GRAMMAIRE ET ORTHOGRAPHE
Les Pronoms Relatifs Composés :
Ces pronoms sont indispensables pour l'élégance et la précision.
• La structure : Préposition (à, de, pour, avec, sur) + Lequel.
À + lequel = auquel, auxquels / à laquelle, auxquelles.
De + lequel = duquel, desquels / de laquelle, desquelles.
Autres = pour lequel, avec laquelle, sur lesquels...
Ex : Les dossiers sur lesquels nous avons statué sont clos.
• La règle d'or : Ils s'accordent avec l'antécédent (le nom juste avant).
• Le cas spécial "Dont" : On utilise "dont" pour la préposition "de" simple (Le livre dont je
parle), mais on utilise "duquel/desquels" quand la préposition est composée (À côté duquel, au
sujet duquel).
Davantage / D'avantage(s) :
• Davantage : Toujours invariable. Ne peut jamais être précédé d'un article (le, la, un).
• D'avantage(s) : C'est la contraction de "de + avantage". On l'utilise après une négation ou un
mot de quantité.
• Ex : - Je n'en sais pas davantage sur ce sujet.
- Ils ont d’avantages d'être bien situés.
Astuce : Si tu peux mettre "plus", écris davantage. Si tu peux mettre "de profit", écris
d'avantage.
Cause et Conséquence (L'Art de l'Enchaînement ) :
Il s'agit de varier tes écrits professionnels pour ne plus répéter "parce que" ou "donc".
• Cause (Pourquoi ?) : Puisque, Vu (la cause est connue de tous). En raison de (neutre) ou
Grâce à (positif). Étant donné que, Du fait de (plus formel).
• Conséquence (Résultat) : Si bien que, De sorte que (résultat logique). Par conséquent, De ce
fait, Dès lors (usage professionnel).
Ex : - Puisque vous avez terminé votre travail, vous pouvez partir. (La cause est évidente).
- Il a plu toute la journée. De ce fait, le terrain est inondé. (Conséquence directe).
- Vu son absence, la réunion est reportée. (Cause nominale).
Quelque vs Quel que :
C'est l'un des points les plus difficiles du français professionnel.
• Quel que (en deux mots) : Toujours suivi du verbe être au subjonctif. Quel s'accorde avec le
sujet. On peut le remplacer par "Quelle que soit la chose que".
• Ex : Quels que soient vos problèmes...
• Quelque (en un seul mot) :
Devant un nom : Il s'accorde. (Il a commis quelques erreurs).
Devant un adjectif : Il est invariable (signifie "si" ou "bien que"). (Quelque puissants
qu'ils soient. Quoiqu’il soit tard, je continue mes recherches).
Pour ne plus jamais douter :
• Si tu vois le mot "soit" ou "soient" juste après, c'est obligatoirement en deux mots : Quel(s)
que / Quelle(s) que.
• Dans tous les autres cas, c'est un seul mot : Quelque.
La Concession et l'Opposition :
Il s'agit d'exprimer deux idées qui semblent s'opposer.
• Bien que / Quoique + Subjonctif : Introduisent une idée de paradoxe. (La concession la plus
élégante). Bien qu'il soit fatigué, il travaille.
• Malgré + Nom : Malgré sa fatigue, il travaille.
• Pourtant / Néanmoins / Toutefois / Cependant : (Pour marquer une rupture forte en milieu de
phrase). Placés après le verbe ou en début de phrase, ils donnent un ton très diplomatique et
"expert". Il a échoué, pourtant il avait beaucoup révisé.
• : Exprime une exigence. ()
L'Hypothèse complexe (Au cas où vs À condition que) :
Pour exprimer une condition ou une éventualité, le choix de la conjonction impose un mode verbal
précis.
• Au cas où + Conditionnel (L’éventualité) : On l'utilise pour une hypothèse dont on n'est pas
sûr. Il est toujours suivi du Conditionnel.
• Exemple : « Au cas où vous auriez un empêchement, prévenez-moi. » / Au cas où vous
auriez un problème…
La Nuance de "Au cas où" Bien que "Au cas où" soit suivi du conditionnel, il existe une forme plus
soutenue : "Au cas que".
Spécificité : "Au cas que" est suivi du subjonctif.
Exemple : « Au cas qu'il vienne... » (C'est une forme très littéraire, presque "secrète", à utiliser
avec parcimonie).
• À condition que + Subjonctif (L'exigence) : On l'utilise pour poser une règle stricte. Il est
toujours suivi du Subjonctif.
• Exemple : « Je viendrai à condition que vous fassiez un effort. » / À condition que vous
soyez là.
