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Ds 7

Le document est un devoir surveillé de mathématiques pour des étudiants de MPSI, axé sur les polynômes et les extensions de corps. Il comprend des exercices sur la décomposition en éléments simples, le théorème de l'élément primitif, et des propriétés des extensions algébriques et séparables. Les candidats doivent respecter des consignes strictes concernant la présentation et l'utilisation de matériel durant l'épreuve.

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Ds 7

Le document est un devoir surveillé de mathématiques pour des étudiants de MPSI, axé sur les polynômes et les extensions de corps. Il comprend des exercices sur la décomposition en éléments simples, le théorème de l'élément primitif, et des propriétés des extensions algébriques et séparables. Les candidats doivent respecter des consignes strictes concernant la présentation et l'utilisation de matériel durant l'épreuve.

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Lycée Louis-Le-Grand, Paris Samedi 19/03/2016

MPSI 4 – Mathématiques
A. Troesch

Devoir Surveillé 7 – Polynômes

La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté, la précision et la concision des raison-
nements entreront pour une part importante dans l’appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
L’usage de tout document et de tout matériel électronique est interdit. Notamment, les téléphones portables doivent
être éteints et rangés.

Si au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie et
poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il sera amené à prendre

Exercice – (Un peu de technique)


2
Exprimer la décomposition en éléments simples sur R de
(X 2 + X + 1)(X − 1)(X + 1)3

Problème – (Théorème de l’élément primitif )

Le but de ce problème est d’étudier des propriétés des extensions de corps. Une extension d’un corps K est la donnée
d’un corps L et d’un morphisme de corps K → L. D’après le cours, ce morphisme est nécessairement injectif, donc
son image est un sous-corps de L, isomorphe à K. Quitte à identifier K et son image, si K → L est une extension
du corps K, on peut toujours considérer que K est un sous-corps de L. Dans le problème, cette identification sera
faite systématiquement, et à chaque fois qu’on construira une extension de corps K → L, on considérera K comme
un sous-corps de L ; en particulier, les éléments de K seront considérés comme des éléments de L aussi.
Nous commençons par montrer, étant donné un polynôme P de K[X], l’existence d’une extension L de K minimale,
unique à isomorphisme près, telle que P soit scindé sur L. Une telle extension L est appelée corps de décomposition
de P .
Le but ultime du problème est de montrer le théorème de l’élément primitif, affirmant que sous certaines hypothèses,
une extension L de K est engendrée par un unique élément, dans le sens où il existe α dans L tel que L = K(α),
K(α) étant le plus petit sous-corps de L contenant tous les éléments de K et α.

Partie I – Extensions de degré fini.


Soit K ⊂ L une extension du corps K. On dit qu’un élément α du corps L est algébrique sur K s’il existe un polynôme
P 6= 0 à coefficients dans K (P ∈ K[X]) tel que P (α) = 0. On dit que l’extension K ⊂ L est algébrique si tout élément
α de L est algébrique sur K.
On rappelle que L est muni d’une structure de K-espace vectoriel. Si L est de dimension finie sur K, on dira que
l’extension K ⊂ L est de degré fini dimK (L). Cette dimension sera notée [L : K] (degré de L sur K)
1. Montrer que si K ⊂ L et L ⊂ M sont deux extensions de degré fini, alors K ⊂ M est aussi de degré fini, et
[M : K] = [M : L] × [L : K]
Indication : considérer la famille (ai bj ), où (ai ) est une base de L sur K et (bj ) une base de M sur L.
2. Montrer que si l’extension K ⊂ L est de degré fini, alors elle est algébrique.
3. Soit K ⊂ L une extension de degré fini. Montrer que pour tout α ∈ L, il existe un unique polynôme unitaire
irréductible Pα ∈ K[X] tel que α soit racine de Pα . Le polynôme Pα est appelé polynôme minimal de α, ou
polynôme irréductible de α sur K.

