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Le cours de Droit et pratique diplomatiques et consulaires, dirigé par Richard Lumbika, vise à familiariser les étudiants avec les conventions internationales sur les relations diplomatiques et consulaires, ainsi que les principes d'organisation des missions diplomatiques. Les étudiants apprendront à distinguer les privilèges et immunités des missions diplomatiques et consulaires, ainsi que les sanctions pour violations du droit diplomatique. Le cours inclut des exposés magistraux, des études de cas pratiques et une évaluation basée sur des interrogations et des examens.
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Intitulé du cours : Droit et pratique diplomatiques et consulaires
Nom du Titulaire du Cours : LUMBIKA
Postnom :Nlandw
Prénom : Richard
Objectifs du cours :
‘Ala fin du cours, l’étudiant connaitra le contenu de la Convention de Vienne du 18 avril 1961
sur les relations diplomatiques, de la Convention de Vienne du 24 avril 1963 sur les relations
consulaires et de la Convention sur la prévention et la répression des infractions contre les
personnes jouissant d'une protection internationale y compris les agents diplomatiques adoptée
par I’ Assemblée générale des Nations Unies le 14 décembre 1973.
Liétudiant deviendra capable de distinguer et de présenter les principes d’organisation des
missions diplomatiques bilatérales permanentes, Jes fonctions et devoirs des missions
diplomatiques, les privilages et immunités des missions diplomatiques et de leurs membres.
Tidevra connaitre le cadre international des services consulaires, leurs fonctions et les privileges
et immunités mis & leur bénéfice.
Len fera autant des missions spéciales (diplomatic ad hoe) et sera capable de développer les
sanctions des violations du droit diplomatique et consulaire, comme Ja fin des fonetions de
Vagent diplomatique ou consulaire et celle des missions diplomatiques.
Contenu du cours
1. Sources du droit et pratique diplomatique et consulaire
Tl. _ Relations diplomatiques bilatérales permanentes
II]. Activités diplomatiques particuliéres (diplomatic ad hoc, missions permanentes
auprés des organisations internationales
IV. __ Priviléges et immunités des missions et personnel diplomatiques
V. Relations consulaires
Méthodologie
Pour 20 heures, le cours est un exposé magistral du le professeur. 9 heures sont accordées &
Fétudiant pour étudier un cas pratique lié a la diplomatie, en mettant a profit Ia présence des
missions diplomatiques a Kinshasa, | heure a une interrogation.
Evaluation
Lannote finale de I’étudiant sera la somme des notes obtenues a I’interrogation (1/4), aux travaux
pratiques (1/4) et & I’examen (2/4).
Bibliographie
Jean SALMON, Manuel de droit diplomatique, Bruxelles, Bruylant, 1994
Eileen DENZA, Diplomatic law, 2" ed, Oxford, 1999
Nicolas ANGELET, Le droit des relations diplomatiques et consulaires dans la pratique récente
du Conseil de sécurité, in Revue belge de droit international, 1999/1, pp. 149-177>
INTRODUCTION GENERALE
Genése et évolution
La diplomatie rime avec l’humanité. Son histoire se confond avec celle
des peuples qui ont toujours éprouvé un besoin sociologique fondamental
d’entretenir entr’eux des rapports ‘mutuels variés. Vraisemblablement, aucune
collectivité humaine ne peut assurer sa survie en se repliant sur elle-méme A tel
enseigne que la diplomatie qui sous-tend Vidée de solidarité s’est imposée
comme une nécessité absolue,
Ainsi, les échanges entre les collectivités humaines remontent bien
avant Jésus-Christ. Lorsque par exemple la Reine de Saba qui avait entendu
parler de la renommée du Roi Salomon se résolut de le visiter en lui apportant
des présents et fut accueillie selon son rang de Reine (1 Rois 10: 1), Von assistait
déja non seulement a un contact entre les civilisations mais aussi et surtout A un
fragment de la pratique diplomatique.
Par ailleurs, U'Antiquité comme le Moyen Age nous offrent de cas de
"'Héraut’’ (officier public chargé de faire des proclamations solennelles, de
signifier les déclarations de guerre, ...) qui jouit soit d’un caractére sacré et dont
la personne était inviolable car il était le messager du prince.
A Vépoque de UEtat-cité, la Gréce possédait un systéme perfectionné
des relations diplomatiques en reconnaissant Uinviolabilité de la personne de
UAmbassadeur devant les assemblées pléniére oui il devait prononcer un discours.
Rome ne fut pas en reste dans la mesure ot un centre de réception
accueillant des émissaires étrangers était organisé. Du reste, les principautés
puissantes italiennes (Venise, Florence, Génes) joueront un réle majeur dans
Vévolution de la diplomatie. En effet, en temps de paix ou méme en temps de
guerre ces principautés dépéchaient des émissaires (généralement des clergés)
vers d’autres entités et qui étaient tenus a les respecter.
Venise fut donc la premiére cité a connaftre une gestion organisée
@abord des relations diplomatiques ad hoc ou spéciales et ensuite, permanentes.
L’expérience vénitienne va a partir du XII®"* siécle déboucher progressivement et
timidement vers linstauration de la diplomatie permanente étendue sur d'autres
entités ou cités.
