Bonjour Docteur Toky.
Voici le plan de cours réorganisé selon vos instructions précises,
intégrant les données du support et les mises à jour épidémiologiques de 2026.
1) Définition de la Peste
La pathologie se définit par :: une zoonose endémique des rongeurs.
Maladie infectieuse due à Yersinia pestis.
Bacille à Gram négatif capsulé.
Transmise à l'être humain par piqûres de puces infectées.
Appelée historiquement "Pestis atra" ou mort horrible.
Classée comme Maladie à Déclaration Obligatoire (MDO).
C'est une pathologie très fréquente car elle constitue un problème de santé publique
majeur dans les pays en développement.
Madagascar reste l'un des pays les plus touchés au monde.
Prévalence élevée avec environ 200 à 300 cas par an à Madagascar.
Lutter contre elle est fondamental en raison de son potentiel épidémique.
Intérêts de la lutte résident dans ou par : la gravité extrême de la maladie.
Létalité très élevée en l'absence de traitement précoce.
Urgence diagnostique et thérapeutique absolue.
Caractère de Maladie à Déclaration Obligatoire (MDO) aux autorités nationales et
internationales.
Risque de transmission inter-humaine foudroyante pour la forme pulmonaire.
Les Objectifs du programme sont : la réduction de la morbidité et de la mortalité.
Lutter contre le franchissement de la barrière d'espèces.
Éviter l'apparition et le maintien des facteurs de risque.
Assurer le dépistage et le traitement précoce des cas.
2) Épidémiologie Descriptive
Situation Mondiale & Régionale (OMS 2026) :
o La peste demeure endémique dans trois foyers principaux : Afrique, Asie
centrale et Amérique.
o En Afrique, les pays les plus actifs sont Madagascar, la RDC, l'Ouganda et la
Tanzanie.
o Le foyer d'Asie centrale reste le plus vaste réservoir naturel mondial.
Situation Nationale (Madagascar) :
o Pays le plus touché avec environ 70% des cas mondiaux rapportés sur la
période 2010-2015.
o Létalité nationale oscillant entre 10 et 20% sous traitement.
o Triangle principal au centre : Ambalavao, Lac Alaotra et Tsiroanomandidy.
o Triangle mineur au nord : massif de Tsaratanana.
Faciès Épidémiologiques :
o Transmission saisonnière marquée à Madagascar d'octobre à mars.
o Recrudescence liée aux périodes de pluies et inondations.
o Prédominance chez les 5 à 14 ans.
o Sex-ratio de 1,3 en faveur des hommes.
Classification selon l'incidence :
o Zones de haute incidence dans les foyers endémiques des hauts plateaux.
o Apparition sporadique dans d'autres régions comme le Pérou ou les USA.
1.3 Épidémiologie Analytique
L'Agent Pathogène : Yersinia pestis.
Bacille à Gram négatif capsulé.
Le Réservoir & l'Hôte : Rongeurs sauvages (gerbilles, mériones).
Rats domestiques : Rattus rattus et Rattus norvegicus.
Le Vecteur : Puces infectées.
Espèces : Xenopsylla cheopis et Pulex irritans.
Cycle de transmission :
* Cycle salvatique : entre puces et rongeurs sauvages.
o Cycle commensal : entre puces et rats domestiques.
o Passage à l'homme par piqûre ou contact direct.
Facteurs de transmission : Feux de brousse et inondations.
Manque d'hygiène et d'assainissement.
Déforestation poussant les rats vers les habitations.
I. La Prévention (Prophylaxie)
1.1 Prévention Primaire
C'est l'étape la plus importante pour rompre la chaîne de transmission. Elle commence
par : la lutte intégrée contre les vecteurs et les réservoirs.
Désinsectisation des terriers et des pistes de rongeurs.
Dératisation et utilisation d'insecticides.
Utilisation de la méthode "sandwich" : désinsectisation, dératisation, désinsectisation.
Assainissement et hygiène environnementale :
o Nettoyage et désinsectisation périodique des maisons.
o Réglementation de la gestion des déchets.
o Débroussaillage des alentours des maisons.
o Pose de tôles sur l'angle extérieur des maisons contre les rats.
Éducation sanitaire et Communication (BCC) :
o Sensibilisation sur les effets néfastes des feux de brousse.
o Éducation sur l'hygiène et l'assainissement.
Chimio-prophylaxie et Vaccination :
o Vaccins préconisés uniquement pour les groupes à risque élevé et constant.
o Non recommandés pour la protection immédiate en épidémie.
1.2 Prévention Secondaire
C'est le diagnostic précoce pour éviter les complications et la transmission à autrui.
Dépistage et Diagnostic précoce :
o Utilisation des Tests de Diagnostic Rapide (TDR Ag F1).
o Ponction du bubon pour examen bactériologique.
o Culture et hémocultures pour confirmation.
Traitement précoce des cas :
o Mise sous Streptomycine immédiate (IM ou IV).
o Peste bubonique : Streptomycine pendant 4 jours.
o Relais par Sulfaméthoxazole-Triméthoprime pendant 6 jours.
Prophylaxie des contacts :
o Antibioprophylaxie des sujets contacts.
o Administration de Sulfadoxine en dose unique pour l'entourage.
1.3 Prévention Tertiaire
C'est la prise en charge pour éviter le décès ou une invalidité prolongée.
Prise en charge des formes graves :
o Hospitalisation et isolement respiratoire (48h minimum pour la forme
pulmonaire).
o Traitement intensif par Streptomycine pendant 10 jours pour la peste
pulmonaire.
Réduction de la létalité :
o Maintenir les fonctions vitales en cas de complication.
o Surveillance étroite de la fièvre et de la fonction pulmonaire.
II. La Surveillance Épidémiologique
Système de notification comprend prélèvement : Alerte en urgence et notification
obligatoire de tout cas à l'OMS.
Collecte des données personnelles, géographiques et temporelles.
Les Indicateurs de suivi sont : le nombre de cas (suspects, probables, confirmés).
Taux de létalité.
Indice pulicidien spécifique (Xenopsylla cheopis).
Un indice > 1 indique un risque élevé pour l'homme.
III. Riposte Spécifique et Recherche
Commencer par : la gestion immédiate des foyers et des cas de décès.
Désinfection du cadavre au chlorure de chaux.
Enterrement hors caveau familial en moins de 6 heures.
Interdiction de transport de la dépouille hors du lieu de décès.
Recherche opérationnelle :
o Études sérologiques périodiques chez les rongeurs.
o Identification et déclaration de la mortalité murine inexpliquée par la
communauté.
Conclusion
La peste reste une menace épidémique majeure exigeant une vigilance permanente.
L'importance cruciale réside dans la précocité du diagnostic et du traitement
antibiotique.
Nécessité d'une approche multisectorielle impliquant fortement la communauté.
Souhaitez-vous que je développe davantage les protocoles thérapeutiques spécifiques selon
les recommandations nationales actuelles ?