Cours de Géologie Structurale (L1G) ENI-ABT, Année Scolaire 2024-2025
Chapitre III : Déformation ductile : Les plis
Les plis, qu'ils soient observés à l'échelle micro, méso ou macroscopique, sont clairement certaines de nos fenêtres
les plus importantes sur les histoires de déformation locales et régionales du passé. Leur géométrie et leur expression
contiennent des informations importantes sur le type de déformation, la cinématique et la tectonique d'une zone.
En outre, ils peuvent avoir une grande importance économique, à la fois comme pièges à pétrole et dans la recherche
et l'exploitation de minerais et d'autres ressources minérales.
I. Géométrie des plis
Un pli résulte de la déformation continue (i.e. sans rupture ou ductile) d’une couche initialement plane : couche
d’origine sédimentaire ou litage magmatique ou métamorphique (coulée, sill, pluton, foliation, migmatites, etc.). Le
plissement induit la modification du pendage initial des couches. Il en résulte des géométries dans lesquelles les
couches ont un pendage opposé.
I.1. Eléments d’un pli
Un pli se défini par divers éléments (Figure 19) : (1) La charnière (hinge), région où la courbure est maximale ; (2)
L’axe (fold axis), ligne passant par le milieu de la charnière. Les axes de toutes les surfaces des plis définissent une
surface axial (axial plane) ; (3) Les flancs (limbs) : situés de part et d’autre de la charnière sont les régions où la
courbure est minimale. Lorsque les deux flancs sont inclinés dans le même sens, on appelle flanc normal ; (4) la
crête du pli (culmination, crest) : pour désigner le point topographiquement le plus élevé ; (5) La direction (ou
direction axiale) qui est celle de l’axe du pli ; (6) Le cœur, partie du pli constitué par ses couches les plus internes ;
(7) L’enveloppe, couches les plus externes par opposition au cœur ; (8) Le noyau, désigne le cœur lorsque les
roches qui le constituent ont des propriétés mécaniques différentes de celles des roches de l’enveloppe ; (9) L’arête,
ligne d’un pli qui relie les points les plus hauts ou les plus bas ; (10) Les terminaisons périclinales, intersections des
charnières avec la surface topographique : terminaison périanticlinal pour les anticlinaux ; périsynclinale pour les
synclinaux.
I.2. Forme, orientation et profil des plis
Un pli dessinant une courbe convexe vers le haut est une antiforme ; si la courbe est concave vers le haut, elle est
synforme. Ces termes sont uniquement descriptifs et ne permettent pas de définir la polarité des couches, i.e. de
définir l’emplacement des plus jeunes par rapport aux plus anciennes. Lorsque cette polarité est connue, c’est-à-
dire lorsque l’on sait quels étaient les éléments les plus bas avant plissement, on distingue deux cas :
➢ L’anticlinal : les éléments situés à l’intérieur de la courbe étaient les plus bas, à l’origine ;
➢ Le synclinal : où la situation est inverse.
Un pli anticlinal présente les couches les plus anciennes au cœur du pli, tandis qu’un pli synclinal présente les
couches les plus récentes en son centre.
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Figure 19 : Aspects géométriques des plis
Selon l’inclinaison du plan axial, on décrit un pli comme droit (upright), incliné (inclined), deversé (overturned) ou
couché (recumbent). Un pli déversé a en général un flanc normal, et un flanc inverse (upright, overturned limb).
D’autre part, l’axe du pli lui-même peut avoir un pendage. On a des plis a axe horizontal, plongeants, verticaux, ou
même inverse (horizontal, plunging, vertical, reclined).
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Figure 20 : Classification des plis en fonction de l'orientation de la ligne de la charnière et de la surface axiale.
En plus de l'orientation et des relations stratigraphiques, les plis sont couramment décrits ou classés en fonction de
leur resserrement. Le resserrement est caractérisé par l'ouverture ou l'angle entre les flancs, qui est l'angle entouré
par ses deux flancs. Sur la base de cet angle, les plis sont séparés en plis ouverts, serrés et isoclinaux (Figure 21).
