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Les Risques Côtiers Sur Saidia-Nador (Nord-Est Du Maroc Oriental) : Vulnérabilité, Adaptation Et Modes de Gestion

La thèse de Mohammed Hlal examine les risques côtiers sur la région de Saidia-Nador au Maroc oriental, en se concentrant sur la vulnérabilité, l'adaptation et les modes de gestion. Elle analyse les caractéristiques physiques et socio-économiques de la zone, ainsi que les impacts des aménagements côtiers et les risques liés à l'érosion, aux inondations et à la submersion marine. L'étude propose des recommandations pour une gouvernance durable et une gestion intégrée des zones côtières.
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Les Risques Côtiers Sur Saidia-Nador (Nord-Est Du Maroc Oriental) : Vulnérabilité, Adaptation Et Modes de Gestion

La thèse de Mohammed Hlal examine les risques côtiers sur la région de Saidia-Nador au Maroc oriental, en se concentrant sur la vulnérabilité, l'adaptation et les modes de gestion. Elle analyse les caractéristiques physiques et socio-économiques de la zone, ainsi que les impacts des aménagements côtiers et les risques liés à l'érosion, aux inondations et à la submersion marine. L'étude propose des recommandations pour une gouvernance durable et une gestion intégrée des zones côtières.
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Les risques côtiers sur Saidia-Nador (Nord-Est du Maroc

oriental) : Vulnérabilité, Adaptation et Modes de gestion.


Mohammed Hlal

To cite this version:


Mohammed Hlal. Les risques côtiers sur Saidia-Nador (Nord-Est du Maroc oriental) : Vulnérabilité, Adap-
tation et Modes de gestion.. Géographie. Géographie, aménagement et développement des régions pé-
riphériques, 2023. Français. ⟨NNT : ⟩. ⟨tel-04824510⟩

HAL Id: tel-04824510


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ROYAUME DU MAROC ‫اململكة املغربية‬
UNIVERSITE MOHAMMED PREMIER ‫جامعة حممد األول‬

Pôle des Etudes Doctorales ‫قطب الدراسات يف الدكتوراه‬


Faculté des Lettres et des Sciences Humaines - Oujda ‫ وجدة‬- ‫كلية اآلداب و العلوم اإلنسانية‬

Pôle thématique : Lettres, sciences humaines, arts et sciences de l’éducation

Formation doctorale: Géographie, aménagement et développement des régions


périphériques
Laboratoire de recherche : Dynamique des milieux arides, aménagement
et développement régionale

Les risques côtiers sur Saidia-Nador (Nord-Est du


Maroc oriental) : Vulnérabilité, Adaptation
et Modes de gestion

Thèse pour l’obtention du Doctorat en Lettres et Sciences


Humaines
Présentée par : HLAL Mohammed Dirigée par : Pr. SBAI Abdelkader

Jury :
Khadija BENRBIA: Professeur, Université Mohammed Ier, FLSH, Oujda, Présidente
Driss ELHAFID: Professeur, Centre Régional des Métiers de l’Education et de la Formation, Oujda,
Rapporteur
Fatima ABKHAR: Professeur, Université Chouaib Doukkali, FLSH, El Jadida, Rapporteur
Hicham LASGAA: Professeur Habilité, Université Mohammed Ier, FLSH, Oujda, Rapporteur
Khallaf EL GHALBI: Professeur, Université Moulay Ismail, FLSH, Mekhnès, Membre
Mohammed BOUSLAM : Professeur Habilité, Université Mohammed Ier, FLSH, Oujda, Membre
Mohamed BENATA: Ingénieur Agronome et Docteur en géographie, Invité
Abdelkader SBAI: Professeur, Université Mohammed Ier, FLSH, Oujda, Directeur

Année universitaire : 2022/2023 (Soutenue le 15/07/2023)

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Dédicace

Je dédie cette thèse à l’âme de mes chers grands-parents

et à mon cher professeur Mokhtar GHAZAL

Dieu vous bénisse !

Page | 1
Remerciements

Je tiens à remercier, premièrement, l’ensemble des membres du jury d’avoir accepté


d’évaluer ce travail et pour le temps qu’ils auront consacré à la lecture de ce manuscrit.

Je suis très reconnaissant à mon directeur de thèse, Abdelkader SBAI, pour le soutien
sans faille que j’ai reçu de sa part tout au long de ce doctorat. Merci, Professeur Abdelkader, de
m’avoir fait confiance et d’avoir accepté de diriger ce projet de thèse. Votre rigueur scientifique
et vos conseils avisés m’ont permis de surmonter de nombreux obstacles au cours de mes
recherches. Merci de m’avoir fait partager votre enthousiasme et votre passion pour la science.
Merci à mes professeur(e)s Abderrahmane EL HARRADJI, Khadija BENRBIA, Mhammed
DAHMANI, Mustapha EL YAZIDI, Mohammed SABRI, Mohammed BOUSLAM et Allal El
BAYE pour leurs conseils, qui ont commencé durant mes études de master, et qui ont continué
durant la préparation de cette thèse. Grâce à vous, j’ai connu de merveilleuses collaborations,
qui m’ont aidé à avancer dans ce travail.

Je voudrais exprimer ma gratitude aux professeurs ATHMANI Mustapha et SAIDI


Abdelouahed, Dr. BAHKANE Mimoun, Dr. BENATTA Mohammed pour leurs soutiens dans
la réussite de ce mémoire. Une grande pensée au Professeur MOUADILI Omar, enseignant
chercheur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines d’Oujda. Merci pour votre
disponibilité lors des missions du terrain. Votre contribution était vraiment cruciale pour la
réussite du projet. Je tiens à vous remercier également pour votre serviabilité et votre
disponibilité pour toutes les fois où j’ai eu besoin d’accéder à des données.

Un grand merci à ABEHROUR Mohammed, professeur à la Faculté polydisciplinaire


de Taza, Université Sidi Mohamed Ben Abdallah. Merci de m’avoir initié à l’étude de la
géomorphologie durant les formations doctorales organisées dans votre laboratoire.

J’adresse mes remerciements aussi à EL IMALI-CABANA Karima d’avoir


amicalement accepté de relire ma thèse. Je lui suis très reconnaissant pour ses conseils, ses
remarques épistémologiques et méthodologiques au cours de mon travail de thèse. Merci
beaucoup pour vos encouragements et votre soutien.

Mes remerciements vont également à mes amis AZOUGAY Abdellah, Abderrahim


BENHAMED, MAKHOUKHI Abdellah, AMGHAR Ahmed et ASSAL Azzedine qui m’ont

Page | 2
épaulé dans ma recherche et pour les bons moments passés en leur compagnie. Puisse notre
amitié durer le plus longtemps possible.

Pour finir, je remercie mes chers parents et ma famille, en particulier mon père, pour
leur soutien permanent et la confiance qu’ils m’ont toujours témoignées. Qu’ils soient tous
affectueusement remercié pour avoir toujours respecté mes choix depuis le début de mes études.
Vous avez été ma source de motivation. Je vous dédie ce travail.

Page | 3
Sommaire

Dédicace __________________________________________________________________ 1

Remerciements ____________________________________________________________ 2

‫ _____________________________________________________________________ ملخص‬8

Résumé ___________________________________________________________________ 9

Abstract _________________________________________________________________ 10

Introduction générale ______________________________________________________ 11

Partie I: Diagnostic spatial du littoral de Saïdia-Nador __________________________ 16

Chapitre I: Potentialités et contraintes du littoral de Saïdia-Nador ________ 17


I: Caractéristiques physiques du littoral de Saïdia-Nador _______________ 17
I.1: Situation géographique ____________________________________ 17
I.2: La géomorphologie du littoral de Saïdia-Nador _________________ 19
I.3: La géodynamique du littoral de Saïdia-Nador ___________________ 21
II: Les mécanismes de l’évolution du trait de la côte septentrionale
méditerranéenne _______________________________________________________ 23
II.1: Les sources sédimentaires du littoral de Saïdia-Nador ____________ 23
II.2: La granulométrie des échantillons des sites étudiés ______________ 25
II.2.1- Site de Saïdia _________________________________________ 28
II.2.2- Site Cap de l’eau ______________________________________ 30
II.2.3- Site d’Arkemane - Béni N’sar ____________________________ 32
III: Caractéristiques et potentialités du littoral de Saïdia-Nador __________ 34
III.1:Climat _________________________________________________ 34
III.2:Précipitations ___________________________________________ 36
III.3:Température de l’air ______________________________________ 39
III.4:Vent ___________________________________________________ 42
III.5:Ressources en eaux de la côte du Maroc oriental ________________ 44
III.6:Démographie ____________________________________________ 47
III.7:Activités économiques ____________________________________ 48
III.7.1- Pêche et activité portuaire _______________________________ 48
III.7.2- Tourisme ____________________________________________ 52
III.7.3- Agriculture __________________________________________ 53

Page | 4
III.7.4- Industrie ____________________________________________ 54
III.8:Les atouts écologiques ____________________________________ 54
III.9:L’urbanisation du littoral de Saïdia-Nador _____________________ 58

Chapitre II: Vulnérabilité côtière de la zone de Saïdia-Nador __________ 64


I: Indice de vulnérabilité physique _________________________________ 64
I.1: Méthodologie et type des données ____________________________ 64
I.2: Cartographie de l’indice IVC actuel __________________________ 66
I.3: Projection 2030 de la vulnérabilité de l’écosystème côtier
de Saïdia-Nador______________________________________________________69
II: Indice de vulnérabilité socioéconomique (IVE) ___________________ 73
II.1: Méthode et données utilisées ________________________________ 73
II.2: Vulnérabilité socioéconomique de la zone côtière Nord de l’Oriental 77

Partie II: Analyse spatio-temporelle des risques côtiers sur le littoral de Saïdia-Nador 82

Chapitre I: Analyse multicritère des risques d’érosion côtière sur le Nord-Est


de la Région de l’Oriental _________________________________________________ 83
I: Analyse diachronique de l’érosion côtière _________________________ 86
I.1: Entre 1958 et 1979 ________________________________________ 86
I.2: Entre 1979 et 2000 ________________________________________ 90
I.3: Entre 2000-2022 _________________________________________ 94
I.4: Synthèse des risques d’érosion (1958-2022) ____________________ 97
II: Le suivi du trait de côte de Saïdia-Béni N’sar par l’outil GPS
(2018-2022) __________________________________________________________101
II.1: Suivi de la dynamique littorale de Saïdia-Cap-de-l’Eau
entre 2018-2022_____________________________________________________103
II.1.1- Évolution du site de Saïdia entre 2018 et 2022 plage de Caracas,
port de plaisance)__________________________________________________103
II.1.2- Dynamique de l’embouchure de la Moulouya_______________ 105
II.1.3- Cap-de-l’Eau (Port et Kamkoum el Baz)___________________ 106
II.2: Suivi de la dynamique littorale d’Arekmane-Béni N’sar
entre 2018-2022_____________________________________________________108
II.2.1- Arekmane (plage) et Plage Taourirt ______________________ 108
II.2.2- Plage Mouhandis et à l’Est de la passe du cordon dunaire
de la Marchica____________________________________________________111
Page | 5
II.2.3- Ouest du port de Béni N’sar ____________________________ 113
III: Facteurs responsables des risques d’érosion côtière _______________ 115
III.1:Les mécanismes hydrodynamiques marins ____________________ 115
III.1.1- La dérive littorale ____________________________________ 115
III.1.2- Effet des marées et des houles sur la morphodynamique côtière 117
III.2: Les actions anthropiques et leurs impacts sur le littoral du Maroc
oriental____________________________________________________________121
III.2.1- Les barrages et les infrastructures portuaires _______________ 121
III.2.2- Destruction du patrimoine géomorphologique côtier _________ 125
III.2.3- Littoralisation de la bande côtière de Saïdia-Nador __________ 126
III.2.4- Les ouvrages de protection _____________________________ 137

Chapitre II: Les risques hydroclimatiques, géotectoniques et anthropiques


sur le littoral de la région de l’Oriental _____________________________________ 140
I: Les risques d’inondations fluviatiles _____________________________ 140
I.1: Historique des inondations sur le littoral Nord-Est marocain______ 141
I.2: Impacts socioéconomiques des risques d’inondation ____________ 146
II: Les risques de la submersion marine et les impacts socioéconomiques 153
II.1: Zones potentiellement submergées lors de l’élévation du niveau
de la mer___________________________________________________________154
II.2: Impacts socioéconomiques des risques de submersion marine _____ 159
III: Risques géologiques, géomorphologiques et géotechniques sur la bande
côtière de la Région de l’Oriental _________________________________________ 164
III.1:Historique des événements sismiques________________________ 164
III.2:Risques d’érosions de falaise à Arekmane ____________________ 166
III.3:Impacts socioéconomiques de l’érosion des falaises ____________ 167
IV: Risques anthropiques sur littoral de Saïdia-Nador ________________ 169
IV.1:Aménagement du risque au lieu d’aménagement durable ________ 169
IV.2:Pollution d’eau (cas de l’embouchure et la lagune de Marchica) ___ 171
IV.3:Dégradation du patrimoine écologique et biologique du littoral
par la surexploitation _________________________________________________ 173

Partie III: Impacts des aménagements et modes de gestion des risques côtiers ______ 182

Chapitre I: Impacts des projets d’aménagement côtiers


sur le littoral de Saïdia-Nador ____________________________________________ 183
Page | 6
II: Projets d’aménagement réalisés ou en cours de réalisation _________ 184
II.1: Interventions individuelles (populations, investisseurs) __________ 184
II.2: Le projet Nouvelle Station Touristique de Saïdia (NSTS) ________ 185
II.3: Les barrages ____________________________________________ 186
II.4: Projet de Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC) ___________ 187
III: Impacts des projets réalisés __________________________________ 188
III.1:Impacts sur l’environnement ______________________________ 188
III.2:Impacts socioéconomiques ________________________________ 191

Chapitre II: Gouvernance des risques côtiers le long du littoral de Saïdia-


Nador: Approche adaptative et durable ____________________________________ 194
I: Mesures directives ___________________________________________ 194
I.1: Plan d’aménagement urbain________________________________ 194
I.2: Plan national du littoral ___________________________________ 201
I.3: Schéma régional du littoral ________________________________ 201
I.4: Plan d’aménagement spécial de la Marchica ___________________ 202
II: Mesures réglementaires _____________________________________ 206
II.1: Loi sur le littoral ________________________________________ 206
II.2: Loi de l’environnement ___________________________________ 208
II.3: Code de l’urbanisme _____________________________________ 209
II.4: Loi de l’eau ____________________________________________ 210
III: Perception d’aménagement côtier _____________________________ 211
III.1:Approche d’aménagement côtier du point de vue géographique ___ 211
III.2:Aspect de durabilité en gestion de la zone côtière ______________ 212

Conclusion générale ______________________________________________________ 215

Références ______________________________________________________________ 218

Documents numériques____________________________________________________ 229

Webographie ____________________________________________________________ 230

Liste des figures __________________________________________________________ 231

Liste des tableaux ________________________________________________________ 235

Table des photos _________________________________________________________ 236

Annexe des profils en longs ________________________________________________ 240

Page | 7
‫ملخص‬

‫في سياق الكوارث الطبيعية الحالية المعروفة على المستوى الدولي والوطني‪ ،‬وإثر التحديات المتعلقة بأساليب تدبير المخاطر‬
‫الساحلية‪ ،‬أصبح من الضروري أكثر من أي وقت مضى دراسة الهشاشة الطبيعية والسوسيوإقتصادية لساحل السعيدية‪-‬الناظور‪ ،‬مما‬
‫يتطلب اعتماد استراتيجيات تنمية مستدامة بمختلف القطاعات وتعزيز وعي السكان وذلك من خالل اتخاذ التدابير الوقائية الالزمة‪.‬‬
‫نظرا للتحديات السكانية واالقتصادية التي يشهدها ساحل‬
‫تناولت دراستنا إشكالية الهشاشة والتكيف وأساليب تدبير المخاطر الساحلية ً‬
‫السعيدية‪-‬الناظور‪ .‬تطلب معالجة اإلشكالية انطالق من الميدان لفهم خصائص ومميزات المجال وهو ما أتاح لنا تتبع ومعاينة الدينامية‬
‫الطبيعة والسوسيواقتصادية ورصد مختلف المخاطر التي تهدد مجال الدراسة‪ .‬إن جمع معطيات الميدانية والوثائق اإلدارية والتصاميم‬
‫ومختلف اإلحصائيات المرتبطة بالمجال المدروس اقتضى منا اعتماد مقاربات الجغرافية اإلحصائية الستخراج مؤشرات الهشاشة ورصد‬
‫درجة المخاطر وطبيعتها‪ .‬في المقابل‪ ،‬تمت معالجة خرائط الهشاشة الطبيعية والسوسيواقتصادية وأنواع المخاطر (الجيومورفولوجية‪،‬‬
‫المناخية‪ ،‬البحرية‪ ،‬البشرية) برقمنتها في نظام المعلومات الجغرافية باستخدام تقنيات المعالجة الجغرافية وتحليل وفرز البيانات المتعلقة‬
‫بالجرد الميداني باستخدام جهاز المسح الطبوغرافي والدراسات العلمية والتقارير السابقة‪ .‬مما أتاح لنا التعرف على أشكال المخاطر‪،‬‬
‫وحدتها ونطاق المناطق المعرضة للخطر على مستوى مجال الدراسة‪.‬‬

‫أظهرت نتائج الدراسة زيادة في حدة الهشاشة الساحلية إثر التدخل البشري غير المالئم لخصوصيات المجال الساحلي‪ .‬كما‬
‫تم استنتاج أن ساحل السعيدية‪-‬الناظور يواجه مخاطر متعددة نتيجة التطور الكبير للنشاط السياحي والعقاري وارتفاع معدل المخلفات‬
‫الناتجة عن األنشطة الحضرية‪ .‬فمخاطر الطبيعية على رأسها الفيضانات والغمر البحري والتعرية الساحلية تهدد بشكل مباشر الساكنة‬
‫وممتلكاتها‪ ،‬حيث أظهرت نتائج البحث أن أكثر من ‪ 80‬في المئة من ساحل السعيدية‪-‬الناظور مهدد بالمخاطر الساحلية والتي تختلف‬
‫درجتها من موقع آلخر‪.‬‬

‫الكلمات المفاتيح‪ :‬كوارث طبيعية‪ ،‬تدبير المخاطر‪ ،‬هشاشة‪ ،‬تكيف‪ ،‬ساحل السعيدية‪-‬الناظور‪.‬‬

‫‪Page | 8‬‬
Résumé

Dans le contexte des catastrophes naturelles connues et reconnues à l’échelle mondiale


et nationale, mais aussi de remise en question des modes de gestion des risques littoraux, il nous
est apparu plus que nécessaire d’étudier la vulnérabilité physique et socioéconomique de la côte
de Saïdia-Nador nécessitant d’adopter des stratégies d’aménagement multisectorielles durables
et d’améliorer la perception de la population, et ce en adoptant des mesures préventives. Fondée
sur une approche interdisciplinaire qui associe les apports démographiques, économiques de la
géographie humaine et environnementale à la géographie physique, notre analyse porte sur la
vulnérabilité, l’adaptation et les modes de gestions des risques côtiers en raison des enjeux
démographiques et socioéconomiques pesant sur la côte de Saïdia-Nador. Pour ce faire, nous
avons effectué des missions terrain qui nous ont permis d’observer et de suivre l’état de la zone
côtière de la Région de l’Oriental. Les données issues du suivi ont été traitées par des méthodes
géostatistiques. Les cartes de la vulnérabilité physique et socioéconomique et les types des
risques (géomorphologiques, climatiques, marines, anthropiques) digitalisés dans un SIG ont
fait l’objet de géo-traitement et de validation des données relatives aux relevés effectués sur le
terrain, aux études scientifiques et aux rapports antérieurs. Notre recherche nous a permis
d’identifier les formes, l’intensité des risques et l’étendue des zones exposées à l’échelle de la
zone d’étude. Dans cette perspective, nous expliquerons cette problématique par des facteurs
liés à la connaissance du risque, l’expérience du risque, la localisation de chaque risque et les
formes d’occupation du sol menacé.

Les résultats démontrent une croissance de la vulnérabilité côtière en raison


d'interventions humaines inappropriées. La côte de Saïdia-Nador est confronté à un risque
multiple, principalement dû aux développements touristiques, immobiliers et aux rejets issus
des activités urbaines. Il est clair que les risques naturels, tels que les inondations, la submersion
marine et l'érosion côtière, sont exacerbés, entraînant une augmentation de la susceptibilité des
biens et des individus aux effets nuisibles de ces risques. La vulnérabilité physique de la côte
indique que plus de 80 % de la zone de Saïdia-Nador est touchée par diverses formes de risques.

Mots-clés: Catastrophes naturelles, gestion des risques, vulnérabilité, adaptation, côte Saïdia-
Nador.

Page | 9
Abstract

In the context of natural disasters known at the global and national scale to question
modes of management of coastal risks, it appears necessary to study the physical and socio-
economic vulnerability of the coast of Saïdia-Nador in order to adopt sustainable multisectoral
development strategies and to improve the perception of the population to adopt preventive
measures. Based on an interdisciplinary approach that combines demographic, economic,
human and environmental geography with physical geography, an analysis of vulnerability,
adaptation and management of coastal risks by demographic and socio-economic issues of the
Saïdia-Nador coastline is adopted. Field measurements, which includes observations and
monitoring of the state of the coastal zone of the Oriental Region. The data from the monitoring
were processed by geostatistical methods. The physical and socio-economic vulnerability maps
and the types of risks (geomorphological, climatic, marine, anthropogenic) were digitised in a
GIS and were geoprocessed and validated with data from field surveys, scientific studies and
previous reports. This makes it possible to identify the forms and intensity of the risks and the
extent of the exposed areas at the scale of the study area. Therefore, it is necessary to explain
this problematic by factors related to the knowledge of the risk, the experience of the risk, the
location of each potential risk, the forms of land use threatened.

The results show that coastal vulnerability is increasing due to poor human
intervention. The Saïdia-Nador coast is subject to a multi-hazard situation due primarily to
tourist developments, real estate and urban activity discharges. Indeed, it is obvious that the
natural risks, notably flooding, marine submersion and coastal erosion, are accentuating in a
way that goods and people are increasingly likely to be impacted by the risks. The physical
vulnerability of the coast synthesises that the different forms of risk impact more than 80% of
the Saïdia-Nador area.

Keywords: Natural disasters, risk management, vulnerability, adaptation, Saïdia-Nador coast.

Page | 10
Introduction générale

La côte est une zone complexe, attractif, propice aux différentes mutations
socioéconomiques. Elle accueille actuellement la plupart des habitants du Maroc, nombre
d’agglomérations et de nombreuses activités. Elle joue un rôle moteur essentiel, dans le
développement économique et culturel du territoire.

Dans le cas particulier de la recherche en géographie sur les risques côtiers causés par
l’interaction entre « l’aléa » et « l’enjeu », on constate une augmentation du nombre de travaux
et de recherches menés sur les risques côtiers (Bard E., et al 1990 ; Miossec A., 1993 ; Paskoff
R., 1993 ; Vincent H., et al 2009). Ceci témoigne de l’évolution du concept de risque, depuis le
« Hazard-Paradigm » ou du paradigme « aléa centré », jusqu’à une vision systémique du rapport
entre nature et société.

L’activité touristique est celle qui s’est le plus développée au XXIe siècle, non sans
impacts négatifs, avec notamment le bétonnage et l’artificialisation du littoral marocain.

À l’échelle de la zone de Saïdia-Nador, la côte compte parmi les milieux où la pression


humaine a augmenté fortement depuis les trois dernières décennies.

Il est donc évident de procéder à la gestion intégrée et durable de la côte, pour mieux
maîtriser l’urbanisation et la pression des activités socioéconomiques en déterminant le
potentiel environnemental de la côte pour mieux maîtriser l’intensité de l’urbanisation et la
croissance économique sur la côte de la région.

La côte du Maroc-Oriental présente un taux d’urbanisation et de périurbanisation


généralement beaucoup plus élevé que la moyenne régionale. Dans la zone Nord de la région
de l’Oriental, environ le tiers de la population est concentré sur le littoral qui représente 60 %
du territoire de la région. La bande côtière séduit d’emblée par la diversité biologique et
écologique et recèle des atouts indéniables favorables aux activités économiques, notamment
les activités portuaires et touristiques.

1. Constat et motivation

Le choix du thème est basé sur un constat critique et objectif par rapport à une
vulnérabilité intense de la zone côtière aux risques naturels et une urbanisation effrénée de la
bande côtière. En effet, celui-ci se transforme et se dégrade. Chaque année, la côte a connue

Page | 11
des risques climatiques, géomorphologiques et anthropiques. L’interaction entre ces risques
menace la bande côtière à plusieurs dimensions environnementales et socioéconomiques.

2. Zone d’étude

Ce travail porte sur la côte de Saïdia-Nador. Elle est située au Nord des unités d’Ouled
Mansour, au Nord-Ouest de la chaîne de Kebdana et au Nord et Nord-Est du Mont-Gourougou.
Elle est considérée comme une scène de dynamique géomorphologique importante. La
morphodynamique de côte est impacter par les facteurs climatiques, la géomorphologie du
littoral et aussi les actions anthropiques.

Aussi, la zone côtière de la région de l’Oriental est particulièrement vulnérable aux


risques des inondations et des submersions marines. Ces événements occasionnels ont des
conséquences sur la zone côtière. Ils exposent les faiblesses du mode d’aménagement côtier
ainsi que la fragilité d’infrastructures aux risques d’inondation mettant en question la pertinence
et l’efficacité des moyens de prévention, de gestion et de défense contre les risques littoraux.

3. Problématique

La convergence de la variabilité climatique, la vulnérabilité du littoral et l’action


anthropique mal gérée sur la bande côtière ont transformé considérablement l’espace naturel,
autrefois très prisé. L’organisation de la zone côtière de Saïdia-Nador a largement été perturbée
en raison des aménagements effectués (Saïdia, Arekmane, Béni Nsar et Nador), qui ont affaibli,
voire brisé l’équation de la morphodynamique côtière. Par ailleurs, les besoins ont augmenté
en ressources naturelles au profit des activités socioéconomiques qui entraînent une
surexploitation des réserves du patrimoine côtier. De plus, Oued Moulouya n’est pas arrivé en
novembre 2021 à son embouchure en aval, provoquant une déstabilisation de l’alimentation
sédimentaire du littoral de Saïdia-Cap de l’Eau. La zone d’Arekmane-Béni Nsar n’est pas
exclue de ces défis. L’intensité des projets d’aménagement sur des espaces non constructibles
engendre un fort danger pour l’homme, une fragilisation et une dégradation de l’écosystème. Il
en est de même des aménagements, tels que les tracés de routes et des projets d’aménagement
qui ont favorisé le ruissellement. D’autant plus que les sols deviennent imperméables en raison
de la bétonisation des trottoirs et des espaces publics d’une bonne partie du littoral. Ainsi, toutes
les conditions sont rassemblées pour que de graves inondations puissent avoir lieu, à n’importe
quel moment. La falaise au niveau d’Arekmane recule, comme les côtes basses meubles de
Saïdia, Arekmane et du cordon dunaire de la Marchica.

Page | 12
Toutefois, il est important de comprendre et d’estimer cette érosion par rapport aux
facteurs intervenants (géomorphologie du littoral, action anthropique et variabilité climatique,
autrement dit « changement climatique »). Avec le temps, l’érosion a accentué la déformation
et le recul de l’embouchure de la Moulouya, la falaise d’Arekmane et le lido dunaire de la
lagune. La pollution de la Moulouya et la lagune de Marchica ont pris de l’ampleur, en raison
de l’absence de contrôle et de l’inconscience de nombreux riverains. Pareillement, le
déversement des rejets industriels et agricoles dans les alentours de la lagune et d’oued
Moulouya ne cesse de croître et de polluer ces Sites d’Intérêt Biologiques et Ecologiques
(SIBE) classés comme patrimoines biologiques et écologiques. À ce titre, il est nécessaire
d’analyser et d’étudier de près ces phénomènes. De nombreuses questions nous interpellent ;
celles-ci sont principalement liées à la vulnérabilité du littoral du Maroc oriental et en particulier
celui de Saïdia-Nador.

Ainsi, nous formulons nos questions de départ:

Quels sont les paramètres qui participent à la vulnérabilité du littoral? Pourquoi


assistons-nous à une littoralisation non durable? Quel est l’impact à moyen et long terme de
cette mauvaise gestion sur notre littoral? Et comment peut-on y remédier?

4. Objectifs

En vue de vérifier les hypothèses, il est nécessaire:

- d’identifier les formes de vulnérabilité sur le littoral;


- de tenter de rapprocher les normes aux réalités notées sur le terrain;
- d’appréhender les modes d’aménagements observées sur le littoral du Maroc oriental;
- de comprendre comment faire pour mieux gérer l’intensité d’urbanisation, les activités
économiques et protéger le littoral contre une dégradation irréversible.
5. Hypothèse centrale de recherche

Partant de la problématique posée, l’hypothèse avancée dans notre travail de recherche


peut être formulée comme suit:

L’intensité des risques côtiers est due à l’urbanisation et à la concentration massive


des activités économiques sur la bande côtière. Autrement dit, la littoralisation est un risque qui
augmente la probabilité des dégâts majeurs.

