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SOMMAIRE
- Décret 2003-1158
DECRTT NÔ 2016-1189
Vu la Constitu{ion,
Vu la loi organiqLre no 2004-036 du i" octobre 2004 relative à l'organisation, aux attributiqns, au
fonctionnement et à la procédure applicable elevant la Cour Suprême et les trois Cours la composant ;
VLr la loi no 9l-044 du 2 février 1998 sur les irersonnes handicapées et les textes subséquents ;
VLr la loi n" 2005-040 du 20 fëvrier 200(; -qur la lutJe contre le VIFÿSIDA et la protection [Link] droits <les
personnes vivatt avec le VIH/SIDA ;
\§- VLr la loi n' 201 l-002 du 15 jLrillet 201 i portant Code de la Sar-rté;
Vu la loi n' 201i-003 du 0l août 201 i porrant Réforme Hospitalière;
Vu l'ordonnance no 92-A30 du i 7 juillet 1992 portant création des Universités ;
Vu le décret n" 2001-l11 du 7 février 2001 régissant les Praticiens Hospitalo-universitaires ;
Vu le décret n" 2004-780 du 03 aoirt 2004 portaut code de Déontologie de Infirmiers ;
Vu le décret n" 2006-902 du l9 décembrs 2006 portant application de la loi n" 2005-040 du 20 1évrier 20A6
sur ia lutte contre le VIIÿ§IDA et Ia protection des droits des personnes vivant avec le YIH/SIDA ;
Vu le décret n' 2ü12-0632 du 13 juin 2012 pofiant Code de Déontologie Médicale ;
Vu le décret no 201 3 -03 5 du 22 janvier 2013 portant Code de Déontologie des Sages-femmes :
Vu le décret no 20I 4-634 du 03 juin 20I 4 fixant les athibutions elu Ministre de l'Enseignement Supérieur et dç
la l{eelierc}te Scientifique :
Vu le décret no 201 5-0627 du 07 avril 2015 porrant Code de Déontologie cles Pharmaciens ;
Vu le décret n" 2015-0667 du l4 avril 2015 fixant la création, I'organisation et le fonctionnement des Centres
Fiospitaliers Universitaires, en abrégé CHI,I ;
Vu le décrel n" 2A15-1452 dr.r 17 octobre 2015, modifié et cornplété par le décret n" 2016-0658 du 7 juin
2016, fixant les attributions du Ministre de la Santé Pubtique ainsi que l'organisation générale de son
Ministèrc :
I}ECR§TE:
C}IÀPITRtr I'R"}TMIER
D TS f'OS ITIONS G IiNETTA LES
Àrticle nrem:LçI"- En application de l'article 15 de la loi n" 2011-003 du 1"'août 2015 portant Réforme
Hospitalière, ie présent décret fixe ie cadre général de la Charte du Patient hospitalisé dans les Etablissements
de Santé publics et privés de Madagascar.
Articlq 2- - La Charte du patient hospitalisé clétermine les droits et elevoir.s essentiels du patient accuejlli dâns
les Etablissements de Santé publics et privés, vis-à-vis de l'Etablissement et du personnel, tels qu'ils sont
définis dans le présent décret.
1.
CTT4PITRE IT -
D{,S ilROTTS DU PATTE,NT
llection Premièrc
de santé
Du droit à l'accès :ru service pubtic
Ârticlç6.-Lepatientlrospitaiiséadroitàunbonaccueil'Acetefl''eÎ,lcsétablissementsdesantédoivent:
Ies traitements et les
et de la prise en charge incluaut la prévention'
- garantir la qualité de l'accueil
soins : ,:, -- ^ -^+^ en fur de vic'
du soulagement de la douleur et de l'assuratlce d'ulte vle digne' notamment'
se soucier
AfüSLe*l1- - L'intbrmation donnée au patrirnt doit êtrc véridique, loyale, neutre, clairc et appropriée par rapport
à son état. Lc natient pâÉicip{j aux choir ihérapeutiqucs et aux décisions qui le concernent. Il [Link] se faire
assister par une personne de cr:nfiance de son choix. Cette information concerne également I'itinéraire des
soins, l'évolution de sa maladie ainsi que l'existerce de centres de soins spécialisés les plus proches.
ALt!çIg__!z- ir'n zrctr: médica1 ne perri êlre pratiqué qu'avce le consentement libre ct éclairé chr patienl.
Celur-ci a le iJroit de ref'.rser tcui ilaiien.":ri. Lorsque le palient n'est pas en. état c!'exprirner sa vclcnté" ic
consentemcnt dcit ôtre cionné par la persctne titulairc rle 1'autorité parentale pour le patient mineur ou par le
représentart iéga1 or-i le con-joint ou rin [Link] proche pour le majeur inapte. Dans la ûlosu!'e du possible; 1'avis
dc i'enfanl mitrcttr r{oit ôh'e;tt'is cn c,-itr:i,,!uritli,itt.
Af§S!àjâ - Le prélèvement de substar;ces d'origine humaine ne peut être pratiqué sans lc conscntemetrt
préalable ciu cionuer-rr et ne peut être effectué qu'à cles fins thérapeutiques. Aucune pression ph1'siquc, mol'ale
,f-
ou péculiairc nc <Jdit être à 1'criginr du dln. Le conset:temcnl doit srl faire par écrit. I! est révocahic clans la
mén:e form,: ci ii tout mcmenl,.
Le clonneur doit être informé de rnanière précise et compréhensibie pour lui des risques qu'il encourl et des
ccnséquences ér,eiitrieIle: du prdlâvenret"rl.
Le receveur doit êtrr: irrfbrmé cles risques potentiels encourus pour une greffe oli une transplantation et doruter
son conse*tomcnt. Cctle ir:{[Link] esi [Link]ée à sa Iàrnille s'il n'est pas en état de la rcoçvoir ct, pour
les minenrs e1 les majeurs fàisant I'ob,iei d'une mesure cle protcction légale, aux titulairÇs de I'autcrité
parentale ou au. rrprôsentanl 1éÊû1.
Lorsque lç receveur est un mineur ou iin maieilr sous tutelle, le conscntsment est donné par les titulaires de
I'autoriié plrcnrlic ott 1c lttlcur.
Le prélèverietli sur une persoïlue cloni la nrort cérébrale a été dûment constatée ne pout ê1re cffccttré qu'à clcs
fins thérapcutiques ou scientifiques et à- coliriition que si la personne ait donné son consentement libre et
éciairé do scn viviurl.
I-a oessiou *t 1'uiiljsation cies substances [Link] d'origine humaine sont régies par les dispositions de
la iégisïatiorr el de la réglenrentation en vigit*rirr.
Son aceorci esl r'hnné par écrit. Son rcârs l'aura pas de conséquetrce sur la qualité de"'; soitts Qri'clle rt,leÇYril.
Toutcs nouveiles informations apparaissant au c(furs dc la recherche doivent être portées à sa ccnnaissanee.
AïÊ!g!-e l_F - ï-i: 1:ersonne hospitalisé,; ou ses roprésentants légaux bénél'roient rl'un accè'* dircet âux
informations cte santé la concernant et pe irt dcmander, ri ses propres frais, une copie de son dossier rnédical. En
cas dc décès. scs rLyanfs clroir benéficicni dc cc rnêmc clroit sLtr réquisition dcs aulorilés conrpétcnles potlr
*xpert.!se [Link] i r:ei- ki ga [e.
Scctiorr 4
§u drciÉ ââr r€spsct de Ia pers*nne humain*
ê,fsiç!pj*{t.- {Jnc pcrsonne rece';ant cies soins a elroit d'êh'e lraitée avec 6garcis. Ëile a droit à la proiettion et à
la promoticn clc sa saiité. à sa sécurité ct i'r sa dignité. Ses croyances sont resp*ctées. Scr.: intimité ainsi qr:e sa
tranquillité soil préservées.
sa vie privée ainsi qu'à la
confiile,tialité des informations
a droit au respect de
,[Link] 17.- Tout patient de ne pas divulgLrer les infort,ations
qui le concernent. cL [Link] impos"
personnelres, médicares et sociales à une perso,ne qu'il doit
qu'il en vie ou à l'hôpitut' a tu-rigueur'
qulau patient seulemeut, tant
".t """n'"
;;r;;, explicitement parmi son entourage'
Articrq 18-La personne ,:iî""" "l::::i:;î:lî:ïJ:i|Jffi":1fii"ï:,i3[ïïff::i:i:ïË::
affrmant décision sa
de décharge
1;yr;,ï::iîil1;ii'TiJËi::Tl;"'ffi;,ffi;;'il;;,.'n*"
sur les risques éventuels'
et les informations reçues
<le c,aque étâblissement'
ou de limite organisationne*e
1g_ sau1, en cas de
co'tr"e-indication médicare
Àrticre
lepatientadroitd,êtreassistéparunacccmpagna,nt.
corps du
une autopsie ou autre manipulation du
la famirle a lc droit cle refuser
Àrticre 20.- Hn cas de décès,
,Jé[Link]équisitioncl,uneautoritécompéteniepourexpefiisemédico.légale.
{- cEIÀPrrRE rr{
DE,S DEVOIRS DU PATTENT
et
services de façon adéquate
Àrricle2t..-Lepatient,sesaccompagnants.oï,r,r,,î:'*1:ivents'infotÏ"t:li::lecterlesrègiementsen
de santé. lrs sont amenés à utiliser les
vigueur au seinde l'étabiissement
judicieuse.
êrtic]e?a'-Lepatientoulereprésentantlégaldoitconserverles,carnetsdesantéetlesmontreràchaque
.*iu"t avec les sctwices de santé'
Scction Z
usagers
IJes devoirs enYers les autres
cF{-AI}t'I',Âtti tv
i}TSPüSITtrÛH§ FtrHÀLEÈq
Article, ?8.- Une Charte du patient ,.u'Or" à chaque établissement hospitalier, adoptée par le Conseil
d'Administration/ Comité de Pilotage /Comité de Gestion cornplète et précise les dispositions du présent
décret.
Article 29.- En tant que de besoin, des textes téglementaires peuvent être pris par le Ministre en charge de la
Santé en application des dispositions du présent décret.
Article 3Q.- Toutes dispositions antérieures contraires à celles du présent décret sont et demeurent abrogées.
Article 31.- Le Ministre de la Santé Publique est chargé de l'exécution du présent décrct qui sera publié au
Jour::al Officiel de la République.
Fait à Antanânârivo, le 13 scptembre ZillS
oara Eugène
MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE
—————
DECRET N° 2003-1158
Portant Code de Déontologie de l'Administration
et de Bonne Conduite des Agents de l'Etat
Vu la Constitution;
En Conseil du Gouvernement,
DECRETE:
TITRE PREMIER
DISPOSITIONS GENERALES
SECTION UNIQUE
CHAMP D'APPLICATION
Article premier.
En application du Titre II de la Loi n° 2003-011du 3 septembre 2003, portant statut général
des fonctionnaires, les dispositions du présent Code s'appliquent à tous les agents de l'Etat sans
exception, quelle que soient sa fonction et son hiérarchie, sans préjudice des autres Codes
de déontologie spécifiques auxquels certains d'entre eux sont astreints en vertu de leurs obligations
particulières de par leur corps ou de par leur profession.
TITRE II
DES DEVOIRS ET OBLIGATIONS GENERAUX
DE L'ADMINISTRATION
Toutes discriminations fondées sur l'origine, la race, le sexe, la religion, l'ethnie, les convictions
politiques, philosophiques ou syndicales sont prohibées.
Article 3. -Neutralité-
L'administration ne doit pas exercer sur ses agents de traitement discriminatoire, ni aucune forme
de pression de nature politique, idéologique ou autre.
Article 4. -Légalité-
Le service public doit s'exercer dans le cadre d’un strict respect de la loi ; ainsi toute prise de décision
doit être conforme aux textes en vigueur.
Le service public doit veiller à l'exécution des décisions de justice dans le domaine qui le concerne.
Article 6. -Transparence-
Les décisions administratives doivent toujours être prises selon des procédures transparentes, simples
et compréhensibles, assorties d'une obligation de rendre compte.
Article 7.
Toute administration doit rendre publiques les informations nécessaires sur les actes et procédures
relevant de sa compétence, ainsi que les informations permettant d'apprécier sa gestion, afin
de permettre, d'une part, aux intéressés d'en prendre connaissance de manière complète et suffisante et,
d'autre part , l'évaluation de ses actions.
TITRE III
DES DEVOIRS ET OBLIGATIONS GENERAUX
DE L'AGENT DE L'ETAT
SECTION PREMIERE
DE LA PRESTATION
Article 8. -Professionnalisme-
L'agent de l'État doit s'acquitter de ses tâches avec professionnalisme, en mettant à contribution
ses connaissances, ses habiletés et son expérience dans l'atteinte des résultats visés.
Le professionnalisme réside dans la maîtrise et le bon accomplissement de ses fonctions et tâches,
dans le but de contribuer à l'amélioration de la prestation générale du service public.
L'agent de l'Etat est responsable de ses décisions et de ses actes, ainsi que de l'utilisation judicieuse
des ressources et de l'information mises à sa disposition.
Article 9. -Compétence-
L'agent de l'Etat doit entretenir et améliorer ses compétences afin de disposer d'un profil et
de compétences appropriés et à jour. A cet effet, il est tenu de participer à des activités de formation et
de perfectionnement, notamment celles prévues par les dispositions statutaires le régissant.
SECTION II
DU COMPORTEMENT
Il lui est interdit de médire sur leur compte ou de se faire l'écho de propos susceptibles de leur nuire
dans l'exercice de leurs fonctions.
TITRE IV
DES DEVOIRS ET OBLIGATIONS DE L'AGENT
DE L’ETAT ENVERS LES USAGERS
SECTION PREMIERE
DU RESPECT DES USAGERS
Article 13.
L'agent de l'Etat doit traiter les usagers avec égard. Il doit faire preuve de respect et de courtoisie
dans ses rapports avec eux.
SECTION II
DE L'IMPARTIALITE
Article 14.
Tout agent de l'Etat est tenu de respecter le principe d'égalité de tous les citoyens devant le service
public. Il doit faire preuve de neutralité et d'objectivité. Il doit prendre ses décisions dans le respect
des règles applicables et en accordant aux usagers un traitement équitable.
Sont ainsi interdits les discriminations et les traitements de faveur, quels qu’en soient les raisons ou
prétextes, notamment toute discrimination basée sur le: sexe, la religion, la fortune, l'origine,
la parenté, l'opinion politique ou l'appartenance à une organisation syndicale.
Article 15.
Au cours de la prise de décision liée à un processus de dotation ou d'octroi d'avantages financiers,
matériel ou moraux, l'agent de l'Etat ne doit accorder aucun traitement de faveur, ni aucune aide, aux
membres de sa famille ou à ses amis et connaissances.
SECTION III
DE L'INTEGRITE
Article 16.
L'agent de l'Etat doit assumer sa mission en toute intégrité et en toute transparence. Il doit éviter toute
situation ou attitude incompatible; avec ses obligations professionnelles ou susceptibles de jeter
un doute sur son intégrité et de discréditer le service public.
Article 17.
L'agent de l'Etat doit s'abstenir de toute activité délictuelle, tels que le détournement des deniers
publics, le trafic d'influence, la concussion.
Commet une infraction, tout agent de l'Etat qui exige ou accepte d’une personne requérant
les services de l'administration, une commission une récompense, un avantage ou un bénéfice
de quelque nature, soit directement, soit indirectement.
Article 18.
L'agent de l'Etat ne doit solliciter ou réclamer, accepter ou recevoir, directement ou indirectement,
aucun paiement, don, cadeau ou autre avantage en nature pour s'acquitter ou s'abstenir de s'acquitter
de ses fonctions ou obligations.
Article 19.
L'agent de l'État ne doit en aucun cas utiliser les biens publics à des fins personnelles ou requérir
les services d'un subordonné pour des activités autres que celles relevant de ses fonctions ou tâches.
SECTION IV
DE LA DILIGENCE ET DE LA CELERITE
Article 20.
L'agent de l'Etat est tenu d'exécuter le travail qui lui est confié avec un maximum de diligence et
de célérité. Il doit s'empresser de traiter tous les dossiers, et en priorité ceux qui touchent directement
le public.
Article 21.
L'agent de l’Etat ne doit, sous quelque prétexte que ce soit, retenir arbitrairement et sans traitement
les correspondances adressées à son service.
Article 22.
Afin de rompre avec la pratique du silence qui vaut refus, tout agent de l'Etat investi de pouvoir, doit
savoir que, suite à une demande écrite, sa décision favorable est acquise à l'usager passé un certain
délai fixé par l'administration.
SECTION V
DU SECRET PROFESSIONNEL
Article 23.
L'agent de l'Etat est tenu au secret professionnel en tant que dépositaire de renseignements ou
informations concernant les usagers, à moins que les nécessités de service ou des obligations légales
ne lui en imposent la communication.
SECTION VI
DE L'OBLIGATION D'INFORMATION DU PUBLIC
Article 24.
Il est du devoir de l'agent de l'Etat de fournir aux usagers les informations dont ils ont besoin et
qu'ils sont en droit d'obtenir dans le respect de la législation et de la réglementation en vigueur.
Article 25.
Tout agent de l'Etat, en sa qualité de serviteur de l'intérêt général, doit aider le public en l'orientant
vers l'autorité compétente ou le service concerné.
Il doit faciliter les démarches des usagers en mettant à leur disposition tous les renseignements
disponibles, fournis par l'administration à l'usage du public.
TITRE V
DES DEVOIRS ET OBLIGATIONS DE L'AGENT DE L’ETAT
ENVERS LES INSTITUTIONS ET L'ADMINISTRATION
SECTION PREMIERE
DU RESPECT DES INSTITUTIONS DE L'ETAT
Article 26.
L'agent de l'Etat doit s'acquitter de ses missions dans le respect de la Constitution, des conventions,
traités et chartes internationaux, ainsi que des lois et règlements en vigueur.
Article 27.
L'agent de l'Etat est tenu, à travers l'obligation de réserve, de vouer un respect aux institutions
légalement constituées et aux personnalités qui les incarnent.
SECTION II
DE LA LOYAUTE A L'AUTORITE CONSTITUEE
Article 28.
L'agent de l'Etat est tenu d'être loyal à l'autorité constituée dont il relève. Il doit exercer ses fonctions
avec honnêteté et objectivité dans l'intérêt public.
Article 29.
L'agent de l'Etat doit s'abstenir, même en dehors de l'exercice de sa profession, de tout acte de nature à
nuire à l'image du service public.
Article 30.
L'agent de l'Etat ne doit pas, au regard de son appartenance politique ou de ses propres
croyances idéologiques, influencer ou biaiser les politiques, décisions ou actions que l'administration a
décidé de définir, de prendre ou de mettre en œuvre.
Il ne doit pas user de son poste, de sa fonction ou de sa responsabilité à des fins politiques ou
partisanes susceptibles de nuire à l'intérêt du service public.
Article 31.
L'agent de l'Etat est lié par l'obéissance hiérarchique pour tout ce qui concerne l'accomplissement
des tâches relevant de ses attributions. A ce titre, il doit se conformer aux instructions
de son supérieur hiérarchique.
Dans le cas où l'ordre donné est manifestement il légal ou de nature à compromettre gravement
un intérêt public, l'agent est habilité à en informer soit les autorités placées au-dessus de son supérieur
hiérarchique, soit les services de la Médiateur.
SECTION III
DES CONFLITS D'INTERET
Article 32.
L'agent de l'Etat ne doit, ni assumer aucune activité ou mission, ni se livrer à aucune transaction, ni
avoir aucun intérêt financier, commercial ou matériel, qui soient incompatibles avec ses fonctions,
charges ou devoirs.
Article 33.
L’agent de l'Etat doit éviter de se placer dans une situation où il y a conflit entre son intérêt
personnel et les devoirs de ses fonctions.
L'agent de l'Etat qui croit se trouver dans une situation décrite à l'alinéa précédent doit en informer
son supérieur hiérarchique ou le dirigeant de l'organisme dont il relève.
Article 34.
En cas de conflit d'intérêts entre sa situation professionnelle et son intérêt particulier, il doit mettre fin
aux activités donnant lieu à un tel conflit.
Article 35.
L'agent de l'Etat occupant des postes de haute responsabilité, c'est à dire de niveau égal ou supérieur à
celui de directeur dans les ministères et les établissements publics, est tenu de déposer auprès
de l'organisme habilité une déclaration certifiée exacte et sincère de son patrimoine, de celui
de son conjoint et de ses enfants mineurs.
Article 36.
Un agent de l'Etat ayant quitté l'administration publique depuis moins de trois ans, peut,
sous autorisation écrite de son supérieur, accepter un emploi rémunéré au sein d’une entreprise
soumise au contrôle ou à la tutelle du service, ou de l'organisme où il assumait ses précédentes
fonctions.
TITRE VI
DISPOSITIONS FINALES
Article 37.
Tout manquement aux devoirs et obligations définis par le présent code expose son auteur à une
sanction disciplinaire, sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par les textes législatifs et
réglementaires en vigueur.
Article 38.
Le Ministère chargé de la Fonction Publique, en relation avec les ministères, institutions et
établissements concernés, doit entreprendre des actions de sensibilisation et de formation des agents
de l'Etat en matière d'éthique professionnelle et de déontologie.
Il est aussi chargé de mettre en œuvre les mesures pratiques d'information du public.
Article 39.
La création d'un " Comité pour le développement de la déontologie et de la bonne conduite
dans l'administration publique ", chargé de promouvoir et de veiller au respect des normes
déontologiques définies, fera l'objet d'un texte réglementaire.
Article 40.
Le Ministre de la Fonction publique est chargé de l'exécution du présent décret qui sera publié
au Journal Officiel de la République,
LOI n°2011‐002
La Loi portant Code de la Santé qui fait l’objet du présent Exposé des Motifs est
appelé à remplacer l’Ordonnance n° 62.072 du 29 Septembre 1962 portant codification des
textes législatifs concernant la Santé Publique.
Plus de cinquante ans se sont écoulés entre les deux Codes durant lesquels
d’importantes données ayant des impacts sur l’évolution de la santé de la population sont
intervenus. De nouvelles structures institutionnelles et administratives ont été mises en
place. Les attributions du Ministère chargé de la Santé se sont considérablement accrues,
tandis que des progrès notables ont été accomplis dans les domaines qui relèvent du
Ministère chargé de la Santé.
Dans le domaine du Droit international et durant les cinquante ans qui séparent les
deux Codes, d’importantes Conventions internationales ont été ratifiées par Madagascar,
qui invitent tous les Etats parties à faire accomplir à leur politique de santé des progrès
tangibles.
1) « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son
bien‐être et ceux de sa famille, notamment…les soins médicaux ainsi que les services
sociaux nécessaires…
« 1. Les Etats parties au Présent Pacte reconnaissent le droit qu’a toute personne de
jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre.
1
2. Les mesures que les Etats parties au Présent Pacte prendront en vue d’assurer le
plein exercice de ce droit devront comprendre les mesures nécessaires pour assurer :
On peut notamment mentionner les dispositions qui stipulent que l’ « Etat reconnaît
et organise à tout individu le droit à la protection de sa santé dès la conception », et aussi
que « l’Etat assure la protection de la famille pour son libre épanouissement ainsi que celle
de la mère et de l’enfant par une législation et par des institutions sociales appropriées ».
Le programme d’actions du Secteur Santé s’est focalisé sur huit volets (8) qui
consistent à :
2
• assurer la fourniture de services de santé de qualité à tous ;
• éliminer les principales maladies transmissibles ;
• gagner la lutte contre le VIH/SIDA ;
• mettre en œuvre une stratégie efficace de planning familial ;
• réduire la mortalité infanto‐juvénile ;
• réduire la mortalité maternelle et néonatale ;
• améliorer la nutrition et la sécurité alimentaire ;
• approvisionner la population en eau potable et généraliser les pratiques
hygiéniques et sanitaires.