Le resserrement des plis reflète généralement la quantité de déformation impliquée pendant le pliage.
Figure 21 : Classification des plis basée sur l'angle entre les flancs
I.3. Plis particuliers
On utilise des termes particuliers pour certains types de plis (Figure 22) : plis en genou (kink folds) ; plis
ptygmatiques (ptygmatic) ; plis coffres (box fold) ; plis déracinés (rootless). Si les axes de plis sont courbes, on peut
arriver à former des plis a section fermée, appelés plis en fourreau (sheath folds). Plis diapirs : résultent de
l’intervention de forces tectoniques dans une structure salifère. Le sel soumis localement à une forte pression
s’échappe le long d’une fissure, d’une faille de chevauchement ou perce un anticlinal. Les diapirs se présentent en
lames discontinues ou en colonnes elliptiques ou circulaires recoupant à l’emporte-pièce les terrains sus-jacents.
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Figure 22 : Quelques plis particuliers
II. Pliage : mécanismes et processus
La distinction la plus importante de la manière de formation des plis réside probablement dans le fait que la
stratification répond activement ou passivement au champ de déformation imposé. Nous commencerons par
considérer le pliage actif (flambage), où la compétence ou le contraste de viscosité entre la couche de pliage et sa
roche hôte est importante. Nous examinerons ensuite le pliage passif, où les couches sont simplement des
marqueurs passifs sans influence rhéologique, puis considérerons la flexion, où des forces sont appliquées à travers
la stratification (Figure 23a).
Figure 23 : (a) La relation entre la façon dont la force est appliquée et les mécanismes de pliage ; (b) Flambage d'une
seule couche. L0 est la longueur d'origine qui est changée en LT après le raccourcissement initial (a, b) tandis que µL et
µM sont des viscosités de couche et de matrice, respectivement. h0 est l'épaisseur de la couche d'origine.
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II.1. Le Flambage
Le flambage se produit lorsqu'une couche compétente dans une matrice moins compétente est raccourcie
parallèlement à la longueur de la couche. Le flambage ne se fait que sur une couche dont la viscosité est différente
(plus forte) que celle du matériel autour, et la forme du flambage dépend du contraste de viscosité entre les deux,
et de l’épaisseur de la couche compétente (Figure 23b). Si le contraste de viscosité est trop faible (<10), il n’y a pas
de plissement, mais un épaississement de la couche.
Deux effets jouent un rôle (Figure 24) :
➢ Des couches suffisamment proches se comportent comme une seule couche (et forment donc des plis de
plus grande amplitude) ;
➢ Les couches les plus épaisses contrôlent le mode de plissement de l’ensemble.
Figure 24 : Pliage de roches multicouches. Les couches éloignées agissent comme des couches individuelles (à gauche).
Plus ils se rapprochent, plus ils se comportent comme une seule couche avec une épaisseur supérieure à celle de la plus
épaisse des couches individuelles.
II.2. Plissement par cisaillement : les plis anisopaques (plis passifs)
Une autre façon de former des plis est simplement par déplacement différentiel d’un marqueur (cisaillement
hétérogène). On trouve donc des plis dans toutes les zones de cisaillement, et plus généralement dans toute la
croute moyenne ou inferieure. Ce sont des plis qui ne se forment pas par flambage d’une couche de viscosité
différente, mais par mouvement différentiel sur les plans de cisaillement.
Plis par cisaillement simple (plis semblables) (similar folds).
Ils sont tels que la distance entre les deux surfaces de la couche considérée, mesurée parallèlement au plan axial,
demeure constante en tous points. En d’autres termes, une translation de cette distance amène en coïncidence ces
deux surfaces. La formation d’un pli semblable requiert une migration de matière au sein de la couche depuis les
flancs qui s’amincissent vers les charnières qui se gonflent (Figure 25). C’est le cas le plus classique : cisaillement
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simple, typiquement dans une zone de cisaillement ductile. C’est la façon dont se forment les plis en fourreau (sheath
folds).
