pour m’avoir permis d’écrire
cette histoire. À ma famille parce qu’elle s’est habituée à me voir constamment
le nez dans mon ordinateur pour pouvoir mettre sur papier toutes ces histoires
qui déambulent dans ma tête.
Prologue

Cette histoire pourra paraître inconcevable à certain mais tomber amoureux


relève du surnaturel. Je n’ai rien contrôler, rien prémédité. L’amour m’a frappé
sans que je m’en rende compte. Je n’ai pas pu changer le cours de ma vie. Je n’ai
pas eu d’autre choix que d’affronter le destin qui m’a été donné et poursuivre le
chemin sans connaître la fin.
Chapitre 1

I l est là ! Devant moi. Je ressens quelque chose que je ne veux pas m’avouer.
C’est impossible et pourtant …il m’attire et ça depuis quelques temps déjà.
Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour chasser mes pulsions mais c’est
plus fort que moi.
Je ne comprends pas. Pourquoi ? Que m’arrive-t-il ? Je suis sûrement pompette,
ce n’est pas possible autrement. L’alcool me fait faire des choses, ressentir des
choses parfois au-delà de ce qui est permis.
Il fait un temps magnifique cet après-midi. Le soleil me caresse la peau. J’aime
cette sensation douce sur mon corps. Cette chaleur me procure une agréable
sensation apaisante. Confortablement installée sur ma chaise longue dans le
jardin de la maison familiale de mes beaux-parents, je sirote mon verre
tranquillement tout en bavardant avec mes belles sœurs. Ce sont de vraies
pipelettes. Leurs sujets favoris sont bien entendu leurs enfants. GRRR !!! Ils sont
tous adorables bien sûr mais franchement la vie ne tourne pas qu’autour des
bambins ? Si ? Ou est-ce moi qui suis-je une mère indigne ? J’aime par-dessus
tous mes petites sauterelles mais je n’emmerde personne avec ça. On s’en moque
de savoir quelle bêtise a fait Pierre, Paul ou Jacques ou que la petite dernière a
une dent ! Heureusement qu’elle en a, la pauvre, c’est dans la logique des choses
! Non ? Ça m’ennuie à mourir. Achevez-moi ! On a tous des enfants. Nous
sommes tous passés par les mêmes galères, alors faudrait arrêter, bannissez ce
sujet de conversation !
Quoi qu’il en soit, j’écoute que d’une oreille, je leurs réponds par des micro
syllabes ou de légers signes de tête accompagnés d’un petit sourire poli, ça glisse
comme sur des roulettes et pendant ce temps je peux vaquer à mon activité
favorite depuis quelques temps.
La demeure de mes beaux-parents est une magnifique maison de campagne en
briques rouges. Le jardin est entouré d’arbres somptueux, de plusieurs parterres
de fleurs colorés en tous genres et de très jolies roses anciennes grimpantes sur
une splendide tonnelle en fer forgé implantée au fond du jardin. L’herbe est aussi
verte qu’un Green de golf. Mon beau père aurait pu être paysagiste, son jardin
est splendide. Un vrai havre de paix.
Je laisse les heures s’écouler paisiblement. Tout le monde rit, discute en buvant
quelques bières ou se prélassant au soleil, comme moi.

Derrière mes lunettes de soleil, je le regarde, le dévore. Son corps sculpté, ses
épaules larges, tous ses muscles se dessinent et dansent sous son tee-shirt blanc
immaculé. Il est tout simplement magnifique. Son bronzage doré, ses cheveux
bruns légèrement plaqués en arrière et ses tatouages... Oh mon dieu ! Ses
tatouages lui donnent un air de Bad boy qui me fait fantasmer.
Dieu qu’il est sexy ! Ça devrait être interdit par la loi d’être aussi attirant ! Ça va
m’attirer des ennuis !
Discutant avec ses frères, à quelques mètres de moi, je le scrute discrètement.
Enfin c’est-ce que je crois.
Oups ! Brady me regarde un sourcil relevé, le regard interrogatif.
— Tout va bien ?
Je sens le rouge me monter aux joues. Ai-je été griller en flagrant délit ? Je lui
souris comme une idiote en lui faisant un signe de tête style de rien. Un peu plus
et j’avais un procès au cul. Greyson a ce je ne sais quoi, qui depuis quelques
temps me fait palpiter mon entre jambe. Et ça, c’est plutôt étrange et
inconcevable. Je ne devrais pas ressentir cela. Mais je n’y peux rien, je ne
contrôle pas mes pulsions sexuelles. En tout cas, pas quand il est là.

L’après-midi touche à sa fin. Nous avons passé une très agréable journée en
famille. J’ai failli perdre la vue mais je me suis régalée. L’heure est venue de
rentrer.
Je rassemble nos affaires dans le couloir de l’entrée et je cherche désespérément
mon sac à main. Il y a tellement de vestes et d’affaires sur les portes manteaux
que je n’arrive pas à mettre la main dessus. Bon sang de bonsoir ! Je me retourne
agacée un peu trop rapidement lorsque je fais face à Greyson. Surprise de le
sentir si proche, je recule d’un pas instinctivement. Lui ne bouge pas. Il me
regarde intensément dans les yeux, l’air sévère. Qu’est-ce qu’il me veut ?
Je suis instantanément troublée. J’avale ma salive difficilement. Un court-circuit
me parcourt le corps en une fraction de seconde. Je sens mes joues s’empourprer
et mon corps s’enflammer sous son regard dominateur.
Mais que m’arrive-t-il bon sang ? Reprends-toi ! Tu pourrais être sa …. Non
quand même pas mais il est bien plus jeune que toi tout de même. Mes
hormones me jouent des tours.
— Allais-tu partir sans me dire au revoir ?
— Non, bien sûr que non. Bafouillais-je. Il a l’air soulagé tout à coup, son visage
se décrispe.
— Tant mieux ! Me rétorque-t-il accompagné de son sourire des plus ravageur.
Mon cœur manque un battement. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je suis
mariée, je ne devrais pas trembler pour un autre homme et encore moins pour
son frère.
— J’attends !
— Quoi donc ? Lui demandé-je surprise par son intonation.
— Que tu me dises au revoir.
— Oh !
Je me rapproche le plus naturellement de lui afin de lui faire la bise et pose une
main sur son avant-bras. Cet homme est fait de muscles. Le moindre centimètre
carré de son corps est dur comme la pierre et parfaitement dessiné. Le simple fait
de le toucher, de ressentir cette virilité sous la paume de ma main me procure
une envie folle de parcourir davantage sa chair, de glisser mes mains sous son
tee-shirt et d’aller explorer ce dieu musclé. Je sens son parfum boisé, mélangé à
son odeur si particulière qui lui est propre m’envahir, pénétrer en moi comme du
venin. Il sent divinement bon. Fait chier !
Nos joues se touchent. Nos corps sont qu’à quelques millimètres l’un de l’autre
et là mon imagination déborde. Je ferme les yeux une fraction de seconde pour
savourer ce contact bien que trop court à mon goût et laisse divaguer mes
fantasmes salaces. Il faut que je me reprenne. On dirait une ado en chaleur !
— À très bientôt j’espère ! Me chuchote-t-il au creux de l’oreille d’une voix de
velours. Sa voix se répercute dans les artères de mon corps jusqu’à ma petite
culotte. Je me mets à frissonner.
Pauvre fille !
S’est-il aperçut de quelque chose ? Il est si entreprenant tout à coup. Si c’est le
cas je suis foutu !
Une fois qu’il s’est retourné, je me rends compte que j’ai cessé de respirer. Je
suis comme envoutée, ensorcelée. Dès qu’il s’approche trop près de moi, je
n’arrive plus à me contrôler. Mon esprit devient fou à lier. Il part dans tous les
sens, dans des endroits où jamais je ne me serais permise d’aller. À son contact,
je perds les pédales. Heureusement pour moi, Brady est parti chercher la voiture.
Il aurait tout de suite remarqué un malaise.
Qu’est-ce que je lui aurai dit ? Je fantasme sur Greyson ! Super, il aurait été ravi
de l’entendre. J’aurai gagné un coup de pied au cul direction la case départ. Il est
hors de question que je perde tout ce que j’aime pour une attirance physique ou
un petit jeu de séduction malsain. Cela ne mènera nul part.
Enfin si, au divorce !
Ce mec est un danger. Beaucoup trop attirant, beau, jeune et arrogant. Du haut
de ses vingt-neuf ans, il est bien trop sûr de lui, provocateur et prétentieux. Cela
doit surement venir de sa passion. Il est devenu boxeur professionnel en
quelques années. Acharné et déterminé, poussé par ses coachs, il a atteint le titre
de champion du monde en quelques années. Adulé par les jeunes femmes, il ne
se prive de rien, loin de là ! Il se vante toujours à qui veut bien l’entendre qu’il
en baise une chaque soir. Très classe vous ne trouvez pas ?
Chapitre 2

D epuis neuf heures ce matin, je ne relève pas la tête de mon ordinateur.


J’ai beaucoup de travail car c’est la saison estivale. J’adore cette
période de l’année. Voir toutes ces futurs mariées heureuses et excitées
m’amuse beaucoup. J’ai ouvert ma petite société d’organisatrice de mariage il y
a quelques années maintenant et je commence à être renommée dans le milieu.
Accomplir un miracle à chaque cérémonie n’est pas une mince à faire car elles
sont toutes plus exigeantes les unes que les autres. Entre les couleurs, les lieux,
les fleurs et j’en passe, cela me rend folle, mais j’adore ! Voir leurs sourires,
leurs joies, leurs bonheurs, voir toute une famille réunie afin de célébrer l’union
de deux êtres qui s’aiment, il n’y a pas mieux comme travail à mes yeux.
On frappe à la porte.
— Oui ! Dis-je d’un ton sec.
— Excusez-moi Charlotte mais votre beau-frère est à l’accueil. Il demande à
vous voir. Il n’a pas de rendez-vous alors je lui ai demandé d’attendre !
À la fois surprise et bizarrement excitée à l’idée qu’il soit là, je me mets à avoir
chaud. Il faut que je me calme avant qu’il rentre dans mon bureau sinon il va
remarquer mon malaise.
Aller respire, calme-toi.
J’inspire profondément et reprends de l’assurance. Je peux le faire ! Je peux être
une femme qui contrôle ses hormones.
Mais que diable vient-il faire ce matin dans mon bureau ?
— Faites-le entrer Clara s’il vous plaît.
— Bien madame. Dois-je faire autre chose ? Me demande-t-elle en voyant
certainement sur mon visage le stresse qui me gagne.
— Heu …. Je bafouille. Oui apportez nous un café s’il vous plaît.
— Très bien.
Elle referme la porte derrière elle. J’ai légèrement les mains moites et
tremblantes. Il faut que j’arrête ça tout de suite ! Bon sang, reprends-toi ! Je me
lève de mon fauteuil pour l’accueillir. Je rajuste ma jupe crayon noir en cuir, qui
épouse parfaitement mes formes voluptueuses. Dieu merci, j’ai bien choisi ma
tenue. Je redresse le menton et affiche mon sourire de façade.
On frappe à la porte de nouveau puis lorsque celle-ci s’ouvre, j’en ai le souffle
coupé. Il est encore plus beau que le week-end précédent. Son jean noir lui
dessine parfaitement les muscles de ses cuisses. Il porte une chemise blanche, le
col ouvert, manches repliées, cintrée à souhait et affiche son air décontracté
comme à son habitude. Je peux apercevoir ses pectoraux sculptés à travers.
C’est le diable en personne ! J’en suis convaincu. Il va m'entraîner en enfer.
Sûr de lui, provocateur, il arbore une démarche d’un prédateur en entrant dans
mon bureau. Il a toujours eu cette assurance et c’est ça qui le rend encore plus
sexy ! Impossible pour moi de décrocher mon regard. Je le dévisage d’une façon
inconvenante, je le sais mais je ne peux pas faire autrement. Je suis encore une
fois hypnotisée. Tous mes fantasmes refont surface. Mon corps bouillonne
comme un volcan. J’ai tout à coup très, très…...chaud. Ouvrez les fenêtres !
Greyson attend que je reprenne vie, un sourire de satisfaction sur le visage. Il le
sait. C’est tellement flagrant que je me déçois. Je vais succomber à son charme,
si cela n’est pas déjà fait, vu le regard que je lui porte et l’état lamentable de mon
string.
J’ai l’habitude de voir les femmes s’émoustiller lorsqu’il apparaît quelque part,
mais là le spectacle est d'autant plus amusant que d’ordinaire et beaucoup plus
ridicule car aujourd’hui allez savoir pourquoi c’est moi. Je suis pitoyable.
— Bonjour Charlotte ! Me dit-il pour me sortir de ma contemplation.
Je sursaute et je me sens très gênée de poser mes yeux ainsi sur lui et sans
lunettes de soleil cette fois-ci alors qu’il n’est qu’à quelques mètres de moi. Je
me racle la gorge avant de répondre.
— Excuse-moi, bonjour Greyson ! Je le salue confuse en essayant de reprendre
le contrôle sur moi-même. Chose plus dur à dire qu’à faire ! Que me vaut le
plaisir de ta visite ce matin ? Tu viens rarement ici. À moins que tu aies besoin
de mes services. As-tu demandé une femme en mariage ? Dis-je sur le ton de la
plaisanterie pour détendre l’atmosphère. C’est tout ou rien. Soit, je suis
paralysée, soit je débite mille mots à la minute. Vraiment pathétique !
Grey ne peut s’empêcher de rire car il est à des années-lumière de demander une
femme en mariage. Jamais il n’est tombé amoureux et il ne veut pas non plus
d’une vie bien ranger. Les gosses, le chien et tout ce qui va avec, ça ne
l’intéresse pas. Il s’en vante assez souvent comme ça. Ce qu’il l’intéresse, c’est
les combats, la foule, les cris, les applaudissements, sentir qu’il est imbattable, le
maître du monde et surtout les groupies. Il est si prétentieux !
Je ne m’approche pas de lui volontairement. Je reste derrière mon bureau bien
sagement, j’ai déjà assez de mal comme ça à me tenir droite. Je lui fais signe de
s'asseoir dans le fauteuil en face de moi puis je me rassois à mon tour.
— Tu sais bien que je suis un célibataire endurci. Le mariage non merci, très peu
pour moi ! Assure-t-il en ricanant.
J’ai du mal à respirer normalement. Son regard sur moi me déstabilise. Ses yeux
noisette me transpercent au plus profond de moi-même. Ce regard en dit long, il
a compris depuis longtemps que je me bats intérieurement contre mes désirs.
— Et bien alors pourquoi es-tu là de bon matin alors ? Je l’interroge malgré ma
difficulté à articuler.
— J’avais juste envie de te voir. Me rétorque-t-il de sa voix de velours chargée
de suppositions.
Je suis foutue ! Sa voix lourde et suave résonne en moi et allume un feu au
milieu de mon ventre qui je le sais ne va pas s’éteindre de si peu. Il y a dans la
pièce une tension palpable. Il ne faut surtout pas craquer une allumette dans cette
salle au risque que l’on explose.
Clara apparaît sur le seuil de la porte avec nos cafés.
Sauvée !
— Je vous apporte vos cafés ! Elle entre, Greyson se lève. Tiens ? Il est galant
maintenant ? Elle pose le plateau sur le bureau devant nous. Il la passe au
scanner ? Je n’y crois pas ! Quel pervers.
Je me lève à mon tour, les jambes en coton.
— Merci Clara. Lui dis-je en faisant le tour du bureau.
— Si vous avez besoin d’autre chose appelez-moi ! Elle fait demi-tour et
referme la porte. Un silence gênant s’installe.
Désormais seuls et enfermés, je sens les murs se rapprocher. La pièce est
devenue plus étroite tout à coup et l’air commence à manquer. Il est là, face à
moi, me surplombant de toute sa hauteur et de sa largeur, puissant et imposant.
Je suis comme prise au piège. Je ne sais plus quoi dire ou quoi faire. Je suis
paralysée, envoûtée par sa beauté et son charisme.
Pourquoi bon sang ? Pourquoi mon corps ne répond plus ?
Pourquoi je n’arrive pas à agir comme d’habitude ? Pourquoi suis-je sur le point
de lui sauter dessus pour lui arracher sa chemise ? Je perds la tête.
C’est la toute première fois que je ressens une chose pareille envers un autre
homme. Il faut absolument que je me sorte de ce guêpier avant que je fasse une
bêtise.
Je ferme les yeux une fraction de seconde cherchant à effacer de mon esprit
toutes tentations tordues mais même les yeux clos, je peux sentir son doux
parfum frais et boisé qui envahit la pièce. C’est tout simplement l’odeur du désir.
L’odeur du péché surtout qui remplit mes narines pour se glisser dans mes
poumons et marquer à jamais ma mémoire.
Bon sang, il va me tuer sur place. Reprends tes esprits ma cocotte !
J’ouvre les yeux et je le vois encore plus proche, trop près de moi. Il faut que
j’installe un périmètre de sécurité et vite avant que je fasse une bêtise. Je recule
d’un pas mais je me retrouve coincée entre mon bureau et lui.
Il me regarde, un sourire en coin signifiant : Tu ne peux pas m’échapper. Il joue
avec moi !
Mon dieu venez moi en aide ! Trouve quelque chose !
—Et …si on buvait …notre…café ! Il va…. [Link] Je lui propose en
bégayant la seule chose qui me vint à l’esprit.
— Tu as raison, j’aime quand c’est chaud ! Me murmure-t-il.
Ce n’est pas possible, comment ai-je fait pour me retrouver dans cette situation ?
Si seulement il savait à quel point je suis chaude, je vais me liquéfier sur place.
Il recule donc de quelques pas et j’inspire profondément de soulagement.
— Je n’ai pas beaucoup de temps ce matin pour bavarder, j’ai beaucoup de
travail tu sais ! Je l’informe en tentant de calmer cette tension entre nous. Mais
peine perdu lorsqu’il me demande :
— Accepterais-tu alors de dîner avec moi ?
— Pardon ? Je lui demande en m’étranglant de surprise, les yeux écarquillés
comme des calos. Alors lui ne passe pas par quatre chemins.
— Pour quelle raison j’irai dîner avec toi Greyson ? Je suis surbookée en ce
moment et sincèrement ça serait une mauvaise idée.
— Un jour, tu accepteras, je le sais ! Finit-il par m’affirmer dans un
chuchotement. Sa voix demeure calme et posée mais je sens de la détermination
derrière chaque mot.
Je n’en reviens pas. Je suis bouche bée. Il a un sacré culot tout de même ! Et
pourtant plus il me parle de cette manière, plus je sens un mélange d’excitation
et de colère se répandre en moi. J’en ai envie mais je ne peux pas !
Sur ces mots, il s’approche et se penche sur moi doucement. Son visage est si
proche que je peux sentir le parfum frais de son après rasage. Nos regards se
fixent l’un dans l’autre. Il me caresse délicatement la joue de sa main pendant
que l’autre descend le long de mon bras tel une plume délicate. Ma respiration se
coupe, je ne bouge pas d’un poil. Il entrelace ses doigts aux miens. Je suis au
bord de l’évanouissement. Mon cœur bat la chamade quand je vois sa tête se
baisser vers moi. Il va m’embrasser ? Oh mon dieu ! J’entrouvre légèrement la
bouche à la recherche d’un peu d’air. Son visage se penche encore un peu plus et
ses lèvres effleurent lobe de mon oreille pour finir d’un doux baiser délicieux au
creux de mon cou. Je tressaille. Les poils de mon corps se dressent. J’ai l’intime
conviction qu’il dépose sa marque.
Pourquoi je me laisse faire, bon sang !
Je sens son souffle me caresser la peau et un frisson me parcoure le dos de la
nuque jusqu’à la chute de mes reins. Tous mes sens sont en alerte. Il est si
entreprennent, si sûr de lui. Ça m’excite terriblement. Ce petit jeu est beaucoup
trop risqué. Je le sais mais à cet instant, je crois que s’il le veut, il peut faire de
moi une torche vivante.
Je ne vais pas pouvoir tenir bien longtemps, il me faut une porte de sortie et
vite ! Ce fichu baiser m’a mis des papillons entre les jambes alors je vous laisse
imaginer l’état de ma petite culotte. Il faut absolument que j’y mette un terme !
Mais comment ? Sa présence m’empêche littéralement d’avoir les idées claires.
Mon corps ne répond plus à mes appels au secours, plus rien n’est connecté chez
moi.
Je ne peux dire un mot, ni même bouger. J’ai toujours les yeux fermés et le
souffle coupé lorsque lentement il me lâche la main. Je le sens reculé d’un pas et
un froid glaciale recouvre ma peau. La chaleur qui occupait l’espace entre nos
corps chaud et brûlant enfin surtout le mien vient de laisser place à l’antarctique.
Je ressens une pointe de déception au fond de moi- même. J’aurai aimé
secrètement qu’il aille plus loin. Qu’il me renverse sur le bureau et qu’il
m’arrache mon chemisier. Qu’il plonge sa tête entre mes seins pour les mordiller,
les sucer et qu’il me baise comme un fou. Mais soyons réaliste, cela est interdit,
même impossible. C’est un pur fantasme, le fruit de mon imagination débordante
et complètement tordu.
Nous avons déjà dépassé les limites du raisonnable. Ce n’est qu’une attirance
charnelle enfin pour ma part et ça va tout détruire sur son passage si l’on
continue à jouer à se chercher l’un l’autre. Ma vie, mon mariage, ma famille et
ma réputation est en jeu.

Je sursaute lorsque j’entends la porte claquer, enfermée dans mes pensées. Grey
vient de partir sans un mot. Je peux enfin respirer. J’ai l’impression d’avoir
couru un marathon. J ’ai les joues en feux, la peau moite et je suis à bout de
souffle. Je me tiens au rebord du bureau car mes jambes sont comme engourdi et
j’ai la tête qui tourne.
Mais que s’est-il passé ? Que suis-je en train de faire ?
Je secoue la tête afin de chasser mes pensées. Debout devant la baie vitrée, je
contemple le ciel cherchant une réponse à toutes mes interrogations, mais la
seule chose que je trouve c’est une pointe de trahison envers Brady. Il est tout
pour moi, il a toujours su me soutenir dans mes choix et dans les moments
difficiles. Il me réconforte lorsque je me sens lasse et fatiguée. C’est un homme
beau avec beaucoup de charme et je l’aime. Oui je l’aime malgré les apparences
! Brady est un homme élégant, très sûr de lui, toujours tiré à quatre épingles.
C’est un homme séduisant du haut de ses quarante ans.
Je suis tombée sous son charme….tomber !!! j’aurais dû m’en douter ! à la
minute où il a posé les yeux sur moi un soir lors d’un dîner entre amis. Nous
avions passé la soirée ensemble comme si nous n’étions que deux sur terre et
depuis nous ne nous sommes plus quittés. Nous avons fondé une famille, tout
était parfait …… jusqu’à maintenant.
Je caresse du bout des doigts mon alliance. Je suis mariée ! Il ne faut pas que je
l’oublie !

Durant toute la journée, j’ai ce sentiment de culpabilité qui ne veut plus me


lâcher. Grey a chamboulé ma journée et bien plus encore. Je n’arrive pas à avoir
les idées claires, j’appelle Clara pour finir le plan de table du mariage de
madame Califor, seule je n’y arrive pas. Grey envahit toutes mes pensées.
Comment ai-je pu me laisser aller de la sorte ? Et surtout, pourquoi suis-je si
captivée par ce mec ?
Heureuse que cette journée se termine enfin, je rentre à la maison. Je la trouve
vide et je suis plutôt soulagée car j’ai besoin de calme et de repos. Les filles sont
chez mes beaux-parents. Ils insistent pour les récupérer à la sortie de l’école tous
les lundis soir. Avec mon boulot qui me prend beaucoup de temps, cela m’allège
dans mon planning, tout le monde y gagne ! Brady, lui est encore au travail. Il
m’a prévenue qu’il rentrerait un peu plus tard ce soir car il a encore un de ses
contrats un peu tortueux à mettre au clair avant l’audience, un truc dans ce genre
! Quelle aubaine, je n’ai pas vraiment la tête à faire la conversation.
Je me sens bien dans mon petit nid, notre maison. Elle n’est pas très grande,
juste ce qu’il faut pour nous quatre avec un jardin ou on a pu mettre une jolie
balançoire pour les filles. Tout le bas de la maison est en parquet massif, ce qui
lui donne un côté chaleureux avec de grandes baies vitrées laissant entrer la
lumière, à l’étage, nous avons quatre chambres assez spacieuses.
Je me débarrasse de mes talons hauts avec un soulagement puis je me dirige
directement vers la salle de bain car j’ai envie d’un bain chaud pour détendre
tous mes muscles tendus. Tout en montant à l’étage je fais glisser la fermeture
éclair de ma jupe crayon et la laisse tomber sur le sol. Je déboutonne mon
chemisier bleu pâle en soie qui aurait pu être arraché quelques heures plus tôt si
je n’avais pas été mariée bien entendu pour me retrouver enfin en sous-
vêtements. Je fais couler l’eau chaude dans la baignoire et ajoute quelques
gouttes d’huile essentiel au jasmin que j’ai déniché lors d’un voyage au Maroc.
Une fois nue, je me glisse délicatement à l’intérieur. La pièce est enveloppée
d’une buée réconfortante, comme un nuage blanc. Je me laisse aller contre le
dossier en fermant les yeux, un profond soupir de satisfaction m’échappe.
Le silence est d’or depuis que je suis devenu maman alors les moindres moments
en solitaire je les apprécie à leurs justes valeurs.
Une fois sèche, j’enfile un mini short en coton gris clair et un débardeur blanc.

J’ai besoin de me libérer l’esprit. D’oublier un instant mon désir inattendu pour
ce type qui malgré son corps de rêve me tape sur le système. Je n’arrive pas à
comprendre l’attraction que j’ai envers lui. Il est bien trop arrogant et sûr de lui
pour que je puisse du jour au lendemain être attiré comme un aimant. Dès qu’il
est dans les parages, mes yeux se jettent sur lui et ont un mal fou à se décrocher.
C’est plus fort que moi, mon corps le réclame en silence et ma conscience me
hurle de fuir. Si Brady s’en rend compte, on est mort !
J’ouvre une bouteille de vin blanc et m’en serre un verre. La première gorgée
est fraîche et pénètre en moi comme un antidépresseur. Gorgée après gorgée, je
me détends et mon sang se réchauffe. Toutes mes pensées s'envolent, j’oublie
tout et j’en profite pour mettre de la musique. Un air de Calvin Harris m’allège
et m’entraine à faire quelques pas de danse. Je tourne sur moi-même mon verre à
la main, la tête renversée vers le ciel en fredonnant quelques notes. J’aime être
dans cet état d’insouciance là ou tous les soucis n’ont pas le droit d’entrer. Verre
après verre, mine de rien j’ai bien entamé la bouteille. Je suis largement gaie.
Mes pieds ne trouvent plus leur trajectoire correctement et mes yeux sont eux
aussi déstabilisés. Je décide d’aller me coucher, je ne voudrais pas passer pour
une ivrogne.
Accrochée à la rambarde de l’escalier, le palier tangue sous mes pieds. Je pouffe
de rire comme une bécasse complètement pleine. Tant bien que mal, j’arrive à
me traîner jusqu’au lit. Je me vautre tel un phoque sur un banc de sable et
m’enroule dans les draps. Ça tourne bordel ! J’ai la sensation d’être dans le
grand huit ! On appelle cela le deuxième effet Kiss kool ! Je me redresse, cale
l’oreiller de Brady dans mon dos, je suis à la limite d’être assise dans le lit mais
tant pis, au moins la fête foraine est terminée !
Chapitre 3

U ne douce lumière traverse mes paupières, je me sens légèrement


vaseuse. Ma langue est collée à mon palet. Le bras de Brady me serre
contre lui. Il dort encore profondément, son souffle me caresse le
visage. Je lève difficilement les yeux pour le regarder. Il est tellement sexy
lorsqu’il dort ! Sa barbe mal rasée, ses cheveux en bataille et ses traits sont
détendus. Il a l’air plus jeune. Mon cœur se ramollit comme de la guimauve face
à ce visage si paisible. Depuis qu’il a ouvert son propre cabinet d’avocats, Brady
n’a plus une minute à lui, il est constamment au bureau. Je suis admirative face à
sa détermination de réussir sa carrière.
J’ai envie de lui, j’ai envie de ses mains sur ma peau, de ses caresses douces
comme du velours. J’ai besoin de lui encore plus aujourd’hui que n’importe quel
autre jour. Je veux le sentir en moi, je veux me sentir comblé et aimé. J’aimerai
qu’il efface le souvenir de Grey sur ma peau.
En toute discrétion, je me faufile dans la salle de bain pour me laver les dents et
me rafraîchir. Ce n’est vraiment pas glamour d’avoir une haleine de chacal au
réveil.
De retour sous les draps, je glisse ma main le long de son torse sculpté. Je joue
avec la petite ligne de poils tracée jusqu’à son nombril puis passe mes doigts
délicats sous l’élastique de son boxer sans un bruit. Sans surprise, monsieur
l’avocat réagit sans problème.
— Bonjour princesse ! Me dit-il encore les yeux clos, un demi sourire sur les
lèvres.
— Bonjour mon prince.
— Que puis-je faire pour vous satisfaire mademoiselle ?
Je le chevauche et me frotte contre son sexe en douceur. J’ai envie qu’il me
prenne sauvagement, toute entière et profondément, sans préliminaires, juste
sentir sa queue en moi. Je ne sais pas si c’est un résidu de vin blanc qui me
donne des ailes ce matin mais je m’en contrefiche, j’ai trop besoin qu’il me fasse
l’amour.
— Tu vas mieux on dirait ?
— Oui et j’espère que tu es en forme Lui dis-je les yeux remplis de désirs en
l‘embrassant. Je continue de me frotter contre lui. Le tissu de nos sous-vêtements
fait barrière.
Il me prend le visage entre ses mains. Il m’embrasse à pleine bouche, nos
langues se mélangent. Son baiser est profond et lent. Ses mains descendent
délicatement vers mes seins. Ils remplissent chacune de ses paumes. Il les pétrit
avec un peu plus de détermination que d‘habitude. Je me trémousse contre lui
comme une chatte en chaleur. Ça fait des semaines que nous n’avons pas fait
l’amour et je suis en manque. Entre son boulot, le mien, les enfants et la maison,
nous n’arrivons plus beaucoup à trouver un moment pour nous.
Mes lèvres passent de sa bouche à sa mâchoire carrée puis descend le long de
son cou. J’inspire profondément sa peau afin de m’imprégner de son odeur.
Je continue ma descente en parsemant des baisers humides le long de son flan. Je
le débarrasse de son boxer impatient. Son membre est plaqué sur son bas ventre,
droit et dur comme un tronc. J’aperçois ses veines gonflées tout le long. J’en ai
l’eau à la bouche.
Il me regarde, ses yeux changent de couleur. Ils deviennent plus sombres tout à
coup.
Je m’humidifie les lèvres de ma langue puis ouvre la bouche pour la prendre
toute entière. Brady laisse échapper un son rauque lorsque mes lèvres se
referment sur lui.
—Oh princesse, c‘est bon !
Elle est soyeuse et douce sur ma langue. Je m’applique en faisant des vas et vient
lent et profond. Je titille son gland du bout de la langue pour ramasser les
quelques gouttes de semence salée qu’il perd d’excitation. Je lève les yeux vers
lui, sa tête s’enfonce dans les coussins, il m’agrippe fermement les cheveux avec
ses mains pour me maintenir la tête et ainsi m’inciter à garder le rythme. Il faut
que je vous avoue, j’aime ça ! J’aime lorsqu’il prend le contrôle qu’il me
domine. Sous mes airs de gentille petite femme en réalité je suis une femme qui
aime le sexe brutal. J’aime quand il domine, quand il me fasse mal pour atteindre
son but. Le sexe à la vanille commence à m’ennuyer.
— Humm bébé tu me rends fou avec ta bouche ! Halète-t-il
— Ne perds pas tous tes moyens, j’ai encore besoin de toi pour me faire jouir !
— Alors viens par ici ma petite coquine !
Il me fait remonter car je pense qu’il n’aurait pas tenu longtemps si je continue
ainsi à jouer avec sa queue. Il me fait rouler sur le dos puis d’une main experte
m’enlève mon petit short en coton. Je me retrouve nue sous le regard rempli de
désir de mon mari. Il me dévore littéralement des yeux.
Je m’agrippe à ses hanches avec mes jambes pour pouvoir m’emboîter
parfaitement et garder un angle parfait. Il prend sa queue puis la frotte
doucement contre ma chatte mouillée. Il veut me rendre folle. Il veut que je le
supplie ? Oui, c’est-ce qu’il veut ! Je le lis dans son regard.
— S’il te plait ….
— Dis-moi que tu m’aimes et je te ferais jouir princesse !
— Je t’aime Brady, prends-moi ! Lui soufflé-je d’impatience.
Il s’enfonce en moi en un coup de rein victorieux. Je suis trempée d’excitation
tel un océan, il me pénètre sans aucunes difficultés. Chaque centimètre qui entre
en moi, est un pur plaisir, une sensation exquise, chaude et soyeuse. Je
m’agrippe à son dos tentant de garder la cadence. Je sens tous ces muscles se
contracter sous sa peau, mes ongles s’enfoncent dans sa chair.
— Regarde-moi princesse ! Tu aimes ? Me demande-t-il les dents serrés par
l’effort.
— Tu ne peux pas imaginer comme j’aime ça ! Continus…encore …plus fort !!
Crié-je en l’implorant de me sauter sauvagement.
J’y suis presque, plus que quelques va-et-vient plus intenses et je libère toute ma
dopamine. Il passe une main entre nos deux corps, trouve mon clitoris gonflé dus
au feu de l’action et fait des mouvements circulaires avec ses doigts. Je perds
pieds, ma tête bascule en arrière, s’enfonce dans les coussins, je me cambre de
plaisir quand je sens monter au fond de mes entrailles l’orgasme me consumer de
l’intérieur comme un volcan en éruption.
— Oh oui putain, c’est bon chéri …ne t’arrête surtout pas !
— Donne-moi tout princesse. Vas-y ! Gronde-t-il.
Je lâche enfin prise et explose entre ses bras. Je cris son nom enfoui dans le
creux de son cou en le mordant de toute mes forces.

Enveloppée dans une douce lumière matinale, dans les bras de Brady, les yeux
dans les yeux, je me laisse aller complètement emporté par la vague d’amour qui
me submerge. Un frisson me parcourt tout le corps des racines des cheveux
jusqu’à mes orteils.
— Nom de dieu, c’était quoi ça princesse ?
— Tu m’as manquée ! Je t’aime chéri. Je lui chuchote aux creux de l’oreille.
Il me dégage une mèche de cheveux et me contemple essouffler. Il me caresse le
visage puis m’embrasse tendrement.
Rassasié, il s‘écroule sur le lit. J’en profite pour me redresser.
— Mon dieu ! Je sors du lit d’un bon.
Mince, il faut que je me dépêche. J’ai un rendez-vous avec Mademoiselle
Anderson, une future mariée pour choisir son traiteur ! Lui expliqué-je en
courant sous la douche.
— Tu veux que je te frotte le dos ?
Je souris car sa proposition me plait mais je n’ai plus le temps pour ça. Il faut
que je fasse vite. Une fois séchée, une serviette autour du buste, je me dirige vers
mon dressing pour choisir une tenue légère car aujourd’hui la météo annonce
une chaleur étouffante. Ma petite robe jaune pâle avec de fines bretelles fera
l’affaire. Je l’enfile en vitesse, relève mes cheveux blonds en un chignon
décoiffé, puis retourne à la salle de bain pour me mettre une pointe de
maquillage. Brady est toujours allongé sur le lit, les bras croisés derrière la tête,
il me regarde amusé, un sourire aux lèvres. Il a le drap à peine remontée sur son
entrejambe. Je peux apercevoir le triangle de son bassin si sexy, vous savez le V
au niveau des hanches ! c’est cette partie de son corps qui m’excite tout
particulièrement. Il me nargue, amusé de me voir courir dans tous les sens.
Passant à côté de lui, je secoue la tête, en proie à une envie folle de lui sauter
dessus, il est si sexy et attirant ce matin, nu dans ce lit. Je dois rassembler mes
esprits pour ne pas s’aider à la tentation.
— Arrête avec ce regard ! Lui dis-je avec les gros yeux.
— Quoi ? Qu’est-ce qu’il a mon regard ? Me répond-t-il en faisant la moue, ce
qui lui donne un air faussement innocent.
— Ne fais pas ça !
Il éclate de rire. Je m’approche du lit et l’embrasse tendrement.
— Je dois y aller chéri ! Je le préviens dans un soupir de frustration. J’ai
tellement envie de rester au lit avec lui.
— Reviens vite princesse, tu me manques déjà !
— Je t’aime chéri à ce soir,
Il me claque les fesses au moment où je me retourne pour partir.
Pas les pattes monsieur !
— Humm, j’aime ce petit cul !
Je souris puis je quitte la maison légère et comblée.

En chemin je reçois un sms :


[Invitation surprise, week-end en famille au lac !]
Une panique s‘empare de moi, forcément Grey sera là aussi.
Comment vais-je gérer la situation ? Brady et Grey en même temps ? À l’époque
cela m'était égal, il était plus jeune que moi, c’était un crétin qui flambait
constamment et qui flambe toujours ! Mais je n’avais de yeux que pour Brady en
ce temps-là. Aujourd’hui il a pris de l’âge et aussi beaucoup de sexe appeal, il
faut bien l’avouer, je le vois différemment. Il m’attire dangereusement. Il est le
mâle le plus puissant, arrogant et ultra sexy que je connaisse, tout en muscles,
bronzé et tatoué. Tout chez lui me fait fantasmer. Je rêve d‘avoir tout le poids de
cet homme sur moi, de sentir ce mâle me tenir en haleine jusqu’à ce qu’il me
fasse jouir de plaisir.
Mais pourquoi je fantasme autant sur lui ? Il n’a rien d’un gentleman envers la
gente féminine bien au contraire et pourtant je craque, je fonds sur place en sa
présence. Cela ne me ressemble pas du tout. J’ai toujours été une femme fidèle et
j’aime vraiment Brady de tout mon cœur. Notre rencontre a été un coup de
foudre et depuis nous ne nous quittons plus. Je ne comprends pas ce qui m’arrive
?
Il m’avait demandé en mariage l’année suivante de notre rencontre, un genou sur
le sol. Comme dans les contes de fées. Il avait tout programmé, ça avait été le
plus beau jour de ma vie. Mais pour l’heure, je ne comprends pas ce qui se passe
dans ma tête, entre le refus de succomber et cette envie folle de se pendre à ces
lèvres, tout est confus dans mon esprit. Tout me crie de fuir, de courir loin de lui.
Il va tout détruire dans ma vie et d’un autre côté mes pulsions me poussent dans
ses bras. Je deviens folle à lier.
Stressée d’avance à l’idée de ne pas pouvoir gérer la situation, mes mains
deviennent moites et mon rythme cardiaque s’accélère.
Mon dieu comment vais-je faire pour m’en sortir ?
J’imagine à l’avance ce week-end. Une vraie torture. Je suis déjà dans un état
épouvantable rien qu’à l’idée d’y être. Je ne vous raconte pas dans quel état je
vais être lorsque je serais face à eux ! Dans quel merdier je me suis mise ?
Je renvoie un sms à Brady rapidement les mains tremblantes.
[Ok chéri]
Quel mensonge ! Tu es une putain de menteuse ma chère !
De toute évidence, je ne pourrais pas y échapper. Je vais devoir affronter ce
week-end avec beaucoup de self contrôle.
En attendant, j’ai un rendez-vous qui m’attend et une fin de semaine bien
chargée entre les essayages de robes, le choix des traiteurs et j’en passe, je ne
vais pas avoir une minute à moi et sincèrement tant mieux car au moins, j’aurai
la tête occupée à autre chose au lieu de penser à ce fichu week-end.
Chapitre 4

