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S.H.L Charlène
Roman
S.H.L Charlène, 2018
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle
réservés pour tous pays. L’auteur est seul propriétaire des droits et responsable
du contenu de ce livre. Toute représentation ou reproduction intégrale ou
partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur
ou de ses ayants droit ou ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon aux
termes des articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Première publication
Titre original : Pardonne moi
Couverture : S.H.L Charlène
Copyright © 2018 by S.H.L Charlène
Pour la présente édition :
S.H.L Charlène, 2018
Cette œuvre comporte des scènes érotiques dépeintes dans un langage adulte.
Elle vise un public averti et ne convient donc pas aux mineurs. L’auteur décline
toute responsabilité dans le cas où cette histoire serait lue par un public trop
jeune.
Sommaire :
Titre
Dédicace
Copyright
Prologue
Chapitres de 1 à 21
Remerciements
Dédicace
À mon mari Farid pour avoir été aussi patient et pour m’avoir permis d’écrire
cette histoire. À ma famille parce qu’elle s’est habituée à me voir constamment
le nez dans mon ordinateur pour pouvoir mettre sur papier toutes ces histoires
qui déambulent dans ma tête.
Prologue
I l est là ! Devant moi. Je ressens quelque chose que je ne veux pas m’avouer.
C’est impossible et pourtant …il m’attire et ça depuis quelques temps déjà.
Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour chasser mes pulsions mais c’est
plus fort que moi.
Je ne comprends pas. Pourquoi ? Que m’arrive-t-il ? Je suis sûrement pompette,
ce n’est pas possible autrement. L’alcool me fait faire des choses, ressentir des
choses parfois au-delà de ce qui est permis.
Il fait un temps magnifique cet après-midi. Le soleil me caresse la peau. J’aime
cette sensation douce sur mon corps. Cette chaleur me procure une agréable
sensation apaisante. Confortablement installée sur ma chaise longue dans le
jardin de la maison familiale de mes beaux-parents, je sirote mon verre
tranquillement tout en bavardant avec mes belles sœurs. Ce sont de vraies
pipelettes. Leurs sujets favoris sont bien entendu leurs enfants. GRRR !!! Ils sont
tous adorables bien sûr mais franchement la vie ne tourne pas qu’autour des
bambins ? Si ? Ou est-ce moi qui suis-je une mère indigne ? J’aime par-dessus
tous mes petites sauterelles mais je n’emmerde personne avec ça. On s’en moque
de savoir quelle bêtise a fait Pierre, Paul ou Jacques ou que la petite dernière a
une dent ! Heureusement qu’elle en a, la pauvre, c’est dans la logique des choses
! Non ? Ça m’ennuie à mourir. Achevez-moi ! On a tous des enfants. Nous
sommes tous passés par les mêmes galères, alors faudrait arrêter, bannissez ce
sujet de conversation !
Quoi qu’il en soit, j’écoute que d’une oreille, je leurs réponds par des micro
syllabes ou de légers signes de tête accompagnés d’un petit sourire poli, ça glisse
comme sur des roulettes et pendant ce temps je peux vaquer à mon activité
favorite depuis quelques temps.
La demeure de mes beaux-parents est une magnifique maison de campagne en
briques rouges. Le jardin est entouré d’arbres somptueux, de plusieurs parterres
de fleurs colorés en tous genres et de très jolies roses anciennes grimpantes sur
une splendide tonnelle en fer forgé implantée au fond du jardin. L’herbe est aussi
verte qu’un Green de golf. Mon beau père aurait pu être paysagiste, son jardin
est splendide. Un vrai havre de paix.
Je laisse les heures s’écouler paisiblement. Tout le monde rit, discute en buvant
quelques bières ou se prélassant au soleil, comme moi.
Derrière mes lunettes de soleil, je le regarde, le dévore. Son corps sculpté, ses
épaules larges, tous ses muscles se dessinent et dansent sous son tee-shirt blanc
immaculé. Il est tout simplement magnifique. Son bronzage doré, ses cheveux
bruns légèrement plaqués en arrière et ses tatouages... Oh mon dieu ! Ses
tatouages lui donnent un air de Bad boy qui me fait fantasmer.
Dieu qu’il est sexy ! Ça devrait être interdit par la loi d’être aussi attirant ! Ça va
m’attirer des ennuis !
Discutant avec ses frères, à quelques mètres de moi, je le scrute discrètement.
Enfin c’est-ce que je crois.
Oups ! Brady me regarde un sourcil relevé, le regard interrogatif.
— Tout va bien ?
Je sens le rouge me monter aux joues. Ai-je été griller en flagrant délit ? Je lui
souris comme une idiote en lui faisant un signe de tête style de rien. Un peu plus
et j’avais un procès au cul. Greyson a ce je ne sais quoi, qui depuis quelques
temps me fait palpiter mon entre jambe. Et ça, c’est plutôt étrange et
inconcevable. Je ne devrais pas ressentir cela. Mais je n’y peux rien, je ne
contrôle pas mes pulsions sexuelles. En tout cas, pas quand il est là.
L’après-midi touche à sa fin. Nous avons passé une très agréable journée en
famille. J’ai failli perdre la vue mais je me suis régalée. L’heure est venue de
rentrer.
Je rassemble nos affaires dans le couloir de l’entrée et je cherche désespérément
mon sac à main. Il y a tellement de vestes et d’affaires sur les portes manteaux
que je n’arrive pas à mettre la main dessus. Bon sang de bonsoir ! Je me retourne
agacée un peu trop rapidement lorsque je fais face à Greyson. Surprise de le
sentir si proche, je recule d’un pas instinctivement. Lui ne bouge pas. Il me
regarde intensément dans les yeux, l’air sévère. Qu’est-ce qu’il me veut ?
Je suis instantanément troublée. J’avale ma salive difficilement. Un court-circuit
me parcourt le corps en une fraction de seconde. Je sens mes joues s’empourprer
et mon corps s’enflammer sous son regard dominateur.
Mais que m’arrive-t-il bon sang ? Reprends-toi ! Tu pourrais être sa …. Non
quand même pas mais il est bien plus jeune que toi tout de même. Mes
hormones me jouent des tours.
— Allais-tu partir sans me dire au revoir ?
— Non, bien sûr que non. Bafouillais-je. Il a l’air soulagé tout à coup, son visage
se décrispe.
— Tant mieux ! Me rétorque-t-il accompagné de son sourire des plus ravageur.
Mon cœur manque un battement. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je suis
mariée, je ne devrais pas trembler pour un autre homme et encore moins pour
son frère.
— J’attends !
— Quoi donc ? Lui demandé-je surprise par son intonation.
— Que tu me dises au revoir.
— Oh !
Je me rapproche le plus naturellement de lui afin de lui faire la bise et pose une
main sur son avant-bras. Cet homme est fait de muscles. Le moindre centimètre
carré de son corps est dur comme la pierre et parfaitement dessiné. Le simple fait
de le toucher, de ressentir cette virilité sous la paume de ma main me procure
une envie folle de parcourir davantage sa chair, de glisser mes mains sous son
tee-shirt et d’aller explorer ce dieu musclé. Je sens son parfum boisé, mélangé à
son odeur si particulière qui lui est propre m’envahir, pénétrer en moi comme du
venin. Il sent divinement bon. Fait chier !
Nos joues se touchent. Nos corps sont qu’à quelques millimètres l’un de l’autre
et là mon imagination déborde. Je ferme les yeux une fraction de seconde pour
savourer ce contact bien que trop court à mon goût et laisse divaguer mes
fantasmes salaces. Il faut que je me reprenne. On dirait une ado en chaleur !
— À très bientôt j’espère ! Me chuchote-t-il au creux de l’oreille d’une voix de
velours. Sa voix se répercute dans les artères de mon corps jusqu’à ma petite
culotte. Je me mets à frissonner.
Pauvre fille !
S’est-il aperçut de quelque chose ? Il est si entreprenant tout à coup. Si c’est le
cas je suis foutu !
Une fois qu’il s’est retourné, je me rends compte que j’ai cessé de respirer. Je
suis comme envoutée, ensorcelée. Dès qu’il s’approche trop près de moi, je
n’arrive plus à me contrôler. Mon esprit devient fou à lier. Il part dans tous les
sens, dans des endroits où jamais je ne me serais permise d’aller. À son contact,
je perds les pédales. Heureusement pour moi, Brady est parti chercher la voiture.
Il aurait tout de suite remarqué un malaise.
Qu’est-ce que je lui aurai dit ? Je fantasme sur Greyson ! Super, il aurait été ravi
de l’entendre. J’aurai gagné un coup de pied au cul direction la case départ. Il est
hors de question que je perde tout ce que j’aime pour une attirance physique ou
un petit jeu de séduction malsain. Cela ne mènera nul part.
Enfin si, au divorce !
Ce mec est un danger. Beaucoup trop attirant, beau, jeune et arrogant. Du haut
de ses vingt-neuf ans, il est bien trop sûr de lui, provocateur et prétentieux. Cela
doit surement venir de sa passion. Il est devenu boxeur professionnel en
quelques années. Acharné et déterminé, poussé par ses coachs, il a atteint le titre
de champion du monde en quelques années. Adulé par les jeunes femmes, il ne
se prive de rien, loin de là ! Il se vante toujours à qui veut bien l’entendre qu’il
en baise une chaque soir. Très classe vous ne trouvez pas ?
Chapitre 2
Je sursaute lorsque j’entends la porte claquer, enfermée dans mes pensées. Grey
vient de partir sans un mot. Je peux enfin respirer. J’ai l’impression d’avoir
couru un marathon. J ’ai les joues en feux, la peau moite et je suis à bout de
souffle. Je me tiens au rebord du bureau car mes jambes sont comme engourdi et
j’ai la tête qui tourne.
Mais que s’est-il passé ? Que suis-je en train de faire ?
Je secoue la tête afin de chasser mes pensées. Debout devant la baie vitrée, je
contemple le ciel cherchant une réponse à toutes mes interrogations, mais la
seule chose que je trouve c’est une pointe de trahison envers Brady. Il est tout
pour moi, il a toujours su me soutenir dans mes choix et dans les moments
difficiles. Il me réconforte lorsque je me sens lasse et fatiguée. C’est un homme
beau avec beaucoup de charme et je l’aime. Oui je l’aime malgré les apparences
! Brady est un homme élégant, très sûr de lui, toujours tiré à quatre épingles.
C’est un homme séduisant du haut de ses quarante ans.
Je suis tombée sous son charme….tomber !!! j’aurais dû m’en douter ! à la
minute où il a posé les yeux sur moi un soir lors d’un dîner entre amis. Nous
avions passé la soirée ensemble comme si nous n’étions que deux sur terre et
depuis nous ne nous sommes plus quittés. Nous avons fondé une famille, tout
était parfait …… jusqu’à maintenant.
Je caresse du bout des doigts mon alliance. Je suis mariée ! Il ne faut pas que je
l’oublie !
J’ai besoin de me libérer l’esprit. D’oublier un instant mon désir inattendu pour
ce type qui malgré son corps de rêve me tape sur le système. Je n’arrive pas à
comprendre l’attraction que j’ai envers lui. Il est bien trop arrogant et sûr de lui
pour que je puisse du jour au lendemain être attiré comme un aimant. Dès qu’il
est dans les parages, mes yeux se jettent sur lui et ont un mal fou à se décrocher.
C’est plus fort que moi, mon corps le réclame en silence et ma conscience me
hurle de fuir. Si Brady s’en rend compte, on est mort !
J’ouvre une bouteille de vin blanc et m’en serre un verre. La première gorgée
est fraîche et pénètre en moi comme un antidépresseur. Gorgée après gorgée, je
me détends et mon sang se réchauffe. Toutes mes pensées s'envolent, j’oublie
tout et j’en profite pour mettre de la musique. Un air de Calvin Harris m’allège
et m’entraine à faire quelques pas de danse. Je tourne sur moi-même mon verre à
la main, la tête renversée vers le ciel en fredonnant quelques notes. J’aime être
dans cet état d’insouciance là ou tous les soucis n’ont pas le droit d’entrer. Verre
après verre, mine de rien j’ai bien entamé la bouteille. Je suis largement gaie.
Mes pieds ne trouvent plus leur trajectoire correctement et mes yeux sont eux
aussi déstabilisés. Je décide d’aller me coucher, je ne voudrais pas passer pour
une ivrogne.
Accrochée à la rambarde de l’escalier, le palier tangue sous mes pieds. Je pouffe
de rire comme une bécasse complètement pleine. Tant bien que mal, j’arrive à
me traîner jusqu’au lit. Je me vautre tel un phoque sur un banc de sable et
m’enroule dans les draps. Ça tourne bordel ! J’ai la sensation d’être dans le
grand huit ! On appelle cela le deuxième effet Kiss kool ! Je me redresse, cale
l’oreiller de Brady dans mon dos, je suis à la limite d’être assise dans le lit mais
tant pis, au moins la fête foraine est terminée !
Chapitre 3
Enveloppée dans une douce lumière matinale, dans les bras de Brady, les yeux
dans les yeux, je me laisse aller complètement emporté par la vague d’amour qui
me submerge. Un frisson me parcourt tout le corps des racines des cheveux
jusqu’à mes orteils.
— Nom de dieu, c’était quoi ça princesse ?
— Tu m’as manquée ! Je t’aime chéri. Je lui chuchote aux creux de l’oreille.
Il me dégage une mèche de cheveux et me contemple essouffler. Il me caresse le
visage puis m’embrasse tendrement.
Rassasié, il s‘écroule sur le lit. J’en profite pour me redresser.
— Mon dieu ! Je sors du lit d’un bon.
Mince, il faut que je me dépêche. J’ai un rendez-vous avec Mademoiselle
Anderson, une future mariée pour choisir son traiteur ! Lui expliqué-je en
courant sous la douche.
— Tu veux que je te frotte le dos ?
Je souris car sa proposition me plait mais je n’ai plus le temps pour ça. Il faut
que je fasse vite. Une fois séchée, une serviette autour du buste, je me dirige vers
mon dressing pour choisir une tenue légère car aujourd’hui la météo annonce
une chaleur étouffante. Ma petite robe jaune pâle avec de fines bretelles fera
l’affaire. Je l’enfile en vitesse, relève mes cheveux blonds en un chignon
décoiffé, puis retourne à la salle de bain pour me mettre une pointe de
maquillage. Brady est toujours allongé sur le lit, les bras croisés derrière la tête,
il me regarde amusé, un sourire aux lèvres. Il a le drap à peine remontée sur son
entrejambe. Je peux apercevoir le triangle de son bassin si sexy, vous savez le V
au niveau des hanches ! c’est cette partie de son corps qui m’excite tout
particulièrement. Il me nargue, amusé de me voir courir dans tous les sens.
Passant à côté de lui, je secoue la tête, en proie à une envie folle de lui sauter
dessus, il est si sexy et attirant ce matin, nu dans ce lit. Je dois rassembler mes
esprits pour ne pas s’aider à la tentation.
— Arrête avec ce regard ! Lui dis-je avec les gros yeux.
— Quoi ? Qu’est-ce qu’il a mon regard ? Me répond-t-il en faisant la moue, ce
qui lui donne un air faussement innocent.
— Ne fais pas ça !
Il éclate de rire. Je m’approche du lit et l’embrasse tendrement.
— Je dois y aller chéri ! Je le préviens dans un soupir de frustration. J’ai
tellement envie de rester au lit avec lui.
— Reviens vite princesse, tu me manques déjà !
— Je t’aime chéri à ce soir,
Il me claque les fesses au moment où je me retourne pour partir.
Pas les pattes monsieur !
— Humm, j’aime ce petit cul !
Je souris puis je quitte la maison légère et comblée.
L orsque nous arrivons au lac, la fête bat son plein, les cris des enfants
résonnent dans l’allée et l’on peut aussi entendre quelques discussions
entre adultes.
Ça sent l’herbe fraîchement coupée et l’odeur du barbecue me chatouille le nez.
Angoissée depuis ce matin, je n’ai rien pu avaler alors je ne vous raconte pas,
mon estomac gargouille comme un dragon.
Je ferme les yeux un instant et inspire profondément pour tenter de détendre les
muscles de mes épaules. Brady lui, arbore un sourire joyeux à l’idée de passer la
journée à siroter des bières et à plonger dans le lac pour se rafraîchir de cette
chaleur insoutenable. Aucun nuage à l’horizon me laisse espérer avoir un peu
d’ombre. Décidément rien ne va dans mon sens, je vais rougir comme une
tomate.
Sur la pelouse, plusieurs couvertures sont déployées sur lesquelles sont installées
mes belles sœurs qui se dorent la pilule. Les hommes jouent aux boules dans un
coin spécialement dédié aux concours de pétanques, pendant que certains
s’occupent du barbecue. L’ambiance est conviviale et chaleureuse comme
d’habitude.
Derrière mes lunettes de soleil, je n’ai aucun mal à le repérer. Affalé sur une
chaise longue une bière à la main, il rit à gorge déployée avec l’oncle Sam. Je
serre les dents afin de masquer ma nervosité car Brady m’a passée un bras autour
du cou lorsque nous remontions l’allée gravillonnée et je ne veux pas qu’il
s’aperçoive de quoi que ce soit.
Mon dieu, pourquoi n’ai-je pas la grippe ou une pneumonie. Quelque chose qui
me cloue au lit plutôt que d’être ici !
La panique s’empare de moi un instant, mais après une inspiration profonde
mais discrète, je reprends le contrôle Je peux affronter cette journée qui
s’annonce stressante et haute en émotions !
— Tiens, vous voilà enfin les amoureux ! s’exclame la mère de Brady.
Elle arbore un magnifique chapeau en paille et des lunettes de soleil rétro qui lui
vont à merveille.
— On attendait plus que vous, tout le monde est là ! Rajoute son père.
— Bonjour maman ! Salut Brady en la serrant contre lui.
— Salut papa !
— Ça me fait plaisir de te voir ! Me déclare son père en me prenant dans ses
bras.
Je lance quelques formules de politesse.
— Bonjour Martine vous êtes radieuse !
— Oh merci ma chérie, tu es trop gentille !
— Aller venez par ici, tout le monde vous attend !
Après avoir parcouru quelques mètres sur la pelouse, Brady est alpagué par ses
neveux pour faire une partie de volleyball, il n’a pas le temps de dire ouf que les
petits l'ont entraîné de force vers le filet.
— Allez tonton, viens jouer avec nous ! Allez viens !
Pierre lui tire sur le bras comme un petit singe.
—Ok ! Je viens les enfants mais une partie seulement car je n’ai même pas eu le
temps de dire bonjour à tout le monde !
— Vas- y chérie, je te rejoins dans cinq minutes ! M’assure-t-il avec un clin
d’œil.
Je me retrouve donc seule pour affronter toute la famille. Génial !
Je fais le tour du côté des tables saluant les tantes, les cousins, les cousines puis
je vais en direction de mes belles sœurs allongées sur la pelouse. Après plusieurs
bises et d’accolades, j’y suis ! Ça y est j’ai fait tout le tour il me reste plus que
l’oncle Sam et Greyson, impossible de ne pas y aller, ça serait très mal poli de
ma part et suspect ! Allez, respire profondément et affiche un air décontracté, tu
peux le faire !
En me voyant arriver, un sourire diabolique se dessine sur son visage. Il porte
des lunettes de soleil aviateurs et est bien évidemment vêtu que d’un seul et
unique short en toile. Comment voulez-vous que je résiste ? Sa peau est
recouverte d’une fine couche d’huile solaire et ses muscles se dessinent sous le
reflet du soleil. Il incarne l’arrogance en personne mais encore plus un dieu grec
ultra sexy...Mon dieu aidez-moi, je vous en supplie ! Faites tomber de la neige en
pleine été …. ou une tornade je n’en sais rien mais il faut qu’il se rhabille !
Je parcours les quelques pas qui nous séparent en quelques secondes. Plus je
me rapproche moins je contrôle. Mon corps, mes jambes sont en coton et j’ai un
nœud à l’estomac. J’ai plaqué mon sourire commercial pour ne pas perdre la face
mais c’est loin d’être suffisant. Heureusement l’oncle Sam m’accueille les bras
grands ouverts. Pour son âge, environ une soixantaine d’années, il est plutôt pas
mal non plus, les cheveux poivre et sel, une barbe de trois jours et des yeux d’un
vert émeraude qui n’en laisse pas une seule indifférente. Il n’est pas très grand
pour un homme mais il a ce je ne sais quoi que les femmes adorent ! Peut-être
son petit côté Richard Gere ou Alain Delon, allez savoir !
— Tiens voilà la plus belle ! S’exclame l’oncle Sam avec son petit clin d’œil
complice.
Il me serre dans ses bras puis me fait une bise sur la joue. J’en fais de même.
— Bonjour oncle Sam, ça me fait plaisir de te voir, ça faisait un bail dis donc !
— Ah oui je sais ma petite chérie mais que veux-tu les affaires, ça prend
beaucoup trop de temps et comme on dit « le temps c’est de l’argent ». Rit-il en
se rasseyant sur sa chaise longue.
— Salut Greyson ! Lui dis-je d’un ton le plus neutre qu’il soit.
— Bonjour Charlotte, comment vas-tu depuis ……il laisse sa phrase en suspend
durant quelques secondes, ce qui me parait une éternité puis il continue… .la
dernière fois que l’on sait vu ? Il a insisté sur la fin de sa question. Je pensais que
tu ne viendrais pas aujourd’hui !
— Et pourquoi donc ?
— Tu ne m’avais pas dit que tu avais beaucoup de travail en ce moment et que tu
étais surbooké ? Me lance-t-il, certainement pour me déstabiliser.
Quel culot ! Il ose faire allusion à sa visite surprise de la dernière fois à mon
bureau ! L’oncle Sam nous regarde amusé, personne ne se doute du petit jeu
qu’il manigance. Je ne peux pas lui dire d’aller se faire foutre alors je ravale ma
salive et je lui réponds :
— Et bien désolée de te décevoir Greyson mais je suis venu !
— Ne sois pas désolée Charlotte, c’est toujours un plaisir de vous …. Voir ! Tu
le sais bien ! Me rétorque-t-il calmement après une gorgée de sa bière.
— Et bien dans ce cas tout va bien ! je vous abandonne messieurs, je vais aller
me servir un verre ! À tout à l‘heure.
Je me retourne et pars en direction du bar les dents serrées. J’ai vraiment besoin
de quelque chose de frais et de corsé pour attaquer ce week-end à la con. Il est si
insolent, il me met les nerfs à rude épreuves et pourtant il allume en moi cette
petite flamme que je cherche à piétiner de toutes mes forces.
Je sens son regard même de dos. Si ça continu ainsi, tout le monde va le
remarquer. Je dois l’éviter absolument tout le reste de la journée.
Je me sers un mojito et trinque seule à mon bordel sentimental puis pars
encourager Brady à sa partie de volley-ball, au moins il n’osera pas venir faire
des sous-entendus sous le nez de son frère, enfin je l’espère !
L’après-midi s’est passée sans encombre, j’ai passé mon temps à jouer à cache-
cache pour éviter de me retrouver en sa compagnie.
Le soleil commence à se coucher, il y a une magnifique couleur orangée dans le
ciel parsemé de quelques nuages blancs, la chaleur a laissé place à une petite
brise fraîche très appréciable et les enfants continuent de jouer soit au foot, à
chat perché ou à trappe trappe. Beaucoup sont repartis, tout le reste de la famille
est occupé à bavarder ou à tout simplement se détendre.
Brady lui s’est assoupi sur une chaise longue après avoir bu plusieurs verres et
surtout après plusieurs parties de foot. Il adore les enfants. Dès qu’il le peut, il
joue avec eux, il lui est impossible de leurs dire non. On dirait un vrai gamin. Et
voilà le résultat. Une épave vautrée sur un transat.
Après une journée comme celle-ci, j’ai besoin de me rafraîchir le visage. Je me
dirige donc à l’étage en direction de la salle de bain du haut car ceux du bas sont
condamnées. Le petit Pierre a encore fait des siennes en jetant tout un rouleau de
papier toilette dans la cuvette, résultat : WC bouché.
La maison est silencieuse et calme. La journée a été mouvementé pour tout le
monde et nous sommes tous HS. Je m’avance dans ce long couloir menant à
l’étage quand je l’aperçois en haut de l’escalier, pensif, le visage fermé. Il est
adossé au mur les mains dans les poches de son short. L’étage est dans
l’obscurité, il n’a pas allumé la lumière, seul le couché de soleil éclaire son
visage.
Que fait-il dans la pénombre seul ? Quoi qu’il en soit, je me retrouve nez à nez
avec lui. Je le surprends car il sursaute légèrement mais semble rassuré que ce
soit moi. Il me regarde dans les yeux comme si plus rien d’autre autour de lui
n’avait d’importance, moi seule l’intéresse. Je le vois à l’intensité de son regard,
ses yeux couleur noisette devenus plus sombres me scrutent de la tête aux pieds.
Dois-je faire demi-tour ou tenter le diable ?
Mon cœur se met à battre plus fort dans ma poitrine à l’idée d’être seule avec lui
dans l’ombre. Il n’y a que lui et moi dans la maison, tout le monde est dehors.
Que dois-je faire ?
La tentation est à portée de main, juste là en haut de cet escalier.
Juste lui et moi !
J’avale ma salive difficilement, ma main tient la rampe fermement. Je sens mes
jambes me faire faux bon alors je me cramponne tant bien que mal. Je monte
marche par marche en regardant mes pieds afin d’éviter son regard si perçant. Je
sais, enfin je sens au fond de mon être que je marche sur un fil suspendu à
plusieurs mètres de hauteur et que lui est le vent qui peut me faire basculer dans
le vide. J’ai toujours marché sur ce fil sans jamais regarder en contrebas,
toujours droit devant moi sans aucun vent pour me faire chavirer. Mais un vent
chaud et nouveau vient se glisser sur ma peau. Je résiste tant bien que mal à
garder mon équilibre mais le vent redouble d’intensité chaque jour.
Grey ne bouge pas d’un millimètre lorsque je passe devant lui. Je sens juste son
parfum boisé flotter dans l’air. Il sent divinement bon, cette odeur va me hanter
jusqu’à la fin de mes jours !
Sans un mot il me laisse passer. Mon cœur tambourine dans ma poitrine à un
point ou je me demande si cela ne se voit pas à travers mon haut. Il me scrute
des pieds à la tête. Mon corps est devenu brûlant sous son regard, il m'envoûte
littéralement. Je n’avais jamais ressenti ça auparavant, une attirance aussi forte et
aussi dangereusement interdite pour un autre homme. Je marche droite comme
un I, droit devant moi avec un seul objectif lui échapper. Je retiens mon souffle
jusqu’à ce que je referme la porte de la salle de bain derrière moi. Un long soupir
de soulagement s'échappe. Je fais les cents pas dans cinq mètres carrés. Je crois
même que le plancher s’affaisse sous mes pieds tellement je piétine. J’ai chaud,
terriblement chaud, mon corps est en ébullition. Je me cramponne au lavabo et
me regarde dans le miroir. Je suis rouge écarlate. Est-ce dû au soleil ou à
Greyson ? Une bonne partie due à ce soleil de plomb je pense mais pour être
franche, j’ai plutôt le corps en ébullition à cause de cet homme ultra sexy et
dangereux qui me nargue dans le couloir.
Bon détend toi, respire. Il sera parti quand tu sortiras !
Lorsque je sors enfin après dix bonnes minutes à me passer de l’eau fraîche sur
le visage pour lui redonner une couleur plus naturelle et à tenter de reprendre le
contrôle sur moi-même, il n’y a plus personne sur le palier.
Ouf, Sauvée ! Je suis en partie soulagée d’avoir échappé à la tentation. J’avance
sur le palier en direction des escaliers pour redescendre, la moquette amortie mes
pas, quand tout à coup je sens une main ferme me retenir le poignet. Mon cœur
cesse de battre dans la seconde. Il fait sombre, je ne l’ai pas vu. C’est lui !
Aucun doute là-dessus, ça ne peut être que lui. Il a le parfum du péché et la main
du diable.
— Attends, il faut que je te parle Charlotte !
Je suis clouée au sol, pour je ne sais quelle raison mais mon corps ne m’obéit
plus et pourtant c’est le moment où je dois soit fuir à toutes jambes ou garder le
contrôle. Oh oui, je me dois de garder le contrôle. Je suis une femme mariée et
respectable.
Je ferme les yeux une fraction de seconde, prie tous les dieux de me venir en
aide. Qu’ils m’envoient une météorite, un tremblement de terre, je ne sais pas,
quelque chose pour me distraire de cet homme follement attirant.
J’inspire profondément puis je lui fais face.
— Que veux-tu Grey ?
— Toi. Me chuchote-t-il d’une voix de velours.
— Es-tu devenu fou ou quoi ?
— Je vois bien que tu n’es pas insensible à mon regard. Je te veux Charlotte par
n’importe quel moyen mais je t’aurais un jour ou l’autre !
— Arrête ! Ne joue pas à ça avec moi, s’il te plait ! Lui rétorqué-je sans aucune
conviction dans la voix. Ma raison me crie d’être plus ferme mais je n’y arrive
pas. Je ne suis pas crédible.
— Je ne joue pas, c’est plutôt à toi d’arrêter de refouler tes désirs. Regarde toi
Charlotte, tu fonds littéralement lorsque nos corps se frôlent, ta respiration
s’accélère lorsque mes yeux se pose sur toi. Je t’obsède …avoue le Charlotte !
Tu ne peux pas me résister, pas plus que je ne peux te résister.
— C’est faux ! Lui murmuré-je sur la défensive. Ma conscience hurle : je te
veux ! Si seulement je pouvais l’étrangler celle-là ! GRRRR !!!!
Grey passe ses mains de chaque côté de mon visage sans me quitter des yeux.
Non ne fait pas ça ! Je t’en supplie arrête ! Je suis comme ankylosée. Mon esprit
me crie de partir, de le repousser, de stopper ce qui est en train de se passer mais
je n’en fais rien, j’en suis incapable. Je ne dis pas un mot. Ses mains sont si
grandes et larges à la fois que j’ai la sensation qu’elle m’enveloppe. Je le regarde
dans les yeux magnétisée par la beauté de ses traits. La terre s’arrête de tourner.