Avec les traités de Westphalie de 1648 oi l’on assista a l’émergence des
Etats souverains, Uhistoire de la diplomatie se divisera désormais en deux
périodes : Celle de missions permanentes du fait essentiellement de la
multiplication des Etats et de Vextension des activités humaines (moyens de
communication, avions, bateaux,Droit et Pratique diplomatiques et consulaires
Il stensuit que cette intensification des contacts entre les Etats
souverains entrainera quelques problémes entre les émissaires clergés et les laics,
notamment la question de préséance qui trouva un début de solution avec le
Réglement de Vienne adopté a l’issue du Congrés de Vienne de 19 mars 1815 qui
marque visiblement le début de la codification de la pratique diplomatique. Avec
la création des 0.1 au 19°" siecle, Uintensification des conférences fera évoluer
la pratique diplomatique au 20° siecle qui a connu notamment la création de
VONU, la multiplication des 0.1, Uémergence des Etats nouveaux et
Vinterpellation des questions politiques, économiques, juridiques, socio-
culturelles, les relations diplomatiques se sont vues accroitre au point que jadis
réservé aux seuls diplomates, aujourd’hui, on tend a recourir aux divers
techniciens selon la question a traiter.
Concepts et définitions
Pour éviter de perdre les étudiants dans les diverses interprétations que
peut couvrir un méme concept, il est impérieux de préciser le sens de concepts
"’Droit’’, ’’Diplomatie’’ et '’Pratique’’.
1, Droit
Ce mot revét plusieurs sens notamment subjectif et objectif, nous nous
reporterons seulement au sens objectif pour dire que le concept droit désigne
Vensemble des régles de conduite en vigueur dans une société donnée, & un
moment donné et envisagées indépendamment des personnes physiques ou
morales, qui en sont bénéficiaires.
Cette définition valable sur le plan interne des Etats ne doit pas nous
faire perdre de vue que l'étude des relations (diplomatiques) entre Etats
constitue le domaine propre du Droit international public qui est une branche du
droit trés particuliére, car on ne manie pas les Etats comme les individus. Bref, le
Droit international pose des normes qui président aux rapports entre sujets du
Droit international.
2. Diplomatie
Le concept de diplomatie est particuliérement difficile 4 définir. Cette
difficulté tient a la richesse et a la complexité des éléments qu’ il fait intervenir.
Etymologiquement, le concept diplomatie vient du grec diploma” : se
dédoubler, se déguiser et "’tiki’’ : Art, reflexe. C’est donc art de se dédoubler.
Autrement dit, la diplomatie est la capacité a avancer ses intéréts sans laisser
découvrir ses intentions profondes quitte a parvenir a un résultat programmé. Au
total, la diplomatie est l'art de négocier.Droit et Pratique diplomatiques et consulaires
Le lexique de politique définit la diplomatie comme Uart de la
représentation d’un Etat dans les relations internationales, dans la défense de ses
intéréts a étranger et dans les négociations avec les autres Etats’.
Assimilé parfois a la politique étrangére d’un Etat, ce concept se
comprend comme les organes et moyens pour la conduite des relations
internationales de VEtat.
Définissant la politique étrangére, YOKO YAKEMBE note qu’elle est
Vensemble des objectifs essentiels, des principes fondamentaux et des régles
directrices de Vaction de l’Etat hors de ses frontieres’.
Pour sa part, Philippe CAHIER considére que la diplomatie est la maniére
de conduire les affaires extérieures d’un sujet de Droit international a travers les
moyens pacifiques et principalement par des négociations’.
3. Pratique
En dépit de la codification des régles du Droit international, la pratique
persiste et joue un réle majeur dans les rapports entre sujets.
Sans rechercher de définitions savantes, la pratique s’entend d'une
activité tendant a une fin concréte. C'est donc l’application des régles et des
principes d’un art, d’une technique, .... Sur le plan international, la pratique
traduit la maniére habituelle (comportement) d’agir des sujets du Droit
international dans leurs relations mutuelles.
De ce qui précéde pour ce qui est du Droit diplomatique, nous notons
qu'il s’agit de ensemble de normes juridiques destinées a régler essentiellement
les rapports qui se forment entre les différents organes des sujets de Droit
international chargés de maniére permanente ou temporaire, de relations
extérieures de ses sujets*.
Objet du Droit et pratique diplomatique
Au total, le droit et pratique diplomatiques a pour objet l’étude des
régles auxquelles les différents Etats et autres personnes de Droit international
(O.1, Saint Siége, ...) sont soumis et le comportement que les différents acteurs
doivent afficher dans leurs rapports mutuels, pacifiques comme conflictuels.
a
C. DEBBASCH et Y. DAUDET, Lexique de politique, Paris, Dalloz, 1988, p. 140
2 YOKO YAKEMBE, Traité de croit diplomatique, Kinshasa, PUZ, 1983, p. 16
5 Ph. CAHIER, Le croit diplomatique contemporain, 2°" éd. Geneve, Droz, 1964, p. 5
“Tdew pps tbDroit et Pratique diplomatiques et consulaires
Sources
En tant qu’une de branches du Droit international public, le droit
diplomatique partage essentiellement avec ce dernier la quasi-totalité de ses
sources classiques en sus des régles internes propres aux différents Etats. Ce sont
donc les traités, la coutume, les accords bilatéraux, les principes généraux de
droit, les actes des O.I.,... Les notions relatives 4 toutes sources de Droit
international font l'objet d’un large développement dans le cours de Droit
international public. De maniéres sommaires, nous n’évoquerons que les traités
et la coutume.
1°. Les traités
A ce stade, notons simplement que pendant longtemps la matiére des
relations diplomatiques n’intéressait que les Etats souverains étant donné que
Vémergence d’organisations intergouvernementales ne remonte qu’au 19°"
siécle. S’agissant justement de ces rapports interétatiques, ils reposaient
essentiellement sur des régles coutumiéres. Ainsi plusieurs questions demeuraient
sans solution et opposaient souvent les Etats, les uns aux autres. Il en fut le cas
notamment de la question de préséance entre les envoyés clergés et les envoyés
lacs.