Page | 13
6. Démarche méthodologique

Afin de répondre aux questions suscitées, il importe d’adopter une méthodologie


appropriée. Dans ce cas, notre démarche méthodologique consiste: dans un premier temps, à
développer l’approche analytique afin de cerner les zones vulnérables et les facteurs en rapport
avec les risques côtiers; à adopter une approche géostatistique d’analyse des risques à travers
la convergence des caractéristiques physiques, géomorphologiques, les potentialités
économiques et leurs impacts sur l’environnement côtier; à évaluer les modes d’aménagements
et d’urbanisation qui répondent à la spécificité et aux contraintes du littoral et qui tiennent
compte de son identité géographique et de la présence de la mer. Ce travail d’exploration et de
support bibliographique nous permet de définir les composants de notre problématique, à
savoir: les potentialités et les contraintes du littoral. Par la suite, l’exploitation et l’analyse
d’exemple de politique d’aménagement du littoral nous permettent d’identifier les approches
existantes. Ces cas analogues à notre objet d’étude nous autorisent à suivre une approche
comparative et chronologique, visant à mieux cerner l’objet de notre recherche. Dans un
deuxième temps, il importe d’établir un suivi de la morphodynamique côtière sur le terrain.
Le travail est basé sur la combinaison de plusieurs outils d’observations (GPS), les plans
et les prises de vue photographique pour identifier l’impact des risques côtiers sur les
composants physiques et socioéconomiques du littoral du Maroc oriental.

Enfin, les données collectées sont analysées et exploitées durant les différentes étapes
de cette recherche. Partant d’une hypothèse de recherche, nous aboutissons à des conclusions.
La démarche méthodologique ainsi présentée, nous exposons ci-après la structure de notre
travail.

7. Structure de la thèse

Ce projet de recherche est une continuité des travaux scientifiques portant sur la
morphodynamique côtière, sur la vulnérabilité littorale et sur les impacts des modes
d’aménagements du littoral de Saïdia-Béni N’Sar. L’objectif principal est d’analyser la relation
entre l’évolution de l’occupation du sol du littoral, la mise en place du zonage et l’évolution des
risques littoraux.

Première partie: le diagnostic du littoral de Saïdia-Nador concernant l’état de


l’environnement et la croissance des activités économiques dans ses dimensions positives et

Page | 14
négatives et l’analyse spatiale de la vulnérabilité côtière en fonction de l’interaction entre les
indicateurs environnementaux et socioéconomiques ;

Deuxième partie : là, nous identifions les formes des risques côtiers
géomorphologiques, hydroclimatiques, géotectoniques et anthropiques ;

Troisième partie : nous nous focalisons sur les modes de gestion côtière et les
prospections de gouvernance durable de la zone côtière.

Page | 15
Partie I: Diagnostic spatial du littoral de Saïdia-Nador

Introduction

Le diagnostic de la zone côtière de la Région de l’Oriental permet d’extraire les points


forts et les points faibles du littoral de Saïdia-Nador. C’est une sorte de matrice d’analyse basée
sur l’approche d’analyse SWOT (Fig.1).

Figure 1: Schéma d’analyse SWOT


Toutefois, le terme du risque reste lié avec son champ et/ou son contexte d’utilisation.
À cet égard, cette première partie aborde un diagnostic du littoral et l’intensité de la
vulnérabilité aux catastrophes naturelles, notamment les risques côtiers, en apportant des
éléments de réponse à des questions centrales:

❖ Quel est l’état de l’art du littoral de Saïdia-Nador?


❖ Quels sont les mécanismes multidimensionnels des risques?
❖ Quelle est l’intensité des risques sur les enjeux du littoral?

Le deuxième chapitre de cette partie présente plus particulièrement la vulnérabilité


physique et socioéconomique du littoral de Saïdia-Nador pour identifier le niveau du risque du
terrain d’étude.

Page | 16
Chapitre I: Potentialités et contraintes du littoral de Saïdia-
Nador

Introduction

Le littoral de Saïdia-Nador est connu par la diversité de ses paysages naturels et par
l’évolution socioéconomique accélérée au cours des deux dernières décennies.

Pour bien déterminer les potentialités et les contraintes de la zone côtière au Nord de
la Région de l’Oriental, nous réservons ce premier chapitre à l’état de l’art de la bande côtière
sur plusieurs dimensions géomorphologique, géologique et socioéconomique.

Nous procédons à un diagnostic des caractéristiques physiques et socioéconomiques


de la zone côtière. Puis, nous analysons les caractéristiques des sédiments et leurs évolutions
sur les zones étudiées (Saïdia, Cap de l’Eau, Arekmane et Nador) durant la période de notre
recherche.

I: Caractéristiques physiques du littoral de Saïdia-Nador

I.1: Situation géographique

La côte de Saïdia-Nador est située au Nord de la Région de l’Oriental. Elle fait partie
des provinces de Berkane et de Nador. Sur le plan géographique, elle est comprise entre les
latitudes 35° 4'56 25" et 35° 16'24 9 » Nord et les longitudes 2° 13'10 337 » et 2° 55'49 402 »
Ouest. Elle est limitée: au Nord par la mer Méditerranée, au Nord-Ouest par les monts
Gourougou ; à l’Est par la chaîne de Beni Mengouch1 (d’après la carte topographique de Cap
Melonia de 1/50 000) ; au Sud par les collines d’Ouled Mansour et la chaîne de Kebdana
(Fig. 2).

1
[Link]
Page | 17
Figure 2: Carte de situation Page | 18
Source : Carte topographique de Saïdia, Nador, Berkane et El Aioun (Échelle : 1/100 000) et carte topographique de Cap Melonia (Échelle : 1/50 000)
I.2: La géomorphologie du littoral de Saïdia-Nador

Le cadre géomorphologique de la zone côtière Saïdia-Nador est constitué de plusieurs


unités géomorphologiques qui sont le plateau d’Oulad Mansour, la chaîne de Kebdana et le
Mont-Gourourgou. Les zones à basse altitude sont la plaine côtière de Saïdia et la plaine de
BouAreg.

La ride anticlinale des Ouled Mansour de direction ENE-OSO s’allonge à L’Ouest du


pointement liasique du Kiss sur 11 kilomètres et culmine la plaine côtière de 100 mètres. Elle
est formée du Pliocène. Ce dernier n’est jamais très bien différencié du Miocène sous-jacent et
du Villafranchien qui le surmonte (Gigout et al 1957).

Les monts de Kebdana séparent la vallée de la basse Moulouya du bassin de BouAreg;


ils sont caractérisés par l’abondance des calcaires et des marnes allant du Jurasique au Miocène
supérieur.

Le mont Gourogou est considéré comme la limite naturelle de notre zone d’étude. Il
est caractérisé par des roches magmatiques de types basaltes alcalins, d’andésites basiques et
de latites à amphibole allant du Néogène au Quaternaire. Son axe topographique bas est orienté
NNO-SSE dans sa partie Sud-Est, tandis que sa partie centrale est occupée par une zone haute
de forme curviligne avec une cloche ouverte vers le Sud-Sud-est et une autre vers le Nord-
Ouest.

La plaine de Saïdia correspond à une dépression côtière, épousant la forme d’un


rectangle allongée parallèlement à la côte (Fig. 3). Elle est bordée au Nord par des dunes
sableuses récentes qui la séparent de la Méditerranée, au Sud par la falaise morte rectiligne
d’Ouled Mansour, à l’Est par l’Oued Kiss, et à L’Ouest par la Moulouya. Cette plaine est
constituée essentiellement de limons vaseux continentaux et localement de sables.

La plaine de Bouareg est orientée Nord-Est -Sud-Est dans sa partie face à la lagune de
Marchica. Ses formations modernes regroupent des faciès limoneux et des éboulis de
l’Holocène d’origine alluviale (Fig. 3).

Page | 19
Figure 3: Carte des unités géomorphologiques du littoral de Saïdia-Nador et son arrière-pays

Source : Carte géologique d’Oujda 1/500 000


Page | 20

Source : Carte géologique d’Oujda 1/500 000


I.3: La géodynamique du littoral de Saïdia-Nador

D’après la carte géologique d’Oujda et la carte des mouvements récents du Rif


au 1/500 000, de nombreuses failles réparties sur l’ensemble du littoral de Saïdia-Nador sont
répertoriées avec une orientation Nord-Est -Sud-Ouest. Ces failles de quelques kilomètres
seulement affectent l’ensemble des terrains géologiques miocènes et holocènes de la zone. Le
massif de Kebdana est caractérisé par une tectonique plicative et tangentielle à vergence Sud.

On remarque cependant sur la plaine de Bou Areg et la plaine côtière de Saïdia des
terrains cartographiés comme des dépôts de terrasses alluviales étagées qui témoignent de
mouvements verticaux successifs attribués au quaternaire (Zamrane, 2016) (Fig. 4).

Page | 21
Figure 4: La géodynamique sur la côte de Saïdia-Cap de l’eau du littoral de Saida-Nador

Source : Carte des mouvements récents du Rif (Échelle : 1/500 000)


Page | 22
S
Figure 7 : Localisation des échantillons de sables
sur la côte d’Arekmane-Nador MAHJOUBI R et al (2003)
II: Les mécanismes de l’évolution du trait de la côte septentrionale méditerranéenne

II.1: Les sources sédimentaires du littoral de Saïdia-Nador

La morphologie des plages est fortement liée aux sources d’alimentation en sédiments,
mais aussi à l’énergie mise en jeu durant leur transport et leur dépôt. Les sources d’alimentation
du littoral de Saïdia-Nador par les sédiments sont principalement les oueds: Moulouya,
Kiss, Selouane, Caballo et Béni Enssar. La charge sédimentaire de la Moulouya était importante
pour alimenter les plages sableuses. Ainsi, avant l’installation des barrages, les apports
sédimentaires au littoral s’élevaient à 12×106 tonnes par an en moyenne, soit une dégradation
spécifique de 240 t/km2/an dans le bassin versant. Par contre, ils ne dépasseraient guère
0,84×106 tonnes par an depuis la mise en service des barrages (Bellahbib et al 2015) (Fig.5).

Selon les travaux de Mahjoubi et al (2003) et Bellahbib et al (2015), la plaine de Bou


Areg comporte des matériaux colluvionnaires remaniés, plus ou moins friables, sur lesquels se
développent des sols. Ils contribuent ensemble à l’alimentation de la lagune par l’association
argileuse illite-kaolinite-chlorite-smectite. De plus, le cordon littoral est constitué par les
minéraux suivants: illite, kaolinite, chlorite, smectite et interstratifiés (Mahjoubi et al 2003)
(Fig. 5). Par contre, Guelorget et al (1987) ont confirmé que sur le lido dunaire subsistent les
restes d’un ancien édifice essentiellement dunaire, peu consolidé, d’âge pléistocène comportant
vers sa partie sommet un ou plusieurs niveaux à galets et coquilles plus ou moins localisées qui
correspondent à d’anciens niveaux de plage. Ce massif culmine à une vingtaine de mètres
d’altitude. Il est entaillé côté mer comme côté lagune en falaises qui s’éboulent sporadiquement.
De part et d’autre, le lido est constitué du côté mer par des sables généralement grossiers, riches
en coquilles de bivalves (notamment de Pectunculus), localement remaniés par le vent en dunes
vives ou plus ou moins fixés par une maigre végétation; du côté lagune, les sédiments sont
souvent plus fins, parfois vaseux (Guelorget et al 1987) (Fig.5).

Page | 23
Figure 5: Principales sources sédimentaires

Source : Combinaison cartographique de deux études : Bellahbib, N. et al (2015) et Mahjoubi, R. et al (2003)

Page | 24

Source : Combinaison cartographique de deux études : BELLAHBIB N et MAHJOUBI R et al


Figure 13 :
(2003)
II.2: La granulométrie des échantillons des sites étudiés

L’étude de la sédimentologie des sables du littoral de Saïdia-Nador a été réalisée dans


le but de déterminer les caractéristiques granulométriques des sites étudiés. L’échantillonnage
a été conduit, le long de deux secteurs perpendiculairement à la ligne du rivage et a permis
d’effectuer 21 prélèvements. Le premier secteur regroupe 14 échantillons (numérotés de 1 à 14)
prélevés au niveau de trois formes géomorphologiques (Estran, plage et dune) sur la plage de
Saïdia-Cap-de-l’Eau (Fig. 6). Les 7 derniers échantillons (numérotés de 15 à 21) ont été
effectués sur Arekmane et le cordon dunaire qui sépare la Marchica de la Mer Méditerranée
(Fig. 7).

Page | 25
Figure 6 : Localisation des échantillons de sables sur la côte de Saïdia-Cap de l’eau

Source : Mesures terrain par GPS (2018-2022)

Page | 26

Source : Mesures terrain par GPS (2018-2022)


Figure 7 : Localisation des échantillons de sables sur la côte d’Arekmane-Nador

Source : Mesures de terrains par GPS (2018-2022) Page | 27


II.2.1- Site de Saïdia

Le site de Saïdia-Cap de l’Eau, avec ses plages sableuses, constitue un milieu qui peut
être considéré comme une scène morpho-dynamique active sur la côte méditerranéenne. Il revêt
par conséquent, une variation spatiale très importante du trait de côte. Il est également connu
pour la mobilité sédimentaire tout au long de sa plage et marquée par une forte érosion au niveau
de l’embouchure de la Moulouya.

Les classes granulométriques centrées entre la fraction de 0,400 mm et 0,125 mm


présentent 87 % de sable de l’ensemble des échantillons. Les courbes cumulatives dessinent un
gradient grano décroissant de l’estran vers la dune pour la fraction des sables fins à très fins
(250 μm-50 μm) à part les sites à proximité de la Moulouya. Les courbes cumulatives montrent
que dans cette fraction appartenant à l’estran et à la plage, le sable s’affine de l’embouchure
vers le port de plaisance à L’Ouest (Fig. 8).

En effet, le grano-classement des échantillons prélevés des sites de Saïdia permet


d’identifier cinq classes granulométriques des sables selon la méthode de classification de
Wentworth (1922):

- Sable très grossier: entre 1 mm et 2 mm;


- Sable grossier: entre 1 mm et 0,5 mm;
- Sable moyen: entre 0,5 mm et 0,25 mm;
- Sable fin: entre 0,25 mm et 0,125 mm;
- Sable très fin: entre 0,125 mm et 0,062 5 mm.

L’examen de la figure N° 8 semi-logarithmique montre qu’il y a trois classes de sables


pour les échantillons du secteur de Saïdia. La première classe concerne l’échantillon 1 qui
représente plus de 80 % des sables fins d’un diamètre entre 0,125 mm et 0,250 mm. Puis, se
trouve la deuxième classe qui regroupe les échantillons 2, 3, 5 et 6. Ces échantillons présentent
la classe des sables moyens d’un diamètre entre 0,25 mm et 0,5 mm avec un pourcentage de
85 %. La dernière classe dite, sables grossiers, illustrée par les deux échantillons 4 et 7 montre
un pourcentage de 88 %.

Cette interprétation permet de conclure que les sables fins à moyens diamètres sont les
plus représentables dans les courbes du graphique. Elle permet de conclure que la taille des
sables est aussi un paramètre explicatif de la force des houles et des vents qui touchent la zone
de Saïdia.

Page | 28
100

90

80

70
Pourcentage cumulé

60 Echantillon 1
Echantillon 2

50 Echantillon 3
Echantillon 4

40 Echantillon 5
Echantillon 6

30 Echantillon 7

20

10

0
0,020 0,200 2,000
Diamètre (mm)

Figure 8: Courbes granulométriques des sables des sites de Saïdia

Page | 29
II.2.2- Site Cap de l’eau

La figure 9 illustre le pourcentage cumulé des sédiments sur la bande côtière de la rive
gauche de la Moulouya à Cap de l’Eau. On constate que les échantillons sont dispersés depuis
la fraction 0.500 mm. En effet, les courbes des échantillons restent très proches. Entre la
fraction 0,050 mm et 0,125 mm, le pourcentage cumulé des échantillons est plus élevé (94,8 %).
Par ailleurs, les courbes sont en régression vers la fraction de 2 mm. Les valeurs sont de moins
de 2 % pour les échantillons positionnés entre les fractions 0,250 mm et 2 mm. Il est constaté
également que les courbes sont clairement superposées à partir de la fraction 0,050 mm à
0,200 mm. Ce qui veut dire que les sables sont très fins. Tandis que les sables très grossiers
localisés à partir de 0,500 mm sont moins présents dans le profil granulométrique.

La lecture des courbes de la figure 9 permet de déduire que les échantillons sont de
type des sables fins en majorité. Donc, les échantillons 8, 9, 10 et 13 sont positionnés sur des
diamètres de 0,125 mm et 0,250 mm avec une représentation de 90 % par échantillon. Pour les
sables moyens, les deux échantillons (11 et 12) présentent un pourcentage de 85 % limité entre
les diamètres de 0,250 mm et 0,5 mm. Tandis que la dernière classe, celle des sables grossiers
se limite à l’échantillon 14 caractérisé par des sables du diamètre de 0,200 mm et 0,315 mm.

Page | 30
100

90

80

70
Pourcentage cumulé

60 Echantillon 8
Echantillon 9
50 Echantillon 10
Echantillon 11
40 Echantillon 12
Echantillon 13
30 Echantillon 14

20

10

0
0,020 0,200 2,000
Diamètre (mm)

Figure 9: Courbes granulométriques des sables des sites de Cap de l’Eau

Page | 31
II.2.3- Site d’Arkemane - Béni N’sar

Parmi les 7 échantillons prélevés tout au long d’Arkeman-Béni N’sar, environ 93 %


sont regroupés entre la fraction 0,125 mm et 0,050 mm. Il est donc intéressant d’étudier en
parallèle la distribution du pourcentage cumulé des sédiments, et la variation du profil
granulométrique des échantillons par fractions de tamisage. De cette manière, on constate,
d’une part que la distribution des sédiments traduit une représentation assez importante des
sédiments de la fraction 2 mm et 0,250 mm (7 %), que ce soit pour l’ensemble des sédiments
ou seulement pour ceux reliés de manière fiable à une fraction déterminée (Fig. 10).

La figure 10 montre une prédominance des sables fins du diamètre compris entre
0,125 mm et 0,250 mm. Sur le secteur d’Arekmane-Béni N’sar, 94 % des échantillons 15, 16,
17, 18 et 20 sont des sables fins. D’autres classes, notamment la classe des sables moyens figure
dans les échantillons 19 et 21 avec un pourcentage de 91 % dans cet échantillon. Les sables
grossiers sont absents sur les courbes granulométriques.

Page | 32
100

90

80

70
Pourcentage cumulé

60 Echantillon 15
Echantillon 16
50 Echantillon 17
Echantillon 18
40 Echantillon 19
Echantillon 20
30 Echantillon 21

20

10

0
0,020 0,200 2,000
Diamètre (mm)

Figure 10: Courbes granulométriques de la fraction sableuse des sites d’Arekmane-Béni N’sar

Page | 33
III: Caractéristiques et potentialités du littoral de Saïdia-Nador

Les atouts du littoral de la Région de l’Oriental sont divers et riches. Ils constituent
des points forts pour la dynamique socioéconomique de la façade maritime du Nord-Est du
Maroc. Les ressources existent, mais sont soumises à une double contrainte: la vulnérabilité des
ressources du littoral et la dégradation des écosystèmes due aux activités économiques
importantes.

III.1: Climat

Le littoral de Saïdia-Nador est marqué par un climat méditerranéen de deux saisons


(saison froid et humide et autre chaud et sec). De sa position géographique, la côte est soumise
à l’influence des perturbations atmosphériques d’origine méditerranéenne et surtout à celles qui
viennent du bassin occidental de la Méditerranée « Mer d’Al Boran » (Fig. 11).

La circulation en altitude (500 hPa) est d’une importance primordiale pour la définition
du climat régional. Son intérêt est dû d’une part à son rôle de contrôle de la situation au sol et
d’autre part parce qu’elle permet la connaissance des dispositifs aérologiques dissociés des
influences géographiques du fait que l’atmosphère libre, champ d’activité de la circulation en
altitude, n’est guère soumise aux influences géographiques de surface.

Aux altitudes moyennes, la circulation dans l’atmosphère libre (au-dessus de 4 km) se


caractérise par un courant zonal circulant de L’Ouest vers l’Est. L’écoulement de ce flux se
traduit par des déformations dans la forme des nuages (Bouslam, 1989) (Fig. 11).

Page | 34
Figure 11 : Image satellite d’une dépression atmosphérique sur le nord de l’Oriental
Source: [Link] (30/01/2018) (visité le: 15h: 30 min 19/08/2023)

Page | 35
III.2: Précipitations

Les précipitations sur la zone côtière sont variables dans le temps et dans l’espace, en
relation avec la latitude, la longitude et la morphologie. Globalement, l’on distingue deux
saisons, l’une fraîche et humide et l’autre sèche et chaude.

D’après Gaussen (1956), le littoral méditerranéen relève en majeure partie du domaine


pluviométrique méditerranéen. En effet, les précipitations diminuent du nord au Sud et tout au
long du littoral méditerranéen.

Au cours de la période de 1993 à 2022 les précipitations à la station de Saïdia ont


connu un total pluviométrique moyen de 320 mm/an (Mouzouri et Irzi, 2011). Sur l’autre partie
de la zone d’étude, les précipitations à Nador et Arekmane semblent variables à l’échelle
temporelle. L’année 2019 montrent de faibles précipitations avec un total inférieur à 100 mm.
Par contre, certaines années peuvent dépasser les 400 mm/an. C’est le cas pour les années 1995,
1996, 1999, 2003, 2005, 2008, 2009 et 2010 qui ont connu des inondations extrêmes à Nador.
La comparaison des deux postes côtiers Saïdia et Kariat Arekmane permet de constater que la
moyenne annuelle à Saïdia est plus élevée (Bouslam, 1989) (Fig. 12 et Fig.13).

La régression temporelle de la pluviométrie des stations de Saïdia, Cap de l’Eau,


Arekmane et Nador enregistre un déficit de précipitations de -237 mm entre les années plus
arrosées et les années moins arrosées. Cela permet de déduire que les précipitations sur la zone
côtière sont connues par leurs irrégularités dans le temps et dans l’espace (Bouslam, 1989)
(Fig. 12 et Fig.13).

Page | 36
Précipitations en mm
700

2009/2012*
600 2001/2002/2003/2004/2005*

500

400

300

200

100

0
1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2006 2007 2008 2010 2011 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
Année

Saïdia Cap de l’Eau * : Les données des années mentionnées ne sont pas accessibles

Figure 12: Précipitations annuelles de Saïdia et Cap de l’Eau (1993-2022)


Source : Bouslam, (1989) , Saidi (2016), Benata (2016), Bougi (2020) et [Link]

(0 h : 0 min 30 s/12/2022)
Page | 37
Précipitations en mm
600

500

400

300

200

100

0
1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
Année

Arekmane Nador

Figure 13: Précipitations annuelles de Nador et d’Arekmane (1993-2022)

Source : Bouslam, (1989) , Saidi (2016), Benata (2016), Bougi (2020) et [Link] (23 h : 40 min 30 s/12/2022)

Page | 38
III.3: Température de l’air

La température de l’air constitue un facteur climatique très important qui contrôle le


climat du littoral de Saïdia-Nador. Le calcul de la moyenne extrême de la température de surface
est basé sur des données optiques (Land 9, USGS, 2021), des statistiques des recherches
antérieurs de Bouslam (1988), Mouzouri et Irzi (2011) et de Saidi (2016). Les données subies
d’un maillage en une seule raster afin de déduire la température de surface. Par la suite, une
segmentation a été appliquée sur toutes les images maillées afin de différencier entre les
différents niveaux de la température de surface, en se basant sur la photo-interprétation et en se
référant à des données auxiliaires à savoir les données statistiques de la température et ainsi
qu'à l’archive des stations climatiques de la zone de Saïdia-Nador.

La variation spatio-temporelle des températures dépend de plusieurs paramètres (la


latitude, l’altitude, la proximité de la mer, les masses d’air dominantes, etc.). Les figures 14 et
15 montrent une nette variation spatiale des températures, entre les différentes régions de la
zone étudiée, matérialisée par une baisse des températures de l’Est vers L’Ouest et du Sud vers
le Nord. Les villes de Saïdia et Nador présentent des valeurs intermédiaires avec une moyenne
de l’ordre de 18 °C. Le régime thermique, dans la totalité de la zone d’étude, témoigne d’une
alternance de deux saisons avec de forts contrastes entre un hiver froid et frais (08 °C à 14 °C)
et un été chaud et sec (18 °C à 30 °C).

Page | 39
Figure 14 : Température moyenne extrême pendant la période hivernale (hiver 1989-2021)

Source : (Bouslam, 1988), (Mouzouri et Irzi, 2011), (Saidi, 2016) et Land 9 (USGS, 2021)
Page | 40
Figure 7
Figure 15 : Température moyenne extrême pendant la période estivale (été 1989-2021)

Source : (Bouslam, 1989), (Mouzouri et Irzi, 2011), (Saidi, 2016) et Land 9 (USGS, 2021)

Page | 41
III.4: Vent

Le régime du vent se caractérise par une double direction (Est-Nord-Est et Ouest-Sud-


Ouest) et une variation saisonnière des vents (Barathon J-J., 1987). D’avril à septembre, ce sont
les vents d’Est-Nord-Est qui prédominent, alors qu’en décembre et en janvier, les vents d’Ouest
sont prépondérants. Durant les périodes de transition (février-mars, octobre et novembre), les
flux d’Ouest et d’Est-Nord-Est s’équilibrent à peu près. Par ailleurs, si les vents d’Est-Nord-
Est sont les plus fréquents, ils restent moins violents que les vents d’Ouest (Barathon J-J., 1987).

En hiver, on note la dominance des vents d’Ouest et Sud-Ouest (Fig. 16). En été
dominent les vents du NE. Ces directions majeures correspondent aux principaux types de
temps qui intéressent la frange littorale durant l’année. La circulation cyclonique est
responsable des vents d’Ouest et Sud-Ouest tandis que la présence d’anticyclones hivernaux ou
l’existence de basses pressions relatives au sol en domaine continental pendant l’été rendent
compte des vents d’Est et du Nord-Est en raison notamment de l’établissement quotidien, durant
la saison chaude, d’une brise de mer (Fig. 16) (Sbai A., et al 1992).

Page | 42
0-5 m/s 5-10 m/s 10-15 m/s 0-5 m/s 5-10 m/s 10-15 m/s
N
N NNW 25 NNE
NNW 25 NNE NW 20 NE
NW 20 NE 15
15 WNW 10 ENE
WNW 10 ENE 5
5 W E
0
W 0 E

WSW ESE
WSW ESE

SW SE SW SE

SSW SSE SSW SSE


S S
Nador Saïdia

Figure 16 : Vitesse et orientation du vent (1985-2022)

Source : [Link]

Page | 43
III.5: Ressources en eaux de la côte du Maroc oriental

Les eaux de surface comprennent les eaux aussi bien courantes (les cours d’eau
principaux et secondaires) que fluctuantes (lagune) sur le littoral de Saïdia-Nador, la principale
eau de surface accessible est celle d’Oued Moulouya. Le régime hydrologique du réseau de
surface est caractérisé par une forte variabilité, étroitement liée à l’importance des
précipitations. L’essentiel des apports d’eau provient alors des crues d’oueds ; celles-ci sont
souvent violentes avec un régime d’écoulement torrentiel qui est à l’origine des inondations
dans certaines zones de ce littoral (Fig. 17).

La zone côtière du Maroc oriental dispose également de ressources hydrauliques


d’origines souterraines dont les plus importantes sont la nappe de Bouareg et de la plaine côtière
de Saïdia. La profondeur de la nappe varie de l’arrière-pays vers le littoral. Elle est de -5 m
à -30 m sur la plaine de Bouareg.

Par contre, la nappe sur la plaine de Saïdia ne dépasse pas une profondeur de -0,5 m
et -5 m (2006،‫( ادريس الحافيظ‬, autrement dit elle est plus proche à la surface par rapport celle du
Bouareg (Fig. 17 et 18).

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Figure 17: Carte du réseau hydrographique et profondeur des nappes phréatiques de la plaine côtière
Source : Thauvin, J. P. (1971) Page | 45
Figure 18 : Carte du réseau hydrographique et profondeur des nappes phréatiques de la plaine de Bouareg

Source : Thauvin, J. P. (1971)


Page | 46
III.6: Démographie

Le littoral de Saïdia-Nador regroupe une population très importante au niveau de la


Région de l’Oriental. La ville de Nador est considérée comme la plus grande agglomération
dans cette zone (Fig. 19). La population de Nador est passée de 17583 habitants en 1960 à
161 726 en 2022, et présente une croissance démographique de 80 % au cours de 62 ans. Par
contre, malgré l’importance touristique de la ville de Saïdia, elle reste une ville balnéaire
(saisonnier). En effet, l’évolution démographique ne dépassait pas 10 000 habitants en 2022
(Fig. 19).

Hab 1960 1971 1982 1994 2004 2014 Projection_2030


200000
180000
160000
140000
120000
100000
80000
60000
40000
20000
0
Saidia Centre: Cap de l'Eau Centre: Arekmane Nador

Figure 19 : Population urbaine du littoral de Saïdia-Nador entre 1960 et projection de 2030


Source : RGPH 1994, 2004, 2014 et projection 2014-2030 HCP
Le littoral connaît une forte évolution démographique des centres urbains en raison de
plusieurs facteurs (position géographique, économique et ouverture aux échanges
internationaux…) (Fig. 20).