Le contenu de la loi
La Loi portant Code de la Santé comporte 360 articles, contre 117 articles pour
l’ancien Code de la Santé Publique.
Par ailleurs, il faut préciser que, dans le respect des dispositions de la Constitution
portant sur le domaine de la loi et du règlement, le nouveau projet définit surtout les
principes généraux de l’organisation et du fonctionnement du Secteur Santé. Il devra être
complété par des décrets ou des arrêtés concernant les modalités d’application et les règles
qui ne sont pas nécessairement des principes généraux.
Les 360 articles du nouveau Code sont répartis en 10 Livres qui ont été, dans la
mesure du possible, logiquement classés et dans lesquels ont été insérés les nouveaux
éléments ayant vocation à enrichir la Politique Nationale de la Santé.
3
Le Livre Premier récapitule la réglementation fondamentale de la protection
générale de la Santé. Les mesures sanitaires et d’hygiène générales, auparavant éparses
dans divers textes, sont regroupées, tandis que des indications sur l’orientation générale et
sur un classement logique des mesures d’hygiène et de salubrité sont clairement mises en
valeur.
Des nouveautés importantes ont été introduites dans ce Livre premier, notamment
celle relative à la protection de l’environnement et celle concernant le contrôle sanitaire aux
frontières dont les dispositions ont été renforcées.
Le Livre V concerne les maladies non transmissibles mais renforce les dispositions
relatives aux maladies chroniques et invalidantes, aux maladies oculaires, à la lutte contre la
toxicomanie et les maladies mentales, sans oublier la santé bucco‐dentaire.
Le Livre VII renforce des dispositions déjà connues mais nécessitant des précisions
sur les laboratoires d’analyses médicales, sur le sang et ses dérivés et sur le contrôle de la
manipulation des produits à base microbienne. Une attention particulière a été apportée
aux dispositions destinées à régir la transfusion sanguine.
4
Le Livre IX regroupe les peines et mesures disciplinaires applicables en cas
d’infraction. Des peines et mesures disposées en accord avec tous les intervenants du
secteur santé, étant donné la gravité des infractions commises dès qu’il s’agit d’activités
relatives à la santé publique.
Le Livre X est relatif aux dispositions diverses et transitoires. Il prévoit les dispositions
transitoires qui doivent être conçues ou maintenues en attendant la mise en place effective
des futures structures de la IVème République.
5
REPOBLIKAN’I MADAGASIKARA
Fitiavana‐Tanindrazana‐Fandrosoana
LIVRE PRELIMINAIRE
DE L’ORGANISATION INSTITUTIONNELLE
ET ADMINISTRATIVE DES SERVICES MEDICAUX DE MADAGASCAR
Article premier.‐ Le présent livre est consacré à la présentation générale des institutions et
structures administratives constituant le cadre d’ensemble au sein duquel les services sanitaires et
médicaux exercent leurs activités, en partenariat avec les organismes privés et la Société civile et en
cohérence avec les Collectivités Territoriales Décentralisées.
TITRE PREMIER
DES INSTITUTIONS
Article 2.‐ L’organisation de l’ensemble des services médicaux et administratifs est fixée par
décrets pris en Conseil de Gouvernement sur proposition du Ministre chargé de la Santé et
éventuellement, par les Arrêtés et Circulaires pris pour l’application de ces décrets.
L’organisation et les attributions des différents Conseils et Commissions sont fixées par
décrets pris en Conseil de Gouvernement sur proposition du Ministre chargé de la Santé.
Article 3.‐ Le Comité National d’Hygiène et de Santé, organisme unique qui a remplacé le
Comité Supérieur d’Hygiène et la Commission Nationale d’Organisation Hospitalière, fera l’objet
d’un décret pris en Conseil de Gouvernement sur proposition du Ministre chargé de la Santé,
renforçant son organisation et précisant sa composition, son rôle et son fonctionnement.
Les Comités d’Hygiène et de Santé qui ont remplacé les Comités Provinciaux d’Hygiène à
l’échelle régionale ou communale sont renforcés dans leur composition, leur rôle et leur
fonctionnement par Arrêté du Ministère chargé de la Santé.
TITRE II
DE L’AGENCE DU MEDICAMENT DE MADAGASCAR,
DES AGENCES ET DES UNITES DE CONTROLE ET DE PRODUCTION
6
La mise en place de l’Agence du Médicament de Madagascar est fixée par décret pris en
Conseil du Gouvernement sur proposition du Ministre chargé de la Santé.
Article 6.‐ Il est créé au sein du Ministère chargé de la Santé une Agence de Contrôle de la
Sécurité Sanitaire et de la Qualité des Denrées Alimentaires (ACSQDA).
Article 9.‐ Il est créé au sein du Ministère chargé de la Santé une Unité de Production et
d’Approvisionnement en Solutés Massifs.
7
TITRE III
DES ETABLISSEMENTS DE SOINS
Article 11.‐ Dans le cadre de la mise en œuvre de la Réforme Hospitalière, il est créé auprès
du Ministre chargé de la Santé une Agence Nationale Hospitalière, ayant notamment les missions
suivantes :
Article 12.‐ L’organisation des soins dans le secteur public s’articule sur quatre niveaux :
‐ les formations sanitaires de base pour les premiers contacts : les Centres de Santé de
Base niveau 1 et niveau 2 (CSB1 et CSB2) ;
‐ les Centres Hospitaliers de Référence de District (CHRD) ;
‐ les Centres Hospitaliers de Référence Régionale (CHRR) ;
‐ les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU).
Le premier niveau de la pyramide sanitaire comprend les CSB1, les CSB2. Ils assurent l’offre
des soins curatifs, préventifs et promotionnels de bases.
Article 13.‐ La Réforme Hospitalière prévoit dans la carte nationale hospitalière que les
Etablissements Hospitaliers Publics soient organisés en Centre hospitalier Universitaire (CHU), en
Centre Hospitalier de Référence Régional (CHRR) et en Centre Hospitalier de Référence de District
(CHRD) suivant leur localisation, leurs caractéristiques juridiques, administratives et techniques.
Les Etablissements Hospitaliers Publics de troisième niveau ont une vocation de soins qui
s’étend dur l’ensemble du territoire national, liée à leur haute spécialisation en médecine, chirurgie,
obstétrique, et spécialités. Ils ont vocation à assurer les formations pratiques de niveau universitaire
et post‐universitaire et la recherche. Ce sont les « Centres Hospitaliers Universitaires » (CHU).
Article 14.‐ Les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) et les Centres Hospitaliers de
Référence Régionale (CHRR) sont érigés en Etablissements Publics nationaux à caractère
8
Administratif (EPA) avec les prérogatives et obligations qui s’y rattachent, suivant les dispositions de
la Loi n° 98‐031 du 20 janvier 1999 portant définition des Etablissements Publics et des règles
concernant la création de catégorie d’Etablissements Publics et ses textes réglementaires
d’application. Les Centres Hospitaliers de Référence de District conservent, leur statut de services
rattachés et placés sous l’autorité administrative, technique et financière du Ministère chargé de la
Santé.
‐ formations sanitaires privées de base qui englobent les postes d’infirmerie, les postes
d’accouchement, les cabinets médicaux, les dispensaires privés, les centres de santé privé ;
‐ Etablissements Hospitaliers Privés de soins qui sont les cliniques, les polycliniques, les
hôpitaux privés. La clinique est un établissement où est pratiquée une seule spécialité
médicale. La polyclinique et l’hôpital privé sont des établissements où sont pratiquées
plusieurs spécialités médicales. Ils sont classés en Etablissements Hospitaliers Privés à but
lucratif ou Etablissements Hospitaliers Privés à but non lucratif, dont la tutelle technique est
exercée par le Ministère chargé de la Santé.
Article 16.‐ La proposition de création ou suspension d’un hôpital, d’un hospice, d’une
maternité, d’un poste d’accouchement, d’un dispensaire ou de tout autre établissement de soins, ne
peut être décidée par l’autorité administrative dont dépend l’établissement qu’après approbation du
Ministre chargé de la Santé, sur avis de la Commission chargée de l’ouverture et de la fermeture des
Etablissements de soins publics et privés.
‐ la création ;
‐ l’extension ;
‐ la reconversion ;
‐ la suppression totale ou partielle ;
‐ le regroupement de toutes Formations Sanitaires privées.
Ces dispositions doivent comporter toutes les instructions utiles pour le bon fonctionnement
de la transmission par les Technologies de l’Information et de la Communication, des informations
médicales en vue d’obtenir à distance un diagnostic, un avis spécialisé, le suivi d’un malade ou d’une
décision thérapeutique. Elles doivent en outre, prévoir l’instauration d’un organe de contrôle de la
Technologie de l’Information et de la Communication dans le domaine de la santé et faire assurer le
respect du secret médical.
9
LIVRE PREMIER
DE LA PROTECTION GENERALE DE LA SANTE
Article 18.‐ Le présent Code définit, en les actualisant, les principes fondamentaux qui
régissent, dans le cadre de la Politique Nationale de la Santé, les mesures sanitaires et d’hygiène
générales aménageant et améliorant l’accès de la population aux services de santé, la protégeant
contre les maladies et renforçant la mise en place et l’organisation des structures ayant vocation à
mettre en œuvre les programmes d’actions dans tous les domaines sanitaires.
TITRE PREMIER
Article 19.‐ Les mesures sanitaires et d’hygiènes s’imposant sur le Territoire National ainsi
que les procédures et les sanctions qui en assurent l’application résultent :
CHAPITRE PREMIER
DES REGLEMENTS SANITAIRES
Article 20.‐ Conformément aux dispositions de la Loi n° 2004‐001 du 17 juin 2004 relative aux
Régions et à celles de l’article 358 du présent Code, ce sont les autorités des Collectivités Territoriales
Décentralisées qui sont habilitées à contrôler la mise en application des dispositions du règlement
sanitaire au niveau de leur compétence territoriale ou locale respective.
Section 1
De l’orientation générale du contenu
du règlement sanitaire
1‐ les mesures à prendre, dans le cadre des lois et règlements en vigueur pour
prévenir ou faire cesser les maladies contagieuses en général ;
2‐ les mesures efficaces à mettre en œuvre en cas de menace, de maladies
épidémiques ou diarrhéiques, dont le choléra ;
3‐ la protection des denrées alimentaires ainsi que les précautions à prendre pour
leur mise en vente dans les conditions qui s’imposent afin de préserver la santé des
consommateurs ;
4‐ la désinfection ou la destruction des objets ayant servi aux malades ou qui ont été
souillés par eux et généralement, des objets pouvant véhiculer la contagion.
10
Article 22.‐ Le règlement sanitaire doit également comporter :
Article 23.‐ Au niveau des Communes, le Maire prend, sur proposition participative des
Fokontany, après avis du Conseil Communal ou Municipal, des Arrêtés ayant pour objet telles
dispositions particulières qu’il juge utiles sans préjudices du règlement sanitaire international ni des
dispositions du présent Code en vue d’assurer la protection de la santé à l’intérieur de la
circonscription de sa municipalité.
Section 2
De la lutte contre les épidémies
par des mesures de prévention
Article 24.‐ En cas de menace déterminée d’épidémie, en général dans une région ou localité
reconnue à haut risque de propagation de la maladie, le Ministre chargé de la Santé peut ordonner,
par Arrêté, la réquisition de stocks de vaccins contre l’épidémie dans les Régions disposant de
centres d’approvisionnement, qu’ils soient publics ou privés.
Les conditions dans lesquelles la réquisition doit être exécutée sont précisées dans le texte
réglementaire susvisé.
Afin de prévenir la propagation des maladies contagieuses, les mesures suivantes doivent
être prises :
‐ une liste des maladies contagieuses auxquelles sont applicables les dispositions de la
présente section est dressée par le Ministère chargé de la Santé, par voie
réglementaire ;
‐ les maladies contagieuses font l’objet d’une déclaration obligatoire dressée par des
textes réglementaires. Cette liste peut être modifiée ou complétée dans les mêmes
formes ;
‐ font l’objet d’une déclaration obligatoire de données à l’autorité sanitaire par les
professionnels de santé, publics ou privés et les responsables des laboratoires
d’analyse de biologie médicale publics ou privés :
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Article 25.‐ La déclaration à l’autorité sanitaire de tout cas de l’une des maladies figurant sur
la liste mentionnée à l’article 24 a un caractère obligatoire pour tout médecin ou pour tout
paramédical, chef de Formation Sanitaire, qui en a constaté l’existence.
La déclaration doit mentionner les causes ayant entraîné le décès et la source de l’infection.
L’état d’alerte sanitaire est institué pour une période déterminée mais qui peut être
prorogée ; des mesures d’hygiène et de prophylaxie peuvent être rendues obligatoires.
CHAPITTRE II
DES MESURES D’HYGIENE
Article 26.‐ Les mesures d’hygiène prévues par le présent Code et complétant les règlements
sanitaires concernent principalement la gestion et le contrôle des eaux, l’élimination des déchets de
toutes sortes, la protection des denrées alimentaires, la salubrité des lieux d’habitation et la
sauvegarde de l’environnement.
Section 1
De la gestion et du contrôle des eaux
La déclaration d’utilité publique des sources ainsi que les servitudes et les droits qui en
découlent sont régis par les textes en vigueur en la matière, et en particulier par les dispositions de la
Loi n° 98‐029 du 20 janvier 1999 portant Code de l’Eau.
Les eaux souterraines sont constituées par les eaux contenues dans les nappes aquifères et
les sources. Elles font partie du domaine public au même titre que les eaux de surface.
Les normes de potabilité de l’eau sont définies par décret pris en Conseil de Gouvernement
sur proposition du Ministre concerné. Toute eau destinée à la consommation humaine doit faire
l’objet d’analyse physico‐chimique et bactériologique par des Laboratoires agréés par les Ministères
en charge de la Santé et de l’Eau.
Article 29.‐ La pollution s’entend de tous déversements, écoulements, rejets, dépôts directs
et indirects de matières de toute nature et plus généralement, de tous faits susceptibles de
provoquer ou d’accroître la dégradation de l’environnement, en particulier la dégradation des eaux,
en modifiant leurs caractéristiques physiques, chimiques, biologiques ou bactériologiques et radio‐
actives, qu’il s’agisse d’eaux de surface ou d’eaux souterraines.
12
Toute personne physique ou morale, publique ou privée, exerçant une activité, source de
pollution ou pouvant présenter des dangers pour les ressources en eau et l’hygiène du milieu, a
l’obligation de tenir compte dans son activité personnelle ou dans la gestion globale de son
entreprise, de l’impact environnemental de ses activités sur les milieux avoisinants et de prendre
toute mesure propre à prévenir, à atténuer ou à enrayer le danger présumé, menaçant ou effectif.
Article 30.‐ Concernant particulièrement les eaux usées autres que domestiques, et sans
préjudice des dispositions des textes en vigueur fixant le Code de l’Urbanisme et de l’Habitat
relatives au déversement d’eaux et de matières usées, celles‐ci ne doivent en aucun cas s’écouler
dans les caniveaux ou égouts publics, sauf autorisation des autorités compétentes.
Article 31.‐ Quiconque par négligence ou incurie dégrade des ouvrages publics ou
communaux destinés à recevoir ou à conduire des eaux usées laisse introduire des déchets ou des
déjections de quelque provenance que ce soit ou toutes autres matières susceptibles de nuire à la
salubrité du milieu ambiant, notamment de l’eau de sources, des fontaines, des puits, des citernes,
des conduites, des aqueducs, des réservoirs d’eaux servant à l’alimentation publique, est passible
d’application des dispositions de l’ article 329 du présent Code.
Article 32.‐ Sont interdits, sous peine d’encourir les mêmes sanctions prévues à l’article
précédent, l’abandon de cadavres d’animaux, des débris de boucheries, fumier, matières fécales et
en général des résidus organiques, putrescibles dans les failles ou excavations susceptibles de
contaminer les eaux livrées à la boisson et à la consommation.
Toute inhumation en dehors des surfaces autorisées à cet usage est également interdite.
Article 33.‐ conformément aux dispositions de la Loi n° 94‐027 du 17 novembre 1994 portant
Code d’hygiène, de sécurité et de l’environnement du travail, les travailleurs doivent avoir à leur
disposition de l’eau potable. L’eau qui ne provient pas d’un service officiellement agréé de
distribution d’eau potable ne doit pas être distribuée comme eau de consommation.
Une eau potable est définie comme une eau destinée à la consommation humaine et qui, par
traitement ou naturellement, répond à des normes organoleptiques, physico‐chimiques,
bactériologiques et biologiques fixées par décret.
13
Section 2
De la gestion des déchets
Article 34.‐ Les déchets qui sont de nature à polluer les eaux et, d’une manière générale, à
menacer ou à porter atteinte à la santé de l’homme, doivent être éliminés afin de réduire la pollution
de l’air, de l’eau ainsi que la dégradation de l’environnement.
Les déchets sont constitués par les résidus d’un processus de transformation industrielle
d’utilisation de toutes substances ou matériaux issus d’une activité de production, par les déchets
des hôpitaux et structures sanitaires et par les résidus chimiques et pharmaceutiques.
Les biens meubles laissés à l’abandon, les déchets industriels solides, qu’ils soient banals ou
spéciaux, doivent être détruits et éliminés, soit par toutes les personnes physiques ou morales qui
les ont générés, soit par les Collectivités Territoriales Décentralisées dans le cadre des opérations de
voirie, d’assainissement, d’hygiène et d’enlèvement de tout déchet qui leur incombent, et dans les
limites de leurs attributions.
Article 35.‐ Les déchets provenant des hôpitaux et des structures sanitaires sont parfois
contaminés (pouvant être infectieux) et parfois non contaminés. Les déchets contaminés, si on ne
les élimine pas avec les bonnes mesures de précaution qui s’imposent, peuvent transporter des
microorganismes pouvant infecter les personnes qui entrent en contact avec ces déchets ainsi que la
communauté entière.
Sont considérés comme éléments contaminés : le sang, le pus, l’urine et autres liquides
organiques ainsi que tout autre corps qui entre en contact avec ses éléments. Les déchets provenant
des salles de soins, des salles d’accouchement et des salles d’opération doivent être considérés
comme étant contaminés.
Article 36.‐ Il appartient aux personnes physiques ou morales dont les activités sont à
l’origine des déchets solides banals ou spéciaux de les remettre dans le circuit garantissant la
protection de l’environnement par tous les moyens que les techniques modernes et accessibles
mettent à leur portée : stockage central, récupération, recyclage, incinération, enfouissement,
compostage.
Article 37.‐ Les déchets industriels solides dits « spéciaux » doivent être distingués en raison
de leur toxicité et des dangers qu’ils représentent pour l’environnement, et notamment pour l’eau
qu’ils peuvent polluer par des agents pathogènes de maladies contagieuses qu’ils peuvent faire
naître et véhiculer.
14
Ils doivent faire l’objet de mesures particulières prévues par la Loi n° 99‐021 du 19 août 1999
sur la politique de gestion et de contrôle des pollutions industrielles : stockage sécurisé, élimination
dans des installations réglementées à cet effet et à la charge des pouvoirs publics.
Article 38.‐ Les Communes ont la charge des dispositions à prendre pour assurer l’évacuation
et l’élimination des déchets et débris. A cet effet, elles coordonnent l’action des Fokontany qui
constituent les subdivisions administratives de base au niveau des Communes et qui participent et
contribuent de manière permanente et effective aux activités de mobilisation sociale ou
communautaire de développement en matière sanitaire et aux activités de préservation de
l’environnement et de ses composantes.
Article 39.‐ Les industriels ou responsables d’entreprises dont les activités sont à la source
des déchets et débris, doivent prendre à leur charge les dépenses afférentes à la mise en œuvre des
mesures d’élimination de ces déchets et débris, sous peine d’encourir les sanctions prévues par les
dispositions de l’article 329 du présent Code.
Les déchets dangereux solides ou liquides doivent faire l’objet d’un listing et de traitements
spéciaux régis par des textes réglementaires d’application des conventions internationales.
Section 3
De la protection des denrées alimentaires
livrées à la consommation
Article 40.‐ Aux termes du présent Code, on entend par « denrée alimentaire » toute
substance traitée, partiellement traitée ou brute, destinée à l’alimentation humaine, ce qui englobe
les boissons, le « chewing gum » et toutes les substances utilisées dans la fabrication, la préparation
et le traitement des aliments à l’exclusion des substances employées uniquement sous forme de
médicaments, de cosmétiques ou de tabac.
Article 41‐. Sans préjudice des dispositions légales spécifiques relatives à la protection des
consommateurs et conformément aux normes du Codex Alimentarius qui exigent pour les
consommateurs une nourriture saine et des aliments salubres et nutritifs, les emplacements où sont
fabriquées, manipulées, entreposées ou mises en vente des denrées alimentaires doivent être tenus
dans un parfait état de propreté à l’abri des rongeurs, des insectes et de tous animaux vecteurs de
germes pathogènes.
15
L’Agence de Contrôle de la Sécurité Sanitaire et de la Qualité des Denrées Alimentaires peut
recourir, le cas échéant, à la prestation d’autres laboratoires agréés.
Article 44.‐ Toute entreprise de fabrication, de manutention et tout lieu de vente de denrées
alimentaires doivent satisfaire, respectivement en ce qui les concerne, aux conditions et mesures
nécessaires pour assurer l’innocuité, le bon état et la salubrité de ces denrées alimentaires depuis
leur production, leur élaboration, leur traitement, leur stockage, leur transport ainsi que leur
commercialisation.
Les modalités d’organisation des transports des denrées alimentaires, des conditionnements
des produits et des mesures à prendre pour la mise en vente des denrées alimentaires seront fixées
par Décret pris en Conseil du Gouvernement sur proposition des Ministres concernés.
Article 45.‐ Toute personne travaillant dans une entreprise de fabrication, de manutention
de denrées alimentaires est tenue de se conformer aux mesures de contrôle sanitaire et aux
vaccination obligatoires susceptibles d’être édictées par le Ministre chargé de la Santé.
Article 46.‐ Conformément aux dispositions légales spécifiques relatives à la protection des
consommateurs, notamment en ce qui concerne la prévention, les produits et les services doivent
présenter la sécurité nécessaire en termes de garantie pour la préservation de la santé du
consommateur, et ce, dès la première mise sur le marché : les produits doivent être conformes aux
conditions édictées par la loi et les règlements en vigueur relatives à la sécurité et à la santé des
personnes.
Ces mesures visent à assurer le contrôle et la qualité des denrées alimentaires proposées à la
consommation humaine sur le territoire de la République de Madagascar, et afin d’éviter d’éventuels
risques d’intoxication susceptibles d’impacts négatifs sur la santé publique.
Article 47.‐ Les produits alimentaires d’origine animale, issus de groupes d’animaux nourris
sous concentrés protéiques essentiels, que le cas de la maladie de Stephen Jacob appelé
communément « maladie de la vache folle » ait été dépisté ou non chez le bovidé, sont déclarés
impropres à la consommation humaine et interdits à la mise en vente dans le commerce à
Madagascar.
16
Les produits alimentaires d’origine animale, issus d’animaux frappés de maladie épidémique
mortelle chez l’animal, pouvant contaminer à risque grave ou moindre, l’homme, quel que soit le
germe en cause et particulièrement pour la fièvre aphteuse et la grippe aviaire, sont déclarés
impropres à la consommation humaine et dons contre indiqués pour l’alimentation et interdits de
vente et d’entrée sur le Territoire National.
Article 48.‐ Les produits alimentaires d’origine végétale, ayant été mis en culture sous le
mode spécifique des Organismes Génétiquement Modifiés appelés OGM, font l’objet d’une
déclaration les classant dangereux pour la consommation humaine en raison des risques de
modification du génome qu’ils font courir au consommateur. Leur mise en vente au titre de denrée
alimentaire est interdite à travers le Territoire National.
