Place Du Droit Pénal Spécial Dans Le Droit
Place Du Droit Pénal Spécial Dans Le Droit
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Ce fait que réprime la loi Pénale peut consister dans l’accomplissement d’un acte
prohibé ou, dans l’omission d’un devoir imposé par la loi. Il existe donc des délits
d’action et des délits d’inaction ou d’omission.
Ex : - délit d’action : vol, escroquerie, viol, attentat à la pudeur ;
- délit d’omission : non assistance à personne en danger ;
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PREMIERE PARTIE : LES INFRACTIONS CONTRE
LES PERSONNES
Les infractions contre les personnes concernent aussi bien les atteintes à la vie que les
atteintes à l’intégrité physique de la personne.
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CHAPITRE 1 : LES HOMICIDES VOLONTAIRES
Selon l’article 512-11 du Code Pénal : l’homicide commis volontairement est qualifié
meurtre ; donc l’homicide volontaire ou meurtre est le fait pour une personne de
donner volontairement la mort à autrui.
A quel moment, peut-on dire que la personne est morte ? Le Code Pénal ne définit pas
la mort.
En droit, la mort est l’état de la personne dont le système cérébral peut être considéré
par les artériographies et par les électroencéphalogrammes convergents, comme
irrémédiablement détruit.
Actuellement, la médecine définit la mort par la constatation de deux
encéphalogrammes plats. C’est donc la mort du cerveau qui, même si les organes sont
maintenus en activité, détermine la mort d’une personne.
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Mais, il subsiste une difficulté, lorsque le décès survient longtemps après et en cas de
pluralité d’auteurs.
- L’auteur commet une erreur de fait. Il utilise une arme qu’il ne croyait pas
chargée. Il conviendrait alors de rechercher les indices de l’intention homicide
ailleurs que dans la simple utilisation de l’arme.
- L’auteur commet une erreur sur l’identité de la victime. L’identité importe peu
puisque c’est la personne humaine qui est atteinte. L’auteur a eu l’intention
homicide d’un humain, même s’il n’a pas eu l’intention de tuer la victime. Le
fait, d’envoyer un colis piégé dont l’ouverture cause des blessures à une autre
personne que, celle visée, constitue une tentative d’homicide.
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SECTION II – LA REPRESSION DE L’HOMICIDE VOLONTAIRE
a) Préméditation ou guet-apens
Lorsque le meurtre a été commis avec préméditation ou guet-apens, il prend le nom d’
« assassinat ».
La préméditation est le dessein, formé avant l’action, d’attenter soit à la personne d’un
individu déterminé, soit même à la personne de tout individu qui sera trouvé ou
rencontré. Pour qu’il y ait meurtre, la volonté de tuer est nécessaire. Cette volonté
n’est pas préméditée si elle surgit tout à coup.
La préméditation implique une résolution prise de sang froid, réfléchie, délibérée à
l’avance. Il n’est pas indispensable qu’un long espace de temps se soit écoulé entre la
conception du crime et son accomplissement, il suffit que l’agent ait pu réfléchir avant
d’accomplir son acte.
La préméditation est caractérisée quand bien même le dessein d’attenter à la vie
d’autrui serait dépendant de quelques circonstances ou de quelques conditions (article
216-5 CP).
Ainsi, prémédite son crime, l’individu qui, se proposant de commettre un vol dans une
maison habitée, prévoit le cas où il serait surpris et prépare l’arme dont il doit se
servir, le cas échéant, pour tuer la personne qui le surprendrait.
Peu importe que l’agent se soit proposé de tuer une personne déterminée ou toute
autre personne qu’il rencontrerait. Peu importe même qu’il ait tué une personne autre
que celle qu’il croyait ou voulait atteindre.
Le guet-apens consiste à attendre un certain temps dans un lieu un individu pour lui
donner la mort ou exercer sur lui des actes de violence (article 216-6 CP). Le guet-
apens suppose donc la préméditation ; c’est un des actes extérieurs qui peuvent la
révéler. L’assassinat est désormais puni de la peine de l’emprisonnement à vie (article
512-15 CP).
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aggravante. L’auteur dans ces cas de figure est puni de l’emprisonnement à vie. Il
n’est pas nécessaire que les actes de barbarie aient eu pour but de donner la mort.
d) Délit corrélatif
Le concours du meurtre avec un délit constitue une cause d’aggravation du meurtre, si
celui-ci a eu pour objet soit de préparer, faciliter ou exécuter le délit, soit de favoriser
la fuite ou d’assurer l’impunité du coupable (Article 512-17 dernier tiret CP).
Il ne suffit pas, comme dans le cas précédent, qu’il y ait eu simultanéité entre les deux
(2) infractions, il faut, de plus, que le meurtre soit en corrélation avec le délit, et ait eu
pour objet d’en favoriser l’exécution ou d’en assurer l’impunité. Mais il importe peu
que le meurtre et le délit aient été ou non commis par un même auteur. Peu importe
également que le délit ait été consommé ou non ; il suffit que le meurtre ait eu pour
but de le préparer, tel est le cas du malfaiteur qui, surpris au moment où il se dispose à
commettre un vol, tue le témoin.
Peu importe la nature du délit corrélatif. Ce peut être un vol, un délit de chasse etc.
Ce peut même être un vol couvert par l’impunité de l’article 616-1 du Code Pénal
(immunité familiale).
La peine encourue est l’emprisonnement à vie.
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L’infanticide, suppose, un acte positif. Il faut donc un fait viable, matériel, étant
précisé toutefois que l’omission volontaire des soins indispensables à la vie de
l’enfant qui vient de naître, doit être considérée comme un fait positif. C’est une autre
qualification qu’il faudra retenir si l’enfant est mort par négligence ou manque de
soins. Ainsi, seraient coupables d’infanticide, ceux qui laisseraient volontairement un
enfant nouveau-né, mourir de faim ou de froid. Il faut un élément intentionnel.
La peine applicable aux auteurs ou complices du crime d’infanticide est celle de
l’assassinat.
Le seul intérêt de distinguer l’infanticide de l’homicide volontaire proprement dit,
consiste dans la circonstance que la mère bénéficie d’une véritable excuse légale qui
d’ailleurs lui est toute personnelle. Lorsqu’elle est auteur principal ou complice de
l’assassinat ou du meurtre de son nouveau-né, la mère est punie dans le premier cas de
l’emprisonnement à vie et dans le deuxième cas, d’un emprisonnement de onze (11) à
vingt et un ans (article 512-15 aliéna 3).
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L’incapacité de discernement n’est pas uniquement liée à la maladie mentale, elle peut
être due au non développement des fonctions de discernement de l’individu ou à
l’immaturité de sa mentalité. Cette hypothèse concerne particulièrement les enfants à
cause de leur jeune âge. Cette catégorie de personne est soumise à un régime
particulier, en ce qui concerne leur responsabilité pénale. L’article 132-7 alinéa 1
dispose que l’âge de celle-ci est fixé à 13 ans. L’alinéa 2 énonce en conséquence qu’il
n’y a ni crime, ni délit, ni contravention lorsque l’auteur de l’infraction était âgé de
moins de treize ans, à la date de la commission des faits.
Le mineur de 13 ans ne peut faire l’objet que de mesures éducatives et de sureté.
L’erreur de droit
Notons que le nouveau code pénal consacre désormais aussi comme cause de non
responsabilité, l’erreur de droit. L’article 132-6 dispose en effet que lorsqu’un service
public de l’Etat ou d’une collectivité publique est à l’origine d’une erreur de droit,
n’est pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru, par cette erreur
qu’elle n’était pas en mesure d’éviter, pouvoir légitimement accomplir l’acte.
Ce sont les cas d’ignorance de la loi tirés de la non publication officielle des textes
légaux, la commission de l’infraction dans l’intervalle du délai de huit jours après
promulgation sans qu’il soit entrée en vigueur. Il peut s’agir de la commission d’une
infraction par un citoyen à la suite d’une mauvaise interprétation d’un texte par
l’autorité administrative elle-même. C’est l’exemple d’un service des douanes qui
informe un commerçant de façon erronée. Dans ce cas, le juge peut estimer qu’il n’y a
pas lieu de sanctionner le contribuable puisqu’il s’est adressé à un spécialiste de
l’administration afin d’obtenir des renseignements exacts.
De même, il n’y a ni crime, ni délit lorsque l’homicide, les blessures et les coups
étaient commandés par la nécessité actuelle de la légitime défense de soi-même ou
d’autrui (article 132-2 alinéa 1 et 2 du Code pénal).
L’état de nécessité doit répondre à une nécessité véritable et doit prévenir un danger
réel. Se trouve donc exclu du champ d’application des homicides, blessures et coups
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non qualifiés, crimes ou délits, l’état de simple convenance ou un danger futur ou
éventuel.
Enfin selon l’article 132-2 alinéa 3 du Code Pénal, il y a nécessité actuelle de défense,
si l’homicide a été commis, si les blessures ont été faites ou si les coups ont été portés
en repoussant pendant la nuit l’escalade ou l’effraction des clôtures, murs ou entrées
d’une maison ou d’un appartement habité ou de leurs dépendances ou en se défendant
contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence.
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CHAPITRE 2 : LES NUISANCES A LA SANTE ET DES INFRACTIONS
ASSIMILEES
Paragraphe I : L’empoisonnement
Il est défini par l’article 512-14 du Code Pénal comme :
- tout attentat à la vie d’une personne ;
- par l’effet des substances qui peuvent donner la mort plus ou moins
promptement ;
- de quelques manières que ces substances aient été employées ou administrées
- et quelles qu’en aient été les suites.
L’homicide par l’administration d’une substance mortelle fait l’objet d’une infraction
particulière dans le Code Pénal, qui le distingue du meurtre. L’acte matériel est
accompli sournoisement, alors que la victime n’est pas sur ses gardes et ne peut se
défendre.
La loi punit sévèrement, le crime d’empoisonnement, en raison du caractère
particulier de gravité qu’il présente. Il arrive que le coupable soit une personne
habitant avec la victime et unie à elle par des liens de proche parenté. De plus, ce
crime est généralement précédé d’une préparation longue et minutieuse.
2-L’acte matériel
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Il faut un acte positif de mise à disposition de la victime. Quel que soit le moyen
employé, l’administration de produit constituera l’acte matériel et que ce soit par
absorption, inhalation, injection ou perfusion.
