MTE Guide RGA Print
MTE Guide RGA Print
Mesures de prévention,
d’adaptation
et de remédiation du
phénomène de retrait
et de gonflement des
sols argileux (RGA)
dans la construction
Guide à destination
des particuliers
et des collectivités
territoriales
REMERCIEMENTS
Ce guide a été élaboré dans le cadre de la mesure L’élaboration de ce guide a été initiée par la Direc-
5 « protection de la population des désordres sur tion Générale de l’Aménagement, du Logement et
les bâtiments liés au retrait-gonflement des argiles » de la Nature (DGALN) du ministère de la Transi-
du Plan National d’Adaptation au Changement Cli- tion écologique et a été pilotée par la Direction de
matique (PNACC 3) porté par le Gouvernement. l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages (DHUP).
Il vise à promouvoir la compréhension et la diffu-
sion des solutions de prévention dites horizontales Le groupe de rédaction du guide était constitué
du phénomène de retrait-gonflement des argiles des membres suivants :
(RGA) dans la construction, lorsqu’elles sont adap- Lamine IGHIL AMEUR (Cerema) ;
tées. Duc Toan PHAM (CSTB) ;
Omar AL MANSOURI (CSTB).
OBJET DU GUIDE
Ce guide vise à apporter aux particuliers et aux col- 1. S’INFORMER sur l’exposition de la construction
lectivités territoriales les clés de compréhension concernée (parties 1 et 2 du guide). Pour obtenir
du phénomène de retrait et de gonflement des une information relative à l’exposition au RGA, le
sols argileux et de la démarche globale de préven- maître d’ouvrage peut :
tion de ce phénomène, pour choisir en priorité les a. Consulter le site du ministère en charge
solutions dites horizontales les plus pertinentes à de la transition écologique : [Link]
mettre en œuvre et adaptées à chaque construc- [Link]/politiques-publiques/sols-argileux-seche-
tion concernée. resse-construction ;
b. Consulter le site gouvernemental :
En cas d’apparition de premiers désordres, le [Link] et faire une recherche par
recours aux solutions dites verticales peut être adresse postale pour savoir à quels risques naturels
complémentaire des solutions horizontales. et technologiques une zone est exposée et ainsi
mieux connaître les risques près de chez soi ;
La démarche de réalisation de travaux de préven- c. Si la commune est couverte par un Plan
tion et d’adaptation du phénomène de retrait-gon- de Prévention des Risques de retrait-gonflement
flement des argiles dans l’habitat individuel exis- des argiles, le consulter en mairie, à la préfecture du
tant et neuf comprend plusieurs étapes successives département ou sur le site de la Direction Départe-
qui doivent être suivies par le maître d’ouvrage mentale des Territoires (et de la Mer) – DDT(M).
(propriétaire occupant de la maison individuelle,
collectivité territoriale) : 2. FAIRE DIAGNOSTIQUER la vulnérabilité de la
construction concernée par rapport au phéno-
2
mène de retrait-gonflement des argiles en dérou- 4. FAIRE RÉALISER LES TRAVAUX par un ou plu-
lant une méthodologie adaptée (partie 3 du guide) ; sieurs professionnels qualifiés (bureaux d’études
techniques spécialisés en RGA, hydrologue-hydro-
3. SÉLECTIONNER - À L’AIDE D’UN PROFESSION- géologue, bureaux d’études géotechnique, entre-
NEL - LES MESURES de prévention et d’adaptation prises spécialisées en gestion des eaux et de l’as-
horizontales en premier lieu puis éventuellement sainissement, en environnement, professionnels
les mesures verticales, les plus pertinentes au vu de la construction intervenant sur les fondations,
de l’exposition identifiée, du diagnostic établi, de la structure du bâti) (parties 4 et 5 du guide).
la situation de la construction et de l’économie du
projet (parties 4 et 5 du guide) ;
3
SOMMAIRE
INTRODUCTION 6
2• L A SINISTRALITÉ SÉCHERESSE
ET RÉHYDRATATION DES SOLS 9
2.1 Impacts du phénomène de RGA sur le bâti 9
2.1.1 Conséquences de la mauvaise gestion des eaux 11
2.1.2 Conséquences de la présence de végétation 12
2.1.3 Apparition et aggravation des dommages en l’absence d’une prise en charge 13
2.2 Impacts du changement climatique sur la sinistralité sécheresse et réhydratation des sols 14
3• L A DÉMARCHE DE PRÉVENTION
ET D’ADAPTATION DU RGA 15
3.1 Cas des maisons existantes 15
3.2 Cas des constructions neuves 18
3.3 Mesures de prévention et d’adaptation du bâti 18
4• SOLUTIONS « HORIZONTALES »
DE PRÉVENTION ET D’ADAPTATION DU RGA 20
4
5• S
OLUTIONS « VERTICALES »
DE RÉMÉDIATION AU RGA 31
5.1 Intervention sur les fondations 32
5.1.1 Réalisation d’une reprise en sous œuvre 32
5.1.2 Dispositions constructives propres à limiter l’effet
du retrait-gonflement des sols argileux sur les structures 36
5.1.3 Cas des dallages 38
5.2 Intervention sur la structure de l’habitation 39
6• L
ES TABLEAUX RÉCAPITULATIFS
DES SOLUTIONS DE PRÉVENTION ET D’ADAPTATION 44
6.1 Solutions dites horizontales 44-45
6.2 Solutions dites verticales 46-47
7• CONCLUSIONS 49
5
INTRODUCTION
Depuis 2015, la France connaît des sécheresses de maison est à prendre en considération car il joue
plus en plus fréquentes, précoces et intenses en un rôle central dans les dommages subis par la
termes de sinistralité et de coût des dommages construction.
associés, imputables aux effets du changement cli-
matique. L’urgence est aujourd’hui à la fois d’adap- Aujourd’hui, le bâti exposé peut être identifié grâce
ter le bâti existant, de prendre en compte les nou- aux cartographies du Bureau de recherches géolo-
velles règles et dispositions constructives pour les giques et minières (BRGM). Dans le cas où une habi-
bâtiments neufs soumis à la Loi ELAN depuis 2020 tation est exposée moyennement ou fortement
et de réaliser les études et reconnaissances de sols au RGA, des dispositions relatives à son environne-
nécessaires, basées sur un diagnostic de vulnéra- ment proche peuvent être très rapidement mises
bilité de la maison, l’identification des facteurs en place pour réduire sa vulnérabilité et l’adapter,
de prédisposition et des facteurs déclenchant les notamment à travers des solutions dites horizon-
sinistres RGA, pour bien intégrer le bâtiment dans tales et des procédés existants.
son environnement proche et mieux bâtir à l’avenir.
