0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues52 pages

MTE Guide RGA Print

Ce guide fournit des mesures de prévention, d'adaptation et de remédiation face au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux (RGA) pour les particuliers et les collectivités territoriales. Il détaille les étapes à suivre pour diagnostiquer la vulnérabilité des constructions, choisir des solutions adaptées et réaliser des travaux en tenant compte de la temporalité et des spécificités locales. Les solutions sont classées en mesures horizontales de prévention et verticales de remédiation, avec des recommandations pour réduire les risques associés.

Transféré par

umaima96
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues52 pages

MTE Guide RGA Print

Ce guide fournit des mesures de prévention, d'adaptation et de remédiation face au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux (RGA) pour les particuliers et les collectivités territoriales. Il détaille les étapes à suivre pour diagnostiquer la vulnérabilité des constructions, choisir des solutions adaptées et réaliser des travaux en tenant compte de la temporalité et des spécificités locales. Les solutions sont classées en mesures horizontales de prévention et verticales de remédiation, avec des recommandations pour réduire les risques associés.

Transféré par

umaima96
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

GOUVERNEMENT

Mesures de prévention,
d’adaptation
et de remédiation du
phénomène de retrait
et de gonflement des
sols argileux (RGA)
dans la construction

Guide à destination
des particuliers
et des collectivités
territoriales
REMERCIEMENTS
Ce guide a été élaboré dans le cadre de la mesure L’élaboration de ce guide a été initiée par la Direc-
5 « protection de la population des désordres sur tion Générale de l’Aménagement, du Logement et
les bâtiments liés au retrait-gonflement des argiles » de la Nature (DGALN) du ministère de la Transi-
du Plan National d’Adaptation au Changement Cli- tion écologique et a été pilotée par la Direction de
matique (PNACC 3) porté par le Gouvernement. l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages (DHUP).
Il vise à promouvoir la compréhension et la diffu-
sion des solutions de prévention dites horizontales Le groupe de rédaction du guide était constitué
du phénomène de retrait-gonflement des argiles des membres suivants :
(RGA) dans la construction, lorsqu’elles sont adap- Lamine IGHIL AMEUR (Cerema) ;
tées. Duc Toan PHAM (CSTB) ;
Omar AL MANSOURI (CSTB).

SUIS-JE CONCERNÉ PAR CE GUIDE ?


Ce guide est destiné aux particuliers propriétaires phénomène de retrait-gonflement des argiles du
et aux collectivités territoriales propriétaires de fait de leurs fondations superficielles.
maisons individuelles principalement situées en
zones d’exposition moyenne et forte au RGA, non Dans la mesure du possible, il est recommandé de
sinistrées ou présentant quelques désordres pré- rassembler et de conserver l’ensemble des docu-
coces (quelques microfissures ou fissures dont l’ou- ments et informations relatives à la construction
verture est inférieure à 1 mm). en sa possession, tels que les plans y compris des
fondations et éventuelles préconisations géotech-
Il traite prioritairement les maisons individuelles niques associées, réseaux VRD (voiries et réseaux
car ce sont les constructions les plus vulnérables au divers) et études géotechniques existantes.

OBJET DU GUIDE
Ce guide vise à apporter aux particuliers et aux col- 1. S’INFORMER sur l’exposition de la construction
lectivités territoriales les clés de compréhension concernée (parties 1 et 2 du guide). Pour obtenir
du phénomène de retrait et de gonflement des une information relative à l’exposition au RGA, le
sols argileux et de la démarche globale de préven- maître d’ouvrage peut :
tion de ce phénomène, pour choisir en priorité les a. Consulter le site du ministère en charge
solutions dites horizontales les plus pertinentes à de la transition écologique : [Link]
mettre en œuvre et adaptées à chaque construc- [Link]/politiques-publiques/sols-argileux-seche-
tion concernée. resse-construction ;
b. Consulter le site gouvernemental :
En cas d’apparition de premiers désordres, le [Link] et faire une recherche par
recours aux solutions dites verticales peut être adresse postale pour savoir à quels risques naturels
complémentaire des solutions horizontales. et technologiques une zone est exposée et ainsi
mieux connaître les risques près de chez soi ;
La démarche de réalisation de travaux de préven- c. Si la commune est couverte par un Plan
tion et d’adaptation du phénomène de retrait-gon- de Prévention des Risques de retrait-gonflement
flement des argiles dans l’habitat individuel exis- des argiles, le consulter en mairie, à la préfecture du
tant et neuf comprend plusieurs étapes successives département ou sur le site de la Direction Départe-
qui doivent être suivies par le maître d’ouvrage mentale des Territoires (et de la Mer) – DDT(M).
(propriétaire occupant de la maison individuelle,
collectivité territoriale) : 2. FAIRE DIAGNOSTIQUER la vulnérabilité de la
construction concernée par rapport au phéno-

2
mène de retrait-gonflement des argiles en dérou- 4. FAIRE RÉALISER LES TRAVAUX par un ou plu-
lant une méthodologie adaptée (partie 3 du guide) ; sieurs professionnels qualifiés (bureaux d’études
techniques spécialisés en RGA, hydrologue-hydro-
3. SÉLECTIONNER - À L’AIDE D’UN PROFESSION- géologue, bureaux d’études géotechnique, entre-
NEL - LES MESURES de prévention et d’adaptation prises spécialisées en gestion des eaux et de l’as-
horizontales en premier lieu puis éventuellement sainissement, en environnement, professionnels
les mesures verticales, les plus pertinentes au vu de la construction intervenant sur les fondations,
de l’exposition identifiée, du diagnostic établi, de la structure du bâti) (parties 4 et 5 du guide).
la situation de la construction et de l’économie du
projet (parties 4 et 5 du guide) ;

QUAND REALISER LES TRAVAUX ?


La prise en compte de la temporalité pour réaliser posés en fin de période humide, avant le prin-
les travaux est déterminante pour la réussite des temps.
solutions hydriques déployées :
• Les travaux de suppression des arrivées d’eau Il convient également de tenir compte des spéci-
(drains, descentes d’eaux pluviales, fuites) ficités locales du terrain : variabilité latérale des
doivent être réalisés en fin de période sèche, à argiles, présence de nappes d’eau souterraines,
la fin de l’été ; effets de pente ou d’accumulation d’eau, présence
• Les dispositifs de confinement des argiles de pièges à eau anthropiques.
(membranes, écrans anti-racines) doivent être

NOMENCLATURE DES FICHES SOLUTIONS


SOLUTIONS DE PRÉVENTION SOLUTIONS DE REMÉDIATION
ET D’ADAPTATION DITES HORIZONTALES DITES VERTICALES
Fiche 1 - Collecter et évacuer les eaux Fiche 7 - Mise en place de plots jointifs réalisés
avec raccordement à un réseau étanche ; p.21 par phases alternées ; p.32
Fiche 2 - Installation et entretien des ouvrages Fiche 8 - Mise en place de plots discontinus
de collecte des eaux pluviales séparés du réseau reliés ou non par une longrine ; p.33
de drainage déporté ; p.22-23
Fiche 9 - Mise en place de micropieux
Fiche 3 - Installation d’un dispositif de drainage et minipieux ; p.34
périphérique déporté ; p.24-25
Fiche 10 - Confortement de sols par injections
Fiche 4 - Pose d’écran anti racines (EAR) ; p.26-27 de matériaux sous les fondations ; p.35
Fiche 5 - Entretien de la végétation ; p.28 Fiche 11 - Réduction des frottements latéraux ;
p.36
Fiche 6 - Imperméabilisation horizontale du
pourtour de la maison (drainée et non drainée) ; Fiche 12 - Protection contre le soulèvement
p.29-30 sous les fondations ; p.37
Fiche 13 - Remplacement d’un dallage
par un plancher ; p.38
Fiche 14 - Rigidification de la structure ; p.39-40
Fiche 15 - R
 éalisation de joints de rupture ; p.41
Fiche 16 - Réparation des fissures ; p.42

3
SOMMAIRE

INTRODUCTION 6

1• LE PHÉNOMENE DE RETRAIT-GONFLEMENT


DES ARGILES 7
1.1 Qu’est-ce que le phénomène de RGA ? 7
1.2 Carte d’exposition au RGA 8

2• L A SINISTRALITÉ SÉCHERESSE
ET RÉHYDRATATION DES SOLS 9
2.1 Impacts du phénomène de RGA sur le bâti 9
2.1.1 Conséquences de la mauvaise gestion des eaux 11
2.1.2 Conséquences de la présence de végétation 12
2.1.3 Apparition et aggravation des dommages en l’absence d’une prise en charge 13
2.2 Impacts du changement climatique sur la sinistralité sécheresse et réhydratation des sols 14

3• L A DÉMARCHE DE PRÉVENTION
ET D’ADAPTATION DU RGA 15
3.1 Cas des maisons existantes 15
3.2 Cas des constructions neuves 18
3.3 Mesures de prévention et d’adaptation du bâti 18

4• SOLUTIONS « HORIZONTALES »
DE PRÉVENTION ET D’ADAPTATION DU RGA 20

4
5• S
 OLUTIONS « VERTICALES »
DE RÉMÉDIATION AU RGA 31
5.1 Intervention sur les fondations 32
5.1.1 Réalisation d’une reprise en sous œuvre 32
5.1.2 Dispositions constructives propres à limiter l’effet
du retrait-gonflement des sols argileux sur les structures 36
5.1.3 Cas des dallages 38
5.2 Intervention sur la structure de l’habitation 39

6• L
 ES TABLEAUX RÉCAPITULATIFS
DES SOLUTIONS DE PRÉVENTION ET D’ADAPTATION 44
6.1 Solutions dites horizontales 44-45
6.2 Solutions dites verticales 46-47

7• CONCLUSIONS 49

ANNEXE : RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES


ET DOCUMENTS ASSOCIÉS AUX MESURES
DE PRÉVENTION ET D’ADAPTATION DU RGA 51

5
INTRODUCTION

Depuis 2015, la France connaît des sécheresses de maison est à prendre en considération car il joue
plus en plus fréquentes, précoces et intenses en un rôle central dans les dommages subis par la
termes de sinistralité et de coût des dommages construction.
associés, imputables aux effets du changement cli-
matique. L’urgence est aujourd’hui à la fois d’adap- Aujourd’hui, le bâti exposé peut être identifié grâce
ter le bâti existant, de prendre en compte les nou- aux cartographies du Bureau de recherches géolo-
velles règles et dispositions constructives pour les giques et minières (BRGM). Dans le cas où une habi-
bâtiments neufs soumis à la Loi ELAN depuis 2020 tation est exposée moyennement ou fortement
et de réaliser les études et reconnaissances de sols au RGA, des dispositions relatives à son environne-
nécessaires, basées sur un diagnostic de vulnéra- ment proche peuvent être très rapidement mises
bilité de la maison, l’identification des facteurs en place pour réduire sa vulnérabilité et l’adapter,
de prédisposition et des facteurs déclenchant les notamment à travers des solutions dites horizon-
sinistres RGA, pour bien intégrer le bâtiment dans tales et des procédés existants.
son environnement proche et mieux bâtir à l’avenir.
Ce guide a été conçu pour que le lecteur puisse le
Les maisons individuelles construites sur des sols plus aisément possible, accéder à une information
argileux sont particulièrement sensibles aux phé- claire, structurée et illustrée sur les mesures de pré-
nomènes de retrait et de gonflement. Elles peuvent vention et d’adaptation horizontales pouvant être
subir des dommages structurels tels que des fis- mises en œuvre pour réduire la vulnérabilité d’une
surations des murs, des distorsions de portes ou maison individuelle implantée en zone d’exposi-
fenêtres, des dislocations de dallages et de cloisons tion au RGA. Les mesures de remédiation verticales
et, parfois, des ruptures de canalisations enter- pouvant intervenir en complémentarité, elles sont
rées. Les techniques classiques de confortement également présentées dans ce guide.
des fondations sont souvent lourdes à mettre en
œuvre, coûteuses et ne traitent pas des causes Afin de détailler la démarche globale de préven-
ayant conduit aux sinistres. En France, une maison tion et d’adaptation d’une maison individuelle vis-
sur deux est potentiellement vulnérable au phéno- à-vis du RGA, ce guide aborde successivement les
mène de sécheresse. Le confortement et la prise sujets suivants :
en compte des recommandations techniques sont
essentiels pour réduire la vulnérabilité au RGA et • La description du phénomène de retrait et de
les dommages consécutifs. gonflement des argiles ;
• Son impact en termes de sinistralité ;
Dans la problématique du RGA, il faut considérer • L’importance et les principes généraux de la
la construction qu’est la maison individuelle, le sol prévention du RGA ;
sensible à ce phénomène mais surtout l’environne- • Les solutions techniques de prévention et
ment proche de la maison. Bien que souvent peu d’adaptation dites horizontales ;
évoqué, l’environnement proche caractérisé par la • Les solutions techniques de remédiation dites
gestion des eaux et de la végétation autour de la verticales.