L'explication : "Au cas où" est une porte ouverte, une éventualité, d'où le Conditionnel. "À condition
que" ferme la porte à toute autre possibilité, c'est une exigence, d'où le Subjonctif.
Défi de Syntaxe (L'hypothèse polie) :
• Énoncé : Transformer "Si vous avez faim, servez-vous" en une forme plus diplomatique.
• Correction : "Au cas où vous auriez faim, servez-vous."
• Explication : L'utilisation du conditionnel avec "Au cas où" atténue l'affirmation et la rend plus
élégante en milieu professionnel.
Les Pluriels des Noms Composés :
C'est une règle de logique visuelle. Seuls le nom et l'adjectif peuvent varier. Les verbes, prépositions et
adverbes restent invariables.
• Nom + Nom : Les deux s'accordent. (Des oiseaux-mouches)
• Adjectif + Nom : Les deux s'accordent. (Des coffres-forts)
• Verbe + Nom : Le verbe reste invariable. Le nom prend le pluriel si le sens le permet. (Des
tire-bouchons)
• Mot + Préposition + Mot : Seul le premier nom s'accorde. (Des chefs-d'œuvre)
Exception : Arrière-boutiques : "Arrière" est un mot invariable (adverbe/préposition), seul le nom
"boutiques" prend la marque du pluriel.
Le Piège des Noms Composés avec "Garde": C'est l'exception la plus retorse du français :
• Si "garde" désigne une personne (nom), il s'accorde : Des gardes-frontières.
• Si "garde" désigne une action (verbe garder), il est invariable : Des garde-fous (objets qui
gardent de la chute).
La Mise en Relief (C'est... qui/que) :
La mise en relief permet d'insister sur un élément précis de la phrase pour attirer l'attention de
l'interlocuteur ou du lecteur.
• L'emphase sur le Sujet (C'est... qui) : On encadre le sujet.
• Règle d'or : Le verbe qui suit s'accorde toujours avec le sujet mis en relief.
• Exemple : « C'est moi qui ai (et non "a") pris cette décision. » / « Ce sont eux qui ont
gagné. »
• L'emphase sur l'Objet (C'est... que) : On encadre le complément.
• Exemple : « C'est ce dossier que je cherche. »
• La structure "Ce qui... c'est" : Idéal pour hiérarchiser une pensée complexe.
• Exemple : « Ce qui m'importe, c'est votre réussite. »
L'Ordre des Doubles Pronoms :
Lorsqu'une phrase contient deux pronoms compléments (COD et COI), leur place n'est pas aléatoire.
Elle suit une hiérarchie stricte devant le verbe.
• La Règle d'Or (Le tableau de priorité) :
1. Me, te, se, nous, vous (1re et 2e personnes + réfléchi)
2. Le, la, les (3e personne COD)
3. Lui, leur (3e personne COI)
4. Y (Lieu / Cible)
5. En (Quantité / Provenance)
Exemple 1 : « Je donne le livre à toi. » → « Je te le donne. » (1 avant 2).
Exemple 2 : « Je donne le livre à lui. » → « Je le lui donne. » (2 avant 3). / Il a prêté sa
voiture à son frère. → Il la lui a prêtée.
Exemple 3 : « Je donne des fleurs à Marie là-bas. » → « Je lui en donne y. » → « Je lui y
en donne. » (C'est rare mais théoriquement : 3-4-5). / Elle a apporté des fleurs dans le salon.
→ Elle y en a apporté.
L'explication : Dans la phrase 1, "vous" (2e personne) passe avant "le" (3e personne). Dans la
phrase 2, les deux sont à la 3e personne : le COD "la" passe alors avant le COI "lui". Dans la
phrase 3, l'ordre 4-5 est respecté (Lieu avant Quantité).
L'Exception de l'Impératif Affirmatif : C'est le seul moment où l'ordre des pronoms change
totalement. Ils se placent après le verbe et sont reliés par des traits d'union.
• Règle : Le COD (le, la, les) passe toujours en premier.
• Exemple : « Donne-le-moi. » (et non "Donne-me-le").
• Exemple : « Dites-le-leur. »
"Quelque" Adverbe (Invariable) :
Nous avons vu "Quel que" (en deux mots) et "Quelques" (plusieurs). Il existe un troisième cas où
"Quelque" est un adverbe et ne prend jamais de "s".
1. Devant un nombre (Signifie "environ") :
• Exemple : « Il y a quelque deux cents personnes. »
2. Devant un adjectif suivi de "que" (Signifie "si / aussi") :
• Exemple : « Quelque puissants qu'ils soient, ils doivent obéir. »
• Astuce : Si vous pouvez remplacer par "Si" ou "Aussi", c'est invariable.