L orsque nous arrivons au lac, la fête bat son plein, les cris des enfants
résonnent dans l’allée et l’on peut aussi entendre quelques discussions
entre adultes.
Ça sent l’herbe fraîchement coupée et l’odeur du barbecue me chatouille le nez.
Angoissée depuis ce matin, je n’ai rien pu avaler alors je ne vous raconte pas,
mon estomac gargouille comme un dragon.
Je ferme les yeux un instant et inspire profondément pour tenter de détendre les
muscles de mes épaules. Brady lui, arbore un sourire joyeux à l’idée de passer la
journée à siroter des bières et à plonger dans le lac pour se rafraîchir de cette
chaleur insoutenable. Aucun nuage à l’horizon me laisse espérer avoir un peu
d’ombre. Décidément rien ne va dans mon sens, je vais rougir comme une
tomate.
Sur la pelouse, plusieurs couvertures sont déployées sur lesquelles sont installées
mes belles sœurs qui se dorent la pilule. Les hommes jouent aux boules dans un
coin spécialement dédié aux concours de pétanques, pendant que certains
s’occupent du barbecue. L’ambiance est conviviale et chaleureuse comme
d’habitude.
Derrière mes lunettes de soleil, je n’ai aucun mal à le repérer. Affalé sur une
chaise longue une bière à la main, il rit à gorge déployée avec l’oncle Sam. Je
serre les dents afin de masquer ma nervosité car Brady m’a passée un bras autour
du cou lorsque nous remontions l’allée gravillonnée et je ne veux pas qu’il
s’aperçoive de quoi que ce soit.
Mon dieu, pourquoi n’ai-je pas la grippe ou une pneumonie. Quelque chose qui
me cloue au lit plutôt que d’être ici !
La panique s’empare de moi un instant, mais après une inspiration profonde
mais discrète, je reprends le contrôle Je peux affronter cette journée qui
s’annonce stressante et haute en émotions !
— Tiens, vous voilà enfin les amoureux ! s’exclame la mère de Brady.
Elle arbore un magnifique chapeau en paille et des lunettes de soleil rétro qui lui
vont à merveille.
— On attendait plus que vous, tout le monde est là ! Rajoute son père.
— Bonjour maman ! Salut Brady en la serrant contre lui.
— Salut papa !
— Ça me fait plaisir de te voir ! Me déclare son père en me prenant dans ses
bras.
Je lance quelques formules de politesse.
— Bonjour Martine vous êtes radieuse !
— Oh merci ma chérie, tu es trop gentille !
— Aller venez par ici, tout le monde vous attend !
Après avoir parcouru quelques mètres sur la pelouse, Brady est alpagué par ses
neveux pour faire une partie de volleyball, il n’a pas le temps de dire ouf que les
petits l'ont entraîné de force vers le filet.
— Allez tonton, viens jouer avec nous ! Allez viens !
Pierre lui tire sur le bras comme un petit singe.
—Ok ! Je viens les enfants mais une partie seulement car je n’ai même pas eu le
temps de dire bonjour à tout le monde !
— Vas- y chérie, je te rejoins dans cinq minutes ! M’assure-t-il avec un clin
d’œil.
Je me retrouve donc seule pour affronter toute la famille. Génial !
Je fais le tour du côté des tables saluant les tantes, les cousins, les cousines puis
je vais en direction de mes belles sœurs allongées sur la pelouse. Après plusieurs
bises et d’accolades, j’y suis ! Ça y est j’ai fait tout le tour il me reste plus que
l’oncle Sam et Greyson, impossible de ne pas y aller, ça serait très mal poli de
ma part et suspect ! Allez, respire profondément et affiche un air décontracté, tu
peux le faire !
En me voyant arriver, un sourire diabolique se dessine sur son visage. Il porte
des lunettes de soleil aviateurs et est bien évidemment vêtu que d’un seul et
unique short en toile. Comment voulez-vous que je résiste ? Sa peau est
recouverte d’une fine couche d’huile solaire et ses muscles se dessinent sous le
reflet du soleil. Il incarne l’arrogance en personne mais encore plus un dieu grec
ultra sexy...Mon dieu aidez-moi, je vous en supplie ! Faites tomber de la neige en
pleine été …. ou une tornade je n’en sais rien mais il faut qu’il se rhabille !
Je parcours les quelques pas qui nous séparent en quelques secondes. Plus je
me rapproche moins je contrôle. Mon corps, mes jambes sont en coton et j’ai un
nœud à l’estomac. J’ai plaqué mon sourire commercial pour ne pas perdre la face
mais c’est loin d’être suffisant. Heureusement l’oncle Sam m’accueille les bras
grands ouverts. Pour son âge, environ une soixantaine d’années, il est plutôt pas
mal non plus, les cheveux poivre et sel, une barbe de trois jours et des yeux d’un
vert émeraude qui n’en laisse pas une seule indifférente. Il n’est pas très grand
pour un homme mais il a ce je ne sais quoi que les femmes adorent ! Peut-être
son petit côté Richard Gere ou Alain Delon, allez savoir !
— Tiens voilà la plus belle ! S’exclame l’oncle Sam avec son petit clin d’œil
complice.
Il me serre dans ses bras puis me fait une bise sur la joue. J’en fais de même.
— Bonjour oncle Sam, ça me fait plaisir de te voir, ça faisait un bail dis donc !
— Ah oui je sais ma petite chérie mais que veux-tu les affaires, ça prend
beaucoup trop de temps et comme on dit « le temps c’est de l’argent ». Rit-il en
se rasseyant sur sa chaise longue.
— Salut Greyson ! Lui dis-je d’un ton le plus neutre qu’il soit.
— Bonjour Charlotte, comment vas-tu depuis ……il laisse sa phrase en suspend
durant quelques secondes, ce qui me parait une éternité puis il continue… .la
dernière fois que l’on sait vu ? Il a insisté sur la fin de sa question. Je pensais que
tu ne viendrais pas aujourd’hui !
— Et pourquoi donc ?
— Tu ne m’avais pas dit que tu avais beaucoup de travail en ce moment et que tu
étais surbooké ? Me lance-t-il, certainement pour me déstabiliser.
Quel culot ! Il ose faire allusion à sa visite surprise de la dernière fois à mon
bureau ! L’oncle Sam nous regarde amusé, personne ne se doute du petit jeu
qu’il manigance. Je ne peux pas lui dire d’aller se faire foutre alors je ravale ma
salive et je lui réponds :
— Et bien désolée de te décevoir Greyson mais je suis venu !
— Ne sois pas désolée Charlotte, c’est toujours un plaisir de vous …. Voir ! Tu
le sais bien ! Me rétorque-t-il calmement après une gorgée de sa bière.
— Et bien dans ce cas tout va bien ! je vous abandonne messieurs, je vais aller
me servir un verre ! À tout à l‘heure.
Je me retourne et pars en direction du bar les dents serrées. J’ai vraiment besoin
de quelque chose de frais et de corsé pour attaquer ce week-end à la con. Il est si
insolent, il me met les nerfs à rude épreuves et pourtant il allume en moi cette
petite flamme que je cherche à piétiner de toutes mes forces.
Je sens son regard même de dos. Si ça continu ainsi, tout le monde va le
remarquer. Je dois l’éviter absolument tout le reste de la journée.
Je me sers un mojito et trinque seule à mon bordel sentimental puis pars
encourager Brady à sa partie de volley-ball, au moins il n’osera pas venir faire
des sous-entendus sous le nez de son frère, enfin je l’espère !
L’après-midi s’est passée sans encombre, j’ai passé mon temps à jouer à cache-
cache pour éviter de me retrouver en sa compagnie.
Le soleil commence à se coucher, il y a une magnifique couleur orangée dans le
ciel parsemé de quelques nuages blancs, la chaleur a laissé place à une petite
brise fraîche très appréciable et les enfants continuent de jouer soit au foot, à
chat perché ou à trappe trappe. Beaucoup sont repartis, tout le reste de la famille
est occupé à bavarder ou à tout simplement se détendre.
Brady lui s’est assoupi sur une chaise longue après avoir bu plusieurs verres et
surtout après plusieurs parties de foot. Il adore les enfants. Dès qu’il le peut, il
joue avec eux, il lui est impossible de leurs dire non. On dirait un vrai gamin. Et
voilà le résultat. Une épave vautrée sur un transat.
Après une journée comme celle-ci, j’ai besoin de me rafraîchir le visage. Je me
dirige donc à l’étage en direction de la salle de bain du haut car ceux du bas sont
condamnées. Le petit Pierre a encore fait des siennes en jetant tout un rouleau de
papier toilette dans la cuvette, résultat : WC bouché.
La maison est silencieuse et calme. La journée a été mouvementé pour tout le
monde et nous sommes tous HS. Je m’avance dans ce long couloir menant à
l’étage quand je l’aperçois en haut de l’escalier, pensif, le visage fermé. Il est
adossé au mur les mains dans les poches de son short. L’étage est dans
l’obscurité, il n’a pas allumé la lumière, seul le couché de soleil éclaire son
visage.
Que fait-il dans la pénombre seul ? Quoi qu’il en soit, je me retrouve nez à nez
avec lui. Je le surprends car il sursaute légèrement mais semble rassuré que ce
soit moi. Il me regarde dans les yeux comme si plus rien d’autre autour de lui
n’avait d’importance, moi seule l’intéresse. Je le vois à l’intensité de son regard,
ses yeux couleur noisette devenus plus sombres me scrutent de la tête aux pieds.
Dois-je faire demi-tour ou tenter le diable ?
Mon cœur se met à battre plus fort dans ma poitrine à l’idée d’être seule avec lui
dans l’ombre. Il n’y a que lui et moi dans la maison, tout le monde est dehors.
Que dois-je faire ?
La tentation est à portée de main, juste là en haut de cet escalier.
Juste lui et moi !
J’avale ma salive difficilement, ma main tient la rampe fermement. Je sens mes
jambes me faire faux bon alors je me cramponne tant bien que mal. Je monte
marche par marche en regardant mes pieds afin d’éviter son regard si perçant. Je
sais, enfin je sens au fond de mon être que je marche sur un fil suspendu à
plusieurs mètres de hauteur et que lui est le vent qui peut me faire basculer dans
le vide. J’ai toujours marché sur ce fil sans jamais regarder en contrebas,
toujours droit devant moi sans aucun vent pour me faire chavirer. Mais un vent
chaud et nouveau vient se glisser sur ma peau. Je résiste tant bien que mal à
garder mon équilibre mais le vent redouble d’intensité chaque jour.
Grey ne bouge pas d’un millimètre lorsque je passe devant lui. Je sens juste son
parfum boisé flotter dans l’air. Il sent divinement bon, cette odeur va me hanter
jusqu’à la fin de mes jours !
Sans un mot il me laisse passer. Mon cœur tambourine dans ma poitrine à un
point ou je me demande si cela ne se voit pas à travers mon haut. Il me scrute
des pieds à la tête. Mon corps est devenu brûlant sous son regard, il m'envoûte
littéralement. Je n’avais jamais ressenti ça auparavant, une attirance aussi forte et
aussi dangereusement interdite pour un autre homme. Je marche droite comme
un I, droit devant moi avec un seul objectif lui échapper. Je retiens mon souffle
jusqu’à ce que je referme la porte de la salle de bain derrière moi. Un long soupir
de soulagement s'échappe. Je fais les cents pas dans cinq mètres carrés. Je crois
même que le plancher s’affaisse sous mes pieds tellement je piétine. J’ai chaud,
terriblement chaud, mon corps est en ébullition. Je me cramponne au lavabo et
me regarde dans le miroir. Je suis rouge écarlate. Est-ce dû au soleil ou à
Greyson ? Une bonne partie due à ce soleil de plomb je pense mais pour être
franche, j’ai plutôt le corps en ébullition à cause de cet homme ultra sexy et
dangereux qui me nargue dans le couloir.
Bon détend toi, respire. Il sera parti quand tu sortiras !
Lorsque je sors enfin après dix bonnes minutes à me passer de l’eau fraîche sur
le visage pour lui redonner une couleur plus naturelle et à tenter de reprendre le
contrôle sur moi-même, il n’y a plus personne sur le palier.
Ouf, Sauvée ! Je suis en partie soulagée d’avoir échappé à la tentation. J’avance
sur le palier en direction des escaliers pour redescendre, la moquette amortie mes
pas, quand tout à coup je sens une main ferme me retenir le poignet. Mon cœur
cesse de battre dans la seconde. Il fait sombre, je ne l’ai pas vu. C’est lui !
Aucun doute là-dessus, ça ne peut être que lui. Il a le parfum du péché et la main
du diable.
— Attends, il faut que je te parle Charlotte !
Je suis clouée au sol, pour je ne sais quelle raison mais mon corps ne m’obéit
plus et pourtant c’est le moment où je dois soit fuir à toutes jambes ou garder le
contrôle. Oh oui, je me dois de garder le contrôle. Je suis une femme mariée et
respectable.
Je ferme les yeux une fraction de seconde, prie tous les dieux de me venir en
aide. Qu’ils m’envoient une météorite, un tremblement de terre, je ne sais pas,
quelque chose pour me distraire de cet homme follement attirant.
J’inspire profondément puis je lui fais face.
— Que veux-tu Grey ?
— Toi. Me chuchote-t-il d’une voix de velours.
— Es-tu devenu fou ou quoi ?
— Je vois bien que tu n’es pas insensible à mon regard. Je te veux Charlotte par
n’importe quel moyen mais je t’aurais un jour ou l’autre !
— Arrête ! Ne joue pas à ça avec moi, s’il te plait ! Lui rétorqué-je sans aucune
conviction dans la voix. Ma raison me crie d’être plus ferme mais je n’y arrive
pas. Je ne suis pas crédible.
— Je ne joue pas, c’est plutôt à toi d’arrêter de refouler tes désirs. Regarde toi
Charlotte, tu fonds littéralement lorsque nos corps se frôlent, ta respiration
s’accélère lorsque mes yeux se pose sur toi. Je t’obsède …avoue le Charlotte !
Tu ne peux pas me résister, pas plus que je ne peux te résister.
— C’est faux ! Lui murmuré-je sur la défensive. Ma conscience hurle : je te
veux ! Si seulement je pouvais l’étrangler celle-là ! GRRRR !!!!
Grey passe ses mains de chaque côté de mon visage sans me quitter des yeux.
Non ne fait pas ça ! Je t’en supplie arrête ! Je suis comme ankylosée. Mon esprit
me crie de partir, de le repousser, de stopper ce qui est en train de se passer mais
je n’en fais rien, j’en suis incapable. Je ne dis pas un mot. Ses mains sont si
grandes et larges à la fois que j’ai la sensation qu’elle m’enveloppe. Je le regarde
dans les yeux magnétisée par la beauté de ses traits. La terre s’arrête de tourner.
Plus rien n’existe. Je suis prise au piège !
Juste lui et moi !
Il se rapproche encore plus près. Je suis à quelques millimètres de ses lèvres, de
son corps, celui sur lequel je fantasme depuis des jours, voir des semaines. Oh
mon dieu ! Comment résister ?
Je pose mes mains sur son torse nu, fébrile. J’ai une envie folle depuis que je
suis arrivée ce midi de toucher sa peau dorée au soleil, de sentir sous mes doigts
ses muscles contractés. Je sens son cœur battre sous ma paume. Il bat aussi vite
que le mien. Nos respirations se font plus intenses et nos souffles se mélangent
puis ses lèvres viennent à la rencontre des miennes. A ce contact si doux et si
tendre à la fois, je me sens au bord de l’évanouissement. Mon désir me consume
toute entière. Je vais finir en cendre. Nos langues jouent à se chercher, à se
frôler. C’est bon de le sentir, de le goûter enfin après tant de frustrations et de
retenu. Il grogne dans ma bouche.
— Charlotte ! Bordel !
Je sens son érection contre mon bas ventre. Il bande dure sous son short. Il me
parait énorme. Un grondement sourd lui échappe encore. Nos baisers se font plus
intenses, plus torrides. Je perds pied. Je ne contrôle plus rien. Il me mord la
lèvre. Je lui glisse les doigts dans les cheveux pris dans l’engrenage d’une
passion fulgurante. Je me laisse complètement aller contre lui, j’en oublie le
reste du monde.
Il me pousse, me fait reculer tout en continuant de me dévorer la bouche. Ses
mains se baladent sur mon corps, je suis à bout de souffle. J’ai la petite culotte
en feu. Appelez les pompiers ! Il me plaque contre une porte puis l’ouvre avec
fracas. Nous entrons dans une pièce obscure. Il la referme avec son pied puis
sans aucune douceur, il me jette sur le lit. Sa respiration est forte et rapide. Je
suis excitée comme jamais. Il me regarde intensément l’air sauvage marqué sur
le visage. Il se rapproche et me recouvre de tout son corps pour m’embrasser de
nouveau. Seules nos respirations se font entendre. Il passe ses mains sous ma
jupe et me caresse les cuisses. Je n’en peux plus, je suis en train de devenir folle
et je fais n’importe quoi. Il me mange littéralement la bouche, le cou et les
épaules. Il me goûte, il me sent. Il m’attrape les poignets d’une main et me les
placent au-dessus de la tête, les tenant fermement. De l’autre, il remonte ma robe
le plus haut possible sans ménagement. Il me tient solidement en place. J’ai le
sentiment qu’il ne veut pas que je m’en aille, que je lui échappe. Il prend le
contrôle de mon corps, je lui laisse les commandes car de toute évidence, j’ai
perdu la raison. Mais ce n’est pas lui qui va me remettre sur le droit chemin.
Tout va si vite que je n’ai pas le temps de penser à quoi que ce soit si ce n’est
mon envie de me faire prendre. Je me cambre contre son sexe pour l’inciter à
continuer. Je ne me reconnais pas. Nous n’avons pas toute la nuit et j’ai
tellement envie d’assouvir ce fantasme avec lui que je le supplie. Ces mots
sortent de ma bouche sans que je le veuille vraiment.
— Prends moi Greyson !
— C’est bien ce que je compte faire.
Il glisse ses doigts sous l’élastique de ma culotte et l’enlève avec agilité.
J’écarte les cuisses, enroule mes jambes autour de ses hanches pendant qu’il me
mordille un de mes tétons à travers mon soutien-gorge en dentelle. Je suis au
bord du gouffre, je renverse la tête en arrière. J’inspire profondément et me mord
la lèvre inférieure pour ne pas crier.
— Retournes toi ! M’ordonne-t-il d’une voix grave.
Je m’exécute sans attendre, mon excitation est à son maximum. J’aime être prise
de cette façon. J’aime être dominée.
Je me retourne et lui offre mes fesses. Un grondement sourd lui échappe. J’ai le
sexe trempé prêt à l’accueillir. J’enfouis mon visage dans le matelas et cambre
les hanches pour lui donner un meilleur angle. Il caresse la croupe de mes reins,
l’arrondi de mes fesses en chuchotant mon nom.
— Charlotte …Je vais te baiser comme jamais !
Ses mots entrent en moi et font exploser mes hormones. J’entends la fermeture
éclair de son short, un frisson me parcourt l’échine quand soudain, un bruit se
fait entendre à l’étage et me fait sursauter. Il fait noir dans la chambre, mais
quelqu’un pourrait nous surprendre.
Sans un bruit, sans bouger, le cœur battant la chamade, nous attendons que le
bruit s’estompe. Je suis tétanisée. Imaginez si Brady ouvre la porte ? Nous la
regardons en silence figés. Grey a toujours les mains sur mes hanches, il me
maintient. Légèrement essoufflés par le feu de l’action, nous restons là sans oser
faire le moindre mouvement.
Prise de panique, je le pousse légèrement et me retourne sur le lit. Je redescends
ma robe en vitesse et cherche ma culotte à tâtons. J’abandonne, il fait noir et je
n’arrive pas à mettre la main dessus.
On se regarde longuement sans dire un mot puis je ferme les yeux confuse et
honteuse à la fois. Je laisse mon front reposer sur son ventre dans un soupir.
Grey m’effleure la joue, me serre délicatement dans ses bras avant de me donner
un baiser sur les cheveux.
Nous restons là un instant, blottis l’un contre l’autre le temps de reprendre nos
esprits complètement perdus.
— Mais qu’est-ce qu’on fait ? Je marmonne.
— Chut …
— Je suis désolée, je n’aurais pas dû ! Enfin ……nous n’aurions pas dû faire ça
Grey. Je réplique tout bas en essayant de capter son regard dans l’obscurité.
Je me détache de ses bras, le contact de mes mains sur sa peau se rompt. Je suis
complètement déboussolée. J’ai envie de fuir loin de lui tout à coup. D’oublier
tout ce qui vient de se passer.
Je me répète en boucle : Pourquoi ai-je fais ça ? Pourquoi ? Pourquoi ....
— Ne dis pas ça Charlotte. Je t’en prie, nous n’avons rien fait de mal. Nous
avons juste ………il cherche ses mots. On s'est juste embrassés, rien de plus !
Personne n’en saura rien ne t’inquiète pas !
— Encore heureux ! Ma vie serait fichue, je perdrais tout ! La colère s’immisce
dans mes veines comme de la lave. La réalité me frappe quand je retrouve mes
esprits. Je viens d’embrasser Greyson, de trahir Brady, de lui être infidèle. Mon
dieu, quelle horreur !
— ça ne se reproduira pas ! C’est clair ? J’ai une vie de famille et j’aime Brady
par-dessus tout. Tu m’entends Grey ? C’était une erreur, une très grosse erreur !
Tout est de ta faute !
Il ne bouge pas, il me regarde étonner. Ma réaction le surprend
Si lui ça ne le dérange pas de trahir son frère, moi ça me dérange ! Je sais que
c’est un connard fini, qu’il ne peut pas s’empêcher de faire chier son monde
mais tout de même !
Je le pousse violemment pour qu’il me laisse me relever.
— Ne t’en va pas Charlotte, je t’en prie reste un instant. Calme-toi !
Je ne l’écoute plus, je suis en colère contre lui, contre moi contre toute cette
histoire tordue. Je le laisse en plan, je sors de la chambre en trombe, peu importe
s’il y a quelqu’un sur le palier, j’ai besoin de prendre l’air et de partir au plus vite
de cette maison.
Je suis toute déboussolée. Je vais directement réveiller Brady sans réfléchir. Je
ne peux pas rester ici une minute de plus. C’est au-dessus de mes forces.
J’invente une insolation pour pouvoir partir. Je m’accroupis près de Brady et lui
chuchote gentiment à l’oreille la voix vacillante :
— Chéri réveille-toi s’il te plaît, je ne me sens pas bien, on peut rentrer ?
Il sort péniblement de sa sieste. Il s’étire et me regarde avec ses yeux encore tout
endormis. Il me caresse le visage du revers de sa main doucement. Je suis à deux
doigts de me mettre à pleurer.
— Tu as la peau toute chaude ! On y va ne t’inquiète pas, je vais conduire tu
pourras te reposer en route, va chercher tes affaires !
— Merci, on se rejoint devant la voiture ! Je le préviens.
— Vas-y, je te rejoins.
Je rassemble nos affaires vite fait et pars à la voiture sans calculer personne.
J’attends Brady dans la voiture, une boule se forme au milieu de ma gorge, j’ai
envie de pleurer, de hurler. Je suis en colère. Je viens de tromper mon mari, dans
sa maison avec son frère, mais quelle salope je fais ! Il faut vraiment être une
garce pour faire une chose pareille ! énervée je frappe mes cuisses avec mes
poings de toutes mes forces pour tenter d’évacuer tout mon dégoût avant que
Brady n’arrive. J’espère juste qu’il ne va pas remarquer mon malaise.
Je l’aperçois au loin dans l’allée, il marche d’un pas rapide. Je prends une longue
inspiration mais ma gorge est tellement serrée qu’elle me fait mal.
Une fois dans l’habitacle, il se penche vers moi mais je ne peux pas, c’est au-
dessus de mes forces. Je tourne la tête vers la vitre. Je ne voudrais pas qu’il sente
l’odeur de son frère sur ma peau. Il me dépose malgré tout un baiser sur les
cheveux et me replace une mèche de cheveux délicatement derrière l’oreille. Je
serre les dents pour ne pas craquer, je ne peux pas lui dire, impossible de tout
avouer j’en mourrais si je le perdais.
— On rentre mon cœur, repose-toi un peu, on en a pas pour longtemps !
— Ok.
Il démarre la voiture puis prend la direction de la maison. Un silence de plomb
s’installe ce qui me rend encore plus nerveuse car mon cerveau rumine. C’est
l’horreur ! Je me repasse en boucle cet instant ou Grey m’a embrassé comme un
fou. J’ai le sentiment d’avoir été marqué au fer rouge par ce mec. Mais ça me
déchire le cœur de ressentir cela. Je ne dois pas avoir ce sentiment pour lui.
Chapitre 5

D epuis ce jour, je suis d’une humeur massacrante. Comment ai-je pu


trahir l’homme qui partage ma vie depuis de si longues années,
l’homme qui est fou amoureux de moi à en crever ? J’ai ce goût amer
dans la bouche en permanence. Je me dégoûte ! À la maison l’ambiance est
plutôt froide, je n’arrive plus à regarder Brady dans les yeux et encore moins
qu’il me touche. Je prétexte que je suis fatiguée, que j’ai mal à la tête ou que je
suis indisposée, ce genre de choses. Brady est de nature plutôt patient mais là je
me comporte comme une égoïste. Je préfère l’esquiver plutôt que de l’affronter
le temps que ça passe. Le seul problème c’est que ça ne veut pas me lâcher, plus
les jours passent plus j’ai envie de le revoir, envie qu’il me touche encore et
encore. Je n’arrive pas à me le sortir de la tête. J’ai goûté à ses lèvres et
maintenant que je suis marquée, je sais que je ne pourrais pas m’en défaire.
Mon mariage est en péril à cause de moi. Brady se pose mille questions et je
n’ai aucune réponse à lui donner. On se dispute souvent, ce qui ne nous
ressemble absolument pas. Durant toutes ces années de mariage les discordes ont
été occasionnelles et on se réconciliaient en générale dans la journée, cela ne
durait pas bien longtemps. Brady fait toujours en sorte pour que l’on se retrouve
seuls à un moment donné de la journée lorsque nos agendas nous le permettent,
soit dans mon bureau ou dans le sien, dans la salle de réunion ou dans le parking
souterrain. Il arrive toujours à me faire craquer. Parfois, il s'avance avec son
sourire de playboy, ses dents blanches superbement bien alignées, son regard
sombre qu’il ne réserve qu'à moi et me chuchote :
— Viens par ici ! Je fonds littéralement pour lui. J’en ai des papillons dans le
ventre qui se déploient dans ma culotte lorsque nos corps se touchent. Il finit la
plupart du temps les doigts enfoncés dans ma chair trempée. Il me fait perdre la
tête en titillant mon clitoris de son pouce tout en faisant des cercles et en
s’enfoncent profondément en moi. Il me ruine mon rouge à lèvres jusqu’à ce que
je perde pieds entre ses doigts experts. Alors pourquoi ? Que m’arrive-t-il ? Je
sais bien que les années ont passé et que la fougue des débuts s’est estompée
mais de là à le tromper ? La routine a pris place entre nous deux mais mon
amour pour lui est toujours intact, je le ressens au fond de moi. Nos emplois du
temps nous empêchent d’être disponible comme avant, je le sais mais cela
n’excuse pas mon acte. Je me sens seule et Grey est venu combler ce vide. J’ai
vraiment du mal à mettre de l’ordre dans mes sentiments pour lui. Je me sens
vivante en sa présence, chose qui n’arrive plus beaucoup avec Brady.
Les coudes sur mon bureau, la tête dans les mains je réfléchis à ce que je
pourrais bien faire pour arranger les choses. Il faut que je l’oublie et que je me
concentre sur Brady. Ça fait des jours que l’on ne se parle quasiment plus et je
vois bien que ça commence à lui taper sur le système.
Et si tout simplement, je lui préparais un petit dîner en amoureux à la maison. Je
ferais garder les filles chez leur tante pour le week-end et nous aurons tout le
temps de discuter tranquillement autour d’un bon repas et un bon verre de vin !
Il faut absolument que j’arrange les choses, que je sauve notre mariage !
Je saisis le téléphone portable et tape le numéro de Brady. J’attends qu’il
décroche. Au bout de quelques sonneries il me répond.
— Oui ! Qu’est-ce qu’il y a ? Me demande-t-il d’un ton neutre.
— Je ne te dérange pas ?
— Non je suis au bureau, j’attends un client, pourquoi ?
— Heu…je voulais te proposer quelque chose ? Je lui propose incertaine.
— Je t’écoute.
— Et bien je voulais faire garder les filles ce week-end et je pourrais te préparer
ton plat préféré ?
Un silence se fait entendre puis au bout de quelques secondes qui me paraissent
une éternité j’entends un long soupir. Je suis nerveuse à l’idée qu’il refuse mon
invitation à la réconciliation. Je ne pourrais pas lui en vouloir car j’ai vraiment
été odieuse avec lui ces derniers jours.
— Et bien il va te falloir bien plus qu’un dîner pour te faire pardonner de ta
mauvaise humeur jeune fille ! Me dit-il avec un petit rire léger.
Il a accepté ma proposition, youpiii !! Je suis soulagée, je sautille comme une
idiote sur mon siège en silence puis je reprends mon air de femme fatale au
téléphone.
— Je serais à tes ordres pour tout le week-end si tu le désires !
— Humm voilà qui est mieux, il va falloir que tu sois gentille avec moi, que tu te
plies à mes moindres désirs ! Me suggère-t-il d’une voix lourde et chargée de
suppositions.
—Tes désirs seront ma priorité chéri !
— Je me languis d’avance princesse, vivement vendredi et prépare-toi à avoir
mal aux fesses !
— Elles seront toutes à toi pour vingt-quatre heures !
Il grogne dans sa barbe. Il ne m’a pas touchée depuis plusieurs jours, le week-
end s’annonce prometteur. Il va enfin pouvoir me faire l’amour ……enfin …
avec quelques petites punitions pour mon mauvais comportement !
— Bonne journée princesse je t’aime tu sais ?
J’ai un pincement au cœur terriblement douloureux, mes yeux se ferment
instinctivement en signe de pardon silencieux.
— Je le sais, personne ne m’aime autant que toi sur cette terre ! Je remercie le
ciel de m’avoir mise sur ton chemin ce soir-là. Je t’aime aussi ! Lui répondis-je
le cœur lourd.
— À ce soir ma princesse !
Je raccroche, le cœur un peu plus léger.
Je suis plus ou moins satisfaite, c’est facile de jouer la comédie au téléphone
mais cela sera différent lorsque je vais me retrouver face à lui. J’ai un mal fou à
cacher mes émotions, il lit en moi comme dans un livre ouvert. Pour l’heure, je
tiens vraiment à ressoudre mon mariage alors peu importe je vais me donner à
fond ce week-end.
On frappe à la porte de mon bureau. Clara entre la tête baissée.
— Excusez-moi Charlotte je peux vous parler s’il vous plait !
Surprise, sans un mot je lui montre le fauteuil en face de mon bureau pour
qu’elle y prenne place, vu sa tête ça doit être très important !
— Je vous écoute Clara, qu’y a-t-il ? Je lui demande les sourcils froncés.
Cela ne lui ressemble pas de venir comme ça m’interrompre dans mon bureau.
Clara est une secrétaire parfaite, qui ne s’impose jamais à moins que je lui
demande son avis. Elle fait son travail à la perfection sans déborder dans ses
fonctions, toujours à l’écoute et prête à faire des heures supplémentaires s'il le
faut.
Elle porte ses ravissantes petites lunettes noires qui lui donnent un air studieux,
toujours souriante et aimable avec les personnes qui se présentent à elle à
l’accueil, je ne pouvais pas rêver mieux.
— Voilà ! je ……enfin Jones mon petit ami m’a fait sa demande en mariage hier
soir. Commence-t-elle un peu gêné, les joues rose.
— Mes félicitations Clara ! Je suis ravi pour vous ! Mais je ne comprends pas
qui a-t-il de si grave ?
— Et bien ……j’ai refusé ! Me rétorque-t-elle les yeux baissés. Elle se tortille
les doigts, mal à l’aise comme une enfant.
— Oh !!!
— Je me permets de vous en parler car je n’ai personne ici, ma famille n’était
pas d’accord pour que je m’installe avec lui, ils ne l’ont jamais apprécié. Et je ne
les ai pas écoutés, je suis partie du jour au lendemain. J’étais folle amoureuse de
lui et je voulais vivre avec lui quitte à perdre ma famille. Et depuis ils ont coupé
les ponts avec moi. Je n’ai rien dans ma vie mise à part mon travail et Jones.
Mais depuis peu, entre nous ça ne va plus très bien. Je suis un peu perdue depuis
hier soir, je n’ai pas dormi de la nuit !
— Je comprends Clara vous avez bien fait de venir me voir.
— Mais je ne veux pas vous déranger !
— Allons le mariage ça nous connait, allez venez on va prendre une pause pour
en discuter toutes les deux.
Je me lève de mon bureau pour la prendre par le bras et l’emmène dans la salle
de pauses au bout du couloir. La tristesse se lit sur son visage. Je n’ai pas le cœur
de la laisser comme ça avec tous ses doutes et ses questions.
Je m’empare d’une tasse de café que je remplis puis la lui tend. Son petit air de
chien battu me fend le cœur. Je me sers ensuite un café. Je souffle dessus avant
d’engager la conversation.
— Bon alors racontez moi, pourquoi avez-vous refusé sa demande ?
— Et bien je vais être franche avec vous, je crois que j’aime un autre homme !
M’avoue- t- elle de but en blanc les yeux remplis de honte. La phrase reste en
suspens un moment dans l’air. Je ne sais pas trop quoi lui dire.
Je reste un instant à réfléchir sur le sujet, je ne peux que la comprendre mais je
ne peux pas être aussi franche qu’elle. Je bois une gorgée de mon breuvage puis
brise le silence.
— Tu as bien fait de refuser Clara, si tu n’es pas sûr de tes sentiments pour Jones
alors tu as pris la bonne décision. Lui dis- je gentiment entre deux gorgées.
Les relations amoureuses sont parfois difficiles, ce n’est jamais tout rose mais le
jour où tu trouveras le bon, ton prince charmant, tu le serras, tu le ressentiras au
plus profond de ta chair.
Et cet homme, l’autre, il t’aime aussi ? Je lui demande un peu gêner.
— Et bien …je crois que oui ! Me fait elle la bouche pincée pas très sûre d’elle
—Bon écoute à mon avis tu as fait le bon choix de refuser, Jones s’en remettra
ne t’inquiète pas, maintenant tu dois parler et voir avec ton homme mystérieux
s’il est amoureux lui aussi ! Tu ne peux pas épouser Jones si tu penses ressentir
des sentiments pour un autre. Tu dois faire le ménage dans ton cœur.
— Merci de m’avoir écoutée dit-elle avec un léger sourire caché derrière sa tasse
de café. Ça m’a fait du bien de me confier à quelqu’un.
— On forme une équipe, il faut s’épauler c’est la clé de la réussite ! Allez
retournons au travail, on a des mariées à satisfaire mademoiselle Clara. Lui dis-
je en passant devant elle pour rejoindre mon bureau.
Une fois assise dans mon fauteuil, je repense à ce que Clara vient de me confier.
Elle en aime un autre et Grey apparaît dans ma tête. Est-ce que je suis dans la
même situation que Clara ? NON !!! J’aime Brady un point c’est tout !!
Et pourtant il revient sans cesse dans mon esprit. C’est comme une obsession, je
me bats contre mes sentiments tiraillés entre Brady l’homme que j’aime
sincèrement du fond du cœur et Grey le fruit de mes fantasmes.
On est jeudi, il ne reste plus que deux jours pour que j’oublie entièrement Grey
avant ce fameux week-end de réconciliation.
Chapitre 6

A ssise dans un fauteuil beige en cuir, capitonné, je regarde défiler


madame Ross qui essaie toute sorte de robes de mariées, style
meringue, coupe sirène, elle les a toutes essayées.
Quelle plaie ! Elle va en choisir une, oui ou merde ?
Gardant toujours le sourire, je tente de l’aider à faire son choix mais vous
connaissez les femmes, il leurs faut toujours une plombe pour qu’elles se
décident.
— Celle-ci vous va à merveille ! La complimenté-je dans un espoir qu’elle se
décide enfin.
— C’est vrai vous trouvez ?
— Sincèrement elle met vos courbes en valeur et la dentelle est raffinée, juste ce
qu’il vous faut ! Croyez-moi mademoiselle Ross !
Il faut qu’elle en prenne une. Je n’en peux plus. Au bout de trois heures
d’essayage, je suis au bord de l’agonie intérieurement.
Elle se regarde encore pendant de longues minutes puis par miracle, elle s’écrit
enfin :
— OK je la prends ! Elle me plait aussi !
Alléluia !!! J’ai un soupir de soulagement dissimulé derrière mon carnet, mon
cauchemar prend fin.
— Super je suis ravie pour vous, je vous attends au comptoir le temps que vous
vous rhabillez et ensuite je retourne au bureau pour envoyer le mail de
confirmation pour votre faire part !
— D’accord me dit-elle tout excitée.
Fort heureusement, il y avait la climatisation dans la boutique sinon je serais
complètement dégoulinante de sueur et j’ai horreur de ça. J’attends encore vingt
bonnes minutes que mademoiselle se refasse une beauté et daigne me rejoindre.
— Bon, pour moi c’est parfait la vendeuse va refaire vos retouches et vous
n’aurez plus qu’un dernier essayage avant le grand jour !
— Oh oui j’ai hâte !! Me dit-elle toute souriante en tapant des mains.
— Merci pour votre aide Charlotte !
— C’est normal, je fais mon travail vous pouvez me faire confiance votre futur
mari va en être bouche bée !
— On se revoit jeudi prochain à quinze heures à mon bureau ?
— Oui c’est noté merci encore !
— Au revoir madame Ross. Je lui tends une poignée de main accompagnée de
mon plus beau sourire.
— A bientôt Charlotte !
Je suis enfin libérée. Merci mon dieu ! J’ai cru qu’elle n’allait pas trouver son
bonheur puff !! Bon maintenant, je file au bureau, mange un morceau et je repars
ensuite chez l’imprimeur. Je marche à grande enjambées enfin ce que mes talons
aiguilles peuvent me le permettre en direction de la voiture.
Une fois arrivée au bureau, je fais un signe de la main à Clara.
— Bonjour Clara comment vous sentez vous ce matin ?
— Bien merci et vous, comment c’est passé le rendez-vous avec madame Ross ?
— Hou ! Ne m’en parlez pas, j’ai cru mourir. Je lève les yeux au ciel.
Elle éclate de rire de bon cœur, ce qui me fait sourire aussi.
— Pouvez-vous me faire livrer un sandwich et une boisson s’il vous plait ? Je
meurs de faim.
— Oui bien sûr, tout de suite comme d’habitude au poulet, crudités et une eau
pétillante ?
— Oui parfait ! Merci Clara.
— À votre service madame !
Elle est vraiment extra comme secrétaire, gentille, simple et drôle,
Comme moi finalement !
Je referme la porte derrière moi afin de pouvoir passer quelques coups de fil
importants avant l’heure du déjeuner.
On frappe à la porte. Tiens le déjeuner et déjà livré ? Quelle rapidité !
Clara ouvre la porte avec difficultés, elle tient un énorme bouquet de roses
rouges dans les mains !
— Waouh ! C’est pour moi ? Je lui demande surprise.
— Oui, elles viennent d’être livrées pour vous, il y a un message.
— Posez les sur le bureau s’il vous plait, ça doit être Brady, il est vraiment
adorable, Je me lève, prends la carte du bouquet puis le cœur battant d’amour
pour lui je m’installe confortablement dans mon siège pour ouvrir la carte, Clara
reste devant mon bureau faisant mine de remettre les fleurs en place
Petite curieuse !!
J’ai le sourire jusqu’aux oreilles, décidément j’ai de la chance d’avoir un homme
comme lui. Les roses sont magnifiques, d’un rouge vif et elles sentent
divinement bon.
Je sors la petite carte de son enveloppe puis lis le message, fort heureusement je
suis assise dans mon fauteuil car tout mon sang me quitte, mon cœur bat dans
mes oreilles, je n’en crois pas mes yeux. Je dois lire deux fois la phrase pour en
être certaine.
Le goût de tes lèvres me hante « G »
— Ça va madame ? Vous ne vous sentez pas bien ? Vous êtes toute pâle.
— Je …je …
— Je vais vous chercher un verre d’eau ! S’exclame Clara affolée.
Je n’arrive pas à croire qu’il a osé m’envoyer des fleurs au bureau. Mais à quoi
joue-t-il nom de dieu ! Prise de colère, j’écrase la carte en boule dans ma main
puis le jette dans la poubelle. Clara revient un verre d’eau à la main
— Tenez buvez ça ! Elle me tend le verre puis les mains tremblantes, je bois
d’une traite le contenu. J’ai terriblement chaud et mon visage est en feu.
— Merci Clara. Bafouillé-je. Je ne sais pas ce qui m’a pris, un malaise peut-être
? Ça va mieux ne vous inquiétez pas, maintenant excusez-moi, je dois passer
quelques coups de fil importants. Je la rassure d’un faible sourire.
Clara acquiesce malgré tout un peu soucieuse de mon état.
Une fois la porte claquée, je me décompose de nouveau, des larmes de colère me
montent aux yeux, je me cache le visage entre les mains pour ne plus voir ce
fichu bouquet pourtant si magnifique.
Bon sang !!
Je lui ai pourtant dit que ça ne devait pas se savoir et que cela ne se reproduirait
pas. Pourquoi m’a-t-il envoyé ces fleurs ? Il est devenu fou ma parole !!!Et si
Brady débarquait à mon bureau ? Qu’est-ce que je lui dirais ?
Paniquée et furieuse, je m’empare du bouquet puis pars à toute vitesse le mettre
dans une poubelle qui se situe au bout du couloir dans le local ménager. Clara
me suit du regard surprise et interloquée par mon geste, elle ne doit pas
comprendre.

Lorsqu’elle croise mon regard, elle baisse immédiatement les yeux vers son
clavier, je lance des éclairs ! Vaut mieux ne pas se frotter à moi pour la journée !
Je fais les cent pas dans mon bureau, je me masse les tempes pour tenter de
dissiper une migraine naissante, mille questions s’entrechoquent dans ma tête.
Quoi faire ? Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il veut ? Dois-je ignorer son petit jeu
malsain ?
J’ai déjà tellement de mal à oublier ce qui s’est passé, à l’oublier. Il va vraiment
me rendre folle !! Je peste seule les poings serrés par la colère.
On frappe de nouveau à la porte, je sursaute bien trop occuper dans mes pensées.
— Oui ! Je m’écris.
Clara pointe doucement le bout de son nez puis m’annonce tout bas :
— Votre déjeuner !
Elle tend le bras sans oser pénétrer.
— Ah oui merci Clara, entrez s’il vous plaît ! Lui demandé- je plus calmement,
posez-le là et écoutez-moi !
Il faut que je trouve une explication rationnelle à mon geste car elle m’a vue
jeter le bouquet. Au cas où Brady viendrait me rendre visite et qu’elle ai la
langue un peu trop pendue, je dois prendre les devants !
— Je vous dois des explications pour tout à l’heure !
— Heu…. Mais non vous faites ce que vous voulez de vos affaires cela ne me
regarde absolument pas ! S’exclame-t-elle gênée.
— Écoutez, je pensais qu’elles venaient de Brady mais non !
Allez vite, vite un prétexte par pitié!!!
Un inconnu me harcèle depuis quelques temps.
Super …. Comme idée, nous voilà embarquer dans un polar !
— Oh ! Dit-elle étonnée.
— Par contre personne n’est au courant, même pas mon mari. Je compte sur
vous pour garder le secret, c’est bien clair ? un seul de mes regards suffit ! Brady
deviendrait fou s’il savait et je ne veux pas qu’il s’inquiète, c’est juste un
imbécile qui s’amuse, rien de plus !
— Mais …vous êtes sûr ? Il faudrait peut-être en avertir la police non ?
— Non !! Surtout pas Clara. Je vois bien dans ses yeux qu’elle panique, j’y suis
allée un peu fort avec cette histoire d’harceleur, quelle idiote !! Mais bon
maintenant je n’ai plus le choix j’assume !
Je gère la situation, pas de panique, ce n’est pas grand-chose quelques fleurs par
ci par là. On ne va pas en faire tout un plat !
— D’accord comme vous voudrez, je tiendrais le secret, c’est promis ! Mais s’il
vous arrive quelque chose je dirais tout à la police ! M’avertit -t- elle sèchement.
— Bien évidemment Clara, seulement en cas d’urgence !
De toute évidence, il ne m’arrivera rien donc, il me reste plus cas prier pour
qu’elle garde le secret.
L’incident plus ou moins réglé, je dois maintenant me charger de Grey, mais
comment ? Ignorer ses avances ou lui dire d’aller se faire foutre ? De tout
évidence il n’a pas compris ce que je lui ai dit. Je prends mon téléphone dans le
tiroir de mon bureau puis tape :
[VA TE FAIRE FOUTRE]
Je ne quitte pas mon écran des yeux, stresser j’attends une réponse, de longues
minutes s’écoulent lorsqu’enfin j’entends un bip qui me signale un message.
[Tu n’aimes pas le rouge ?]
Mais il se fout de moi en plus !! Je suis à bout de nerfs, il joue avec moi comme
avec une marionnette et ça, ça ne me plait pas du tout. Les mains tremblent par
la colère je tape un second message.
[Je n’aime rien venant de toi ! Arrête ce petit jeu tout de suite ! Nous n’aurions
pas dû aller si loin.]
[Pourtant ce n’est pas ce que j’ai ressenti la dernière fois que nos lèvres se sont
touchées.]
Nom de dieu ! Bon ok, je me suis laissée aller. Je n’aurais jamais dû. C’était une
grossière erreur. On en fait tous non ?
A ce souvenir, je ferme les yeux un instant. Je sens encore son goût sur mes
lèvres. La tension qu’il y a eu entre nous ce soir-là, cela voulait forcément dire
quelque chose ? OUI ! …que tu rêves qu’il te baise, BÉCASSE !!
Je secoue la tête énergiquement pour effacer mes pensées.
Comment vais-je faire pour qu’il cesse ce manège avec moi ?
[Arrêtes Greyson ! Qu’est-ce que tu veux à la fin ?]
[TOI !] Finit-il enfin par m’avouer.
[Il en est hors de questions ! Maintenant STOP ! Lâche-moi !]
[Jamais ! Je te veux et je t’aurais !]
Sur ces mots, je sens un frisson me parcourir l’échine. Mon corps répond pour
moi, mais la raison me crie tout le contraire. Ce sentiment de possessivité
m’excite malgré moi. Il est devenu fou, c’est impossible. Fatiguée de lutter, je ne
renvoie pas de réponse. Je lui ai dit ce qu’il en était. Je verrais bien par la suite
l’évolution ou non de cette histoire, si toutefois il est question d’une histoire.
Malgré tout je ressens le besoin d’aller lui dire en face que je ne veux plus le
voir et qu’il arrête son petit jeu.
Mon portable sonne de nouveau, je pense sur le coup que c’est encore lui mais je
m’aperçois que c’est Brady. Je décroche le cœur battant.
— Chéri ! Comment tu vas ? Tenté-je de dissimuler ma gêne à l’autre bout de la
file.
— Bien et toi ma princesse ? M'interroge-t-il d’une voix plutôt enjouée.
— Je suis en train de déjeuner à mon bureau, je n’ai pas une minute à moi
aujourd’hui et toi que fais-tu ?
— Et bien, je viens de finir de déjeuner avec Greyson. Nous sommes allés
manger dans une petite brasserie dans le coin.
Mon cœur fait un bon de trois mètres en entendant son nom. Je n’arrive même
plus à parler. Heureusement Brady continue son monologue.
Égal à lui-même tu sais, toujours aussi arrogant. Il n’a pas arrêté de draguer la
serveuse, je te jure il me tue. Il ne grandira jamais mais il était tout de même
étrange.
— Pourquoi ? M’empressé-je de lui demander nerveuse.
— Il m’a demandé plusieurs fois si tu allais mieux, si on avait passé une bonne
journée. C’est bizarre de sa part, tu ne trouves pas ?
La panique me gagne, je ne sais pas quoi lui répondre.
Tu es toujours là princesse ?
— Oui, oui chéri, et bien je ne sais pas quoi te répondre, il mûrit peut-être ? Il
s’inquiète pour nous, voilà tout ! Que lui as-tu répondu ?
— Ce n’est absolument pas son genre de s’inquiéter. Je lui ai dit que tu avais dû
attraper une insolation mais que tout était rentré dans l’ordre. Je ne me suis pas
attardé là-dessus. Vers quelle heure comptes-tu rentrer ?
— J’ai encore quelques rendez-vous, je t’appelle quand je pars du bureau si tu
veux ?
— D'accord princesse à ce soir, fais attention à toi. Je t’aime.
— À ce soir chéri.
Je raccroche encore abasourdie par ce que je viens d’entendre. Il a déjeuné avec
Brady tout en m’envoyant des messages personnels sous son nez ? Comment
fait-il ça ? Je décide de me rendre chez lui directement.
Une fois les bureaux fermés, je monte dans ma voiture puis file en direction de
chez Greyson. Je ne sais pas ce qui me prend de faire ça, mais il a été trop loin. Il
joue avec mes sentiments et je ne veux pas lui laisser l’opportunité de mener la
partie. Je me gare devant son immeuble, descends de la voiture, rajuste ma tenue
et entre dans le hall. Je ne suis plus très sûr de ce que je fais. Qu’est-ce que je
vais lui dire au final ? J’ai le cœur qui bat tellement fort que ça me fait mal. Une
partie de moi me traite de folle d’être ici car elle sait que je ne me contrôle pas
quand je suis en sa présence et c’est très risqué puis l’autre est tellement en
colère part son geste et son arrogance qu’elle veut lui dire ses quatre vérités en
face. Je ne suis pas certaine du résultat mais je me décide à prendre l’ascenseur
quand même. J’appuie sur le bouton du septième étages et j’inspire
profondément plusieurs fois pour dissiper mon angoisse. Les portes s’ouvrent, je
m’avance dans le couloir nerveuse. Mes talons sont amortis par la moquette
beige. Je n’entends que ma respiration plus rapide que tout à l’heure.
La porte d’entrée est entrouverte, c’est étrange. Je me demande s’il n’y a pas eu
un cambriolage ou a-t-il peut-être tout simplement mal refermé la porte ? Je me
décide de jeter un œil à l’intérieur. Je ne vois rien d’anormal, j’entends même de
la musique. Je toque doucement mais personne ne répond alors j’entre sur la
pointe des pieds comme si j’allais voler quelque chose et que je ne devais pas me
faire surprendre. Cela m’amuse finalement. Je joue les espions.
Je traverse le couloir de l’entrée. Je fais attention à ne pas faire claquer mes
talons sur le marbre. Je regarde un peu partout à la recherche de je ne sais quoi.
Qui sait, je pourrais trouver des choses compromettantes et je le ferais chanter ou
en tirer profit pour ne plus qu’il m’embête ?
J’arrive au bout du couloir qui donne sur le salon, la musique devient plus forte
en allant que je me rapproche quand mon sang se glace. Je ne peux plus bouger.
J’ai la bouche ouverte horrifié par ce que je vois. Je ne comprends pas pourquoi
mais j’ai mal. Affreusement mal dans la poitrine. Ça ne devrait pas me faire ça,
je ne devrais pas ressentir ça !
Mes yeux se remplissent de larmes sans que je m’en rende compte et pour ne pas
qu’il m’entende je plaque mes mains sur ma bouche. Je veux partir sur le champ,
je veux fuir mais je n’y arrive pas. Mes yeux les fixent et mes jambes sont sur le
point de me lâcher. Je me tiens au mur, cachée dans le coin de la porte du salon.
Je ne sais pas pourquoi je m’inflige une telle scène. Pourquoi je reste planter là à
les regarder baiser comme des bêtes au beau milieu du salon.
Cette pétasse est à quatre pattes entièrement nue en train de se faire prendre le
cul par ce mec. Il est derrière elle, le pantalon sur les chevilles entrain de la
maintenir bien en place pendant qu’il la pénètre comme un fou. Il est en sueur, sa
peau brille à chaque va et vient dessinant le moindre de ses muscles et fait vivre
ses tatouages. Je les entends gémir, j’entends cette salope l’inciter à aller plus
vite. Je me mords la lèvre pour ne pas leur crier d’arrêter. Pourquoi ça me fait si
mal qu’il baisse une nana ? Je ne suis rien pour lui et il n’est rien pour moi. Il n’a
pas de compte à me rendre, il peut baiser avec toutes les filles de la terre si ça lui
chante mais mon cœur ne l’entend pas de cette manière. Je n’aurais jamais dû
venir !
C’en est trop pour moi quand j’entends cette petite salope prendre son pied. J’ai
le sentiment que l’on vient de m’arracher le cœur. Je me retourne
précipitamment oubliant que je ne devrais pas être là, je bouscule la console
juste derrière moi. Je me tétanise, peur d’être découverte, je tourne la tête dans
leur direction quand mes yeux remplis de larmes croisent son regard. Il a tout
d’abord l’air surpris puis son expression change. La panique se lit dans ses yeux,
il entrouvre la bouche comme pour dire quelque chose mais rien ne sort. Il a l’air
confus et perdu tout comme moi. Je pars en courant en direction de l’ascenseur,
je ne veux plus jamais le revoir. Je cours puis j’appuis sur le bouton de
l’ascenseur plusieurs fois comme si cela aller le faire venir plus vite. Je prie à
voix basse pour que les portes s’ouvrent. Je l’entends m’appeler de son
appartement.
— Charlotte ! Charlotte attend !
Les portes s’ouvrent enfin, je regarde derrière moi par-dessus mon épaule, je le
vois torse nu, vêtu que de son jeans en train de me courir après mais je ne veux
pas qu’il me rattrape. Je me précipite à l'intérieur le souffle court, les yeux
remplis de larmes. Les portes se referment doucement quand sa main stop la
fermeture des portes. Je me colle contre les parois du fond en me tenant à la
rampe.
— Charlotte attend ! S’il te plait ! Me supplie-t-il essoufflé.
— Tu ne me dois aucune explication, c’est de ma faute. Je n’aurais jamais dû
venir, maintenant retourne à tes occupations et laisse-moi partir !
Il se rapproche doucement, il ne m’écoute pas. Il entre dans l’ascenseur et les
portes se referment derrière lui. J’ai un mal fou à reprendre ma respiration. Il est
si beau que je n’arrive pas à me mettre en colère et puis pour quelle raison je me
mettrais en colère ? Ce n’est pas mon mec bon sang !
— Charlotte je t’en supplie, ce n’est pas ce que tu crois !
— Je ne crois rien Greyson, tu fais ce que tu veux.
— Oui mais tu pleures et je sais que ce que tu as vu est douloueux. Laisse-moi te
prendre dans mes bras.
— Ne me touche pas ! Je t’interdis de me toucher !
Il soupire exaspérer par mon comportement mais je ne lâche rien. Je ne veux pas
qu’il me touche car je sais que je ne pourrais plus le lâcher. Son corps si large, si
ferme et musclé me hante depuis des mois alors prise au piège dans un ascenseur
avec lui je ne donne pas cher de ma conduite
— Comme tu veux Charlotte, je ne veux pas te forcer mais essuies ton
maquillage avant de rentrer chez toi. Me nargue t- il un demi sourire aux lèvres.
Les portent s’ouvrent, je le bouscule légèrement pour pouvoir passer et il me
regarde amuser, prendre la fuite.
— À plus Charlotte ! Me crie-t-il dans mon dos.
Je ne relève pas, je suis bien trop mal pour pouvoir articuler quoi que ce soit.
Une fois montée dans ma voiture, je tombe en sanglot. Il me rend dingue. Je le
hais, je le déteste pour tout ce qu’il me fait ressentir.
Une fois écoulées toutes les larmes de mon corps, je me calme, je retrouve peu à
peu la raison qui m’a fait faux bond tout à l’heure. Je me fais une promesse celle
de ne plus jamais repenser à Grey, de ne plus jamais revenir ici et de me
concentrer sur ma vie de famille.
Je ne comprends pas comment j’ai pu en arriver là. Comment ai-je pu me
laisser embarquer dans un tel bordel. Je savais que Grey n’était pas un mec pour
moi et qu’il le sera jamais, qu’il est néfaste pour ma vie de couple. Je
m’attendais à quoi en y allant ? Je décide de mettre un terme à ce jeu malsain.
J’aime Brady, c’est lui l’homme de ma vie. Ce matin même, je lui ai proposé un
week-end en amoureux, je vais tout faire pour recoller les morceaux. Je dois me
recentrer et redevenir la femme exemplaire que j’ai toujours été.
Chapitre 7