Plus rien n’existe. Je suis prise au piège !
Juste lui et moi !
Il se rapproche encore plus près. Je suis à quelques millimètres de ses lèvres, de
son corps, celui sur lequel je fantasme depuis des jours, voir des semaines. Oh
mon dieu ! Comment résister ?
Je pose mes mains sur son torse nu, fébrile. J’ai une envie folle depuis que je
suis arrivée ce midi de toucher sa peau dorée au soleil, de sentir sous mes doigts
ses muscles contractés. Je sens son cœur battre sous ma paume. Il bat aussi vite
que le mien. Nos respirations se font plus intenses et nos souffles se mélangent
puis ses lèvres viennent à la rencontre des miennes. A ce contact si doux et si
tendre à la fois, je me sens au bord de l’évanouissement. Mon désir me consume
toute entière. Je vais finir en cendre. Nos langues jouent à se chercher, à se
frôler. C’est bon de le sentir, de le goûter enfin après tant de frustrations et de
retenu. Il grogne dans ma bouche.
— Charlotte ! Bordel !
Je sens son érection contre mon bas ventre. Il bande dure sous son short. Il me
parait énorme. Un grondement sourd lui échappe encore. Nos baisers se font plus
intenses, plus torrides. Je perds pied. Je ne contrôle plus rien. Il me mord la
lèvre. Je lui glisse les doigts dans les cheveux pris dans l’engrenage d’une
passion fulgurante. Je me laisse complètement aller contre lui, j’en oublie le
reste du monde.
Il me pousse, me fait reculer tout en continuant de me dévorer la bouche. Ses
mains se baladent sur mon corps, je suis à bout de souffle. J’ai la petite culotte
en feu. Appelez les pompiers ! Il me plaque contre une porte puis l’ouvre avec
fracas. Nous entrons dans une pièce obscure. Il la referme avec son pied puis
sans aucune douceur, il me jette sur le lit. Sa respiration est forte et rapide. Je
suis excitée comme jamais. Il me regarde intensément l’air sauvage marqué sur
le visage. Il se rapproche et me recouvre de tout son corps pour m’embrasser de
nouveau. Seules nos respirations se font entendre. Il passe ses mains sous ma
jupe et me caresse les cuisses. Je n’en peux plus, je suis en train de devenir folle
et je fais n’importe quoi. Il me mange littéralement la bouche, le cou et les
épaules. Il me goûte, il me sent. Il m’attrape les poignets d’une main et me les
placent au-dessus de la tête, les tenant fermement. De l’autre, il remonte ma robe
le plus haut possible sans ménagement. Il me tient solidement en place. J’ai le
sentiment qu’il ne veut pas que je m’en aille, que je lui échappe. Il prend le
contrôle de mon corps, je lui laisse les commandes car de toute évidence, j’ai
perdu la raison. Mais ce n’est pas lui qui va me remettre sur le droit chemin.
Tout va si vite que je n’ai pas le temps de penser à quoi que ce soit si ce n’est
mon envie de me faire prendre. Je me cambre contre son sexe pour l’inciter à
continuer. Je ne me reconnais pas. Nous n’avons pas toute la nuit et j’ai
tellement envie d’assouvir ce fantasme avec lui que je le supplie. Ces mots
sortent de ma bouche sans que je le veuille vraiment.
— Prends moi Greyson !
— C’est bien ce que je compte faire.
Il glisse ses doigts sous l’élastique de ma culotte et l’enlève avec agilité.
J’écarte les cuisses, enroule mes jambes autour de ses hanches pendant qu’il me
mordille un de mes tétons à travers mon soutien-gorge en dentelle. Je suis au
bord du gouffre, je renverse la tête en arrière. J’inspire profondément et me mord
la lèvre inférieure pour ne pas crier.
— Retournes toi ! M’ordonne-t-il d’une voix grave.
Je m’exécute sans attendre, mon excitation est à son maximum. J’aime être prise
de cette façon. J’aime être dominée.
Je me retourne et lui offre mes fesses. Un grondement sourd lui échappe. J’ai le
sexe trempé prêt à l’accueillir. J’enfouis mon visage dans le matelas et cambre
les hanches pour lui donner un meilleur angle. Il caresse la croupe de mes reins,
l’arrondi de mes fesses en chuchotant mon nom.
— Charlotte …Je vais te baiser comme jamais !
Ses mots entrent en moi et font exploser mes hormones. J’entends la fermeture
éclair de son short, un frisson me parcourt l’échine quand soudain, un bruit se
fait entendre à l’étage et me fait sursauter. Il fait noir dans la chambre, mais
quelqu’un pourrait nous surprendre.
Sans un bruit, sans bouger, le cœur battant la chamade, nous attendons que le
bruit s’estompe. Je suis tétanisée. Imaginez si Brady ouvre la porte ? Nous la
regardons en silence figés. Grey a toujours les mains sur mes hanches, il me
maintient. Légèrement essoufflés par le feu de l’action, nous restons là sans oser
faire le moindre mouvement.
Prise de panique, je le pousse légèrement et me retourne sur le lit. Je redescends
ma robe en vitesse et cherche ma culotte à tâtons. J’abandonne, il fait noir et je
n’arrive pas à mettre la main dessus.
On se regarde longuement sans dire un mot puis je ferme les yeux confuse et
honteuse à la fois. Je laisse mon front reposer sur son ventre dans un soupir.
Grey m’effleure la joue, me serre délicatement dans ses bras avant de me donner
un baiser sur les cheveux.
Nous restons là un instant, blottis l’un contre l’autre le temps de reprendre nos
esprits complètement perdus.
— Mais qu’est-ce qu’on fait ? Je marmonne.
— Chut …
— Je suis désolée, je n’aurais pas dû ! Enfin ……nous n’aurions pas dû faire ça
Grey. Je réplique tout bas en essayant de capter son regard dans l’obscurité.
Je me détache de ses bras, le contact de mes mains sur sa peau se rompt. Je suis
complètement déboussolée. J’ai envie de fuir loin de lui tout à coup. D’oublier
tout ce qui vient de se passer.
Je me répète en boucle : Pourquoi ai-je fais ça ? Pourquoi ? Pourquoi ....
— Ne dis pas ça Charlotte. Je t’en prie, nous n’avons rien fait de mal. Nous
avons juste ………il cherche ses mots. On s'est juste embrassés, rien de plus !
Personne n’en saura rien ne t’inquiète pas !
— Encore heureux ! Ma vie serait fichue, je perdrais tout ! La colère s’immisce
dans mes veines comme de la lave. La réalité me frappe quand je retrouve mes
esprits. Je viens d’embrasser Greyson, de trahir Brady, de lui être infidèle. Mon
dieu, quelle horreur !
— ça ne se reproduira pas ! C’est clair ? J’ai une vie de famille et j’aime Brady
par-dessus tout. Tu m’entends Grey ? C’était une erreur, une très grosse erreur !
Tout est de ta faute !
Il ne bouge pas, il me regarde étonner. Ma réaction le surprend
Si lui ça ne le dérange pas de trahir son frère, moi ça me dérange ! Je sais que
c’est un connard fini, qu’il ne peut pas s’empêcher de faire chier son monde
mais tout de même !
Je le pousse violemment pour qu’il me laisse me relever.
— Ne t’en va pas Charlotte, je t’en prie reste un instant. Calme-toi !
Je ne l’écoute plus, je suis en colère contre lui, contre moi contre toute cette
histoire tordue. Je le laisse en plan, je sors de la chambre en trombe, peu importe
s’il y a quelqu’un sur le palier, j’ai besoin de prendre l’air et de partir au plus vite
de cette maison.
Je suis toute déboussolée. Je vais directement réveiller Brady sans réfléchir. Je
ne peux pas rester ici une minute de plus. C’est au-dessus de mes forces.
J’invente une insolation pour pouvoir partir. Je m’accroupis près de Brady et lui
chuchote gentiment à l’oreille la voix vacillante :
— Chéri réveille-toi s’il te plaît, je ne me sens pas bien, on peut rentrer ?
Il sort péniblement de sa sieste. Il s’étire et me regarde avec ses yeux encore tout
endormis. Il me caresse le visage du revers de sa main doucement. Je suis à deux
doigts de me mettre à pleurer.
— Tu as la peau toute chaude ! On y va ne t’inquiète pas, je vais conduire tu
pourras te reposer en route, va chercher tes affaires !
— Merci, on se rejoint devant la voiture ! Je le préviens.
— Vas-y, je te rejoins.
Je rassemble nos affaires vite fait et pars à la voiture sans calculer personne.
J’attends Brady dans la voiture, une boule se forme au milieu de ma gorge, j’ai
envie de pleurer, de hurler. Je suis en colère. Je viens de tromper mon mari, dans
sa maison avec son frère, mais quelle salope je fais ! Il faut vraiment être une
garce pour faire une chose pareille ! énervée je frappe mes cuisses avec mes
poings de toutes mes forces pour tenter d’évacuer tout mon dégoût avant que
Brady n’arrive. J’espère juste qu’il ne va pas remarquer mon malaise.
Je l’aperçois au loin dans l’allée, il marche d’un pas rapide. Je prends une longue
inspiration mais ma gorge est tellement serrée qu’elle me fait mal.
Une fois dans l’habitacle, il se penche vers moi mais je ne peux pas, c’est au-
dessus de mes forces. Je tourne la tête vers la vitre. Je ne voudrais pas qu’il sente
l’odeur de son frère sur ma peau. Il me dépose malgré tout un baiser sur les
cheveux et me replace une mèche de cheveux délicatement derrière l’oreille. Je
serre les dents pour ne pas craquer, je ne peux pas lui dire, impossible de tout
avouer j’en mourrais si je le perdais.
— On rentre mon cœur, repose-toi un peu, on en a pas pour longtemps !
— Ok.
Il démarre la voiture puis prend la direction de la maison. Un silence de plomb
s’installe ce qui me rend encore plus nerveuse car mon cerveau rumine. C’est
l’horreur ! Je me repasse en boucle cet instant ou Grey m’a embrassé comme un
fou. J’ai le sentiment d’avoir été marqué au fer rouge par ce mec. Mais ça me
déchire le cœur de ressentir cela. Je ne dois pas avoir ce sentiment pour lui.
Chapitre 5
Lorsqu’elle croise mon regard, elle baisse immédiatement les yeux vers son
clavier, je lance des éclairs ! Vaut mieux ne pas se frotter à moi pour la journée !
Je fais les cent pas dans mon bureau, je me masse les tempes pour tenter de
dissiper une migraine naissante, mille questions s’entrechoquent dans ma tête.
Quoi faire ? Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il veut ? Dois-je ignorer son petit jeu
malsain ?
J’ai déjà tellement de mal à oublier ce qui s’est passé, à l’oublier. Il va vraiment
me rendre folle !! Je peste seule les poings serrés par la colère.
On frappe de nouveau à la porte, je sursaute bien trop occuper dans mes pensées.
— Oui ! Je m’écris.
Clara pointe doucement le bout de son nez puis m’annonce tout bas :
— Votre déjeuner !
Elle tend le bras sans oser pénétrer.
— Ah oui merci Clara, entrez s’il vous plaît ! Lui demandé- je plus calmement,
posez-le là et écoutez-moi !
Il faut que je trouve une explication rationnelle à mon geste car elle m’a vue
jeter le bouquet. Au cas où Brady viendrait me rendre visite et qu’elle ai la
langue un peu trop pendue, je dois prendre les devants !
— Je vous dois des explications pour tout à l’heure !
— Heu…. Mais non vous faites ce que vous voulez de vos affaires cela ne me
regarde absolument pas ! S’exclame-t-elle gênée.
— Écoutez, je pensais qu’elles venaient de Brady mais non !
Allez vite, vite un prétexte par pitié!!!
Un inconnu me harcèle depuis quelques temps.
Super …. Comme idée, nous voilà embarquer dans un polar !
— Oh ! Dit-elle étonnée.
— Par contre personne n’est au courant, même pas mon mari. Je compte sur
vous pour garder le secret, c’est bien clair ? un seul de mes regards suffit ! Brady
deviendrait fou s’il savait et je ne veux pas qu’il s’inquiète, c’est juste un
imbécile qui s’amuse, rien de plus !
— Mais …vous êtes sûr ? Il faudrait peut-être en avertir la police non ?
— Non !! Surtout pas Clara. Je vois bien dans ses yeux qu’elle panique, j’y suis
allée un peu fort avec cette histoire d’harceleur, quelle idiote !! Mais bon
maintenant je n’ai plus le choix j’assume !
Je gère la situation, pas de panique, ce n’est pas grand-chose quelques fleurs par
ci par là. On ne va pas en faire tout un plat !
— D’accord comme vous voudrez, je tiendrais le secret, c’est promis ! Mais s’il
vous arrive quelque chose je dirais tout à la police ! M’avertit -t- elle sèchement.
— Bien évidemment Clara, seulement en cas d’urgence !
De toute évidence, il ne m’arrivera rien donc, il me reste plus cas prier pour
qu’elle garde le secret.
L’incident plus ou moins réglé, je dois maintenant me charger de Grey, mais
comment ? Ignorer ses avances ou lui dire d’aller se faire foutre ? De tout
évidence il n’a pas compris ce que je lui ai dit. Je prends mon téléphone dans le
tiroir de mon bureau puis tape :
[VA TE FAIRE FOUTRE]
Je ne quitte pas mon écran des yeux, stresser j’attends une réponse, de longues
minutes s’écoulent lorsqu’enfin j’entends un bip qui me signale un message.
[Tu n’aimes pas le rouge ?]
Mais il se fout de moi en plus !! Je suis à bout de nerfs, il joue avec moi comme
avec une marionnette et ça, ça ne me plait pas du tout. Les mains tremblent par
la colère je tape un second message.
[Je n’aime rien venant de toi ! Arrête ce petit jeu tout de suite ! Nous n’aurions
pas dû aller si loin.]
[Pourtant ce n’est pas ce que j’ai ressenti la dernière fois que nos lèvres se sont
touchées.]
Nom de dieu ! Bon ok, je me suis laissée aller. Je n’aurais jamais dû. C’était une
grossière erreur. On en fait tous non ?
A ce souvenir, je ferme les yeux un instant. Je sens encore son goût sur mes
lèvres. La tension qu’il y a eu entre nous ce soir-là, cela voulait forcément dire
quelque chose ? OUI ! …que tu rêves qu’il te baise, BÉCASSE !!
Je secoue la tête énergiquement pour effacer mes pensées.
Comment vais-je faire pour qu’il cesse ce manège avec moi ?
[Arrêtes Greyson ! Qu’est-ce que tu veux à la fin ?]
[TOI !] Finit-il enfin par m’avouer.
[Il en est hors de questions ! Maintenant STOP ! Lâche-moi !]
[Jamais ! Je te veux et je t’aurais !]
Sur ces mots, je sens un frisson me parcourir l’échine. Mon corps répond pour
moi, mais la raison me crie tout le contraire. Ce sentiment de possessivité
m’excite malgré moi. Il est devenu fou, c’est impossible. Fatiguée de lutter, je ne
renvoie pas de réponse. Je lui ai dit ce qu’il en était. Je verrais bien par la suite
l’évolution ou non de cette histoire, si toutefois il est question d’une histoire.
Malgré tout je ressens le besoin d’aller lui dire en face que je ne veux plus le
voir et qu’il arrête son petit jeu.
Mon portable sonne de nouveau, je pense sur le coup que c’est encore lui mais je
m’aperçois que c’est Brady. Je décroche le cœur battant.
— Chéri ! Comment tu vas ? Tenté-je de dissimuler ma gêne à l’autre bout de la
file.
— Bien et toi ma princesse ? M'interroge-t-il d’une voix plutôt enjouée.
— Je suis en train de déjeuner à mon bureau, je n’ai pas une minute à moi
aujourd’hui et toi que fais-tu ?
— Et bien, je viens de finir de déjeuner avec Greyson. Nous sommes allés
manger dans une petite brasserie dans le coin.
Mon cœur fait un bon de trois mètres en entendant son nom. Je n’arrive même
plus à parler. Heureusement Brady continue son monologue.
Égal à lui-même tu sais, toujours aussi arrogant. Il n’a pas arrêté de draguer la
serveuse, je te jure il me tue. Il ne grandira jamais mais il était tout de même
étrange.
— Pourquoi ? M’empressé-je de lui demander nerveuse.
— Il m’a demandé plusieurs fois si tu allais mieux, si on avait passé une bonne
journée. C’est bizarre de sa part, tu ne trouves pas ?
La panique me gagne, je ne sais pas quoi lui répondre.
Tu es toujours là princesse ?
— Oui, oui chéri, et bien je ne sais pas quoi te répondre, il mûrit peut-être ? Il
s’inquiète pour nous, voilà tout ! Que lui as-tu répondu ?
— Ce n’est absolument pas son genre de s’inquiéter. Je lui ai dit que tu avais dû
attraper une insolation mais que tout était rentré dans l’ordre. Je ne me suis pas
attardé là-dessus. Vers quelle heure comptes-tu rentrer ?
— J’ai encore quelques rendez-vous, je t’appelle quand je pars du bureau si tu
veux ?
— D'accord princesse à ce soir, fais attention à toi. Je t’aime.
— À ce soir chéri.
Je raccroche encore abasourdie par ce que je viens d’entendre. Il a déjeuné avec
Brady tout en m’envoyant des messages personnels sous son nez ? Comment
fait-il ça ? Je décide de me rendre chez lui directement.
Une fois les bureaux fermés, je monte dans ma voiture puis file en direction de
chez Greyson. Je ne sais pas ce qui me prend de faire ça, mais il a été trop loin. Il
joue avec mes sentiments et je ne veux pas lui laisser l’opportunité de mener la
partie. Je me gare devant son immeuble, descends de la voiture, rajuste ma tenue
et entre dans le hall. Je ne suis plus très sûr de ce que je fais. Qu’est-ce que je
vais lui dire au final ? J’ai le cœur qui bat tellement fort que ça me fait mal. Une
partie de moi me traite de folle d’être ici car elle sait que je ne me contrôle pas
quand je suis en sa présence et c’est très risqué puis l’autre est tellement en
colère part son geste et son arrogance qu’elle veut lui dire ses quatre vérités en
face. Je ne suis pas certaine du résultat mais je me décide à prendre l’ascenseur
quand même. J’appuie sur le bouton du septième étages et j’inspire
profondément plusieurs fois pour dissiper mon angoisse. Les portes s’ouvrent, je
m’avance dans le couloir nerveuse. Mes talons sont amortis par la moquette
beige. Je n’entends que ma respiration plus rapide que tout à l’heure.
La porte d’entrée est entrouverte, c’est étrange. Je me demande s’il n’y a pas eu
un cambriolage ou a-t-il peut-être tout simplement mal refermé la porte ? Je me
décide de jeter un œil à l’intérieur. Je ne vois rien d’anormal, j’entends même de
la musique. Je toque doucement mais personne ne répond alors j’entre sur la
pointe des pieds comme si j’allais voler quelque chose et que je ne devais pas me
faire surprendre. Cela m’amuse finalement. Je joue les espions.
Je traverse le couloir de l’entrée. Je fais attention à ne pas faire claquer mes
talons sur le marbre. Je regarde un peu partout à la recherche de je ne sais quoi.
Qui sait, je pourrais trouver des choses compromettantes et je le ferais chanter ou
en tirer profit pour ne plus qu’il m’embête ?
J’arrive au bout du couloir qui donne sur le salon, la musique devient plus forte
en allant que je me rapproche quand mon sang se glace. Je ne peux plus bouger.
J’ai la bouche ouverte horrifié par ce que je vois. Je ne comprends pas pourquoi
mais j’ai mal. Affreusement mal dans la poitrine. Ça ne devrait pas me faire ça,
je ne devrais pas ressentir ça !
Mes yeux se remplissent de larmes sans que je m’en rende compte et pour ne pas
qu’il m’entende je plaque mes mains sur ma bouche. Je veux partir sur le champ,
je veux fuir mais je n’y arrive pas. Mes yeux les fixent et mes jambes sont sur le
point de me lâcher. Je me tiens au mur, cachée dans le coin de la porte du salon.
Je ne sais pas pourquoi je m’inflige une telle scène. Pourquoi je reste planter là à
les regarder baiser comme des bêtes au beau milieu du salon.
Cette pétasse est à quatre pattes entièrement nue en train de se faire prendre le
cul par ce mec. Il est derrière elle, le pantalon sur les chevilles entrain de la
maintenir bien en place pendant qu’il la pénètre comme un fou. Il est en sueur, sa
peau brille à chaque va et vient dessinant le moindre de ses muscles et fait vivre
ses tatouages. Je les entends gémir, j’entends cette salope l’inciter à aller plus
vite. Je me mords la lèvre pour ne pas leur crier d’arrêter. Pourquoi ça me fait si
mal qu’il baisse une nana ? Je ne suis rien pour lui et il n’est rien pour moi. Il n’a
pas de compte à me rendre, il peut baiser avec toutes les filles de la terre si ça lui
chante mais mon cœur ne l’entend pas de cette manière. Je n’aurais jamais dû
venir !
C’en est trop pour moi quand j’entends cette petite salope prendre son pied. J’ai
le sentiment que l’on vient de m’arracher le cœur. Je me retourne
précipitamment oubliant que je ne devrais pas être là, je bouscule la console
juste derrière moi. Je me tétanise, peur d’être découverte, je tourne la tête dans
leur direction quand mes yeux remplis de larmes croisent son regard. Il a tout
d’abord l’air surpris puis son expression change. La panique se lit dans ses yeux,
il entrouvre la bouche comme pour dire quelque chose mais rien ne sort. Il a l’air
confus et perdu tout comme moi. Je pars en courant en direction de l’ascenseur,
je ne veux plus jamais le revoir. Je cours puis j’appuis sur le bouton de
l’ascenseur plusieurs fois comme si cela aller le faire venir plus vite. Je prie à
voix basse pour que les portes s’ouvrent. Je l’entends m’appeler de son
appartement.
— Charlotte ! Charlotte attend !
Les portes s’ouvrent enfin, je regarde derrière moi par-dessus mon épaule, je le
vois torse nu, vêtu que de son jeans en train de me courir après mais je ne veux
pas qu’il me rattrape. Je me précipite à l'intérieur le souffle court, les yeux
remplis de larmes. Les portes se referment doucement quand sa main stop la
fermeture des portes. Je me colle contre les parois du fond en me tenant à la
rampe.
— Charlotte attend ! S’il te plait ! Me supplie-t-il essoufflé.
— Tu ne me dois aucune explication, c’est de ma faute. Je n’aurais jamais dû
venir, maintenant retourne à tes occupations et laisse-moi partir !
Il se rapproche doucement, il ne m’écoute pas. Il entre dans l’ascenseur et les
portes se referment derrière lui. J’ai un mal fou à reprendre ma respiration. Il est
si beau que je n’arrive pas à me mettre en colère et puis pour quelle raison je me
mettrais en colère ? Ce n’est pas mon mec bon sang !
— Charlotte je t’en supplie, ce n’est pas ce que tu crois !
— Je ne crois rien Greyson, tu fais ce que tu veux.
— Oui mais tu pleures et je sais que ce que tu as vu est douloueux. Laisse-moi te
prendre dans mes bras.
— Ne me touche pas ! Je t’interdis de me toucher !
Il soupire exaspérer par mon comportement mais je ne lâche rien. Je ne veux pas
qu’il me touche car je sais que je ne pourrais plus le lâcher. Son corps si large, si
ferme et musclé me hante depuis des mois alors prise au piège dans un ascenseur
avec lui je ne donne pas cher de ma conduite
— Comme tu veux Charlotte, je ne veux pas te forcer mais essuies ton
maquillage avant de rentrer chez toi. Me nargue t- il un demi sourire aux lèvres.
Les portent s’ouvrent, je le bouscule légèrement pour pouvoir passer et il me
regarde amuser, prendre la fuite.
— À plus Charlotte ! Me crie-t-il dans mon dos.
Je ne relève pas, je suis bien trop mal pour pouvoir articuler quoi que ce soit.
Une fois montée dans ma voiture, je tombe en sanglot. Il me rend dingue. Je le
hais, je le déteste pour tout ce qu’il me fait ressentir.
Une fois écoulées toutes les larmes de mon corps, je me calme, je retrouve peu à
peu la raison qui m’a fait faux bond tout à l’heure. Je me fais une promesse celle
de ne plus jamais repenser à Grey, de ne plus jamais revenir ici et de me
concentrer sur ma vie de famille.
Je ne comprends pas comment j’ai pu en arriver là. Comment ai-je pu me
laisser embarquer dans un tel bordel. Je savais que Grey n’était pas un mec pour
moi et qu’il le sera jamais, qu’il est néfaste pour ma vie de couple. Je
m’attendais à quoi en y allant ? Je décide de mettre un terme à ce jeu malsain.
J’aime Brady, c’est lui l’homme de ma vie. Ce matin même, je lui ai proposé un
week-end en amoureux, je vais tout faire pour recoller les morceaux. Je dois me
recentrer et redevenir la femme exemplaire que j’ai toujours été.
Chapitre 7
L a semaine touche à sa fin. Elle a été un peu difficile mais j’ai tenu le cap.
J’ai repris le contrôle de moi-même. Je ne peux pas avoir un avenir
meilleur si je ne cesse pas de penser à lui.
Nous sommes ce fameux vendredi soir et Brady vient de rentrer du bureau. Je
m’affaire en cuisine pour préparer le dîner. Ça sent délicieusement bon dans
toute la maison. Des tomates sont éparpillées sur le plan de travail, ainsi que des
poivrons verts. Une marmite mijote tranquillement sur le feu. Je suis plutôt
douée en cuisine, sans trop me vanter mais ma grand-mère Simone m’a transmis
ses petites recettes. J’adorais la regarder cuisiner. Plus jeune, je passais mes
week-ends entiers avec elle pour apprendre toutes les ficelles, astuces et secret
de famille afin de concocter de bons petits plats.
Brady plisse les yeux puis affiche un sourire lorsqu’il m’aperçoit. Je porte qu’un
simple petit string noir en dentelle sous mon tablier.
— Humm bonsoir princesse ! Ça sent super bon !
— Bonsoir chéri, merci ! Je le salue sans même relever la tête. J’ai peur de
croiser son regard. Ce n’est pas dans mes habitudes de préparer des petites
surprises de ce genre. Je sens le rouge me monter aux joues. Il se penche sur
moi, se colle dans mon dos puis me dépose de doux baisers dans le cou. Il se
frotte contre mes fesses tout en respirant à plein poumon l’odeur de mes
cheveux.
— C’est toi qui sens bon !
J’ai un sourire en coin mais ne me laisse pas pour autant distraire. Lui par contre,
ne baisse pas la cadence, bien au contraire Il est surexcité. Il a attendu ce
moment avec impatience à mon avis. Il ne va pas tenir très longtemps. Le nez
toujours enfoui dans mon cou, il hume avec délice mon odeur.
Il parsème une pluie de baisers sur mes épaules dénudées. Son sexe raide frotte
contre mon postérieur. La pression est si forte qu’il en grogne.
— Tu me rends fou. Me chuchote-t-il au creux de l’oreille.
— Je vois ça !
Je continue à couper soigneusement les légumes en gardant le plus possible mon
sérieux puis doucement je suis son rythme. Je me frotte contre sa queue. Je me
déhanche du bassin pour l’inciter à continuer.
Brady dépose quelque chose sur le plan de travail. Je n’y prête pas attention, je
suis bien trop occupée à cuisiner bien entendu. Les mains libres à présent, il
passe les bras autour de mon corps puis défait le nœud de mon tablier. Il glisse
les mains en dessous. Sa respiration s’accélère au rythme de nos mouvements.
Le désir monte délicieusement. Brady passe ses mains dans l’élastique de ma
petite culotte puis entreprend le chemin vers mon point sensible.
Je laisse tomber ma tête en arrière contre son épaule, ferme les yeux puis
m’abandonne aux mouvements sensuels de nos corps enlacés.
— Tu es déjà toute trempée ma princesse. Me murmure-t-il d’une voix de
velours.
— Je t’attendais avec impatience.
— C’est-ce que je vois !
Brady enfonce délicatement un doigt entre mes lèvres chaudes et humides puis
fais de lent va-et-vient. J’accompagne son geste du bassin. Je meurs d’envie
qu’il me prenne plus profondément. Une vague de plaisir monte en moi, tout
mon corps est brûlant d’excitation.
La cadence s'accélère. Il en introduit deux.
— Oui chéri ! C’est bon ! Lui susurré-je.
— Tu es magnifique ! Me chuchote-t-il dans un souffle.
Je glisse lenement mes mains le long de ses cuisses à la recherche de sa queue.
J’ouvre sa braguette délicatement puis y glisse une main à l’intérieur afin de
caresser son sexe durci par le plaisir. Elle est douce et ardente sous mes doigts.
Je commence à titiller son gland.
— Humm c’est bon ! Caresse-moi.
Je le prends en main puis le fais monter et descendre tout en douceur. J’ai envie
de le goûter, de la sentir sur ma langue, de la prendre entièrement dans ma
bouche mais Brady ne me laisse aucun répit. Partit à l'assaut de mon clitoris, me
pénétrant de ses doigts, je sens monter en moi un orgasme fulgurant. Une
décharge électrique me fait hérisser tous les poils de mon corps. Il est sans pitié.
Mon sexe se contracte sur ses doigts. Mes orteils se crispent sur le parquet,
j’ouvre la bouche et crie de plaisir :
— Oh mon dieu …Oui chéri. Lorsque j'atteins l’orgasme je suis plaquée contre
son torse, la tête renversée en arrière.