• Quelque brillants... (Invariable). → Devant un adjectif suivi de "que", il signifie "si" ou "tout
aussi", c'est un adverbe.
• J'ai acheté quelques pommes... (Variable). → Ici, il signifie "plusieurs" et s'accorde avec le
nom "pommes", c'est un déterminant.
• Quelque trois cents... (Invariable). → Devant un nombre, "quelque" signifie "environ", c'est un
adverbe.
La Nominalisation :
La nominalisation consiste à remplacer une proposition (avec un verbe conjugué) par un groupe
nominal (un nom). C'est la marque du style administratif, scientifique et journalistique.
• L'avantage : Cela permet de condenser l'information et de gagner en objectivité.
• La transformation : On part du verbe pour trouver son nom dérivé.
• Verbe : "On a augmenté les tarifs." (Style parlé/simple)
• Nom : "L'augmentation des tarifs." (Style expert/écrit)
• Suffixes courants : -ation (création), -age (nettoyage), -ment (changement), -ion (traduction).
Exemple : « Dès que le projet sera lancé... » → « Dès le lancement du projet... ».
On a fermé l'usine pendant deux jours. → La fermeture de l'usine...
Le directeur est intervenu rapidement. → L'intervention rapide du directeur...
Les prix augmentent chaque mois. → L'augmentation mensuelle des prix...
L'explication : En remplaçant le verbe par un nom, on élimine le sujet "On" ou "Le" pour
se concentrer sur l'action elle-même. C'est ce qu'on appelle le style "nominal", très prisé
pour les titres de rapports ou les synthèses.
Orthographe et Style : La Ponctuation Stylistique : La ponctuation n'est pas
seulement une règle, c'est un outil de rythme.
1. Le Point-Virgule (;) : Il sépare deux propositions liées par le sens, mais indépendantes
grammaticalement. Il est plus fort que la virgule mais moins définitif que le point.
• Exemple : « La réunion est terminée ; les décisions seront appliquées demain. »
2. Les Deux-Points (:) : Ils introduisent une explication, une citation ou une énumération.
• Exemple : « Il n'y a qu'une solution : persévérer. »
3. L'Inversion du Sujet : Pour un style très soutenu dans les questions ou après certains adverbes
(Peut-être, Aussi, À peine).
• Exemple : « Peut-être viendra-t-il demain. » / Il est peut-être déjà parti. → Peut-être
est-il déjà parti.
La Concordance des Temps (Niveau Expert) :
C'est ce qui sépare un amateur d'un maître de la langue. Quand le verbe principal est au passé, les
verbes de la subordonnée doivent changer pour respecter la chronologie.
• La Règle du Passé :
• Action simultanée : « Je croyais (Passé) qu'il était (Imparfait) là. » (Au lieu de "est").
(Imparfait = Présent du passé)
• Action antérieure : « Je croyais qu'il était venu (Plus-que-parfait). » (Au lieu de "est
venu"). / Je pense qu'il a fini son rapport. → Je pensais qu'il avait fini son rapport.
(Plus-que-parfait = Passé du passé).
• Action future : « Je croyais qu'il viendrait (Conditionnel Présent). » (Au lieu de
"viendra"). / Je pense qu'il viendra demain. → Je pensais qu'il viendrait demain.
(Conditionnel présent = Futur du passé).
L'astuce : Le Conditionnel Présent est le "Futur du Passé".
L'explication : Dès que l'on bascule le récit dans le passé ("Je pensais"), le futur devient
conditionnel et le passé composé devient plus-que-parfait. C'est la règle de base pour
maintenir la cohérence d'un rapport ou d'un récit.
La Diplomatie de l'Écrit (Atténuation) :
Dans un cadre professionnel ou de haute voltige, on évite les ordres directs. On utilise des structures
d'atténuation.
1. Le Conditionnel de Politesse : « Je souhaiterais » au lieu de « Je veux ». / Je veux que vous
fassiez ce travail. → Je souhaiterais que vous puissiez effectuer ce travail.
2. La Forme Passive : Pour ne pas pointer du doigt un coupable.
• Direct : « Vous avez fait une erreur. » / Vous avez oublié de joindre le fichier.
• Diplomatique : « Une erreur a été commise dans ce dossier. » / Le fichier n'a pas été
joint au courriel.
3. Les Litotes : Dire moins pour suggérer plus.
• Exemple : « Ce n'est pas mal » (pour dire que c'est très bien).
L'explication : La forme passive permet de se concentrer sur l'erreur sans attaquer la personne. Le
conditionnel, lui, transforme un ordre en une demande collaborative, ce qui est essentiel dans les
relations B2B ou de management.
La Cohérence Textuelle (Connecteurs Logiques) :
Pour que ton texte soit une armure sans faille, chaque phrase doit être soudée à la suivante.