Article 49.‐ Les modalités d’application des dispositions des articles 41 à 48 seront fixées par
voie réglementaire. Plus particulièrement, en ce qui concerne les dispositions de l’article 47 sur les
maladies des animaux réputées contagieuses qui sont fixées par les textes en vigueur établissant la
nomenclature des maladies des animaux réputées contagieuses à Madagascar et/ou les éventuels
textes modificatifs.
Dans l’intérêt des consommateurs et pour une protection plus effective de la population
contre les atteintes à la santé, la violation des dispositions prévues aux articles 41 à 48 constitue des
infractions sanctionnées par la législation pénale et fait l’objet à cet effet d’une loi particulière.
Section 4
Des mesures d’hygiène concernant les préparations chimiques
et les substances destinées à l’usage en santé publique
et la gestion de la salubrité de l’air ambiant
Article 51.‐ Les substances chimiques destinées à l’usage en santé publique, notamment
celles ayant pour objet les traitements intra‐domiciliaires doivent avoir l’agrément du Ministre
chargé de la Santé avant d’être importées, fabriquées ou reformulées pour mise sur le marché
national.
Font partie de ces préparations, les savons et les détergents, tous produits destinés à la lutte
contre les insectes et parasites, vecteurs de maladies, indépendamment de la formulation sous
laquelle elles sont présentées, de la substance active utilisée et de la concentration. Cet agrément se
traduit par la délivrance d’une autorisation de vente.
Les modalités d’application des dispositions figurant aux articles 50 et 51 sont prises par voie
réglementaire.
L’air ambiant doit être sain. Toute activité de nature à polluer l’air et, d’une manière
générale, à menacer ou à porter atteinte à la santé de l’homme, doit être contrôlée afin de réduire la
pollution ainsi que la dégradation de l’environnement. Les normes de concentration des
composantes de l’air doivent être fixées par décret sur proposition des Ministères en charge de la
Santé et de l’Environnement.
17
CHAPITRE III
DE LA SALUBRITE DES LIEUX D’HABITATION
Article 52.‐ Tous les lieux, constructions, immeubles, agglomérations, villages et quartiers en
milieu rural ayant pour objet de servir d’habitation et à cet effet, devant être pourvus des
équipements collectifs et des infrastructures sanitaires et d’assainissements respectant les
prescriptions relatives à l’hygiène de l’habitat, doivent faire l’objet des préoccupations constantes
des pouvoirs publics afin que soient observées :
Section 1
De la salubrité des immeubles
Article 53.‐ Sans préjudice des dispositions du Code de l’Urbanisme et de l’Habitat sur les
règles sanitaires et de sécurité relative aux constructions, lorsqu’un immeuble bâti ou non, attenant
ou non sur la voie publique, constitue, soit par lui‐même, soit par les conditions dans lesquelles, il est
occupé, une menace ou un danger pour la santé des occupants et des voisins, le Maire, ou à défaut,
l’autorité de tutelle, saisi par un rapport motivé de l’autorité sanitaire ou Bureau Municipal
d’Hygiène concluant au danger présenté ou à l’insalubrité de tout ou partie de l’immeuble, est tenu
d’inviter le Comité Municipal d’Hygiène et de Santé intéressé à donner son avis dans un délai de deux
(02) mois :
L’interdiction temporaire d’habiter peut être prononcée par l’autorité compétente. Elle
prendra cependant fin dès qu’il sera constaté que les mesures prescrites par le Maire ou l’autorité
sanitaire ont été exécutées.
Article 55.‐ Tout occupant d’un immeuble insalubre qui a fait l’objet d’un Arrêté
d’interdiction définitive ou temporaire d’habiter et qui ne s’est pas conformé audit Arrêté peut faire
l’objet d’une expulsion prononcée à la requête de l’autorité visée à l’article 53 par Ordonnance du
juge des référés.
18
En cas d’urgence ou de péril grave et après rapport de l’homme de l’art sur l’état de
l’immeuble, l’autorité visée à l’article 53 peut faire exécuter d’office, aux frais du propriétaire et
éventuellement, du locataire qui ne les a pas exécutées dans le délai qui lui a été imparti, les mesures
indispensables à la sauvegarde de la salubrité publique.
Article 56.‐ Les dépenses résultant de l’exécution des travaux sont garanties par un privilège
sur les revenus de l’immeuble, qui prend rang après les privilèges énoncées à l’article 2101 du Code
Civil tel qu’il est encore applicable sur le Territoire de la République.
Section 2
De la salubrité des agglomérations
Article 57.‐ Sans préjudice de l’application des dispositions des textes en vigueur fixant le
Code de l’Urbanisme et de l’Habitat et en conformité avec les dispositions de la Loi n° 98‐029
du 20 Janvier 1999 portant Code de l’Eau, l’assainissement des agglomérations et toute mesure
appropriée, destinée à éliminer les causes d’insalubrité portant atteinte à la protection de la
ressource en eau, à la santé et à la sécurité des populations, doivent avoir pour objet d’assurer
l’évacuation des eaux pluviales et des eaux usées ainsi que leurs rejets dans les exutoires naturels
selon les modes compatibles avec les exigences de la protection sanitaire.
A cet effet, aucune construction ne peut être édifiée sur les aires prévues initialement pour
servir de voies publiques et bordées de systèmes d’évacuations d’eaux usées.
Article 58.‐ Dans les villes où est adapté le système séparatif, deux canalisations différentes
pourront être imposées.
Les eaux et matières seront évacuées dans un état tel qu’elles ne puissent occasionner
aucune nuisance.
‐ pour tous les immeubles dépourvus de fosse d’aisance ou pourvus de fosse non
étanche ou installée dans des conditions contraires aux prescriptions du
règlement sanitaire ;
‐ pour tous les immeubles déjà rattachés aux canalisations pluviales pour les eaux
usées.
Article 59.‐ A défaut par le propriétaire de s’être conformé aux obligations imposes par le
précédent article, les taxes que les villes sont autorisées à percevoir sur réclamation des
propriétaires des voies pourvues d’égouts, sont majorées de 50% à partir du moment où le
raccordement a été effectué, et ce, aux dépens du propriétaire récalcitrant.
En outre, le raccordement normal pourra être effectué d’office par les soins du Maire dans
les formes et aux conditions édictées par la Section I du Chapitre III du présent Livre Premier.
Article 60.‐ Les Communes peuvent, en vue de faciliter leur assainissement ou leur
aménagement, provoquer la déclaration d’insalubrité d’un immeuble ou d’un groupe d’immeubles,
19
surtout en cas de menace présentée par l’immeuble ou groupe d’immeubles pour la vie des
occupants et des riverains.
Article 61.‐ Lorsque pendant une période déterminée suivant les causes enregistrées ou à
l’occasion d’une brusque variation de la courbe démographique, le nombre de décès dans une
Commune a dépassé le chiffre de la mortalité moyenne, les autorités communales sont tenues de
confier au Comité d’Hygiène et de Santé la charge de procéder ou de faire procéder à une enquête
sur les conditions sanitaires de la Commune.
Si cette enquête établit que l’état sanitaire de la Commune nécessite des travaux
d’assainissement, notamment qu’elle n’est pas pourvue d’eau potable de bonne qualité et en
quantité suffisante, ou que les eaux y restent stagnantes, créant ainsi des dangers ou des
inconvénients pour la santé, la sécurité et la salubrité, l’autorité administrative concernée, après une
mise en demeure à la Commune non suivie d’effet, invite le Comité d’Hygiène et de Santé à délibérer
sur l’utilité et la nature des travaux jugés nécessaires. Le Maire est mis en demeure de présenter ses
observations devant le Comité d’Hygiène et de Santé.
Si le Comité d’Hygiène et de santé émet un avis défavorable à l’exécution des travaux ou aux
réclamations émises par la Commune, l’autorité administrative transmet par voie hiérarchique, la
délibération du Comité d’Hygiène et de Santé au Ministre chargé de la Santé qui, s’il le juge à propos,
soumet la question à la Commission Nationale d’Hygiène et de Santé. Celle‐ci peut procéder ou faire
procéder à une enquête dont les résultats sont portés à la connaissance de la population par voie
d’affichage ou de tout autre moyen.
Si dans le mois qui suit cette mise en demeure, le Conseil Municipal ne s’est pas engagé à y
déférer, ou si dans les trois (3) mois, il n’a pris aucune mesure en vue de l’exécution des travaux,
l’autorité compétente, en vertu des prérogatives dont elle dispose, ordonne de droit ces travaux et
en détermine les conditions d’exécution.
Toutefois, les textes législatifs ou réglementaires en vigueur régissant ces matières sont
applicables, en tant que de besoin, dans toutes leurs dispositions non contraires au Code de la Santé.
20
Section 3
De la salubrité du milieu rural
Article 64.‐ Dans les communes rurales, il appartient aux autorités administratives et
sanitaires de veiller à l’assainissement du milieu et de celui des infrastructures de base concernant
l’approvisionnement en eau potable, l’évacuation des excrétas et des ordures ménagères. Afin de
protéger la sécurité et la santé de la population, ces autorités doivent veiller à la stricte observation
des prescriptions relatives à l’hygiène du milieu et de l’habitat et à la salubrité des denrées
alimentaires à tous les stades : fabrication, transformation, mise en vente.
Plus particulièrement et dans le cadre de la promotion de la lutte contre les maladies épidémiques
mortelles et contagieuses, dont la peste et le choléra, la mise en place des latrines ainsi que des
équipements de transport, de collecte et d’élimination des déchets, répondant aux normes d’hygiène
exigées dans les villages et les quartiers qui en sont dépourvus, relève des obligations des Communes
et des Collectivités concernées.
Article 65.‐ En coopération étroite avec les Fokontany situés dans les limites géographiques
de son territoire, la Commune doit d’efforcer d’identifier tous les faits générateurs de pollutions qui
constituent un danger pour la sécurité et la santé de la population et d’en informer l’autorité
administrative et sanitaire concernée. Il en est notamment ainsi de l’existence de nuisance générée
par des installations industrielles, d’émissions de substances provenant de rejets d’installations
industrielles ou artisanales susceptibles de nuire à la salubrité publique, d’altérer les sources d’eau
potable ou de provoquer la dégradation des eaux souterraines ou celle de l’air ambiant.
CHAPITRE IV
DE LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
Article 67.‐ Afin d’assurer la protection de la salubrité dans les zones environnant les
installations, les aménagements, ouvrages ou travaux relevant directement ou indirectement de
l’organisation administrative des services médicaux et pharmaceutiques, les annexes des textes en
vigueur relatifs à la Mise En Comptabilité des Investissements avec l’Environnement (MECIE)
comportent une liste non exhaustive d’ouvrages ou travaux soumis selon le cas à une Etude d’Impact
Environnemental (EIE) ou un Programme d’engagement Environnemental (PREE).
21
2. Sont soumis à un Programme d’Engagement Environnemental :
TITRE II
DU CONTROLE SANITAIRE AUX FRONTIERES
Article 69.‐ Il appartient au Service de la Santé aux Frontières au niveau des points d’entrée
de prévenir la propagation internationale des maladies en évitant de créer des entraves inutiles au
trafic et aux commerces internationaux.
‐ sous le régime de la patente brute, s’ils sont ou ont été depuis leur départ ,
infectés d’une maladie réputée pestilentielle, s’ils viennent de pays qui en sont
affectés ou s’ils ont communiqué avec des lieux, des personnes ou des objets qui
auraient pu leur transmettre la contagion ;
‐ sous le régime de la patente suspecte, s’ils viennent de pays où sévit une maladie
que l’on soupçonne d’être pestilentielle, ou du pays qui, bien qu’exempts de
maladie, objet d’un tel soupçon, sont susceptibles d’être atteints ou enfin, si en
raison de communication en provenance des pays susvisés ou de quelque autre
circonstance, leur état sanitaire est suspect ;
Article 70.‐ Sans préjudice des dispositions du règlement sanitaire international, les
recherches effectuées par les agents chargés du contrôle sanitaire aux frontières de Madagascar sur
les voyageurs qui débarquent aux fins de déceler si un individu est porteur d’une maladie
sexuellement transmissible, sont interdite conformément au droit des personnes à la confidentialité
de leur état de santé.
22
Des mesures sanitaires à l’arrivée et au départ peuvent être entreprises :
Article 71.‐ Sans préjudice des dispositions du règlement sanitaire international, sauf le cas
d’évacuation sanitaire sur Madagascar, l’observation d’un état de maladie manifeste chez un
voyageur entrant à Madagascar autorise des mesures sanitaires supplémentaires comme un examen
médical de contrôle par les services de santé aux frontières.
23
‐ isoler ou placer en quarantaine ;
LIVRE II
DES PROFESSIONS MEDICALES, PARAMEDICALES
ET DE LA MEDECINE TRADITIONNELLE
TITRE PREMIER
DE LA PROFESSION DE MEDECIN, D’ACUPUNCTEUR (TRICE),
D’ODONTO‐STOMATOLOGISTE, DE SAGE‐FEMME
Article 72.‐ Nul ne peut exercer la profession de médecin d’acupuncteur (trice), d’odonto‐
stomatologiste et de sage‐femme s’il n’est de nationalité malagasy, titulaire des diplômes ou
certificats requis, reconnus par l’Etat malagasy, et inscrit au Tableau de l’Ordre concerné. Les
diplômes nécessaires à l’exercice de chacune de ces professions sont définis et fixés par Décret pris
en Conseil du Gouvernement sur proposition du Ministre chargé de la Santé.
Ce tableau est déposé au Ministère de la Santé et au Parquet général près la Cour d’Appel.
Dans le courant du mois de janvier de chaque année, il est publié au journal Officiel de la
République de Madagascar.
‐ les médecins, les praticiens ayant reçu une formation en acupuncture, les
odonto‐stomatologistes ou les sages‐femmes des missions étrangères agréées,
sous réserve du respect des conditions imposées par les règlements en vigueur
en la matière et après avis du Conseil de l’Ordre National correspondant ;
‐ les médecins, les praticiens ayant reçu une formation en acupuncture, les
odonto‐stomatologistes ou les sages‐femmes ressortissant d’un pays lié par un
accord de réciprocité avec Madagascar, sous réserve d’obtention d’une
autorisation individuelle d’exercer délivrée par l’Ordre concerné et, si nécessaire,
renouvelable tous les deux ans.
Article 73.‐ Les devoirs moraux et professionnels des membres des professions médicales et
paramédicales sont tous définis dans des codes de déontologie établis par les Ordres concernés. Les
dispositions desdits codes sont établies par chaque Ordre intéressé sous forme de Décret pris en
Conseil du Gouvernement sur proposition du Ministre chargé de la Santé.
24
Article 74.‐ Les professions paramédicales sont celles qui, ayant trait à la santé, sont exercées
en dehors des soins courants à la demande, sous contrôle d’un médecin.
Article 75.‐ Tout membre issu des Corps médical, paramédical et tout autre agent de santé
sans exception, habilité à exercer son art, est tenu de déférer aux réquisitions légalement délivrées
par l’autorité publique pour exécuter des actes en rapport avec sa spécialité. Dans ce cas, les
interventions ouvrent le droit à une rémunération suivant les dispositions du Droit Syndical et payée
par l’autorité requérante.
Article 76.‐ Les patients employés dans une entreprise ont la liberté de consulter les
praticiens de leur choix, à moins que ladite entreprise ne soit liée par un contrat d’exclusivité avec
des organismes sanitaires agréés par l’Etat.
CHAPITRE I
DE L’EXERCICE ILLEGAL DE LA MEDECINE ET DE L’ACUPUNCTURE
1. toute personne :
‐ qui pratique l’un des actes professionnels prévus dans une nomenclature fixée
par Arrêté du Ministre chargé de la Santé, sans être titulaire de diplôme d’Etat,
ou d’Université de docteur en médecine, ou de tout diplôme dont l’équivalence
de niveau et de valeur est reconnues par l’Etat Malagasy ;
25
‐ non médecin ou tout médecin non muni d’un certificat ou d’un diplôme en
acupuncture délivré par un Institut ou une Université internationalement
reconnu et reconnu par l’Etat Malgache ;
‐ nantie d’une autorisation de pratiquer l’acupuncture mais qui ne respecte pas les
conditions et règles d’exercice de cette discipline, notamment les dispositions de
l’article 91 du présent Code ;
2. toute personne qui, munie d’un titre régulier, agit en dehors des attributions que la loi lui
confère, notamment en prêtant son concours aux personnes visées au paragraphe
précédent, à l’effet de les soustraire aux prescriptions du présent chapitre ;
3. tout docteur ou médecin qui exerce la médecine sans être inscrit au Tableau de l’Ordre
des Médecins institué conformément au présent Code, ou exerçant en fraude pendant la
période de suspension temporaire ou définitive prévue à l’article 91 du présent Code. Il
n’y a pas exercice illégal de la médecine s’il y a assistance portée à une personne en péril,
sous réserve des conditions précisées à l’article 63 du Code Pénal.
Article 80.‐ Les dispositions de l’article précédent ne s’appliquent pas aux étudiants en
médecine, en acupuncture ni aux sages‐femmes, ni aux infirmiers ou gardes malades qui agissent
comme aide d’un docteur en médecine que ce dernier place auprès de ses malades, dans la mesure
où ces étudiants, ces sages‐femmes, ces infirmiers ou ces gardes‐malades agissent dans le strict
respect des prescriptions du médecin concerné.
Elles ne s’appliquent pas non plus aux auxiliaires médicaux et autres praticiens munis d’une
autorisation spéciale de l’autorité sanitaire. Un arrêté pris par le Ministre chargé de la Santé fixe
l’étendue de leur compétence.
CHAPITRE II
DE L’EXERCICE ILLEGAL DE L’ODONTO‐STOMATOLOGIE
1‐ toute personne qui, sans être titulaire du diplôme d’Etat ou d’Université de docteur en
odonto‐stomatologie reconnu par l’Etat malagasy, prend part habituellement ou par
direction suivie au diagnostic et au traitement des maladies bucco‐dentaires congénitales
acquises, réelles ou supposées, par consultation, acte personnel ou tout autre procédé, quel
qu’il soit, notamment prophétique ;
2‐ tout odonto‐stomatologiste qui, muni d’un titre régulier, agit en dehors des attributions
que la loi lui confère, notamment en prêtant son concours aux personnes visées aux
paragraphes précédents du présent article à l’effet de les soustraire aux prescriptions du
présent chapitre ;
3‐ tout odonto‐stomatologiste privé, d’entreprise, confessionnel, fonctionnaire qui exerce
l’art d’odonto‐stomatologie sans être inscrit au Tableau de l’Ordre des odonto‐
stomatologistes, sans être en situation régulière vis‐à‐vis du Conseil de l’Ordre ou exerçant
en fraude pendant la période de suspension temporaire ou définitive prévue à l’article 91 du
présent Code.
26
CHAPITRE III
DE L’EXERCICE ILLEGAL DE LA PROFESSION DE SAGE‐FEMME
1‐ toute personne qui, non munie du diplôme délivré par une Ecole reconnue par l’Etat
malagasy, pratique habituellement les fonctions dévolues aux sages‐femmes par usurpation
de titres, acte prévu et puni par l’article 258 du Code Pénal ;
2‐ toute sage‐femme qui pratique habituellement cette profession sur le Territoire National,
sans être de nationalité malagasy ou sans être membre des missions étrangères agréées ni
ressortissante d’un pays lié par un accord de réciprocité avec Madagascar, et ce, sans
préjudice des dispositions contenues dans les accords internationaux ou prises en exécution
de ces accords ;
3‐toute sage‐femme qui pratique habituellement cette profession sans être au Tableau de
l’Ordre des sages‐femmes institué par le présent Code ou exerçant en fraude pendant la
période de suspension temporaire ou définitive d’exercer prévue à l’article 91 du présent
Code. Toutefois, les dispositions du présent alinéa ne s’appliquent pas aux personnels
féminins sages‐femmes militaires des forces Armées malagasy ;
4‐ toute sage‐femme convaincue d’avoir fait une fausse déclaration lors de l’enregistrement
de son diplôme et/ou lors de son inscription au Tableau de l’Ordre, et ce, sans préjudicie des
dispositions pénales qui sanctionnent l’infraction découlant de la fausse déclaration ;
5‐ toute sage‐femme exerçant à titre privé et qui a omis de se conformer, dans le mois qui
suit son établissement aux obligations de faire enregistrer son diplôme au Ministère chargé
de la Santé et à l’Ordre National des sages‐femmes.
Ne sont pas concernées par les dispositions du présent article les accoucheuses traditionnels
qui exercent leur fonction dans la limite de leur compétence édictée par le présent Code.
Article 83.‐ Les peines et sanctions disciplinaires encourues en application des articles 79 à 82
sont prévues au Livre IX du présent Code.
CHAPITRE IV
DES ORDRES NATIONAUX
Article 84.‐ Le droit d’instituer un Ordre National est reconnu à chaque corps médical et
paramédical dont les membres, du fait de leur inscription au Tableau de l’Ordre, sont habilités à
exercer leur art. L’Ordre National ainsi institué peut, en tant que de besoin, être étendu dans les
Régions sous l’appellation de Conseil Régional par décision de l’Ordre concerné prise en Assemblée
Générale du Conseil de l’Ordre National.
Nul ne peut être inscrit à ces Ordres s’il n’est de nationalité malagasy ou ressortissant d’un
pays lié par un accord de réciprocité avec Madagascar.
27
Article 85.‐ L’inscription au Tableau de l’Ordre correspondant rend licite l’exercice de la
profession de médecin, d’odonto‐stomatologiste, de sage‐femme ou de pharmacien sur tout le
Territoire National. Il en est de même pour les infirmiers et les autres professionnels de santé en cas
d’institution d’un Ordre National pour ces Corps.
Article 86.‐ Tout membre des Corps médical et paramédical salarié au service de l’autorité
publique, aussi bien le personnel soignant fonctionnaire que le personnel enseignant fonctionnaire
exerçant à titre permanent ou pour une durée déterminée soit dans le cadre d’une mission ainsi que
tout membre des Corps médical et paramédical d’une entreprise, d’une organisation confessionnelle,
d’une collectivité, d’une organisation non gouvernementale ou d’une institution de Droit Privé,
employé à temps complet, doit avoir une autorisation de pratiquer la clientèle privée ou payante,
délivrée par le Ministère chargé de la Santé, avant d’ouvrir un Cabinet privé en son nom.
Toutefois, il lui interdit de recevoir dans son Cabinet privé l’employé de son administration
d’appartenance ou les ayants droit dudit employé, à moins que cette clause ne soit expressément
stipulée dans son contrat de travail.
Article 87.‐ Les fonctionnaires civils, membres du Corps médical et des Corps paramédicaux,
qui veulent faire de la clientèle payante à titre privé doivent s’abstenir d’utiliser les biens et matériels
de l’Etat mis à leur disposition pour le fonctionnement des services publics. La violation des
stipulations du présent alinéa est constitutive des délits de concurrence déloyale et de
détournement des biens publics entraînant l’application des sanctions en vigueur en la matière.
TITRE II
DES QUELQUES REGLES PARTICULIERES
Article 89.‐ Tout membre du Corps médical, des Corps paramédicaux, des auxiliaires
médicaux et des tradipraticiens doit se conforme aux impératifs suivants :
2‐ plus particulièrement, est puni des peines prévues par les dispositions de l’article 160 du
Code Pénal tout membre du Corps paramédicaux qui délivre un certificat médical, des
conclusions médicales de complaisance portant sur un état de santé en vue :
28
b. d’éviter à une personne condamnée à une peine d’emprisonnement ou en
détention préventive les contraintes d’un séjour dans un établissement pénitentiaire
en la faisant admettre, sans motifs dûment justifiés, dans un établissement
hospitalier ou une formation sanitaire, hors du milieu carcéral ;
c. de porter préjudice à l’une ou l’autre partie dans un procès sans qu’il y ait lieu
d’établir l’existence d’un fait de corruption.
