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Le document traite de la conception d'un studio de podcast, en analysant ses performances thermiques, acoustiques et hygrothermiques. Il présente les calculs nécessaires pour dimensionner le chauffage et la climatisation, ainsi que les risques de condensation et les exigences acoustiques. Des solutions sont proposées pour atteindre les objectifs de confort thermique et acoustique dans le studio.

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Conception intégrée d’un studio de podcast – solutions

3e année GC – Physique du bâtiment et réglementations

Données du problème
Le devoir libre consiste à analyser les performances thermiques, hygrothermiques et acoustiques d’un
petit studio d’enregistrement. À partir des données fournies dans l’énoncé, on rappelle ici les principaux
paramètres géométriques et matériaux [1, 2]:

• Géométrie : le studio est un parallélépipède de longueur L = 6.0 m, largeur l = 4.0 m et hauteur


h = 3.0 m, soit un volume V = L l h = 72 m3 et une surface de plancher de 24 m2 [1].

• Environnement : la face nord est un mur extérieur donnant sur la rue. La face sud donne
sur un couloir non chauffé avec un coefficient de réduction des déperditions Fcouloir = 0,6. Les
faces est et ouest donnent sur des bureaux chauffés à 20 ◦ C (différence faible avec la température
intérieure de consigne). La toiture (plancher haut) est une dalle sur terrasse isolée donnant sur
l’extérieur (Fext = 1). Le plancher bas repose sur un local chauffé au rez-de-chaussée[1].

• Composition des parois : le mur nord est composé (de l’intérieur vers l’extérieur) de plâtre
(1.3 cm, λplâtre = 0.25 W/(m K)), de laine de roche (10 cm, λlaine = 0.035 W/(m K)) et de bé-
ton (18 cm, λbéton = 2.0 W/(m K))[2]. La partie vitrée du mur nord est un double vitrage
d’aire Avitre = 3.5 m2 et de coefficient Uvitre = 2.8 W/m2 K. Le mur sud est une cloison
en briques plâtrières avec Usud = 1.2 W/m2 K[2]. La toiture terrasse isolée a un coefficient
Utoiture = 0.3 W/m2 K[2].

Partie A : bilan thermique hivernal


L’objectif est d’estimer la puissance de chauffage nécessaire pour maintenir Tint = 21 ◦ C lors d’une
journée type d’hiver à Rabat (Text = 5 ◦ C)[3]. On calcule les déperditions par conduction pour les
parois principales.

1. Déperditions par conduction


Mur nord (partie opaque). On calcule d’abord la résistance thermique R de la paroi. En ajoutant
les résistances superficielles intérieure et extérieure (Ri = 0.13 m2 K/W et Re = 0.04 m2 K/W), la
résistance totale vaut
eplâtre elaine ebéton
Rmur = Ri + + + + Re ≈ 3.17 m2 K/W.
λplâtre λlaine λbéton

Le coefficient de transmission thermique est alors Umur = 1/Rmur ≈ 0.316 W/m2 K. La surface opaque
du mur nord vaut Sopaque = l h − Avitre = 4 × 3 − 3,5 = 8.5 m2 . La déperdition est

QNord,opaque = Umur Sopaque (Tint − Text ) ≈ 0,316 × 8,5 × 16 ≈ 43 W.

Mur nord (partie vitrée). La déperdition à travers la fenêtre de 3.5 m2 est

QNord,vitre = Uvitre Avitre (Tint − Text ) = 2,8 × 3,5 × 16 ≈ 157 W.

1
Mur sud (couloir). Le mur sud a un coefficient Usud = 1.2 W/m2 K. La surface vaut Ssud = l h =
4×3 = 12 m2 . Le couloir est non chauffé, mais l’énoncé indique un facteur de réduction des déperditions
Fcouloir = 0,6[1]. La puissance perdue est donc
Qsud = Fcouloir Usud Ssud (Tint − Text ) = 0,6 × 1,2 × 12 × 16 ≈ 138 W.