Important :
Avant de mettre en œuvre des solutions retenues, il est essentiel de procé-
der à une évaluation approfondie du sol en présence pour caractériser la pré-
sence d’argiles, de l’environnement proche et de l’état de la construction par
un bureau d’étude spécialisé en structure et/ou en géotechnique. Ce bureau
d’étude devra établir un diagnostic précis de l’état des lieux de la construction
et de son environnement et proposer des solutions techniques adaptées.

6
1.
LE PHÉNOMÈNE DE RETRAIT-GONFLEMENT
DES ARGILES
1.1 QU’EST-CE QUE LE PHÉNOMÈNE DE RGA ?

Le retrait-gonflement des argiles (RGA) est un • À l’inverse, pendant la période de sécheresse, le


phénomène qui se produit dans les sols contenant sol se dessèche et cela se traduit à la fois par
des fractions argileuses sensibles aux variations l’évaporation de l’eau (baisse de la teneur en eau
de leur teneur en eau en fonction des conditions du sol) et une diminution du volume du sol argi-
météorologiques de sécheresse et de précipitations. leux qui se rétracte, on parle alors de « retrait
Par ailleurs, le phénomène de RGA dépend de la des argiles ».
nature minéralogique du sol argileux et de l’environ-
nement proche dans lequel il se produit. Ces variations de volume de sol sont lentes mais
elles peuvent atteindre une amplitude assez
• Avec les précipitations, lorsque la teneur en eau importante pour endommager les bâtiments loca-
augmente dans un sol argileux, le volume de ce lisés sur ces terrains (cf Fig.1).
sol augmente, on parle alors de « gonflement
des argiles » ;

Figure 1 : Mécanisme de fonctionnement du phénomène de retrait-gonflement des sols argileux.

7
1.2 CARTE D’EXPOSITION AU RGA

La carte d’exposition au RGA a été réalisée en le nouveau zonage de l’exposition au RGA (voir
s’appuyant sur deux sources de données : fig.2) montre un net accroissement des zones
d’exposition moyenne ou forte au RGA.
• La carte de susceptibilité au RGA, établie par
le BRGM qui a identifié les formations argileuses Depuis fin août 2019, la carte d’exposition du ter-
a priori sujettes au phénomène à partir de la ritoire au RGA (Fig. 2) remplace la carte de l’aléa
carte géologique de la France au 1/50 000 et retrait-gonflement des argiles de 2013, à l’échelle
les a hiérarchisées selon un degré de suscepti- départementale sur l’ensemble du territoire natio-
bilité croissant (Géorisques, 2024). D’après cette nal et requalifie l’exposition de certains territoires.
cartographie, 24 % du territoire est en zone de En effet, 48% du territoire métropolitain est situé
susceptibilité moyenne ou forte. La susceptibi- en zone d’exposition moyenne ou forte.
lité d’une maison au RGA résulte d’une hiérar-
chisation fondée sur trois critères (nature des Cette carte présente la situation globale de l’ex-
argiles, composition minéralogique, comporte- position du territoire métropolitain. À l’échelle de
ment géotechnique). Elle définit la possibilité la parcelle, la situation réelle peut s’avérer plus ou
pour une maison d’être affectée par un sinistre moins favorable et doit être étudiée spécifique-
induit par le RGA en un point donné du terri- ment.
toire métropolitain (SDES, 2021).
Cette carte a pour objectif d’identifier les zones
• Les données actualisées et homogénéisées de exposées au phénomène RGA où s’appliquent les
la sinistralité effectivement observée, collec- dispositions réglementaires introduites par l’ar-
tées par la Mission Risques Naturels (MRN). La ticle 68 de la loi ELAN1, portant évolution du loge-
prise en compte de la sinistralité observée dans ment, de l’aménagement et du numérique.

Figure 2 : Cartographie de l’exposition du territoire au


phénomène de RGA (© BRGM 2019), disponible sur le site :
Gé[Link] à l’adresse suivante : [Link]
[Link]/cartes-interactives#/

Important :
La cartographie de l’exposition du terri-
toire métropolitain au phénomène RGA
est en cours de mise à jour et devrait
être disponible fin 2025.

1
[Link]

8
2.
LA SINISTRALITÉ SÉCHERESSE
ET RÉHYDRATATION DES SOLS
2.1 IMPACTS DU PHÉNOMÈNE DE RGA SUR LE BÂTI

L’analyse des effets du phénomène de RGA sur • De l’ensemble des facteurs sinistrants : les
les maisons individuelles requiert la prise en réseaux enterrés fuyards, le défaut de drainage
compte : en terrain en pente, la succion de la végétation
et absence d’écran anti racines, l’absence de
• De l’ensemble des facteurs de prédisposition : protection des remblais par une géomembrane
la structure de la maison, la nature des argiles, et la présence de pièges à eaux anthropiques.
la pente du terrain, la présence de végétation
et la météorologie locale ; La figure 3 représente quelques-uns de ces fac-
teurs et des dommages induits pour les maisons
(Béchade, 2014 et Reiffsteck, 1999).

Transpiration
Construction
Précipitation

Évaporation
Végétation Ruissellement
Sol
Réserve
Sous-sol utile
Succion
racinaire Infiltration Gonflement
Nappe Remontée
capillaire Retrait

Béchade (2014)

Environnement Sol argileux

Réalisation : L. Ighil Ameur © Cerema 2023 Reiffsteck (1999)

Figure 3 : Impacts du RGA et des facteurs de l’environnement proche sur les maisons individuelles.

9
Les maisons individuelles construites le plus sou- • De plus, la présence de la végétation à proximité
vent sur des fondations superficielles sont les plus des fondations accentue la succion du sol par
vulnérables au phénomène de RGA et aux défor- l’action racinaire pouvant atteindre 5 m de pro-
mations volumiques induites du sol de fondation : fondeur ;
• Par ailleurs, une mauvaise gestion des eaux
• D’abord, les saisonnalités, avec une survenance autour de la maison peut être préjudiciable, où
devenue très variable, provoquent la dessicca- une infiltration indésirable au droit des fonda-
tion et le retrait des couches superficielles du tions peut provoquer la plastification du sol et
sol pendant la période de sécheresse. Puis, une son enfoncement.
saturation marquée par le gonflement des sols
argileux pendant la période de précipitations,
parfois ponctuelles et très intenses ;

10
2.1.1 Conséquences de la mauvaise gestion des eaux

Les sols argileux sont sensibles aux variations de • Un second exemple au travers d’un pourtour
la teneur en eau lorsqu’ils sont soumis aux cycles composé de matériaux drainants permettant
de sécheresse et de précipitations. Une mauvaise l’infiltration des eaux de pluie jusqu’à stagnation
gestion des eaux pluviales peut entraîner des dom- durant l’hiver (Fig. 5e1) et une fissuration de des-
mages sur une maison individuelle construite sur siccation de plusieurs centimètres durant l’été
des sols argileux très plastiques. La figure 4 illustre (Fig. 5e2) ;
plusieurs exemples de mauvaise gestion des eaux : • Un troisième exemple lié au mauvais entretien
des conduites d’eau qui peut causer des fuites
• Un exemple lié au ruissellement (Fig. 5a et b) et un déversement dans le sol à proximité immé-
où la façade faisant face (en rouge) a tendance diate ou sous la maison de quantités d’eau non
à s’enfoncer avec des conséquences visibles en négligeables (5f).
termes de blocage des portes et d’enfoncement
de la façade (Fig. 5c et d) ;

(5f)

Figures 4 : Conséquences de la mauvaise gestion de l’eau sur terrain argileux


(crédits photos 5b à 5d et 5e2 ©L. Ighil Ameur ; crédit photo 5e1 ©Debenne, 2022, crédit photos 5f ©AF Bechade).

11
2.1.2 Conséquences de la présence de végétation

Le rôle de la végétation dans le contexte d’un ter- Les fondations d’une maison se trouvant dans la
rain argileux est souvent prépondérant. Le sol sous zone d’influence géotechnique (ZIG) de cet arbre
les constructions constitue un réservoir d’eau à subiront une double distorsion : verticale et hori-
faible profondeur pour la succion des racines des zontale, en particulier dans le cas d’une semelle
arbres et arbustes. Un déséquilibre hydrique se filante (fondation superficielle assurant le trans-
produit alors dans le sol en termes de teneur en fert et la répartition des charges supportées par
eau qu’il est d’autant plus difficile à rééquilibrer la maison dans le sol) où des fissures en escalier
dans le cas de sols argileux très peu perméables. peuvent apparaître sur les façades impactées
(Fig. 5).
Les variations de la teneur en eau induisent des
déformations volumiques de retrait du sol lorsqu’il En termes de distance d’action de la végétation
s’agit d’une dessiccation sous l’effet de la séche- vis-à-vis de la construction, il est généralement
resse. Ainsi, la présence d’un arbre trop proche admis que les racines peuvent s’étendre jusqu’à
des fondations d’une maison induit un tassement 1,5 fois la hauteur de l’arbre à maturité. Les racines
du sol et une certaine reptation du sol vers l’arbre. peuvent atteindre 4 à 5 m de profondeur en fonc-
tion des essences, de l’intensité et de la fréquence
des besoins en eau de l’arbre, en particulier pen-
dant une sécheresse.

➂ ➁
➄ ➃

Affaissement
Rotation entraînant du cisaillement horizontal
Turbosuccion horizontale des racines
(radiale vers le tronc)voir annexe B)
➀ Désaffleure avec épaufrure des lèvres
de la fissure horizontale
➀ ➁ Radicelles
➂ Bulbe de répartition des contraintes sur le sol
➃ Dessication du sol de la motte de terre contenue
dans les racines et les radicelles

➂ ➁ ➄ Succion par différence de potentiel d'humidité du terrain humide


sans radicelle vers la motte de terre desséchée par les radicelles
➄ ➃ (il n'est pas besoin d'avoir des radicelles pour avoir
de la turbosuccion de la végétation)

Figure 5 : Conséquences de la présence de végétation à proximité d’une maison (Béchade et al. 2014)
Affaissement
12 Rotation entraînant du cisaillement horizontal
Turbosuccion horizontale des racines
(radiale vers le tronc voir annexe B)
➀ Désaffleure avec épaufrure des lèvres
2.1.3 Apparition et aggravation des dommages en l’absence
d’une prise en charge

Les fissures dues à la sécheresse et à la réhydra- a. Mode de déformation provoqué par un retrait
tation des sols sont caractéristiques avec des périphérique du sol sous la maison ;
formes particulières, souvent localisées proches b. M ode de déformation provoqué par un retrait
des zones de faiblesse (ouvertures de fenêtres et localisé du sol induit par la présence d’un arbre ;
de portes par exemple). Elles sont la conséquence c. Mode de déformation provoqué par
de déformations du sol provoquées via divers le tassement d’un mur de façade.
modes illustrés sur la Fig. 6 :

a. b. c.

Figure 6 : Modes d’apparition des fissures liés au RGA (Ifsttar et Ineris, 2017).

La Fig. 7 illustre un exemple concret d’une maison Cette aggravation est la conséquence directe de
construite en 1998 sur terrain argileux et achetée l’absence d’une prise en charge à travers un dia-
par sa propriétaire actuelle en 2010 : les premières gnostic des facteurs de l’environnement proche,
fissures de quelques millimètres sont apparues en termes de végétation et de gestion de l’eau, et
en 2015 puis elles se sont aggravées durant les de la non réalisation des travaux nécessaires pour
six années de sécheresses récurrentes et intenses y remédier. C’est désormais la stabilité de la struc-
jusqu’en 2020 avec des ouvertures de l’ordre de ture de la maison qui est atteinte et menacerait
centimètres. de s’effondrer.

13
© N. Debenne

Figure 7 : Aggravation de la fissuration d’une maison sous l’effet des sécheresses de 2015 à 2020.