Taux d'évolution
12

10

0
(1960-1971) (1971-1982) (1982-1994) (1994_2004) (2004_2014) (2014_2030)
Saidia Centre: Cap de l'Eau Centre: Arekmane Nador

Figure 20 : Évolution démographique du littoral de Saïdia-Nador entre 1960 et les projections de 2030
Page | 47
Source : RGPH 1994, 2004, 2014 et projection 2014-2030 HCP
III.7: Activités économiques

Les agglomérations urbaines qui se sont développées sur le littoral de Saïdia-Nador


représentent environ 10 % de la région de l’Oriental (RGPH 2014). La façade côtière de Saïdia-
Nador est ainsi devenue une zone d’attractions de nombreuses activités industrielles et
commerciales, constituant des sources principales de l’économie de la région de l’Oriental. La
bonde côtière regroupe des activités industrielles, portuaires (transports marchands et
touristiques), et aquacoles ; tandis que la majorité de la zone littorale est essentiellement
destinée aux activités touristiques.

III.7.1- Pêche et activité portuaire

L’activité de pêche du littoral de Saïdia-Nador présente la principale source d’emplois


directs et indirects de la population notamment pour la population de Cap-de-l’Eau et du village
sur le cordon dunaire de la Marchica. La pêche occupe une partie importante de la population
active.

La flotte active de pêche est constituée de 1082 unités d’une capacité de 7325 TJB.
Elle est composée principalement de canots de pêche relevant de la pêche artisanale dont le
nombre s’élève à 983 barques représentant 91 % du total de la flotte. Le port de Béni Nsar
compte 862 unités représentant 80 % de la flotte totale. La pêche côtière est pratiquée
essentiellement au niveau du port de Béni Ensar avec 50 chalutiers, 24 sardiniers et 11
palangriers (HCP 2021).

Tableau 1: Flotte active par catégorie - Année 2019 -


Nador Béni Ensar Ras-Kebdana Total
Catégorie de pêche Tonnage Tonnage Tonnage
2
Nombre (en TJB ) Nombre (en TJB) Nombre (en TJB)
Chalutiers 50 3 614 - - 50 3 614
Pêche Sardiniers 24 1 344 14 545 38 1 889
côtière Palangrier
s 11 199 - - 11 199
Pêche
artisanal Canots de
e pêche 777 1289 206 334 983 1 623
Total 862 6 446 220 879 1 082 7 325

Source : Délégation de la pêche maritime -Nador

2
TJB : une tonne de jauge brute équivaut à 2,83 m3.
Page | 48
La pêche artisanale sur le littoral de la Région de l’Oriental est connue par sa
concentration sur la Marchica vu le nombre des points de pêche sur la lagune (12 sites) (Malouli
Idrissi et Houssa, 2002) (Fig. 21). En 2021, les sites de pêches ont enregistré plus de 62 sites
non aménagés entre Cap-de-l’Eau et Béni Ensar (HCP 2021).

Page | 49
Figure 21 : Site de pêche artisanale sur la Marchica

Source : Malouli Idrissi et Houssa 2002

Page | 50
La surexploitation des ressources maritimes engendre d’une part une pénurie de
potentiel en poissons dans la mer Méditerranée et d’autre part la déstabilisation du cycle
écologique et biologique marine. Aussi, l’absence d’encadrement et le manque d’organisation
en matière de production et de commercialisation semblent un facteur primordial pour la pêche
artisanale (HCP 2021).

L’évolution des trafics du port de Nador est importante. Les exportations ont enregistré
1 097 599 tonnes en 2019, mais ont reculé de 1 201 169 tonnes en 2021. Par contre, les
importations ont évolué d’une façon rapide, passant de 1 882 364 tonnes en 2019 à
2 582 112 tonnes en 2021. L’écart des importations entre 2019 et 2021 est de 699 748 tonnes.
Cet indicateur est positif pour les importations, mais illustre aussi que la balance commerciale
est négative vu que les importations dépassent les exportations (Fig. 22).

Figure 22 : Évolution annuelle du trafic (en tonnes) du port de Nador entre 2019-2021

Source : Agence Nationale des Ports (ANP), 2021

Page | 51
III.7.2- Tourisme

Les activités touristiques dans le littoral de Saïdia-Nador représentent un poids


prépondérant dans l’économie de la zone côtière. La plaisance joue également un rôle
important.

Le tourisme demeure pratiquement saisonnier et généralement dépendant des


Marocains résidents à l’étranger. Cette situation ne permet pas à ce secteur de contribuer
pleinement au développement socioéconomique de la région et d’augmenter ainsi sa part dans
la création de la richesse régionale (HCP 2021).

L’offre touristique présente plusieurs services pour assurer le confort du touriste lors
de sa visite. Le diagnostic touristique revêt une importance infrastructures d’accueils
touristiques.

Le littoral dispose de 64 établissements classés dans les deux provinces de Berkane et


Nador. Le nombre des chambres dépasse 2900 chambres dans les deux provinces. Ces
infrastructures d’accueils expliquent l’activité touristique que connaît la façade
méditerranéenne de la Région de l’Oriental (Fig. 23).

Nombre
3000
2500 2 940 2 940 2166
2000
1500
1136
1000
28
500 36
0
Etablissements Chambres Lits
Berkane Nador+ Driouch
Figure 23 : Capacité des établissements classés (2019-2020)

Source : Direction régionale du Tourisme d’Oujda, 2020


Le tourisme dans la zone Nord-Est du Maroc s’est limité à un tourisme saisonnier qui
ne connaît un essor favorable que pendant la saison estivale grâce aux ressortissants marocains
à l’étranger et les visiteurs provenant des autres régions du Royaume (HCP 2021).

Page | 52
III.7.3- Agriculture

L’activité agricole se positionne dans les activités de la dynamique économique du


littoral de Saïdia-Nador. Elle absorbe plus de 78 % de la population active des communes Nord-
Est de la région de l’Oriental. Le statut foncier des terrains oscille entre des Melk (78 %), des
terrains collectifs (3,7 %) et les Habous (0,2 %) (Benata 2016) (Fig. 24). La superficie des terres
cultivées est estimée de 254 ha au nord du plateau d’Ouled Mansour. Les cultures dans la plaine
côtière sont principalement des légumes (artichauts, tomates, haricots verts), les fruits (melon,
pastèques) et des plantes fourragères (luzerne). Les cultures en bour (blé et orge) représentent
presque ¾ de la SAU (Benata 2016).

0,2
3,7

78

Melk collectif Habous

Figure 24: Type des terrains sur la plaine côtière

Source : Benata, 2016


Au niveau de la plaine de Bouareg, l’agriculture offre 30 % d’emploi direct et indirect
pour la population active. Les cultures sont des cultures en bour, c’est-à-dire 72 % de la
superficie agricole. Par contre les surfaces irriguées ne dépassent pas dans leur majorité 28 %
des surfaces (HCP, 2017). Mais, la rentabilité baisse vu que la salinité et l’intrusion marine qui
menacent les terres à cause du pompage non-durable des eaux souterraines (Fig. 25).

Page | 53
Bour
28%

Irriguée
72%

Figure 25: Type des terres agricoles de la plaine de Bouareg

Source : HCP, 2017


III.7.4- Industrie

L’activité industrielle se localise principalement sur la ville de Selouane, d’après


les orientations du plan MED-EST, qui instaure Selouane comme pôle industriel stratégique
pour la Région de l’Oriental.

Les parcs industriels dans la ville permettent d’assurer plus de 120 000 emplois pour
la population active (moins de 25 ans). Celles-ci, présentent des perspectives attractives pour
les investisseurs en raison des infrastructures déployées et de la proximité au port de Béni Ensar
qui va permettre la fluidité des échanges de la matière première et les produits industriels3.

III.8: Les atouts écologiques

Le SIBE de l’embouchure de la Moulouya représente une valeur patrimoniale


inestimable du fait qu’il constitue l’estuaire de la plus grande rivière du versant méditerranéen
du Maghreb et du plus long oued du Maroc. Il est le plus grand complexe estuarien
méditerranéen du Maghreb et c’est le système estuarien le moins anthropisé du Maroc.

3
[Link]
Page | 54
Ses fonctions écologiques sont nombreuses et contribuent à l’absorption des
inondations de la rivière, un milieu très important pour la migration de nombreuses espèces de
poissons devenus rares ou menacés au Maroc et un lieu de repos, de nidification ou d’hivernage
pour de nombreuses espèces d’oiseaux d’intérêt mondial (Goéland d’Audouin, Sarcelles
marbrées). Ce SIBE constitue également l’un des derniers refuges pour un grand nombre
d’espèces endémiques, menacées ou rares à l’échelle nationale et régionale. Il est caractérisé
par une grande diversité d’habitats: la sansouire la plus large de l’Afrique du Nord, une plage
sableuse parmi les plus longues de la Méditerranée, un lit majeur d’aspect fluvial (large et
inondé en permanence) unique sur le versant méditerranéen du Maroc, une forêt alluviale de
tamaris la plus étendue du Maroc (Triplet, et al 2010). La faune et la flore y sont
particulièrement riches. À titre d’exemple, le nombre d’espèces d’oiseaux qui y ont été
identifiées correspond à près des 2/3 du total des espèces connues à l’échelle nationale. La flore,
les invertébrés, l’herpétofaune, etc. y montrent un fort taux d’endémisme.

Au Nord-Ouest de la Région de l’Oriental se trouve la lagune de la Marchica qui


regorge d’espèces endémiques, menacées ou rares aux échelles nationale et régionale. Elle
présente aussi un atout écologique. Elle est classée comme site biologique et écologique protégé
selon le RAMSAR (Haddouti et al 2016).

Le cordon dunaire présente une limite entre la mer et la lagune, son existence présente
un paysage emblématique rare à l’échelle de la Méditerranée. Il présente de nombreuses
fragilités en raison de conflits d’usage sur le lido dunaire (activité balnéaire, activité de pêche,
etc.) (Fatine 2019).

L’intérêt accordé au complexe lagunaire de la Marchica vient de ses valeurs


patrimoniales, restées méconnues jusqu’à son classement en SIBE et en Site Ramsar. Par la
diversité de ses habitats, il maintient une faune et une flore variées et riches en éléments
remarquables (Fig. 26).

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Figure 26 : Carte du SIBE de l’embouchure de la Moulouya

Source : Triplet, et al. 2010, Image satellitale Land 9 (2023)


Page | 56
Figure 27 : Carte du SIBE de lagune de Marchica
Source : Fatine 2019, Image satellitale Land 9 (2023)

Page | 57
III.9: L’urbanisation du littoral de Saïdia-Nador

Peu anthropisé jusqu’en 1956, le littoral de Saïdia-Nador est devenu le lieu de


convergence des populations et des activités après l’indépendance du pays. La ville de Nador
absorbe la majeure partie de cet essor démographique. Sa population urbaine montre une
croissance annuelle de 10 % en moyenne, provoquée par une forte immigration et un exode
rural intense (HCP, Monographie de la région de l'Oriental, 2021). Entre 1956 et 2022,
l’urbanisation au niveau de la ville de Saïdia et de Cap-de-l’Eau a évolué rapidement. Les
surfaces bâties passant de 52 à 1481 hectares au cours de cette période, entraînant la formation
des deux espaces urbains (Fig. 28 et 29). En même temps, la ville de Nador concentre l’essentiel
des activités économiques et des infrastructures portuaires de grande envergure. Ces activités
engendrent une évolution de l’urbanisation assez remarquable évoluant de 11 à 1602 hectares,
soit 24 hectares par an mobilisés au titre de l’extension urbaine (Fig. 30 et 31).

Page | 58
Figure 28 : Évolution de l’espace bâti sur Saïdia-Cap-de-l’Eau (1956-2022)

Source : Carte topographique de Triffa 1/50 000, ANCFCC (2021), plan de restitution de Saïdia 2004 et image satellitale (2022)
Page | 59
Surface Bâti en hectare
1400
1292

1200

1000

800

600

400

189
200
88
50
2 18
0
1956 1989 2022 1956 1989 2022
Saidia Cap de l'Eau

Figure 29: Surface d’évolution de l’espace bâti sur Saïdia-Cap-de-l’Eau (1956-2022)

Source : Carte topographique de Triffa 1/50 000, ANCFCC (2021), plan de restitution 2004 et image satellitale (2022)

Page | 60
Figure 30: Évolution de l’espace bâti sur Arekmane-Nador (1956-2022)

Source : Carte topographique de Nador 1/50 000, ANCFCC (2020), plan d’aménagement spécial 2022
Page | 61
Surface Bâti en hectare

1800

1600 1602

1400

1200

1000 896

800

600

400

200
80
1 7 11
0
1956 1989 2022 1956 1989 2022
Arekmane Nador

Figure 31: Surface d’évolution de l’espace bâti sur Arekmane-Nador (1956-2022)

Source : Carte topographique de Nador 1/50 000, ANCFCC (2020), plan d’aménagement spécial 2022

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Conclusion

Ainsi, comme nous l’avons établi, le littoral de Saïdia-Nador est un espace de


convergence des potentialités physiques et socioéconomiques. Sur le plan physique, on constate
que les systèmes environnementaux de ce littoral possèdent une double face. La première est
représentée par des points forts de la diversité des paysages géomorphologiques et écologiques
(plages sableuses, plaine fertile de Bouareg, falaises vives et mortes, embouchure de la
Moulouya, sites écologiques de la Moulouya et de la Marchica). La deuxième est le point de
faiblesse en raison de la vulnérabilité du système côtier aux différents facteurs physiques et
anthropiques (tempêtes, inondations, érosion, aménagement de l’espace côtier).

Le littoral est marqué par une dynamique importante des activités. D’après l’analyse
des recensements officiels d’HCP de 1960, 1971, 1982, 1994, 2004 et 2014, la population a
connu une évolution remarquable. La plus importante concerne dans la ville de Nador (de17583
habitants en 1960 à 162 726 habitants en 2014). Les activités économiques sont principalement
liées aux activités touristiques, de la pêche, et agricoles sur la plaine de Bouareg et à proximité
de l’embouchure de la Moulouya; les échanges internationaux s’effectuant sur le port de Béni
Ensar. Ces potentialités environnementales et socioéconomiques illustrent l’attraction du
littoral et son dynamisme. Par ailleurs, il est noté que les activités sont liées au contexte de
saisonnalité principalement les activités touristiques. D’autres sont liées au contexte
socioéconomique national et global. Au cours de la crise sanitaire mondiale (COV19), les
secteurs d’activités économiques (activités de la pêche, activités commerciales du port de Béni
Ensar, activité d’agriculture) ont été fortement impactés. Ce qui a engendré une stagnation
économique du littoral de Saïdia-Nador.

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Chapitre II: Vulnérabilité côtière de la zone de Saïdia-Nador

Introduction

L’étude de la vulnérabilité côtière à l’échelle de la zone d’étude est basée sur les
résultats du premier chapitre: les potentialités et les contraintes du littoral de Saïdia-Nador.
L’approche verticale et horizontale traite dans un premier temps la vulnérabilité
environnementale. Puis elle permet d’analyser la vulnérabilité socioéconomique de la côte
Nord-Est du Maroc.

L’interprétation ne se limite pas ici, car elle suit un chemin méthodologique basé sur
l’interaction entre la vulnérabilité côtière et socioéconomique pour illustrer l’intensité de
l’indice de vulnérabilité de la zone nord de la Région de l’Oriental. Pour cela, cette partie
regroupe deux grands axes « l’indice de vulnérabilité physique » et « l’indice de vulnérabilité
socioéconomique ».

I: Indice de vulnérabilité physique

Depuis le début des années 1990, l’évaluation de la vulnérabilité côtière constitue une
étape essentielle dans l’identification des impacts des « changements climatiques » et
l’aménagement des zones côtières (Yates M,-M,. et al 2011).

Les variabilités climatiques, les caractéristiques géomorphologiques et les activités


anthropiques sont considérées comme des paramètres d’intensité de la problématique de
vulnérabilité physique à plusieurs niveaux sur chaque site de la bande côtière de l’Oriental.

I.1: Méthodologie et type des données

L’Indice de Vulnérabilité Côtière (IVC) a été proposé par Gornitz (1990) pour évaluer
la vulnérabilité côtière due à l’élévation du niveau de la mer sur la côte Est des États-Unis. Il
s’agit d’une approche numérique pour classer les segments d’un littoral en termes de dommages
potentiels causés par les « changements climatiques », et dont les résultats sont communiqués
par des cartes et des statistiques. Les travaux ultérieurs, notamment ceux de Thieler et al (2009),
Thieler et al (1999) et Pendleton et al (2004) utilisent le même principe dans leur calcul de

Page | 64
l’IVC pour estimer la menace d’élévation du niveau de la mer dans l’Atlantique, dans le golfe
du Mexique et sur les côtes du Pacifique (Gornitz, et al 1992).

Donc, l’approche de calcul d’IVC est basée sur la méthode de Thieler et Hammar-
Klose (1999), car elle prend en compte les paramètres présentés dans le tableau ci-dessous:

Tableau 2: Paramètres utilisés pour le calcul d’IVC

INDICE Paramètre
Géomorphologie côtière
Morphodynamique de la ligne de
rivage (Érosion/accrétion)
Indice de vulnérabilité côtière Indice topographique (Pente)
(IVC) La remontée relative du niveau de
la mer
Hauteur moyenne des houles
Amplitude moyenne de la marée
Ce dernier permet d’effectuer une assimilation quantitative et qualitative de l’indice
côtier de vulnérabilité physique par la formule suivante:

IVC

Le tableau 3 décrit brièvement les six variables physiques utilisées pour estimer
l’intensité de la vulnérabilité physique sur la côte de Saïdia-Nador. Chaque paramètre se voit
attribuer une valeur de vulnérabilité relative basée sur l’ampleur potentielle de sa contribution
aux changements physiques sur la côte.

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Tableau 3: Niveau d’effet de chaque paramètre sur le classement d’IVC

Source: Classification côtière faite par l’USGS sur la côte Atlantique des États-Unis.

I.2: Cartographie de l’indice IVC actuel

Les valeurs de l’indice normalisé ont été calculées pour la côte de la région de
l’Oriental par la formule d’IVC. Elles sont réparties en classes correspondant à une vulnérabilité
très faible (IVC= 1), bas (IVC=2), modéré (IVC=3), élevé (IVC=4) et très élevé= 5. Le choix
de ces intervalles est basé sur une analyse horizontale et verticale de la problématique de
vulnérabilité et le degré d’intensité d’indice de tous les sites étudiés en rapport avec les facteurs
climatiques, géomorphologiques et hydrogéologiques.

Les cartes de synthèse des figures 32 et 33 témoignent d’une forte vulnérabilité au


niveau des sites de l’embouchure de la Moulouya et sur la plage d’Arekmane qui est lié au type
de morphostructure et à l’énergie importante résultante du déferlement des vagues sur le rivage
de la zone. La partie Ouest de l’embouchure de la Moulouya vers Cap-de-l’Eau présente une
faible vulnérabilité qui peut s’expliquer en l’occurrence par la puissance de la zone de
couverture couvrant la plage et qui protège les dunes sur l’estran maximum. L’arrière-pays est
localement mieux protégé. Par contre, cette protection n’est pas favorisée pour les sites du SIBE
de la Moulouya et d’Arekmane impactés directement par les conditions météo-marines,
présentant une vulnérabilité allant de très forte à extrême localement. Cette situation est
inquiétante, car cette dernière zone présente une densité élevée et un paysage
géomorphologique et biogéographique majeur (Fig. 32 et 33).

Page | 66
Figure 32 : Carte de vulnérabilité de Saïdia-Cap-de-l’Eau

Page | 67
Figure 33 : Carte de vulnérabilité physique d’Arekmane-Nador

Page | 68
I.3: Projection 2030 de la vulnérabilité de l’écosystème côtier de Saïdia-Nador

L’analyse de la vulnérabilité côtière sur la côte de la région de l’Oriental aux aléas


futurs (climatique et géodynamique) vise à identifier l’intensité de la vulnéraire sur les
différents sites de la zone d’étude. La simulation d’indice est basée sur la même formule d’IVC
appliquée. Pour ce faire, elle fait appel à la proposition du Groupe Intergouvernemental
d’Experts sur les Changements Climatiques de l’élévation moyenne de la mer à l’horizon de
2100 qui constitue une valeur de référence de 0,50 m (GIEC 2007). Notons que les projections
du GIEC ne sont pas définitives, mais elles restent discutables par le comité scientifique.

La cartographie de l’indice de vulnérabilité à l’horizon de 2030 permet de restituer la


zone d’étude sur quatre secteurs selon l’intensité de la vulnérabilité (Fig. 34):

• Un secteur à très basse vulnérabilité: il correspond principalement dans


l’arrière-pays du trait de côte, dans l’axe d’oued Selouane et à quelques
kilomètres vers le Nord-Est et le Nord-Ouest du piémont de Kebdana. D’après
la simulation, on estime que ces 4000 hectares de surface sont moins impactés
par la vulnérabilité physique.
• Un secteur à basse vulnérabilité: pour ce niveau, les zones concernées
englobent 6000 hectares de la superficie de la zone d’étude. L’intensité de la
vulnérabilité est de faible effet sur cet espace.
• Un secteur à vulnérabilité modérée: ce secteur couvre une surface de
4100 hectares identifiée sur les sites à proximité du littoral. L’indice de
vulnérabilité est peu remarqué, car la hauteur vers la mer diminue et
l’exposition aux facteurs météo-marins est bien manifeste.
• Un secteur à vulnérabilité élevé et un autre à vulnérabilité très élevé :
l’ensemble présente une bande qui est caractérisée par sa proximité de la mer
et sa biodiversité écologique et biologique. Ces surfaces sont plus susceptibles
d’être exposées au risque de la vulnérabilité environnementale en raison de la
sensibilité des écosystèmes des SIBE, notamment ceux de la Moulouya et de
la Marchica. En effet, cet indicateur touche au total 7 400 hectares de surface.
Cela explique l’impact environnemental au-delà de 2030, si l’on ne revoit pas
la politique de l’aménagement côtier.

Page | 69
7000

6000

5000
Superficie en H

4000

3000

2000

1000

0
Zone à très basse vulnérabilité Zone à basse vulnérabilité Zone à une vulnérabilité modéré Zone à une vulnérabilité élevée Zone à une vulnérabilité très
élevé

Figure 34 : Projection de l’indice de la vulnérabilité 2030

Page | 70
Figure 35 : Projection de l’indice de la vulnérabilité côtière à l’horizon de 2030

Page | 71
Figure 36 : Projection de la vulnérabilité côtière d’Arekmane-Nador à l’horizon de 2030

Page | 72
II: Indice de vulnérabilité socioéconomique (IVE)

L’IVE permet de mesurer la vulnérabilité de la zone côtière en termes de


développement socioéconomique. Il est considéré comme un indice reflétant l’intensité de
chaque paramètre sur le territoire et la population de la zone côtière du nord de la région de
l’Oriental. Pour analyser la vulnérabilité socioéconomique, l’indice est fondé sur deux facteurs
principaux (United Nations publication et Committee for Development Policy 2008). D’une
part, les indicateurs naturels, incluant les risques naturels, tels les risques sismiques et
l’élévation du niveau de la mer, les risques climatiques et les risques des inondations. D’autre
part, les risques technologiques, liés aux activités anthropiques et à l’instabilité des prix
internationaux, aux fluctuations de la demande mondiale des produits primaires, ou encore aux
variations des taux d’intérêt internationaux. Les crises extrêmes liées à l’instabilité sanitaire
sont prises en compte puisqu’elles peuvent être considérées comme un site d’intérêt biologique
et écologique indicateur de stagnation sur le littoral de Saïdia-Nador.

II.1: Méthode et données utilisées

L’approche transversale utilisée s’appuie sur une consultation bibliographique (GIEC,


2007, Benata M., 2016, Tourism Engineering and Investment, 2015 et Thieler et al 1999)
approfondie concernant les méthodes de calcul de l’indice de vulnérabilité socioéconomique
via les paramètres déployés pour analyser le degré de vulnérabilité.

La génération de l’IVE fait appel aux indicateurs démographiques, aux activités


économiques et à la qualité sanitaire de la population notamment l’impact de la dernière
pandémie COV19 qui démontre les effets de la vulnérabilité sanitaire. À ce titre, l’analyse est
basée sur deux paramètres (exposition et chocs), regroupant cinq sous-indices ou sept
composantes qui sont énumérés dans le tableau 4. Les sources des données ayant permis le
calcul des composantes sont également précisées (Cariolle J., 2010).

Page | 73
Tableau 4: Indices, sous-indices, et composantes de l’IVE rétrospectif

Le calcul est basé sur la formule adoptée par UNCDP. L’IVE est la moyenne
arithmétique calculée d’après la détection de niveaux d’expositions et des chocs. C’est-à-dire:

IVE = 0,5 x Exposition + 0,5 x Chocs (Cariolle J., 2010)

Pour calculer l’indice d’exposition, on applique la formule suivante:

Exposition = 0,5 x Taille + 0,25 x Emplacement géographique + 0,25 x


Spécialisation (Cariolle J., 2010)

… et le sous-indice de spécialisation est la moyenne simple de ces composantes:

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Spécialisation = 0,5 x Concentration des exportations + 0,5 x part de
l’agriculture, du secteur forestier et de la pêche (Cariolle J., 2010)

L’indice de choc est la moyenne simple de l’indice de chocs naturels et de l’indice de


chocs commerciaux:

Choc = 0,5 x Chocs naturels + 0,5 x Chocs commerciaux (Cariolle J., 2010)

… et l’indice de chocs naturels est la moyenne simple de ces deux composantes:

Chocs naturels = 0,5 x Sans abris + 0,5 x Instabilité de la production agricole


(Cariolle J., 2010)

L’interaction de ces indicateurs permet la génération d’indices de vulnérabilité


socioéconomique. La figure 37 résume la procédure d’analyse:

Page | 75
Figure 37: Schéma des paramètres du calcul de l’indice de vulnérabilité socioéconomique
D’après (Cariolle J., 2010)

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II.2: Vulnérabilité socioéconomique de la zone côtière nord de l’Oriental

Le calcul de l’indice permet d’obtenir une carte thématique de vulnérabilité


socioéconomique du littoral du Nord-Est du Maroc sur laquelle les sites sensibles apparaissent
en couleur foncée quand leur sensibilité est supérieure au seuil de sensibilité considéré comme
critique. Par ailleurs, la figure 38 présente une spatialisation d’intensité par zone de
vulnérabilité du littoral pour les deux périodes. Ainsi, nous constatons que la vulnérabilité
socioéconomique de la côte de la région de l’Oriental a divers effets sur tout le territoire de la
zone d’étude. Celle-ci est très forte sur Nador où le poids démographique est important, mais
l’indice commence à régresser vers l’Est du site d’Arekmane jusqu’à Cap-de-l’Eau en raison
d’une faible démographie. Les villes de Nador et Saïdia sont concernées par une forte présence
des risques liés à la mer ; elles sont les zones les plus sensibles à l’occurrence d’une vulnérabilité
socioéconomique et, par conséquent, devraient pouvoir bénéficier de moyens plus importants
en cas de crise socioéconomique.

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Tableau 5: Indices, sous-indices, et composantes de l’IVE rétrospectif du littoral Nord-Est de la Région de l’Oriental

Composantes Sources des variables ayant servi au calcul des composantes Sous-indices Indices

Population Haut-Commissariat au Plan (RGPH de 1960 à 2014) Taille


Direction provinciale de l’Agriculture de Nador + Direction Provinciale de
Part de l’agriculture
l’Agriculture de Berkane (rapport statistique d’agriculture)
L’Agence Nationale des Ports (Rapport annuel de 2018 à 2022) + Haut-
Part de la pêche dans PIB Spécialisation
Commissariat au Plan (annuaire statistique) Exposition
Concentrations des exportations
L’Agence Nationale des Ports (Rapport annuel de 2018 à 2022)
des biens
Éloignement des marchés
Emplacement
mondiaux ajusté de Haut-Commissariat au Plan (annuaire statistique 2018 à 2022)
géographique
l’enclavement
Instabilité des recettes
Chocs
d’exportations de biens et Haut-Commissariat au Plan (annuaire statistique 2018 à 2022)
commerciaux
services
Instabilité de la production Direction provinciale de l’Agriculture de Nador + Direction Provinciale de Chocs
Chocs naturels
agricole l’Agriculture de Berkane (rapport statistique d’agriculture)
Sans abris et déplacés du fait Direction provinciale de l’Agriculture de Nador + Direction Provinciale de
Chocs naturels
des désastres naturels l’Agriculture de Berkane (rapport statistique d’agriculture)

Page | 78
Figure 38 : Cartographie de la vulnérabilité socioéconomique

Page | 79
Conclusion

L’importance du suivi de la vulnérabilité côtière permet de mettre en lumière les effets


des activités exercées sur le littoral et l’impact qu’elles peuvent avoir sur l’écosystème côtier et
le niveau socioéconomique de la population de la zone d’étude.

Sur le plan environnemental, les SIBE de la Moulouya et de la Marchica sont de plus


en plus affectés en raison de leur vulnérabilité résultant de la variabilité climatique et de l’effet
des activités anthropiques. Les actions humaines ne sont pas gérées de manière à protéger le
patrimoine écologique et biologique des SIBE, et l’aléa climatique mettra à terme la zone
côtière dans un état de vulnérabilité irréversible.

Du point de vue socioéconomique, la dégradation des ressources naturelles du littoral


impactera négativement les activités installées sur la façade côtière de la région de l’Oriental.
Les sites de Nador et Saïdia sont les plus vulnérables vu la concentration des activités à
proximité de la mer. En effet, la vulnérabilité sociale de la population sera plus élevée en raison
de la densité importante de la population sur les deux communes.

