Filière
Administrateurs des systèmes et réseaux (ASR(S3))
Module
Mathématiques II
Élément de module
Modélisation Mathématique
Pr. Hicham LEBZIOUI
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Table des matières
1 Méthodes numériques 5
1.1 Résolution numérique de l’équation f (x) = 0 : Méthode de dichotomie. . . 5
1.1.1 Méthode de dichotomie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.2 Etude de la convergence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.3 Test d’arrêt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
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4 TABLE DES MATIÈRES
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Chapitre 1
Méthodes numériques
En mathématiques, c’est difficile parfois de déterminer la solution exacte d’un pro-
blème, même qu’on sait que cette solution existe. Les méthodes d’analyse numérique nous
donnent un outil pour déterminer une valeur approchée de la solution. Dans ce cha-
pitre, on va étudier trois types de ces problème : la résolution numérique d’une équation
Rb
f (x) = 0, le calcul numérique de l’intégrale a f (x) dx et la résolution numérique d’une
équation différentielle.
1.1 Résolution numérique de l’équation f (x) = 0 : Mé-
thode de dichotomie.
Ils n’existent pas de méthodes en générale pour déterminer les solutions exactes d’une
équation f (x) = 0. Si la fonction f est un polynôme de degré 2, alors on peut déterminer
les solutions exactes. Cependant, si le degré du polynôme dépasse 4, alors on ne peut
pas trouver en générale les solutions exactes de ce problème. Dans cette section, on va
étudier quelques méthodes numériques pour donner des solutions approchées des racines
de l’équation f (x) = 0.
La méthode qu’on va étudier dans cette section s’appelle la méthode de dichotomie.
Le principe de cette méthode repose sur le théorème des valeurs intermédiaires.
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6 CHAPITRE 1. MÉTHODES NUMÉRIQUES
Théorème 1.1 (Théorème des valeurs intermédiaires) Soit f une fonction conti-
nue sur l’intervalle [a, b]. Pour tout réel k compris entre f (a) et f (b), il existe (au moins)
un réel c ∈ [a, b] tel que f (c) = k.
Preuve. Soit f une fonction continue sur l’intervalle [a, b]. Supposons que f (a) < f (b)
(sinon on peut travailler avec g = −f ). Soit k tel que f (a) ≤ k ≤ f (b). Le but est de
montrer l’existence de c ∈ [a, b] tel que f (c) = k.
Nous allons construire deux suites adjacentes (an ) et (bn ) par l’algorithme suivant : Si
le milieu m de l’intervalle [a, b] est tel que f (m) > k alors : on pose a1 = a et b1 = m
sinon, on pose a1 = m et b1 = b. On a ainsi : a 6 a1 6 b1 6 b et f (a1 ) 6 k 6 f (b1 ).
On recommence le découpage : Si le milieu m de l’intervalle [a1 , b1 ] est tel que f (m) > k
alors : on pose a2 = a1 et b2 = m sinon, on pose a2 = m et b2 = b1 . On a ainsi :
a 6 a1 6 a2 6 b2 6 b1 6 b et f (a2 ) 6 k 6 f (b2 ) En réitérant ce procédé, on construit
ainsi une suite de segments emboités :
[a, b] ⊃ [a1 , b1 ] ⊃ · · · ⊃ [an , bn ] ⊃ . . .
De plus, par construction, la longueur de [an , bn ] est b−a
2n
Les segments [an , bn ] ont donc
des longueurs qui tendent vers 0. Les suites (an ) et (bn ) sont donc adjacentes. Notons c
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CHAPITRE 1. MÉTHODES NUMÉRIQUES 7
leur limite commune (ce réel c est dans l’intervalle [a, b]). Montrons que f (c) = k. On a,
pour tout n ∈ N∗ : f (an ) 6 k 6 f (bn ) Par passage à la limite : limn→+∞ f (an ) 6 k 6
limn→+∞ f (bn ) Or, f est continue en c, donc : f (c) 6 k 6 f (c) Donc : f (c) = k On
a donc bien montré qu’il existe un réel c dans [a, b] tel que f (c) = k.