La transgression des interdictions sus énumérées est punie des peines prévues en la matière
aux termes des dispositions du Livre IX du présent Code.
Article 90.‐ Tout membre des Corps médical et paramédical, dans l’exercice de la profession,
peut être poursuivi d’homicide, de coups et blessures volontaires prévus par les articles 319 et 320
du Code Pénal.
Article 91.‐ Dans le cas d’infirmité ou d’état pathologique d’un membre du Corps médical ou
des Corps paramédicaux, rendant dangereux l’exercice de la profession, le Conseil de l’Ordre auquel
il appartient peut prononcer à son égard, la suspension temporaire pour une durée déterminée mais
renouvelable du droit d’exercer.
TITRE III
DE LA PROFESSION D’INFIRMIER(E),
DES AUTRES AUXILIAIRES MEDICAUX ET TRADIPRATICIENS
29
Le masseur kinésithérapie a pour but de réaliser des actes de façon manuelle ou
instrumentale à des fins de rééducation, ayant pour objet de prévenir l’altération des capacités
fonctionnelles, de concourir à leur maintien et lorsqu’elles sont altérées, de les rétablir ou d’y
suppléer.
Dans l’exercice de son activité, le masseur kinésithérapeute doit tenir compte des
caractéristiques psychologiques et culturelles de chaque patient, de respecter sa personnalité et de
s’abstenir de tout acte susceptible de porter atteinte à l’intégrité corporelle du patient.
Article 93.‐ Est considérée comme exerçant la profession d’infirmier(e) toute personne
titulaire d’un diplôme d’infirmier(e) délivré par une Ecole d’infirmier(e) reconnue par l’Etat Malagasy.
L’exercice de la profession d’infirmier(e) en l’absence du diplôme susmentionné est illégal et puni des
peines prévues à l’article 335 du présent Code. Ces mêmes peines sont encourues en cas d’exercice
illégal de la profession d’infirmier(e) pendant la période d’interdiction temporaire ou définitive
d’exercer telle qu’elle est prévue à l’article 91 du présent Code.
Les conditions et les règles d’exercice de la profession d’infirmier(e) sont fixées par décret
pris en Conseil du Gouvernement sur proposition du Ministre chargé de la Santé.
Mais en aucun cas, ils ne peuvent établir un diagnostic par usage de terminologie ou argot de
la médecine allopathique, de l’homéopathie et de l’ostéopathie, ni manipuler des produits chimiques
préparés ou classés «pharmaceutiques » et, hors la pharmacopée traditionnelle, prescrire tout
produit médicamenteux ou des spécialités pharmaceutiques relevant de la compétence des
pharmaciens.
30
‐Tradipraticien de santé : toute personne qui pratique la Médecine Traditionnelle selon la
définition et les principes énoncés précédemment. Le Tradipraticien peut être :
Article 100.‐ La reconnaissance comme Tradipraticien de santé est acquise par décision
émanant du Ministère chargé de la Santé sur proposition du Conseil National de la Médecine
Traditionnelle.
31
La création, l’organisation et les modalités de fonctionnement du Conseil National de la
Médecine Traditionnelle sont fixées par Décret pris en Conseil du Gouvernement sur proposition du
Ministre chargé de la Santé.
Article 101.‐ Nul ne peut exercer le métier de tradipraticien, sur le Territoire National, s’il
n’est :
‐ de nationalité malagasy ;
‐ résident à Madagascar ;
‐ autorisé par le Ministre chargé de la Santé et inscrit dans les registres local et
national de l’Association ;
‐ reconnu de bonne moralité et jouir de ses droits civils et civiques pendant une
période de 5 ans précédant la date de son inscription dans le registre ; la perte
desdits droits entraîne automatiquement la radiation du registre ;
Article 102.‐ Dans l’exercice de leurs fonctions, les tradipraticiens ne sont pas autorisés, ni à
porter des jugements sur l’efficacité ou non des méthodes de la médecine moderne et de celles
autorisées officiellement sur le Territoire National, ni à inciter à déserter les formations sanitaires
publiques ou privées.
Les dispositions des articles 75, 90, et 91 du présent Code sont applicables aux auxiliaires
médicaux et aux tradipraticiens.
32
LIVRE III
DES MEDICAMENTS, DE LA PHARMACIE ET DES CONDITIONS GENERALES
D’EXERCICE DE LA PROFESSION DE PHARMACIEN
TITRE PREMIER
DES MEDICAMENTS ET DE LA PHARMACIE
CHAPITRE PREMIER
DE LA POLITIQUE PHARMACEUTIQUE NATIONALE
La pharmacopée malagasy doit adopter les normes qui favorisent cet objectif de production
nationale.
CHAPITRE II
DES MEDICAMENTS
Section 1
Des définitions
33
‐ les produits diététiques qui renferment dans leur composition des substances
chimiques ou biologiques ne constituant pas elles‐mêmes des aliments, mais
dont la présence peut conférer à ces produits, soit des propriétés spéciales
recherchées en thérapeutique diététique, soit des propriétés de repas
d’épreuve ;
Article 106.‐ Hors le cas où un nouveau médicament a déjà présenté et reconnu à ce titre
par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un nouveau produit est classé médicament découvert
ou inventé à Madagascar sur validation par une Institution Biomédicale reconnue par l’Etat
Malagasy.
Avant la mise aux dispositions du public, le produit doit être enregistré au niveau de l’Agence
du Médicament de Madagascar auprès du Ministère chargé de la Santé.
Article 107.‐ Le sang humain et les dérivés sanguins ne sont pas considérés comme des
médicaments mais relèvent de dispositions particulières en ce qui concerne leur prélèvement ou
leur préparation, leur utilisation, leur contrôle, leur condition de conservation et leur dispensation.
Les activités relatives à ces produits sont soumises à une inspection effectuée par des pharmaciens‐
inspecteurs relevant de l’Agence du Médicament de Madagascar ou par d’autres agents qualifiés et
mandatés par le Ministère chargé de la Santé.
34
effet les potentialités et les ressources tant humaines, naturelles que techniques et financières qui
existent à Madagascar.
Article 109.‐ La pharmacopée traditionnelle malagasy réunit les informations sur les plantes
et autres produits naturels susceptibles d’être utilisés en thérapeutique humaine et codifie la
préparation et l’emploi des médicaments galéniques qui en sont issus.
La Commission de la pharmacopée traditionnelle malagasy, dont l’organisation et le
fonctionnement sont fixés par décret pris en Conseil du Gouvernement, est placée sous l’autorité du
Ministère chargé de la Santé.
‐produit officinal divisé, toute substance ou toute préparation stable décrite par la
pharmacopée, préparée à l’avance par un établissement pharmaceutique et divisée
soit par lui, soit par la pharmacie d’officine qui la met en vente, soit par une
pharmacie à usage interne ;
35
fabrication homéopathique décrit par toute pharmacopée reconnue à Madagascar.
Un médicament homéopathique peut aussi contenir plusieurs principes actifs ;
‐remède secret, toute préparation dont la formule ne figure pas sur le médicament
lui‐même, ni dans une pharmacopée, ni dans un formulaire, ni sur l’ordonnancier de
la pharmacie. La vente de remède secret est interdite ;
Section 2
Des listes officielles de médicaments
La composition de cette commission sera définie par décret pris en Conseil du Gouvernement
sur proposition du Ministre chargé de la Santé.
36
Section 3
Des médicaments à base de plantes
et autres médicaments traditionnels
Article 114.‐ Est considéré comme « remède traditionnel amélioré» tout remède traditionnel
ayant subi les modifications afin d’en accroître l’acceptabilité. Toutes les substances non originelles
ajoutées, telles les excipients, ou toute pratique contribuant à l’amélioration du médicament
traditionnel doivent être indiquées.
Les médicaments à base de plantes, les préparations à base de plantes et les remèdes
traditionnels améliorés sont soumis aux dispositions du présent Code régissant la fabrication, le
commerce, la distribution, la vente au public, la publicité et la promotion des médicaments.
Les remèdes traditionnels améliores doivent satisfaire aux normes d’éthiques nationale, aux
normes techniques de la pharmacopée malagasy ou autres pharmacopée reconnues par l’Etat
malagasy.
CHAPITRE III
DE LA REGLEMENTATION GENERALE CONCERNANT LES MEDICAMENTS
Section 1
De l’enregistrement
Article 115.‐ Tout médicament à usage humain ou tout produit assimilé, fabriqué localement
ou importé, est soumis, avant sa commercialisation ou sa dispensation, même à titre gratuit, à une
Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) délivrée par l’agence du Médicament de Madagascar,
après instruction d’un dossier et décision d’une Commission Nationale de l’Enregistrement des
Médicaments.
Néanmoins, une Autorisation Temporaire de Vente ou ATV peut être délivrée par le Ministre
chargé de la Santé pour des médicaments indispensables à la Santé Publique mais dont la fréquence
de prescriptions ne justifie pas une demande d’AMM. Les critères d’obtention de cette mesure
dérogatoire sont fixés par arrêté du Ministre chargé de la Santé.
37
L’Autorisation de Mise sur le Marché est délivrée pour un médicament, dont la
dénomination, la composition, la forme galénique, le mode d’administration, le dosage, les
indications thérapeutiques, le conditionnement, la durée de conservation, l’étiquetage, le mode de
délivrance et le prix grossiste hors taxe sont définis, et pour lequel un numéro d’enregistrement est
attribué.
Toute modification de l’une de ces caractéristiques, à l’exception du prix, doit être soumise à
une nouvelle autorisation.
L’Autorisation de Mise sur le Marché n’est délivrée qu’à un médicament dont l’efficacité,
l’intérêt thérapeutique, l’innocuité dans les conditions normales d’emploi et la qualité intrinsèque
sont documentés et prouvés ou connus.
La vente des consommables médicaux, dont la liste est fixée par arrêté du Ministre chargé de
la Santé, est soumise à l’octroi d’une Autorisation de Mise sur le Marché délivrée par l’Agence du
Médicament de Madagascar. Les procédures d’enregistrement seront précisées par arrêté du
Ministre chargé de la Santé. La demande d’Autorisation de Mise sur le Marché doit être adressée au
Directeur de l’Agence du Médicament de Madagascar, accompagnée du versement d’un droit fixe
dont le montant est déterminé par arrêté conjoint du Ministre chargé de la Santé et du Ministre des
Finances et du Budget.
Les modalités et les éléments constitutifs du dossier à soumettre sont précisés dans des
textes réglementaires.
Article 116.‐ La décision accordant ou refusant l’octroi d’Autorisation de Mise sur le Marché
est prise dans le délai maximum de quatre (04) mois à compter du dépôt de la demande, par le
Directeur de l’Agence du Médicament de Madagascar, après avis de la Commission Nationale
d’Enregistrement des Médicaments dont la composition et le fonctionnement sont fixés par décision
du Ministre chargé de la Santé.
Le refus d’Autorisation de Mise sur le Marché doit faire l’objet d’une décision motivée.
En tant que de besoin, les conditions d’octroi ou de retrait d’Autorisation de Mise sur le
Marché de médicaments ou autres produits assimilés feront l’objet de textes règlementaires.
L’Autorisation de Mise sur le Marché est délivrée pour une durée de cinq ans renouvelable
par période quinquennale à la demande du titulaire de l’autorisation, trois (3) mois avant la date
d’expiration de la précédente autorisation, s’il y a lieu.
Article 117.‐ Le détenteur de l’Autorisation de Mise sur le Marché est tenu de respecter les
règles d’étiquetage, de conditionnement et de libellé de la notice d’information édictées par l’Agence
du Médicament de Madagascar.
38
Aucune Autorisation de Mise sur le Marché ne sera donnée à un médicament dont la
consommation ou la vente a été interdite et qui a été retiré du marché à l’étranger.
L’Agence du Médicament de Madagascar publie la liste des médicaments autorisés à être mis
sur le marché sur le territoire de Madagascar, ainsi que la liste des médicaments retirés du marché.
Elle tient également à jour et publie la liste des établissements pharmaceutiques et autres
établissements de dispensation de médicaments autorisés à exercer.
Article 118.‐ Ne sont pas soumises à l’Autorisation de Mise sur le Marché les préparations
officinales, les préparations magistrales et les préparations destinées à la conduite d’essais
thérapeutiques.
Dans le cas prévus ci‐dessus, le détenteur de l’Autorisation de Mise sur le Marché est tenu
d’en faire radier l’enregistrement, et les pharmaciens d’officine, les grossistes répartiteurs, les
fabricants doivent prendre toutes les dispositions utiles à la cessation immédiate de la délivrance au
public desdits médicaments. Si ces dispositions n’interviennent pas dans les délais compatibles avec
la protection de la santé de la population, l’Agence du Médicament de Madagascar prend toutes les
mesures appropriées.
Article 120.‐ Tout médicament dispensé à Madagascar et retiré du marché d’un pays pour
des raisons de santé publique peut faire l’objet d’un retrait motivé et notifié par décision de l’Agence
du Médicament de Madagascar.
Article 121.‐ L’importation des médicaments, dans le cadre de l’aide internationale d’urgence
est autorisée à titre exceptionnel sur le territoire de Madagascar, à condition que ces médicaments
soient accompagnés d’une ’Autorisation de Mise sur le Marché en cours de validité du pays de
provenance ou à Madagascar , soit d’un certificat établi dans le cadre du système de certification de
la qualité de l’Organisation Mondiale de la Santé, soit encore d’autorisation d’importation délivrée
par l’Agence du Médicament de Madagascar.
Section 2
Des essais cliniques
Article 122.‐ On entend par essai clinique d’un médicament, toute recherche ou toute
expérimentation effectuée dans le but :
39
1. d’obtenir une Autorisation de Mise sur le Marché ;
2. d’élargir les indications thérapeutiques d’un médicament déjà autorisé ;
3. de démontrer sa bio‐disponibilité.
Tout essai clinique doit être conduit en respectant rigoureusement un protocole d’étude
dont les objectifs et la méthodologie sont clairement définis et qui a été examiné et approuvé par un
Comité créé à cet effet par arrêté du Ministre chargé de la Santé : le Comité d’Ethique auprès du
Ministère chargé de la Santé sur les recherches biomédicales impliquant l’être humain.
Tout essai clinique doit faire l’objet d’une autorisation préalable du Ministre chargé de la
santé après avis du Comité d’Ethique.
Les essais cliniques sur le Territoire Nationale doivent être réalisés selon les principes et les
lignes directrices des bonnes pratiques cliniques de l’Organisation Mondiale de la Santé,
conformément aux principes contenus dans la déclaration d’Helsinki et du Guide à l’usage des
membres du Comité d’Ethique auprès du Ministère chargé de la Santé.
Tout essai clinique non autorisé, ou n’ayant pas respecté rigoureusement le protocole
d’étude approuvé par le Comité d’Ethique auprès du Ministère chargé de la Santé, conformément
aux principes contenus dans la déclaration d’Helsinki et du Guide à l’usage des membres du Comité
d’Ethique auprès du Ministère chargé de la Santé, est classé comme expérience dangereuse à risque
évident et engage la responsabilité civile et pénale de son auteur.
Section 3
De la pharmacovigilance
Article 124.‐ L’octroi d’une Autorisation de Mise sur le Marché pour un médicament soumet
le détenteur à l’obligation d’informer l’Agence du Médicament de Madagascar de tout « effet
indésirable inattendu » porté à sa connaissance. Cette obligation s’applique aux prescripteurs, aux
dispensateurs et aux bénéficiaires.
40
Section 4
De la prescription
‐ les médecins ;
‐ les internes et les externes des hôpitaux ;
‐ les stagiaires internes en médecine sous l’autorité du médecin responsable du
service ;
‐ les chirurgiens dentistes dans les limites d’une liste déterminée par arrêté du
Ministre chargé de la Santé ;
‐ en l’absence de médecin, les paramédicaux dans la limite des listes de
médicaments autorisés pour chaque niveau de formation sanitaire.
Sur toute ordonnance, doivent figurer le nom, le titre universitaire, la spécialité ainsi que
l’adresse du prescripteur, le numéro d’inscription à l’Ordre dans le cas où l’Ordre est institué, le nom,
l’âge, le poids et l’adresse du patient à qui le médicament est prescrit, le nom ou la dénomination
commune internationale du médicament prescrit ou la formule de la préparation magistrale, la
posologie et la durée du traitement, la date, le cachet et la signature du prescripteur.
Sauf cas prévu par la réglementation en vigueur, il est interdit à tout prescripteur de
médicaments et autres produits pharmaceutiques de recevoir sous quelque forme que ce soit,
directement ou indirectement, des intérêts ou ristournes proportionnels ou non au nombre d’unités
vendues.
Section 5
De la préparation
Article 126.‐ Sont seuls autorisés à préparer les médicaments et autres produits
pharmaceutiques :
Section 6
De la dispensation
41
Article 128.‐ Les conditions de stockage et de conservation des médicaments indiquées par le
fabricant doivent être respectées.
Les médicaments autorisés à être mis sur le marché, à l’exception de ceux dont le
déconditionnement est autorisé et qui sont inscrits sur la liste mentionnée à l’article 111 doivent
être, délivrés dans leur conditionnement d’origine, pour lequel ils ont obtenu l’autorisation de Mise
sur le Marché.
Les pharmaciens ne peuvent modifier une prescription qu’avec l’accord exprès de son
auteur. Toutefois, le pharmacien est autorisé à conseiller la substitution d’un médicament par son
équivalent générique de moindre coût, figurant sur la liste établie par le Ministre chargé de la Santé.
Section 7
De la tarification
Section 8
De la promotion et de la publicité
A. De la promotion
Article 130.‐ On entend par promotion toute action entreprise par les laboratoires et les
distributeurs auprès des prescripteurs et autre personnel de santé dûment autorisés à exercer, en
vue de faire connaître leurs produits.
Aucune promotion ne peut être faite pour un médicament avant que l’Autorisation de Mise
sur le Marché n’ait été octroyée par l’Agence du Médicament de Madagascar pour ledit médicament.
Ne sont pas concernées par cette disposition les informations données dans le cadre de
conférences et publications à caractère scientifique.
42
destinataire de se faire une idée personnelle de la valeur thérapeutique du médicament et de son
utilisation. Elles sont soumises à la délivrance d’un visa de publicité par l’Agence du Médicament de
Madagascar.
Article 133.‐ Les échantillons médicaux doivent être identiques au plus petit
conditionnement commercialisé et comporter la mention « Echantillon médical gratuit ». Il est
interdit de vendre des échantillons médicaux.
Les échantillons médicaux des médicaments inscrits sur les listes I et II des substances
vénéneuses ne peuvent être remis qu’au personnel de santé habilité à les prescrire et ce, sur
demande écrite, datée et signée par le requérant. En aucun cas, les stupéfiants ne peuvent être
délivrés à titre d’échantillons médicaux.
Article 134.‐ Dans le cadre de la promotion auprès des personnes habilitées à prescrire ou à
délivrer des médicaments, il est interdit d’octroyer, d’offrir ou de promettre des avantages matériels
directs ou indirects, en nature ou en espèce.
B. De la publicité
Article 135.‐ On entend par publicité pour les médicaments à usage humain toute forme
d’information, de prospection ou d’incitation autre que celle concernant la promotion, qui vise à
encourager la prescription, la délivrance, la vente ou la consommation des médicaments par le
public.
Article 137.‐ La publicité ne doit pas être trompeuse ni porter atteinte à la protection de la
santé publique. Elle doit présenter le médicament ou le produit de façon objective et favoriser son
bon usage.
La publicité auprès du public pour un médicament n’est admise qu’à la condition que ce
médicament ait obtenu l’Autorisation de Mise sur le Marché et qu’il ne soit pas soumis à prescription
médicale.
La publicité auprès du public pour un médicament est nécessaire accompagnée d’un message
de prudence et de renvoi à la consultation d’un médecin en cas de persistance des symptômes.
La publicité auprès du public pour un médicament déterminé ainsi que les campagnes
publicitaires auprès du public pour les vaccinations sont soumises à une autorisation préalable de
durée limitée, dénommée visa de publicité délivrée par l’Agence du Médicament de Madagascar. Elle
est accompagnée d’un droit fixe dont le montant est déterminé par arrêté conjoint du Ministre
chargé de la Santé et du Ministre chargé des Finances et du Budget.
Ce visa est délivré pour une durée qui ne peut excéder la durée de l’Autorisation de Mise sur
le Marché.
Les conditions d’octroi, de suspension ou de retrait du visa de publicité sont définies par
arrêté du Ministre chargé de la Santé.
43
CHAPITRE IV
DE STUPEFIANTS, PSYCHOTROPES ET PRECURSEURS
Article 139.‐ On entend par stupéfiant, toute plante ou substance d’origine naturelle ou
synthétique, à action sédative, analgésique, narcotique ou euphorisante pouvant provoquer
accoutumance, toxicomanie ou dépendance.
Article 141.‐ On entend par précurseurs les substances utilisées pour la fabrication des
stupéfiants ou des substances psychotropes.
Les précurseurs soumis au contrôle figurent aux tableaux I et II de la Convention des Nations
Unies contre le trafic illicite des stupéfiants et substances psychotropes de 1988.
Article 142.‐ Les définitions sont étendues à toute modification des tableaux qui pourrait
être prise ultérieurement par décision de la Commission de stupéfiants des Nations Unies.
Article 144.‐ En application des Conventions internationales sur le contrôle des stupéfiants et
des substances psychotropes ratifiées par la République de Madagascar, la production, la fabrication,
le transport, l’importation, l’exportation, la détention, l’offre, la cession, l’acquisition, la distribution
et l’emploi des substances ou plantes vénéneuses classées comme psychotropes ou comme
stupéfiants sont soumis à autorisation spéciale, renouvelable et limitée exclusivement aux fins
médicales et scientifiques.
Les conditions d’octroi de toute autorisation sont fixées par voie réglementaire.
Article 145.‐ Les stupéfiants autorisés ne peuvent être délivrés que sur ordonnance médicale
spéciale extraite d’un carnet à souches.
Les psychotropes autorisés ne peuvent être délivrés que sur ordonnance médicale.
44
Les conditions de prescription et de délivrance de telles préparations sont fixées par voie
réglementaire après avis des Conseils Nationaux de l’Ordre des Médecins et de l’Ordre des
Pharmaciens.
CHAPITRE V
DE LA PARAPHARAMACIE ET DES AUTRES BIENS DE SANTE
Section 1
Des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle
Article 146.‐ On entend par produits cosmétiques et d’hygiène corporelle, toutes les
substances ou préparations, autres que les médicaments, destinées à être mises en contact avec les
diverses parties superficielles du corps humain, les dents ou les muqueuses, en vue de les nettoyer,
de les protéger, de les maintenir en bon état, d’en modifier l’aspect, de les parfumer ou d’en corriger
l’odeur.
Tout produit cosmétique et d’hygiène corporelle sans visée thérapeutique bien définie ne
doit pas comporter dans sa dénomination des termes tels que : SANTE ; MEDI ; MEDICAL ou
PHARMA… qui pourraient induire en erreur le public.
Article 147.‐ La vente des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle n’est pas
exclusivement réservée aux établissements pharmaceutiques.
Article 148.‐ Tout produit cosmétique ou tout produit d’hygiène corporelle doit, avant sa
mise sur le marché, à titre onéreux ou à titre gratuit, faire l’objet d’une demande d’enregistrement
dont la composition du dossier et fixée par arrêté du Ministre chargé de la Santé.
Les substances vénéneuses ne peuvent entrer dans la composition des produits cosmétiques
et d’hygiène corporelle qu’à la condition de figurer sur une liste établie par arrêté qui fixe, pour
chaque substance vénéneuse et pour chaque type de produit, les doses et concentrations à ne pas
dépasser.