• Pour concéder : Certes, bien que, toutefois.
• Pour conclure : En définitive, par conséquent, ainsi.
• Pour ajouter : Par ailleurs, en outre, de surcroît.
CONJUGAISON
Le Plus-que-parfait (PQP):
C'est le temps du bilan dans le passé.
• Valeur : Il marque l'antériorité. Si tu racontes une histoire au passé composé, tout ce qui s'est
passé avant cette histoire se met au PQP.
• Ex : "J'ai perdu le livre que tu m'avais prêté." (Le prêt a eu lieu avant la perte).
Leçon Flash : L’auxiliaire des verbes Pronominaux :
Quand un verbe commence par "se", on oublie l'auxiliaire avoir.
• Ex : Je me suis préparé / Tu t’es levé / Il s'était concentré / Nous nous étions visualisés.
• Le Secret : Pense à l'état. On ne dit pas "J'avais installé moi-même", mais "J'étais installé".
Le Conditionnel Passé :
Il sert à exprimer un regret ou une hypothèse non réalisée dans le passé. C'est le temps de la fiction
passée.
• Formation : Auxiliaire (avoir ou être) au conditionnel présent + participe passé.
Ex : J'aurais voulu (mais je n'ai pas pu). Nous serions venus (mais il y avait des bouchons).
• Il est souvent utilisé dans la structure : Si + Plus-que-parfait -> Conditionnel Passé.
Ex : Si j'avais pratiqué (PQP), j'aurais réussi (Cond. Passé).
Le Subjonctif Passé :
Il sert à exprimer un doute, un regret ou une émotion sur une action déjà terminée. On l'utilise souvent
pour exprimer un soulagement ou une clôture.
• Formation : Auxiliaire (avoir ou être) au subjonctif présent + participe passé.
• Ex : - Je suis ravi que vous soyez venus. / J'ai peur qu'il ait oublié.
- Je suis content que nous ayons fini cette étape.
L'action doit être perçue comme "révolue" au moment où l'on parle, contrairement au
subjonctif présent qui traite de l'action en cours.
• Attention : "Je suis surpris qu'elles n'aient pas été prévenues." (C'est la forme passive du
subjonctif passé).
Le Futur Antérieur de Probabilité :
On n'utilise pas seulement ce temps pour le futur. On l'utilise aussi pour exprimer une supposition sur
le passé.
• Exemple : « Il n'est pas là ? Il aura oublié notre rendez-vous. »
• Explication : Ici, on ne parle pas du futur, mais on suppose une action passée avec une certitude
quasi totale.
Défi de Conjugaison (L'antériorité double) :
• Énoncé : "Aussitôt qu'ils (recevoir) __________ leurs instructions, ils sont partis."
• Correction : "Aussitôt qu'ils eurent reçu..." (Passé antérieur) OU "Aussitôt qu'ils avaient
reçu..." (Plus-que-parfait).
• Note : Si l'action principale est au futur ("ils partiront"), on utilise le futur antérieur (auront
reçu). Si elle est au passé, on utilise le passé antérieur.
Gérondif vs Participe Présent :
Ces deux formes se terminent par -ant, mais leurs rôles sont radicalement différents.
• Le Gérondif (En + -ant) : Il exprime la simultanéité (deux actions en même temps), la
manière ou la cause (Moyen/Manière). Il est toujours invariable.
• Exemple : « Il apprend en pratiquant. » / « Ils sont arrivés en courant. »
Le gérondif peut exprimer deux nuances subtiles :
La Simultanéité : « Il travaille en chantant » (Deux actions en même temps).
La Cause/Le Moyen : « C'est en pratiquant qu'on devient expert » (C'est par ce moyen-là).
Attention : Le sujet du gérondif doit être le même que celui du verbe principal. On ne peut pas
dire : "En marchant dans la rue, la pluie est tombée" (Car ce n'est pas la pluie qui marchait).
• Le Participe Présent (-ant seul) : Il remplace souvent une proposition relative ("qui..."). Il
exprime une action et reste invariable. (Les personnes qui souhaitent/une action en cours).
• Exemple : « Les personnes souhaitant participer doivent s'inscrire. » « J'ai vu des
enfants courant vers la plage. »
• L'Adjectif Verbal : C'est un participe présent qui est devenu un adjectif (décrit un état/une
qualité). Lui, il s'accorde.
• Exemple : « Une soirée fatigante. » « Ce sont des remarques très obligeantes. »
Certains mots changent d'orthographe selon leur nature :
• Le Participe (Invariable) : Naviguant, provoquant, communiquant.
• L'Adjectif (Variable) : Navigant, provocant, communicant.
