ARITHMÉTIQUE: UN COMPÉMENT
Notre but est de démontrer le théorème suivant:
Théorème 1. (Théorème fondamental de l’arithmétique.) Soit a ∈ N
avec a ≥ 2. Alors:
(1) Il existe des nombres premiers p1 > · · · > pr et des entiers
m1 , · · · , mr ∈ N0 tels que:
a = pm mr
1 × · · · × pr .
1
(2) La décomposition dans (1) est unique, c’est-à-dire, si on a une autre
décomposition
a = q1n1 × · · · × qsns ,
où q1 > · · · > qs sont des nombres premiers et n1 , · · · , ns ∈ N0 , alors:
r = s
p1 = q1 , · · · , pr = qr
m = n , · · · , m = n .
1 1 r r
Preuve. On procède en deux étapes.
1. Existence de la décomposition. On va procéder par récurrence sur a en
utilisant le deuxième principe.
Pour tout a ≥ 2 un entier, soit P (a) la propriété: Il existe des nombres
premiers p1 , · · · , pr deux à deux distincts, et des entiers m1 , · · · , mr ∈ N0
tels que: a = pm mr
1 × · · · × pr .
1
(i) Initialisation: P (2) est vraie car 2 = 21 et 2 est premier (on prend p1 = 2
et n1 = 1).
(ii) Hérédité: Supposons a > 2 et que P (u) soit vraie pour tout u vérifiant
2 ≤ u < a. Montrons que P (a) est vraie.
• Si a est premier, alors P (a) est vraie car a = a1 et a est premier (on prend
p1 = a et n1 = 1).
• Si a n’est pas premier, alors il existe deux entiers u et v tels que: a = u×v,
1 < u < a et 1 < v < a. Puisque P (u) et P (v) sont vraies, on déduit que
P (a) est vraie.
2. Unicité de la décomposition. On va procéder par récurrence sur a en
utilisant le deuxième principe.
1
Pour tout entier a ≥ 2, soit Q(a) la propriété: La décomposition de a en fac-
teurs premiers est unique comme énoncé dans l’assertion (2) du théorème.
(i) Initialisation: La décomposition 2 = 21 est unique puisque tout premier
divisant 2 est égal à 2. Ainsi, Q(2) est vraie.
(ii) Hérédité: Supposons a > 2 et que Q(u) soit vraie pour tout entier u
vérifiant 2 ≤ u < a. Montrons que Q(a) est vraie. Supposons qu’on ait:
a = pm 1 mr n1 ns
1 × · · · × pr = q1 × · · · × qs (∗)
où p1 > · · · > pr et q1 > · · · > qs sont des nombres premiers, et
m1 , · · · , mr , n1 , · · · , ns ∈ N0 .
Notre but est de montrer que r = s, et pi = qi , mi = ni pour tout 1 ≤ i ≤ r.
On a
p1 | a =⇒ p1 | q1n1 × · · · × qsns
=⇒ ∃ 1 ≤ i ≤ s tel que p1 | qi (Lemme d’Euclide)
=⇒ ∃ 1 ≤ i ≤ s tel que p1 = qi (car p1 et qi sont premiers)
=⇒ p1 ≤ q1 (car qi ≤ q1 )
De même, puisque q1 | a on déduit que q1 ≤ p1 . Ainsi, p1 = q1 . Par
conséquent, l’égalité (∗) ci-dessus implique
a 1 −1 n1 −1
= pm1 × pm 2 mr
2 × · · · × pr = p 1 × q2n2 × · · · × qsns (∗∗)
p1
• Si m1 = 1, alors nécessairement n1 = 1. Comme pa1 < a, on applique
l’hypothèse de récurrence à (∗∗) pour avoir:
r − 1 = s − 1 =⇒ r = s
p2 = q2 , m2 = n2
..
.
p = q , m = n .
r r r r
a
• Si m1 > 1, alors nécessairement n1 > 1. Comme p1
< a, on applique
l’hypothèse de récurrence à (∗∗) pour avoir:
r=s
m1 − 1 = n1 − 1 =⇒ m1 = n1
p2 = q 2 , m 2 = n2
..
.
pr = q r , m r = nr .
Ainsi, le théorème est démontré.