L a semaine touche à sa fin. Elle a été un peu difficile mais j’ai tenu le cap.
J’ai repris le contrôle de moi-même. Je ne peux pas avoir un avenir
meilleur si je ne cesse pas de penser à lui.
Nous sommes ce fameux vendredi soir et Brady vient de rentrer du bureau. Je
m’affaire en cuisine pour préparer le dîner. Ça sent délicieusement bon dans
toute la maison. Des tomates sont éparpillées sur le plan de travail, ainsi que des
poivrons verts. Une marmite mijote tranquillement sur le feu. Je suis plutôt
douée en cuisine, sans trop me vanter mais ma grand-mère Simone m’a transmis
ses petites recettes. J’adorais la regarder cuisiner. Plus jeune, je passais mes
week-ends entiers avec elle pour apprendre toutes les ficelles, astuces et secret
de famille afin de concocter de bons petits plats.
Brady plisse les yeux puis affiche un sourire lorsqu’il m’aperçoit. Je porte qu’un
simple petit string noir en dentelle sous mon tablier.
— Humm bonsoir princesse ! Ça sent super bon !
— Bonsoir chéri, merci ! Je le salue sans même relever la tête. J’ai peur de
croiser son regard. Ce n’est pas dans mes habitudes de préparer des petites
surprises de ce genre. Je sens le rouge me monter aux joues. Il se penche sur
moi, se colle dans mon dos puis me dépose de doux baisers dans le cou. Il se
frotte contre mes fesses tout en respirant à plein poumon l’odeur de mes
cheveux.
— C’est toi qui sens bon !
J’ai un sourire en coin mais ne me laisse pas pour autant distraire. Lui par contre,
ne baisse pas la cadence, bien au contraire Il est surexcité. Il a attendu ce
moment avec impatience à mon avis. Il ne va pas tenir très longtemps. Le nez
toujours enfoui dans mon cou, il hume avec délice mon odeur.
Il parsème une pluie de baisers sur mes épaules dénudées. Son sexe raide frotte
contre mon postérieur. La pression est si forte qu’il en grogne.
— Tu me rends fou. Me chuchote-t-il au creux de l’oreille.
— Je vois ça !
Je continue à couper soigneusement les légumes en gardant le plus possible mon
sérieux puis doucement je suis son rythme. Je me frotte contre sa queue. Je me
déhanche du bassin pour l’inciter à continuer.
Brady dépose quelque chose sur le plan de travail. Je n’y prête pas attention, je
suis bien trop occupée à cuisiner bien entendu. Les mains libres à présent, il
passe les bras autour de mon corps puis défait le nœud de mon tablier. Il glisse
les mains en dessous. Sa respiration s’accélère au rythme de nos mouvements.
Le désir monte délicieusement. Brady passe ses mains dans l’élastique de ma
petite culotte puis entreprend le chemin vers mon point sensible.
Je laisse tomber ma tête en arrière contre son épaule, ferme les yeux puis
m’abandonne aux mouvements sensuels de nos corps enlacés.
— Tu es déjà toute trempée ma princesse. Me murmure-t-il d’une voix de
velours.
— Je t’attendais avec impatience.
— C’est-ce que je vois !
Brady enfonce délicatement un doigt entre mes lèvres chaudes et humides puis
fais de lent va-et-vient. J’accompagne son geste du bassin. Je meurs d’envie
qu’il me prenne plus profondément. Une vague de plaisir monte en moi, tout
mon corps est brûlant d’excitation.
La cadence s'accélère. Il en introduit deux.
— Oui chéri ! C’est bon ! Lui susurré-je.
— Tu es magnifique ! Me chuchote-t-il dans un souffle.
Je glisse lenement mes mains le long de ses cuisses à la recherche de sa queue.
J’ouvre sa braguette délicatement puis y glisse une main à l’intérieur afin de
caresser son sexe durci par le plaisir. Elle est douce et ardente sous mes doigts.
Je commence à titiller son gland.
— Humm c’est bon ! Caresse-moi.
Je le prends en main puis le fais monter et descendre tout en douceur. J’ai envie
de le goûter, de la sentir sur ma langue, de la prendre entièrement dans ma
bouche mais Brady ne me laisse aucun répit. Partit à l'assaut de mon clitoris, me
pénétrant de ses doigts, je sens monter en moi un orgasme fulgurant. Une
décharge électrique me fait hérisser tous les poils de mon corps. Il est sans pitié.
Mon sexe se contracte sur ses doigts. Mes orteils se crispent sur le parquet,
j’ouvre la bouche et crie de plaisir :
— Oh mon dieu …Oui chéri. Lorsque j'atteins l’orgasme je suis plaquée contre
son torse, la tête renversée en arrière.
Mes mains se sont agrippées à son sexe comme à une bouée de sauvetage. J’ai le
souffle court et les jambes flageolantes. Je me retourne face à lui pantelante. Il se
lèche les doigts sensuellement en me regardant d’un air satisfait. Je l’embrasse à
pleine bouche. Nos langues se touchent et se mélangent. Mes mains se faufilent
dans sa chevelure et tire dessus légèrement pour qu’il incline la tête. Notre baiser
est rempli de passion et de désir. Je lui embrasse la joue, la mâchoire et continue
dans son cou. Je sème un chapelet de baisers sur sa chemise puis descends
doucement. J’ai envie de lui. Envie de l’aimer. J’ouvre sa ceinture puis son
pantalon. Son sexe se dresse fièrement devant moi. Il sent bon le musc. Je
respire l’odeur de sa queue puis du bout de la langue je la titille.
— Oh ! Oui, continue.
Je joue avec son sexe. Je lui mordille le gland ce qui l’excite terriblement.
Il me passe les doigts dans les cheveux pour m’encourager à le prendre plus
profondément en bouche. Il me donne quelques coups de bassin légers, impatient
de sentir mes lèvres se refermer sur sa queue. Je le suce sans ménagement à
genoux, la tête bien enfouie entre les cuisses. Je fais glisser ma langue le long de
sa verge, léchant les quelques gouttes de sa semence perdue.
— Vas- y princesse, ne t'arrête pas ! C’est trop bon, ta bouche me rend fou ! Me
confit-il entre deux respirations saccadées.
Je continue à le sucer sans relâche, faisant des va-et-vient tout en lui malaxant
les testicules.
Tout à coup, il contracte les fesses puis rejette le bassin vers l’avant. Ses mains
se crispent, il me tient fermement entre ses doigts afin que je ne puisse plus
bouger. Je l’ai tout entier dans la bouche quand il éjacule.
Heureuse et fière de moi, je lève les yeux en me passant la langue sur mes lèvres
rouges et gonflées par la fellation que je viens de lui offrir.
— Ce que tu es splendide dans cette position. Me confesse-t-il d’une voix
rauque.
— Tu n’es pas mal non plus sous cet angle ! Répondis-je en souriant.
Il me relève, me prend le visage entre les mains et m’embrasse avec tant
d’amour que j’en ai le cœur serrer.
Ça faisait un bail que l’on n’avait pas pris du temps pour nous. Entre ses
réunions tard le soir, les déplacements et de mon côté les mariages à gérer le
week-end, nous nous sommes un peu oubliés.
— Place au dessert ! Annoncé-je en me dandinant jusqu’au frigidaire après avoir
mangé notre repas.
— Sais-tu dans quel état tu me mets en te baladant nue sous mon nez depuis le
début du dîner ? Me demande-t-il adosser à son siège, les bras croisés me
dévorent des yeux.
— Non dis-moi ! Je ne comprends pas pourquoi chéri. Ironisé-je la tête dans le
frigo à la recherche de la bombe de chantilly.
— Tu te moques de moi en plus ?
— Je n’oserais pas ! Lui répondis-je faussement outrée de retour dans le salon.
Par contre j’aimerais que tu fasses de la place sur la table pour le dessert. Il est
spécial !
Brady s’exécute. Il pousse l’assiette devant lui, recule légèrement son siège. Je
passe entre ses jambes afin de m'asseoir sur le rebord de la table. Brady lève les
sourcils en signe d’interrogation.
— Que fais-tu ?
Je pose la bombe de chantilly entre ses cuisses. Je mets les mains à plat derrière
mon dos puis fait basculer ma tête en arrière, style femme fatale. J’ai toujours
trouvé cette position incroyablement érotique. J’installe mes pieds sur ses
cuisses et je joue à entrouvrir les jambes. Il gémit. J’ondule du bassin prise par le
flot du désir qui monte encore une fois en puissance dans mes veines. J’ai chaud.
Je le veux en moi. Du bout du pied, je caresse son sexe à travers son pantalon.
Cela le rend fou. Tout son sang se concentre entre ses jambes.
— À quoi tu joues petite coquine ?
Il a de plus en plus de mal à se contrôler. Son regard est plus sombre et plus dur.
Il déglutit péniblement. Je l’excite.
Toujours assit sur son siège, je le vois prendre une longue inspiration, fermer les
yeux une fraction de seconde puis il se lève brusquement.
— Tu veux que je te fasse l’amour ou que je te baise ? Me demande-t-il en
déboutonnant sa chemise avec une lenteur insupportable mais très sensuel. Je
regarde la scène se dérouler sous mes yeux, étourdi par le désir qui me brûle la
peau. Je me lèche les lèvres.
— Tu es si sexy ! Lui chuchoté-je en admirant ce corps viril.
Ça y est, je vais enfin l’avoir en moi. Je veux qu’il me baisse comme un enragé.
Qu’il me possède. Depuis tout à l’heure, j’ai le feu entre les cuisses et cela me
rend folle.
— Alors ? Que veux-tu ?
— Baise moi !
— Allonges toi sur la table princesse, mon dessert vient d’être servi !
Brady secoue la chantilly énergiquement, puis commence à dessiner de longues
lignes blanches sur corps. J’arque le bassin dans un geste de désespoir puis
ferme les yeux, savourant chaque trainer de nuage frais sur ma peau en feu.
— Regarde-moi !
Je me force à ouvrir les yeux. C’est terriblement excitant. Sa langue dévore ma
peau. Je ne tiens plus. Je veux qu’il me remplisse, sentir sa queue me déchirer de
l’intérieur. Il prend un mal à plaisir à lécher mon corps recouvert de cette
substance nuageuse pour me rendre folle.
— Je t’en supplie mange-moi vite ! Lui soufflé-je.
Du bout de sa langue, il commence à remonter ma jambe.
— C’est délicieux sur ta peau.
— Oh oui ! Accélère !
Ses mains caressent chaque centimètre carré de mon corps. Il devient fou lui
aussi, je le sens, je l’entends, sa respiration est saccadée et ses yeux brûlent de
désir.
Son nez effleure mes lèvres trempées.
— Je t’en supplie …
— J’ai terriblement faim.
Pris dans un élan de désespoir, j’essaye de plaquer ma chatte contre son visage.
— Alors qu’est-ce que tu attends ? Je ne tiens plus, prends moi …
Il me regarde, un sourire diabolique sur le visage puis il met fin à mon supplice.
Il me lèche mon intimité comme un affamé. Je prends ses cheveux à pleines
mains pour le coller encore plus fort contre mon sexe. Je veux qu’il me dévore,
qu’il me lèche encore et encore jusqu'à ce que j’en perde la raison,
— Vas-y …. Oui. Mange-moi. C’est trop bon !
Nous sommes au summum de l’excitation. Il baisse son pantalon et son boxer en
un geste rapide puis il me soulève les jambes par les genoux et me pénètre si fort
que j’en perds un cri de surprise.
— Putain, que c’est bon !
— Prend moi fort !
Nos deux corps s’entrechoquent au rythme soutenu qu’il nous impose. Il entre et
sort si vite et si fort que la table ne va certainement pas tenir le choc.
— Nom de dieu… j’y suis, continu ! Dis-je soudain les mains crispées sur le
rebord de la table.
— Vas- y princesse donne-moi tout !
— Oui !!!! Crié-je la seconde d’après.
Je sens mon corps se contracter jusqu’à mes orteils. Mes jambes se cramponnent
encore plus fort à ses reins. Je le veux plus profondément en moi, je ferme si fort
les paupières que lorsque mon orgasme m’emporte comme un ouragan je vois de
multitude d’étoiles.
Il se laisse à son tour partir dans un tourbillon de jouissance. J’attends essouffler
que ses spasmes disparaissent pour le serrer dans mes bras. Nos corps sont
recouvertes d’une fine couche de sueur et de chantilly. Ça sent bon le sexe et la
vanille mélangé.
Je n’en reviens pas, je viens d’avoir un orgasme extraordinaire. Brady m’a fait
l’amour comme jamais, dans un mariage de tendresse et de férocité si excitante
que je ne sens plus mes jambes. Mon dos me fait mal, mais qu’est-ce que c’était
bon, putain !!
Une larme solitaire me coule sur la joue, un mélange de plénitude et de
mélancolie remonte discrètement à la surface. Je comprends à quel point
l’homme que je tiens dans mes bras est l’homme dont j’ai toujours rêvé. Il
comprend chacun de mes désirs, me satisfait amplement et il est sexy au diable.
Je regrette terriblement mon acte. Qu’est-ce qui m’est passée par la tête ?
Pourquoi aller chercher ailleurs quelque chose que tu as déjà ? Je me fais une
promesse de ne jamais recommencer. De tout faire pour tourner la page.
Brady me vole un baiser puis il se relève péniblement. Je m’accroche à lui avec
mes jambes enlacées autour de sa taille. Je pouffe de rire lorsque Brady tente de
marcher avec son pantalon sur les chevilles et moi accrochée à son cou.
— Ne rigole pas princesse ! Ce n’est pas bien de se moquer.
— On dirait un pingouin.
— Avec une baleine accrochée autour du cou alors.
— Comment ça une baleine ?
Brady rigole, je me mets à rire à mon tour. Nous nous affalons sur le canapé,
blottis l’un contre l’autre.
—Tu sais que je t’aime ma princesse ?
— Je t’aime encore plus ! Lui dis-je le cœur lourd. J’ai cherché le sens de
certains actes qui ont affectés tout mon être ces derniers temps. Je n’ai pas
trouvé. Je n’ai toujours aucune réponse à ce que je ressens. Je ne me reconnais
plus et j’ai failli perdre l’amour de ma vie. Depuis que j’ai compris ceci, notre
vie sexuelle est repartie comme au début. Je me redécouvre en tant que femme.
Je suis aussi sa femme.

La soirée continue plus paisiblement, je mets mon film préféré « PS I Love


You ». Je me suis donnée t’en de mal à organiser cette soirée, il peut au moins
me laisser le choix du film de ce soir. Je m’allonge sur le canapé, la tête sur son
épaule pelotonnée dans ses bras, sous une couverture. Je connais toutes les
répliques par cœur, devance chaque scène et par-dessus tout fredonne les
musiques. C’est une vraie torture pour Brady. Mais je m’en moque. À peine le
film commençait, que Brady ronfle déjà au-dessus de ma tête. Il faut dire que je
ne l’ai pas ménagé.
Chapitre 8

J e suis restée à la maison avec les filles ce soir. Je les ai couchées vers vingt
et une heure et depuis j’hésite à regarder le combat de Greyson en direct à
la télé. Je fais les cents pas dans le salon, en me rongeant les ongles.
Habituellement, j’accompagne toujours Brady. J’adore assister aux combats de
boxe, sentir cette tension, tous ces gens qui crient, qui applaudissent, ça m’excite
terriblement. Une salle remplie de testostérone me rend vivante.
Pour ce soir, j’ai fait un choix, celui de rester à distance de Greyson, mais pas
de me priver de ses combats alors je m’installe confortablement dans le canapé,
un seau de pop-corn entre les jambes.
Plusieurs semaines se sont écoulées depuis et je n’ai plus eu aucune nouvelle de
lui. Ma vie a repris son chemin habituel. Entre Brady et moi tout est redevenu à
la normal. Mais au fond de moi, il me manque. Je fais tout pour l’oublier,
vraiment tout mon possible mais comment faire quand celui-ci fait partie
intégrante de la famille. J’esquive tous les repas en famille et Brady se pointe
toujours seul en donnant comme excuse que je suis débordée par le travail ou
que je suis malade. Enfin toutes de sortes de prétextes les plus bidons les uns
que les autres. Cela n’a l’air de choquer personne sauf de temps en temps Brady
me fait la remarque mais je m’en sors plutôt pas mal dans mes mensonges. Je
suis la seule à savoir la véritable raison de mon absentéisme. Je l’évite ! La
tentation est trop forte et cela me rend dingue. Loin des yeux, loin du cœur ?
C’est faux !
Je ressens quelque chose de particulier pour lui. Je n’arrive pas à mettre un mot
là-dessus. Je suis pleines d’émotions contradictoires. Quelque chose
d’indéchiffrable et nouveau est né en moi. Je le désire plus que n’importe qui
d’autre comme des pulsions bestiales. Ce mec incarne l’interdit, le mal et le
péché. Il me fait perdre toute raison en un clin d’œil. Je résiste mais jusqu’à
quand ? Certes, je l’ai embrassé et un peu plus, mais depuis je fais tout pour ne
pas succomber. Je l’esquive comme la peste.

J’entends la foule crier. Il semble y avoir beaucoup de monde dans la salle. Mes
yeux fixent l’écran. Il se lève, saute sur place, trottine, fait quelques droites afin
de se mettre en condition comme à son habitude puis se dirige vers le ring.
Vêtu d’un peignoir noir, capuche sur la tête, il avance entourer de ses coachs et
entraineurs.
— Mesdames, messieurs bonsoir ! En direct du Madison nous allons vous
présenter la rencontre que vous attendez tous entre le grand champion Greyson
et l’ex champion poids léger Balton.
— Regardez cette tension sur son visage, cette concentration ! S’écrit le speaker.
La foule est en délire, on entend siffler et crier. Certaines hurlent :
— Tue le Grey !
D’autres cris
— Je te veux Grey !
La foule devient hystérique en l’apercevant arriver sur le ring.
— Greyson fait son entrée !! Il monte sur le ring toujours concentré puis retire
son peignoir. Il fait son show. Il saute sur place, s’échauffe. Tous mes sens
explosent quand je le vois. J’ai tellement envie de le voir de près que mes yeux
me brûlent à force de fixer l’écran.
La foule scande son nom.
— Regardez ! Greyson monte sur le ring, il a beaucoup pris en masse musculaire
depuis son dernier combat, vous ne trouvez pas ? En tout cas le public ce soir est
de son côté, écoutez ça un peu !! Greyson est un boxeur qui se bat avec
beaucoup de détermination et beaucoup de puissance vu la carrure imposante
qu’il nous avait bien caché !! Continue le speaker.
— Oh mais attendez voilà Balton qui fait son entrée, regardez-moi ça ! L’ex
champion entre dans la salle déterminée. Il arbore une tête de tueur ce soir. Il a le
regard sombre ! Il monte sur le ring à son tour, ils se jaugent du regard. C’est
impressionnant la rage qui se dégage d’eux. L’ambiance est explosive ce soir.
Ils sont assis chacun de leur côté dans un coin sur leur tabouret. Je regarde sont
magnifique profile. Il est si beau.
— Ça y est, ils se mettent en condition, ça va être un combat du tonnerre, la
salle est pleine à craquer !
— Les hostilités sont ouvertes !! On dirait que Greyson cherche quelque chose
dans la salle, mais quoi ? On ne sait pas ! Nous sommes prêts pour le premier
round et c’est parti ! DING !!Grey se précipite sur son adversaire. Il attaque le
premier ! Il émane une certaine puissance. Tous ses muscles sont contractés, dur
comme du béton. Et bing ! Grey envoi une droite puis un crochet. Il est d’une
rapidité incroyable.
— Qu’elle force !
Son adversaire est pris au dépourvu, il ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Grey
est en pleine forme.
— Oh là là !!! Quel premier round incroyable !! DING c’est fini les gars, cinq
coups sans aucune riposte de la part de Balton c’est phénoménal !
Est-ce une stratégie de sa part ? S’interroge le speaker.
Les boxeurs sont assis chacun de leur côté sur leur petit tabouret, on leur rince la
bouche, essuies leur front.
La caméra filme Grey. Il reprend sa respiration mais il a l’air préoccupé. On le
voit regarder dans le public. Grey tourne la tête en direction des places VIP, il
cherche son frère et …. Il me cherche ? C’est ça qu’il a depuis le début il me
cherche des yeux mais lorsqu’il n’aperçoit que Brady, je lis sur son visage une
grande déception, comme un poignard dans le cœur. Il fait tout de même un
signe de tête à son frère pour le saluer. La cloche retentit.
— C’est reparti messieurs dames, mais que ce passe-t-il Greyson semble tout à
coup en difficulté, son adversaire a repris de l’énergie semble-t-il !! Un percute,
une droite hou !! Ça fait mal. Il se relève, oui c’est bon, mais c’est incroyable
Greyson a perdu tous ses moyens !! On ne le reconnait pas.
Grey encaisse les coups, il semble inanimé vider de tout son être.
J’ai la nausée tout à coup, Je suis bouleversée de le voir dans cet état. Le cœur
serré par l’angoisse, je plaque mes mains sur ma bouche pour ne pas crier.
— Hou ! Il tombe après s’être pris une gauche par son adversaire !!
On entend l’arbitre conter 6...7...8... La foule hurle son nom. On sent une tension
dans la salle incroyable, les gens se tiennent le visage, ont les mains plaquées sur
leur bouche tout comme moi. Ils n’en reviennent pas.
— Il se relève enfin !! C’est bon s’écrit-il dans son micro. Mais on ne comprend
pas que ce passe-t-il ?
Coup de chance pour Grey la cloche retentit ! Fin du deuxième round.
— Mais bon sang qu’est-ce que tu as ? Lui hurle son coach.
— Rien c’est bon, je vais me reprendre. Ne t’inquiète pas !
— J’espère bien !! Allez secoues toi un peu Grey ! C’est parti !
Le combat reprend de plus belle, Grey transforme sa tristesse en rage. Il
enchaine les rounds, c’est un combat hors du commun. Les spectateurs n’ont
jamais vu ça, Grey est déchainé. Le combat continu.
— Oui !! Une droite…. Oh lala quel combat ! Une esquive de la part de
Greyson, incroyable, magnifique. Hurle-t-il et maintenant Greyson repart à
l’attaque. Il prend le dessus, Balton essais de riposter mais il n’y arrive pas !
Sous une avalanche de coup Balton commence à plier. Il encaissait les coups, on
voyait bien qu’il était sur le point de tomber, quand tout à coup Grey lui infligea
une droite d’une puissance phénoménale Balton tomba K.O.
— La salle est en délire quel combat fabuleux !
L’arbitre commença à compter 5, 6, 7, 8, 9, et 10 …ha hou !! S’écrie l’arbitre
Grey hurla de joie, les poings levés vers le ciel, la foule cris son nom.
— Mais quelle victoire extraordinaire. Hurlent les haut-parleurs. Grey semble
totalement épuisé, à bout de force. Il vient de remporter le titre de champion du
monde.
— Mesdames et messieurs, le vainqueur par KO du combat le plus spectaculaire
est …GREYYYYYSONN !!
Fière, Grey salue la salle qui proclame son nom. Ce soir aura était une soirée
extraordinaire pour tout le monde.
Une page de pub vient de mettre fin à ce combat phénoménale mais j’attends car
je sais que dans quelque instant, Grey va être interviewé.
— Greyson !! Interpelle un des journalistes. Que ressentez-vous d’avoir gagné
ce titre de champion du monde ?
Il s’approche du micro avec le sourire malgré sa lèvre fendu et son œil gonflé, il
est toujours aussi attirant bordel ! Je le dévore des yeux.
— Je suis très fier, j’ai beaucoup travaillé, je me suis entraîné dur durant
plusieurs mois et voilà le résultat, c’est moi le CHAMPION ! S’écrit-il.
Une multitude de questions succède à celle-ci mais une dernière le fait serrer les
dents.
— Que vous est -il arrivé au milieu du combat ?
Un mélange de rage et de tristesse se dessine sur son visage. Ma respiration se
coupe net, suspendu à ses lèvres en attendant sa réponse.
Il inspire profondément puis explique aux journalistes que c’est une soi-disant
technique pour faire faiblir l’adversaire.
— Merci à tous. Dit enfin le coach en sentent un malaise.
Qui ne l’aurait pas remarqué ?
Les flashs des appareils photo le prend sous tous les angles avant qu’il ne parte,
d’autres questions fusent. Il les ignore, c’est assez pour ce soir. Je sais qu’il va
aller avec son frère, ses coachs, ses amis et d’autres boxeurs amateurs au club
pour fêter sa victoire comme il se doit !

Je m’apprête à aller me coucher lorsqu’on frappe à la porte. Je sursaute.


Qui cela peut-il bien être à une heure pareille ? Il est presque minuit.
Pas très rassurée, je m’approche de la fenêtre et je jette un coup d’œil, mais je
n'aperçois qu’une silhouette, celui d’un homme. Je colle mon oreille à la porte
puis demande :
— Qui est-ce ?
— C’est moi…. Grey !
Quoi ? J’hallucine mais …mais …qu’est-ce qu’il fait là ? Qu’est-ce que je fais ?
Je suis affolée, surprise et excitée à la fois. Les mains tremblantes, le souffle
court, je reste silencieuse le temps de me ressaisir.
— Je t’en prie, ouvre moi Charlotte ? Me supplie-t-il. Je sais que tu m’évites
Charlotte, mais s’il te plait ouvre moi ! Je te promets je resterais sur le seuil de la
porte ! Reprit-il d’une voix douce et désespérer.

Après quelques secondes à réfléchir, le front collé à la porte d’entrée, j’ouvre.


Un filet de lumière perce la nuit, éclairant Grey se tenant debout les mains dans
les poches, tête baisser. Je le vois soupirer de soulagement.
Il se passe la main dans les cheveux nerveux. Il n’ose pas me regarder. Il reste là
sans bouger.
— Grey ! Qu’est-ce que tu fais ici ?
Je suis sur le seuil de la porte d’entrée, face à lui, seulement vêtu d’un petit short
en soie et d’un débardeur, les cheveux relevés sur le haut de la tête. Je le regarde
le cœur battant à tout rompre à l’intérieur de mon corps, il est venu jusqu’à moi
en pleine nuit, mais pourquoi ?
Grey relève la tête doucement, ses yeux parcourent mon corps. Mon sang se
réchauffe instantanément. Sa respiration est lourde.
— Grey ??? Tu m’écoutes ? Que fais-tu ici ? Lui répété-je doucement.
— Je n’en sais rien ! M’avoue-t-il
— Comment ça ?
— Je suis venu sur un coup de tête Charlotte. J’ai pensé à toi aujourd’hui, ce
soir, hier et tous les autres jours depuis que tes lèvres se sont posées sur les
miennes ……. Je pense à toi en silence. Tout ce que je possède sont mes
souvenirs. Ton corps me hante depuis ce soir-là. Je ne sais pas ce qui m’arrive,
ce n’est pas dans mes habitudes mais tu m’obsèdes Charlotte !! J’ai besoin de toi
! Je me couche en pensant à toi bordel ! Je rêve de toi, mes pensées sont toujours
pour toi, je deviens fou …j’ai quitté cette foutue soirée, je n’avais qu’une envie
c’était de te toucher, te serrer contre moi, sentir ta peau …c’est la première fois
que ça m’arrive et je ne sais pas quoi faire.
Un long silence s’installe entre nous, il vient de me dévoiler son cœur et je suis
en train d’encaisser cet aveu. Je n’en reviens pas, aucun mot ne sort de ma
bouche, plus rien n’est cohérent dans mon esprit, des millions de questions
s’entrechoquent dans ma tête. Que dire ? Quoi faire ?
Je le dévisage, il a les yeux gonflés par les coups qu’il s’est pris, des rougeurs
sur le visage, la lèvre inférieure fendu mais il est encore plus sexy que jamais, la
proximité de nos corps me permet de sentir son odeur boisée que j’aime tant sur
lui.
Peut-on aimer une personne et en désirer une autre ? Ou en aimer deux à la fois ?
Je sens mon cœur se déchirer face aux confessions qu’il vient de me livrer. C’est
tout simplement impossible de choisir et pourtant je dois lui dire de partir. Mon
dieu donnez-moi la force de lui résister !
Les larmes me montent aux yeux, je le vois flou tout à coup. Je pose mes mains
sur ma bouche, étouffant un sanglot.
Grey avance d’un pas.
— Non ! S’il te plait ! Je le stop. Ne me touche pas, je ne pourrais pas résister et
tu le sais ! Va-t’en je t’en prie ! Je ne peux pas lui faire ça ! As-tu pensé à ton
frère ? Les Larmes coulent sur mon visage. Elles ne veulent plus s’arrêter. Une
boule s’est formée dans ma gorge, j’ai de plus en plus de mal à parler
normalement. Ma voie est saccadée.
— Oui ! Je sais, j’y ai pensé longtemps mais je n’y peux rien, c’est plus fort que
moi ! S’écrie-t-il. J’en suis malade de ne pas te voir, de ne pas pouvoir te toucher
! L’autre jour, quand tu es venu, tu n’aurais jamais dû voir ça. C’est toi que je
veux Charlotte putain !
— C’est impossible toi et moi ! N’insiste pas s’il te plait, c’est déjà dur de te dire
ça alors retourne au club et oublis- moi ! Je le supplie. Laisse-moi t’oublier !

Il se passe les mains dans les cheveux nerveusement. Il se masse la nuque. Il a


l’air perdu, en pleine confusion mais je ne peux pas l’aider. Ce qu’il me demande
est impensable. Il me regarde droit dans les yeux et je peux lire beaucoup de
chose dans son regard, du regret, de la souffrance et peut- être je m’imagine cela
mais une pointe d’amour traverse ses iris. Grey se résigne à ma demande, il
ferme les yeux un instant puis inspire profondément.
— Tu as raison finit-il par me dire. Je suis désolé, je n’aurais pas dû venir ce soir
!
Grey se retourne, les poings serrés, la mâchoire contractée. La douleur se lit sur
son visage. Je le regarde s’éloigner, avançant vers sa voiture garée dans l’allée.
Seul le bruit de ses pas sur les gravillons vient briser le silence de cette nuit
particulièrement douloureuse.
Je ne peux pas le laisser partir, pas comme ça ! Non, je ne peux pas !
Je me mets à courir pieds nus, sans réfléchir le cœur lourd. Je veux juste qu’il me
sert contre lui, sentir son odeur rien qu’une dernière fois.
Grey s’immobilise, lorsque je lui retiens le bras. Mon cœur bat la chamade. Je
me tiens derrière lui, en petite tenue au beau milieu de la nuit, éperdument folle
de désir pour lui. Je viens de le retenir de partir, mais pourquoi ? Notre histoire
est perdue d’avance, jamais elle ne pourra exister et pourtant à cet instant, je
donnerai tout pour pouvoir vivre au grand jour cette passion qui nous brûle la
peau. J’entends un soupir de soulagement lui échapper, il se retourne face à moi.

Il est tout simplement magnifique, son visage est éclairé par la lumière de la
lune. Je veux lui appartenir à tout jamais, ne jamais le quitter, le sentir contre
moi, le serrer dans mes bras. Juste cette nuit après je me réveillerais.
J’ai le cœur partagé par la raison et la passion. Je suis littéralement perdue. Je le
regarde dans les yeux puis d’une extrême douceur j’enroule mes bras autour de
son cou en l’attirant contre moi. Il sent divinement bon l’homme, le mâle, la
puissance et le danger. Je tremble. Je ne saurais vous dire si c’est à cause de la
fraîcheur de la nuit ou de la peur de le perdre, en tous les cas mon corps parle de
lui-même. Grey me serre dans ses bras le plus fort possible, ma respiration se
coupe. On sait tous les deux que ce sera la dernière fois.
Grey me caresse le dos avec tendresse. Il me dépose quelques baisers sur les
cheveux. J’ai un mal fou à le lâcher. Je ne veux pas qu’il parte et pourtant il le
faut. Mon cœur est écorché vif. Pourquoi me suis-je attachée à lui autant ? Je
n’arrive toujours pas à me l’expliquer.
—Pardonne-moi ! Lui chuchoté-je comme une confession.
Il doit sentir mes larmes couler sur sa peau car il me serre davantage. Il ne dit
rien. Peut- être est-ce trop dur pour lui aussi ? Nous restons là quelques minutes,
dans les bras l’un de l’autre. Le monde a cessé de tourner, plus personne compte
à cet instant. Il fait nuit, la rue est déserte, tout le monde dort ? Une brise d’air
fraiche nous caresse la peau. On peut entendre le vent siffler dans les feuilles des
arbres qui tracent la rue devant la maison.
Grey m’attrape le visage des deux mains délicatement pour que je le regarde.
J’ai le visage humide, les yeux rouges et pourtant je ne me suis jamais sentie
aussi belle dans les yeux de quelqu’un d’autre.
— Je t’attendrais le temps qu’il faudra. Toute la vie s’il le faut !
Je frissonne à cette promesse complètement folle qu’il vient de me chuchoter
comme un secret. C’est impossible mais une partie de moi veut y croire juste un
instant. Il se penche sur moi puis tout en me caressant les joues de ses pouces, il
m’offre un baiser rempli de promesse et d’amour. Un baiser doux et affectueux.
Un baiser d’adieu.
Je me laisse aller contre son torse. Je me sens en sécurité entre ses bras, rien ni
personne ne peut me faire de mal. Notre baiser est si tendre et si savoureux que
je pourrais vendre ma mère pour qu’il ne s’arrête jamais. Je lui passe les mains
dans les cheveux afin de l’attirer encore plus près de moi. Je veux le sentir,
m’imprégner de son être tout entier. Nos langues se frôlent, se cherchent. J’en
veux davantage. Je le veux bon sang ! Oui, je désire cet homme à en crever.
Mais il m’est interdit.
— Tu n’imagines pas ce que je pourrais te faire ressentir là maintenant si tu
m’en laissais l'occasion Charlotte !
Je reprends ma respiration doucement blottie dans ces bras. Il me berce en
silence. Il sait ce que je m’apprête à faire, oui il me connait bien mieux que je ne
me connais moi-même. Je tente de rassembler mon courage afin de lui dire adieu
car une fois que je le lâcherais, tout sera fini à jamais.
À contre cœur, je recule légèrement sans rompre le contact. Je le tiens toujours
par les mains, nos doigts entrelacés, l’un en face de l’autre, puis je brise le
silence malgré moi.
— Je dois rentrer maintenant ! Lui dis-je la voix tremblante.
— Je sais !
Grey essaie de me faciliter la tâche mais au plus profond de lui, tout son être est
en miette tout comme le mien. Je le vois, je ne l’ai jamais vu dans un état pareil.
Ses yeux sont envahis par la tristesse.
Il faut que l’un de nous deux le fasse, il faut que l’on abandonne ce désir pour
toujours, qu’on enfouisse au plus profond de notre âme et c’est moi qui met fin à
notre histoire déchirée par la raison qui me pousse à agir ainsi.
Je me retourne sans un mot, je croise les bras sous ma poitrine afin d’empêcher
mes mains de le retenir encore une fois. J’avance dans l’allée à contre sens le
cœur lourd. Ma vue se brouille par les larmes qui s’écoulent sur mes joues. Je
sens son regard sur moi. Je l’entends jurer dans mon dos. C’est tellement
douloureux que je sers les dents. Je claque la porte d’entrée en laissant derrière
moi un homme brisé. Laissant une passion s’envoler. Je m’adosse contre celle-ci,
le souffle court en sanglot. J’ai terriblement mal et pourtant il fallait que tout
s’arrête.
Je le regarde par la fenêtre discrètement. Il se passe les mains dans les cheveux
rempli de colère. Je lis sur son visage de la frustration et de la tristesse. J’ai le
cœur en mille morceaux. Je ne veux plus en voire davantage alors j’éteins la
lumière de l’entrée tout en continuant de pleurer toutes les larmes de mon corps.
Le moteur rugit dans la rue et il part abandonnant notre secret sur le seuil de la
maison pour toujours.
Chapitre 9

J e me suis couchée directement après avoir pris un somnifère. Je savais que


je n’arriverais pas à fermer l’œil de la nuit et je ne voulais plus ressentir ce
mal à l’intérieur de moi. Je ne voulais plus être tiraillée par mes sentiments.
Hier soir j’ai tiré un trait définitif encore une fois me direz-vous sur Greyson.
Aujourd’hui est un nouveau jour, un nouveau départ.
Je n’ai pas entendu Brady se faufiler dans les draps. Il est encore à moitié
habillé. Il ronfle comme un train à vapeur et il empeste l’alcool. La soirée a dû
être bien arrosée !
J’en profite pour prendre une douche. Une fois sortie, je me regarde dans le
miroir. J’ai les yeux gonflés d’avoir tant pleuré la veille. Ce n’est pas beau à voir.
Quelle merde ! Je me dépêche de me maquiller pour tenter de camoufler les
cernes puis va dans mon dressing afin de trouver une tenue confortable pour la
journée. Je sors un pantalon en lin beige et un top bleu. Ça sera parfait !
Une fois mon café avalé, je griffonne rapidement un message à l’intention de
Brady et des filles.
[Je dois encore voir madame Ross ce matin, désolée, j'essaye de ne pas rentrer
tard. Je vous embrasse, soyez sage ! Bisous]

Je n’aime pas les rendez-vous le week-end en temps normale. Je les consacre à


ma famille mais ce matin je remercie le ciel de m’avoir permis de m’éclipser de
la maison. Je n’ai pas le moral et je suis perdu encore une fois ! Je suis
bouleversée par ce que m’a dit Grey la veille : je t’attendrais toute la vie s’il le
faut.
Pourquoi m’avoir dit ça ? C’est impensable, une promesse irréalisable. Ça me
déchire le cœur mais il doit faire sa vie avec une autre femme que moi, je ne
peux pas tout plaquer pour une histoire …. Je ne sais même pas comment la
décrire, une histoire d’attirance ? D’amour ?
Mais c’est bien plus profond que ça, j’ai appris à le connaître à travers son
comportement arrogant et prétentieux. Il est en réalité un homme doux, tendre et
protecteur. Tout l’inverse de son apparence habituel. Il a fait tomber toutes les
barrières face à moi. Il s’est ouvert pour moi, il m’a avoué ses sentiments les
plus profonds. Malgré ça, je ne peux pas quitter Brady et tout détruire.
Pourquoi ? Pourquoi briser toute une vie dans laquelle je me sens bien, aimée et
chéri ? J’aurais pu avoir une liaison avec lui sans rien avouer. Faire comme
beaucoup d’autres femmes, prendre un amant et satisfaire ses désirs. Je vous
l’avoue, cela m’a traversé l’esprit, mais la finalité est souvent la même. Je
n’aurais pas supporté de mentir à Brady. Il l’aurait su un jour ou l’autre et
j’aurais tout perdu. J’ai choisi la raison, le choix le plus sage. On ne change rien,
on continue sur le droit chemin !
Perdue dans mes pensées, je sursaute lorsque je reçois un message. Assise à mon
bureau, je sors mon téléphone de mon sac puis le déverrouille.
Brady !! Murmuré-je dans un soupire.
Je ressens toujours cette pointe de culpabilité qui ne veut pas me lâcher même
après avoir mis un terme à ma soi-disant relation avec Grey. Comment ai-je pu
lui faire ça ? Ça n’a pas été grand-chose en soit mais je sens que c'était bien plus
profond qu’un simple baiser d’un soir d’été et je m’en veux terriblement car je
ne comprends pas ce qui met passée par la tête. Est-ce possible d’aimer deux
personnes à la fois ? Qu’est-ce que je cherchais chez Grey qu’il n’y a pas chez
Brady ?
Ils sont frères, ils se ressemblent beaucoup physiquement, et pourtant il y a tant
de différences. Ce côté mauvais garçon chez Grey, l’homme qui n’a peur de rien
et qui se fout ouvertement de ce que peuvent penser les gens. C’est ce côté-là
que j’aime chez lui. Et Brady … lui est classe, un homme d’affaire irrésistible,
toujours en costume trois pièces. La perfection incarnée, toujours aussi
charmeur. Voilà ce qui m’attire chez lui. Si seulement je pouvais les mixer et en
faire qu’un !

[Bonjour ma princesse, tu es déjà parti au travail ? Je viens de me lever et tu me


manques déjà. J’emmène les filles faire un tour de vélo. J’ai mal aux cheveux
mais les filles ne m'ont pas laissé le choix.]
Je tape un message à Brady
[Désolée chéri, je ne rentre pas tard !]
Je le suis désolée et pas que pour mon absence de ce matin. Ma vie me glisse
entre les mains. Je ne contrôle plus vraiment mes sentiments. Vais-je arriver à
surmonter ces étapes de ma vie ? Oublier Grey, ranger mes désirs bien au fond
de moi-même ? Cela aurait été facile, s’il n’était qu’un simple inconnu que
j’aurais rencontré dans la rue mais là…. Il fait partie de la famille, je le verrais
régulièrement, à chaque anniversaire, repas de famille, les week-ends ! Quel
enfer ! Comment vais-je faire pour tourner la page ?
J’ai plus ou moins réussi à le mettre de côté ces dernières semaines. Il me suffit
de continuer comme je le faisais au début, c’est-à-dire annuler de temps à autre
les invitations, travailler beaucoup, trouver plusieurs excuses pour échapper à la
tentation. Voilà ce que je vais faire ! Et puis avec le temps tout s’estompera.
Cette sera plus qu’une histoire ancienne. Enfin je l’espère !

Je suis seule dans les bureaux, personne ne vient travailler le dimanche, les
locaux sont déserts. Le silence règne entre les murs.
Depuis quelques temps, je n’ai pas la tête à travailler et pour cause. Je dois
rassembler le peu d’esprit qu’il me reste pour me concentrer. Le mariage de
Madame Ross est le week-end prochain et il y a encore beaucoup de petits
détails à régler avant le jour J.
J’ai rendez-vous avec elle dans quinze minutes exactement. Je me penche donc
sur mon clavier puis commence à rédiger un mail pour le traiteur. A la dernière
minute, elle a changé d’avis sur l’une des entrées. Qu’elle casse- pieds celle-là !
J’entends mon téléphone sonner sur le coin du bureau. C’est elle qui est en bas
de l’immeuble, toujours à l’heure ! Me dis-je en regardant ma montre. Je fais
entrer la future mariée puis durant deux heures nous peaufinons ensemble les
derniers points non confirmés jusqu’alors. Madame Ross est une femme indécise
et très pointilleuse. Ce fut les deux plus longues heures de ma vie. Après que
Madame Ross m'ait saluée, je soupire de soulagement. Je peux enfin rentrer à la
maison.
J’apprécie de bonne grâce la chaleur du soleil sur ma peau lorsque je me dirige
vers ma voiture garée dans une petite ruelle pas loin. J’aime l’été, j’aime cette
saison durant laquelle les gens ont toujours le sourire, les oiseaux chantent, l’air
sent divinement bon, soit l'herbe fraîchement coupée, les parterres de fleurs qui
enivrent nos narines ou encore les odeurs de [Link] plus douce des
saisons… Les terrasses sont remplies de mondes, des gens prennent un
rafraichissement ou mangent une salade. C’est l’été et un air joyeux flotte sur
tous les visages. Je salue quelques passants courtois, Je souris aux enfants qui
me font signe dans la rue, c’est une belle journée ensoleillée comme je les aime.
Chapitre 10

J e gare la voiture dans l’allée, descend puis me dirige vers la porte d’entrée
quand j’entends les filles rirent aux éclats dans le jardin. Je fais le tour de la
maison et sans que personne ne me remarque, je les observe jouer
ensemble. J’ai un pincement au cœur en voyant ce tableau si parfait. Comment
pourrais-je me séparer de ce bonheur, de ma famille où tout va pour le mieux. Je
n’ai pas le droit de tout gâcher, de tout briser. C’est vrai, je suis terriblement
attirée par Grey. Je crois même que je l’aime lui aussi. Je les aime sincèrement
tous les deux. J’ai du mal à imaginer ma vie sans l’un ou sans l’autre et pourtant
j’ai dû faire un choix. J’ai dit adieu à Grey. Je ne veux plus y penser, je veux
l’oublier et tourner la page une bonne fois pour toute. J’ai réussi à m’en sortir
presque indemne, personne ne s’en est rendu compte, encore moins Brady, enfin
je l’espère. Il n’y a que moi qui me bat intérieurement pour cicatriser. J’ai tant
construit, tant avancé dans ma vie aux côtés de Brady que je ne peux pas tout
détruire juste pour une histoire dans laquelle je ne suis sûre de rien. Ok Grey est
sexy, terriblement beau et attirant, gentil, attentionné envers moi, doux et
prévenant mais cela n’est pas suffisant pour faire le grand saut. Il est ma
kryptonite, le fruit défendu, le péché. Je ne dois plus m’en approcher.
Mes yeux s’attardent sur Brady. Il est appétissant seulement vêtu de son short
vert kaki, son torse recouvert d’une légère couche de crème solaire. Sa peau
brille au soleil et lorsqu’il frappe dans la balle tous ses muscles se contractent.
J’ai un angle de vue très appréciable ! Voilà l’homme avec lequel je vais finir ma
vie ! Brady mon mari pour le meilleur et pour le pire.
Assez maté ma grande !
J’ai retrouvé le sourire, et je compte bien profiter de cette journée en famille.
— Ah voilà la plus belle. S’écrit-il en me voyant.
— Bonjour ma petite famille, alors on s’amuse bien on dirait ?
— Oui ! Hurle Mélis.
— Papa joue comme un manche aujourd’hui maman ! Se plaint Rose.
— C’est normal les filles, votre père a un peu fait la fête hier soir ! Je ricane en
l’embrassant.
— Oh ! Ce n’est pas gentil de se moquer les filles ! Et toi tu vas me le payer ma
princesse, tu vas voir, tu vas prendre chère si je t’attrape. Me défit-il en
chuchotent dans le creux de mon oreille.
J’éclate de rire puis je me mets à courir à travers le jardin. Brady se lance à ma
poursuite, les filles crient :
— Cours maman.
— Continuez à jouer les filles, je vais attraper votre mère !
Je me réfugie dans la maison à bout de souffle. Je m’appuie sur la rampe de
l’escalier afin de reprendre ma respiration. J’entends Brady arriver en courant
derrière moi.
— Ah je t’ai trouvé ! Me dit-il en me serrant dans ses bras par derrière. Alors
comme ça on se moque de moi ?
— Moi ? Non jamais. Lui répondis-je en riant. Je me laisse aller dans ses bras. Il
sent bon, un mélange de parfum et de crème solaire.
Brady se frotte à moi tout en m’embrassant le cou.
— Humm tu sens bon… tu m’as manqué ce matin ! Et si on s’éclipse vite fait là-
haut ?
— Laisse-moi réfléchir une minute...
Brady ricane puis me porte sur son épaule pour m’emmener le plus vite possible
dans notre chambre. Je laisse échapper un cri de surprise puis je me mets à rire la
tête à l’envers. J’essaie de me débattre en lui tapant sur les fesses mais il resserre
son emprise sur mes jambes.
— Tu ne vas pas t’en tirer aussi facilement princesse !!
Brady ouvre la porte de la chambre, entre puis la referme avec son pied. Une fois
à l’intérieur, il me dépose sur le sol face à lui. Un sourire diabolique plaqué sur
le visage, il me regarde intensément. Je suis à bout de souffle. Je lui donne une
tape sur le bras en signe de protestation mais vu le sourire qu’il affiche, je sens
monter en moi un désir brûlant. Mon sang se réchauffe dans mes veines en un
éclair. Mon corps s’enflamme, j’ai terriblement chaud. Brady me caresse le
visage délicatement puis tout en me regardant dans les yeux il me chuchote :
— Je veux que tu me suces ! Je veux sentir ta bouche sur ma queue !
À ces mots si inattendus et si crus, l’excitation me gagne. Je sens mon sexe
palpiter. Je me lèche la lèvre inférieure afin de lui indiquer mon approbation
silencieuse. J’adore sentir cette peau douce et soyeuse rouler sous ma langue,
jouer avec le bout de sa queue jusqu’à ce qu’il me supplie de l’achever.
J’en ai l’eau à la bouche avant même de succomber
Brady m’embrasse à pleine bouche. Il me dévore littéralement. Il est excité
comme un jeune ado à l’idée de se faire sucer en cachette dans les toilettes du
lycée. Il bande dur sous son short, la toile kaki est tendue au maximum. Je
caresse son membre. Dans un grondement, il passe les mains dans mes cheveux
et resserre sa prise. Un petit son aigu m’échappe. Il m’incite à descendre. Je me
laisse faire avec plaisir, je parsème une route de baisers de son cou jusqu’à
l’élastique de son short puis avec une grande délicatesse je le fais glisser jusqu’à
ses genoux. Son membre se dresse droit devant mes yeux fier et prêt pour moi.
Brady laisse fuir un son de satisfaction lorsque je commence à lécher sa queue
avec le bout de ma langue
— Qu’est-ce que c’est bon.
Heureuse et fière de pouvoir le mettre dans tous ses états, je redouble d’intensité.
Je le prends en bouche jusqu’à la garde puis en fait de long et savoureux va-et-
vient tout en massant ses testicules. Brady renverse la tête en arrière en fermant
les yeux pour mieux savourer cette gâterie. Il s’accroche à mes cheveux encore
plus forts pour ne pas perdre l’équilibre.
— Oui, continu princesse, je vais jouir dans ta bouche ! Me confesse-t-il les
dents serrées par l’excitation.
Brady ne tient plus, emporté par l’extase, il me donne quelques coups de reins
secs afin que je le suce profondément. Je suis sans pitié, je le suce, je le goûte, je
le mords, je le dévore.
Je veux qu’il jouisse dans ma bouche. C’est si bon et si intense que ma petite
culotte est en feu. Mon corps bouillonne comme une cocotte-minute. Mon dieu,
il a bon goût. Je lui lèche les boules, les avale l’une après l’autre en le
masturbant. Je le tiens en équilibre au bord de la jouissance. Lorsque je le sens
prêt à jouir, je ralentis la cadence volontairement
— Charlotte ! Putain !
J’ai un petit sourire mais j’ai pitié de lui alors j’ouvre en grand la bouche et
recommence à le sucer. Il se tient toujours à mes cheveux, les doigts bien
accrochés. J’accélère le rythme puis je sens ses muscles se contracter. Il articule
à peine.
— …Ah oui …
Brady éjacule en une longue giclé tiède dans ma bouche, je ferme les yeux un
instant tellement la quantité est grande à avaler. J’en laisse couler quelques
gouttes puis une fois tout ingurgité, je me lèche les lèvres avec sensualité. Brady
me regarde essouffler de toute sa hauteur, tel un mâle victorieux.
Toujours à genoux devant lui, le regard sensuel, les lèvres gonflées par la
fellation que je viens de lui offrir, je me sens heureuse et comblée, encore plus
sexy que d’habitude, je me soumets à l’homme que j’aime.
—Tu sais que tu as une bouche en or !
— Merci, mais à charge de revanche. Tu me dois un orgasme ! Lui dis-je avec
un clin d’œil
— Je ne rêve que de ça !
Il m’aide à me relever, il me serre si fort dans ses bras que j’en ai le souffle
coupé. Je ris aux éclats puis il m’embrasse dans le cou.
— Allez rhabille toi petit pervers, c’est fini pour toi !
Satisfaite, je le contourne puis je fais claquer une de ses fesses sur ma paume de
main, Brady sursaute. Je pouffe de rire, lorsqu’il lâche un petit cri de fillette.
— On ne se moque pas madame !
Il enfile son short puis me rattrape dans le couloir à toute vitesse. Il me passe le
bras autour du cou. Nous rigolons comme deux imbéciles. Cette complicité m’a
tellement manquée ces dernières années Je n’ai fait que de me croiser toutes ces
années préoccupées à être une mère exemplaire, à être en même temps une
femme qui réussit dans son travail que j’en ai oublié l’essentiel. L’amour ! J’ai
bien failli tout perdre même si je sais que ce que j’ai fait est mal je ne veux plus
y penser, je veux avancer.
— Au fait princesse, Grey va passer tout à l’heure pour un barbecue.
Mon dieu ! Je sens mon corps se vider de mon sang en une fraction de seconde,
mon cœur bat à tout vitesse, la nausée me monte à la gorge. Je crois perdre
l’équilibre, le sol se dérobe sous mes pieds. Je ne suis pas encore prête à
affronter la réalité en face.
Brady s’immobilise. Il me regarde les sourcils froncés, avec une inquiétude
marquée sur le visage.
— Ça va princesse ? Tu es toute blanche d’un coup !
— Heu non pas trop ! J’avoue en bafouillant.
J’ai dû me relever trop vite, et je n’ai rien mangé de la journée !
J’ai les mains moites et le corps tremblant. Le choc m’a fait perdre tous mes
moyens, Comment vais-je faire ? Depuis le premier baiser chez ma belle-mère,
je ne me suis jamais retrouvée en compagnie des deux en même temps. J’ai à
chaque fois trouvé des excuses pour les éviter. Fallait bien que cela arrive un
jour mais j’aurais préféré m’y préparer à l’avance.
Brady m’aide à marcher jusqu’à la cuisine. Il me fait asseoir sur un des tabourets
du bar puis part me chercher un verre de jus d’orange. C’est en même temps le
vide total dans mon corps et la panique dans ma tête.
— Tiens bois, ça va te faire du bien ! M’ordonne t- ils en me tendant le verre.
— Merci.
Je bois d’une traite le contenu, j’ai la bouche sèche, ce qui me soulage
instantanément.
Brady me regarde inquiet.
— Ne t’inquiète pas comme ça chéri, ce n’est rien ! J’ai juste eu un vertige.
— Tu m’as fait peur, tu sais combien de fois je t’ai dit de ne pas partir le ventre
vide.
— Oui je sais, désolée !
— Aller tu vas manger un morceau avant de descendre de ce tabouret, c’est
compris ? Me prévient-il l’air sévère.
— D’accord, je crois que je n’ai pas le choix de toute façon ?
Brady me prépare un sandwich puis il me le donne avec un baiser sur le front Je
l’ai regardé faire mon sandwich avec tant d’amour que j’en ai les larmes aux
yeux. Il est si gentil, si attentionné avec moi, J’ai honte de moi. Mais qu’ai-je fait
? Je m’en veux terriblement. C’est un homme bon. Je ne le mérite pas.
Pour l’heure comment allais-je faire pour me sortir de cette impasse ? Grey allait
arriver d’un instant à l’autre et franchement je ne peux pas avoir une attitude
normale avec les deux hommes que j’aime dans la même pièce. Brady se
rendrait compte tout de suite que quelque chose ne tourne pas rond. Il faut que je
trouve une sortie de secours et vite.
Je prends une longue inspiration et me lance :
— Chéri ça te dérange si je vais me reposer ? Je ne me sens pas très bien. Je
vous laisse entre frères, tu peux gérer les filles et le barbecue ?
— Heu oui bien sur ma princesse, ne t’inquiète pas je m’occupe de tout ! Me
répond-t-il. Va te reposer.
— Merci.
Je suis soulagée. Je m’apprête à descendre du tabouret lorsque je le vois. Je n’ai
pas réagi assez vite. Grey vient d’arriver. Il se tient dans l’encadrement de la
porte fenêtre de la cuisine face à moi, un pack de bière à la main. J’ai un mal fou
à respirer tout à coup, l’air autour de moi devient infime et mes yeux restent
figés dans le regard de Grey. Il est si sexy, vêtu d’un short en jean, d’un tee-shirt
bleu marine et d’une casquette. Bordel de merde, je vais m’évanouir !
— Salut la famille ! Chante-t-il tout sourire l’air de rien.
Mais comment fait-il ça ? Je suis à deux doigts de tomber dans les pommes
tellement je manque d’oxygène. Je respire profondément et tente d’avoir un air
décontracté face à eux. Brady est placé derrière le bar en train de préparer la
viande. Heureusement pour moi, il n’a pas pu voir ma réaction lorsque Grey est
entré.
— Hey ! Frérot ça va ? Ça y est, tu es sorti du coma ? Lui balance Brady en
riant.
— Tu m’as forcé la main ! Je n’ai pas eu le choix. Tu as raccroché avant même
que je puisse dire non !
— De toute façon tu ne m’aurais pas dit non alors autant économiser notre salive
! Ricane Brady en passant à côté de lui en direction du barbecue.
— Aller radine toi loukoum ! Je ne vais pas me taper tout le boulot.
— Ok j’arrive lui crie Grey par-dessus son épaule.
Il me regarde intensément dans les yeux, rien d’autre n’a d’importance à cet
instant.
— Comment tu vas ? Me chuchote Grey, le regard compatissant.
Désolé, il ne m’a pas laissé le choix, je ne voulais pas te mettre dans l’embarras
mais je mourais d’envie de revoir ces jolis yeux.
Je reste bouche bée, pas un son ne sort de ma bouche, comment peut-il dire ça,
alors que Brady est juste à quelques mètres de nous.
— Respire Charlotte, ne t’inquiète pas je ne vais pas gâcher ta vie ! Me balance-
t-il avant d’aller rejoindre son frère dans le jardin.
Je le regarde partir, le cœur serré, assise sur mon tabouret, dans l’ombre de la
cuisine. Je reste un moment à les regarder tous les deux. Ils sont si beaux, si sexy
chacun à leur manière. Je suis réellement attirée par les deux, mais comment est-
ce possible ? Toutes ces années, j’étais persuadée que l’on pouvait aimer qu’un
seul homme à la fois, que l’amour ne se partage pas. La vie vient de me prouver
le contraire. On est toujours attiré par ce que l’on ne peut pas avoir.
Une larme coule sur ma joue. Je ne sais plus dans quelle direction aller et encore
moins comment je vais y survivre.
J’essuie mes larmes d’un revers de main, puis je jette un dernier coup d’œil aux
deux hommes de ma vie avant de retourner à l’étage pour me reposer et tenter de
me noyer dans le sommeil.
Je m’allonge sur le lit, prends dans mes bras mon oreiller. J’ai besoin de
réconfort et de douceur. Je me sens seule, vide et perdue. Personne a qui me
confier, personne pour m’aider à trouver une solution. Je regarde un long
moment le ciel par la fenêtre. Il est d’un bleu si pur que j’aimerais m’envoler et
ne plus revenir. Bercée par les chants des oiseaux, je finis par m’endormir
recroqueviller sur moi-même les larmes aux yeux et le cœur en miettes.
Chapitre 11