• Exemple : « Des agents communiquant (action) par radio » vs « Des cadres communicants
(qualité) ».
L'Infinitif Passé :
L'infinitif passé exprime une action qui est terminée par rapport à l'action du verbe principal. On
l'utilise énormément après les prépositions "après", "pour" ou "sans".
• Formation : Auxiliaire (Avoir ou Être) à l'infinitif + Participe Passé.
• La règle d'après : Après la préposition "après", on utilise obligatoirement l'infinitif passé
(jamais l'infinitif présent).
• Exemple (Action finie) : « Après avoir terminé (infinitif passé) son travail, il part. » /
Elle est heureuse d' (être invitée) → Elle est heureuse d'avoir été invitée.
• Exemple (Pronominal) : « Il est fier de s'être levé tôt. »
L'explication : L'infinitif passé permet de supprimer le "que" et d'alléger la phrase. L'action d'avoir
fini ou d'avoir été invitée est bien antérieure (passée) au moment où l'on parle ou au départ. Notez que
pour le verbe passif (inviter), on utilise l'auxiliaire "avoir" + "été" + participe passé.
Le Choix du Registre (Passé Simple vs Passé Composé) :
À ce stade, tu dois savoir quand utiliser le Passé Simple, même si tu ne l'utilises pas à l'oral.
• Le Passé Simple : Il s'utilise exclusivement à l'écrit (récit, compte-rendu formel, littérature). Il
marque une action soudaine et terminée.
• Exemple : « Il prit sa décision sur-le-champ. »
• Le Passé Composé : C'est le temps de l'oral et de la correspondance moderne (emails). Il garde
un lien avec le présent.
• Exemple : « J'ai pris ma décision ce matin. »
TABLEAU RÉCAPITULATIF
1- LES STRUCTURES DE L'HYPOTHÈSE :
Degré de l'Hypothèse Formule (Structure) Explication & Nuance Exemples Corrects
1. Le Réel (Certitude) Si + Présent → Exprime une condition Si tu étudies, tu réussis.
Présent / Futur qui se réalisera sûrement Si j'ai le temps, je
si la première action a viendrai.
lieu.
2. L'Éventuel (Conseil) Si + Présent → Utilisé pour donner un Si tu as froid, mets un
Impératif ordre ou un conseil lié à manteau.
une condition. Si vous êtes prêt, partez.
3. L'Imaginaire Si + Imparfait → Exprime une action Si je gagnais au loto,
(Potentiel) Conditionnel Présent possible mais non j'achèterais une île.
réalisée, ou un rêve. Si tu travaillais, tu
réussirais.
4. L'Irréel du Présent Si + Imparfait → Exprime une situation Si j'étais riche (mais je
Conditionnel Présent contraire à la réalité ne le suis pas), je
actuelle. voyagerais.
5. L'Irréel du Passé Si + Plus-que-parfait Exprime un regret sur Si tu m'avais prévenu,
→ Conditionnel Passé quelque chose qui ne je serais venu.
peut plus être changé. S'il avait plu, la terre
aurait été humide.
A. La règle du "Si" (L'interdiction du "R")
C'est la règle d'or : On ne met jamais de futur ou de conditionnel immédiatement après le "SI".
• Faux : Si je viendrai... / Si je viendrais...
• Juste : Si je viens (Présent) / Si je venais (Imparfait).
• Exception Secrète : On peut mettre un conditionnel après "si" uniquement s'il signifie "si oui
ou non" (interrogation indirecte).
• Ex : « Je ne sais pas si j'irais à cette fête. » (Ici, ce n'est pas une condition, mais un
doute).
B. Les alternatives élégantes au "Si"
Pour varier ton style (comme vu dans le Bloc 7), tu peux utiliser d'autres structures qui imposent des
modes différents :
1. Au cas où + Conditionnel : (L'éventualité polie)
• Ex : « Au cas où vous auriez un problème, appelez-moi. »
2. À condition que + Subjonctif : (La restriction stricte)
• Ex : « Je t'aide à condition que tu fasses un effort. »
3. En cas de + Nom : (La nominalisation de l'expert)
• Ex : « En cas de pluie, la séance est annulée. »
LES FONCTIONS DE LA PHRASE :
Fonction Question pour Nature & Rôle Exemples Corrects
l'identifier (Formule)
Sujet Qui est-ce qui ? / Celui qui fait l'action ou [L'expert] analyse les
Qu'est-ce qui ? subit l'état. données.
[Travailler] est
essentiel.
COD (Objet Direct) Sujet + Verbe + Qui ? / L'objet direct de l'action Il explique [le concept].
Quoi ? (pas de préposition). Je [le] vois.