2.2 IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE


SUR LA SINISTRALITÉ SÉCHERESSE
ET RÉHYDRATATION DES SOLS

Sur la dernière décennie, l’augmentation consta- Les dégâts sécheresse indemnisés par les assureurs
tée de la fréquence et de l’intensité des épisodes sont chiffrés à 13,8 Md€ entre 1989 et 2019. La nou-
de sécheresse (notamment estivales) a conduit à velle projection de France Assureurs (2021) abou-
une augmentation de la vulnérabilité du bâti et des tit au triplement de la charge moyenne annuelle à
sinistres dus au RGA. Par ailleurs, le contraste plus hauteur de 43 Md€ entre 2020 et 2050 et estime
marqué hiver/été avec le changement climatique à 17,2 Md€ la part de l’effet du changement clima-
conduit à des dessiccations estivales plus impor- tique sur cette même période.
tantes et des épisodes pluvieux plus intenses.
La Caisse Centrale de Réassurance (CCR) a publié
Les désordres cumulés nécessitent des travaux en septembre 2023 une étude sur les conséquences
lourds et coûteux. La part du coût lié au RGA dans du changement climatique sur le coût des catas-
le régime d’indemnisation des catastrophes natu- trophes naturelles en France à horizon 2050.
relles ne représentait que de 25 à 35 % entre 2010
et 2016. Elle a atteint 70 % pour les cinq dernières Elle estime que la sinistralité due à la sécheresse et
années soit environ 1,5 Md€ par an (source : CCR). à la réhydratation des sols devrait augmenter de
+40 % à l’horizon 2050 sous l’effet du changement
climatique et +60 % en intégrant l’évolution des
enjeux assurés.

2
[Link]

14
3.
LA DÉMARCHE DE PRÉVENTION
ET D’ADAPTATION DU RGA
Développer une politique de prévention du phé- Pour définir précisément les travaux préventifs
nomène RGA devient important dans le contexte adéquats, chaque projet de construction neuve
de l’expansion du phénomène et du coût croissant ou de travaux sur une maison existante doit être
de la sinistralité consécutive à la sécheresse et à la étudié à l’échelle de sa parcelle, afin de définir la
réhydratation des sols. Les travaux préventifs et solution technique la plus pertinente en matière
d’adaptation vis-à-vis du RGA peuvent non seu- d’impact positif pour réduire la vulnérabilité du
lement réduire la sinistralité future (construction bâti et d’impact économique des mesures de pré-
neuve) mais sont tout aussi nécessaires et urgents vention.
pour adapter et réduire la vulnérabilité du bien
aujourd’hui exposé.

3.1 CAS DES MAISONS EXISTANTES

Plus d’une maison existante sur deux est construite Dans le cas où des travaux préventifs et d’adapta-
sur un terrain argileux avec une exposition tion illustrés sur la figure 8 sont applicables, une
moyenne ou forte au RGA. Chaque propriétaire mise en œuvre sans délai permet d’éviter l’appa-
a aujourd’hui la possibilité de vérifier si son bien rition ou l’aggravation d’éventuels sinistres sur
est exposé au RGA en consultant le site gouverne- la structure de la maison. Attendre qu’un arrêté
mental Géorisques3. Cat-Nat sécheresse et réhydratation des sols soit
favorable à sa commune et que l’expertise séche-
En fonction de sa situation, un diagnostic RGA resse soit confirmée, c’est laisser les dommages
approfondi réalisé par un professionnel qualifié s’aggraver pendant ce temps (plusieurs mois de
sur le sujet est nécessaire (expert en assurance, procédure).
bureau d’études structure ou géotechnique).

Important :
La réalisation de travaux de prévention, d’adaptation et de remédiation (traite-
ment des fissures et ravalement par exemple, en cas de présence de désordres
existants) nécessite impérativement de réaliser un diagnostic de vulnérabilité
de la construction, avant l’engagement de tous travaux. Ne pas réaliser un tel
diagnostic ferait porter une lourde responsabilité au maître d’ouvrage, au maître
d’œuvre et aux entreprises chargées des travaux, compte tenu des désordres
qui seraient susceptibles d’intervenir.

3
[Link]. Le propriétaire peut rechercher son bien en renseignant son adresse postale.

15
Figure 8 : Comment réduire la vulnérabilité de sa maison exposée au RGA face à la sécheresse ?

Dans le cas de la figure 8, afin de réduire la vulné- • V


 érifier régulièrement l’état des réseaux d’assai-
rabilité de la maison exposée au RGA, les travaux nissement (prévenir les fuites dues à la vétusté
préventifs et d’adaptation peuvent être essentiel- et la rupture des canalisations enterrées) ;
lement : • Quand cela est possible, par prévention, écar-
ter les réseaux enterrés par rapport aux façades
• Quand cela est possible, supprimer toute végé- pour éviter, en cas de fuites, l’incidence sur les
tation trop proche des façades (à titre indicatif, fondations en attendant la rénovation des cana-
la distance de sécurité d = 1,5 fois la hauteur lisations endommagées ;
d’un arbre à maturité) ; • Face à un terrain en pente et un pourtour nu
• Quand cela est possible, remplacer la haie par exposé, appliquer les recommandations dispo-
une clôture non végétale (métallique ou en bois nibles pour l’imperméabilisation horizontale
par exemple) ; périphérique et le drainage des eaux par un dis-
positif adéquat raccordé en aval à un exutoire
adapté (noue filtrante, puits drainant, réseau
collectif...)4.

4
Consulter la plaquette de l’Agence Qualité Construction : [Link]
[Link]

16
LE DIAGNOSTIC RGA DE SA MAISON
Faire réaliser le diagnostic de son bien exposé Le professionnel réalisant le diagnostic RGA du
au RGA par un professionnel qualifié (expert en bien pourra également se référer au rapport
assurance, bureau d’études structure ou géo- méthodologique portant sur un diagnostic pour
technique) est indispensable aujourd’hui pour l’adaptation des habitations au RGA avant dom-
mieux caractériser le risque à l’échelle de la par- mages, réalisé par la Mission Risques Naturels
celle et mettre en œuvre des mesures de préven- en 20235. Ce rapport propose une méthodolo-
tion et d’adaptation appropriées et optimales à gie de diagnostic qui s’applique à des maisons
moindre coût. individuelles existantes exposées au RGA et non
sinistrées.
Le diagnostic RGA se base sur 4 étapes clés à
suivre dans l’ordre, synthétisées dans le tableau
ci-après (issues du guide CSTB « la pathologie
des fondations superficielles » de 2021).

Étape Description
Avant la première visite • Collecter et analyser les documents et renseignements généraux de la maison
de la construction et de son environnement : situation du terrain (site [Link]), documents
de la construction (étude de sol si existante)

Visites d’expert : • Relevé des désordres apparents


5 premiers constats • Recueil des données sur l’environnement
• Recueil des données sur le type de structure et les aménagements extérieurs,
notamment les niveaux de fondations
• Recueil des données géotechniques sur les sols de fondation
• Recueil des données sur les ouvrages périmétriques essentiels (trottoirs, ter-
rasse, drain, écran anti-racines, dispositifs de stockage des eaux de toiture...)

Investigations • Vérifier la perméabilité du sol argileux


et analyse des faits • Vérifier l’étanchéité des regards et des canalisations
• Vérifier la présence de racines
• Si nécessaires, investigations approfondies (sondages géotechniques, essais en
laboratoire)

Diagnostic final - • Classification des dommages


Analyse des risques • Analyse des fissures
• Causes et origines des dommages provenant de facteurs de prédispositions et
des facteurs sinistrants
• Recommandations de mise en œuvre des solutions horizontales (gestion des
eaux, gestion de la végétation, imperméabilisation périphérique de la maison)
au cas par cas

5
[Link]

17
3.2 CAS DES CONSTRUCTIONS NEUVES

L’article 68 de la loi portant évolution du loge- • De donner le choix au constructeur, soit de


ment, de l’aménagement et du numérique (ELAN) suivre les recommandations de l’étude géotech-
a créé un dispositif réglementaire visant à mieux nique dite de conception6 fournie par le maître
encadrer toute construction de maisons neuves d’ouvrage ou celle que le constructeur fait réali-
situées sur un terrain argileux d’aléa moyen ou fort ser en accord avec le maître d’ouvrage, soit de
(articles R.132-3 à R.132-8 du Code de la Construc- suivre les techniques particulières de construc-
tion et de l’Habitation). tions définies par voie règlementaire7.

L’objectif de cette mesure réglementaire est de Le ministère en charge de la transition écologique


réduire le nombre de sinistres liés à ce phénomène a publié en novembre 2021 une plaquette tech-
en imposant la réalisation d’études de sol préala- nique intitulée « Construire en terrain argileux : la
blement à la construction dans les zones d’exposi- réglementation et les bonnes pratiques » (MTECT,
tion au RGA moyenne et forte et la mise en œuvre 2021).8
de techniques particulières de construction.

Ce dispositif applicable depuis le 1er octobre 2020


a permis :

• D’imposer au vendeur d’un terrain nu à bâtir de


faire réaliser une étude géotechnique dite pré-
alable6 qui doit être annexée à la promesse de
vente ou à l’acte authentique de vente ;

3.3 MESURES DE PRÉVENTION ET D’ADAPTATION DU BÂTI

Pour réduire la vulnérabilité d’une maison au phé- Les mesures de prévention et d’adaptation du bâti
nomène RGA, il convient de s’intéresser en prio- au RGA sont représentées sur la figure 9.
rité à son environnement proche pour notamment
mieux gérer les eaux et la végétation autour des
fondations. Ces domaines d’actions sont souvent
peu traités alors qu’ils ont un impact majeur dans
l’apparition et le développement de dommages
subis par la construction.

6
 rrêté du 22 juillet 2020 définissant le contenu des études géotechniques à réaliser dans les zones exposées au phénomène de mouvement de
A
terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols, [Link]
7
Arrêté du 22 juillet 2020 relatif aux techniques particulières de construction dans les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain
différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols, [Link]
8
[Link]

18
Figure 9 : Synthèse des mesures de prévention et d’adaptation du bâti au phénomène RGA (guide CSTB, 2021)

Information :
Les fiches descriptives détaillant ces principales solutions de prévention et
d’adaptation, ainsi que les solutions de remédiation du bâti post-diagnostic
RGA, sont présentées dans les parties 4 et 5 du guide.

19
4.
SOLUTIONS « HORIZONTALES »
DE PRÉVENTION ET D’ADAPTATION DU RGA

Les solutions de prévention et d’adaptation Ces solutions ont comme principaux avantages
dites horizontales sont à rechercher en priorité d’être :
car elles permettent d’agir sur les causes respon-
sables du RGA et de l’apparition de sinistres. Elles • Plus robustes pour stabiliser la teneur eau du
consistent à intervenir sur la première tranche sol sous les fondations de la maison ;
de sol (1,5 m d’épaisseur) et à confiner les argiles. • Moins coûteuses à mettre en œuvre que les
Les 5 principales mesures de prévention horizon- solutions de remédiation dites verticales ;
tales sont représentées sur la figure 10 : • Plus facilement mises en œuvre en étant moins
invasives ;
1. L
 ’étanchéité parfaite des réseaux d’eau • Plus durables si elles sont régulièrement entre-
enterrés ; tenues.
2. La gestion des eaux, avec notamment le drai-
nage déporté en amont des constructions en
terrain en pente, séparatif des eaux pluviales ;
3. La gestion de la végétation proche, avec
notamment la pose d’écran anti-racines ;
4. L’imperméabilisation du sol au droit des fon-
dations sur le pourtour de la maison ;
5. La suppression des pièges à eau anthropiques.

Figure 10 : Schéma de synthèse des 5 principales mesures horizontales de prévention du RGA


(source : Bechade).

20
>>
FICHE 1 4.2 LA GESTION DES EAUX

COLLECTER ET ÉVACUER LES EAUX


AVEC RACCORDEMENT À UN RÉSEAU ÉTANCHE

Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Stabiliser la teneur en eau du sol sous l’habitation Schéma de principe du raccordement à un réseau
dans son environnement proche étanche existant selon selon Ifsttar et CSTB (2017)

Type d’action
Eaux
pluviales
Gestion des eaux autour de la construction
Raccordement Eaux usées
collectif
Qui contacter ?