Ce guide a été conçu pour que le lecteur puisse le
Les maisons individuelles construites sur des sols plus aisément possible, accéder à une information
argileux sont particulièrement sensibles aux phé- claire, structurée et illustrée sur les mesures de pré-
nomènes de retrait et de gonflement. Elles peuvent vention et d’adaptation horizontales pouvant être
subir des dommages structurels tels que des fis- mises en œuvre pour réduire la vulnérabilité d’une
surations des murs, des distorsions de portes ou maison individuelle implantée en zone d’exposi-
fenêtres, des dislocations de dallages et de cloisons tion au RGA. Les mesures de remédiation verticales
et, parfois, des ruptures de canalisations enter- pouvant intervenir en complémentarité, elles sont
rées. Les techniques classiques de confortement également présentées dans ce guide.
des fondations sont souvent lourdes à mettre en
œuvre, coûteuses et ne traitent pas des causes Afin de détailler la démarche globale de préven-
ayant conduit aux sinistres. En France, une maison tion et d’adaptation d’une maison individuelle vis-
sur deux est potentiellement vulnérable au phéno- à-vis du RGA, ce guide aborde successivement les
mène de sécheresse. Le confortement et la prise sujets suivants :
en compte des recommandations techniques sont
essentiels pour réduire la vulnérabilité au RGA et • La description du phénomène de retrait et de
les dommages consécutifs. gonflement des argiles ;
• Son impact en termes de sinistralité ;
Dans la problématique du RGA, il faut considérer • L’importance et les principes généraux de la
la construction qu’est la maison individuelle, le sol prévention du RGA ;
sensible à ce phénomène mais surtout l’environne- • Les solutions techniques de prévention et
ment proche de la maison. Bien que souvent peu d’adaptation dites horizontales ;
évoqué, l’environnement proche caractérisé par la • Les solutions techniques de remédiation dites
gestion des eaux et de la végétation autour de la verticales.
Important :
Avant de mettre en œuvre des solutions retenues, il est essentiel de procé-
der à une évaluation approfondie du sol en présence pour caractériser la pré-
sence d’argiles, de l’environnement proche et de l’état de la construction par
un bureau d’étude spécialisé en structure et/ou en géotechnique. Ce bureau
d’étude devra établir un diagnostic précis de l’état des lieux de la construction
et de son environnement et proposer des solutions techniques adaptées.
6
1.
LE PHÉNOMÈNE DE RETRAIT-GONFLEMENT
DES ARGILES
1.1 QU’EST-CE QUE LE PHÉNOMÈNE DE RGA ?
7
1.2 CARTE D’EXPOSITION AU RGA
La carte d’exposition au RGA a été réalisée en le nouveau zonage de l’exposition au RGA (voir
s’appuyant sur deux sources de données : fig.2) montre un net accroissement des zones
d’exposition moyenne ou forte au RGA.
• La carte de susceptibilité au RGA, établie par
le BRGM qui a identifié les formations argileuses Depuis fin août 2019, la carte d’exposition du ter-
a priori sujettes au phénomène à partir de la ritoire au RGA (Fig. 2) remplace la carte de l’aléa
carte géologique de la France au 1/50 000 et retrait-gonflement des argiles de 2013, à l’échelle
les a hiérarchisées selon un degré de suscepti- départementale sur l’ensemble du territoire natio-
bilité croissant (Géorisques, 2024). D’après cette nal et requalifie l’exposition de certains territoires.
cartographie, 24 % du territoire est en zone de En effet, 48% du territoire métropolitain est situé
susceptibilité moyenne ou forte. La susceptibi- en zone d’exposition moyenne ou forte.
lité d’une maison au RGA résulte d’une hiérar-
chisation fondée sur trois critères (nature des Cette carte présente la situation globale de l’ex-
argiles, composition minéralogique, comporte- position du territoire métropolitain. À l’échelle de
ment géotechnique). Elle définit la possibilité la parcelle, la situation réelle peut s’avérer plus ou
pour une maison d’être affectée par un sinistre moins favorable et doit être étudiée spécifique-
induit par le RGA en un point donné du terri- ment.
toire métropolitain (SDES, 2021).
Cette carte a pour objectif d’identifier les zones
• Les données actualisées et homogénéisées de exposées au phénomène RGA où s’appliquent les
la sinistralité effectivement observée, collec- dispositions réglementaires introduites par l’ar-
tées par la Mission Risques Naturels (MRN). La ticle 68 de la loi ELAN1, portant évolution du loge-
prise en compte de la sinistralité observée dans ment, de l’aménagement et du numérique.
Important :
La cartographie de l’exposition du terri-
toire métropolitain au phénomène RGA
est en cours de mise à jour et devrait
être disponible fin 2025.
1
[Link]
8
2.