Mes mains se sont agrippées à son sexe comme à une bouée de sauvetage. J’ai le
souffle court et les jambes flageolantes. Je me retourne face à lui pantelante. Il se
lèche les doigts sensuellement en me regardant d’un air satisfait. Je l’embrasse à
pleine bouche. Nos langues se touchent et se mélangent. Mes mains se faufilent
dans sa chevelure et tire dessus légèrement pour qu’il incline la tête. Notre baiser
est rempli de passion et de désir. Je lui embrasse la joue, la mâchoire et continue
dans son cou. Je sème un chapelet de baisers sur sa chemise puis descends
doucement. J’ai envie de lui. Envie de l’aimer. J’ouvre sa ceinture puis son
pantalon. Son sexe se dresse fièrement devant moi. Il sent bon le musc. Je
respire l’odeur de sa queue puis du bout de la langue je la titille.
— Oh ! Oui, continue.
Je joue avec son sexe. Je lui mordille le gland ce qui l’excite terriblement.
Il me passe les doigts dans les cheveux pour m’encourager à le prendre plus
profondément en bouche. Il me donne quelques coups de bassin légers, impatient
de sentir mes lèvres se refermer sur sa queue. Je le suce sans ménagement à
genoux, la tête bien enfouie entre les cuisses. Je fais glisser ma langue le long de
sa verge, léchant les quelques gouttes de sa semence perdue.
— Vas- y princesse, ne t'arrête pas ! C’est trop bon, ta bouche me rend fou ! Me
confit-il entre deux respirations saccadées.
Je continue à le sucer sans relâche, faisant des va-et-vient tout en lui malaxant
les testicules.
Tout à coup, il contracte les fesses puis rejette le bassin vers l’avant. Ses mains
se crispent, il me tient fermement entre ses doigts afin que je ne puisse plus
bouger. Je l’ai tout entier dans la bouche quand il éjacule.
Heureuse et fière de moi, je lève les yeux en me passant la langue sur mes lèvres
rouges et gonflées par la fellation que je viens de lui offrir.
— Ce que tu es splendide dans cette position. Me confesse-t-il d’une voix
rauque.
— Tu n’es pas mal non plus sous cet angle ! Répondis-je en souriant.
Il me relève, me prend le visage entre les mains et m’embrasse avec tant
d’amour que j’en ai le cœur serrer.
Ça faisait un bail que l’on n’avait pas pris du temps pour nous. Entre ses
réunions tard le soir, les déplacements et de mon côté les mariages à gérer le
week-end, nous nous sommes un peu oubliés.
— Place au dessert ! Annoncé-je en me dandinant jusqu’au frigidaire après avoir
mangé notre repas.
— Sais-tu dans quel état tu me mets en te baladant nue sous mon nez depuis le
début du dîner ? Me demande-t-il adosser à son siège, les bras croisés me
dévorent des yeux.
— Non dis-moi ! Je ne comprends pas pourquoi chéri. Ironisé-je la tête dans le
frigo à la recherche de la bombe de chantilly.
— Tu te moques de moi en plus ?
— Je n’oserais pas ! Lui répondis-je faussement outrée de retour dans le salon.
Par contre j’aimerais que tu fasses de la place sur la table pour le dessert. Il est
spécial !
Brady s’exécute. Il pousse l’assiette devant lui, recule légèrement son siège. Je
passe entre ses jambes afin de m'asseoir sur le rebord de la table. Brady lève les
sourcils en signe d’interrogation.
— Que fais-tu ?
Je pose la bombe de chantilly entre ses cuisses. Je mets les mains à plat derrière
mon dos puis fait basculer ma tête en arrière, style femme fatale. J’ai toujours
trouvé cette position incroyablement érotique. J’installe mes pieds sur ses
cuisses et je joue à entrouvrir les jambes. Il gémit. J’ondule du bassin prise par le
flot du désir qui monte encore une fois en puissance dans mes veines. J’ai chaud.
Je le veux en moi. Du bout du pied, je caresse son sexe à travers son pantalon.
Cela le rend fou. Tout son sang se concentre entre ses jambes.
— À quoi tu joues petite coquine ?
Il a de plus en plus de mal à se contrôler. Son regard est plus sombre et plus dur.
Il déglutit péniblement. Je l’excite.
Toujours assit sur son siège, je le vois prendre une longue inspiration, fermer les
yeux une fraction de seconde puis il se lève brusquement.
— Tu veux que je te fasse l’amour ou que je te baise ? Me demande-t-il en
déboutonnant sa chemise avec une lenteur insupportable mais très sensuel. Je
regarde la scène se dérouler sous mes yeux, étourdi par le désir qui me brûle la
peau. Je me lèche les lèvres.
— Tu es si sexy ! Lui chuchoté-je en admirant ce corps viril.
Ça y est, je vais enfin l’avoir en moi. Je veux qu’il me baisse comme un enragé.
Qu’il me possède. Depuis tout à l’heure, j’ai le feu entre les cuisses et cela me
rend folle.
— Alors ? Que veux-tu ?
— Baise moi !
— Allonges toi sur la table princesse, mon dessert vient d’être servi !
Brady secoue la chantilly énergiquement, puis commence à dessiner de longues
lignes blanches sur corps. J’arque le bassin dans un geste de désespoir puis
ferme les yeux, savourant chaque trainer de nuage frais sur ma peau en feu.
— Regarde-moi !
Je me force à ouvrir les yeux. C’est terriblement excitant. Sa langue dévore ma
peau. Je ne tiens plus. Je veux qu’il me remplisse, sentir sa queue me déchirer de
l’intérieur. Il prend un mal à plaisir à lécher mon corps recouvert de cette
substance nuageuse pour me rendre folle.
— Je t’en supplie mange-moi vite ! Lui soufflé-je.
Du bout de sa langue, il commence à remonter ma jambe.
— C’est délicieux sur ta peau.
— Oh oui ! Accélère !
Ses mains caressent chaque centimètre carré de mon corps. Il devient fou lui
aussi, je le sens, je l’entends, sa respiration est saccadée et ses yeux brûlent de
désir.
Son nez effleure mes lèvres trempées.
— Je t’en supplie …
— J’ai terriblement faim.
Pris dans un élan de désespoir, j’essaye de plaquer ma chatte contre son visage.
— Alors qu’est-ce que tu attends ? Je ne tiens plus, prends moi …
Il me regarde, un sourire diabolique sur le visage puis il met fin à mon supplice.
Il me lèche mon intimité comme un affamé. Je prends ses cheveux à pleines
mains pour le coller encore plus fort contre mon sexe. Je veux qu’il me dévore,
qu’il me lèche encore et encore jusqu'à ce que j’en perde la raison,
— Vas-y …. Oui. Mange-moi. C’est trop bon !
Nous sommes au summum de l’excitation. Il baisse son pantalon et son boxer en
un geste rapide puis il me soulève les jambes par les genoux et me pénètre si fort
que j’en perds un cri de surprise.
— Putain, que c’est bon !
— Prend moi fort !
Nos deux corps s’entrechoquent au rythme soutenu qu’il nous impose. Il entre et
sort si vite et si fort que la table ne va certainement pas tenir le choc.
— Nom de dieu… j’y suis, continu ! Dis-je soudain les mains crispées sur le
rebord de la table.
— Vas- y princesse donne-moi tout !
— Oui !!!! Crié-je la seconde d’après.
Je sens mon corps se contracter jusqu’à mes orteils. Mes jambes se cramponnent
encore plus fort à ses reins. Je le veux plus profondément en moi, je ferme si fort
les paupières que lorsque mon orgasme m’emporte comme un ouragan je vois de
multitude d’étoiles.
Il se laisse à son tour partir dans un tourbillon de jouissance. J’attends essouffler
que ses spasmes disparaissent pour le serrer dans mes bras. Nos corps sont
recouvertes d’une fine couche de sueur et de chantilly. Ça sent bon le sexe et la
vanille mélangé.
Je n’en reviens pas, je viens d’avoir un orgasme extraordinaire. Brady m’a fait
l’amour comme jamais, dans un mariage de tendresse et de férocité si excitante
que je ne sens plus mes jambes. Mon dos me fait mal, mais qu’est-ce que c’était
bon, putain !!
Une larme solitaire me coule sur la joue, un mélange de plénitude et de
mélancolie remonte discrètement à la surface. Je comprends à quel point
l’homme que je tiens dans mes bras est l’homme dont j’ai toujours rêvé. Il
comprend chacun de mes désirs, me satisfait amplement et il est sexy au diable.
Je regrette terriblement mon acte. Qu’est-ce qui m’est passée par la tête ?
Pourquoi aller chercher ailleurs quelque chose que tu as déjà ? Je me fais une
promesse de ne jamais recommencer. De tout faire pour tourner la page.
Brady me vole un baiser puis il se relève péniblement. Je m’accroche à lui avec
mes jambes enlacées autour de sa taille. Je pouffe de rire lorsque Brady tente de
marcher avec son pantalon sur les chevilles et moi accrochée à son cou.
— Ne rigole pas princesse ! Ce n’est pas bien de se moquer.
— On dirait un pingouin.
— Avec une baleine accrochée autour du cou alors.
— Comment ça une baleine ?
Brady rigole, je me mets à rire à mon tour. Nous nous affalons sur le canapé,
blottis l’un contre l’autre.
—Tu sais que je t’aime ma princesse ?
— Je t’aime encore plus ! Lui dis-je le cœur lourd. J’ai cherché le sens de
certains actes qui ont affectés tout mon être ces derniers temps. Je n’ai pas
trouvé. Je n’ai toujours aucune réponse à ce que je ressens. Je ne me reconnais
plus et j’ai failli perdre l’amour de ma vie. Depuis que j’ai compris ceci, notre
vie sexuelle est repartie comme au début. Je me redécouvre en tant que femme.
Je suis aussi sa femme.
J e suis restée à la maison avec les filles ce soir. Je les ai couchées vers vingt
et une heure et depuis j’hésite à regarder le combat de Greyson en direct à
la télé. Je fais les cents pas dans le salon, en me rongeant les ongles.
Habituellement, j’accompagne toujours Brady. J’adore assister aux combats de
boxe, sentir cette tension, tous ces gens qui crient, qui applaudissent, ça m’excite
terriblement. Une salle remplie de testostérone me rend vivante.
Pour ce soir, j’ai fait un choix, celui de rester à distance de Greyson, mais pas
de me priver de ses combats alors je m’installe confortablement dans le canapé,
un seau de pop-corn entre les jambes.
Plusieurs semaines se sont écoulées depuis et je n’ai plus eu aucune nouvelle de
lui. Ma vie a repris son chemin habituel. Entre Brady et moi tout est redevenu à
la normal. Mais au fond de moi, il me manque. Je fais tout pour l’oublier,
vraiment tout mon possible mais comment faire quand celui-ci fait partie
intégrante de la famille. J’esquive tous les repas en famille et Brady se pointe
toujours seul en donnant comme excuse que je suis débordée par le travail ou
que je suis malade. Enfin toutes de sortes de prétextes les plus bidons les uns
que les autres. Cela n’a l’air de choquer personne sauf de temps en temps Brady
me fait la remarque mais je m’en sors plutôt pas mal dans mes mensonges. Je
suis la seule à savoir la véritable raison de mon absentéisme. Je l’évite ! La
tentation est trop forte et cela me rend dingue. Loin des yeux, loin du cœur ?
C’est faux !
Je ressens quelque chose de particulier pour lui. Je n’arrive pas à mettre un mot
là-dessus. Je suis pleines d’émotions contradictoires. Quelque chose
d’indéchiffrable et nouveau est né en moi. Je le désire plus que n’importe qui
d’autre comme des pulsions bestiales. Ce mec incarne l’interdit, le mal et le
péché. Il me fait perdre toute raison en un clin d’œil. Je résiste mais jusqu’à
quand ? Certes, je l’ai embrassé et un peu plus, mais depuis je fais tout pour ne
pas succomber. Je l’esquive comme la peste.
J’entends la foule crier. Il semble y avoir beaucoup de monde dans la salle. Mes
yeux fixent l’écran. Il se lève, saute sur place, trottine, fait quelques droites afin
de se mettre en condition comme à son habitude puis se dirige vers le ring.
Vêtu d’un peignoir noir, capuche sur la tête, il avance entourer de ses coachs et
entraineurs.
— Mesdames, messieurs bonsoir ! En direct du Madison nous allons vous
présenter la rencontre que vous attendez tous entre le grand champion Greyson
et l’ex champion poids léger Balton.
— Regardez cette tension sur son visage, cette concentration ! S’écrit le speaker.
La foule est en délire, on entend siffler et crier. Certaines hurlent :
— Tue le Grey !
D’autres cris
— Je te veux Grey !
La foule devient hystérique en l’apercevant arriver sur le ring.
— Greyson fait son entrée !! Il monte sur le ring toujours concentré puis retire
son peignoir. Il fait son show. Il saute sur place, s’échauffe. Tous mes sens
explosent quand je le vois. J’ai tellement envie de le voir de près que mes yeux
me brûlent à force de fixer l’écran.
La foule scande son nom.
— Regardez ! Greyson monte sur le ring, il a beaucoup pris en masse musculaire
depuis son dernier combat, vous ne trouvez pas ? En tout cas le public ce soir est
de son côté, écoutez ça un peu !! Greyson est un boxeur qui se bat avec
beaucoup de détermination et beaucoup de puissance vu la carrure imposante
qu’il nous avait bien caché !! Continue le speaker.
— Oh mais attendez voilà Balton qui fait son entrée, regardez-moi ça ! L’ex
champion entre dans la salle déterminée. Il arbore une tête de tueur ce soir. Il a le
regard sombre ! Il monte sur le ring à son tour, ils se jaugent du regard. C’est
impressionnant la rage qui se dégage d’eux. L’ambiance est explosive ce soir.
Ils sont assis chacun de leur côté dans un coin sur leur tabouret. Je regarde sont
magnifique profile. Il est si beau.
— Ça y est, ils se mettent en condition, ça va être un combat du tonnerre, la
salle est pleine à craquer !
— Les hostilités sont ouvertes !! On dirait que Greyson cherche quelque chose
dans la salle, mais quoi ? On ne sait pas ! Nous sommes prêts pour le premier
round et c’est parti ! DING !!Grey se précipite sur son adversaire. Il attaque le
premier ! Il émane une certaine puissance. Tous ses muscles sont contractés, dur
comme du béton. Et bing ! Grey envoi une droite puis un crochet. Il est d’une
rapidité incroyable.
— Qu’elle force !
Son adversaire est pris au dépourvu, il ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Grey
est en pleine forme.
— Oh là là !!! Quel premier round incroyable !! DING c’est fini les gars, cinq
coups sans aucune riposte de la part de Balton c’est phénoménal !
Est-ce une stratégie de sa part ? S’interroge le speaker.
Les boxeurs sont assis chacun de leur côté sur leur petit tabouret, on leur rince la
bouche, essuies leur front.
La caméra filme Grey. Il reprend sa respiration mais il a l’air préoccupé. On le
voit regarder dans le public. Grey tourne la tête en direction des places VIP, il
cherche son frère et …. Il me cherche ? C’est ça qu’il a depuis le début il me
cherche des yeux mais lorsqu’il n’aperçoit que Brady, je lis sur son visage une
grande déception, comme un poignard dans le cœur. Il fait tout de même un
signe de tête à son frère pour le saluer. La cloche retentit.
— C’est reparti messieurs dames, mais que ce passe-t-il Greyson semble tout à
coup en difficulté, son adversaire a repris de l’énergie semble-t-il !! Un percute,
une droite hou !! Ça fait mal. Il se relève, oui c’est bon, mais c’est incroyable
Greyson a perdu tous ses moyens !! On ne le reconnait pas.
Grey encaisse les coups, il semble inanimé vider de tout son être.
J’ai la nausée tout à coup, Je suis bouleversée de le voir dans cet état. Le cœur
serré par l’angoisse, je plaque mes mains sur ma bouche pour ne pas crier.
— Hou ! Il tombe après s’être pris une gauche par son adversaire !!
On entend l’arbitre conter 6...7...8... La foule hurle son nom. On sent une tension
dans la salle incroyable, les gens se tiennent le visage, ont les mains plaquées sur
leur bouche tout comme moi. Ils n’en reviennent pas.
— Il se relève enfin !! C’est bon s’écrit-il dans son micro. Mais on ne comprend
pas que ce passe-t-il ?
Coup de chance pour Grey la cloche retentit ! Fin du deuxième round.
— Mais bon sang qu’est-ce que tu as ? Lui hurle son coach.
— Rien c’est bon, je vais me reprendre. Ne t’inquiète pas !
— J’espère bien !! Allez secoues toi un peu Grey ! C’est parti !
Le combat reprend de plus belle, Grey transforme sa tristesse en rage. Il
enchaine les rounds, c’est un combat hors du commun. Les spectateurs n’ont
jamais vu ça, Grey est déchainé. Le combat continu.
— Oui !! Une droite…. Oh lala quel combat ! Une esquive de la part de
Greyson, incroyable, magnifique. Hurle-t-il et maintenant Greyson repart à
l’attaque. Il prend le dessus, Balton essais de riposter mais il n’y arrive pas !
Sous une avalanche de coup Balton commence à plier. Il encaissait les coups, on
voyait bien qu’il était sur le point de tomber, quand tout à coup Grey lui infligea
une droite d’une puissance phénoménale Balton tomba K.O.
— La salle est en délire quel combat fabuleux !
L’arbitre commença à compter 5, 6, 7, 8, 9, et 10 …ha hou !! S’écrie l’arbitre
Grey hurla de joie, les poings levés vers le ciel, la foule cris son nom.
— Mais quelle victoire extraordinaire. Hurlent les haut-parleurs. Grey semble
totalement épuisé, à bout de force. Il vient de remporter le titre de champion du
monde.
— Mesdames et messieurs, le vainqueur par KO du combat le plus spectaculaire
est …GREYYYYYSONN !!
Fière, Grey salue la salle qui proclame son nom. Ce soir aura était une soirée
extraordinaire pour tout le monde.
Une page de pub vient de mettre fin à ce combat phénoménale mais j’attends car
je sais que dans quelque instant, Grey va être interviewé.
— Greyson !! Interpelle un des journalistes. Que ressentez-vous d’avoir gagné
ce titre de champion du monde ?
Il s’approche du micro avec le sourire malgré sa lèvre fendu et son œil gonflé, il
est toujours aussi attirant bordel ! Je le dévore des yeux.
— Je suis très fier, j’ai beaucoup travaillé, je me suis entraîné dur durant
plusieurs mois et voilà le résultat, c’est moi le CHAMPION ! S’écrit-il.
Une multitude de questions succède à celle-ci mais une dernière le fait serrer les
dents.
— Que vous est -il arrivé au milieu du combat ?
Un mélange de rage et de tristesse se dessine sur son visage. Ma respiration se
coupe net, suspendu à ses lèvres en attendant sa réponse.
Il inspire profondément puis explique aux journalistes que c’est une soi-disant
technique pour faire faiblir l’adversaire.
— Merci à tous. Dit enfin le coach en sentent un malaise.
Qui ne l’aurait pas remarqué ?
Les flashs des appareils photo le prend sous tous les angles avant qu’il ne parte,
d’autres questions fusent. Il les ignore, c’est assez pour ce soir. Je sais qu’il va
aller avec son frère, ses coachs, ses amis et d’autres boxeurs amateurs au club
pour fêter sa victoire comme il se doit !
Il est tout simplement magnifique, son visage est éclairé par la lumière de la
lune. Je veux lui appartenir à tout jamais, ne jamais le quitter, le sentir contre
moi, le serrer dans mes bras. Juste cette nuit après je me réveillerais.
J’ai le cœur partagé par la raison et la passion. Je suis littéralement perdue. Je le
regarde dans les yeux puis d’une extrême douceur j’enroule mes bras autour de
son cou en l’attirant contre moi. Il sent divinement bon l’homme, le mâle, la
puissance et le danger. Je tremble. Je ne saurais vous dire si c’est à cause de la
fraîcheur de la nuit ou de la peur de le perdre, en tous les cas mon corps parle de
lui-même. Grey me serre dans ses bras le plus fort possible, ma respiration se
coupe. On sait tous les deux que ce sera la dernière fois.
Grey me caresse le dos avec tendresse. Il me dépose quelques baisers sur les
cheveux. J’ai un mal fou à le lâcher. Je ne veux pas qu’il parte et pourtant il le
faut. Mon cœur est écorché vif. Pourquoi me suis-je attachée à lui autant ? Je
n’arrive toujours pas à me l’expliquer.
—Pardonne-moi ! Lui chuchoté-je comme une confession.
Il doit sentir mes larmes couler sur sa peau car il me serre davantage. Il ne dit
rien. Peut- être est-ce trop dur pour lui aussi ? Nous restons là quelques minutes,
dans les bras l’un de l’autre. Le monde a cessé de tourner, plus personne compte
à cet instant. Il fait nuit, la rue est déserte, tout le monde dort ? Une brise d’air
fraiche nous caresse la peau. On peut entendre le vent siffler dans les feuilles des
arbres qui tracent la rue devant la maison.
Grey m’attrape le visage des deux mains délicatement pour que je le regarde.
J’ai le visage humide, les yeux rouges et pourtant je ne me suis jamais sentie
aussi belle dans les yeux de quelqu’un d’autre.
— Je t’attendrais le temps qu’il faudra. Toute la vie s’il le faut !
Je frissonne à cette promesse complètement folle qu’il vient de me chuchoter
comme un secret. C’est impossible mais une partie de moi veut y croire juste un
instant. Il se penche sur moi puis tout en me caressant les joues de ses pouces, il
m’offre un baiser rempli de promesse et d’amour. Un baiser doux et affectueux.
Un baiser d’adieu.
Je me laisse aller contre son torse. Je me sens en sécurité entre ses bras, rien ni
personne ne peut me faire de mal. Notre baiser est si tendre et si savoureux que
je pourrais vendre ma mère pour qu’il ne s’arrête jamais. Je lui passe les mains
dans les cheveux afin de l’attirer encore plus près de moi. Je veux le sentir,
m’imprégner de son être tout entier. Nos langues se frôlent, se cherchent. J’en
veux davantage. Je le veux bon sang ! Oui, je désire cet homme à en crever.
Mais il m’est interdit.
— Tu n’imagines pas ce que je pourrais te faire ressentir là maintenant si tu
m’en laissais l'occasion Charlotte !
Je reprends ma respiration doucement blottie dans ces bras. Il me berce en
silence. Il sait ce que je m’apprête à faire, oui il me connait bien mieux que je ne
me connais moi-même. Je tente de rassembler mon courage afin de lui dire adieu
car une fois que je le lâcherais, tout sera fini à jamais.
À contre cœur, je recule légèrement sans rompre le contact. Je le tiens toujours
par les mains, nos doigts entrelacés, l’un en face de l’autre, puis je brise le
silence malgré moi.
— Je dois rentrer maintenant ! Lui dis-je la voix tremblante.
— Je sais !
Grey essaie de me faciliter la tâche mais au plus profond de lui, tout son être est
en miette tout comme le mien. Je le vois, je ne l’ai jamais vu dans un état pareil.
Ses yeux sont envahis par la tristesse.
Il faut que l’un de nous deux le fasse, il faut que l’on abandonne ce désir pour
toujours, qu’on enfouisse au plus profond de notre âme et c’est moi qui met fin à
notre histoire déchirée par la raison qui me pousse à agir ainsi.
Je me retourne sans un mot, je croise les bras sous ma poitrine afin d’empêcher
mes mains de le retenir encore une fois. J’avance dans l’allée à contre sens le
cœur lourd. Ma vue se brouille par les larmes qui s’écoulent sur mes joues. Je
sens son regard sur moi. Je l’entends jurer dans mon dos. C’est tellement
douloureux que je sers les dents. Je claque la porte d’entrée en laissant derrière
moi un homme brisé. Laissant une passion s’envoler. Je m’adosse contre celle-ci,
le souffle court en sanglot. J’ai terriblement mal et pourtant il fallait que tout
s’arrête.
Je le regarde par la fenêtre discrètement. Il se passe les mains dans les cheveux
rempli de colère. Je lis sur son visage de la frustration et de la tristesse. J’ai le
cœur en mille morceaux. Je ne veux plus en voire davantage alors j’éteins la
lumière de l’entrée tout en continuant de pleurer toutes les larmes de mon corps.
Le moteur rugit dans la rue et il part abandonnant notre secret sur le seuil de la
maison pour toujours.
Chapitre 9
Je suis seule dans les bureaux, personne ne vient travailler le dimanche, les
locaux sont déserts. Le silence règne entre les murs.
Depuis quelques temps, je n’ai pas la tête à travailler et pour cause. Je dois
rassembler le peu d’esprit qu’il me reste pour me concentrer. Le mariage de
Madame Ross est le week-end prochain et il y a encore beaucoup de petits
détails à régler avant le jour J.
J’ai rendez-vous avec elle dans quinze minutes exactement. Je me penche donc
sur mon clavier puis commence à rédiger un mail pour le traiteur. A la dernière
minute, elle a changé d’avis sur l’une des entrées. Qu’elle casse- pieds celle-là !
J’entends mon téléphone sonner sur le coin du bureau. C’est elle qui est en bas
de l’immeuble, toujours à l’heure ! Me dis-je en regardant ma montre. Je fais
entrer la future mariée puis durant deux heures nous peaufinons ensemble les
derniers points non confirmés jusqu’alors. Madame Ross est une femme indécise
et très pointilleuse. Ce fut les deux plus longues heures de ma vie. Après que
Madame Ross m'ait saluée, je soupire de soulagement. Je peux enfin rentrer à la
maison.
J’apprécie de bonne grâce la chaleur du soleil sur ma peau lorsque je me dirige
vers ma voiture garée dans une petite ruelle pas loin. J’aime l’été, j’aime cette
saison durant laquelle les gens ont toujours le sourire, les oiseaux chantent, l’air
sent divinement bon, soit l'herbe fraîchement coupée, les parterres de fleurs qui
enivrent nos narines ou encore les odeurs de [Link] plus douce des
saisons… Les terrasses sont remplies de mondes, des gens prennent un
rafraichissement ou mangent une salade. C’est l’été et un air joyeux flotte sur
tous les visages. Je salue quelques passants courtois, Je souris aux enfants qui
me font signe dans la rue, c’est une belle journée ensoleillée comme je les aime.
Chapitre 10
J e gare la voiture dans l’allée, descend puis me dirige vers la porte d’entrée
quand j’entends les filles rirent aux éclats dans le jardin. Je fais le tour de la
maison et sans que personne ne me remarque, je les observe jouer
ensemble. J’ai un pincement au cœur en voyant ce tableau si parfait. Comment
pourrais-je me séparer de ce bonheur, de ma famille où tout va pour le mieux. Je
n’ai pas le droit de tout gâcher, de tout briser. C’est vrai, je suis terriblement
attirée par Grey. Je crois même que je l’aime lui aussi. Je les aime sincèrement
tous les deux. J’ai du mal à imaginer ma vie sans l’un ou sans l’autre et pourtant
j’ai dû faire un choix. J’ai dit adieu à Grey. Je ne veux plus y penser, je veux
l’oublier et tourner la page une bonne fois pour toute. J’ai réussi à m’en sortir
presque indemne, personne ne s’en est rendu compte, encore moins Brady, enfin
je l’espère. Il n’y a que moi qui me bat intérieurement pour cicatriser. J’ai tant
construit, tant avancé dans ma vie aux côtés de Brady que je ne peux pas tout
détruire juste pour une histoire dans laquelle je ne suis sûre de rien. Ok Grey est
sexy, terriblement beau et attirant, gentil, attentionné envers moi, doux et
prévenant mais cela n’est pas suffisant pour faire le grand saut. Il est ma
kryptonite, le fruit défendu, le péché. Je ne dois plus m’en approcher.
Mes yeux s’attardent sur Brady. Il est appétissant seulement vêtu de son short
vert kaki, son torse recouvert d’une légère couche de crème solaire. Sa peau
brille au soleil et lorsqu’il frappe dans la balle tous ses muscles se contractent.
J’ai un angle de vue très appréciable ! Voilà l’homme avec lequel je vais finir ma
vie ! Brady mon mari pour le meilleur et pour le pire.
Assez maté ma grande !
J’ai retrouvé le sourire, et je compte bien profiter de cette journée en famille.
— Ah voilà la plus belle. S’écrit-il en me voyant.
— Bonjour ma petite famille, alors on s’amuse bien on dirait ?
— Oui ! Hurle Mélis.
— Papa joue comme un manche aujourd’hui maman ! Se plaint Rose.
— C’est normal les filles, votre père a un peu fait la fête hier soir ! Je ricane en
l’embrassant.
— Oh ! Ce n’est pas gentil de se moquer les filles ! Et toi tu vas me le payer ma
princesse, tu vas voir, tu vas prendre chère si je t’attrape. Me défit-il en
chuchotent dans le creux de mon oreille.
J’éclate de rire puis je me mets à courir à travers le jardin. Brady se lance à ma
poursuite, les filles crient :
— Cours maman.
— Continuez à jouer les filles, je vais attraper votre mère !
Je me réfugie dans la maison à bout de souffle. Je m’appuie sur la rampe de
l’escalier afin de reprendre ma respiration. J’entends Brady arriver en courant
derrière moi.
— Ah je t’ai trouvé ! Me dit-il en me serrant dans ses bras par derrière. Alors
comme ça on se moque de moi ?
— Moi ? Non jamais. Lui répondis-je en riant. Je me laisse aller dans ses bras. Il
sent bon, un mélange de parfum et de crème solaire.
Brady se frotte à moi tout en m’embrassant le cou.
— Humm tu sens bon… tu m’as manqué ce matin ! Et si on s’éclipse vite fait là-
haut ?
— Laisse-moi réfléchir une minute...
Brady ricane puis me porte sur son épaule pour m’emmener le plus vite possible
dans notre chambre. Je laisse échapper un cri de surprise puis je me mets à rire la
tête à l’envers. J’essaie de me débattre en lui tapant sur les fesses mais il resserre
son emprise sur mes jambes.
— Tu ne vas pas t’en tirer aussi facilement princesse !!
Brady ouvre la porte de la chambre, entre puis la referme avec son pied. Une fois
à l’intérieur, il me dépose sur le sol face à lui. Un sourire diabolique plaqué sur
le visage, il me regarde intensément. Je suis à bout de souffle. Je lui donne une
tape sur le bras en signe de protestation mais vu le sourire qu’il affiche, je sens
monter en moi un désir brûlant. Mon sang se réchauffe dans mes veines en un
éclair. Mon corps s’enflamme, j’ai terriblement chaud. Brady me caresse le
visage délicatement puis tout en me regardant dans les yeux il me chuchote :
— Je veux que tu me suces ! Je veux sentir ta bouche sur ma queue !