EP Fosse
septique
EU

Architecte Bureau d’études


géotechnique
• Le raccordement des eaux usées EU et pluviales EP
au réseau collectif séparatif doit être privilégié, sans
préjudice des directives sanitaires en vigueur.
• Le raccordement nécessite l’accord préalable du
Hydrologue- Bureau d’études gestionnaire de réseau.
Hydrogéologue structure • Le branchement à un réseau collectif d’assainisse-
ment implique pour le particulier d’être assujetti à
une redevance d’assainissement comprenant une
Quel est l’objectif des travaux ? part variable (assise sur le volume d’eau potable
consommé) et le cas échéant une part fixe.
Ce dispositif vise, lorsque l’assainissement s’effectue • Veiller à étancher les systèmes de collecte des eaux
de façon autonome, à débrancher les filières exis- usées et des eaux pluviales.
tantes (puits perdu, fosse septique + champ d’épan-
dage, etc.) et à diriger les flux d’eaux usées (EU) à Estimation du coût des travaux : entre 2 et 5 k€ HT
traiter jusqu’au réseau collectif (« tout à l’égout » ou (MRN, 2023).
réseau séparatif).
Points de vigilance
La gestion des eaux pluviales (EP) (ruissellement des
eaux de toitures, terrasses, etc.) collectées pourra se • En l’absence de réseau collectif dans l’environne-
faire soit par rejet au réseau d’eaux pluviales existant ment proche du bâti ou de l’impossibilité de se
et séparatif, soit par infiltration à distance dans des raccorder à ce réseau dans le PLU et du nécessaire
dispositifs dédiés (noue, fossé, puits) et en aucun cas maintien de l’assainissement autonome, il convient
dirigées vers les drains périphériques déportés de la de respecter une distance minimale suffisante entre
maison et conçus pour gérer et évacuer les apports le bâtiment et le(s) point(s) de rejet (à examiner avec
d’eau souterraines ou accidentels et les eaux de ruis- l’autorité responsable de l’assainissement) ;
sellement. • Veiller au bon entretien de la cuve enterrée qui
doit être accessible afin de prévenir tout risque de
Avant toute mise en œuvre de travaux en lien avec défaillance (rupture ou fuite) ;
l’infiltration des eaux pluviales à la parcelle, il est indis-
• Utilisation raisonnée de l’eau en période de séche-
pensable de faire réaliser par un professionnel, un
resse (si présence d’un puits proche de la maison, ne
essai de la perméabilité du sol de type Porchet.
pas pomper entre mai et octobre).

21
FICHE 2 4.2 LA GESTION DES EAUX

INSTALLATION ET ENTRETIEN DES OUVRAGES DE COLLECTE


DES EAUX PLUVIALES SÉPARÉS DU RÉSEAU DE DRAINAGE DÉPORTÉ

Pour quel objectif visé ?


Quel est l’objectif des travaux ?
Stabiliser la teneur en eau du sol sous l’habitation
dans son environnement proche Les aménagements mal pensés sont sinistrants en
terrains argileux et peuvent créer des pièges à eau :
Type d’action remblais perméables, trottoirs et terrasse en contre
pente, drain de pied de façade. Il convient donc de
Gestion des eaux autour de la construction supprimer ces pièges à eau par la mise en place d’ou-
vrages et dispositifs de gestion et de collecte des eaux
Qui contacter ? pluviales, séparés du réseau de drainage déporté des
fondations.

Ces dispositifs visent à mieux gérer les écoulements


souterrains et superficiels en les éloignant des fon-
dations de la maison. Ils permettent de limiter les
désordres causés par l’humidité sur les fondations.
Architecte Bureau d’études
géotechnique En quoi consistent les travaux ?

Schéma de principe : selon Guide CSTB (2021).

Hydrologue- Bureau d’études


Hydrogéologue structure

22
Plusieurs dispositifs sont envisageables : • Les réservoirs de collecte des eaux pluviales pour
l’arrosage sont en général équipés d’un système de
• En terrain argileux, des gouttières sont obligatoires trop-plein fermé et raccordé aux conduites d’éva-
et l’emploi de chaînes en guise de descentes d’eaux cuation vers le réseau ou vers le(s) point(s) de rejet,
pluviales est à proscrire ; afin d’éviter un déversement direct sur le sol proche
• Descentes d’eau : de la construction (si le dispositif est trop proche du
• Si inexistantes, installer des gouttières pen- bâti) (500 € HT) ;
dantes et des descentes d’eau pour collecter • Si trop proche de la maison, combler un dispositif
les eaux de pluie et les renvoyer soit (lorsque de stockage des EP par remplissage de sable (500 -
le terrain le permet) vers un espace végétalisé 1000 € HT).
pour infiltration à la parcelle mais éloigné de
la maison (pas d’infiltration des EP en pied de Estimation du coût des travaux : entre 500 et
façades) (coût 1000 € HT), soit dans un regard 1500 € HT selon le dispositif mis en place (MRN, 2023).
en pied de chute raccordé au réseau d’assainis-
sement ;
• Si existantes, raccorder les descentes d’eau plu- Points de vigilance
viales gravitairement, à un réseau d’évacuation
des EP ; Le réseau de drainage des eaux superficielles et de
ruissellement est impérativement séparatif des eaux
• Installer un regard de visite au droit du drain pour
pluviales.
permettre son contrôle et son entretien (1500 € HT).
Pour assurer la durabilité et l’efficacité de ces dispo-
Les regards de visite du réseau d’eaux pluviales qui
sitifs de gestion des eaux (gouttières, réseaux, regards
fuient doivent être refaits ;
de visite, pompe à chaleur...) leur bon entretien régu-
• Le collecteur drainage/EP doit être implanté à au lier par le propriétaire et les gestionnaires de réseaux
moins 5 m de toute construction, en aval de la est indispensable, avec des coûts d’entretien estimés
construction sur un terrain en pente et être isolé à 500 € HT / an.
des matériaux fins argileux par un géotextile (coût
1000 € HT) ;
• Si le terrain est en pente, installer un caniveau à grille
drainant de type noue, en amont de la maison afin
de collecter les eaux de ruissellement. Ce caniveau
doit être évacué de sorte de ne pas alimenter les
éventuels drains périphériques de la maison (1000 €
HT) ;

23
FICHE 3 4.2 LA GESTION DES EAUX

INSTALLATION D’UN DISPOSITIF


DE DRAINAGE PÉRIPHÉRIQUE DÉPORTÉ

Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Stabiliser la teneur en eau du sol sous l’habitation Schéma de principe selon le guide CSTB (2021)
dans son environnement proche

Type d’action

Gestion des eaux autour de la construction

Qui contacter ?

Architecte Bureau d’études


géotechnique

Hydrologue- Bureau d’études


Hydrogéologue structure

Quel est l’objectif des travaux ?

La maison fait barrage aux écoulements d’eau dans


un terrain en pente (dès 3%). Les arrivées d’eau pro-
venant des terrains environnants (ruissellement, eaux
souterraines) contre la maison provoquent une hydra-
tation accidentelle des argiles pouvant engendrer une
instabilité des fondations.
Implantation du drain :
Le dispositif consiste à créer un réseau de drains (ou
tranchées drainantes) périmétrique pour collecter et • Le réseau de drainage des eaux de ruissellement est
évacuer les eaux de drainage superficielles. constitué de drains (pour les eaux superficielles) ou
de tranchées drainantes (pour les eaux profondes,
Ce dispositif contribue également à supprimer les lorsque le terrain est en pente) remplies d’éléments
pièges à eau anthropiques susceptibles d’être générés plus ou moins grossiers protégés du terrain par un
(tranchée de raccordements en pied de façade, bande géotextile. En fond de fouille, le drain de collecte et
stérile en pied de façade, condensats des Pompe à d’évacuation est de type « drain routier » répondant à
chaleur, déchets de chantier, pose des réseaux au voi- une exigence de résistance à l’écrasement.
sinage des fondations...).
• Le drain est éloigné de la construction à une distance
minimale d’1 m à 1,5 m du bâtiment et raccordé en
aval du bâtiment, à un collecteur amenant les eaux
à l’exutoire : noue filtrante, puits d’infiltration, réseau
collectif ... Ces précautions sont nécessaires afin d’évi-
ter tout impact du drainage sur les fondations.
• Le drain est associé soit à une membrane d’imper-
méabilisation en amont, soit un trottoir étanche ou
une géomembrane.
• La profondeur d’implantation du drain est fonction
de la nature et de la pente du terrain. Il doit être
implanté selon une pente pour permettre l’écoule-
ment gravitaire des eaux récoltées.

24
Composition du drain :

• Il est préférable de recouvrir le dernier décimètre de


la tranchée drainante avec du gravier 5/15, plus per-
méable que le sable.
• Un géotextile protège les matériaux drainants et le
collecteur de particules fines argileuses.
• Le réseau de drainage est équipé d’un clapet anti
retour pour éviter la diffusion par le drain des eaux
de toiture, si le réseau EP se met en charge.

Estimation du coût des travaux : entre 1,5 et 10 k€ HT


(Ifsttar et Ineris, 2017) selon la profondeur et l’exu-
toire, pour une longueur d’une dizaine de mètres.

Points de vigilance

• Il est interdit d’implanter un drain en pied de façade


car cela constituerait un piège à eau. En effet, un
drain de pied de mur mal positionné, mal consti-
tué, peut accentuer les déséquilibres hydriques et
déclencher des désordres. La vigilance sur l’implan-
tation, la constitution, la profondeur et la pente du
drain est essentielle ;
•
L’entretien du drain est à faire régulièrement par
curetage mécanique ou par eau sous pression. Pour
cela, l’installation de regards de visite du drain est
obligatoire ;
• Il est nécessaire de faire vérifier par un profession-
nel que l’exutoire (noue filtrante, puits d’infiltration,
réseau collectif ...) permet d’évacuer le surplus d’eau
provenant de la tranchée drainante ;
• En cas de pente, il suffit que le tracé profite de la
pente pour assurer que l’écoulement contourne la
construction et soit évacué vers le collecteur en aval
de celle-ci ;
• La mitoyenneté constitue la principale limite d’utili-
sation de cette solution. Il convient de se rapprocher
de son voisin pour convenir d’une solution acceptée
par chacune des parties.

25
FICHE 4 4.3 LA GESTION DE LA VÉGÉTATION

POSE D’ÉCRAN ANTI RACINES


(EAR)

Pour quel objectif visé ? Il existe trois types d’écrans anti-racines pouvant être
mis en place selon plusieurs paramètres à prendre en
Stabiliser la teneur en eau du sol sous l’habitation compte : l’agressivité de la végétation (*), l’accès pour
dans son environnement proche les engins de chantier, la pente et la nature du terrain
et la limite de propriété.
Type d’action La technique retenue est aussi fonction de la distance
entre l’écran et la maison et de la profondeur de suc-
Gestion de la végétation et l’action racinaire cion des racines. Celle-ci est en général d’1,5 m pour
une haie et peut aller jusqu’à 5 m pour un arbre. Pour
Qui contacter ? chaque technique, la fouille fait 30 cm de largeur :

• Le film polyester étanche ou la géomembrane des-


cendus à 2,5 m de profondeur avec remblaiement
de la fouille par les déblais extraits. On prendra soin
de protéger la coupure capillaire par un plastique
alvéolé ;
Bureau d’études Bureau d’études
• La solution traditionnelle est de remplir la fouille de
géotechnique spécialisé en
gros béton. Les terres d’excavation sont à évacuer ;
environnement
• Un écran en palplanches métalliques pouvant être
descendues jusqu’à 4 ou 5 m de profondeur selon le
cas. Cette solution onéreuse est à réserver aux cas
extrêmes (essence d’arbre très consommatrice d’eau
Hydrologue- située à une distance de la construction inférieure à
Hydrogéologue la moitié de la hauteur de l’arbre à maturité) ;

La profondeur de l’EAR doit être dimensionnée en


Quel est l’objectif des travaux ? fonction des paramètres influençant la profondeur de
succion des racines : la hauteur et l’essence de l’arbre,
La succion de la végétation est responsable d’impor- le type de racines, la nature des couches de sol, la possi-
tantes variations de la teneur en eau du sol au droit bilité de réhydratation profondeur. Un sondage carotté
des fondations, pouvant entraîner l’apparition de intact ou à la minipelle est alors nécessaire.
désordres sur la maison. Cette succion des racines
peut être neutralisée par l’implantation d’un écran Estimation du coût des travaux : entre 1,5 et 30 k€ HT
anti-racines (EAR), à au moins 2 m de profondeur, qui (MRN, 2023).
va faire barrage au développement des racines en
direction de la maison. Les fissures se referment alors Points de vigilance
complètement.
• L’écran anti-racines doit pouvoir présenter des
La mise en place d’un écran anti racines permet donc garanties de pérennité suffisantes, notamment
d’extraire le bâti de la zone d’influence géotechnique vis-à-vis de l’étanchéité et de la résistance. Un soin
de la végétation (ZIG) présente à ses abords. particulier doit être porté sur les matériaux utilisés
(caractéristiques de la géomembrane par exemple) ;
En quoi consistent les travaux ?
• Il est recommandé de faire appel à un profession-
nel pour déterminer la longueur et la profondeur de
Schéma de principe selon : selon guide CSTB (2021)
l’EAR et son positionnement ;
• Dans le cas où des arbres d’une propriété voisine
peuvent causer des désordres sur la construction en
question, la pose d’un écran anti-racines est à privi-
légier ;
• L’entretien régulier de la végétation par le proprié-
taire est essentiel pour assurer la pérennité et l’effi-
cacité du dispositif.