LA SINISTRALITÉ SÉCHERESSE
ET RÉHYDRATATION DES SOLS
2.1 IMPACTS DU PHÉNOMÈNE DE RGA SUR LE BÂTI
L’analyse des effets du phénomène de RGA sur • De l’ensemble des facteurs sinistrants : les
les maisons individuelles requiert la prise en réseaux enterrés fuyards, le défaut de drainage
compte : en terrain en pente, la succion de la végétation
et absence d’écran anti racines, l’absence de
• De l’ensemble des facteurs de prédisposition : protection des remblais par une géomembrane
la structure de la maison, la nature des argiles, et la présence de pièges à eaux anthropiques.
la pente du terrain, la présence de végétation
et la météorologie locale ; La figure 3 représente quelques-uns de ces fac-
teurs et des dommages induits pour les maisons
(Béchade, 2014 et Reiffsteck, 1999).
Transpiration
Construction
Précipitation
Évaporation
Végétation Ruissellement
Sol
Réserve
Sous-sol utile
Succion
racinaire Infiltration Gonflement
Nappe Remontée
capillaire Retrait
Béchade (2014)
Figure 3 : Impacts du RGA et des facteurs de l’environnement proche sur les maisons individuelles.
9
Les maisons individuelles construites le plus sou- • De plus, la présence de la végétation à proximité
vent sur des fondations superficielles sont les plus des fondations accentue la succion du sol par
vulnérables au phénomène de RGA et aux défor- l’action racinaire pouvant atteindre 5 m de pro-
mations volumiques induites du sol de fondation : fondeur ;
• Par ailleurs, une mauvaise gestion des eaux
• D’abord, les saisonnalités, avec une survenance autour de la maison peut être préjudiciable, où
devenue très variable, provoquent la dessicca- une infiltration indésirable au droit des fonda-
tion et le retrait des couches superficielles du tions peut provoquer la plastification du sol et
sol pendant la période de sécheresse. Puis, une son enfoncement.
saturation marquée par le gonflement des sols
argileux pendant la période de précipitations,
parfois ponctuelles et très intenses ;
10
2.1.1 Conséquences de la mauvaise gestion des eaux
Les sols argileux sont sensibles aux variations de • Un second exemple au travers d’un pourtour
la teneur en eau lorsqu’ils sont soumis aux cycles composé de matériaux drainants permettant
de sécheresse et de précipitations. Une mauvaise l’infiltration des eaux de pluie jusqu’à stagnation
gestion des eaux pluviales peut entraîner des dom- durant l’hiver (Fig. 5e1) et une fissuration de des-
mages sur une maison individuelle construite sur siccation de plusieurs centimètres durant l’été
des sols argileux très plastiques. La figure 4 illustre (Fig. 5e2) ;
plusieurs exemples de mauvaise gestion des eaux : • Un troisième exemple lié au mauvais entretien
des conduites d’eau qui peut causer des fuites
• Un exemple lié au ruissellement (Fig. 5a et b) et un déversement dans le sol à proximité immé-
où la façade faisant face (en rouge) a tendance diate ou sous la maison de quantités d’eau non
à s’enfoncer avec des conséquences visibles en négligeables (5f).
termes de blocage des portes et d’enfoncement
de la façade (Fig. 5c et d) ;
(5f)
11
2.1.2 Conséquences de la présence de végétation
Le rôle de la végétation dans le contexte d’un ter- Les fondations d’une maison se trouvant dans la
rain argileux est souvent prépondérant. Le sol sous zone d’influence géotechnique (ZIG) de cet arbre
les constructions constitue un réservoir d’eau à subiront une double distorsion : verticale et hori-
faible profondeur pour la succion des racines des zontale, en particulier dans le cas d’une semelle
arbres et arbustes. Un déséquilibre hydrique se filante (fondation superficielle assurant le trans-
produit alors dans le sol en termes de teneur en fert et la répartition des charges supportées par
eau qu’il est d’autant plus difficile à rééquilibrer la maison dans le sol) où des fissures en escalier
dans le cas de sols argileux très peu perméables. peuvent apparaître sur les façades impactées
(Fig. 5).
Les variations de la teneur en eau induisent des
déformations volumiques de retrait du sol lorsqu’il En termes de distance d’action de la végétation
s’agit d’une dessiccation sous l’effet de la séche- vis-à-vis de la construction, il est généralement
resse. Ainsi, la présence d’un arbre trop proche admis que les racines peuvent s’étendre jusqu’à
des fondations d’une maison induit un tassement 1,5 fois la hauteur de l’arbre à maturité. Les racines
du sol et une certaine reptation du sol vers l’arbre. peuvent atteindre 4 à 5 m de profondeur en fonc-
tion des essences, de l’intensité et de la fréquence
des besoins en eau de l’arbre, en particulier pen-
dant une sécheresse.
➂ ➁
➄ ➃
Affaissement
Rotation entraînant du cisaillement horizontal
Turbosuccion horizontale des racines
(radiale vers le tronc)voir annexe B)
➀ Désaffleure avec épaufrure des lèvres
de la fissure horizontale
➀ ➁ Radicelles
➂ Bulbe de répartition des contraintes sur le sol
➃ Dessication du sol de la motte de terre contenue
dans les racines et les radicelles
Figure 5 : Conséquences de la présence de végétation à proximité d’une maison (Béchade et al. 2014)
Affaissement
12 Rotation entraînant du cisaillement horizontal
Turbosuccion horizontale des racines
(radiale vers le tronc voir annexe B)
➀ Désaffleure avec épaufrure des lèvres
2.1.3 Apparition et aggravation des dommages en l’absence
d’une prise en charge
Les fissures dues à la sécheresse et à la réhydra- a. Mode de déformation provoqué par un retrait
tation des sols sont caractéristiques avec des périphérique du sol sous la maison ;
formes particulières, souvent localisées proches b. M ode de déformation provoqué par un retrait
des zones de faiblesse (ouvertures de fenêtres et localisé du sol induit par la présence d’un arbre ;
de portes par exemple). Elles sont la conséquence c. Mode de déformation provoqué par
de déformations du sol provoquées via divers le tassement d’un mur de façade.
modes illustrés sur la Fig. 6 :
a. b. c.
Figure 6 : Modes d’apparition des fissures liés au RGA (Ifsttar et Ineris, 2017).