Un début de solution fut trouvée a l’issue du Congrés de Vienne du 19
mars 1815 qui adopta le Réglement de Vienne complété par le Protocole d’Aix-la-
chapelle du 21 novembre 1818.
Du reste, la matiére des relations diplomatiques | a fait Vobjet de
stipulations dans les traités et conventions signés au 19° siécle gar les Etats
souverains et dont les rédacteurs étaient animés de la préoccupation d’établir les
priviléges et immunités au bénéfice de leurs agents diplomatiques sur base de
réciprocité.
Mais c’est plus la Convention de Vienne du 18 avril 1961 sur les relations
diplomatiques révisant et compleétant le Réglement de Vienne qui retiendra plus
notre attention. Il sera également question de nous appesantir sur la Convention
de Vienne du 24 avril 1963 relative aux relations consulaires.
2°, La coutume
Constituée des précédents et de la conviction que les actes répétés de,
maniére courante engendrent les obligations, la coutume est la source la plus
vieille de la matiére des relations diplomatiques. En effet celles-ci se fondaient
essentiellement sur les usages qui se sont imposés avec le temps et ont pris une
telle consistance qu’ils régissaient les rapports interétatiques.es et consulai
Droit et Pratique diploma’
Néanmoins les régles coutumiéres _soulévent les _ problémes
d'interprétation au point que les sujets du Droit international se sont
progressivement accordés a couler par écrit, d’ou leur codification a la base des
principaux traités internationaux. En dépit de cette codification croissante, la
Poutume demeure une source principale du Droit international public en général,
et du Droit diplomatique en particulier. Elle présente UVavantage d’étre souple et
malléable. Autrement dit, la coutume peut facilement se transformer au gré des
exigences sociologiques de la vie internationale.Droit et Pratique diplomatiques et consulaires
CHAP, |: LES ORGANES ETATIQUES DES RELATIONS DIPLOMATIQUES
Traditionnellement, il existe des institutions chargées de conduire les
relations extérieures des Etats, d’autant que le droit diplomatique reste
essentiellement un droit interétatique.
Certes, la montée en puissance des Organisations internationales a
permis a certaines d’entre-elles de disposer d’agents diplomatiques (cas de
VONU), mais la structure des organes chargés des relations diplomatiques d'une
0.1. demeure embryonnaire par rapport aux organes étatiques. Ces derniers se
divisent rationnellement en organes centraux exercant leur pouvoir de décision a
UVintérieur du territoire de U’Etat et les organes extérieurs qui représentent U'Etat
a l’6tranger et obéissent aux ordres des premiers.
Section |: Les organes centraux des relations diplomatiques
Différents sont les organes qualifiés pour exprimer le point de vue et la
volonté de UEtat dans ses relations extérieures, soit de facon générale a Végard
de tout autre Etat (organes gouvernementaux), soit a l’égard d’un Etat déterminé
sur toutes questions (agents diplomatiques) ou seulement sur certaines questions
(agents consulaires).
La détermination des organes internes chargés de la conduite des
relations extérieures releve du droit interne (droit constitutionnel) de chaque
Etat. Ainsi, Etat, dans ses structures diplomatiques, constitue un modéle
d’ organisation.
Les organes centraux correspondent donc aux institutions de Vexécutif
chargées, en vertu de la constitution et des régles du droit international,
d’assurer les rapports internationaux de |’Etat.
1. Le Chef de VEtat
Habituellement, le Chef de V’Etat joue un réle essentiel dans les
relations internationales. Mais tout dépend de Vorganisation constitutionnelle
d’un Etat 4 l’autre car, dans les Etats oll le Chef de l’Etat ne dispose plus que des
fonctions symboliques (Espagne, Belgique, Grande-Bretagne), c’est le Chef de
gouvernement qui tend a assumer un réle prépondérant dans les relations
extérieures.
De toute évidence, le Chef de U’Etat est le représentant supréme de
UEtat. A ce titre, it accrédite les agents diplomatiques nationaux et (es agents
diplomatiques étrangers accrédités auprés de lui.
Aussi a-t-il droit 4 des honneurs spéciaux et, quand il est & U’étranger, a un
régime d’immunités trés étendues qui lui assure une protection appropriée. C’est
Vimmunité de juridiction absolue, tant civile que pénale, pour tout acte de la
fonction ou non.les et con:
Dre ratique diplomat
Ainsi, le Chef de U'Etat engage VEtat dans la procédure de conclusion
des traités et accords internationaux dont il est garant du respect.
Au-dela de ces fonctions formelles et ce, suivant la nature du régime
politique, la direction de la politique extérieure appartient principalement au
Chef de UVEtat. Pourtant aux termes de UVart. 91 de la constitution de la
République Démocratique du Congo du 18 février 2006, les affaires étrangéres
constituent un des domaines de collaboration entre le Président de la République
et le Gouvernement.
2. Le Gouvernement
Notons avant tout que sauf dans les pays oi le Chef de l’Etat ne dispose
plus que des fonctions symboliques, le Chef de gouvernement a un réle
insignifiant sur le plan juridique dans les relations internationales.
Quelque soit le régime politique, il appartient au Ministre des Affaires
Etrangéres de jouer le réle considérable par rapport aux autres ministres.
2.1. Le Ministre des Affaires Etrangeres
La Convention de Vienne du 18 avril 1961 reconnait dans V’organe du
ministre des Affaires Etrangéres Vinstitution la mieux adaptée pour organiser au
quotidien les relations diplomatiques de l’Etat.