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Conclusion de la partie I

D’après le diagnostic des potentialités et de la vulnérabilité multidimensionnelle


(physique et socioéconomique) de la zone Nord-Est du Maroc, nous constatons les points
suivants:

La topographie: elle est caractérisée par des altitudes faibles tout près de la mer. Cela
favorise les inondations par les cours d’eau, par la remontée de la nappe phréatique ou par la
submersion marine.

À ce propos, notons que la géologie en général est formée par des formations de
granite, de calcaire, de marne ou de dépôts d’origine continentale et/ou marine. Ces types de
formation assurent la filtration des eaux pour alimenter les réservoirs naturels.

La géomorphologie est représentée par une diversité de paysages entre les falaises
vives, les falaises mortes et les plaines côtières. Cette zone est confrontée aux phénomènes
d’érosion hydrologique, éolienne et marine.

La géodynamique active sur la région de Nador résulte de l’évolution des unités


géomorphologiques d’une part. D’autre part, elle engendre des aléas sismiques. Les ressources
en eaux sont importantes et regroupent des ressources de surface (oued Moulouya, oued
Selouane, oued Caballio et Oued Kiss) et des réservoirs naturels comme la nappe phréatique de
la plaine côtière de Saïdia et celle de Bouareg. Malgré cela, elles subissent les effets de la rareté
des précipitations, la fréquence plus intense des périodes de sécheresse et la surexploitation des
ressources par les différentes activités humaines (Besoin en eau potable, activités agricoles,
touristiques et activités industrielles, etc.).

Par ailleurs, la forte évolution démographique engendre une littoralisation élevée de la


bande côtière. De ce fait, la pression sur cet écosystème vulnérable ne pourra que s’accentuer.

L’urbanisation dense du littoral accentue les risques marins sur les habitats à proximité
du rivage. C’est le cas des infrastructures touristiques sur Saïdia et les habitats du centre
d’Arekmane.

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Partie II: Analyse spatio-temporelle des risques côtiers
sur le littoral de Saïdia-Nador

Introduction

Les risques côtiers ont toujours été présents, mais leur intensité dépend des facteurs
climatiques et des enjeux socioéconomiques spécifiques à chaque région. Dans le contexte de
la zone côtière de Saïdia-Nador, il est essentiel d'adopter une approche cinématique pour
analyser les formes des risques et évaluer leur intensité sur la géomorphologie côtière ainsi que
sur les enjeux socioéconomiques locaux. Cette approche permet de se concentrer sur les
manifestations concrètes des risques et d'identifier les actions appropriées pour atténuer les
éventuelles catastrophes.

La recherche sur les facteurs qui déclenchent les risques côtiers joue un rôle crucial
dans la compréhension des processus sous-jacents. En comprenant les causes profondes des
risques côtiers, il devient possible de mettre en place des mesures d'atténuation efficaces pour
faire face aux éventuelles catastrophes. Cette étude vise à identifier les zones à risque dans la
région de Saïdia-Nador, en prenant en compte les différentes formes de risques présents et en
évaluant leur intensité. Cela permettra de mettre en évidence les secteurs les plus vulnérables
et d'orienter les actions de prévention et de préparation en conséquence.

L'objectif de cette partie est de prévenir et de réduire les conséquences néfastes des
risques côtiers dans la région de Saïdia-Nador. En identifiant les zones à risque, les formes
spécifiques de risques présentes et en évaluant leur intensité, il sera possible de développer des
stratégies de gestion des risques adaptées. Ces stratégies peuvent inclure des mesures
d'aménagement du territoire, des systèmes d'alerte précoce, des plans d'évacuation, des mesures
de renforcement des infrastructures et des campagnes de sensibilisation. En comprenant les
risques côtiers et en mettant en place des mesures appropriées, il est possible de réduire les
pertes humaines, économiques et environnementales associées à ces risques et de favoriser la
résilience de la région face aux événements côtiers potentiellement dévastateurs.

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Chapitre I: Analyse multicritère des risques d’érosion côtière
sur le Nord-Est de la Région de l’Oriental

Introduction

Les risques d’érosion côtière sont des phénomènes engendrés par l’interaction d’un
certain nombre de facteurs (climatiques et marins), dits aléas, et des caractéristiques
géomorphologiques du littoral de la zone d’étude (les plages étant de plus en plus sensibles à
l’érosion). Ces risques d’érosion sont aussi engendrés par l’action anthropique qui perturbe
l’équilibre naturel du milieu côtier.

L’analyse multicritère des risques d’érosion est primordiale pour cerner le phénomène
et pour mieux intervenir en matière d’aménagement du littoral, car cet espace, convoité, mais
fragile, est fortement urbanisé et riche en activités économiques de premier plan.

Dans un premier temps, dans ce chapitre, nous nous intéressons aux méthodes et aux
techniques d’analyse multicritère des risques d’érosion côtière afin de prévoir l’évolution future
du trait de côte. Puis, dans un second temps, nous exposerons les facteurs à l’origine des risques
d’érosion au niveau de la zone d’étude.

Méthode

L’étude diachronique du trait de côte de Saïdia-Nador a été effectuée à partir d’un jeu
de photographies aériennes permettant de remonter à 1958, mais aussi d’images satellites
récentes et de relevés de terrain effectués par GPS de type Leica 1200 lors de plusieurs missions
effectuées en 2017, 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022 (tableau 6). Le principe repose sur un
traitement des photographies aériennes et des images satellites (Crowell et al 1991). L’étude
consiste dans une première étape à procéder au géoréférencement et à la correction géométrique
en nous rapportant à des cartes topographiques de référence, et en rehaussant la qualité des
images pour travailler sur une échelle homogène. Enfin, la numérisation du trait de côte a été
effectuée à l’écran en utilisant une ligne de référence (ligne de base).

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Tableau 6: Inventaire des cartes topographiques, des photographies aériennes, des images satellites et des mesures GPS effectuées sur terrain pour
l’analyse diachronique du trait de côte de Saïdia-Nador entre 1958 et 2022

Année Type Zone Source Échelle/Résolution


1966 Carte topographique Arekmane IGN Rabat 1/50 000
1974 Carte topographique Nador IGN Rabat 1/50 000
1979 Image satellitale Saïdia-Nador USGS 1/100 000
1980 Photo aérienne Saïdia-Cap de l’Eau O.R.M.V.A.M, Berkane 1/20 000
1988 Photo aérienne Nador D.F.C.T.T. Nador 1/40 000
2000 Image satellitale Saïdia-Nador USGS 1/100 000
2017 Relevé GPS Saïdia-Béni N’sar Relevé terrain 0,12 cm
2018 Relevé GPS Saïdia-Béni N’sar Relevé terrain 0,12 cm
2019 Relevé GPS Saïdia-Béni N’sar Relevé terrain 0,12 cm
2020 Relevé GPS Saïdia-Béni N’sar Relevé terrain 0,12 cm
2021 Relevé GPS Saïdia-Béni N’sar Relevé terrain 0,12 cm
2022 Relevé GPS Saïdia-Béni N’sar Relevé terrain 0,12 cm
2022 Image satellitale Saïdia-Nador SASPLANET 0,30 cm

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La correction géométrique des anciennes photographies aériennes a été réalisée par un
géoréférencement relatif avec le logiciel de traitement ArcGIS Desktop. L’image de référence
utilisée correspond à la carte topographique 1958 et à l’image satellite de 2022 à haute
résolution (tableau 7). Par la suite, nous avons effectué un calcul des marges d’erreur afin de
mesurer la pertinence de ces corrections géométriques. Le principe consiste à positionner un
certain nombre de points de repères correspondants à des points de contrôles fixes dans le
paysage sur chaque photographie rectifiée, et à mesurer le décalage en X et Y de ces derniers
sur l’image de référence (Image satellite de 2022). Les résultats obtenus montrent des erreurs
moyennes comprises entre ± 0 et 0,5 m ; les erreurs maximum (entre ± 0,7 à 1 m) ont été
obtenues pour la date la plus ancienne de 1958 dont la qualité de la photographie et le nombre
de points de contrôles disponibles pour la correction géométrique restaient médiocres
(tableau 7).

Tableau 7: Quantification des marges d’erreur calculées pour le traitement d’orthocorrection


pour l’ancienne image de 1958

Total de
Résidu
Résidu Résidu Déviation plaquettes
Date quadratique
moyen médian standard corrélées en
RMSE
pixel

1958 0,03 0,029 0,14 0,198 527

Plusieurs méthodes ont été appliquées pour calculer les changements du trait de côte.
Pour cela, la mobilité du trait de côte a été mesurée par le logiciel ArcGIS Desktop à l’aide
d’outils d’analyse spatiale du trait de côte du module DSAS (Digital Shoreline Analysis
System) (Moore, 2000) le long de 788 transects de Saïdia jusqu’à Cap-de-l’Eau et
1021 transects entre Arekmane et Béni Ensar perpendiculaires à la côte et espacés de 25 m.
Conformément aux méthodes statistiques préconisées par Dolan et al (1991), l’évolution
diachronique du trait de côte a été quantifiée à partir de simples régressions linéaires pour
chaque série de données obtenues pour tous les transects. Des bilans surfaciques ont également
été calculés tout au long du littoral de Saïdia-Nador afin de souligner la particularité des
évolutions morphologiques dans chaque secteur. Donc, nous opérons sur l’analyse
spatiostatistique du trait de côte de Saïdia-Nador. Ce dernier exige de calculer 4 indices
(tableau 8): le mouvement net du Trait de Côte (MNTC ou NSM), le taux du point final (EPR),
la régression linéaire du Trait de Côte (RLTC ou LRR) et le taux de régression linéaire pondéré

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(WLR). Cette méthode est communément utilisée pour l’étude du risque d’érosion du trait de
côte sur le littoral (tableau 8).

Tableau 8: Tableau des champs calculés par l’outil DSAS ; intégration sous ArcGis Desktop 10.8

Abréviation Indice en anglais Indice en français


Net Shoreline Mouvement net du
NSM
Movement Trait de Côte
EPR End Point Rate Taux du Point final
Linear Regression Régression linéaire
LRR
Rate du Trait de côte
Weighted Linear Taux de régression
WLR
Regression Rate linéaire pondéré

I: Analyse diachronique de l’érosion côtière

L’analyse diachronique de l’érosion côtière a été générée pour chaque intervalle de


temps (1958-1979, 1979-2000 et 2000-2022), et dans l’objectif d’estimation de l’évolution
et/ou de la régression linéaire du trait de côte.

I.1: Entre 1958 et 1979

Au cours de cette période, le littoral de Saïdia-Nador était marqué par un important


changement spatio-temporel de la ligne de rivage. Cela conduit à noter que cette dynamique du
trait de côte variait d’un secteur à l’autre.

D’après le traitement géostatistique des données sous le logiciel ArcGIS 10.5, nous
constatons que tout au long de Saïdia-Cap de l’Eau, la côte a connu un recul et a enregistré une
moyenne de 2,9 m/an (Fig. 39).

En même temps, le rythme de l’évolution de la côte entre Arekmane et Nador était


assez modéré par rapport à ce qu’il était sur Saïdia-Cap de l’Eau. Le recul du trait de côte a été
de 1,3 m/an en moyenne. Cet indice a été enregistré sur la partie Est de la plage d’Arekmane et
la plage du cordon dunaire. Par contre, la partie Ouest de la plage d’Arekmane. Au niveau de
l’Est du port de Béni Ensar, l’on constate une évolution moyenne de 3 m/an (Fig. 40).

Le taux moyen d’érosion sur le littoral Saïdia-Nador est d’une moyenne de -1 m/an
(Fig. 40).

Page | 86
Figure 39 : Évolution linéaire du trait de côte entre Saïdia et Cap-de-l’Eau (1958-1979)

Page | 87
Passe (1958-1979)

Figure 40 : Évolution linaire du trait de côte entre Arekmane et Nador (1958-1979)

Page | 88
7
Saïdia-Cap de l'Eau Arekmane-Nador
6

3
m/an

-1

-2

-3

-4

Moyenne d'érosion du trait de côte Moyenne de progradation du trait de côte

Figure 41: Synthèse de l’évolution moyenne du trait de côte entre Saïdia et Nador (1958-1979)

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I.2: Entre 1979 et 2000

Durant cette période, la morphodynamique était remarquablement anarchique sur


l’ensemble du littoral de Saïdia-Nador. En effet, le secteur entre l’ancien port de Saïdia jusqu’au
nouveau port de la station balnéaire est généralement caractérisé par une accrétion de l’ordre
de 2,6 m/an (Fig. 42).

Ensuite, vers le Nord-Ouest du secteur mesuré, il peut être observé une régression sur
l’embouchure de la Moulouya avec une vitesse d’érosion très élevée. Cette variation a une
moyenne de -4 m/an entre la partie gauche du port de plaisance et l’embouchure de la
Moulouya. Cependant, par endroit, le taux d’évolution est largement inférieur à celui de la
période de 1958-1979 (2 m/an). Sur la plage de Cap de l’eau, comprise entre la rive gauche de
la Moulouya et le port, la vitesse d’accrétion est à un rythme moyen, soit + 3 m/an.

Kariat Arekmane est marqué par ses pieds dans la mer ; la zone a connu une dynamique
géomorphologique très important en termes d’érosion de -1 m/an. La sédimentation est
principalement observée sur la plage du centre urbain. Il en résulte une progradation ne
dépassant pas 0,2 m/an (Fig. 43).

Le cordon dunaire qui sépare la lagune de Marchica et la Mer Méditerranée présente


une évolution significative. Le dépôt sédimentaire est généralisé sur tous les transects (de 66 à
1024). Ce qui montre une évolution globale de 2,6 m/an (Fig. 44).

Donc, nous constatons que la régression calculée du trait de côte de Saïdia-Nador entre
1979 et 2000 est de -1,7 m/an.

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Figure 42 : Évolution linéaire du trait de côte entre Saïdia et Cap-de-l’Eau (1979-2000)

Page | 91
Figure 43 : Évolution linéaire du trait de côte entre Arekmane et Nador (1979-2000)

Page | 92
du du

Figure 44: Synthèse d’évolution moyenne du trait de côte entre Saïdia et Nador (1979-2000)

Page | 93
I.3: Entre 2000-2022

L’analyse des images satellitales pour la période 2000-2022 montre que les deux rives
de la Moulouya ont connu une érosion. Cette situation montre un important recul du trait de
côte de 55 m enregistré au niveau du transect 306. Ceci reflète un rythme d’érosion important,
dépassant 4 m/an. Toutefois, une vitesse d’érosion faible est observée du port de plaisance
jusqu’à l’oued Kiss (Fig. 45).

Vers l’Est, entre les transects 438 et 788, la morphodynamique côtière est plus
complexe. Des valeurs fortement positives sont enregistrées. Elles illustrent une progression du
rivage d’une centaine de mètres. En effet, la tendance de l’évolution du rivage est très
importante. Les vitesses d’accrétion du trait de côte peuvent atteindre par site, 5 m/an.

À l’extrémité occidentale du littoral de Saïdia-Nador, du centre Arekmane vers Béni


Ensar, l’évolution du trait de côte est caractérisée par une variation inversée. Les vitesses
d’érosion sont plus importantes et dépassent 2 m/an de la partie est de la nouvelle passe jusqu’à
la plage d’Arekmane. Vers L’Ouest de la nouvelle passe, l’érosion est moins présente sur le
cordon dunaire. La progression du trait de côte est fortement marquée par une avancée de
3 m/an entre 2000 et 2020 (Fig. 46).

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Figure 45 : Évolution linaire du trait de côte entre Saïdia et Cap-de-l’Eau (2000-2022)

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Figure 46 : Évolution linéaire du trait de côte entre Arekmane-Nador 2000-2022

Page | 96
I.4: Synthèse des risques d’érosion (1958-2022)

Le suivi diachronique des risques d’érosion permet de constater que le littoral de


Saïdia-Nador a subi plusieurs formes d’érosions. La bande entre Saïdia et Cap-de-l’Eau a connu
une érosion qui touche les plages sableuses et celles de Nador également. Notamment, au
niveau du lido dunaire qui sépare la lagune de Marchica de la Mer Méditerranée. Par contre,
l’érosion des falaises est moins présente. Elle est localisée dans la partie Est d’Arekmane, sur
le site Al Mohandis et aussi au niveau du village des pêcheurs.

La vitesse d’érosion diffère entre les sites de la zone d’étude. L’embouchure de la


Moulouya est considérée comme la première scène d’érosion agressive. La trajectoire des
houles modifie la géomorphologie de l’embouchure. De surcroit, des aménagements
touristiques perturbent la morphodynamique côtière entre Saïdia et Cap-de-l’Eau et
l’installation des barrages en amont freine l’apport de la Moulouya pour alimenter son
embouchure (Fig. 47).

Sur le lido dunaire, nous constatons que le site le plus vulnérable au risque d’érosion
est celui de la partie Ouest de la passe de la lagune (Fig. 47).

La moyenne du recul du trait de côte est de 9 m/an sur une période de 64 ans. Par
contre, le taux d’alimentation représente en moyenne 8 m/an. Ce qui reflète le déséquilibre de
la ligne côtière sur chaque site observé de Saïdia à Nador (Fig. 48).

Page | 97
Figure 47 : Synthèse des risques d’érosion côtière entre Saïdia et Cap-de-l’Eau (1958-2022)

Page | 98
Figure 48 : Synthèse des risques d’érosion côtière entre Arekmane et Nador (1958-2022)

Page | 99
8
m

-2

-4

-6

Moyenned'érosion
Moyenne d’érosion de
du trait
traitde
decôte
côte(m/an)
(m/an) Moyennede
Moyenne deprogradation
progradation dudetrait dede
trait côte (m/an)
côte (m/an)

Figure 49 : Synthèse de l’évolution moyenne du trait de côte entre Saïdia et Nador (1958-2022)

Page | 100
II: Le suivi du trait de côte de Saïdia-Béni N’sar par l’outil GPS (2018-2022):

Le GPS semble un outil important du suivi de la dynamique littorale. Il permet


d’analyser à l’échelle spatio-temporelle l’évolution du trait de côte en 2-D avec une résolution
temporelle et une précision moins d’un centimètre (Sbai, et al 2016). Des campagnes de
mesures et d’acquisition des données à l’aide de la station totale de type Leica 1200, ont été
effectuées au cours de la phase de recherche sur la zone côtière de Saïdia-Béni N’sar (2018-
2022). Des mesures de terrain ont été effectuées une fois par an pour l’évolution du trait de
côte.

Le traitement des données fait appel au mode RTK (Real-time kinematic). Ce mode
d’observation permet de traiter et de corriger en temps réel les informations collectées et de
calculer les coordonnées dans le référentiel géodésique. Le système RTK utilise un récepteur
fixe (station fixe dont la position est connue précisément) et un récepteur mobile (station mobile
connectée en temps réel avec la station fixe pour échange de données et correction de
localisation par rapport aux références géodésiques données à la station fixe). La station de base
compare la position calculée à partir du signal GPS et la position réelle, puis réémet les
corrections à apporter vers les récepteurs mobiles. Cela permet à la station mobile de calculer
leur position relative avec une précision de quelques millimètres, bien que leur position absolue
soit aussi précise que la position de la station de base. Les précisions possibles dépendent de la
distance entre les stations fixe et mobile, elle dépend aussi des obstacles qu’affronte la
transmission du signal entre les deux stations.

Photo 1 : Station totale Leica 1200 à Arekmane

Source : Sbai A., (2018)

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Le traitement des données a été réalisé avec les logiciels Covadis, Autocad et
ArcGis 10.8 afin d’exporter les données sous un format exploitable. L’utilisation d’outil DSAS
(Digital Shoreline Analysis System) (Thieler et al 2009) dans cette procédure permet de faire
une analyse géostatique et de calculer le bilan sédimentaire d’évolution et/ou de recul du trait
de côte entre 2018-2022.

Les mesures ont été faites sur les sites de Saïdia, l’embouchure de la Moulouya, Cap-
de-l’Eau, Arekmane, le lido dunaire de la Marchica et à l’Est du port de Béni N’sar (Fig. 50).

Figure 50 : Points de mesures GPS (2018 et 2022)

Page | 102
II.1: Suivi de la dynamique littorale de Saïdia-Cap-de-l’Eau entre 2018-2022

II.1.1- Évolution du site de Saïdia entre 2018 et 2022 (plage de Caracas, port
de plaisance)

Sur le site de Caracas, la ligne de rivage se déplace de façon régressive de l’ordre de


0,8 m/an au cours de la période de mesures de 2018 et 2022. Les figures 51, 52 et 53 montrent
que le mouvement net du trait de côte au niveau du port de plaisance est de 12,4 m/an sur la
partie Est du port et de 7,6 m/an à L’Ouest. Le déplacement se fait du Nord-Ouest vers le Sud-
Est. En effet, le bilan de la morphodynamique du trait de côte entre 2018 et 2022 est de 10 m/an
en moyenne.

Page | 103
X :786387.9940
Y :503792.1870

Figure 51 : Profils de la plage de Caracas

Points levés

X : 783319.5220
Y : 505106.2230

Figure 52 : Profils à l’Est du port de Saïdia

Page | 104
X : 782482.5240
Y : 505723.3300

Points levés

Figure 53 : Profils à L’Ouest du port de Saïdia

II.1.2- Dynamique de l’embouchure de la Moulouya

L’analyse de la dynamique littorale à l’échelle de l’embouchure a pris en considération


l’interaction entre les effets fluviatiles et marins. Pour cela, les mesures se réfèrent à 1389 points
prélevés afin d’observer les changements de la ligne de côte et d’analyser la tendance de
déplacement de l’embouchure. En effet, on constate que le trait de côte se prolonge de 53 m sur
la rive droite, et de 85 m sur la rive gauche avec un déplacement vers le Nord-Ouest de 423 m
(Fig. 54).

Le bilan sédimentaire au niveau de l’embouchure a connu une variation importante.


Sur la rive gauche, le taux d’érosion est de 85 m/an soit un bilan de 423 m entre 2018 et 2022.
Par contre, la rive droite est marquée par une accrétion de 34 m et une retenue sédimentaire de
53 m (Fig. 54).

Page | 105
Figure 54 : Mouvement de la ligne de côte au niveau d’embouchure de Moulouya
II.1.3- Cap-de-l’Eau (Port et Kamkoum El Baz)

Les relevés sur la plage de Cap-de-l’Eau traduisent une évolution régressive de ligne
de côte, notamment celle du site du port. Elle est de - 1 m/an avec un net déplacement de - 5 m
au cours de la période 2018-2022 (Fig. 55). Vers l’Est du port de pêche de Cap-de-l’Eau,
l’avancée du trait au niveau de Kamkoum El Baz est de l’ordre de 1 m/an. Le déplacement de
la ligne du rivage est vers le Sud-Est de 5 m comme indice de déplacement lors de la période
du suivi de la morphodynamique du site (Fig. 56). Donc, d’après les résultats de mesures de
deux sites, il est constaté que le taux d’accrétion est important au niveau de Kamkoum El Baz.
Par contre, l’érosion semble active sur la ligne de côte de Cap-de-l’Eau. Il faut aussi signaler
que la faible activité anthropique favorise l’avancée et/ou le recul morphodynamique du trait
de côte sur les deux sites.

Page | 106
X : 773047.0960
Y : 507867.0440

Figure 55 : Avancée du trait de côte sur le site de kamkoum El Baz

Page | 107
X : 771354.471
Y : 508707.323

Cap de l’Eau

Figure 56: Recul du trait de côte à l’Est du port de Cap-de-l’Eau

II.2: Suivi de la dynamique littorale d’Arekmane-Béni N’sar entre 2018-2022

II.2.1- Arekmane (plage) et Plage Taourirt

Au niveau des deux sites d’Arekmane et de Taourirt, le déplacement de la ligne


littorale est de l’ordre -1,5 m/an ; le bilan du mouvement du trait de côte est de - 2 m à
Arekamane. Par contre, sur Taourirt, il dépasse -10 m. Ces résultats reflètent que la plage
d’Arekamane subit une érosion de -0,4 m/an à cause de la littoralisation de la bande côtière.
D’autre part, il est constaté que le site de Taourirt fait face à une érosion importante (-2,6 m/an).
Ce rythme marqué au niveau de la plage de Taourirt résulte de l’effet direct des houles sur le
rivage de la plage ainsi que des aménagements de la nouvelle passe ; ces derniers engendrent
une perturbation de la morphodynamique du cordon dunaire (Fig. 57 et 58).

Page | 108
X : 744574.904
Y : 504544.505

Figure 57: Érosion de la ligne de côte sur Arekmane

Page | 109
X : 742652.469
Y : 505429.427

Figure 58: Recul de ligne de rivage de la plage de Taourirt

Page | 110
II.2.2- Plage Mouhandis et à l’Est de la passe du cordon dunaire de la
Marchica

Sur la plage Mouhandis, la vitesse du mouvement du trait de côte montre un taux


important de -1 m/an par rapport à l’Est de la passe de Boukana (0,54 m/an). Pendant 5 ans de
mesures (2018-2022), il a été constaté que le bilan morphodynamique fait l’objet d’un rythme
différent entre les deux sites un recul de 5 m à la plage Mouhandis et une avancée d’environ
3 m à l’Est de la passe de Boukana (Fig. 59 et 60).

X : 733968.9460
Y : 512206.5650

Figure 59 : Profils à l’Est de la passe du cordon dunaire de la Marchica

Page | 111
X :738646.8080
Y : 508007.1550

Figure 60: Profils de la plage de Mouhandis

Page | 112
II.2.3- Ouest du port de Béni N’sar

Le suivi du déplacement au cours de la période 2018-2022 fait ressortir que l’érosion


moyenne du trait de côte est d’environ 10 m à l’Est du port. Donc, la vitesse du recul de la ligne
de rivage est estimée à -2 m/an (Fig. 61). Ce recul est expliqué par l’orientation des houles et
la digue de protection du port de Béni N’sar ; le mariage entre ces deux facteurs provoque
l’action de l’érosion d’une manière importante.

X : 725698.861
Y : 520383.932

Figure 61 : Avancement du trait de côte à l’Est du port de Béni N’sar

Page | 113
Conclusion

Le suivi de l’évolution du trait de côte de Saïdia-Béni N’sar par GPS, constitue un


moyen plus fiable de mesurer et de surveiller la ligne du trait de côte (Sbai, et al 2016). Le
traitement des données à l’aide des logiciels Covadis, Autocad et ArcGis, permet le
dépouillement et la rectification des informations spatiales avant le lancement d’analyse
géostatistique.

En revanche, les résultats montrent que les sites ayant connu plus de recul sont
l’embouchure de la Moulouya et la plage d’Arekmane ; cet impact négatif dérive d’une
accélération d’érosion par le recul du trait de côte durant la période d’investigation de terrain
(2018-2022). Ainsi, ce risque d’érosion favorise une accrétion de la plage à L’Ouest du port de
plaisance de Saïdia d’une part, mais d’autre part, il engendre un problème d’envasement sur le
bassin du port dû au transport marin et éolien des sables qui dépasse la digue de protection du
port. En outre, une bonne partie du littoral de Saïdia-Béni N’sar est menacée par l’érosion
accélérée du trait de côte.

Les résultats obtenus ont été comparés à ceux plus anciens obtenus par les travaux de
Lasgaa, Benata, Saïdi et de Bahkan pour la période de 2013 à 2016. Il est constaté que la vitesse
d’avancée sableuse du trait de côte sur les sites surveillés a diminué; soit un facteur de 1 m/an
entre 2018 et 2022. Par contre, la vitesse de recul de la côte semble constante par rapport aux
résultats des études antérieures et aux résultats issus du traitement des cartes topographiques,
des images aériennes et des images satellitales.

Page | 114
III: Facteurs responsables des risques d’érosion côtière

Plusieurs paramètres expliquent les variations géomorphologiques du littoral de


Saïdia-Nador. Pourtant, ces dernières variations morphologiques dépendent de chaque site et
de l’impact de chaque facteur. Cette section traite des facteurs selon l’importance de leur
présence dans le processus de la variabilité spatiale du trait de côte.

III.1: Les mécanismes hydrodynamiques marins

Le littoral de Saïdia-Nador est une bande exposée à une hydrodynamique marine


importante. Cela explique les différentes formes géomorphologiques générées tout au long de
cette façade méditerranéenne.

L’hydrodynamique marine joue un rôle essentiel sur la morphodynamique de la côte


de Saïdia-Nador. Ses effets sont illustrés par l’intensité de la dérive littorale, les courants des
marées et des houles.

III.1.1- La dérive littorale

Au niveau de la côte de Saïdia-Nador, la dérive littorale est graduellement plus intense


en allant du Nord-Est vers le Sud-Ouest. La dérive vers l’Est est actuellement la plus importante
comme en témoigne la forme des flèches orientées vers l’Est à l’embouchure de la Moulouya.

Au littoral de Saïdia-Nador, se trouvent deux dérives littorales de sens opposés se


déplacent parallèlement au rivage:

• Une dérive littorale orientée de l’E-N-E vers l’O-N-O.


• Une dérive littorale orientée de l’O-N-O vers l’E-N-E.

L’existence des deux dérives qui longent la côte Nord-Est de la région de l’Oriental
est liée à la fois à l’aspect rectiligne de la ligne de la côte et à un régime à multi- houle. Les
houles du Nord-Est et du Nord - Ouest se présentent obliquement à la côte et génèrent deux
dérives littorales de sens opposés. Ces dérives jouent un rôle dans la mise en mouvement et le
transport de sédiments suivant le sens qu’elles suivent (Fig. 62).