La Fig. 7 illustre un exemple concret d’une maison Cette aggravation est la conséquence directe de
construite en 1998 sur terrain argileux et achetée l’absence d’une prise en charge à travers un dia-
par sa propriétaire actuelle en 2010 : les premières gnostic des facteurs de l’environnement proche,
fissures de quelques millimètres sont apparues en termes de végétation et de gestion de l’eau, et
en 2015 puis elles se sont aggravées durant les de la non réalisation des travaux nécessaires pour
six années de sécheresses récurrentes et intenses y remédier. C’est désormais la stabilité de la struc-
jusqu’en 2020 avec des ouvertures de l’ordre de ture de la maison qui est atteinte et menacerait
centimètres. de s’effondrer.
13
© N. Debenne
Figure 7 : Aggravation de la fissuration d’une maison sous l’effet des sécheresses de 2015 à 2020.
Sur la dernière décennie, l’augmentation consta- Les dégâts sécheresse indemnisés par les assureurs
tée de la fréquence et de l’intensité des épisodes sont chiffrés à 13,8 Md€ entre 1989 et 2019. La nou-
de sécheresse (notamment estivales) a conduit à velle projection de France Assureurs (2021) abou-
une augmentation de la vulnérabilité du bâti et des tit au triplement de la charge moyenne annuelle à
sinistres dus au RGA. Par ailleurs, le contraste plus hauteur de 43 Md€ entre 2020 et 2050 et estime
marqué hiver/été avec le changement climatique à 17,2 Md€ la part de l’effet du changement clima-
conduit à des dessiccations estivales plus impor- tique sur cette même période.
tantes et des épisodes pluvieux plus intenses.
La Caisse Centrale de Réassurance (CCR) a publié
Les désordres cumulés nécessitent des travaux en septembre 2023 une étude sur les conséquences
lourds et coûteux. La part du coût lié au RGA dans du changement climatique sur le coût des catas-
le régime d’indemnisation des catastrophes natu- trophes naturelles en France à horizon 2050.
relles ne représentait que de 25 à 35 % entre 2010
et 2016. Elle a atteint 70 % pour les cinq dernières Elle estime que la sinistralité due à la sécheresse et
années soit environ 1,5 Md€ par an (source : CCR). à la réhydratation des sols devrait augmenter de
+40 % à l’horizon 2050 sous l’effet du changement
climatique et +60 % en intégrant l’évolution des
enjeux assurés.
2
[Link]
14
3.
LA DÉMARCHE DE PRÉVENTION
ET D’ADAPTATION DU RGA
Développer une politique de prévention du phé- Pour définir précisément les travaux préventifs
nomène RGA devient important dans le contexte adéquats, chaque projet de construction neuve
de l’expansion du phénomène et du coût croissant ou de travaux sur une maison existante doit être
de la sinistralité consécutive à la sécheresse et à la étudié à l’échelle de sa parcelle, afin de définir la
réhydratation des sols. Les travaux préventifs et solution technique la plus pertinente en matière
d’adaptation vis-à-vis du RGA peuvent non seu- d’impact positif pour réduire la vulnérabilité du
lement réduire la sinistralité future (construction bâti et d’impact économique des mesures de pré-
neuve) mais sont tout aussi nécessaires et urgents vention.
pour adapter et réduire la vulnérabilité du bien
aujourd’hui exposé.
Plus d’une maison existante sur deux est construite Dans le cas où des travaux préventifs et d’adapta-
sur un terrain argileux avec une exposition tion illustrés sur la figure 8 sont applicables, une
moyenne ou forte au RGA. Chaque propriétaire mise en œuvre sans délai permet d’éviter l’appa-
a aujourd’hui la possibilité de vérifier si son bien rition ou l’aggravation d’éventuels sinistres sur
est exposé au RGA en consultant le site gouverne- la structure de la maison. Attendre qu’un arrêté
mental Géorisques3. Cat-Nat sécheresse et réhydratation des sols soit
favorable à sa commune et que l’expertise séche-
En fonction de sa situation, un diagnostic RGA resse soit confirmée, c’est laisser les dommages
approfondi réalisé par un professionnel qualifié s’aggraver pendant ce temps (plusieurs mois de
sur le sujet est nécessaire (expert en assurance, procédure).
bureau d’études structure ou géotechnique).
Important :
La réalisation de travaux de prévention, d’adaptation et de remédiation (traite-
ment des fissures et ravalement par exemple, en cas de présence de désordres
existants) nécessite impérativement de réaliser un diagnostic de vulnérabilité
de la construction, avant l’engagement de tous travaux. Ne pas réaliser un tel
diagnostic ferait porter une lourde responsabilité au maître d’ouvrage, au maître
d’œuvre et aux entreprises chargées des travaux, compte tenu des désordres
qui seraient susceptibles d’intervenir.
3
[Link]. Le propriétaire peut rechercher son bien en renseignant son adresse postale.
15
Figure 8 : Comment réduire la vulnérabilité de sa maison exposée au RGA face à la sécheresse ?
4
Consulter la plaquette de l’Agence Qualité Construction : [Link]
[Link]
16
LE DIAGNOSTIC RGA DE SA MAISON
Faire réaliser le diagnostic de son bien exposé Le professionnel réalisant le diagnostic RGA du
au RGA par un professionnel qualifié (expert en bien pourra également se référer au rapport
assurance, bureau d’études structure ou géo- méthodologique portant sur un diagnostic pour
technique) est indispensable aujourd’hui pour l’adaptation des habitations au RGA avant dom-
mieux caractériser le risque à l’échelle de la par- mages, réalisé par la Mission Risques Naturels
celle et mettre en œuvre des mesures de préven- en 20235. Ce rapport propose une méthodolo-
tion et d’adaptation appropriées et optimales à gie de diagnostic qui s’applique à des maisons
moindre coût. individuelles existantes exposées au RGA et non
sinistrées.
Le diagnostic RGA se base sur 4 étapes clés à
suivre dans l’ordre, synthétisées dans le tableau
ci-après (issues du guide CSTB « la pathologie
des fondations superficielles » de 2021).
