A) Le Condenseur
La vapeur dont la détente au sein de la turbine produit de l’énergie mécanique
pourrait être évacuée dans l’atmosphère, mais il est bien préférable de la condenser et
ensuite de la réutiliser : c’est le rôle du condenseur qui représente la source froide du
moteur thermique.
En effet, la vapeur issue du corps (BP) basse pression de la turbine à une température
d’environ 70°C pénètre dans le condenseur où elle rencontre des tubes dans lesquelles
circule de l’eau de mer à une température voisine de 15°C, ce qui entraîne sa
condensation.
De cette façon, le rendement de la turbine devient meilleur, en plus ceci permettra de
Récupérer de l’eau condensée nécessaire à l’alimentation de la chaudière.
Figure14 : Bilan thermique à 100% charge diesel evap on
1) Fonctionnement d’une turbine à vapeur
Figure15 : Schéma d’une turbine à vapeur
Une turbine à vapeur est constituée d'une série d'aubes montées sur un axe. Le flux de
vapeur infléchi applique une pression sur les aubes ce qui entraîne la rotation de l'axe.
La pression et l'énergie thermique de la vapeur chutent, une partie de la pression et de
l'énergie thermique est convertie en énergie cinétique et, ensuite, en énergie mécanique.
La turbine à vapeur comporte généralement un corps haute-pression et plusieurs corps
basse-pression. La pression et l'énergie thermique de la vapeur diminuent en phases
successives, Cela permet une utilisation optimale de l'énergie contenue dans la vapeur.
La vapeur qui sort du corps haute-pression de la turbine est séchée et surchauffée. Cela
signifie que la vapeur est exempte de gouttelettes d'eau "nuisibles" (pour les aubes) et
qu'un supplément d'énergie est fourni à la vapeur avant qu'elle n'entre dans les corps
basse-pression de la turbine.
Dans le corps haute-pression, la pression chute d'environ 60 bar à 10 bar, et la
température de la vapeur chute proportionnellement.
La vapeur à la sortie du corps haute-pression est surchauffée dans des surchauffeurs qui
sont des échangeurs de chaleur utilisant une partie de la vapeur prélevée en amont du
corps haute-pression de la turbine. La pression de la vapeur dans les corps basse-
pression de la turbine baisse jusqu'à environ 0.05 bar c'est-à-dire pratiquement
jusqu'au vide.
Figure16 : Cycle de vapeur dans la turbine
2) Etude théorique d’une turbine à vapeur à 100% de charge
La compréhension basique du mode de fonctionnement de ces centrales nécessite de
faire un bref retour sur les notions de thermodynamique appliquée qui mettent en jeu
les bilans énergétiques, les bilans entropiques et les cycles d’évolution du fluide de
travail.
Une centrale thermique est une installation industrielle qui permet de produire de
l’électricité à partir de l’énergie chimique contenu dans un combustible. Cette énergie
chimique est transformée en énergie calorifique par un générateur de vapeur appelé
chaudière qui transforme l'eau déminée en vapeur. Cette vapeur subit une détente
adiabatique réversible qui permet de faire tourner la turbine donc apparition d'une
énergie mécanique qui entraine sur le même axe un l’alternateur produisant ainsi de
l’électricité.
Cette transformation est basée théoriquement sur des cycles thermodynamiques : cycle
de Carnot, cycle de Rankine et Cycle de Hirn. Ces cycles seront détaillés dans les
paragraphes suivants :
1) Cycle de Carnot
Le cycle de Carnot est un modèle thermodynamique idéal qui décrit le
fonctionnement théorique des machines thermiques. Il se compose de quatre étapes :
la compression isotherme, la compression adiabatique, la détente isotherme et la
détente adiabatique. Ce cycle illustre comment une machine thermique peut
convertir la chaleur en travail mécanique de manière optimale, en utilisant des
températures élevées et basses.
La figure suivante représente le diagramme température-entropie d’une centrale à
vapeur fonctionnant sur un cycle de Carnot :
Figure17 : Cycle de carnot
2) Cycle de Rankine
Le cycle de base d'une turbine à vapeur (cycle théorique comportant un changement
d'état) est un cycle de Rankine qui se déroule totalement en vapeur humide. Ce cycle
comporte deux transformations isobares (changement d'état isotherme) et deux
transformations adiabatiques.
Dans le cycle réel, la vapeur humide issue de la turbine est totalement condensée
(déplacement du point 1 1liq). Le liquide subit une compression isentropique jusqu'à la
pression de vaporisation (point 2), puis est vaporisé a pression constante jusqu'au point
2 vap.
Ce cycle présente deux inconvénients :
• Le rendement du cycle de Rankine est faible.
• La détente est humide ce qui provoque une forte usure des turbines.
Figure18 : Cycle de Rankine
3) Cycle de Hirn
Le cycle de Hirn est un cycle de Rankine, dans lequel la vapeur sortant de la
Chaudière est surchauffée à une température supérieure à la température critique.
Cette surchauffe permet d’utiliser pleinement les capacités de la turbine.
La vapeur est surchauffée à la sortie de la chaudière, à pression constante, à travers
une série de tubes portés à plus haute température.
L’avantage principal de cette surchauffe est la diminution de la consommation
spécifique en fournissant une puissance plus importante pour un débit de vapeur
donné, grâce à une modification simple à mettre en œuvre.
La surchauffe apporte un autre avantage, la détente est effectuée en régime sec donc
la turbine fonctionne en grande partie avec de la vapeur surchauffée sans la présence
des redoutables gouttelettes propices à l’érosion des pales.
La figure suivante illustre le cycle Hirn.
Figure19 : Cycle de Hirn
Le rendement du cycle de Hirn est plus important que celui de Carnot et Rankine
ηHirn = 0,32.
Le rendement du cycle de Hirn peut être amélioré en appliquant une resurchauffe.
4) Cycle de Hirn avec resurchauffe
Le rendement d'une installation motrice à vapeur peut encore être amélioré en
pratiquant une « Resurchauffe » de la vapeur. Dans le cas d’un cycle à resurchauffe,
après une première détente dans un élément de tête de la turbine appelé en général
corps haute pression, la vapeur est dirigée vers le générateur du vapeur où elle reçoit
de la chaleur à pression constante avant de subir le reste de la détente dans le corps
basse pression.
Figure20 : cycle de Hirn avec resurchauffe
L’énergie thermique extraite de la vapeur produite dans la chaudière
de récupération par détente dans les corps BP, MP et HP de la
turbine est calculée suivant la formule ci-dessous :
Eth = m x ΔHST = mLP x ΔHLP ST + mIP x ΔHIP ST + mHP x ΔHHP ST
Eth = mHP x (h6’’ - h7’’) + mIP x (h7’ – h6) + mLP x (h6 – h7)
Avec Eth : énergie thermique de la TV (kWth)
m : débit massique de la vapeur à l’entrée de la TV (kg/s)
ΔHST : enthalpie totale de la transformation dans la TV (kJ/kg)
h : enthalpie spécifique (kJ/kg)
Donc,
Eth = [292 x 103/3600 x (3530 - 3165)] + [340 x 103/3600 x (3641 –
3039)] + [389 x 103/3600 x (3039 – 2350)]
Eth = 29606 + 56856 + 74450 = 160912 kWth
D’où Eth = 161 MWth