(*) Cutler et Richardson (1989) ont synthétisé les principales essences


ayant causé des désordres aux bâtiments en zone urbaine
en Angleterre (Figure ci-dessous). Dans ce tableau, plusieurs
paramètres ont été répertoriés : (1) la hauteur maximale de
l’essence, (2) la distance maximale du désordre, (3) la distance
La zone d’influence géotechnique de la succion de la en dessous de laquelle 50% des désordres ont été constatés,
végétation est allongée en aval à 1,5 fois la hauteur de (4) le pourcentage de désordres liés à l’essence en question, (5)
l’arbre. le pourcentage de l’essence dans la population et enfin (6) le
coefficient d’agressivité défini comme étant le rapport entre le
pourcentage de désordres liés à l’essence sur le pourcentage de
l’essence dans la population.
26
Statistiques anglaises relatives aux désordres sur des bâtiments dus à la végétation (Cutler et Richardson, 1989) cité
dans (Ministère de l’environnement, 1993)

En France, ce sont les chênes, les peupliers, les saules et les cèdres qui paraissent les plus préjudiciables
pour les constructions se trouvant dans la zone d’action de leurs racines (la ZIG).

27
FICHE 5 4.3 LA GESTION DE LA VÉGÉTATION

ENTRETIEN
DE LA VÉGÉTATION

Pour quel objectif visé ?


Plusieurs techniques d’entretien courant de la végéta-
Stabiliser la teneur en eau du sol sous l’habitation tion sont envisageables :
dans son environnement proche
• Le dessouchage d’un arbre isolé avec un ratio hau-
Type d’action teur de l’arbre / distance de la maison > 1 permet de
supprimer l’action racinaire de dessication et montre
Gestion de la végétation et l’action racinaire une efficacité durable du moment que les racines
sont supprimées.
Qui contacter ? • Tailler préventivement les haies arbustives chaque
année afin de supprimer les repousses de la haie et
limiter les besoins en eau de la végétation. Si des
racines sont trouvées à proximité des fondations, la
haie doit être supprimée ou un écran anti-racines mis
en place.
Paysagiste - Entreprise • Arracher les racines permet de supprimer l’action
spécialisée en gestion racinaire sur la teneur en eau du sol et la dessication
de la végétation des argiles.
• L’élagage consiste à couper certaines branches d’un
arbre pour en limiter le développement.
Quel est l’objectif des travaux ? • Le débroussaillement consiste sur une profondeur
d’au moins 50 mètres autour de son habitation, à
La présence de végétation trop proche de la maison réduire la quantité de végétaux et à créer des disconti-
est le second facteur causant des sinistres, après les nuités dans la végétation restante. Il s’agit de couper la
hydratations accidentelles. En effet, lorsque les racines végétation herbacée, les buissons et les arbustes.
sont observées contre et/ou sous les fondations, cela
signifie que le mouvement du sol est déjà très avancé. Estimation du coût des travaux : entre 1 000 et
A ce moment-là, l’élagage curatif de l’arbre ou arbuste 3 000 € HT (MRN, 2023) selon la ou les techniques uti-
sinistrant n’a plus d’utilité. lisées.

Il convient donc de prévenir cette situation en interdi- Points de vigilance


sant toute plantation, toute conservation d’arbre ou
arbuste à une distance de la maison inférieure à 1,5 • Certaines techniques ont une efficacité limitée à la
fois leur hauteur à maturité, sauf mise en place d’un période de leur mise en œuvre et doivent donc être
écran anti-racines d’une profondeur minimale de 2 m. réitérées régulièrement pour être durables (couper
les racines, l’élagage et le débroussaillement notam-
En quoi consistent les travaux ? ment).
• Le dessouchage et l’élagage peuvent ne pas être
Schéma de principe selon MTE (2021) adaptés à toutes les configurations (zone boisée,
arbre des voisins). L’élagage curatif n’a pas d’in-
fluence sur la succion racinaire.
• Couper les racines peut entraîner un risque d’altéra-
tion de la végétation et de stabilité des arbres.
• L’entretien de la végétation est à réitérer régulière-
ment, plusieurs fois par an si nécessaire.

28
FICHE 6 4.3 LA GESTION DE LA VÉGÉTATION

IMPERMÉABILISATION HORIZONTALE
DU POURTOUR DE LA MAISON
Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Stabiliser la teneur en eau du sol sous l’habitation Solution drainée type géomembrane selon guide
dans son environnement proche CSTB, 2021

Type d’action

Limiter l’évaporation / évapotranspiration périphérique

Qui contacter ?

Architecte Bureau d’études


géotechnique
Solution drainée ou non de type trottoir en béton,
selon guide CSTB, 2021

Hydrologue- Bureau d’études


Hydrogéologue structure

Quel est l’objectif des travaux ?

Le dispositif consiste à entourer la construction d’un


système imperméable le plus large possible (1 m à 1,50
m selon la vulnérabilité de la construction), pour pro-
téger sa périphérie immédiate de l’évaporation et éloi-
gner les eaux de ruissellement du pied des façades. Si • La géomembrane est posée en position plane, sur
le terrain est plat (ou d’une pente inférieure à 3%), les toute la périmétrie de la maison et déroulée sur un
eaux de ruissellement seront éloignées de la construc- lit de sable avec une pente de 5 %.
tion pour protéger les fondations des variations de
teneur en eau des argiles. • Elle doit être raccordée aux façades par un système
de couvre-joint, et être protégée par deux couches
Cette imperméabilisation périmétrique peut être réa- de géotextile ou une protection plastique alvéolaire
lisée par la pose soit d’une géomembrane, soit d’un sur laquelle peut être mis en œuvre un revêtement
trottoir en béton. adapté à l’environnement (pavés, etc).
• La légère pente donnée au dispositif permet d’éloi-
•
La géomembrane est une membrane souple, gner les eaux du bâtiment qui doivent être reprises
imputrescible et constituée d’un produit d’étan- par un réseau d’évacuation étanche.
chéité. Cette barrière physique permet de maîtriser • Il est recommandé que le relevé de la géomembrane
et de stabiliser la teneur en eau des sols argileux sous soit au-dessus des terres avec des dispositions per-
les fondations en limitant les échanges d’eau dus à mettant d’éloigner les eaux de ruissellement prove-
l’évaporation estivale et d’éloigner les eaux de ruis- nant de la façade en cas de pluie.
sellement du pied des fondations.
• En bout de l’imperméabilisation (à 1,5 m de distance
•
Le trottoir en béton est une barrière physique de la maison), une retombée de 20 cm est recom-
étanche d’au moins 1 m de largeur. mandée.
• On veillera à une parfaite étanchéité entre le trot-
La limitation des échanges d’eau à travers la surface
toir en béton et le mur de la maison par un cordon
du sol est l’un des moyens efficaces pour empêcher
de mastic colle, à renouveler si nécessaire.
ou tout au moins retarder le retrait ou gonflement
des sols sous les fondations. Elle peut permettre de • Lorsque la maison est construite en limite de pro-
réduire les techniques particulières de construction priété, une autorisation devra être demandée au
applicables aux constructions sur les terrains sensibles voisin pour installer le trottoir chez lui, ou mettre en
ou très sensibles. œuvre une géomembrane ou une membrane d’im-

29
perméabilisation plus discrète. En cas de refus, il • Une difficulté peut se poser lorsque l’une des façades
faut revenir aux méthodes traditionnelles de reprise est située en limite de propriété (nécessitant un
en sous-œuvre ou d’amélioration de sol. accord avec le propriétaire mitoyen). L’impossibilité
de disposer l’étanchéité sur tout le contour de la
Estimation du coût des travaux : entre 2 et 10 k€ HT construction est de nature à favoriser les désordres
(MRN, 2023). et il est alors préférable d’abandonner cette
solution.
Points de vigilance • En cas de réalisation d’une étanchéité autour de la
construction, afin d’éviter un assèchement du sol
• La solution trottoir imperméable drainé ou non dommageable sous la construction par évaporation
drainé devra faire l’objet d’une étude particulière, par le vide sanitaire, il conviendra de veiller à ce
la nécessité du drain étant fonction de la nature des que celui-ci soit normalement ventilé (par exemple,
sols au-dessous et au-dessus de la membrane, de leur pour 100 m2 de surface de plancher, 4 orifices de
sensibilité à l’eau, du contexte géomorphologique ventilation avec une section de ventilation de 125
et de la largeur du dispositif. cm2 chacun suffisent).

30
5.
SOLUTIONS « VERTICALES »
DE REMÉDIATION AU RGA

Les solutions dites verticales de remédiation Par ailleurs, les interventions en site occupé
au RGA peuvent venir en complémentarité sont toujours très délicates et contraignantes en
après la réalisation de mesures horizontales. termes d’accessibilité par exemple.
Elles permettent de traiter les conséquences du
mouvement du sol avec la rigidification de la Les solutions de remédiation dites verticales
construction, en intervenant sur deux catégories retenues dans ce guide correspondent prin-
d’ouvrages : cipalement à celles recommandées dans le
guide « Retrait et gonflement des argiles – ana-
• Intervention sur les fondations ; lyse et traitement des désordres créés par la
• Intervention sur la structure de la maison. sècheresse », Ifsttar et Ineris (2017) et le guide
« la pathologie des fondations superficielles »
En comparaison aux solutions dites horizontales, du CSTB (2021). Il convient de se référer à ces
les solutions verticales sont en général guides pour des plus amples informations sur les
mesures de remédiation.
• Plus coûteuses à mettre en place ;
• Nécessitent des travaux lourds, complexes à réa- Pour toutes les solutions verticales présentées
liser sur une maison existante et parfois longs ; ci-après, la réalisation d’une étude de la struc-
• Durables. ture de la maison par un bureau d’études struc-
ture par exemple, est un préalable indispensable
avant toute mise en œuvre soignée de travaux.

Enfin, chacune des solutions est généralement


à mettre en œuvre sur la totalité de la maison
avec les conséquences d’usage qui en découle.
Toutefois, il se peut que seules les zones sinis-
trées nécessitent une intervention. Dans ce cas,
les méthodes présentées ci-après peuvent être
appliquées de manière localisée.

31
>>
FICHE 7 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.1 Réalisation d’une reprise en sous œuvre

La reprise en sous-œuvre consiste à renforcer ou modifier les fondations existantes pour améliorer
la stabilité de l’ensemble de la construction. Les techniques de reprise en sous-œuvre diffèrent en
fonction des besoins, allant de l’approfondissement des fondations à leur renforcement.

MISE EN PLACE DE PLOTS JOINTIFS RÉALISÉS


PAR PHASES ALTERNÉES

Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Intervention sur les fondations Schéma de principe selon CSTB (2025)

Type d’action

Réaliser une reprise des fondations en sous-œuvre

Qui contacter ?

Architecte Bureau d’études


géotechnique

• Excavation par segments alternés sous les fondations


existantes ;
• Coulage de plots en béton armé et liaison des plots
Bureau d’études avec la structure initiale ;
structure • Répétition du processus jusqu’à l’obtention d’un ren-
forcement homogène.

Estimation du coût des travaux : sur devis (une estima-


Quel est l’objectif des travaux ?
tion ne reflèterait pas la réalité du coût des travaux).
Cette méthode consiste à créer des blocs de béton
Points de vigilance
armé (plots) qui prolongent les fondations existantes.
Ces plots sont coulés en alternance pour éviter tout
Avantage :
affaissement durant le chantier.
• renforcement uniforme des fondations de la maison.
Cette méthode permet le renforcement et l’appro-
Inconvénient :
fondissement des fondations de la maison lorsque
• la durée des travaux est relativement longue.
celles-ci ont souffert à cause notamment de déforma-
tions de terrains argileux.

Cette technique permet donc d’agir sur la maison


sans avoir à la démolir.