Page | 115
Figure 62 : Dérive littorale sur le Nord-Est de la Région de l’Oriental

Source : Les images satellites de SAS PLANET des années 2018, 2019, 2020,202 1, 2022 et 2023 Page | 116
III.1.2- Effet des marées et des houles sur la morphodynamique côtière

Les facteurs de la morphodynamique littorale qui entrent en jeu dans l’évolution du


trait de côte de Saïdia-Nador sont liés essentiellement à l’agitation de la mer (marées, houles,).
Le régime de la marée au niveau de la plage de Saïdia-Nador est de type semi-diurne avec deux
pleines mers et deux basses mers toutes les 24 heures environ, ainsi qu’un marnage qui oscille
entre 0,4 m et 0,7 m (Fig. 63).

Grâce au site SHOMAR, le SHOM (Service Hydrologique et Océanographique de la


Marine France) fournit des données de prévision qui permettent de calculer la marée dans les
principaux ports du monde. La figure 63 représente l’allure d’une courbe typique de marée de
vive-eau moyenne à Nador.

A
vril 2022

Page | 117
Automne 2021
Été 2021

Printemps 2021 Hiver 2021

Figure 63 : Hauteur de la marée à Nador

Source : [Link] (Consulté le 12/05/2022)

Page | 118
Pendant la saison hivernale, les tempêtes viennent essentiellement de L’Ouest. Il en
résulte deux directions de houle (Nord-Est et Nord-Ouest) et deux dérives littorales de sens
opposés qui ont contribué à l’arasement de l’avancée deltaïque formée avant la mise en service
des barrages sur la Moulouya, à partir de 1958 (Zourarah B., 1994).

La houle joue un rôle important dans le transport sédimentaire et tout particulièrement


les houles qui sont obliques par rapport à la ligne du rivage ; celles-ci donnent naissance à un
transit côtier de sables. Les houles les plus efficaces sont celles de direction NO-SE. Elles sont
assez fréquentes (Mouzouri M., et Irzi Z., 2011). Les vents dominants proviennent des secteurs
Nord-Est en été et Nord-Ouest en hiver et le littoral est plus venté en hiver. En plus de leur
influence sur la dynamique morpho-sédimentaire, ces vents ont une action contraignante sur la
croissance du couvert végétal, relativement peu dense sur toute l’extension du littoral.

La position des îles Jaafarines en face de Cap-de-l’Eau provoque une déviation en


fonction de la direction et une atténuation en termes d’énergie des houles. Sur le secteur Ouest
du littoral, les houles sont plus gouvernées par les forces météo-marines vu l’ouverture du
cordon dunaire sur la Méditerranée. Ainsi, elles déferlent près de la côte entre Arekmane et
Béni Ensar (Fig. 64).

Page | 119
Figure 64 : Les houles sur la côte de Saïdia-Nador

Source : Les images satellites de SAS PLANET des années 2018, 2019, 2020,2021, 2022 et 2023 Page | 120
III.2: Les actions anthropiques et leurs impacts sur le littoral du Maroc oriental

La forte évolution démographique sur le littoral perturbe la morphodynamique


naturelle du trait de côte. Certains sites ont connu un déficit sédimentaire et un risque néfaste
d’érosion. Nous parlons ici de l’embouchure de la Moulouya. Par contre, d’autres sites profitent
d’un gain important qui favorise l’engraissement de plage sableuse, à l’Est du port de plaisance
de Saïdia et à L’Ouest de la passe de Boukana.

De ce fait, l’action anthropique devient plus pressante et la densification du tissu qui


en résulte occasionne une amputation de la haute plage (Boughaba A., 1994). Le littoral, milieu
d’une grande diversité écologique et biologique, est vulnérable aux activités humaines, aux
infrastructures et aux aménagements qui y sont effectués dans l’espoir de développer et
d’améliorer les conditions d’accueil des visiteurs et des touristes. Ces activités humaines
causent très souvent des dégâts irrémédiables à ce patrimoine naturel très fragile (Benata M.,
2016).

La pression anthropique de plusieurs dimensions et la surexploitation des ressources


du littoral de Saïdia-Nador provoquent une dégradation massive des écosystèmes côtiers de la
zone en raison de sa vulnérabilité aux actions anthropiques mal orientées.

III.2.1- Les barrages et les infrastructures portuaires

Les barrages installés sur la Moulouya ont engendré un affaiblissement du débit et la


charge sédimentaire des principaux Oueds. Mais il importe aussi de prendre en compte les
périodes de sécheresse agressives depuis les années 1980. D’après Snoussi et al (2002), le faible
débit des oueds a baissé » de 47 % entre 1980 et 1984. Aussi, ont-ils noté que l’efficacité de
piège du barrage de Mohammed V est de 93 %. Par conséquent, la partie inférieure de la
Moulouya présente un déficit de 72 % du flux d’eau et de 93 % du flux de sédiments en raison
de l’édification de ces deux barrages (Mohammed V et Mechraa Hamadi). En conclusion, ces
données prouvent bien que ces interventions anthropiques au niveau de l’arrière-pays de la
plaine côtière de Saïdia influent fortement sur l’évolution de son littoral (Mouzouri M., et Irzi
Z., 2011).

La construction du port de plaisance interrompt de même le transit de dérive littorale


et favorise des conséquences de doubles dimensions. D’une part, une érosion massive de
l’embouchure de la Moulouya, d’autre part, un engraissement à proximité du port de plaisance

Page | 121
de Saïdia et la problématique d’ensablement importante du port qui nécessitent un entretien par
dragages très coûteux (Benata M., 2016).

L’entrée du port de Cap-de-l’Eau se présente sous la forme d’un espace de dépôt


sédimentaire mobilisé par les houles (Fig. 65). En effet, ce dernier est impacté par
l’ensablement important du fait de sa situation (photo 2). Par ailleurs, il faut signaler le risque
d’ensablement de la marina par le sable transporté par les vents puissants provenant de L’Ouest
au cours de la saison hivernale (photo 2). Actuellement, les dunes sont en train de se constituer
à la suite des travaux de fixation du sable réalisés par les gestionnaires de la marina. Ces travaux
ne vont qu’aggraver le problème avec la hauteur de la dune qui augmente de jour en jour.

Figure 65: Évolution des quantités des sédiments dragués au port de Cap-de-l’Eau

Source : Saidi (2016)

Page | 122
Photo 2: Les sables dépassent la digue vers le bassin du port de Saïdia

Source : Hlal (2022)


Sur l’extrémité Ouest de la zone d’étude, le port de Béni Ensar est considéré comme
un point d’échange international. Sa position orientée vers le Nord-Ouest favorise parfaitement
le dépôt des sédiments transportés par les houles. En effet, ce port n’échappe pas à la
problématique d’ensablement et aux coûts élevés pour draguer son bassin afin d’éviter le
remplissage de la base du port en eau profonde (Fig. 66).

Page | 123
Figure 66 : Les principales sources d’alimentation sédimentaire de la zone côtière du Maroc oriental ports installés et barrages
Source : Agence du Bassin Hydrologique de la Moulouya (2023)
Page | 124
III.2.2- Destruction du patrimoine géomorphologique côtier

Les dunes bordières de la plage de Saïdia qui connaît des aménagements touristiques
en raison de sa vue panoramique sur la Méditerranée ont été complètement rasées par des engins
très lourds. Ces derniers ont détruit un patrimoine géomorphologique formé depuis des milliers
d’années. Cette action peut faire progresser les effets physiques sur la plage qui sera très
vulnérable aux impacts des vagues en jet de rive. Par ailleurs, elle aggrave la problématique
d’ensablement qui touche le trottoir de la ceinture routière qui s’étend en parallèle du littoral de
Saïdia (Photo 3).

La destruction de dunes récentes au profit de la promotion immobilière et touristique


engendre un déficit irréversible de la réserve de sédiments. De ce fait, elle conduit à l’instabilité
morphodynamique de la côte de Saïdia-Nador (Photo 3).

Photo 3: Intensité de littoralisation de la côte de Saïdia

Source : [Link]
112004 (visité le 27/08/2022) à 15h:51 min

Page | 125
III.2.3- Littoralisation de la bande côtière de Saïdia-Nador

La littoralisation au nord de la région de l’Oriental s’accentue depuis les années 1990


(Sbai A., et al, 2018). L’évolution massive de la promotion immobilière sur Saïdia et Nador
absorbe des surfaces importantes de terrains naturels (Photos 4 et 5). Aussi, la demande en eau
positionne le SIBE de la Moulouya dans une situation de crise écologique illustrée par la
sécheresse qui menace son bras mort. Par ailleurs, la lagune de Marchica est en contact avec
l’espace urbain de Nador et d’Arekmane dont les rejets domestiques, industriels et agricoles
menacent l’écosystème lagunaire de Marchica en le polluant (Photo 4 et 5).

Photo 4: Parc immobilier dans la ville de Saïdia

Source : Hlal (2022)

Page | 126
Photo 5: Cité d’Atalayoun

Source : [Link]
nadoris/ (visité le 27/08/2022) à 15h:51 min

Photo 6: Pollution de la lagune de la Marchica

Source : Hlal (2022)

Page | 127
Photo 7: Déchets BTP et domestiques sur la falaise d’Arekmane

Source : Hlal (2022)


L’ouverture de nouvelles zones à l’urbanisation et création de 7 nouveaux pôles
d’activités et d’urbanisation de la cité d’Atalayoun, la cité des deux mers, la ville nouvelle de
Nador, le village des pêcheurs, la baie des Flamands, Marchica sport, les vergers de Marchica
ont favorisé l’extension urbaine aux alentours de la Marchica. Les 7 projets sont d’importance
pour la dynamique socio-économique du Nord-Est du Maroc, d’une part, et d’autre part
s’inscrivent dans des projets d’aménagement durable.

Le projet de la Cité d’Atalayoun comprendra à terme 650 villas et 2 230 appartements,


dont la première tranche en cours de construction concerne 149 appartements aux abords de
l’Académie de Golf et un total de trois unités hôtelières de différents standings proposant
370 chambres pour un total de 740 lits (Photo 8).

Avec un parcours de golf de 18 trous et l’Académie de Golf, l’Atalayoun Golf Ressort


est un ressort idéal tant pour le joueur amateur que pour le joueur professionnel souhaitant
s’entraîner ou perfectionner sa technique.

Ce green de classe internationale a été conçu par Ron Garl en collaboration avec SKS
Studio. La grande qualité de ses infrastructures pédagogiques a conduit la Jason Floyd Academy
à collaborer avec ce ressort d’exception.

Page | 128
L’offre d’hébergement aux abords de l’Atalayoun Golf Resort donne le choix entre
l’Hôtel du Port 5*, l’Hôtel 4* « Atlas Marchica » ou encore le Boutique-Hôtel (MarchicaMed
s.d.).

Photo 8: Projet de la cité d’Atalayoun

Source : [Link]
nadoris/ (visité le 27/08/2022) à 15h:51 min

Page | 129
La Cité des Deux Mers illustre le défi novateur du programme Marchica, ou comment
harmoniser le développement économique et la préservation de l’environnement. L’objectif est
d’avoir un projet de tourisme durable à travers l’écoconstruction. Cet Eco-Ressort conciliera
sur 120 hectares les standards internationaux de confort et de construction durable, entre la
lagune et la Mer Méditerranée (Photo 9).

Photo 9: Projet de la cité des deux mers

Source : [Link]
nadoris/ (visité le 27/08/2022) à 15h:51 min

La ville de Nador sera restructurée dans le même esprit que la thématique de


l’ensemble du projet Marchica, privilégiant « l’harmonisation entre Ville et Nature », tout en
rationalisant la situation actuelle de la ville. L’objectif du projet de la ville nouvelle de Nador
est d’organiser le tissu urbain afin de bien gérer l’espace urbain, la restructuration des trois
centres urbains : Nador, Beni Ansar et Arekmane. L’éradication de l’habitat insalubre fait partie
des enjeux prévus par le projet de la ville nouvelle avec la mise en place d’un réseau de
transports multimodaux.

Page | 130
Le projet regroupe une infrastructure hôtelière importante offrant 32 000 lits et il
prévoit des modes de transports alternatifs tels que l’hydravion, le téléphérique, le funiculaire
et le transport dans la lagune et le lancement du chantier de la liaison Tram-Train de l’aéroport
de Laaroui au port de Beni Ansar (Photo 10).

Photo 10: Nouvelle ville de Nador

Source : [Link]
nadoris/ (visité le 27/08/2022) à 15h:51 min

Page | 131
Le projet de village des pêcheurs sera accompagné par la construction du nouveau port
de pêche et une marina accueillant les bateaux de plaisance. L’infrastructure d’hébergement
accueillera 6 000 lits (Photo 11).

Photo 11: Village des pêcheurs

Source : [Link]
nadoris/ (visité le 27/08/2022) à 15h:51 min

La Baie des Flamants combinera une large gamme d’hébergements, d’équipements et


de services destinés à un tourisme lacustre, et aux amateurs de sports de plaisance et de golf.
L’infrastructure d’hébergement accueillera 29 000 lits (Photo 12).

Page | 132
Photo 12: La baie des Flamands

Source : [Link]
nadoris/ (visité le 27/08/2022) à 15h:51 min

Marchica Sport occupe une superficie de 14 hectares regroupant diverses installations


destinées aux sportifs amateurs, sportifs de haut niveau et professionnels de différentes
disciplines. Il offre un assortiment d’infrastructures d’entraînement et de pratique du sport à
haut niveau. L’infrastructure hôtelière est d’une capacité de 5 000 lits (Photo 13).

Page | 133
Photo 13: Marchica sport

Source : [Link]
nadoris/ (visité le 27/08/2022) à 15h:51 min

Le projet des vergers de Marchica aménagé dans le parc naturel de la lagune ; ils sont
destinés à accueillir sur 14 hectares, un tourisme tourné vers les Mobil-homes et la location de
villas-fermettes. Les infrastructures d’accueil seront conséquentes en regard des
12 000 équivalents-lits prévus (Photo 14).

Page | 134
Photo 14: Les vergers de Marchica

Source : [Link]
nadoris/ (visité le 27/08/2022) à 15h:51 min

Le stress de la littoralisation de cette interface côtière peut ainsi conduire une


dégradation des systèmes écologiques du littoral. Une dégradation irréversible en raison de la
biodiversité sensible et complexe de la zone côtière (Fig. 67).

Page | 135
Figure 67 : Intensité de littoralisation de la côte de Saïdia-Nador

Source : Hlal (2023) Page | 136


III.2.4- Les ouvrages de protection

La construction de digues de protection des infrastructures sur le littoral de la région


de l’Oriental a engendré une modification importante de la morphologie côtière, notamment au
niveau de l’embouchure de la Moulouya, du centre d’Arekmane et du cordon dunaire qui sépare
la lagune de Marchica de la mer Méditerranée.

Sur la partie est de la zone d’étude, la construction de la digue de protection du port de


plaisance contre le problème d’ensablement a provoqué un déséquilibre spatial de l’évolution
de la plage sableuse de Saïdia (Photo 15). Des zones qui étaient affectées par la progradation
ont été totalement érodées, principalement l’embouchure de la Moulouya.

Digue de protection
Sable (Transport éolien)

Photo 15: Digue de protection du port de Saïdia-Med couverte par de sables d’origine qui
débordent vers le bassin du port

Source : Hlal (2022)

Page | 137
Sur l’extrémité Ouest du littoral, notamment le centre d’Arekmane, le dépôt des
roches au pied des villas et des maisons localisées sur la bande de la plage provoque une
agressivité importante des houles. De ce fait, l’érosion va connaître un rythme plus rapide qu’en
état normal (Photo 16).

Érosion côtière

Mur de protection

Photo 16: Villa abandonnée sous l’effet d’érosion par les vagues

Source : Hlal (2022)

Page | 138
Conclusion du chapitre I

Plusieurs paramètres physico-anthropiques sont responsables de l’évolution


morphodynamique du trait de côte. Mais l’intensité des risques d’érosion dépend de la
mobilisation d’actions physiques et du degré d’anthropisation de la côte en matière d’activité
socioéconomique.

Les modes de protection contre l’ensablement sont efficaces et protègent bien les
ouvrages portuaires. C’est le cas du port de plaisance de Saïdia avant la construction de la digue
affecté par cette problématique et dont les coûts du dégagement des sables sur le bassin du port
sont relativement élevés. La construction du canal de déviation de l’eau d’écoulement du
plateau d’Ouled Mansour achemine le transport des sédiments vers la Moulouya et alimente
l’embouchure.

Sur la partie Ouest, le risque d’érosion est plus marqué sur le site d’Arekmane, car le
déferlement des vagues est plus fort et les habitations sont proches du rivage. En effet, la vitesse
d’érosion est plus importante par rapport au cordon dunaire de la Marchica.

Page | 139
Chapitre II: Les risques hydroclimatiques, géotectoniques
et anthropiques sur le littoral de la région de l’Oriental

Introduction

La zone côtière de la région de l’Oriental est une zone à risque. Elle est sous l’effet
des inondations générées en amont (colline, chaine montagneuse), des cours d’eau et/ou des
châabats, et en aval, elle reçoit l’apport en eau des sommets.

Les risques hydroclimatiques sur le littoral de la région ne sont pas nouveaux. En effet,
la zone a connu des événements extrêmes qui ont conduit à de fortes dégradations.

Aussi, la densité démographique et la concentration des activités économiques


importantes sont des explications plausibles des risques anthropiques sur l’environnement
côtier. Ces risques se traduisent par les rejets domestiques et industriels.

Après l’analyse des facteurs physiques et anthropiques qui créent les risques côtiers,
notamment dans les zones urbaines de Nador et Saïdia, nous procédons dans ce chapitre à la
cartographie des zones à risque et nous nous intéressons à leurs impacts multidimensionnels sur
le littoral méditerranéen du Nord-Est marocain.

I: Les risques d’inondations fluviatiles

La bande côtière de la Région de l’Oriental a connu des événements d’inondations


historiques engendrant des dégâts sur les modes d’occupation du sol, notamment d’importantes
zones urbanisées. Les villes et les centres urbains vulnérables aux inondations font appel aux
différents paramètres définis à partir des travaux scientifiques antérieurs (Sbai, Boumeaza,
Lasgaa et Benata, etc.) et des missions de terrain dont les objectifs étaient de cerner la
morphologie, l’altimétrie, l’état des ouvrages de protection contre les inondations, les zones
d’habitats et les activités humaines susceptibles d’être inondées.

En effet, il est plus aisé de se focaliser sur les secteurs susceptibles d’être impactés lors
d’une inondation potentielle.

Page | 140
I.1: Historique des inondations sur le littoral Nord-Est marocain

Le littoral du Maroc oriental est marqué par sa faible topographie entre 0 et 4 mètres
et par sa géomorphologie dominée par des formations sableuses, des formations limoneuses et
des formations d’origine volcanique. En effet, il représente une scène d’inondation active
pendant les périodes de précipitations connues dans le temps et favorise la remontée des nappes
phréatiques qui déclenchent l’inondabilité des zones à faible altitude.

Depuis les années soixante, des précipitations importantes ont été à l’origine
d’inondations enregistrées pendant plusieurs années successives dans les villes de Saïdia
et Nador. Les épisodes d’inondations ne sont pas nouveaux. En effet, de nombreux événements
pluvieux exceptionnels et des débits critiques ont été enregistrés auparavant. Les inondations
des années 1963, 1968, 1986, 1994, 2006 et 2008 nous rappellent les enjeux des risques
hydrologiques (Salmon et al 2010). Ces crues particulièrement violentes ont provoqué des
inondations dans la plaine de Saïdia en mai 1963 (débit d’oued Moulouya été 7200 m3/s), en
avril 1964, en novembre 1986, en novembre 1993 (débit d’oued Moulouya été 6500 m3/s), en
mars 2004, en 2007, en 2009 et 2010 (Benata M., 2016).

Les villes de Saïdia et Nador sont des zones dont l’altitude ne dépasse pas les
10 mètres. Ces zones sont plus susceptibles d’être inondées lors d’événements
hydroclimatiques extrêmes. Les dernières précipitations du 4/04/2022 et du 06/04/2022 ont
montré la vulnérabilité de la ville de Nador. En effet, plusieurs quartiers ont été inondés
(Fig. 68).

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Figure 68 : Carte des inondations de la ville de Nador

Source : Cartes topographiques 1/50 000, Image Satellitales d’USGS (ETM 5, Land7, Land9),
Plan d’aménagement spécial (2022)

Certaines zones au niveau de la ville de Saïdia, Arekmane et Nador sont identifiées


comme des zones à risque d’inondations dues à une dépression humide entre Oued Kiss à Saïdia
et Cap-de-l’Eau à travers le horst d’Ouled Mansour et les Kebdana ; la nappe phréatique « étant
plus proche de la surface (Fig. 69). Aussi, les crues des oueds et des chaâbas au piémont du
mont de Gourougou traversent le périmètre urbain de Nador engendrent des risques
d’inondations à plusieurs niveaux (Fig. 70).

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Figure 69 : Carte des zones historiquement connues par des inondations à la plaine côtière de Saïdia
Source : Cartes topographiques 1/50 000, Image Satellitales d’USGS (ETM 5, Land7, Land9), Plan d’aménagement Saïdia (2019)

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Figure 70: Carte des zones historiquement connues par des inondations à Nador

Source : Cartes topographiques 1/50 000, Image Satellitales d’USGS (ETM 5, Land7, Land9), Plan d’aménagement spécial (2022)
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Figure 71: Carte des zones historiquement connues par des inondations à Arekmane

Source : Cartes topographiques 1/50 000, Image Satellitales d’USGS (ETM 5, Land7, Land9), Plan d’aménagement spécial (2022)
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I.2: Impacts socioéconomiques des risques d’inondation

L’agressivité et le degré d’intensité des événements climatiques tout au long de la côte


du Maroc oriental ainsi que les caractéristiques physiques et le mode d’occupation du
sol constituent des conditions pour déclencher des inondations qui induisent des effets
socioéconomiques sur le littoral de Saïdia-Nador. Le niveau du risque dépend des surfaces
couvertes par les crues, le ruissellement et la remontée de la nappe phréatique et de l’importance
des activités socioéconomique des zones susceptibles d’être inondées. En revanche, les surfaces
inondables sont au total de 14 363 ha sur l’ensemble de la zone d’étude.

À Saïdia, les niveaux du risque du territoire de la plaine côtière concernent trois zones:

• Zone à risque élevé: c’est un périmètre correspondant aux zones d’habitats, aux
projets touristiques et à l’infrastructure de base. Avant la construction du canal
d’évacuation au piémont d’Ouled Mansour, les terres étaient menacées par les
inondations notamment des crues des chaâbas des collines d’Ouled Mansour.
Aujourd’hui, la remontée de la nappe phréatique de la plaine côtière menace
plus de 2195 ha.
• Zone à risque moyen: elle concerne 141 ha, principalement l’arrière-pays de la
ville. Son effet est moins agressif en raison de l’habitat dispersé (Quartier) et
des terres agricoles qui occupent une surface importante du territoire au pied
de la falaise morte d’Ouled Mansour.
• Zone à risque faible: Cette zone est connue par ses milieux naturels adaptés
aux variabilités des événements climatiques sans intervention anthropique.
Dans sa globalité, le risque d’inondation couvre 50 ha. Ce qui reflète le faible
impact des sites écologiques riches.

À l’extrémité Ouest de la zone de l’étude se trouve la ville de Nador. C’est une ville
vulnérable aux inondations en raison de la densité importante de sa population, de ses activités
économiques et de ses infrastructures de bases. Dans ce contexte dynamique de la ville, trois
zones sont perçues à risque selon la surface impactée:

• Zone à risque élevé: la totalité du tissu urbain de Nador est connue pour sa
proximité des oueds tels que l’oued Caballio et l’oued Selouane. La surface
susceptible d’être inondée est de 4000 ha. La totalité du secteur est marquée

Page | 146
par des infrastructures de haute importance (Hôpital, route, administration,
services et commerces…).
• Zone à risque moyen: le périmètre inondé de cette zone est de 143 ha ; son effet
est localisé aux quartiers à côté d’oued Caballio, de Selouane et de ses
affluents. En effet, ils impactent l’habitat, les services publics, les
infrastructures de base.
• Zone à risque faible: à ce niveau, l’inondabilité du territoire urbain est moins
soutenue. Elle touche des zones moins urbanisées ou plutôt ouvertes
(257 hectares). Ce qui favorise l’affaiblissement d’agressivité du risque et
réduit leurs impacts socioéconomiques sous plusieurs dimensions.

Tableau n° 9: Surface inondée en hectare lors des crues et la montée de la nappe phréatique

Source: Mohammed HLAL (Analyse géostatistique sur Qgis), 2022

D’après les chiffres officiels, 4 personnes ont été emportées; plusieurs constructions et
routes ont été endommagées. Voici l’état de la situation du 26/10/2008 au 1/11/2008 (Sbai A.,
et al 2016).

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Les quartiers les plus exposés au risque d’inondation à Nador sont: Aarid, Bouarourou,
Fetouaki, Laârassi, Chaâla, l’aéroport, Issabbanène, Ouled Lahcen, Alfayde, Jaâdar, Chaâbi,
Sidi Ali, Laâri Chikh (Sbai A., et al 2016).

Les cours d’eau les plus dangereux étant [Link]â et [Link] (Beni Nsar) (Sbai
A., et al 2016).

À cette occasion, les charriages importants des cours d’eau ont détruit des ponts et des
routes. Plusieurs routes ont été coupées: JHioua – Farkhana ; Selouane – El Hoceima (TN 16) ;
Nador – Selouane ; Nador – El Hoceima (ancienne route, RN2) ; Aroui – Driouch; Nador –
Taourirt (au niveau d’Oued Moulouya) (Sbai A., et al 2016).

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Figure 72 : Carte de niveau d’impact d’inondation à Nador-Béni N’sar
Source : Hlal (2022)
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Figure 73 : Carte de niveau d’impact d’inondation à Arekmane
Source : Hlal (2022)
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Figure 74 : Carte de niveau d’impact d’inondation à Cap-de-l’Eau Source : Hlal (2022)

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Figure 75: Carte de niveau d’impact d’inondation à Saïdia
Source : Hlal (2022)

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II: Les risques de la submersion marine et les impacts socioéconomiques

La bande côtière entre Saïdia et Nador n’échappe pas à l’élévation du niveau de la mer.
La topographie à basse altitude, la position géographique face aux aléas météo-marins et
l’élévation de la mer se combinent. Ces facteurs sont des déclencheurs de risque de submersion
marine des zones susceptibles d’être submergées.

L’exposition du littoral aux risques liés aux dynamiques météo marines favorise la
vulnérabilité côtière suite à la littoralisation importante de la côte de Saïdia-Nador.

La modélisation des risques de la submersion marine sur la zone côtière du Maroc


oriental est basée sur les paramètres de la hauteur significative des houles et la topographie de
la zone. En effet, l’approche est basée sur la formule de Hoozemans et al (1993) pour déterminer
les surfaces submergées selon les hauteurs du niveau de la mer.

Dft: MHW + St + Wf + Pf

Avec:

MHW: Niveau moyen des hautes eaux ;

St: Élévation relative du niveau marin ;

Wf: Hauteur des houles de tempêtes responsables des inondations ;

Pf: Élévation du niveau marin sous l’effet d’une baisse de pression.

Les étapes méthodologiques proposées par Hoozemans et al (1993) ont été appliquées
par Snoussi M., et al (2008), Sbai A., et al (2012) et Lasgaa H., et al (2010), pour déterminer
les niveaux d’inondation par la somme des facteurs impliqués dans l’élévation du niveau de la
mer.

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II.1: Zones potentiellement submergées lors de l’élévation du niveau de la mer

L’année 2022 a été marquée par des événements météo-marins fréquents. Le dernier
étant celui du 4/04/2022 et du 06/04/2022 ; la lagune de Marchica est sortie de son niveau
habituel pendant cette période (Photo. 17).

Photo 17 : Inondation de la corniche de Nador lors de l’évènement météorologique du 4/04/2022


et du 06/04/2022
(A : inondation de la corniche ; B : après le retrait des eaux, au niveau de la lagune de Marchica)

La corniche a été totalement submergée à cause de l’élévation du niveau de l’eau sur


la lagune. La ville de Saïdia a connu le même sort puisqu’elle a été impactée par la même vague.
Les zones les plus menacées par la submersion sont principalement la ville de Saïdia et la station
balnéaire étant donné leurs faibles altitudes et leurs infrastructures de base vulnérables. La
modélisation des niveaux d’inondations élaborées à partir du couplage entre les données de
restitution et les plans d’aménagement présente les zones inondables lors d’un événement
météorologique extrême (Fig. 76).

L’approche de simulation d’élévation du niveau de la mer a permis d’identifier les


zones exposées à la submersion marine. Pour la zone de Sadia-Cap de l’Eau, 1 m de hauteur de
la mer est suffisant pour couvrir 10 % de la plaine côtière. L’embouchure de la Moulouya et la
station touristique sont les plus touchées par ce niveau de risque. Avec un niveau de plus de
2 m, la moitié de la plaine côtière sera sous l’eau de la mer en raison de la faible altitude de
cette dernière. Si le niveau est supérieur à 6 mètres, la zone sera totalement envahie par la mer

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en raison de la faible pente qui favorise la flexibilité d’eau marine vers la plaine côtière. Sur
l’extrémité de la zone d’étude, Nador et Arekmane sont les deux sites les plus menacés par une
submersion marine. En effet, l’élévation du niveau de la mer peut provoquer un impact à
différentes échelles. Lors d’une élévation de 1 mètre, les surfaces concernées seront de 20 %.
Si le niveau de l’eau est de 2 mètres, les zones touchées seront de 80 %. Par contre, la hauteur
supérieure du niveau de la mer engendre un risque néfaste sur la ville de Nador et le centre
d’Arekmane à cause de leur proximité au littoral. En effet, plus de 95 % seront sous l’eau lors
d’un tel événement extrême (Fig. 76 et 77).