Figure 25 : (a) : Plis par cisaillement simple hétérogène ; (b) Formation de plis par (a) cisaillement simple et (b)
cisaillement pur d'une couche légèrement incurvée. Aucun contraste de viscosité n'est impliqué, ce qui signifie que les plis
peuvent être considérés comme passifs.
II.3. Plissement par flexion
La flexion se produit lorsque les forces agissent à travers les couches à un angle élevé (figure 23), contrairement
aux plis par flambage où la force principale agit parallèlement à une couche. C'est également le cas pour le pliage
passif, et les deux sont étroitement liés.
III. Les principales structures ductiles homogènes
Lorsqu’une déformation ductile se produit dans une roche, le matériau s’aplatit et/ou s’allonge. Les roches qui
présentent de telles déformations sont appelées les tectonites. On en distingue 3 types principaux (Figure 26a) : les
tectonites S qui possèdent une structure uniquement planaire (schistosité ou foliation), les tectonites L qui ont une
structure uniquement linéaire (linéation) et les tectonites S-L, les plus courantes, qui présentent à la fois schistosité
et linéation. Les objets inclus dans les roches peuvent aussi subir des déformations et ainsi servir de marqueurs.
III.1. Les structures planaires
Les roches à structures planaires sont communément fissiles (possèdent la faculté de pouvoir se débiter en feuillets
parallèles). La fissilité résulte de l’anisotropie du milieu et s’exprime par un débit fin et régulier dans le cas de la
schistosité des ardoises et d’un débit plus espacé et irrégulier dans le cas des roches plus massives comme les
calcaires et les gneiss. Ces discontinuités structurales servent parfois ultérieurement comme plans de glissement.
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Figure 26 : (a) Les différentes tectonites ; (b) plis et schistosité
Mécanismes de formation des éléments planaires
On peut distinguer plusieurs mécanismes à l’échelle microscopique :
➢ Par micro-fracturation, parallèle et régulièrement espacée ;
➢ Par pression-dissolution ;
➢ Par rotation rigide d’objets préexistants ;
➢ Par déformation des cristaux ;
➢ Par cristallisation orientée de nouveaux minéraux
Définition et différence entre schistosité (cleavage) et foliation (gneissosity)
La schistosité est le feuillage plus ou moins serré présenté par certaines roches, acquis sous l’influence de contraintes
tectoniques, distinct de la stratification, et selon lequel elles peuvent se débiter en lames plus ou moins épaisses et
régulières. La schistosité est une caractéristique plus particulière aux roches à granulométrie plus ou moins fines ou
argileuse, donc elle marque l’aplatissement.
Ces deux termes (schistosité et foliation) désignent la même chose, soit le débit planaire d’une roche. Cependant,
on les utilise pour des roches différentes.
➢ Les roches faiblement métamorphisées ont une schistosité, c’est-à-dire un débit planaire de type
ardoisier. Ce débit correspond à des plans de dissolution des minéraux de la roche soumise à un
raccourcissement.
➢ Les roches plus métamorphisées présentent une foliation, c’est-à-dire un débit planaire formé par
des minéraux métamorphiques qui ont cristallisés selon cette direction (Figure 27).
Disposition de la schistosité
Sur les schémas, on désigne généralement l’attitude des plans de schistosité par S1, par opposition à S0 qui désigne
les surfaces de stratification.
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D’une manière générale, la schistosité se développe dans des séries fortement plissées et parallèlement aux plans
axiaux de ces plis, ou en éventail légèrement divergent vers l’extérieur de la courbure. On parle de schistosité de
plan axial et le pli est dit synschisteux (Figure 26b).
Dans des cas simples, cette disposition permet de dire, sur de petits affleurements, si l’on est dans le flanc normal,
ou dans le flanc inverse du pli : dans le premier cas, la schistosité a un pendage plus fort que celui de la stratification ;
dans le cas contraire, c’est l’inverse (Figure 26b).
Figure 27 : Quelques types de Schistosité
Les différents types de schistosité
On en distingue plusieurs qui passent progressivement des uns aux autres (Figure 27).