32
FICHE 8 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.1 Réalisation d’une reprise en sous œuvre

MISE EN PLACE DE PLOTS DISCONTINUS RELIÉS


OU NON PAR UNE LONGRINE

Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Intervention sur les fondations Schéma de principe selon CSTB (2025)

Type d’action

Réaliser une reprise des fondations en sous-œuvre

Qui contacter ?

• Excavation pour installer les plots discontinus


Architecte Bureau d’études
• Coulage des plots et, si nécessaire, liaison avec les lon-
géotechnique
grines existantes.

Estimation du coût des travaux : entre 30 et 45 K€ HT


(Ifsttar, 2017).

Bureau d’études Points de vigilance


structure
Avantages :
• Moins d’intervention sur l’existant : Cette solution
Quel est l’objectif des travaux ? permet d’éviter des travaux trop intrusifs, notam-
ment lorsque l’on cherche à renforcer un bâtiment
Cette technique est similaire à celle des plots jointifs sans altérer sa structure principale ;
réalisés par phases alternées, mais les plots sont espa- • Installation localisée : Les plots peuvent être posi-
cés et peuvent être reliés par des longrines en béton tionnés uniquement aux endroits où le besoin de
armé pour une meilleure répartition des charges. renforcement est avéré, limitant ainsi les interven-
tions inutiles ;
Cette méthode permet le renforcement et l’appro- • Possibilité d’évolution : Si nécessaire, il est possible
fondissement des fondations de la maison lorsque d’ajouter ultérieurement des longrines pour amélio-
celles-ci ont souffert à cause notamment de déforma- rer la répartition des efforts sans remettre en cause
tions de terrains argileux. l’ensemble de l’installation.

Cette technique permet donc d’agir sur les fonda- Inconvénient :


tions de la maison sans avoir à la démolir. • Moins de continuité structurale si non reliés par des
longrines.

33
FICHE 9 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.1 Réalisation d’une reprise en sous œuvre

MISE EN PLACE DE MICROPIEUX


ET MINIPIEUX

Pour quel objectif visé ? L’installation des micropieux et minipieux suit plu-
sieurs étapes principales :
Intervention sur les fondations
• Forage : un forage est réalisé jusqu’au sol porteur,
Type d’action avec un diamètre généralement compris entre 80 et
250 mm pour les micropieux et 150 à 400 mm pour
Réaliser une reprise des fondations en sous-œuvre les minipieux ;
• Injection : un coulis de ciment est injecté sous pression
Qui contacter ? pour assurer l’adhérence au sol environnant. Pour les
minipieux, un coulis de ciment ou un béton plus fluide
peut être utilisé, selon les contraintes du projet ;
• Insertion : une armature métallique est introduite
dans le forage. Les micropieux utilisent générale-
ment des barres d’armature, tandis que les mini-
pieux peuvent intégrer, en plus des barres d’arma-
Architecte Bureau d’études ture, des tubes métalliques ou des profilés en acier
géotechnique pour une capacité portante plus grande ;
• Scellement : le coulis ou le béton est complété afin
d’assurer un ancrage optimal au sol porteur.

Calepinage :
Bureau d’études Le positionnement des micropieux ou minipieux est
structure déterminé en fonction de l’analyse structurale de l’ou-
vrage et des caractéristiques du sol. L’espacement et
l’angle d’implantation sont optimisés pour garantir une
Quel est l’objectif des travaux ? bonne répartition des charges.

La reprise en sous-œuvre par micropieux et minipieux Mise en charge :


permet de transférer les charges des fondations vers Avant d’être pleinement sollicités, les micropieux et
des couches profondes du sol stables dont les varia- minipieux nécessitent une période de stabilisation.
tions hydriques sont moins sensibles par rapport à Cette phase peut durer plusieurs mois (jusqu’à 24 mois
celles des couches peu profondes. Ces techniques pour les micropieux, potentiellement moins pour les
sont généralement adaptées aux sols instables et aux minipieux en raison de leur diamètre plus important
bâtiments nécessitant un renforcement structural en et de leur capacité portante plus importante). Cette
profondeur. période favorise l’adaptation du bâtiment aux nou-
velles conditions avant toute intervention complémen-
Ce dispositif permet de réparer ou renforcer les fonda- taire, comme la réparation des fissures.
tions existantes sans avoir à démolir la maison puisque
les matériels utilisés sont des machines légères et de Estimation du coût des travaux : entre 45 et 70 K€ HT
petites tailles permettant des travaux au droit de la (Ifsttar, 2017).
maison existante.
Points de vigilance
En quoi consistent les travaux ?
Avantages :
Schéma de principe selon CSTB (2025) • Micropieux : adaptés aux espaces restreints et aux
charges modérées ;
• Minipieux : capacité portante plus élevée, adaptés
aux charges plus lourdes.

Inconvénients :
• Micropieux : nécessitent un équipement spécialisé
et une mise en œuvre parfois longue ;
• Minipieux : travaux plus lourds et plus coûteux en
raison du diamètre plus important.

34
FICHE 10 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.1 Réalisation d’une reprise en sous œuvre

CONFORTEMENT DE SOLS PAR INJECTIONS


DE MATÉRIAUX SOUS LES FONDATIONS

Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Intervention sur les fondations Schéma de principe de l’injection de résine expansive


selon CSTB (2025)
Type d’action

Réaliser une reprise des fondations en sous-œuvre

Qui contacter ?

Architecte Bureau d’études


géotechnique
• Réalisation de forages sous les fondations ;
• Injection contrôlée du matériau de renforcement.

• L’injection de résine expansive permet de combler


les vides contenus dans le sol argileux à proximité et
Bureau d’études
sous les fondations.
structure
• L’injection de coulis de ciment permet de conforter
le sol d’assise sous les fondations ou le sol sous dal-
lage par diffusion du fluide au gré des vides présents
Quel est l’objectif des travaux ?
sous le dallage.
• Dans les deux cas, les caractéristiques du sol sont
Cette méthode consiste à injecter des matériaux
améliorées par ces injections pouvant descendre
(résines expansives ou coulis cimentaires) sous les fon-
jusqu’à 7 m de profondeur.
dations pour combler les vides dans les sols argileux et
renforcer le sol pour éviter les mouvements de terrain.
Estimation du coût des travaux : environ 30 K€ HT (Ifsttar,
2017).

Points de vigilance

Avantages :
• Intervention rapide et localisée, peu invasive ;
• Ces deux techniques peuvent être utilisées pour
une reprise localisée à la zone sinistrée.

Inconvénient :
• Moins adaptée aux sols sujets à de fortes variations
hydriques.

35
FICHE 11 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.2 Dispositions constructives propres à limiter l’effet
du retrait-gonflement des sols argileux sur les structures

RÉDUCTION DES FROTTEMENTS


LATÉRAUX

Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Intervention sur les fondations Schéma de principe selon CSTB (2025)

Type d’action

Limiter l’effet du retrait-gonflement des sols argileux


sur les structures

Qui contacter ?

Architecte Bureau d’études


géotechnique Pour les plots, une interface glissante (souvent en
polystyrène ou matériau équivalent) est appliquée sur
les parois verticales des excavations avant le coulage du
béton.

Bureau d’études Estimation du coût des travaux : sur devis (une estimation
structure ne reflèterait pas la réalité du coût des travaux).

Point de vigilance
Quel est l’objectif des travaux ?
• Ces travaux peuvent entraîner une modification
On associe régulièrement aux techniques de reprise esthétique en pied de façades de la maison.
en sous-œuvre des dispositions visant à limiter le frot-
tement parasite sur les faces latérales des éléments de
structure en contact avec le sol.

Ce dispositif permet de réduire les efforts parasites et


protègent la structure contre les effets du retrait-gon-
flement des sols argileux, tout en augmentant la dura-
bilité des solutions mises en œuvre.

36
FICHE 12 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.2 Dispositions constructives propres à limiter l’effet
du retrait-gonflement des sols argileux sur les structures

PROTECTION CONTRE LE SOULÈVEMENT


SOUS LES FONDATIONS

Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Intervention sur les fondations Schéma de principe selon CSTB (2025)

Type d’action

Limiter l’effet du retrait-gonflement des sols argileux


sur les structures

Qui contacter ?

• Un vide est créé entre les éléments de fondations


(longrines, semelles) et le sol sous-jacent. Pour les
Architecte Bureau d’études
longrines nouvelles, cela se fait en les coffrant par
géotechnique
des matériaux biodégradables qui se décomposent
après les travaux ;
• Reprise par plots ou micropieux sous les semelles
existantes servant de support.

Bureau d’études Estimation du coût des travaux : entre 30 et 45 K€ HT


structure (Ifsttar, 2017).

Points de vigilance
Quel est l’objectif des travaux ?
Avantages :
Ce dispositif vise à réduire le phénomène de gon- • Intervention rapide et localisée, peu invasive ;
flement sous les éléments de structure (longrines, • Amélioration des conditions en vide sanitaire :
semelles), en interposant un vide entre le sol et les Lorsque la maison dispose d’un vide sanitaire, un
longrines. film de polyane armé est posé sur le sol pour limiter
les variations d’humidité dues à l’évaporation, sou-
vent aggravées par les courants d’air.

Inconvénient :
• Moins adaptée aux sols sujets à de fortes variations
hydriques.

37
FICHE 13 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.3 Cas des dallages

REMPLACEMENT D’UN DALLAGE PAR UN PLANCHER

Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Intervention sur les fondations Schéma de principe selon CSTB (2025)

Type d’action

Travaux spécifiques aux dallages

Qui contacter ?

Architecte Bureau d’études


géotechnique Techniques de renforcement et de réparation :

• Lorsque les sols sont très sensibles aux variations


hydriques, aucune solution de confortement du
dallage n’est considérée comme pérenne. Dans ce
Bureau d’études cas, il est recommandé de remplacer le dallage par
structure un plancher, accroché aux fondations existantes et
laissant un vide sanitaire entre le sol et l’ouvrage.
• Ce changement implique une surcharge supplé-
Quel est l’objectif des travaux ? mentaire à prendre en compte dans le dimension-
nement de la reprise en sous-œuvre des fondations,
Il existe plusieurs types de désordres liés au RGA pou- généralement réalisée simultanément. Si le plancher
vant affecter un dallage : est reconstruit seul, il est préférable de dissocier ses
• Apparition de fissures dues à des mouvements dif- appuis de ceux de l’existant ou de s’assurer que les
férentiels ou à des charges excessives ; fondations actuelles peuvent supporter cette sur-
• Affaissements ou soulèvements causés par des charge. En fonction de la portée du plancher, des
variations de volume du sol sous-jacent ; appuis supplémentaires peuvent être nécessaires.
• Absence ou défaillance des joints de dilatation,
aggravant les contraintes thermiques ou méca- Estimation du coût des travaux : entre 6 et 12 k€ HT (Ifst-
niques. tar, 2017).

Remplacer un dallage par un plancher permet ainsi de Points de vigilance


renforcer le sol de la maison pour améliorer la résis-
tance et la stabilité de la structure. Avantages :
• Le remplacement du dallage par un plancher sur
vide sanitaire permet d’éliminer les problèmes liés
aux variations hydriques du sol ;
• Meilleure durabilité.

Inconvénients :
• Les travaux de confortement des dallages sont ina-
daptés aux sols gonflants ;
• Les travaux de remplacement de dallage par un
plancher accroché aux fondations sont une Inter-
vention lourde, coûteuse et qui nécessite un recalcul
des charges.

38
FICHE 14 5.2 INTERVENTION SUR LA
STRUCTURE DE L’HABITATION

RIGIDIFICATION DE LA STRUCTURE

Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Intervention sur la structure de l’habitation Schéma de principe de renforcement de murs en


maçonnerie par chaînages, selon CSTB (2025)
Type d’action

Renforcement par chaînages

Qui contacter ?

Architecte Bureau d’études


géotechnique

Bureau d’études
structure

Quel est l’objectif des travaux ?

Ce dispositif a pour but de renforcer la solidité de la


structure de la maison. Il existe plusieurs techniques
qui consistent à ajouter des ouvrages aux parties les
vulnérables de la maison.

Ces techniques permettent :


• De prévenir ou corriger les effets du retrait-gonfle-
ment des sols argileux en renforçant les éléments Mise en œuvre des principales techniques adaptées
porteurs de la maison ;
• D’améliorer la résistance globale sans compro- aux maisons existantes :
mettre l’intégrité des matériaux anciens ;
• De répartir plus uniformément les charges et réduire Chaînages horizontaux : stabilité et continuité
les déformations différentielles responsables des
fissures. Le chaînage constitue un élément fondamental dans
le renforcement des structures en maçonnerie.