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Figure 76 : Cartographie du risque de submersion marine à Saïdia - Cap de l’Eau

Page | 156
Figure 77 : Cartographie du risque de submersion marine à Arekmane
Page | 157
Figure 78 : Cartographie du risque de submersion marine à Beni Nsar et Nador
Page | 158
II.2: Impacts socioéconomiques des risques de submersion marine

Au-delà de la mise en danger des habitants, les risques de la submersion marine


s’étendent aux biens, aux infrastructures de base, aux activités économiques et à
l’environnement côtier. Ils peuvent générer des coûts très élevés (Fig. 79 et 80).

Sous l’effet de l’élévation du niveau de la mer, l’espace bâti peut être impacté à
plusieurs niveaux. Selon le scénario utilisé, on peut projeter quatre niveaux de dommage:

❖ Scénario de 0-1 m: concerne les bâtiments les plus proches de l’estran. En effet,
on compte plus de 1000 bâtiments menacés par les inondations marines. Pour
les infrastructures de bases, on estime plus de 194 km de routes impactées,
d’assainissement et d’eau potable.
❖ Scénario de 1-2 m: ce dernier couvre plus de 3000 hectares. Autrement dit,
2645 bâtiments submergés et 175 km d’infrastructures noyées.
❖ Scénario supérieur à 2 m: pour ce niveau, la majorité de la plaine côtière de
Saïdia sera submergée par l’eau de mer. Par contre, la ville de Nador sera
impactée sur une surface de 2263 hectares (2183 bâtiments, 235 km
d’infrastructures touchés).

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Figure 79 : Effet des risques de submersion marine sur l’occupation du sol à Saïdia-Cap de l’Eau Page | 160
Figure 80 : Effet des risques de submersion marine sur l’occupation du sol aux alentours de la Marchica

Page | 161
Figure 81 : Effet des risques de submersion marine sur l’infrastructure à Saïdia-Cap de l’Eau

Page | 162
Figure 82 : Effet des risques de submersion marine sur l’infrastructure aux alentours de la Marchica

Page | 163
III: Risques géologiques, géomorphologiques et géotechniques sur la bande
côtière de la Région de l’Oriental

III.1: Historique des événements sismiques

La zone côtière de la région de l’Oriental est un point de secousses inter-plaques du


continent africain où interviennent la plaque d’Alboran et la plaque continentale d’Europe. En
effet, plusieurs activités sismiques sont actives sur les différents sites du littoral de Saïdia-
Nador.

Les domaines du Sud de l’Espagne (chaîne bétique) et du Nord du Maroc (Rif) sont
géo-dynamiquement liés au domaine d’Alboran, situé entre l’Ibérie et l’Afrique (Tahayt A., et
al 2008). Le domaine bético-rifain, structuré pendant le cycle alpin (Chalouan A., et al 2001 ;
Michard A., et al 2002), est découpé en de nombreuses écailles tectoniques très fracturées, avec
un grand contraste rhéologique entre ces unités. Les nappes du Rif chevauchent la marge
africaine proprement dite vers le Sud (Tahayt A., et al 2008). Dans cette situation, les Bétiques
et le Rif subissent des contraintes liées à la convergence oblique de direction NW–SE entre
l’Afrique et l’Eurasie, au niveau du domaine d’Alboran (MCclusky et al 2003). La vitesse
moyenne de cette convergence a été estimée entre 3 et 5 mm/an (Calais E., et al 2003 ; Demets
C., et al 1994 ; MCclusky S., et al 2003). La répartition des séismes en profondeur permet de
localiser les accidents de la croûte potentiellement actifs (Fig. 83).

Page | 164
Figure 83 : Événements sismiques ayant affecté la province de Nador (1901-2018)

Source : [Link] Page | 165


III.2: Risques d’érosions de falaise à Arekmane

Quelques habitations sur la falaise du centre d’Arekmane sont abandonnées en raison


de la dégradation progressive de la falaise liée à certains effondrements. L’urbanisation sur la
falaise vive d’Arekmane constitue un défi. Il conviendra de protéger les habitations non
seulement d’une façon durable, mais aussi d’assurer la résilience des habitats face aux risques
de l’érosion de la falaise d’Arekmane (Photo. 18).

Les vagues creusent le sol en dessous de la villa

Photo 18: Érosion sous la base de l’habitat à Arekmane

Source : Hlal (2022)

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D’après le suivi terrain du 2018 jusqu’à 2022, nous avons constaté que l’extension des
risques d’érosions reste très limitée géographiquement, du fait qu’elle ne concerne que la zone
des falaises d’Arekmane. Ce sont globalement des séries en faciès sableux et limoneux. Les
diaclases en évolution d’une manière menacent les habitats à proximité de la falaise vive
d’Arekmane (Photo. 19).

Photo 19: Diaclase en évolution sur la falaise vive d’Arekmane


Source : Hlal (2022)
III.3: Impacts socioéconomiques de l’érosion des falaises

L’effet d’éboulement impacte plusieurs constructions dans le centre d’Arekmane.


Notre investigation terrain recense plus de 72 bâtiments impactés par ce risque
géomorphologique des falaises. Sur la partie Est d’Arkemane, le risque d’éboulement menace
5 villas affectées par ce risque géomorphologique (Fig. 84).

Chaque année, les séquences de la falaise vive perdent une masse sédimentaire
importante. C’est une perte résultante tout simplement d’une mauvaise gestion de cet espace
littoral. Ce dernier ne tolère pas l’empiétement de l’emprise potentielle du développement du
trait de côte. Cette dynamique spatio-temporelle est due, d’une part, à l’ampleur des facteurs
artificiels agissant directement sur les côtes combinées aux forces météo-marines (vagues,
courants, marées, vent…) et aux facteurs liés à la géodynamique marine exprimée au niveau de
la bande limitrophe par une translation du trait côtier. Ceci résulte de la régression de la falaise
au niveau d’Arekamne (Fig. 84).

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Figure 84 : Habitat vulnérable aux risques d’érosions sur le site d’Arekmane

Source: Plan détaillé des diverses portions du domaine public de l’État et des
collectivités locales, Agence pour l’aménagement du site de la lagune de Marchica, février
2022

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IV: Risques anthropiques sur littoral de Saïdia-Nador

IV.1: Aménagement du risque au lieu d’aménagement durable

L’aménagement de la zone côtière de l’Oriental a provoqué une accentuation des


risques au lieu de réduire leurs effets sur les habitants et les activités économiques. À Saïdia, la
construction de la digue pour maintenir le problème d’ensablement du port de plaisance a eu
l’impact souhaité. En effet, l’ensablement dépasse rarement la digue vers le bassin du port de
plaisance (Photo. 20).

Photo 20 : Digue de protection du bassin du port de Saïdia

Source : Hlal (2022)


Vers L’Ouest de la zone d’étude, l’installation des blocs en bétons pour réduire l’effet
des houles a eu l’effet positif pour protéger les habitats sur Arekmane. De plus, l’agressivité
des vagues provoque une érosion sur les falaises du centre urbain et elle menace les
constructions à proximité de la mer (Photo. 21).

Les actions anthropiques sur Arekmane visent la stabilisation des fronts marins
convoités et ce, afin de réduire les risques d’érosion et de déséquilibre côtiers. Or, dans le cas
de la dynamique littorale, l’aménagement individuel (Bétonnières) visant à réduire l’effet des
houles sur le rivage, notamment l’emprise sableuse et l’érosion de la falaise vive, a montré ses
limites. Par contre, l’intervention de processus naturels (comme la recherche du point

Page | 169
d’équilibre) pourrait favoriser la durabilité et la stabilité de la bande littorale, donnant lieu à la
création des coupures naturelles (Photo. 21).

Photo 21: Techniques de protection contre l’effet des vagues

Source : Hlal (2022)


Les constructions sur la haute plage (corniche, club) empêchent la mer de prélever sur
ces milieux des matériaux susceptibles d’alimenter la basse plage lors des tempêtes. Ainsi,
l’action érosive de la houle et des courants côtiers se concentre alors sur la plage elle-même en
transformant la composition granulométrique par prélèvements des sables fins et concentration
des sables grossiers. En outre, la destruction des dunes au profit des projets immobiliers et
touristiques ne fait que faire disparaître la réserve des sédiments nécessaire à l’équilibre des
côtes (Paskoff, 1996). Les projets immobiliers sont aussi impactés en raison de l’absence
d’étude des risques. Sur la zone de Saïdia, des projets résidentiels sont lancés sur des zones à
basse altitude. Même les techniques de remblaiement de terrain avant le lancement de travaux
ne peuvent réduire l’effet des inondations. En effet, ces zones restent impactées par la remontée
de la nappe phréatique. Ce qui augmente l’inondabilité des immeubles et le problème de

Page | 170
vulnérabilité des bâtiments en raison de l’humidité et de la salinité qui favorisent la dégradation
des matériaux utilisés dans la construction des résidences (photo. 22).

Photo 22 : Les modes d’aménagements côtiers


Source : Hlal (2022)

IV.2: Pollution d’eau (cas de l’embouchure et la lagune de Marchica)

Le SIBE de la Moulouya et la lagune de Marchica sont des sites classés d’intérêt


biologiques et écologiques. Malgré cet intérêt, ces derniers sont impactés par les actions
anthropiques non durables. Le rejet sur ces écosystèmes à plusieurs sources (activités
touristiques, activités industrielles, et artisanales, etc.). Pour le site de la Moulouya, l’activité
touristique est la raison de la majorité des déchets observés sur le site biologique (photo. 23).

Les activités humaines ont un impact significatif sur la qualité des eaux de surface,
entraînant des problèmes tels que la pollution de l'air, les rejets d'effluents, l'utilisation d'engrais
agricoles et la surexploitation des ressources en eau (Niemi et al 1990). Ces activités exercent
une pression considérable sur les écosystèmes aquatiques, provoquant une détérioration de la
qualité de l'eau, une diminution de la biodiversité, une perte d'habitats essentiels et une
dégradation globale des écosystèmes aquatiques et estuariens (El Hmaidi et al 2020).

L’étude réalisée par El Hmaidi et al (2020) a calculé l'indice de pollution de l'eau (PI)
d’oued Moulouya, révélant que la majorité des stations (86%) ne montrent pas de signes de
pollution, principalement dans les zones amont. Cependant, la qualité de l'eau se dégrade
particulièrement dans les zones où les activités agricoles et touristiques des communes de
Berkane et Saïdia sont présentes.

Quant à la lagune de Marchica, une étude menée par Oujidi et al (2020) a montré que
cette étendue d'eau de 15 km2 est directement impactée par les rejets provenant des activités
urbaines et économiques. Les variations saisonnières ont également un effet significatif sur les
concentrations de certains métaux tels que le fer (Fe), le cuivre (Cu), le nickel (Ni), le cadmium

Page | 171
(Cd), le manganèse (Mn), le zinc (Zn), le chrome (Cr) et le plomb (Pb) dans la lagune (Oujidi
et al 2020).

Les concentrations moyennes de certains métaux dans la lagune de Marchica étaient


inférieures aux normes établies par l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis
(USEPA, 2016) pour la préservation de la vie aquatique en eau salée, tandis que d'autres métaux
dépassaient ces normes (Oujidi et al 2020).

Ces constatations soulignent l'importance de mettre en place des mesures de gestion et


de régulation pour atténuer les effets néfastes de la pollution d'origine anthropique sur la
Moulouya et la lagune de Marchica. La protection de ces écosystèmes fragiles nécessite une
attention particulière afin de préserver la biodiversité et de maintenir la qualité de l'eau dans ces
zones.

Photo 23: Déchets solides jetés sur le SIBE de la Moulouya (à 300 mètres de l’estuaire)

Source : Hlal (2022)

La lagune de Marchica n’échappe pas à son tour à cette problématique. Elle subit des
rejets liquides et solides, d’origines diverses:

• La pollution domestique: elle est liée aux eaux usées des quartiers dépourvus
d’assainissement collectif. Sans oublier les rejets de la station d’épuration et

Page | 172
des boues de séchage, stockés au bord de la lagune et qui constituent une
pollution azotée et phosphatée favorable à l’eutrophisation du milieu.
• Les rejets des activités industrielles drainés par les oueds de l’amont vers la
lagune.
• Les rejets d’hydrocarbures utilisés dans les moteurs des barques de pêche, et
ceux des huiles de vidange et des eaux de lavage provenant des stations de
services.
• La pollution solide des décharges incontrôlées, les déchets industriels et du
BTP, les résidus miniers et les ordures ménagères du grand marché de Nador
sont en effet stockés dans une décharge publique non contrôlée, installée dans
une dépression inondable (photo. 24).

Photo 24: Remblaiement par déchets du BTP afin de gagner du terrain aux dépens de la lagune
(Site d’Arekmane)
Source : Hlal (2022)

IV.3: Dégradation du patrimoine écologique et biologique du littoral par la


surexploitation

Le littoral de Saïdia-Nador est caractérisé par une diversité de ressources naturelles


très riche. Ce littoral est rendu vulnérable en raison de la mauvaise gestion de l’exploitation
humaine.

Depuis la construction des retenues de barrages sur la Moulouya, le recul de la plage


de Saïdia a été relativement limité du fait de l’érosion du delta par les courants de la houle. Le

Page | 173
recul du delta semble néanmoins avoir ralenti depuis 1995 ; ce qui peut sans doute être mis en
relation avec la forme plus rectiligne qu’il présente. Depuis 1997, la présence du port de
plaisance bloque le transit sédimentaire et accumule le sable le long de ses digues (Benata M.,
2016).

Surface de l’ancien tracé du


cours d’eau

Photo 25 : Chemin du cours d’eau de la Moulouya en 02/07/2023

Source : Hlal (2022)

Les ressources naturelles de la zone côtière Nord-Est du Maroc sont soumises à une
exploitation massive de son potentiel. En effet, le constat de vulnérabilité de l’écosystème côtier
avec le rythme d’exploitation non durable des ressources engendre un déficit irréversible en eau
impactant le patrimoine écologique et biologique. C’est le cas, pour la Moulouya en particulier
qui marqué par le recule de son débit et sa largeur à l’estuaire (photo. 25). Ce faible débit de la
Moulouya traduit le manque de ressources en eaux qui couvraient à l’origine les demandes des
habitants de la région, l’activité agricole tout le long d’oued. Il peut aussi être ajouté les activités
touristiques qui gaspillent un volume important d’eau pour irriguer les terrains de golf.

Les études menées par Badraoui (2001) pour les horizons 2000 et 2020 au niveau des
différents bassins permettent de soutenir que la situation de déficit en eau est déjà enregistrée
et effective au niveau du bassin versant de la Moulouya. En 2000, il est estimé que sur 1230 m3
d’eau mobilisés, 655 m3 sont utilisés, mais en 2020, sur 1430 m3 d’eau mobilisés 1760 m3
devraient être utilisés, soit un bilan de déficit de 62 m3 en 2000. Par contre, il sera de -201 m3
en 2020 (Bouslihim A., et al, 2020) (tableau 10).

Page | 174
Tableau 10: Les potentialités hydriques de la Moulouya (en Mm3/an)

Mobilisation Emploi
Mobilisation Emploi Bilan Bilan (ABH)
(ABH) (ABH)

Bassin/Année

2000 2020 2000 2022 2000 2020 2000 2020 2000 2020 2000 2020

Moulouya 1230 1430 1230 1760 1292 1631 - 906 -62 -201 - 854

Source: Badraoui, 2001 et l’Agence du bassin hydraulique de la Moulouya, 2022

Page | 175
La déforestation de la forêt de Tazagraret à Saïdia par le promoteur touristique
FADESA a provoqué un déséquilibre environnemental à l’échelle de la biodiversité de la plaine
côtière. En effet, le rasage de cette ceinture verte libère le mouvement des sables par les vents
vers l’arrière-plage (Fig. 85 et 86).

Figure 85: Carte de la forêt de Tazagraret avant le démarrage du projet de la station balnéaire
de Saïdia
Source: Carte topographique de Triffa 1/50 000

Page | 176
Figure 86: Carte montrant que la forêt de Tazagraret a totalement été remplacée par la station
balnéaire de Saïdia
Source: Image satellite de Google Earth 2004 et 2022

La surexploitation concerne aussi des sables utilisés sur les travaux de construction
mobiliers (BTP) depuis le démarrage du projet FADESA. La majorité des sables est extraite de
la plage pour alimenter le besoin en travaux BTP. L’exploitation ne s’arrête pas ici, car elle
continue vers l’arrière-pays de la plage. Plusieurs carrières d’extraction de sable sont ouvertes
sur les berges de la Moulouya ; elles sont destinées aux nouveaux projets de promotion
immobilière. Aussi, d’après Benata les berges de la Moulouya ont connu l’extraction des sables
(photo. 26).

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Photo 26: Extraction du sable des berges de la Moulouya au niveau de Kharbacha le mois de
mars 2014 (Taybi, 2014)
Sur la zone de Nador, l’utilisation des engrais agricoles pour augmenter la productivité
conduit à la pollution du sol et des ressources en eaux. Ce sont les oueds qui alimentent la
lagune de Marchica qui subissent davantage l’impact de cette activité anthropique. La
surexploitation est aussi provoquée par d’autres secteurs d’activités notamment l’activité de la
pêche, les activités industrielles et les besoins urbains (Fig. 87).

Page | 178
Figure 87 : Impact des activités anthropiques sur les ressources en eaux

Page | 179
Conclusion du chapitre II

La côte de la région Orientale présente un paysage panoramique varié, naturel et


artificiel, dont certains lieux, protégés par des houles, sont en accrétion. Par exemple: la partie
Est du port de Saïdia, la rive gauche de la Moulouya vers Cap-de-l’Eau et la partie Est du port
de Béni Nsar. Par contre, d’autres sites sont soumis à des processus d’érosion, allant de faible
à modéré pour les côtes à falaise, plus forte pour l’embouchure de la Moulouya, la plage
d’Arekmane et le cordon dunaire de la Marchica.

Le recul de la côte meuble sur le site de Saïdia et Arekmane expose les biens
socioéconomiques aux risques de submersion marine; là où les cordons dunaires sont les moins
développés et les aménagements prennent mal en compte l’hydrodynamique marine. C’est le
cas pour la corniche de la Marchica qui a été submergée lors de l’élévation du niveau de la mer
en avril 2022. Saïdia n’échappe pas à son tour à cette problématique qui touche le tampon tout
au long de la plage vu sa faible hauteur et l’installation d’infrastructures touristiques
importantes.

Les inondations ont certains effets sur la zone malgré la construction du canal de
déviation des eaux d’écoulement d’Ouled Mansour. Elles ont toujours posé un défi sur la plaine
de Saïdia. La remontée de la nappe favorise la submersion des terrains à basse altitude. Sur la
partie Ouest de la zone d’étude, les risques d’inondation sont focalisés sur Nador en raison de
la densité démographique et des activités économiques importantes. Les projets de canalisation
des oueds Selouane, Oued Caballo et Oued Béni Enssar et de ses affluents pour pallier ou
réduire les risques d’inondations n’ont pas donné les résultats souhaités. Des quartiers de Nador
souffrent jusqu’aujourd’hui de la problématique d’écoulements torrentiels des oueds lors des
événements météorologiques importants. Ainsi, les ressources naturelles du littoral sont
menacées par la surexploitation massive qui dépasse leur potentiel. En effet, le débit de la
Moulouya a connu un recul important. Pour la Marchica, la pollution est en premier lieu liée au
déséquilibre de l’écosystème lagunaire. Aussi, l’augmentation des sources de la pollution dans
l’eau provoque une perturbation physico-chimique sur la lagune conduisant à la perte de la
faune et de la flore connues sur ce SIBE classées dans les zones de RAMSAR.

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Conclusion de la partie II

La bande côtière du Maroc oriental est considérée comme une zone d’interaction des
facteurs physiques et socioéconomiques. Mais, elle est aussi connue par sa vulnérabilité
multidimensionnelle à l’échelle spatio-temporelle. Ces paramètres engendrent des risques
d’origines climatiques, géomorphologiques, marines et anthropiques. L’intensité de chaque
risque dépend de l’agressivité des aléas, de la densité et de l’importance de l’enjeu
socioéconomique.

D’après l’analyse des formes et les niveaux du risque, nous constatons que les zones
connues par une densité importante de la population et des activités économiques sont les plus
susceptibles d’être touchées par un risque. La géomorphologie et la topographie sont aussi
arbitraires pour déterminer l’agressivité du danger.

En terme statistique, le risque d’érosion touche 70 % du littoral de la Région ; les


inondations fluviatiles et la remontée des nappes phréatiques menacent 60 % de l’espace urbain
de Saïdia et 90 % du tissu urbain des villes de Nador et Béni Nsar. La zone d’étude n’est
cependant pas épargnée des risques de la submersion marine. D’après la modélisation des
niveaux de la submersion marine, il est à noter que les zones à une faible altitude sont les plus
susceptibles d’être submergées. En effet, la plaine côtière, le centre d’Arekmane, le cordon
dunaire et la corniche de la Marchica sont des zones impactées par le risque de la submersion
marine.

L’aménagement du littoral est appelé à prendre en considération deux paramètres


primordiaux dans les modes de gestion: le premier est lié à la vulnérabilité et le deuxième
paramètre aux formes du risque côtier connues sur la zone côtière de Saïdia-Nador.

Page | 181
Partie III: Impacts des aménagements et modes
de gestion des risques côtiers

Introduction

La gouvernance des risques côtiers sur le littoral du Maroc oriental représente un enjeu
majeur en matière de protection de l’écosystème côtier au regard de la dégradation irréversible
de sa richesse biologique et écologique. En effet, la mise en place des outils de planification
spécifiques à ces milieux complexes est une démarche fondamentale de la préservation du
patrimoine naturel de la côte de Saïdia-Nador.

La gouvernance implique une convergence d’actions des différents acteurs publics en


matière de gestion intégrée du littoral méditerranéen du Maroc oriental. Effectivement, elle
permet de maîtriser l’extension aléatoire de l’urbanisation et d’équilibrer les potentialités
environnementales et les besoins de croissance socioéconomiques.

La perspective de la gouvernance du risque dans différentes solutions est fondée sur la


mise en place de l’état physique du littoral. En premier lieu, elle doit permettre d’impliquer
davantage la population et les activités économiques, de telle sorte qu’elle apprenne et fasse
comprendre l’importance de ces mesures pour la prévention des risques et, si possible, assume
des responsabilités dans la gestion à court, moyen et à long terme. Cette approche peut être une
stratégie de gestion intégrée de la côte de la région de l’Oriental.

Notre troisième partie aborde l’évaluation des politiques sectorielles en matière


d’aménagement de la zone côtière et la prospection de gouvernance du littoral d’un point de
vue géographique.

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Chapitre I: Impacts des projets d’aménagement côtiers sur le
littoral de Saïdia-Nador

Introduction

Plusieurs actions d’aménagements ont été réalisées sur le territoire de la côte de


l’Oriental. La vulnérabilité côtière est intimement liée à la nature et à l’importance des impacts
négatifs des projets d’aménagements. Leurs effets peuvent être remarqués à des échelles
diverses: locales et/ou sur toute la zone côtière. Lorsque la distance du projet d’aménagement
réalisé ou projeté augmente, il est constaté une inversion de relation entre les sites qui vont subir
les impacts négatifs directs et ceux qui vont bénéficier des retombées positives. Par exemple,
la plage sur la partie droite du port de plaisance de Saïdia a connu un développement important
après la réalisation du port de la station balnéaire.

À ce stade, il convient d’analyser les projets d’aménagements réalisés et leurs impacts


sur l’écosystème côtier de la zone d’étude.

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II: Projets d’aménagement réalisés ou en cours de réalisation

II.1: Interventions individuelles (populations, investisseurs)

Les modes d’actions humaines individuels dépendent des besoins et/ou des risques qui
touchent la population et ses biens. Sur la zone d’étude, les empreintes humaines sont bien
marquées sur Arekmane. Plusieurs aménagements ont été faits pour protéger les villas aux pieds
de la plage. Mais, ceux-ci ne contribuent qu’à perturber la dynamique marine et, par conséquent,
à accélérer l’érosion sur le trait de côte. La plage et la falaise d’Arekmane subissent une forte
érosion (photo. 27).

Photo 27 : Photo illustrant les modes d’aménagements individuels de la population d’Arekmane


pour atténuer l’effet des houles sur leurs maisons

Source : Hlal (2022)

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II.2: Le projet Nouvelle Station Touristique de Saïdia (NSTS)

Après l’obtention d’autorisation le 30 mars 2004, le promoteur FADESA s’est


mobilisé pour réaliser la station touristique entre 2003 et 2010 sur deux phases.

L’étude d’impact sur l’environnement n’a pas été faite pour analyser les effets du
projet du complexe touristique (Benata M., et al 2016).

La station balnéaire a été construite sur une surface de 713 ha et 6 km de front de mer
(Benata M., et al, 2016). Elle est constituée d’un port qui a été renforcé par une digue de
protection contre les houles, 8 hôtels de hauts standings, plus de 2545 villas et des
appartements, 3 parcours de golf avec 18 trous (photo. 28).

Photo 28 : Station Saïdia Méditerranéa

Source : Agence pour l'Aménagement du Site de la Lagune de Marchica (2022)

Page | 185
II.3: Les barrages

Pour la zone d’étude, les grands barrages construits sur la Moulouya afin d’atténuer
les eaux de l’amont et ayant pour objectif de préserver de l’eau sont le barrage Mohammed V
et le barrage Mechrâa Hammadi. En plus, il existe des barrages colinéaires visant à retenir des
eaux fluviatiles, notamment celui de Mechrâa Safsaf.

La majorité de ces ouvrages d’art sont localisés sur la moyenne et la basse de la


Moulouya (tableau. 11).

Tableau 11: Les barrages existants et en cours de réalisation

Capacité de la retenue
Barrage État Hauteur en (m)
(Mm3)

Barrage en
Saïdia4 10 0,3
cours

Barrage
Mechrâa Hammadi 57 8,40
existant

Barrage
Mohammed V 64 410,00
existant

Barrage Hassan II à Barrage


122 400
Midelt existant

Barrage Laghrass sur Barrage


83 275,00
Oued Za existant

Barrage
Msakhskha 20 2,7
existant

Barrage
Batmat Rma 20 0,8
existant

Source: Agence du bassin hydraulique de la Moulouya, 2022

4
[Link]
Page | 186
II.4: Projet de Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC)

Le projet de GIZC s’inscrit dans le cadre du programme « Partenariat stratégique pour


la Méditerranée ». Il est focalisé principalement sur 4 secteurs stratégiques ; plus précisément,
la gestion des eaux de surface et souterraines, le traitement des eaux usées domestiques et
industrielles, la conservation de la biodiversité et la gestion intégrée des zones côtières. Ce
projet cible les zones suivantes5:

➢ La côte de Saïdia-Ras El Ma, incluant le site Ramsar de l’estuaire d’oued


Moulouya ;
➢ La commune rurale de Beni Chiker, incluant le SIBE du Cap des Trois
Fourches et une partie du SIBE de la montagne Gourougou ;
➢ La Lagune de Nador ;
➢ La commune rurale de Boudinar, située dans la province de Driouch.

Le projet est d’un coût total de 5,8 millions $ de don FEM et de 20 millions $
(Cofinancement gouvernemental). Les objectifs définis sur le périmètre du projet sont définis
comme ci-dessous6:

➢ La mise en œuvre à titre pilote de l’approche de gestion intégrée des zones


côtières (GIZC) sur la côte méditerranéenne du Maroc.
➢ Le renforcement des capacités locales en matière d’intégration de la GIZC dans
la planification.
➢ L’amélioration de la conservation et de la gestion des ressources naturelles
côtières: forêts, zones humides, pêche côtière, sols, aires protégées, etc.
➢ Le renforcement de la résilience des communautés côtières aux changements
climatiques, par l’amélioration de la gestion de l’eau et la mise en œuvre
d’activités génératrices de revenus (apiculture, arbres fruitiers, récifs artificiels,
écotourisme, etc.).

5
[Link]
6
[Link]
Page | 187
III: Impacts des projets réalisés

III.1: Impacts sur l’environnement

Les effets environnementaux des projets d’aménagement sur la côte de Saïdia-Nador


sont classés selon le type d’intervention et le niveau d’impact. La démarche méthodologique
vise à adopter une analyse transversale des impacts de chaque projet installé sur la zone côtière
de la région de l’Oriental.

À Saïdia, les projets de la station touristique de Saïdia Méditerranéa et le port de


plaisance ont des effets bien marqués sur l’environnement. L’érosion de l’embouchure de la
Moulouya est massive étant donné que l’installation du port n’a pas pris en compte les facteurs
d’orientation et d’amplitude des houles et la dérive littorale. En effet, la morphodynamique du
trait de côte est inversée, et les zones qui ont été affectées par l’érosion sont en état de
progression. Par contre, les zones de dépôt des sédiments sont des scènes marquées par un
déficit morpho-sédimentaire.