➢ La schistosité de fracture ou non pénétrative ou disjointe, est marquée par l’existence de plans de
clivage limitant des volumes indemnes de schistosité, nommés microlithons. Elle se forme essentiellement
par pression-dissolution et débite préférentiellement les lits compétents (plus rigides).
➢ La schistosité de crénulation : lorsque la surface de schistosité est déformée par des microplis
rapprochés, parallèles entre eux et souvent aigus. Elle se forme par l’action d’un processus de pression -
dissolution localisée sur des surfaces discrètes et d’une rotation rigide du matériau.
➢ La schistosité de flux : Elle est de type continu i.e. qu’aucun plan de fissilité (de débit en feuillets minces)
n’est observable au microscope. Elle peut résulter d’une réorientation passive par rotation rigide de
minéraux.
➢ La transposition tectonique : Elle intervient dans le cas de certains matériaux présentant dans leur état
initial des hétérogénéités (lits, filons, inclusion…) ; ces objets subissent des rotations et éventuellement des
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étirements qui les amènent progressivement à se rapprocher du plan de la déformation homogène. on parle
de transposition. Dans ce cas, on peut observer des reliques de la structure d’origine.
III.2. Les structures linéaires
On appelle linéations toutes traces linéaires parallèles entre elles, pénétratives à l’échelle de l’échantillon. La linéation
apparaît lorsqu’une série rocheuse compétente (difficilement déformable) est soumise à une contrainte tectonique.
Les types principaux de linéations peuvent être distingués (Figure 28a) :
➢ Linéations d’intersection (Li) : produites par le recoupement de deux familles de plan, tels que
le plan de schistosité avec le plan de stratification.
➢ Linéations de crénulation (LB) : Correspondent au plissotement d’une surface de stratification
ou de schistosité. Elles représentent les axes des microplis qui affectent cette surface et sont
déterminée par les charnières de microplis serrés et réguliers. Ce type de linéation est étroitement
lié à la schistosité de crénulation.
➢ Linéations de croissance minérale (mineral growth lineation) (Lm) : S’expriment dans les
roches déformées par l’allongement de minéraux néoformés ou non. Elles sont formées par des
minéraux qui grandissent de façon syn-tectonique, soit en s’orientant (baguettes d’amphibole…) soit
en formant des agrégats allonges (minéraux de forme arrondie).
➢ Linéations d’étirement ou d’allongement (stretching lineation) (La) : Elles résultent de
l’étirement d’objets (galets, fossiles, grains, minéraux…) dans une direction préférentielle. Ce sont
les plus utiles au point de vue tectonique, elles donnent en effet le grand axe de l’ellipsoïde de
déformation.
➢ Linéations de boudinage (Lb) : Résultent d’une striction régulière et répétée de niveaux
compétents inclus dans une matrice ductile. Les niveaux compétents sont découpés en baguettes
parallèles selon des zones de rupture qui sont souvent cicatrisées par des cristallisations minérales
(quartz, calcite…).
III.3. Relations entre schistosités, linéations et axes de déformations
Ces relations dépendent des mécanismes impliqués dans la formation de ces structures (Figure 28b).
Schistosités, foliations et axes de déformation
L’observation des relations structurales entre les objets déformés (oolithes, fossiles…) et le plan de schistosité
montrent que, dans de nombreux cas, la schistosité correspond au plan XY de la déformation et est perpendiculaire
à l’axe Z (dans une déformation coaxiale). Dans d’autres cas, on peut observer des traces de mouvements
tangentiels le long des plans de schistosité qui se trouvent en position oblique sur les directions des axes X et Z de
la déformation instantanée et devenir ainsi des plans de glissements. Lorsque la roche est plissée, la schistosité et
la foliation sont généralement parallèles au plan axial des plis.
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Linéations et axes de déformation
La relation est moins nette pour les linéations. Des linéations d’étirement ou minérales sont dans l’axe X (étirement)
et font souvent un angle important avec l’axe des plis dans les domaines où la déformation est faible. Elles sont au
contraire, fréquemment parallèles aux axes des plis. lorsque la déformation est grande. Mais pour tout autre type
de linéation, la relation n’est pas claire et il faut réfléchir à son origine pour replacer l’ellipsoïde de déformation.