Article 149.‐ Les insecticides et les acaricides destinés à être à être appliqués sur l’homme et
les produits destinés à l’entretien ou l’application des lentilles de contact doivent, avant leur mise sur
le marché à titre onéreux ou à titre gratuit, faire l’objet d’un visa délivré par l’Agence du Médicament
de Madagascar.
Section 2
Des produits diététiques
Article 150.‐ Un produit diététique est un produit destiné à une alimentation spécifique qui,
du fait de sa composition particulière et de son procédé de fabrication, se distingue des denrées
45
alimentaires de consommation courante et convient à l’objectif nutritionnel recherché ; il est
commercialisé de manière à indiquer qu’il répond à cet objectif.
La vente des produits diététiques n’est pas exclusivement réservée aux établissements
pharmaceutiques.
Les dispositions du 2e alinéa de l’article 146 s’appliquent aussi aux produits diététiques.
Section 3
Des dispositifs médicaux
Article 151.‐ On entend par dispositif médical tout instrument, appareil, équipement,
matière, produit d’origine ni humaine, ni animale, ou autre article destiné par le fabricant à être
utilisé chez l’homme à des fins médicales et dont l’action principale voulue n’est pas obtenue par des
moyens pharmacologiques ni par métabolisme mais dont la fonction peut être assistée par de tels
moyens.
Article 152.‐ Les dispositifs médicaux sont exclusivement vendus en pharmacie à l’exception
du dispositif intra utérin mis à la disposition, du public au niveau des formations et établissements
sanitaires comme contraceptifs. Cependant, le Ministre chargé de la Santé peut autoriser la vente
des dispositifs médicaux dans des magasins spécialisés.
TITRE II
DE L’EXERCICE DE LA PHARMACIE
CHAPITRE PREMIER
DES CONDITIONS GENERALES
Sauf dispositions prévues aux articles 202 et suivants du présent Code, sont réservées
exclusivement aux pharmaciens, la vente au détail et la délivrance à titre onéreux ou à titre gratuit
des médicaments et autres produits soumis aux mêmes dispositions, ainsi que des substituts du lait
maternel.
Article 154.‐ Sont réservées aux pharmaciens et aux vétérinaires la préparation, la vente en
gros et au détail des médicaments à usage vétérinaire.
46
Est réservée aux pharmaciens et aux opticiens la vente des solutions stériles pour lentilles
oculaires de contact.
CHAPITRE II
DE LA PROFESSION DE PHARMACIEN
Article 155.‐ Nul ne pet exercer la profession de pharmacien s’il ne remplit les conditions
suivantes :
‐ être titulaire d’un diplôme de pharmacien ;
‐ être de nationalité malagasy ou ressortissant d’un pays avec lequel une
convention de réciprocité a été signée et ce, dans la limite d’un quota défini
chaque année par arrêté du Ministre chargé de la Santé ;
‐ parler couramment le Malagasy ;
‐ être résidant à Madagascar ;
‐ ne pas avoir d’activité pharmaceutique en dehors du territoire malagasy ;
‐ être inscrit au Tableau de l’Ordre National des Pharmaciens de Madagascar ;
‐ offrir toutes les garanties de moralité professionnelle ;
‐ faire enregistrer son diplôme au greffe du tribunal du lieu où il exerce son
activité, et ce, dans un délai d’un mois à compter de la date de la prise d’activité.
Article 156.‐ Nul ne peut exercer la pharmacie en dehors d’un établissement pharmaceutique
bénéficiant d’une autorisation administrative d’ouverture.
Pour le cas particulier des pharmaciens fonctionnaires, ces derniers peuvent, s’ils remplissent
les conditions requises à l’article 155 susvisé, ouvrir une officine en son nom, sur autorisation du
Ministère de tutelle après avis du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens et sous réserve qu’ils
désignent un pharmacien responsable pour diriger ladite officine.
Ils sont, dès lors, soumis aux obligations des pharmaciens responsables dont les modalités
sont fixées par voie réglementaire.
Les pharmaciens fonctionnaires peuvent, sur dérogation accordée par arrêté pris par le
Ministre chargé de la Santé, exercer en qualité de Pharmacien responsable, à temps partiel suivant
un cahier de charges bien défini, dans un établissement pharmaceutique à caractère public ou dans
un organisme inter‐entreprise à but non lucratif. Néanmoins, l’autorisation ainsi accordée doit être
strictement personnelle et sa validité cesse de plein droit en cas de remplacement du Pharmacien
Responsable initialement concerné, au nom du Pharmacien responsable successeur.
47
Le pharmacien responsable supervise les activités de toutes les autres personnes qualifiées
de l’établissement et détermine leurs fonctions et attributions.
Le pharmacien responsable applique les principes ainsi que les lignes directrices liés aux
bonnes pratiques de fabrication, de distribution, de promotion et de publicité reconnues par l’Etat
Malagasy.
Article 158.‐ Tout pharmacien inscrit au Tableau de l’Ordre est soumis aux prescriptions de la
déontologie du pharmacien, et notamment aux dispositions des textes en vigueur en matière de
Déontologie des Pharmaciens.
Article 159.‐ Tout pharmacien désirant cesser son activité doit en informer le Ministre chargé
de la Santé et le Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens.
Tout pharmacien ayant interrompu son activité et qui désire la reprendre est soumis aux
conditions exigées à l’article 155 du présent Code.
Article 161.‐ Tout pharmacien est autorisé à se faire aider son officine par une ou plusieurs
personnes qualifiées dont la formation incombe entièrement à la responsabilité du pharmacien
titulaire.
Elles assument leurs tâches sous responsabilité et le contrôle effectif d’un pharmacien, leur
responsabilité pénale demeurant engagée.
Article 162.‐ Aucun pharmacien ne peut se faire assister d’un médecin au sein de son
officine, à quelque titre que ce soit.
Article 163.‐ Est interdite toute convention d’après laquelle un pharmacien assure à un
médecin praticien, à un chirurgien‐dentiste ou à une sage‐femme, un bénéfice d’une nature
quelconque sur la vente des produits pharmaceutiques, médicamenteux ou hygiéniques que ceux‐ci
peuvent prescrire.
48
Il est interdit aux pharmaciens ou à leurs préposés de solliciter des commandes auprès du
public. Toute commande livrée en dehors de l’officine ne peut être remise qu’en paquet scellé
portant le nom et l’adresse du client. Il est, en outre, interdit aux pharmaciens de passer des
commandes en dehors des grossistes agréés.
CHAPITRE III
DE L’EXERCICE ILLEGAL DES FONCTIONS DE PHARMACIEN
TITRE III
DES ETABLISSEMENTS PHARMACEUTIQUES
CHAPITRE PREMIER
DES DISPOSITIONS COMMUNES
En cas de litige, les dispositions du code de la Santé et du Code de Déontologie priment sur
celles du Code Commercial.
Article 166.‐ Un arrêté du Ministre chargé de la Santé détermine les conditions requises, la
composition du dossier ainsi que les critères spécifiques à chaque type d’établissement
pharmaceutique et leur lieu d’implantation sur Territoire National.
49
déterminé par arrêté conjoint du Ministre chargé de la Santé et du Ministre chargé des Finances et
du Budget.
Article 167.‐ L’autorisation est accordée par le Ministre chargé de la Santé après avis du
Conseil de l’Ordre National des Pharmaciens. Elle est accordée ou refusée dans un délai de trois (3)
mois à compter du dépôt de la demande d’autorisation. Le refus d’autorisation doit être motivé.
Toutefois, les médecins inspecteurs, chefs de santé de districts peuvent inspecter les dépôts
de médicaments relevant de leur circonscription.
Article 170.‐ Dans l’intérêt de la santé publique, le Ministre chargé de la Santé peut, sur
rapport et avis d’un pharmacien‐inspecteur et après avis du Conseil de l’Ordre National des
Pharmaciens, ordonner à tout moment la fermeture temporaire pour une période de trois mois au
maximum d’un établissement pharmaceutique si les conditions liées à l’octroi ne sont plus réunies.
Après une mise en demeure écrite restée sans effet à l’échéance de délai accordé, le Ministre
chargé de la Santé peut, sur proposition de l’Agence du Médicament de Madagascar ou de la
Direction de la Gestion des Intrants de Santé, de Laboratoire et de la Médecine Traditionnelle
(DGILMT), révoquer l’autorisation.
Article 171.‐ Toute modification substantielle des conditions initiales des installations, des
équipements ou de l’organisation de l’établissement doit, par ailleurs, être autorisée par le Ministre
chargé de la Santé, selon la même procédure que celle prévue à l’article 163 du présent Code.
Article 172.‐ La cessation des activités d’un établissement pharmaceutique ayant fait l’objet
d’une autorisation doit être notifiée au Ministre chargé de la Santé au moins trois (3) mois avant la
date prévue pour ladite cessation et doit être portée à la connaissance du public par voie d’insertion
au Journal Officiel de la République.
50
CHAPITRE II
DES PHARMACIES D’OFFICINE
Article 175.‐ L’exploitation d’une pharmacie d’officine est incompatible avec l’exercice d’une
autre profession, notamment avec celle de médecin, dentiste, vétérinaire, sage‐femme, infirmier ( e).
Les pharmaciens dispensent dans leur officine des drogues simples, des produits
pharmaceutiques et des préparations décrites par les Pharmacopées.
Les pharmaciens ne peuvent faire dans leur officine que le commerce de produits
pharmaceutiques et parapharmaceutiques définis par le présent Code.
Article 176.‐ Le pharmacien doit être propriétaire de l’officine dont il est titulaire.
Les pharmaciens sont autorisés à constituer entre eux une société en vue de l’exploitation
d’une officine. Chaque pharmacien membre de la Société est tenu à l’exercice personnel et est
entièrement responsable des règles déontologiques applicables à la profession.
Les pharmaciens peuvent s’associer selon les dispositions réglementant les sociétés
commerciales, tout en respectant les spécificités de la profession de pharmacien.
Ces principes doivent faire l’objet de texte d’application pris par le Ministre chargé de la
Santé.
Les gérants et les associés sont responsables à l’égard des tiers. Aucune limite n’est apportée
à la responsabilité délictueuse et quasi‐délictueuse des gérants, qui sont obligatoirement garantis
contre les risques professionnels.
Tout pharmacien dont le diplôme est déjà enregistré pour l’exploitation d’un établissement
pharmaceutique ou d’une officine ou à quelque titre que ce soit peut s’associer à un ou plusieurs
pharmaciens dont le ou les diplômes ne sont pas encore enregistrées en vu d’une création d’une
officine. L’officine nouvellement créée doit être gérée par le pharmacien associé dont le diplôme
n’est pas encore enregistré. Un pharmacien ne peut pas être associé à plus de deux officines.
Le capital social doit appartenir dans sa totalité à un ou plusieurs pharmaciens qui ont rempli
les conditions d’exercice de la pharmacie sur le territoire national.
51
Article 178.‐ Tout pharmacien associé dont les diplômes sont enregistrés pour l’exploitation
d’une officine ne peut exercer aucune activité pharmaceutique sauf dérogations accordées par le
Ministre chargé de la Santé.
Est nulle et de nul effet, toute stipulation destinée à établir que la propriété ou la copropriété
d’une officine appartient à une personne non diplômée.
Les officines sont soumises aux conditions fixées par le Chapitre premier, Titre III du Livre III
du présent Code.
Article 179.‐ L’autorisation d’exploitation est subordonnée, sans préjudice des conditions
fixées pour l’exercice de la pharmacie, aux critères définis par le Ministre chargé de la Santé en
application de la Politique Pharmaceutique Nationale.
Article 180.‐ Toute ouverture d’une nouvelle officine, tout transfert d’une officine d’un lieu
dans un autre, et toute cession ou changement de propriété sont subordonnés à l’octroi d’une
nouvelle autorisation délivrée par arrêté du Ministre chargé de la santé, après avis du Conseil
National de l’Ordre des Pharmaciens.
Toutefois, le titulaire peut engager un pharmacien assistant. Ce dernier doit être enregistré à
l’Agence du Médicament de Madagascar, après avoir reçu l’aval du Conseil de l’Ordre et est nommé
par arrêté du Ministre chargé de la Santé.
Les pharmaciens ont l’obligation d’actualiser leurs connaissances par des formations post‐
universitaires.
Article 182.‐ En tant que de besoin, un arrêté du Ministre chargé de la Santé détermine le
nombre d’officines autorisées à s’installer dans une localité donnée au prorata du nombre
d’habitants ainsi que d’une distance minima à respecter entre les officines.
CHAPITRE III
DES PHARMACIES A USAGE INTERNE
Article 183.‐ On entend par pharmacies à usage interne, les pharmacies des hôpitaux et
autres établissements de santé, publics ou privés, dont l’activité est limitée à la délivrance de
médicaments et consommables médicaux :
Elles sont soumises aux conditions fixées par le Chapitre premier, Titre III du Livre III du
présent Code.
52
Des textes réglementaires définissent, en tant que de besoin, les règles régissant les
pharmacies à usage interne.
CHAPITRE IV
DES ETABLISSEMENTS D’IMPORTATION, DE VENTE EN GROS
ET DE REPARTITION
Article 184.‐ On entend par établissement pharmaceutique de gros tout établissement agréé,
public ou privé se livrant à l’achat extérieur ou local en vue de la vente en l’état aux personnes ou
structures habilitées à dispenser des médicaments, produits pharmaceutiques et dispositifs
médicaux. Cet établissement pharmaceutique de gros doit importer les produits non disponibles
auprès des fabricants locaux.
Les locaux réservés aux activités d’un établissement de gros en produits pharmaceutiques
doivent être d’accès facile et réservés exclusivement à cet effet.
Le bâtiment destiné aux activités citées in supra doit avoir une superficie totale de trois cent
mètres carrés au minimum.
53
autorisés à soumissionner aux appels d’offre émanent des institutions à caractère public de l’Etat
Malagasy, ainsi qu’aux Formations Sanitaires privées à but non lucratif relevant réglementairement
d’un Service de District de la Santé, conformément aux dispositions de l’article 189 ci‐dessous.
Tout établissement pharmaceutique de gros est soumis aux conditions fixées par le Chapitre
premier, Titre III du Livre III du présent Code.
Article 185.‐ Tout établissement pharmaceutique de gros doit être placé sous la
responsabilité d’un Pharmacien Responsable.
Article 186.‐ Tout Pharmacien Responsable est responsable personnellement au regard des
lois et règlements en vigueur en matière d’exercice de la profession de pharmacien, sans préjudice,
le cas échéant, de la responsabilité solidaire de la société. Il est assujetti à toutes les obligations
imposées au pharmacien d’officine, notamment en ce qui concerne les inspections effectuées par les
inspecteurs en pharmacie.
Article 187.‐ Tout établissement de préparation ou de vente en gros, soit de drogues simples
ou de produits chimiques destinés à la pharmacie et conditionnés en vue de la vente au poids
médical, soit de compositions ou préparation pharmaceutiques, doit être la propriété d’un
Pharmacien diplômé d’Etat ou celle d’une société à la Gérance ou à la Direction Générale de laquelle
participe un pharmacien Responsable et dans ce cas, le capital de la société doit appartenir en
majorité à un ou plusieurs pharmaciens dans la proportion de 51% pour les pharmaciens et de 49%
pour toute personne non membre de la profession. Il peut être, en tout ou partie, concédé en
location gérance à une société dans les mêmes conditions que ci‐dessus. Les modalités d’exercice de
la location gérance sont déterminées par voie réglementaire. Les Gérants et les associés sont
responsables à l’égard des tiers. Aucune limite n’est apportée à la responsabilité délictueuse ou
quasi‐délictueuse des Gérants.
Article 188.‐ Si, une décision collective prise au niveau de la direction générale ou de la
gérance porte atteinte aux règles d’éthique de la profession de pharmacien et/ou à la Politique
Pharmaceutique Nationale, le Pharmacien Responsable conserve la pleine et entière prérogative qu’il
tient de sa qualité et des règles de déontologie auxquelles il doit se soumettre, de s’opposer à ladite
décision, d’en suspendre la mise en œuvre et de saisir le Ministère chargé de la Santé quant au sort
à réserver à la décision visée.
Article 189.‐ Les établissements grossistes importateurs peuvent vendre directement aux
Formations Sanitaires publiques, ou privées à but non lucratif relevant réglementairement du Service
de District de la Santé du lieu d’implantation, des médicaments génériques sous réserve qu’ils
obtiennent une autorisation du Ministre chargé de la Santé et qu’ils soient gérés par un Pharmacien
Responsable ou que plusieurs pharmaciens en soient copropriétaires.
Article 190.‐ Les principes énumérés aux articles 185 à 189 sont fixés par Décrets pris en
Conseil du Gouvernement sur proposition du Ministre chargé de la Santé.
54
Article 192.‐ Un Arrêté du Ministre chargé de la Santé déterminera le nombre des
établissements d’importation, de vente en gros et de répartition au prorata de la totalité des
importations annuelles de médicaments réalisées dans le Secteur Privé. La délivrance de
l’autorisation d’exploitation de tels établissements ne peut être effectuée qu’en conformité avec
ledit Arrêté.
CHAPITRE V
DES ETABLISSEMENTS DE FABRICATION ET D’EXPLOITATION
DE PRODUITS PHARMACEUTIQUES
Est considérée comme préparation totale, la fabrication du produit depuis l’achat des
matières premières jusqu’au produit fini.
Le pharmacien responsable doit être assisté par des pharmaciens assistants dont le nombre
est proportionnel à l’effectif du personnel de l’établissement.
55
Article 195.‐ Toute demande d’ouverture d’un établissement de fabrication ou de production
ou d’une succursale doit comporter un dossier prouvant que le fabricant respectera les bonnes
pratiques de fabrication reconnues par l’Etat Malagasy.
L’autorisation d’ouverture indique les formes pharmaceutiques pour lesquelles elle est
valable et le lieu de fabrication.
Par personne qualifiée, on entend un pharmacien, un chimiste ou toute autre personne dont
les diplômes scientifiques et l’expérience sont reconnus par l’Etat malagasy.
TITRE IV
DES ORGANES DE CONTROLE
CHAPITRE PREMIER
DE L’AGENCE DU MEDICAMENT DE MADAGASCAR
Section 1
Des dispositions générales
Article 197.‐ En application des articles 4 et 5 du présent Code dans le cadre de la mise en
place de la Politique Pharmaceutique Nationale, le Ministre chargé de la Santé confère à un
Etablissement Public à caractère Administratif doté de la personnalité morale et de l’autonomie
financière sous la dénomination « Agence du Médicament de Madagascar », une mission de mise en
œuvre et de contrôle de la qualité des médicaments à Madagascar, afin de garantir l’indépendance,
la compétence scientifique et l’efficacité administrative de études et des contrôles relatifs à la
fabrication, aux essais, aux propriétés thérapeutiques et à l’usage des médicaments, en vue d’assurer
au meilleur coût, la santé et la sécurité de la population et de contribuer au développement des
activités industrielles et de la recherche pharmaceutique.
56
‐ aux substances stupéfiantes, psychotropes et autres substances vénéneuses
utilisées en médecine, ainsi qu’aux réactifs de laboratoire ;
4°‐ de recueillir et d’évaluer les informations sur les effets inattendus ou toxiques des
médicaments ainsi que sur les usages abusifs des substances psycho‐actives et de prendre en
la matière toute mesure utile pour préserver la santé publique ;
5°‐ de proposer toute mesure contribuant au développement de la recherche et des activités
industrielles dans le domaine du médicament, et de promouvoir ainsi les rapports de
complémentarité entre les secteurs publics et privés ;
6°‐ de coordonner et d’effectuer le contrôle de la qualité des médicaments par
l’intermédiaire du laboratoire national de contrôle de qualité ;
7°‐ de participer à la demande du Ministre chargé de la Santé, à l’élaboration ou à la
modification des textes législatifs ou réglementaires régissant ses activités ;
8°‐ de proposer au Ministre chargé de la Santé toute mesure intéressant les domaines
relevant de sa compétence.
L’organisation administrative et financière de l’agence du Médicament de Madagascar est
fixée par décret pris en conseil de Gouvernement sur proposition, du Ministre chargé de la
Santé.
Section 2
De l’inspection
L’Agence du Médicament de Madagascar peut recourir aux interventions des agents habilités
par une loi spéciale à constater et à poursuivre des infractions se rapportant à l’application de la
législation et de la réglementation relative à la commercialisation des médicaments. Ces agents
relèvent du Ministère chargé du Commerce et participent à la police judiciaire conformément à
l’article 128 du Code de Procédure Pénale.
Article 200.‐ Les dépenses de toute nature résultant du fonctionnement de l’inspection des
établissements pharmaceutiques sont à la charge de l’Agence du Médicament de Madagascar.
57
CHAPITRE II
DE LABORATOIRE NATIONAL DU CONTROLE
DE QUALITE DES MEDICAMENTS
TITRE V
DES DISPOSITIONS DIVERSES RELATIVES AUX DEPOTS DE MEDICAMENTS,
AUX PHARMACIES A GESTION PARTICULIRE ET AUX PLANTES MEDICINALES
CHAPITRE PREMIER
DES DEPOTS DE MEDICAMENTS
Les médicaments autorisés à être dispensés par ces dépôts sont inscrits sur une liste établie
par le Ministère chargé de la Santé et les dépositaires doivent remplir les conditions requises fixées
par arrêté du Ministère chargé de la Santé. Plus particulièrement doivent être de nationalité
malagasy, sans préjudice des dispositions contenues dans les accords internationaux ou prises en
exécution de ces accords.
Conformément aux dispositions ci‐dessus et par effet rétroactif de la loi et dès la date de la
signature de la présente loi, tout dépôt de médicaments légalement ou non ouvert dans un rayon de
moins de dix kilomètres (10 km) d’une officine existante doit cesser toute activité et fermer le dépôt
concerné.
58
Sans préjudice des sanctions prévues par le Code Pénal en matière d’exercice illégal d’une
profession, toute transgression expose le contrevenant aux peines prévues aux termes des
dispositions de l’article 332 du présent Code.
CHAPITRE II
DES PHARMACIES A GESTION PARTICULIERE
Article 205.‐ On entend par Pharmacie de Gros de District (PHAGDIS), le magasin de stockage
des produits pharmaceutiques sis au Chef lieu de chaque district sanitaire. Il est destiné à
approvisionner en médicaments, consommables médicaux, moyens contraceptifs et en réactifs de
laboratoire les Centres Hospitaliers de Référence de District et les Centres de Santé de Base publics
et privés à but non lucratif relevant du district.
CHAPITRE III
DES PLANTES MEDICINALES ET AUTRES PRODUITS
D’ORIGINE NATURELLE
Article 207.‐On entend par phytothérapie, le traitement des maladies par les plantes
médicinales.
Article 208.‐ On entend par plante médicinale, toute plante dont le tout ou partie délivrée en
l’état, présente une vertu curative ou préventive scientifiquement prouvée ou reconnue
traditionnellement.
Article 209.‐ On entend par tisane les plantes et mélanges de plantes desséchées, préparés à
l’avance pour l’utilisation sous forme d’infusion ou de décoction.
Les tisanes sont soumises aux dispositions sur les médicaments à base de plantes.
59
On entend par produit d’origine naturelle, tout produit naturel autre que les plantes
médicinales, tels que les minéraux ou produits animaux, utilisés soit en l’état, soit sous forme de
préparation, pour un usage thérapeutique.
LIVRE IV
DE LA LUTTE CONTRE LES MALADIES CONTAGIEUSES
ET LES AUTRES FLEAUX SOCIAUX
TITRE PREMIER
DE LA LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE
Article 211.‐ Dans le cadre du Programme National de Lutte contre la Tuberculose et celui du
Programme Elargi de Vaccination, la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG est obligatoire à la
naissance.
Article 212.‐ Un décret pris sur le rapport du Ministre chargé de la Santé, après avis
conforme de la Commission Nationale d’Hygiène et de Santé, détermine les modalités d’application
concernant la technique de vaccination par le vaccin antituberculeux BCG, les contre‐indications
éventuelles, la pratique de revaccination, le contrôle des réactions tuberculiniques avant ou après la
vaccination.