L’impact ne s’arrête pas ici. Effectivement, l’installation de la station touristique


engendre des effets négatifs notamment la dégradation des ressources en eaux, car les terrains
de golf exploitent directement les eaux de la Moulouya. Les besoins de la NSTS sont évalués
dans la phase de démarrage à 60 l/s et atteindront 170 l/s en croisière. Le SDAULMO (2001) a
quantifié les besoins de ce mégaprojet à 135 Mm3/an et le déficit atteindra 40 Mm3/an en 2025
(SDAR). Pour cela, il faudrait, selon les décideurs, une quantité de 730 Mm3 par an pour
combler le déficit hydrique sur le littoral (Benata M., 2016). Concomitamment, le patrimoine
écologique a été dégradé du fait de la déforestation qui touche la forêt de Tazakrert, donc plus
de 80 % de la superficie forestière a été détruite au profit du projet touristique.

À Arekmane, les aménagements sont particuliers en raison de l’intervention directe de


la population. Pour ce cas, l’objectif des actions est de protéger les biens contre l’effet des
vagues. Les modes d’interventions sont limités sur la pose des blocs de pierre visant à réduire
l’impact direct des houles sur les maisons à proximité de la mer. Par contre, l’intervention de
la population aggrave l’état et elle conduit à la destruction d’autres sites, notamment sur la
falaise et la plage sableuse qui subit l’érosion directe lors de la dérive littorale.

Page | 188
L’installation des barrages engendre une diminution du bilan sédimentaire au profit de
l’estuaire de la Moulouya. En plus, les barrages installés sur la Moulouya et leurs affluents
provoquent un affaiblissement du débit écologique de la Moulouya. Cela impacte la faune et la
flore du SIBE.

Les périodes de sécheresse provoquent une diminution du niveau de la nappe


phréatique et conduisent à un risque d’intrusion marine. L’intrusion marine est moins présente
depuis 26 ans, d’après les travaux de Sadki (1996) qui a montré que l’aquifère sableux de Saïdia
est marqué par une stratification verticale de la qualité des eaux depuis la surface jusqu’au
substratum. La classification de Stuyfzand (1989) a aussi permis de mettre en évidence une
faible désalinisation de la nappe liée à la recharge par les pluies (El Halimi N., et al 1999).

Aujourd’hui, l’intrusion marine est bien enregistrée à l’échelle de la zone côtière. Sur
la plaine de Bouareg, l’étude menée par El Mandour A., et al (2007) conclut que la
problématique d’intrusion est relativement liée à l’intensité spatiale de la conductivité
électrique. En effet, les périmètres impactés par la salinité sont divisés en trois zones:

❖ Une zone à forte conductivité (>30 000 µS/cm): elle est caractérisée par des
valeurs très élevées de conductivité électrique. Cette augmentation se produit
dans la direction opposée à l’écoulement des eaux souterraines. Ce qui
s’explique par les affleurements marneux contenant de l’évaporite.
❖ Une zone à moyenne conductivité (9000-30000 µS/cm): dans la partie centrale
de la plaine, les valeurs restent majoritairement supérieures à 6000 µS/cm. Ce
qui explique l’effet d’Oued Selouane.

Page | 189
❖ Une zone à faible conductivité (3000-9000 µS/cm): ce champ concerne
principalement les parties ouest et est de la plaine. Cet indicateur montre que
l’aquifère est rechargé par des eaux plus fraîches provenant des massifs qui
bordent la plaine.

Figure 88: Évolution spatiale de la conductivité électrique sur la plaine côtière de Saïdia (2009)

Source : (Boughriba, et al. 2006) et (Melloul, et al . 2009)

Page | 190
Figure 89: Évolution spatiale de la conductivité électrique sur la plaine de Bouareg (2005)

Source : (Chaouni, et al. 1997) et (Bloundi, M. 2005)

III.2: Impacts socioéconomiques

L’évaluation socioéconomique des projets d’aménagements a pour objet de mettre en


exergue les avantages et les limites de chaque projet sur la population et l’économie de la zone
côtière. Les avantages sont basés sur les bénéfices potentiels par rapport au coût du projet.

L’analyse socioéconomique s’appuie sur l’approche d’identification et de


quantification des impacts directs et indirects sur le littoral de la Région. En effet, le littoral a
connu une augmentation des activités saisonnières, notamment, tout ce qui est en rapport avec
le secteur du tourisme. Le démarrage de la station balnéaire de Saïdia permet d’attirer les
visiteurs vers la plaine côtière. Le nombre des nuitées touristiques enregistrées dans les
établissements d’hébergement touristique classés au niveau des villes d’Oujda et Saïdia s’est
élevé à 700 000 nuitées durant l’année 2019 (HCP, 2021).

Page | 191
Vers L’Ouest, le lancement du projet d’aménagement de la lagune de Marchica permet
de valoriser le Grand Nador en proie à une stagnation socioéconomique. En effet, il favorise
l’ouverture à l’international à travers la mise en valeur du port de Béni Ensar.

Le projet de la Marchica ouvrant de nouvelles zones à l’urbanisation est une solution


à la problématique du déficit foncier rencontré à Nador. En effet, l’aménagement de la lagune
facilite l’ouverture de nouveaux chantiers structurants sur le périmètre de la Marchica: la cité
d’Atalayoun, la cité des deux mers, la Ville Nouvelle de Nador, le village des Pêcheurs, la baie
des Flamands, Marchica Sport et les vergers de Marchica. L’objectif étant d’assurer un niveau
de vie stable pour la population.

Page | 192
Conclusion du chapitre I

L’aménagement côtier de la zone nord de la région de l’Oriental est marqué par deux
dimensions (environnementales et socioéconomiques). L’effet de certains projets n’a pas été
aux attentes vu leur impact négatif sur l’écosystème côtier. Aussi, le modèle du projet de la
station balnéaire engendre un dérèglement sur la morphodynamique littorale et la dégradation
du système dunaire et végétal. Par contre, d’autres projets lancés dans le cadre de
MedWestcoast et Smap III ont permis de réduire les effets sur les sites d’intérêt biologiques et
écologiques classés (SIBE de la Moulouya et de la Marchica).

L’évolution des activités sur la façade côtière et l’évolution importante de la


population installée sur les villes de Nador et Saïdia engendre une surexploitation des
ressources en eaux qui semble rare aujourd’hui et la pollution due aux rejets industriels et des
ménages. L’agriculture et le tourisme sont aussi positionnés comme des activités qui affectent
les ressources par l’exploitation ou par les rejets qui contribuent à la salinité des nappes à cause
des produits chimiques. Du côté des bénéfices, le lancement des projets a favorisé la dynamique
économique de la zone côtière et de l’arrière-pays. Plusieurs emplois ont été créés de manière
directe ou indirecte afin d’absorber le taux de chômage qui touche la zone et toute la région. En
plus, le déficit foncier que connaît Nador a été réduit, car le projet de la Marchica propose de
nouveaux territoires pour l’urbanisme. Cela a permis de diriger l’extension urbaine selon les
visions tracées sur les documents d’urbanisme des villes de Saïdia et Nador.

Page | 193
Chapitre II: Gouvernance des risques côtiers
le long du littoral de Saïdia-Nador: Approche adaptative
et durable

Introduction

La gouvernance des risques côtiers est une approche adoptée par les acteurs publics
afin d’atténuer les dégâts et l’intensité des risques sur plusieurs dimensions. La prise en compte
de la vulnérabilité du littoral nécessite une gestion durable de la façade nord de la région.

L’État et les acteurs locaux ont pris des mesures opérationnelles et réglementaires pour
une bonne maîtrise de la zone côtière. Cela ne sera possible que si tous les acteurs partagent la
même stratégie et acceptent la coopération pour avoir des décisions durables et transversales de
différents secteurs.

Ce chapitre évalue les stratégies publiques et les perceptions d’aménagement côtier du


point de vue géographique basé sur la recherche approfondie et l’analyse de la dynamique
côtière dans sa globalité.

I: Mesures directives

La zone côtière de la région de l’Oriental est une scène de mutations socioéconomiques


importantes, l’environnement n’est pas épargné de cette mutation. De ce fait, la mise en place
de mesures directives comme outil d’harmonisation d’un équilibre entre les besoins des
activités économiques et les potentiels de l’écosystème côtier de Saïdia-Nador s’avèrent une
légitime nécessitée.

I.1: Plan d’aménagement urbain

Si les villes connaissent aujourd’hui de nombreux problèmes et surtout des contraintes


naturelles, c’est aussi parce qu’après l’indépendance il n’y a pas eu de réflexion sur les sites
dans lesquels les villes ont été créées (Bahkan M., et al 2018).

Les espaces géographiques favorables à l’extension sont très limités et ont été
consommés depuis longtemps. L’extension se fait sur les versants du Mont Gourougou (Hay
Tirekkaâ) à Nador, mais également sur les terres irriguées au Sud et au Sud-Ouest à Arekman

Page | 194
(plaine de Bou Areg). Donc la seule zone possible pour l’évolution de la ville de Nador et le
centre d’Arekman se trouve au Sud des deux espaces urbains malgré le risque qu’elle présente
(au détriment des terrains agricoles). Nous pouvons donc estimer que les sites des villes
limitrophes de la lagune constituent des contraintes à leurs évolutions et que l’extension urbaine
était en harmonie avec le déterminisme géographique qui a imposé des axes définis favorables
à l’extension avec quelques exceptions au cours des dernières années (Bahkan M., et al 2018)
(Fig. 91et Fig. 92).

Malgré leur couverture en document d’urbanisme réglementaire, Saïdia, Arekmane et


Nador ont accumulé durant le siècle passé plusieurs carences et insuffisances. Leur
développement urbain a provoqué des dysfonctionnements, non seulement du point de vue de
la qualité du cadre bâti, mais aussi en ce qui concerne la qualité des services urbains et la
dégradation du patrimoine naturel. Les causes sont multiples ; à ce propos, nous citons la nature
des documents d’urbanisme que même les professionnels reconnaissent comme complexe et
rigide, la multiplicité des acteurs de la planification urbaine et l’insuffisance de
gouvernance due en grande partie à la pléthore institutionnelle et le mélange des rôles des
acteurs publics de la gouvernance urbaine.

Parmi les manifestations d’hétérogénéité entre l’urbanisme formel et l’état


d’urbanisation de Nador, nous mentionnons aussi l’extension aléatoire de la ville, son déficit
en équipements, la prolifération de l’habitat insalubre, la crise des transports publics et
l’absence de vision de développement de la ville. À ce propos, nul doute que Saïdia ait connu
depuis 1997 diverses dynamiques ayant favorisé les disparités socioéconomiques et la
régression des milieux naturels, confirmant ainsi un développement inégal dans le tissu urbain
de cette ville touristique (Fig. 90).

Page | 195
Figure 90: Plan d’aménagement du Saïdia

Source : Agence urbaine d’Oujda 2019


Page | 196
Figure 91: Plan de zonnage du Cap de l’Eau

Source : Agence urbaine de Nador 2013 Page | 197


Figure 92: Plan d’aménagement d’Arekmane
Source : Agence pour l’aménagement du site de la lagune de Marchica 2022
Page | 198
Page | 199
Limite du périmètre urbain

0 500 1000 m

Figure 93: Plan d’aménagement de Nador

Source : Agence urbaine de Nador 2000 Page | 200


I.2: Plan national du littoral

Le plan élaboré le 2 juin 2022 dans le cadre de la loi du littoral n° 81.12 vise à intégrer
la dimension de la protection du littoral dans les politiques sectorielles en se basant sur les
recherches scientifiques, socioéconomiques et environnementales disponibles. Ainsi,
l’approche de gestion intégrée prend en compte la vulnérabilité d’écosystème du littoral et la
pression anthropique sur les ressources menacées par la dégradation. À ce titre, il prévoit les
mesures à prendre pour prévenir, lutter et réduire les risques de pollution côtière.

Dans ses objectifs, le plan fixe six axes d’intervention et 20 objectifs (article 2). Il
s’agit d’instaurer une bonne gouvernance du littoral en renforçant la concertation et la
convergence des politiques sectorielles publiques, et d’instaurer un climat de coopération entre
les institutions, les élus, le secteur privé et la société civile afin d’assurer une planification
durable du littoral. Dans ce cadre, le plan insiste sur l’importance du partage des données
relatives au littoral, afin de renforcer l’implication et la participation des citoyens et des élus
dans les politiques environnementales. Il souligne la nécessité de relancer et de coordonner la
recherche scientifique et l’innovation pour un développement côtier durable.

L’objectif du dit plan dépend de la mise en œuvre des objectifs sur la réalité, afin
d’abstraire les avantages et les limites en matière d’application. La stratégie du plan vient d’une
façon pour la protection du littoral et privilégie la durabilité dans l’aménagement côtier.

I.3: Schéma régional du littoral

Le schéma régional est fondé sur des recherches scientifiques dans les divers aspects
liés à la zone côtière (environnemental et socioéconomique). C’est un instrument opérationnel
de la gestion intégrée du littoral.

Selon la loi du littoral 81-12, le schéma a pour optique de prendre en compte les
mesures d’aménagement, de protection de mise en valeur et la conservation des écosystèmes
du littoral pendant 20 ans de sa validité.

Aussi, il doit avoir une vision de convergence et d’harmonisation avec les orientations
des autres programmes de planification et de gestion du territoire, notamment le plan
d’aménagement urbain, les schémas directeurs, etc.

Page | 201
Au niveau du littoral de Saïdia-Nador, l’adoption d’un schéma régional du littoral n’est
pas encore planifiée. Même, le constat du littoral du Maroc oriental traduit la vulnérabilité de
son patrimoine naturel et de ses ressources due principalement à l’urbanisme et à la croissance
des activités économiques sur la ceinture côtière de la Région.

I.4: Plan d’aménagement spécial de la Marchica

Le plan d’aménagement spécial (P.A.S) est un instrument réglementaire concernant la


mise en œuvre des missions dévolues à l’Agence pour l’aménagement du site de la lagune de
Marchica. Le plan est un outil d’aménagement et de planification en termes d’activités
socioéconomiques qui vise l’évolution progressive des tissus urbains.

Les objectifs du plan d’aménagement spécial se focalisent sur les axes suivants:

➢ La protection et la mise en valeur de la lagune et de ses milieux humides, à


travers la recalibration des oueds et des cours d’eau en assurant leur écoulement
naturel vers la lagune en vue de maîtriser les risques d’inondations, la
dépollution de la lagune et de ses alentours ; celles-ci contribuent aussi à la
protection du milieu lagunaire et des alentours contre les rejets domestiques,
industriels, et l’urbanisation anarchique et insalubre, la protection du cordon
dunaire et la préservation floristique et faunistique du milieu lagunaire.
➢ La préservation du patrimoine naturel, agricole et paysager du site de la lagune:
cela nécessite une préservation du périmètre irrigué et de le faire évoluer vers
des pratiques agricoles durables en promouvant des initiatives de protection et
reconstruction du paysage naturel de la lagune et de ses alentours.
➢ Le développement du site dans ce cadre de cohérence territoriale doit être
maîtrisé: cet objectif est illustré par l’intégration des plans sectoriels nationaux,
le développement du projet d’aménagement dans le cadre d’une vision globale
et la planification durable de l’espace urbain de manière rationnelle en limitant
l’étalement urbain.
➢ La promotion d’un urbanisme durable respectueux du citoyen et de son
environnement par le respect des droits acquis, le développement humain place
au centre des préoccupations des opérations d’aménagement, la protection de
la population et ses biens contre les risques naturels en tenant compte des

Page | 202
enjeux environnementaux, notamment ceux relatifs à la préservation contre
toute forme de dégradation.
➢ La mise en place des nouveaux modes de transport durable favorisant une
mobilité fluide (tram-train, transport maritime, etc.).
➢ Il importe par ailleurs d’introduire l’innovation en termes de planification et de
maîtrise d’ouvrage urbaine à partir de la promotion d’un urbanisme
opérationnel visant la réalisation de projets multifonctionnels portés par les
aménageurs tout en garantissant la qualité du cadre bâti à travers la mise en
place d’une charte architecturale et paysagère.

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Figure 94: Plan d’aménagement spécial du site de la Marchica (février 2022)

Source : Agence pour l’aménagement du site de la lagune de Marchica, 2022


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À travers l’analyse des avantages et des limites du P.A.S effectuée par l’Agence pour
l’Aménagement du Site de la Lagune de Marchica, nous constatons que le plan fait face à 4 défis
majeurs. Le premier défi correspond à la vulnérabilité et à la dégradation du milieu lagunaire ;
le deuxième est l’extension urbaine massive ; la troisième relève de la problématique foncière ;
enfin, le dernier porte sur l’agriculture.

En effet, la lecture analytique du rapport du P.A.S reflète l’importance des objectifs


qui doivent être alimentés par l’engagement des différents acteurs du secteur public, du secteur
privé et de la société civile afin de parvenir à plus d’avantages en termes d’application.

II: Mesures réglementaires

Les principaux actes juridiques marocains pour les zones côtières se présentent sous
deux formes: les réglementations et les directives fournies par les agences d’aménagement et
les services publics de planification territoriale. Les réglementations sont les lois de protection
de l’environnement et de l’aménagement du territoire. D’autre part, les directives exigent
certaines actions pour atteindre les résultats prévus dans ces dernières selon les délais de sa
mise en œuvre.

II.1: Loi sur le littoral

En 2015, le législateur marocain a promulgué la loi n° 81-12 relative au littoral qui


vise la préservation de l’équilibre des écosystèmes côtiers dans toutes ses composantes de
prévention et d’atténuation des impacts de la pollution et la dégradation du littoral
(gouvernement Marocain, Loi n° 81-12 relative au littoral, 2015).

Ladite loi est considérée comme une phase de transition pour le Maroc en ce qui
concerne la politique de gestion et d’aménagement côtier. Elle comble un vide réglementaire
dans ce domaine depuis l’indépendance du Maroc en 1956.

L’analyse du contenu de la loi n° 81-12 permet de constater qu’il y a deux piliers qui
ont été priorisés dans ladite loi:

 La protection du périmètre côtier à plusieurs échelles (Rivage, plage et arrière-


plage): la loi prescrit des mesures pour l’aménagement et l’installation des
infrastructures. Il est mentionné que la zone non constructible d’une largeur de
100 m est calculée à partir de la limite entre terre et mer. Mais, la limite exacte
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entre le continent et la mer (estran min, estran moyen et/ou estran max) reste
imprécise et demande à être plus détaillée. Du point de vue géomorphologique,
une distance de 100 m pour interdiction de la construction ne semble pas suffire
parce que la bande côtière est variable d’une zone à une autre.

Si on applique ces mesures sur le terrain, on trouve le non-respect de la distance


mentionnée dans l’article 15 de la loi n° 81-12. A Saïdia, des services de restauration sont
installés près de la mer (estran max) parfois sur l’estran moyen. Ce qui provoque l’inondation
de ces constructions lors de l’avancement de la mer vers la zone naturelle de son rivage
(Fig. 95).

Figure 95 : Modèle 3D pour les distances des constructions par rapport à la distance
réglementaire
Source : [Link] (2022)

 Gestion intégrée du littoral: la loi porte un intérêt particulier à l’écosystème


côtier, visant l’équilibre de l’environnement côtier en prenant en considération
des dimensions physiques et socioéconomiques. Cela a été garanti à travers la
gestion intégrée qui a fait l’objet de plans directeurs, notamment le schéma
national du littoral qui a pour vocation d’assurer l’application des stratégies
nationales et la cohérence des politiques sectorielles multidimensionnelles.

Même si cette gestion intégrée s’est révélée opérationnelle pour la zone de Saïdia-
Nador, l’état physique de la côte est dégradé en raison de l’exploitation exponentielle des
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ressources naturelles qui semblent vulnérables et irréversibles. Donc, l’action pour l’atténuation
des impacts serait de mener en premier lieu des actions de sensibilisation avec les différents
acteurs du territoire (Décideurs, acteurs privés, populations et associations) ; l’objectif étant de
gouverner des actions anthropiques de sorte à garder la durabilité des ressources.

II.2: Loi de l’environnement

En 2014, après 11 ans d’application de la loi 11-03 relative à la protection de


l’environnement, la Charte nationale de l’environnement et du développement durable est
annoncée: son but étant d’assurer la préservation des ressources et milieux naturels, de
biodiversité et du patrimoine culturel, de prévenir contre la pollution (ministère de la transition
énergétique, 2017). Il est aussi mis l’accent sur l’intégration du développement durable dans
les politiques publiques sectorielles.

Afin de projeter ses objectifs, la Charte nationale se base sur 7 principes qui constituent
les piliers de cadrage à respecter pour les stratégies et les interventions des acteurs publiques et
les autres parties dans le domaine de l’environnement et du développement durable
(gouvernement marocain, 2014).

Les principes sont:

1) L’intégration: elle consiste à adopter une approche globale, intersectorielle et


transversale lors de l’élaboration et de l’application des plans d’action des
acteurs.
2) La territorialité: ce principe exige la prise en compte de la dimension
territoriale, notamment régionale, en vue d’assurer l’articulation des mesures
initiées sur les différents niveaux (national, régional et local).
3) La solidarité: elle permet à travers sa triple dimension (sociale, territoriale et
intergénérationnelle) de renforcer la capacité à réduire la vulnérabilité et de
promouvoir la rationalisation d’exploitation des ressources naturelles.
4) La précaution: elle prend en compte les risques technologiques qui peuvent
impacter l’environnement et provoquer des dommages potentiellement graves
ou irréversibles.
5) La prévention: elle a pour objectif la mise en place d’outils d’évaluation des
impacts afin de prendre les mesures concrètes pour réduire leurs effets négatifs.

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6) La responsabilité: chaque acteur (public, privé et/ou société civile) est
responsable de tout acte qui cause des dommages à l’environnement.
7) La participation: elle implique d’ouvrir la participation des acteurs privés et
la société civile dans le processus d’élaboration des stratégies et les plans
relatifs à la protection de l’environnement et au développement.

Même si le Maroc a adopté cette charte dans le domaine de l’environnement, qui


correspond aussi aux milieux côtiers, il faut réexaminer et renforcer les mécanismes
d’applications de la législation en vigueur. En effet, au lieu d’élaborer de nouvelles lois, nous
proposons l’élaboration de règlements, et des guides sur la méthodologie et les procédures qui
permettent de mieux interpréter et d’appliquer la charte nationale. D’une façon spécifique, le
manque de cohérence et les mécanismes d’applications complexes conduisent à une mauvaise
compréhension des mesures réglementaires de ladite loi.

En effet, il est recommandé pour assurer un environnement côtier durable, de renforcer


le soutien local dans une optique de préservation des milieux naturels sur le littoral du Maroc,
notamment sur la façade côtière de la région de l’Oriental. L’objectif étant d’atténuer les crises
environnementales dans la région (régression des ressources en eaux, salinité, pollution,
dégradation irréversible des SIBEs de la Moulouya et de la Marchica, intrusion marine, etc.).
Donc, il est nécessaire de déterminer les priorités, de rationaliser les modes d’exploitation de la
zone côtière et de renforcer l’application afin de promouvoir une approche durable. À ce propos,
il est à noter que le renforcement d’initiatives de la société civile dans les prises de décision
relatives à l’environnement semble arbitraire dans la gestion durable du littoral de la Région.

II.3: Code de l’urbanisme

Depuis le Protectorat, de nombreuses lois et décrets ont visé à planifier à gérer l’espace
urbain afin d’assurer l’harmonisation du paysage urbain. Dans ce cadre, la Loi n° 12-90 relative
à l’urbanisme vient renforcer l’application des normes de planification urbaine.

Même si ladite loi prescrit des mesures pour la planification urbaine, elle ne spécifie
pas clairement les spécifications d’urbanisme pour les zones côtières. Ceci peut être considéré
comme une lacune dans le Code de l’urbanisme vu l’évolution importante tout le long de la
ceinture nord de la région de l’Oriental.

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La notion de l’environnement côtier n’a pas été mentionnée dans la loi ou d’autres lois
relatives au littoral afin d’éclaircir les normes d’aménagement urbain dans la zone côtière.

Les impacts de l’urbanisation dans la zone littorale de Saïdia-Nador vont bien au-delà
de la seule transformation de l’utilisation des sols: Atteintes aux milieux, accroissement de la
vulnérabilité côtière, mise en difficulté des économies liées à la mer, modification des paysages
naturels, vulnérabilité sociale, etc. Tout cela constitue un système problématique, qui a conduit
à la mise en place progressive d’une réglementation visant à encadrer l’urbanisme du littoral.
Cette dernière rétroagit négativement sur le système lui-même, en limitant les possibilités de
l’extension urbaine ou en mettant sous protection certains espaces naturels. Cependant, la
dynamique de l’urbanisation n’est pas pour autant amoindrie. La gestion de la zone côtière a
atteint un tel niveau de complexité que les regards se tournent depuis quelques années vers de
nouvelles approches, globalisantes, dites intégrées. Elles préconisent une approche
décloisonnée des problèmes littoraux, de sorte que l’urbanisation ne doit plus être envisagée
seule, mais en relation avec les autres caractéristiques du littoral. Cette évolution offre des
perspectives certaines de progrès dans le traitement de la problématique du développement
équilibré du littoral. Elle ne fait toutefois pas disparaître la nécessité de poursuivre des
recherches spécifiques en ce qui concerne les composantes de cette problématique.

II.4: Loi de l’eau

La loi 36-15 vient pour remplacer l’ancienne réglementation de 1995. Elle a été
homologuée pour éclaircir certaines dispositions, notamment celles en rapport avec les
ressources en eaux de la zone côtière. Ladite loi n° 36-15 met l’accent sur la protection du
milieu aquatique et la promotion du développement durable des ressources en eau
(gouvernement marocain, 2016).

Même si les réglementations interdisent toute action non rationnelle conduisant à la


dégradation de ces milieux vulnérables, l’État aujourd’hui est pessimiste pour la qualité de l’eau
dans ces écosystèmes et la pollution qui touche la lagune de la Marchica et l’embouchure de la
Moulouya.

L’opérationnalisation de cette loi n’arrive pas à réduire les effets des actions
anthropiques sur les ressources en eaux et les milieux aquatiques. En effet, l’application du
principe « les acteurs de dommages doivent payer » est la règle la plus convenable afin de
réduire les effets néfastes de l’homme sur la zone côtière nord de la Région de l’Oriental.
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Sur le plan de la gestion des risques, la loi fait des propositions d’aménagement
hydraulique afin d’atténuer les risques de submersion et des inondations. Certes, pour mettre
en place ces aménagements, il faut avoir une étude pluridisciplinaire sur la catégorie et
l’intensité des risques hydrologiques.

III: Perception d’aménagement côtier

III.1: Approche d’aménagement côtier du point de vue géographique

Les deux sites (Saïdia-Cap-de-l’Eau et Arekmane-Béni Nsar) présentent des enjeux


environnementaux et socioéconomiques importants, en raison de la vulnérabilité côtière aux
actions anthropiques et les effets de la variabilité climatique. En effet, la planification de cette
zone nécessite une vision géographique dans la perception d’aménagement côtier. D’après
l’analyse des modes d’aménagements côtiers, la planification doit être basée sur une stratégie
de gestion intégrée de la zone côtière selon l’état de l’art de chaque site du littoral de la région
de l’Oriental (Partie I).

Il s’est avéré que le site de Saïdia-Cap-de-l’Eau nécessite une priorité plus particulière
en matière de planification, notamment le site biologique et écologique de la Moulouya et le
marécage de Chrarba en raison de l’état critique de ce patrimoine naturel classé comme SIBE
de RAMSAR. L’aménagement doit privilégier l’aspect environnemental à travers la
préservation du milieu naturel, tout en gardant son identité naturelle et interdisant toute action
artificielle du paysage naturel. Aussi, l’artificialisation de la plage de Saïdia a impacté
directement la morphodynamique côtière. Donc, tout mode d’intervention doit forcément
prendre en compte l’évolution du trait de côte. Pour ceci, le diagnostic de la dynamique côtière
avant et après la planification apparait plus que nécessaire afin de veiller sur l’état du littoral.

La gestion des risques est d’une haute importance dans l’aménagement de la bande
côtière. Le risque d’inondation fréquent qui touche la ville de Saïdia engendre des
problématiques liées à la remontée de la nappe phréatique et au noyage du réseau
d’assainissement. Ce dernier fait appel à une nouvelle méthode de planification du réseau
d’assainissement, notamment le renouvellement du système d’assainissement de la ville à
travers le redimensionnement des égouts et la création d’un réseau d’évacuation des eaux
fluviatiles vers des bassins de collecte et de mobilisation des ressources en eaux afin d’alimenter
la ville et les activités économiques en eaux mobilisables. Cette technique aura permis de

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valoriser les ressources en eaux et de mettre en place des solutions alternatives d’exploitation
des eaux. Sous les pieds d’Ouled Mansour, le canal d’évacuation des eaux fluviatiles a subi un
envasement ayant pour origine les chabâats de l’amont; ce dernier requiert à chaque fois des
interventions par les engins d’évacuations des dépôts sur le canal principal. Aussi, pour atténuer
les effets d’érosion en amont d’Ouled Mansour, il est recommandé la mise en œuvre d’un plan
de reboisement afin de minimiser l’effet du ruissellement en amont et de protéger le canal en
aval.

Vers L’Ouest aux alentours de la Marchica, les villes de Béni Nsar, Nador et le centre
d’Arekmane sont des sites regroupant des problématiques multidimensionnelles. Elles sont
liées aux risques d’inondations, aux risques d’érosions côtières et de la submersion marine,
ainsi qu’à l’extension urbaine sur les bords des oueds; celle-ci favorisant l’effet direct des
inondations fluviatiles sur la ville de Nador et les risques progressifs des houles sur les habitats
proches de la mer au niveau du centre d’Arekmane. L’atténuation de ces effets sur les enjeux
socioéconomiques aux alentours de la Marchica doit tout d’abord mettre fin à l’urbanisation
insalubre à travers les mesures réglementaires et les documents de la planification qui sont déjà
mis en place pour la gestion intégrée de la Marchica et les alentours de la lagune.