COI (Objet Indirect) Sujet + Verbe + À qui / L'objet indirect (relié Il parle [à son client].
quoi ? ou De qui / par à ou de). Elle se souvient [de ce
quoi ? jour].
CCL (Lieu) Sujet + Verbe + Où ? Indique l'endroit ou la Nous irons [à
direction. Madagascar].
Il reste [chez lui].
CCT (Temps) Sujet + Verbe + Indique le moment ou la Je finirai [demain].
Quand ? durée. [Pendant une heure], il
a lu.
CCM (Manière) Sujet + Verbe + Indique la façon de faire Il travaille [avec
Comment ? l'action. rigueur].
Elle répond [poliment].
CCC (Cause) Sujet + Verbe + Indique la raison de Il a réussi [grâce à son
Pourquoi ? l'action. travail].
ANALYSE DE L'EXPERT : PLACEMENT ET PRONOMINALISATION
C'est ici que ton apprentissage des Blocs précédents (notamment le Bloc 6 sur les doubles pronoms)
prend tout son sens.
1. Le COD et le COI (Le cœur du message)
• La règle de l'accord : Si le COD est placé avant le verbe (avec l'auxiliaire avoir), on accorde
le participe passé.
• Ex : « Les fleurs (COD) que j'ai cueillies (accord). »
• La pronominalisation : Le COD devient le, la, les. Le COI devient lui, leur.
• Phrase : « Il donne le rapport (COD) à son patron (COI). »
• Pronom : « Il le lui donne. »
2. Les Compléments Circonstanciels (CCL, CCT, CCM)
Contrairement au COD/COI, les compléments circonstanciels sont généralement mobiles et
supprimables.
• Style Expert : Pour mettre en relief un élément, déplace le complément en début de phrase.
• Neutre : « Nous signerons le contrat demain à Paris. »
• Élégant : « Demain, à Paris, nous signerons le contrat. »
3. Le cas des pronoms "Y" et "En"
• Y remplace souvent un CCL (Lieu) introduit par "à".
• Ex : « Je vais à la banque. » → « J'y vais. »
• En remplace un complément introduit par "de" (quantité ou provenance).
• Ex : « Je veux du café. » → « J'en veux. »
LA CONCORDANCE DES TEMPS :
Rapport Temps du Verbe Exemples Corrects
Si le Verbe Principal Chronologique Subordonné
est au...
PRÉSENT (ou Futur) Simultanéité (Action en Présent Je pense qu'il dort.
même temps)
Antériorité (Action Passé Composé Je pense qu'il a dormi.
avant)
Postériorité (Action Futur Simple Je pense qu'il dormira.
après)
PASSÉ (Imparfait, Simultanéité (En même Imparfait Je pensais qu'il
Passé Composé/Simple) temps que le passé) dormait.
Antériorité (Le passé Plus-que-parfait Je pensais qu'il avait
du passé) dormi.
Postériorité (Le futur Conditionnel Présent Je pensais qu'il
du passé) dormirait.
ANALYSE DE L'EXPERT : LES NUANCES "SECRETES"
1. Le Futur du Passé (Le Conditionnel)
C’est l'erreur la plus courante. Quand on raconte un événement passé, on ne peut plus utiliser le futur
simple dans la suite de la phrase.
• Incorrect : « Il a promis qu'il viendra demain. »
• Correct : « Il a promis qu'il viendrait demain. »
2. L'Antériorité du Futur (Le Futur Antérieur)
Quand on parle du futur, mais qu'une action doit être finie avant une autre action future.
• Formule : Futur Simple + Futur Antérieur.
• Exemple : « Je t'appellerai (Futur) quand j'aurai terminé (Futur Antérieur) mon travail. »
3. L'Antériorité du Conditionnel (Le Conditionnel Passé)
C'est le regret ou l'action qui aurait dû se passer avant un autre moment du passé.
• Exemple : « Je pensais (Imparfait) qu'il aurait déjà fini (Conditionnel passé) à mon arrivée. »
TABLEAU GÉNÉRAL DES CONNECTEURS LOGIQUES :
Connecteurs (Niveau
Intention / Relation Connecteurs (Niveau Expert / Soutenu)
Standard)
Addition (Ajouter une
Et, de plus, aussi, en plus. Par ailleurs, de surcroît, en outre, également.
idée)
Connecteurs (Niveau
Intention / Relation Connecteurs (Niveau Expert / Soutenu)
Standard)
Opposition Mais, par contre, Toutefois, néanmoins, en revanche,
(Contredire) cependant. nonobstant.
Cause (Expliquer En raison de, grâce à, étant donné que, du
Parce que, car, puisque.
pourquoi) fait de.
Conséquence Par conséquent, dès lors, en l'occurrence, de
Donc, alors, ainsi.