Étape Description
Avant la première visite • Collecter et analyser les documents et renseignements généraux de la maison
de la construction et de son environnement : situation du terrain (site [Link]), documents
de la construction (étude de sol si existante)
5
[Link]
17
3.2 CAS DES CONSTRUCTIONS NEUVES
Pour réduire la vulnérabilité d’une maison au phé- Les mesures de prévention et d’adaptation du bâti
nomène RGA, il convient de s’intéresser en prio- au RGA sont représentées sur la figure 9.
rité à son environnement proche pour notamment
mieux gérer les eaux et la végétation autour des
fondations. Ces domaines d’actions sont souvent
peu traités alors qu’ils ont un impact majeur dans
l’apparition et le développement de dommages
subis par la construction.
6
rrêté du 22 juillet 2020 définissant le contenu des études géotechniques à réaliser dans les zones exposées au phénomène de mouvement de
A
terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols, [Link]
7
Arrêté du 22 juillet 2020 relatif aux techniques particulières de construction dans les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain
différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols, [Link]
8
[Link]
18
Figure 9 : Synthèse des mesures de prévention et d’adaptation du bâti au phénomène RGA (guide CSTB, 2021)
Information :
Les fiches descriptives détaillant ces principales solutions de prévention et
d’adaptation, ainsi que les solutions de remédiation du bâti post-diagnostic
RGA, sont présentées dans les parties 4 et 5 du guide.
19
4.
SOLUTIONS « HORIZONTALES »
DE PRÉVENTION ET D’ADAPTATION DU RGA
Les solutions de prévention et d’adaptation Ces solutions ont comme principaux avantages
dites horizontales sont à rechercher en priorité d’être :
car elles permettent d’agir sur les causes respon-
sables du RGA et de l’apparition de sinistres. Elles • Plus robustes pour stabiliser la teneur eau du
consistent à intervenir sur la première tranche sol sous les fondations de la maison ;
de sol (1,5 m d’épaisseur) et à confiner les argiles. • Moins coûteuses à mettre en œuvre que les
Les 5 principales mesures de prévention horizon- solutions de remédiation dites verticales ;
tales sont représentées sur la figure 10 : • Plus facilement mises en œuvre en étant moins
invasives ;
1. L
’étanchéité parfaite des réseaux d’eau • Plus durables si elles sont régulièrement entre-
enterrés ; tenues.
2. La gestion des eaux, avec notamment le drai-
nage déporté en amont des constructions en
terrain en pente, séparatif des eaux pluviales ;
3. La gestion de la végétation proche, avec
notamment la pose d’écran anti-racines ;
4. L’imperméabilisation du sol au droit des fon-
dations sur le pourtour de la maison ;
5. La suppression des pièges à eau anthropiques.
20
>>
FICHE 1 4.2 LA GESTION DES EAUX
Stabiliser la teneur en eau du sol sous l’habitation Schéma de principe du raccordement à un réseau
dans son environnement proche étanche existant selon selon Ifsttar et CSTB (2017)
Type d’action
Eaux
pluviales
Gestion des eaux autour de la construction
Raccordement Eaux usées
collectif
Qui contacter ?
EP Fosse
septique
EU
21
FICHE 2 4.2 LA GESTION DES EAUX
22
Plusieurs dispositifs sont envisageables : • Les réservoirs de collecte des eaux pluviales pour
l’arrosage sont en général équipés d’un système de
• En terrain argileux, des gouttières sont obligatoires trop-plein fermé et raccordé aux conduites d’éva-
et l’emploi de chaînes en guise de descentes d’eaux cuation vers le réseau ou vers le(s) point(s) de rejet,
pluviales est à proscrire ; afin d’éviter un déversement direct sur le sol proche
• Descentes d’eau : de la construction (si le dispositif est trop proche du
• Si inexistantes, installer des gouttières pen- bâti) (500 € HT) ;
dantes et des descentes d’eau pour collecter • Si trop proche de la maison, combler un dispositif
les eaux de pluie et les renvoyer soit (lorsque de stockage des EP par remplissage de sable (500 -
le terrain le permet) vers un espace végétalisé 1000 € HT).
pour infiltration à la parcelle mais éloigné de
la maison (pas d’infiltration des EP en pied de Estimation du coût des travaux : entre 500 et
façades) (coût 1000 € HT), soit dans un regard 1500 € HT selon le dispositif mis en place (MRN, 2023).
en pied de chute raccordé au réseau d’assainis-
sement ;
• Si existantes, raccorder les descentes d’eau plu- Points de vigilance
viales gravitairement, à un réseau d’évacuation
des EP ; Le réseau de drainage des eaux superficielles et de
ruissellement est impérativement séparatif des eaux
• Installer un regard de visite au droit du drain pour
pluviales.
permettre son contrôle et son entretien (1500 € HT).
Pour assurer la durabilité et l’efficacité de ces dispo-
Les regards de visite du réseau d’eaux pluviales qui
sitifs de gestion des eaux (gouttières, réseaux, regards
fuient doivent être refaits ;
de visite, pompe à chaleur...) leur bon entretien régu-
• Le collecteur drainage/EP doit être implanté à au lier par le propriétaire et les gestionnaires de réseaux
moins 5 m de toute construction, en aval de la est indispensable, avec des coûts d’entretien estimés
construction sur un terrain en pente et être isolé à 500 € HT / an.
des matériaux fins argileux par un géotextile (coût
1000 € HT) ;
• Si le terrain est en pente, installer un caniveau à grille
drainant de type noue, en amont de la maison afin
de collecter les eaux de ruissellement. Ce caniveau
doit être évacué de sorte de ne pas alimenter les
éventuels drains périphériques de la maison (1000 €
HT) ;
23
FICHE 3 4.2 LA GESTION DES EAUX
Stabiliser la teneur en eau du sol sous l’habitation Schéma de principe selon le guide CSTB (2021)
dans son environnement proche
Type d’action
Qui contacter ?