À ces mots si inattendus et si crus, l’excitation me gagne. Je sens mon sexe
palpiter. Je me lèche la lèvre inférieure afin de lui indiquer mon approbation
silencieuse. J’adore sentir cette peau douce et soyeuse rouler sous ma langue,
jouer avec le bout de sa queue jusqu’à ce qu’il me supplie de l’achever.
J’en ai l’eau à la bouche avant même de succomber
Brady m’embrasse à pleine bouche. Il me dévore littéralement. Il est excité
comme un jeune ado à l’idée de se faire sucer en cachette dans les toilettes du
lycée. Il bande dur sous son short, la toile kaki est tendue au maximum. Je
caresse son membre. Dans un grondement, il passe les mains dans mes cheveux
et resserre sa prise. Un petit son aigu m’échappe. Il m’incite à descendre. Je me
laisse faire avec plaisir, je parsème une route de baisers de son cou jusqu’à
l’élastique de son short puis avec une grande délicatesse je le fais glisser jusqu’à
ses genoux. Son membre se dresse droit devant mes yeux fier et prêt pour moi.
Brady laisse fuir un son de satisfaction lorsque je commence à lécher sa queue
avec le bout de ma langue
— Qu’est-ce que c’est bon.
Heureuse et fière de pouvoir le mettre dans tous ses états, je redouble d’intensité.
Je le prends en bouche jusqu’à la garde puis en fait de long et savoureux va-et-
vient tout en massant ses testicules. Brady renverse la tête en arrière en fermant
les yeux pour mieux savourer cette gâterie. Il s’accroche à mes cheveux encore
plus forts pour ne pas perdre l’équilibre.
— Oui, continu princesse, je vais jouir dans ta bouche ! Me confesse-t-il les
dents serrées par l’excitation.
Brady ne tient plus, emporté par l’extase, il me donne quelques coups de reins
secs afin que je le suce profondément. Je suis sans pitié, je le suce, je le goûte, je
le mords, je le dévore.
Je veux qu’il jouisse dans ma bouche. C’est si bon et si intense que ma petite
culotte est en feu. Mon corps bouillonne comme une cocotte-minute. Mon dieu,
il a bon goût. Je lui lèche les boules, les avale l’une après l’autre en le
masturbant. Je le tiens en équilibre au bord de la jouissance. Lorsque je le sens
prêt à jouir, je ralentis la cadence volontairement
— Charlotte ! Putain !
J’ai un petit sourire mais j’ai pitié de lui alors j’ouvre en grand la bouche et
recommence à le sucer. Il se tient toujours à mes cheveux, les doigts bien
accrochés. J’accélère le rythme puis je sens ses muscles se contracter. Il articule
à peine.
— …Ah oui …
Brady éjacule en une longue giclé tiède dans ma bouche, je ferme les yeux un
instant tellement la quantité est grande à avaler. J’en laisse couler quelques
gouttes puis une fois tout ingurgité, je me lèche les lèvres avec sensualité. Brady
me regarde essouffler de toute sa hauteur, tel un mâle victorieux.
Toujours à genoux devant lui, le regard sensuel, les lèvres gonflées par la
fellation que je viens de lui offrir, je me sens heureuse et comblée, encore plus
sexy que d’habitude, je me soumets à l’homme que j’aime.
—Tu sais que tu as une bouche en or !
— Merci, mais à charge de revanche. Tu me dois un orgasme ! Lui dis-je avec
un clin d’œil
— Je ne rêve que de ça !
Il m’aide à me relever, il me serre si fort dans ses bras que j’en ai le souffle
coupé. Je ris aux éclats puis il m’embrasse dans le cou.
— Allez rhabille toi petit pervers, c’est fini pour toi !
Satisfaite, je le contourne puis je fais claquer une de ses fesses sur ma paume de
main, Brady sursaute. Je pouffe de rire, lorsqu’il lâche un petit cri de fillette.
— On ne se moque pas madame !
Il enfile son short puis me rattrape dans le couloir à toute vitesse. Il me passe le
bras autour du cou. Nous rigolons comme deux imbéciles. Cette complicité m’a
tellement manquée ces dernières années Je n’ai fait que de me croiser toutes ces
années préoccupées à être une mère exemplaire, à être en même temps une
femme qui réussit dans son travail que j’en ai oublié l’essentiel. L’amour ! J’ai
bien failli tout perdre même si je sais que ce que j’ai fait est mal je ne veux plus
y penser, je veux avancer.
— Au fait princesse, Grey va passer tout à l’heure pour un barbecue.
Mon dieu ! Je sens mon corps se vider de mon sang en une fraction de seconde,
mon cœur bat à tout vitesse, la nausée me monte à la gorge. Je crois perdre
l’équilibre, le sol se dérobe sous mes pieds. Je ne suis pas encore prête à
affronter la réalité en face.
Brady s’immobilise. Il me regarde les sourcils froncés, avec une inquiétude
marquée sur le visage.
— Ça va princesse ? Tu es toute blanche d’un coup !
— Heu non pas trop ! J’avoue en bafouillant.
J’ai dû me relever trop vite, et je n’ai rien mangé de la journée !
J’ai les mains moites et le corps tremblant. Le choc m’a fait perdre tous mes
moyens, Comment vais-je faire ? Depuis le premier baiser chez ma belle-mère,
je ne me suis jamais retrouvée en compagnie des deux en même temps. J’ai à
chaque fois trouvé des excuses pour les éviter. Fallait bien que cela arrive un
jour mais j’aurais préféré m’y préparer à l’avance.
Brady m’aide à marcher jusqu’à la cuisine. Il me fait asseoir sur un des tabourets
du bar puis part me chercher un verre de jus d’orange. C’est en même temps le
vide total dans mon corps et la panique dans ma tête.
— Tiens bois, ça va te faire du bien ! M’ordonne t- ils en me tendant le verre.
— Merci.
Je bois d’une traite le contenu, j’ai la bouche sèche, ce qui me soulage
instantanément.
Brady me regarde inquiet.
— Ne t’inquiète pas comme ça chéri, ce n’est rien ! J’ai juste eu un vertige.
— Tu m’as fait peur, tu sais combien de fois je t’ai dit de ne pas partir le ventre
vide.
— Oui je sais, désolée !
— Aller tu vas manger un morceau avant de descendre de ce tabouret, c’est
compris ? Me prévient-il l’air sévère.
— D’accord, je crois que je n’ai pas le choix de toute façon ?
Brady me prépare un sandwich puis il me le donne avec un baiser sur le front Je
l’ai regardé faire mon sandwich avec tant d’amour que j’en ai les larmes aux
yeux. Il est si gentil, si attentionné avec moi, J’ai honte de moi. Mais qu’ai-je fait
? Je m’en veux terriblement. C’est un homme bon. Je ne le mérite pas.
Pour l’heure comment allais-je faire pour me sortir de cette impasse ? Grey allait
arriver d’un instant à l’autre et franchement je ne peux pas avoir une attitude
normale avec les deux hommes que j’aime dans la même pièce. Brady se
rendrait compte tout de suite que quelque chose ne tourne pas rond. Il faut que je
trouve une sortie de secours et vite.
Je prends une longue inspiration et me lance :
— Chéri ça te dérange si je vais me reposer ? Je ne me sens pas très bien. Je
vous laisse entre frères, tu peux gérer les filles et le barbecue ?
— Heu oui bien sur ma princesse, ne t’inquiète pas je m’occupe de tout ! Me
répond-t-il. Va te reposer.
— Merci.
Je suis soulagée. Je m’apprête à descendre du tabouret lorsque je le vois. Je n’ai
pas réagi assez vite. Grey vient d’arriver. Il se tient dans l’encadrement de la
porte fenêtre de la cuisine face à moi, un pack de bière à la main. J’ai un mal fou
à respirer tout à coup, l’air autour de moi devient infime et mes yeux restent
figés dans le regard de Grey. Il est si sexy, vêtu d’un short en jean, d’un tee-shirt
bleu marine et d’une casquette. Bordel de merde, je vais m’évanouir !
— Salut la famille ! Chante-t-il tout sourire l’air de rien.
Mais comment fait-il ça ? Je suis à deux doigts de tomber dans les pommes
tellement je manque d’oxygène. Je respire profondément et tente d’avoir un air
décontracté face à eux. Brady est placé derrière le bar en train de préparer la
viande. Heureusement pour moi, il n’a pas pu voir ma réaction lorsque Grey est
entré.
— Hey ! Frérot ça va ? Ça y est, tu es sorti du coma ? Lui balance Brady en
riant.
— Tu m’as forcé la main ! Je n’ai pas eu le choix. Tu as raccroché avant même
que je puisse dire non !
— De toute façon tu ne m’aurais pas dit non alors autant économiser notre salive
! Ricane Brady en passant à côté de lui en direction du barbecue.
— Aller radine toi loukoum ! Je ne vais pas me taper tout le boulot.
— Ok j’arrive lui crie Grey par-dessus son épaule.
Il me regarde intensément dans les yeux, rien d’autre n’a d’importance à cet
instant.
— Comment tu vas ? Me chuchote Grey, le regard compatissant.
Désolé, il ne m’a pas laissé le choix, je ne voulais pas te mettre dans l’embarras
mais je mourais d’envie de revoir ces jolis yeux.
Je reste bouche bée, pas un son ne sort de ma bouche, comment peut-il dire ça,
alors que Brady est juste à quelques mètres de nous.
— Respire Charlotte, ne t’inquiète pas je ne vais pas gâcher ta vie ! Me balance-
t-il avant d’aller rejoindre son frère dans le jardin.
Je le regarde partir, le cœur serré, assise sur mon tabouret, dans l’ombre de la
cuisine. Je reste un moment à les regarder tous les deux. Ils sont si beaux, si sexy
chacun à leur manière. Je suis réellement attirée par les deux, mais comment est-
ce possible ? Toutes ces années, j’étais persuadée que l’on pouvait aimer qu’un
seul homme à la fois, que l’amour ne se partage pas. La vie vient de me prouver
le contraire. On est toujours attiré par ce que l’on ne peut pas avoir.
Une larme coule sur ma joue. Je ne sais plus dans quelle direction aller et encore
moins comment je vais y survivre.
J’essuie mes larmes d’un revers de main, puis je jette un dernier coup d’œil aux
deux hommes de ma vie avant de retourner à l’étage pour me reposer et tenter de
me noyer dans le sommeil.
Je m’allonge sur le lit, prends dans mes bras mon oreiller. J’ai besoin de
réconfort et de douceur. Je me sens seule, vide et perdue. Personne a qui me
confier, personne pour m’aider à trouver une solution. Je regarde un long
moment le ciel par la fenêtre. Il est d’un bleu si pur que j’aimerais m’envoler et
ne plus revenir. Bercée par les chants des oiseaux, je finis par m’endormir
recroqueviller sur moi-même les larmes aux yeux et le cœur en miettes.
Chapitre 11
Je fais les cents pas dans la cuisine. Je tente plusieurs fois de joindre Brady au
téléphone mais en vain je tombe toujours sur sa messagerie. Ne sachant plus
quoi faire j’appelle Grey.
— Allez réponds !
Au bout de quelques secondes qui me parurent des heures Grey décroche.
— Grey ! C’est moi. Arrivé-je à articuler malgré mes sanglots.
— Qu’est-ce qu’il y a ? Demande-t-il en panique.
— Brady sait tout. Je n’ai pas pu le retenir. Il arrive ! Je t’en supplie ne rétorque
pas !
— Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ? Bordel !! Il t’a dit quoi ?
— Il est parti comme un fou, j’ai peur ! Bafouillé-je à bout de nerfs.
— Il y a combien de temps qu’il est parti ? Ne t’inquiète pas on va s’expliquer
tranquillement. Tout est ma faute Charlotte, je lui dirais, tu n’y es pour rien. Je
vais tout arranger. Tente-t-il pour me calmer.
— Il est partit il y a trente minutes maintenant !
— Comment ça trente minutes, tu es sure ?
— Oui ! Dis-je d’une petite voix.
— Pourquoi n’est-il pas encore devant ma porte ? On habite à quoi …quinze
minutes. S’inquiète Grey.
— Je n’en sais rien, je sais juste qu’il était furieux, hors de lui.
— Je vais voir, attend mon appel ne bouge pas au cas où il rentrerait.
— D’accord.
Chapitre 12
Allongée sur le dos, les bras étendus à même le sol, sur la moquette grise du
bureau de Brady, vêtue d’un peignoir molletonné, d’un pyjama en coton informe,
sentant la sueur et d’une grosse paire de chaussettes la même tenue depuis des
jours, je scrute le plafond entre deux battements de cils plutôt lourds. Ma tête
tourne et je vois flou.
C’est devenu ma pièce de recueillement, l’endroit où je peux encore sentir son
odeur, marcher sur ses pas ou encore m'asseoir dans son fauteuil en cuir et
entendre ce bruit familier du cuir qui craque lorsqu’il s’asseyait dessus. Je ne
veux pas l’oublier. Je veux m’imprégner de son empreinte.
Je regarde les photos de nous accrocher aux murs, heureux, le sourire aux lèvres
avant ce putain d’accident, ce foutu carambolage qui a tout emporté sur son
passage, la joie, le bonheur, les rires, nos sourires et surtout notre amour. Tout a
disparu six pieds sous terre par ma faute. Je pleure poignardée par la douleur. Je
me demande même où j’arrive encore à trouver toute ces larmes. Je suis
légèrement dans les vapes, enfin soyons juste, plutôt bourrée, allongée sur le sol,
droguée aux antidépresseurs.
Des pas lourds se rapprochent et une voix familière me sort de mon coma.
Quelqu’un m’appelle ! Mais qui ? Brady ?
—Brady c’est toi ? Je demande d’une petite voix enrouée.
Je me relève péniblement mais trébuche sous l’effet des médicaments mélangés
à l’alcool. Ma tête tourne et tout autour de moi vacille.
Je tombe à genoux sur le seuil de la porte du bureau comme une vieille loque.
Je relève la tête difficilement et c’est là que j’aperçois une silhouette sombre et
floue d’un homme debout devant moi. Il me regarde. Cette carrure m’est
familière, les cheveux bruns, les épaules larges et musclés. Des mains puissantes
me tendent de l’aide. C’est mon mélange suicidaire qui me joue des tours ? Je
deviens folle au point de voir des êtres venus d’ailleurs me tenir compagnie ? Ou
je suis passée de l’autre côté et un ange vient me chercher ?
— Brady ?
— Chut ! Je vais m’occuper de toi maintenant !
Étrangement, je ne me sens pas en danger, bien au contraire, cet homme m’est
intime. Je me laisse faire, épuisée. Je perds littéralement le contrôle. Je n’ai plus
aucune force, molle comme une chique.
Cet homme me porte avec douceur jusqu’à l’étage. Il me serre contre son torse
en un geste protecteur. Je pose ma tête sur son épaule bien trop fatiguée pour
protester ou pour me débattre. Si cet homme n’était cependant pas là pour
m’aider et plutôt pour me violer ou me tuer et bien, il me soulagerait. Qu’on en
finisse une bonne fois pour toute. Je suis fatiguée de me battre contre ma
douleur, mes remords. Au diable ma vie, qu’il fasse de moi ce qu’il veut !
Mais son odeur réveille en moi des souvenirs profondément enfouis. Je connais
ce parfum ! Je connais cet homme ! J’inspire profondément son cou plusieurs
fois.
C’est une fois qu’il me dépose avec délicatesse sur le carrelage froid de la salle
de bain que je le reconnais.
— Grey ? Lui demandais-je surprise en battant des cils plusieurs fois pour
effacer le brouillard dans mes yeux.
Sans un mot, il fait couler l’eau de la baignoire et y met quelques gouttes d’huile
de jasmin.
Je ne bouge pas d’un centimètre. Je le regarde les yeux embrumés, le corps mou
comme une poupée de chiffon. Plus aucune réaction ne vit dans mon petit corps
tout frêle depuis bien longtemps.
— Oui c’est moi mon bébé ! Je vais m’occuper de toi, ne te fais plus de souci !
Grey entreprend de me déshabiller tout doucement. Il me chuchote des mots
rassurants sans jamais me quitter du regard. Je lis dans ses yeux de l’inquiétude
et une telle douceur que mon cœur se serre.
Il dénoue mon peignoir puis le fait glisser de mes épaules. Je frissonne.
— Ne t’inquiète pas Charlotte, je suis là ! Tu vas prendre un bain chaud.
Lèves les bras, on va retirer ton haut …voilà c’est très bien !
Je m’exécute sans un mot.
Grey s’agenouille face à moi puis fait glisser mon pantalon de pyjama jusqu’à
mes chevilles. Machinalement, je lève chaque pied l’un après l’autre.
Je me retrouve entièrement nue. La vapeur enveloppe la pièce d’une chaleur
apaisante. Je le vois néanmoins fermer les yeux une demi seconde. Ce qu’il voit
lui tord les entrailles. Je suis si maigre que l’on peut compter mes côtes à travers
ma peau.
— Viens ! Me chuchote-t-il en me donnant la main.
Vas-y, monte Charlotte, ça va ? Ce n’est pas trop chaud ?
J’acquiesce d’un signe de tête. Puis je me laisse glisser au fond de la baignoire.
Je laisse échapper un soupir de contentement en fermant les yeux.
Qu’est-ce que ça fait du bien ! À quand remonte ma dernière douche en fait j’ai
oublié ?
Grey se passe les mains dans les cheveux nerveux et impuissant face à ma
douleur. Comment pourrait-il m’aider si je vois Brady en lui ?
Il fait le tour de l'îlot puis incertain, me passe les bras autour de mes épaules. Je
sanglote. Ses bras puissants, sa chaleur me réconforte. Je me laisse aller contre
son torse. Son parfum me fait fondre. Mon dieu pourquoi m’infliger tout ça ?
— On va trouver une solution. Ne t’en fais pas ! Me souffle- t-il dans le creux de
l‘oreille. Il me berce légèrement avec tendresse, le temps que je cesse de pleurer
encore une fois.
Il me retourne face à lui et m’oblige à le regarder en me relevant le menton avec
délicatesse.
— Regarde-moi Charlotte ! Je ne suis pas Brady …je ne le serais jamais ! Nous
avons certainement les mêmes manières ou certains traits de ressemblances ce
qui est logique, c’était mon frère, mais jamais je ne prendrais sa place ! Je veux
simplement d’aider à surmonter ta peine car seule tu n’y arrive pas ! Cela fait
maintenant trois mois qu’il nous a quitté. Tu dois reprendre le dessus Charlotte !
Que tu le veuille ou non, même si ça risque de te faire mal, je vais rester ici avec
toi car mon frère n’aurait pas aimé que je te laisse souffrir. Il me botterait le cul
s’il pouvait.
Je suis complètement perdu, trop de choses se mélangent dans mon esprit. J’ai
besoin de lui mais sa présence me fait tellement de mal.
Doit-on souffrir pour guérir ? Un mal pour un bien ? Proverbe à la con !
— J’ai trop mal Grey ! Je m’en veux terriblement ! Comment fais-tu pour
continuer à vivre ?
Grey me prend le visage à deux mains, me regarde de ses yeux noisette et
m’essuie-les quelques larmes de ses pouces puis me chuchote :
— Je t’ai …toi ! Tu es ma raison de continuer. Tu me donnes la force de voir
l’avenir tous les jours un peu plus loin. Je m’en veux autant que toi mais même
si je pouvais revenir en arrière, je n’effacerais pas notre baisser. Alors je
t’attendrais toute ma vie s’il le faut.
Je suis bouleversée et émue par ce qu’il vient de me confesser.
C’est vrai, je souffre terriblement de la disparition de Brady mais je souffre
également de ne pas pouvoir accepter l’amour que Grey veut me donner. Je
n’arrive pas à me pardonner mon erreur et pourtant j’aimerais me laisser porter
par la vie avec lui.
Il y a encore trois mois en arrière, j’avais dû faire un choix, refouler mes désirs,
les enfouir au plus profond de moi-même pour ne pas gâcher mon mariage mais
maintenant … aujourd’hui … ?
La vie me donne t- elle une seconde chance ? Elle est là ma deuxième chance,
devant mes yeux, en train de me tenir le visage avec amour et pour couronner le
tout, il vient de m’avouer le fond de son âme encore une fois. Il ne cesse de me
répéter son amour pour moi.
Dois-je me laissr aller sans réfléchir ? De toute façon que peut-il m’arriver de
pire ? Avoir mal ? J’ai déjà mal ! J’ai déjà touché le fond alors un peu plus ou un
peu moins …
Toutes mes barrières, tous les murs que je me suis construit contre lui,
s’effondre en une fraction de seconde. Je veux être aimé, ne plus me sentir seule.
J’ai besoin de lui. Je sais que tout changement est difficile au début, compliqué
au milieu et magnifique à la fin. Une pointe d’espoir nait en moi, elle me donne
des ailes. On ne choisit pas qui on aime, c’est notre cœur qui le décide à notre
place.
J’inspire profondément puis dans un élan de confiance, je m’approche
délicatement de sa bouche qui n’est qu’à quelques centimètres de la mienne. Nos
lèvres se touchent. Mes yeux se ferment instinctivement sous l’effet de ce
contact si doux et attentionné. Embarqués par le flot de notre attirance, notre
besoin de réconfort, nous nous embrassons avec fougue. Nous nous dévorons la
bouche, nos langues se touchent et s’entremêlent. Je lui mords la lèvre inférieure
accompagné d’un grondement puis Grey, glisse ses mains sous mon peignoir. Il
me caresse les épaules, la nuque tout en continuant à m’offrir le plus sensuel des
baisers
Pris dans un tourbillon passionnel, incontrôlable et désespéré Grey se plaque
contre moi puis entreprend d’ouvrir mon peignoir dévoilant ma poitrine
fièrement dressée contre son torse.
Je me sens brusquement gênée d’être découverte ainsi face à lui. Cette sensation
de peau nue soudaine m’embarrasse. Un trouble s’empare de moi. Pourquoi ?
Non, pas ici, pas dans cette cuisine. Pas dans notre maison ! Je n’ai pas le droit !
Je m’arrête net, ouvre les yeux puis le repousse violement. Grey interloqué et
surprit perd l’équilibre.
— Oh ! Qu’est-ce qui t’arrive ? Me demande-t-il étonné.
— Je ne peux pas ! Je t’en prie laisse-moi t’oublier, c’est préférable Grey ! Je ne
peux pas lui faire ça !
La colère monte dans ses veines. Je le vois serrer les poings. La mâchoire
crispée, il me regarde droit dans les yeux et me répond sèchement.
— Arrête bon sang ! Tu ne peux plus rien lui faire dorénavant, il est mort !!! Tu
entends …il est mort Charlotte !! Tout ce que tu feras maintenant n’y changera
plus rien !
Il est hors de lui. Il se passe les mains dans les cheveux nerveusement, tout en
débitant une bordée de jurons. Il me fait peur.
— Qu’est-ce que je dois faire pour te convaincre ? Dis-le-moi je t’en supplie
Charlotte. Car là je suis perdu. C’est toi qui viens de m’embrasser, alors explique
moi pourquoi tu me repousses encore une fois ?
Dans l’incapacité d’expliquer mon geste et heurté par sa colère, je reste
silencieuse, les bras balans. Je suis littéralement perdu et à bout de force. Tout va
trop vite. Je me suis laissée emporté par ses yeux noisette ou je ne sais quelle
pulsion encore une fois.
— Je suis désolée ! Bafouillé-je.
Après une longue et profonde inspiration, je poursuis malgré la douleur qui me
perce la poitrine. Il faut que je vide mon sac, que je lui dise le fond de ma
pensée.
Oublie-moi ! Notre avenir ensemble est voué à l’échec, ça ne marchera jamais !
Tu mérites mieux que moi, tu mérites de construire une vie bien à toi. Je ne
pourrais pas te rendre heureux ! Mais tu ne vois donc pas que je suis une épave,
que je suis morte intérieurement ? Pars… Laisse-moi ! Lui hurlé-je dessus.
Ces quelques mots restent en suspens un long moment dans la pièce, Grey fait
les cents pas dans la cuisine désespérée. Je ne peux pas faire ça. Malgré tout ce
qu’il a fait pour moi, malgré tout ce qu’il m’a avoué de ses sentiments, je suis
incapable de lui donner ce qu’il veut. Il m’a tout donné et pourtant, je continue à
le rejeter.
Alors quoi dire de plus ?
Grey me regarde, blessé et meurtri puis il quitte la maison sans un mot. Il
récupère ses affaires sur le canapé puis prend le couloir en direction du hall
d’entrée et claque la porte. Les murs tremblent tout comme moi. Je me retrouve
seule face à moi-même, à mes choix et à mon KO intérieur.
Chapitre 14
Deux semaines viennent de s’écouler. Il y a eu des jours avec et des jours sans
bien évidement, comme il l’avait prédit. Nous avons avancé un pas l’un après
l’autre, chaque jour une victoire sur la veille.
Grey dort sur le canapé du salon. Il se lève de bonne heure chaque matin pour
son footing matinal et prépare le petit déjeuner. Il tient à ce que je ne manque
plus aucun repas. Il va devoir prendre des cours de cuisine car à part des toasts
pour le petit déjeuner et une ou deux recettes qu’il a appris de sa mère. Il n’a pas
l’âme d’un grand chef.
L’odeur du café flotte dans toute la maison. Grey est assis sur un tabouret et
sirote tranquillement son café en lisant le Parisien lorsque j’apparais. Cela fait
plusieurs jours que je ne prends plus de médicaments en tous genres et ai
littéralement arrêtée de boire. Plus aucune goutte d’alcool. Il m’a aidé à
surmonter la période de sevrage. Cela a été beaucoup plus dur que ce que je
m’étais imaginé, des tremblements, des cauchemars, des vomissements, des
crises de nerfs incontrôlable des tas de comportements agressifs, mais on a réussi
ensemble. Il ne m’a pas lâché. Il s’est battu avec moi jours et nuits contre mes
démons. Putain qu’est-ce que j’en ai chier !
Mon visage est reposé et j’ai de plus en plus souvent un sourire aux lèvres. Je
suis vêtu d’un jean bleu foncé et d’un joli pull en laine à grosses mailles de
couleur rouge, ce qui me donne meilleure mine ce matin. J’ai repris goût à
m'habiller et à prendre un peu plus soin de moi.
J’ai relevé mes cheveux en un chignon décoiffé qui laisse échapper quelques
mèches blondes dans ma nuque. J’aimais bien me coiffer ainsi auparavant car ça
laisser le champ libre à Brady de m’embrasser dans le cou. Mais aujourd’hui je
veux simplement me sentir belle.
— Bonjour ! Dis-je en entrant dans la cuisine.
— Tu es ravissante. Me répond- t-il en guise de bonjour.
— Merci.
— Assieds-toi je t’en prie, du café ?
— Oui merci.
— Tu as bien dormi ?
Grey me le demande chaque matin soucieux de mon état.
— Oh oui comme un bébé, ça faisait bien longtemps. Je ne me rappelle même
plus la dernière fois ou j’ai dormi ainsi !
— Tant mieux.
— Et toi ? Le canapé …Lui demandé-je une grimace aux lèvres.
— Et bien …. Comment te dire … je ne pourrais pas en dire autant que toi mais
ça va ne t’inquiète pas. Me répond-il avec un clin d’œil charmeur.
— Tu peux prendre la chambre d’amis à l’étage si tu veux !
Au début je ne lui ai pas soumis cette idée volontairement car je n’étais pas sûr
que ça fonctionne et pour être honnête j’étais persuadée qu’il allait craquer, qu’il
aurait claqué la porte tellement je lui en aurais fait voir de toutes les couleurs.
Mais non, chaque matin, je le retrouvais en bas dans la cuisine.
— Ce n’est rien, t’en fais pas ! Je suis un dur à cuir.
— J’insiste, si tu restes vivre ici quelques temps avec moi, je veux que tu sois à
l’aise, alors je te préparerais la chambre d’amis après le petit déjeuner, d’accord
?
— Très bien, avec plaisir alors ! Conclut-il.
— Au faite j’ai un service à te demander ?
— Oui je t’écoute. Il relève un sourcil.
— Pourrais-tu m’accompagner chez mes parents, j’aimerais voir les filles
aujourd’hui.
Surprit, Grey repose son journal sur le bar.
— Heu … oui si tu veux avec plaisir ! Si tu te sens prête à sortir, je suis ton
chauffeur.
Le petit déjeuner se termine en silence, seul le bruit des pages du journal qui se
tournent viennent briser ce silence paisible. Je me sens heureuse ce matin, le
soleil brille et cette journée s’annonce merveilleusement bien. J’ai dormi comme
un bébé, aucun cauchemar, aucunes sueurs froides pour me torturer et je vais
voir mes sauterelles. Je suis sur un petit nuage ce matin.
Quelques regards malicieux annoncent une amusante journée en perspective. Je
suis de bonne humeur et en pleine forme. Depuis que Grey vit avec moi, je me
sens plus forte. J’ai quelqu’un sur qui compter, une épaule sur laquelle pleurer
quand je me sens triste ou perdu, une raison de me lever chaque matin, un ami à
qui parler, tous les choses simples de la vie que j’ai perdu et oublié.
Ça n’a pas était facile les premiers jours, s’habituer à sa présence, me forcer à
faire la distinction entre lui et Brady a été le plus dur. Beaucoup d’habitudes du
quotidien passé me confronte à la réalité, à la mort de Brady.
Mais avec la persévérance de Grey, chaque jour je ressentais de moins en moins
ce trouble. Nous avons réussi à s’habituer l’un à l’autre.
Grey m’attend en bas pour partir. Je l’entends marmonner quelque chose que je
ne comprends pas et ça me fais sourire.
— Mais qu’est-ce que tu fabrique ? Tu en mets du temps pour te préparer !