Ainsi, le réle du ministre des Affaires Etrangéres est plus ou moins grand
suivant la fonction effectivement assumée par le Chef de l’Etat et,
éventuellement, le chef de gouvernement. Chaque Etat organise son ministére
des Affaires Etrangéres de maniére a coordonner au mieux la politique extérieure
du pays. Le ministre des Affaires Etrangéres jouit donc d’un dédoublement
fonctionnel d’autant qu’il est le Chef des services du ministére des Affaires
Etrangéres et en méme temps il est membre du gouvernement.
Bref, disposant de moyens humains et financiers qui autorisent la mise
en ceuvre d’une orientation de politique étrangére et de adapter au jour le
jour, le ministre des Affaires Etrangéres centralise toutes les actions qui peuvent
&tre exercées par d’autres ministeres; il certifie le caractére représentatif de
tous les agents de l’Etat engagés dans une relation extérieure en communiquant
officiellement sous sa responsabilité tous les actes relatifs aux engagements de
VEtat. Il peut engager l’Etat par sa signature (accords en forme simplifiég) ou ses
déclarations, méme orales.
Signalons enfin Vimportance du "'Secrétaire général’’ aux Affaires
Etrangéres qui est le plus haut fonctionnaire de l’administration publique chargé
généralement des questions administratives et des problémes courants. Il assiste”
le ministre des Affaires Etrangéres dans Vorientation générale et la conduite des
affaires.it et Pratique diplomatiques et consulair
2.2. Les autres membres du Gouvernement
Le développement de la coopération internationale dans des domaines
spécialisés permet aussi aux autres ministres d’accomplir un certain réle dans les
relations internationales. Ces derniers tendent a entrer de plus en plus souvent
en rapport direct avec leurs collégues étrangers pour régler les problémes
techniques de leur compétence. Toutefois, le ministre des Affaires Etrangéres
s’efforce de conserver un contréle de leur action pour la coordonner a la sienne.
3. Le Parlement
Suivant les dispositions constitutionnelles et les traditions nationales, les
assemblées parlementaires jouent également un réle dans la politique étrangére
de UVEtat.
Contrairement au passé, le développement de la démocratie dans la
conduite des relations internationales a entrainé une implication réelle des
assemblées parlementaires qui influent désormais sur la politique étrangére
d’autant qu’elles disposent notamment des compétences budgétaires dans le sens
d’autoriser les contributions ordinaires aux budgets des organisations
internationales.
Par ailleurs, l’on assiste de plus en plus a la participation des
parlementaires comme membres des délégations nationales aux conférences
internationales les plus importantes, tout comme certaines organisations
internationales comportent des organes formés de délégations parlementaires.
C’est la sans doute un embryon de la diplomatie parlementaire.
Section Il : Les organes extérieurs
Rappelons que les organes extérieurs représentent l’Etat a Uétranger et
obéissent aux ordres des organes sus-mentionnés. Il s’agira donc d’analyser les
missions diplomatiques et les postes consulaires.
2.1, Les missions diplomatiques
Il faut entendre par missions diplomatiques permanentes les services
publics que les Etats (accréditants) entretiennent auprés des autres entités
étatiques (accréditaires) et/ou les collectivités d’Etat afin principalement de les
représenter, de protéger leurs intéréts et ceux de leurs ressortissants et de
négocier avec le gouvernement de l'Etat accréditaire. Les missions ont ayssi
comme taches de s’informer de maniére licite sur la vie de U’Etat de résidence et
de promouvoir les relations entre les 2 Etats.om: et consul:
Autrement dit, une mission diplomatique est un service public de VEtat
installé en permanence sur le territoire d’un autre Etat et bénéficient de
priviléges et immuni En raison notamment de la multiplication des Etats et de
Vextension des activités humaines dans les relations internationales, les missions
diplomatiques permanentes ont considérablement augmenté.
Ainsi, on parle couramment d’une "’Ambassade’? qui joue
essentiellement un rdle de représentation politique et dont le Chef, un
diplomate, est appelé ’* Ambassadeur’. Nous y reviendrons.
2.2. Les postes consulaires
Les postes consulaires sont des services publics de U'Etat chargés
d’assister au niveau administratif les ressortissants et les personnes morales
installés a l’étranger.
Leurs missions consistent notamment a conserver des actes de l'état
civil, délivrer des passeports ou des visas. Ils exercent également une surveillance
des navires et aéronefs en provenance de UEtat d’envoi. Le Chef du poste
consulaire est le consul. Eu égard au caractére administratif et commercial de
leurs missions, le consul et son personnel ne bénéficient pas du méme statut
protecteur que le personnel diplomatique.et Prai diplomatiques et consulaire
CHAP. Il: L’EXERCICE DES RELATIONS DIPLOMATIQUES
L’exercice des relations diplomatiques est tributaire du droit de légation
actif et passif. Le droit de légation est la capacité d’entretenir des rapports
diplomatiques. Il est actif lorsque UEtat ou les O.I. envoie des agents
diplomatiques a UVétranger et passif lorsque l’Etat ou les 0.1 accueille des
représentants diplomatiques des autres sujets. En fait, outre la faculté
d’entretenir les relations diplomatiques, celles-ci_ requiérent pour leur
établissement, leur déroulement ou méme leur rupture, le consentement des
sujets en présence suivant des modes et des usages établis.
Section | : Etablissement des relations diplomatiques
Pour établir les relations diplomatiques, deux éléments sont requis. L’un
objectif et autre subjectif.