24
Composition du drain :
Points de vigilance
25
FICHE 4 4.3 LA GESTION DE LA VÉGÉTATION
Pour quel objectif visé ? Il existe trois types d’écrans anti-racines pouvant être
mis en place selon plusieurs paramètres à prendre en
Stabiliser la teneur en eau du sol sous l’habitation compte : l’agressivité de la végétation (*), l’accès pour
dans son environnement proche les engins de chantier, la pente et la nature du terrain
et la limite de propriété.
Type d’action La technique retenue est aussi fonction de la distance
entre l’écran et la maison et de la profondeur de suc-
Gestion de la végétation et l’action racinaire cion des racines. Celle-ci est en général d’1,5 m pour
une haie et peut aller jusqu’à 5 m pour un arbre. Pour
Qui contacter ? chaque technique, la fouille fait 30 cm de largeur :
En France, ce sont les chênes, les peupliers, les saules et les cèdres qui paraissent les plus préjudiciables
pour les constructions se trouvant dans la zone d’action de leurs racines (la ZIG).
27
FICHE 5 4.3 LA GESTION DE LA VÉGÉTATION
ENTRETIEN
DE LA VÉGÉTATION
28
FICHE 6 4.3 LA GESTION DE LA VÉGÉTATION
IMPERMÉABILISATION HORIZONTALE
DU POURTOUR DE LA MAISON
Pour quel objectif visé ? En quoi consistent les travaux ?
Stabiliser la teneur en eau du sol sous l’habitation Solution drainée type géomembrane selon guide
dans son environnement proche CSTB, 2021
Type d’action
Qui contacter ?
29
perméabilisation plus discrète. En cas de refus, il • Une difficulté peut se poser lorsque l’une des façades
faut revenir aux méthodes traditionnelles de reprise est située en limite de propriété (nécessitant un
en sous-œuvre ou d’amélioration de sol. accord avec le propriétaire mitoyen). L’impossibilité
de disposer l’étanchéité sur tout le contour de la
Estimation du coût des travaux : entre 2 et 10 k€ HT construction est de nature à favoriser les désordres
(MRN, 2023). et il est alors préférable d’abandonner cette
solution.
Points de vigilance • En cas de réalisation d’une étanchéité autour de la
construction, afin d’éviter un assèchement du sol
• La solution trottoir imperméable drainé ou non dommageable sous la construction par évaporation
drainé devra faire l’objet d’une étude particulière, par le vide sanitaire, il conviendra de veiller à ce
la nécessité du drain étant fonction de la nature des que celui-ci soit normalement ventilé (par exemple,
sols au-dessous et au-dessus de la membrane, de leur pour 100 m2 de surface de plancher, 4 orifices de
sensibilité à l’eau, du contexte géomorphologique ventilation avec une section de ventilation de 125
et de la largeur du dispositif. cm2 chacun suffisent).
30
5.
SOLUTIONS « VERTICALES »
DE REMÉDIATION AU RGA
Les solutions dites verticales de remédiation Par ailleurs, les interventions en site occupé
au RGA peuvent venir en complémentarité sont toujours très délicates et contraignantes en
après la réalisation de mesures horizontales. termes d’accessibilité par exemple.
Elles permettent de traiter les conséquences du
mouvement du sol avec la rigidification de la Les solutions de remédiation dites verticales
construction, en intervenant sur deux catégories retenues dans ce guide correspondent prin-
d’ouvrages : cipalement à celles recommandées dans le
guide « Retrait et gonflement des argiles – ana-
• Intervention sur les fondations ; lyse et traitement des désordres créés par la
• Intervention sur la structure de la maison. sècheresse », Ifsttar et Ineris (2017) et le guide
« la pathologie des fondations superficielles »
En comparaison aux solutions dites horizontales, du CSTB (2021). Il convient de se référer à ces
les solutions verticales sont en général guides pour des plus amples informations sur les
mesures de remédiation.
• Plus coûteuses à mettre en place ;
• Nécessitent des travaux lourds, complexes à réa- Pour toutes les solutions verticales présentées
liser sur une maison existante et parfois longs ; ci-après, la réalisation d’une étude de la struc-
• Durables. ture de la maison par un bureau d’études struc-
ture par exemple, est un préalable indispensable
avant toute mise en œuvre soignée de travaux.
31
>>
FICHE 7 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.1 Réalisation d’une reprise en sous œuvre
La reprise en sous-œuvre consiste à renforcer ou modifier les fondations existantes pour améliorer
la stabilité de l’ensemble de la construction. Les techniques de reprise en sous-œuvre diffèrent en
fonction des besoins, allant de l’approfondissement des fondations à leur renforcement.
Type d’action
Qui contacter ?
32
FICHE 8 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.1 Réalisation d’une reprise en sous œuvre
Type d’action
Qui contacter ?
33
FICHE 9 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.1 Réalisation d’une reprise en sous œuvre
Pour quel objectif visé ? L’installation des micropieux et minipieux suit plu-
sieurs étapes principales :
Intervention sur les fondations
• Forage : un forage est réalisé jusqu’au sol porteur,
Type d’action avec un diamètre généralement compris entre 80 et
250 mm pour les micropieux et 150 à 400 mm pour
Réaliser une reprise des fondations en sous-œuvre les minipieux ;
• Injection : un coulis de ciment est injecté sous pression
Qui contacter ? pour assurer l’adhérence au sol environnant. Pour les
minipieux, un coulis de ciment ou un béton plus fluide
peut être utilisé, selon les contraintes du projet ;
• Insertion : une armature métallique est introduite
dans le forage. Les micropieux utilisent générale-
ment des barres d’armature, tandis que les mini-
pieux peuvent intégrer, en plus des barres d’arma-
Architecte Bureau d’études ture, des tubes métalliques ou des profilés en acier
géotechnique pour une capacité portante plus grande ;
• Scellement : le coulis ou le béton est complété afin
d’assurer un ancrage optimal au sol porteur.