Remarque 1.2 l’hypothèse de continuité est indispensable dans le théorème. Essayer
d’appliquer le théorème des valeurs intermédiaires à la fonction "partie entière" avec
a = 0, b = 1 et k = 21 .
Corollaire 1.1 Si f est une fonction continue sur [a, b], et si f (a)f (b) ≤ 0, alors il existe
au moins un point c ∈ [a, b] tel que f (c) = 0. Si de plus f est strictement monotone sur
[a, b], alors la racine est unique dans [a, b].
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8 CHAPITRE 1. MÉTHODES NUMÉRIQUES
Exercise 1.3 Soit f la fonction définie sur R par f (x) = x3 + 2x − 1.
1. Montrer que l’équation f (x) = 0 admet au moins une solution α dans l’intervalle
[0, 1].
2. Montrer que cette solution α est unique dans l’intervalle [0, 1].
3. Quel est le nombre de solutions de l’équation f (x) = 0 sur R.
1.1.1 Méthode de dichotomie.
Considérons une fonction f continue sur un intervalle [a, b]. On suppose que f admet
une et une seule racine α dans ]a, b[ et que f (a) · f (b) < 0. On note
a+b
c=
2
le milieu de l’intervalle.
(1) Si f (c) = 0, c’est la racine de f et le problème est résolu.
(2) Si f (c) 6= 0, nous regardons le signe de f (a) · f (c).
(a) Si f (a) · f (c) < 0, alors α ∈]a, c[.
(b) Si f (c) · f (b) < 0, alors α ∈]c, b[.
On recommence le processus en prenant l’intervalle [a, c] au lieu de [a, b] dans le premier
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CHAPITRE 1. MÉTHODES NUMÉRIQUES 9
cas, et l’intervalle [c, b] au lieu de [a, b] dans le second cas. De cette manière, on construit
par récurrence sur n trois suites (an ) , (bn ) et (cn ) telles que a0 = a, b0 = b et telles que
pour tout n ≥ 0.
(1) cn = an +bn
2
.
(2) Si f (cn ) · f (bn ) < 0 alors an+1 = cn et bn+1 = bn .
(3) Si f (cn ) · f (an ) < 0 alors an+1 = an et bn+1 = cn .
L’algorithme ci-dessus s’appelle l’algorithme de dichotomie.
1.1.2 Etude de la convergence.
Théorème 1.4 Soit f une fonction continue sur [a, b], vérifiant f (a) · f (b) < 0 et soit
α ∈ [a, b] l’unique solution de l’équation f (x) = 0. Si l’algorithme de dichotomie arrive
jusqu’à l’étape n alors on a l’estimation :
b−a
|α − cn | ≤ .
2n+1
Par conséquent, la suite (cn ) converge vers α.
Preuve. On a α ∈ [an+1 , bn+1 ] avec cn = an+1 ou cn = bn+1 . La longueur de l’intervalle
[an+1 , bn+1 ] est b−a
2n+1
, donc |α − cn | ≤ b−a
2n+1
.
1.1.3 Test d’arrêt
Pour que la valeur de cn de la suite à la n -ième itération soit une valeur approchée
de α à ε > 0 près, il suffit que n vérifie :
b−a
≤ε
2n+1
On a alors :
b−a
|α − cn | ≤ n+1 ≤ ε
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ce qui permet de calculer à l’avance le nombre maximal n0 ∈ N d’itérations assurant la
précision ε.
b−a b−a n+1 ln b−a
ε
≤ ε ⇐⇒ ≤ 2 ⇐⇒ n ≥ − 1.
2n+1 ε ln(2)
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10 CHAPITRE 1. MÉTHODES NUMÉRIQUES
Exercise 1.5 On considère la fonction f (x) = x3 + x − 1.
1. Montrer que l’équation f (x) = 0 admet une unique solution α ∈]0, 1[.
2. En utilisant la méthode de dichotomie, donner une valeur approchée de α à la pré-
cision 3.10−1 .
3. Combien d’itérations qu’il faut faire pour arriver à la précision 10−14 .
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