Article 213.‐ Les comités antituberculeux d’entraide et d’éducation sanitaire assurent, sous le
contrôle des médecins phtisiologues pour les Régions et les Communes :
Article 215.‐ La vente des médicaments antituberculeux peut être déclarée interdite à
l’officine et aux dépôts de médicaments, sur proposition du Ministre chargé de la Santé afin d’éviter
l’émergence de souches résistantes aux antituberculeux par utilisation abusive et non contrôlée de
ces produits.
60
Tout malade reconnut tuberculeux doit suivre le traitement selon les schémas et règles
recommandés par le Programme National de Lutte contre la Tuberculose. En cas de changement de
sa résidence, le malade doit prévenir son Médecin traitant qui fait suivre le dossier du patient
concerné au nouveau médecin traitant par l’intermédiaire du Médecin‐Inspecteur du District.
Tout malade reconnu tuberculeux qui refuse de se soumettre aux mesures d’hygiène ou aux
examens bactériologiques, de contrôle que nécessite son état, ou qui n’a pas terminé le traitement
prescrit, doit faire l’objet d’une mesure déterminée par le médecin traitant et/ou par l’autorité
administrative locale.
TITRE II
DE LA LUTTE CONTRE LA LEPRE
Article 216.‐ Tout malade reconnu lépreux doit faire l’objet d’un enregistrement officiel au
niveau de la Formation Sanitaire publique compétente de sa résidence, sur un registre établi à ces
fins.
Article 217.‐ Tout malade faisant l’objet d’un traitement doit en cas de transfert de
résidence, prévenir son médecin traitant qui fait vivre le dossier du malade au nouveau médecin
traitant par l’intermédiaire du Médecin‐Inspecteur du District ou au Service Lèpre du Ministère
chargé de la Santé à Antananarivo.
Tout malade reconnu lépreux doit suivre un traitement selon le schéma et les règles
recommandés par le Programme National Lèpre. En cas de refus, les autorités sanitaires et
administratives locales peuvent être saisies pour un traitement obligatoire.
L’hospitalisation n’est pas obligatoire, sauf pour les cas compliqués mentionnés dans les
directives techniques du Ministère chargé de la Santé. Les malades en traitement gardent leurs droits
au travail et leurs privilèges professionnels.
Article 218.‐ Des Associations ou Comités de Lutte contre la Lèpre et d’éducation sanitaire,
dont la création peut être provoquée par le Ministre chargé de la Santé, assurent l’aide aux lépreux
et à leurs familles, ainsi que l’organisation des propagandes sanitaires favorables à la lutte
antilépreuse. L’organisation et le fonctionnement de ces Associations ou Comités sont fixés par
arrêté du Ministre chargé de la Santé.
Article 219.‐ Après avis de la Commission Nationale d’Hygiène et de Santé, et sur proposition
du Ministre chargé de la Santé, la lèpre peut être qualifiée, par arrêté, maladie à déclaration
obligatoire sur tout ou partie du territoire de la République Malagasy.
TITRE III
DE LA LUTTE CONTRE LE PALUDISME
Article 220.‐ La prise en charge des cas de paludisme à domicile est soutenue par un système
de dispensateurs avec le Fonds pour l’Approvisionnement Non Stop des Médicaments ou FANOME et
un système de distribution à base communautaire.
61
On entend par un système de dispensateurs avec le Fonds pour l’Approvisionnement Non
Stop des Médicaments, celui qui prévoit une participation du malade aux coûts des médicaments
dans les formations sanitaires où le malade est traité.
La prise en charge à base communautaire prévoit aussi une participation des populations aux
coûts des médicaments mais, des derniers sont vendus directement jusqu’au niveau le plus bas des
localités même en l’absence des Formations Sanitaires.
TITRE IV
DE LA LUTTE CONTRE LA PESTE
Article 222.‐ La détection des cas de peste humaine est réalisée sur une personne vivante
suspecte et par le contrôle des décès et éventuellement par les prélèvements post‐mortem.
Article 223.‐ La peste est une maladie à déclaration obligatoire. Tout cas de peste ou tout cas
suspect doit être immédiatement signalé par tout personnel qui en a connaissance à l’autorité ou, à
défaut, à l’autorité administrative la plus proche.
Article 224.‐ La vérification des décès et les prélèvements post‐mortem interviennent chaque
fois que le contrôle fait apparaître une mortalité groupée, anormale et chaque fois qu’existe une
suspicion, clinique ou épidémiologique de peste.
Les médecins légistes ou les médecins vérificateurs des décès et leurs délégués ont le droit
de pénétrer dans les habitations où se trouvent les personnes décédées et, en cas de décès suspect,
de pratiquer tous les prélèvements nécessaires. Ils opèrent en présence d’un ou de deux membres
du fokonolona.
62
Les prélèvements post‐mortem peuvent être rendus systématiques dans les circonscriptions
menacées, pour un temps déterminé, par arrêté du Ministre chargé de la Santé sur proposition de
l’autorité compétente au niveau Régional.
Des prélèvements post‐mortem seront obligatoirement effectués sur les cadavres de toute
personne décédée sur le territoire des Districts ainsi déterminés.
Article 225.‐ La vérification des décès et les prélèvements opérés sur les personnes décédées
peuvent être exigés par l’autorité sanitaire, ou ordonnés sur réquisition même verbale, et être ainsi
effectués par des médecins libres, dans les localités où n’existe pas de médecin ou paramédical
habilité à cette fin, et ce, sans rémunération.
Lorsqu’il s’agit d’un cas de mort suspecte ou d’un décès survenant dans une zone de
vérification obligatoire, l’inhumation peut être faite après la vérification de décès et les prélèvements
nécessaires, sans attendre le résultat des examens de laboratoire.
Les malades atteints de peste ou suspects d’être atteints de peste de peste sont isolés selon
les instructions données par les autorités sanitaires. L’isolement peut avoir lieu à l’hôpital ou à
domicile
Toute personne atteinte de peste ou suspecte d’être atteinte de peste doit obligatoirement
se soumettre aux prescriptions médicales jusqu’à disparition du danger de contagiosité.
Article 226.‐ Les personnes ayant été en contact direct ou indirect, dans des conditions
rendant possibles la transmission de la peste, avec des pesteux ou avec des malades suspects de
peste, sont soumis à la chimio‐prophylaxie sulfamidée conformément aux directives techniques. La
durée de l’isolement est fixée à dix (10) jours pleins.
Les personnes ayant été en contact, avec des pesteux ou des malades suspects de peste, les
membres du personnel sanitaire des différentes équipes de prophylaxie doivent obligatoirement se
soumettre aux prescriptions médicales, en particulier en ce qui concerne les mesures de
désinfection, de désinsectisation et de chimio‐prophylaxie.
Article 228.‐ La réouverture d’un tombeau ou d’une fosse dans lequel a été inhumé un
pesteux peut avoir lieu après un délai fixé par l’Autorité sanitaire concernée. L’exhumation est
soumise à l’autorisation de l’autorité administrative et est effectuée sous contrôle du Médecin‐
Inspecteur ou un agent de santé compétent pouvant le représenter.
Article 229.‐ La circulation et le transport de toutes les marchandises ou de tous les biens
susceptibles, soit d’être contaminés, soit d’être vecteurs de puces ou de rats, sont interdits à
l’intérieur des circonscriptions contaminées de peste, sauf autorisation de l’Autorité sanitaire.
La sortie de toutes marchandises ou de tous biens susceptibles soit d’être contaminés, soit
d’être vecteurs de puces ou de rats à l’extérieur d’une circonscription contaminée de peste, est
interdite, sauf autorisation de l’autorité sanitaire.
Tout moyen de transport sortant d’une circonscription reconnue contaminée doit être
obligatoirement soumis à une désinsectisation par insecticides de contact, suivant les prescriptions
de l’autorité sanitaire. Un certificat de désinsectisation sera délivré au chef de bord.
63
Article 230.‐ Les mesures à adopter contre le germe de la peste, contre le vecteur et contre
le réservoir de virus marin, sont ordonnées par l’autorité sanitaire locale et exécutées sous son
contrôle.
Article 231.‐ La lutte contre la peste exige le traitement des malades, la surveillance médicale
et la chimio‐prophylaxie des sujets contactés ainsi que la désinsectisation de la région contaminée et
la surveillance épidémiologique. Nul ne peut s’opposer à l’application de ces mesures.
TITRE V
DE LA LUTTE CONTRE LES AUTRES MALADIES CONTAGIEUSES
ET LES CAS DES AUTRES MALADIES EMERGENTES ET REEMERGENTES
Article 232.‐ L’organisation de la lutte contre les autres maladies contagieuses en général, et
la lutte contre le cancer, les maladies mentales, les maladies handicapantes et les autres cas de
fléaux sociaux est régie par les lois et règlements en vigueur, sous la conduite du Ministre chargé de
la Santé et toutes autres autorités sanitaires et administratives compétentes.
TITRE VI
DE LA LUTTE CONTRE LES MALADIES INFECTUEUSES DIARRHEIQUES
DONT LE CHOLERA
Article 235.‐ En vue d’enrayer tout danger de propagation du choléra, il peut être pris par le
Ministre chargé de la Santé un arrêté instituant l’état d’alerte dans une localité ou une région
géographique localisée et où doivent être appliquées, durant une période indéterminée, des mesures
d’hygiène et de prophylaxie.
64
A cet effet, toute personne entrant ou sortant d’une zone infectée doit faire l’objet de
mesures prophylactiques.
Article 236.‐ Pour une meilleure prévention contre les épidémies de choléra, les autorités
concernées en collaboration avec le Ministère chargé de la Santé doivent assurer aux populations
l’accès à une eau saine et convenablement traitée, un bon assainissement effectif de
l’environnement et la sécurité des produits alimentaires.
Pour promouvoir l’utilisation des latrines, la notion d’hygiène et d’assainissement doit faire
partie des programmes scolaires à inculquer aux élèves et des actions de sensibilisation menée
notamment à l’endroit des femmes.
Article 239.‐ Les malades atteints de diarrhée suspecte de choléra doivent se conformer aux
mesures de prise en charge dans les centres sanitaires désignés et aux mesures de chimioprophylaxie
édictées à cet effet. Les populations issues des régions infectées et se déplaçant vers une autre
région ou localité doivent se conformer aux mesures de chimioprophylaxie exigés.
TITRE VII
DE LA LUTTE CONTRE LES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES
Article 242.‐ Sans préjudice des dispositions du Droit du Travail, la demande de contrôle de
l’état de santé du travailleur par l’employeur dans un but de dépister si oui ou non le travailleur est
porteur d’infection sexuellement transmissible, quel qu’en soit le motif, porte atteinte au droit à la
confidentialité sur l’état de santé individuelle des personnes et est interdite. Le contrôle de l’état de
santé d’un travailleur demandé par l’employeur se limite au droit à une certification par les médecins
agréés à cet effet, de préciser dans quelle mesure l’état de santé d’un travailleur est indemne, ou est
affecté de maladies infirmantes ou liées aux modes de vie ayant un impact sur la capacité
professionnelle.
65
Article 243.‐ Sans préjudice des dispositions du Règlement Sanitaire International, les
actions sur les voyageurs débarquant, effectuées par les Charges de contrôle aux Frontières de
Madagascar, pour savoir si un individu est oui ou non porteur d’infection sexuellement transmissible,
sont interdites pour atteinte au droit des personnes à la confidentialité de leur état de santé.
Article 244.‐ Sans préjudice des dispositions du Règlement Sanitaire International, sauf le cas
de rapatriement ou le cas d’évacuation sanitaire sur Madagascar, l’observation d’un état de maladie
manifeste chez un voyageur entrant à Madagascar, autorise un examen médical de contrôle par les
Services de Santé aux Frontières.
Article 245.‐ En cas d’indication de transfusion de sang à un patient, quelle que soit son
affectation, la transfusion de sang assortie d’un examen spécifique pour confirmer son caractère
sécurisant, est obligatoire.
Article 246.‐ La déclaration des maladies sexuellement transmises peut être rendue
obligatoire par un décret pris sur proposition du Ministre chargé de la Santé, après avis de la
Commission Nationale d’Hygiène et de Santé.
Article 247.‐ Nonobstant les dispositions de la Loi n° 2005‐040 du 20 Février 2006 sur la lutte
contre le VIH/SIDA et la protection des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA ainsi que celles
de ses textes d’application, toute personne se livrant à la prostitution doit être identifiée et fichée.
Des mesures de surveillance spéciale doivent être prises à leur égard, sans pour autant déroger aux
obligations de confidentialité.
TITRE VIII
DE LA LUTTE CONTRE LES MALADIES LIEES A L’ENVIRONNEMENT
Article 248.‐ Les maladies liées à l’environnement doivent faire l’objet de recherches et
études approfondies. Des mesures spécifiques de protection de la santé humaine, à travers
l’élaboration du Plan Opérationnel en Santé et Environnement devront être vulgarisées et suivies.
Les indicateurs environnementaux susceptibles de générer des effets sur la santé humaine doivent
faire l’objet de surveillance et de contrôle. Les dispositions d’organisation des systèmes de
surveillance, d’information, d’alerte, d’investigation et de réponses sont fixées par décret pris en
Conseil de Gouvernement sur proposition du Ministre chargé de la Santé, suivant la recommandation
de la Déclaration de Libreville. Tout programme, tout plan, tout projet dont les activités risquent de
nuire la santé humaine doit faire l’objet des Etudes d’Impacts Sanitaires, conformément au texte en
vigueur concernant la MECIE (Mise En Comptabilité des Investissements avec l’Environnement).
LIVRE V
DE LA LUTTE CONTRE LES MALADIES
NON TRANSMISSIBLES
TITRE PREMIER
DES MESURES DE LUTTE CONTRE LES MALADIES
LIEES AUX MODES DE VIE
Article 248 bis.‐ L’Etat doit subvenir aux besoins de tout citoyen qui, en raison de son âge ou
de son inaptitude motrice, sensorielle ou mentale, se trouve dans l’incapacité de travailler,
notamment par l’institution d’organismes à caractères sociaux.
66
Article 248 ter.‐ La Loi prévoit des mesures en vue d’éliminer les inégalités qui frappent les
personnes handicapées. La durée et les conditions de travail ne doivent porter atteinte ni à la santé,
ni à la dignité du travailleur.
Article 249.‐ La liste des maladies auxquelles sont applicables les présentes dispositions ainsi
que les mesures de lutte contre les maladies chroniques et invalidantes sont déterminées par des
textes réglementaires pris par le Ministre chargé de la Santé. Cette liste peut être modifiée dans les
mêmes conditions que ci‐dessus en fonction d’éventuelles apparitions de nouvelles formes de
maladies.
Article 250.‐ La mise en œuvre, dans tous les domaines, de la promotion de la prévention des
maladies chroniques non transmissibles est fixée par textes réglementaires du Ministère chargé de la
Santé.
Article 251.‐ en application de la Loi n° 97‐044 du 2 Février 1998 sur les personnes
handicapées et des textes subséquents, les modalités d’organisation et de prise en charge des
personnes handicapées dans le cadre de la réadaptation à base communautaire sont fixées par voie
réglementaire.
Article 252.‐ Les associations de lutte contre les maladies chroniques et invalides assurent
l’aide aux malades et à leurs familles et participent à l’organisation des campagnes de sensibilisation
en la matière. L’organisation et le fonctionnement de ces associations sont fixés par arrêté du
Ministre chargé de la Santé.
Toute personne victime de traumatisme et/ou de violence a droit à une prise en charge
correcte depuis le lieu de l’incident jusqu’au niveau des formations sanitaires.
TITRE II
DES MESURES DE LUTTE CONTRE LES MALADIES OCULAIRES
Article 253.‐ Toute personne présentant une maladie oculaire a droit à une prise en charge
correcte au niveau des centres spécialisés, dotés en équipements consommables et médicaments et
placés sous la responsabilité et sous la direction de spécialiste en ophtalmologie.
Dans le cadre de la réglementation en vigueur concernant aussi bien les services relevant de
l’Etat que les centres ou spécialistes privés, l’acquisition ou le recouvrement d’une bonne santé
oculaire se manifestant par une vision binoculaire intègre et indemne de toute pathologie résulte de
l’action combinée de diverses stratégies telles que la prévention, le diagnostic précoce et la prise en
charge de toutes les affections susceptibles de porter atteinte à l’intégrité de la vision.
TITRE III
DES MESURES DE LUTTE CONTRE LE TABAC
ET LES AUTRE TOXICOMANIES
Article 254.‐ La liste des produits ont la consommation peut entraîner des caractères
dépendogènes néfastes à la santé et auxquels sont applicables les dispositions du présent titre, ainsi
que les mesures de lutte antitabac et autres toxicomanies, est fixée par texte réglementaire pris par
le Ministre chargé de la Santé, après avis de l’Office National de Lutte anti‐Tabac (OFNALAT).
67
Cette liste peut être modifiée ou augmentée, dans les mêmes conditions que ci‐dessus, en
fonction de nouvelles formes de produits réputés toxiques déversés sur le marché de la
consommation.
Article 255.‐ Les principaux objectifs de l’Office National de Lutte Anti‐Tabac (OFNALAT) sont
les suivants :
1‐ Mettre en œuvre les dispositions stipulées dans la Convention Cadre pour la Lutte
Antitabac dans le but de protéger les générations présentes et futures des effets sanitaires,
sociaux, environnementaux et économiques dévastateurs de la consommation du tabac et de
l’exposition à la fumée du tabac comprenant ainsi :
2‐ préciser les axes d’orientation de la lutte contre la toxicomanie qui doivent comporter des
actions de prévention, de dépistage et de diagnostic, de soins, de réadaptation et de
réinsertion sociale ;
Dans cette liste, figurent notamment le cannabis (rongony), le khat, toutes drogues à risque,
l’alcool sous toutes ses formes y compris l’alcool vendu clandestinement comme boisson
fermentée et fabriquée (toaka gasy), le tabac à fumer, à chiquer, à priser ou à sucer ;
Article 256.‐ Le cadre juridique de la lutte antitabac et autres toxicomanies doit notamment
comporter les textes suivants :
• la Loi n° 61‐053 du 13 décembre 1961 sur la lutte contre l’alcoolisme et ses textes
subséquents ;
• la Loi n° 97.039 du 4 novembre 1997 sur le contrôle des stupéfiants, des substances
psychotropes et des précurseurs à Madagascar et ses textes subséquents ;
• la Loi n° 2004‐029 du 9 septembre 2004 autorisant la ratification de la Convention cadre
de l’ Organisation Mondiale de la Santé pour la Lutte Antitabac ;
68
• la Décision de la Haute Cour Constitutionnelle n° 23‐HCC/D1 du 8 septembre 2004
relative à la Loi n° 2004‐029 du 9 septembre 2004 autorisant la ratification de la
Convention cadre de l’Organisation Mondiale de la Santé pour la Lutte Antitabac :
• l’Ordonnance n° 60‐098 du 21 septembre 1960 relative à la réglementation des boissons
et ses décrets d’application ainsi que ses éventuels textes subséquents ;
• La législation et la réglementation en vigueur en matière de lutte contre la drogue et les
activités criminelles connexes ainsi que celles régissant l’industrialisation, l’importation, la
commercialisation et la consommation des produits du tabac à Madagascar ;
• Les textes réglementaires régissant la création, l’organisation et le fonctionnement de
l’Office National de Lutte Anti‐Tabac du Ministère chargé de la Santé.
TITRE IV
DES MESURES DE LUTTE CONTRE LES MALADIES MENTALES
Article 257.‐ La liste des maladies auxquelles sont applicables les présentes dispositions ainsi
que les mesures de lutte contre les maladies mentales sont déterminées par texte réglementaire du
Ministre chargé de la Santé.
Article 258.‐ Cette liste peut être modifiée dans les mêmes conditions que ci‐dessus en
fonction d’éventuelles apparitions de nouvelles formes de maladies.
Article 259.‐ Les principaux objectifs de lutte contre les maladies mentales sont les suivants :
2‐ concevoir sur cette base une politique de promotion de la santé mentale grâce à la
définition des missions confiées aux établissements assurant les services hospitaliers
dépendant de l’Etat ou à toute personne morale de droit public ou privé participant à la mise
en œuvre de la politique de promotion de la santé mentale ;
En tant que de besoin, ces objectifs peuvent faire l’objet d’une réévaluation par texte
réglementaire d’application pris par le Ministre chargé de la Santé.
TITRE V
DES DEVOIRS ET DES MESURES
Article 260.‐ Les Départements Ministériels, les Institutions, les ONG et la Société Civile ont le
devoir de mettre en œuvre les programmes visant à promouvoir les mesures édictées en vue :
69
établissements scolaires et universitaires et dans tous lieux publics couverts
ou réputés couverts ;
• d’inclure dans les plans, programmes et stratégies nationaux de
développement, la prévention, le diagnostic précoce et la prise en charge
adéquate des maladies visées ci‐dessus ;
• de collaborer avec les partenaires financiers afin de faciliter l’accès aux
traitements de ces maladies.
Article 262.‐ Les affections bucco‐dentaires auxquelles sont applicables les présentes
dispositions ainsi que les mesures de lutte contre les maladies bucco‐dentaires sont déterminées par
voie réglementaire à la diligence du Ministre chargé de la Santé.
LIVRE VI
DE LA PROTECTION SANITAIRE DE LA FAMILLE
TITRE PRELIMINAIRE
DES GENERALITES SUR LA PROTECTION DE LA MERE ET DE L’ENFANT
Article 262 bis.- La santé est le droit de toute personne et le devoir de l'État et est garantie
par le biais de politiques sociales et économiques visant à réduire le risque de maladie et d'autres
dangers et à faciliter l'accès universel et équitable à toutes les actions et services pour la promotion,
la protection et le rétablissement de la santé.
Article 264.‐ Les règles fondamentales suivantes contenues dans les Conventions
Internationales, dans la Constitution et dans le Droit National contribuent à protéger la famille et la
personne de la femme :
‐ la famille, élément naturel et fondamental de la société, est protégée par l’Etat
qui assure son libre épanouissement ainsi que celle de la mère et de l’enfant par
une législation et par des institutions sociales appropriées ;
‐ sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme, pendant la grossesse,
pendant l’accouchement et après l’accouchement des services appropriés et au
besoin, gratuits, ainsi qu’une nutrition adéquate pendant la grossesse et
l’allaitement ;
‐ l’Etat reconnaît le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle‐
même et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement
suffisant ainsi qu’à une amélioration constante de ses conditions d’existence et
également le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mental qu’elle
soit capable d’atteindre ;
70
‐ le Code Pénal malagasy sanctionne sévèrement quiconque aura favorisé ou tenté
de favoriser l'avortement. Des peines aggravées sont prévues à l’encontre des
membres du personnel médical ou paramédical ayant commis les mêmes faits ;
‐ le Code Pénal malagasy comporte en son article 63 une disposition qui permet de
sanctionner une personne qui s’abstient volontairement de porter à une autre
personne en danger l’assistance qu’elle pouvait lui prêter soit par son action
personnelle, soit en provoquant un secours. Cet article s’applique à tout membre
du corps médical ou du corps des sages‐femmes qui s’abstiendrait d’administrer
les soins qui s’imposent à une femme en péril lors d’un accouchement.
Article 265.‐ Les règles suivantes, consacrant l’intérêt supérieur de l’enfant eu sein de la
société, contenues dans les Conventions Internationales et dans le Droit National assurent la
protection et la sauvegarde de l’intégrité physique et morale de l’enfant :
‐ l’Etat reconnait que tout enfant a un droit inhérent à la vie et assure dans toute
la mesure du possible la survie et le développement de l’enfant ;
‐ l’Etat s’engage à respecter le droit de l’enfant de préserver son identité, son nom
et ses relations familiales ;
‐ l’Etat veille à ce que l’enfant ait accès à une infirmation visant à promouvoir son
bien‐être social, spirituel et moral ainsi que sa santé physique et mentale ;
‐ l’Etat protège l’enfant et les adolescents contre toute forme de violences,
d'atteintes ou de brutalités physiques ou mentales, d'abandon ou de négligence, y
compris l’abus, la violence et l’exploitation sexuelle que la loi punit sévèrement.