Calepinage :
Bureau d’études Le positionnement des micropieux ou minipieux est
structure déterminé en fonction de l’analyse structurale de l’ou-
vrage et des caractéristiques du sol. L’espacement et
l’angle d’implantation sont optimisés pour garantir une
Quel est l’objectif des travaux ? bonne répartition des charges.
Inconvénients :
• Micropieux : nécessitent un équipement spécialisé
et une mise en œuvre parfois longue ;
• Minipieux : travaux plus lourds et plus coûteux en
raison du diamètre plus important.
34
FICHE 10 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.1 Réalisation d’une reprise en sous œuvre
Qui contacter ?
Points de vigilance
Avantages :
• Intervention rapide et localisée, peu invasive ;
• Ces deux techniques peuvent être utilisées pour
une reprise localisée à la zone sinistrée.
Inconvénient :
• Moins adaptée aux sols sujets à de fortes variations
hydriques.
35
FICHE 11 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.2 Dispositions constructives propres à limiter l’effet
du retrait-gonflement des sols argileux sur les structures
Type d’action
Qui contacter ?
Bureau d’études Estimation du coût des travaux : sur devis (une estimation
structure ne reflèterait pas la réalité du coût des travaux).
Point de vigilance
Quel est l’objectif des travaux ?
• Ces travaux peuvent entraîner une modification
On associe régulièrement aux techniques de reprise esthétique en pied de façades de la maison.
en sous-œuvre des dispositions visant à limiter le frot-
tement parasite sur les faces latérales des éléments de
structure en contact avec le sol.
36
FICHE 12 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.2 Dispositions constructives propres à limiter l’effet
du retrait-gonflement des sols argileux sur les structures
Type d’action
Qui contacter ?
Points de vigilance
Quel est l’objectif des travaux ?
Avantages :
Ce dispositif vise à réduire le phénomène de gon- • Intervention rapide et localisée, peu invasive ;
flement sous les éléments de structure (longrines, • Amélioration des conditions en vide sanitaire :
semelles), en interposant un vide entre le sol et les Lorsque la maison dispose d’un vide sanitaire, un
longrines. film de polyane armé est posé sur le sol pour limiter
les variations d’humidité dues à l’évaporation, sou-
vent aggravées par les courants d’air.
Inconvénient :
• Moins adaptée aux sols sujets à de fortes variations
hydriques.
37
FICHE 13 5.1 INTERVENTION SUR LES FONDATIONS
5.1.3 Cas des dallages
Type d’action
Qui contacter ?
Inconvénients :
• Les travaux de confortement des dallages sont ina-
daptés aux sols gonflants ;
• Les travaux de remplacement de dallage par un
plancher accroché aux fondations sont une Inter-
vention lourde, coûteuse et qui nécessite un recalcul
des charges.
38
FICHE 14 5.2 INTERVENTION SUR LA
STRUCTURE DE L’HABITATION
RIGIDIFICATION DE LA STRUCTURE
Qui contacter ?
Bureau d’études
structure
39
Chaînages verticaux : consolidation des angles
• Les chaînages verticaux sont stratégiquement
implantés pour renforcer les zones sensibles comme
les angles du bâtiment, qui sont souvent les pre-
miers points de faiblesse en cas de contraintes
mécaniques ou de mouvements du sol ;
• Prévention des fissures d’angle : Ils assurent une liai-
son solide entre les différentes parois du bâtiment ;
• Solidarité structurale : Ils aident à éviter le délami-
nage des murs et assurent une cohésion entre les
différentes parties de la maçonnerie.
Type d’action
Qui contacter ?
Avantages et limites :
• Les joints de rupture permettent une grande flexi-
bilité dans la conception et la durabilité des struc-
tures, mais leur efficacité dépend de leur implan-
tation correcte et de leur entretien régulier. Une
mauvaise exécution ou un sous-dimensionnement
peut réduire leur efficacité et augmenter les risques
de pathologies structurales.
Entretien :
• Les joints de rupture doivent être inspectés périodi-
quement pour vérifier leur intégrité et remplacer les
matériaux endommagés.
41
FICHE 16 5.2 INTERVENTION SUR LA
STRUCTURE DE L’HABITATION
Type d’action
Qui contacter ?
42
43
6.
LES TABLEAUX RÉCAPITULATIFS
DES SOLUTIONS DE PRÉVENTION
ET D’ADAPTATION
6.1 SOLUTIONS DITES HORIZONTALES
Installation de drainage
périphérique déporté Créer un réseau de de tranchées Peut nécessiter un drainage
Mise en séparatif des réseaux drainantes ceinturant la maison du remblai si terrain en pente
EU et EP
Dessouchage, suppression de
Peut être associer à la pose
Entretien de la végétation haie, coupure de racines, élagage,
d’un écran anti-racines
débroussaillement
44
Avantages Inconvénients / Limites Durabilité approximative
45
6.2 SOLUTIONS DITES VERTICALES
Mise en place de plots jointifs Excavation en alternance, coulage Non obligatoire mais parfois couplé
réalisés par phases alternées de plots en béton armé à des longrines
Réduire le phénomène de
gonflement sous les éléments de A associer aux techniques
Protection contre le soulèvement
structure (longrines, semelles) en impliquant la pose de longrines
sous les fondations
interposant un vide entre le sol et ou de semelles (plots discontinus)
les longrines
46
Avantages Inconvénients / Limites Durabilité approximative
47
7.