(Résultat) ce fait.
Condition À condition que, moyennant, pourvu que, en
Si, au cas où.
(Hypothèse) admettant que.
But (Objectif) Pour, pour que. Afin de, dans le but de, en vue de, à cette fin.
Concession
Même si, malgré. Certes, bien que, en dépit de, quoique.
(Admettre)
En définitive, en somme, au terme de, en
Conclusion (Finir) Pour finir, enfin.
conclusion.
MAXIMUM D'EXEMPLES PRATIQUES (SANS EXPLICATION)
Voici une liste denses d'applications pour chaque catégorie :
1. Addition & Progression
• « Il a terminé son rapport et il a envoyé l'email. »
• « Le projet est rentable. De surcroît, il améliore l'image de marque. »
• « Nous avons revu la stratégie ; par ailleurs, nous avons recruté. »
• « Cette solution est rapide, en outre, elle est gratuite. »
2. Opposition & Nuance
• « Il voulait partir, toutefois la pluie l'en a empêché. »
• « Le marché baisse ; néanmoins, nos ventes restent stables. »
• « Il n'est pas venu, nonobstant sa promesse écrite. »
• « Ce n'est pas un échec, c'est en revanche une leçon précieuse. »
3. Cause & Justification
• « Le retard est dû au fait que le train a été annulé. »
• « Étant donné l'urgence, nous avons agi immédiatement. »
• « Il a réussi grâce à sa persévérance exemplaire. »
• « Le stock est vide **en raison d'**une demande imprévue. »
4. Conséquence & Résultat
• « Les prix augmentent, par conséquent la consommation baisse. »
• « L'accord est signé ; dès lors, les travaux peuvent commencer. »
• « Il a fait une erreur, de ce fait, il doit recommencer. »
• « La loi a changé, ainsi nous devons nous adapter. »
5. Condition & Hypothèse
• « Je signerai à condition que les clauses soient claires. »
• « Au cas où vous seriez absent, prévenez le secrétariat. »
• « L'accès est libre, pourvu que l'on respecte les consignes. »
• « Moyennant un effort financier, le projet est possible. »
6. Concession & Alternative
• « Certes, il est jeune, mais il est très compétent. »
• « **Bien qu'**il soit tard, je vais finir ce dossier. »
• « Il a gagné **en dépit d'**un manque flagrant de préparation. »
• « Quoique fatigué, il a tenu à terminer son discours. »
7. Conclusion & Synthèse
• « En définitive, cette méthode est la plus efficace. »
• « En somme, tout le monde est d'accord sur le principe. »
• « Au terme de cette analyse, nous préconisons la prudence. »
• « Pour conclure, je dirais que l'avenir est prometteur. »
LES OUTILS DE L'ATTÉNUATION :
Formule /
Outil Stylistique Effet Recherché Exemples Corrects
Structure
Le Conditionnel Je souhaiterais / Il Adoucir un ordre ou Je souhaiterais obtenir un délai.
Formule /
Outil Stylistique Effet Recherché Exemples Corrects
Structure
faudrait un désir. Il faudrait revoir ce calcul.
La Forme Être + Participe Effacer le responsable Une erreur a été commise. (au lieu
Passive Passé d'une erreur. de "Tu as fait une erreur").
Les Sembler, paraître, Introduire un doute Le rapport semble incomplet.
Modalisateurs peut-être poli. Il y a peut-être un malentendu.
Ne pas + Dire le positif par la Ce n'est pas mauvais. (C'est bien).
La Litote
[Contraire] négation. Ce n'est pas inutile. (C'est utile).
Mot doux au lieu Atténuer une réalité Il nous a quittés. (Il est mort).
L'Ephémisme
de dur brutale. Il est en recherche d'emploi.
Demander la
Le Verbe Pourriez-vous / * Pourriez-vous m'aider ?*
permission ou la
"Pouvoir" Puis-je * Puis-je vous suggérer ceci ?*
capacité.
MAXIMUM D'EXEMPLES PRATIQUES (SANS EXPLICATION)
1. Transformer un Ordre en Suggestion (Conditionnel & Interrogation)
• « Faites cela. » → « Pourriez-vous faire cela ? »
• « Donnez-moi le dossier. » → « Je vous serais reconnaissant de me transmettre le dossier. »
• « Finis ton travail. » → « Il serait préférable que tu finisses ton travail. »
• « Changez ce paragraphe. » → « Ne **pensez-vous pas qu'**une modification serait utile ici ?