S/Section 1 : La personnalité internationale
1.1. Les Etats
La faculté d’entretenir les relations diplomatiques appartient avant tout
aux Etats souverains dotés de la personnalité internationale. En effet, les Etats
sont des sujets primaires du Droit international sans lesquels les 0.1 qui en sont
dérivées n’auraient jamais vu le jour. Il est question a ce niveau de faire
référence a l’Etat unitaire.
Néanmoins, la variété de forme de lV’Etat appelle que Von s’étende
notamment sur la question de la confédération d’Etat, de l’Etat fédéral, de la
cité de Vatican.
il faut noter qu’elle est une association d’Etats
endants dans lesquels les Etats membres cédent une
partie de leur compétence internationale 4 des organes des
pouvoirs confédéraux.
Créé par un traité international, autrement dit ’'Pacte
fédéral’’ qui fixe les questions sur lesquelles la
confédération est compétente, cette derniere maintient
Vautonomie internationale des Etats qui la composent.
Chaque Etat de la confédération conserve donc son droit a
une représentation internationale propre. —Toutefois,
Vorgane de la confédération (Diéte ou Congres) peut
posséder également un tel droit @ coté de celui des Etats
confédeérés si telle est la volonté de ces derniers. Bref, la
confédération est une forme d'union réelle dans lequel les
Etats confédérés gérent en commun 4 la fois leur politique
étrangére et ‘certaines matiéres ‘de souverainété
internationale.
10Droit et Pr: diplomat
- LEtat fédéral: les Etats membres perdent leur droit au profit de VEtat
fédéral. Ceci implique donc la perte de la personnalité
internationale des Etats membres qui ne peuvent plus avoir
une représentation internationale, a quelques exceptions
prés.
Crest le cas de droit de représentation dans le domaine
culturel qui est reconnu a quelques communautés (tribales)
ou non, a Vinstar du centre Wallonie-Bruxelles pour la
Belgique et les communautés francaise et anglaise pour le
Canada.
- Le pseudo-Etat : « Cité de Vatican »
Est-ce un Etat la Cité de Vatican? Les opinions sont
divergentes. Dans tous les cas, (a situation internationale du
Saint-siége est extrémement complexe et fort controversée
notamment du fait que l’Etat de la Cité de Vatican est établi a
Vintérieur d'un Etat (Italie) en vertu d’un accord, les Accords
de LATRAN du 11 février 1929.
En ce qui concerne essentiellement les __relations
diplomatiques, le régime institué par ces Accords reconnait au
Pape le droit de (égation actif et passif. Ainsi, les envoyés des
gouvernements étrangers ‘qupres de Saint-Siege jouissent des
prérogatives et des immunités reconnus aux agents
diplomatiques.
Il reste que doté d’une souveraineté de mission c'est-a-dire
ayant une finalité fonctionnelle, l@ Saint Siége est signataire
de plusieurs traités et est membre de certaines 0.1.
1.2. Participation des Organisations internationales_aux_relations
internationales
Les 0.1 exercent a coté des Etats, le droit de légation. Toutefois,
disposant d’une personnalité internationale fonctionnelle, les O.1 ne participent
pas aux relations diplomatiques dans les mémes conditions que les Etats.
1. Le droit de légation des 0.1
Les 0.1 ne sont pas des Etats, mais des associations d’Etats. Elles~
possédent une personnalité internationale juste nécessaire a ’accomplissement
de leurs missions. L'une des consequences de cette personnalité fonctionnelle est
que les 0.1 puissent entretenir des rapports diplomatiques avec les Etats. Mais ces
rapports O.I/Etats fonctionnent suivant des reégles sensiblement différentes de
celles qui encadrent la diplomatie interétatique. C’est donc un droit de légation
original.
"consulaires
Pratic lomat
Cela se justifie notamment du fait que contrairement a Etat, une O.1
ne possédent pas de territoire. Elle n’est donc en mesure de recevoir des
représentants étrangers que si VEtat d’accueil de U’organisation le lui permet. Ses
représentants restent des fonctionnaires internationaux donc le statut est
différent de celui des représentants diplomatiques de VEtat. Enfin, le champ
d’application de la diplomatie de (’0.! reste étroitement lié aux compétences
d’attributions telles que mentionnées dans sa Charte constitutive, sinon par
application analogique des régles générales du droit international applicables aux
relations diplomatiques dans la mesure ot la Convention des Nations Unies du 14
mars 1975 portant statut et fonctions des missions et délégations d’Etat auprés
des 0.1 ainsi que la représentation des Etats aux conférences des O.I n’est pas
encore entrée en vigueur.
Par ailleurs, parlant du droit de légation passif, les Etats peuvent établir
une représentation permanente auprés d’une O.|. Le statut de ces missions
permanentes est similaire a celui des missions diplomatiques installées dans les
Etats accréditaires. Le représentant étatique agit comme un ambassadeur auprés
de l’0.1 et dispose a cet effet des privileges et immunités liés a ses fonctions.
De méme en ce qui concerne le droit de légation actif, certaines O.1 se
font représenter auprés des Etats membres par des fonctionnaires. Les
représentants de V'ONU par exemple se présentent comme de véritables
ambassadeurs et disposent également des priviléges et immunités accordés aux
agents diplomatiques.
2. Limites au droit de légation des Organisations internationales
Quand bien méme que Von reconnaftrait a une O.1 le droit de légation, il
reste que celle-ci se déploie dans les limites fonctionnelles des missions dévolues
a une O.|. Etant des personnes morales spécialisées, les O.! ne sont habilitées
qu’a exercer des relations diplomatiques ayant un rapport direct avec leur
mission. C’est d’ailleurs l’&conomie générale de l’art. 105 de la Charte de UONU.