Je tiens à préparer la chambre d’amis avant de partir. Nous sommes pas en
avance certes mais ce qui est fait n’est plus à faire ! Je l’entends monter les
escaliers. Il doit se demander ce que je fabrique.
— Charlotte ? Tu fais quoi ? Il passe sa tête par la porte de la chambre.
— Ah tu es là ! Je te cherchais ! Que fais-tu ?
— Je t’ai promis que je te préparerais un lit pour dormir alors avant de partir je
mets les draps. Je ne sais pas vers quelle heure nous allons rentrer, je préfère le
faire avant de partir, tu vois ?
— On avait le temps, ce n’était pas urgent !
— Oui je sais mais au moins c’est fait. Dis-je avec un clin d’œil.
— Un coup de main peut- être ?
— Attrape le bout du drap house et place le dans le coin du matelas s’il te plait !
Grey s’exécute amuser. Il chope le drap et tire un peu trop brutalement dessus.
Tenant l’autre extrémité, je suis projetée sur le matelas comme un boulet de
canon surprise par sa force, un petit cri m’échappe.
— Oh excuse-moi ! Il se précipite pour me relever.
Prise dans un fou rire incontrôlable, je me plie en deux.
Sur le coup, il a dû croire que je pleurais, car j’avoue je n’ai pas ris de la sorte
depuis des lustres. Mais lorsqu’il se penche sur moi, un genou sur le matelas, il
comprend que je suis en plein fou rire et non en Bad trip.
Je me retourne sur le dos, affalée sur le lit les bras en étoile de mer. Des larmes
coulent sur mes tempes mais cette fois-ci ce sont des larmes de joie. Je me sens
bien et ça fait longtemps que je n’ai pas ressentie cette sensation.
Grey me contemple agenouiller juste au-dessus de moi.
Je reprends mon souffle doucement. Lui s’enivre de mon rire. Un sourire
illumine son beau visage carré, soulignant ses yeux noisette.
Aucun mot ne peut d’écrire ce que je lis sur son visage à cet instant précis.
— Tu es si belle !
Ces quelques mots lui ont échappé dans un murmure. Mon rire s’estompe
doucement.
Il me regarde profondément, intensément dans les yeux. Je cesse de rire et
affiche un air plus sensuel. Je ne lâche pas son regard. Il est planté au-dessus de
moi, une mèche retombe sur son front. Il est si beau ! Je meurs d’envie d’y
glisser mes doigts et la lui replacer mais je n’en fais rien. Je ne veux pas risquer
de briser cet instant particulier. Je ne veux pas qu’il se relève, qu’il brise ce lien
qui nous lient l’un à l’autre. Seul nos regards comptent, plus rien autour n’existe,
le temps se fige. Nos respirations se font de plus en plus lourde.
Qu'essaye-t-il de lire dans mon regard ? Que ressent-il à cet instant ?
Je peux déchiffrer dans ses yeux noisette qu’il est sincère et qu’il ne me fera
aucun mal. Depuis le début, il m’attire. Regardez-moi ça ! Son teint doré, ses
yeux sombre d’une profondeur infinie, ses cheveux légèrement long plaqué en
arrière ou l’on a envie d’y passer ses doigts et de si accrocher, sa mâchoire carré,
saillante recouvert d’une barbe de trois jours, juste ce qu’il faut pour vous
donner des frissons et ce corps musclé, dessiné à l’équerre, dur comme la pierre,
comment résister ?
Dites-le-moi ! Car à cet instant, je suis à deux doigts de me jeter à son cou. J’ai
tellement soif de sa bouche, sentir sa peau chaude sur la mienne, que mon cœur
est prêt à exploser.
Il me regarde encore et encore. Son regard me transperce mais pourquoi ne
bouge-t-il pas ? Je me mordille la lèvre, cela devient gênant …. Des millions de
questions me traverse l’esprit. Attend-t-il que je fasse le premier pas ? Pourquoi
est-ce qu’il ne dit rien ?
Oh mon dieu qu’est-ce qu’on est en train de faire ?
Je n’ose pas bouger paralysé par le désir qui s’empare de moi centimètre par
centimètre. Je le sens m’envahir. Ma respiration se fait plus rapide et plus courte.
La raison me chuchote de m’enfuir encore et encore, de le repousser, de ne pas
recommencer et pourtant je meurs d’envie qu’il me prenne dans ses bras, qu’il
me recouvre de tout son corps et sentir la chaleur s’immiscer en moi. Ça fait
tellement longtemps que je ne me suis pas senti désiré et comblé. Je me sens
vide. Je le supplie en silence de s’approcher encore plus prêt de ma bouche, de
ce coucher sur moi, de sentir son poids sur moi à en laisser la trace dans le
matelas. Impossible pour moi de résister ou de lutter contre mes désirs. Plus rien
ne m’empêche dorénavant de vivre cette passion qui me dévore depuis des mois.
Alors je m’abandonne à lui.
— Approche. Lui susurré-je.
Quelques millimètres séparent nos lèvres. Il se penche encore un peu plus sur
moi le regard brûlant de désir mais il ne me touche toujours pas. Il hésite.
À ce moment, mon bon sens semble avoir disparu. Je n’écoute que mon désir à
l’état brut. Je crève d’envie qu’il me touche et qu’il réchauffe mon âme perdue.
Je souhaite simplement lâcher prise et savourer chaque minute. Alors je laisse
mes sens me guider.
Je glisse mes mains sous son tee-shirt blanc et découvre ce torse si convoité. Il
a une peau si douce et si ferme que j’en ferme les yeux de délice. Lui, laisse
échapper un soupir en fermant les yeux. Je suis complètement à sa merci. Grey
me caresse les cheveux, dessine le contour de mes yeux, de ma bouche. Il prend
son temps, ses gestes sont délicats. J’ai les sentiments qu’il doute ou me laisse-t-
il le temps de bien jauger la situation ? Me laisse t- il le temps de tout arrêter si
j’en ressens le besoin ? En même temps je l’ai repoussé tellement de fois qu’il ne
doit plus savoir sur quels pieds danser avec moi. Mais je pense qu’il savoure lui
aussi cet instant si désiré. Je le lis dans son regard, il est tout autant excité que
moi. Une flamme crépite dans ses yeux.
Grey pose enfin ses lèvres sur les miennes comme une plume délicate. Elles sont
sucrées et tendre à la fois. Mes seins se frottent contre son torse à chacune de
mes inspirations.
Je vois bien qu’il a un mal fou à se contenir. Sa respiration est rauque et ses yeux
sont devenus plus obscur. Ses mains glissent sous mon pull puis il saisit mon
sein fermement. Mon dieu c’est tellement bon de se sentir désirer ! Notre baisser
est de plus en plus ravageur et incontrôlable.
Je ressens comme une bouffée d’oxygène, un nouveau souffle, celui de la liberté,
celui de la vie, de la passion. Je vais me donner à lui. L’homme qui était devenu
mon fantasme. L’homme qui a chamboulé toute ma vie. L’homme que le destin
m’a prédestiné. Je suis au bord du gouffre et je ne me suis jamais senti aussi
vivante.
— Charlotte…
Je pose mon index sur sa bouche.
— Chut ! Ne dis plus rien, fais-moi l’amour. Aide-moi à ressentir la vie en moi.
Nous nous abandonnons l’un à l’autre dans un tourbillon de tendresse et de
ferveur.
Grey prend tout le temps nécessaire. Il prend sur lui et ce contrôle à chacun de
ses mouvements pour m’offrir son amour comme jamais il ne l’a donné à qui
que ce soit.
Il me déshabille, vêtement après vêtement. Il découvre mon corps pour la toute
première fois de la manière dont je voulais depuis le début. Je me sens splendide,
voluptueuse grâce à lui. Depuis qu’il s’est mis aux fourneaux, je me suis
remplumée. Il me caresse chaque centimètre de peau nue, m’embrasse dans les
moindres recoins. Il veut que ce moment si particulier soit gravé dans ma
mémoire.
Nos deux corps ne font plus qu’un, entremêlé, mélangé, serré l’un contre
l’autre. Je laisse libre court à mon instinct. Je me laisse porté par la vague de
plaisir qu’il m’offre sans réfléchir, sans penser. J’ai juste envie de cet homme.
Oh oui j’en ai envie ! Vous ne pouvez pas imaginer tous les scénarios que j’ai pu
faire dans ma tête.
J’ai envie de lui, besoin de lui. Je suis au bord de l’explosion, tous mes sens sont
déchaînés. Je le déshabille à son tour maladroitement, un peu pressée par l’envie,
par le feu qui brûle en moi.
— Doucement …on a tout notre temps bébé ! Il me saisit les mains pour que
mes tremblements cessent puis le regard lourd, il m’aide à le déshabiller
complices les doigts mêlés.
Une fois entièrement nus, Grey s’immobilise un instant, nos corps collés l’un
contre l’autre. Je sens la chaleur de sa peau réchauffée la mienne. Il me regarde
intensément, profondément, une férocité émane de lui. J’en ai le souffle coupé.
— As-tu la moindre idée de ce que tu me fais ? A qu’elle point je dois me
contrôler ? Mon dieu Charlotte ….
Il a prononcé ces mots la mâchoire serrée et je comprends à quel point il me
désire. Il a le regard d’un homme sur le point de devenir fou. Il m’attire
brusquement contre lui. Il semble perdu. Il me serre dans ses bras, m’embrasse le
visage délicatement puis glisse sur mes lèvres. Son baiser est à la fois animal et
possessif, un contraste surprenant avec ses gestes. Je lui rends son baiser. Je suis
au bord du précipice tellement il me rend folle de désir. Je le veux en moi
désespérément, me perdre en lui, ne plus rien penser, juste l’aimer.
Ses mains glissent sur mon corps entièrement nue, exposé rien que pour lui. Je
réclame en silence qu’il me fasse l’amour. Je me cambre sous son corps d’acier
pour l’inciter à continuer. Sa bouche me dévore littéralement. Il peut faire de moi
tout ce qu’il veut à cet instant, je suis perdu dans un autre monde seul avec lui.
Ses lèvres me goûtent, me chatouille. Il parcoure mon cou, mon épaule avec sa
langue, descend le long de mes côtes tout en jouant avec mes tétons durcis par
ses petits pincements délicieusement excitant. Il descend encore et encore,
déposant des baisers sur mon ventre, mon nombril, jusqu’à ce qu’il atteigne la
toison de mon sexe. Je perds pieds. Je fais basculer ma tête en arrière, les mains
accrochées aux draps tellement j’ai envie de lui, tellement c’est bon.
— Grey …Murmuré-je à bout de souffle.
Je prononce son nom dans une supplication. Je ne sais s’il m’a entendu mais il
me rend grâce lorsqu’il m’écarte les cuisses et y plonge la tête. Je sens sa langue
ouvrir mes lèvres trempées. Il m’écarte les cuisses encore un peu plus puis il
dévore mon intimité. Il joue du pouce sur mon clitoris et fait de petits cercles
sans relâche. Je veux crier, hurler son nom tellement c’est délicieux.
Je me mords la lèvre inferieur à sang tant il me rend folle. Je sens monter en moi
une tornade. Mes jambes tremblent sous l’effet de sa langue implacable. Je suis à
deux doigts d’exploser.
— S’il te plait !
— S’il te plait quoi bébé ?
Sa voix révèle une tension palpable. Il veut la même chose que moi mais il
semble vouloir me l’entendre dire.
— Je te veux en moi ! Dis-je sans retenu dans un souffle.
— Tu es sûr ?
— Oui !
Il me mordille le clitoris, ce qui me fait lâcher un petit cri désespéré, puis je
sens une brise fraîche me caresser le sexe humide de ses coups de langue. Il se
relève pour aller chercher je ne sais quoi dans son jean abandonner aux pieds du
lit. Je le regarde, le dévore des yeux. Il est tout simplement magnifique, comme
dans mes plus chauds fantasmes, un corps de rêve taillé dans la pierre, musclé,
tatoué et doré par le soleil.
Il sort de sa poche un préservatif qu’il déchire avec ses dents. Je suis
bouleversée par l’intensité de son regard. Je n’arrive plus à respirer
normalement. Je suis littéralement en feu. Il fait glisser le préservatif le long de
sa queue au garde à vous avec une telle lenteur que je crois mourir à petit feu par
l’excitation qui coule dans mes veines. Je suis à deux doigts de lui sauter dessus
et le violer sur place.
Il sourit à peine, juste ses yeux se plissent lorsqu’il me voit me mordre la lèvre
encore une fois impatiente.
— Ne fais pas ça !
— Quoi ?
— Ne te mords pas les lèvres comme ça.
— Pourquoi ?
— Ça m’excite et je ne suis pas sûr de pouvoir me contrôler encore longtemps.
Tu me rends fou …tu sais ?
— Je t’en supplie approche Grey ! Lui dis- je un peu gêné qu’il me regarde
entièrement offerte à lui mais aussi parce que je suis en feu. Je sens mon sexe
palpiter entre mes jambes prête à l’accueillir.
Je suis soulagée lorsqu’il décide enfin à venir vers moi. Je suis légèrement relevé
sur mes coudes, les genoux pliés, les cuisses ouvertes lorsque son corps
s’allonge sur le mien comme une caresse au soleil. Il s’empare de ma bouche et
m’embrasse si intensément que je jouis presque sur le champ.
Je sens la pression de son gland à l’entrée de mon sexe mais il ne fait que de
légères pressions. Veut-il que je meure ? Je n’en peux plus. Je le veux en moi et
profondément. Sentir la chaleur de sa queue se propager à l’intérieur de mon
sexe avant que ma raison reprenne le dessus et que mes vieux démons se
réveillent. Je tente par tous les moyens de me cambrer mais il est bien trop fort et
bien trop lourd pour que je puisse prendre l’initiative de le prendre en moi. Je le
sens sourire dans mon cou, amusé de ma pauvre tentative.
— Patience bébé …ça n’en sera que meilleur. Je te le promets ! Me dit-il.
Et effectivement il avait raison. Après de multitudes de caresses et de baisers
interminable mais délicieusement bon, il me pénètre enfin.
Je ne peux vous décrire la sensation que je ressens en ce moment …mais je suis
à des années lumières de la terre, dans un tout autre monde, déconnecter de la
réalité. C’est si intense et si doux à la fois, un mélange extraordinaire !
Il enfouit son visage dans mon cou. Je sens son souffle m’effleurer la peau
délicate et ultra-sensible. Il m’attrape l’arrière des cuisses afin d’avoir une totale
maîtrise sur mon corps. Je sens chaque centimètre de sa queue entrer en moi
tellement je suis serrée. Mes ongles s’enfoncent dans sa chair tendre de son dos
et je gémis de plaisir. Le seul mot que je peux articuler est son nom.
— Grey ….
— Oui bébé … laisse parler ton corps …Jouis pour moi !
À ses mots, il ne me faut pas plus de quelques secondes pour sentir monter en
moi l’orgasme fulgurant et ravageur qui ne demandait qu’à sortir de mon corps.
Grey semble se retenir pour que l’on puisse jouir ensemble, alors je n’ai pas
d’autre choix que de laisser exploser mon orgasme.
— Oh mon dieu ! Crié-je. Et c’est à ce moment-là que je le sens se raidir en moi.
Son corps est envahi par des spasmes, tous ses muscles se contractent. Cet
instant est si intense, si déchirant que je crois que je ne vais jamais m’en
remettre.
Lorsque je reprends mes esprits, mon pouls a repris un rythme plus ou moins
normal vu l’ampleur de l’ouragan que nous venons de vivre ensemble. Grey est
toujours allongé sur moi, calme et détendu. J’ai les bras autour de son cou et
nous respirons en rythme. Son poids sur moi me fait sentir en sécurité. Il me
recouvre intégralement, je suis comme engloutis par sa force.
Il relève la tête doucement. Son regard sur moi est comme au premier jour
intense et profond. J’ai la sensation qu’il me perce en plein cœur. J’en ai le
souffle coupé. J’essaie sans succès de faire taire mon cœur qui s’affole dans ma
poitrine mais en vain, avec lui c’est peine perdu, jamais je n’arriverais à avoir un
rythme cardiaque normale.
— Tu es magnifique bébé ! Me dit-il d’une voix suave puis il m’embrasse avec
délicatesse. Il ne s’est pas retiré et je sens encore son érection en moi. Mon pouls
s’accélère de nouveau. Je viens d’avoir un orgasme à m’en couper le souffle
mais à vrai dire tout ce que je veux c’est qu’il recommence.
Je me sens vivante, revivre plus précisément. Dans ses bras, je suis redevenu une
femme sexy, attirante et sensuelle. J’ai oublié à quel point c’est bon ! Bon sang
oui …tellement bon !
Sentir le désir de l’autre le consumer. La passion l’animer. Voir dans son regard
l’animal qui émane de lui. C’est tout simplement extraordinaire et très excitant !
Grey me dévore la bouche. Je lui mords les lèvres en retour. Je ressens encore
son membre en moi dur et imposant. J’en apprécie la pression déchirante à
l’intérieur de mon sexe. J’ouvre les cuisses encore un peu plus et me frotte
contre lui pour une invitation à recommencer.
— Tu en veux encore ? Me demande-t-il le souffle court en me dégageant
quelques mèches de mon front.
— …Oui ! Ramène-moi à la vie.
Il me regarde. Je me noie dans ses yeux aveline. Son regard me scrute, sensuel et
charmeur pendant quelques secondes puis il me serre fort entre ses bras.
— J’aimerais sincèrement te refaire l’amour bébé, comme tu peux le sentir entre
tes cuisses …mais je n’ai plus de préservatif. Je n’avais pas prévu qu’il se passe
quoi que ce soit entre nous ! Me dit-il l’air confus et désolé avec sa petite moue
attendrissante.
Malgré nos deux corps en feu, je reviens à la réalité doucement. Grey est prudent
et à la tête sur les épaules, tout le contraire de moi en ce moment. Il aurait pu me
prendre de n’importe quelle manière, la tête à l‘envers, par devant ou par
derrière, je crois bien que je lui aurais donné ma bénédiction. J’ai littéralement
perdu pieds.
— Oh je vois… Lui dis-je un peu gênée de ne pas y avoir pensé.
Il se retire délicatement en me gratifiant d’un baiser tendre dans le cou puis vient
s’allonger à côté de moi. Il se débarrasse du préservatif discrètement et m’attire
contre lui en me prenant dans ses bras. Il ramène les draps sur nos corps nus.
Épuisée et toute chamboulée intérieurement, je me laisse aller contre son torse
chaud et musclé. Une odeur boisée mélanger à celle du sexe emplit la pièce.
J’inspire profondément béate et fatiguée en fermant les yeux.
J’aime cette odeur. J’aime faire l’amour. J’aime sa peau, son corps, sa langue,
ses yeux …J’aime tout chez cet homme. Il me fait me sentir vivante et m’a
ressuscité, sortit de mon enfer !
Il me serre encore un peu plus fort.
— Dors à présent ! Me chuchote-t-il dans le creux de mon cou.
Nos corps sont emboîtés l’un dans l’autre. Un silence flotte dans la chambre, un
calme agréable et apaisant nous enveloppent. Je m’assoupis heureuse et
comblée.
Je ne serai vous dire combien de temps nous sommes restés ainsi, mais je peux
vous jurer que même un tsunami ne m’aurais fait bouger de ses bras.
J’ai cru un instant que Brady m’enlaçait. J’étais bien, au chaud dans ses bras,
en sécurité comme avant puis lorsque j’ai ouvert les yeux le choc m’a poignardé
en plein cœur. J’y ai vu les deux bras tatoués de Grey autour de ma taille. Il dort
profondément coller à moi dans mon dos, son souffle chaud et régulier me crispe
tous les muscles du corps.
Comment ai-je pu faire une chose pareille, dans notre maison ?
J’écarte ses bras, me lève d’un bon sans ménagement et je le regarde horrifier. Il
se réveille doucement, s’étire pendant que je reste plantée là au bout du lit à le
regarder essouffler. Il ouvre les yeux et quand il voit mon visage il se
décompose.
— Charlotte ? Qu’est-ce qu’il y a ? Me demande-t-il en se redressant sur le lit.
— Je n’y arrive pas ! Je n’y arriverais jamais Grey !
— De quoi parles-tu ?
— Toi et moi, c’est impossible !
— Ne dis pas ça, s’il te plaît bébé. Il se lève et s’approche de moi en tendant les
mains vers moi le regard suppliant.
— Non ne me touche pas Grey, s’il te plait ne t’approche pas, je l’implore en
essayant de cacher mon corps nue de mes mains.
— D’accord bébé, calme-toi, on va en discuter.
Des larmes noient mon visage. Il s’empare du drap étendu sur le lit et me le tend
pour que je me couvre. Je le prends et je m’enroule dedans jusqu’au menton
pendant qu’il se rhabille à toute vitesse.
Je suis confuse, désolée et triste à la fois. Je suis que mélange de sentiments.
Une fois vêtu, il se retourne vers moi, la respiration rapide et me dit :
— Je comprends que tu sois perdu, mais ne le prend pas comme ça. C’était
merveilleux tout à l’heure, tu ne peux pas le nier.
— Arrête !
— Non ! Je ne vais pas te laisser tout gâcher. Je me bats pour toi chaque jour et
je compte bien continuer chaque jour que dieu m’offre à tes côtés Charlotte. Je
ressens des choses que je n’explique pas, que je n’ai jamais ressenti auparavant.
Tu m’as transformé. Je suis un nouvel homme à tes côtés bébé. Je ne me
reconnais pas et c’est grâce à toi. J’oublierais mon propre cœur, mes propres
douleurs, je me perdrais pour te sauver Charlotte.
— S’il te plait, ne me rend pas la tâche plus difficile Grey ! Lui rétorqué-je un
peu plus sèchement que je ne l’aurais voulu mais je suis perdu et il m’embrouille
la tête avec ses belles phrases.
J’ai besoin d’être seule, tu comprends ? Toi et moi c’est compliqué. Tu n’es pas
n’importe qui Grey. Tu es le frère de mon mari ! C’est une double trahison dans
ma tête. Je ne me reconnais plus depuis que tu es dans ma vie. Tu chamboule
toutes mes lignes de conduite, tu fais ressortir en moi tout ce que je déteste chez
les autres. L’infidélité, être une menteuse, une cachotière et j’en passe ! Lui dis-
je énervée. Il me regarde comme si je lui arrachais les tripes à vif et ça me blesse
de le lui avouer mais je n’ai pas le choix, je veux qu’il comprenne pourquoi je ne
veux plus que ça se reproduise.
— Ne dis pas ça bébé.
— Excuse-moi, je suis sincèrement désolée Grey mais nous n’aurions pas dû !
C’était une grosse erreur.
— Comment tu peux dire une chose pareille après ce que nous venons de
partager tous les deux ? Tu en as eu envie tout autant que moi. C’est toi qui m’a
dit de te faire l’amour ! Tu me rejette à chaque fois. Comment veux-tu que je me
comporte avec toi ? Je suis perdu ! Tu ne peux pas jouer avec moi comme ça !
Me crache-t-il hors de lui en se passant les mains dans les cheveux plusieurs
fois.
Je suis profondément meurtrie au fond de mon cœur. J’ai le sentiment de le
perdre et ça me fais mal. C’est étrange car j’ai envie de me blottir dans ses bras,
de lui dire que je m’en veux terriblement de le faire souffrir mais je voudrais
aussi ne plus jamais le revoir pour oublier toute cette partie de ma vie qui me fait
vivre un enfer éveillé.
— J’ai besoin de plus de temps, s’il te plaît ! Je m’essuie le visage avec un bout
du drap puis je lui demande de me laisser seule la voix brisée. Nous nous
regardons en silence. Mes lèvres tremblent et mes yeux ne cessent de couler puis
il finit par me dire :
— Très bien Charlotte, mais sache que je serais toujours là si tu en as besoin.
J’attendrais le temps qu’il faut pour que tu acceptes mes sentiments pour toi.
Il baisse la tête. Je sens une profonde déchirure en moi m’ouvrir les entrailles
puis il quitte la pièce, les mains enfouies dans les poches en silence.
Je me retrouve seule encore une fois face à mes choix, à mes incertitudes les plus
profondes et encore plus brisé qu’avant mais je sens que je n’ai pas le choix. Je
dois m’écarter de lui pour faire mon deuil et pouvoir guérir de mes blessures
intérieures qui me font si mal.
Chapitre 15
C ’était une erreur encore une fois. Monumentale cette fois-ci. Je n’aurais
jamais dû m’offrir à lui. J’aurais dû être plus forte, me contrôler. Je me
déteste pour ça ! Il lui suffit de poser les yeux sur moi pour que je fonde
comme une glace au soleil.
Bordel ! Je suis en train de me détruire. Je suis en miettes. Je dois me protéger et
me reconstruire loin de lui et loin de toute mon ancienne vie. Après une longue
nuit à réfléchir, à tout retourner dans tous les sens afin de trouver une solution à
ma vie, j’en ai déduit qu’il fallait mieux que je parte.
Je me lève difficilement de mon lit. J’ai l’impression qu’un rouleau
compresseur m'est passé dessus. J’ai mal partout. Mes yeux me brûlent et j’ai
toujours ce point douloureux au milieu de la poitrine qui me comprime. Je
prends une douche chaude, me lave les dents et m’habille. Je suis déterminée à
affronter cette journée difficile. Je descends à la cuisine où Grey est installé
comme d’habitude à l’îlot centrale, c’est marrant de voir comment les habitudes
peuvent s’installer en si peu de temps. Une routine qui me plaît malgré moi. Il
boit son café fumant en lisant le journal, vêtu d’un jogging en coton à la veste
rouge vif. J’ai déjà une boule dans la gorge avant même de lui avoir parlé. Je
m’assoie en face de lui sur un tabouret de la cuisine en silence. Le journal se
baisse, je lève les yeux vers lui. Nos regards se fixent.
— Bonjour Charlotte.
— Bonjour Grey.
Ça me fait bizarre qu’il m’appelle par mon prénom, j’ai pris l’habitude qu’il
m’appelle avec ce petit surnom « Bébé » qui jusqu’à présent était passé inaperçu.
J’aimais qu’il me surnomme ainsi, ça sonnait bien à mon oreille.
Les salutations sont timides et froides, je ne sais pas trop par où commencer. Je
commence par prendre un café avant d’entamer la conversation.
Un silence pesant s’installe. Il continue de lire les nouvelles sans me prêter
attention et j’avoue, ça me blesse. J’aimais nos petits-déjeuners chaque matin. Il
est toujours de bonne humeur, joyeux et souriant. Et dieu seul sait que je ne lui ai
pas mené la vie facile. Un jour c’est blanc, le lendemain c’est noir. Je l’attire
puis la seconde d’après je le repousse comme si c’était un inconnu mais je n’y
peux rien mes défenses prennent le dessus, mon instinct de survie agit malgré
moi.
J’inspire profondément et me lance.
— Grey ? Il fait tomber son journal sur le plan de travail à côté de lui puis me
regarde sans un mot, aucune expression sur le visage, froid. J’ai longuement
réfléchi, je vais…. déménager. Si je reste ici ancré dans mon passé, dans mes
souvenirs, je n’y arriverais pas ! Je vais rejoindre ma sœur dans le sud de la
France à Cassis. Elle s’occupera de moi et je tenterais de me reconstruire du
mieux que je peux. La surprise se lit sur son visage.
— Non …tu ne peux pas faire ça et les filles ?
— Je les emmène. Elles aussi ont besoin de se construire un nouvel avenir et
surtout elles ont besoin de moi. Ça fait déjà bien trop longtemps que je les ai
abandonnés. Je dois reprendre mon rôle de mère.
—Impossible Charlotte, tu ne peux pas tout balayer. Il tape du poing sur la table,
je sursaute. Tirer un trait sur tout ce que tu as construit depuis tant d’années et …
nous ? Ça ne veut rien dire pour toi ? La surprise se transforme en colère mais je
continue, il le faut.
— Je suis désolée Grey mais c’est la seule solution que j’ai trouvée. C’est mieux
ainsi. Toi et moi, ça ne marchera jamais. Je n’arrive pas à me pardonner mon
erreur et je sais que ça nous brisera un jour ou l’autre. Je suis sincèrement
désolée ! Je vais pleurer encore si je continue à le regarder. Je préfère me lever
c’est plus dur que je m’étais imaginé.
Je m’assoie sur le canapé. Il me rejoint. La douleur ne me quittera donc jamais ?
Grey se glisse à genoux entre mes jambes. Il pose sa tête sur mes cuisses et
j’implore dieu pour qu’il me donne tout le courage nécessaire pour tenir bon et
ne pas craquer. Si seulement j’arrivais à m’enlever cette culpabilité qui me
bouffe la vie, je pourrais peut- être m’autoriser à aimer de nouveau.
Mes larmes n’en finissent plus de couler. Je lui caresse les cheveux. Ils sont si
doux entre mes doigts.
—Ne part pas Charlotte, je t’en supplie ! Sa voix est si désespérée que j’en suis
désarmée. Il relève la tête, me regarde droit dans les yeux et m’avoue :
— Je veux être l’air que tu respires bordel ! Je veux être le ciel que tu
contemples chaque matin. Je veux être les lèvres que tu embrasses en te
couchant et par-dessus tout, je veux être la raison qui fait battre ton cœur. Ne
m’abandonne pas Charlotte ! J’ai besoin de toi, tu es ma force.
— Si seulement on s'était connu dans d’autre circonstances … tu le sais, je serais
resté à tes côtés. Tu me rends autant heureuse que tu peux me rendre
malheureuse Grey. C’est si compliqué en moi que je suis obligée de m’éloigner
de toi pour y voir plus clair. Je n’ai pas le choix !
J’inspire profondément et prends son visage entre mes mains. Il me regarde
détruit, le regard suppliant. Mon nez coule, mes yeux pleurent mais je m’en fous
lui seul peut me voir de l’intérieure. Voir à quel point ma décision ne m’enchante
pas plus que lui et que j’aurais aimé continuer vivre avec lui. Je sais que loin de
lui le temps va me paraître une éternité, encore plus dur et sans saveur mais je
dois cicatriser et surtout me pardonner.