Figure 28 : (a) Les types de linéations tectoniques, 1) - linéation d’intersection S0-S1, 2) - linéation de crénulation, 3) -
linéation de croissance minérale, 4) - linéation d’allongement d’objets préexistants, 5) - linéations de boudinage ; (b)
Relation simple entre la direction de raccourcissement (flèches), l'ellipse de déformation et la foliation pour (a) les plis
verticaux, par exemple dans les ceintures en ardoise, et (b) les zones de cisaillement.
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Chapitre Iv : Les zones de cisaillement ductile
Les zones de cisaillement ductile enregistrent la plupart des déformations de l’écorce terrestre. Ce sont des zones
de mouvement qui caractérisent les parties profondes de l’écorce terrestre dans lesquelles elles autorisent des
déplacements importants de matières. Leur largeur varie et peut atteindre des dizaines de kilomètres alors que leur
longueur peut faire plusieurs centaines de kilomètres.
I. Définition
Les failles et les zones de cisaillement sont des structures étroitement liées. Les zones de cisaillement et les failles
sont des structures de localisation des déformations, toutes deux impliquent un déplacement parallèle aux épontes,
et toutes deux ont tendance à croître en largeur et en longueur lors de l'accumulation de déplacement
Une zone de cisaillement est une zone planaire à forte déformation caractérisées par une répartition symétrique des
structures déformées.
II. Géométrie des zones de cisaillement
La déformation ductile se concentre dans un domaine relativement étroit qui délimite des blocs peu ou pas déformés.
La symétrie est à la fois déterminée par l’orientation des marqueurs et par l’intensité de la déformation qui diminue
de part et d’autre de la bande centrale où se concentrent les déformations ductiles. En se rapprochant donc de la
bande centrale on note :
➢ Une rotation progressive des marqueurs qui se réorientent pour paralléliser cette bande
➢ Une augmentation des rapports axiaux vers le centre.
La compréhension de la géométrie et de la cinématique du couloir de déformation passe par deux éléments distincts
➢ la direction de l´enveloppe de la zone déformée désignés comme C
➢ la schistosité intrinsèque à cette enveloppe, désigné comme S
III. Les roches des zones de cisaillement ductile
Les zones de cisaillement ductile sont caractéristiques de roches de faciès particulière appelés mylonites c´est à dire
des roches déformées de manière ductile par des processus de plasticité cristalline sans perte de cohésion primaire.
Elles sont foliées, communément fortement affectées par une linéation d´étirement, et montrent globalement une
réduction du grain en comparaison avec la roche mère.
Les structures de déformation non coaxiale comme les fabriques CS, les rotations de porphyroblastes ainsi que
toutes autres structures asymétriques y sont communes. Elles se développent à toutes les échelles et dans tous les
types de matériaux.
Sibson (1977) les classe en quatre sous-groupes en fonction du rapport entre le produit déformé et réduit (matrice)
et le produit non déformé de granulométrie plus grossière (porphyroclaste ) :
➢ Protomylonite : 10 à 50% de matrice
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➢ Mylonite : 50 à 90% de matrice
➢ Ultramylonite : 90 ä 100% de matrice
➢ Blastomylonite : avec une croissance prononcée des grains
Figure 29 : (a) Modèle simplifié de la relation entre les failles, qui se forment normalement dans la croûte supérieure, et
les zones classiques de cisaillement ductile. (b) Zone de cisaillement idéale déformant une grille avec deux marqueurs
planaires et des marqueurs de déformation circulaires. Notez comment les carrés de la grille changent de forme et les
marqueurs planaires changent d'orientation et d'épaisseur dans la zone.
Figure 30 : (a) Représentation de l’ellipsoïde de la déformation dans une zone de cisaillement. (b) relation angulaire
schistosité et plan de cisaillement C
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Figure 31 : Représentation des roches de failles et de zones de cisaillement
IV. Les critères de sens de déplacement
Il existe plusieurs éléments qui permettent de diagnostiquer le mouvement dans une zone de cisaillement. Ces
éléments, visibles à l’échelle microscopique ou macroscopique, sont désignés comme des indicateurs cinématiques.