S/Section 2 : Elément subjectif : Le consentement mutuel
Si (’établissement des relations diplomatiques s’effectue généralement
par une proclamation solennelle et concertée entre les sujets en présence, it
arrive qu’un acte unilatéral particulier, la reconnaissance d’Etat, entraine la
naissance de ces relations.
Implicite ou explicite, la reconnaissance est ’’le procédé par lequel un
Etat souverain, qui n’a pas participé a la naissance d’une situation ou a U’émission
d’un acte, accepte que cette situation ou cet acte lui soit opposable, c'est-a-dire
que les conséquences juridiques de l'un ou de l’autre s’applique a Lui’’ (NGUYEN
QUOC DIDH et allii, Droit international public, 2°"* éd. LGDJ, Paris, 1980, p.439).
12Droit et Pratique diplomatiques et consulaires
L’établissement des relations diplomatiques implique — donc
reconnaissance de l’Etat accréditaire. Avant cette reconnaissance, des relations
officieuses peuvent étre établies. En conséquence, U’Etat reconnu pourra
échanger des représentants diplomatiques avec Etat qui le reconnait, méme si
par ailleurs cet Etat n’est pas reconnu par Vensemble de la communauté
internationale.
$/Section 3 : Des modes et_usages liés a l’établissement_des relations
diplomatiques
1, Des modes
Il existe une diversité des instruments concertés. Lorsque la relation
interétatique se forme selon un mode concerté, différents instruments sont
susceptibles d’officialiser Vaccord entre les 2 Etats. De toute evidence, le traité
d’amitié reste le plus courant. La Cour Internationale de Justice (ClJ) indique a
ce sujet que le ’’but d’un traité d’amitié, et en particulier d’un traité
d’établissement, est avant tout de promouvoir les relations entre deux Etats et
entre leurs peuples par engagement mutuel d’assurer sur le territoire de chacun
la protection et la sécurité des ressortissants de autre’ (ClJ, Affaire personnel
diplomatique et consulaire des USA a Téhéran, Arrét du 24 mai 1980 : Rec, p. 28).
IL en est de méme d’un traité d’alliance par lequel deux Etats
poursuivent ensemble une action politique, économique ou militaire.
Enfin, le consentement mutuel de deux Etats peut s’exprimer dans des
instruments moins solennels a Uinstar d’une proclamation d’entente ou un
communiqué conjoint. Dans ce sens, la jurisprudence internationale est d’avis
qu’il n’existe pas de régles de droit international interdisant qu’un communiqué
conjoint constitue un accord international (ClJ, Affaire du Plateau continental de
la mer Egée, arrét du 19 décembre 1978 : Rec, p. 39).
2. Des usages
L’établissement des relations diplomatiques obéit généralement a
certains usages ci-aprés :
1. L'agrément
Vinstallation d’une mission diplomatique ne s’effectue qu’avec le
consentement préalable de l’Etat accréditaire. Cet accord se nomme l’agrément
qui reconnait par la que le diplomate est "persona ——grata’’. En fait, un Etat a
toujours le droit de refuser Vagrément a Uégard d’une personnalité si elle ne
souhaite pas sa présence sur son territoire. L’Etat la déclare alors ’’Persona non
grata’’ et invite Etat accréditant a en choisir une autre, sans qu’il ne soit tenu a
lui fournir les raisons.
13Di Pre
2. Les lettres de créances
L’émission et Uacceptation consécutive des /lettres
marquent l’établissement des relations diplomatiques.
En effet, une fois installé sur le territoire de (Etat accréditaire, le Chef
de la mission remet a l’Etat d’accueil ses lettres de créances. Il s’agit d’une
formalité par laquelle le Chef de la mission remet au Chef de VEtat d’accueil le
document qui UVinvestit officiellement de ses fonctions de représentation
diplomatique.
Les lettres de créances tiennent leur nom du fait que,
traditionnellement, il y est demandé a leur destinataire d’ajouter créance a tout
ce que le représentant concerné lui dira au nom de son Commettant.
3. L’installation du Consul
Pour le Consul, une formalité différente doit @tre réalisée
son installation officielle. Chaque consul est titulaire d’une
de VEtat d’envoi qu’il présente a Etat de résidence.
i doit alors donner au consul lautorisation de s’installer sur son territoire.
Cette autorisation s’appelle ’’Exequatur’’, autrement dit qu’il exécute.
Section Il : Déroulement des Relations Diplomatiques
Deux éléments seront analysés dans le cadre du déroulement des
Relations Diplomatiques. D’une part, les principes généraux qui caractérisent
Vengagement dans les relations diplomatiques et l'autre, le cadre des relations
diplomatiques.
S/Section 1 : Principes généraux
Conformément au principe de la liberté d’action, un Etat dispose
toujours de la faculté e stengager dans un é iplomatique. Mais gulne, ne
et oser_de ni relations diplomatiques avec un Etat 3’il ne le veut”
pas.
Il pése toutefois sur chaque Etat une obligation positive de nouer des
échanges avec des partenaires. C’est ce gui ressort de la déclaration n° 2625 sur
les relations amicales entre Etat lorsqu’elle pose comme principe que ’’les Etats
€ elques yoient les differe
des nations et_une- cooperation
ination fondee sur ces differences
tema qui sort exempte
14
©Droit et Pratique diplomatiques et consulaires
S/Section 2 : Cadre des relations diplomatiques
Lentente réciproque entre deux Etats peut s’inscrire dans un cadre plus
ou moins formalisé. En régle générale, les rapports pacifiques se traduisent par
une coopération bilatérale ou multilatérale en vue de faciliter notamment les
relations économiques internationales plus rationnelles et plus équitables
conformément aux besoins et aux intéréts de tous les pays.