J e me réveille doucement, m’étire. Cette petite sieste m’a finalement fait le


plus grand bien. Il fait encore jour, le soleil est plus bas que tout à l’heure
mais la chaleur est encore pesante. Je me lève, regarde par la fenêtre. Brady
joue avec les filles. Mais où est Grey ? Est-il déjà parti ?
Je le cherche du regard dans le jardin, tend l’oreille pour écouter s’il n’est pas
dans la maison, mais rien, le silence règne. Seuls les rires de Rose et Melis me
font éco. Je ressens un mélange de soulagement et de déception, ce sentiment
commence à m’être familier. Je regarde l’heure, il n’est pas très tard. L’horloge
affiche seize heures. Je me suis endormie deux heures à peine. Je décide de
prendre une douche pour me rafraîchir. J'en ai vraiment besoin avant d’aller
affronter la réalité de ma vie. Plus les jours avancent, plus je ressens le poids de
mon écart de conduite. Je sais ce que j’ai fait. Je me déteste chaque jour que dieu
fait mais une autre partie de moi ne fait penser à Grey. Il me manque chaque
seconde. Je suis de nouveau désorientée. Mon cœur est partagé. Je veux que tout
s’arrête, rien ne sera plus comme avant
Une fois sèche et vêtue d’une petite robe d’été vert anis, je pars rejoindre Brady
et les filles dans le jardin qui rient de bon cœur. Un peu de bonne humeur me
fera le plus grand bien.
— Tiens voilà la belle au bois dormant ! Me taquine Brady en me voyant
— Je n’ai pas eu le baiser de mon prince pour me sortir de mon coma ! Ce n’est
pas normal !
— Viens par ici princesse, je vais t’en faire un ! me répond-il en me tendant les
bras.
Je me jette dans ses bras en le serrant très fort contre moi pour m’imprégner de
son amour. J’en ai besoin, besoin de me rapprocher de cet état de plénitude très
rassurant, son amour
— Tu te sens mieux ? me demande Brady
— Oui, merci de t’être occupé des filles, ça m’a fait du bien de dormir, j’en avais
vraiment besoin.
— T’en mieux. Me dit-il après m’avoir posé sur le sol.
— Ça te dit un petit rafraîchissement pendant que les filles jouent, j’ai un truc
énorme à te raconter.
Intriguée, j’acquiesce et le suis. Il m’entraine vers le salon de jardin puis me sert
un verre de jus de fruits frais.
Assis l’un à côté de l’autre, il enchaîne.
— Grey est amoureux ! Tu te rends compte ? Il y a une nana sur cette terre qui a
réussi à lui faire perdre la tête. Plaisante-t-il. Il a longtemps hésité à me le dire
mais il a enfin craché le morceau. Je me disais bien qu’il était étrange en ce
moment. Je meurs d’envie de savoir qui est cette personne ! Il m’a dit qu’il
pensait à elle constamment, jour et nuit, tu entends princesse ? Mon frangin
amoureux ? Bon il y a un problème, elle est mariée soi-disant, je me suis même
étranglé sur le coup lorsqu’il m’a balancé ça. Il aime les problèmes.
La terre vient de s’ouvrir en deux sous mes pieds. Mon heure a sonné. Le sang
afflue au niveau de mes tempes et mes mains se mettent à trembler. Prise de
panique mon verre m’échappe et se brise au sol.
— Qu’est-ce que tu as Charlotte ? Ça ne va pas ?
Qu’a-t- il dit à Brady durant cette après-midi ? Il a perdu la tête ou quoi ?
Je ressens comme un coup de poignard en plein cœur, les mots me manquent et
pourtant il faut que j’arbore un air des plus naturel face à Brady mais peine
perdu, j’en suis incapable. Je ne peux plus garder ce secret pour moi, je n’arrive
plus à jouer la comédie, je suis épuisée. Ce secret me ronge de l’intérieur. Et
franchement, il aurait fallu être aveugle pour ne pas s’en rendre compte. Je ne
peux plus vivre dans le mensonge. Il remarque mon trouble. C’est écrit sur mon
front car il comprend en un éclair que mon malaise concerne Greyson. Quand on
y regarde de plus prêt je me comporte bizarrement quand on prononce son nom
depuis quelques temps. Moi qui pensais pouvoir déjouer le destin.
Le cœur battant, je demande incrédule
— Qui est-ce ?
Le regard grave, Brady m’interroge en silence les sourcils froncés.
— En quoi est-ce si important ? Me rétorque-t-il.
Je déglutis avec beaucoup de difficultés. On y est, toute ma vie va s’écrouler
comme un château de cartes. Il sait tout. Je le vois. Il a tout compris, j’en suis
certaine. Dois-je tout avouer ? Me libérer de ce poids qui me pèse depuis
quelques mois au prix de tout perdre ? J’ai les mains tremblantes et je n’arrive
pas à regarder Brady dans les yeux. Plus rien n’est cohérent dans mon esprit. Je
n’arrive plus à sortir aucunes syllabes, je suis pétrifiée.
Je sursaute lorsqu’il s’énerve et me cri.
— Que s’est-il passé bordel ?
Je baisse la tête, des larmes me montent aux yeux encore une fois. J’ai
terriblement mal à l’intérieur de la poitrine comme si un étau me compressait la
cage thoracique. Je plaque mes mains sur ma bouche pour étouffer un sanglot.
— Je t’écoute Charlotte ! Explique-moi putain ! Je vois bien qu’il s’est passé
quelque chose, mais quoi ? Il t’a encore emmerdé ? J’ai bien remarqué que tu
esquivais à chaque fois les repas de famille, alors dis-moi ! Qu’est-ce qu’il t’a
fait encore ?
— Je …On ….
— Quoi ? Comment ça. On ? Je ne comprends pas.
La panique m’enveloppe. Je n’arrive plus à articuler le moindre mot et je vois
dans ses yeux la rage et l’incompréhension. Je sens la tempête s’amplifier entre
nous.
— Ne me dis pas que …. C’est toi ?
Je ne sais toujours pas pourquoi, mais je crache le morceau de but en blanc.
— J’ai embrassé ton frère ….
Brady écarquille les yeux, abasourdi par ce que je viens d’avouer. Je vois qu’il
ne comprend pas tout de suite et qu’il met un temps à comprendre. Sans un mot,
les yeux envahis par la colère, il se lève brusquement. Je ne sais pas s’il va me
gifler mais je tente de le retenir malgré tout par le bras. Il me repousse
violemment. Je recule, pantelante et me rattrape au dossier de la chaise pour ne
pas tomber.
— Je te demande pardon ! Lui crié-je à bout de force. On s’est juste embrassé …
rien de plus, je te jure !
Il se retourne violemment.
— Pardon ? Tu t'fous de ma gueule ! Me hurle-t-il dessus. Comment tu as pu me
trahir, et de surcroît avec mon frère ? Je n’en reviens pas, je t’ai tout donné,
pourquoi ? Pourquoi Charlotte, pourquoi lui ?
Je n’en sais rien moi-même, cette question je me la suis posée des millions de
fois sans jamais trouver de réponses.
— Donc c’est toi la femme mariée ? Ajoute-t-il en me regardant avec mépris.
Vous m’avez bien enculé tous les deux. Vous me dégoutez.
— Excuse-moi chéri. Pardonne-moi, je t’en supplie ! Je suis au bord de
l’hystérie.
— Tu oses m’appeler encore chéri ? La bonne blague ! Va donc appeler Greyson
comme ça si ça te chante, mais moi ne m’appelle plus jamais ainsi ! Putain de
merde ! Hurle-t-il en tentant de contenir sa colère.
— Attend lui, je vais lui casser la gueule à ce petit con ! Crache-t-il hors de lui.
Sur ces mots, il part au pas de charge en direction de sa voiture. Je suis paniquée.
Je cours à sa poursuite pieds nus, poussée par l’adrénaline. Je ne ressens même
pas la douleur des gravillons de l’allée sous mes pieds.
— Je t’en supplie Brady reste là ! Je lui hurle pour le dissuader de partir mais
rien ni fait. Il est dans une colère noire, rien ne peut l’arrêter
— Je suis désolée, je te jure.
Il se retourne en me pointant du doigt.
— Tu n’es pas désolée de l’avoir fait, tu es juste désolée parce que je l’ai
découvert.
Brady monte dans sa voiture comme un fou furieux puis démarre. Les roues
tournent à toutes vitesse et font voler plusieurs gravillons dans les airs. La rage
est marquée sur son visage. Je ne l’ai jamais vu dans un état pareil. La peur au
ventre, le visage décomposé, je le regarde partir malgré moi sans rien pouvoir
faire. Tout est de ma faute. Je viens de tout faire voler en éclats.
— Pardon, je te demande pardon ! Lui soufflais-je dans une prière silencieuse. À
bout de force, je tombe à genoux en sanglots dans l’allée. Je viens de prendre un
virage trop serré et je suis en train de chuter dans le ravin.

Je fais les cents pas dans la cuisine. Je tente plusieurs fois de joindre Brady au
téléphone mais en vain je tombe toujours sur sa messagerie. Ne sachant plus
quoi faire j’appelle Grey.
— Allez réponds !
Au bout de quelques secondes qui me parurent des heures Grey décroche.
— Grey ! C’est moi. Arrivé-je à articuler malgré mes sanglots.
— Qu’est-ce qu’il y a ? Demande-t-il en panique.
— Brady sait tout. Je n’ai pas pu le retenir. Il arrive ! Je t’en supplie ne rétorque
pas !
— Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ? Bordel !! Il t’a dit quoi ?
— Il est parti comme un fou, j’ai peur ! Bafouillé-je à bout de nerfs.
— Il y a combien de temps qu’il est parti ? Ne t’inquiète pas on va s’expliquer
tranquillement. Tout est ma faute Charlotte, je lui dirais, tu n’y es pour rien. Je
vais tout arranger. Tente-t-il pour me calmer.
— Il est partit il y a trente minutes maintenant !
— Comment ça trente minutes, tu es sure ?
— Oui ! Dis-je d’une petite voix.
— Pourquoi n’est-il pas encore devant ma porte ? On habite à quoi …quinze
minutes. S’inquiète Grey.
— Je n’en sais rien, je sais juste qu’il était furieux, hors de lui.
— Je vais voir, attend mon appel ne bouge pas au cas où il rentrerait.
— D’accord.
Chapitre 12

éponds, je t’en prie ! Je pris intérieurement. Je suis angoissée, au bord


—R de la crise de nerfs. Personne ne répond au téléphone, ni Grey ni Brady
et cela m’est insupportable de ne pas savoir ce qu’il se passe. Plus de
deux heures se sont écoulés depuis le dernier coup de file passé à Grey afin de
l’avertir de la situation et depuis plus de son plus d’image.
Je fais les cent pas dans la cuisine. Je tourne en rond comme un lion en cage le
téléphone à la main au cas où l’un d’entre eux me rappellerait. Mais en vain, une
fois de plus je tombe sur la messagerie. Excédée et prise d’une colère noire, je
jette le téléphone à travers la pièce, qui se brise en un bruit sourd lorsqu’il heurte
le sol.
— Et merde ! Hurlé-je.
Ma vie est en train de me filer entre les doigts comme du sable sans que je ne
puisse faire quoi que ce soit.
Étaient-ils en train de se battre ou de discuter ? Grey a peut-être réussi à le
calmer et à lui expliquer la situation. Que c’était une erreur. Une folie ! Et que
cela ne se reproduirait pas. Des multitudes de questions viennent m’embrouiller
l’esprit. Je suis littéralement perdue. C’est la première fois, la toute première fois
que je trompe Brady. J’ai toujours eu d’yeux que pour lui. On était fou amoureux
l’un de l’autre depuis toutes ces années, jamais un nuage au tableau. Je l’aime
encore terriblement et le fait de l’avoir trahi de la sorte me ronge de l’intérieur.
J’ai honte de moi mais qu’est-ce qui m’est passée par la tête ce jour-là ? J’ai tout
gâché. J'ai trahi Brady, le seul homme qui m’aime d’un amour passionné.
Les larmes ne cessent de couler sur mon visage. Les yeux rouges et gonflés,
l’estomac noué par l’angoisse je ne sais plus quoi faire. Grey m’a demandé
d’attendre à la maison le retour de Brady mais c’est une torture de plus à mon
châtiment. Les minutes me paraissent des heures et sans nouvelles, je meurs
d’envie de les rejoindre pour avoir le verdict de ma sentence. Brady va
certainement demander le divorce, la garde des filles et les parts de sa société.
Comment vais-je vivre sans lui, perdre tout ce qu’on a construit à deux, perdre
tout simplement son amour ? Personne sur terre ne pourra m’aimer comme lui !
Fatiguée d’arpenter les pièces de la maison en attendant un signe de vie de leurs
parts, je m’assoie sur le pas de la porte d’entrée. Le soleil entame sa descente
vers l’horizon. Il fait bon mais j’ai la chair de poule, je tremble comme une
feuille morte en automne. Je ramène mes genoux contre ma poitrine puis les
entoure de mes bras que je serre le plus fort possible. Les yeux fixés vers la rue,
je prie pour que Brady me pardonne et qu’il rentre à la maison. L’attente est
interminable, comme une épée de Damoclès au-dessus de ma tête. C’est
insupportable. Va-t-il me quitter ou va-t-il me pardonner ? Une profonde douleur
atteint les recoins de mon cœur dont j’ignorais l’existence et le brise de
l’intérieur.
J’ai terriblement peur de le perdre pour toujours. Je me redresse lorsque
j’aperçois la voiture de Grey remonter l’allée le cœur battant. Je descends les
trois marches du perron et m’avance à sa rencontre. Il se gare devant la maison.
Il ne descend pas tout de suite. Grey me regarde à travers le pare-brise, le visage
livide. Je le vois balayer sa joue d’un revers de main. Mon cœur s’arrête. Je ne
bouge pas d’un centimètre, mes jambes me tiennent à peine, je reste plantée là,
sans trop savoir quoi faire, j’ai peur. J’ai peur d’affronter la vérité. Les bras
ballants, le menton tremblant, je tente de contenir mes larmes.
Je le regarde. J’essaie de lire sur son faciès le récit de leur altercation. Nos yeux
ne se quittent pas, soudé dans la peur, je suis incapable de quitter son regard. Il
est blême. Il n’a plus aucune expression sur le visage. L’angoisse me prend les
tripes. J’ai tout à coup envie de vomir.
Quelque chose a dû se passer ? Je n’ai jamais vu Grey dans un état pareil. Ce
sont-ils battus ?
Grey sort du véhicule péniblement, les yeux rouges, le teint livide. Il s’avance.
Planté devant moi, la tête baissée, la mâchoire crispée, il n’arrive pas à articuler
le moindre mot. L’effroi marque son visage. Je suis pétrifiée.
Je brise ce silence insoutenable.
— Que s’est-il passé ? Tu me fais peur Grey !
Il me quitte ? Lui demandé-je en larmes, la gorge nouée. Il ne veut plus de moi
dans sa vie, j’ai tout gâché, je suis une vraie salope ! Putain de merde ! Mais tu
lui as bien dit que c’était une erreur, que c’est l’homme de ma vie, que je regrette
ce que j’ai fait ! S’il te plait dit moi qu’il va revenir, dis-moi quelque chose
bordel, parle ! Je l’aime à en crever Grey ! Réponds-moi !
— Viens on va rentrer à l’intérieur. Bafouille-t-il en me prenant par les épaules.
— Non je veux savoir tout de suite ce qu’il ta dit ! Je m’énerve.
Grey prend mes mains avec tendresse puis ferme les yeux un instant. Je
m’attends à ce qu’il me dise que Brady me quitte. Ils les ouvrent, mais ses yeux
reflètent la tristesse et le désespoir. Je le vois tressaillir.
— Brady ……a eu un …accident Charlotte ! Sa voie est saccadée, tremblante,
au bord de la rupture.
— Quoi ? Mais où est-il ? Comment va-t-il ? Lui hurlé-je dessus hystérique et
paniqué. Emmène-moi à l’hôpital s’il te plait !
Je le tire par le bras mais je comprends qu’il se passe quelque chose de plus
grave lorsqu’il me prend par les épaules fermement et me fixe du mieux qu’il
peut dans les yeux.
— Non Charlotte, attends ! Reprend-t-il la voix vacillante, il faut que je te dise
…. Grey inspire une nouvelle fois péniblement, entrouvre la bouche mais les
mots ne veulent pas sortir.
— Quoi Grey ? Mais parle bon sang !
— Je suis désolé. Il est… mort Charlotte ! Quand tu m’as appelé, je me suis
précipité dans la rue. Les ambulances sont passées devant moi à toute vitesse,
c’est là que j’ai compris qu’il s'était passé quelque chose de grave. J’ai couru
vers le lieu de l’accident et j’ai reconnu sa voiture. Je suis désolé Charlotte. Tout
est ma faute.
Je crois mourir foudroyé.
Peu importe où tu te trouves lorsque l’on t’annonce la mort d’un proche, le
choc est si brutal, la douleur si forte, qu’elle s’empare de toi dans chaque
centimètre carré de ta peau, de ta chair, dans tous les organes de ton corps. Ça
fait tellement mal que ton cerveau refuse la vérité. Tu es en état de choc. Tu
essaies de comprendre le sens de la phrase, tu la retournes dans tous les sens
pour être certaine d’avoir bien compris et là …quand il n’y a qu’un seul et
unique sens à cette putain de phrase, que tu comprends parfaitement ce qui vient
de se briser en toi, le sol s’ouvre sous tes pieds. Ensuite une boule se forme dans
ta gorge, tes yeux te piquent, te brûlent, se remplissent de larmes. Tu as envie de
crier et tu finis par hurler ta douleur pour l’évacuer tellement la douleur prend
trop de place dans ton cœur.
Cette phrase reste un long moment en suspend dans l’air, flottant entre nous.
Grey me laisse le temps d’assimiler ce qu’il vient de me dire.
Le choc se marque sur mon visage, un lourd silence s’abat sur nos épaules. Le
temps se fige. Les yeux dans les yeux, Grey affronte ma douleur sans ciller.
Nous sommes abattus. Il reste muet, seul ses yeux expriment sa douleur, son
chagrin et sa compassion.
Je m’effondre sur le sol en hurlant de douleur. Grey s’agenouille à mes côtés
bouleverser. Il est tout autant désemparé que moi, perdu ne sachant plus quoi
faire pour me consoler. Il me prend dans ses bras puis me berce doucement.
— Je suis désolé. Répète-t-il en me donnant des baisers sur les cheveux. Je crie.
Je hurle enfouie dans ses bras.
Les tripes retournées par le choc, la nausée ne me quitte plus. Je reste un long
moment blottie contre lui. J’ai froid. Je tremble. Mes nerfs lâchent ! Je veux
mourir.
Le soleil se couche, il commence à faire sombre dans les rues de Paris, les
ténèbres ont pris possession de mon corps et de mon âme. Ma vie vient de
basculer en enfer.
Chapitre 13

P lusieurs mois se sont écoulés depuis l’enterrement de Brady. Ça a été le


jour le plus horrible de toute ma vie, un dernier adieu, un dernier baiser
sur une peau blanchie, dure et froide, un corps inerte et sans vie.
Je ne suis plus que l’ombre de moi-même. J’ai coupé tout contact avec les
membres de sa famille depuis ce jour. Personne n’a compris mise à part
Greyson. J’ai attendu l’enterrement pour péter un plomb. Greyson n’arrêtait pas
de vouloir se rendre utile mais le mal était fait. Je ne voulais plus rien avoir avec
lui. Le soir même, c’est sur lui que j’ai déverser toute ma colère et ma rage.
Tout le monde venait de partir. Il ne restait plus que lui et moi, nous rangons la
maison. Je pleurais toutes les larmes de mon corps un sac poubelle à la main en
train de débarrasser les tables quand il a voulu me consoler. Je l’ai repoussé
violemment. On s’est disputé. Je l’ai insulté et je lui ai dit de sortir de ma vie,
qu’il avait fichu ma vie en l’air et que par sa faute, j’avais perdu l’homme de ma
vie. Je lui ai craché tout mon venin. Il a claqué la porte ce soir-là et je ne l’ai plus
jamais revue.
J’erre dans la maison. Plus aucune vie ne m’habite. J’ai tellement maigri que je
n’ai plus que la peau sur les os. Je suis insomniaque et complètement droguée
par les médicaments contre la dépression que mon médecin m’a prescrits. Ma
vie a basculé dans l’enfer ce fameux dimanche où Brady a perdu la vie. J’ai fait
un pacte avec Lucifer ce jour-là.
Je refuse d’ouvrir la porte à qui que ce soit. J’ignore le monde extérieur. J’ai
abandonné ma société et par-dessus tous mes filles sont parties vivre chez leurs
grands-parents. J’ai un mal fou à m’occuper de moi-même alors de deux petites
filles, n’en parlons pas. Je suis un zombie le jour comme la nuit.
Je n’arrive pas à surmonter mon chagrin, ma peine me ronge de l’intérieur. Ça
me bouffe, me grignote comme une gant graine. Je passe mes nuits à pleurer, à
me tordre de douleurs. J’ai passé des jours à boire afin d’oublier ce mal
persistant, mais rien ni fait, chaque jour qui suit est encore pire. La dur et triste
réalité de ma vie me frappe de plein fouet chaque matin au réveil. Je suis devenu
une épave, droguée et limite alcoolique. Je touche le fond. Je m’en rends compte
mais je m’en fous royalement. Je suis dévorée par des forces obscures.
Comment continuer à vivre sans l’homme de sa vie ? Plus rien n’a d’importance
à mes yeux. Je suis brisée. Le destin m’a mis à terre.

Allongée sur le dos, les bras étendus à même le sol, sur la moquette grise du
bureau de Brady, vêtue d’un peignoir molletonné, d’un pyjama en coton informe,
sentant la sueur et d’une grosse paire de chaussettes la même tenue depuis des
jours, je scrute le plafond entre deux battements de cils plutôt lourds. Ma tête
tourne et je vois flou.
C’est devenu ma pièce de recueillement, l’endroit où je peux encore sentir son
odeur, marcher sur ses pas ou encore m'asseoir dans son fauteuil en cuir et
entendre ce bruit familier du cuir qui craque lorsqu’il s’asseyait dessus. Je ne
veux pas l’oublier. Je veux m’imprégner de son empreinte.
Je regarde les photos de nous accrocher aux murs, heureux, le sourire aux lèvres
avant ce putain d’accident, ce foutu carambolage qui a tout emporté sur son
passage, la joie, le bonheur, les rires, nos sourires et surtout notre amour. Tout a
disparu six pieds sous terre par ma faute. Je pleure poignardée par la douleur. Je
me demande même où j’arrive encore à trouver toute ces larmes. Je suis
légèrement dans les vapes, enfin soyons juste, plutôt bourrée, allongée sur le sol,
droguée aux antidépresseurs.
Des pas lourds se rapprochent et une voix familière me sort de mon coma.
Quelqu’un m’appelle ! Mais qui ? Brady ?
—Brady c’est toi ? Je demande d’une petite voix enrouée.
Je me relève péniblement mais trébuche sous l’effet des médicaments mélangés
à l’alcool. Ma tête tourne et tout autour de moi vacille.
Je tombe à genoux sur le seuil de la porte du bureau comme une vieille loque.
Je relève la tête difficilement et c’est là que j’aperçois une silhouette sombre et
floue d’un homme debout devant moi. Il me regarde. Cette carrure m’est
familière, les cheveux bruns, les épaules larges et musclés. Des mains puissantes
me tendent de l’aide. C’est mon mélange suicidaire qui me joue des tours ? Je
deviens folle au point de voir des êtres venus d’ailleurs me tenir compagnie ? Ou
je suis passée de l’autre côté et un ange vient me chercher ?
— Brady ?
— Chut ! Je vais m’occuper de toi maintenant !
Étrangement, je ne me sens pas en danger, bien au contraire, cet homme m’est
intime. Je me laisse faire, épuisée. Je perds littéralement le contrôle. Je n’ai plus
aucune force, molle comme une chique.
Cet homme me porte avec douceur jusqu’à l’étage. Il me serre contre son torse
en un geste protecteur. Je pose ma tête sur son épaule bien trop fatiguée pour
protester ou pour me débattre. Si cet homme n’était cependant pas là pour
m’aider et plutôt pour me violer ou me tuer et bien, il me soulagerait. Qu’on en
finisse une bonne fois pour toute. Je suis fatiguée de me battre contre ma
douleur, mes remords. Au diable ma vie, qu’il fasse de moi ce qu’il veut !
Mais son odeur réveille en moi des souvenirs profondément enfouis. Je connais
ce parfum ! Je connais cet homme ! J’inspire profondément son cou plusieurs
fois.
C’est une fois qu’il me dépose avec délicatesse sur le carrelage froid de la salle
de bain que je le reconnais.
— Grey ? Lui demandais-je surprise en battant des cils plusieurs fois pour
effacer le brouillard dans mes yeux.
Sans un mot, il fait couler l’eau de la baignoire et y met quelques gouttes d’huile
de jasmin.
Je ne bouge pas d’un centimètre. Je le regarde les yeux embrumés, le corps mou
comme une poupée de chiffon. Plus aucune réaction ne vit dans mon petit corps
tout frêle depuis bien longtemps.
— Oui c’est moi mon bébé ! Je vais m’occuper de toi, ne te fais plus de souci !
Grey entreprend de me déshabiller tout doucement. Il me chuchote des mots
rassurants sans jamais me quitter du regard. Je lis dans ses yeux de l’inquiétude
et une telle douceur que mon cœur se serre.
Il dénoue mon peignoir puis le fait glisser de mes épaules. Je frissonne.
— Ne t’inquiète pas Charlotte, je suis là ! Tu vas prendre un bain chaud.
Lèves les bras, on va retirer ton haut …voilà c’est très bien !
Je m’exécute sans un mot.
Grey s’agenouille face à moi puis fait glisser mon pantalon de pyjama jusqu’à
mes chevilles. Machinalement, je lève chaque pied l’un après l’autre.
Je me retrouve entièrement nue. La vapeur enveloppe la pièce d’une chaleur
apaisante. Je le vois néanmoins fermer les yeux une demi seconde. Ce qu’il voit
lui tord les entrailles. Je suis si maigre que l’on peut compter mes côtes à travers
ma peau.
— Viens ! Me chuchote-t-il en me donnant la main.
Vas-y, monte Charlotte, ça va ? Ce n’est pas trop chaud ?
J’acquiesce d’un signe de tête. Puis je me laisse glisser au fond de la baignoire.
Je laisse échapper un soupir de contentement en fermant les yeux.
Qu’est-ce que ça fait du bien ! À quand remonte ma dernière douche en fait j’ai
oublié ?

Grey me contemple assis sur le rebord de la baignoire un demi sourire aux


lèvres. Il m’effleure la joue du bout des doigts délicatement comme une plume
sur ma peau.
Durant des mois, j’ai refusé de le voir. C’était au-dessus de mes forces. Je lui en
voulais terriblement. Tout était de sa faute, enfin c’est-ce que je croyais. Jusqu’à
aujourd’hui. Il est revenu, rien que pour moi, malgré toutes les horreurs que je
lui ai dites.
Le destin a fait en sorte que nos chemins se croisent. Peut- être un peu trop tôt et
dans de mauvaises circonstances mais nos vies étaient liées qu’on le veuille ou
non.
Je lui ai souvent reproché la mort de Brady. Je l’ai insulté de tous les noms,
rongée par la colère, en silence il a accepté ma colère. J’ai eu besoin de
quelqu’un pour me défouler, évacuer toute mon agressivité et c’était sur lui que
j’ai décidé de le faire. Si seulement, il n’avait pas commencé à jouer avec moi,
rien de tout ça ne serait arrivé. Enfin qui sait ? C’était peut- être écrit quelque
part ?
J’ouvre les yeux doucement. Grey commence à me savonner. J’ai un
mouvement de recul, il s'interrompt.
— Laisse toi faire Charlotte. Me chuchote- t-il.
Je sens mon cœur se serrer par cet acte si gentil, si intime et attentionné. Je
soupire puis je souris faiblement, lasse et fatiguée. Il plonge sa main sous l’eau,
me prend le pied en douceur et me le savonne en appuyant sur différentes zones
pour me détendre. Mes yeux se révulsent de bien-être.
Je me sens éperdument seule et ravagée par le chagrin. Je n’ai laissé personne
prendre soin de moi car je pensais qu’après ce que j’avais fait à Brady, je
méritais d’avoir mon mal. Ma souffrance était ma punition pour le reste de mes
jours. Une sentence bien méritée.
À bout de force après des mois de souffrance et de solitude, je baisse les armes
et je le laisse prendre soin de moi. J’en ai besoin avant que les ténèbres
m’attrapent pour de bon.
Grey m’installe sur le lit, bien envelopper dans un peignoir blanc molletonné. Il
me borde puis me remonte la couverture jusqu’au menton. Il me dépose un
baiser sur le front puis me chuchote :
— Endors toi ma belle, je serais là quand tu te réveilleras. Ne t’inquiète pas, tu
n’es plus seule ! Dors maintenant ! Tu as besoin de repos.
Je le regarde reconnaissante, incapable de prononcer le moindre mot. Je lui fais
un léger signe de tête en signe d’approbation silencieuse. Je suis incapable de
dire quoi que ce soit, perdue et complètement chamboulée. Je n’arrive plus à
avoir une seule pensée cohérente depuis bien longtemps. Dois-je accepter son
aide ? Le laisser revenir dans ma vie ?
Fatiguée par tant de questions, je cesse de penser et me laisse partir emmitoufler
dans la couette. Grey me caresse les cheveux avec beaucoup de tendresse
jusqu’à ce que je lâche prise et m’endors profondément.
Je me réveille en sursaut. Il fait nuit et je suis complètement déboussolée.
Où suis-je ? Quelle heure est-il ? Comment suis-je arrivé là ?
Je me redresse sur les coudes, secoues la tête puis tend l’oreille. J’entends du
bruit dans la maison. Il y a quelqu’un ? Encore vaseuse, je fronce les sourcils et
j’essaie de comprendre. Je rassemble mes esprits encore embrumés par le
sommeil et un fond de gueule de bois puis en quelques secondes, je me rappelle
enfin de tout !
Il m’a surpris par terre dans le bureau à moitié les quatre fers en l’air, qu’elle
élégance ! Je me souviens du bain, de sa douceur, de sa délicatesse. Il m’a
chuchoté des mots doux pour me rassurer ….
— Grey !! Soupiré-je soulagé et attendrie.
Je me lève doucement. Ma tête tourne légèrement. Je prends appui sur le rebord
du lit pour me lever puis avance prudemment vers le couloir. Une odeur
délicieuse flotte dans la maison ce qui réveille mon estomac. Ça fait des jours
voir des semaines que je n’ai pas mangé quelque chose. J’hume avec délice ce
doux parfum de viande rôti qui me chatouille les narines. Et pour la première
fois depuis bien longtemps, j’ai faim. Je descends les escaliers avec précaution
car je me sens encore faible et je ne veux pas me vautrer encore une fois sous ses
yeux.
Une lumière douce et chaleureuse vient en direction de la cuisine. J’avance
sans bruit les pieds nus sur le parquet. Je regarde l’homme qui s’affaire dans ma
cuisine. Cette image me retourne le cœur. Des souvenirs de Brady refont surface.
Ils se ressemblent beaucoup, beaucoup trop. La même taille, la même carrure, les
pommettes saillantes, la peau mate …. Et très surprenant, ils sifflotent tous les
deux de la même manière lorsqu’ils sont aux fourneaux. Je sens une larme couler
sur ma joue. Des souvenirs au goût amer remontent à la surface venant caresser
mes doutes les plus incertains. Je ne pourrais jamais effacer mes actes, revenir en
arrière, me faire pardonner, lui dire combien je l’aimais, combien je l’aime
encore. Il me manque terriblement, à chaque instant. Un vide s’est creusé en moi
et jamais je ne le comblerais. C’est tellement douloureux que part moment je
suis envahie par une envie de mourir. J’y ai songé à plusieurs reprises, pour que
tout ça cesse, mais le manque de courage m’en a empêché.
Comment continuer à vivre sans l’homme de sa vie ? Sans personne sur qui
compter ? Et encore pire vivre avec la honte et la culpabilité ancrées dans les
moindres recoins de ses entrailles.
J’essuie ma joue avec le revers de mon peignoir puis inspire profondément avant
de pénétrer dans la cuisine. Grey a l’air de s’être donné beaucoup de mal pour
moi ce soir. Je ne veux pas le décevoir. Dans le fond, c’est un homme attentionné
et gentil envers moi, tout le contraire de ce qu’il peut paraître en public.
Lui aussi doit s’en vouloir, lui aussi doit avoir mal et pourtant il est là, à vouloir
s’occuper de moi.
— Ça sent bon ! Lui dis-je à voix basse, adossée sur le bâti de porte, les bras
croisés contre ma poitrine.
Grey sursaute, ce qui m’amuse. Il ne m’a pas entendu descendre concentrer sur
son dessert.
— Oh ! Tu es réveillée ! J’espère que tu as faim. J’ai préparé le dîner.
— Je ne savais pas que tu savais cuisiner.
— Il y a beaucoup de choses que tu ignores sur moi Charlotte ! Me répond-t-il
avec un léger sourire aux lèvres.
— Je vois ça ! Après quelques minutes à l’observer, je le remercie du bout des
lèvres dans un souffle. Un merci à peine audible. Je veux qu’il sache combien je
suis reconnaissante de tous ses efforts pour me supporter.
Grey me regarde dans les yeux surpris puis il me demande :
— Merci ? Pourquoi ? Tu n’as pas à me remercier Charlotte. C’est moi qui
devrais m’excuser de ne pas être venu plutôt. Je m’en veux terriblement tu sais !
J’aurais dû insister et …
— Non ! Arrête …je l'interrompt. Tu n’y es pour rien. Je ne mérite pas ton aide
et l’aide de personne d’ailleurs ! Je mérite le mal qui me consume.
— Ne dis pas ça ! Personne ne mérite quoi que ce soit et encore moins toi !
Rétorque-t-il. Tu t’en veux, je comprends, moi aussi je m’en veux ! Mais
personne n’est au courant, personne ne sait pour nous ! Tu n’as pas à t’en faire
pour ça, Brady était en colère c’est vrai et c’était normale mais jamais il n’aurait
voulu te voir comme ça. Jamais ! Je suis même sûr qu’il t’a pardonné. Il t’aimait
plus que sa propre vie. Arrête de te faire autant de mal Charlotte !
Grey contourne l'ilot central pour se diriger d’un pas lent et assuré vers moi. Je
suis toujours adossée à la porte. Il ne me quitte pas du regard une seule seconde
puis il me prend les mains en douceur et les serre délicatement. Gênée, je baisse
le regard le cœur lourd.
— S’il te plait regarde-moi ! Me murmure-t-il d’une voix suave. Je veux juste
prendre soin de toi, rien de plus ! Laisse-moi m’occuper de toi Charlotte, j’en ai
besoin.
De l’index, Grey me relève le menton pour que nos regards se croisent. J’ai les
yeux remplis de larmes. Je ne veux pas pleurer, pas maintenant, pas ce soir. Je ne
veux pas tout gâcher.
— Tu as juste à me faire un signe de tête. Dis-moi oui ! Reprend-il de sa voix
douce et rassurante.
Les secondes s’écoulent. Il voit dans mes yeux une lueur d’espoir qui disparait
aussi vite qu’elle est apparue, je ne m’autorise pas ce sentiment mais il poursuit :
— Charlotte laisse parler ton cœur. Laisse-toi aller. Je te veux aucun mal et tu le
sais. Je désire juste prendre soin de toi ! Si seulement je pouvais t’enlever ton
chagrin ? Tu ne mérites pas cette souffrance. Tu es une femme extraordinaire et
pleine de joie et pétillante. J’aime ton sourire, j’aime t’entendre rire mais pour
l’heure, je ne vois que de la douleur en toi et ça me met à genoux à chaque fois
que je te regarde. Je suis désemparé par ton chagrin.

Je ne quitte pas son regard. Je cherche désespérément une réponse. Je combats


contre mes sentiments : la raison, la colère, le chagrin, le vide béant à l’intérieur
de moi. Pourra-t-il m’aider ? Où va-t-il m’achever ?
Je n’en sais strictement rien. Seul l’avenir nous le dira…et à cette heure-ci, j’ai
juste besoin de souffler, de me reposer sur quelqu’un et ce quelqu’un c’est lui !
Je me contente de hocher la tête de haut en bas. Des larmes coulent sur mon
visage encore et encore. Elles ne cessent de couler. Je crois que je pourrais
remplir une piscine olympique avec toute cette eau salée, bon sang ! Je suis
devenu une épave, une loque, une pauvre fille.
— Viens là, ne pleure plus ma belle. Me dit-il en me serrant dans ses bras le
temps que je me calme.
— Tu veux manger un morceau ? Me demande-t-il gentiment en me replaçant
une mèche de cheveux derrière l’oreille.
— Oui je veux bien, ça sent bon.
— Alors installe-toi, je m’occupe de tout !
Grey m’invite à m’assoir sur le tabouret du bar puis une fois installée, il fait
mine d’être le serveur. Ce qui m’amuse. Grey pose un torchon blanc sur son
avant -bras comme le font les serveurs dans les grands restaurants et imite leurs
gestes de courtoisie.
— Madame ! Grey pose une assiette devant moi puis commence à m'annoncer le
contenue :
— Je vous propose un suprême de poulet rôti sur son lit de poivrons rouges et
comme accompagnement un écrasé de pommes de terre.
Il me fait une révérence puis va se placer sur le tabouret en face de moi. Je souris
pour la première fois depuis bien longtemps. Je suis ravie de sa présence. Certes
c’est un peu étrange comme situation mais j’aime qu’il soit là. Je me sens en
sécurité et surtout moins seule. J’ai le sentiment que Grey me comprend. Je n’ai
pas besoin de parler pour qu’il devine ce que je ressens. Il est si attentionné avec
moi aujourd’hui. Je trouve cela très touchant. Il m’a fait prendre un bain, m’a
bordé puis il m’a pris dans ses bras en attendant que je m’endorme. Maintenant
nous allons dîner rien que lui et moi. En y pensant, cela me met légèrement mal
à l’aise. Il a eu des gestes si intimes, des gestes que seul Brady a eu envers moi.
Le feu me monte aux joues.
— Mange ça va être froid ! M’ordonne- t-il, en me faisant les gros yeux.
Je m’exécute. L’odeur alléchante de mon assiette me fait gargouiller l’estomac.
Ça sent divinement bon et je meurs de faim.
— C’est délicieux Grey ! Jamais je n’aurais cru que tu savais cuisiner de si bons
petits plats ! En tous les cas merci beaucoup pour tout ce que tu fais ! Lui dis-je
gênée mais reconnaissante. Je baisse la tête sur mon assiette en tentant de
dissimuler mon embarras.
— Ravi que ça te plaise mais je te demande d’arrêter de me remercier Charlotte,
c’est tout naturel que je sois là avec toi. Tu as besoin que l’on s’occupe de toi car
tu ne vas pas bien du tout et je te préviens maintenant, je ne vais pas te lâcher de
sitôt ! Tu vas devoir me supporter encore longtemps …enfin jusqu’à ce que tu
ailles mieux !
J’écarquille les yeux, bouche bée.
— Heu ….
— Il n’y a pas de heu… Rétorque-t-il amusé. On ne discute pas. Je reste ici un
point c’est tout !
— Ce n’est pas possible Grey ! Je te remercie mais c’est au-dessus de mes
forces, tu ne peux pas rester ici ! M’emporté-je d’un coup.
— Comment ça ? Je ne comprends pas Charlotte. Explique-toi !
— C’est encore trop tôt. Lui bafouillé-je la tête baissée. Tout à l’heure, lorsque je
suis descendue et que je t’ai vu dans la cuisine. J’ai cru un instant que c’était …
Brady ! Tu comprends ? Te voir ici tous les jours, ne va pas m’aider ! Finis-je
par avouer.
Je sens monter des larmes encore une fois. Je commence à voir flou tout ce qui
m’entoure. Non, je ne veux pas pleurer, non pas encore bon sang ! Mais cette
boule que je ressens trop souvent se forme dans ma gorge et je sais que je ne
peux pas retenir cette nouvelle vague de tristesse alors je plaque mes mains sur
mon visage, Ne supportant pas son regard sur moi. Je suis incapable de me
contrôler. Je fonds en larmes.

Grey se passe les mains dans les cheveux nerveux et impuissant face à ma
douleur. Comment pourrait-il m’aider si je vois Brady en lui ?
Il fait le tour de l'îlot puis incertain, me passe les bras autour de mes épaules. Je
sanglote. Ses bras puissants, sa chaleur me réconforte. Je me laisse aller contre
son torse. Son parfum me fait fondre. Mon dieu pourquoi m’infliger tout ça ?
— On va trouver une solution. Ne t’en fais pas ! Me souffle- t-il dans le creux de
l‘oreille. Il me berce légèrement avec tendresse, le temps que je cesse de pleurer
encore une fois.
Il me retourne face à lui et m’oblige à le regarder en me relevant le menton avec
délicatesse.
— Regarde-moi Charlotte ! Je ne suis pas Brady …je ne le serais jamais ! Nous
avons certainement les mêmes manières ou certains traits de ressemblances ce
qui est logique, c’était mon frère, mais jamais je ne prendrais sa place ! Je veux
simplement d’aider à surmonter ta peine car seule tu n’y arrive pas ! Cela fait
maintenant trois mois qu’il nous a quitté. Tu dois reprendre le dessus Charlotte !
Que tu le veuille ou non, même si ça risque de te faire mal, je vais rester ici avec
toi car mon frère n’aurait pas aimé que je te laisse souffrir. Il me botterait le cul
s’il pouvait.
Je suis complètement perdu, trop de choses se mélangent dans mon esprit. J’ai
besoin de lui mais sa présence me fait tellement de mal.
Doit-on souffrir pour guérir ? Un mal pour un bien ? Proverbe à la con !
— J’ai trop mal Grey ! Je m’en veux terriblement ! Comment fais-tu pour
continuer à vivre ?
Grey me prend le visage à deux mains, me regarde de ses yeux noisette et
m’essuie-les quelques larmes de ses pouces puis me chuchote :
— Je t’ai …toi ! Tu es ma raison de continuer. Tu me donnes la force de voir
l’avenir tous les jours un peu plus loin. Je m’en veux autant que toi mais même
si je pouvais revenir en arrière, je n’effacerais pas notre baisser. Alors je
t’attendrais toute ma vie s’il le faut.
Je suis bouleversée et émue par ce qu’il vient de me confesser.
C’est vrai, je souffre terriblement de la disparition de Brady mais je souffre
également de ne pas pouvoir accepter l’amour que Grey veut me donner. Je
n’arrive pas à me pardonner mon erreur et pourtant j’aimerais me laisser porter
par la vie avec lui.
Il y a encore trois mois en arrière, j’avais dû faire un choix, refouler mes désirs,
les enfouir au plus profond de moi-même pour ne pas gâcher mon mariage mais
maintenant … aujourd’hui … ?
La vie me donne t- elle une seconde chance ? Elle est là ma deuxième chance,
devant mes yeux, en train de me tenir le visage avec amour et pour couronner le
tout, il vient de m’avouer le fond de son âme encore une fois. Il ne cesse de me
répéter son amour pour moi.
Dois-je me laissr aller sans réfléchir ? De toute façon que peut-il m’arriver de
pire ? Avoir mal ? J’ai déjà mal ! J’ai déjà touché le fond alors un peu plus ou un
peu moins …
Toutes mes barrières, tous les murs que je me suis construit contre lui,
s’effondre en une fraction de seconde. Je veux être aimé, ne plus me sentir seule.
J’ai besoin de lui. Je sais que tout changement est difficile au début, compliqué
au milieu et magnifique à la fin. Une pointe d’espoir nait en moi, elle me donne
des ailes. On ne choisit pas qui on aime, c’est notre cœur qui le décide à notre
place.
J’inspire profondément puis dans un élan de confiance, je m’approche
délicatement de sa bouche qui n’est qu’à quelques centimètres de la mienne. Nos
lèvres se touchent. Mes yeux se ferment instinctivement sous l’effet de ce
contact si doux et attentionné. Embarqués par le flot de notre attirance, notre
besoin de réconfort, nous nous embrassons avec fougue. Nous nous dévorons la
bouche, nos langues se touchent et s’entremêlent. Je lui mords la lèvre inférieure
accompagné d’un grondement puis Grey, glisse ses mains sous mon peignoir. Il
me caresse les épaules, la nuque tout en continuant à m’offrir le plus sensuel des
baisers
Pris dans un tourbillon passionnel, incontrôlable et désespéré Grey se plaque
contre moi puis entreprend d’ouvrir mon peignoir dévoilant ma poitrine
fièrement dressée contre son torse.
Je me sens brusquement gênée d’être découverte ainsi face à lui. Cette sensation
de peau nue soudaine m’embarrasse. Un trouble s’empare de moi. Pourquoi ?
Non, pas ici, pas dans cette cuisine. Pas dans notre maison ! Je n’ai pas le droit !
Je m’arrête net, ouvre les yeux puis le repousse violement. Grey interloqué et
surprit perd l’équilibre.
— Oh ! Qu’est-ce qui t’arrive ? Me demande-t-il étonné.
— Je ne peux pas ! Je t’en prie laisse-moi t’oublier, c’est préférable Grey ! Je ne
peux pas lui faire ça !
La colère monte dans ses veines. Je le vois serrer les poings. La mâchoire
crispée, il me regarde droit dans les yeux et me répond sèchement.
— Arrête bon sang ! Tu ne peux plus rien lui faire dorénavant, il est mort !!! Tu
entends …il est mort Charlotte !! Tout ce que tu feras maintenant n’y changera
plus rien !
Il est hors de lui. Il se passe les mains dans les cheveux nerveusement, tout en
débitant une bordée de jurons. Il me fait peur.
— Qu’est-ce que je dois faire pour te convaincre ? Dis-le-moi je t’en supplie
Charlotte. Car là je suis perdu. C’est toi qui viens de m’embrasser, alors explique
moi pourquoi tu me repousses encore une fois ?
Dans l’incapacité d’expliquer mon geste et heurté par sa colère, je reste
silencieuse, les bras balans. Je suis littéralement perdu et à bout de force. Tout va
trop vite. Je me suis laissée emporté par ses yeux noisette ou je ne sais quelle
pulsion encore une fois.
— Je suis désolée ! Bafouillé-je.
Après une longue et profonde inspiration, je poursuis malgré la douleur qui me
perce la poitrine. Il faut que je vide mon sac, que je lui dise le fond de ma
pensée.
Oublie-moi ! Notre avenir ensemble est voué à l’échec, ça ne marchera jamais !
Tu mérites mieux que moi, tu mérites de construire une vie bien à toi. Je ne
pourrais pas te rendre heureux ! Mais tu ne vois donc pas que je suis une épave,
que je suis morte intérieurement ? Pars… Laisse-moi ! Lui hurlé-je dessus.
Ces quelques mots restent en suspens un long moment dans la pièce, Grey fait
les cents pas dans la cuisine désespérée. Je ne peux pas faire ça. Malgré tout ce
qu’il a fait pour moi, malgré tout ce qu’il m’a avoué de ses sentiments, je suis
incapable de lui donner ce qu’il veut. Il m’a tout donné et pourtant, je continue à
le rejeter.
Alors quoi dire de plus ?
Grey me regarde, blessé et meurtri puis il quitte la maison sans un mot. Il
récupère ses affaires sur le canapé puis prend le couloir en direction du hall
d’entrée et claque la porte. Les murs tremblent tout comme moi. Je me retrouve
seule face à moi-même, à mes choix et à mon KO intérieur.
Chapitre 14

U n silence de plomb s’abat sur mes épaules. Un vide immense


m’enveloppe tout à coup. Je suis désespérément seule et détruite. À
bout de force, je tombe à genoux sur le sol, les paumes plaqués contre
le carrelage, la tête baissée. Je m’effondre en pleure, je n’ai plus la force de
continuer. Seul le bruit de mes sanglots résonne.
— Et puis merde ! Je n’ai jamais perdu de combats alors ce n’est pas aujourd’hui
que ça va commencer. Sa voix me fait sursauter. Grey vient de réapparaître
encore plus déterminé que jamais. Je ne vais pas céder à tes excuses bidon. Que
tu le veuilles ou non je vais rester ici ! Et je vais me battre corps et âme pour te
remettre sur pieds Charlotte ! Conclut-il les bras croisés adosser sur le mur de la
cuisine.
Je relève la tête. Il ne lâche donc jamais l’affaire ? Je le regarde. Il a le visage
fermé, les sourcils froncés, prêt à affronter le monde entier s'il le faut. Je ne fais
pas le poids face à cette armoire de muscles, têtus et borné.
Grey s’approche de moi puis me relève doucement. Je me laisse faire soulagée
qu’il soit revenu malgré tout ce que vient de lui balancer en pleine figure. Il me
prend le visage à deux mains puis me susurre :
— Nous allons y aller pas à pas.
— D’accord. Lui dis-je d’une petite voix fluette. Je suis désolée. Je risque
parfois d’aller loin dans mes paroles ou de me mettre en colère …et...
— Chut … je sais ! Pardonne- moi pour ce que je t’ai dit tout à l’heure. Je
n’aurais pas dû te crier dessus comme je l’ai fait.
Grey me replace une mèche de cheveux délicatement derrière l’oreille puis me
dépose un doux baiser affectueux sur le front. Je ferme les yeux savourant ces
lèvres douces sur mon visage. Un geste purement réconfortant et attendrissant.
Je passe mes bras autour de sa taille et le serre tout contre moi. J’ai besoin de
sentir sa force. Si seulement il pouvait me la transmettre même ne serais ce
qu’une infime partie. Je pose ma joue sur son torse musclé. J’entends les
battements de son cœur. Un son régulier et rassurent. C’est un son que je n’ai
plus entendu depuis des mois. Il me rappelle qu’il y a encore de l’espoir, encore
de la vie autour de moi et que je ne suis plus seule pour surmonter cette épreuve.
Grey est là et je le sais, il ne m’abandonnera jamais.

Deux semaines viennent de s’écouler. Il y a eu des jours avec et des jours sans
bien évidement, comme il l’avait prédit. Nous avons avancé un pas l’un après
l’autre, chaque jour une victoire sur la veille.
Grey dort sur le canapé du salon. Il se lève de bonne heure chaque matin pour
son footing matinal et prépare le petit déjeuner. Il tient à ce que je ne manque
plus aucun repas. Il va devoir prendre des cours de cuisine car à part des toasts
pour le petit déjeuner et une ou deux recettes qu’il a appris de sa mère. Il n’a pas
l’âme d’un grand chef.