3-L’intention coupable
L’attentat suffit sans qu’il soit nécessaire que la vie ait été supprimée. Peu importe
donc le résultat. L’auteur peut être coupable même si la victime ne décède pas ou si,
après avoir administré un poison, il donne un antidote la sauvant. Attenter à la vie
n’exige pas la mort de la victime ni même une maladie dont elle resterait atteinte.
C’est la conscience de pouvoir donner la mort qui constitue l’intention. Mais si le
résultat n’est pas obtenu, n’est-ce pas une tentative ?
L’homicide n’est réalisé que lorsque le but recherché est atteint, à défaut, il s’agit
d’une tentative d’homicide, alors que dans l’empoisonnement, le but recherché est
l’attentat à la vie, c’est pourquoi cette infraction est qualifiée de formelle.
Si le poison n’a pas été absorbé, on peut se trouver en présence d’une tentative. Il en
sera ainsi toutes les fois que le poison aura été mis à la disposition de la victime, dès
lors que ce sera par suite de circonstances indépendantes de la volonté de son auteur
que l’absorption du poison n’aura pas eu lieu. Ainsi, le poison aura été mélangé aux
aliments de celui dont on désire la mort ; un breuvage aura été substitué au
médicament que doit prendre la victime ou même le flacon contenant la substance
toxique aura été remis à un tiers chargé de l’administration à la personne choisie
comme victime ; mais la victime se sera abstenue d’absorber le poison par méfiance
ou à la suite d’un avertissement reçu d’un tiers.
B - La répression
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soit mortelle, soit nuisible à la santé. Ainsi la nocivité de la substance est
laissée à l’appréciation des juges de fait.
b) L’acte matériel d’administration : Tout acte peut être retenu de fait, dès
l’instant où il est positif, notamment le fait d’introduire un produit nocif dans
les aliments offerts à la vente dans un magasin à l’aide d’une seringue.
B- La répression
La sanction prévue par l’article 512-33 du Code Pénal est une peine
d’emprisonnement de deux (02) ans à trois (3) ans et une amende de 250 000 F à
3000 000 F, pour quiconque cause à autrui une maladie ou incapacité de travail
personnel en lui administrant de quelque manière que ce soit, sciemment mais sans
intention de donner la mort, des substances nuisibles à la santé.
Lorsqu’il en est résulté une maladie ou incapacité totale de travail personnel
supérieure ou égale à vingt et un jours, la peine est un emprisonnement de deux (2)
ans à cinq (5) ans et une amende de 2 000 000 F à 5 000 000 F (article 512-33 alinéa 2
du Code Pénal)
Si les substances administrées ont occasionné soit une maladie paraissant incurable,
soit la perte de l’usage d’un organe, soit une infirmité permanente, la peine est un
emprisonnement de cinq (5) ans à dix (10) ans et une amende de 5.000.000 F à
10.000.000 F (article 512-33 alinéa 3 du Code Pénal)
Lorsque la mort sans intention de la donner s’en est suivie, la peine est un
emprisonnement de onze (11) à vingt et un (21) ans et une amende de 10.000 000 F à
20.000 000 F (article 512-33 alinéa 4 du Code Pénal).
Dans tous les cas, la juridiction saisie peut en outre prononcer l’interdiction d’exercice
des droits de famille, l’interdiction de séjour et / ou l’interdiction professionnelle pour
une durée qui ne peut excéder cinq (5) ans (article 512-33 alinéa 5 du Code Pénal).
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Est coupable du délit de transmission du VIH par abstention, celui qui en
connaissance de son état séropositif s’abstient d’en informer son conjoint ou
partenaire sexuel et le contamine (article 512-31 du code pénal).
B- La répression
L’auteur est puni d’une peine d’emprisonnement d’un (1) an à dix (10) ans et d’une
amende de cinq cent mille (500.000) à cinq millions (5.000.000) FCFA.
Si la mort du partenaire résulte de cette contamination, ou si elle résulte d’un viol la
peine est de onze (11) ans à trente (30) ans.
L’article 512-32 CP sanctionne toute personne qui transmet ou tente de transmettre
par quelque moyen que ce soit le VIH à toute autre personne. Dans ces cas, la peine
est un emprisonnement de trois (03) ans à dix (10) ans et d’une amende de 2.000.000
F à 20.000.000 F.
Si au moins deux personnes ont été contaminées, la peine est l’emprisonnement à vie.
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CHAPITRE 3 : LES INFRACTIONS CONTRE LES MORTS
A-Eléments constitutifs
La constitution de cette infraction suppose :
- L’existence préalable de l’infraction d’homicide ou de coups et blessures
volontaires. Le cadavre sur lequel porte le recel, doit provenir d’un homicide
qui peut être volontaire ou involontaire ou de l’infraction de coups mortels,
c’est-à-dire des violences volontaires ayant entrainé la mort, sans intention de
la donner. En conséquence, si le cadavre provient d’une mort naturelle,
l’infraction ne sera pas constituée dans ce cas. Il en va de même du recel d’un
fœtus, car le fœtus n’est pas encore une personne, donc il n’existe pas de
cadavre au sens de la loi.
- L’existence d’un acte matériel de recel. Le législateur ne donne aucune
définition de l’acte de recel. Globalement, on s’accorde à dire qu’il s’agit de
tout acte de dissimulation du corps.
- L’intention coupable. Le recel de cadavre étant une infraction intentionnelle,
son auteur doit avoir conscience du caractère repréhensible de son acte.
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B- La répression
L’infraction est punie d’une peine d’emprisonnement de un an à trois ans et d’une
amende de trois cent mille (300 000) à un million (1 000 000) de francs CFA.
A-Eléments constitutifs
La constitution de cette infraction suppose :
- L’absence de motif légitime. Il s’agit en l’occurrence d’une rétention de
cadavre sans raison valable. La rétention sera, par exemple, licite, si elle a été
commandée par les nécessités de santé publique ou d’hygiène publique ou
pour les besoins d’une procédure judiciaire.
- L’existence d’un acte matériel de rétention. La rétention consiste à garder en
sa possession, de garder la détention matérielle du cadavre, empêchant toute
inhumation.
- L’intention coupable. La rétention de cadavre est une infraction intentionnelle.
Son auteur doit avoir conscience de son acte.
B- La répression
L’infraction est punie d’une peine d’emprisonnement de un an à trois ans et d’une
amende de trois cent mille (300 000) à un million (1 000 000) de francs CFA.
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- L’existence d’un cadavre ;
- L’intention coupable.
2) La répression
La mutilation de cadavre est punie d’une peine d’emprisonnement de un à trois ans, et
d’une amende de trois cent mille à un million de francs CFA.
Si les mutilations ont été faites dans un but de trafic ou de commerce portant sur les
ossements ou toute autre partie du corps humain, la peine d’emprisonnement est de
cinq ans à dix ans.
2) La répression
L’infraction est punie d’une peine d’emprisonnement de un an à cinq ans et d’une
amende de deux cent cinquante mille (250 000) à deux millions (2 000 000) de francs.
Si l’infraction a été commise à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance,
vraie ou supposée, des personnes décédées à une ethnie, une nation, une race ou une
religion déterminée, la peine est d’une peine d’emprisonnement de trois ans à dix ans
et d’une amende de trois cent mille (300 000) à trois millions (3 000 000) de francs
CFA.
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dignité et le respect dû aux morts (tombeaux, sépulture, urnes cinéraires,
monuments édifiés à la mémoire des morts etc. …) ; Par exemple détruire les
fleurs fraiches déposées sur les tombes, endommager les tombeaux et les
éléments funéraires posés dessus en frappant ceux-ci sont constitutifs de
l’infraction. Ainsi des fossoyeurs qui profiteraient de leur métier pour éventrer
des cercueils et les fouiller afin de s’approprier l’or des cadavres (bijoux et
dents en or) commettraient également, en plus du vol, le délit de violation de
sépulture et d’atteinte à l’intégrité des cadavres.
- L’intention coupable. L’auteur de l’infraction doit avoir conscience
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CHAPITRE 1 : LES VIOLENCES VOLONTAIRES
Il s’agit des coups et blessures volontaires non qualifiés meurtres et autres délits
volontaires.
B- La victime
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Il est nécessaire que la victime soit une personne humaine, quelque soit son âge ou
son sexe. Une incrimination spéciale existe pour les mauvais traitements à animaux ou
actes de cruauté. Il faut qu’elle soit vivante. On ne peut porter des coups à un cadavre.
C- L’intention coupable
L’auteur a dû avoir l’intention de porter des coups ou d’exercer des violences. Peu
importe le mobile qui l’a guidé ; il suffit qu’il ait agi sans droit et en connaissance de
cause (même s’il s’agit d’une plaisanterie). Peu importe aussi que la victime ne soit
pas celle envisagée ; celui qui blesse une personne en projetant un tabouret alors
qu’une autre personne était visée, est coupable de coups et blessures volontaires.
L’erreur sur la personne n’excuse pas l’auteur.
Le juge doit toujours constater que l’agent a agi « volontairement ».
D- Le lien de causalité
Il faut que l’acte matériel ait atteint ou impressionné la personne d’autrui. Le lien de
causalité doit être rapproché de l’intention. Ainsi, projeter une personne à terre,
laquelle entraîne dans sa chute une autre personne ne doit pas constituer l’infraction à
l’égard de cette dernière.
E- Le consentement de la victime
L’accord de la victime pour subir les coups ou les blessures ne fait pas disparaître
l’infraction. Ainsi, l’ablation du clitoris tout comme la circoncision constitue des
blessures volontaires même si elles sont pratiquées pour des motifs religieux. Mais, le
praticien, qui agit selon les règles de sa profession dans un but curatif ne commet pas
l’infraction. Il en est ainsi en cas de circoncision pour cause de phimosis.
L’infraction peut être aggravée, soit en raison du préjudice qu’elle a causé, soit en
raison des circonstances ayant accompagné le délit, soit en raison de la qualité de la
victime.