Plancher haut (toiture terrasse). La toiture isolée a Utoiture = 0.3 W/m2 K et une surface
Stoiture = L l = 24 m2 . Elle donne sur l’extérieur (Fext = 1), d’où
Qtoiture = Utoiture Stoiture (Tint − Text ) = 0,3 × 24 × 16 ≈ 115 W.

Synthèse. La somme des pertes par conduction vaut


Qtrans,total = QNord,opaque + QNord,vitre + Qsud + Qtoiture ≈ 43 + 157 + 138 + 115 ≈ 453 W.
Ce résultat ne tient pas compte des déperditions par les parois est/ouest ni des infiltrations, supposées
négligeables.

2. Puissance de chauffage et réflexion


La puissance de chauffage à installer doit couvrir les pertes calculées ci-dessus et compenser d’autres
postes (ventilation, déperditions ponctuelles). En ajoutant une marge de sécurité (∼ 20 %), on obtient
une puissance d’environ
Pchauffage ≈ 1,2 × Qtrans,total ≈ 0.55 kW.

Question de réflexion. Dimensionner un chauffage en tablant sur l’apport solaire maximal est
risqué car l’ensoleillement varie fortement au cours de la journée. En fin de journée et la nuit, les
apports solaires sont nuls et le chauffage doit couvrir la totalité des déperditions. Un dimensionnement
trop juste peut entraîner une température intérieure inférieure à la consigne.

Partie B : dimensionnement de la climatisation estivale


En été, l’extérieur est plus chaud que l’intérieur (Text = 35 ◦ C, Tint = 26 ◦ C) et le studio est occupé
par quatre personnes et du matériel électronique[4]. On évalue les apports de chaleur à compenser par
la climatisation.

1. Apports internes
• Éclairage : la puissance spécifique d’éclairage LED est 15 W/m2 [4]. Pour une surface de
plancher de 24 m2 , l’apport vaut Qéclairage = 15 × 24 = 360 W.
• Matériel électronique : les ordinateurs, consoles et micros dissipent 800 W de chaleur sensible[4].
• Occupants : quatre personnes dégagent environ 80 W de chaleur sensible chacune, soit 4 × 80 =
320 W[4].

L’apport interne total vaut


Qint = 360 W + 800 W + 320 W = 1480 W.

2. Transmission opaque
La différence de température entre extérieur et intérieur est ∆T = Text − Tint = 35 − 26 = 9 K. Les
flux de chaleur entrants par conduction sont calculés avec les mêmes surfaces et coefficients U que
précédemment, mais en remplaçant (Tint − Text ) par ∆T :
QNord,opaque,été ≈ 0,316×8,5×9 ≈ 24.1 W, Qsud,été ≈ 0,6×1,2×12×9 ≈ 77.8 W, Qtoiture,été = 0,3×24×9 = 6
La transmission opaque totale est Qtrans,opaque,été ≈ 166.7 W.

2
3. Transmission vitrée
La transmission par conduction à travers la fenêtre reste

Qvitre,été = Uvitre Avitre ∆T = 2,8 × 3,5 × 9 ≈ 88.2 W.

4. Apport solaire direct


L’irradiation solaire estivale sur une façade nord à Rabat est estimée à I = 200 W/m2 ; le facteur solaire
du vitrage est g = 0,7[5]. L’apport solaire est donc

Qsolaire = g I Avitre = 0,7 × 200 × 3,5 ≈ 490 W.

5. Apport par renouvellement d’air


Le système de ventilation introduit 120 m3 /h d’air neuf[?]. En supposant une masse volumique de l’air
ρ ≈ 1.2 kg/m3 et une capacité calorifique cp ≈ 1000 J/(kg K), le débit massique est ṁ = 1,2 × 3600
120

0.04 kg/s. L’apport sensible vaut

Qventilation = ṁ cp (Text − Tint ) = 0,04 × 1000 × 9 ≈ 360 W.

6. Bilan de climatisation
La puissance frigorifique totale nécessaire est la somme des apports :

Pclim ≈ 1480 + 166,7 + 88,2 + 490 + 360 ≈ 2.6 kW.

On retiendra donc une unité de climatisation d’environ 3 kW pour tenir compte des incertitudes et des
pics de charge.