Les espaces géographiques favorables à l’extension sont très limités et ont été
consommés depuis longtemps (Bahkan, et al 2018). En effet, la gouvernance foncière du
territoire de la zone d’Arekmane-Nador-Béni Ensar est la bonne voie vers une planification
durable de l’espace urbaine des villes et la maîtrise de son évolution et sa consommation des
terrains naturels et des terres agricoles. L’extension horizontale pour la ville de Nador est la
solution optimale du déficit foncier de la ville au lieu d’ouvrir de nouvelles zones à l’urbanisme.
Pour le centre d’Arekmane, la mise en place des brise-lames dans la mer présente une méthode
fiable pour réduire l’effet des houles sur le rivage et protéger les habitats qui sont localisés sur
moins de 100 mètres du trait de côte.

III.2: Aspect de durabilité en gestion de la zone côtière

La planification intégrée des zones côtières du Maroc oriental a pour objectif de


prioriser l’environnement. À ce titre, il est nécessaire de gérer les actions anthropiques afin de
rationaliser l’utilisation les ressources naturelles du littoral, et de mobiliser les acteurs et des
moyens de planification pour réduire la dégradation progressive de l’écosystème côtier. Dans
cette perspective, la démarche d’aménagement durable doit avoir une dimension globale, voire

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géographique, basée sur les indicateurs environnementaux et socioéconomiques d’une part.
D’autre part, il est nécessaire d’identifier les mutations spatiales positives et/ou négatives de la
convergence de ces indicateurs.

Maintenir l’urbanisation à travers la limitation des zones ouvertes à l’urbanisme sur


les zones naturelles proches du rivage et des bords des oueds permet d’atténuer le
dysfonctionnement de l’écosystème côtier tout en privilégiant la protection de l’habitat contre
les risques de submersion marine et des inondations fluviatiles. Dans ce sens, l’interdiction de
construire sur la bande littorale des 100 mètres, la préservation des espaces remarquables ou
l’interdiction d’implanter des voies de circulation nouvelles à moins de 100 m du rivage
constituent autant de mesures de protection. Mais celles-ci ne sont pas respectées, et plusieurs
projets d’aménagements ont conduit à atténuer la portée des protections. C’est le cas de la
protection de la bande des 100 mètres avec l’implantation de services ou d’activités touristiques
à la proximité de l’eau ; c’est aussi le cas des aménagements dans les espaces remarquables
dont le champ a été étendu.

L’aménagement côtier durable doit avoir pour optique de maintenir l’équilibre entre
les préoccupations environnementales et les préoccupations socioéconomiques. C’est, sur cette
base qu’ont été élaborés des principes de conduite (durabilité forte et faible, principe de
précaution) ainsi que des règles de gestion intégrée de la zone côtière pour la protection du
littoral sensible; une zone sensible à toute intervention de mauvaise gouvernance où il importe
de trouver un équilibre entre les potentialités environnementales et les besoins des activités
socioéconomiques.

La durabilité de la zone côtière repose sur trois critères: la mobilisation des citoyens
et des élus concernant l’importance de préservation de la zone côtière et ses enjeux sur la
croissance économique, la réduction des inégalités sociales sur le littoral de Saïdia-Nador à
travers l’égalité et l’équité vis-à-vis des potentialités disponibles.

Incontestablement, on ne peut que constater combien la dynamique d’urbanisation et


l’évolution économique sont impérativement liées à l’état de l’écosystème côtier. Aussi, toute
forme de dégradation conduit à une crise à double dimension: la rareté des ressources en eaux
et la faible employabilité engendrent un exode rural vers les périphéries de la ville de Nador et
de Béni Nsar; cette concentration importante des activités économiques contribuant à perturber
la morpho-dynamique côtière et à aggraver les risques de pollution. C’est pourquoi il est
nécessaire, en premier lieu, d’élaborer un plan d’aménagement durable de la zone côtière afin
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d’anticiper de tels risques, puis de définir des normes de durabilité côtière, mesurables par des
indicateurs spécifiques concernant les potentiels du milieu et la vulnérabilité côtière. Ces
derniers serviront de guide pour élaborer au sein des politiques publiques de nouveaux
mécanismes de partage visant à prévenir l’enclenchement de crises environnementales graves.
Ces indicateurs peuvent même déboucher sur la mise en œuvre d’un système d’information
géographique de surveillance de l’état du littoral pour mieux intervenir et réagir par une
approche multisectorielle.

Conclusion du chapitre III

La bonne gouvernance du littoral nécessite la collaboration et la coopération entre les


acteurs socioéconomiques et la société civile afin de promouvoir la gestion intégrée de la zone
côtière. Pour assurer une gestion efficace, il est essentiel que les différentes parties prenantes
convergent vers des objectifs communs. Cela signifie que les acteurs du secteur privé doivent
jouer un rôle actif en adoptant des pratiques responsables envers l'écosystème côtier. Ils doivent
prendre des mesures concrètes pour minimiser leur impact sur l'environnement côtier, tout en
contribuant au développement économique durable de la région. En s'engageant dans des
démarches responsables, le secteur privé peut contribuer à la préservation des ressources
naturelles et à la protection des écosystèmes côtiers fragiles, tout en bénéficiant des opportunités
économiques que peut offrir une gestion responsable du littoral.

Les élus, en tant que représentants des citoyens, jouent un rôle crucial dans la
protection du littoral en tant que patrimoine naturel vulnérable. Ils doivent être sensibilisés à
l'importance écologique et socio-économique des zones côtières et promouvoir des initiatives
visant à préserver les sites biologiques et écologiques précieux. En reconnaissant la valeur de
la Moulouya et de la lagune de la Marchica en tant qu'écosystèmes uniques, ils peuvent
encourager des mesures de conservation et de gestion appropriées. Cela implique de
promouvoir des réglementations et des politiques environnementales solides, de soutenir la
recherche scientifique et d'encourager la participation des communautés locales à la protection
de ces milieux côtiers. En sensibilisant les élus à la fragilité des écosystèmes côtiers et aux
conséquences potentielles de la dégradation de ces zones, on peut espérer une prise de décision
éclairée et des actions concrètes pour leur préservation à long terme.

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Conclusion générale

La côte de Saïdia-Nador est un espace attractif sur lequel se trouve concentrée la


population et les activités socioéconomiques dans un processus important de littoralisation. À
n’en pas douter, le littoral de la région de l’Oriental possède un très grand nombre de ressources
sur le plan des écosystèmes et de la biodiversité côtière (marine et continentale).
L’environnement littoral est toutefois sous une forte pression anthropique, notamment en raison
de l’intensification de l’occupation des sols et de la surexploitation des ressources naturelles.

Parallèlement, les projets de protection de l’environnement et le souci de promouvoir


le développement durable sont en plein développement. Ce constat nous a conduits à nous
intéresser à la manière de traiter les données relatives à diverses pressions anthropiques. Au
cours des différents stades de notre recherche, nous avons constaté que l’aléa climatique et le
caractère sensible du littoral avec une mauvaise intervention anthropique contribuent à générer
des impacts sur l’écosystème côtier d’une façon assez forte; ce que nous avons établi dans le
chapitre 2 en analysant la vulnérabilité environnementale de la zone d’étude. Dans ce contexte,
l’indicateur de vulnérabilité permet de mettre le point sur la quantification des données et de
fournir des connaissances pour mieux évaluer les impacts produits par ces forces motrices sur
l’environnement littoral.

L’évaluation de l’état de l’environnement littoral, telle qu’elle a été envisagée dans le


projet de recherche, a été effectuée suivant deux méthodes différentes:

Nous avons analysé les données collectées auprès des administrations et sur le terrain
à l’échelle de la zone d’étude et les transformations statistiques du nouveau jeu de données
(géographiques et tabulaires) à haute résolution afin de modéliser l’état de l’art de la
vulnérabilité multidimensionnelle. Cette approche qui est une amélioration de qualité d’analyse
nous a permis d’optimiser l’incertitude.

L’approche de synthèse fait apparaitre l’intensité du risque côtier et nous avons


appréhendé les perceptions de gouvernance d’actions anthropiques afin d’arriver à une gestion
intégrée de la zone côtière.

L’analyse multidimensionnelle prouve que les impacts produits diffèrent en fonction


du niveau d’effet de chaque paramètre (aléas physiques + actions anthropiques). Il est vrai que
du point de vue de la gestion, la multitude de niveaux décisionnels ne facilite probablement pas

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les interventions efficaces contre ces pressions et leurs impacts. Aussi, la notion d’intégration
reste probablement la vision de gestion optimale et la mieux organisée de l’environnement
littoral. Elle est l’une des nouvelles méthodes permettant d’optimiser la conservation et la
protection de l’environnement côtier. À ce titre, la combinaison d’informations locales et
régionales à différentes échelles constitue un moyen se structurant à des résolutions différentes
et qui contribuent à améliorer la compréhension de cette dynamique littorale.

De ce fait, nous ne pouvons que conclure que les pressions anthropiques sont très fortes
sur le littoral de l’Oriental. Les différentes parties de cette recherche aboutissent à une
conclusion synthétique mettant en exergue l’accumulation de perturbations humaines (activités
économiques, occupation du sol, etc.) à proximité du trait de côte avec des valeurs maximums
entre le trait de côte et une distance de 50~100 m de celui-ci. Par ailleurs, notons que l’ensemble
des indicateurs calculés montrent des pics d’intensité en s’approchant du littoral. La
multiplication des activités sur une combinaison environnementale marine, continentale et
transitoire représente la raison principale de cette accumulation du risque côtier.

De leur côté, les stratégies publiques nationales et régionales ont pour objectif d’agir
en faveur des écosystèmes littoraux à l’échelle de la côte de Saïdia-Nador. Les zones de
protection, notamment celles du SIBE de la Moulouya et de la Marchica sont incluses dans un
contexte d’intervention anthropique forte. Leur stabilité écologique dépend du maintien à long
terme d’une politique écologique durable sur des espaces riches. Les zones les moins soumises
à la présence de l’homme sont les sites les plus difficiles à exploiter économiquement, car ils
sont difficiles d’accès (facteur topographique et accessibilité de voie de communication). La
mise en place de gouvernance dans la gestion intégrée s’avère primordiale dans un contexte
d’exploitation de plus en plus extrême avec une littoralisation encore très forte et une
augmentation de la population sur la façade côtière.

Afin de prendre des décisions pertinentes, l’approche de suivi et de collecte sur terrain
est légitime pour comprendre les modes d’intervention de ces derniers et mettre en œuvre
conséquemment une politique appropriée de gestion des zones côtières. Assurément, cette
approche « multi-acteurs et multisectorielle » permettra d’asseoir une vision unique et plus
collaborative pour une bonne intervention sur la zone côtière.

Cela va sans dire que le littoral, l’environnement et les ressources naturelles sont
menacés par une pression anthropique croissante. Les cartes et les analyses synthétiques
réalisées témoignent clairement l’absence d’espaces épargnés (moins de 0,1 %). L’homme fait
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partie intégrante du processus de conservation et de protection de ses ressources naturelles, et
la mise en place de zones de protection ne sera pas suffisante pour renouveler les ressources
naturelles sans une législation adéquate. Dans cette perspective, les changements de
comportements et de nouvelles méthodes d’exploitation durable représentent la meilleure
solution face aux risques écologiques grandissants. Aujourd’hui, la population du littoral de
Saïdia-Nador paye déjà le prix fort d’une surexploitation massive des ressources côtières avec
une importante variabilité climatique et une sécheresse jamais connue dans la zone orientale du
Maroc. Laquelle zone constitue désormais un indicateur décisif du niveau de la vulnérabilité du
système côtier à court, moyen et à long terme.

Page | 217
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.‫فاس‬

Documents numériques

Plan de restitution de Saïdia (2004)

Carte géologique d’Oujda 1/500 000

Carte des mouvements récents du Rif au 1/500 000

Carte topographique de Saïdia 1/100 000

Carte topographique de Nador 1/100 000

Carte topographique de Berkane 1/100 000

Carte topographique d'El Aioun 1/100 000

Carte topographique de Cap Melonia 1/50 000

Page | 229
Carte topographique de Triffa 1/50 000

Image satellite de Google Earth 2004 et 2022

Webographie

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[Link]
6&month=12

[Link] (Image satellitale Land 9) (2021)

[Link] (Images satellitales: Land 9) (2022).

[Link] (Images satellitales: Land 9) (2023).

[Link] (Images satellitales: ETM 5, Land7, Land9) (2023).

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[Link] (2022)

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(2019)

[Link] (2022)

[Link] (2022)

[Link] (2022)

[Link]

(2022)

Page | 230
[Link]
(2022)

Liste des figures

Figure 1: Schéma d’analyse SWOT_____________________________________________ 12


Figure 2: Carte de situation____________________________________________________14
Figure 3: Carte géologique simplifiée du littoral de Saïdia-Nador et son arrière-pays______ 16
Figure 4: La géodynamique sur la côte de Saïdia-Cap de l’eau du littoral de Saida-Nador __ 18
Figure 5: Principales sources sédimentaires_______________________________________ 20
Figure 6: Localisation des échantillons de sables sur la côte de Saïdia-Cap de l’eau_______ 22
Figure 7: Localisation des échantillons de sables sur la côte d’Arekmane-Nador__________ 23
Figure 8: Courbes granulométriques des sables des sites de Saïdia ____________________ 25
Figure 9: Courbes granulométriques des sables des sites de cap de l’Eau________________ 27
Figure 10: Courbes granulométriques de la fraction sableuse des sites d’Arekmane-Béni
N’sar____________________________________________________________________ 29
Figure 11: Image satellite d’une dépression climatique sur le nord de l’Oriental__________ 31
Figure 12: Précipitations annuelles de Saïdia et Cap de l’Eau (1993-2022) ______________ 33
Figure 13: Précipitations annuelles de Nador et d'Arekmane (1993-2022) _______________ 34
Figure 14: Température moyenne pendant la période hivernale (hiver 1989-2021) ________ 36
Figure 15: Température moyenne pendant la période estivale (été 1989-2021) ___________ 37
Figure 16: Vitesse et orientation du vent (1985-2022) ______________________________ 39
Figure 17: Carte du réseau hydrographique et nappes phréatiques de la plaine côtière______ 41
Figure 18: Carte du réseau hydrographique et des nappes phréatiques de la plaine de Bouareg
_________________________________________________________________________ 42
Figure 19: Population urbaine du littoral de Saïdia-Nador entre 1960 et projection de 2030_ 43
Figure 20: Evolution démographique du littoral de Saïdia-Nador entre 1960 et les projections
de 2030__________________________________________________________________ 43
Figure 21: Site de pêche artisanale sur la Marchica_________________________________ 46
Figure 22: Evolution annuelle du trafic (en tonnes) du port de Nador
entre 2019-2021____________________________________________________________ 47

Page | 231
Figure 23: Capacité des établissements classés (2019-2020) _________________________ 48
Figure 24: Type des terrains sur la plaine côtière__________________________________ 49
Figure 25: Type des terres agricoles de la plaine de Bouareg_________________________ 50
Figure 26: Carte du sibe écologique d’embouchure de la Moulouya____________________ 53
Figure 27: Carte du sibe écologique de lagune de Marchica__________________________ 54
Figure 28: Évolution de l’espace bâti sur Saïdia-Cap-de-l’Eau (1956-2022) _____________ 56
Figure 29: Surface d’évolution de l’espace bâti sur Saïdia-Cap-de-l’Eau (1956-2022) _____ 57
Figure 30: Évolution de l’espace bâti sur Arekmane-Nador (1956-2022) _______________ 58
Figure 31: Surface d’évolution de l’espace bâti sur Arekmane-Nador (1956-2022) _______ 59
Figure 32: Carte de Saïdia-Cap-de-l’Eau_________________________________________ 64
Figure 33: Carte de vulnérabilité physique d’Arekmane-Nador_______________________ 65
Figure 34: Projection de l’indice de la vulnérabilité 2030____________________________ 67
Figure 35: Projection de l’indice de la vulnérabilité côtière à l’horizon de 2030__________ 68
Figure 36: Projection de la vulnérabilité côtière d’Arekmane-Nador à l’horizon de 2030___ 69
Figure 37: Schéma des paramètres du calcul de l’indice de vulnérabilité socioéconomique__ 73
Figure 38: Cartographie de la vulnérabilité socioéconomique_________________________ 76
Figure 39: Évolution linéaire du trait de côte entre Saïdia et Cap-de-l’Eau (1958-1979) ___ 84
Figure 40: Évolution linaire du trait de côte entre Arekmane et Nador (1958-1979) _______ 85
Figure 41: Synthèse de l’évolution moyenne du trait de côte entre Saïdia et Nador (1958-1979)
_________________________________________________________________________ 86
Figure 42: Évolution linéaire du trait de côte entre Saïdia et Cap-de-l’Eau (1979-2000)
_________________________________________________________________________ 88
Figure 43: Évolution linéaire du trait de côte entre Arekmane et Nador (1979-2000)
_________________________________________________________________________89
Figure 44: Synthèse d’évolution moyenne du trait de côte entre Saïdia et Nador (1979-2000)
_________________________________________________________________________ 90
Figure 45: Évolution linaire du trait de côte entre Saïdia et Cap-de-l’Eau (2000-2022)
_________________________________________________________________________ 92
Figure 46: Évolution linéaire du trait de côte entre Arekmane-Nador 2000-
2022_____________________________________________________________________ 93
Figure 47: Synthèse des risques d’érosion côtière entre Saïdia et Cap-de-l’Eau (1958-2022)
_________________________________________________________________________ 95

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Figure 48: Synthèse des risques d’érosion côtière entre Arekmane et Nador (1958-2022)
_________________________________________________________________________ 96
Figure 49: Synthèse de l’évolution moyenne du trait de côte entre Saïdia et Nador (1958-2022)
_________________________________________________________________________ 97
Figure 50: Points de mesures GPS (2018 et 2022) __________________________________99
Figure 51: Profils de la plage de Caracas________________________________________100
Figure 52: Profils à l’Est du port de Saïdia_______________________________________100
Figure 53: Profils à L’Ouest du port de Saïdia____________________________________101
Figure 54: Mouvement de la ligne de côte au niveau d’embouchure de Moulouya________102
Figure 55: Avancée du trait de côte sur le site de kamkoum El Baz____________________103
Figure 56: Recul du trait de côte à l’Est du port de Cap-de-l’Eau______________________104
Figure 57: Érosion de la ligne de côte sur Arekmane_______________________________105
Figure 58: Recul de ligne de rivage de la plage de Taourirt___________________________105
Figure 59: Profils à l’Est de la passe du cordon dunaire de la Marchica_________________106
Figure 60: Profils de la plage de Mouhandis______________________________________107
Figure 61: Avancement du trait de côte à l’Est du port de Béni N’sar__________________108
Figure 61: Dérive littorale sur le Nord-Est de la Région de l’Oriental__________________111
Figure 63: Hauteur de la marée à Nador_________________________________________113
Figure 64: Les houles sur la côte de Saïdia-Nador_________________________________115
Figure 65: Evolution des quantités des sédiments dragués au port de Cap-de-l’Eau_______117
Figure 66: Les principales sources d’alimentation sédimentaire de la zone côtière du Maroc
oriental ports installés et barrages _____________________________________________119
Figure 67: Intensité de littoralisation de la côte de Saïdia-Nador______________________130
Figure 68: Carte des inondations de la ville de Nador_______________________________136
Figure 69: Carte des zones historiquement connues par des inondations à la plaine côtière de
Saïdia___________________________________________________________________137
Figure 70: Carte des zones historiquement connues par des inondations à Nador__________138
Figure 71: Carte des zones historiquement connues par des inondations à Arekmane______139
Figure 72: Carte de niveau d’impact d’inondation à Nador-Béni N’sar_________________143
Figure 73: Carte de niveau d’impact d’inondation à Arekmane_______________________144
Figure 74: Carte de niveau d’impact d’inondation à Cap-de-l’Eau_____________________145
Figure 75: Carte de niveau d’impact d’inondation à Saïdia___________________________146

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Figure 76: Cartographie du risque de submersion marine à Saïdia- Cap de l’Eau _________149
Figure 77: Cartographie du risque de submersion marine à Arekmane_________________150
Figure 78: Cartographie du risque de submersion marine à Beni Nsar et Nador__________151
Figure 79: Effet des risques de submersion marine sur l’occupation du sol à Saïdia-Cap
de l’Eau__________________________________________________________________153
Figure 80: Effet des risques de submersion marine sur l’occupation du sol aux alentours
de la Marchica____________________________________________________________154
Figure 81: Effet des risques de submersion marine sur l’infrastructure à Saïdia-Cap
de l’Eau__________________________________________________________________155
Figure 82: Effet des risques de submersion marine sur l’infrastructure aux alentours de la
Marchica_________________________________________________________________156
Figure 83: Événements sismique ayant affecté la province de Nador (1901-2018) ________158
Figure 84: Habitat vulnérable aux risques d’érosions sur le site d’Arekmane_____________161
Figure 85: Carte de la forêt de Tazagraret avant le démarrage du projet de la station balnéaire
de Saïdia_________________________________________________________________169
Figure 86: Carte montrant que la forêt de Tazagraret a totalement été remplacée par la station
balnéaire de Saïdia_________________________________________________________170
Figure 87: Impact des activités anthropiques sur les ressources en eaux________________172
Figure 88: Évolution spatiale de la conductivité électrique sur la plaine côtière de Saïdia (2009)
________________________________________________________________________183
Figure 89: Évolution spatiale de la conductivité électrique sur la plaine de Bouareg (2005)
________________________________________________________________________184
Figure 90: Plan d’aménagement du Saïdia_______________________________________189
Figure 91: Plan de zonage du Cap de l’Eau ______________________________________190
Figure 92: Plan d’aménagement d’Arekmane_____________________________________191
Figure 93: Plan d’aménagement de Nador_______________________________________193
Figure 94: Plan d’aménagement spécial du site de la Marchica (février 2022) ____________197
Figure 95: Modèle 3D pour les distances des constructions par rapport à la distance
réglementaire_____________________________________________________________200

Page | 234
Liste des tableaux

Tableau 1: Flotte active par catégorie - Année 2019 _________________________________44

Tableau 2: Paramètres utilisés sur le calcul d’IVC__________________________________62

Tableau 3: Niveau d’effet de chaque paramètre sur le classement d’IVC_________________63

Tableau 4: Indices, sous-indices, et composantes de l’EVI rétrospectif__________________71

Tableau 5: Indices, sous-indices, et composantes de l’EVI rétrospectif du littoral Nord-Est de


la Région de l’Oriental_______________________________________________________75

Tableau 6: Inventaire des cartes topographiques, des photographies aériennes, des images
satellites et des mesures DGPS effectuées sur terrain pour l’analyse diachronique du trait de
côte de Saïdia-Nador entre 1958 et 2022__________________________________________81

Tableau 7: Quantification des marges d’erreur calculées pour le traitement d’orthocorrection


pour l’ancienne image de 1958_________________________________________________82

Tableau 8: Tableau des champs calculés par l’outil DSAS ; intégration sous ArcGis Desktop
10.8______________________________________________________________________83

Tableau 9: Surface inondée en hectare lors des crues et la montée de la nappe


phréatique________________________________________________________________141

Tableau 10: Les potentialités hydriques de la Moulouya (en Mm3/an)_________________168

Tableau 11: Les barrages existants et en cours de réalisation________________________179

Page | 235
Table des photos

Photo 1: Station totale Leica 1200______________________________________________98

Photo 2: Les sables dépassent la digue vers le bassin du port de Saïdia__________________118

Photo 3: Intensité de littoralisation de la côte de Saïdia______________________________120

Photo 4: Parc immobilier dans la ville de Saïdia___________________________________121

Photo 5: Cité d’Atalayoun _________________________________________________121

Photo 6: Pollution de la lagune de la Marchica____________________________________122

Photo 7: Déchets BTP et domestiques sur la falaise d'Arekmane______________________122

Photo 8: Projet de la cité d’Atalayoun___________________________________________123

Photo 9: Projet de la cité des deux mers_________________________________________124

Photo 10: Nouvelle ville de Nador ___________________________________________125

Photo 11: Village des pêcheurs________________________________________________126

Photo 12: La baie des flamands________________________________________________127

Photo 13: Marchica sport _________________________________________________128

Photo 14: Les vergers de Marchica_____________________________________________129

Photo 15: Digue de protection du port de Saïdia-Med couverte par de sables d'origine qui
débordent vers le bassin du port_______________________________________________131

Photo 16: Villa abandonnée sous l'effet d'érosion par les vagues______________________132

Photo 17: Inondation de la corniche de Nador lors de l’évènement météorologique du 5/04/2022


(a: inondation de la corniche ; b: après le retrait des eaux, au niveau de la lagune de
Marchica)________________________________________________________________148

Photo 18: Erosion sous la base de l'habitat à Arekmane_____________________________159

Page | 236
Photo 19: Diaclase en évolution sur la falaise vive d’Arekmane______________________160

Photo 20: Digue de protection du bassin du port de Saïdia___________________________ 162

Photo 21: Techniques de protection contre l’effet des vagues_________________________163

Photo 22: Les modes d’aménagements côtiers____________________________________ 164

Photo 23: Déchets solides jetés sur le SIBE de la Moulouya (à 300 mètres de l’estuaire) _ 165

Photo 24: Remblaiement par déchets du BTP afin de gagner du terrain aux dépens de la lagune
(Site d’Arekmane)_________________________________________________________166

Photo 25: Chemin du cours d’eau de la Moulouya en 02/07/2023____________________ 167

Photo 26: Extraction du sable des berges de la Moulouya au niveau de Kharbacha le mois de
mars 2014 (Taybi, 2014) ____________________________________________________171

Photo 27: Photo illustrant les modes d’aménagements individuels de la population d’Arekmane
pour atténuer l’effet des houles sur leurs maisons__________________________________177

Photo 28: Station Saïdia Méditerranéa__________________________________________178

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Table des matières

Dédicace __________________________________________________________________ 1

Remerciements ____________________________________________________________ 2

‫ _____________________________________________________________________ ملخص‬8

Résumé ___________________________________________________________________ 9

Abstract _________________________________________________________________ 10

Introduction générale ______________________________________________________ 11

Partie I: Diagnostic spatial du littoral de Saïdia-Nador __________________________ 16

Chapitre I: Potentialités et contraintes du littoral de Saïdia-Nador ________ 17


I: Caractéristiques physiques du littoral de Saïdia-Nador ____________ 17
II: Les mécanismes de l’évolution du trait de la côte septentrionale
méditerranéenne ______________________________________________________ 23
III: Caractéristiques et potentialités du littoral de Saïdia-Nador ______ 34

Chapitre II: Vulnérabilité côtière de la zone de Saïdia-Nador __________ 64


I: Indice de vulnérabilité physique _______________________________ 64
II: Indice de vulnérabilité socioéconomique (IVE) _________________ 73

Partie II: Analyse spatio-temporelle des risques côtiers sur le littoral de Saïdia-Nador 82

Chapitre I: Analyse multicritère des risques d’érosion côtière sur le Nord-Est


de la Région de l’Oriental _________________________________________________ 83
I: Analyse diachronique de l’érosion côtière _______________________ 86
II: Le suivi du trait de côte de Saïdia-Béni N’sar
par l’outil GPS (2018-2022):____________________________________________ 101
III: Facteurs responsables des risques d’érosion côtière ____________ 115

Chapitre II: Les risques hydroclimatiques, géotectoniques et anthropiques


sur le littoral de la région de l’Oriental _____________________________________ 140
I: Les risques d’inondations fluviatiles ___________________________ 140
II: Les risques de la submersion marine et les impacts
socioéconomiques ____________________________________________________ 153
III: Risques géologiques, géomorphologiques et géotechniques sur la
bande côtière de la Région de l’Oriental __________________________________ 164

Page | 238
IV: Risques anthropiques sur littoral de Saïdia-Nador _____________ 169

Partie III: Impacts des aménagements et modes de gestion des risques côtiers ______ 182

Chapitre I: Impacts des projets d’aménagement côtiers


sur le littoral de Saïdia-Nador ____________________________________________ 183
II: Projets d’aménagement réalisés ou en cours de réalisation ______ 184
III: Impacts des projets réalisés ________________________________ 188

Chapitre II: Gouvernance des risques côtiers le long du littoral de Saïdia-


Nador: Approche adaptative et durable ____________________________________ 194
I: Mesures directives __________________________________________ 194
II: Mesures réglementaires ___________________________________ 206
III: Perception d’aménagement côtier ___________________________ 211

Conclusion générale ______________________________________________________ 215

Références ______________________________________________________________ 218

Documents numériques____________________________________________________ 229

Webographie ____________________________________________________________ 230

Liste des figures __________________________________________________________ 231

Liste des tableaux ________________________________________________________ 235

Table des photos _________________________________________________________ 236

Annexe des profils en longs ________________________________________________ 240

Page | 239
Annexe des profils en longs

Profil en long 1

Page | 240
Profil en long 2

Page | 241
Profil en long 3

Page | 242
Profil en long 4

Page | 243
Profil en long 5

Page | 244
Profil en long 6

Page | 245
Profil en long 7

Page | 246
Profil en long 8

Page | 247
Profil en long 9

Page | 248
Profil en long 10

Page | 249
Profil en long 11

Page | 250
Profil en long 12

Page | 251

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