Le délit ordinaire consiste dans des coups, des blessures ou des violences n’ayant
entraîné aucune incapacité ou une incapacité de travail inférieur à vingt et un (21)
jours (article 512-18 alinéa 1er du Code Pénal)
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professionnelle rémunératrice. Ainsi une mère au foyer, sans emploi, peut
justifier d’une incapacité de travail temporaire.
b) les violences ont eu pour conséquence une infirmité permanente. Quand les
violences ont été suivies de mutilation, amputation ou privation de l’usage
d’un membre, cécité ou autres infirmités permanentes, l’infraction devient un
délit puni d’un emprisonnement de deux (2) à dix (10) ans (article 512-21
alinéa1 du Code Pénal)
c) La mort de la victime résulte des violences sans que l’auteur ait voulu la
donner ; elle est consécutive au coup porté. Il doit y avoir relation de cause à
effet entre les coups reçus par la victime et son décès. La mort, quelque soit
l’époque, plus ou moins tardive à laquelle elle survient, doit du moins être la
conséquence directe de la blessure. Le coupable est puni d’un emprisonnement
de sept (7) à dix (10) ans : article 512-21 alinéa 2. C’est l’infraction de coups
mortels.
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A l’égard du père ou de la mère légitime, naturel ou adoptif ou de tout autre
ascendant, l’infraction s’aggrave. Le motif de cette sévérité se conçoit aisément.
Même les violences et voies de fait volontairement exercées sur un ascendant,
donnent lieu à la même aggravation.
-d'un emprisonnement de deux mois à deux ans et d'une amende de 250.000 à 600.000
francs, si les blessures ou les coups n'ont occasionné aucune maladie ou incapacité ou
s'ils ont entraîné une incapacité totale de travail personnelle inférieure ou égale à sept
jours ;
-d'un emprisonnement de deux ans à cinq ans et d'une amende de 250.000 à 600.000
francs si les coups et blessures ont occasionné une incapacité totale de travail
personnelle de plus de sept jours et de moins de vingt et un jours ;
-d'un emprisonnement de cinq ans à dix ans, si les coups et blessures ont occasionné
une incapacité totale de travail d'au moins vingt et un jours ;
-d'un emprisonnement de dix à vingt ans, si les violences ci-dessus exprimées sont
suivies de mutilations, amputations ou privation de l'usage d'un membre.
-de l’emprisonnement à vie si les coups portés ou les blessures faites volontairement
sans intention de donner la mort l’ont pourtant occasionnée.
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Lorsque la menace est faite à un magistrat, un officier ou un agent de police judiciaire,
un officier public ou ministériel, un auxiliaire de justice dans l’exercice ou à
l’occasion de l’exercice de ses fonctions, la peine est l’emprisonnement de deux (2) à
cinq (5) ans et l’amende de 2000.000 F à 5000.000 F (article 521-2 alinéa 2 du Code
Pénal).
Il en est de même lorsque la menace est faite à un témoin, à une victime ou à toute
autre personne, soit en vue de les déterminer à ne pas dénoncer les faits, à ne pas
porter plainte, à ne pas faire de déposition, soit en raison de la dénonciation, de la
plainte ou de la déposition (article 521-2 alinéa 3 du Code Pénal).
CHAPITRE 2 : L’AVORTEMENT
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L’avortement suppose l’emploi de moyens artificiels destinés à procurer l’expulsion
prématurée du fœtus.
Mais peu importe la nature des moyens employés ; ce peut être l’absorption
d’aliments, de breuvage ou de médicaments ou des interventions. Il importe peu qu’en
fait les moyens employés dans l’intention de provoquer l’avortement, aient été par eux
même insuffisants pour produire le résultat recherché. On ne s’en trouve pas moins en
présence d’une tentative.
L’insuffisance des moyens employés est, dans les termes mêmes de l’article 122-1 du
Code Pénal « la circonstance indépendante de la volonté de leur auteur » qui a fait
manquer son effet à l’acte.
Celui qui exerce des manœuvres sur une femme enceinte ou supposée, est auteur
principal du délit d’avortement si la femme n’est pas consentante et coauteur si la
femme est consentante. Dans un cas comme dans l’autre, l’auteur encourt les peines
d’emprisonnement d’un (1) à cinq (5) ans et une amende de 1000.000 F à 3.000.000F.
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mois à deux (2) ans de prison, et une amende de 36.000 F à 720.000 F (article 371 §
3).
Elle encourait en outre de plein droit, l’interdiction de n’exercer aucune fonction ou
de ne remplir aucun emploi dans une clinique ou maison d’accouchement et
l’interdiction de séjour de deux (2) à cinq (5) ans peuvent lui être appliquée.
Dans le nouveau Code Pénal aucune disposition ne traite de cette question.
Les complices, dans les termes des articles 131-4 du Code Pénal sont ceux qui sans
avoir pris part à l’avortement, ont provoqué l’action ou donné des instruments pour la
commettre, sciemment procuré les instruments ou moyens qui ont servi à la perpétrer,
ou encore en connaissance de cause aidé ou facilité les auteurs de l’infraction dans les
faits qui l’ont préparé. Conformément aux principes généraux, ils sont punis dans les
mêmes conditions que les auteurs principaux.
Il est admis généralement que l’avortement cesse d’être punissable dans trois (3) cas :
2./ Lorsque les examens médicaux attestent qu’il existe une forte probabilité que
l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme
incurable au moment du diagnostic.
3./ Lorsqu’en cas de viol ou d’inceste établis, la matérialité de la détresse est établie
par le ministère public, la femme enceinte peut demander à un médecin dans les
quatorze premières semaines, l’interruption de sa grossesse.
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fissure que lorsque survient le drame. La loi du silence, semble couvrir donc les actes
abortifs exercés dans la plus grande illégalité, et surtout la plupart du temps dans des
lieux et dans des conditions psychologiques les plus suspects, ce qui accroît davantage
les risques de drames tels que la stérilité et les décès.
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La torture est définie par l’article 512-1 comme tout acte ou omission par lequel une
douleur ou des souffrances aigues, physiques ou mentales, sont intentionnellement
infligées à une personne aux fins, notamment d’obtenir d’elle ou d’une tierce
personne des renseignements ou des aveux, de la punir d’un acte qu’elle ou une tierce
personne a commis ou est soupçonnée d’avoir commis, de l’intimider ou de faire
pression sur elle ou d’intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour
tout motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu’elle soit, lorsqu’une telle
douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de l’Etat ou toute autre
personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès
ou tacite.
Sont assimilés à la torture, les actes ou omissions constitutifs de peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants qui ne sont pas des actes de torture tels que définis
plus haut mais qui sont commis par un agent de l’Etat ou toute autre personne agissant
à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite,
notamment l’arrestation et la détention arbitraires (article 512-1 CP).
E- L’intention coupable
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Elle est présente dès lors que les meurtrissures sont volontairement imposées pour
soustraire des paroles ou pour faire accomplir ou s’abstenir d’accomplir un acte chez
la victime.
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CHAPITRE 4 : LES VIOLENCES SEXUELLES ET LES ATTEINTES A LA
PUDEUR
SECTION I – LE VIOL
Selon l’article 533-10 du Code Pénal constitue un viol, tout acte de pénétration
sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence,
contrainte ou surprise. Ainsi, le viol doit être appréhendé non seulement sous l’aspect
social d’une menace par les structures familiales, mais il doit être aussi considéré sous
l’aspect psychique de la meurtrissure infligée à une personne et résultant d’une
atteinte à la dignité de la victime.
A- L’acte matériel
Le viol est déterminé par l’acte de pénétration sexuelle des parties génitales de la
personne ou toute autre partie du corps. Ainsi les actes de fellation ou de sodomie
imposés sont des actes de pénétration. Peu importe le sexe de la victime ; peu importe
la nature de l’objet pénétrant, membre viril ou autre objet.
La victime doit être vivante car le viol d’un cadavre constitue une violation de
sépulture.
C- L’intention coupable
Elle consiste dans l’intention d’agir contre le consentement de la victime. Mais il n’y
a pas intention coupable lorsque le comportement même de la victime a pu faire croire
qu’elle était consentante.
30
- Lorsqu’il est commis sur un mineur âgé de treize (13) à quinze (15) ans au
plus ;
- Lorsqu’il est commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à
son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou
psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou est connue de l’auteur ;
- Lorsqu’il est commis par un ascendant ou par toute autre personne ayant sur la
victime une autorité de droit ou de fait ;
- Lorsqu’il est commis par une personne qui abuse de l’autorité que lui
confèrent ses fonctions ;
- Lorsqu’il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité de co-auteurs
ou de complices ;
- Lorsqu’il est commis avec usage ou menace d’une arme
- Lorsque la victime a été mise en contact avec l’auteur des faits grâce à
l’utilisation, pour la diffusion de messages à destination d’un public non
déterminé, d’un réseau de communication électronique ;
- Lorsqu’il est commis en concours avec un ou plusieurs autres viols commis
sur d’autres victimes
- Lorsqu’il est commis par une personne agissant en état d’ivresse manifeste ou
sous l’emprise manifeste de produits stupéfiants.
La question de la possibilité du viol conjugal est désormais tranchée par l’actuel code
pénal. L’article 533-12 dispose en effet que lorsque le viol est commis de manière
répétitive sur une partenaire intime et habituelle avec qui l’auteur entretient des
relations sexuelles stables et continues ou lorsque ladite partenaire est dans une
incapacité physique quelconque d’accomplir une relation sexuelle. Dans ce cas la
peine est une amende de deux cent cinquante mille francs (250.000) à six cent mille
(600.000) FCFA.
Le nouveau code prend aussi en compte la situation des rapports sexuels en milieu
scolaire. Le législateur en légiférant sur la question veut certainement atténuer le
phénomène des grossesses en milieu scolaire.
L’article 533-14 punit pour cela d’une peine d’emprisonnement de cinq (5) ans à dix
(10) ans et d’une amende de neuf cent mille (900.000) à cinq millions (5000.000)
FCFA, le fait pour un personnel de l’enseignement ou de tout système éducatif,
d’avoir une relation sexuelle avec un élève, un apprenti ou stagiaire mineur de l’un ou
l’autre sexe.
La peine est aggravée en cas de grossesse de l’apprentie ou de la stagiaire. L’auteur
écopera d’un emprisonnement de sept (7) ans à dix (10) et d’une amende de trois
millions (3000.000) à six millions (6000.000) FCFA.
Il peut en outre être prononcé en son encontre l’interdiction d’exercer la profession
d’enseignant ou de membre du système éducatif pour une période de cinq (5) ans
maximum.
31
Aux termes de l’article 533-15 du Code Pénal constitue le délit d’adultère le fait pour
une personne d’avoir des relations sexuelles avec une personne autre que son conjoint.