1
Partie II – Adjonction d’un ou plusieurs éléments à un corps
Dans cette partie, on considère K un corps, et K → L une extension de K. Suivant les conventions données dans
l’introduction, on considère que K ⊂ L. On définit, pour toute partie E de L, K(E) le plus petit sous-corps de L tel
que K ∪ E ⊂ K(E), si un tel corps existe. Pour alléger les notations, on notera par la suite, pour α ∈ L, K(α) au lieu
de K({α}) le plus petit sous-corps de L contenant K et α, et de même K(α1 , · · · , αn ) au lieu de K({α1 , . . . , αn }).
\
1. Soit (Mi )i∈I une famille non vide de sous-corps de L. Montrer que Mi est un sous-corps de L.
i∈I
2. Soit E ⊂ L. Justifier l’existence de K(E).
3. Montrer que si E et F sont deux parties de L, K(E ∪ F ) = K(E)(F ) (le plus petit sous-corps de L contenant
K(E) et F ).
En particulier, si α1 , · · · αn sont des éléments de L, on a donc K(α1 , · · · , αn ) = K(α1 , · · · , αn−1 )(αn ).
4. A-t-on en général K(α) ≃ K(β), pour α, β ∈ L quelconques ? (on pourra chercher un contre-exemple avec des
corps bien connus).
5. Soit P un polynôme irréductible sur K. On note (P ) l’idéal principal engendré par P dans K[X]. On rappelle
qu’on peut munir le quotient K[X]/(P ) d’une structure d’anneau.
Montrer que K[X]/(P ) est un corps.
6. Soit α ∈ L une racine de P . Soit ϕ : K[X] → L définie par ϕ(Q) = Q(α). Montrer que ϕ est un morphisme
d’anneaux et justifier que son noyau est (P ).
7. En déduire qu’il existe un isomorphisme de corps entre K[X]/(P ) et K(α) (on dira que les deux corps sont
isomorphes ; de façon générale, on notera K ≃ K ′ pour dire que les deux corps K et K ′ sont isomorphes)
8. Soit α et β deux racines dans L d’un même polynôme irréductible sur K. Montrer que K(α) et K(β) sont
isomorphes.
9. Dans les hypothèses de la question précédente, a-t-on en général K(α) = K(β) ? On pourra considérer le
polynôme X 3 − 2 de Q[X], après avoir justifié qu’il est irréductible sur Q.

Partie III – Corps de décomposition d’un polynôme


Dans la partie précédente, on a considéré une extension minimale K(α) de K dans laquelle un polynôme irréductible
P admet une racine α. Cette construction a été possible du fait de la donnée préalable d’un corps L dans lequel P
admet une racine. Nous aimerions maintenant nous affranchir de cette donnée initiale. Pour cela, nous partons de
l’observation que la question 7 donne une description de K(α) indépendante de L.
1. Soit P un polynôme irréductible. Montrer que l’application i : K → K[X]/(P ) associant à λ la classe du
polynôme constant λ est un morphisme de corps, permettant donc de considérer K comme un sous-corps de
K[X]/(P ).
2. En considérant α la classe du polynôme X dans K[X]/(P ), montrer que le polynôme P admet une racine dans
l’extension K[X]/(P ) de K.
Si K ⊂ L est une extension de K telle que le polynôme (irréductible ou non) P ∈ K[X] admette une racine dans L,
on dit que L est un corps de rupture de P . On vient de démontrer que pour tout polynôme irréductible P , il existe
une extension K ⊂ L telle que L soit un corps de rupture du polynôme P .
3. Justifier que pour tout P ∈ K[X] (irréductible ou non), il existe une extension K ⊂ L de P telle que L soit un
corps de rupture de P .
4. En raisonnant par récurrence sur deg P , montrer que pour tout P ∈ K[X], il existe une extension K ⊂ L de K
telle que P soit scindé sur L.
Notant alors α1 , . . . , αr les racines distinctes de P , le sous-corps M = K(α1 , . . . , αr ) de L est alors une extension de
K dans laquelle P est scindé, et est clairement minimale pour cette propriété dans le sens où pour toute extension
K ⊂ M ′ ⊂ M telle que P soit scindé sur M ′ , on a M = M ′ . Une telle extension M , sur laquelle P est scindé, et
minimale pour cette propriété, est appelée corps de décomposition de P . Le but de la fin de cette partie est de justifier
l’unicité (à isomorphisme près) de deux corps de décomposition d’un polynôme P .