Néanmoins, la coopération ne se limite pas au secteur économique. Elle
peut concerner de nombreux domaines comme les sciences et techniques, la
culture, Uenvironnement,
Bref, la coopération contribue a favoriser le développement du Droit
international et vice-versa, car sans coopération, il n’y a pas de coexistence
possible des Etats souverains juxtaposés et de la paix et le Droit international a
son tour organise la coopération.
/A SiSection 3 : Graduation des relations diplomatiaues
Parallélement a la multiplication des Etats et a l’extension des activités
humaines qui rentrent dans les Relations Internationales, la pratique
contemporaine a vu apparaitre une variété des missions diplomatiques.
3.1, Catégories des missions diplomatiques
Actuellement, l'on distingue plusieurs types de missions diplomatiques &
savoir : les missions diplomatiques de type classique et les missions diplomatiques
de type nouveau.
3.1.1. Missions diplomatiques de type classique
a. Notion
La mission diplomatique ou U’ambassade est d’abord un lieu qui
symbolise la prés de VEtat a Vétranger, un ensemble de biens immobiliers
‘est mis a la disposition du personnel de Vambassade. Pour exercer son réle de
représentation politique, issic i tique doit _effectivement_étre
installée en permanence sur le territoire,
Le Chef de poste (Ambassadeur) est le diplomate le plus gradé qui dirige
une mission diplomatique et est assisté d’un personnel administratif et technique
(les diplomates) ainsi que d’un personnel de service. Les diplomates constituent
donc un corps de fonctionnaires représentants officiellement Etat a l’étranger
ou au sein d’une Organisation internationale et bénéficient d’un statut protecteur
pour exercer leurs missions.
15
e
€Droi ique diplomatiques et consulaires
b. Composition d’une mission diplomatique
Une mission diplomatique se compose ordinairement :
d’un Chef de mission;
de (ministres) conseillers et secrétaires
d’attachés (commerciaux, culturels, économiques, militaires,
L’art. 14 de la Convention de Vienne du 18 avril 1961 sur les relations
diplomatiques, révisant sur ce point le Réglement de Vienne du 19 mars 1815, a
réparti les Chefs de missions en trois (3) classes :
- La 1° classe est constituée des Ambassadeurs (Chefs de mission
d’une ambassade), des Nonces (envoyés du Saint-Siége) et des autres
Chefs de mission de rang égal (Haut-représentants, Haut-
commissaires). Ils sont accrédités auprés des Chefs d’Etat;
La 2° classe quant a elle, regroupe les Ministres et Envoyés (Chefs
de mission d’une délégation) et les Internonces (envoyés du Saint-
Siége) qui sont également accrédités auprés des Ministre des Affaires
Etrangéres;
La 3°"° classe enfin est composée des Chargés d’Affaires qui sont
accrédités auprés des Ministres des Affaires Etrangéres.
Soulignons qu’il n’y a pas lieu de confondre un ’*Chargé d’ Affaires en
pied”’ avec un ’*Chargé d’Affaires ad intérim’’. Le premier constitue une classe
du personnel diplomatique alors que le second, a la lumiére de Vart. 19 de la
Convention de Vienne précitée, est un agent diplomatique qui remplace le Chef
de mission absent quel que soit sa classe.
3.1.2. Missions diplomatiques de type nouveau
Il sera question ici de relever les missions spéciales ou diplomatie ad hoc
et la diplomatie des organisations internationales.
a. La diplomatie ad hoc (Mission spéciale)
Ce sont de missions spéciales, envoyées par un Etat dans un autre afin
d’y accomplir des taches déterminées. Elles remplissent normalement un mandat
temporaire et bref et dont les membres sont porteurs de pleins pouvoirs. C’est le
cas d’une délégation a une conférence internationale, des envoyés itinérants, ....
Mais les Etats ne sont guére enclins a assimiler les membres de ces missions 4 des
diplomates permanents, spécialement quant aux priviléges et immunités.
Heureusement que la Convention des Nations Unies du 16 décembre 1969 sur les
missions spéciales a réglé cette question.
16Droit atique diplomatiques et consulaires
b. La diplomatie des Organisations Internationales
Par leur personnalité juridique, les Organisations internationales
jouissent d’un droit de légation passif et d’un droit de légation actif.
C’est done une mission diplomatique d’un Etat fonctionnant de maniére
permanente ou temporaire au prés d’une Organisation internationale.
2. De la Préséance
La préséance s’entend de la préférence dans ordre et dans le rang a
suivre lorsque les agents des Etats viennent a se rencontrer. La préséance indique
en effet la place que doit occuper chaque agent diplomatique lors des cérémonies
officielles et suivant l’ordre protocolaire.
Cependant, étant donné la préséance simultanée de nombreux
diplomates accrédités auprés d’un méme Etat, la distribution des places suscite
souvent des questions et des conflits de préséance.
Afin de régler ces difficultés, les Etats ont fini, d’abord de facon
coutumiére, en suite codifiée, par s’accorder sur les rangs que devraient occuper
leurs représentants. C’est la tout le mérite du Réglement de Vienne du 19 mars @)
1815 tel que revu par la Convention de Vienne du 18 avril 1961. ee
ae Saree ee ON pci ©
Ainsi, a la lumiére de Vart. 13 de cette Convention, la question de la
- préséance fut réglge d i J
d Glassf suivant la "’date’” et ""’heure”’ & laquelle ils ont assume leurs |
En pratique, la préséance entre Chefs de mission s’établit selon Vordre
des classes et, a Vintérieur de chaque classe, par la date et U’heure a laquelle les
Chefs de mission ont assumé leurs fonctions. Pour assumer les fonctions, il faut
retenir la date et |’heure de remise des lettres de créance.