L’odeur du café flotte dans toute la maison. Grey est assis sur un tabouret et
sirote tranquillement son café en lisant le Parisien lorsque j’apparais. Cela fait
plusieurs jours que je ne prends plus de médicaments en tous genres et ai
littéralement arrêtée de boire. Plus aucune goutte d’alcool. Il m’a aidé à
surmonter la période de sevrage. Cela a été beaucoup plus dur que ce que je
m’étais imaginé, des tremblements, des cauchemars, des vomissements, des
crises de nerfs incontrôlable des tas de comportements agressifs, mais on a réussi
ensemble. Il ne m’a pas lâché. Il s’est battu avec moi jours et nuits contre mes
démons. Putain qu’est-ce que j’en ai chier !

Mon visage est reposé et j’ai de plus en plus souvent un sourire aux lèvres. Je
suis vêtu d’un jean bleu foncé et d’un joli pull en laine à grosses mailles de
couleur rouge, ce qui me donne meilleure mine ce matin. J’ai repris goût à
m'habiller et à prendre un peu plus soin de moi.
J’ai relevé mes cheveux en un chignon décoiffé qui laisse échapper quelques
mèches blondes dans ma nuque. J’aimais bien me coiffer ainsi auparavant car ça
laisser le champ libre à Brady de m’embrasser dans le cou. Mais aujourd’hui je
veux simplement me sentir belle.
— Bonjour ! Dis-je en entrant dans la cuisine.
— Tu es ravissante. Me répond- t-il en guise de bonjour.
— Merci.
— Assieds-toi je t’en prie, du café ?
— Oui merci.
— Tu as bien dormi ?
Grey me le demande chaque matin soucieux de mon état.
— Oh oui comme un bébé, ça faisait bien longtemps. Je ne me rappelle même
plus la dernière fois ou j’ai dormi ainsi !
— Tant mieux.
— Et toi ? Le canapé …Lui demandé-je une grimace aux lèvres.
— Et bien …. Comment te dire … je ne pourrais pas en dire autant que toi mais
ça va ne t’inquiète pas. Me répond-il avec un clin d’œil charmeur.
— Tu peux prendre la chambre d’amis à l’étage si tu veux !
Au début je ne lui ai pas soumis cette idée volontairement car je n’étais pas sûr
que ça fonctionne et pour être honnête j’étais persuadée qu’il allait craquer, qu’il
aurait claqué la porte tellement je lui en aurais fait voir de toutes les couleurs.
Mais non, chaque matin, je le retrouvais en bas dans la cuisine.
— Ce n’est rien, t’en fais pas ! Je suis un dur à cuir.
— J’insiste, si tu restes vivre ici quelques temps avec moi, je veux que tu sois à
l’aise, alors je te préparerais la chambre d’amis après le petit déjeuner, d’accord
?
— Très bien, avec plaisir alors ! Conclut-il.
— Au faite j’ai un service à te demander ?
— Oui je t’écoute. Il relève un sourcil.
— Pourrais-tu m’accompagner chez mes parents, j’aimerais voir les filles
aujourd’hui.
Surprit, Grey repose son journal sur le bar.
— Heu … oui si tu veux avec plaisir ! Si tu te sens prête à sortir, je suis ton
chauffeur.
Le petit déjeuner se termine en silence, seul le bruit des pages du journal qui se
tournent viennent briser ce silence paisible. Je me sens heureuse ce matin, le
soleil brille et cette journée s’annonce merveilleusement bien. J’ai dormi comme
un bébé, aucun cauchemar, aucunes sueurs froides pour me torturer et je vais
voir mes sauterelles. Je suis sur un petit nuage ce matin.
Quelques regards malicieux annoncent une amusante journée en perspective. Je
suis de bonne humeur et en pleine forme. Depuis que Grey vit avec moi, je me
sens plus forte. J’ai quelqu’un sur qui compter, une épaule sur laquelle pleurer
quand je me sens triste ou perdu, une raison de me lever chaque matin, un ami à
qui parler, tous les choses simples de la vie que j’ai perdu et oublié.
Ça n’a pas était facile les premiers jours, s’habituer à sa présence, me forcer à
faire la distinction entre lui et Brady a été le plus dur. Beaucoup d’habitudes du
quotidien passé me confronte à la réalité, à la mort de Brady.
Mais avec la persévérance de Grey, chaque jour je ressentais de moins en moins
ce trouble. Nous avons réussi à s’habituer l’un à l’autre.

Grey m’attend en bas pour partir. Je l’entends marmonner quelque chose que je
ne comprends pas et ça me fais sourire.
— Mais qu’est-ce que tu fabrique ? Tu en mets du temps pour te préparer !
Je tiens à préparer la chambre d’amis avant de partir. Nous sommes pas en
avance certes mais ce qui est fait n’est plus à faire ! Je l’entends monter les
escaliers. Il doit se demander ce que je fabrique.
— Charlotte ? Tu fais quoi ? Il passe sa tête par la porte de la chambre.
— Ah tu es là ! Je te cherchais ! Que fais-tu ?
— Je t’ai promis que je te préparerais un lit pour dormir alors avant de partir je
mets les draps. Je ne sais pas vers quelle heure nous allons rentrer, je préfère le
faire avant de partir, tu vois ?
— On avait le temps, ce n’était pas urgent !
— Oui je sais mais au moins c’est fait. Dis-je avec un clin d’œil.
— Un coup de main peut- être ?
— Attrape le bout du drap house et place le dans le coin du matelas s’il te plait !
Grey s’exécute amuser. Il chope le drap et tire un peu trop brutalement dessus.
Tenant l’autre extrémité, je suis projetée sur le matelas comme un boulet de
canon surprise par sa force, un petit cri m’échappe.
— Oh excuse-moi ! Il se précipite pour me relever.
Prise dans un fou rire incontrôlable, je me plie en deux.
Sur le coup, il a dû croire que je pleurais, car j’avoue je n’ai pas ris de la sorte
depuis des lustres. Mais lorsqu’il se penche sur moi, un genou sur le matelas, il
comprend que je suis en plein fou rire et non en Bad trip.
Je me retourne sur le dos, affalée sur le lit les bras en étoile de mer. Des larmes
coulent sur mes tempes mais cette fois-ci ce sont des larmes de joie. Je me sens
bien et ça fait longtemps que je n’ai pas ressentie cette sensation.
Grey me contemple agenouiller juste au-dessus de moi.
Je reprends mon souffle doucement. Lui s’enivre de mon rire. Un sourire
illumine son beau visage carré, soulignant ses yeux noisette.
Aucun mot ne peut d’écrire ce que je lis sur son visage à cet instant précis.
— Tu es si belle !
Ces quelques mots lui ont échappé dans un murmure. Mon rire s’estompe
doucement.
Il me regarde profondément, intensément dans les yeux. Je cesse de rire et
affiche un air plus sensuel. Je ne lâche pas son regard. Il est planté au-dessus de
moi, une mèche retombe sur son front. Il est si beau ! Je meurs d’envie d’y
glisser mes doigts et la lui replacer mais je n’en fais rien. Je ne veux pas risquer
de briser cet instant particulier. Je ne veux pas qu’il se relève, qu’il brise ce lien
qui nous lient l’un à l’autre. Seul nos regards comptent, plus rien autour n’existe,
le temps se fige. Nos respirations se font de plus en plus lourde.
Qu'essaye-t-il de lire dans mon regard ? Que ressent-il à cet instant ?
Je peux déchiffrer dans ses yeux noisette qu’il est sincère et qu’il ne me fera
aucun mal. Depuis le début, il m’attire. Regardez-moi ça ! Son teint doré, ses
yeux sombre d’une profondeur infinie, ses cheveux légèrement long plaqué en
arrière ou l’on a envie d’y passer ses doigts et de si accrocher, sa mâchoire carré,
saillante recouvert d’une barbe de trois jours, juste ce qu’il faut pour vous
donner des frissons et ce corps musclé, dessiné à l’équerre, dur comme la pierre,
comment résister ?
Dites-le-moi ! Car à cet instant, je suis à deux doigts de me jeter à son cou. J’ai
tellement soif de sa bouche, sentir sa peau chaude sur la mienne, que mon cœur
est prêt à exploser.
Il me regarde encore et encore. Son regard me transperce mais pourquoi ne
bouge-t-il pas ? Je me mordille la lèvre, cela devient gênant …. Des millions de
questions me traverse l’esprit. Attend-t-il que je fasse le premier pas ? Pourquoi
est-ce qu’il ne dit rien ?
Oh mon dieu qu’est-ce qu’on est en train de faire ?
Je n’ose pas bouger paralysé par le désir qui s’empare de moi centimètre par
centimètre. Je le sens m’envahir. Ma respiration se fait plus rapide et plus courte.
La raison me chuchote de m’enfuir encore et encore, de le repousser, de ne pas
recommencer et pourtant je meurs d’envie qu’il me prenne dans ses bras, qu’il
me recouvre de tout son corps et sentir la chaleur s’immiscer en moi. Ça fait
tellement longtemps que je ne me suis pas senti désiré et comblé. Je me sens
vide. Je le supplie en silence de s’approcher encore plus prêt de ma bouche, de
ce coucher sur moi, de sentir son poids sur moi à en laisser la trace dans le
matelas. Impossible pour moi de résister ou de lutter contre mes désirs. Plus rien
ne m’empêche dorénavant de vivre cette passion qui me dévore depuis des mois.
Alors je m’abandonne à lui.
— Approche. Lui susurré-je.
Quelques millimètres séparent nos lèvres. Il se penche encore un peu plus sur
moi le regard brûlant de désir mais il ne me touche toujours pas. Il hésite.
À ce moment, mon bon sens semble avoir disparu. Je n’écoute que mon désir à
l’état brut. Je crève d’envie qu’il me touche et qu’il réchauffe mon âme perdue.
Je souhaite simplement lâcher prise et savourer chaque minute. Alors je laisse
mes sens me guider.
Je glisse mes mains sous son tee-shirt blanc et découvre ce torse si convoité. Il
a une peau si douce et si ferme que j’en ferme les yeux de délice. Lui, laisse
échapper un soupir en fermant les yeux. Je suis complètement à sa merci. Grey
me caresse les cheveux, dessine le contour de mes yeux, de ma bouche. Il prend
son temps, ses gestes sont délicats. J’ai les sentiments qu’il doute ou me laisse-t-
il le temps de bien jauger la situation ? Me laisse t- il le temps de tout arrêter si
j’en ressens le besoin ? En même temps je l’ai repoussé tellement de fois qu’il ne
doit plus savoir sur quels pieds danser avec moi. Mais je pense qu’il savoure lui
aussi cet instant si désiré. Je le lis dans son regard, il est tout autant excité que
moi. Une flamme crépite dans ses yeux.
Grey pose enfin ses lèvres sur les miennes comme une plume délicate. Elles sont
sucrées et tendre à la fois. Mes seins se frottent contre son torse à chacune de
mes inspirations.
Je vois bien qu’il a un mal fou à se contenir. Sa respiration est rauque et ses yeux
sont devenus plus obscur. Ses mains glissent sous mon pull puis il saisit mon
sein fermement. Mon dieu c’est tellement bon de se sentir désirer ! Notre baisser
est de plus en plus ravageur et incontrôlable.
Je ressens comme une bouffée d’oxygène, un nouveau souffle, celui de la liberté,
celui de la vie, de la passion. Je vais me donner à lui. L’homme qui était devenu
mon fantasme. L’homme qui a chamboulé toute ma vie. L’homme que le destin
m’a prédestiné. Je suis au bord du gouffre et je ne me suis jamais senti aussi
vivante.
— Charlotte…
Je pose mon index sur sa bouche.
— Chut ! Ne dis plus rien, fais-moi l’amour. Aide-moi à ressentir la vie en moi.
Nous nous abandonnons l’un à l’autre dans un tourbillon de tendresse et de
ferveur.
Grey prend tout le temps nécessaire. Il prend sur lui et ce contrôle à chacun de
ses mouvements pour m’offrir son amour comme jamais il ne l’a donné à qui
que ce soit.
Il me déshabille, vêtement après vêtement. Il découvre mon corps pour la toute
première fois de la manière dont je voulais depuis le début. Je me sens splendide,
voluptueuse grâce à lui. Depuis qu’il s’est mis aux fourneaux, je me suis
remplumée. Il me caresse chaque centimètre de peau nue, m’embrasse dans les
moindres recoins. Il veut que ce moment si particulier soit gravé dans ma
mémoire.
Nos deux corps ne font plus qu’un, entremêlé, mélangé, serré l’un contre
l’autre. Je laisse libre court à mon instinct. Je me laisse porté par la vague de
plaisir qu’il m’offre sans réfléchir, sans penser. J’ai juste envie de cet homme.
Oh oui j’en ai envie ! Vous ne pouvez pas imaginer tous les scénarios que j’ai pu
faire dans ma tête.
J’ai envie de lui, besoin de lui. Je suis au bord de l’explosion, tous mes sens sont
déchaînés. Je le déshabille à son tour maladroitement, un peu pressée par l’envie,
par le feu qui brûle en moi.
— Doucement …on a tout notre temps bébé ! Il me saisit les mains pour que
mes tremblements cessent puis le regard lourd, il m’aide à le déshabiller
complices les doigts mêlés.
Une fois entièrement nus, Grey s’immobilise un instant, nos corps collés l’un
contre l’autre. Je sens la chaleur de sa peau réchauffée la mienne. Il me regarde
intensément, profondément, une férocité émane de lui. J’en ai le souffle coupé.
— As-tu la moindre idée de ce que tu me fais ? A qu’elle point je dois me
contrôler ? Mon dieu Charlotte ….
Il a prononcé ces mots la mâchoire serrée et je comprends à quel point il me
désire. Il a le regard d’un homme sur le point de devenir fou. Il m’attire
brusquement contre lui. Il semble perdu. Il me serre dans ses bras, m’embrasse le
visage délicatement puis glisse sur mes lèvres. Son baiser est à la fois animal et
possessif, un contraste surprenant avec ses gestes. Je lui rends son baiser. Je suis
au bord du précipice tellement il me rend folle de désir. Je le veux en moi
désespérément, me perdre en lui, ne plus rien penser, juste l’aimer.
Ses mains glissent sur mon corps entièrement nue, exposé rien que pour lui. Je
réclame en silence qu’il me fasse l’amour. Je me cambre sous son corps d’acier
pour l’inciter à continuer. Sa bouche me dévore littéralement. Il peut faire de moi
tout ce qu’il veut à cet instant, je suis perdu dans un autre monde seul avec lui.
Ses lèvres me goûtent, me chatouille. Il parcoure mon cou, mon épaule avec sa
langue, descend le long de mes côtes tout en jouant avec mes tétons durcis par
ses petits pincements délicieusement excitant. Il descend encore et encore,
déposant des baisers sur mon ventre, mon nombril, jusqu’à ce qu’il atteigne la
toison de mon sexe. Je perds pieds. Je fais basculer ma tête en arrière, les mains
accrochées aux draps tellement j’ai envie de lui, tellement c’est bon.
— Grey …Murmuré-je à bout de souffle.
Je prononce son nom dans une supplication. Je ne sais s’il m’a entendu mais il
me rend grâce lorsqu’il m’écarte les cuisses et y plonge la tête. Je sens sa langue
ouvrir mes lèvres trempées. Il m’écarte les cuisses encore un peu plus puis il
dévore mon intimité. Il joue du pouce sur mon clitoris et fait de petits cercles
sans relâche. Je veux crier, hurler son nom tellement c’est délicieux.
Je me mords la lèvre inferieur à sang tant il me rend folle. Je sens monter en moi
une tornade. Mes jambes tremblent sous l’effet de sa langue implacable. Je suis à
deux doigts d’exploser.
— S’il te plait !
— S’il te plait quoi bébé ?
Sa voix révèle une tension palpable. Il veut la même chose que moi mais il
semble vouloir me l’entendre dire.
— Je te veux en moi ! Dis-je sans retenu dans un souffle.
— Tu es sûr ?
— Oui !
Il me mordille le clitoris, ce qui me fait lâcher un petit cri désespéré, puis je
sens une brise fraîche me caresser le sexe humide de ses coups de langue. Il se
relève pour aller chercher je ne sais quoi dans son jean abandonner aux pieds du
lit. Je le regarde, le dévore des yeux. Il est tout simplement magnifique, comme
dans mes plus chauds fantasmes, un corps de rêve taillé dans la pierre, musclé,
tatoué et doré par le soleil.
Il sort de sa poche un préservatif qu’il déchire avec ses dents. Je suis
bouleversée par l’intensité de son regard. Je n’arrive plus à respirer
normalement. Je suis littéralement en feu. Il fait glisser le préservatif le long de
sa queue au garde à vous avec une telle lenteur que je crois mourir à petit feu par
l’excitation qui coule dans mes veines. Je suis à deux doigts de lui sauter dessus
et le violer sur place.
Il sourit à peine, juste ses yeux se plissent lorsqu’il me voit me mordre la lèvre
encore une fois impatiente.
— Ne fais pas ça !
— Quoi ?
— Ne te mords pas les lèvres comme ça.
— Pourquoi ?
— Ça m’excite et je ne suis pas sûr de pouvoir me contrôler encore longtemps.
Tu me rends fou …tu sais ?
— Je t’en supplie approche Grey ! Lui dis- je un peu gêné qu’il me regarde
entièrement offerte à lui mais aussi parce que je suis en feu. Je sens mon sexe
palpiter entre mes jambes prête à l’accueillir.
Je suis soulagée lorsqu’il décide enfin à venir vers moi. Je suis légèrement relevé
sur mes coudes, les genoux pliés, les cuisses ouvertes lorsque son corps
s’allonge sur le mien comme une caresse au soleil. Il s’empare de ma bouche et
m’embrasse si intensément que je jouis presque sur le champ.
Je sens la pression de son gland à l’entrée de mon sexe mais il ne fait que de
légères pressions. Veut-il que je meure ? Je n’en peux plus. Je le veux en moi et
profondément. Sentir la chaleur de sa queue se propager à l’intérieur de mon
sexe avant que ma raison reprenne le dessus et que mes vieux démons se
réveillent. Je tente par tous les moyens de me cambrer mais il est bien trop fort et
bien trop lourd pour que je puisse prendre l’initiative de le prendre en moi. Je le
sens sourire dans mon cou, amusé de ma pauvre tentative.
— Patience bébé …ça n’en sera que meilleur. Je te le promets ! Me dit-il.
Et effectivement il avait raison. Après de multitudes de caresses et de baisers
interminable mais délicieusement bon, il me pénètre enfin.
Je ne peux vous décrire la sensation que je ressens en ce moment …mais je suis
à des années lumières de la terre, dans un tout autre monde, déconnecter de la
réalité. C’est si intense et si doux à la fois, un mélange extraordinaire !
Il enfouit son visage dans mon cou. Je sens son souffle m’effleurer la peau
délicate et ultra-sensible. Il m’attrape l’arrière des cuisses afin d’avoir une totale
maîtrise sur mon corps. Je sens chaque centimètre de sa queue entrer en moi
tellement je suis serrée. Mes ongles s’enfoncent dans sa chair tendre de son dos
et je gémis de plaisir. Le seul mot que je peux articuler est son nom.
— Grey ….
— Oui bébé … laisse parler ton corps …Jouis pour moi !
À ses mots, il ne me faut pas plus de quelques secondes pour sentir monter en
moi l’orgasme fulgurant et ravageur qui ne demandait qu’à sortir de mon corps.
Grey semble se retenir pour que l’on puisse jouir ensemble, alors je n’ai pas
d’autre choix que de laisser exploser mon orgasme.
— Oh mon dieu ! Crié-je. Et c’est à ce moment-là que je le sens se raidir en moi.
Son corps est envahi par des spasmes, tous ses muscles se contractent. Cet
instant est si intense, si déchirant que je crois que je ne vais jamais m’en
remettre.

Lorsque je reprends mes esprits, mon pouls a repris un rythme plus ou moins
normal vu l’ampleur de l’ouragan que nous venons de vivre ensemble. Grey est
toujours allongé sur moi, calme et détendu. J’ai les bras autour de son cou et
nous respirons en rythme. Son poids sur moi me fait sentir en sécurité. Il me
recouvre intégralement, je suis comme engloutis par sa force.
Il relève la tête doucement. Son regard sur moi est comme au premier jour
intense et profond. J’ai la sensation qu’il me perce en plein cœur. J’en ai le
souffle coupé. J’essaie sans succès de faire taire mon cœur qui s’affole dans ma
poitrine mais en vain, avec lui c’est peine perdu, jamais je n’arriverais à avoir un
rythme cardiaque normale.
— Tu es magnifique bébé ! Me dit-il d’une voix suave puis il m’embrasse avec
délicatesse. Il ne s’est pas retiré et je sens encore son érection en moi. Mon pouls
s’accélère de nouveau. Je viens d’avoir un orgasme à m’en couper le souffle
mais à vrai dire tout ce que je veux c’est qu’il recommence.
Je me sens vivante, revivre plus précisément. Dans ses bras, je suis redevenu une
femme sexy, attirante et sensuelle. J’ai oublié à quel point c’est bon ! Bon sang
oui …tellement bon !
Sentir le désir de l’autre le consumer. La passion l’animer. Voir dans son regard
l’animal qui émane de lui. C’est tout simplement extraordinaire et très excitant !
Grey me dévore la bouche. Je lui mords les lèvres en retour. Je ressens encore
son membre en moi dur et imposant. J’en apprécie la pression déchirante à
l’intérieur de mon sexe. J’ouvre les cuisses encore un peu plus et me frotte
contre lui pour une invitation à recommencer.
— Tu en veux encore ? Me demande-t-il le souffle court en me dégageant
quelques mèches de mon front.
— …Oui ! Ramène-moi à la vie.
Il me regarde. Je me noie dans ses yeux aveline. Son regard me scrute, sensuel et
charmeur pendant quelques secondes puis il me serre fort entre ses bras.
— J’aimerais sincèrement te refaire l’amour bébé, comme tu peux le sentir entre
tes cuisses …mais je n’ai plus de préservatif. Je n’avais pas prévu qu’il se passe
quoi que ce soit entre nous ! Me dit-il l’air confus et désolé avec sa petite moue
attendrissante.
Malgré nos deux corps en feu, je reviens à la réalité doucement. Grey est prudent
et à la tête sur les épaules, tout le contraire de moi en ce moment. Il aurait pu me
prendre de n’importe quelle manière, la tête à l‘envers, par devant ou par
derrière, je crois bien que je lui aurais donné ma bénédiction. J’ai littéralement
perdu pieds.
— Oh je vois… Lui dis-je un peu gênée de ne pas y avoir pensé.
Il se retire délicatement en me gratifiant d’un baiser tendre dans le cou puis vient
s’allonger à côté de moi. Il se débarrasse du préservatif discrètement et m’attire
contre lui en me prenant dans ses bras. Il ramène les draps sur nos corps nus.
Épuisée et toute chamboulée intérieurement, je me laisse aller contre son torse
chaud et musclé. Une odeur boisée mélanger à celle du sexe emplit la pièce.
J’inspire profondément béate et fatiguée en fermant les yeux.
J’aime cette odeur. J’aime faire l’amour. J’aime sa peau, son corps, sa langue,
ses yeux …J’aime tout chez cet homme. Il me fait me sentir vivante et m’a
ressuscité, sortit de mon enfer !
Il me serre encore un peu plus fort.
— Dors à présent ! Me chuchote-t-il dans le creux de mon cou.
Nos corps sont emboîtés l’un dans l’autre. Un silence flotte dans la chambre, un
calme agréable et apaisant nous enveloppent. Je m’assoupis heureuse et
comblée.
Je ne serai vous dire combien de temps nous sommes restés ainsi, mais je peux
vous jurer que même un tsunami ne m’aurais fait bouger de ses bras.

J’ai cru un instant que Brady m’enlaçait. J’étais bien, au chaud dans ses bras,
en sécurité comme avant puis lorsque j’ai ouvert les yeux le choc m’a poignardé
en plein cœur. J’y ai vu les deux bras tatoués de Grey autour de ma taille. Il dort
profondément coller à moi dans mon dos, son souffle chaud et régulier me crispe
tous les muscles du corps.
Comment ai-je pu faire une chose pareille, dans notre maison ?
J’écarte ses bras, me lève d’un bon sans ménagement et je le regarde horrifier. Il
se réveille doucement, s’étire pendant que je reste plantée là au bout du lit à le
regarder essouffler. Il ouvre les yeux et quand il voit mon visage il se
décompose.
— Charlotte ? Qu’est-ce qu’il y a ? Me demande-t-il en se redressant sur le lit.
— Je n’y arrive pas ! Je n’y arriverais jamais Grey !
— De quoi parles-tu ?
— Toi et moi, c’est impossible !
— Ne dis pas ça, s’il te plaît bébé. Il se lève et s’approche de moi en tendant les
mains vers moi le regard suppliant.
— Non ne me touche pas Grey, s’il te plait ne t’approche pas, je l’implore en
essayant de cacher mon corps nue de mes mains.
— D’accord bébé, calme-toi, on va en discuter.
Des larmes noient mon visage. Il s’empare du drap étendu sur le lit et me le tend
pour que je me couvre. Je le prends et je m’enroule dedans jusqu’au menton
pendant qu’il se rhabille à toute vitesse.
Je suis confuse, désolée et triste à la fois. Je suis que mélange de sentiments.
Une fois vêtu, il se retourne vers moi, la respiration rapide et me dit :
— Je comprends que tu sois perdu, mais ne le prend pas comme ça. C’était
merveilleux tout à l’heure, tu ne peux pas le nier.
— Arrête !
— Non ! Je ne vais pas te laisser tout gâcher. Je me bats pour toi chaque jour et
je compte bien continuer chaque jour que dieu m’offre à tes côtés Charlotte. Je
ressens des choses que je n’explique pas, que je n’ai jamais ressenti auparavant.
Tu m’as transformé. Je suis un nouvel homme à tes côtés bébé. Je ne me
reconnais pas et c’est grâce à toi. J’oublierais mon propre cœur, mes propres
douleurs, je me perdrais pour te sauver Charlotte.
— S’il te plait, ne me rend pas la tâche plus difficile Grey ! Lui rétorqué-je un
peu plus sèchement que je ne l’aurais voulu mais je suis perdu et il m’embrouille
la tête avec ses belles phrases.
J’ai besoin d’être seule, tu comprends ? Toi et moi c’est compliqué. Tu n’es pas
n’importe qui Grey. Tu es le frère de mon mari ! C’est une double trahison dans
ma tête. Je ne me reconnais plus depuis que tu es dans ma vie. Tu chamboule
toutes mes lignes de conduite, tu fais ressortir en moi tout ce que je déteste chez
les autres. L’infidélité, être une menteuse, une cachotière et j’en passe ! Lui dis-
je énervée. Il me regarde comme si je lui arrachais les tripes à vif et ça me blesse
de le lui avouer mais je n’ai pas le choix, je veux qu’il comprenne pourquoi je ne
veux plus que ça se reproduise.
— Ne dis pas ça bébé.
— Excuse-moi, je suis sincèrement désolée Grey mais nous n’aurions pas dû !
C’était une grosse erreur.
— Comment tu peux dire une chose pareille après ce que nous venons de
partager tous les deux ? Tu en as eu envie tout autant que moi. C’est toi qui m’a
dit de te faire l’amour ! Tu me rejette à chaque fois. Comment veux-tu que je me
comporte avec toi ? Je suis perdu ! Tu ne peux pas jouer avec moi comme ça !
Me crache-t-il hors de lui en se passant les mains dans les cheveux plusieurs
fois.
Je suis profondément meurtrie au fond de mon cœur. J’ai le sentiment de le
perdre et ça me fais mal. C’est étrange car j’ai envie de me blottir dans ses bras,
de lui dire que je m’en veux terriblement de le faire souffrir mais je voudrais
aussi ne plus jamais le revoir pour oublier toute cette partie de ma vie qui me fait
vivre un enfer éveillé.
— J’ai besoin de plus de temps, s’il te plaît ! Je m’essuie le visage avec un bout
du drap puis je lui demande de me laisser seule la voix brisée. Nous nous
regardons en silence. Mes lèvres tremblent et mes yeux ne cessent de couler puis
il finit par me dire :
— Très bien Charlotte, mais sache que je serais toujours là si tu en as besoin.
J’attendrais le temps qu’il faut pour que tu acceptes mes sentiments pour toi.
Il baisse la tête. Je sens une profonde déchirure en moi m’ouvrir les entrailles
puis il quitte la pièce, les mains enfouies dans les poches en silence.
Je me retrouve seule encore une fois face à mes choix, à mes incertitudes les plus
profondes et encore plus brisé qu’avant mais je sens que je n’ai pas le choix. Je
dois m’écarter de lui pour faire mon deuil et pouvoir guérir de mes blessures
intérieures qui me font si mal.
Chapitre 15

C ’était une erreur encore une fois. Monumentale cette fois-ci. Je n’aurais
jamais dû m’offrir à lui. J’aurais dû être plus forte, me contrôler. Je me
déteste pour ça ! Il lui suffit de poser les yeux sur moi pour que je fonde
comme une glace au soleil.
Bordel ! Je suis en train de me détruire. Je suis en miettes. Je dois me protéger et
me reconstruire loin de lui et loin de toute mon ancienne vie. Après une longue
nuit à réfléchir, à tout retourner dans tous les sens afin de trouver une solution à
ma vie, j’en ai déduit qu’il fallait mieux que je parte.
Je me lève difficilement de mon lit. J’ai l’impression qu’un rouleau
compresseur m'est passé dessus. J’ai mal partout. Mes yeux me brûlent et j’ai
toujours ce point douloureux au milieu de la poitrine qui me comprime. Je
prends une douche chaude, me lave les dents et m’habille. Je suis déterminée à
affronter cette journée difficile. Je descends à la cuisine où Grey est installé
comme d’habitude à l’îlot centrale, c’est marrant de voir comment les habitudes
peuvent s’installer en si peu de temps. Une routine qui me plaît malgré moi. Il
boit son café fumant en lisant le journal, vêtu d’un jogging en coton à la veste
rouge vif. J’ai déjà une boule dans la gorge avant même de lui avoir parlé. Je
m’assoie en face de lui sur un tabouret de la cuisine en silence. Le journal se
baisse, je lève les yeux vers lui. Nos regards se fixent.
— Bonjour Charlotte.
— Bonjour Grey.
Ça me fait bizarre qu’il m’appelle par mon prénom, j’ai pris l’habitude qu’il
m’appelle avec ce petit surnom « Bébé » qui jusqu’à présent était passé inaperçu.
J’aimais qu’il me surnomme ainsi, ça sonnait bien à mon oreille.
Les salutations sont timides et froides, je ne sais pas trop par où commencer. Je
commence par prendre un café avant d’entamer la conversation.
Un silence pesant s’installe. Il continue de lire les nouvelles sans me prêter
attention et j’avoue, ça me blesse. J’aimais nos petits-déjeuners chaque matin. Il
est toujours de bonne humeur, joyeux et souriant. Et dieu seul sait que je ne lui ai
pas mené la vie facile. Un jour c’est blanc, le lendemain c’est noir. Je l’attire
puis la seconde d’après je le repousse comme si c’était un inconnu mais je n’y
peux rien mes défenses prennent le dessus, mon instinct de survie agit malgré
moi.
J’inspire profondément et me lance.
— Grey ? Il fait tomber son journal sur le plan de travail à côté de lui puis me
regarde sans un mot, aucune expression sur le visage, froid. J’ai longuement
réfléchi, je vais…. déménager. Si je reste ici ancré dans mon passé, dans mes
souvenirs, je n’y arriverais pas ! Je vais rejoindre ma sœur dans le sud de la
France à Cassis. Elle s’occupera de moi et je tenterais de me reconstruire du
mieux que je peux. La surprise se lit sur son visage.
— Non …tu ne peux pas faire ça et les filles ?
— Je les emmène. Elles aussi ont besoin de se construire un nouvel avenir et
surtout elles ont besoin de moi. Ça fait déjà bien trop longtemps que je les ai
abandonnés. Je dois reprendre mon rôle de mère.
—Impossible Charlotte, tu ne peux pas tout balayer. Il tape du poing sur la table,
je sursaute. Tirer un trait sur tout ce que tu as construit depuis tant d’années et …
nous ? Ça ne veut rien dire pour toi ? La surprise se transforme en colère mais je
continue, il le faut.
— Je suis désolée Grey mais c’est la seule solution que j’ai trouvée. C’est mieux
ainsi. Toi et moi, ça ne marchera jamais. Je n’arrive pas à me pardonner mon
erreur et je sais que ça nous brisera un jour ou l’autre. Je suis sincèrement
désolée ! Je vais pleurer encore si je continue à le regarder. Je préfère me lever
c’est plus dur que je m’étais imaginé.
Je m’assoie sur le canapé. Il me rejoint. La douleur ne me quittera donc jamais ?
Grey se glisse à genoux entre mes jambes. Il pose sa tête sur mes cuisses et
j’implore dieu pour qu’il me donne tout le courage nécessaire pour tenir bon et
ne pas craquer. Si seulement j’arrivais à m’enlever cette culpabilité qui me
bouffe la vie, je pourrais peut- être m’autoriser à aimer de nouveau.
Mes larmes n’en finissent plus de couler. Je lui caresse les cheveux. Ils sont si
doux entre mes doigts.
—Ne part pas Charlotte, je t’en supplie ! Sa voix est si désespérée que j’en suis
désarmée. Il relève la tête, me regarde droit dans les yeux et m’avoue :
— Je veux être l’air que tu respires bordel ! Je veux être le ciel que tu
contemples chaque matin. Je veux être les lèvres que tu embrasses en te
couchant et par-dessus tout, je veux être la raison qui fait battre ton cœur. Ne
m’abandonne pas Charlotte ! J’ai besoin de toi, tu es ma force.
— Si seulement on s'était connu dans d’autre circonstances … tu le sais, je serais
resté à tes côtés. Tu me rends autant heureuse que tu peux me rendre
malheureuse Grey. C’est si compliqué en moi que je suis obligée de m’éloigner
de toi pour y voir plus clair. Je n’ai pas le choix !
J’inspire profondément et prends son visage entre mes mains. Il me regarde
détruit, le regard suppliant. Mon nez coule, mes yeux pleurent mais je m’en fous
lui seul peut me voir de l’intérieure. Voir à quel point ma décision ne m’enchante
pas plus que lui et que j’aurais aimé continuer vivre avec lui. Je sais que loin de
lui le temps va me paraître une éternité, encore plus dur et sans saveur mais je
dois cicatriser et surtout me pardonner.
Je lui dépose un baiser profond en guise d’adieu. Nos visages sont humides, j’ai
mal dans la poitrine tellement je le veux. Bordel pourquoi c’est si dur de le
quitter ?
La semaine est passé difficilement, nous sommes meurtris l’un comme l’autre
mais mon choix est pris et je ne veux pas changer d’avis. Je dois passer par cette
étape pour me relever, même si cela engendre de quitter l’homme avec lequel je
rêve de vivre passionnément l’amour qui nous consume.
J’ai fait tout ce qui était nécessaire en un temps record. Je le sais, si je tarde à
partir, je ne suis pas sûr d’avoir le courage nécessaire en réserve pour tout
plaquer. Je fuis ma vie pour mieux revenir. J’ai confié à Clara mon entreprise,
contacter le service de sécurité pour prévenir de mon absence indéterminée afin
qu’ils assurent la sécurité de la maison des cambrioleurs ou dégradations en tout
genre. J’ai acheté nos billets d’avion sur internet. Tout est prêt sauf mon cœur.
Les valises sont bouclées. Il ne me reste plus cas récupérer les filles chez leurs
grands- parents et à filer en direction de l’aéroport. J’ai fait mes adieux à Grey
hier soir. Je ne tenais pas à ce qu’il soit là aujourd’hui, cela m'aurait rendu la
tâche encore plus difficile et je ne suis pas sûr de vouloir le quitter. Il a toujours
eu cette attraction avec mon corps.
Je suis sur le point de partir, clés en mains, valises dans le coffre lorsqu’on
frappe à la porte.
— Oui ! Bonjour.
— Bonjour Madame. Je me présente, je suis Monsieur Pasquier Jean.
— Que puis-je faire pour vous ? Je ne connais pas cet homme, son visage met
inconnu. Qu’est-ce qu’il me veut ?
— J’ai eu beaucoup de mal à vous retrouver. Auriez- vous du temps à
m’accorder ? Il semble nerveux.
— Je suis désolée mais je dois partir. Que voulez-vous ? Il inspire profondément,
une expression indéchiffrable sur le visage se dessine puis il me répond d’une
voix douce et touchante :
— J’étais avec votre mari lorsqu’il …enfin lorsque nous attendions les secours !
Excusez-moi de vous embêter et de débarquer à l’improviste mais votre mari
tenait à ce que je vous dise.
Je suis à deux doigts de m’évanouir. Je n’entends plus rien. Un bourdonnement
dans les oreilles m’empêche d’entendre ce que ce monsieur continue de me
raconter. Mes yeux le fixent. Je suis sous le choc. J’ai toujours refusé d’entendre
quoi que ce soit sur l’accident. Je ne voulais pas savoir les circonstances exactes
dans lesquels il a perdu la vie. Aujourd’hui je n’ai plus le choix. Il a frappé à ma
porte sans prévenir.
Je dois me tenir au chambranle de la porte d’entrée afin de ne pas m’effondrer
sur le seuil. C’est affreux, mes jambes ne répondent plus. La terre vacille.
L’homme en question me prend de justesse par le bras en me maintenant
fermement.
— Madame, ça va ? Vous êtes toute pâle. Vous ne voulez pas vous asseoir ?
Je n’arrive plus à parler. Mon dieu j’étais pourtant si prêt, pourquoi la vie
s’obstine- t- elle à me mettre des bâtons dans les roues à chaque fois.
Après quelques minutes assises sur le canapé, je reprends mes esprits
difficilement.
— Pardonnez- moi, je ne m’attendais pas à ça.… Je crois que je vais avoir
besoin d’un verre. Mes vieux démons refont surface, toujours prêt à l’assaut.
— Non merci Madame c’est bien aimable à vous, mais il est encore tôt pour un
verre même si je comprends que vous en avez peut- être besoin, je suis venu
juste vous apportez un message de la part de votre défunt mari qu’il m’a
demandé de vous dire avant …Enfin ...
Ses yeux sont remplis de compassion. Je tente de tenir le choc face à cet inconnu
qui a fait irruption dans ma vie et qui s’apprête à me révéler les dernières paroles
de Brady. Je rassemble mon courage à deux mains, inspire plusieurs fois d'affilée
puis je lui demande d’une voix faiblarde.
— Qu’a-t-il dit ?
— Qu’il vous pardonnez ….
Savez-vous ce qu’un mot, un seul et unique mot peut changer à votre destin ?
Eh bien moi à cet instant précis, j’ai su enfin que les ténèbres étaient parties à
tout jamais. Un profond soulagement libère mon âme de toute cette torture, de
toute cette souffrance intérieure qui me rongeaient depuis des mois. Je me sens
légère, comme lorsque que l’on se laisse dériver sur le dos porté par le sel marin
face au ciel bleu d’un été radieux.
— J’étais présent quand votre mari a eu son accident Madame. Il roulait à toute
vitesse, il a manqué de renverser plusieurs personnes qui traversaient la rue. Je
ne sais pas ce qu’il avait pour conduire aussi vite mais je pense que cela devait
être urgent. Puis il a grillé le feu rouge, des klaxons ont retentis pour empêcher
l’accident mais il roulait beaucoup trop vite pour l’éviter. Cela c’est passer
tellement vite qu’il n’a pas dû voir la voiture arriver sur sa droite, celle qui l'a
percuté.
J’écoute ce monsieur malgré moi me raconter comment Brady a perdu la vie.
Des larmes coulent à flot sur mon visage, et j’ai terriblement mal dans la
poitrine. Mon cœur saigne de l'intérieur. J’ai le sentiment de revivre chaque
seconde de cette journée qui m’a fait atterrir en enfer.
Voulez- vous que je m’arrête ?
— Non, continuez s’il vous plaît, je dois savoir ! Je ne sais pas pourquoi je
m’inflige ceci mais pour Brady je dois connaître la fin de notre vie.
— Bien Madame, votre mari a perdu le contrôle du véhicule puis il fut projeté
dans les airs. Le choc a été violent. Une fois la voiture immobilisée, je me suis
précipité pour lui porter secours.
Des gens criaient, choqués surement. J’ai tout de suite appelé les secours. Je me
suis mis à genoux près de lui.
— Il était encore en vie ? Je lui demande en pleure, tout en croisant les bras
contre mon ventre en me balançant d’avant en arrière pour me calmer.
— Oui Madame. Il était mal en point. Il avait plusieurs entailles sur le visage dû
aux vitres brisées. Il était suspendu, attaché par sa ceinture de sécurité, inerte. Il
avait dû perdre connaissance. Je l’ai appelé plusieurs fois quand il a enfin ouvert
les yeux. J’étais soulagé de le savoir en vie. Je lui ai demandé comment il se
sentait. Je l’ai prévenu que les secours aller arriver, qu’il ne devait pas
s’inquiéter mais il s’obstinait à vouloir dire quelque chose alors je me suis
approché. J’ai tendu l’oreille et il m’a fait promettre de vous dire qu’il vous
pardonnait. Qu’il vous aimait de tout son âme et il tenait à ce que vous ne restiez
pas seule.
Les secours sont arrivés juste après. Ils l’ont emmené puis j’ai appris qu’il était
décédé dans les journaux quelques jours plus tard. Je suis sincèrement désolé
Madame, je vois bien que ça vous attriste mais je lui avais promis. J’espère que
vous comprenez ma démarche……
Je ne sais plus vraiment comment c’est fini notre conversation. La seule chose
que je me souviens c’est de lui avoir dit merci. Ce fût le seul mot que je pouvais
prononcer. J’ai dû lui dire cent fois d’affilé. Pas un merci ordinaire, non, un
merci sincère et profond rempli de gratitude.
Imaginez-vous si ce monsieur n’avait pas persisté à me retrouver et avait
continué sa vie en gardant pour lui les dernières paroles de Brady ? Que serait
devenu ma vie, mon être et mon âme ?

L’avion a quitté le tarmac sans nous. Il a pris son envol emportant avec lui tous
mes doutes, toutes mes interrogations et surtout ma culpabilité. Une nouvelle vie
s’offre à moi grâce à deux choses. La première a été l’amour que Brady ma
portée malgré le mal que je lui ai fait, malgré ma trahison. Il a eu le courage et la
bonté de pardonner mon acte.
Puis la seconde, est la détermination de cet homme à me retrouver afin de
conduire à bien sa mission de messager. Grâce à ces deux hommes bon et
généreux, je peux enfin entrevoir un avenir meilleur. Une chance de me
reconstruire, apaisé et sereine.

Le soleil se couche à l’horizon dans une couleur douce, nuancé d’orange et de


bleu. Je suis assise, seule, sur les marches en bois de la terrasse, une tasse de thé
à la main, un plaid sur les épaules. Je regarde le soleil disparaître doucement
derrière les arbres du jardin. Je savoure cette sensation de sérénité, de légèreté,
c’est si agréable. Des larmes coulent sur mon visage mais cette fois- ci, elles ne
sont plus de douleur mais de soulagement.
— Bonsoir !
Je sursaute. Je ne l’ai pas entendu entrer.
— Merde, tu m’as fait peur. Lui dis-je en me retournant.
— Excuses moi, ce n’était pas mon intention.
Je m’essuie le visage avec la manche de ma veste. Je dois avoir une tête à faire
peur vu les marques noires de mascara sur ma manche. Mais je m’en fiche. Je le
regarde. Il est debout adossé au battit de la porte fenêtre de la cuisine Toujours
aussi beau et sexy. Un jean brut, un pull fin à col V, une veste grise par-dessus,
une casquette mise à l’envers et les mains dans les poches. L’air le plus naturel,
une allure faussement désinvolte qui me fait fondre.
Il sourit légèrement les yeux encore humides.
— Ce n’est rien. Le rassuré-je en posant ma tasse à côté de moi.
—Tu n’es pas parti ?
— Non.
—Je suis allé à l’aéroport.
— Pourquoi ?
— Pour te retenir de partir. Je t’ai cherché. Je t’ai attendu. Tu étais introuvable
puis l’avion a décollé …sans toi ai-je supposé.
Je le regarde bouche bée.
— Oh !
— Pourquoi es-tu là bébé ? Pourquoi n’es-tu pas monté dans cet avion ?
— J’ai eu une visite.
Il me regarde les sourcils froncés.
— Viens ! Je tapote doucement à côté de moi.
Il s’approche, puis s'assoit. Nous regardons ensemble en silence l’horizon se
coucher durant un instant le temps que je trouve les mots.
— Je m’apprêtais à partir lorsqu’un homme a frappé à la porte. Il sait présenter
puis m’a annoncé qu’il avait quelque chose d’important à me dire. J’étais
intriguée mais loin de m'imaginer ce qu’il allait me raconter.
Je m’arrête un instant afin de reprendre ma respiration car je sens monter des
larmes et un nœud commence à se former dans ma gorge. J’ai de plus en plus de
mal à parler sans que ma voix ne tremble.
— Prends ton temps bébé.
J’inspire profondément puis je poursuis.
— Il m’a dit qu’il était là lorsque Brady a eu son accident. Qu’il était resté à ses
côtés jusqu’à ce que les secours arrivent.
— Continu. M’encourage-t-il d’une voix à peine audible.
Grey me caresse le dos doucement.
—Il me pardonne ! Il m’a pardonné ! Lui murmuré-je.
— De quoi parles-tu ? Qui te pardonne ?
— Brady …
Grey ferme les yeux instantanément. Je sais exactement ce qu’il ressent à cet
instant. Je lui sers délicatement la main et pour la toute première fois une larme
coule sur sa joue. Une seule et unique larme solitaire coule le long de son
magnifique visage en silence. Il garde les yeux fermés, sa mâchoire se contracte
à chaque inspiration. Il se contient, c’est un homme. Je ne l’ai jamais vu
exprimer le moindre sentiment de chagrin, de douleur ou autre. Il a toujours eu la
force d’affronter la situation pour nous deux.
Je le prends dans mes bras, le serre doucement contre moi. Je sens son parfum,
sent son soulagement s’évaporer dans les airs. Je peux aussi voir l’avenir nous
aveugler, voir enfin le bout du tunnel en cette fin de journée d’hiver ensoleillé.
Je pose mon menton sur son épaule, mes lèvres effleurent son oreille puis je lui
chuchote :
— Je t’aime Greyson.
Chapitre 16

J e suis la femme la plus heureuse du monde. J’ai l’impression d’avoir avalé


le printemps. Je bourgeonne, j’éclos comme un jour nouveau avec un cœur
divisé. Une partie aimera à tout jamais Brady. Il sera toujours parmi nous.
Je le sens, il est là avec nous. C’est étrange et particulier mais j’ai accepté mon
destin. J’ai pris ma vie en main et Grey en fait partie.
Le temps m’a fait comprendre que rien n’est éternel et que beaucoup de
personne que tu aimes s’en iront un jour. Le temps nous change, il nous fait
perdre pour savoir qui tu es et qu’est-ce que tu veux vraiment. Il te fait évoluer,
devenir quelqu’un d’autre, quelqu'un de différent. Il te laisse des cicatrices qui
ne partiront jamais. Il m’a fait pleurer, de rire, de colère, de tristesse et de rage. Il
laisse derrière lui de l’amertume, des souvenirs douloureux mais il m’a fait
devenir femme, devenir une meilleure mère. Il m’a appris à profiter du présent
pour ne jamais regretter de ne jamais l’avoir fait ! Le temps comme le destin, ils
savent ce qu’ils font. Ils nous emmènent dans des chemins tortueux pour
savourer l’arrivée.

Grey vit avec nous. Les filles l’ont adopté si naturellement qu’encore
aujourd’hui j’en suis bouleversé. Elles avaient besoin d’un homme pour leur
équilibre. L’absence de leur père les a tellement perturbés que l’arrivé de Grey
dans la maison a permis à tout le monde de voir un avenir meilleur. Ça fait
plusieurs mois que nous avons tous repris le cours de notre vie. Les filles ont
repris le chemin de l’école, moi j’ai repris place dans mon fauteuil de directrice
et Grey s'entraîne dur chaque jour pour le nouveau championnat du monde qui se
déroulera à New York dans cinq mois. Une petite routine agréable s’est installée
dans la maison et tout le monde semble y trouver son compte.