Je lui dépose un baiser profond en guise d’adieu. Nos visages sont humides, j’ai
mal dans la poitrine tellement je le veux. Bordel pourquoi c’est si dur de le
quitter ?
La semaine est passé difficilement, nous sommes meurtris l’un comme l’autre
mais mon choix est pris et je ne veux pas changer d’avis. Je dois passer par cette
étape pour me relever, même si cela engendre de quitter l’homme avec lequel je
rêve de vivre passionnément l’amour qui nous consume.
J’ai fait tout ce qui était nécessaire en un temps record. Je le sais, si je tarde à
partir, je ne suis pas sûr d’avoir le courage nécessaire en réserve pour tout
plaquer. Je fuis ma vie pour mieux revenir. J’ai confié à Clara mon entreprise,
contacter le service de sécurité pour prévenir de mon absence indéterminée afin
qu’ils assurent la sécurité de la maison des cambrioleurs ou dégradations en tout
genre. J’ai acheté nos billets d’avion sur internet. Tout est prêt sauf mon cœur.
Les valises sont bouclées. Il ne me reste plus cas récupérer les filles chez leurs
grands- parents et à filer en direction de l’aéroport. J’ai fait mes adieux à Grey
hier soir. Je ne tenais pas à ce qu’il soit là aujourd’hui, cela m'aurait rendu la
tâche encore plus difficile et je ne suis pas sûr de vouloir le quitter. Il a toujours
eu cette attraction avec mon corps.
Je suis sur le point de partir, clés en mains, valises dans le coffre lorsqu’on
frappe à la porte.
— Oui ! Bonjour.
— Bonjour Madame. Je me présente, je suis Monsieur Pasquier Jean.
— Que puis-je faire pour vous ? Je ne connais pas cet homme, son visage met
inconnu. Qu’est-ce qu’il me veut ?
— J’ai eu beaucoup de mal à vous retrouver. Auriez- vous du temps à
m’accorder ? Il semble nerveux.
— Je suis désolée mais je dois partir. Que voulez-vous ? Il inspire profondément,
une expression indéchiffrable sur le visage se dessine puis il me répond d’une
voix douce et touchante :
— J’étais avec votre mari lorsqu’il …enfin lorsque nous attendions les secours !
Excusez-moi de vous embêter et de débarquer à l’improviste mais votre mari
tenait à ce que je vous dise.
Je suis à deux doigts de m’évanouir. Je n’entends plus rien. Un bourdonnement
dans les oreilles m’empêche d’entendre ce que ce monsieur continue de me
raconter. Mes yeux le fixent. Je suis sous le choc. J’ai toujours refusé d’entendre
quoi que ce soit sur l’accident. Je ne voulais pas savoir les circonstances exactes
dans lesquels il a perdu la vie. Aujourd’hui je n’ai plus le choix. Il a frappé à ma
porte sans prévenir.
Je dois me tenir au chambranle de la porte d’entrée afin de ne pas m’effondrer
sur le seuil. C’est affreux, mes jambes ne répondent plus. La terre vacille.
L’homme en question me prend de justesse par le bras en me maintenant
fermement.
— Madame, ça va ? Vous êtes toute pâle. Vous ne voulez pas vous asseoir ?
Je n’arrive plus à parler. Mon dieu j’étais pourtant si prêt, pourquoi la vie
s’obstine- t- elle à me mettre des bâtons dans les roues à chaque fois.
Après quelques minutes assises sur le canapé, je reprends mes esprits
difficilement.
— Pardonnez- moi, je ne m’attendais pas à ça.… Je crois que je vais avoir
besoin d’un verre. Mes vieux démons refont surface, toujours prêt à l’assaut.
— Non merci Madame c’est bien aimable à vous, mais il est encore tôt pour un
verre même si je comprends que vous en avez peut- être besoin, je suis venu
juste vous apportez un message de la part de votre défunt mari qu’il m’a
demandé de vous dire avant …Enfin ...
Ses yeux sont remplis de compassion. Je tente de tenir le choc face à cet inconnu
qui a fait irruption dans ma vie et qui s’apprête à me révéler les dernières paroles
de Brady. Je rassemble mon courage à deux mains, inspire plusieurs fois d'affilée
puis je lui demande d’une voix faiblarde.
— Qu’a-t-il dit ?
— Qu’il vous pardonnez ….
Savez-vous ce qu’un mot, un seul et unique mot peut changer à votre destin ?
Eh bien moi à cet instant précis, j’ai su enfin que les ténèbres étaient parties à
tout jamais. Un profond soulagement libère mon âme de toute cette torture, de
toute cette souffrance intérieure qui me rongeaient depuis des mois. Je me sens
légère, comme lorsque que l’on se laisse dériver sur le dos porté par le sel marin
face au ciel bleu d’un été radieux.
— J’étais présent quand votre mari a eu son accident Madame. Il roulait à toute
vitesse, il a manqué de renverser plusieurs personnes qui traversaient la rue. Je
ne sais pas ce qu’il avait pour conduire aussi vite mais je pense que cela devait
être urgent. Puis il a grillé le feu rouge, des klaxons ont retentis pour empêcher
l’accident mais il roulait beaucoup trop vite pour l’éviter. Cela c’est passer
tellement vite qu’il n’a pas dû voir la voiture arriver sur sa droite, celle qui l'a
percuté.
J’écoute ce monsieur malgré moi me raconter comment Brady a perdu la vie.
Des larmes coulent à flot sur mon visage, et j’ai terriblement mal dans la
poitrine. Mon cœur saigne de l'intérieur. J’ai le sentiment de revivre chaque
seconde de cette journée qui m’a fait atterrir en enfer.
Voulez- vous que je m’arrête ?
— Non, continuez s’il vous plaît, je dois savoir ! Je ne sais pas pourquoi je
m’inflige ceci mais pour Brady je dois connaître la fin de notre vie.
— Bien Madame, votre mari a perdu le contrôle du véhicule puis il fut projeté
dans les airs. Le choc a été violent. Une fois la voiture immobilisée, je me suis
précipité pour lui porter secours.
Des gens criaient, choqués surement. J’ai tout de suite appelé les secours. Je me
suis mis à genoux près de lui.
— Il était encore en vie ? Je lui demande en pleure, tout en croisant les bras
contre mon ventre en me balançant d’avant en arrière pour me calmer.
— Oui Madame. Il était mal en point. Il avait plusieurs entailles sur le visage dû
aux vitres brisées. Il était suspendu, attaché par sa ceinture de sécurité, inerte. Il
avait dû perdre connaissance. Je l’ai appelé plusieurs fois quand il a enfin ouvert
les yeux. J’étais soulagé de le savoir en vie. Je lui ai demandé comment il se
sentait. Je l’ai prévenu que les secours aller arriver, qu’il ne devait pas
s’inquiéter mais il s’obstinait à vouloir dire quelque chose alors je me suis
approché. J’ai tendu l’oreille et il m’a fait promettre de vous dire qu’il vous
pardonnait. Qu’il vous aimait de tout son âme et il tenait à ce que vous ne restiez
pas seule.
Les secours sont arrivés juste après. Ils l’ont emmené puis j’ai appris qu’il était
décédé dans les journaux quelques jours plus tard. Je suis sincèrement désolé
Madame, je vois bien que ça vous attriste mais je lui avais promis. J’espère que
vous comprenez ma démarche……
Je ne sais plus vraiment comment c’est fini notre conversation. La seule chose
que je me souviens c’est de lui avoir dit merci. Ce fût le seul mot que je pouvais
prononcer. J’ai dû lui dire cent fois d’affilé. Pas un merci ordinaire, non, un
merci sincère et profond rempli de gratitude.
Imaginez-vous si ce monsieur n’avait pas persisté à me retrouver et avait
continué sa vie en gardant pour lui les dernières paroles de Brady ? Que serait
devenu ma vie, mon être et mon âme ?
L’avion a quitté le tarmac sans nous. Il a pris son envol emportant avec lui tous
mes doutes, toutes mes interrogations et surtout ma culpabilité. Une nouvelle vie
s’offre à moi grâce à deux choses. La première a été l’amour que Brady ma
portée malgré le mal que je lui ai fait, malgré ma trahison. Il a eu le courage et la
bonté de pardonner mon acte.
Puis la seconde, est la détermination de cet homme à me retrouver afin de
conduire à bien sa mission de messager. Grâce à ces deux hommes bon et
généreux, je peux enfin entrevoir un avenir meilleur. Une chance de me
reconstruire, apaisé et sereine.
Grey vit avec nous. Les filles l’ont adopté si naturellement qu’encore
aujourd’hui j’en suis bouleversé. Elles avaient besoin d’un homme pour leur
équilibre. L’absence de leur père les a tellement perturbés que l’arrivé de Grey
dans la maison a permis à tout le monde de voir un avenir meilleur. Ça fait
plusieurs mois que nous avons tous repris le cours de notre vie. Les filles ont
repris le chemin de l’école, moi j’ai repris place dans mon fauteuil de directrice
et Grey s'entraîne dur chaque jour pour le nouveau championnat du monde qui se
déroulera à New York dans cinq mois. Une petite routine agréable s’est installée
dans la maison et tout le monde semble y trouver son compte.
Aujourd’hui c’est mon jour de congé, les filles sont à l’école et je me prépare
pour faire une surprise à Grey. J’enfile des dessous en dentelle rouge bordeaux,
remonte mes bas noirs pour les accrocher aux pinces de mon portes jarretelles.
Mes pieds se glissent dans des escarpins noirs à la semelle rouge vif. Je me sens
femme fatale vêtu de la sorte. Un léger coup d’œil dans le miroir derrière moi
me fait sourire. Il ne va jamais se relever !
Je cherche dans l’armoire ma fameuse robe noire ultra moulante dans laquelle
je peine à respirer. Une fois la main dessus, je me faufile à l'intérieur. Je remonte
la fermeture éclair dans mon dos puis dans une dernière vérification, je me
regarde dans le miroir encore une fois. Cheveux relevés dans un chignon
déstructuré, lèvres légèrement brillante et teint uniforme, je suis prête à faire
courir un sprint au cœur de Greyson.
Mes talons heurtent le parquet de la maison lorsque je récupère ma pochette et
mes clés de voiture. J’éteins les lumières, mets le système de sécurité en marche
et claque la porte d’entrée. Le vent frais se frotte à moi quand je me dirige vers
la voiture. Le ciel est couvert cet après-midi. Je m’installe au volant, fait rugir
mon bolide puis roule vers l’homme qui m’a redonné goût à la vie. Sam Smith
chante dans l'habitacle et je l’accompagne tout le long du chemin.
Arrivé sur le parking du gymnase où il s’entraîne, je jette un coup d’œil dans le
rétroviseur. Je veux être parfaite. Il est quatorze heures, je sais qu'à cette heure-ci
il est seul. Le gymnase lui est réservé. Je descends de la voiture, ferme la porte et
la verrouille. Je marche tout en ajustant ma robe. J’entre en silence à l'intérieur.
Il n’y a aucun bruit mis à part ses coups de poings dans le sac de frappe. Il y a
toujours eu cette odeur particulière de cuir, de sueur et de mâle dominant dans
cette pièce qui enflamme en moi mon désir. Caché dans un coin de la pièce,
recouvert par l’obscurité du vestiaire, je le scrute, l’observe. Son corps
transpirant se contracte à chaque coup, à chaque effort. Ses poings frappent des
centaines de coups en un temps record dans un pauvre sac qui semble ne plus
supporter ses assauts de rage. Il est concentré. Sa respiration est rapide. Ses
tatouages prennent vie chaque fois qu’il heurte le sac. Il est si sexy que j’en fais
brûler ma petite culotte noire en dentelle rien qu'en le regardant. Je serre les
cuisses tellement il me fait de l’effet. La chaleur monte toute seule dans mes
veines. Il est essoufflé et j’aime le voir se surpasser.
Du bout des doigts, j'éteins la lumière centrale de la salle. Seule quatre
malheureuses ampoules l’éclair. Il s’arrête, cherche du regard quand je fais
irruption. Un sourire illumine son visage lorsque nos regards se croisent. Il n’y a
pas un bruit dans la pièce, seul sa respiration orchestre mes pas. Mes talons
aiguilles me donne de l'assurance pour avancer jusqu'à lui. Ses yeux me dévorent
de loin pendant que son torse se soulève rapidement pour retrouver une
respiration normale. Il ne bouge pas. Je m’approche doucement, je veux qu’il
savoure le spectacle. Un demi sourire relève un côté de sa bouche. Ses yeux
changent, ils deviennent plus profond, plus intense. Je m’immobilise dans un
rayon de lumière à quelques mètres de lui. Je peux sentir l’odeur de sa peau me
torturer les narines. Il ne me quitte pas du regard. Ma peau prend feu, il faut que
je me déshabille.
Je jette ma pochette au sol puis fais descendre la fermeture éclair dans une
lenteur insupportable. Le bruit de celle-ci résonne dans la pièce. Ma respiration
s’accélère au même rythme que la sienne. Il avale sa salive et serre la mâchoire
quand ma robe touche le sol. Son sourire disparaît et laisse place au mâle
dominant qui règne en lui.
De ses dents, il défait les scratchs de ses gants et les jettent au sol avec violence.
Je sursaute malgré moi. Je suis au beau milieu d’une salle de sport en porte
jarretelles noires, perchée sur des talons aiguilles face à un mec remplit de
testostérones, ça va être ma fête ! Je l’aurais bien cherché !
Grey s’approche la respiration rapide. Je me mords la lèvre.
— À quoi tu joues ?
Sa question me met mal à l’aise. Son ton m’a l’air peu enjoué. Ai-je bien fait de
venir le déranger ? Je ne sais pas quoi lui répondre. Je joue à te rendre dingue
peut- être ?
Il me fixe durement du regard. Il attend une réponse de ma part. Je ne suis plus
très sûr de moi tout à coup. Je pensais que cela lui ferait plaisir ?
Il déroule les bandes entourant ses mains tout en continuant de me regarder
intensément. Je suis déstabilisée, mes talons ne m’aident plus du tout !
Il m’encercle le visage de ses mains, je ferme les yeux. Dès qu’il me touche, je
perds le contrôle. Je sens sa respiration sur mon visage. Je n’ose rien dire.
— Tu es magnifique ! M’avoue- t-il entre deux inspirations.
C’est déjà ça, je lui fais de l’effet ! Mes paupières s’ouvrent doucement vers ses
yeux noisette. Ma langue humidifie mes lèvres sèches.
— Retourne toi ! M’ordonne-t-il.
Je tourne sur mes talons. Il passe ses mains dans mes cheveux. Je ferme les
paupières. Il enlève une à une chaque épingle de mon chignon puis ses mains
descendent délicatement sur ma nuque, mes épaules pour ensuite caresser mes
bras. Un frisson recouvre ma peau. Le suspense est insupportable. Ses lèvres se
posent doucement sur mon épaule. Je tressaute d'impatience. Il s’approche de
mon oreille et me chuchote tout bas :
— Je vais te prendre ici, sans aucun artifice mon cœur !
Ses paroles s’immiscent en moi comme une traînée de poudre. Je perds pied en
quelques secondes. Je sens couler mon excitation jusqu'à mon entre jambe.
Grey fait glisser ses mains sur mon corps, j’ai l’impression qu’il est partout. Je
ferme les yeux et renverse la tête en arrière sur son torse. Il caresse mes seins,
ma taille, mon ventre et finit son chemin sous l'élastique de mon string en
dentelle. Oh mon dieu ! Ses doigts se baladent sur mon clitoris. Il fait des cercles
en continuant de m’embrasser dans le cou. J’en perds le souffle.
Tout doucement, il nous fait reculer. Je le suis sans protester puis il me retourne
brusquement face au ring.
— Accroche toi aux cordes ! Sa voix est autoritaire et j’aime ça.
Mes mains s’agrippent fermement. Je suis essoufflée comme si je venais de
courir un marathon. Mon string glisse le long de mes jambes en douceur. Je sens
son souffle sur ma peau. Je le veux, je veux le sentir en moi !
Grey me colle et m’encercle de ses bras musclés. Je n’ai aucune marge de
manœuvre. Il m’écarte les jambes avec son pied et à partir de là tout va très vite.
Comme s’il ne pouvait plus se contenir. D’une main il m’immobilise par les
cheveux qu’il tire en arrière vers lui, et de l’autre, il me maintient le bassin afin
de garder un angle parfait pour me pénétrer. Je cris de surprise quand son
membre entre en moi de toute sa longueur. Il me pilonne sans répit comme un
fou en me donnant des coups de bassins sec et rapide. Mes mains se
cramponnent à la corde de toute leur force. J’ai l’impression qu’il va me déchirer
de l’intérieur.
Il me baise ! Il s’enfonce en moi à une vitesse folle que mon orgasme explose
aussi rapidement. Son nom fait écho quand je hurle de plaisir dans la salle pendu
au ring. Je suis à bout de souffle mais Grey n’en a pas terminé. Il continue de me
prendre par derrière sans ralentir la cadence. Je n’en peux plus. Ce mec est une
bête de sexe. Il n’est jamais épuisé. Je finis par lâcher les cordes pour
m’effondrer à plat ventre sur le tamis pendant qu’il ne cesse ses va-et-vient. Nos
corps claquent l’un contre l’autre à chaque pénétration. Je sens qu’un second
orgasme refait surface. Grey me murmure des mots salaces entre deux
respirations saccadées. Il réveille en moi la femme perverse qui sommeille en
moi tout au long de la journée. Sa parole crue m'excite terriblement. Mon sexe se
contracte de nouveau sur sa queue. Je serre les dents et ferme les yeux. Oui ça
vient, je le sens ! continu !
Dans un dernier effort, Grey touche mon point sensible et c’est l’apothéose. Il
finit par éjaculer à son tour. Tout son poids atterri sur moi. Je peine à respirer
tellement il est lourd. Je le laisse malgré tout reprendre sa respiration puis il se
redresse en me claquant la fesse. Je sursaute.
— Allez bébé debout ! J’ai quelque chose qui t’appartient !
Je me relève difficilement, un peu décoiffée et les joues en feux. Bordel c’était
quoi cet ouragan ? Je me retourne vers lui. Il me sourit le regard malicieux avec
ma culotte dans les mains.
Il la fait tourner dans ses doigts et me teste :
— Viens la chercher !
— Quoi ?
— Tu as très bien compris. Je t’interdis de repartir sans.
— Et pourquoi pas ? Je le taquine.
J’avance doucement un pas l’un après l’autre sans le quitter des yeux. Il est sûr
de lui, l’air provocateur, torse nu et en sueur. Son short de boxe cintre sa taille
dessinée par ses muscles abdominaux. Ce mec est une vraie armoire de muscles.
Il me fait saliver. Sa cage thoracique se soulève au rythme de mes pas. Il baisse
sa main où est retenu en otage ma petite culotte. Je sens monter la tension entre
nous.
De toute façon à chaque fois que nos corps sont dans une même pièce, nous
sommes incapables de résister à la tentation, et ça depuis le début.
Arrivé à sa hauteur, ma main effleure la sien, il resserre sa prise. Son poing est si
fermé qu’il m’est impossible de la récupérer. Je vais devoir la jouer stratégie. Ma
main remonte délicatement son bras et vient s’enrouler derrière sa nuque. Je lui
caresse la naissance de ses cheveux et pose mes lèvres sur les sienne. Nous
fermons les yeux simultanément. Ses bras m’encerclent la taille et me plaque
contre lui.
— Tu vas me rendre dingue. Me confesse-t-il tout bas.
— C’est le but !
Il sourit dans ma bouche.
— Qu’est-ce que je vais faire de toi ? Il secoue la tête d’un air amusé. Il range
ma culotte dans sa poche arrière de son short.
— Je la garde en souvenir !
— Si cela te fait plaisir, je te la laisse.
Ses mains se baladent sur mon postérieur nue. Je l’embrasse avec amour. Je suis
folle de lui. Folle de son corps, de ses mains, de sa voix …. de lui en entier.
Il ramasse ma robe au sol et me la tend.
— Par contre tu mets ça pour repartir !
Je pouffe de rire.
— Évidemment !
Pendant que je l’enfile, Grey récupère ses gants jetés dans un coin de la salle
quelques minutes plus tôt.
Les lumières s’allument. Nous sursautons. Un homme apparaît, sortit de nulle
part vêtu d’un costume trois pièces de luxe. Je les reconnais au premier coup
d’œil car Brady en avait une collection dans son armoire. Il s’avance vers nous
en applaudissant. J’ai peur tout à coup. Qui est-il ? Qu’est-ce qu’il veut ? Grey
se place devant moi pour me protéger. Je sens son corps se contracter. La bête
qui est en lui se met en garde.
— Jolie spectacle.
— Fils de pute, je vais t'faire ta fête ! Lui crache Greyson les nerfs à vif. Qui
êtes-vous ?
— Oh doucement bel étalon. Je n’ai fait que regarder.
Grey avance d’un pas les poings serrés prêt à se battre.
— Si j’étais toi, je ne ferais pas ça !
— Et qu’est-ce qui va m’en empêcher enfoirer ? Toi ? Laisse-moi rire trente
secondes !
L’homme pousse gentiment le revers de sa veste et laisse entrevoir une arme.
Mon sang se glace. Putain c’est quoi ce bordel ? Qu’est-ce qu’il nous veut ?
Grey s’immobilise et d’un bras me protège derrière lui.
— Alors maintenant vous allez m’écouter bien attentivement. Nous prévient-il
d’un ton pas très sympathique. Il pointe du doigts Greyson et lui annonce : ton
cher frère m’a pris beaucoup d’argent pour sortir mon petit frère de taule mais
malheureusement il nous a quitté avant ce con. Il rit. Excusez mon langage mais
je n’aime pas les boulots inachevés alors je te donne trois jours pour me
rembourser…sinon la blonde...Il me regarde dans les yeux. Tu viendras avec
moi, avec ton joli petit cul je vais me faire un paquet de fric.
J’entends la respiration de Grey devenir sifflante. Son corps ne demande cas
exploser. Je le tiens par le bras.
— Ne fais pas ça, je t’en supplie. Lui susurré-je sans que l’autre gros porc nous
entende. Je suis écœurée par la situation. J’ai la nausée.
— Tu ne toucheras aucun de ses cheveux ! Il faudra me tuer !
— On verra ça plus tard, pour le moment contente toi de me trouver mes deux
cent mille euros petit con ! Je te laisse jusqu'à dimanche, apporte l’argent au club
le Diamant à midi sinon je viendrais chercher la blondasse.
Il se retourne et s’en va les mains dans les poches sûr de lui.
Grey ne bouge plus, ses épaules se baissent et se soulèvent en même temps que
sa respiration. Ses poings sont fermés par la fureur qui l’anime, je ne l’ai jamais
vu comme ça même sur le ring.
— Grey ? ……Greyson ?
Il se retourne vers moi, le visage marqué par la rage. Ses mâchoires sont
verrouillées. Je lui caresse le visage dans l’espoir de le détendre. Il me regarde
dans le fond des yeux et me jure :
— Je vais le tuer !
— Ça ne réglera pas nos problèmes, bien au contraire. On va lui trouver son
argent et tout rentrera dans l’ordre.
— Tu ne les connais pas Charlotte, une fois que tu travailles avec eux, ils ne te
laissent plus jamais tranquille. Tu dois constamment leurs rendre des services
sous peine de te faire buter à chaque coin de rue. Bordel de merde ! Il hurle de
colère. Je sursaute. On rentre !
Il me prend par le bras sèchement et me tire vers les vestiaires où il ramasse son
sac et ses affaires en vitesses. Je reste là sans savoir quoi faire ou quoi penser.
Brady ne m’a jamais parlé de ce mec. Je ne savais pas qu’il trafiquait avec ce
genre d’individu. Je tombe des nus. Je suis déboussolée.
Lorsque je redescends après avoir endormie les filles, je vois Grey assis à la
table de la cuisine la tête dans les mains l’air désemparé. Je n’ose rien dire. Je
suis incapable de trouver les mots pour le soulager de ce poids qui pèse sur ses
épaules. J’avance jusqu’à lui sur la pointe des pieds, passe derrière lui puis je
l’enlace tendrement. C’est la seule chose que je puisse faire pour le moment. J’ai
peur et dans ces moments-là j’ai besoin de réconfort.
Il relève la tête, me jette un coup d’œil en me caressant les avant-bras
doucement.
— Je n’ai pas cette somme d’argent. Me confesse-t-il en se confondant en
excuse.
Où vais-je trouver deux cent mille euros en une semaine ?
— Je sais, on va trouver une solution. J'essaie de ne pas montrer mon angoisse et
d’être positive même si la situation me dépasse.
— Quelle solution Charlotte ? Tu n’as pas l’air de comprendre. Je n’ai pas cette
foutu somme ! Me crache-t-il énervé. Il me repousse et se retourne.
— Je vends la maison ! M’empressé-je de lui dire sans vraiment réfléchir.
— Il en est hors de question, et de toute façon elle ne se vendra pas en une
semaine.
— Je pourrais vider tous les comptes, ceux de la société, ceux des filles. Elles
ont hérité de leur père. J’ai des économies aussi, je …
— Ça suffit ! Arrête ! Tu ne vas rien faire du tout. Cet argent il est à vous, c’est
à moi de régler cette affaire. Il n’est pas question que tu vides tous les comptes
ou que tu vendes quoi que ce soit !
— Comment allons-nous faire alors ? Je n’ai pas d’autre solution.
— Je vais lui proposer un marché.
Je le regarde interrogative les sourcils relevés.
— Un marché ?
— Un combat qui va lui rapporter beaucoup d’argent. Je vais téléphoner à mon
agent pour qu’il organise un combat contre le Boucher.
— Non Grey ! Il est hors de question que tu te battes contre lui. Les larmes me
montent aux yeux. Il tue ses adversaires à chaque fois. Ce n’est pas pour rien
qu’on le surnomme ainsi !
— Il ne me tuera pas.
— Bien sûr que si ! Tu n’es pas différent des autres. Il va te tuer Grey ! On va
trouver une autre solution. Je n’arrive plus à contenir mes larmes, elles roulent
sur mon visage en cascade. Ma phrase reste en suspens dans les airs pendant
qu’il me fixe des yeux. Je vois de la détermination, de la rage sur son visage. Ne
fais pas ça, s’il te plaît ! Je l’implore à voix basse.
— Je n’ai pas le choix ! La seule chose que je sache faire, … c’est me battre.
Il se lève, me regarde la mâchoire serrée durant quelques secondes puis essuie
mes joues de ses pouces. Je vais revenir, je te le promets. Mon cœur se déchire, il
ne changera pas d’avis. Il va se battre contre le Boucher, l’homme aux mains de
fer. Aucun de ses adversaires n’est ressorti sur ses deux jambes. Tous sont mort
ou mange dorénavant à la paille. Je ne veux pas qu’il finisse comme eux. Il a
beau se battre comme Rocky Balboa, il ne fera pas le poids.
Grey m’embrasse le front, la tempe, la joue. Je ferme les yeux, je veux sentir sa
bouche sur ma peau. Savourer son contact, m’imprégner de ses lèvres sur mon
corps. Sa main me maintient le menton pendant qu’il continue de m'embrasser.
J’ai une boule dans la gorge. Mes sentiments se confondent. La peur, l’angoisse,
l’envie, l’amour…. Tout se mélange.
Sa bouche continue d’avancer sur mon cou, je l’agrippe par le col de son tee-
shirt. Je suis perdu. J’ai besoin de lui, de ses bras, de son odeur. J’ai besoin de le
sentir contre moi. Il me prend dans ses bras, j’halète. Le temps s’arrête une
fraction de seconde. J’oublie tout.
Grey s'interrompt tout à coup la bouche sur mon épaule. J’ouvre les yeux. Son
téléphone vibre dans sa poche. Il répond. Son visage se décompose.
— Qu’est-ce qu’il y a ? La panique m'envahit. Mon cœur s’emballe. Ses mains
tremblent et se crispent sur son téléphone. Il va le briser si ça continue. Grey ?
Qui est-ce ?
— Ce fils de pute nous a filmé !
— Quoi ? Il a fait quoi ?
— Je vais l’enculer ce bâtard ! Hurle-t-il en jetant son mobile à travers de la
pièce. Son torse se soulève et s'abaisse à une vitesse folle. On dirait un taureau
au milieu d’une arène. Il se tient la tête de rage et crie des injures.
Tout est de ma faute. Si seulement, je n’avais pas eu l’idée de venir lui faire cette
surprise tordue, nous n’en serions pas là. Cet enfoiré n’aurait eu aucun moyen de
faire pression contre lui.
— Calme- toi !
— Comment veux-tu que je me calme Charlotte ! Putain de merde ! Il menace
de dévoiler la vidéo sur internet. Son poing atterrit violemment contre la porte.
Je sursaute de peur. Je ne l’ai jamais vu autant en colère. Il tourne en rond, je ne
sais plus quoi faire. C’est la panique dans ma tête. Tout se bouscule quand tout à
coup Grey prend la direction de la porte d’entrée.
— Où vas-tu ?
Il ne me répond pas. Je le suis. Grey ! S’il te plaît ! La porte claque contre la
console de l’entrée quand il l’ouvre avec fracas. Il marche d’un pas déterminé les
poings serrés.
Greyson ! Lui hurlé-je dessus pour qu’il s’arrête. Mais rien n’y fait. Il semble
complètement fermé à mes appels. Je sors sur le perron pieds nus. La nuit tombe
doucement sur nous. J’ai déjà vécu ce sentiment d’impuissance et de douleur ici
même quelques mois auparavant. Seule sur ce perron voyant Grey dans sa
voiture le visage défait, les mains sur le volant en train de me fixer dans les yeux
ne sachant pas quoi me dire, cherchant les mots justes pour ne pas me blesser
davantage. Une douleur atroce me compresse la poitrine. J’ai du mal à respirer.
Je le supplie du regard de ne pas y aller, mais quand le moteur rugit dans l’allée,
mon cœur s’arrête de battre. Mes yeux sont inondés par les larmes qui ne
demande cas s’échapper. Je vois flou. Je m'effondre à genoux sur le sol quand il
démarre.