2
b : K[X] → K ′ [X] par λ(P
Soit λ : K → K ′ un isomorphisme entre deux corps K et K ′ . On définit λ b ) = Pλ , où, pour
Pd P
d
P = ak X k , Pλ est défini par Pλ = λ(ak )X k .
k=0 k=0
b est un isomorphisme d’anneaux.
5. Montrer que λ
6. Montrer que si P ∈ K[X] est irréductible, il en est de même de Pλ , et que les corps K[X]/(P ) et K ′ [X]/(Pλ )
sont isomorphes.

7. En raisonnant par récurrence sur deg P , montrer que pour tout polynôme P 6= 0 (sur n’importe quel corps K),
pour tout isomorphisme λ : K → K ′ , pour toute extension K ⊂ L et toute extension K ′ ⊂ L′ telles que P soit
scindé dans L et Pλ soit scindé dans L′ , en notant α1 , · · · , αr les racines distinctes de P dans L et β1 , . . . , βs
les racines distinctes de Pλ dans L′ , le sous-corps K(α1 , . . . , αr ) de L et le sous-corps K ′ (β1 , . . . , βs ) de L′ sont
isomorphes.
Indication : on pourra commencer par comparer K(α1 ) et K ′ (β1 ), en supposant que α1 et β1 sont racines de
facteurs irréductibles Q et R de P et Pλ respectivement, se correspondant via λ (c’est-à-dire tels que R = Qλ ).
8. En déduire que deux corps de décomposition de P sont isomorphes.
∗∗
9. [Cette question n’est pas utile pour la suite]
Soit K ⊂ L une extension de corps. Montrer que L est le corps de décomposition d’un polynôme P de K[X]
si et seulement si L est de degré fini, et si tout polynôme irréductible P de K[X] ayant une racine dans L est
scindé dans L.
Indications :
• Pour le sens direct, si L est corps de rupture de P , et si Q est un polynôme irréductible ayant une racine
dans L, considérer une extension L ⊂ M telle que M soit corps de décomposition du polynôme P Q,
• pour la réciproque, écrire L = K(α1 , · · · , αn ) et considérer un corps de décomposition M du produit
des polynômes minimaux des αi . Notant β et γ deux racines de Q dans M , comparer [L(β) : K(β)] et
[L(γ) : K(γ)] puis [L(β) : L] et [L(γ) : L].

Partie IV – Extensions séparables


Un polynôme irréductible P ∈ K[X] est dit séparable lorsque ses racines dans un corps de décomposition de P sont
deux à deux distinctes. Il est dit inséparable sinon.
1. Soit P ∈ K[X] non constant, et L un corps de décomposition de P .
(a) Soit α ∈ L. On suppose que X − α divise P et P ′ dans L[X], et on écrit P = (X − α)Q, où Q ∈ L[X].
Montrer que X − α divise Q.
(b) En déduire que P est inséparable si et seulement si P ∧P ′ 6= 1 (on prendra garde au fait que la caractéristique
de K est quelconque).
Ainsi, en contraposant, un polynôme non constant P est séparable si et seulement si P ∧ P ′ = 1. On remarquera
que cette caractérisation ne dépend pas de L (ou même plus généralement d’une extension dans laquelle P est
scindé).
2. Montrer que si K est de caractéristique nulle, tout polynôme irréductible P est séparable. Montrer que si K
est de caractéristique finie, un polynôme irréductible P est séparable si et seulement si P ′ 6= 0.
3. Soit p un nombre premier impair. On donne ici un exemple de polynôme irréductible non séparable pour un
corps K de caractéristique p.
(a) Justifier qu’il existe une extension Fp ⊂ K et un élément t de K tel que t ne soit pas algébrique sur Fp (on
pourra considérer K = Fp (X))
(b) Soit P = X p − t ∈ K[X], et α une racine de P dans un corps de décomposition L de P . Montrer que
P = (X − α)p .