Ces derniers doivent être relevés sur les sections perpendiculaires à la foliation et parallèles à la linéation d’étirement,
c’est à dire sur le plan XZ. Les principaux indicateurs cinématiques sont les suivants (figure 32).
1. Fabrique CS
Elle montre la relation angulaire entre la schistosité (S) et le cisaillement (C). La schistosité correspond à la fabrique
principale à laquelle on associe l’aplatissement apparent et la linéation d’étirement. Le cisaillement est une structure
généralement moins pénétrante qui a l’allure d’un clivage en cisaillement ou de crénulation (Figure 33a).
2. Rotation de porphyroblastes
Dans les roches métamorphiques, certains cristaux (par exemple grenat, albite, staurotide) ont pu se former dans
un régime non coaxial qui a donc engendré leur propre rotation. La croissance des porphyroblastes s’est faite par
incorporation progressive de cristaux de la roche ambiante, formant ainsi des traînées d’inclusions dont la géométrie
indiquera le sens de mouvement (Figure 32 et 33b).
3. Structures en dominos ou en étagère à livre
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Elles font référence à un glissement le long de discontinuités d’orientation oblique par rapport au sens de
cisaillement. Le mouvement observé le long de ces discontinuités, devenues des microfailles, est à l’inverse du
mouvement principal. Elles se rencontrent souvent dans des corps rigides qui réagissent mal à la composante de
cisaillement. Les gros cristaux de plagioclases constituent généralement de bons exemples (Figure 34).
Figure 32 : Illustration de la section d'observation pour la détermination du sens de cisaillement et de certaines
structures asymétriques courantes qui indiquent systématiquement le sens de cisaillement.
Figure 33 : (a) Illustration schématique du développement des structures S-C dans une zone de cisaillement dans une
roche magmatique. (a) La foliation nouvellement formée (S) est coupée par des surfaces de cisaillement (C) parallèles
aux marges de la zone de cisaillement. (b) La déformation continue fait tourner S en parallélisme étroit avec C,
ensemble appelé feuilletage CS. De nouvelles bandes de cisaillement obliques (C') forment et rétro-tournent la foliation
CS, qui est alors appelée S..(b)Secteurs (quartiers) de l'amincissement/épaississement de la couche autour d'un objet
rigide dans une zone de mylonite indiquant une sensation de cisaillement.
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Figure 34 : Systèmes porphyroclastes. ( a – c ) Porphyroclastes à queues recristallisées. les porphyroclastes de type σ
ont des queues qui ne traversent pas la ligne de référence, tandis que les queues de type δ ont des queues qui le font.
(a) et (b) présentent une symétrie monoclinique (l'axe de rotation étant perpendiculaire à la page). Le type Φ est
symétrique par rapport à la ligne de référence. ( d ) Porphyroclaste fracturé avec fracture synthétique. (e) Fractures de
cisaillement antithétiques. (f) Carrelage (imbrication) de porphyroclastes. Toutes les structures (sauf (c)) compatibles
avec le cisaillement senestre.
4. Ombres de pression asymétriques
Elles se forment, en régime non coaxial, dans les roches foliées là où il y a contraste entre un corps rigide
(porphyroclaste) et sa matrice plus ductile. Il existe trois types d’ombres de pression (Figure 34).
➢ Type σ (sigma) qui se forme à partir d’un corps rigide qui ne subit que relativement peu ou pas de
rotation. Dans ce cas, la terminaison des ombres pointe vers la direction du mouvement.
➢ Type δ (delta) qui se forme sur un corps en rotation. Il y a eu entraînement de l’ombre de pression par la
rotation du corps rigide, ce qui peut donner une asymétrie semblable à celle du cas précédent, mais avec
une apparence de sens opposé.
➢ Type θ (thêta) qui se distingue par l’absence de queue visible mais qui montre plutôt des perturbations
asymétriques de la matrice. La matrice tend à s‘empiler sur les flancs opposés du porphyroclaste.
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