»
2. Signaler une Erreur avec Diplomatie (Forme Passive & Modalisateurs)
• « Tu as oublié la pièce jointe. » → « La pièce jointe semble avoir été omise. »
• « Vous vous trompez. » → « Il me semble qu'il y a une légère confusion. »
• « Ton rapport est nul. » → « Ce document mériterait d'être approfondi. »
• « Tu es en retard. » → « Le planning n'a pas pu être tout à fait respecté. »
3. Exprimer un Refus ou un Désaccord (Atténuation par la concession)
• « Non, c'est impossible. » → « Il est délicat d'envisager cette solution pour le moment. »
• « Je ne suis pas d'accord. » → « Je comprends votre point de vue, toutefois j'ai quelques
réserves. »
• « C'est trop cher. » → « Le budget paraît légèrement supérieur à nos prévisions. »
• « Je refuse votre offre. » → « Il ne nous est pas possible de donner suite à votre proposition.
»
4. Utiliser les Litotes pour nuancer un jugement
• « C'est une idée géniale. » → « Ce n'est pas une mince affaire (pour un défi réussi). »
• « C'est très intelligent. » → « Ce n'est pas bête. »
• « Je suis très content. » → « Je ne suis pas mécontent du résultat. »
• « C'est clair. » → « Ce n'est pas ambigu. »
5. Nuances de Temps et de Quantité (Adverbes d'atténuation)
• « C'est faux. » → « C'est relativement inexact. »
• « Il y a un problème. » → « Il y a un léger contretemps. »
• « Je suis occupé. » → « Je suis quelque peu pris en ce moment. »
• « C'est difficile. » → « C'est un véritable défi. »
TABLEAU MAÎTRE DES ACCORDS DU PARTICIPE PASSÉ :
Auxiliaire / Cas Règle d'Accord Exemple &
Application
Avec ÊTRE Accord systématique Elles sont ancrées. / Ils
avec le Sujet. sont partis.
Avec AVOIR (Cas Pas d'accord avec le J'ai rencontré les
général) sujet. guides.
Avec AVOIR (+ COD Accord avec le COD si Les guides que j'ai
avant) celui-ci est placé avant rencontrés. (Qui ? les
le verbe. guides).
Verbes Pronominaux Accord avec le Sujet (si Elle s'est préparée. (Elle
le "se" est COD). a préparé qui ? elle-
même).
Verbes de Modalité Pas d'accord si suivi Les intentions que j'ai
d'un infinitif. voulu exprimer.
DÉTAILS STRATÉGIQUES DU FICHIER (ANALYSE POUSSÉE)
1. La Règle d'Or du COD (La question "Qui / Quoi ?")
Le fichier insiste sur un point crucial : le moment où l'on trouve la réponse.
• Réponse APRÈS : Pas d'accord. (J'ai reçu les instructions).
• Réponse AVANT : Accord. (Les instructions que j'ai reçues).
2. Le Piège de l'Infinitif (Voulu, Pu, Dû)
C'est une spécificité majeure de votre document. Lorsque ces verbes sont suivis d'un infinitif, le
participe passé est toujours invariable.
• Explication : L'objet de l'action n'est pas le nom qui précède, mais l'action de l'infinitif.
• Exemple du fichier : « Les intentions que j'ai voulu exprimer. » (On n'accorde pas "voulu" avec
"intentions").
3. Les Verbes Pronominaux (Le "Se")
Le document mentionne l'accord avec le sujet, mais attention à la nuance invisible :
• Accord : Elle s'est lavée. (Elle lave qui ? elle-même $\rightarrow$ le "se" est COD).
• Pas d'accord : Elle s'est lavé les mains. (Elle lave quoi ? les mains. Le COD "les mains" est
après le verbe).
• Pas d'accord : Ils se sont téléphoné. (On téléphone à quelqu'un. Le "se" est COI, donc pas
d'accord).
AUTRES ACCORDS INDISPENSABLES (COMPLÉMENTS)
A. L'accord de l'Adjectif
L'adjectif s'accorde toujours en genre et en nombre avec le nom qu'il qualifie.
• Cas particulier (Adjectifs de couleur) :
• Une seule couleur : Accord (Des chemises bleues).
• Couleur issue d'un nom (marron, orange, citron) : Invariable (Des chaussures marron).
• Couleur composée : Invariable (Des yeux bleu clair).
B. L'accord de "Tout"
• Devant un nom : Accord (Tous les hommes, toute la journée).
• Adverbe (signifie "complètement") : Invariable, sauf devant un adjectif féminin commençant
par une consonne.
• Ex : « Elle est tout étonnée » (voyelle).
• Ex : « Elle est toute contente » (consonne).
C. L'accord de "Même"
• Adjectif (devant un nom) : Accord (Les mêmes causes produisent les mêmes effets).
• Adverbe (signifie "aussi") : Invariable (Ils sont venus, et même les enfants).