Partie C : risque hygrothermique et point de rosée


Le mur nord est isolé par l’intérieur. En hiver (Tint = 21 ◦ C, Text = 5 ◦ C), on cherche la température
à l’interface entre l’isolant et le béton et on vérifie s’il y a risque de condensation pour une humidité
relative intérieure ϕ = 60 %[6].

1. Température à l’interface isolant/béton


La répartition des températures à travers la paroi est linéaire, proportionnelle aux résistances succes-
sives. La résistance cumulée entre la face intérieure et l’interface est
eplâtre elaine
Rintf = Ri + + ≈ 3.039 m2 K/W.
λplâtre λlaine

L’ensemble de la paroi présente la résistance totale Rmur ≈ 3.17 m2 K/W. La chute de température
entre la pièce et l’interface est
Rintf
∆Tintf = (Tint − Text ) ≈ 15.3 K.
Rmur
Ainsi, la température à l’interface vaut

Tinterface = Tint − ∆Tintf ≈ 5.7 ◦ C.

3
2. Vérification du risque de condensation
La pression de vapeur saturante en fonction de la température est donnée dans l’énoncé par[8]
 
17,67 T
Pvsat (T ) = 611,2 exp Pa,
T + 243,5

où T est en ◦ C. La pression de vapeur intérieure est Pint = ϕ Pvsat (Tint ). Pour Tint = 21 ◦ C et ϕ = 0,60,
on obtient Pint ≈ 1490 Pa. À l’interface, la saturation correspondante est Pvsat (Tinterface ) ≈ 913 Pa. La
température de rosée de l’air intérieur (environ 13 ◦ C) est donc supérieure à Tinterface , et la pression de
vapeur à l’interface dépasserait la saturation. Il y a donc risque de condensation derrière l’isolant si
aucune barrière pare-vapeur n’est prévue.

Partie D : acoustique – temps de réverbération


On veut obtenir un temps de réverbération TR = 0.5 s dans le studio. La formule de Sabine est[9]

V
TR = 0,16 ,
A
où A est la surface d’absorption équivalente (A = αi Si ). Pour V = 72 m3 et TR = 0,5 s, on exige
P

V
Arequis = 0,16 ≈ 23.0 m2 .
TR

Absorption existante. Le sol en bois a un coefficient d’absorption αsol = 0,07 et une surface
Ssol = 24 m2 . Le plafond en plâtre a αplafond = 0,04 et Splafond = 24 m2 [7]. Les surfaces absorbantes
équivalentes sont

Asol = 0,07 × 24 = 1.68 m2 , Aplafond = 0,04 × 24 = 0.96 m2 .

La somme des absorptions existantes est Aexist = 2.64 m2 .

Surface de laine de roche à ajouter. Les murs seront revêtus localement de laine de roche avec
un coefficient d’absorption αlaine = 0,90[7]. Notant Slaine la surface de laine apparente, la contribution
d’absorption est Alaine = αlaine Slaine . On impose

Aexist + αlaine Slaine = Arequis ,

d’où
Arequis − Aexist
Slaine = ≈ 22.7 m2 .
αlaine
Ainsi, pour atteindre TR = 0.5 s, environ 22.7 m2 de laine de roche devront rester apparents sur les
murs (soit un peu plus du tiers des 60 m2 de surfaces murales totales). Cette solution permettra de
réduire efficacement la réverbération à l’intérieur du studio.

References
[1] Extrait des données géométriques et environnementales du projet, lignes 19–32.

[2] Extrait des compositions des parois et coefficients U, lignes 33–47.

[3] Énoncé de la partie A : bilan thermique hivernal, lignes 48–74.

[4] Énoncé de la partie B : dimensionnement de la climatisation, lignes 77–107.

[5] Données pour l’apport solaire et le facteur g, lignes 97–103.

4
[6] Énoncé de la partie C : point de rosée, lignes 109–113.

[7] Énoncé de la partie D : temps de réverbération et coefficients d’absorption, lignes 115–119.

[8] Formule de la pression de vapeur saturante (énoncé, lignes 9–14).

[9] Formule de Sabine pour le temps de réverbération (énoncé, lignes 14–18).

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