Ainsi toute personne convaincue d’adultère est punie d’une amende de 250.000 F à
600.000 F. La peine d’emprisonnement désormais n’existe plus pour cette infraction.
Les poursuites ne peuvent être engagées que sur plainte du conjoint et le retrait de la
plainte met fin aux poursuites exercées contre le conjoint adultère et son complice.
L’attentat à la pudeur est un délit prévu et réprimé par l’article 533-2 du Code Pénal.
Le Code Pénal, définit l’attentat à la pudeur, comme étant tout acte de nature sexuel,
contraire aux bonnes mœurs, exercé directement et intentionnellement sur un mineur
ou avec violence, contrainte ou surprise sur un adulte. Il peut s’agir d’un acte
impudique sur une personne ou tout acte contraire aux bonnes mœurs exercé sur une
personne de l’un ou l’autre sexe. Il faut qu’il y ait une atteinte corporelle :
attouchement ou geste impudique par exemple : relever la jupe.
L’acte doit être immoral et choquant. La victime de l’acte peut être l’auteur. Ainsi
faire commettre sur soi des actes obscènes est un attentat à la pudeur (masturbation).
Si la victime est un mineur âgé de moins de 18 ans, l’acte n’a pas besoin d’être
accompagné de violence, contrainte ou surprise (ces circonstances aggraveront
seulement l’infraction). Ces circonstances sont pourtant exigées lorsqu’il s’agit d’une
victime âgée de plus de 18 ans pour que l’infraction soit constituée.
L’erreur sur l’âge de la victime ne constitue pas une cause d’impunité. L’attentat à la
pudeur exige pour être caractérisé, une intention criminelle chez l’auteur. Cette
intention consiste en la connaissance qu’il a du caractère immoral ou choquant de
32
l’acte qu’il accomplit ou la conscience d’attenter à la personne. Le consentement de la
victime importe peu. Mais l’attouchement effectué par un professionnel selon les
règles de son art, exclut l’infraction.
L’attentat à la pudeur est puni d’un emprisonnement de un (1) à sept (7) ans et d’une
amende de 500.000 à 1000.000 FCFA si la victime de l’un ou l’autre sexe est âgée de
moins de treize (13) ans ;
Si la victime a un âge compris entre treize (13) et quinze (15) ans l’emprisonnement
est de un (1) à cinq (5) ans et l’amende de 500.000 à 1000.000 FCFA en l’absence de
violence, contrainte ou surprise.
Lorsque le mineur a un âge supérieur à quinze (15) ans et inferieur à dix-huit (18) ans,
l’emprisonnement est de six (6) mois (1) à cinq (5) ans et l’amende de 250.000 à
600.000 FCFA.
Pour le mineur de moins de treize (13) ans la peine est aggravée de sept (7) ans à dix
(10) ans d’emprisonnement et une amende de 1000.000 à 3000.000 FCFA si le
coupable est un ascendant du mineur ou s’il est de ceux qui ont autorité sur lui ou s’il
a abusé de l’autorité que lui confère sa fonction ou s’il a agi en réunion.
Pour l’âge compris entre quinze (15) ans et dix-huit (18) ans la peine est réduite au
minimum à quatre (4) ans et conservé au maximum de dix (10) ans si le coupable est
un ascendant du mineur ou s’il est de ceux qui ont autorité sur lui ou s’il a abusé de
l’autorité que lui confère sa fonction ou s’il a agi en réunion art 533-4 alinéa 3).
La prévention d’outrage public à la pudeur, n’a pas pour objet de réprimer les actes
impudiques en tant que commis à l’égard d’une personne déterminée, mais
uniquement le scandale causé par ces actes.
Constitue un outrage public à la pudeur, tout acte intentionnel contraire aux bonnes
mœurs commis publiquement ou dans un lieu privé accessible au regard du public,
susceptible d’offenser la pudeur et le sentiment moral des personnes qui en sont les
témoins involontaires (article 533-1).
A- L’acte scandaleux
Il suppose un fait matériel contraire aux bonnes mœurs. Il ne s’agit pas d’attenter au
corps d’une personne, mais de la choquer par une exhibition scandaleuse. Des paroles,
des chants ou des écrits ne constituent pas un acte. Par contre le fait de s’exhiber
même sans bouger est incriminé. L’acte doit être scandaleux. L’exhibition des parties
sexuelles ou des gestes impudiques ou obscènes sont incriminés. L’acte impudique
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peut résulter d’acte indécent commis par l’auteur, sans qu’une personne déterminée ne
soit en cause. Ainsi uriner en public est un acte outrageant.
B- La publicité de l’acte
Pour qu’il soit scandaleux : l’acte doit pouvoir être vu ; c’est le cas des actes commis
dans la rue, les bois, les jardins publics. Il s’agit d’une publicité dite absolue ou
permanente dans un lieu où le public peut avoir accès à tout moment. Ces lieux sont
les lieux publics par nature. Il faut par contre des lieux où le public n’est admis que
dans certaines conditions.
Il en est ainsi des restaurants, cafés, cinés, musés, églises etc… Il est donc nécessaire
de constater que l’acte a été commis à un moment où le public était admis à pénétrer
dans le lieu. Il en est de même des lieux privés où le public n’est admis que par
moment. Ex : un véhicule de transport en commun.
S’il s’agit d’un véhicule privé, il convient de rechercher si des tiers peuvent voir l’acte
normalement sans qu’il soit nécessaire de s’aider d’un subterfuge pour regarder ce qui
se passe dans le lieu privé.
C- L’intention coupable
L’auteur doit avoir eu l’intention de froisser la pudeur publique, même une simple
faute, une négligence peut constituer cette intention. Ce qui a permis de dire que
l’intention n’était pas nécessaire pour qu’il y ait le délit d’outrage public à la pudeur.
Paragraphe 2– La répression
L’outrage public à la pudeur est puni d’une peine d’emprisonnement de trois (3) mois
à deux (2) ans et d’une amende de 250.000 F à 2000.000 F. Toutefois l’outrage public
à la pudeur commis en privé en présence d’un mineur constitue le délit d’incitation de
mineur à la débauche prévu et puni par l’article 533-19 du Code Pénal.
34
comportements, menaces ect…) dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle à
son profit, ou au profit d’un tiers.
Paragraphe 1 – La prostitution
Le commerce de la chair, au grand damne des bonnes mœurs a atteint le seuil critique
dans nos villes. Depuis quelque temps, en effet la prostitution a débordé le cadre
35
traditionnel des femmes assises devant leur « entrée-couché » et des belles de nuit à
l’habillement et au maquillage suggestif rendant certains quartiers chauds pour se
répandre dans les marchés, les établissements scolaires, quelques cours d’habitation
au dessus de tout soupçon. Ainsi au nom de la crise économique, la prostitution, qu’on
dit être le plus vieux métier du monde, semble être une activité légale. Il n’est donc
pas excessif de dire que ces déviations et pratiques sexuelles interpellent les différents
acteurs de la société.
La prostitution est définie selon l’article 533-20 alinéa 1 du Code Pénal comme étant
le fait pour une personne de l’un ou l’autre sexe de se livrer habituellement à des
actes sexuels avec autrui moyennant rémunération.
Le proxénète est celui qui favorise la prostitution pour retirer un profit financier.
En faisant de la débauche d’autrui, le proxénète va faire travailler pour son compte la
prostituée ou contraindre une femme à se prostituer. Sur le plan international on a pu
parler d’une traite d’êtres humains.
A- Le proxénète
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Est qualifié proxénète, celui qui :
- sous une forme quelconque partage les produits de la prostitution ou reçoit des
subsides de prostitution.
Exemple : du mari dépendant de l’argent de sa femme qui se livre à la
prostitution ;
- Fait office d’intermédiaire entre les prostituées et ceux qui les exploitent.
Le proxénétisme est prévu et réprimé par l’article 533-22 du Code Pénal. La peine est
un emprisonnement de 3 ans à 10 ans et d’une amende de 1000.000 à 6000.000
francs.
B – Le proxénétisme hôtelier
Est concerné celui qui met à la disposition des prostituées des locaux pour leur
permettre d’exercer. Il peut s’agir :
- d’un établissement de prostitution, qualifié de maison de tolérance, c’est-à-dire
un local où est exploitée la prostitution d’autrui ;
Qu’en est-il de la tenancière d’un bar qui de temps en temps a des rapports sexuels
avec des clients dans son établissement ? La tenancière d’un bar qui a des rapports
sexuels avec des clients dans son établissement, n’est pas concernée puisque c’est elle
qui se prostitue.
37
La peine est un emprisonnement de 2 à 5 ans et une amende de 1.500.000 à 5.000.000
de francs, la fermeture pour une durée déterminée de l’établissement et le retrait de la
licence pour les débits de boisson. (art 533-27)
C – Le proxénétisme immobilier
Est concerné celui qui vend ou met à la disposition d’une prostituée, un local privé
pour s’y livrer à la prostitution et non se loger.
L’infraction n’existe que si le vendeur, ou le bailleur, sait que le local sera utilisé pour
la prostitution ou si, informé de cet état, il continue à mettre le local à disposition. Une
personne, propriétaire d’un appartement, ne commet pas l’infraction, si, elle s’y livre
à la prostitution. L’infraction concerne l’aide à autrui.
La peine est de cinq (5) ans à dix (10) ans d’emprisonnement et une amende de
3000.000 à 10.000.000 francs.
D – Le proxénétisme aggravé
Le proxénétisme aggravé selon l’article 533-24 du Code Pénal vise notamment le délit
qui a été commis à l’égard d’un mineur ou qui a été accompagné de menace, de
contrainte, de violence, de voie de fait, d’abus d’autorité ou de dol, ou lorsque l’auteur
du délit était porteur d’une arme apparente ou cachée.
Il en est de même lorsque l’auteur du délit est appelé à participer de par ses fonctions
à la lutte contre la prostitution, à la protection de la santé ou au maintien de l’ordre, ou
lorsque l’auteur du délit est époux, père, mère ou tuteur de la victime ou enfin si
l’auteur est instituteur, ministre d’un culte ou ayant une autorité sur elle.
38
CHAPITRE 5 : DES ATTEINTES A L’EGARD DES FEMMES ET DES
FILLES
Les violences contre les femmes et les filles désignent l'ensemble des comportements
individuels ou collectifs violents reposant exclusivement sur une question de genre.