Aujourd’hui c’est mon jour de congé, les filles sont à l’école et je me prépare
pour faire une surprise à Grey. J’enfile des dessous en dentelle rouge bordeaux,
remonte mes bas noirs pour les accrocher aux pinces de mon portes jarretelles.
Mes pieds se glissent dans des escarpins noirs à la semelle rouge vif. Je me sens
femme fatale vêtu de la sorte. Un léger coup d’œil dans le miroir derrière moi
me fait sourire. Il ne va jamais se relever !
Je cherche dans l’armoire ma fameuse robe noire ultra moulante dans laquelle
je peine à respirer. Une fois la main dessus, je me faufile à l'intérieur. Je remonte
la fermeture éclair dans mon dos puis dans une dernière vérification, je me
regarde dans le miroir encore une fois. Cheveux relevés dans un chignon
déstructuré, lèvres légèrement brillante et teint uniforme, je suis prête à faire
courir un sprint au cœur de Greyson.
Mes talons heurtent le parquet de la maison lorsque je récupère ma pochette et
mes clés de voiture. J’éteins les lumières, mets le système de sécurité en marche
et claque la porte d’entrée. Le vent frais se frotte à moi quand je me dirige vers
la voiture. Le ciel est couvert cet après-midi. Je m’installe au volant, fait rugir
mon bolide puis roule vers l’homme qui m’a redonné goût à la vie. Sam Smith
chante dans l'habitacle et je l’accompagne tout le long du chemin.
Arrivé sur le parking du gymnase où il s’entraîne, je jette un coup d’œil dans le
rétroviseur. Je veux être parfaite. Il est quatorze heures, je sais qu'à cette heure-ci
il est seul. Le gymnase lui est réservé. Je descends de la voiture, ferme la porte et
la verrouille. Je marche tout en ajustant ma robe. J’entre en silence à l'intérieur.
Il n’y a aucun bruit mis à part ses coups de poings dans le sac de frappe. Il y a
toujours eu cette odeur particulière de cuir, de sueur et de mâle dominant dans
cette pièce qui enflamme en moi mon désir. Caché dans un coin de la pièce,
recouvert par l’obscurité du vestiaire, je le scrute, l’observe. Son corps
transpirant se contracte à chaque coup, à chaque effort. Ses poings frappent des
centaines de coups en un temps record dans un pauvre sac qui semble ne plus
supporter ses assauts de rage. Il est concentré. Sa respiration est rapide. Ses
tatouages prennent vie chaque fois qu’il heurte le sac. Il est si sexy que j’en fais
brûler ma petite culotte noire en dentelle rien qu'en le regardant. Je serre les
cuisses tellement il me fait de l’effet. La chaleur monte toute seule dans mes
veines. Il est essoufflé et j’aime le voir se surpasser.
Du bout des doigts, j'éteins la lumière centrale de la salle. Seule quatre
malheureuses ampoules l’éclair. Il s’arrête, cherche du regard quand je fais
irruption. Un sourire illumine son visage lorsque nos regards se croisent. Il n’y a
pas un bruit dans la pièce, seul sa respiration orchestre mes pas. Mes talons
aiguilles me donne de l'assurance pour avancer jusqu'à lui. Ses yeux me dévorent
de loin pendant que son torse se soulève rapidement pour retrouver une
respiration normale. Il ne bouge pas. Je m’approche doucement, je veux qu’il
savoure le spectacle. Un demi sourire relève un côté de sa bouche. Ses yeux
changent, ils deviennent plus profond, plus intense. Je m’immobilise dans un
rayon de lumière à quelques mètres de lui. Je peux sentir l’odeur de sa peau me
torturer les narines. Il ne me quitte pas du regard. Ma peau prend feu, il faut que
je me déshabille.
Je jette ma pochette au sol puis fais descendre la fermeture éclair dans une
lenteur insupportable. Le bruit de celle-ci résonne dans la pièce. Ma respiration
s’accélère au même rythme que la sienne. Il avale sa salive et serre la mâchoire
quand ma robe touche le sol. Son sourire disparaît et laisse place au mâle
dominant qui règne en lui.
De ses dents, il défait les scratchs de ses gants et les jettent au sol avec violence.
Je sursaute malgré moi. Je suis au beau milieu d’une salle de sport en porte
jarretelles noires, perchée sur des talons aiguilles face à un mec remplit de
testostérones, ça va être ma fête ! Je l’aurais bien cherché !
Grey s’approche la respiration rapide. Je me mords la lèvre.
— À quoi tu joues ?
Sa question me met mal à l’aise. Son ton m’a l’air peu enjoué. Ai-je bien fait de
venir le déranger ? Je ne sais pas quoi lui répondre. Je joue à te rendre dingue
peut- être ?
Il me fixe durement du regard. Il attend une réponse de ma part. Je ne suis plus
très sûr de moi tout à coup. Je pensais que cela lui ferait plaisir ?
Il déroule les bandes entourant ses mains tout en continuant de me regarder
intensément. Je suis déstabilisée, mes talons ne m’aident plus du tout !
Il m’encercle le visage de ses mains, je ferme les yeux. Dès qu’il me touche, je
perds le contrôle. Je sens sa respiration sur mon visage. Je n’ose rien dire.
— Tu es magnifique ! M’avoue- t-il entre deux inspirations.
C’est déjà ça, je lui fais de l’effet ! Mes paupières s’ouvrent doucement vers ses
yeux noisette. Ma langue humidifie mes lèvres sèches.
— Retourne toi ! M’ordonne-t-il.
Je tourne sur mes talons. Il passe ses mains dans mes cheveux. Je ferme les
paupières. Il enlève une à une chaque épingle de mon chignon puis ses mains
descendent délicatement sur ma nuque, mes épaules pour ensuite caresser mes
bras. Un frisson recouvre ma peau. Le suspense est insupportable. Ses lèvres se
posent doucement sur mon épaule. Je tressaute d'impatience. Il s’approche de
mon oreille et me chuchote tout bas :
— Je vais te prendre ici, sans aucun artifice mon cœur !
Ses paroles s’immiscent en moi comme une traînée de poudre. Je perds pied en
quelques secondes. Je sens couler mon excitation jusqu'à mon entre jambe.
Grey fait glisser ses mains sur mon corps, j’ai l’impression qu’il est partout. Je
ferme les yeux et renverse la tête en arrière sur son torse. Il caresse mes seins,
ma taille, mon ventre et finit son chemin sous l'élastique de mon string en
dentelle. Oh mon dieu ! Ses doigts se baladent sur mon clitoris. Il fait des cercles
en continuant de m’embrasser dans le cou. J’en perds le souffle.
Tout doucement, il nous fait reculer. Je le suis sans protester puis il me retourne
brusquement face au ring.
— Accroche toi aux cordes ! Sa voix est autoritaire et j’aime ça.
Mes mains s’agrippent fermement. Je suis essoufflée comme si je venais de
courir un marathon. Mon string glisse le long de mes jambes en douceur. Je sens
son souffle sur ma peau. Je le veux, je veux le sentir en moi !
Grey me colle et m’encercle de ses bras musclés. Je n’ai aucune marge de
manœuvre. Il m’écarte les jambes avec son pied et à partir de là tout va très vite.
Comme s’il ne pouvait plus se contenir. D’une main il m’immobilise par les
cheveux qu’il tire en arrière vers lui, et de l’autre, il me maintient le bassin afin
de garder un angle parfait pour me pénétrer. Je cris de surprise quand son
membre entre en moi de toute sa longueur. Il me pilonne sans répit comme un
fou en me donnant des coups de bassins sec et rapide. Mes mains se
cramponnent à la corde de toute leur force. J’ai l’impression qu’il va me déchirer
de l’intérieur.
Il me baise ! Il s’enfonce en moi à une vitesse folle que mon orgasme explose
aussi rapidement. Son nom fait écho quand je hurle de plaisir dans la salle pendu
au ring. Je suis à bout de souffle mais Grey n’en a pas terminé. Il continue de me
prendre par derrière sans ralentir la cadence. Je n’en peux plus. Ce mec est une
bête de sexe. Il n’est jamais épuisé. Je finis par lâcher les cordes pour
m’effondrer à plat ventre sur le tamis pendant qu’il ne cesse ses va-et-vient. Nos
corps claquent l’un contre l’autre à chaque pénétration. Je sens qu’un second
orgasme refait surface. Grey me murmure des mots salaces entre deux
respirations saccadées. Il réveille en moi la femme perverse qui sommeille en
moi tout au long de la journée. Sa parole crue m'excite terriblement. Mon sexe se
contracte de nouveau sur sa queue. Je serre les dents et ferme les yeux. Oui ça
vient, je le sens ! continu !
Dans un dernier effort, Grey touche mon point sensible et c’est l’apothéose. Il
finit par éjaculer à son tour. Tout son poids atterri sur moi. Je peine à respirer
tellement il est lourd. Je le laisse malgré tout reprendre sa respiration puis il se
redresse en me claquant la fesse. Je sursaute.
— Allez bébé debout ! J’ai quelque chose qui t’appartient !
Je me relève difficilement, un peu décoiffée et les joues en feux. Bordel c’était
quoi cet ouragan ? Je me retourne vers lui. Il me sourit le regard malicieux avec
ma culotte dans les mains.
Il la fait tourner dans ses doigts et me teste :
— Viens la chercher !
— Quoi ?
— Tu as très bien compris. Je t’interdis de repartir sans.
— Et pourquoi pas ? Je le taquine.
J’avance doucement un pas l’un après l’autre sans le quitter des yeux. Il est sûr
de lui, l’air provocateur, torse nu et en sueur. Son short de boxe cintre sa taille
dessinée par ses muscles abdominaux. Ce mec est une vraie armoire de muscles.
Il me fait saliver. Sa cage thoracique se soulève au rythme de mes pas. Il baisse
sa main où est retenu en otage ma petite culotte. Je sens monter la tension entre
nous.
De toute façon à chaque fois que nos corps sont dans une même pièce, nous
sommes incapables de résister à la tentation, et ça depuis le début.
Arrivé à sa hauteur, ma main effleure la sien, il resserre sa prise. Son poing est si
fermé qu’il m’est impossible de la récupérer. Je vais devoir la jouer stratégie. Ma
main remonte délicatement son bras et vient s’enrouler derrière sa nuque. Je lui
caresse la naissance de ses cheveux et pose mes lèvres sur les sienne. Nous
fermons les yeux simultanément. Ses bras m’encerclent la taille et me plaque
contre lui.
— Tu vas me rendre dingue. Me confesse-t-il tout bas.
— C’est le but !
Il sourit dans ma bouche.
— Qu’est-ce que je vais faire de toi ? Il secoue la tête d’un air amusé. Il range
ma culotte dans sa poche arrière de son short.
— Je la garde en souvenir !
— Si cela te fait plaisir, je te la laisse.
Ses mains se baladent sur mon postérieur nue. Je l’embrasse avec amour. Je suis
folle de lui. Folle de son corps, de ses mains, de sa voix …. de lui en entier.
Il ramasse ma robe au sol et me la tend.
— Par contre tu mets ça pour repartir !
Je pouffe de rire.
— Évidemment !
Pendant que je l’enfile, Grey récupère ses gants jetés dans un coin de la salle
quelques minutes plus tôt.
Les lumières s’allument. Nous sursautons. Un homme apparaît, sortit de nulle
part vêtu d’un costume trois pièces de luxe. Je les reconnais au premier coup
d’œil car Brady en avait une collection dans son armoire. Il s’avance vers nous
en applaudissant. J’ai peur tout à coup. Qui est-il ? Qu’est-ce qu’il veut ? Grey
se place devant moi pour me protéger. Je sens son corps se contracter. La bête
qui est en lui se met en garde.
— Jolie spectacle.
— Fils de pute, je vais t'faire ta fête ! Lui crache Greyson les nerfs à vif. Qui
êtes-vous ?
— Oh doucement bel étalon. Je n’ai fait que regarder.
Grey avance d’un pas les poings serrés prêt à se battre.
— Si j’étais toi, je ne ferais pas ça !
— Et qu’est-ce qui va m’en empêcher enfoirer ? Toi ? Laisse-moi rire trente
secondes !
L’homme pousse gentiment le revers de sa veste et laisse entrevoir une arme.
Mon sang se glace. Putain c’est quoi ce bordel ? Qu’est-ce qu’il nous veut ?
Grey s’immobilise et d’un bras me protège derrière lui.
— Alors maintenant vous allez m’écouter bien attentivement. Nous prévient-il
d’un ton pas très sympathique. Il pointe du doigts Greyson et lui annonce : ton
cher frère m’a pris beaucoup d’argent pour sortir mon petit frère de taule mais
malheureusement il nous a quitté avant ce con. Il rit. Excusez mon langage mais
je n’aime pas les boulots inachevés alors je te donne trois jours pour me
rembourser…sinon la blonde...Il me regarde dans les yeux. Tu viendras avec
moi, avec ton joli petit cul je vais me faire un paquet de fric.
J’entends la respiration de Grey devenir sifflante. Son corps ne demande cas
exploser. Je le tiens par le bras.
— Ne fais pas ça, je t’en supplie. Lui susurré-je sans que l’autre gros porc nous
entende. Je suis écœurée par la situation. J’ai la nausée.
— Tu ne toucheras aucun de ses cheveux ! Il faudra me tuer !
— On verra ça plus tard, pour le moment contente toi de me trouver mes deux
cent mille euros petit con ! Je te laisse jusqu'à dimanche, apporte l’argent au club
le Diamant à midi sinon je viendrais chercher la blondasse.
Il se retourne et s’en va les mains dans les poches sûr de lui.
Grey ne bouge plus, ses épaules se baissent et se soulèvent en même temps que
sa respiration. Ses poings sont fermés par la fureur qui l’anime, je ne l’ai jamais
vu comme ça même sur le ring.
— Grey ? ……Greyson ?
Il se retourne vers moi, le visage marqué par la rage. Ses mâchoires sont
verrouillées. Je lui caresse le visage dans l’espoir de le détendre. Il me regarde
dans le fond des yeux et me jure :
— Je vais le tuer !
— Ça ne réglera pas nos problèmes, bien au contraire. On va lui trouver son
argent et tout rentrera dans l’ordre.
— Tu ne les connais pas Charlotte, une fois que tu travailles avec eux, ils ne te
laissent plus jamais tranquille. Tu dois constamment leurs rendre des services
sous peine de te faire buter à chaque coin de rue. Bordel de merde ! Il hurle de
colère. Je sursaute. On rentre !
Il me prend par le bras sèchement et me tire vers les vestiaires où il ramasse son
sac et ses affaires en vitesses. Je reste là sans savoir quoi faire ou quoi penser.
Brady ne m’a jamais parlé de ce mec. Je ne savais pas qu’il trafiquait avec ce
genre d’individu. Je tombe des nus. Je suis déboussolée.

Je remonte dans ma voiture et met le contact. Grey me suit avec la sienne.


Durant le trajet mes mains tremblent et je n’arrête pas de penser aux paroles de
cet homme. Qu’est-ce qu’ils vont me faire si Grey n’arrive pas à rassembler la
somme d’argent ? Non, il ne les laissera jamais me faire de mal ! Mes pensées
partent dans tous les sens. J’ai peur.

Lorsque je redescends après avoir endormie les filles, je vois Grey assis à la
table de la cuisine la tête dans les mains l’air désemparé. Je n’ose rien dire. Je
suis incapable de trouver les mots pour le soulager de ce poids qui pèse sur ses
épaules. J’avance jusqu’à lui sur la pointe des pieds, passe derrière lui puis je
l’enlace tendrement. C’est la seule chose que je puisse faire pour le moment. J’ai
peur et dans ces moments-là j’ai besoin de réconfort.
Il relève la tête, me jette un coup d’œil en me caressant les avant-bras
doucement.
— Je n’ai pas cette somme d’argent. Me confesse-t-il en se confondant en
excuse.
Où vais-je trouver deux cent mille euros en une semaine ?
— Je sais, on va trouver une solution. J'essaie de ne pas montrer mon angoisse et
d’être positive même si la situation me dépasse.
— Quelle solution Charlotte ? Tu n’as pas l’air de comprendre. Je n’ai pas cette
foutu somme ! Me crache-t-il énervé. Il me repousse et se retourne.
— Je vends la maison ! M’empressé-je de lui dire sans vraiment réfléchir.
— Il en est hors de question, et de toute façon elle ne se vendra pas en une
semaine.
— Je pourrais vider tous les comptes, ceux de la société, ceux des filles. Elles
ont hérité de leur père. J’ai des économies aussi, je …
— Ça suffit ! Arrête ! Tu ne vas rien faire du tout. Cet argent il est à vous, c’est
à moi de régler cette affaire. Il n’est pas question que tu vides tous les comptes
ou que tu vendes quoi que ce soit !
— Comment allons-nous faire alors ? Je n’ai pas d’autre solution.
— Je vais lui proposer un marché.
Je le regarde interrogative les sourcils relevés.
— Un marché ?
— Un combat qui va lui rapporter beaucoup d’argent. Je vais téléphoner à mon
agent pour qu’il organise un combat contre le Boucher.
— Non Grey ! Il est hors de question que tu te battes contre lui. Les larmes me
montent aux yeux. Il tue ses adversaires à chaque fois. Ce n’est pas pour rien
qu’on le surnomme ainsi !
— Il ne me tuera pas.
— Bien sûr que si ! Tu n’es pas différent des autres. Il va te tuer Grey ! On va
trouver une autre solution. Je n’arrive plus à contenir mes larmes, elles roulent
sur mon visage en cascade. Ma phrase reste en suspens dans les airs pendant
qu’il me fixe des yeux. Je vois de la détermination, de la rage sur son visage. Ne
fais pas ça, s’il te plaît ! Je l’implore à voix basse.
— Je n’ai pas le choix ! La seule chose que je sache faire, … c’est me battre.
Il se lève, me regarde la mâchoire serrée durant quelques secondes puis essuie
mes joues de ses pouces. Je vais revenir, je te le promets. Mon cœur se déchire, il
ne changera pas d’avis. Il va se battre contre le Boucher, l’homme aux mains de
fer. Aucun de ses adversaires n’est ressorti sur ses deux jambes. Tous sont mort
ou mange dorénavant à la paille. Je ne veux pas qu’il finisse comme eux. Il a
beau se battre comme Rocky Balboa, il ne fera pas le poids.
Grey m’embrasse le front, la tempe, la joue. Je ferme les yeux, je veux sentir sa
bouche sur ma peau. Savourer son contact, m’imprégner de ses lèvres sur mon
corps. Sa main me maintient le menton pendant qu’il continue de m'embrasser.
J’ai une boule dans la gorge. Mes sentiments se confondent. La peur, l’angoisse,
l’envie, l’amour…. Tout se mélange.
Sa bouche continue d’avancer sur mon cou, je l’agrippe par le col de son tee-
shirt. Je suis perdu. J’ai besoin de lui, de ses bras, de son odeur. J’ai besoin de le
sentir contre moi. Il me prend dans ses bras, j’halète. Le temps s’arrête une
fraction de seconde. J’oublie tout.
Grey s'interrompt tout à coup la bouche sur mon épaule. J’ouvre les yeux. Son
téléphone vibre dans sa poche. Il répond. Son visage se décompose.
— Qu’est-ce qu’il y a ? La panique m'envahit. Mon cœur s’emballe. Ses mains
tremblent et se crispent sur son téléphone. Il va le briser si ça continue. Grey ?
Qui est-ce ?
— Ce fils de pute nous a filmé !
— Quoi ? Il a fait quoi ?
— Je vais l’enculer ce bâtard ! Hurle-t-il en jetant son mobile à travers de la
pièce. Son torse se soulève et s'abaisse à une vitesse folle. On dirait un taureau
au milieu d’une arène. Il se tient la tête de rage et crie des injures.
Tout est de ma faute. Si seulement, je n’avais pas eu l’idée de venir lui faire cette
surprise tordue, nous n’en serions pas là. Cet enfoiré n’aurait eu aucun moyen de
faire pression contre lui.
— Calme- toi !
— Comment veux-tu que je me calme Charlotte ! Putain de merde ! Il menace
de dévoiler la vidéo sur internet. Son poing atterrit violemment contre la porte.
Je sursaute de peur. Je ne l’ai jamais vu autant en colère. Il tourne en rond, je ne
sais plus quoi faire. C’est la panique dans ma tête. Tout se bouscule quand tout à
coup Grey prend la direction de la porte d’entrée.
— Où vas-tu ?
Il ne me répond pas. Je le suis. Grey ! S’il te plaît ! La porte claque contre la
console de l’entrée quand il l’ouvre avec fracas. Il marche d’un pas déterminé les
poings serrés.
Greyson ! Lui hurlé-je dessus pour qu’il s’arrête. Mais rien n’y fait. Il semble
complètement fermé à mes appels. Je sors sur le perron pieds nus. La nuit tombe
doucement sur nous. J’ai déjà vécu ce sentiment d’impuissance et de douleur ici
même quelques mois auparavant. Seule sur ce perron voyant Grey dans sa
voiture le visage défait, les mains sur le volant en train de me fixer dans les yeux
ne sachant pas quoi me dire, cherchant les mots justes pour ne pas me blesser
davantage. Une douleur atroce me compresse la poitrine. J’ai du mal à respirer.
Je le supplie du regard de ne pas y aller, mais quand le moteur rugit dans l’allée,
mon cœur s’arrête de battre. Mes yeux sont inondés par les larmes qui ne
demande cas s’échapper. Je vois flou. Je m'effondre à genoux sur le sol quand il
démarre.
Je n’arrive plus à me contenir, seule face à mon désespoir, je suffoque, je
pleure, je cris. Comment en sommes-nous arrivés là ? Qu’avons-nous fait pour
mériter ça ? L’obscurité qui m’a tant fait de mal revient m’envelopper. Je sens
les mains de l’enfer sinueuses se glisser sur moi. Je ne veux pas qu’il meure. Je
ne veux pas qu’il soit blessé. Je ne veux pas qu’il mette sa vie en danger pour
nous. Je tiens trop à lui pour le perdre.
Mon dieu donnez-moi le courage d’aller jusqu’au bout de ce que je m’apprête à
faire. Je vous en supplie aidez- moi.
Je me relève, inspire profondément regardant mon avenir avec férocité. Je ne
permettrais à personne de faire du mal à Greyson.
Ma mère apparaît dans le salon l’air inquiète trente minutes après mon coup de
fil.
— Je suis là ma chérie. Est-ce que ça va ? Tu as des ennuis ? Me demande-t-elle
d’une voix qui me brise davantage le cœur. Cette voix qui m’a rassuré toute mon
enfance.
— J’ai juste besoin que tu gardes les filles quelques heures voire quelques jours.
Je ne sais pas trop encore pour combien de temps je vais en avoir mais prends
soin des filles. Je t’appelle c’est promis. Je l’embrasse sur la joue, la serre dans
mes bras puis je pars sans me retourner sac en main.
Je serre les dents car je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. Ce que je
m’apprête à faire me dépasse. Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne décision
mais c’est la seule que j’ai trouvé pour sauver Grey des griffes du Boucher.
Je roule sans trop savoir où je vais. Je ne connais pas cet endroit. Je me laisse
guidé par le GPS les tripes retournés. Je me demande en boucle si c’est la bonne
décision. Si je ne suis en train de faire la plus grosse erreur de toute ma vie. Et
dieu seul sait que je suis le numéro un pour choisir les mauvais chemins.
— Vous êtes arrivé ! M’affirme la voix sensuelle du GPS.
J’ai la nausée en regardant la façade au néons rouges illuminant la ruelle comme
les couleurs du diable. Mes mains se crispent sur le volant, mon cœur s’emballe.
Je ne me sens pas bien, j’ai envie de vomir. J’ouvre précipitamment ma portière
et renvoie la bile qui me brûle la gorge dans le caniveau.
Je reste un long moment assis dans la voiture à me triturer l’esprit. Chaque
sentiment prend le dessus sur l’autre. La peur domine la rage, la détermination
monte sur l’angoisse je ne suis plus sûr de rien. J’inspire profondément puis je
sors sur le trottoir les jambes en coton et le cœur qui tambourine dans ma
poitrine.
J’avance jusque devant la grande porte en fer et sonne les mains tremblantes
sur l’interphone. J’attends un moment puis celle-ci s’ouvre sur un homme cinq
fois plus grand que moi le visage fermé. J’avale ma salive. Où m’apprête-je à
entrer ?
— Suis moi ! M’ordonne-t-il sans l’ombre d’un sourire.
Je passe devant lui, entre dans un sas sombre et sursaute quand il referme la
porte derrière nous. Je suis à deux doigts de faire un infarctus. Suis-je toujours
certaine de vouloir faire ça ?
Putain faut vraiment être au bout du rouleau pour être ici.
Le gorille me pousse dans le dos pour que j’avance. Nous pénétrons dans une
salle à l’ambiance tamisée ou des hommes et des femmes discutent, boivent des
verres accoudés au bar. Une soirée ordinaire à première vue. Je suis le colosse
jusqu’à une porte dérobée au fond de la salle. Il tire le rideau rouge en velours et
me fait signe d’y entrer avec sa tête. Je le regarde incertaine, la peur au ventre. Je
peux encore partir en courant ? Je ne pense pas qu’il me rattraperait, je n’ai
encore rien soumis !
Voyant mon hésitation, il me prend le bras sèchement et me fait entrer dans une
pièce brusquement. Je suis à deux doigts de trébucher. Quel connard celui-là !
— Avance jusqu’au fond et frappe à la porte. Attendez qu’on vous invite à entrer
! Me dicte-t-il avant de refermer la porte derrière moi.
Je marche, mes genoux s’entrechoquent tellement j’ai la frousse. Putain mais
qu’est-ce que je fais là ? J’essaie de respirer profondément pour calmer mon
angoisse qui me donne la nausée. Une fois face à cette foutu porte, j’hésite.
Pendant un instant, je me demande si je ne devrais pas faire demi-tour. Et puis le
visage de Grey apparaît dans mon esprit. Je frappe.
Une voix très masculine me donne l’ordre d’entrer.
J’ouvre la porte tremblante et pénètre dans le boumkoeur de l’enfer. Je le
reconnais au premier coup d’œil, assit dans son fauteuil en cuir un verre à la
main, un sourire diabolique sur le visage, il me scrute de la tête aux pieds. Il
m’écœure. Deux gardes du corps sont en position de statue dans chaque coin de
la pièce. Ça fait froid dans le dos.
— Tiens ! Quelle belle surprise ! Il pose son verre sur le bureau. Entrez, ne
restez pas devant la porte. J’hésite mais maintenant que je suis là, je dois aller
jusqu’au bout alors j’avance dans la pièce jusqu’à l’un des fauteuils qui se situe
devant son bureau.
Prenez place, je vous en prie...Charlotte… c’est bien ça ?
— Oui c’est exact. Je m’installe dans le siège sans me dégonfler. Ce n’est pas
l’envie qui me manque, si je m’écoute je prends mes jambes à mon cou. Son
bureau est sombre, aucunes fenêtres pour donner un peu de clarté à la pièce. Des
bibelots kitsch trônent un peu partout et ça sent le renfermé. Il me dégoute à un
point !
— Alors que me vaut votre visite si rapide ? Vous avez l’argent ?
Je me demande si j’ai bien fait de venir. Qu’est-ce qu’il va dire quand je vais lui
annoncer que je n’aurais jamais cette somme ?
— Non je n’ai pas l’argent. Je bégaye.
— Je m’en doutais.
— Je viens vous voir pour vous proposer ma maison en échange. Je n’aurais
jamais deux cent mille euros à la fin de la semaine. Il se met à rire à gorge
déployé. Quoi, j’ai dit quelque chose de drôle ? Il se reprend, boit une gorgé de
whisky et me regarde droit dans les yeux. J’ai la chair de poule.
— Je ne veux pas de votre bicoque, je veux du fric, du cache. Il se lève, je le suis
du regard. Je n’ai aucune confiance en lui. Vous voyez, votre très cher défunt
mari m’a pris beaucoup d’argent et si je ne m’abuse à cause de votre joli petit cul
qui n’a visiblement pas su se tenir, il s’est foutu en l’air !
— Je ne vous permets pas ! Lui craché-je hors de moi. Il va trop loin ce gros
porc. Pour qui il se prend à me traiter de trainer ?
— Quel con ! Une femme fout toujours la merde, n’est-ce pas ? Il me fixe des
yeux. J’ai envie de pleurer, de partir en courant loin de ce type abject. Mon dieu
pourquoi suis-je venu ?
Il passe derrière moi et laisse glisser son doigt sur mon épaule. Je me raidis
instantanément. Quelle horreur ! Je ne veux pas qu’il pose ses sales pattes sur
moi. Il continue son chemin et repart s'asseoir dans son fauteuil. Je suis tétanisée.
— Je vous propose un marché ! Je l’écoute en essayant de contenir ma colère.
J’annule la dette si vous passez une nuit entière avec moi !
— Il en est hors de question ! vous me dégoutez ! vous êtes répugnant ! Jamais !
Vous m’entendez ? Jamais, plutôt mourir que de passer une minute avec vous !
Je me lève comme une furie en le fusillant du regard.
— N’en soyez pas si certaine ! Je ne pense pas que votre amant soit à la hauteur.
Où va-t-il trouver cet argent ? Entre nous, il a beau jouer du poing sur le ring, il
ne fera de vous qu’une simple femme ordinaire, une groupie parmi tant d’autre
qu’il baise quand il en a envie.
La rage s’empare de moi, il va trop loin dans ses propos. Comme le sang impur
qui coule dans mes veines, la colère m'envahit. J’ai envie de le gifler. Je me
penche sur son bureau, saisit son verre et sans l’ombre d’une réflexion je lui jette
à la figure. Mon cœur s’emballe, le temps se fige. Je crois que je viens de faire
une belle connerie !
Il ne dit rien. Il me fixe du regard, s’il avait des mitraillettes à la place des yeux
je serais déjà six pieds sous terre. Les deux gugusses derrière moi sont déjà sur le
pied de guerre prêt à me sauter dessus. Ma respiration est rapide, je serre les
dents car je pense que je ne vais pas tarder à recevoir un coup.
— Enfermez- là ! Ordonne-t-il à ses hommes de main.
Quoi ? Non, non ! Je me retourne. Ils sont déjà sur mes côtes et me saisissent par
les bras. Je crie, je deviens hystérique.
— Lâchez- moi ! Vous me faites mal ! J’ai beau me débattre dans tous les sens,
ils sont bien trop fort. Je suis maîtrisée en deux secondes. Ils me font passer dans
un couloir étroit. Je continue de hurler mais personne ne m’entend.
— Mais lâchez moi bon sang ! Je veux partir ! Au secours !
L’un d’eux ouvre une porte, ils me jettent à l'intérieur sur le sol comme une
merde.
— AÏE ! Bande de connards ! La porte claque, je sursaute. Je me retrouve seule
au milieu d’une pièce plongé dans le noir. J’ai terriblement peur. Le silence
m’angoisse. J’entends mon cœur tambouriner dans ma poitrine. Putain mais
qu’est-ce que je fous là ! Comment je vais sortir d’ici ?
À tâtons j’avance vers la porte et me redresse. Je frappe avec mes poings de
toutes mes forces pour que quelqu’un vienne m’ouvrir.
— Au secours venez m’aider ! Je hurle. Ouvrez-moi ! S’il vous plaît ! Il y a
quelqu’un ? Ouvrez la porte !
Au bout de quinze minutes à me détruire les mains à force de taper contre cette
porte blindée, j’abandonne en larme. Je me laisse glisser, découragé jusqu’au sol
où je me recroqueville. Personne ne viendra m’ouvrir !
Chapitre 17

J ’ai le sentiment que ça fait des jours que je suis enfermée ici. J’ai perdu la
notion du temps plongée dans le noir. Je n’ai plus aucun repère. Je deviens
folle.
Un type vient de temps à autre m’apporter de la nourriture. Il n’y a qu’à ce
moment-là que j’ai le droit à la lumière. Je suis enfermée dans une pièce aux
murs vitrées, comme dans une vitrine. C’est étrange. Ils m’emmènent aux
toilettes les yeux bandés pour ne pas que je vois leurs visages. J’ai l’impression
d’être dans un film. Ça dépasse la réalité. Jamais je n’aurais imaginé vivre une
chose pareille ! Je vie captive et personne ne sait où je me trouve. Je n’ai
prévenu personne. Personne ne va venir me libérer. Je désespère.

Les lumières m’aveuglent tout à coup. Je cligne des paupières plusieurs fois
pour habituer ma vue. Je me redresse. Une voix résonne dans la pièce, celle du
gros porc !
— Bonjour Charlotte ! Comment allez- vous ? Je cherche des yeux les hauts
parleurs. Vous avez une sale mine.
— Libérez- moi ! Vous ne pouvez pas me tenir enfermé ici !
— Bientôt ne vous inquiétez pas. Vous allez pouvoir partir. J’entends son rire
faire écho entre les murs.
— Je veux sortir maintenant !
— Doucement ma jolie ! Vous n’allez pas sortir dans cet état ? Un de mes
hommes va venir vous chercher, il va vous emmener à l’étage où vous pourrez
prendre une douche et vous changer. J’ai pris soin de choisir moi- même une
tenue pour vous. J’ai encore une petite chose à vous demander après ça.
Sa voix est bizarre, perverse. Elle sonne fausse. Ça ne présage rien de bon.
Une minute plus tard la porte s’ouvre, un type avec un masque me fait signe
d’avancer vers lui. Mon cœur s’accélère. Il tient dans la main un bandeau noir.
Me voyant réticence, il réitère son geste. Je n’ai pas d’autre choix que d’avancer.
Il me place le bandeau sur les yeux et me saisit le bras sèchement. Il me dirige
dans les couloirs, nous montons dans un ascenseur. Il ne m’adresse pas la parole.
Je suis tressée. J’ai peur. Tous mes sens sont en alerte pour distinguer le moindre
son pour me repérer. Les portes s’ouvrent, nous avançons sur de la moquette. Il
m’arrête, ouvre une porte puis me pousse à l'intérieur. J’enlève immédiatement
mon bandeau des yeux.
Où suis-je ? Une chambre ! Ok voyons si je peux m’enfuir. Je me dirige vers la
fenêtre et essaie de l’ouvrir. Elle est condamnée. Quelle merde ! Je n’ai aucun
autre moyen de sortir. Pas de téléphone, pas de télévision, juste un lit au milieu
de la pièce avec deux tables de chevet de chaque côté. Un papier peint miteux et
des rideaux à chier. Impossible de sortir !
Encore une fois découragée, je m’assois sur le rebord du lit et me laisse aller
vers l’arrière. Je scrute le plafond pensive. Grey doit être dans tous ses états, il
doit se demander où je suis ? Il doit probablement me chercher partout. Je suis
qu’une idiote qui pensais arranger les choses avec un mafieux tordu. À quoi je
m’attendais ? Je me cache le visage de mes mains pour ne plus penser à cela, de
toute façon c’est trop tard.
On frappe à la porte. Une grosse voix me fait sursauter.
— Encore dix minutes !
Quoi ? Le temps est compté en plus ?
— Ok !
Je cours à la salle de bain plutôt vintage puis prend une douche. Je me savonne
les cheveux et le corps à une vitesse grand V. Je ne vous cache pas que ça fait du
bien de se sentir fraîche. Je commençais à sentir le fauve enfermé dans mon
bocal.
Une serviette autour du buste, je retourne dans la chambre et vois une housse
étalée sur le lit. J’ouvre la fermeture éclair et découvre ma tenue pour sortir. Je
suis outrée par le contenu. Il est hors de question que je porte un truc pareil !
L’autre pervers m’a choisi un ensemble rouge vif en dentelle accompagné de son
porte jarretelle, des bas noirs et une mini robe noire dos nue. Il pense vraiment
que je vais sortir accoutrée de la sorte ? Il se met le doigt dans l’œil.
Un second coup m’informe que j’ai dépassé le temps escompté.
— J’arrive, c’est bon !
Je me rhabille avec mes vêtements à la hâte puis signal au gorille que je suis
prête. Il ouvre la porte et reste planter là devant moi sans dire un mot.
Quoi ?
— La tenue ! M’ordonne-t-il.
— Dans tes rêves !
Il me fait signe de la tête d’aller la mettre. Je conteste. Je ne peux pas voir
l’expression sur son visage car il porte un masque blanc. Il referme la porte en
me laissant de nouveau seule. Je l’entends parler avec quelqu’un. Il l’informe
que je refuse de m’habiller. Je commence à paniquer. Je fais ma rebelle mais je
ne pèse pas lourd. Deux minutes plus tard, il réapparaît et m’attrape par le bras
violemment.
— Vous me faites mal !
— Habille toi ! c’est un ordre.
— Je ne veux pas mettre ça !
— Tu commences à m’énerver, je perds patience. Met ça et vite !
J’entends dans sa voix qu’il ne plaisante pas. Il me serre tellement le bras que
j’ai la sensation d’avoir un garrot.
— Non je ne mets pas cette tenue de prostitué.
— Met le bordel ! Me crache-t-il dessus en me projetant sur le lit brutalement.
Le temps que je reprenne mes esprits, il monte sur moi et m’immobilise par les
poignets.
— Tu m'excite poupée. Alors ne me cherche pas si tu veux pas passer un sale
quart d’heure !
Oh mon dieu, bon ok je capitule. J’arrête de faire ma maline. Je lui fais signe de
la tête que j’ai compris car ma gorge est nouée, impossible d’articuler le moindre
mot.
C’est bien, tu comprends vite ! Mets cette putain de robe après on redescend le
boss t’attend.

Une fois vêtu comme une fille facile qui ne demande qu’à se faire sauter, je
tape à la porte pour qu’il m’ouvre de nouveau. Je suis terriblement mal à l’aise,
encore pire quand l’autre gros tas laisse échapper un son guttural de satisfaction.
Berk ! J’ai envie de vomir.
Il me fait encore signe du doigt de retourner à la salle de bain. Mais pourquoi
faire bon sang ?
Je le regarde interrogative, un sourcil relevé.
— Maquillage ! Et dépêche-toi on est en retard !
Je souffle exaspérée. Ils commencent vraiment à me pomper l’air. Ils veulent
quoi à la fin ? Que je ressemble à …. Oh mon dieu ! Mais ça y est j’ai compris.
Ils ne vont pas me faire danser sur la piste tout de même ? Ou pire encore que je
fasse l’escorte ? Mon sang se glace.
— Qu’est-ce qu’il va faire de moi ?
— Tu verras bien.
— Je veux savoir !
— Tu en est sûr poupée ? Me défit-il. Tu le sauras bien assez tôt, allé dépêche-
toi ou je joue à Picasso sur ta jolie tronche !
J’avale ma salive difficilement, l’angoisse m’a de nouveau rattrapé. Il tape des
mains pour que j'accélère le rythme.
— Ça va, c’est bon j’y vais !
Je retourne à la salle de bain et trouve dans un tiroir une trousse à maquillage. Je
l’ouvre et fait l'inventaire du contenu. Bien évidemment il n’y a que du rouge à
lèvres rouge vif et du fard à paupières charbon. Avec ça c’est le pompon !
Mes mains tremblent lorsque j’applique soigneusement le rouge à lèvre sur ma
bouche.
— Le temps est écoulé poupée, on y va ! Me crie-t-il dessus depuis l’autre côté
de la chambre.
Je repose le tube puis regarde mon reflet dans le miroir. Ce n’est vraiment pas
mon genre. Je ne me reconnais pas. J’ai l’impression de voir une autre personne.
J’inspire profondément puis décide d’affronter l’autre gros porc.
Il me bande les yeux de nouveau avant de quitter la pièce puis nous reprenons
l'ascenseur en sens inverse. J’ai qu’une seule envie c’est de partir d’ici au plus
vite. Les portes s’ouvrent, j’avance, dirigé par le gorille dans un couloir où
résonnent mes nouveaux talons aiguilles. Ma respiration est rapide car je me
demande à quelle sauce je vais être mangé. Je me fais des centaines de scénarios
en tout genre. Des plus sordides au plus romantique pour me donner du courage.
— On est arrivé poupée !
Il me met les nerfs à me surnommer ainsi.
— Je ne suis pas votre poupée ! Lui affirmé-je d’un ton sec.
Il pouffe de rire sous son masque. J’entends un verrou s’ouvrir puis une porte.
Le gorille me pousse à l'intérieur gentiment pour une fois. La porte se referme
derrière moi comme à chaque fois ensuite j’enlève le bandeau. Je découvre que
je suis revenu au point de départ, dans la même pièce dans laquelle il me retient
captive. Trois choses ont changé pendant mon absence, la lumière qu’ils ont
laissée volontairement, une sorte de trépied avec une caméra trône au milieu de
la pièce. Je m’y approche doucement, l’observe. Une caméra clignote. Mon cœur
s’emballe. Je relève les yeux. Je distingue une chose sur le mur du fond.
J’avance doucement intriguée. Mais qu’est-ce que c'est ?
Une corde est accrochée au plafond. Des anneaux y sont suspendus. Mais c’est
quoi ce délire ? Je panique. Ils veulent quoi de moi ? Qu’est-ce qu’ils veulent
que je fasse avec ces trucs-là ?
Tout à coup la porte s’ouvre avec fracas. Je me retourne le cœur battant, la
panique dans les yeux. Grey apparaît poussé par un molosse. La porte se referme
sur nous. Un instant je crois rêver. Comment est-ce possible ? Qu’est-ce qu’il
fait là ?
Nos regards s'accrochent.
— Charlotte !
Je fonds en larme soulagé de le voir. Il se précipite vers moi et me prend dans ses
bras.
Ça va ? Ils ne t’ont pas touché ? Ils ne t’ont pas fait de mal ? Je lui fais un signe
de la tête. Il me touche de partout pour voir si j’ai encore tous mes membres.
— Grey ! Lui dis-je en pleure. Comment va- t-on sortir d’ici ?
— Ne t’inquiète pas, on va sortir. Je suis là, ils ne pourront pas t’faire de mal.
Il me serre dans ses bras, je respire son odeur qui me rassure. Maintenant qu’il
est avec moi, j’abat ma forteresse. Je sais que plus rien ne pourra m’arriver.
Reste à trouver comme sortir d’ici.
— Qu’est-ce qu’ils veulent ?
— Je n’en sais rien. Je suis venu ici pour lui proposer de me battre contre le
Boucher en échange de ma dette. Mais je suis devenu fou lorsque je t’ai vu
enfermé dans cette pièce sur son écran d’ordinateur. J’ai commencé par mettre
mon poing dans la gueule de l’autre connard mais ses deux gardes du corps
m’ont vite maîtrisé. J’étais enragé de te savoir ici.
Ses mains me caressent le visage. Son regard est rempli de tristesse et de rage à
la fois. Son pouce essuie mon rouge à lèvre. Il me sourit faiblement. Je ferme les
yeux.
— Tu es si belle sans tous ces artifices.
Ses lèvres prennent place sur les miennes et m’embrasse tendrement. Elles sont
si douces que j’en oublie l’endroit où nous sommes un instant. Je me perds en
lui. Il m’encercle le visage et me maintient fermement comme si j’étais à deux
doigts de m’enfuir.

Deux projecteurs nous éclairent tout à coup et nous sort de notre escapade
virtuelle. Grey me serre contre lui instinctivement pour me protéger.
— C’est un bon début les amoureux ! La voix du gros porc perce les haut-
parleurs. Grey se contracte.
J’ai un marché à vous faire ! Même si je sais d’avance que vous n’avez pas le
choix. Il rit.
— Qu’est-ce que tu veux ordure ?
— Baisse la et nous sommes quitte !
— Quoi ? Va te faire foutre sale porc ! Lui proféré-je hors de moi.
— Il en est hors de question ! Laisse-nous sortir et je te paye ta dette en liquide.
— Hum…. Non ! Je ne veux plus de ton fric. Je veux te voir la prendre comme
une chienne.
— Je vais te faire la peau fils de pute ! Je vais te faire regretter tes paroles !
Grey tente de se contenir, ses mâchoires se contractent, ses poings sont comme
du béton.
— C’est ça ou je vous laisse croupir ici ! Ne me dite pas qu’une partie de jambes
en l’air vous répugne ? J’ai pourtant un souvenir qui me montre le contraire !
Et entre nous, vous ne voudriez pas que vos charmantes petites filles soit
accidentellement renversés ou kidnappées ?
— Mon dieu non ! Ne touchez pas à mes filles, je vous en supplie ! Je ferais tout
ce que vous voulez. Lui imploré-je horrifié.
J’entends la respiration de Grey devenir incontrôlable. Je le tire vers moi par le
col de son tee-shirt et l’oblige à me regarder dans les yeux.
— Pardonne- moi ! Lui susurré-je les yeux implorant. Fais ce qu’il veut.
— Que la fête commence dans ce cas ! Chantonne le gros lard.
Grey plonge dans mon regard. Je le supplie en silence de faire ce qu’il demande.
Il semble incapable de bouger le moindre petit doigt. Son corps tout entier est
raide, prêt à exploser.
Mes mains glissent sur son torse, son cœur bat tellement fort que je peux
l’entendre.
— S’il te plaît fais-moi l’amour. Lui supplié-je.
— Je ne peux pas Charlotte.
— Allez Greyson un peu d’enthousiasme, tu risques de vexer ta partenaire. Elle
est comme toutes les autres n’est-ce pas ? Un petit coup et hop tout le monde
rentre sagement à la maison !
Grey ferme les yeux, et jure tout bas :
— Je vais le tuer.
Je l’embrasse délicatement sur la bouche. Il est complètement fermé. Je pleure
en silence. Mes larmes mouillent nos visages. Au bout de quelques minutes où je
m'efforce à le détendre, il finit par poser ses mains sur ma taille et me renvoyer
mon baiser. On oublie un instant où nous sommes jusqu’à ce que sa voix
retentisse encore dans nos oreilles.
— Attache là !
Je sens ses mains sur mon corps se crisper.
— Vas- y ! Fais ce qu’il dit. Grey secoue la tête. Attache-moi !
— Bordel ! Fait chier !
Nous reculons jusqu’aux cordes. Grey n’ose pas me regarder dans les yeux. Il
esquive mon regard quand il m’attache les poignets dans le dos. Il reste
immobile un instant devant moi la tête baissé.
— Grey ! Regarde-moi ! Ses yeux sont vides. Plus aucune âme vie en lui à cet
instant précis.
Les lumières éclairent l'extérieur de notre cage vitré et des visages masqués
surgissent de partout. Partout autour de nous des hommes et des femmes nous
observent dissimuler derrière leurs masques. La panique m'envahit, j’ai du mal à
respirer. Je manque d’air. J’essaie de me détacher mais en vain, Grey a serré les
liens. Je les regarde tous, les uns après les autres. Ils ne bougent pas, ils sont
comme des statues. Qui sont-ils ? C’est un cauchemar ! Je m’affole. Grey reste
imperturbable. Il me fait peur lui aussi. Je ne le reconnais plus. Qu’est-ce qu’il
lui prend ?
— Détache moi s’il te plaît ! Il n’était pas question qu’il y ait des gens qui nous
regarde !
Il ne me répond pas. Il est devenu un automate. Greyson je t’en supplie parle-
moi !
Il décroche et me regarde enfin, je suis soulagée.
— Qui sont tous ces gens ?
— Je n’en sais rien mais tu vas fermer les yeux et me faire confiance.
— Je ne peux pas faire ça ! Pas devant eux !
— Tu vas écouter ma voix et faire le vide en toi. Tu vas voir tout va bien se
passer.
Je ferme les yeux. Mon souffle s’accélère.
Ok bébé, je vais poser mes mains sur tes épaules. Tu es si belle que j’en perds la
vue.
Je sens la chaleur de ses mains me gagner doucement. Sa voix me rassure et
m’emporte au-delà de ces murs. Sa bouche m’embrasse la nuque, les épaules.
Ses lèvres sont si douces que je gémis doucement sans m’en rendre compte.
Grâce à lui, grâce à sa douceur, à ses gestes tendres et à ses mots qu’il me
susurre à l’oreille pendant qu’il me caresse, je me détends. Mon désir s'immisce
dans mes veines malgré moi. J’aimerais le toucher, le sentir sur moi, effleurer sa
peau mais je ne peux pas. Mes mains sont liées. Seule ses paroles me frôlent
délicieusement et entre en moi pour atteindre mes pensées.
— Mon dieu Grey ! Lui soufflé-je.
— Tu es parfaite bébé.
Il me retourne et se place derrière moi. Il m'enlace tendrement. Sa chaleur
m’enveloppe.
— N’ouvre pas les yeux, je veux que tu nous imagines à la maison seuls dans ma
chambre. Je t’ai attaché les mains pour faire monter l’excitation. Tu vas voir
c’est très frustrant mais tellement bon. Je m’occupe de tout. Tu n’as qu’à te
laisser aller et prendre tout ce que je te donne. Ses mains remontent délicatement
l’ourlet de ma robe. Un courant d’air frais me chatouille les cuisses. Je me
dandine sur place. Grey continue de déposer des traînés humide sur ma peau. Sa
respiration saccadée fait monter en moi l’envie qu’il me touche davantage.
— Un peu plus de violence les tourtereaux, mes invités s’ennuient !
J’ouvre les yeux lorsque j’entends sa voix. Elle m’a instantanément ramené à la
réalité. Je me raidis quand je vois tous ces yeux me regarder.
— Ferme les yeux Charlotte ! M’ordonne-t-il. N’écoute que ma voix, ne te laisse
pas distraire.
— Je n’y arrive pas !
— Bien sûr que si. Tu étais parfaite bébé. Me rassure-t-il en continuant de me
caresser.
— S’il te plait Grey, fais vite alors.
— Je vais te faire mal si tu n’es pas prête, alors tu continues de te concentrer sur
ma voix. Fais le vide dans ta tête.
— Facile à dire !
— Je sais, je vais t’aider.
J’inspire profondément et ferme les yeux. Grey reprend le chemin sur mon
corps à la recherche du point sensible qui réussira à me faire oublier où nous
sommes.
— Ta peau est si douce que je n’arrive plus à contrôler mes mains. Tu me rends
dingue. Ton joli petit cul m’excite, hum…. Grey se frotte à moi, je sens son
érection contre ma peau. Ses mots me chauffent. Je me déhanche lentement.
Vas-y bébé, continue. C’est bien. Il gémit dans mon cou pendant que ses doigts
glissent sous l’élastique de mon string rouge pour ensuite le faire descendre
jusqu’à mes chevilles.
Sa bouche m'effleure la peau lorsqu’il se baisse. Il dépose un baisser sur mes
fesses. Je tressaute de surprise. Il m’écarte les jambes pour venir ensuite y mettre
sa tête. J’halète.
— Greyson … Je murmure.
Sa langue me lèche le sexe voracement pendant que ses mains me maintiennent
fermement par la taille. Mes jambes commencent à trembler. J’oublie où nous
sommes. Je m’évade. C’est divin. Ses dents viennent me mordiller le clitoris.
J’aime ça ! Oui !
Je perds le nord. Un doigt me pénètre en douceur, puis deux, puis trois. Mon
dieu, je suis à bout de souffle. Je n’entends même plus la voix du gros porc,
seulement des bourdonnements lointains.
Grey se redresse, glisse une main dans mes cheveux et resserre sa prise. Il
m’immobilise la tête vers l’avant, le cul en arrière. La cadence s’accélère. Le
rythme est plus intense. Grey me prend sans ménagement. Sa queue s’enfonce en
moi jusqu’à la garde. Je crie son nom.
— J’aime t’entendre crier bébé ! Donne-moi tout !
Je suis à bout de souffle. Il va et vient tellement vite que je n’ai pas le temps de
comprendre ce qui m’arrive. Mes orteils se contractent, mes jambes se raidissent,
un courant électrique parcourt mon sexe et c’est la délivrance. Je jouis, j'atteins
l’orgasme épuisée et hors d’haleine. Grey ralentit la cadence le temps que
l’ouragan s'estompe. Sa main me libère les cheveux. Il m’embrasse dans le cou.
— Tu as été exceptionnelle.
Je reprends doucement mon souffle, je n’en reviens pas d’avoir réussi à me
donner en spectacle devant une dizaine de personnes que je ne connais pas.
Les lumières s'éteignent. Les visages des gens disparaissent dans l’ombre. Grey
me détache en silence, me masse délicatement les poignets puis me prend dans
ses bras. Je m’y réfugie.
— C’est terminé. M’assure-t-il en m'embrassant tendrement le dessus de la tête.
Les battements de son cœur me rassurent. La chaleur de son corps me
réconforte. Je m’accroche à son tee-shirt comme à une bouée de sauvetage.
— Sors moi d’ici, je t’en supplie ! Je veux partir.
— Ne t’inquiète pas on va sortir. Hey ! Tu m’entends ? Ouvre cette putain de
porte ! On n’a fait ce que tu voulais, alors maintenant à toi d'honorer ta partie du
marché !
Un long silence s'ensuit. Je prie intérieurement pour que quelqu’un nous ouvre
quand sa voix résonne.
— Oh pardonnez-moi mais je ne vous ai pas précisé, toi tu sors ! Pas elle !
Quoi ? Il n’est pas sérieux ? On a fait ce qu’il voulait. Je ne veux pas rester ici, je
vais mourir. La panique s'immisce en moi comme du venin. J’ai du mal à
respirer. Je suffoque.
— Fils de pute ! Tu veux quoi encore ? Laisse-la partir, je prends sa place.
— Non, non, non ! C’est elle qu’ils veulent.
— Qui ça ? Il est hors de question que tu touches à un de ses cheveux ! Tu
m’entends sale pervers ? On avait un marché !
— Oui, c’est fâcheux mais mes invités ont beaucoup apprécié le spectacle
voyez-vous et ils demandent à ce qu’elle passe à l’étape suivante.
Quelle étape suivante ? C’est quoi ce bordel ? J’ai envie de vomir tout à coup.
La nausée remonte dans ma gorge, je serre les dents. Tout ça me répugne. Je me
sens sale. C’est un cauchemar. Je veux sortir d’ici putain !
— Quelle étape ? S'énerve Grey en me tenant fermement dans ses bras. Il n’était
pas question d’une autre étape.
— Je sais mais je me dois de satisfaire mes invités. Vous comprenez ?
— Va te faire foutre ordure ! Je ne bouge pas d’ici, il faudra me passer sur le
corps ! Grey est à bout de nerfs. Sa cage thoracique se soulève et s’abaisse
rapidement.
— Comme vous voulez ! Ricane-t-il.
Je m’attends au pire. Son rire ne présage rien de bon.
— Ne me laisse pas Grey !
— Bien sûr que non ! Jamais ! On sort ensemble de cet enfer. Tu m’entends ?
Regarde-moi bébé. Je vais nous sortir d’ici ! Tu me fais confiance ? Je secoue la
tête, le visage humide de larmes.
La porte s’ouvre et claque contre le mur avec fracas. Je pousse un cri de surprise
et de peur quand je vois trois monstres haut comme des armoires entrer l’un
après l’autre. Le premier au crâne rasé s’approche de nous pendant que les deux
autres enlèvent leur veste de costard. Ils remontent leurs manches le visage
fermé. Grey me pousse contre le mur du fond. Je me replie en boule à genoux au
sol pétrifiée.
Grey se prépare à se battre. Il se positionne, points relevés contre son visage.
— Venez bande de tapette ! Allez approcher !
Mon dieu, même si Grey à tous les atouts pour se battre, je ne suis pas sûr qu’il
fasse le poids contre ces trois-là. Il se débarrasse de son tee-shirt qu’il jette au
sol. Le premier coup part. Grey l’esquive. Il est agile et plus rapide que son
adversaire. Il a ça dans la peau. Le gorille a la boule à zéro tente de lui en
décrocher une autre. Il fatigue. Il s'essouffle. Les deux autre rit et regarde le
combat. Grey frappe et l’atteint à l’estomac. Il se plie en deux. Grey l'enchaîne.
Les coups pleuvent contre ce tas de gras. Il tombe à genoux la bouche en sang.
Une fierté me remplit d’espoir. Grey va nous sortir de là, j’en suis certaine.
J’avais oublié qu’il se battait comme un dieu. Grey y met toute sa rage pour
achever ce type. Tout son corps est dur et contracté dans l’effort. Le moindre
muscle se dessine quand son poing heurte l’autre.
Les deux autres viennent à la charge. J'observe de loin leurs déplacements.
C’est mal parti. Ils l’encerclent. J’angoisse, j’ai peur pour Grey. Il saute sur lui-
même, se déplace, se retourne. Le premier coup part, Grey y échappe de peu. Il
ne perd pas de temps, il se jette sur l’un d’eux et l'assomme de coups de poings
bien placé quand le numéro trois l’attrape par l’arrière et l’immobilise par les
bras. Grey se débat, lui donne un coup de tête vers l’arrière mais il ne faiblit pas.
Il secoue juste la tête mais ne lâche pas prise. Celui qui était au sol reprend
connaissance et se relève. Mon dieu ! Grey semble pris au piège. Il n’arrive pas à
se défaire des griffes du gros lard. Mes yeux jouent au ping-pong entre les deux.
Je ne sais plus où donner de la tête. Les injures fusent dans tous les sens. Crâne
rasé essuie le sang qui coule de sa bouche furieuse. Son poing muni d’un coup-
de-poing américain recule puis de toute ses forces vient s’abattre sur le visage de
Grey. Je hurle.
— Non !!!
Mes yeux se ferme, je ne veux pas voir ça. J’entends ses gémissements de
douleur me martyriser les tympans. Je suis tétanisée par la peur. Ils vont le tuer !
Ils le cognent encore et encore. Trois contre un, c’était perdu d’avance.
Je ressens le moindre coup qu’il reçoit comme des coups de poignard dans la
poitrine. Mon cœur se brise.
— Alors petit con, c’est qui le plus fort ? Hein ? Tu voulais jouer au malin ? Ils
rient tous comme des porcs. Ils m’écœurent.
Lorsque je relève la tête, je crois mourir de douleur. Ma vision se brouille. Grey
est maintenu par les bras, la tête penchée vers l’avant dans le vide. Il semble
inconscient. Son visage est recouvert de sang. Mes larmes coulent à foison pour
inonder mes joues. Ils l’ont tué ? Il n’a pas pu survivre à un tel affront. Je ne vois
même pas son torse se soulever. Respire-t-il encore ?
Les gorilles le traîne et l’emmène comme un vieux sac. Qu’est-ce qu’ils vont
faire de lui ? Mon dieu !
— Grey ! Je hurle de rage. Je veux qu’il se réveille. Qu’il reprenne conscience.
Je t’en supplie Grey ne m’abandonne pas ! Je suis hystérique à la limite de
l’asphyxie. Mes poumons me brûlent et m’empêche de reprendre ma respiration.
La porte claque, je me retrouve seule à bout de nerfs.
— Qu’est-ce que vous voulez à la fin bon sang ? Vociféré-je en tournant sur moi-
même ne sachant pas trop où m’adresser. Personne ne me répond.
Je tombe à genoux sur le sol à bout de force et désespérée. Je hurle pour vider
ma haine et ma rage entrelacé. Je suis hystérique à l’idée d’avoir perdu Grey.
La porte s’ouvre à nouveau, un autre type s’approche de moi. Je recule jusqu’au
mur du fond.
— Laissez-moi tranquille ! Il s’accroupit face à moi, je suis pétrifiée. Qu’est-ce
que vous voulez ?
Il ne me répond pas et continu de me fixer dans les yeux. Il sort de sa poche une
seringue.
— Qu’est-ce que c'est ? Ne fait pas ça ! Je vous en supplie ! Non !
— Chut … Laisse toi faire.
— Non ! Je panique et commence à le frapper. Je le griffe et me débat lorsqu’il
tente de me maîtriser et de m’injecter son produit sous la peau.
— Ça suffit ! M’ordonne-t-il.
— Ne me touchez pas ! Aie ! Je reste figée par la douleur de l’aiguille dans mon
cou. Le liquide déferle en moi et le sol se dérobe sous mes pieds en quelques
secondes. J’ai le vertige, je vois trouble, ma tête devient lourde, mes yeux se
ferment. Je me sens partir. Mon corps pèse une tonne et puis plus rien. Le vide
total.
Chapitre 18