Dans cette perspective, le Code Pénal malagasy protège l’enfant contre
l'infanticide, les atteintes physiques aux enfants mineurs, les violences ou
privations affectant gravement la santé ou l’intégrité physique d'un enfant ;
‐ l’enfant a le droit de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de
services médicaux et de rééducation. L’Etat s’efforce de garantir à chaque enfant
l’accès aux services de santé ;
‐ l’Etat doit prendre toutes les mesures appropriées pour lutter contre la maladie
et la malnutrition, fournir le cadre des soins de santé primaires, assurer la
fourniture d’aliments nutritifs et d’eau potable ;
‐ l’enfant occupe au sein de la famille une place privilégiée : il a droit à une
sécurité matérielle et morale aussi complète que possible ;
‐ la responsabilité de son éducation appartient en premier lieu à la famille qui,
cependant en cas de défaillance, doit être aidée et assistée par les pouvoirs
publics.
TITRE PREMIER
DE LA SANTE DE LA REPRODUCTION
CHAPITRE PREMIER
DES DISPOSITIONS POUR UNE MATERNITE A MOINDRE RISQUE
Article 266.‐ La protection sanitaire et sociale des femmes enceintes et des mères ainsi que
celle des enfants n’ayant pas dépassé deux (2) ans révolus est organisée dans les conditions fixées
par décret pris en Conseil du Gouvernement sur proposition du Ministre chargé de la Santé.
Article 267.‐ Toutes pratiques ayant des répercussions négatives sur l’évolution de la
grossesse, l’accouchement, le post partum et la période post natale sont punies des peines prévues
par les dispositions de l’article 346 du présent Code.
71
Le médecin a le devoir de donner des conseils aux patients sur la prévention des grossesses
non désirées.
Il appartient à l’Etat de mettre en place des services sanitaires spéciaux, de qualité et
accessibles aux femmes qui présentent des complications liées à la grossesse, à l’accouchement, au
post partum, à la période post natale ainsi qu'à l’avortement.
Article 268.‐ Toute femme a le droit de bénéficier d’un dépistage du cancer du col de
l’utérus par Inspection Visuelle à l’Acide Acétique (IVA) soit par frottis cervical au moins une fois dans
sa vie.
Il appartient à l’Etat de mettre en place des services sanitaires spéciaux et accessibles aux
femmes atteintes du cancer du col de l’utérus et du cancer du sein aux fins d’être disponibles pour :
‐ le diagnostic et
‐ la prise en charge de ces cancers.
CHAPITRE II
DE LA PLANIFICATION FAMILIALE
Article 269.‐ Le Ministre chargé de la Santé, le Ministre des Télécommunications, des Postes
et de la Communication et le Ministre des Transports et du Tourisme sont responsables de la
sensibilisation de la population sur la Santé de la Reproduction. Le Ministère chargé de la Santé
assure le suivi de la qualité des prestations dispensées.
CHAPITRE III
DE LA SANTE DE LA REPRODUCTION DES ADOLESCENTS
ET DES JEUNES
Article 270.‐ Les organisations offrant des services de santé ciblant les personnes âgés de dix
à dix‐neuf ans, dites adolescentes, ainsi que celles âgées de quinze à vingt quatre ans, dites jeunes,
ont le devoir de rendre disponibles auprès d’elles des informations appropriées pour la promotion
des comportements sexuels sans risques et responsables.
CHAPITRE IV
DE LA PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE
ET DE LA GENIE GENETIQUE
Article 271.‐ Des établissements sanitaires spéciaux et accessibles aux adolescents et aux
jeunes sont autorisés à offrir des services de :
72
chirurgicales liées aux avortements provoqués, aux grossesses précoces, et aux
grossesses inopportunes ou non désirées issues d’actes de violence ou autres ;
‐ prévention et traitement de la stérilité ;
‐ consultation prénuptiale ;
‐ éducation à la vie familiale.
Article 271 bis.- L'être humain et son environnement doivent être protégés contre les abus
en matière de procréation médicalement assistée et de génie génétique.
L’Etat, par le biais du Ministère chargé de la Santé, légifère sur l'utilisation du patrimoine germinal et
génétique humain. Ce faisant, il veille à assurer la protection de la dignité humaine, de la personne et
de la famille et respecte notamment les principes suivants :
‐ toute forme de clonage et toute intervention dans le patrimoine génétique de gamètes et
d'embryons humains sont interdites;
‐ le patrimoine génétique et germinal non humain ne peut être ni transféré dans le
patrimoine germinal humain ni fusionné avec celui‐ci;
‐ le recours aux méthodes de procréation médicalement assistée n'est autorisé que lorsque
la stérilité ou le danger de transmission d'une grave maladie ne peuvent être écartés d'une
autre manière, et non pour développer chez l'enfant certaines qualités ou à toute fin d’
eugénisme ainsi que pour satisfaire la recherche;
‐ la fécondation d'ovules humains hors du corps de la femme n'est autorisée qu'aux
conditions prévues par la loi ; ne peuvent être développés hors du corps de la femme
jusqu'au stade d'embryon que le nombre d'ovules humains pouvant être immédiatement
implantés ;
‐ le don d'embryons et toutes les formes de maternité de substitution sont interdits;
‐ il ne peut être fait commerce du matériel germinal humain ni des produits résultant
d'embryons ;
‐ le patrimoine génétique d'une personne ne peut être analysé, enregistré et communiqué
qu'avec le consentement de celle‐ci ou en vertu d'une loi ;
‐ toute personne a accès aux données relatives à son ascendance.
TITRE II
DE LA PROTECTION SANITAIRE DE L’ENFANCE
Article 273.‐ Le Ministre chargé de la Santé collabore étroitement avec les autres
départements ministériels concernés.
73
En partenariat avec divers organismes nationaux ou internationaux, il met en œuvre la
PCIME (Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant).
Article 274.‐ La Politique Nationale de Santé comporte notamment deux axes stratégiques
qui concernent le Programme Elargi de Vaccination à Madagascar : la promotion et la protection de
la santé et la lutte contre les maladies. Les objectifs du Programme Elargi de Vaccination sont
notamment de contrôler les maladies devant faire l’objet de la prévention par la vaccination,
d’élargir l’accès aux services de vaccination aux populations des zones rurales et périurbaines afin de
réduire les écarts et d’éviter la constitution de zones à haut risque pour les malades cibles, de
promouvoir la collaboration intersectorielle et d’assurer la pérennisation du Programme.
La mise en œuvre du Programme Elargi de Vaccination est assurée par les services
compétents du Ministère chargé de la Santé.
Article 274 bis.- L'Etat, par le biais du Ministère chargé de la Santé, doit assurer une assistance
complète sur les programmes de santé pour les enfants et les adolescents, permettant la participation
des entités non gouvernementales et respectant notamment les préceptes suivants:
- attribution d'un pourcentage des fonds publics pour la mère et l'assistance sanitaire des
enfants;
- création de programmes de soins préventifs et spécialisés pour handicapés moteurs,
sensoriels ou mentaux ;
- création de programmes pour l'intégration sociale des personnes handicapées et
des adolescents défavorisés par le biais de la formation spécialisée et orientée vers leur
intégration à la vie professionnelle et communautaire ;
- création de programmes de prévention et de traitement spécialisés pour les enfants et les
jeunes qui consomment des stupéfiants et des drogues liés.
TITRE III
DE LA SANTE SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE
Article 275.‐ Les services médicaux se préoccupant de la santé des étudiants des Universités,
des grandes écoles et autres institutions, privées ou publiques, de niveau supérieur, ainsi que des
élèves et du personnel enseignant des établissements d’enseignement secondaire, technique et
d’éducation de base sont organisés par voie de décret pris en Conseil du Gouvernement sur
proposition du Ministre chargé de la Santé.
74
‐ l’obligation pour tout élève de satisfaire aux vaccinations déclarées obligatoires
en cours de scolarité.
Les modalités de mise en œuvre et d’application des deux précédents articles doivent être
précisées par voie règlementaire.
TITRE IV
DE LA PROTECTION DES DROITS FAMILIAL
ET SOCIAL DE L’ENFANT
Article 277.‐ Outre les dispositions de la Loi n° 2007‐023 du 20 août 2007 sur les droits et la
protection des enfants, dès la naissance, tout enfant a droit à l’inscription à l’Etat Civil.
Sans préjudice des dispositions de la Loi n° 61‐025 du 9 octobre 1961 modifiée par la Loi n°
90‐015 du juillet 1990 relative aux actes de l’Etat Civil, les accouchements auxquels ont assisté les
médecins et sages‐femmes font obligation à ces derniers, dès la naissance de l’enfant ou à défaut,
dans un délai n’excédant pas douze jours à compter de la naissance, de faire parvenir à l’Officier de
l’Etat Civil du lieu d’accouchement, une attestation indiquant que la naissance de l’enfant est
survenue tel jour, telle heure à tel endroit déterminé.
Le patronyme de l’enfant, choisi par la mère ou l’autorité parentale reconnue compétente, doit
figurer dans l’attestation.
Article 278.‐ Sans préjudice des dispositions de la Loi relative aux actes de l’Etat Civil et de
celles des lois civiles, l’Officier de l’Etat Civil et tenu, dès la réception de l’attestation, de rédiger
immédiatement l’acte de naissance et de procéder à la signature avec le déclarant. Néanmoins, en
cas de doute sur l’authenticité des déclarations contenues dans l’attestation, l’Officier de l’Etat Civil
peut faire contrôler la sincérité desdites déclarations par un médecin ou une sage‐femme autre que
le déclarant. Le médecin ou la sage‐femme chargé du contrôle doit être issu d’une des Formations
Sanitaires Publiques du lieu de l’accouchement ou à défaut, d’une Formation Sanitaire Publique la
plus proche du lieu de l’accouchement.
75
LIVRE VII
DES LABORATOIRES
TITRE PREMIER
DES LABORATOIRES D’ANALYSES MEDICALES
CHAPITRE PREMIER
DES DISPOSITIONS GENERALES
Article 279.‐ On entend par Laboratoire d’analyses médicales, tout établissement, dont
l’activité essentielle consiste à réaliser sur prescription médicale, ou d’agents de santé, des analyses,
tests et prélèvements biologiques, qui permettent de mettre en évidence une modification
biologique ou physiologique, un agent pathogène ou un agent allergène et contribuent au diagnostic,
au traitement, à la prévention des maladies, à la réalisation d’un bilan de santé ou au constat de
grossesse.
Article 281.‐ Nul ne peut être propriétaire, ouvrir, exploiter ou diriger un laboratoire
d’analyses médicales s’il ne possède pas les diplômes requis et ne satisfaisait pas aux conditions
définies dans le Livre VII du présent Code.
Article 282.‐ L’autorisation est retirée par le Ministre chargé de la Santé lorsque les
conditions légales ou règlementaires cessent d’être remplies ou si le contrôle de la qualité des
analyses effectuées dans le laboratoire fait apparaître des anomalies répétées au regard de leur
utilisation médicale.
Article 283.‐ Tout laboratoire d’analyses est tenu d’appliquer les principes et lignes
directrices des bonnes pratiques de laboratoire reconnus par le Ministre chargé de la Santé.
Article 284.‐ Tout laboratoire d’analyses médicales est soumis à des mesures d’inspection
effectuées par les pharmaciens inspecteurs de l’Agence du Médicament de Madagascar. Les
inspections font l’objet d’un rapport qui est transmis à la Direction de la Pharmacie, du Laboratoire et
de la Médecine Traditionnelle du Ministère chargé de la Santé. La Direction chargée du Laboratoire
et de la Médecine Traditionnelle rend compte au Ministère chargé de la Santé et propose les
mesures à prendre.
Article 285.‐ Toute publicité pour un laboratoire d’analyses médicales est interdite.
76
Seules sont autorisées les annonces d’ouverture d’un laboratoire d’analyses médicales par
voie de presse et ce, pendant un (1) mois à compter de la date de la première annonce.
Un laboratoire d’analyses médicales est signalé au public par une plaque professionnelle
apposée à la porte des locaux et de l’immeuble dans lequel il est installé.
Les mentions qui doivent figurer sur la plaque professionnelle sont le nom du laboratoire, le
nom du Directeur, ses titres ou diplômes, les spécialités et les jours et heures d’ouverture.
Article 286.‐ Tout document émanant du laboratoire d’analyses médicales doit comporter le
nom du laboratoire, l’adresse complète, le nom du directeur, ses titres ou diplômes.
CHAPITRE II
DE L’EXPLOITATION
Section 1
Des conditions de fonctionnement
Des laboratoires d’analyses médicales
Article 287.‐ Un laboratoire d’analyses médicales ne peut être ouvert, exploité ou dirigé que
par l’une des entités suivantes :
Article 288.‐ Lorsque le laboratoire est exploité par une personne physique, celle‐ci est
directeur du laboratoire.
Lorsque le laboratoire est exploité par une personne morale ayant la forme de société
professionnelle, tous les associés sont Directeurs du laboratoire.
Les trois quarts au moins du capital doivent être détenus par les Directeurs et Directeurs
Adjoints du laboratoire.
Les associés ne peuvent être que des personnes physiques, à l’exclusion de celles exerçant
une activité médicale autre que celle de Directeur ou de Directeur Adjoint du laboratoire.
Une même société ne peut exploiter qu’un seul laboratoire. Une même personne ne peut
détenir des parts ou des actions que dans une société exploitant un laboratoire.
Article 289.‐ Le Ministre chargé de la Santé, sur avis d’une Commission Paritaire est habilité à
procéder à la fixation et à la révision périodique de la tarification des analyses médicales.
77
Les laboratoires d’analyses médicales sont tenus de respecter les prix minima prévus par la
tarification. Les tarifs doivent être affichés dans le laboratoire en vue d’une information du public.
Article 290.‐ Lorsque le laboratoire est exploité par un organisme relevant de l’Etat, le
Directeur est nommé par décret pris en Conseil des Ministres sur proposition du Ministre chargé de
la Santé.
Section 2
Des dispositions applicables aux cadres des directions
des laboratoires d’analyses médicales
Article 291.‐ Nul ne peut exercer les fonctions de Directeur ou de Directeur Adjoint d’un
laboratoire d’analyses médicales s’il ne réunit les conditions suivantes :
1‐ être de nationalité malagasy ou ressortissant d’un pays avec lequel une convention
de réciprocité à été signée, et ce, dans la limite d’un quota défini chaque année par
arrêté du Ministre chargé de la Santé ;
2‐ être titulaire d’un diplôme de médecin, de pharmacien, de médecin vétérinaire, de
biologiste ou titulaire d’un diplôme scientifique reconnu par l’Etat Malagasy pour
cette activité ;
3‐ justifier d’une formation spécialisée dont la nature et les modalités sont fixées par
arrêté ;
4‐ être inscrit au Tableau de l’Ordre professionnel dont il relève ;
5‐ être résident dans la localité d’implantation du laboratoire.
Article 292.‐ Les Directeurs et Directeurs Adjoints des laboratoires d’analyses médicales
doivent exercer personnellement et effectivement leurs fonctions.
En cas de décès du Directeur d’un laboratoire d’analyses médicales exploité sous forme
individuelle, ses héritiers peuvent mettre le laboratoire en gérance pour une période qui ne peut
excéder deux (2) ans.
Le titulaire de la gérance doit remplir les conditions définies à l’article 291 ci‐dessus.
CHAPITRE III
DES ANALYSES
Article 293.‐ Les analyses médicales et les prélèvements pour analyse ne peuvent être
effectués que dans des établissements agréés à cet effet et sous la direction d’un personnel qualifié,
sous réserve des dispositions concernant les cabinets médicaux et sauf dérogation transitoire
accordée par le Ministre chargé de la Santé pour des raisons de santé publique.
78
Toute analyse et tout prélèvement réalisés dans le laboratoire doivent être consignés dans
un registre.
Les résultats des analyses ne peuvent être transmis qu’à un médecin et en aucun cas au
patient, sauf sous pli fermé destiné au médecin traitant.
Certaines analyses, dont la liste est fixée par arrêté du Ministre chargé de la Santé, ne
peuvent être effectuées que dans des laboratoires agréés à cet effet, qu’ils soient privés ou publics.
L’exécution de certaines analyses médicales peut être autorisée dans les cabinets médicaux
privés, dans la limite d’une liste établie par arrêté du Ministre chargé de la Santé.
Ces analyses doivent être effectuées par le médecin ou sous sa responsabilité par un
technicien qualifié sur des prélèvements réalisés dans le cadre d’une consultation.
Les médecins pratiquant des analyses médicales dans leur cabinet ne peuvent en aucun cas
utiliser la mention de laboratoire d’analyses médicales.
La tarification des analyses médicales exécutées dans un cabinet médical doit être conforme
à la réglementation en vigueur.
Article 294.‐ Les laboratoires d’analyses médicales du secteur public peuvent être amenés à
pratiquer des analyses sur demande de praticiens ou établissements sanitaires du secteur privé,
lorsque ces analyses sont réservées à certains laboratoires du secteur public ou pour des raisons de
proximité dans des régions non pourvues de laboratoire d’analyses médicales.
TITRE II
DES ORGANES ET SUBSTANCES D’ORIGINE HUMAINE POUR INTERVENTION
THERAPEUTIQUE, DIAGNOSTIC OU POUR DES RECHERCHES
CHAPITRE PREMIER
DES DISPOSITIONS GENERALES
La cession et l’utilisation des substances thérapeutiques d’origine humaine sont régies par les
dispositions de la législation et de la réglementation en vigueur ainsi que par celles du présent titre
et de ses textes réglementaires d’application.
79
Le donneur doit être informé de manière précise et compréhensible pour lui, par un
médecin, des risques liés à certains prélèvements.
Aucun paiement quelle qu’en soit la forme, ne peut être alloué à celui qui se prête au
prélèvement d’éléments de son corps ou à la collecte de ses produits.
Article 297.‐ Toute publicité en faveur d’un don de substance thérapeutique d’origine
humaine au profit d’une personne déterminée ou au profit d’un organisme déterminé est interdite.
Cette interdiction ne fait pas obstacle à l’information du public en faveur du don d’organes et de
produits du corps humain.
CHAPITRE II
DU SANG ET DE SES DERIVES
Article 299.‐ La transfusion sanguine est un acte par lequel on administre le sang humain à
un malade à des fins thérapeutiques après traitement dudit sang et consentement du receveur ou de
son représentant légal.
Cet acte médical engage la responsabilité du médecin qui le prescrit, de celui qui l’effectue et
des personnes agissants sous sa direction.
L’acte consiste à soumettre le sang à une opération ou suite d’opérations appropriées en vue
de lui conférer des caractéristiques optimales d’emploi.
La transfusion sanguine s’effectue dans l’intérêt du receveur, après que le médecin se soit
assuré de sa réelle nécessité, et relève des principes éthiques du bénévolat et de l’anonymat du don,
et de l’absence de profit et doit être assortie d’un examen spécifique pour confirmer son caractère
sécurisant dans les conditions définies dans le présent titre.
Au sens du présent Code, on entend par transfusion sanguine, toute administration du sang
humain et/ou de ses dérivés à un malade à des fins thérapeutiques.
80
Le don de sang relève des principes éthiques de l’anonymat du don, du bénévolat et de
l’absence de profit dans les conditions définies dans le présent titre.
Aucune rémunération, autre forme d’avantage à part des journées de congé, ne peut être
allouée au donneur, sans préjudice du remboursement des frais de déplacement, conformément à
un tarif proposé par l’établissement et approuvé par le Ministre chargé de la Santé.
Aucun prélèvement de sang en vue d’une utilisation thérapeutique pour autrui ne peut avoir
lieu sur une personne faisant l’objet d’une mesure de protection légale.
Toutefois s’agissant des mineurs, un prélèvement peut être effectué à titre exceptionnel,
lorsque des motifs tirés de l’urgence thérapeutique l’exigent sous condition du consentement écrit
des autorités parentales reconnues compétentes.
Article 301.‐ Le sang, ses composants et leurs dérivés ne peuvent être distribués ni utilisés
sans qu’il ait été fait des analyses biologiques et des tests de dépistage de maladies contagieuses,
dans des conditions définies par décret pris en Conseil de gouvernement sur proposition du Ministre
chargé de la Santé.
Article 302.‐ La collecte du sang humain ou de ses composants en vue d’une utilisation
thérapeutique ne peut se faire que par un organisme ou un établissement de transfusion sanguine
agréé par le Ministre chargé de la Santé à ces fins.
L’agrément technique ne peut être accordé qu’à un organisme remplissant toutes les
conditions définies par la réglementation. Il est accordé pour une durée déterminée et est
renouvelable. L’établissement de transfusion sanguine concerné est subordonné à des conditions
techniques, sanitaires et médicales définies dans la réglementation. Il doit être organisé en tenant
compte des critères de répartition géographique, démographique et de planification sanitaire.
Article 303.‐ En cas d’identification de transfusion de sang à un patient, quelle que soit son
affection, la transfusion de sang assortie d’un examen spécifique pour confirmer son caractère
sécurisant est obligatoire.
Article 304.‐ il est créé au sein du Ministère chargé de la Santé un Centre National de
Transfusion Sanguine, en abrégé « CNTS », chargé d’organiser sur l’ensemble du Territoire National le
prélèvement, la préparation, le stockage et la distribution du sang et de ses dérivés.
En fonction des besoins, tels que visés à l’article précédent, le Centre National de Transfusion
sanguine peut être appuyé dans ses missions :
Les Centres Régionaux de Transfusion Sanguine et les Postes de Transfusion sanguine sont
placés sous l’autorité administrative du Centre National de Transfusion Sanguine. Les PTS
fonctionnent en tant qu’antennes des CRTS.
81
sont fixées par décret pris en Conseil de gouvernement sur proposition du Ministre chargé de la
Santé.
Les établissements de transfusion sanguine, CRTS et PTS, exercent une mission de santé
publique dans le cadre du service public de transfusion sanguine. Ils sont les seuls établissements
habilités à collecter du sang ou ses composants, à préparer les produits sanguins issus du sang, et à
les distribuer sous la direction et la responsabilité d’un médecin ou d’un pharmacien.
Seuls peuvent être nommés Directeurs du Centre National de Transfusion Sanguine et des
établissements de transfusion sanguine des médecins spécialistes en transfusion sanguine, ou en
santé publique, ou en biologie, ou des pharmaciens inscrits au Tableau de l’Ordre professionnel dont
ils relèvent en figurant sur une liste d’aptitude.
Les Directeurs sont nommés par décret pris en conseil des Ministres sur proposition du
Ministre chargé de la Santé.
Le niveau d’activité au niveau des CRTS et PTS peut justifier une fonction de Directeur à
temps partiel.
Article 305.‐ Chaque établissement agréé organise, suivant les directives du Centre National
de Transfusion Sanguine, le prélèvement et la distribution du sang et de ses dérivés dans son secteur
d’application. La distribution se fait par l’intermédiaire des postes ou dépôts hospitaliers placés sous
sa responsabilité. Aucun dépôt ne peut être organisé en dehors d’un établissement hospitalier.
Chaque poste ou dépôt est placé sous l’autorité d’un médecin responsable.
Le niveau d’activité au niveau des dépôts peut justifier une fonction de responsable à temps
partiel.
Article 306.‐ L’importation et l’exportation de sang humain et de ses dérivés sont réservées
au Centre National de Transfusion Sanguine. S’il s’agit de produits préparés industriellement, leur
liste est établie par arrêté du Ministre chargé de la Santé.