Les chaînages horizontaux, souvent placés au niveau


des planchers ou des murs, fonctionnent comme des
ceintures de sécurité qui empêchent l’écartement des
murs. Ils sont particulièrement utiles pour :
• Contrer les charges verticales exercées sur les murs ;
• Limiter les fissurations dues aux mouvements de ter-
rain.

Des armatures métalliques sont généralement inté-


grées dans des joints de mortier ou dans des poutres
en béton armé pour former une structure continue et
résistante.

39
Chaînages verticaux : consolidation des angles
• Les chaînages verticaux sont stratégiquement
implantés pour renforcer les zones sensibles comme
les angles du bâtiment, qui sont souvent les pre-
miers points de faiblesse en cas de contraintes
mécaniques ou de mouvements du sol ;
• Prévention des fissures d’angle : Ils assurent une liai-
son solide entre les différentes parois du bâtiment ;
• Solidarité structurale : Ils aident à éviter le délami-
nage des murs et assurent une cohésion entre les
différentes parties de la maçonnerie.

Chaînages inclinés (rampant)


Les chaînages rampants visent à renforcer la toiture en
haut des pignons en suivant la même pente.
• Matériaux : Les chaînages utilisent souvent de l’acier
à haute résistance et du béton armé ;
• Techniques d’installation : L’installation requiert une
précision rigoureuse pour s’assurer que les arma-
tures métalliques soient correctement positionnées.
Cela peut nécessiter des coffrages adaptés et des
méthodes de coulage spécifiques.

Importance des chaînages dans le cadre d’un renfor-


cement global
Les chaînages sont une solution essentielle pour amé-
liorer la résilience des bâtiments. Dans le contexte
d’un renforcement structural, il est souvent utilisé en
combinaison avec d’autres techniques, comme les
reprises en sous-œuvre ou les joints de rupture, afin Exemple de renforcement en fibres de carbone (CSTB,
de maximiser la stabilité et de minimiser les risques 2025)
liés aux dégradations futures de la structure.
Estimation du coût des travaux : sur devis (une estimation
Pose de poutres de renfort ou corsetage : ne reflèterait pas la réalité du coût des travaux)
• Une poutre périphérique en béton armé (corsetage)
peut être ajoutée autour de la structure existante.
Elle est fixée à la maçonnerie par des goujons métal- Points de vigilance
liques ;
• Le corset est ensuite mis en tension par des disposi- • Compatibilité des matériaux : Les nouveaux maté-
tifs hydrauliques pour stabiliser les murs. riaux doivent être soigneusement sélectionnés pour
éviter des dégradations chimiques ou mécaniques
Ajout de cadres rigides : dans le temps ;
• Application particulière : certaines techniques
Les cadres métalliques ou en bois sont fixés aux murs nécessitent une méthode d’intervention spécifique,
existants pour renforcer les ouvertures et améliorer telles que les bandes de fibres de carbone. Les fibres
leur stabilité. de carbone doivent être découpées sur mesure,
imprégnées de résine, puis fixées sur la structure
Renfort des angles avec chaînages : selon les zones critiques identifiées. Une fois appli-
quées, une période de cure est nécessaire pour que
Les chaînages d’angle sont insérés dans les murs pour
le renforcement devienne pleinement fonctionnel ;
limiter les fissures verticales et stabiliser les jonctions
• Conservation de l’esthétique : Lorsque la struc-
vulnérables.
ture présente un intérêt patrimonial, les solutions
doivent être intégrées discrètement pour ne pas
Contreventements extérieurs :
altérer l’apparence visuelle.
Des contreventements peuvent être ajoutés à l’inté-
rieur des murs ou des planchers pour limiter les mou- Avantages :
vements latéraux et renforcer la structure face aux • Meilleure cohésion structurale ;
efforts horizontaux. • Améliore la stabilité de la maison sans démolition.

Renforcement par fibres de carbone : Inconvénients :


Cette technique consiste à appliquer des bandes ou • Nécessite des travaux sur la structure existante ;
des tissus en fibres de carbone, préalablement impré- • Mise en œuvre complexe nécessitant l’intervention
gnés de résine époxy, sur les surfaces structurales de professionnels.
telles que les murs, les poutres ou les dalles.
40
FICHE 15 5.2 INTERVENTION SUR LA
STRUCTURE DE L’HABITATION

RÉALISATION DE JOINTS DE RUPTURE

Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Intervention sur la structure de l’habitation Schéma de principe selon CSTB (2025)

Type d’action

Renforcement de la structure et de l’étanchéité


de la maison

Qui contacter ?

Architecte Bureau d’études


Selon les besoins spécifiques et les contraintes struc-
géotechnique
turales, plusieurs types de joints peuvent être mis en
œuvre :
• Joints simples : Utilisés principalement pour des
constructions à faible mouvement différentiel ;
Bureau d’études • Joints complexes : Dotés de systèmes d’étanchéité
structure renforcée, souvent employés dans des environne-
ments soumis à des contraintes mécaniques impor-
tantes ;
Quel est l’objectif des travaux ? • Joints à double fonction : Ces joints intègrent à la
fois un rôle structural et une fonction d’étanchéité.
Ce dispositif vise à prévenir ou corriger les effets du
retrait-gonflement des sols argileux en renforçant les Mise en œuvre :
éléments porteurs de la maison. • Une découpe précise des éléments structuraux aux
dimensions prévues pour le joint ;
Les joints de rupture sont destinés à : • Une préparation soignée des surfaces adjacentes
pour une parfaite adhérence des matériaux insérés ;
• Isoler les différentes parties d’un bâtiment afin d’évi- • La mise en place d’un coffrage temporaire, si néces-
ter que les mouvements différentiels provoquent saire, pour contenir le matériau pendant son appli-
des fissurations structurales ; cation.
• Dissiper les contraintes internes en autorisant des
déplacements contrôlés entre les éléments de la Estimation du coût des travaux : sur devis (une estima-
construction ; tion ne reflèterait pas la réalité du coût des travaux).
• Minimiser les risques de dégradations dans les zones
où des contraintes de traction peuvent s’accumuler. Points de vigilance

Avantages et limites :
• Les joints de rupture permettent une grande flexi-
bilité dans la conception et la durabilité des struc-
tures, mais leur efficacité dépend de leur implan-
tation correcte et de leur entretien régulier. Une
mauvaise exécution ou un sous-dimensionnement
peut réduire leur efficacité et augmenter les risques
de pathologies structurales.

Entretien :
• Les joints de rupture doivent être inspectés périodi-
quement pour vérifier leur intégrité et remplacer les
matériaux endommagés.

41
FICHE 16 5.2 INTERVENTION SUR LA
STRUCTURE DE L’HABITATION

RÉPARATION DES FISSURES

Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?

Intervention sur la structure de l’habitation Schéma de principe selon CSTB (2025).

Type d’action

Renforcement de la structure et de l’étanchéité


de la maison

Qui contacter ?

Points à considérer avant de réparer les fissures :


Architecte Bureau d’études
géotechnique
• Période d’attente nécessaire : La réparation immé-
diate des fissures après les travaux de fondation
risque d’être inefficace si le bâtiment subit encore
des ajustements structuraux. Il est recommandé
d’attendre que les mouvements résiduels cessent
Bureau d’études pour garantir la durabilité des réparations ;
structure • Stabilisation des charges : La consolidation du sol ou
l’alignement des contraintes après la mise en œuvre
de techniques comme les micropieux nécessite du
Quel est l’objectif des travaux ? temps ;
• Observation de l’évolution : Durant cette période,
Les fissures présentes dans une structure impactée surveiller les fissures pour identifier toute aggrava-
par des mouvements de sol peuvent nécessiter des tion ou nouvelle déformation.
réparations spécifiques pour restaurer l’esthétique
et l’étanchéité, mais leur traitement doit être planifié Conditions de mise en œuvre :
avec prudence.
• Évaluation des fissures (superficielles ou profondes,
En effet, la réparation des fissures n’est à considérer esthétiques ou structurales) ;
qu’une fois le traitement de la cause des désordres • Injection de résines ou pose d’agrafes métalliques
réalisé. pour refermer les fissures ;
• Finition avec des enduits ou produits adaptés.
Certaines techniques de reprise en sous-œuvre, comme
l’installation de micropieux ou de plots, induisent une Estimation du coût des travaux : sur devis (une estima-
période de mise en charge et stabilisation qui peut tion ne reflèterait pas la réalité du coût des travaux).
durer de 12 à 24 mois. Pendant cette période, la struc-
ture continue de s’adapter aux changements dans le Points de vigilance
sol et à l’apport des nouvelles fondations.
La réparation des fissures n’est à considérer qu’une
Ce dispositif vise à améliorer l’esthétique de la maison fois le traitement de la cause des désordres réalisé.
grâce notamment aux finitions post agrafage.

42
43
6.
LES TABLEAUX RÉCAPITULATIFS
DES SOLUTIONS DE PRÉVENTION
ET D’ADAPTATION
6.1 SOLUTIONS DITES HORIZONTALES

Description et mise en Besoin d’une solution


Solution dite horizontale
œuvre complémentaire ?
Créer les branchements de
Collecter et évacuer raccordement aux réseaux enterrés. Peut nécessiter l’installation
les eaux avec raccordement Installer des descentes d’eaux de descentes d’eaux pluviales
à un réseau étanche pluviales si inexistantes si absentes
Vérifier l’intégrité des réseaux

Supprimer les pièges à eau par


Installation et entretien la mise en place d’ouvrages et
des ouvrages de collecte dispositifs de gestion et de collecte
des eaux pluviales séparés des eaux pluviales, séparés du
du réseau de drainage déporté réseau de drainage déporté des
fondations

Installation de drainage
périphérique déporté Créer un réseau de de tranchées Peut nécessiter un drainage
Mise en séparatif des réseaux drainantes ceinturant la maison du remblai si terrain en pente
EU et EP

Ancrer verticalement dans une


Éventuellement associé
tranchée à au moins 2 m de
Pose d’écran anti-racines à un drainage des eaux
profondeur, un écran rigide associé
de ruissellement et souterraines
à une géomembrane

Dessouchage, suppression de
Peut être associer à la pose
Entretien de la végétation haie, coupure de racines, élagage,
d’un écran anti-racines
débroussaillement

Mise en place d’une géomembrane


Imperméabilisation horizontale Peut nécessiter la mise en place
ou d’un trottoir en béton, raccordé
du pourtour de la maison d’un drain et si vide sanitaire,
aux façades avec une légère pente
(drainée et non-drainée) il devra être faiblement ventilé
sur tout le pourtour de la maison

44
Avantages Inconvénients / Limites Durabilité approximative

Stabiliser la teneur en eau du sol Nécessite l’accord du gestionnaire


sous la construction en évacuant des réseaux.
Long terme (si régulièrement
les eaux pluviales loin des Nécessite d’évacuer le trop-plein
entretenu)
fondations. Peu coûteux. d’un dispositif de stockage vers un
Rapidité d’exécution exutoire permanent

Mieux gérer les écoulements Le réseau de drainage des eaux


souterrains et superficiels superficielles et de ruissellement Long terme (si régulièrement
en les éloignant des fondations est impérativement séparatif des entretenu)
de la maison eaux pluviales.

Stabiliser la teneur en eau


du sol sous la construction.
Mitoyenneté empêchant Long terme (si régulièrement
Minimise les mouvements
de ceinturer totalement la maison entretenu)
différentiels du sous-sol.
Peu coûteux

La profondeur d’ancrage peut


Limiter le développement racinaire
être plus profonde selon l’essence
et la dessiccation des sols. Stabiliser Long terme (si régulièrement
de l’arbre. Nécessite des travaux
la teneur en eau du sol sous la entretenu)
d’affouillement, sauf si recours
construction. Peu coûteux
à un écran en palplanche

Stabiliser la teneur en eau du sol


sous la construction en limitant le
Nécessite d’être réalisé Long terme (si réitéré
développement de la végétation
annuellement régulièrement)
Peu coûteux, Peu invasif
Facilité d’exécution

Stabilise la teneur en eau


Mitoyenneté empêchant Long terme (si régulièrement
du sol sous la construction.
de ceinturer totalement la maison entretenu)
Limite l’évaporation périphérique

45
6.2 SOLUTIONS DITES VERTICALES

Description et mise en Besoin d’une solution


Solution dite verticale
œuvre complémentaire ?