CONCLUSIONS
L’urgence climatique et l’ampleur que prend le situées en zones d’exposition moyenne et forte
phénomène de retrait -gonflement des sols argi- au phénomène de retrait-gonflement des argiles.
leux (RGA) depuis 2015 en France requièrent une Il aborde successivement :
mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés
en faveur de l’information et la sensibilisation, le • La description du phénomène de retrait et de
diagnostic, la prévention et l’adaptation. gonflement des sols argileux ;
• Son impact en termes de sinistralité ;
L’adaptation des bâtiments au phénomène RGA • L’importance et les principes généraux de la pré-
repose aujourd’hui sur la réparation post-sinistres, vention du RGA ;
financée par le régime Cat Nat pour les com- • Les solutions techniques de prévention et
munes reconnues en état de catastrophe natu- d’adaptation dites horizontales ;
relle. Cette politique curative présente des limites • Les solutions techniques de remédiation dites
en ne traitant les biens qu’une fois sinistrés avec verticales.
un coût moyen important. En effet, le coût de la
sinistralité est en perpétuelle augmentation : de Le recours aux solutions dites horizontales est
13,8 milliards d’€ entre 1989 et 2019, il passerait à privilégier car elles permettent de traiter les
à 43 milliards d’€ entre 2020 et 2050 d’après les causes du mouvement du sol. En effet, les solu-
projections de la Caisse centrale de réassurance tions de prévention et d’adaptation dites horizon-
(CCR). tales ont pour but de maîtriser les variations de la
teneur en eau du sol autour de la maison par, entre
Sur les 10 dernières années, les coûts cumulés autres, la maîtrise des écoulements superficiels et
de la sinistralité sont causés à 52% par le risque souterrains (pose de géomembrane, système de
sécheresse, puis à 30% par le risque inondation et drainage), la pose d’écrans anti-racines et la mise
enfin à 18% par les autres risques naturels. en place d’une bordure imperméable autour de la
maison.
Ainsi, le déploiement d’une politique de préven-
tion du RGA basée en premier lieu sur la mise Elles sont plus robustes, plus faciles à mettre en
en œuvre des solutions dites horizontales et en œuvre et à généraliser, et à moindre coûts en com-
second lieu les solutions dites verticales apparait paraison des solutions dites verticales (reprise des
d’autant plus efficiente et durable qu’elle cible fondations, etc.), sous réserve d’être régulière-
les biens particulièrement vulnérables. ment entretenues par les propriétaires des bâti-
ments afin de pérenniser leur durabilité et leur
Les travaux préventifs et d’adaptation vis-à-vis du efficience.
RGA peuvent non seulement réduire la sinistralité
future (construction neuve) mais sont tout aussi Les solutions horizontales peuvent être complé-
nécessaires et urgents pour adapter et réduire la tées par la mise en œuvre de solutions de remé-
vulnérabilité du bien aujourd’hui exposé. diation dites verticales afin de renforcer la struc-
ture et les fondations de la maison. Ces solutions
Ce guide présente la démarche globale de pré- verticales ne traitent que des conséquences du
vention et d’adaptation des maisons individuelles phénomène RGA.
48
49
ANNEXE
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ET DOCUMENTS ASSOCIÉS AUX MESURES
DE PRÉVENTION ET D’ADAPTATION
DU RGA
[1] Béchade A. F. (2021) La pathologie des fonda- [8] Cutler D. F. and Richardson I. B. K. (1989) Tree
tions superficielles : diagnostic, réparations et roots and buildings. Second edition. Longman
prévention. Guide Pathologies des bâtiments : Scientific & Technical, ISBN 0-582-03410-8, UK.
CSTB Éditions, 529 pages, numéro ISBN 978-2-
86891-692-1, 2ème édition, France.
[9]
France Assureurs (2021) Impact du change-
ment climatique sur l’assurance à l’horizon
[2] Béchade A. F. (2014) La pathologie des fonda- 2050. Rapport d’étude. [Link]
tions superficielles : diagnostic, réparations et [Link]/lassurance-protege-finance-et-em-
prévention. Guide Pathologies des bâtiments : ploie/lassurance-protege/actualites-protege/
CSTB Éditions, 360 pages, numéro ISBN 978-2- changement-climatique-quel-impact-sur-lassu-
86891-597-9, 1ère édition, France. rance-a-lhorizon-2050/
50
[13] MRN (2024) Référentiels de résilience du bâti aux [16] SDES (2021) Nouveau zonage d’exposition au
aléas naturels. Rapport technique. [Link] retrait-gonflement des argiles : plus de 10,4
[Link]/wp-content/uploads/2024/03/ millions de maisons individuelles potentielle-
repertoire-mrn-des-referentiels-de-resilience- ment très exposées. Article web. [Link]
du-bati-aux-aleas-naturels_janvier-2024_vf_08- [Link]/
[Link] nouveau-zonage-dexposition-au-retrait-gon-
flement-des-argiles-plus-de-104-millions-de-
maisons
[14]
MRN (2023) Diagnostic pour l’adaptation des
habitations au RGA avant dommages. Rap-
port méthodologique. [Link] [17] USG - CFG - CFMS - SYNTEC INGÉNIERIE (2021)
nouvelle-publication-mrn-diagnostic-pour-la- Ouvrages existants exposés à la sécheresse :
daptation-des-habitations-au-retrait-gonfle- stabilisation des sols de fondations par imper-
ment-des-argiles-avant-dommages-rapport-me- méabilisation périmétrale - Recommandations
thodologique/ sur la conception et la mise en œuvre. Recom-
mandations techniques. [Link]
[Link]/images/stories/recomman-
[15]
MTECT (2021) Plaquette de communication dations/recomm_GEOMEMBRANE.pdf
article 68 loi ELAN « Construire en terrain argi-
leux : la réglementation et les bonnes pratiques
[Link] [18]
CERIB. Guide de bonnes pratiques pour la
files/documents/construire_en_terrain_ construction en maçonnerie de blocs en béton.
argileux_reglementation_et_bonnes_pra- 2020.
tiques-v_modif%[Link]
51
GOUVERNEMENT
Septembre 2025 - Direction Générale de l'Aménagement, du Logement et de la Nature • Conception-réalisation : La Netscouade • [Link] DGALN/MICOM
1. S’INFORMER sur l’exposition du bien au phénomène
de retrait-gonflement des sols argileux