Je n’arrive plus à me contenir, seule face à mon désespoir, je suffoque, je
pleure, je cris. Comment en sommes-nous arrivés là ? Qu’avons-nous fait pour
mériter ça ? L’obscurité qui m’a tant fait de mal revient m’envelopper. Je sens
les mains de l’enfer sinueuses se glisser sur moi. Je ne veux pas qu’il meure. Je
ne veux pas qu’il soit blessé. Je ne veux pas qu’il mette sa vie en danger pour
nous. Je tiens trop à lui pour le perdre.
Mon dieu donnez-moi le courage d’aller jusqu’au bout de ce que je m’apprête à
faire. Je vous en supplie aidez- moi.
Je me relève, inspire profondément regardant mon avenir avec férocité. Je ne
permettrais à personne de faire du mal à Greyson.
Ma mère apparaît dans le salon l’air inquiète trente minutes après mon coup de
fil.
— Je suis là ma chérie. Est-ce que ça va ? Tu as des ennuis ? Me demande-t-elle
d’une voix qui me brise davantage le cœur. Cette voix qui m’a rassuré toute mon
enfance.
— J’ai juste besoin que tu gardes les filles quelques heures voire quelques jours.
Je ne sais pas trop encore pour combien de temps je vais en avoir mais prends
soin des filles. Je t’appelle c’est promis. Je l’embrasse sur la joue, la serre dans
mes bras puis je pars sans me retourner sac en main.
Je serre les dents car je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. Ce que je
m’apprête à faire me dépasse. Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne décision
mais c’est la seule que j’ai trouvé pour sauver Grey des griffes du Boucher.
Je roule sans trop savoir où je vais. Je ne connais pas cet endroit. Je me laisse
guidé par le GPS les tripes retournés. Je me demande en boucle si c’est la bonne
décision. Si je ne suis en train de faire la plus grosse erreur de toute ma vie. Et
dieu seul sait que je suis le numéro un pour choisir les mauvais chemins.
— Vous êtes arrivé ! M’affirme la voix sensuelle du GPS.
J’ai la nausée en regardant la façade au néons rouges illuminant la ruelle comme
les couleurs du diable. Mes mains se crispent sur le volant, mon cœur s’emballe.
Je ne me sens pas bien, j’ai envie de vomir. J’ouvre précipitamment ma portière
et renvoie la bile qui me brûle la gorge dans le caniveau.
Je reste un long moment assis dans la voiture à me triturer l’esprit. Chaque
sentiment prend le dessus sur l’autre. La peur domine la rage, la détermination
monte sur l’angoisse je ne suis plus sûr de rien. J’inspire profondément puis je
sors sur le trottoir les jambes en coton et le cœur qui tambourine dans ma
poitrine.
J’avance jusque devant la grande porte en fer et sonne les mains tremblantes
sur l’interphone. J’attends un moment puis celle-ci s’ouvre sur un homme cinq
fois plus grand que moi le visage fermé. J’avale ma salive. Où m’apprête-je à
entrer ?
— Suis moi ! M’ordonne-t-il sans l’ombre d’un sourire.
Je passe devant lui, entre dans un sas sombre et sursaute quand il referme la
porte derrière nous. Je suis à deux doigts de faire un infarctus. Suis-je toujours
certaine de vouloir faire ça ?
Putain faut vraiment être au bout du rouleau pour être ici.
Le gorille me pousse dans le dos pour que j’avance. Nous pénétrons dans une
salle à l’ambiance tamisée ou des hommes et des femmes discutent, boivent des
verres accoudés au bar. Une soirée ordinaire à première vue. Je suis le colosse
jusqu’à une porte dérobée au fond de la salle. Il tire le rideau rouge en velours et
me fait signe d’y entrer avec sa tête. Je le regarde incertaine, la peur au ventre. Je
peux encore partir en courant ? Je ne pense pas qu’il me rattraperait, je n’ai
encore rien soumis !
Voyant mon hésitation, il me prend le bras sèchement et me fait entrer dans une
pièce brusquement. Je suis à deux doigts de trébucher. Quel connard celui-là !
— Avance jusqu’au fond et frappe à la porte. Attendez qu’on vous invite à entrer
! Me dicte-t-il avant de refermer la porte derrière moi.
Je marche, mes genoux s’entrechoquent tellement j’ai la frousse. Putain mais
qu’est-ce que je fais là ? J’essaie de respirer profondément pour calmer mon
angoisse qui me donne la nausée. Une fois face à cette foutu porte, j’hésite.
Pendant un instant, je me demande si je ne devrais pas faire demi-tour. Et puis le
visage de Grey apparaît dans mon esprit. Je frappe.
Une voix très masculine me donne l’ordre d’entrer.
J’ouvre la porte tremblante et pénètre dans le boumkoeur de l’enfer. Je le
reconnais au premier coup d’œil, assit dans son fauteuil en cuir un verre à la
main, un sourire diabolique sur le visage, il me scrute de la tête aux pieds. Il
m’écœure. Deux gardes du corps sont en position de statue dans chaque coin de
la pièce. Ça fait froid dans le dos.
— Tiens ! Quelle belle surprise ! Il pose son verre sur le bureau. Entrez, ne
restez pas devant la porte. J’hésite mais maintenant que je suis là, je dois aller
jusqu’au bout alors j’avance dans la pièce jusqu’à l’un des fauteuils qui se situe
devant son bureau.
Prenez place, je vous en prie...Charlotte… c’est bien ça ?
— Oui c’est exact. Je m’installe dans le siège sans me dégonfler. Ce n’est pas
l’envie qui me manque, si je m’écoute je prends mes jambes à mon cou. Son
bureau est sombre, aucunes fenêtres pour donner un peu de clarté à la pièce. Des
bibelots kitsch trônent un peu partout et ça sent le renfermé. Il me dégoute à un
point !
— Alors que me vaut votre visite si rapide ? Vous avez l’argent ?
Je me demande si j’ai bien fait de venir. Qu’est-ce qu’il va dire quand je vais lui
annoncer que je n’aurais jamais cette somme ?
— Non je n’ai pas l’argent. Je bégaye.
— Je m’en doutais.
— Je viens vous voir pour vous proposer ma maison en échange. Je n’aurais
jamais deux cent mille euros à la fin de la semaine. Il se met à rire à gorge
déployé. Quoi, j’ai dit quelque chose de drôle ? Il se reprend, boit une gorgé de
whisky et me regarde droit dans les yeux. J’ai la chair de poule.
— Je ne veux pas de votre bicoque, je veux du fric, du cache. Il se lève, je le suis
du regard. Je n’ai aucune confiance en lui. Vous voyez, votre très cher défunt
mari m’a pris beaucoup d’argent et si je ne m’abuse à cause de votre joli petit cul
qui n’a visiblement pas su se tenir, il s’est foutu en l’air !
— Je ne vous permets pas ! Lui craché-je hors de moi. Il va trop loin ce gros
porc. Pour qui il se prend à me traiter de trainer ?
— Quel con ! Une femme fout toujours la merde, n’est-ce pas ? Il me fixe des
yeux. J’ai envie de pleurer, de partir en courant loin de ce type abject. Mon dieu
pourquoi suis-je venu ?
Il passe derrière moi et laisse glisser son doigt sur mon épaule. Je me raidis
instantanément. Quelle horreur ! Je ne veux pas qu’il pose ses sales pattes sur
moi. Il continue son chemin et repart s'asseoir dans son fauteuil. Je suis tétanisée.
— Je vous propose un marché ! Je l’écoute en essayant de contenir ma colère.
J’annule la dette si vous passez une nuit entière avec moi !
— Il en est hors de question ! vous me dégoutez ! vous êtes répugnant ! Jamais !
Vous m’entendez ? Jamais, plutôt mourir que de passer une minute avec vous !
Je me lève comme une furie en le fusillant du regard.
— N’en soyez pas si certaine ! Je ne pense pas que votre amant soit à la hauteur.
Où va-t-il trouver cet argent ? Entre nous, il a beau jouer du poing sur le ring, il
ne fera de vous qu’une simple femme ordinaire, une groupie parmi tant d’autre
qu’il baise quand il en a envie.
La rage s’empare de moi, il va trop loin dans ses propos. Comme le sang impur
qui coule dans mes veines, la colère m'envahit. J’ai envie de le gifler. Je me
penche sur son bureau, saisit son verre et sans l’ombre d’une réflexion je lui jette
à la figure. Mon cœur s’emballe, le temps se fige. Je crois que je viens de faire
une belle connerie !
Il ne dit rien. Il me fixe du regard, s’il avait des mitraillettes à la place des yeux
je serais déjà six pieds sous terre. Les deux gugusses derrière moi sont déjà sur le
pied de guerre prêt à me sauter dessus. Ma respiration est rapide, je serre les
dents car je pense que je ne vais pas tarder à recevoir un coup.
— Enfermez- là ! Ordonne-t-il à ses hommes de main.
Quoi ? Non, non ! Je me retourne. Ils sont déjà sur mes côtes et me saisissent par
les bras. Je crie, je deviens hystérique.
— Lâchez- moi ! Vous me faites mal ! J’ai beau me débattre dans tous les sens,
ils sont bien trop fort. Je suis maîtrisée en deux secondes. Ils me font passer dans
un couloir étroit. Je continue de hurler mais personne ne m’entend.
— Mais lâchez moi bon sang ! Je veux partir ! Au secours !
L’un d’eux ouvre une porte, ils me jettent à l'intérieur sur le sol comme une
merde.
— AÏE ! Bande de connards ! La porte claque, je sursaute. Je me retrouve seule
au milieu d’une pièce plongé dans le noir. J’ai terriblement peur. Le silence
m’angoisse. J’entends mon cœur tambouriner dans ma poitrine. Putain mais
qu’est-ce que je fous là ! Comment je vais sortir d’ici ?
À tâtons j’avance vers la porte et me redresse. Je frappe avec mes poings de
toutes mes forces pour que quelqu’un vienne m’ouvrir.
— Au secours venez m’aider ! Je hurle. Ouvrez-moi ! S’il vous plaît ! Il y a
quelqu’un ? Ouvrez la porte !
Au bout de quinze minutes à me détruire les mains à force de taper contre cette
porte blindée, j’abandonne en larme. Je me laisse glisser, découragé jusqu’au sol
où je me recroqueville. Personne ne viendra m’ouvrir !
Chapitre 17
J ’ai le sentiment que ça fait des jours que je suis enfermée ici. J’ai perdu la
notion du temps plongée dans le noir. Je n’ai plus aucun repère. Je deviens
folle.
Un type vient de temps à autre m’apporter de la nourriture. Il n’y a qu’à ce
moment-là que j’ai le droit à la lumière. Je suis enfermée dans une pièce aux
murs vitrées, comme dans une vitrine. C’est étrange. Ils m’emmènent aux
toilettes les yeux bandés pour ne pas que je vois leurs visages. J’ai l’impression
d’être dans un film. Ça dépasse la réalité. Jamais je n’aurais imaginé vivre une
chose pareille ! Je vie captive et personne ne sait où je me trouve. Je n’ai
prévenu personne. Personne ne va venir me libérer. Je désespère.
Les lumières m’aveuglent tout à coup. Je cligne des paupières plusieurs fois
pour habituer ma vue. Je me redresse. Une voix résonne dans la pièce, celle du
gros porc !
— Bonjour Charlotte ! Comment allez- vous ? Je cherche des yeux les hauts
parleurs. Vous avez une sale mine.
— Libérez- moi ! Vous ne pouvez pas me tenir enfermé ici !
— Bientôt ne vous inquiétez pas. Vous allez pouvoir partir. J’entends son rire
faire écho entre les murs.
— Je veux sortir maintenant !
— Doucement ma jolie ! Vous n’allez pas sortir dans cet état ? Un de mes
hommes va venir vous chercher, il va vous emmener à l’étage où vous pourrez
prendre une douche et vous changer. J’ai pris soin de choisir moi- même une
tenue pour vous. J’ai encore une petite chose à vous demander après ça.
Sa voix est bizarre, perverse. Elle sonne fausse. Ça ne présage rien de bon.
Une minute plus tard la porte s’ouvre, un type avec un masque me fait signe
d’avancer vers lui. Mon cœur s’accélère. Il tient dans la main un bandeau noir.
Me voyant réticence, il réitère son geste. Je n’ai pas d’autre choix que d’avancer.
Il me place le bandeau sur les yeux et me saisit le bras sèchement. Il me dirige
dans les couloirs, nous montons dans un ascenseur. Il ne m’adresse pas la parole.
Je suis tressée. J’ai peur. Tous mes sens sont en alerte pour distinguer le moindre
son pour me repérer. Les portes s’ouvrent, nous avançons sur de la moquette. Il
m’arrête, ouvre une porte puis me pousse à l'intérieur. J’enlève immédiatement
mon bandeau des yeux.
Où suis-je ? Une chambre ! Ok voyons si je peux m’enfuir. Je me dirige vers la
fenêtre et essaie de l’ouvrir. Elle est condamnée. Quelle merde ! Je n’ai aucun
autre moyen de sortir. Pas de téléphone, pas de télévision, juste un lit au milieu
de la pièce avec deux tables de chevet de chaque côté. Un papier peint miteux et
des rideaux à chier. Impossible de sortir !
Encore une fois découragée, je m’assois sur le rebord du lit et me laisse aller
vers l’arrière. Je scrute le plafond pensive. Grey doit être dans tous ses états, il
doit se demander où je suis ? Il doit probablement me chercher partout. Je suis
qu’une idiote qui pensais arranger les choses avec un mafieux tordu. À quoi je
m’attendais ? Je me cache le visage de mes mains pour ne plus penser à cela, de
toute façon c’est trop tard.
On frappe à la porte. Une grosse voix me fait sursauter.
— Encore dix minutes !
Quoi ? Le temps est compté en plus ?
— Ok !
Je cours à la salle de bain plutôt vintage puis prend une douche. Je me savonne
les cheveux et le corps à une vitesse grand V. Je ne vous cache pas que ça fait du
bien de se sentir fraîche. Je commençais à sentir le fauve enfermé dans mon
bocal.
Une serviette autour du buste, je retourne dans la chambre et vois une housse
étalée sur le lit. J’ouvre la fermeture éclair et découvre ma tenue pour sortir. Je
suis outrée par le contenu. Il est hors de question que je porte un truc pareil !
L’autre pervers m’a choisi un ensemble rouge vif en dentelle accompagné de son
porte jarretelle, des bas noirs et une mini robe noire dos nue. Il pense vraiment
que je vais sortir accoutrée de la sorte ? Il se met le doigt dans l’œil.
Un second coup m’informe que j’ai dépassé le temps escompté.
— J’arrive, c’est bon !
Je me rhabille avec mes vêtements à la hâte puis signal au gorille que je suis
prête. Il ouvre la porte et reste planter là devant moi sans dire un mot.
Quoi ?
— La tenue ! M’ordonne-t-il.
— Dans tes rêves !
Il me fait signe de la tête d’aller la mettre. Je conteste. Je ne peux pas voir
l’expression sur son visage car il porte un masque blanc. Il referme la porte en
me laissant de nouveau seule. Je l’entends parler avec quelqu’un. Il l’informe
que je refuse de m’habiller. Je commence à paniquer. Je fais ma rebelle mais je
ne pèse pas lourd. Deux minutes plus tard, il réapparaît et m’attrape par le bras
violemment.
— Vous me faites mal !
— Habille toi ! c’est un ordre.
— Je ne veux pas mettre ça !
— Tu commences à m’énerver, je perds patience. Met ça et vite !
J’entends dans sa voix qu’il ne plaisante pas. Il me serre tellement le bras que
j’ai la sensation d’avoir un garrot.
— Non je ne mets pas cette tenue de prostitué.
— Met le bordel ! Me crache-t-il dessus en me projetant sur le lit brutalement.
Le temps que je reprenne mes esprits, il monte sur moi et m’immobilise par les
poignets.
— Tu m'excite poupée. Alors ne me cherche pas si tu veux pas passer un sale
quart d’heure !
Oh mon dieu, bon ok je capitule. J’arrête de faire ma maline. Je lui fais signe de
la tête que j’ai compris car ma gorge est nouée, impossible d’articuler le moindre
mot.
C’est bien, tu comprends vite ! Mets cette putain de robe après on redescend le
boss t’attend.
Une fois vêtu comme une fille facile qui ne demande qu’à se faire sauter, je
tape à la porte pour qu’il m’ouvre de nouveau. Je suis terriblement mal à l’aise,
encore pire quand l’autre gros tas laisse échapper un son guttural de satisfaction.
Berk ! J’ai envie de vomir.
Il me fait encore signe du doigt de retourner à la salle de bain. Mais pourquoi
faire bon sang ?
Je le regarde interrogative, un sourcil relevé.
— Maquillage ! Et dépêche-toi on est en retard !
Je souffle exaspérée. Ils commencent vraiment à me pomper l’air. Ils veulent
quoi à la fin ? Que je ressemble à …. Oh mon dieu ! Mais ça y est j’ai compris.
Ils ne vont pas me faire danser sur la piste tout de même ? Ou pire encore que je
fasse l’escorte ? Mon sang se glace.
— Qu’est-ce qu’il va faire de moi ?
— Tu verras bien.
— Je veux savoir !
— Tu en est sûr poupée ? Me défit-il. Tu le sauras bien assez tôt, allé dépêche-
toi ou je joue à Picasso sur ta jolie tronche !
J’avale ma salive difficilement, l’angoisse m’a de nouveau rattrapé. Il tape des
mains pour que j'accélère le rythme.
— Ça va, c’est bon j’y vais !
Je retourne à la salle de bain et trouve dans un tiroir une trousse à maquillage. Je
l’ouvre et fait l'inventaire du contenu. Bien évidemment il n’y a que du rouge à
lèvres rouge vif et du fard à paupières charbon. Avec ça c’est le pompon !
Mes mains tremblent lorsque j’applique soigneusement le rouge à lèvre sur ma
bouche.
— Le temps est écoulé poupée, on y va ! Me crie-t-il dessus depuis l’autre côté
de la chambre.
Je repose le tube puis regarde mon reflet dans le miroir. Ce n’est vraiment pas
mon genre. Je ne me reconnais pas. J’ai l’impression de voir une autre personne.
J’inspire profondément puis décide d’affronter l’autre gros porc.
Il me bande les yeux de nouveau avant de quitter la pièce puis nous reprenons
l'ascenseur en sens inverse. J’ai qu’une seule envie c’est de partir d’ici au plus
vite. Les portes s’ouvrent, j’avance, dirigé par le gorille dans un couloir où
résonnent mes nouveaux talons aiguilles. Ma respiration est rapide car je me
demande à quelle sauce je vais être mangé. Je me fais des centaines de scénarios
en tout genre. Des plus sordides au plus romantique pour me donner du courage.
— On est arrivé poupée !
Il me met les nerfs à me surnommer ainsi.
— Je ne suis pas votre poupée ! Lui affirmé-je d’un ton sec.
Il pouffe de rire sous son masque. J’entends un verrou s’ouvrir puis une porte.
Le gorille me pousse à l'intérieur gentiment pour une fois. La porte se referme
derrière moi comme à chaque fois ensuite j’enlève le bandeau. Je découvre que
je suis revenu au point de départ, dans la même pièce dans laquelle il me retient
captive. Trois choses ont changé pendant mon absence, la lumière qu’ils ont
laissée volontairement, une sorte de trépied avec une caméra trône au milieu de
la pièce. Je m’y approche doucement, l’observe. Une caméra clignote. Mon cœur
s’emballe. Je relève les yeux. Je distingue une chose sur le mur du fond.
J’avance doucement intriguée. Mais qu’est-ce que c'est ?
Une corde est accrochée au plafond. Des anneaux y sont suspendus. Mais c’est
quoi ce délire ? Je panique. Ils veulent quoi de moi ? Qu’est-ce qu’ils veulent
que je fasse avec ces trucs-là ?
Tout à coup la porte s’ouvre avec fracas. Je me retourne le cœur battant, la
panique dans les yeux. Grey apparaît poussé par un molosse. La porte se referme
sur nous. Un instant je crois rêver. Comment est-ce possible ? Qu’est-ce qu’il
fait là ?
Nos regards s'accrochent.
— Charlotte !
Je fonds en larme soulagé de le voir. Il se précipite vers moi et me prend dans ses
bras.
Ça va ? Ils ne t’ont pas touché ? Ils ne t’ont pas fait de mal ? Je lui fais un signe
de la tête. Il me touche de partout pour voir si j’ai encore tous mes membres.
— Grey ! Lui dis-je en pleure. Comment va- t-on sortir d’ici ?
— Ne t’inquiète pas, on va sortir. Je suis là, ils ne pourront pas t’faire de mal.
Il me serre dans ses bras, je respire son odeur qui me rassure. Maintenant qu’il
est avec moi, j’abat ma forteresse. Je sais que plus rien ne pourra m’arriver.
Reste à trouver comme sortir d’ici.
— Qu’est-ce qu’ils veulent ?
— Je n’en sais rien. Je suis venu ici pour lui proposer de me battre contre le
Boucher en échange de ma dette. Mais je suis devenu fou lorsque je t’ai vu
enfermé dans cette pièce sur son écran d’ordinateur. J’ai commencé par mettre
mon poing dans la gueule de l’autre connard mais ses deux gardes du corps
m’ont vite maîtrisé. J’étais enragé de te savoir ici.
Ses mains me caressent le visage. Son regard est rempli de tristesse et de rage à
la fois. Son pouce essuie mon rouge à lèvre. Il me sourit faiblement. Je ferme les
yeux.
— Tu es si belle sans tous ces artifices.
Ses lèvres prennent place sur les miennes et m’embrasse tendrement. Elles sont
si douces que j’en oublie l’endroit où nous sommes un instant. Je me perds en
lui. Il m’encercle le visage et me maintient fermement comme si j’étais à deux
doigts de m’enfuir.
Deux projecteurs nous éclairent tout à coup et nous sort de notre escapade
virtuelle. Grey me serre contre lui instinctivement pour me protéger.
— C’est un bon début les amoureux ! La voix du gros porc perce les haut-
parleurs. Grey se contracte.
J’ai un marché à vous faire ! Même si je sais d’avance que vous n’avez pas le
choix. Il rit.
— Qu’est-ce que tu veux ordure ?
— Baisse la et nous sommes quitte !
— Quoi ? Va te faire foutre sale porc ! Lui proféré-je hors de moi.
— Il en est hors de question ! Laisse-nous sortir et je te paye ta dette en liquide.
— Hum…. Non ! Je ne veux plus de ton fric. Je veux te voir la prendre comme
une chienne.
— Je vais te faire la peau fils de pute ! Je vais te faire regretter tes paroles !
Grey tente de se contenir, ses mâchoires se contractent, ses poings sont comme
du béton.
— C’est ça ou je vous laisse croupir ici ! Ne me dite pas qu’une partie de jambes
en l’air vous répugne ? J’ai pourtant un souvenir qui me montre le contraire !
Et entre nous, vous ne voudriez pas que vos charmantes petites filles soit
accidentellement renversés ou kidnappées ?
— Mon dieu non ! Ne touchez pas à mes filles, je vous en supplie ! Je ferais tout
ce que vous voulez. Lui imploré-je horrifié.
J’entends la respiration de Grey devenir incontrôlable. Je le tire vers moi par le
col de son tee-shirt et l’oblige à me regarder dans les yeux.
— Pardonne- moi ! Lui susurré-je les yeux implorant. Fais ce qu’il veut.
— Que la fête commence dans ce cas ! Chantonne le gros lard.
Grey plonge dans mon regard. Je le supplie en silence de faire ce qu’il demande.
Il semble incapable de bouger le moindre petit doigt. Son corps tout entier est
raide, prêt à exploser.
Mes mains glissent sur son torse, son cœur bat tellement fort que je peux
l’entendre.
— S’il te plaît fais-moi l’amour. Lui supplié-je.
— Je ne peux pas Charlotte.
— Allez Greyson un peu d’enthousiasme, tu risques de vexer ta partenaire. Elle
est comme toutes les autres n’est-ce pas ? Un petit coup et hop tout le monde
rentre sagement à la maison !
Grey ferme les yeux, et jure tout bas :
— Je vais le tuer.
Je l’embrasse délicatement sur la bouche. Il est complètement fermé. Je pleure
en silence. Mes larmes mouillent nos visages. Au bout de quelques minutes où je
m'efforce à le détendre, il finit par poser ses mains sur ma taille et me renvoyer
mon baiser. On oublie un instant où nous sommes jusqu’à ce que sa voix
retentisse encore dans nos oreilles.
— Attache là !
Je sens ses mains sur mon corps se crisper.
— Vas- y ! Fais ce qu’il dit. Grey secoue la tête. Attache-moi !
— Bordel ! Fait chier !
Nous reculons jusqu’aux cordes. Grey n’ose pas me regarder dans les yeux. Il
esquive mon regard quand il m’attache les poignets dans le dos. Il reste
immobile un instant devant moi la tête baissé.
— Grey ! Regarde-moi ! Ses yeux sont vides. Plus aucune âme vie en lui à cet
instant précis.
Les lumières éclairent l'extérieur de notre cage vitré et des visages masqués
surgissent de partout. Partout autour de nous des hommes et des femmes nous
observent dissimuler derrière leurs masques. La panique m'envahit, j’ai du mal à
respirer. Je manque d’air. J’essaie de me détacher mais en vain, Grey a serré les
liens. Je les regarde tous, les uns après les autres. Ils ne bougent pas, ils sont
comme des statues. Qui sont-ils ? C’est un cauchemar ! Je m’affole. Grey reste
imperturbable. Il me fait peur lui aussi. Je ne le reconnais plus. Qu’est-ce qu’il
lui prend ?
— Détache moi s’il te plaît ! Il n’était pas question qu’il y ait des gens qui nous
regarde !
Il ne me répond pas. Il est devenu un automate. Greyson je t’en supplie parle-
moi !
Il décroche et me regarde enfin, je suis soulagée.
— Qui sont tous ces gens ?
— Je n’en sais rien mais tu vas fermer les yeux et me faire confiance.
— Je ne peux pas faire ça ! Pas devant eux !
— Tu vas écouter ma voix et faire le vide en toi. Tu vas voir tout va bien se
passer.
Je ferme les yeux. Mon souffle s’accélère.
Ok bébé, je vais poser mes mains sur tes épaules. Tu es si belle que j’en perds la
vue.
Je sens la chaleur de ses mains me gagner doucement. Sa voix me rassure et
m’emporte au-delà de ces murs. Sa bouche m’embrasse la nuque, les épaules.
Ses lèvres sont si douces que je gémis doucement sans m’en rendre compte.
Grâce à lui, grâce à sa douceur, à ses gestes tendres et à ses mots qu’il me
susurre à l’oreille pendant qu’il me caresse, je me détends. Mon désir s'immisce
dans mes veines malgré moi. J’aimerais le toucher, le sentir sur moi, effleurer sa
peau mais je ne peux pas. Mes mains sont liées. Seule ses paroles me frôlent
délicieusement et entre en moi pour atteindre mes pensées.
— Mon dieu Grey ! Lui soufflé-je.
— Tu es parfaite bébé.
Il me retourne et se place derrière moi. Il m'enlace tendrement. Sa chaleur
m’enveloppe.
— N’ouvre pas les yeux, je veux que tu nous imagines à la maison seuls dans ma
chambre. Je t’ai attaché les mains pour faire monter l’excitation. Tu vas voir
c’est très frustrant mais tellement bon. Je m’occupe de tout. Tu n’as qu’à te
laisser aller et prendre tout ce que je te donne. Ses mains remontent délicatement
l’ourlet de ma robe. Un courant d’air frais me chatouille les cuisses. Je me
dandine sur place. Grey continue de déposer des traînés humide sur ma peau. Sa
respiration saccadée fait monter en moi l’envie qu’il me touche davantage.
— Un peu plus de violence les tourtereaux, mes invités s’ennuient !
J’ouvre les yeux lorsque j’entends sa voix. Elle m’a instantanément ramené à la
réalité. Je me raidis quand je vois tous ces yeux me regarder.
— Ferme les yeux Charlotte ! M’ordonne-t-il. N’écoute que ma voix, ne te laisse
pas distraire.
— Je n’y arrive pas !
— Bien sûr que si. Tu étais parfaite bébé. Me rassure-t-il en continuant de me
caresser.
— S’il te plait Grey, fais vite alors.
— Je vais te faire mal si tu n’es pas prête, alors tu continues de te concentrer sur
ma voix. Fais le vide dans ta tête.
— Facile à dire !
— Je sais, je vais t’aider.
J’inspire profondément et ferme les yeux. Grey reprend le chemin sur mon
corps à la recherche du point sensible qui réussira à me faire oublier où nous
sommes.
— Ta peau est si douce que je n’arrive plus à contrôler mes mains. Tu me rends
dingue. Ton joli petit cul m’excite, hum…. Grey se frotte à moi, je sens son
érection contre ma peau. Ses mots me chauffent. Je me déhanche lentement.
Vas-y bébé, continue. C’est bien. Il gémit dans mon cou pendant que ses doigts
glissent sous l’élastique de mon string rouge pour ensuite le faire descendre
jusqu’à mes chevilles.
Sa bouche m'effleure la peau lorsqu’il se baisse. Il dépose un baisser sur mes
fesses. Je tressaute de surprise. Il m’écarte les jambes pour venir ensuite y mettre
sa tête. J’halète.
— Greyson … Je murmure.
Sa langue me lèche le sexe voracement pendant que ses mains me maintiennent
fermement par la taille. Mes jambes commencent à trembler. J’oublie où nous
sommes. Je m’évade. C’est divin. Ses dents viennent me mordiller le clitoris.
J’aime ça ! Oui !
Je perds le nord. Un doigt me pénètre en douceur, puis deux, puis trois. Mon
dieu, je suis à bout de souffle. Je n’entends même plus la voix du gros porc,
seulement des bourdonnements lointains.
Grey se redresse, glisse une main dans mes cheveux et resserre sa prise. Il
m’immobilise la tête vers l’avant, le cul en arrière. La cadence s’accélère. Le
rythme est plus intense. Grey me prend sans ménagement. Sa queue s’enfonce en
moi jusqu’à la garde. Je crie son nom.