Elles sont associées aux mariages forcés, aux grossesses forcées ou
avortements, agressions sexuelles et violences conjugales.
De nombreuses personnes, collectivités, organismes humanitaires ou politiques se
sont attachés à dénoncer des sévices existants ou aggravés uniquement en raison de
l'appartenance d'une personne à un genre. Généralement ce sont les femmes qui sont
les victimes de ce qui est présenté comme une tendance collective et/ou culturelle à
autoriser ou à inciter ce type d'agressions devenues récurrentes.
Les diverses études et publications qui visent à exposer ce sujet au grand public
s'attachent tout particulièrement à distinguer et à mettre en évidence le phénomène
de discrimination sexiste, incompatible avec les principes des Droits de l'homme.
39
- Violences physiques : tout acte ou comportement qui porte atteinte à
l’intégrité physique de la femme ou de la fille ;
- Violences sexuelles : toute atteinte sexuelle commise avec violence,
contrainte, menace, sur une femme ou une fille.
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L’auteur des sévices ou tortures sexuelles est puni d’un emprisonnement de deux (2)
ans à cinq (5) ans et d’une amende de cinq cent mille (500.000) à un million
(1000.000) CFA.
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B- La répression
Pour la commission de l’un quelconque de ces actes, le coupable est puni d’une
peine d’amende de deux cent cinquante mille (250.000) à six cent mille (600.000)
FCFA.
Lorsque l’auteur chasse, renvoie, rejette ou inflige des mauvais traitements à une
fille ou à une femme qu’il accuse ou soupçonne de sorcellerie, la peine passe à un
emprisonnement de un (1) an à cinq (5) ans et d’une amende de six cent mille
(600.000) à un million cinq cent mille (1.500.000) FCFA.
42
CHAPITRE 6 : LA TRAITE DES PERSONNES ET DES PRATIQUES
ASSIMILEES
La traite des personnes est un problème qui a suscité l’attention croissante du monde
entier ces dix dernières années. Au départ les actions de plaidoyer et d’assistance ne
visaient que la traite des femmes et des fillettes aux fins de prostitution forcée et dans
une moindre mesure de servitude domestique. Désormais, on prend de plus en plus
conscience que des femmes, des enfants et des hommes sont enrôlés de force dans de
nombreuses et différentes formes de travail.
Selon l’article 511-1 du code pénal, la traite des personnes désigne le recrutement, le
transport, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par le recours à la menace ou le
recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par l’enlèvement, fraude,
tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par offre ou
l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une
personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation.
L’alinéa 2 de cette disposition précise que l’exploitation comprend : l’exploitation de
la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les
services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le
prélèvement d’organes.
A- L’élément matériel
Il faut un acte positif. Il peut s’agir d’approcher des personnes qui acceptent un projet
de déplacement d’un endroit donné vers un autre, on parle alors de recrutement. Les
personnes identifiées ou appâtées seront ensuite transportées, transférées pour enfin
être reçues sur un autre territoire ou dans une autre ville du même territoire.
43
D- LA QUESTION DU CONSENTEMENT
L’article 3 relatif à la loi sur la traite des personnes stipule que le consentement d’une
victime de la traite des personnes à l’exploitation envisagée est indifférent lorsqu’il a
été démontré que la duperie, la contrainte, la force ou d’autres moyens interdits ont
été utilisés.
Le consentement ne peut donc être invoqué à titre de défense pour exonérer une
personne de sa responsabilité pénale.
Pour les affaires de traite impliquant des enfants, l’article 511-2 CP admet que
l’infraction soit constituée même en l’absence des moyens interdits (contrainte,
duperie etc.).
Ces deux exemples reflètent le simple fait que personne ne peut consentir à être
exploité, puisque dans le cas des adultes le consentement est annulé par l’usage de
moyens irréguliers et que dans le cas des enfants leur situation de vulnérabilité les met
d’emblée dans l’impossibilité d’apporter leur consentement.
L’infraction est établie dès lors que l’auteur a accompli l’un des actes matériels que
sont le recrutement, le transport le transfert, l’hébergement etc. Dans ces cas la peine
encourue est de cinq ans à dix ans et une amende de un million (1000.000) à cinq
millions (5.000.000) FCFA.
La peine est de onze (11) ans à vingt et un ans et l’amende de deux millions
(2.000.000) à dix millions (10.000.000) FCFA lorsque l’infraction est commise avec
l’une des circonstances aggravantes suivantes :
si la victime est un mineur d’au plus quinze ans ;
si la victime est particulièrement vulnérable en raison d’une déficience
physique ou psychologique ou de son état de santé, de grossesse ou de
son âge avancé ;
si l’acte a été commis par fraude ou violence, par usage de fausse
qualité, faux titre ou des documents falsifiés ou altérés ou de fausse
autorisation ;
si l’auteur fait usage de stupéfiants ou de toute autre substance de
nature à altérer la volonté de la victime ;
si l’auteur est porteur d’une arme apparente ou cachée ;
si l’auteur est un ascendant ou une personne ayant autorité sur la
victime ;
si la victime a été séquestrée, privée d’aliments ou exposée dans un
endroit public ou privé de recrutement ;
si la victime est exposée à des travaux dangereux, pénibles ou aux pires
formes du travail des enfants ;
si l’auteur a commis des abus sexuels sur la victime.
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Enfin l’auteur sera puni à l’emprisonnement à vie en cas de mutilation, d’infirmité
permanente, de décès de la victime ou lorsque la traite a pour but le prélèvement
d’organe.
L’exploitation de la mendicité est définie par l’article 511-12 du code pénal. Cet
article la définit comme suit :
« L’exploitation de la mendicité d’autrui s’entend de quiconque organise ou exploite
la mendicité d’une personne, entraine ou détourne une personne pour la livrer à la
mendicité, exerce sur une personne une pression pour qu’elle mendie ou continue de
le faire, se fait accompagner par un ou plusieurs jeunes enfants en vue d’en tirer
directement ou indirectement un avantage financier, matériel ou tout autre avantage ».
Cette infraction, pour être constituée, recoupe plusieurs comportements :
B- La répression
L’auteur de l’infraction est puni d’un emprisonnement de un (1) à dix (10) ans et
d’une amende de cinq cent mille (500.000) à deux millions (2.000.000) F CFA.
Le maximum de la peine est prononcé lorsque la victime est mineure,
particulièrement vulnérable ou a subi des violences, contrainte.
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- La transnationalité du transfert. Elle va consister à faire passer
clandestinement la victime d’un Etat vers un autre. L’infraction est
transnationale contrairement à la traite des personnes qui elle peut se
commettre sur un même territoire.
- L’obtention de tout gain avant ou après l’opération de passage. La relation
entre le trafiquant et le migrant objet du trafic s’achève habituellement lorsque
le passage de la frontière a été facilité. Le trafiquant n’a pas l’intention
d’exploiter la personne concernée après l’arrivée.
Les auteurs de trafic illicite de migrants sont punis d’une peine d’emprisonnement de
cinq (5) ans à dix (10) ans et d’une amende de cinq (5) millions à dix (10) millions.
L’article 511-19 prévoit la même peine pour toute personne commettant une fraude ou
la falsification, la contrefaçon de visas, de documents ou titres de voyage ou de tous
autres documents attestant la qualité de résident ou de ressortissant du Burkina Faso
ou d’un pays étranger ou accordant le statut de refugié, d’apatride, de personne
déplacée ou victime de trafic d’êtres humains.
Enfin la peine est un emprisonnement de onze (11) ans à vingt et un (21) ans et d’une
amende de cinq (5) millions à vingt (20) millions, lorsque :
- L’auteur met en danger ou risque de mettre en danger la vie ou la sécurité des
migrants concernés
- L’auteur fait subir aux migrants un traitement inhumain ou dégradant, y
compris leur exploitation.
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Aux termes de l’article 524-1, la diffamation est « toute allégation ou imputation d’un
fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps
auquel le fait est imputé » et constitue une injure, au sens de l’article 524-2 : « toute
expression outrageante, terme de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation
d’aucun fait ».
SECTION I – LA DIFFAMATION
Paragraphe 1 – Les éléments constitutifs du délit de diffamation
A – La publicité
La diffamation ne devient un délit que si elle est publique. La publicité peut résulter
soit de discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou réunions publics, soit
d’écrits, imprimés vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans les lieux ou
réunions publics ou de placards ou affiches exposés au regard du public. Elle peut
résulter aussi de dessins, gravures, peintures, distribués ou exposés dans des lieux au
regard du public.
Les lieux publics sont outre les lieux publics par nature, ceux qui sont affectés à
l’usage de tous et accessibles à chacun à tout moment. Exemple : les rues.
Les lieux publics par destination. Exemple : cafés, églises, salles d’audience, bureaux
qui sont ouverts au public à certains moments déterminés.
Un lieu privé peut devenir occasionnellement public par le fait de la présence d’un
certain nombre de personnes. Exemple : de la conciergerie où n’importe qui peut
entrer.
S’il s’agit de paroles, il faut que les propos soient prononcés sur un ton assez élevé
pour être entendus des tiers.
S’il s’agit d’écrits, de dessins, la vente ou la distribution constitue par elle-même la
publicité exigée par la loi. Même l’envoi sous pli fermé et par poste peut constituer la
publicité s’il est fait à un certain nombre de personnes.
Même les propos tenus au cours d’une émission radiophonique ou de télévision,
peuvent constituer le délit de diffamation.
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Un fait porte atteinte à l’honneur, quand il est contraire à la probité ou à la loyauté.
Exemple : X a fait agir des influences pour se faire exempter du SND. Par contre un
fait porte atteinte à la considération lorsqu’il constitue un manquement aux principes
qu’un homme est tenu d’observer en raison de sa situation sociale ou de sa profession.
Cependant, la nécessité de protéger l’honneur et la considération des personnes doit se
concilier avec les droits de libre discussion et de critiques qui appartiennent aux
citoyens surtout à l’égard de ceux qui, se livrant à des travaux littéraires ou
scientifiques ou prenant part aux luttes politiques, s’offrent eux-mêmes à
l’appréciation du public.
La loi protège essentiellement les valeurs morales plutôt que les valeurs intellectuelles
professionnelles. Il appartient au juge de vérifier compte tenu des circonstances
intrinsèques si le propos, l’écrit ou le dessin publié est attentatoire à l’honneur ou à la
considération.