Comme quoi, la préséance revient au_Doyen_du Corps diplomatique’ est
normalement le Chef de mission de la 1° classe ett les cle anbieah ‘ambassadeurs) qui est
en fonction depuis longtemps, c’est-a-dire |’Ambassadeur le plus ancien. Ce
dernier n’est qu’un porte-parole et tend a assurer la cohésion du Corps /~
diplomatique. Pest Og ei _ PB PT Rp
Pee
Ensemble d’agents diplomatique accrédités auprés d’un Etat en veillant au maintien des relations
cordiales et correctes entre les membres.
17Droit et Pratique diplomatiques et consulaires
3. Structure et organisation d’une mission diplomatique
S’il est vrai que les relations diplomatiques s’entretiennent par le biais
de missions permanentes, généralement qualifiées d’Ambassades, il faut
reconnaitre que celles-ci comprennent, pour Uessentiel, des agents
diplomatiques, mais aussi du personnel administratif, technique et du personnel
de service.
3.1, Membres du personnel de la Mission diplomatique
L’expression « Membres de la mission diplomatique » couvre en plus du
Chef de mission diplomatique (Ambassadeur), les membres du personnel
diplomatique ou diplomates (Ministres conseillers, Conseillers, Secrétaires
d’Ambassade, tous les Attachés, personnels de chancellerie, courriers), les
membres du personnel administratif et technique (Secrétaires de direction,
dactylographes, Archivistes, traducteurs et interprétes, ...) et les membres du
personnel des services (chauffeurs, cuisiniers, jardiniers, portiers, ...).
Ces deux derniers membres du personnel peuvent étre localement
recrutés alors que les premiers proviennent en principe de UEtat d’envoi.
3.2. Les "'assimilés'’ aux membres du personnel
Quoique ne faisant pas partie du personnel de la mission, les familles
des membres de la Mission diplomatique ainsi que leurs domestiques privés
jouissent d’un statut spécial sur le territoire de VEtat accréditaire.
3.3. Désignation des membres d’une Mission diplomatique
Si le Droit international n’impose aux Etats aucune obligation relative
aux régles de choix, la procédure de désignation des personnes devant composer
la Mission diplomatique différe selon qu’il s’agit d’un chef de mission ou des
autres membres de la mission diplomatique.
Pour le Chef de mission, il est d’usage que VEtat d’envoi s’assure
d’avance que la personne qu’il entend accréditée auprés d’un autre Etat est
acceptable par ce dernier (procédure d’agrément), la nomination par contre des
autres membres du personnel de la Mission diplomatique est libre. Toutefois,
Varticle 7 de la Convention de Vienne établit une exception en ce que l’Etat
accréditaire peut exiger que les noms des attachés militaire, naval et de Uair lui
soient soumis a Uavance aux fins d’approbation (sans doute pour des raisons de
sécurité).
Du reste, bien qu’au poste le plus honorifique, on nomme parfois des
personages politiques. Mais la régle universellement suivie est que le personnel
diplomatique reléve de la fonction publique nationale.
18Droit et Prati jiplomatique: nsulail
Outre les conditions de recrutement et de formation exigées de Vagent
de carriére des services publics de l’Etat, le candidat a la carriére diplomatique
doit actuellement avoir une formation pluridisciplinaire et toujours renforcée.
C’est ici le lieu de saluer la création en République Démocratique du Congo d’une
Académie Diplomatique au sein du Ministére des Affaires Etrangéres et de la
Coopération Internationale pour répondre aux besoins de formation et de
recyclage du personnel diplomatique congolais.
S/Section 4 : Fonctions de agent diplomatique et consulaire
Si pour les agents diplomatiques, leur fonction essentielle consiste a constituer a
Vexécution de la politique étrangére de l’Etat, les agents consulaires ont pour
mission de défendre les intéréts économiques de l’Etat et de ses ressortissants.
4.1. Les fonctions diplomatiques
Il appartient au droit interne de V'Etat accréditant de déterminer les
détails des fonctions de ses agents diplomatiques, a la lumiére sans doute de la
Convention de Vienne de 1961.
Généralement, les agents diplomatiques exercent les prérogatives
suivantes :
1° Représenter Etat accréditant auprés de l’Etat accréditaire.
A ce titre, le Chef de mission est doté de pouvoirs nécessaires pour
parler au nom de l’Etat qui Vaccrédite. Il assure les communications
officielles entre son Gouvernement et celui auprés duquel il est
accrédité. Etant la source autorisée d’informations concernant le
pays qu’il représente, le Chef de mission est sensé agir sur
instruction. C’est cela le corollaire du caractére représentatif.
2° Protéger les intéréts de |’Etat accréditant et de ses ressortissants.
Cette fonction comporte plusieurs aspects notamment se forcer
d’améliorer les relations entre la colonie nationale et les
autochtones, porter les réclamations des nationaux a la connaissance
du Gouvernement de U'Etat accréditaire ou préter assistance a leur
réglement.
Toutefois, la fonction de protection que la Convention de Vienne
reconnait aux organes diplomatiques ne doit pas étre confondue avec
la protection diplomatique qui s’exerce dans le cadre du contentieux
de la responsabilité internationale qui est développé dans le cours de
Droit international public.
Du reste, les prérogatives du Chef de mission ne lui donne pas le
pouvoir d’assumer directement dans le pays oui il est accrédité la
représentation individuelle de ses nationaux devant les instances
administratives ou judiciaires,
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