— J’aime t’entendre crier bébé ! Donne-moi tout !
Je suis à bout de souffle. Il va et vient tellement vite que je n’ai pas le temps de
comprendre ce qui m’arrive. Mes orteils se contractent, mes jambes se raidissent,
un courant électrique parcourt mon sexe et c’est la délivrance. Je jouis, j'atteins
l’orgasme épuisée et hors d’haleine. Grey ralentit la cadence le temps que
l’ouragan s'estompe. Sa main me libère les cheveux. Il m’embrasse dans le cou.
— Tu as été exceptionnelle.
Je reprends doucement mon souffle, je n’en reviens pas d’avoir réussi à me
donner en spectacle devant une dizaine de personnes que je ne connais pas.
Les lumières s'éteignent. Les visages des gens disparaissent dans l’ombre. Grey
me détache en silence, me masse délicatement les poignets puis me prend dans
ses bras. Je m’y réfugie.
— C’est terminé. M’assure-t-il en m'embrassant tendrement le dessus de la tête.
Les battements de son cœur me rassurent. La chaleur de son corps me
réconforte. Je m’accroche à son tee-shirt comme à une bouée de sauvetage.
— Sors moi d’ici, je t’en supplie ! Je veux partir.
— Ne t’inquiète pas on va sortir. Hey ! Tu m’entends ? Ouvre cette putain de
porte ! On n’a fait ce que tu voulais, alors maintenant à toi d'honorer ta partie du
marché !
Un long silence s'ensuit. Je prie intérieurement pour que quelqu’un nous ouvre
quand sa voix résonne.
— Oh pardonnez-moi mais je ne vous ai pas précisé, toi tu sors ! Pas elle !
Quoi ? Il n’est pas sérieux ? On a fait ce qu’il voulait. Je ne veux pas rester ici, je
vais mourir. La panique s'immisce en moi comme du venin. J’ai du mal à
respirer. Je suffoque.
— Fils de pute ! Tu veux quoi encore ? Laisse-la partir, je prends sa place.
— Non, non, non ! C’est elle qu’ils veulent.
— Qui ça ? Il est hors de question que tu touches à un de ses cheveux ! Tu
m’entends sale pervers ? On avait un marché !
— Oui, c’est fâcheux mais mes invités ont beaucoup apprécié le spectacle
voyez-vous et ils demandent à ce qu’elle passe à l’étape suivante.
Quelle étape suivante ? C’est quoi ce bordel ? J’ai envie de vomir tout à coup.
La nausée remonte dans ma gorge, je serre les dents. Tout ça me répugne. Je me
sens sale. C’est un cauchemar. Je veux sortir d’ici putain !
— Quelle étape ? S'énerve Grey en me tenant fermement dans ses bras. Il n’était
pas question d’une autre étape.
— Je sais mais je me dois de satisfaire mes invités. Vous comprenez ?
— Va te faire foutre ordure ! Je ne bouge pas d’ici, il faudra me passer sur le
corps ! Grey est à bout de nerfs. Sa cage thoracique se soulève et s’abaisse
rapidement.
— Comme vous voulez ! Ricane-t-il.
Je m’attends au pire. Son rire ne présage rien de bon.
— Ne me laisse pas Grey !
— Bien sûr que non ! Jamais ! On sort ensemble de cet enfer. Tu m’entends ?
Regarde-moi bébé. Je vais nous sortir d’ici ! Tu me fais confiance ? Je secoue la
tête, le visage humide de larmes.
La porte s’ouvre et claque contre le mur avec fracas. Je pousse un cri de surprise
et de peur quand je vois trois monstres haut comme des armoires entrer l’un
après l’autre. Le premier au crâne rasé s’approche de nous pendant que les deux
autres enlèvent leur veste de costard. Ils remontent leurs manches le visage
fermé. Grey me pousse contre le mur du fond. Je me replie en boule à genoux au
sol pétrifiée.
Grey se prépare à se battre. Il se positionne, points relevés contre son visage.
— Venez bande de tapette ! Allez approcher !
Mon dieu, même si Grey à tous les atouts pour se battre, je ne suis pas sûr qu’il
fasse le poids contre ces trois-là. Il se débarrasse de son tee-shirt qu’il jette au
sol. Le premier coup part. Grey l’esquive. Il est agile et plus rapide que son
adversaire. Il a ça dans la peau. Le gorille a la boule à zéro tente de lui en
décrocher une autre. Il fatigue. Il s'essouffle. Les deux autre rit et regarde le
combat. Grey frappe et l’atteint à l’estomac. Il se plie en deux. Grey l'enchaîne.
Les coups pleuvent contre ce tas de gras. Il tombe à genoux la bouche en sang.
Une fierté me remplit d’espoir. Grey va nous sortir de là, j’en suis certaine.
J’avais oublié qu’il se battait comme un dieu. Grey y met toute sa rage pour
achever ce type. Tout son corps est dur et contracté dans l’effort. Le moindre
muscle se dessine quand son poing heurte l’autre.
Les deux autres viennent à la charge. J'observe de loin leurs déplacements.
C’est mal parti. Ils l’encerclent. J’angoisse, j’ai peur pour Grey. Il saute sur lui-
même, se déplace, se retourne. Le premier coup part, Grey y échappe de peu. Il
ne perd pas de temps, il se jette sur l’un d’eux et l'assomme de coups de poings
bien placé quand le numéro trois l’attrape par l’arrière et l’immobilise par les
bras. Grey se débat, lui donne un coup de tête vers l’arrière mais il ne faiblit pas.
Il secoue juste la tête mais ne lâche pas prise. Celui qui était au sol reprend
connaissance et se relève. Mon dieu ! Grey semble pris au piège. Il n’arrive pas à
se défaire des griffes du gros lard. Mes yeux jouent au ping-pong entre les deux.
Je ne sais plus où donner de la tête. Les injures fusent dans tous les sens. Crâne
rasé essuie le sang qui coule de sa bouche furieuse. Son poing muni d’un coup-
de-poing américain recule puis de toute ses forces vient s’abattre sur le visage de
Grey. Je hurle.
— Non !!!
Mes yeux se ferme, je ne veux pas voir ça. J’entends ses gémissements de
douleur me martyriser les tympans. Je suis tétanisée par la peur. Ils vont le tuer !
Ils le cognent encore et encore. Trois contre un, c’était perdu d’avance.
Je ressens le moindre coup qu’il reçoit comme des coups de poignard dans la
poitrine. Mon cœur se brise.
— Alors petit con, c’est qui le plus fort ? Hein ? Tu voulais jouer au malin ? Ils
rient tous comme des porcs. Ils m’écœurent.
Lorsque je relève la tête, je crois mourir de douleur. Ma vision se brouille. Grey
est maintenu par les bras, la tête penchée vers l’avant dans le vide. Il semble
inconscient. Son visage est recouvert de sang. Mes larmes coulent à foison pour
inonder mes joues. Ils l’ont tué ? Il n’a pas pu survivre à un tel affront. Je ne vois
même pas son torse se soulever. Respire-t-il encore ?
Les gorilles le traîne et l’emmène comme un vieux sac. Qu’est-ce qu’ils vont
faire de lui ? Mon dieu !
— Grey ! Je hurle de rage. Je veux qu’il se réveille. Qu’il reprenne conscience.
Je t’en supplie Grey ne m’abandonne pas ! Je suis hystérique à la limite de
l’asphyxie. Mes poumons me brûlent et m’empêche de reprendre ma respiration.
La porte claque, je me retrouve seule à bout de nerfs.
— Qu’est-ce que vous voulez à la fin bon sang ? Vociféré-je en tournant sur moi-
même ne sachant pas trop où m’adresser. Personne ne me répond.
Je tombe à genoux sur le sol à bout de force et désespérée. Je hurle pour vider
ma haine et ma rage entrelacé. Je suis hystérique à l’idée d’avoir perdu Grey.
La porte s’ouvre à nouveau, un autre type s’approche de moi. Je recule jusqu’au
mur du fond.
— Laissez-moi tranquille ! Il s’accroupit face à moi, je suis pétrifiée. Qu’est-ce
que vous voulez ?
Il ne me répond pas et continu de me fixer dans les yeux. Il sort de sa poche une
seringue.
— Qu’est-ce que c'est ? Ne fait pas ça ! Je vous en supplie ! Non !
— Chut … Laisse toi faire.
— Non ! Je panique et commence à le frapper. Je le griffe et me débat lorsqu’il
tente de me maîtriser et de m’injecter son produit sous la peau.
— Ça suffit ! M’ordonne-t-il.
— Ne me touchez pas ! Aie ! Je reste figée par la douleur de l’aiguille dans mon
cou. Le liquide déferle en moi et le sol se dérobe sous mes pieds en quelques
secondes. J’ai le vertige, je vois trouble, ma tête devient lourde, mes yeux se
ferment. Je me sens partir. Mon corps pèse une tonne et puis plus rien. Le vide
total.
Chapitre 18
Madeleine ouvre la marche. Nous la suivons sur la pointe des pieds. Elle me
fait signe d’entrer dans une autre chambre au bout du couloir. Je ne comprends
pas tout de suite pourquoi elle insiste pour que l’on entre ici. Je l’interroge du
regard. Elle me fait un clin d’œil.
— Qu’est-ce qu’on fait ?
— Compte tu sortir d’ici avec un drap autour de la taille sans passer inaperçu ?
— Oh ! Je baisse les yeux sur moi. Oui effectivement je vais attirer l’attention
accoutré ainsi.
Madeleine ouvre l’armoire et sort un pantalon, un pull et une paire de basket.
— Tiens, mets ça ! Je la remercie en silence et attrape le tout. Grey m’a lâché la
main depuis longtemps. Il regarde par la fenêtre sans dire un mot les mains dans
les poches pensif.
À quoi pense-t-il ? Il n’a pas dit un mot depuis tout à l’heure. Même pas un
regard ou un simple signe de sa part.
— Dépêche-toi ma chérie, habille-toi on doit partir. Me motive-t-elle en
chuchotant.
Je quitte des yeux à contre cœur le dos de Grey et enfile mes vêtements à la hâte.
Ils sont un peu grand, ce qui fait sourire Madeleine mais c’est toujours mieux
que de se balader à moitié à poil.
— Je suis prête. On peut y aller !
— Attendez là, je vais voir si la voie est libre dans les couloirs. Elle ouvre la
porte, passe sa tête puis nous fait signe de venir. Pensant que Grey avait entendu
Madeleine, je la suis sans me retourner. Ce n’est qu’à mi-chemin dans le couloir
que je m'aperçois qu’il n’est pas là.
— Madeleine ! Elle se retourne vers moi.
— Oui !
— Grey ...
Elle fronce les sourcils et fait marche arrière dans ma direction. Nous retournons
dans la chambre mais il n’est pas là. Où est-il passé bon sang ! À quoi joue-t-il ?
Je retourne dans la chambre rouge au cas où il aurait eu l’idée de terminer James
pendant que Madeleine part faire le tour à l’étage.
J’entre sur la pointe des pieds dans la pièce dans laquelle j’ai ressentie un
profond dégoût de moi-même. L’odeur du cuir, de l’huile et des murs me donne
la chair de poule. Je ne sais même pas comment j’ai fait pour être à deux doigts
de jouir lorsqu’il a commencé à s’occuper de moi tout à l’heure. J’ai même
murmuré son nom ! Quel sentiment m’est passé par la tête à ce moment-là ?
James reprend connaissance doucement allongée sur le sol. Il gémit de douleur.
J’ai mal pour lui. Je sais que les coups de Grey sont d’une puissance
monstrueuse. Je n’ose approcher. Il s'adosse contre le mur difficilement le visage
en sang. Mon cœur fait un tour sur lui-même. Mon dieu il l’a vraiment amoché.
Qu’est-ce que je fais ? De toute évidence Grey n’est pas là, je n’ai donc aucune
raison de rester et qui plus est James ne m’a pas vu. Alors pourquoi je suis
encore là ? Allez tire-toi ! Étrangement, je ressens le besoin de l’aider. Il me
brise le cœur. Il est dans un sale état. Je sais qu’il l'a cherché mais il est tombé
sur Grey le champion de boxe. Et ça, ça ne pardonne pas !
Mes orteils avancent malgré ma raison qui leur hurle de faire demi-tour. Et
merde qu’est-ce que tu fais ? James relève la tête et me regarde surpris. Il
s'essuie le nez du revers de la main et crache par terre.
— Est-ce que ça va ? Lui demandé-je incertaine.
— J’ai connu mieux ! Je fais une grimace. J’imagine bien !
— Qu’est-ce que tu veux ?
— …Je ne sais pas trop …Je cherche …enfin je ...laisse tomber.
— Tu t’inquiétais pour moi ? Me taquine-t-il un sourire en coin repeint de sang.
— Non ...euh… si ...heu. Je m’embrouille.
— Laisse tomber Charlotte. Il se relève avec beaucoup de mal. Il doit avoir des
côtes cassées. Je me précipite pour l’aider. Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Une
part de moi le remercie d’avoir endormie l’autre gros porc afin qu’il ne puisse
pas abuser de moi et qu’il a été malgré tout très prévenant envers moi mais
l’autre part déteste la manière dont tout a commencé. Il a profité de la situation
et a obtenu ce qu’il voulait avec son argent. Comme si tout pouvait s’acheter.
Je passe mon bras sous le sien et l’aide à se mettre debout.
— Ça va ?
— Oui ne t’en fais pas, je vais m’en remettre. J’en ai vu d’autre. Je l’assoie sur
le rebord du lit et m’accroupi à sa hauteur.
— Tu veux boire un verre d’eau ?
— Un whisky ça serai mieux ! Ironise-t-il.
— Je suis désolée. Lui murmuré-je en tentant de capter son regard émeraude
bousillé.
Nos regards s’accrochent. Le temps s’arrête un instant. J’oublie qu’il faut que je
retrouve Grey et qu’il faut qu’on s’enfuie d’ici avant que l’on se fasse attraper.
Sa main se pose délicatement sur ma joue. Je ferme les yeux. Son pouce caresse
ma peau. Son contact m’achève. Malgré la branlé qu’il vient de se prendre, il
continue d’être le James qui m’a fait chavirer au risque de s’en reprendre une
autre si Grey nous surprend encore. Je n’arrive pas à mettre des mots sur ce que
je ressens pour lui. C’est étrange et incompréhensible.
— Sauve toi ! M’ordonne-t-il dans un soupir.
Je relève la tête. Il me regarde désespérer et je comprends ce qu’il ressent
maintenant.
Dépêche-toi avant que je change d’avis. Ne t’inquiète pas pour la dette, je
paierai. Je respecte toujours mes paroles. Tu peux vivre tranquille, il ne
t’emmerdera plus.
Je ne sais pas comment le remercier. Je ne sais même pas si réellement je dois le
faire car en soit c’était un peu contre mon gré. Je prends sa main dans la mienne
et l'embrasse tendrement puis je me relève. Dans un silence je pars sans avoir de
réponse à mes questions sur mes sentiments pour lui. Je pars sans me retourner
le laissant seul dans cette pièce particulière qui malgré moi m’a marqué à vie.
Je retrouve Madeleine affolée dans les couloirs.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Ton homme est monté là-haut voir Pierre mon mari !
— Quoi ? mais pourquoi faire ? Je ne comprends pas.
— Je n’en sais rien mais c’est pas bon du tout !
— Qu’est-ce qu’on fait ? Je m’affole. On était si près du but. Il va faire une
connerie !
— Dépêchons nous alors ! Elle me prend le bras et nous montons dans
l’ascenseur le cœur battant. Bordel mais qu’est-ce qu’il lui a pris ? À quoi il joue
putain !
La sonnerie de l’ouverture des portes me sort de mes questions incessantes.
J’entends un coup de feu à l’étage. Mon dieu ! Madeleine m’arrête de son bras.
Elle a l’air de gérer la situation mieux que moi. Elle doit avoir l’habitude de
vivre avec des gangsters et d’entendre des coups de feu. Moi par contre c’est la
panique totale. D’autre coup résonne, je crie de surprise et de panique. J’ai peur
que Grey soit touché. Madeleine me prend la main et me guide jusqu’au bureau
de son mari. J’ai les genoux qui s’entrechoquent tellement j’ai la frousse. Je
m’imagine tous les scénarios inimaginables en quelques secondes.
Nous n’entendons plus rien. Le silence règne à l’étage. Les battements de mon
cœur sont douloureux. Je serre davantage la main de Madeleine et prie en silence
Sainte Marie pour qu’elle m’épargne un nouveau deuil. Je ne supporterais pas
que Grey soit touché. Je serais incapable de vivre un second enterrement. Je ne
veux pas perdre l’amour de ma vie une seconde fois. La vie m’a donné une
seconde chance, pourquoi s’obstinerait-elle à vouloir me l’enlever encore une
fois ?
On approche de la porte. Madeleine ralentit le pas, je reste planqué derrière elle.
Deux gardes du corps sont au sol. Mort ou inconscient je n’en sais rien. Nous les
enjambons crispées.
Un fois devant le bureau, Madeleine s’immobilise. Je la percute. Figée les yeux
rivés dans la pièce, je suis son regard. Je reste sans voix le cœur en suspens.
Nos maris respectifs se mettent en joue. Quelques pas les séparent. Leurs visages
sont fermés, froid sans aucune expression. Ils se jaugent du regard, l’atmosphère
est glaciale, tendu et prête à exploser. Le temps se fige. Quoi faire ? Que dire
pour qu’ils baissent leurs armes ? À bout portant il va forcément y avoir un
mort. Madeleine tente sa chance.
— Pierre ! On est trop vieux pour cela. Je te le demande, laisse-les partir.
Un long silence me laisse pendu aux portes du temps. J’attends qu’il réagisse.
Mais il n’en fait rien.
On dirait des statues de glace. Je me demande même s’ils respirent. Bordel, il
n’y en a pas un qui va rendre les armes ? C’est bon nous ne sommes plus aux
temps des westerns ! Je tente le tout pour le tout.
— Greyson, je suis désolée. Pardonne-moi. Tout est de ma faute. Tout est fini,
nous pouvons partir. Laisse-le. Je t’en supplie, baisse ton arme ! Je m’approche
doucement la peur au ventre. Je continue de lui parler.
J’ai besoin de toi, ne fais pas n’importe quoi ! Si tu tires sur lui, tu tues tout en ce
que tu crois. Oublis la boxe, oublis ta vie, oublis l’avenir qui s’offre à nous…
Greyson je t’aime….
Mes larmes coulent le long de mon visage pendant que je m'immisce entre eux.
Madeleine me regarde les yeux exorbités par la peur. Elle me fait signe de la tête
de ne pas le faire. Mais je m’en fous, je sais que Grey ne me tirera pas dessus. Je
me place face à lui, le canon de son flingue me fixe droit devant. J’ai le cœur qui
palpite à se rompre en deux. Je pris pour que le mari de Madeleine ne me tire pas
dessus en traitre dans le dos pendant que je tente de dissuader Grey de baisser
son arme. Mes yeux le supplient noyé par le remord. Son regard finit par tourner
vers le mien. Je soupire de soulagement.
Il baisse son arme doucement. Je ne le quitte pas. Nous sommes verrouillés l’un
à l’autre. Je l’aime plus que tout et il le sait. Le revolver tombe au sol dans un
bruit sourd. Je me précipite dans ses bras puissants. La chaleur de son corps me
réconforte. Je me sens protégé et en sécurité enferme dans ses bras. Il me serre
contre lui, son parfum enivre mon cœur souffrant de son absence. Il dépose des
baisers sur mes cheveux, je pleure contre son cœur.
— Pardonne- moi ! Lui chuchoté-je enfouie contre son tee-shirt.
Je me crispe tout à coup quand un coup de feu éclate dans la pièce. Mon dieu !
Je cris et lève la tête vers Greyson. Son visage est fermé. Est-il touché ?
— Grey ! Je hurle. Je comprends vite qu’il n’a rien. Il serait déjà à terre. Il me
serre encore plus fort Je ne comprends pas, qui a tiré ?
Je me retourne et vois Madeleine une arme à la main, le bras tendu. Elle vient de
tirer de sang-froid sur son mari. Mais pourquoi ? Je reste sans voix la bouche
ouverte.
Un son lourd résonne. Il vient de tomber sur le sol. Mes yeux se tournent malgré
ma peur de découvrir un homme la peau trouée. Je découvre son mari sans vie
les yeux ouverts mais vide de son âme. Que vient-il de se passer ? Nous restons
un instant sans pouvoir dire un mot.
Madeleine lâche son flingue. Il atterrit sur le sol à ses pieds.
— Madeleine ? Mais pourquoi ?
Elle se tourne vers nous le visage triste, elle me répond :
— C’est mieux ainsi. Nous sommes dorénavant tous libre.
Le poids qui pesait dans la pièce il y a quelques minutes disparut sur ses paroles.
Grey me serre contre lui. Je ferme les yeux. Madeleine sort de la pièce en
silence.
Chapitre 20
J 'essaye de faire bonne figure chaque matin devant les filles mais toutes les
nuits je pleure étouffée dans ma couette pour ne pas les réveiller. La
solitude m’entraine vers mes vieux démons. Je combats contre mes envies
de reprendre un verre pour soulager mon chagrin. Je sais qu’une fois l’alcool
dans mes veines, j’oublierai tout, je ne ressentirai plus rien. Plus aucune
question, plus aucune douleur, plus rien du tout mise à part la plénitude procurée
par l’alcool.
Je suis allée voir le docteur il y a quelques jours et elle m’a annoncé que j’étais
enceinte de huit semaines. J’ai parlé avec elle sur mon souhait de ne pas le
garder. Bien entendu, elle a été très neutre dans ses conseils. C’est mon choix et
il m’appartient. Je me donne encore une semaine ensuite je prendrais une
décision.
Aujourd’hui, je dois aller voir Clara afin de lui donner les dernières directives
pour le mariage d’une des filles du maire qui sera célébré demain matin en
grande pompe. C’est un très gros contrat et je ne veux pas qu’elle se trompe. Je
suis dans un état pitoyable. Un coup d’œil dans le rétroviseur me fait peur.
Casper sort de ce corps ! Le teint livide, les yeux au fond de la tête cernés par
des coupoles bleuâtres me renvoie l’image d’une nana au bord du gouffre. Pour
dissimuler mon désespoir, j’ai inventé que j’avais la grippe. Tout le monde croit
en mon mensonge comme une lettre à la poste. Vu la gueule que j’ai ce n’est pas
bien difficile.
Après quatre heures interminables à régler les derniers détails, je rentre à la
maison sur les rotules. Vu l’heure, les filles m’attendent surement en pyjama
pour que je leur lise une histoire avant qu’elles s’endorment comme chaque soir.
— Bonsoir Sarah. Dis-je à la baby-sitter en déposant mes affaires sur la console
de l’entrée.
— Bonsoir Charlotte. Les filles se lavent les dents, elles vous attendent.
— Très bien, merci pour ce soir. Rentrez bien, faite attention sur la route.
— Oui ne vous inquiétez pas. Bonne soirée à vous. Me salut-elle en prenant son
manteau et son sac à main avant de partir.
Lorsque la porte claque, je soupire de fatigue. Ma deuxième journée commence.
J’enlève mes chaussures et monte rejoindre les filles. Elles rient et se
chamaillent comme d’habitude.
— Coucou mes bébés !
— Maman ! Tu es rentrée.
— Rose m’a tapé tout à l’heure.
— Ce n’est pas vrai ! Tu mens !
— C’est bon les filles, allez ce n’est rien, au dodo.
— C’est moi qui choisit l’histoire ce soir !
— Non c’est moi !
— Pas de dispute. Ce soir c’est maman, comme ça pas de bagarre.
— Bon d’accord… Me disent-elles en cœur.
— En route mauvaise troupe !
Après une histoire, puis deux puis trois et des montagnes de câlins je ferme la
porte sur mes deux bébés devenu grande qui dorment à poing fermé.
Seule au salon, étreints par la nuit noire et mes sentiments douloureux qui me
persécute, je ne tiens plus. Ce soir, je n’ai plus d’ange gardien pour me tenir loin
de mes démons, je prends un verre les mains tremblantes. J’en ai vraiment
besoin.
La première gorgée me brûle la gorge. Je grimace. Le premier verre me donne
des remords ensuite tous les autres s’enchainent facilement comme des verres de
cristalline. Plus j’en bois, plus je me sens soulagée, légère. J’oublie tout. La
douleur au fond de la poitrine disparaît. Le coude se lève encore et encore
jusqu’à finir la bouteille. Je ne suis plus maître de mes gestes. Mes orteils
cognent dans les meubles, mon bras est lourd et fais claquer le verre à chaque
fois que je le repose. Je cherche à quatre pattes la deuxième bouteille que j’avais
caché au fond du placard dans un sac de voyage dans l’entrée. Je suis euphorique
quand je la trouve enfin et l’ouvre pour la boire directement au goulot. Adossée
contre le mur du couloir je me laisse glisser jusqu’au sol.
Chaque personne qu’on s’autorise à aimer, est une personne qu’on prend le
risque de perdre et j’en sais quelque chose. J’ai perdu Brady et maintenant j’ai
perdu Greyson. Je croyais pourtant que Grey était la chose la plus belle qui
m’avait été donné après la mort de Brady mais aujourd’hui, je souffre tellement
que je veux l’oublier. Son silence me fait mourir à petit feu. Alors ce soir, je
trinque seule à mon monumentale bordel sentimental.
Gorgé après gorgé, je me force à finir cette bouteille que le diable m’a mis dans
la main. Allongée sur le sol de l’entrée, je n’arrive même plus à bouger mon
corps. Des souvenirs me reviennent, des flash-backs de ma vie d’avant me rende
triste. Je rie, je pleure, je marmonne toute seule et je bois encore et encore
jusqu’à ce que je ne me souvienne plus de rien. Le trou noir.
Les yeux fermés, j’entends du bruit autour de moi. L’odeur de la pièce est
étrange et je ne reconnais pas les voix des personnes à côté de moi. Je ne me
sens pas très bien. J’ai la tête qui tourne et mon corps est lourd. J’essaye d’ouvrir
les paupières à plusieurs reprises, mais la lumière m’éblouit. Putain mais c’est
quoi cette odeur qui me donne la nausée ? Je réussie à lever un bras par je ne sais
quel miracle pour me frotter les yeux qui semblent collés. Et c’est là, à cet
instant précis que sa voix résonne en moi.
— Elle se réveille. Annonce-t-il à quelqu’un dans la pièce. Il me prend la main.
Elle est chaude et imposante mais douce et rassurante à la fois. Il me chuchote à
l’oreille que tout va bien, qu’il ne faut pas que je m’inquiète. Mais de quoi dois-
je m’inquiéter ? Où suis-je ? Pourquoi tout ce brouhaha autour de moi ?
Après quelques minutes à tenter de saisir ce qu’il se passe, j’ouvre enfin les
yeux. Tout d’abord, je vois flou puis ma vue reprend ses fonctions. Grey est assis
à mes côtés sur un fauteuil couleur bleu de mauvais goût le visage translucide. Il
me caresse la main tendrement. Mais que s’est-il passé ?
Après un tour d’horizon bien court, je comprends très vite que je suis à l'hôpital.
Et là l'incompréhension me gagne.
— Tout va bien bébé. Ne t’inquiète pas, vous n’êtes plus en danger !
Qui vous ? Les filles vont bien ? Elles ont eu un accident ? Oh mon dieu !
Les infirmiers s’activent à mon chevet pendant quelques minutes puis une fois
tout stabilisé, ils quittent la chambre me laissant seule avec Grey.
— Où sont les filles ? Arrivé-je à articuler la bouche pâteuse.
— Elles sont avec ta mère, chez elle. Ne t’inquiète pas, elles sont formidables.
Elles ont suivi mes conseils à la lettre et elles t’ont sauvé la vie.
— Quoi ? Mais que s’est-il passé ? Il me regarde étonné.
— Tu ne te souviens pas ?
— Non ! Que s’est-il passé ?
Il hésite un instant. Il cherche ses mots.
— Elles t’ont retrouvé inconsciente sur le sol de l’entrée à leur réveille.
— Oh mon dieu ! Je plaque mes mains sur ma bouche pour ne pas crier et retenir
mes sanglots. Qu’est-ce que j’ai fait ? Des larmes montent comme un ras de
marré dans mes yeux et inonde mes joues lorsqu’elles s’échappent. Grey
m’enlace de ses bras puissant et si réconfortant que je me laisse aller à pleurer
comme une enfant. J’ai si mal à l'intérieur de moi que je voudrais hurler ma
douleur. Je reste blotti contre lui un long moment avant que mes plaintes
s’arrêtent.
Il me prend le visage de ses mains et me regarde dans les yeux tendrement. Mon
cœur se brise. Je ne le mérite pas. Je suis faible et lâche alors que lui est bien
trop coriace et persévérant. Tout le contraire de moi.
— Pardonne-moi ! Lui soufflé-je tout bas.
— Je te pardonne à une seule condition ! Enfin non …. Deux conditions.
— Lesquels ?
— Épouse moi et …. Fais de moi le père le plus heureux des hommes.
Sa voix résonne comme une louange venue du ciel. Je lui donnerai ma vie s’il le
fallait. J’aime cet homme à en crever. Je sais aujourd’hui ce que j’ai fait de lui. Il
est devenu un homme merveilleux. Ce n’est plus le Greyson arrogant, supérieur
et fouteur de merde que j’ai connu. J’ai senti qu’il se cachait un autre homme
derrière tout ça qui valait la peine d’écouter mon cœur et de poursuivre ma
destinée.
— Oui, je le veux ! Je ne veux plus jamais être loin de toi.
Grey dépose ses lèvres sur les miennes et je vous jure que c’est le baiser le plus
beau de toute ma vie.
On ne décide pas qui on aime. Le destin vous le met sur votre chemin. Ce n’est
pas la peine de le provoquer ou de le chercher, il viendra à vous. Il s’imposera à
vous comme une évidence.
FIN………………………………………………………………………….
Merci à Alicia B, ma mère qui m’ont encouragées, soutenues et aidées à
l’élaboration de ce roman. Sans vous, je n’aurais jamais franchi le pas de la page
blanche