E – l’intention de nuire
L’intention coupable ou dol spécial, consiste dans la connaissance chez le diffamateur
que les propos, les dessins ou les écrits atteindraient autrui dans son honneur et sa
considération ; elle est présumée et c’est le prévenu qui doit prouver sa bonne foi. Ni
la volonté d’informer le public, ni l’absence d’animosité personnelle envers le
diffamé, ni les réserves ou restrictions ultérieures ne suffisent à détruire la
présomption de mauvaise foi, car le devoir d’objectivité du journaliste, lui impose de
vérifier avant la publication, l’exactitude des faits qu’il publie.
La loi punit la diffamation avec une distinction selon que le fait est vrai ou faux, hors
les cas où la preuve de la vérité du fait diffamatoire est admise comme un fait
justificatif.
A – L’exception de vérité
D’une manière générale, la vérité du fait définitivement établie, fait disparaître le
délit. Toutefois, la règle de l’exception de vérité n’est pas recevable quand l’allégation
ou l’imputation concerne :
- la vie privée de la personne ;
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- des faits remontant à plus de 10 ans ;
- des faits constituant une infraction amnistiée ou prescrite ou qui ont donné lieu
à une condamnation effacée par la réhabilitation ou la révision.
De même que la preuve de la vérité du fait diffamatoire, les discours et débats tenus
dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale ainsi que les rapports ou toute pièce
imprimée par ordre de cette assemblée ne peuvent donner lieu à des poursuites.
L’immunité couvre aussi les comptes rendus des séances publiques faites de bonne foi
dans les journaux.
Sont, par ailleurs couverts par l’immunité, les comptes rendus fidèles faits de bonne
foi des débats judiciaires. Ainsi, les parties présentes au procès, et qui prétendent que
des faits sont étrangers à la cause, doivent faire des réserves à l’audience, pour une
action publique ou civile ultérieure, car les discours prononcés et les documents
produits contenant d’imputations diffamatoires étrangères à la cause instruite, ne
bénéficient pas de l’immunité.
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Cette diffamation n’est punissable que si l’auteur en attaquant la personne décédée a
voulu atteindre l’honneur des héritiers, époux et légataires universels.
Paragraphe 4 – la répression
Les peines applicables en matière de diffamation varient suivant la qualité des
personnes ou des corps protégés et contre lesquels le délit a été commis. Lorsqu’elle
est commise envers :
Paragraphe 5 – La procédure
B – Les poursuites
L’injure ou la diffamation n’est poursuivie qu’à la demande des victimes ou de leurs
représentants officiels. Aussi, le désistement arrête la poursuite.
La seule exception concerne l’incitation à la haine contre un groupe de personnes en
raison de leur race, ethnie ou religion, où le ministère public défend véritablement la
société.
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Si les cours, les tribunaux ou les corps constitués (Assemblée Nationale,
Gouvernement, Conseil Économique et Social, Conseil Supérieur de la Magistrature,
Chambre des Représentants, Conseils Provinciaux, Conseils Municipaux, Conseils
d’Arrondissements, Chambre de Commerce, Ordres professionnels, autorités
administratives indépendantes tels que le Conseil Supérieur de l’Information ou la
Commission Électorale Nationale Indépendante) sont victimes d’injure ou de
diffamation, il faudra une délibération de leur Assemblée Générale pour autoriser leur
chef à porter plainte.
Section II – L’INJURE
A – La publicité
Comme la diffamation, l’injure ne constitue un délit que si elle est publique et à
défaut de publicité, elle correspond davantage à la contravention d’injure non
publique.
Est définie comme injure toute expression outrageante, termes de mépris ou invective
ne renfermant l’imputation d’aucun fait précis. Elle ne peut donc pas être effacée par
la vérité du fait.
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B – Expression outrageante, terme de mépris ou invective
La loi n’exige pas comme en cas de diffamation l’allusion à un fait précis. Peu
importe que l’expression incriminée porte ou non atteinte à l’honneur ou à la
considération.
Son caractère injurieux résulte de sa violence ou de sa grossièreté.
La notion d’injure peut varier dans le temps. Ainsi, il peut y avoir injure ou non selon
l’appartenance à une certaine philosophie ou doctrine, selon l’endroit ou même le
milieu social. Exemple : traiter quelqu’un d’esclave, sauvage dans un contexte de
parenté à plaisanterie.
D – L’intention coupable
L’auteur de l’injure doit avoir agi avec l’intention coupable. Cette intention est
présumée. La présomption de mauvaise foi ne disparaît qu’en présence de faits
justificatifs, ainsi, l’injure n’est pas punie si elle a été provoquée.
La provocation constitue donc en matière d’injure un fait justificatif que le prévenu
doit expressément invoquer. Mais cette provocation ne joue que si l’injure n’intervient
pas trop longtemps après ladite provocation et qu’elle soit proférée à l’adresse de
l’auteur même de la provocation. La provocation est un fait justificatif si l’injure
intervient immédiatement après ladite provocation.
52
• Le compte rendu des délibérations des cours et tribunaux
• La diffamation envers les cours et tribunaux, les forces de défense et de
sécurité et les corps constitués
• Diffamation envers les particuliers, groupe de personne du fait de leur
appartenance à une ethnie, religion, race
• Injure envers les particuliers en l’absence de provocation
Paragraphe 4 – La répression
Est punie d’une amende d’un million (1 000 000) à cinq millions (5 000 000) de
francs CFA, quiconque commet un délit d’injure, par voie de presse, envers les
particuliers lorsqu’elle n’est pas précédée de provocation. Le maximum de l'amende
est appliqué si l'injure est commise envers un groupe de personnes qui appartiennent,
à une race, une ethnie, une religion ou un parti politique déterminé, dans le but
d'inciter à la haine entre les citoyens. ( art 121 de la loi 057-2015).
53
TITRE III : LES AUTRES ATTEINTES A LA PERSONNE
Aux termes de l’article 522-1 du Code Pénal, le fait de causer par maladresse,
imprudence, inattention, négligence ou inobservation d’une loi ou d’un règlement, la
mort d’autrui constitue un homicide involontaire.
L’énonciation de la disposition suscitée fait apparaître trois éléments constitutifs
interdépendants : la faute, le préjudice et le lien de causalité les reliant.
Ce sont ces éléments qui constituent également le délit civil prévu à l’article 1382 du
Code Civil selon lequel tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un
dommage, oblige celui par lequel il est arrivé à le réparer.
A quelles conditions la faute serait-elle incriminée ?
Paragraphe 1- La faute
Les fautes selon l’énumération de l’article 522-1 du Code pénal peuvent être classées
en trois catégories :
54
appréciée s’il n’avait pas existé. De nombreuses fautes ne sont pas incriminées dès
lors qu’il n’existe pas de préjudice.
Paragraphe 2 – Le préjudice
La faute doit être la cause directe ou indirecte du préjudice subi. Qu’en est-il lorsque
le préjudice résulte de la commission de plusieurs fautes ou lorsqu’il n’a été possible
que par un concours d’interventions ou d’omissions ?
On peut distinguer plusieurs situations :
55
- Cas de fautes successives
Lorsqu’un accident de la circulation provoque des blessures nécessitant une
hospitalisation, et si le chirurgien commet une faute qui provoque la mort du patient,
l’auteur de l’accident et le chirurgien seront tous deux responsables d’homicide
involontaire.
Il n’y a pas d’intention de nuire. Cette intention est la conscience de commettre une
faute, peu importe que les conséquences aient été ou non prévisibles. L’intention sera
donc examinée, analysée en même temps que la faute. Si l’auteur n’a pas eu
conscience qu’il commettait une faute, il n’y a pas d’infraction.
SECTION II – LA REPRESSION
Toutes les fautes d’imprudence sont de la compétence des juges répressifs. Si le juge
répressif estime qu’il n’y a pas de faute pénale, il ne pourra davantage y avoir de faute
civile. Seule la responsabilité civile par présomption de l’article 1384 du Code Civil
pourra être invoquée devant le juge civil.
- si la victime décède des suites de ses blessures, même si ces dernières ne sont
qu’en partie la cause du décès, la peine sera un emprisonnement de six (6)
mois à trois (3) ans et une amende de 250.000 F à 2.000.000 F.
La peine est de un (1) an à sept (7) ans et une amende de 500.000 F à
5.000.000 F lorsque :
l’auteur du délit a agi en état d’ivresse ;
l’auteur a commis un délit de fuite ou a tenté par tout autre moyen
d’échapper à la responsabilité qu’il peut encourir
S’agissant des conducteurs de véhicule, les peines sont également un
emprisonnement de un (1) an à sept (7) ans et une amende de 500.000 F à
5.000.000 F lorsque :
le conducteur se trouvait en état d’ivresse ou était sous l’empire d’un
état alcoolique caractérisé par une concentration d’alcool dans le sang
56
ou dans l’air expiré égale ou supérieure aux taux fixés par les
dispositions législatives ou réglementaires du code de la route ou
d’autres lois et règlements ;
l’homicide involontaire est intervenu en raison du fait que le
conducteur a tenté d’échapper ou a refusé de se soumettre à un
contrôle de sécurité routière ;
il résulte d’une analyse sanguine ou d’une vérification que le
conducteur avait fait usage de substances ou de plantes classées
comme stupéfiants ;
le conducteur n’était pas titulaire du permis de conduire exigé par la
loi ou le règlement ou son permis avait été annulé, invalidé, suspendu
ou retenu
le conducteur a commis un dépassement de la vitesse maximale
autorisée ;
le conducteur, sachant qu’il vient de causer ou d’occasionner un
accident, ne s’est pas arrêté et a tenté ainsi d’échapper à la
responsabilité pénale ou civile qu’il encourt ;
Les peines sont un emprisonnement de un (1) an à dix (10) ans et une amende de
600.000 F à 10.000.000 F lorsque l’homicide involontaire a été commis avec
plusieurs des circonstances précédemment citées.
- Lorsqu’une même faute entraîne des blessures sur plusieurs personnes dont
l’incapacité temporaire totale est soit inférieure ou égale à six (6) jours
(contravention), soit supérieure ou égale à trois (3) mois, il n’y a pas cumul
des peines mais un seul fait unique punissable. Mais il est d’usage de
distinguer dans la prévention, les deux infractions pour permettre
l’intervention des victimes.