D es bruits de fond me viennent jusqu’à mes oreilles. J’ai du mal à


distinguer ce que c'est. Mon corps est lourd comme pris dans du béton.
J'essaye d’ouvrir les yeux. Je bats des cils plusieurs fois. Des voix
d’hommes me font écho. J’ai mal à la tête. Mon dieu ! Je rassemble toute mon
énergie pour pouvoir soulever mon bras et le ramener jusqu’à mon visage. Où
suis-je ? Qu’est-ce qu’ils m’ont fait ?
— Elle se réveille ! Annonce une voix masculine dans la pièce.
Je peux à peine ouvrir les yeux. Une silhouette large se penche sur moi et me fait
de l’ombre. Je vois trouble, je n’arrive pas à identifier ce type qui me regarde. Je
tourne volontairement la tête de l’autre côté. Je ne veux pas qu’il me regarde.
Des pas résonnent dans la pièce jusqu’à moi.
— Bien dormi ? Ironise-t-il proche de mon oreille avec son haleine de poney
crevé. Un haut de cœur me retourne les tripes. La bile me brûle la trachée quand
elle demande qu’à sortir de ma bouche. Mon cœur s’emballe, j’ai une sueur
froide qui traverse mon corps. Je ne me sens pas bien.
— De l’eau...Je veux de l’eau. Bafouillé-je tout bas d’une voix tremblante.
J’entends marcher puis un bras solide me redresse en position assise. Tout vacille
autour de moi. Je mets quelques secondes à reprendre mes esprits pendant qu’il
me tend un verre d’eau. Il l’approche de mes lèvres et penche le verre pour que
je boive. Ça me fait un bien fou. Je ressens l’eau fraîche couler à l'intérieur de
mon corps aride.
Doucement ma vue s'éclaircit, je peux enfin discerner ces types assis en face de
moi. Ils sont trois plus celui qui me maintien d’une main dans le dos. Je
reconnais immédiatement l’autre pervers de la salle de boxe. Celui qui nous
menace et qui nous a enfermé ici. Les autres doivent être ses bras droits ou ses
gardes du corps ? Ils paraissent à l’aise pour autant. Ce n’est pas normal. Ils me
fixent tous du regarde. Que veulent-ils ?
— Comment vous sentez vous ?
— Allez-vous faire foutre ! Lui craché-je dessus.
Ils rient, se moquent de moi. Ils me répugnent. Bande de gros porc, pervers et
impuissant.
— Allons soyez polie, je vous prie. Mes invités n’aiment pas les grossièretés.
— Je n’en ai rien à foutre. Libérez-moi !
— Voyez-vous …. Nous n’en n’avons pas encore fini avec vous.
— Qu’est-ce que vous voulez à la fin ?
— Nous sommes là pour en discuter justement. Vous voyez ces deux hommes à
côté de moi ? Ils veulent passer une nuit entière avec vous. Et bien entendu, j’ai
accepté !
— Quoi ? Vous êtes malade ? Je les regarde à tour de rôle. Ils semblent
imperturbables. Le visage fermé. Aucune expression les traverse. Ils ne
plaisantent pas ? Ils sont sérieux ? Je suis bien assise dans ce lit pour que ces
types fassent de moi ce que bon leur semble ? Toute cette histoire me dépasse,
c’est surréaliste. Je vis un cauchemar.
— Malade ? Non ! J’aime satisfaire mes invités et je suis prêt à tout pour cela.
Encore plus qu’en on m’offre quatre cent mille euros en échange si facilement.
Votre dette sera largement remboursée.
— Jamais ! Allez mourir en enfer bande de sale porc ! Son rire résonne dans la
pièce comme un ongle sur un tableau. Mes oreilles saignent de dégoût.
— Malheureusement je crains que vous n’ayez pas le choix ma chère ! Vous
pensiez que je lâcherais l’affaire ? J’ai encore mieux ! J’ai vos belles petites
fifilles.
Mon sang se glace en une demi fraction de seconde. Mon dieu il a mes bébés !
Alors si tu tentes la moindre bêtise …. je les tues !
— Elles sont où ordure !
— Du calme ! Si vous faites tout ce qu’ils veulent, demain matin elles seront
rentrées à la maison sans aucunes égratignures. Par contre si vous les contrariez,
je n’hésiterai pas à les tuer ! Ça serait dommage de si belles petites bouilles !
Une fureur encore jamais atteint chez moi m'envahit. Je vois rouge tout à coup et
sans savoir comment, je bondis hors du lit pour lui sauter à la gorge. Je hurle de
rage :
— Je vais vous tuer !
Arrêter dans mon élan pour une main de fer, mon bras est à deux doigts de
s’arracher. Je fais volte-face sur moi-même quand je reçois une gifle en plein
visage qui me fait perdre l’équilibre. Mes cheveux volent en éclat. Ma tête
frappe le coin d’un meuble. Je tombe au sol. J’ai terriblement mal. Une sensation
de brûlure me recouvre la moitié du visage. Je vais m’évanouir. Des étoiles
scintillent au plafond. Bordel de merde !
Leur gorille me relève sans ménagement par le bras. Il me secoue pour que je me
redresse face à eux. Mes mains sont pleines de sang. Mon dieu ! Je tremble de
peur. Mes oreilles bourdonnent et j’ai affreusement mal sur tout le côté du
visage.
— Bon ! Vous avez fini de jouer ? On peut passer aux choses sérieux ?
Emmenez là dans sa chambre pour qu’elle se refasse une beauté, regardez dans
l’état que vous vous êtes mise ! Il souffle déçu de mon comportement. Mais qu’il
aille au diable ! Je l’emmerde ce connard !
Ni une ni deux, je suis traînée dans les couloirs sonné, le visage en sang. L’autre
gorille semble lui aussi excédé et me tire par le bras. Je regarde partout autour de
moi. Pour une fois je n’ai pas les yeux bandés et je peux voir où je suis. C’est un
couloir défraîchi, avec un papier peint jaunâtre. Plusieurs portes sont fermées,
j’entends quelques bribes de voix féminines en train de simuler. Où suis-je bon
sang ? Dans un bordel à putes ou quoi ?
Une fois devant la porte, il me pousse à l'intérieur.
— Prends une douche et dépêche-toi ! Une tenue est accrochée dans l’armoire.
Tu as cinq minutes pas une de plus ! T’as compris ?
Je secoue la tête et la porte se referme violemment. Je sursaute. Je reste planté
là sans pouvoir bouger. Mon cerveau ne veut plus rien savoir. La peur me
tétanise. Après la douche que va-t-il m’arriver ? Je respire de plus en plus vite,
une boule m’empêche de respirer. Ça me fait mal. J’ai envie de hurler, de crier
mais je me contiens. Je suis incapable d’aller à la salle de bain. Je sais ce qu’il va
s’en suivre et c’est au-dessus de mes forces. Ils vont me violer à tour de rôle. Ils
vont vouloir de moi que je leur obéisse et que je fasse des trucs dégueulasses. Un
haut de cœur me retourne l’estomac. Je cours aux toilettes vomir tout mon
dégoût et ma peur. Je tremble de partout. J’ai froid, je voudrais mourir plutôt que
de vivre ça ! Une fois la tête relevée, je glisse sur le carrelage et me met en boule
pour pleurer toutes les larmes de mon corps. Il est froid mais je m’en moque, je
suis déjà morte à l’intérieur. Je ne sais pas si Grey est encore en vie, je ne sais
pas si mes filles le sont elles aussi, je ne sais pas comment sortir de cet enfer …
Je suis perdu, au bout de ma vie. Seul leur amour m’est vital. Sans eux ma vie ne
vaut rien.
J’entends toquer à la porte. Comment fait-elle pour résister à leurs coups de
poings féroces ?
Ne m'entendent pas répondre au bout de quelques secondes, elle s’ouvre et le
gorille apparaît sur le seuil.
— Tu fais chier ! Me crache-t-il dessus en me soulevant du sol et en me jetant
sous la douche froide toute habillée. Je n’ai même pas la force de crier ou de
quoi que ce soit d’autre. Je suis vide de toute âme. L’eau coule sur mes cheveux,
mon visage et mes vêtements. Elle devient chaude, je ferme les yeux. Je veux
quitter ce corps, je veux quitter cet endroit. Penser à autre chose que ce qui
m’attend de l’autre côté de ce couloir.
Une odeur de savon m’emporte. King-Kong m’a déshabillé et il me savonne
furtivement. Je reste là les bras ballant à attendre mon heure. Je passe par le
rinçage, le séchage puis il m’emmène dans la chambre. Étrangement, je n’ai plus
peur de lui. Il a beau me secouer dans tous les sens, je sais que le pire reste à
venir, que ce n’est pas maintenant et pas avec lui. Je le laisse faire sans broncher.
Il soupire parfois. Je ne l’aide pas. Je suis comme une poupée de chiffon sans
armatures.
Une fois habillée, il m’assoit sur le rebord du lit, il s'accroupit face à moi et me
dit qu’il revient tout de suite. Qu’il ne faut pas que je bouge. Je le regarde partir
puis je baisse les yeux sur moi. Je suis encore accoutrée vulgairement d’une robe
noire transparente. Je dirai plutôt une nuisette ! J’ai encore eu droit à des sous-
vêtements en dentelles assorti à un porte jarretelles.
Dépitée, j’attends seule assise sur le bord du lit quand la porte s’ouvre sur une
femme d’un certain âge plutôt bien conservée. Elle porte un tailleur bleu marine
sur un top en dentelle en soie. Elle me sourit puis s’approche. Je la regarde
avancer sur mes gardes. Que veut-elle ? Et qui est-elle ? Est-elle comme moi,
sous la main de l’autre pervers ? Non, elle est bien trop souriante pour ça.
Aucune fille sur terre serait heureuse de vivre captive ici ? Alors qui est- elle ?
— Je m’appelle Madeleine. S’annonce-t-elle gentiment. Je suis là pour te
soigner. Tu t’es vilainement abîmé le visage ma chérie. Laisse-moi désinfecter
tout ça.
Elle pose une trousse sur le matelas à côté de moi puis en sort des compresses et
de l'alcool.
— Moi c’est Charlotte. Me présenté-je dans un souffle. Elle me regarde et me
sourit de plus belle.
— Enchantée. Ça risque de piquer. Me prévient-elle en me faisant une grimace.
Elle m’inspire confiance. Elle est douce et gentille. Peut-être que je lui donne ma
confiance un peu trop facilement, peut-être parce que je n’ai rien d’autre à quoi
me raccrocher et que je vois une femme pour la première fois entre ces murs ?
Quoi qu’il en soit, elle continue de me soigner l’arcade avec douceur. Elle
regarde souvent derrière elle en direction de la porte comme si elle voulait éviter
d’être prise en flagrant délit. Mais de quoi ?
Voilà c’est fini ! D’un faible sourire je la remercie. Il est à toi le beau morceau
tatoué ? Me demande-t-elle en chuchotant.
Mes yeux s'écarquillent quand j’entends le mot “tatoué”. Elle veut parler de
Grey, c’est sûr !
Tu m’excuseras mais je n’ai pas pu résister, je me suis rincé l’œil, il est vraiment
chou !
— Comment va-t-il ? M’empressé-je de lui demander tout bas en lui serrant les
mains. Son sourire s'étend sur son visage.
— Je l’ai soigné. Il est dans un mauvais état mais il va s’en remettre, ne
t’inquiète pas ma chérie. Quelques blessures, des côtes cassées mise à part cela,
il va bien. Il est costaud dis donc ! Il était encore inconscient lorsque je l’ai
ausculté et soigné. Je suis revenu le voir une heure plus tard et il s’était réveillé.
Il m’a tout de suite demandé si tu allais bien mais je ne savais rien de toi, pas
encore du moins, jusqu’à maintenant. Il m’a demandé de l’aider à sortir d’ici
pour venir te libérer. Je l’en ai dissuadé. Bien trop dangereux. Ils ne rigolent pas.
Ils exécutent sans sourciller. Je ne voudrais pas qu’il se retrouve avec une balle
entre les deux yeux. Mais je lui ai promis que je ferais tout pour que vous
puissiez vous échapper. Vous m’avez l’air de brave gens, rien avoir avec tous ces
hommes que je croise ici chaque jour.
— Qui êtes-vous ? Pourquoi voulez-vous nous aider ?
— Parce qu’il y a bien longtemps, j’aurais dû avoir le courage de partir. J’étais
amoureuse. Je suis restée. Maintenant c’est trop tard. Je suis bien trop vieille et il
me retrouverait où que j’aille. Je sais trop de choses que je ne devrais pas savoir.
Vous savez, il n’était pas comme ça lorsque je l’ai épousé. Il était doux et
aimant. Je ne sais pas vraiment comment tout cela à commencer. Ses yeux se
remplissent de larmes. Mon cœur se serre. Je lui tiens les mains. Elle continue et
m’avoue qu’ils ont perdu leur seul et unique enfant. Un type ivre l’a renversé
devant leur maison alors qu’il faisait du vélo tranquillement sur le trottoir. Des
larmes coulent sur ses joues fatiguées par le temps. Je ne peux pas m'empêcher
de la prendre dans mes bras et de nous consoler mutuellement. Je ne le
changerais plus malheureusement. Je ne peux plus rien faire pour lui mais je ne
peux pas non plus le dénoncer. Je peux néanmoins encore réparer son chagrin
qu’il transforme en haine. Le besoin de se venger, de tuer ou tout autre chose me
fait horreur. Je ne peux pas l’en empêcher. Au fil du temps, sa haine l’a
littéralement changé. Il a construit un empire de sang tout autour de lui. Mais je
me force à le regarder comme au premier jour pour oublier tout le mal qu’il fait
et supporter tout ce que je vois chaque jour. Votre beau chouchou tatoué m’a
touché. J’ai vu dans ses yeux tout l’amour qu’il vous porte. Il est prêt à tout pour
sauver sa belle. D’ailleurs, j’ai eu du mal à le tenir à distance de la porte pour
sortir. Un lion en cage. Elle rit. Garde-le précieusement, il te portera loin.
— Auriez-vous vu mes filles ? Ils m’ont dit qu’il les avait enlevés !
— Ne vous inquiétez pas, il ne ferait jamais de mal à un enfant. Il dit cela pour
faire pression sur vous mais il n’y a pas d’enfants ici.
— Merci Madeleine. Je suis tellement heureuse que je la serre contre moi. Elle
me frotte le dos délicatement et me chuchote :
— Fais-moi confiance, je sais comment sortir d’ici en déjouant les caméras et les
vautours.
— Quand pouvez-vous nous faire sortir d’ici ?
— Ce soir ! Ils ont organisé une soirée avec une fille, je viendrais vous chercher
pendant ce temps-là ...Je la coupe.
— C’est moi la fille ! Lui dis-je les yeux remplis de désespoir.
— Toi ? Je secoue la tête. Il faut faire vite alors.
La porte s’ouvre avec fracas. Nous sursautons. Elle me repousse et ramasse sa
trousse les mains tremblantes.
— C’est bon ? Faut y aller ! Nous prévient le crâne chauve resté sur le seuil de la
porte.
— Oui, mais vas-y doucement avec la demoiselle. Lui demande-t-elle en se
dirigeant vers la sortie. Elle a des vertiges dû à sa chute.
— Debout, on nous attend !
Mon cœur s’emballe, j’avais un instant espoir d’y réchapper. Ma joie s’évanouit
en un éclair pour se transformer en angoisse. J’ai peur. Et le mot est faible. Mon
corps se met à trembler comme une feuille en automne. Madeleine disparaît dans
les couloirs sans un bruit. Elle est notre seule porte de sortie, je prie tous les
saints de ce monde pour qu’elle tienne sa parole. En attendant King Kong me
fait signe de me dépêcher et d’avancer. J’ai le ventre tordu par l’appréhension.
La porte claque dans mon dos et je tressaute.
— Avance !
J’ai le sentiment d’aller à mon exécution. Mes dents s'entrechoquent tellement la
panique s’est emparé de moi. Je ne sais même pas comment je fais pour mettre
un pied devant l’autre sans tomber. Mon corps tout entier tremble.
Nous descendons par l’ascenseur jusqu’au rez-de-chaussée puis sans un mot il
me guide jusqu’au rideau en velours qui donne dans la grande salle par laquelle
je suis entrée. Il l’ouvre puis me prévient :
— Va t'asseoir là-bas sur la banquette du fond. Tu ne bouges pas, je reviendrais
te chercher quand ça sera l’heure. Et ne cherche pas à t’enfuir, toutes les portes
sont verrouillées. Allez va ! Il me pousse dans le dos et me jette dans la fosse
aux lions. Il fait sombre, une musique douce se diffuse depuis des enceintes à
chaque coin de la pièce. Quelques hommes se retournent sur moi lorsque je
passe devant eux. Leur regard me donne la nausée. En même temps je suis vêtu
de la tête aux pieds comme une escorte girl. Mini robe moulante noire, escarpins
hauts comme la tour Eiffel et bas aux liserés noirs sur l’arrière de mes jambes
tout du long.
J’avance tête baissée jusqu’au fauteuil capitonné en velours rouge puis mis
assois. Je repère des regards intrusifs sur moi de chaque coin de la salle. Certains
sont gros et en sueur, d’autre sont classe et très élégants. Toutes sortes d’hommes
sont concentrés entre ces quatre murs pour la même chose : la chair fraîche, le
sexe et l’alcool. Je ne savais pas qu’il pouvait exister des endroits comme celui-
ci. Enfin si je le savais mais j’étais loin de m’imaginer que je serais là un jour. Et
c’est très différent de ce que la télévision nous en dit. Tout semble se faire dans
la discrétion loin des regards indiscret. Et je ne pense pas que l’état soit au
courant de ce qui se trame derrière la grande porte en fer de l’entrée.
Je les regarde à mon tour pendant que j’attends que l’on vienne me chercher. Je
vois bien leur petit jeu de séduction dissimulé derrière leur verre. Des regards
insistants, des clins d’œil, des sourires discrets ou encore des coups de main dans
les cheveux. Ils m’écœurent. Comment font toutes ces filles pour supporter ces
gros pervers qui les touche et passe leurs mains un peu partout sans leur
approbation ? Je vois bien leurs sourires de façade qui cache un profond
dévouement mais pour qui et pourquoi ? L’argent ? La pression ? La peur ?
Une serveuse s’approche et m’offre une flûte de champagne. Elle me sourit
gentiment comme compatissante puis repart derrière son bar. Je regarde mon
verre septique. Y ont-ils mis une drogue à l'intérieur ? Je le prends et l’inspecte
puis …et merde j’ai la gorge tellement sèche que je pourrais boire n’importe
quoi. Et si en prime il me drogue au moins je ne me souviendrais pas de ce qui
va suivre vu qu’à mon avis Madeleine ne va pas pouvoir nous sortir d’ici en si
peu de temps.
Je bois le verre d’une traite. La serveuse me jette un coup d’œil. Elle sourit
légèrement. L’alcool me brûle la gorge. Je fais la grimace. La minutes d’après,
un balai d’homme en tout genre passe et repasse devant ma table et me scrute.
Mes yeux leurs lancent des éclairs. Quelles bandes de vieux pervers dégelasses !
Qu’est-ce qu’ils veulent ? Je ne suis pas un morceau de viande !
J'aperçois le gorille qui se dirige vers moi le visage fermé comme une porte de
prison. Mon cœur s’emballe dans la seconde. Ça y est c’est mon heure ! Je ne
sais même pas à quoi m’attendre. Que vont-ils me faire ? Que vont-ils vouloir
que je fasse ? J’inspire profondément plusieurs fois afin de contrôler mon
angoisse mais rien y fait j’ai la boule au ventre.
— Suis- moi ! M’ordonne-t-il.
Sans broncher, je me lève et lui emboîte le pas sous les regards dévorant des
vautours en costumes. Leurs regards me déshabillent.
Nous montons au quatrièmes étages par l’ascenseur puis j’entre dans une
chambre bien plus élégante que la mienne. C’est tout un autre monde, une
moquette beige amortie mes pas, de magnifiques doubles rideaux voile la
lumière du jour. Un salon en cuir camelle trône au milieu de la pièce. Je suis
étonnée de trouver ce genre de mobilier ici. Jusqu’à maintenant j’ai plutôt vu un
établissement vieillot.
— Attends ici ! La porte claque dans mon dos. Je sursaute. Je vais finir par avoir
une attaque. J’inspecte les lieux, curieuse de voir le reste de la chambre. Une
somptueuse salle de bain à la faïencerie noir brillant donne le ton. Moderne et
chic à la fois. Une baignoire pattes de lion et au robinet en or agrémente la pièce.
Je continue le repérage et tombe sur la pièce qui me coupe le souffle. Je reste
bouche bée sans pouvoir avancer. Mes yeux s’écarquillent. À quoi servent tous
ces trucs ? On dirait une salle des tortures. Mon dieu ! J’ai le cœur qui s'emballe.
Ma main touche le premier objet qui se trouve sur ma droite. Une cravache en
cuir suspendu à un crochet ce balance. Je poursuis. Des barres en fer, des fouets,
des masques, des trucs que je ne connais pas, je ne sais même pas à quoi cela
peut bien servir. Mes talons résonnent sur le parquet me suivant dans ma
découverte d’un milieu complètement obscure et loin de tout ce que j’ai pu
connaître jusqu’à maintenant. Plus j’avance et plus j’angoisse à l’idée de devoir
passer la nuit ici avec ces deux hommes que je ne connais pas. Je me demande si
je vais être obligé d’utiliser ces trucs-là ? C’est atroce. Je ne suis pas fan du
sadomasochisme et encore moins avec deux inconnus. J’ai la nausée. Je ne vais
pas pouvoir faire ça ! C’est impossible ! Mes genoux s’entrechoquent.
Madeleine sortez-moi d’ici ! Je vous en supplie.
— Bonsoir. Me salue une voix grave et sensuelle dans mon dos.
Je sursaute et me retourne. Enfermée dans mes pensées, je ne l’ai pas entendu
entrer. Il se tient debout les mains dans les poches adossé à l’encadrement de la
porte, style décontracté. Mon cœur devient fou, l'appréhension, la peur, la
surprise et la panique se mélangent en moi. Nos regards se jaugent, se scrutent et
s’interrogent. Il a de magnifiques yeux verts. C’est d’ailleurs la seule chose que
je vois. Malgré moi, je suis comme hypnotisée par son regard. Il me sourit. Je
sens ma robe devenir plus étroite sous la pression de ma respiration saccadée. Je
n’arrive pas à articuler le moindre mot. Je suffoque.
— Doucement, tu n’as rien à craindre. Je ne vais pas te manger. Me taquine-t-il
de son sourire en coin. Tu peux m’appeler James. Je suis ravie de faire ta
connaissance Charlotte.
Un silence gênant s’en suit. Je suis pétrifiée à l’idée de rester enfermer dans cette
pièce avec lui. Tout ce matériel ne semble pas le déranger. Il est à l’aise, tout le
contraire de moi.
Je m’humidifie les lèvres.
— Tu ne devrais pas faire ça ! Quoi donc ? J’ai raté quelque chose ? Je n’ai pas
bougé d’un poil ! Je ne comprends pas. Mes sourcils se lèvent d’interrogation.
Ta bouche ! Faire ce petit truc avec tes lèvres. Je ne vais pas pouvoir résister
longtemps.
Oups ! Je viens de recommencer. Il va croire que je le fais exprès. Je plaque mes
mains sur ma bouche et il rit.
— Bon ok, on va sortir d’ici avant que je devienne fou. Suis-moi, on va boire un
verre. Je n’ai toujours pas dit un mot mais il semblerait que je l’amuse. Il
disparaît. Je l’entends dans la pièce d’à côté. Il sort des verres. Il a même mis un
fond musical.
J’avance doucement et sort de la pièce rouge pour le rejoindre. Lorsque j’entre
dans le petit salon, il s'interrompt et me regarde.
— Ah ! Enfin je pensais que tu voulais qu’on brûle les étapes.
— Heu non, je ne veux pas ...enfin je ...Je m’embrouille, c’est horrible. Qu’est-
ce que je fous là avec un type que je ne connais ni d’Adam ni d’Eve ? Et de
surcroît dans une chambre d'hôtel ?
— Approche ! Il me tend une flûte de champagne aux couleurs de l’or. J’hésite.
Ça aide par moment. Me confesse-t-il tout bas.
Vu sous cet angle, je saute sur le verre. Encore une fois, je la bois d’un coup sec
sous le regard amusé du beau mec aux yeux émeraude.
— Encore. Lui demandé-je essoufflée.
Il sourit et dévoile sa dentition parfaite. Je reste un instant scotché sur son
visage. Sans m’en rend compte je le dévisage. Le temps s’arrête. Il ne bouge pas.
Mes yeux se baladent impudemment de ses dents à ses cheveux parfaitement
coiffé vers l’arrière, de sa mâchoire habillée d’une barbe de trois jours
parfaitement dessinés pour finir les yeux dans les yeux hypnotisé par sa beauté.
Qu’est-ce qu’un mec comme lui fais ici, pourquoi paie-t-il pour coucher avec
des filles qui sortent de je ne sais où ? Il est tellement beau qu’il peut avoir
toutes les femmes qu’il souhaite ! Je ne comprends pas. Il lui suffirait de claquer
des doigts, elles tomberaient comme des mouches à ses pieds sans le moindre
effort !
Il ne me lâche pas du regard. Son sourire retombe pour laisser place à un air plus
séducteur. Mon cœur s’emballe, c’est atroce. Que m’arrive-t-il ? Je ne le connais
même pas. L’alcool me fait perdre la tête ou quoi ?
Piano, guitare et basse fredonne le morceau de Ed Sheeran. Je la connais bien
celle-ci, elle est belle et romantique. Thinkong out loud, comme fait exprès !
Il se lève doucement sans me quitter des yeux. Je le suis du regard. Il s’approche
d’une démarche nonchalante.
— Danse avec moi ! Le menton relevé, les yeux dans les yeux je ne peux refuser.
Son parfum m’envoute. Je ferme les paupières et me laisse embarquer dans un
corps à corps dangereux. La chaleur qu’il dégage se propage sur moi comme un
feu de cheminée en hiver. Sa main délicate se pose sur mes reins et me serre
contre lui. Je retiens ma respiration puis ses pas m’entraînent doucement. Une
main sur son épaule, l’autre dans la sienne, je me laisse bercer le front sur son
torse musclé. J’oublie un instant où je suis, ce que je fais et avec qui je le fais.
Les mélodies s’enchaînent et nous continuons à tourner sur nous même sans un
mot. Discrètement, il inspire l’odeur de mes cheveux et dépose un baiser délicat.
Il est si doux que j’en oublie qu’on est là parce qu’il a payé l’autre vieux porc
pour passer la nuit avec moi.

La musique se coupe, le silence me fait ouvrir les yeux. Retour à la réalité. Je


m’écarte légèrement, il me regarde puis ses mains viennent m’encercler le
visage. Qu’est-ce que je suis en train de faire ? Tout se bouscule en moi. Mon
dieu qu’est-ce qui me prend ? Ses yeux verts me sondent au plus profond de mon
être. J‘ai l’impression qu’il me déshabille sur place.
Ses mains se resserre sur mon visage. Il ne veut pas que je lui échappe. Il
s’approche. Ses lèvres rose et charnues s’entrouvrent. Il va m’embrasser ? Mon
dieu ! Non ! Je ne veux pas qu’il me touche. Je ne veux pas qu’il pose ses lèvres
sur les miennes. Je veux m’enfuir. Je veux les mains de Grey sur ma peau. Je
veux ses bras qui m’enlacent. Je veux pas passer la nuit avec ce type que je ne
connais pas !
Je le repousse violemment puis recule de quelques pas.
— Je ne peux pas ! Lui expliqué-je en le défiant du regard. Il reste planté là à me
regarder de la tête aux pieds sans dire un mot. Les secondes s’éternisent. Ses
yeux se rétrécissent.
— Je sais que c’est la première fois pour toi…. C’est d’ailleurs ce qui m’a plût.
On a toute la nuit, on va y aller étape par étape. J’ai cru que tu étais prête, je suis
désolé. Viens t'asseoir !
Il pose ses fesses sur le canapé puis tapote de sa main droite l’assise pour
m’inviter à venir près de lui. Je ne peux pas ! Même s’il ressemble à un
mannequin pour une pub de parfum avec ses yeux vert émeraude qui me
chamboule de l'intérieur, il m’est impossible de coucher avec lui. Il insiste.
Allez viens, je ne vais pas te manger !
Son sourire calme le jeu et me rassure en quelque sorte. Il pose ses avant-bras
sur ses genoux et croise les doigts. J’avance incertaine et le rejoint. Je suis mal à
l’aise. Je ne sais pas quoi dire pour engager la conversation. De quoi parle-t-on
dans ces cas-là ? De la pluie et du beau temps ? De la couleur des rideaux ?
Nerveuse je tapote des pieds sur la moquette. Je martyrise le sol avec mes talons
aiguilles. Sa main douce et délicate m'effleure et se pose sur ma cuisse afin de
stopper mon stress. Nous nous regardons lui paisible, moi au bord de la crise
cardiaque. Mes pieds cessent de sauter.
— Tout va bien se passer ! Me rassure-t-il.
— Je n’en suis pas si sûr.
Sa main vient caresser ma joue comme une plume. Je ferme les yeux. Son pouce
effleure mon arcade blessée, je suis son mouvement de la tête en fermant les
yeux. Dans mon malheur, je pense que je suis tombée sur le mec le plus gentil
dans ce milieu et de surcroît plutôt pas mal.
Je sursaute quand la porte claque et qu’un homme fait son apparition dans le
petit salon comme un vainqueur un sourire de pervers sur le visage.
— Hé ! Et bien on ne m’attend pas ?
Je le regarde s’installer sur le fauteuil en face de nous. Provocateur, arrogant et
très franchement vilain à côté de James. Je me renferme et recule dans le fauteuil
immédiatement. Ce type ne m’inspire pas confiance. Légèrement grassouillet,
les boutons de sa chemise demandent qu’à lui exploser à la tronche. Rasé de
près, il sent l’eau de Cologne à des kilomètres. Mon dieu, j’en ai un haut de cœur
tellement il embaume la pièce, rien à voir avec le type à côté de moi. Vautré
dans le fond du fauteuil, il me dévisage sans gêne. Par réflexe je tire sur l’ourlet
de ma mini robe mais rien y fait, elle ne s’agrandit pas. Ils ne m’ont pas touché
que je me sens déjà souillée. L’atmosphère vient de changer en quelques
secondes. Depuis qu’il est entré, James semble plus nervé. Comme s’il l’agacé.
Je comprends pourquoi. Il n’a aucune classe, aucune élégance. Il me dégoute.
— Tu veux boire quelque chose ? Lui demande James poliment.
— Qu’est-ce que tu me propose ?
— Un whisky ? Du champagne ? Ce que tu veux !
— Sers moi un whisky, un double avec des glaçons !
James se lève et se dirige vers le bar pendant que l’autre me bouffe des yeux.
Berk ! Je ne sais pas où me foutre ou comment me mettre pour éviter de dévoiler
la moindre partie de mon corps dénudé. Il me met mal à l’aise.
James revient avec deux verres. Il se rassoit à côté de moi en me faisant un clin
d’œil discret.
— Tiens ! Ton verre. Va-t-on trinque à notre rencontre !
— Tu as raison, à notre soirée mon pote ! Ils trinquent ensemble plus heureux
que jamais. Quand les verres s'entrechoquent, un frisson froid me parcourt le
corps.
Ils rient et discutent ensemble comme deux vieux frères. Ils essaient par moment
de me mêler à leur conversation mais je me suis enfermé dans ma bulle. Je ne
veux pas partager quoi que ce soit avec eux. C’est au-dessus de mes forces. Je
suis recroquevillée à l’intérieur de moi-même. J'appréhende la suite de la soirée.
J’ai peur. J’ai de plus en plus de mal à avaler ma salive. Une boule s’est formée
dans ma gorge et elle ne laisse rien passer.
Les verres se vident les uns après les autres. L’heure tourne et je suis toujours là
assise sans bouger ni parler. J’attends l’angoisse au ventre l’heure fatidique où
ils m'emmèneront dans la salle rouge. Je sais que c’est le prix à payer pour être
libre alors je fais comme je peux pour me vider la tête. Et avec un peu de chance,
notre dette sera largement remboursée. J’espère juste qu’il ne va pas encore me
rajouter d’autres étapes.
Je sors de mes pensées lorsque je les vois tous les deux se lever. Ça y est, c’est
l’heure mon dieu donnez-moi le courage d’affronter cette épreuve ! Mon cœur
tambourine dans ma poitrine. Je les regarde avancer quand l’autre abruti
s'effondre sur le sol. Je ne comprends pas. Que lui arrive-t-il ? Je reste un instant
sans réaction. Je le regarde la face contre le sol, étalé comme une merde. Mes
sentiments se mélangent, la peur, l'incompréhension, la surprise et la joie car
même s’il est seulement qu’évanoui, il ne pourra pas poser ses mains sur moi et
ça c’est un sentiment qui ne s’explique pas.
— Viens m’aider ! M’ordonne James en le prenant par les dessus de bras.
— Quoi ?
— Prends ses pieds !
— Mais ?
— Allez dépêche-toi ! Approche il ne pourra plus rien te faire !
— Qu’est-ce qu’il a ? Lui demandé-je en me levant et en allant le rejoindre.
— Rien ne t’inquiète pas, il dort !
J’attrape ses chevilles et nous l’emmenons dans la salle de bain. Il pèse une
tonne ce gros tas de gras bon sang ! Son derrière traîne au sol jusque devant la
cuvette des toilettes.
— Pourquoi s’est-il effondré comme ça d’un seul coup ? Il est ivre ?
— Non pas vraiment, il est saoul mais ce n’est pas ça qui l’a achevé.
— C’est quoi alors ?
— Une bonne dose de somnifère et hop on en parle plus. Me confit-il le sourire
aux lèvres, heureux de son entourloupe.
— Mais …. pourquoi ?
Il le place contre les WC, la tête dans la cuvette puis il se redresse et me regarde
dans les yeux si intensément que je me noie dans ses diamants émeraudes.
— Il m’était insupportable de le laisser te toucher. Je n’aurais pas pu te laisser
entre ses sales pattes. Depuis que je t’ai vu dans …… cette pièce vitrée, je n’ai
pas pu décrocher mon regard de ton visage. Tu es si expressive, si belle …. que
mon cœur s’est emballé. Je t’ai vu l’embrasser ! Lui chuchoter des mots doux à
l’oreille et je ne sais pas comment tu as fait ça mais tu as fait surgir en moi une
pointe de jalousie qui jusqu’à aujourd’hui j’imaginais mort à tout jamais. Tu
m’as ramené à la vie sans le vouloir. Je ne te veux rien qu’à moi Charlotte ! Je
paierai le prix fort, ton prix sera le mien ! Dis-moi ce que tu veux et je te le
donne dans la seconde pour pouvoir encore une fois pouvoir te voir prendre du
plaisir.
Je reste plantée là sans trop savoir quoi dire ou quoi faire. Il est si …intense, si
beau et à la fois si inconnu à mon cœur que je ne peux pas, je ne veux pas lui
appartenir.
Il s’approche de moi lentement. Je me fixe à son regard en lui faisant signe de la
tête que je ne peux pas mais il insiste et il me prend les mains.
— Juste une nuit ! Juste une ! Je te promets qu’après il ne t'embêtera plus jamais.
Je lui donnerai la somme qu’il veut pour qu’il te laisse tranquille toi et ta famille.
Ensuite tu n'entendras plus jamais parler de lui ou …… de moi !
Sa main remonte sinueuse le long de mon bras jusqu’à mon épaule dénudée. Je
ferme les yeux.
Qu’est-ce que je fais ? Mon esprit devient fou. Je cherche une porte de sortie
mais partout où je vais il y a une embûche. Je ne suis même pas sûr que
Madeleine va pouvoir nous sortir d’ici. Et Grey comment va-t-il réagir lorsqu’il
saura ce que j’ai fait ? Je n’ai pas les moyens de payer ma dette mise à part avec
mon corps. J’ai beau chercher une solution, je viens de comprendre que la porte
de sortie c’est moi ! Depuis le début, c’est moi qu’ils veulent. Brady était qu’un
prétexte et Grey un pion. Je n’ai pas le choix.
— OK ! Le coin de sa bouche se relève discrètement. Je viens de signer un pacte
avec le diable. J'espère juste en sortir indemne.
Ses mains m'enlacent le contour du visage et glisse ses doigts dans mes cheveux.
Les bras ballant je reste debout face à lui sans pouvoir bouger le moindre petit
doigt. Les yeux dans les yeux, sa bouche s’approche et vient s’écraser sur la
mienne. Je ferme les yeux instinctivement. Elles sont douces et charnues. Sa
langue force le passage et s'immisce dans ma bouche. Je sens que ses mains se
resserrent de plus en plus et me force à m’écraser contre ses lèvres. Je
m’accroche à ses avant-bras pour qu’il me relâche. Je manque d’air. Son baiser
est intense et beaucoup trop profond. Je gémis et il finit par me lâcher. Je suis à
bout de souffle quand nos lèvres se séparent.
— Je me suis laissé emporter. Me confesse-t-il en me caressant les cheveux.
C’est le moins qu’on puisse dire. J’ai failli y rester.
Il me prend par la main et m’emmène dans le petit salon en omettant pas de
refermer la porte de la salle de bain derrière nous en laissant l’autre la tronche
contre le carrelage.
— Assis-toi, je passe un coup de fil, j’en ai pour une minute.
Je le regarde s’éloigner dans la chambre du fond. Je reste debout sans bouger. Le
silence me heurte et m’oblige à faire l'analyse de la situation. Qu’est devenu ma
vie ? Qu’est-ce que je fais ici avec un homme que je ne connais pas qui en plus
va me payer pour passer une nuit avec moi ? La Charlotte d’avant est loin. J’en
ai un vague souvenir depuis que Greyson est entré dans ma vie. J’ai fait des
choses et des choix qui ne me ressemblais pas. Aujourd’hui j’en paye le prix.
Des brides de la conversation téléphonique me vienne.
— ….. Ton prix sera le miens…Je me fiche de tout le reste…. J’ai une condition,
qu’ensuite plus jamais tu lui cause du tort ! Je paie le prix fort, je compte sur ta
parole ! …Entendu, je fais le nécessaire.
Un silence s’en suit, mon cœur bat la chamade puis il réapparaît les mains dans
les poches de son costard un sourire satisfait sur le visage. Ses yeux émeraude
me déshabillent du peu que je porte tout en avançant vers moi. Un doux frisson
me caresse la peau. Comment est-ce possible ? Je ne peux pas le désirer et
pourtant ? Depuis la première minute où nos regardent ce sont croisés, nos corps
jouent à l’unisson. Je le repousse volontairement car la situation me dépasse. Je
ne devrais pas être ici ! Ce n’est pas ma place. Et par-dessus tout, je ne l’aime
pas, mon cœur appartient à Greyson. Alors que m’arrive-t-il ? Pourquoi lorsqu’il
pose ses yeux sur moi, je sens que je n’accepte pas que pour payer ma dette ? Il a
ce côté si protecteur et intimidant qui me pousse à lui obéir.
— Tu es toute à moi pour les sept heures qui vont suivre. Me déclare-t-il de son
regard désirant sans faille.
Je commence à trembler sans le vouloir. Jusqu’à maintenant, je n’étais que
spectatrice de la scène mais là les choses sérieuses commencent. Je vais devoir
coucher avec lui et faire tout ce que bon lui semble sans broncher. La panique
m’envahit quand le souvenir de la chambre rouge me revient à l'esprit. Je vais
être torturé là-dedans ! J’ai vu des trucs tellement bizarres que j’en ai la chair de
poule. Perdu dans mes pensées sordides, je sursaute quand ses mains me
touchent.
— Qu’est-ce qu’il y a tout à coup ? Tu sembles nerveuse.
— Oui, un peu.
— Tu ne crains rien avec moi. Sa main se balade tout le long de mon bras
comme une plume. Je te promets une chose Charlotte, tu vas me supplier de
recommencer ! Il me prend par la main et m’emmène dans la pièce que je
redoute le plus. Mon cœur devient fou, il s’emballe à l’idée d’entrer là-dedans.
Je serre sa main. Il se retourne.
— Fais-moi confiance.
Nous entrons puis il referme la porte à clé derrière nous. J’ai le vertige tout à
coup quand j’entends le verrou. Je suis prise au piège. Il retire sa veste et la pose
soigneusement sur le dossier d’une chaise puis ouvre les boutons de sa chemise.
Je reste plantée là comme un pot de fleurs en train de le regarder se déshabiller.
Son air change tout doucement. Il devient plus sérieux ou plus dur, je n’en sais
rien encore. Ses yeux ont changé, son regard sur moi aussi. Il m’intimide de plus
en plus. Une fois débarrassé de sa chemise, il lève les yeux sur moi et m’ordonne
d’un ton autoritaire :
— Enlève ta robe !
— Pardon ?
— Retire là !
— Mais ? ...Je ne veux pas ! Son regard se durcit.
— Obéis ! J’ai peur tout à coup, mais où est le James de tout à l’heure ? Je recule
instinctivement vers la porte d’entrée. Tu ne peux pas sortir, j’ai la clé. Il la sort
de sa poche et me la montre. Une boule se forme dans ma gorge, j’ai du mal à
avaler ma salive.
Allez ! Approche, je t’ai promis une chose, ne t’inquiète pas. C’est déstabilisant,
il passe du gentil au dur en quelques secondes. Il me tend la main. Pardonne-moi
j’y suis allé un peu fort pour une première fois. Dès que je rentre dans ce genre
d’endroit mon côté dominant prend le dessus mais ne t’inquiète pas on va y aller
doucement.
Je ne sais pour quelle raison mes pieds avancent d’eux même vers lui. Mes
talons heurtent le parquet au rythme des battements de mon cœur. Ma main
prend la sienne. Il sourit et m’attire contre lui. Mes mains se plaquent contre son
torse dénudé. Il a la peau douce et il sent divinement bon. Je ferme les yeux. Le
temps s’arrête. Qu’est-ce que je fous là ? Pardonne moi Grey ! Je suis perdu et je
ne sais pas comment sortir de ce piège dans lequel je me suis fourrée. Une larme
traverse ma joue, il la ramasse de sa langue. Je serre les dents.
Ma robe se soulève doucement, un courant d’air frais passe entre mes jambes et
sur mon ventre.
— Lève les bras. Me chuchote-t-il. Je m'exécute et elle passe par-dessus ma tête.
Tu es encore plus belle nue. Tu es magnifique. Ses doigts m’effleurent
lentement. Mon cœur tambourine dans mes oreilles. Je ne veux pas être ici. Pas
avec lui !
Il me bande les yeux d’un ruban de soie qu’il sort de sa poche arrière puis me
guide. Il m’allonge sur le lit central. La matière est froide, ça semble être du cuir.
Je l’entends marcher dans la pièce tel un prédateur. Je ne bouge pas. Raide
comme une planche, je reste immobile sur le dos.
Il est là prêt de moi. Il ne parle pas, j’entends seulement sa respiration plus
sifflante que tout à l’heure. Je sursaute d’appréhension lorsque sa main
m’encercle les poignets. Il enroule une corde autour puis les immobilisent au-
dessus de ma tête. Ma respiration s’accélère à mon tour. La pression monte. Mon
dieu que va-t-il me faire ?
Son poids sur le lit me fait basculer sur le côté puis il me chevauche. Il se
frictionne les mains. Elles atterrissent sur mon ventre chaud et huilés. J’inspire
profondément. Son contact est doux. Ses mains me caressent et m’enduisent
d’huile sur tout le corps. Je ne peux pas nier, c’est agréable et ça me détend
légèrement. Je sens son souffle prêt de mon oreille lorsqu’il me masse les
épaules. J’en oublie un instant qui il est et où je suis. Il est doué.
Il me retourne sur le ventre comme une crêpe sans me prévenir. Je pousse un cri
de surprise. La sensation de mon corps huilé sur le cuir est agréable. Ma peau
glisse quand il tire sur mes chevilles pour me ramener à lui. Je me sens dévoilé,
exposé complètement vulnérable face au regard de cet homme que je ne connais
pas. J’entends la boucle de sa ceinture, il doit surement retirer son pantalon puis
quelques secondes plus tard, il repose ses mains sur mon corps. Je ne sursaute
plus, ses mains me son familière après trente minutes de massage intensif. Par
contre mes soupirs se pâment lorsque ses lèvres se posent sur ma peau brûlante.
Il sème des baisers sur mes hanches, mon ventre pendant que ses mains me
caressent. Je cherche à me dérober. Mon pouls accélère la cadence. Je me répète
en boucle que ça va aller, que tout va bien se passer. Mon dieu je paierai chère
pour ne pas être ici à cet instant. Même si James à l’air d’être un homme correct,
la situation, elle, est malsaine. Sa langue me chatouille, me donne des frissons
lorsqu’elle traîne sur ma peau. Mes seins sont si durs qu’ils sont douloureux
quand ses dents les mordillent. Je suis tiraillée par l'expérience de cet homme qui
malgré les circonstances arrive à me faire oublier qui il est et où nous sommes et
le regret d’avoir accepté son offre. Grey ne va jamais me le pardonner. Qui
pardonnerait un chose pareil ? Comment allons-nous surmonter une épreuve
comme celle-ci ? Je n’en sais rien et j’appréhende sa réaction. Le connaissant, il
ne va pas supporter le fait qu’un autre homme ait pu poser ses mains sur mon
corps. Je suis dévastée, anéantie à l’avance. Je n’ose y penser réellement.
James me susurre des mots doux à l’oreille. Je serre les dents. Je ne veux pas
aimer, je ne veux pas autoriser mon corps à répondre à ses avances. Non ! Je dois
refouler les moindres signes de désirs qu’il provoque chez moi quand son corps
touche le mien. Le combat est dur. James redouble d’effort. Il m’écarte les
cuisses lentement, un vent frais traverse l’antre de mes jambes. Mon dieu !
Ma peau s’imprègne de ses baisers humide remontant jusqu’à mon sexe. Je
retiens ma respiration quand sa langue ouvre mes lèvres internes. Oh la vache !
Du bout de la langue, il me lèche le sexe puis très vite il me dévore goulument.
Je ne tiens plus. J’halète. Je n’arrive plus à le détester. Je suis à la limite de
l’encourager alors je me mords la lèvre inférieure à sang. Mon corps se raidit.
Ses doigts s’enfoncent en moi et me soulage involontairement. Je suis à deux
doigts de jouir sur place. Je tire sur les liens qui m’enchaine. Je voudrais le
repousser, lui dire d’arrêter mais je n’y arrive pas. C’est tellement intense.
Comment refouler un orgasme ? Il faut qu’il cesse. Mes orteils se contractent et
sans que je le veuille je murmure son nom. La seconde suivante, il relève la tête
et fait cesser mon calvaire jouissif.
— N'essaye pas de lutter Charlotte. Tu vas vite oublier ton mec ! Je te l’assure.
Je ne peux strictement rien répondre, je suis à bout de souffle et je n’ai plus
aucunes pensées cohérentes.
Il remonte jusqu’à moi et me recouvre de tout son corps. Sa chaleur
m’enveloppe, son odeur m’enivre.
— Pourquoi me faites-vous ça ? Lui demandé-je désespérée.
— Parce que je le veux ! Me répond -il de sa voix sournoise mais ultra sexy.
Il m’embrasse le cou, le menton, laisse la marque de ses lèvres sur ma peau
brûlante. Mes seins se frottent contre son torse lorsque ma respiration devient
incontrôlable. Je perds pieds. Pourquoi j’aime son contact ? Pourquoi suis-je à
deux doigts de murmurer son nom encore une fois ?
Entre ressentie, questionnement interne et contact charnel, tous mes sens sont
enfermées à l’asile psychiatrique. Je deviens folle à lier. Le bruit d’un papier qui
se déchire me sort de ma folie.
— Laisse toi aller bébé. Me dicte-t-il au creux de l’oreille quand je le sens entrer
en moi délicatement.
J’inspire profondément la bouche grande ouverte, la tête renversée vers
l’arrière. Imposant et puissant il s’installe à l'intérieur sans vraiment y être invité
et prend possession des lieux. De ses hanches, il m’écarte les cuisses pendant
qu’il me pénètre. Le rythme s’accélère. Il gémit dans mon cou. Je tire encore et
encore sur le ruban de soie qui me lie les poignets au-dessus de la tête pour
m’échapper mais en vain, il contrôle tout. Je suis que spectatrice de mon destin.
Il prend son pied. Les coups de bassins se succèdent les uns après les autres. Je
voudrais quitter ce corps qui ne m’appartiens plus. Une boule se forme au milieu
de ma gorge. J’ai envie de pleurer. Je me sens souillée. Je ne peux pas dire violé
car j’ai donné mon consentement mais c’est à la limite. Les larmes coulent en
silence le long de mes tempes pour humidifier les draps témoin de nos ébats
malsains.
Chapitre 19