Article 307.‐ Le Ministre chargé de la Santé adopte par arrêté, sur proposition du directeur
du Centre National de Transfusion Sanguine, les règlements concernant :
82
‐ la zone de collecte de chaque établissement ;
‐ les tarifs de cession des produits sanguins.
Article 308.‐ Le Ministre chargé de la Santé approuve sur proposition du Directeur du Centre
National de Transfusion Sanguine le règlement qui précise l’organisation et le fonctionnement du
Centre de Transfusion Sanguine sur l’ensemble du territoire national. Ce règlement fixe les modalités
de fonctionnement du service d’urgence, de transfusion et de délivrance du sang.
Ces établissements doivent contacter une assurance couvrant leur responsabilité du fait de
ces risques.
Article 310.‐ Le Ministre chargé de la Santé désigne des inspecteurs parmi les médecins ou
pharmaciens fonctionnaires qualifiés de son département, qui sont chargés de veiller au respect des
lois et règlements applicables aux établissements de transfusion sanguine et qui contrôlent
notamment à ce titre :
Article 311.‐ Tout inspecteur du CNTS a qualité pour agir suivant les dispositions de l’article
199 du présent Code dans le domaine de l’exercice de leurs fonctions énumérées aux termes des
dispositions de l’article 310 in supra. Ils sont habilités à rechercher et à constater par procès‐verbal
les infractions aux dispositions législatives et réglementaires dont ils contrôlent l’application. Dans
l’exercice de leur mission, ils ont accès aux locaux et aux documents des établissements de
transfusion sanguine.
Ils peuvent à tout moment, procéder aux contrôles nécessaires qui doivent avoir lieu au
moins une fois par an.
Article 312.‐ Toute violation par un établissement de transfusion sanguine, des prescriptions
législatives et réglementaires qui lui sont applicables peut entraîner le retrait temporaire ou définitif
de l’agrément technique.
En cas d’urgence et pour des motifs tenant à la protection de la santé publique, le Ministre
chargé de la Santé, après avoir entendu les responsables de l’établissement de transfusion sanguine
agréé, peut ordonner par décision motivée et à titre provisoire, la fermeture immédiate de
83
l’établissement pour une période qui ne peut excéder trois (3) mois. A l’expiration de ce délai, le
Ministre chargé de la Santé prend une décision définitive qui est notifiée, par lettre recommandée
avec demande d’avis de réception à l’établissement de transfusion sanguine agréé.
CHAPITRE III
DES GREFFES ET DES TRANSPLANTATIONS
DES ORGANES ET SUBSTANCES
Article 312 bis.- L’Etat, par le biais du Ministère de la Santé, doit édicter des dispositions
dans le domaine de la transplantation d'organes, de tissus et de cellules. Ce faisant, il veille à assurer
la protection de la dignité humaine, de la personne et de la santé.
L’Etat légifère sur l'utilisation du patrimoine germinal et génétique des animaux, des
végétaux et des autres organismes. Ce faisant, il respecte l'intégrité des organismes vivants et la
sécurité de l'être humain, de l'animal et de l'environnement et protège la diversité génétique des
espèces animales et végétales.
Il est interdit de soumettre une personne sans son libre consentement à une expérience
médicale ou scientifique.
Des prélèvements peuvent être effectués à des fins thérapeutiques ou scientifiques sur le
cadavre d’une personne qui, de son vivant, avait fait connaître légalement par écrit son accord pour
une telle opération.
TITRE III
DU CONTROLE DE LA MANIPULATION DES PRODUITS
A BASE MICROBIENNE
Article 314.‐ Toute personne patentée ou non, préparant ou expérimentant même dans un
but désintéressé, des virus atténués, ou non, sérums thérapeutiques, toxines modifiées ou non et
divers produits d’origine microbienne non chimiquement définis, pouvant servir, sous une forme
quelconque, au diagnostic, à la prophylaxie ou à la thérapeutique, est tenue de souscrire, pour elle‐
même et pour le personnel à son service, à quelque titre que ce soit, une déclaration indiquant l’état
civil, la nationalité, le domicile de chaque intéressé, ainsi que la nature exacte des travaux à lui
confiés.
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Article 315.‐ Toute modification dans la composition du personnel doit faire l’objet d’une
déclaration de même nature dans les huit jours de l’entrée en fonction dudit personnel après
modification.
Article 316.‐ Un texte réglementaire détermine ultérieurement, s’il y a lieu, les autres
renseignements qui pourraient être exigés, sous peine des sanctions prévues ci‐après, en ce qui
concerne les opérations relatives aux produits mentionnés à l’article ci‐dessus.
LIVRE VIII
DES RESPONSABILITES DU PERSONNEL ET DES PRESTATAIRES DE SERVICE
AU SEIN DE L’ADMINISTRATION SANITAIRE
TITRE PREMIER
DE LA CLASSIFICATION DES RESPONSABILITES
Article 317.‐ Sans préjudice des dispositions des textes législatifs et réglementaires en
matière de responsabilité ainsi que des sanctions qui en découlent, il est institué au sein du Ministère
chargé de la Santé un système de responsabilités engageant son personnel et ses prestataires de
service.
TITRE II
DES RESPONSABILITES D’ORDRE GENERAL
Elles sont d’ordre moral, dans la mesure où elles se traduisent par un jugement de valeur sur
le personnel qui les encoure.
Elles sont d’ordre disciplinaire, lorsque la gravité des faits donne lieu à une sanction
disciplinaire.
TITRE III
DES RESPONSABILITES D’ORDRE PARTICULIER
Article 319.‐ Ce sont les responsabilités qui sont délimitées par les textes législatifs et la
réglementation en vigueur. Elles s’attachent à certaines fonctions bien définies, à savoir :
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‐ celles des ordonnateurs ;
‐ celles des gestionnaires et comptables.
Article 320.‐ Néanmoins, les Directeurs ainsi que les Chefs de Service, en tant que premiers
responsables de leur circonscription respective, ne sont dégagés d’aucune des responsabilités qui
leur incombent, par la responsabilité propre de leurs subordonnés. Ils sont responsables de
l’exécution des ordres qu’ils ont donnés à leurs subordonnés. A charge pour eux de rendre compte à
leur Supérieur hiérarchique de l’exécution des missions en espèce et le cas échéant, des raisons qui
n’ont pas permis l’exécution de ces missions. Ce, jusqu’à preuve d’existence de cas de force majeure
ou d’existence avérée ou prouvée d’abus de fonction commis par les subordonnés.
Article 321.‐ Pour les ordonnateurs, ces responsabilités sont d’ordre disciplinaire et d’ordre
pénal ; elles peuvent entraîner des amendes infligées par un Conseil Supérieur Financier de Santé
dont la création, l’organisation et le fonctionnement sont fixés par Décret pris en Conseil du
Gouvernement, sur proposition du Ministre chargé de la Santé.
Article 322.‐ Pour les gestionnaires et comptables, en sus des sanctions visées in supra, ces
responsabilités sont d’ordre pécuniaire et le remboursement peut se traduire, soit par un débet
comptable pris par arrêté du Ministre chargé des Finances et du Budget sur proposition du conseil
Supérieur financier de Santé ; soit par une imputation au niveau des soldes et accessoires de
l’intéressé sur décision du Conseil Supérieur Financier de Santé, après visas préalables du Ministre
des Finances et du Budget ainsi que du Contrôle Financier.
Article 323.‐ Les sanctions sont prononcées par le Conseil Supérieur Financier de Santé, après
études des dossiers litigieux, communications des faits à l’ (aux)intéressé(s) et réception de ses
(leurs) arguments de défense. La décision prise, après visas du Ministre chargé des Finances et du
Budget et du Contrôle Financier est applicable, indépendamment des décisions pénales. Le recours
devant les Tribunaux n’est pas suspensif de l’application de la décision du Conseil Supérieur
Financier de Santé.
Article 325.‐ Les dispositions des articles 321 à 324 in supra sont applicables aux intervenants
du Secteur Santé ci‐après :
86
‐ les utilisateurs de crédits et des valeurs fiduciaires ;
‐ les dispensateurs des médicaments ;
‐ les prestataires de service, partenaires en matière de gestion des médicaments,
sans préjudice des dispositions des contrats de concession ou d’éventuelles
lettres prévoyant un engagement ou un désengagement de responsabilité. Les
dispositions du présent Code priment sur celles de tout contrat, convention ou
concession de service établi entre le Ministère chargé de la Santé et ses
partenaires prestataires de service.
TITRE IV
DES RESPONSABILITES D’ORDRE PERSONNEL
Article 326.‐ Ces responsabilités concernent tout le personnel sans distinction du Ministère
chargé de la Santé, exception faite des supérieurs hiérarchiques énumérés à l’article 318 ci‐dessus,
en cas de faute personnelle grave commise dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs
fonctions, entre autres pour détournement de fonds ou de deniers publics convaincu. Ou quand il y
a faute intentionnelle caractérisée ou faute de service d’ordre technique à l’instar de la détérioration
ou de la perte de matériels en service, de consommables ou produits médicaux. Et surtout lorsqu’il
est prouvé que la faute commise est une faute détachable du service.
‐ les dispensateurs ;
‐ les prestataires ;
‐ les entrepreneurs ;
‐ les fournisseurs.
LIVRE IX
DES PEINES ET MESURES DISCIPLINAIRES
APPLICABLES EN CAS D’INFRACTION
TITRE PREMIER
DES SANCTIONS PENALES
Article 328.‐ Toutes infractions aux mesures sanitaires édictées dans les Chapitres I, II et III
du Titre premier du Livre Premier du présent Code, sont punies des peines prévues à l’article 329 et
330 ci‐dessous du même Code, sans préjudice des poursuites pénales prévues par le Code Pénal, et
des poursuites disciplinaire pouvant en résulter.
Article 329.‐ Toutes les infractions aux mesures édictées par le présent Code est destinées à
la protection contre la pollution des eaux potables et à la protection de l’environnement ainsi que
celle destinée à la surveillance des eaux et de toutes des denrées alimentaires livrées à la
consommation, sont punies d’une peine d’emprisonnement d’un mois à trois ans et demi et d’une
amende de 150.000 Ariary à 1.500.00 Ariary ou de l’une de ces deux peines seulement.
87
‐ les fraudes, les falsifications, la commercialisation des denrées alimentaires
falsifiées, corrompues ou toxiques, des produits destinés à falsifier les denrées
alimentaires et l’incitation à falsification ainsi que toute tentative des actes
répréhensibles ci‐dessus énumérés.
Article 330.‐ Tout concessionnaire d’une distribution d’eau potable qui, par inattention,
négligence, manque de précaution, inobservation des règlements sanitaires ou des prescriptions
d’un cahier de charges a occasionné la livraison d’une eau de boisson susceptible de nuire à la santé
du public ou tout pollueur, est puni d’une amende de 18.000 Ariary à 600.000 ariary et d’un
emprisonnement d’un mois à six mois ou de l’une de ces deux peines seulement, sans préjudice des
dispositions de la loi n°98‐029 du 20 janvier 1999 portant Code de l’Eau, en la matière. En cas de
récidive, les peines seront portées au double.
Article 331.‐ Tout individu qui refuse de déférer aux réquisitions d’urgence, à lui adressées,
par un agent qualifié en sa qualité d’autorité publique ; telles que stipulées par l’article 75 du
présent Code, est puni d’une amende de 4.000.000 Ariary à 9.000.000 Ariary et d’un
emprisonnement de six mois à un an ou de l’une de ces deux peines seulement.
Il peut, en outre, être prononcé la confiscation du matériel médical ayant permis l’exercice
illégal.
Article 333.‐ L’exercice illégal de la profession de sage‐femme est puni d’une amende de
2.000.000 Ariary à 50.000.000 Ariary et d’un emprisonnement d’un mois à un an ou de l’une de ces
deux peines seulement.
Il peut, en outre, être prononcée la confiscation du matériel ayant permis l’exercice illégal.
Article 334.‐ Tout membre des corps médical et paramédical convaincu d’avoir fait ou ayant
tenté de faire une fausse déclaration en vue de son inscription au Tableau de l’Ordre, est puni d’une
amende de 120.000 Ariary à 1.200.000 Ariary et d’un emprisonnement d’un mois à un an, ou de l’une
de ces deux peines seulement, sans préjudice de poursuites pénales conformément aux dispositions
du Code Pénal ou du présent Code.
88
En cas de récidive, les peines seront portées au double.
Article 335.‐ L’exercice illégal de la profession d’infirmière est puni d’une amende de
2.000.000 Ariary à 50.000.000 Ariary et d’un emprisonnement d’un mois à trois mois ou de l’une de
ces deux peines seulement.
Il peut, en outre, être prononcée à la confiscation de tout matériel et accessoire ayant permis
l’exercice illégal.
Article 336.‐ L’exercice illégal de la profession d’Aide Sanitaire est puni des peines applicables
à l’exercice illégal de la profession de sage‐femme ou de la profession d’infirmière.
Peut en outre être prononcée la confiscation du matériel médical ayant permis l’exercice
illégal.
Les dispositions ci‐dessus sont applicables à toute personne prise en flagrant délit ou
convaincue d’exercice illégal de la profession de tradipraticien.
Article 337.‐ Tout pharmacien ou médecin, à qui il est reproché d’avoir vendu des
échantillons médicaux, ou dénoncé à l’occasion par un consommateur, eu égard à cette infraction est
traduit devant le Conseil de l’Ordre pour violation des dispositions légales et réglementaires en
matières pharmaceutiques.
Article 338.‐ Quiconque vend des échantillons médicaux est puni d’une amende de 20.000
Ariary à 2.000.000 Ariary et en cas de récidive d’une amende fixée au double, sans préjudice des
poursuites pénales.
Article 339.‐ Sont punis d’un emprisonnement de cinq à dix ans et d’une amende de 200.000
Ariary à 2.000.000 Ariary ou de l’une de ces deux peines seulement :
89
‐ ceux qui transgressent les dispositions légales concernant la production, la
fabrication, l’extraction, la préparation, la transformation, l’importation,
l’exportation, l’offre, la mise en vente, la distribution, la vente, la livraison à
quelque titre que ce soit, l’achat, la détention ou l’emploi de drogues inscrites
aux tableaux II et III des conventions internationales ;
‐ ceux qui facilitent la délivrance des médicaments à usage médical,
stupéfiants et dangereux ou toxiques sans ordonnance médicale.
Les dispositions du présent article s’appliquent sans préjudice des autres peines prévues aux
dispositions non contraires au Code de la Santé, notamment celles se rapportant aux stupéfiants,
psychotropes et précurseurs.
Article 340.‐ Quiconque se livre sciemment à la vente illicite de médicaments, sans réunir les
conditions exigées pour l’exercice légal de la pharmacie par transgression de l’article 155 est passible
d’une amende de 2.000.000 Ariary à 50.000.000 Ariary et d’un emprisonnement de trois mois à trois
ans ou de l’une de ces deux peines seulement.
Article 341.‐ Quiconque fait une fausse déclaration en vue de son inscription au Tableau de
l’Ordre des Pharmaciens est puni d’une amende de 120.000 Ariary à 1.200.000 Ariary et d’un
emprisonnement de six mois à un an ou de l’une de ces deux peines seulement, sans préjudice des
sanctions prévues en la matière.
Article 342.‐ Quiconque a contrevenu aux dispositions sur les pharmacies d’officine est puni
d’une amende de 200.000 Ariary à 2.000.000 Ariary et, en cas de récidive, d’une amende fixée au
double, sans préjudice des poursuites pénales.
Article 343.‐ Toute résistance, toute opposition ou toute entrave à l’exercice de la fonction
des pharmaciens‐inspecteurs sont punies d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une
amende de 20.000 Ariary à 500.000 Ariary ou de l’une de ces deux peines seulement, sans préjudice
des sanctions disciplinaires pouvant être prononcées par le Conseil de l’Ordre ou de mesures
administratives de suspension ou de retrait des autorisations susceptibles d’être prises par le
Ministre chargé de la Santé à l’encontre de l’auteur de l’infraction.
Article 344.‐ Toutes infractions relatives à la publicité des médicaments à usage humain, sans
préjudice des sanctions administratives sont punies des peines prévues par l’Ordonnance n° 73‐055
du 11 Septembre 1973, relatif à la répression des infractions au régime des prix et aux interventions
en matière économique.
90
Article 345.‐ Les infractions aux dispositions sur l’interdiction de publicité concernant les
Etablissements des Soins sont passibles d’une amende de 500.000 Ariary à 1.000.000 Ariary et d’un
emprisonnement de un mois à un an, de l’une de ces deux peines seulement.
Les mêmes peines sont applicables en cas de transgression des interdictions énumérées dans
les dispositions de l’article 89 du présent Code.
Article 346.‐ Tout médecin, toute sage‐femme, tout autre professionnel de Santé, tout
comparant, tout déclarant ou tout témoin qui, lors de la rédaction d’une attestation de naissance, en
aura frauduleusement dénaturé la substance ou les circonstances, soit en écrivant d’autres
déclarations autres que celles qui aurait été tracées ou dictées par les parties, soit en constatant
comme vrais des faits faux, ou comme avouer des faits qui ne l’étaient pas, sont punis des peines
prévues aux articles 145, 146, 147 et 148 du Code Pénal du 30 Juin 1998 suivant la nature des
infractions commises, sans préjudice des dispositions de la Loi n° 61‐025 du 09 Octobre 1961 relative
aux actes de l’Etat Civil, modifiée par la Loi n° 90‐015 du 20 juillet 1990 et le autres éventuels textes
modificatifs subséquents.
Les mêmes peines sont applicables à tout individu se faisant passer ou ayant tenté de se
faire passer pour un médecin, sage‐femme ou autre professionnel de Santé en vue d’établir une
attestation de naissance.
Elles sont aussi applicables en cas de commission des dispositions prévues par l’article 267 du
présent Code.
Article 348.‐ En matière de transfusion sanguine, seront passibles de poursuites pénales les
faits énumérées ci‐dessous :
91
Article 349.‐ Les infractions prévues à l’article précédent sont punies :
‐ d’un emprisonnement d’un (1) à six (6) mois et d’une amende de 40.000 Ariary à
200.000 Ariary ou de l’une de ces deux peines seulement :
• le trafic de son propre sang ;
• le prélèvement de sang sans le concrètement éclairé du donneur ;
• le don de sang contre paiement ;
‐ d’un emprisonnement de trois (3) mois à deux (2) ans et d’une amende de
100.000 Ariary à 400.000 Ariary ou de l’une de ces deux peines seulement :
• l’utilisation du sang et de ses dérivés n’ayant pas fait l’objet
d’analyses préalables ;
• la modification ou la tentative de modification des résultats à l’issue
des analyses du sang ;
• le prélèvement, le traitement et la délivrance du sang et de ses
dérivés en dehors d’un organisme agréé ;
• le fait de céder du sang ou des produits dérivés du sang à un tarif
différent de celui qui est fixé par des textes réglementaires régissant
la matière.
TITRE II
DES SANCTIONS DISCIPLINAIRES
Article 350.‐ Les sanctions disciplinaires édictées par le présent titre s’appliquent, en cas de
traduction devant le Conseil de l’Ordre d’appartenance, indépendamment d’une éventuelle décision
du Conseil de Discipline de la Fonction Publique.
Les peines disciplinaires que les Conseils de l’Ordre des membres des professions médicales
et paramédicales peuvent appliquer sont les suivantes :
‐ l’avertissement ;
‐ le blâme ;
‐ l’interdiction temporaire d’exercer pendant une durée maximum de trois ans ;
‐ la radiation du Tableau de l’Ordre.
Article 352.‐ Le Ministère charge de la Santé, saisi par l’Autorité Sanitaire ou Judiciaire ou par
un Praticien ou un Syndicat intéressé peut instituer par arrêté la création d’une Commission de
Discipline de la Santé pour les Ordres (CDSO) chargée de se prononcer sur la nécessité ou non de
dissoudre du Code de déontologie de l’Ordre concerné.
92
Au lieu et à la place d’un Conseil dissous, le Ministre chargé de la Santé désigne, par décision
ministérielle, une délégation provisoire chargée d’expédier les affaires courantes jusqu’à l’élection
d’un nouveau Conseil.
Les membres d’un conseil dissous d’office ne sont pas éligibles pendant trois (3) ans.
Les dispositions du présent article sont applicables en cas de constatation, d’abus d’autorité
commis par l’Ordre intéressé dans l’application des dispositions de l’article 350 ci‐dessus.
La Commission de Discipline de la santé pour les Ordres doit être composée comme suit :
Une fois sa mission terminée, la Commission de Discipline de la Santé pour les Ordres, ainsi
constituée, est dissoute d’office. En cas d’une nouvelle saisine pour régler un autre différend, une
nouvelle Commission, composée des membres ci‐dessus, est instituée dans les mêmes formes et les
mêmes conditions pour une nouvelle mission temporaire.
Article 353.‐ Sans préjudice des sanctions prévues par le présent Code, l’usurpation de titre
de membre des professions médicale et paramédicale ou de tout autre titre permettant d’exercer
l’art des professionnels de santé est punie des peines prévues aux dispositions du Code Pénal en la
matière.
LIVRE X
DES DISPOSITIONS DIVERSES ET TRANSITOIRES
Article 354.‐ Les procès‐verbaux des infractions aux dispositions du présent Code sont
adressés :
‐ par les fonctionnaires tels que les contrôleurs des marchés ou inspecteurs
d’hygiène, les architectes communaux et tous les autres agents habilités par le
Ministère chargé de la Santé, eu égard aux fonctions qu’ils exercent ou à leur
compétence technique.
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Article 355.‐ Compte tenu de l’existence effective d’unités distinctes de formation spécialisée
de médecins, d’odonto‐stomatologistes et de pharmaciens, et sauf autorisation exceptionnelle
octroyée par le Ministre chargé de la Santé, chaque membre d’un des corps médical, de pharmacien
ou d’odonto‐stomatologiste doit exercer son art dans les limites de la formation qu’il a reçue et des
capacités que lui confèrent les diplômes dont il est titulaire.
L’autorisation exceptionnelle qu’il reçoit du Ministère de tutelle ne peut être justifiée que par
l’inexistence ou l’incapacité temporaire d’un membre d’un corps dont l’art peut être exercé par un
membre d’un autre corps, et ce, dans le respect du droit de chacun à avoir accès aux soins médicaux
ou aux médicaments.
Les modalités d’application du présent article sont précisées par voie réglementaire.
Article 356.‐ Sous peine de nullité des actes de constatation, les autorités ou agents habilités
à les effectuer doivent être assermentés.
Article 357.‐ Les médecins inspecteurs, les médecins chefs de formations sanitaires, fixes ou
mobiles, les médecins chefs des bureaux d’hygiène peuvent être requis par les autorités
administratives pour la constatation des infractions en qualité d’expert.
Article 358.‐ A titre transitoire, les changements concernant la répartition ainsi que la
dénomination, le domaine d’activités, les limites territoriales des Etablissements Hospitaliers et des
Centres de Soins, des centres de Référence de premiers recours et de deuxième recours sont fixés. :
‐ soit par tout texte réglementaire fixant les attributions du Ministre chargé de la
Santé ainsi que l’organisation générale de son Ministère.
Article 359.‐ Toutes dispositions antérieures à celles de la présente loi, notamment celles de
l’Ordonnance n° 62‐072 du 29 septembre 1962 ainsi que celles de ses textes modificatifs, sont et
demeurent abrogées.
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Article 360.‐ Conformément aux dispositions de l’article 4 de l’Ordonnance n° 62‐041 du
19 Septembre 1962 relative aux dispositions générales de droit interne et de droit international
privé, la présente loi entre en vigueur sur toute l’étendue du territoire de la République dès la date
de sa signature, une fois diffusée sur les ondes radiotélévisées nationales, indépendamment de son
insertion au Journal Officiel de la République ainsi que de la publication de ses textes réglementaires
d’application.
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