57
CHAPITRE II – LES INFRACTIONS PAR ABSTENTION
C’est le législateur qui, à travers l’article 521-7 du Code pénal, a incriminé certains
faits d’abstention. Cet article fait suite aux articles 131-4 et suivants du Code Pénal
réprimant la complicité. Mais il faut se garder de ce rapprochement trop rapide, car la
complicité suppose un acte positif et il ne faut pas étendre le domaine de l’article 521-
7 pour en faire l’incrimination d’une fallacieuse complicité par abstention.
L’incrimination des actes d’abstention comporte donc des limites qu’il faut se garder
de dépasser.
58
Dès l’instant où il y a intention de nuire peut-il y avoir en outre défaut
d’assistance ? Il est évident que l’on ne peut pas envisager que l’auteur du crime ou
du délit puisse être aussi l’auteur de l’abstention.
Le danger doit-il être imminent ? La notion de péril implique la proximité
du danger. Le danger doit-il être réel ? Oui mais peu importe qu’ultérieurement il
s’avère qu’il n’y avait pas péril ou que l’aide apportée se soit révélée inutile.
Le danger doit menacer une personne humaine en vie, car un cadavre ne se
trouve plus en péril même si une mutilation peut avoir lieu.
B – L’acte d’abstention
L’acte doit être volontaire, mais il n’est pas nécessaire qu’il ait eu intention de nuire
bien que souvent, l’abstention résulte de cette intention. L’acte est caractérisé par le
côté négatif de ce qu’il fallait faire pour éviter le crime ou l’atteinte corporelle. S’il
s’agit de prévenir un crime ou un délit, il faut une action immédiate et s’il s’agit d’un
péril, il faut une assistance par une action personnelle ou en provocant des secours.
Mais l’action immédiate peut être une intervention personnelle ou celle d’un tiers
appelé à l’aide. Pour que l’abstention soit volontaire, encore faut-il que l’auteur ait eu
conscience de la nécessité d’intervenir. C’est in concreto, compte tenu de la
personnalité de l’auteur qu’il faudra rechercher cette notion. Par contre si la victime
refuse des soins prescrits, le médecin ne peut être retenu dans les liens de la
prévention.
C – L’absence de risque
On ne peut exiger d’une personne qu’elle mette sa vie en péril ou celle des autres pour
venir en aide à autrui.
L’auteur de l’abstention peut donc s’exonérer de l’obligation d’agir en justifiant d’un
risque encouru. Le risque doit être encouru soit par celui qui doit agir, soit par des
tiers ou la victime.
Paragraphe 2 – La répression
La peine applicable est un emprisonnement de trois (3) mois à trois (3) ans et une
amende de 250.000 F à 3000.000 F. En principe les dispositions de l’article 521-7 du
Code Pénal ne sont visées que lorsqu’une intention de nuire est sous-jacente et qu’il
n’est pas possible de retenir un acte positif d’action ou de complicité. Le texte permet
donc d’incriminer l’égoïste et de porter atteinte à la liberté individuelle.
59
Aux termes de l’article 131-4, alinéa 5 du Code pénal, celui qui a
connaissance qu’un crime ou un délit a été tenté ou consommé et qui ne prévient pas
les autorités administratives ou judiciaires alors qu’il est encore possible d’en limiter
les effets ou d’éviter une réitération encourt la peine de l’infraction que son abstention
a causé. Il ne s’agit pas de dénoncer un crime ou un délit mais d’en limiter les
conséquences.
- S’il s’agit d’un délit, d’une peine d’emprisonnement de deux (2) mois à deux
(2) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille francs (250.000) à six
cent mille (600.000) FCFA.
Dans ces deux cas, sont exonérés l’auteur, ses complices et ses parents ou alliés
jusqu’au même degré inclus.
Toutefois, n’encourt aucune peine celui qui apporte son témoignage tardivement mais
spontanément (art 374-11 alinéa 2).
60
61
DEUXIEME PARTIE
- D’une part est sanctionné, celui qui fabrique le faux qui peut porter sur des
écritures publiques ou authentiques ;
- D’autre part est sanctionné, celui qui utilise le faux, il s’agit d’une infraction
distincte car le faussaire n’est pas toujours l’utilisateur.
Les articles 373-1 et suivants du Code Pénal répriment les faux en écritures
publiques ou authentiques.
62
L’écriture publique est l’œuvre ou est réputée être l’œuvre d’un
fonctionnaire l’écriture authentique est l’œuvre qui émane ou est réputée émaner d’un
officier public ou d’une personne désignée par la loi pour dresser certains actes et
faire certaines constatations.
- les actes politiques émanant des pouvoirs législatifs ou exécutifs tels que les
lois, décrets, ordonnances et traités internationaux ;
- les actes judiciaires dressés par les magistrats ou leurs auxiliaires tels que les
jugements, les arrêts, les procès-verbaux d’enquête de gendarmerie ou de
police, les rapports d’experts désignés en justice, les procès-verbaux
d’adjudication… etc.
- les actes extrajudiciaires établis par les officiers publiques tels que les actes
notariés, les actes d’huissiers, de commissaires-priseurs, d’agent de changes
etc… ;
B – La teneur de l’écrit
Pour que l’écrit falsifié soit punissable, trois éléments doivent être réunis, à
savoir l’altération de la vérité, causant un préjudice et un élément intentionnel.
A – L’altération de la vérité
Elle peut se réaliser soit par commission, soit par omission, mais il est
nécessaire que le fait énoncé dans le document soit inexact.
63
Le législateur distingue deux procédés que la doctrine et la jurisprudence
classent en deux catégories ; ainsi l’altération de la vérité est soit matérielle, soit
intellectuelle.
1. L’altération matérielle
Le faux est dit matériel lorsqu’il s’effectue par une altération physique d’un
écrit laissant des traces et pouvant être décelée par expertise.
Elle peut consister pour une personne, soit à signer un acte d’un nom qui ne
lui appartient pas ou de celui d’une personne imaginaire, soit à imiter la signature
d’une autre personne.
Elle peut aussi consister dans un changement matériel pouvant être
caractérisé par une addition ou une suppression de clause, une surcharge, un grattage,
un lavage ou une dissimulation ou tous autres procédés fallacieux.
L’altération de la vérité consiste aussi dans la contrefaçon d’écriture par
l’imitation d’une écriture ou dans la fabrication de conventions, dispositions,
obligations ou décharges.
2. L’altération intellectuelle
B – Le préjudice
Le préjudice est matériel quand le faux porte atteinte à la société. Ainsi tout
acte authentique faux porte atteinte à la foi publique attachée à cet acte.
64
C – L’intention frauduleuse
L’usage de faux suppose un acte d’usage portant sur une pièce fausse et
causant un préjudice. Ainsi, pour être punissable, l’usage de faux doit remplir quatre
conditions :
- il faut qu’il y ait un acte d’usage, consistant à mettre en circulation, une pièce
falsifiée ;
- celui qui utilise le document faux doit au moment de l’usage, être de mauvaise
foi, c’est-à-dire qu’il doit avoir connaissance de la falsification de la pièce par
lui utilisée ;
- le délit d’usage de faux peut être poursuivi alors que le faux est prescrit, car la
prescription ne court pour l’usage qu’à compter du dernier usage.
L’usage de faux est puni d’un emprisonnement de deux ans à dix ans et
d’une amende de un million (1 000 000) à dix millions (10 000 000) de francs CFA
lorsqu’il s’agit d’un acte public ou authentique.
66
Les infractions d’usurpation de fonctions ou de titres sont en principe des délits
contre la foi publique réglementés par les articles 375-1 à 375-9 du code pénal.
Les infractions abordées sous ce chapitre ont pour point commun de sanctionner des
comportements qui entrainent ou qui sont susceptibles d’entraîner une confusion entre
des activités privées et celles réservées à l’administration publique ou exercées sous
son contrôle.
Selon l’article 375-1 du code pénal, l’infraction existe lorsqu’une personne, sans titre,
s’immisce dans des fonctions publiques, civiles ou militaires ou accomplit un acte de
ces fonctions. De cette disposition, se dégagent trois éléments constituant l’infraction.
D’une part, un acte est accompli par une personne agissant sans titre et qui sait qu’elle
n’a aucun titre.
D’autre part, le coupable s’immisce dans l’exercice d’une fonction publique, civile ou
militaire, c'est-à-dire d’une fonction qui investit son titulaire d’une partie de la
puissance publique : fonctionnaires, personnes investies d’un mandat électif public,
officiers publics et ministériels.
Enfin, le coupable doit accomplir l’un des actes réservés au titulaire de cette fonction.
C’est l’exemple d’un gendarme stagiaire ayant usurpé le titre d’administrateur civil
pour obtenir d’une administration des renseignements confidentiels.
L’infraction est punie d’une peine d’emprisonnement de un an à cinq ans et d’une
amende de cinq cent mille (500 000) à cinq millions (5 000 000) de francs CFA. Si les
faits d’immixtion correspondent à une infraction plus grave, celle –ci sera retenue
contre l’auteur.
A- L’usurpation véritable.
L’article 375-3 du code pénal punit cette forme d’usurpation dès l’instant qu’elle est
accomplie par toute personne agissant publiquement et sans droit. Il s’agit du port
d’un costume, un uniforme ou une décoration réglementée par l’autorité publique ;
Le coupable est puni d’une peine d’emprisonnement de trois mois à un an et d’une
amende de cinq cent mille (500 000) à cinq millions (5 000 000) de francs CFA.
67
L’auteur de l’infraction est puni d’une peine d’emprisonnement de deux mois à six
mois et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) à six cent mille
(600.000) francs CFA.
Par diplôme officiel, on entend seulement les titres universitaires délivrés par l’Etat
(Baccalauréat, licence, maîtrise, doctorat) à l’exclusion de ceux qui sont délivrés par
des organismes, écoles ou instituts privés.
L’article 375-8 du code pénal punit d’une amende de deux cent cinquante mille
(250 000) à six cent mille (600 000) francs CFA le fait de faire figurer ou laisser
figurer certaines qualités, bien réelles et usurpées dans l’exercice de certaines
professions. IL s’agit de celle d’ancien magistrat, d’ancien officier de police
judiciaire, d’ancien notaire, d’ancien huissier, d’ancien avocat, de fonctionnaire,
d’ancien fonctionnaire, de gradé militaire ou d’ancien gradé militaire sur tous
documents ou écrits quelconques utilisés dans le cadre de l’activité.