(c) Montrer que si P n’est pas irréductible sur K, α ∈ K.

(d) Montrer que P est un polynôme irréductible inséparable.
Indication : montrer que l’appartenance de α à K entre en contradiction avec la transcendance de t ; on
pourra pour cela justifier l’existence de F ∈ Fp (X) tel que α = F (t).

3
Soit K ⊂ L une extension de corps. On dit qu’un élément α de L est séparable sur K s’il est algébrique et si son
polynôme irréductible (ou minimal) Pα est séparable sur K. On dit que l’extension K ⊂ L est séparable si tout élément
de α est séparable sur K.
4. Soit K ⊂ L ⊂ M deux extensions de corps.
(a) Soit α ∈ M , algébrique sur K. Justifier que α est algébrique sur L.
(b) Soit Pα ∈ K[X] le polynôme irréductible de α sur K et Qα ∈ L[X] le polynôme irréductible de α sur L.
Montrer que Qα divise Pα dans L[X].
(c) Montrer que si K ⊂ M est séparable, alors K ⊂ L et L ⊂ M sont séparables.

Partie V – Théorème de l’élément primitif


On montre dans cette partie le théorème de l’élément primitif. Ce théorème affirme que si K ⊂ L est une extension
séparable de degré fini, alors il existe θ ∈ L tel que L = K(θ) (on dit que l’extension est simple).
On se donne donc dans cette partie une extension K ⊂ L séparable de degré fini. On note n = dimK (L) = [L : K].
1. On suppose dans un premier temps que K est de cardinal infini.
(a) On traite pour commencer le cas où il existe deux éléments α et β tels que L = K(α, β). Après avoir
justifié l’existence de polynômes irréductibles Pα et Pβ de K[X] annulant respectivement α et β, et en
notant α, α2 , · · · , αr et β, β2 , . . . , βs respectivement les racines distinctes de Pα et de Pβ dans un corps M
de décomposition du produit Pα Pβ , montrer qu’il existe t ∈ K ∗ tel que pour tout (i, j) ∈ [[2, r]] × [[2, s]],
αi + tβj 6= α + tβ.
(b) On se donne un tel t, et on pose θ = α + tβ. Soit H ∈ K(θ)[X] le polynôme à coefficients dans K(θ) défini
par H(X) = Pα (θ − tX). Montrer que H ∧ Pβ = X − β
Indication : calculer ce PGCD dans M [X] en déterminant les racines communes et leurs multiplicités.
(c) En déduire que β ∈ K(θ), puis que K(θ) = K(α, β) = L.
(d) Montrer par récurrence sur n que si L = K(α1 , . . . , αn ), il existe θ ∈ L tel que L = K(θ)
(e) Terminer la preuve du théorème de l’élément primitif pour K infini.
√ √
2. Trouver θ tel que Q( 2, 3) = Q(θ).

3. Soit L un corps fini. Montrer que (L∗ , ×) est un groupe cyclique.
4. En déduire le théorème de l’élément primitif lorsque K est un corps fini.

∗∗
Question subsidiaire (hors barême)
Un corps K est dit parfait si toute extension algébrique de K est séparable. Montrer que K est un corps parfait si et
seulement si la caractéristique de K est nulle, ou si la caractéristique de K est égale à p 6= 0 et K = {ap , a ∈ K}.

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