Mise en place de plots jointifs Excavation en alternance, coulage Non obligatoire mais parfois couplé
réalisés par phases alternées de plots en béton armé à des longrines

Excavation localisée, coulage de


Mise en place de plots discontinus Oui, longrine nécessaire pour une
plots espacés, ajout éventuel des
reliés ou non par une longrine meilleure continuité structurale
longrines

• Forage jusqu’à un sol porteur,


injection de ciment, insertion
• Peut nécessiter des longrines pour
d’armatures
répartir mieux des charges
Micropieux et minipieux • Forage plus large que celui pour
• Peut nécessiter une connexion aux
des micropieux, injection de
fondations existantes
béton ou ciment, mise en place
de tubes métalliques

Confortement du sol par injection Forage, injection de résines


Peut nécessiter un drainage
de matériaux sous les fondations expansives ou coulis de ciment

Application d’une interface


Réduction des frottements glissante sur les parois verticales A associer aux autres techniques
latéraux des excavations avant le coulage de reprises en sous-œuvre
du béton.

Réduire le phénomène de
gonflement sous les éléments de A associer aux techniques
Protection contre le soulèvement
structure (longrines, semelles) en impliquant la pose de longrines
sous les fondations
interposant un vide entre le sol et ou de semelles (plots discontinus)
les longrines

Remplacement du dallage par un


Peut nécessiter une reprise en
Remplacement d’un dallage par plancher accroché aux fondations
sous-œuvre des fondations pour
un plancher sur vide sanitaire existantes, avec un vide entre le sol
supporter la surcharge
et la structure

• Ajout d’éléments en béton armé • Peut être couplé à des reprises en


Rigidification de la structure • Poutre en béton armé autour de la sous-œuvre
structure, mise sous tension • Peut être combiné à des chaînages

Création d’un espace de dilatation Peut être couplé à un renforcement


Réalisation de joints de rupture
entre éléments structuraux des fondations

Evaluer les fissures. Injection


de résines ou pose d’agrafes
Réparation des fissures
métalliques pour refermer les
fissures. Finition

46
Avantages Inconvénients / Limites Durabilité approximative

Durée des travaux et difficulté


Renforcement uniforme Long terme (si bien dimensionné)
d’accès

Moins de continuité structurale si


Moins intrusif, évolution possible Moyen à long terme
non relié

• Adapté aux espaces restreints,


• Mise en charge longue (jusqu’à 24
charges modérées
mois), coûteux Long terme
• Charges plus élevées que celles
• Travaux plus lourds, plus coûteux
pour les micropieux

Moins efficace en cas de forte


Méthode rapide, peu invasive Selon l’Avis Technique du procédé
variations hydriques

Permet de réduire les efforts Travaux pouvant entraîner


parasites et protège la structure une modification esthétique Long terme
contre les effets du RGA en pied de façades de la maison

Intervention rapide, peu invasive.


Moins adaptée aux sols sujets
Amélioration des conditions Long terme
à de fortes variations hydriques
en vide sanitaire

Élimine les problèmes liés aux


Intervention lourde et coûteuse,
variations hydriques du sol, Long terme
nécessite un recalcul des charges
meilleure durabilité

• Meilleure cohésion structurale • Nécessite des travaux sur la


• Améliore la stabilité sans structure existante Long terme
démolition • Mise en œuvre complexe

Permettre le déplacement des Doit être bien calculé pour être


Long terme
éléments avoisinants efficace

Restauration rapide de l’esthétique Ne traite pas les causes sous-


Long terme
et de la fonctionnalité jacentes

47
7.
CONCLUSIONS
L’urgence climatique et l’ampleur que prend le situées en zones d’exposition moyenne et forte
phénomène de retrait -gonflement des sols argi- au phénomène de retrait-gonflement des argiles.
leux (RGA) depuis 2015 en France requièrent une Il aborde successivement :
mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés
en faveur de l’information et la sensibilisation, le • La description du phénomène de retrait et de
diagnostic, la prévention et l’adaptation. gonflement des sols argileux ;
• Son impact en termes de sinistralité ;
L’adaptation des bâtiments au phénomène RGA • L’importance et les principes généraux de la pré-
repose aujourd’hui sur la réparation post-sinistres, vention du RGA ;
financée par le régime Cat Nat pour les com- • Les solutions techniques de prévention et
munes reconnues en état de catastrophe natu- d’adaptation dites horizontales ;
relle. Cette politique curative présente des limites • Les solutions techniques de remédiation dites
en ne traitant les biens qu’une fois sinistrés avec verticales.
un coût moyen important. En effet, le coût de la
sinistralité est en perpétuelle augmentation : de Le recours aux solutions dites horizontales est
13,8 milliards d’€ entre 1989 et 2019, il passerait à privilégier car elles permettent de traiter les
à 43 milliards d’€ entre 2020 et 2050 d’après les causes du mouvement du sol. En effet, les solu-
projections de la Caisse centrale de réassurance tions de prévention et d’adaptation dites horizon-
(CCR). tales ont pour but de maîtriser les variations de la
teneur en eau du sol autour de la maison par, entre
Sur les 10 dernières années, les coûts cumulés autres, la maîtrise des écoulements superficiels et
de la sinistralité sont causés à 52% par le risque souterrains (pose de géomembrane, système de
sécheresse, puis à 30% par le risque inondation et drainage), la pose d’écrans anti-racines et la mise
enfin à 18% par les autres risques naturels. en place d’une bordure imperméable autour de la
maison.
Ainsi, le déploiement d’une politique de préven-
tion du RGA basée en premier lieu sur la mise Elles sont plus robustes, plus faciles à mettre en
en œuvre des solutions dites horizontales et en œuvre et à généraliser, et à moindre coûts en com-
second lieu les solutions dites verticales apparait paraison des solutions dites verticales (reprise des
d’autant plus efficiente et durable qu’elle cible fondations, etc.), sous réserve d’être régulière-
les biens particulièrement vulnérables. ment entretenues par les propriétaires des bâti-
ments afin de pérenniser leur durabilité et leur
Les travaux préventifs et d’adaptation vis-à-vis du efficience.
RGA peuvent non seulement réduire la sinistralité
future (construction neuve) mais sont tout aussi Les solutions horizontales peuvent être complé-
nécessaires et urgents pour adapter et réduire la tées par la mise en œuvre de solutions de remé-
vulnérabilité du bien aujourd’hui exposé. diation dites verticales afin de renforcer la struc-
ture et les fondations de la maison. Ces solutions
Ce guide présente la démarche globale de pré- verticales ne traitent que des conséquences du
vention et d’adaptation des maisons individuelles phénomène RGA.

48
49
ANNEXE 
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ET DOCUMENTS ASSOCIÉS AUX MESURES
DE PRÉVENTION ET D’ADAPTATION
DU RGA

[1] Béchade A. F. (2021) La pathologie des fonda- [8] Cutler D. F. and Richardson I. B. K. (1989) Tree
tions superficielles : diagnostic, réparations et roots and buildings. Second edition. Longman
prévention. Guide Pathologies des bâtiments : Scientific & Technical, ISBN 0-582-03410-8, UK.
CSTB Éditions, 529 pages, numéro ISBN 978-2-
86891-692-1, 2ème édition, France.
[9] 
France Assureurs (2021) Impact du change-
ment climatique sur l’assurance à l’horizon
[2] Béchade A. F. (2014) La pathologie des fonda- 2050. Rapport d’étude. [Link]
tions superficielles : diagnostic, réparations et [Link]/lassurance-protege-finance-et-em-
prévention. Guide Pathologies des bâtiments : ploie/lassurance-protege/actualites-protege/
CSTB Éditions, 360 pages, numéro ISBN 978-2- changement-climatique-quel-impact-sur-lassu-
86891-597-9, 1ère édition, France. rance-a-lhorizon-2050/

[3] CCR (2023b) Conséquences du changement cli- [10] 


Géorisques (2024a) Dossier expert sur le
matique sur le coût des catastrophes naturelles retrait-gonflement des argiles. Article web.
en France à horizon 2050. Rapport d’étude. [Link] ticles-
[Link] risques/retrait-gonflement-des-argiles/exposi-
tion-du-territoire-au-phenomene

[4] CEBTP (1991a) Guide pratique pour la détermi-


nation des solutions adaptées à la réparation [11] Ighil Ameur L. (2022) Les maisons et les routes
des désordres des bâtiments provoqués par la exposées au RGA à l’épreuve de l’adaptation
sécheresse. Fascicule 1 : bases de référence. au changement climatique. 11es journées natio-
nales de géotechnique et de géologie de l’in-
génieur (JNGG), Institut National des Sciences
[5] CEBTP (1991b) Guide pratique pour la détermina- Appliquées de Lyon [INSA Lyon], CFMS, CFMR,
tion des solutions adaptées à la réparation des CFGI, Lyon - France. [Link]
désordres des bâtiments provoqués par la séche- [Link]/hal-03720254/
resse. Fascicule 2 : principes et méthodologie.

[12] Javouhey J-M (2012) Ces maisons qui ont soif


[6] CEBTP (1991c) Guide pratique pour la détermi- – 20 ans de sinistres sécheresse (1989-2009)
nation des solutions adaptées à la réparation racontés par un expert – Prévention, répara-
des désordres des bâtiments provoqués par la tions, réglementation, assurances, … - Edition à
sécheresse. Fascicule 3: annexes techniques. compte d’auteur.

[7] CSTB (2021) Guide technique sur la pathologie


des fondations superficielles. CSTB editions.

50
[13] MRN (2024) Référentiels de résilience du bâti aux [16] SDES (2021) Nouveau zonage d’exposition au
aléas naturels. Rapport technique. [Link] retrait-gonflement des argiles : plus de 10,4
[Link]/wp-content/uploads/2024/03/ millions de maisons individuelles potentielle-
repertoire-mrn-des-referentiels-de-resilience- ment très exposées. Article web. [Link]
du-bati-aux-aleas-naturels_janvier-2024_vf_08- [Link]/
[Link] nouveau-zonage-dexposition-au-retrait-gon-
flement-des-argiles-plus-de-104-millions-de-
maisons
[14] 
MRN (2023) Diagnostic pour l’adaptation des
habitations au RGA avant dommages. Rap-
port méthodologique. [Link] [17] USG - CFG - CFMS - SYNTEC INGÉNIERIE (2021)
nouvelle-publication-mrn-diagnostic-pour-la- Ouvrages existants exposés à la sécheresse :
daptation-des-habitations-au-retrait-gonfle- stabilisation des sols de fondations par imper-
ment-des-argiles-avant-dommages-rapport-me- méabilisation périmétrale - Recommandations
thodologique/ sur la conception et la mise en œuvre. Recom-
mandations techniques. [Link]
[Link]/images/stories/recomman-
[15] 
MTECT (2021) Plaquette de communication dations/recomm_GEOMEMBRANE.pdf
article 68 loi ELAN « Construire en terrain argi-
leux : la réglementation et les bonnes pratiques
[Link] [18] 
CERIB. Guide de bonnes pratiques pour la
files/documents/construire_en_terrain_ construction en maçonnerie de blocs en béton.
argileux_reglementation_et_bonnes_pra- 2020.
tiques-v_modif%[Link]

51
GOUVERNEMENT

La démarche de réalisation de travaux de prévention


et d’adaptation du phénomène de retrait-gonflement
des argiles (RGA) dans l’habitat individuel existant
et neuf comprend 4 étapes successives :

Septembre 2025 - Direction Générale de l'Aménagement, du Logement et de la Nature • Conception-réalisation : La Netscouade • [Link] DGALN/MICOM
1. S’INFORMER sur l’exposition du bien au phénomène
de retrait-gonflement des sols argileux

2. FAIRE DIAGNOSTIQUER par un professionnel


la vulnérabilité de la construction concernée
en déroulant une méthodologie adaptée

3. SÉLECTIONNER – À L’AIDE D’UN PROFESSIONNEL


LES MESURES de prévention et d’adaptation
horizontales en premier lieu, éventuellement complétées
par des mesures verticales, les plus pertinentes

4. FAIRE RÉALISER LES TRAVAUX par un ou plusieurs


professionnels qualifiés

Ce guide apporte aux particuliers et aux collectivités ter-


ritoriales les clés de compréhension du phénomène de
retrait-gonflement des sols argileux. Il décrit la démarche
globale de prévention et d’adaptation des maisons indivi-
duelles au RGA. Il présente les principales mesures de pré-
vention et d’adaptation dites horizontales qui permettent
de traiter la ou les causes du phénomène RGA.

Il aborde également les principales solutions de remédiation


dites verticales qui peuvent être complémentaires des solu-
tions horizontales, pour traiter les conséquences du RGA.

Vous aimerez peut-être aussi