68
La peine est un emprisonnement de deux mois à six mois et d’une amende de deux
cent cinquante mille (250 000) à six cent mille (600 000) francs CFA lorsque l’auteur
en sa qualité de fondateur, directeur ou gérant de société ou d’établissement à objet
commercial, industriel ou financier a laissé figurer le nom d’un ancien membre du
gouvernement, ou d’une institution dans toute publicité faite dans l’intérêt de
l’entreprise qu’il dirige. (Article 375-9).
69
TITRE II : LES INFRACTIONS CONTRE LA CONSTITUTION ET LA PAIX
PUBLIQUE
L’infraction qui était prévue et punie par l’article 59 de la loi 004-2015/CNT portant
prévention et répression de la corruption au Burkina Faso a été reprise par les articles
332-17 du code pénal.
A – Le détournement ou la dissipation
C – La qualité de l’auteur
E – L’intention coupable
Dans les deux derniers cas, la juridiction peut en outre prononcer l’interdiction
d’exercice des droits civiques pour une durée qui ne peut excéder cinq ans.
Selon l’article 332-9 du code pénal, la concussion est le fait pour tout agent
public de recevoir, d’exiger ou ordonner de percevoir ce qu’il sait ne pas être ou
excéder ce qui est dû, soit à lui-même, soit à l’administration, soit aux parties pour
lesquelles il perçoit.
La loi s’applique à tous les agents publics même s’ils n’ont pas
d’attributions financières.
Peu importe son mobile même désintéressé. Peu importe que la somme ait
été exigée par perception illicite, par excès de zèle et sans l’intention de se
l’approprier.
74
CHAPITRE III – LA CORRUPTION, TRAFIC D’INFLUENCE INGERENCE
DES FONCTIONNAIRES DANS LES AFFAIRES DU COMMERCE
INCOMPATIBLE AVEC LEUR QUALITE
75
CHAPITRE IV – L’ABUS D’AUTORITE
L’article 341-6 du Code Pénal, protège contre les abus des représentants de l’autorité
le domicile des citoyens, dont l’inviolabilité est une partie des garanties de la liberté.
En outre, la loi permet aux officiers de police judiciaire de pénétrer dans les lieux
publics, (cafés, auberges, boutiques, etc.) tant qu’en fait ils sont ouverts au public.
Mais cette faculté n’est accordée que pour constater les infractions qui peuvent s’y
commettre, et sauf, le cas de crime flagrant, l’officier ne pourrait ni effectuer une
perquisition, ni opérer une saisie.
La loi ne précise pas ce qu’il faut entendre par « motifs légitime » et laisse ce point
à l’appréciation des juges. Ce peut être l’ordre de la loi ou la nécessité de se défendre.
Le motif légitime est plus large que la légitime défense ; ainsi l’agent, prenant lui-
même, l’offensive pour exécuter un ordre de justice, peut user de violences s’il
rencontre une résistance, sans toutefois que, la violence soit hors de proportion avec
l’importance de l’ordre. Il semble que la provocation doit être considérée comme un
motif légitime.
Cependant, il paraît bien que, dans l’intention du législateur, l’existence d’un motif
légitime soit un « fait justificatif » enlevant à l’acte tout caractère répréhensible.
L’article 341-8 du Code Pénal punit d’une peine d’emprisonnement de six mois à dix
ans et d’une amende de trois cent mille (300 000) à un million cinq cent mille (1 500
000) francs CFA tout fonctionnaire ou agent préposé de l’administration des postes
qui a supprimé ou ouvert une lettre confiée à la poste.
Le coupable peut être en outre interdit de tout emploi public pour une durée qui ne
peut excéder cinq (5) ans.
77
A la suppression définitive doivent être assimilés la suppression momentanée, le
retard volontaire dans la transmission ou dans la distribution.
L’ouverture suppose un pli clos et cacheté. Il n’y aura donc pas délit si l’agent avait
pris connaissance du contenu d’un paquet d’imprimés circulant sous pli non cacheté.
De même, s’il avait révélé la correspondance écrite sur une carte postale. Toutefois, si
la simple ouverture de plis non clos n’est pas visée par le texte, il en est autrement de
leur suppression. La loi s’applique à la suppression de prospectus ou circulaires sous
bandes de cartes postales et même de télégrammes.
Au-delà des correspondances confiées à la poste, l’article 525-4 punit d’une peine
d’emprisonnement de deux mois à un an et d’une amende de deux cent cinquante
mille (250 000) à six cent mille (600 000) francs CFA, quiconque, de mauvaise foi,
ouvre ou supprime les lettres ou correspondances adressées à des tiers.
La même peine est encourue pour celui qui, de mauvaise foi :
˗ retarde ou détourne des correspondances arrivées ou non à destination et adressées à
des tiers ;
˗ prend frauduleusement connaissance du contenu ;
˗ intercepte, détourne, utilise ou divulgue des correspondances émises, transmises ou
reçues par la voie électronique ou procède à l'installation d'appareils conçus pour
réaliser de telles interceptions.
Dans ces cas, sont couverts par une immunité les père, mère, tuteur ou responsable à
l’égard des enfants mineurs non émancipés lorsqu’ils agissent dans l’intérêt de ces
derniers.
78
TITRE 3 : LES CRIMES ET DÉLITS CONTRE LA SÛRETÉ DE
L’ETAT
La loi pénale punit divers agissements qui compromettent la sûreté de l’État, soit sa
sûreté extérieure, en favorisant les entreprises de puissances étrangères, ou en portant
atteinte à la défense nationale, soit sa sûreté intérieure, leurs auteurs, cherchant à
renverser le gouvernement établi, à modifier, par d’autres voies que les voies à l’unité
du pays.
SECTION I – LA TRAHISON
Tout Burkinabé, qui prend du service dans une armée ennemie contre l’Etat
Burkinabé, est coupable des faits de trahison aux termes de l’article 311-1 alinéa 1 er
du Code Pénal.
L’article 311-1 alinéa 2 du Code Pénal, vise tout Burkinabé qui entretient
des intelligences avec une puissance étrangère en vue de l’engager à entreprendre des
hostilités contre le Burkina Faso, ou lui en fournit les moyens, soit en facilitant la
pénétration des forces étrangères sur le territoire, soit en ébranlant la fidélité des
armées de terre ou de l’air, soit en toute autre manière.
A la différence du cas visé à l’article 311-1 alinéa 1 er, le crime peut être
commis en temps de paix et il est d’ailleurs caractérisé même si les intelligences n’ont
pas abouti au résultat recherché.
79
Elle peut se commettre soit en facilitant la pénétration des forces étrangères
sur le sol burkinabé, soit en ébranlant la fidélité des armées Burkinabé, par exemple
en provoquant des mutineries, soit enfin, dit la Loi, volontairement imprécise, « de
toute autre manière ».
L’article 311-1 alinéa 3 punit tout Burkinabé qui livrera à une puissance
étrangère ou à ses agents, soit des troupes Burkinabé, soit des ouvrages, postes,
arsenaux, matériels, munitions ou appareils de navigation aérienne ou de locomotion
ferroviaire, appartenant au Burkina Faso ou affectés à sa défense. On entend par agent
d’une puissance étrangère, tout individu, chargé d’une mission d’un gouvernement
étranger. Mais l’existence de cette mission, qui est généralement secrète, est une
question de fait abandonnée à la conscience des juges.
L’article 311-2, punit tout Burkinabé qui, en temps de guerre, ou bien incite
des militaires à passer au service d’une puissance étrangère, ou leur en facilitera les
moyens, ou bien fera des enrôlements par une puissance en guerre avec le Burkina.
L’article 311-2 alinéa 4 du Code Pénal, punit tout Burkinabé qui, en temps
de guerre, entretiendra des intelligences avec une puissance étrangère ou avec ses
agents en vue de favoriser les entreprises de cette puissance contre le Burkina Faso.
2) Les objets, matériels, écrits, dessins, plans, cartes, levés, photographies ou autres
productions et, tous autres documents quelconques qui, par leur nature, ne doivent être
connus que des personnes qualifiées pour les manier ou les détenir, et doivent être
tenus secrets à l'égard de toute autre personne comme pouvant conduire à la
découverte de renseignements appartenant à l'une des catégories ci-dessus visées ;
4) Les renseignements relatifs soit aux mesures prises pour découvrir et arrêter les
auteurs et les complices de crimes ou délits contre la sûreté extérieure de l'État, soit à
la marche des poursuites et de l'instruction, soit aux débats devant la juridiction de
jugement.
SECTION II – L’ESPIONNAGE
82
CHAPITRE II – LES CRIMES ET DELITS CONTRE LA SURETE
INTERIEURE DE L’ETAT
Le Code Pénal réprime les crimes et délits suivants contre la sûreté intérieure de
l’Etat.
Cette résolution doit avoir pour but de commettre un attentat et tendant par
conséquent à détruire ou changer le gouvernement ou à exciter à s’armer contre
l’autorité, attenter à l’intégrité du territoire ou organiser le massacre et la dévastation.
La sanction complémentaire concerne l'interdiction des droits civiques pour une durée
qui ne peut excéder cinq ans.
83
SECTION II – L’EXCUSE ABSOLUTOIRE
Dans tous les cas de crimes ou délits contre la sûreté intérieure de l’Etat,
établis par le Code pénal, l’excuse absolutoire de l’article 217-1 du Code Pénal, joue
comme pour les crimes ou délits contre la sûreté extérieure. L’exemption de peine est
établie en faveur de celui qui, avant toute exécution ou tentative d’un crime ou délit,
en donne le premier, connaissance aux autorités administratives ou judiciaires. Elle
n’est que facultative si la dénonciation intervient après la consommation ou la
tentative du crime ou délit, mais avant l’ouverture des poursuites. Elle est également
facultative en faveur du coupable qui, après l’ouverture des poursuites, procure
l’arrestation des auteurs ou complices de la même infraction ou d’autres infractions de
même nature ou de même gravité. (Article 311-8 du code pénal pour ce qui concerne
la trahison et l’espionnage).
L’interdiction de séjour peut être prononcée contre ceux qui bénéficient de cette
exemption de peine.
Il y a toutefois lieu de relever que dans le nouveau code pénal, il n’est visiblement pas
prévu d’excuses pour les infractions d’atteinte à la sûreté de l’Etat.
84