E ntre les gémissements de James et mes sanglots étouffés, j’entends sa


voix au loin. Il m’appelle. Il crie mon prénom. La panique se ressent
dans le timbre de sa voix. Mon dieu ! Il est là ! La panique s’engouffre
en moi. Mélange entre la joie qu’il soit là et l’angoisse qu’il me trouve avec un
autre homme. La poignée de la porte bouge. Il essaye de l’ouvrir. James
s'interrompt mais ne se retire pas pour autant. Le cœur battant la chamade, je
reste là à attendre les yeux bandés et les poignets liés qu’il se passe quelque
chose. Mes oreilles sont en alerte. J’écoute les moindres bruits de la pièce. Grey
hurle mon nom de l’autre côté de la pièce pendant qu’il tente de défoncer la
porte. Je sursaute au premier essai. James me bâillonne de sa main pour ne pas
que je lui réponde.
— Chut ! Il ne pourra pas entrer, la porte est blindée. La nuit n’est pas terminée
bébé ! Me berce-t-il de sa voix suave.
Grey doit sentir que je suis là car il n’abandonne pas. La porte résiste. À chaque
coup qu’il donne, je sursaute. Je pris pour qu’elle s’ouvre mais j’appréhende sa
réaction. James est toujours sur moi, le sexe bien enfoui entre ma chair.
James est serein et continue de me couvrir de baisers mielleux pendant que la
porte tient bon. Je serre les dents pendant que mon calvaire continue. Mes larmes
redoublent d’intensité. J’ai honte, je me sens sale et mon amour pour lui est
immortel. Je sais qu’il va y arriver. Pour nous pour notre amour il va tout donner,
j’ai confiance en lui. Il va me sortir d’ici comme il m’a sorti de mon deuil, de
mon alcoolisme...Il s’est toujours battu pour moi alors je pris tous les dieux pour
qu’encore une fois il soit aussi fort que les autres fois pour me pardonner et
continuer à m’aimer.
J’essaie de lui indiquer ma présence en gémissant derrière la main de James.
Grey continue de donner des coups d’épaule avec rage jusqu’à ce qu’elle s’ouvre
enfin dans un bruit assourdissant.
James s'immobilise et se retire en vitesse. Un silence s'ensuit. Je ne vois rien
avec ce bandeau en soie sur les yeux. Je ne peux pas le retirer car j’ai toujours
les mains attachées. Que se passe-t-il ? Pourquoi je n’entends plus rien ? J’ai
peur. Mon cœur s’emballe. Mon dieu ! Il a réussi à ouvrir la porte, je ne suis pas
folle ? Et après ? Où est-il ? James se lève en silence, je n’ose rien dire.
— Elle m’appartient ! Crache James sûr de lui.
Je n’entends pas Grey. Ce n’est peut-être pas lui. J’ai tellement espéré qu’il
vienne me chercher que j’ai entendu sa voix. Je me suis peut- être trompé ?
Mais qui est-ce alors ? L’autre gros porc ? Oh mon dieu si c’est le cas, je vais
mourir. James a eu malgré tout un peu de compassion pour moi en y allant
doucement mais lui, je ne le sens pas du tout. Son air de pervers sur le visage
m’a dégouté. Là, je peux dire que je vais être violé.
Des pas lourds traverse la pièce.
— Écoute, j’ai payé pour passer la nuit avec elle. On avait un accord elle et moi
et …Je sursaute quand j’entends une bagarre démarrer. L’autre type semble lui
avoir sauté dessus sans réfléchir. Des coups partent dans tous les sens.
Oh, oh je ne vais pas rester là nue comme un ver pendant que vous vous
chiffonnez ?
Je sens un drap me recouvrir le corps puis la voix de Madeleine me rassurer.
— Est-ce que ça va ma petite chérie ? Elle semble affolée.
— Madeleine, c’est vous ?
— Oui ma petite, c’est nous. Elle me libère les poignets, je soupire de
soulagement puis je retire précipitamment mon bandeau des yeux. Je la prends
dans mes bras en pleure.
Nous sursautons quand Grey encastre James dans une armoire. Grey est
méconnaissable, la rage le dévisage. Je ne le reconnais plus. Il est incontrôlable.
Il va finir par le tuer si je n’interviens pas.
— Grey ! je t’en supplie arrête ! Lui hurlé-je dessus.
Il ne m’entend pas et continue de l'assommer de coups de poings. Je noue le drap
autour de mon buste. Madeleine me retient par le bras quand je tente de me
lever. Je me libère et cours vers lui pour le stopper.
— Grey, s’il te plaît laisse-le ! Je me prends des coups quand je m’accroche de
lui et l’enlace. James gît sur le sol inconscient le visage en sang. Je suis horrifiée
par ce que je vois. Il l’a défiguré. Mon estomac se retourne.
Grey le finit de quelques coups de pieds dans les côtes.
— Stop ! Ça suffit ! Me fâché-je. Même si je ne porte pas James dans mon cœur,
je ne supporte pas de le voir ainsi et honnêtement il ne m’a pas mal traité. Au
contraire, il m’a sauvé des sales pattes de l’autre gros pervers qui doit encore
avoir la gueule dans la cuvette des toilettes. Ok, il a un peu abusé de la situation
pour pouvoir coucher avec moi mais nous avions un marché que j’ai accepté.
J’arrive tant bien que mal à calmer Greyson en le serrant contre moi. Son torse
se soulève rapidement, son cœur tambourine à l'intérieur comme un fou. Le
temps se fige. Le son des battements de son cœur résonne comme une triste
mélodie d’un film dramatique.
Quand je lève les yeux vers lui, son regard reflète la rage, la colère et le dégoût.
Je me brise. Des larmes coulent le long de mes joues. J’ai le sentiment de mourir
sous son regard impitoyable. Il semblerait que je suis la seule de nous deux à
avoir besoin de ressentir l’amour qui nous a uni jusqu’à maintenant. Ses bras
restent ballants, les poings fermés. Il reste immobile.
— Il faut y aller les enfants ! Nous chuchoté-je Madeleine depuis le seuil de la
porte de la chambre rouge.
— Encore quelques secondes. La supplié-je. Grey, regarde-moi ! Il faut qu’on
parte. Viens ! Je lui prends la main délicatement et le tire pour sortir d’ici. Mais
il ne bouge pas. Il reste fixé sur James inconscient. C’est fini ! Laisse-le.
Doucement son regard s’accroche au mien. Ses yeux sont injectés de sang.
— Je t’en supplie Grey, partons ! Sans un mot, il décolle ses pieds du sol et nous
emboite le pas. Je soupire de soulagement même si je sais que la partie n’est pas
tout à fait terminée. Il faut encore échapper aux griffes du mari de Madeleine.

Madeleine ouvre la marche. Nous la suivons sur la pointe des pieds. Elle me
fait signe d’entrer dans une autre chambre au bout du couloir. Je ne comprends
pas tout de suite pourquoi elle insiste pour que l’on entre ici. Je l’interroge du
regard. Elle me fait un clin d’œil.
— Qu’est-ce qu’on fait ?
— Compte tu sortir d’ici avec un drap autour de la taille sans passer inaperçu ?
— Oh ! Je baisse les yeux sur moi. Oui effectivement je vais attirer l’attention
accoutré ainsi.
Madeleine ouvre l’armoire et sort un pantalon, un pull et une paire de basket.
— Tiens, mets ça ! Je la remercie en silence et attrape le tout. Grey m’a lâché la
main depuis longtemps. Il regarde par la fenêtre sans dire un mot les mains dans
les poches pensif.
À quoi pense-t-il ? Il n’a pas dit un mot depuis tout à l’heure. Même pas un
regard ou un simple signe de sa part.
— Dépêche-toi ma chérie, habille-toi on doit partir. Me motive-t-elle en
chuchotant.
Je quitte des yeux à contre cœur le dos de Grey et enfile mes vêtements à la hâte.
Ils sont un peu grand, ce qui fait sourire Madeleine mais c’est toujours mieux
que de se balader à moitié à poil.
— Je suis prête. On peut y aller !
— Attendez là, je vais voir si la voie est libre dans les couloirs. Elle ouvre la
porte, passe sa tête puis nous fait signe de venir. Pensant que Grey avait entendu
Madeleine, je la suis sans me retourner. Ce n’est qu’à mi-chemin dans le couloir
que je m'aperçois qu’il n’est pas là.
— Madeleine ! Elle se retourne vers moi.
— Oui !
— Grey ...
Elle fronce les sourcils et fait marche arrière dans ma direction. Nous retournons
dans la chambre mais il n’est pas là. Où est-il passé bon sang ! À quoi joue-t-il ?
Je retourne dans la chambre rouge au cas où il aurait eu l’idée de terminer James
pendant que Madeleine part faire le tour à l’étage.
J’entre sur la pointe des pieds dans la pièce dans laquelle j’ai ressentie un
profond dégoût de moi-même. L’odeur du cuir, de l’huile et des murs me donne
la chair de poule. Je ne sais même pas comment j’ai fait pour être à deux doigts
de jouir lorsqu’il a commencé à s’occuper de moi tout à l’heure. J’ai même
murmuré son nom ! Quel sentiment m’est passé par la tête à ce moment-là ?
James reprend connaissance doucement allongée sur le sol. Il gémit de douleur.
J’ai mal pour lui. Je sais que les coups de Grey sont d’une puissance
monstrueuse. Je n’ose approcher. Il s'adosse contre le mur difficilement le visage
en sang. Mon cœur fait un tour sur lui-même. Mon dieu il l’a vraiment amoché.
Qu’est-ce que je fais ? De toute évidence Grey n’est pas là, je n’ai donc aucune
raison de rester et qui plus est James ne m’a pas vu. Alors pourquoi je suis
encore là ? Allez tire-toi ! Étrangement, je ressens le besoin de l’aider. Il me
brise le cœur. Il est dans un sale état. Je sais qu’il l'a cherché mais il est tombé
sur Grey le champion de boxe. Et ça, ça ne pardonne pas !
Mes orteils avancent malgré ma raison qui leur hurle de faire demi-tour. Et
merde qu’est-ce que tu fais ? James relève la tête et me regarde surpris. Il
s'essuie le nez du revers de la main et crache par terre.
— Est-ce que ça va ? Lui demandé-je incertaine.
— J’ai connu mieux ! Je fais une grimace. J’imagine bien !
— Qu’est-ce que tu veux ?
— …Je ne sais pas trop …Je cherche …enfin je ...laisse tomber.
— Tu t’inquiétais pour moi ? Me taquine-t-il un sourire en coin repeint de sang.
— Non ...euh… si ...heu. Je m’embrouille.
— Laisse tomber Charlotte. Il se relève avec beaucoup de mal. Il doit avoir des
côtes cassées. Je me précipite pour l’aider. Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Une
part de moi le remercie d’avoir endormie l’autre gros porc afin qu’il ne puisse
pas abuser de moi et qu’il a été malgré tout très prévenant envers moi mais
l’autre part déteste la manière dont tout a commencé. Il a profité de la situation
et a obtenu ce qu’il voulait avec son argent. Comme si tout pouvait s’acheter.
Je passe mon bras sous le sien et l’aide à se mettre debout.
— Ça va ?
— Oui ne t’en fais pas, je vais m’en remettre. J’en ai vu d’autre. Je l’assoie sur
le rebord du lit et m’accroupi à sa hauteur.
— Tu veux boire un verre d’eau ?
— Un whisky ça serai mieux ! Ironise-t-il.
— Je suis désolée. Lui murmuré-je en tentant de capter son regard émeraude
bousillé.
Nos regards s’accrochent. Le temps s’arrête un instant. J’oublie qu’il faut que je
retrouve Grey et qu’il faut qu’on s’enfuie d’ici avant que l’on se fasse attraper.
Sa main se pose délicatement sur ma joue. Je ferme les yeux. Son pouce caresse
ma peau. Son contact m’achève. Malgré la branlé qu’il vient de se prendre, il
continue d’être le James qui m’a fait chavirer au risque de s’en reprendre une
autre si Grey nous surprend encore. Je n’arrive pas à mettre des mots sur ce que
je ressens pour lui. C’est étrange et incompréhensible.
— Sauve toi ! M’ordonne-t-il dans un soupir.
Je relève la tête. Il me regarde désespérer et je comprends ce qu’il ressent
maintenant.
Dépêche-toi avant que je change d’avis. Ne t’inquiète pas pour la dette, je
paierai. Je respecte toujours mes paroles. Tu peux vivre tranquille, il ne
t’emmerdera plus.
Je ne sais pas comment le remercier. Je ne sais même pas si réellement je dois le
faire car en soit c’était un peu contre mon gré. Je prends sa main dans la mienne
et l'embrasse tendrement puis je me relève. Dans un silence je pars sans avoir de
réponse à mes questions sur mes sentiments pour lui. Je pars sans me retourner
le laissant seul dans cette pièce particulière qui malgré moi m’a marqué à vie.
Je retrouve Madeleine affolée dans les couloirs.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Ton homme est monté là-haut voir Pierre mon mari !
— Quoi ? mais pourquoi faire ? Je ne comprends pas.
— Je n’en sais rien mais c’est pas bon du tout !
— Qu’est-ce qu’on fait ? Je m’affole. On était si près du but. Il va faire une
connerie !
— Dépêchons nous alors ! Elle me prend le bras et nous montons dans
l’ascenseur le cœur battant. Bordel mais qu’est-ce qu’il lui a pris ? À quoi il joue
putain !
La sonnerie de l’ouverture des portes me sort de mes questions incessantes.
J’entends un coup de feu à l’étage. Mon dieu ! Madeleine m’arrête de son bras.
Elle a l’air de gérer la situation mieux que moi. Elle doit avoir l’habitude de
vivre avec des gangsters et d’entendre des coups de feu. Moi par contre c’est la
panique totale. D’autre coup résonne, je crie de surprise et de panique. J’ai peur
que Grey soit touché. Madeleine me prend la main et me guide jusqu’au bureau
de son mari. J’ai les genoux qui s’entrechoquent tellement j’ai la frousse. Je
m’imagine tous les scénarios inimaginables en quelques secondes.
Nous n’entendons plus rien. Le silence règne à l’étage. Les battements de mon
cœur sont douloureux. Je serre davantage la main de Madeleine et prie en silence
Sainte Marie pour qu’elle m’épargne un nouveau deuil. Je ne supporterais pas
que Grey soit touché. Je serais incapable de vivre un second enterrement. Je ne
veux pas perdre l’amour de ma vie une seconde fois. La vie m’a donné une
seconde chance, pourquoi s’obstinerait-elle à vouloir me l’enlever encore une
fois ?
On approche de la porte. Madeleine ralentit le pas, je reste planqué derrière elle.
Deux gardes du corps sont au sol. Mort ou inconscient je n’en sais rien. Nous les
enjambons crispées.
Un fois devant le bureau, Madeleine s’immobilise. Je la percute. Figée les yeux
rivés dans la pièce, je suis son regard. Je reste sans voix le cœur en suspens.
Nos maris respectifs se mettent en joue. Quelques pas les séparent. Leurs visages
sont fermés, froid sans aucune expression. Ils se jaugent du regard, l’atmosphère
est glaciale, tendu et prête à exploser. Le temps se fige. Quoi faire ? Que dire
pour qu’ils baissent leurs armes ? À bout portant il va forcément y avoir un
mort. Madeleine tente sa chance.
— Pierre ! On est trop vieux pour cela. Je te le demande, laisse-les partir.
Un long silence me laisse pendu aux portes du temps. J’attends qu’il réagisse.
Mais il n’en fait rien.
On dirait des statues de glace. Je me demande même s’ils respirent. Bordel, il
n’y en a pas un qui va rendre les armes ? C’est bon nous ne sommes plus aux
temps des westerns ! Je tente le tout pour le tout.
— Greyson, je suis désolée. Pardonne-moi. Tout est de ma faute. Tout est fini,
nous pouvons partir. Laisse-le. Je t’en supplie, baisse ton arme ! Je m’approche
doucement la peur au ventre. Je continue de lui parler.
J’ai besoin de toi, ne fais pas n’importe quoi ! Si tu tires sur lui, tu tues tout en ce
que tu crois. Oublis la boxe, oublis ta vie, oublis l’avenir qui s’offre à nous…
Greyson je t’aime….
Mes larmes coulent le long de mon visage pendant que je m'immisce entre eux.
Madeleine me regarde les yeux exorbités par la peur. Elle me fait signe de la tête
de ne pas le faire. Mais je m’en fous, je sais que Grey ne me tirera pas dessus. Je
me place face à lui, le canon de son flingue me fixe droit devant. J’ai le cœur qui
palpite à se rompre en deux. Je pris pour que le mari de Madeleine ne me tire pas
dessus en traitre dans le dos pendant que je tente de dissuader Grey de baisser
son arme. Mes yeux le supplient noyé par le remord. Son regard finit par tourner
vers le mien. Je soupire de soulagement.
Il baisse son arme doucement. Je ne le quitte pas. Nous sommes verrouillés l’un
à l’autre. Je l’aime plus que tout et il le sait. Le revolver tombe au sol dans un
bruit sourd. Je me précipite dans ses bras puissants. La chaleur de son corps me
réconforte. Je me sens protégé et en sécurité enferme dans ses bras. Il me serre
contre lui, son parfum enivre mon cœur souffrant de son absence. Il dépose des
baisers sur mes cheveux, je pleure contre son cœur.
— Pardonne- moi ! Lui chuchoté-je enfouie contre son tee-shirt.
Je me crispe tout à coup quand un coup de feu éclate dans la pièce. Mon dieu !
Je cris et lève la tête vers Greyson. Son visage est fermé. Est-il touché ?
— Grey ! Je hurle. Je comprends vite qu’il n’a rien. Il serait déjà à terre. Il me
serre encore plus fort Je ne comprends pas, qui a tiré ?
Je me retourne et vois Madeleine une arme à la main, le bras tendu. Elle vient de
tirer de sang-froid sur son mari. Mais pourquoi ? Je reste sans voix la bouche
ouverte.
Un son lourd résonne. Il vient de tomber sur le sol. Mes yeux se tournent malgré
ma peur de découvrir un homme la peau trouée. Je découvre son mari sans vie
les yeux ouverts mais vide de son âme. Que vient-il de se passer ? Nous restons
un instant sans pouvoir dire un mot.
Madeleine lâche son flingue. Il atterrit sur le sol à ses pieds.
— Madeleine ? Mais pourquoi ?
Elle se tourne vers nous le visage triste, elle me répond :
— C’est mieux ainsi. Nous sommes dorénavant tous libre.
Le poids qui pesait dans la pièce il y a quelques minutes disparut sur ses paroles.
Grey me serre contre lui. Je ferme les yeux. Madeleine sort de la pièce en
silence.
Chapitre 20

I l fait nuit lorsque nous sortons par la porte de secours à l’arrière du


bâtiment. Nous marchons l’un à côté de l’autre sans oser se toucher. La
panique retombée, nous reprenons nos esprits à l’air libre. Ni lui ni moi
brisons le silence de cette nuit particulière. Seuls nos pas résonnent entre les
artères de la ville. Que dire de cette journée ? Comment expliquer nos actes ? Je
n’en sais rien, je veux juste reprendre le court de ma vie comme avant.
Au bout de plusieurs mètres Grey m’attrape le bras et me force à m’arrêter. Je
lui fais face. Il me regarde, hésite puis il inspire profondément. Sa main se
referme de plus en plus sur mon avant-bras. Il serre la mâchoire comme s’il
retenait ses mots.
— Demande le moi ! L’insisté-je à me dévoiler le fond de sa pensée.
Il ferme les yeux puis lorsqu’il les ouvre à nouveau, je regrette ce que je viens de
lui dire.
— Que ressens tu pour l’autre connard aux yeux vert ?
Que dois-je faire ? Dire la vérité ou enterrer une bonne fois pour toute cette nuit
? Que va-t-il faire si je lui avoue la vérité ? Si seulement je le savais moi même !
Qu’est-ce que j’ai ressentie lorsqu’il me faisait l’amour ? Ai-je aimé ça ? Étais-je
dans un état normal pour juger mes sentiments ?
Il me regarde abattu. Je ne peux pas lui faire ça ! Je ne peux pas briser tout ce
qu’il y a entre nous. Je prends le temps de détailler le moindre grain de peau de
son visage si parfait. Ses sourcils dessinés, ses yeux profonds abimés par les
coups qu’il s’est pris pour me sauver, sa mâchoire carrée recouvert de barbe de
quelques millimètres et sans oublier ses lèvres charnues et douce qui attendent
les miennes. Je sais que mon cœur bat pour lui, il a toujours su que ma vie allait
un jour ou l’autre lui appartenir. Ce mec aux épaules larges et au corps d’acier,
dessiné et taillé est à moi ! Je le veux pour le restant de mes jours. Il n’a pas
hésité une seconde à se battre pour me sauver des griffes de ces hommes. Il a
même été jusqu’à prendre une arme et vouloir me venger en tirant sur l’un
d’entre eux.
— Rien ! strictement rien. Mon cœur t’appartient à tout jamais. Greyson …… je
te dois ma vie. Je mourrais si je devais te perdre. Je n’étais pas dans mon état
normal, quoi que tu aies pu voir, tout ceci n’était qu’une mascarade. Une fausse
image de moi. Je ne suis pas celle-là, je n’avais pas le choix. Je l’ai fait pour
nous. Tout ceci est terminé, derrière nous ! J’ai besoin de toi Grey ….
— Je ne sais pas si je vais arriver à oublier les images que j’ai de toi avec ce type
entrain de te toucher. Elles me reviennent constamment en tête comme un
boomerang que je m’obstine à envoyer le plus loin possible mais il finit toujours
par me revenir en pleine tête. Il serre les dents.
Je glisse doucement mes mains sous ses bras et enlace son torse pour venir me
blottir contre lui. Il ne me repousse pas. Son cœur bat à un rythme effréné.
Doucement il se détend.
— Pardonne-moi ! je t’en supplie Grey ne brise pas la passion de notre destin
commun à cause de cet instant sans intérêt. Je t’aime ! je t’aime vraiment et tu le
sais.
Il ne me laisse pas finir ma phrase et m’encercle le visage puis ses lèvres
viennent s‘écraser sur les miennes comme si j’étais sa dernière bouffée
d’oxygène. Je m’agrippe à lui et le tire contre moi. Je le dévore, il me bouffe sur
place. Mes sentiments se bousculent entre joie, euphorie, passion et l’envie qu’il
me prenne pour effacer toute traces de James sur mon corps.
Notre baiser s'enflamme. Nos mains se perdent à chercher un point d’encrage sur
l’autre. Je gémis dans sa bouche. Je me perds entre ses bras. Oh mon dieu ! Je le
veux !
Grey me plaque contre une voiture garée dans la ruelle. Il me soulève et m'assoit
sur le capot. Mes jambes s’enlacent à sa taille. Tout s’emballe et va très vite. Je
suis à bout de souffle.
— Oh Grey !
Il me mord le cou. Je bascule sur le dos contre le capot. Ses mains s'immiscent
sous mon pull et caresse mes seins gonflés. Ils sont si sensibles qu’ils réagissent
instantanément à son contact. Nous oublions l’espace, le temps et l’endroit. Nous
seuls existons. Grey expose ma poitrine à l’air libre pour poser sa bouche dessus
pour les sucer, les mordiller. Ça me fait mal lorsque ses dents se referment sur
mes tétons mais c’est une douleur agréable. Mes doigts plongent dans sa
chevelure pour le plaquer contre ma poitrine. J’en redemande, j’ai envie de lui
tellement fort que je suis à la limite d’en pleurer et de le supplier. Sa bouche me
dévore, je suis hors d’haleine.
Il me surprend quand tout à coup il me rhabille et me soulève en mettant fin aux
préliminaires. Je l’interroge du regard essoufflé.
— Pas ici !
— Mais …
— C’est très excitant sur le capot d’une voiture…je te promet que je te baiserais
comme ça une prochaine fois mais ce soir je veux que tu te souviennes de cette
nuit comme la plus belle de toute ta vie bébé. Me promet-il en marchant d’un pas
rapide en me traînant par la main.
— Oh ! Ça me va !
Nous marchons sur le trottoir comme si nous étions en retard. En retard pour une
baise sauvage ! Au coin d’une rue, nous prenons à gauche puis en quelques pas,
nous nous retrouvons devant les portes de son immeuble. Il me regarde incertain
comme si j’allais l’engueuler. Il n’a pas tort. Je fronce les sourcils.
— Je croyais que tu avais rendu ton appart ?
— Oui je sais, c’est ce que je t’ai dit mais ne m’en veux pas je suis comme ça !
J’ai toujours été un homme indépendant alors quand tu m’as demandé de vivre
avec toi pour de bon, j’ai préféré me garder un plan B au cas où …
— Au cas où quoi ? Je pose les mains sur les hanches et le regarde fâchée.
— Allez bébé, je te promets de donner mon préavis dès demain mais pour ce soir
il tombe vraiment bien, non ? Il me regarde avec son petit air ultra sexy qui me
fais fondre. Bordel qu’est-ce qu’il peut m’énerver à faire ça ! Ses mains
m'encerclent le visage et il me fait les yeux doux en espérant que je capitule.
Bien évidement c’est ce que je fais.
— Au lever du jour, tu appelles ton propriétaire !
— Marché conclu ! Il m’embrasse fougueusement. Ma colère disparaît sur le
champ. Tout en continuant de me dévorer la bouche et faire de moi une torche
vivante, il recule pour entrer dans le hall.
— Bonsoir Monsieur et ...Madame !
J’avais oublié le réceptionniste de l’immeuble. Il est encore là celui-là ? Je ne
peux pas lui répondre. Grey lui fait un signe de la main furtif ne me lâchant les
lèvres d’un centimètre jusqu’à l’ascenseur. Les portes s’ouvrent, nous pénétrons
à l’intérieur. Grey me plaque contre les parois, son corps puissant m’emprisonne.
Je n’en peux plus, je le veux ! Ses mains se promènent sur mon corps attisant le
feu qui coule dans mes veines.
— J’ai cru t’avoir perdu. Me chuchote-t-il dans mon cou.
— Je t’appartiens. Je suis toute à toi. Lui soufflé-je hors d’haleine pendant qu’il
continue à me rendre dingue.
— Tu m’appartiens…Tu es à moi ! Tu m’entends ? Tu es ma femme.
— Je ne demande que ça Greyson !
Les portes s’ouvrent et nous tire hors de l’ascenseur. Greyson me prend la main
et me tire vers son appartement au bout du couloir. Il sort la clé de dessous le
paillasson. Je rigole. Ça se fait encore ces trucs-là ? C’est tellement la cachette la
plus connu que ça ne me viendrait pas à l’idée de planquer ma clé là-dessous
mais lui croit qu’il est le seul le faire.
La serrure se déverrouille en un tour de clé et là …. Tout s’emballe. La porte
claque dans mon dos. Grey me déshabille en un temps record. Je crois même que
le pull de Madeleine n’a pas survécu. Dans le couloir de l’entrée, essoufflés, les
yeux dans les yeux nous mesurons l’intensité de nos sentiments l’un envers
l’autre. Nos respirations se mélangent, nos mains s’entrelacent, le temps s’arrête
pour nous laisser savourer cet instant si particulier et intense en émotions. J’ai le
cœur qui bat à se rompre dans ma poitrine. Avec lui, tout est différent, tout est
multiplié par mille. Chaque regard, chaque geste, chaque intention m’expulse au
septième ciel. Je voudrais me le greffer sur la peau pour pouvoir le sentir sur moi
chaque seconde de mon existence.
Il me regarde. Je le regarde. Une lueur intense brûle dans ses yeux noisette. Il
serre la mâchoire.
— Je ne sais pas si je vais pouvoir respecter ma promesse.
— Quelle promesse ?
— De d’offrir la nuit la plus belle que tu n’as jamais eu.
— Pourquoi ?
— J’ai tellement envie de toi que j’ai peur de ne pas me contrôler.
— Alors ne te contrôle pas ….
Il se jette sur moi et m’embrasse violemment au point de me faire mal. Je
m’accroche à ses épaules. Il me soulève du sol. Mes jambes s’enroulent à sa
taille. Il me plaque contre le mur. Il me décoiffe, tire sur mes cheveux en
enfonçant sa langue dans ma bouche. Mon dieu, vais-je survivre à ça ? D’une
main, il défait sa ceinture, baisse sa braguette et sort son engin qu’il enfonce en
moi d’une telle animosité que je crie son nom. Sa largeur me déchire. Sa
puissance me fait perdre la respiration. Il me prend sans ménagement contre le
mur. Rageux, il s’enfonce violemment et sèchement dans ma chair trempée par
l’excitation que cet engouement pour cette baise vorace dégage en moi.
Seigneur… je ne vais pas m’en remettre ! Ses coups de bassin me font décoller
du mur. Il gémit de plaisir dans mon cou. Ses bras puissant et musclés me
portent sans aucun effort. J'essaye de m’accrocher à lui comme je peux mais s’en
est trop, je perds pied. Je me laisse aller contre lui pendant qu’il me pilonne
sauvagement. C’est tellement bon, que je n’essaie même pas de retenir mon
orgasme pour que ça dur plus longtemps. Les doigts crispés dans ses cheveux, je
jouis à en perdre connaissance. Il se joint à moi et se contracte à son tour à bout
de souffle.
Nous restons un instant l’un contre l’autre blotti contre le mur sans bouger
reprenant nos respirations et nos esprits. J’entends son cœur battre contre ma
poitrine.
— Tu fais de moi quelqu’un d’autre. Me confesse-t-il entre deux inspirations. Je
reste sans voix. Que dire ? Quoi répondre ? Que veut-il dire par là ? Est-ce une
bonne chose ?
J’ai peur de découvrir la vérité. Je ne veux pas savoir si c’est une bonne chose ou
non. Je n’ai pas le courage ce soir d’affronter une discussion complexe sur ce
sujet. Je préfère faire la sourde oreilles. Je lui embrasse tendrement le visage
puis il me regarde de nouveau avec une lueur que jamais je n’avais vu en lui.
— Deviens ma femme ……... Épouse moi !
Euh … Attends ! Qu’est-ce qu’il vient de dire ? J’ai bien compris ? Non, non,
non il a perdu la tête ! Qu’est-ce qu’il lui prend ? Il n’a jamais voulu se marier,
pourquoi maintenant, pourquoi avec moi ? La panique me prend les tripes. Il est
sérieux en plus ! Il attend une réponse ! Oh mon dieu, si je lui dis non, tout
s’arrête. Si je lui dis oui, et qu’ensuite il regrette ? Il me le demande peut-être
parce qu’il a cru vivre un enfer cette nuit ? Et demain matin, il regrettera
amèrement ses paroles et il se sentira obligé d’aller jusqu’au bout. Je ne veux pas
d’un mariage forcé. Non, il ne le pense pas. Il s’est juste laissé emballé par la
situation. Et moi dans tout ça, qu’est-ce que je veux vraiment ? Prendre le risque
de l’attacher et qu’il meurt à petit feu prit dans la routine d’une vie de famille
qu’il n’aura jamais voulu au fond de lui ? Ce mec a toujours eu besoin de son
indépendance. Je ne veux pas lui retirer. Il est ce qu’il est aujourd’hui parce qu’il
est libre et c’est ce que j’aime chez lui. Je ne veux pas d’un deuxième Brady
même si j’ai aimé vivre cette vie avec lui plus que tout, aujourd’hui tout est
différent et tout à commencer différemment entre Grey et moi. La routine on ne
connait pas. Le métro, boulot, dodo, nous ne connaissons pas.
Mais il a vraiment l’air sérieux. Plus les secondes passent, plus il se décompose.
— Je ne sais pas si c’est une bonne chose ! Il encaisse mes mots puis il me
repose sur le sol sans rien dire. L’ambiance vient de passer de la chaleur des
flammes de l’enfer à la froideur de l'antarctique. Je pourrais même voir des
pingouins traverser le salon.
— Tu as raison, pourquoi voudrais-tu te marier avec moi ? Nous portons déjà le
même nom, celui de Brady !
— Non ! Cela n’a rien avoir ! Je le rattrape dans le salon à poil. Cette lueur
particulière de tout à l’heure à disparu. Tu as toujours crié à qui voulait bien
l’entendre que tu étais contre le mariage ! Pourquoi aujourd’hui tu voudrais te
marier ? J’ai peur que tu regrettes ! Je sais ce que c’est la vie de couple et je ne
suis pas sûr que cela te convient.
— Ça va ! j’ai compris ne te fatigue pas ! Il se libère de ma main puis part vers
le couloir qui mène à la salle de bain me laissant seule avec mes remords. J’ai
tout fichu par terre. Il était vraiment sincère. Dans le fond, c’est peut-être moi
qui ne suis pas prête pour recommencer une autre vie avec lui ? Pourquoi ai-je
paniqué ? Il aurait tout simplement fallu que je lui dise oui et puis après on aurait
avisé.
L’eau coule à l’autre bout du couloir. Un silence de plomb me déchire le cœur.
Encore une fois, j’ai détruit tout le bien qui m’entoure. Je ne me sens pas très
bien, j’ai envie de vomir tout à coup. Je serre les dents et avale ma salive.
J’inspire profondément pour faire disparaître la nausée mais rien y fait mon
ventre joue au yoyo. Je me précipite dans la salle de bain et vomit la bile qui me
brûle la gorge au fond de la cuvette des toilettes. Je déteste être dans cet état.
Greyson me rejoins tout mouillé une serviette blanche autour de la taille.
— Ça ne va pas ?
— Ce n’est rien, le contre coup je pense. Je le rassure en me relevant
difficilement. Il me prend dans ses bras et m’emmène dans sa chambre. Je me
blottis contre lui malgré tout. Il sent divinement bon. Soucieux, il me couche
dans son lit puis me prévient d’un ton autoritaire :
— J’appelle un médecin !
— Non ça ne sert à rien, je vais bien ne t’inquiète pas !
— Avec la nuit que tu viens de passer, je veux en être certain.
Il claque la porte. Il n’a pas tort. J’avoue que je ne suis pas dans mon assiette
depuis deux jours. Je mets le tout sur notre mésaventure mais j’ai peut-être autre
chose ? Ils m’ont injecté un produit bizarre, ils m’ont drogué, frappé et j’en
passe. C’est plus sérieux si un médecin m'ausculte.
Pendant que Grey appelle un médecin, je me couvre et me recroqueville dans un
coin du lit. Je ferme les yeux et me laisse bercer par son odeur imprégnée sur la
couette. Une heure plus tard, je suis réveillée par le docteur qui entre dans la
chambre.
— Bonjour, je suis le docteur Levalois. Puis-je m’asseoir ?
Je me redresse et la salue.
— Bonjour, oui installez-vous.
Pendant qu’elle sort son stéthoscope et d’autres trucs, elle me demande :
— Alors racontez-moi, que vous arrive-t-il ?
— Euh … Dois-je tout lui dire ? C’est un peu sordide et bizarre comme histoire.
Elle ne va jamais me croire ! Je me cantonne au minimum. Je ne me sens pas
bien depuis quelques jours, je vomis et je sens une profonde fatigue.
— Très bien. Elle m’ausculte la gorge, les oreilles, elle palpe mon ventre. Vous
avez mal là ?
— Non.
Elle écoute mon cœur et mes poumons, prend ma température enfin bref elle fait
le tour de ma personne puis me demande d’aller faire pipi dans un petit bocal en
plastique.
Une fois soulagée, je lui redonne le bocal un peu gêné. Elle sourit en me
faisant la conversation tout en manipulant mon urine avec une languette en
papier. Je me demande ce qu’elle est en train de faire. C’est peut-être une
infection urinaire ? Je me pose mille questions puis de but en blanc, elle
m’annonce :
— Vous êtes enceinte !
Je la regarde estomaquer, la bouche grande ouverte. Les mots ne sortent pas. Ils
sont bloqués dans ma gorge. Mais c’est quoi cette journée ? Je suis…Ce n’est
pas possible !
— De quand date vos dernières règles ?
— Et bien …Je réfléchis. Heu ...je ne me souviens pas. Quatre semaines, voire
cinq tout au plus.
— Ok, je vous fais une ordonnance pour une prise de sang. Allez-y demain
matin puis revenez me voir à mon cabinet avec les résultats. Elle continue de me
parler mais je n’écoute plus rien. Je suis choquée par la nouvelle. Comment va-t-
il le prendre ? Il est adorable avec les filles mais de là à avoir un enfant à lui il y
a un fossé. Je ne peux pas le garder, il n’en voudra pas de tout façon. Tout va si
vite. J’ai l’impression de vivre ma vie projetée à trois cent kilomètres à l’heure.
Est-ce que tout va bien ? Me demande le docteur vu que je ne lui ai pas décroché
un mot depuis qu’elle m’a annoncé que j’étais enceinte.
— Je ne peux pas le garder ….
— Est-ce que tout…Grey entre à ce moment-là. Il m’a entendu et son visage se
fige. Je le regarde désolée ne sachant quoi dire.
— Je vous laisse, il me semble que vous avez des choses à vous dire. Elle se
lève, ramasse ses affaires puis quitte le plancher.
Le silence me transperce, j’ai mal partout. La souffrance que je lis dans ses yeux
me brise. En quelques mots, je viens de le mettre à genoux. Je vois de la
déception sur son visage. Les larmes me montent aux yeux.
— Je crois que nous n’avons plus rien à faire ensemble. Finalement, je me suis
trompé à ton sujet. Je t’ai placé plus haut que tu ne le mérite.
— Ne dis pas ça ! Je t’en supplie Greyson. C’est que je croyais que tu ne voulais
pas d’enfant.
— Tu penses savoir beaucoup de chose à mon sujet mais visiblement tu ne me
connais pas !
— Je suis désolée. On fera comme tu veux ! Si tu veux de cet enfant, on fondera
une famille !
— Arrête ! J’en ai assez entendu pour aujourd’hui. Ramasse tes affaires, je
t’appelle un taxi pour te ramener chez toi.
— Greyson ! Lui hurlé-je dessus pour qu’il m’écoute mais il a déjà tourné les
talons. Accroché à la couette, je pleure toutes les larmes de mon corps en
silence. Mon cœur saigne de douleur. Je passe ma vie à briser les hommes qui ne
demande qu’à m’aimer.

Le taxi klaxonne en bas de l’immeuble. Grey regarde par la fenêtre en silence


les mains dans les poches. J’aimerais le prendre dans mes bras et lui dire
combien je l’aime et que sans lui je ne suis rien. Son dos tracé et tatoué me
nargue. Son parfum me déchire les entrailles. Je le veux mais j’ai tout fait pour
qu’il me quitte. Il ne se retourne pas quand je sors de l'appartement dévastée par
le chagrin.
Je monte dans le taxi. Il est neuf heures du matin, la pluie commence à tomber.
Je lève les yeux au ciel pour le regarder une dernière fois à travers la fenêtre de
son salon mais il a disparu. Le vide s’empare de moi.
La voiture démarre. Je me cale contre la vitre et regarde sans aucun intérêt les
bâtiments défiler devant mes yeux inondés par les larmes qui ne cessent de
couler. Comment tout cela à bien pu finir ? En quelques heures, ma vie à pris un
virage à quatre-vingt-dix degrés. Je me sens vide et profondément malheureuse.
Chapitre 21

J 'essaye de faire bonne figure chaque matin devant les filles mais toutes les
nuits je pleure étouffée dans ma couette pour ne pas les réveiller. La
solitude m’entraine vers mes vieux démons. Je combats contre mes envies
de reprendre un verre pour soulager mon chagrin. Je sais qu’une fois l’alcool
dans mes veines, j’oublierai tout, je ne ressentirai plus rien. Plus aucune
question, plus aucune douleur, plus rien du tout mise à part la plénitude procurée
par l’alcool.
Je suis allée voir le docteur il y a quelques jours et elle m’a annoncé que j’étais
enceinte de huit semaines. J’ai parlé avec elle sur mon souhait de ne pas le
garder. Bien entendu, elle a été très neutre dans ses conseils. C’est mon choix et
il m’appartient. Je me donne encore une semaine ensuite je prendrais une
décision.
Aujourd’hui, je dois aller voir Clara afin de lui donner les dernières directives
pour le mariage d’une des filles du maire qui sera célébré demain matin en
grande pompe. C’est un très gros contrat et je ne veux pas qu’elle se trompe. Je
suis dans un état pitoyable. Un coup d’œil dans le rétroviseur me fait peur.
Casper sort de ce corps ! Le teint livide, les yeux au fond de la tête cernés par
des coupoles bleuâtres me renvoie l’image d’une nana au bord du gouffre. Pour
dissimuler mon désespoir, j’ai inventé que j’avais la grippe. Tout le monde croit
en mon mensonge comme une lettre à la poste. Vu la gueule que j’ai ce n’est pas
bien difficile.
Après quatre heures interminables à régler les derniers détails, je rentre à la
maison sur les rotules. Vu l’heure, les filles m’attendent surement en pyjama
pour que je leur lise une histoire avant qu’elles s’endorment comme chaque soir.
— Bonsoir Sarah. Dis-je à la baby-sitter en déposant mes affaires sur la console
de l’entrée.
— Bonsoir Charlotte. Les filles se lavent les dents, elles vous attendent.
— Très bien, merci pour ce soir. Rentrez bien, faite attention sur la route.
— Oui ne vous inquiétez pas. Bonne soirée à vous. Me salut-elle en prenant son
manteau et son sac à main avant de partir.
Lorsque la porte claque, je soupire de fatigue. Ma deuxième journée commence.
J’enlève mes chaussures et monte rejoindre les filles. Elles rient et se
chamaillent comme d’habitude.
— Coucou mes bébés !
— Maman ! Tu es rentrée.
— Rose m’a tapé tout à l’heure.
— Ce n’est pas vrai ! Tu mens !
— C’est bon les filles, allez ce n’est rien, au dodo.
— C’est moi qui choisit l’histoire ce soir !
— Non c’est moi !
— Pas de dispute. Ce soir c’est maman, comme ça pas de bagarre.
— Bon d’accord… Me disent-elles en cœur.
— En route mauvaise troupe !

Après une histoire, puis deux puis trois et des montagnes de câlins je ferme la
porte sur mes deux bébés devenu grande qui dorment à poing fermé.
Seule au salon, étreints par la nuit noire et mes sentiments douloureux qui me
persécute, je ne tiens plus. Ce soir, je n’ai plus d’ange gardien pour me tenir loin
de mes démons, je prends un verre les mains tremblantes. J’en ai vraiment
besoin.
La première gorgée me brûle la gorge. Je grimace. Le premier verre me donne
des remords ensuite tous les autres s’enchainent facilement comme des verres de
cristalline. Plus j’en bois, plus je me sens soulagée, légère. J’oublie tout. La
douleur au fond de la poitrine disparaît. Le coude se lève encore et encore
jusqu’à finir la bouteille. Je ne suis plus maître de mes gestes. Mes orteils
cognent dans les meubles, mon bras est lourd et fais claquer le verre à chaque
fois que je le repose. Je cherche à quatre pattes la deuxième bouteille que j’avais
caché au fond du placard dans un sac de voyage dans l’entrée. Je suis euphorique
quand je la trouve enfin et l’ouvre pour la boire directement au goulot. Adossée
contre le mur du couloir je me laisse glisser jusqu’au sol.
Chaque personne qu’on s’autorise à aimer, est une personne qu’on prend le
risque de perdre et j’en sais quelque chose. J’ai perdu Brady et maintenant j’ai
perdu Greyson. Je croyais pourtant que Grey était la chose la plus belle qui
m’avait été donné après la mort de Brady mais aujourd’hui, je souffre tellement
que je veux l’oublier. Son silence me fait mourir à petit feu. Alors ce soir, je
trinque seule à mon monumentale bordel sentimental.
Gorgé après gorgé, je me force à finir cette bouteille que le diable m’a mis dans
la main. Allongée sur le sol de l’entrée, je n’arrive même plus à bouger mon
corps. Des souvenirs me reviennent, des flash-backs de ma vie d’avant me rende
triste. Je rie, je pleure, je marmonne toute seule et je bois encore et encore
jusqu’à ce que je ne me souvienne plus de rien. Le trou noir.

Les yeux fermés, j’entends du bruit autour de moi. L’odeur de la pièce est
étrange et je ne reconnais pas les voix des personnes à côté de moi. Je ne me
sens pas très bien. J’ai la tête qui tourne et mon corps est lourd. J’essaye d’ouvrir
les paupières à plusieurs reprises, mais la lumière m’éblouit. Putain mais c’est
quoi cette odeur qui me donne la nausée ? Je réussie à lever un bras par je ne sais
quel miracle pour me frotter les yeux qui semblent collés. Et c’est là, à cet
instant précis que sa voix résonne en moi.
— Elle se réveille. Annonce-t-il à quelqu’un dans la pièce. Il me prend la main.
Elle est chaude et imposante mais douce et rassurante à la fois. Il me chuchote à
l’oreille que tout va bien, qu’il ne faut pas que je m’inquiète. Mais de quoi dois-
je m’inquiéter ? Où suis-je ? Pourquoi tout ce brouhaha autour de moi ?
Après quelques minutes à tenter de saisir ce qu’il se passe, j’ouvre enfin les
yeux. Tout d’abord, je vois flou puis ma vue reprend ses fonctions. Grey est assis
à mes côtés sur un fauteuil couleur bleu de mauvais goût le visage translucide. Il
me caresse la main tendrement. Mais que s’est-il passé ?
Après un tour d’horizon bien court, je comprends très vite que je suis à l'hôpital.
Et là l'incompréhension me gagne.
— Tout va bien bébé. Ne t’inquiète pas, vous n’êtes plus en danger !
Qui vous ? Les filles vont bien ? Elles ont eu un accident ? Oh mon dieu !
Les infirmiers s’activent à mon chevet pendant quelques minutes puis une fois
tout stabilisé, ils quittent la chambre me laissant seule avec Grey.
— Où sont les filles ? Arrivé-je à articuler la bouche pâteuse.
— Elles sont avec ta mère, chez elle. Ne t’inquiète pas, elles sont formidables.
Elles ont suivi mes conseils à la lettre et elles t’ont sauvé la vie.
— Quoi ? Mais que s’est-il passé ? Il me regarde étonné.
— Tu ne te souviens pas ?
— Non ! Que s’est-il passé ?
Il hésite un instant. Il cherche ses mots.
— Elles t’ont retrouvé inconsciente sur le sol de l’entrée à leur réveille.
— Oh mon dieu ! Je plaque mes mains sur ma bouche pour ne pas crier et retenir
mes sanglots. Qu’est-ce que j’ai fait ? Des larmes montent comme un ras de
marré dans mes yeux et inonde mes joues lorsqu’elles s’échappent. Grey
m’enlace de ses bras puissant et si réconfortant que je me laisse aller à pleurer
comme une enfant. J’ai si mal à l'intérieur de moi que je voudrais hurler ma
douleur. Je reste blotti contre lui un long moment avant que mes plaintes
s’arrêtent.
Il me prend le visage de ses mains et me regarde dans les yeux tendrement. Mon
cœur se brise. Je ne le mérite pas. Je suis faible et lâche alors que lui est bien
trop coriace et persévérant. Tout le contraire de moi.
— Pardonne-moi ! Lui soufflé-je tout bas.
— Je te pardonne à une seule condition ! Enfin non …. Deux conditions.
— Lesquels ?
— Épouse moi et …. Fais de moi le père le plus heureux des hommes.
Sa voix résonne comme une louange venue du ciel. Je lui donnerai ma vie s’il le
fallait. J’aime cet homme à en crever. Je sais aujourd’hui ce que j’ai fait de lui. Il
est devenu un homme merveilleux. Ce n’est plus le Greyson arrogant, supérieur
et fouteur de merde que j’ai connu. J’ai senti qu’il se cachait un autre homme
derrière tout ça qui valait la peine d’écouter mon cœur et de poursuivre ma
destinée.
— Oui, je le veux ! Je ne veux plus jamais être loin de toi.
Grey dépose ses lèvres sur les miennes et je vous jure que c’est le baiser le plus
beau de toute ma vie.
On ne décide pas qui on aime. Le destin vous le met sur votre chemin. Ce n’est
pas la peine de le provoquer ou de le chercher, il viendra à vous. Il s’imposera à
vous comme une évidence.

FIN………………………………………………………………………….
Merci à Alicia B, ma mère qui m’ont encouragées, soutenues et aidées à
l’élaboration de ce roman. Sans vous, je n’aurais jamais franchi le pas de la page
blanche

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