3.
L’horloger et le temps oublié
Dans une ruelle étroite d’une vieille ville se trouvait
une boutique presque invisible. Une enseigne
poussiéreuse indiquait :
"Horlogerie du Temps."
Peu de gens entraient. Mais ceux qui le faisaient ne
ressortaient jamais les mêmes.
Youssef poussa la porte un jour de pluie.
À l’intérieur, des centaines d’horloges. Toutes
différentes. Toutes vivantes.
Un vieil homme leva les yeux.
— Bienvenue.
— Je cherche… une montre.
— Non, répondit l’horloger. Tu cherches du temps.
Youssef resta silencieux.
— Suis-moi.
Ils traversèrent la boutique.
L’horloger s’arrêta devant une petite boîte.
— Ouvre.
Youssef obéit.
Et soudain…
Il revécut un moment de son passé. Une décision
qu’il regrettait.
— Tu peux changer cela, dit l’horloger.
— Vraiment ?
— Oui. Mais chaque changement a un prix.
— Lequel ?
— Tu perdras un souvenir.
Youssef hésita.
Changer le passé… ou garder ses souvenirs ?
Il ferma la boîte.
— Je garde mes erreurs.
L’horloger sourit.
— Alors tu as compris.
4. Le gardien des rêves
Chaque nuit, lorsque le monde dormait, un homme
marchait dans les rues silencieuses.
Il s’appelait Idriss.
Mais personne ne le connaissait.
Car Idriss n’était pas un homme ordinaire.
Il était le gardien des rêves.
Son rôle était simple : protéger les rêves des gens
contre les cauchemars.
Il entrait dans les esprits, combattait les peurs,
réparait les souvenirs.
Une nuit, il rencontra un rêve différent.
Celui d’un enfant qui ne rêvait plus.
Rien. Juste du vide.
Idriss comprit que c’était grave.
Sans rêves, l’âme s’éteint.
Il plongea plus profondément.
Et trouva la cause.
La peur.
Une peur si grande qu’elle avait effacé tout le reste.
Idriss resta longtemps.
À reconstruire.
Petit à petit, il sema des images. Des couleurs. Des
souvenirs heureux.
Et finalement…
Un rêve naquit.
Un simple rêve.
Mais suffisant.
Idriss sourit.
Sa mission était accomplie.
La fille qui parlait au vent
Dans un village niché entre les montagnes vivait une
jeune fille nommée Salma.
Depuis son enfance, elle était différente.
Elle écoutait le vent.
Et le vent lui répondait.
Les autres enfants se moquaient d’elle.
Les adultes murmuraient.
— Elle est étrange…
— Elle invente…
— Elle fait peur…
Mais Salma n’écoutait pas les gens.
Elle écoutait le vent.
Car lui… disait la vérité.
Un jour, le vent changea.
Il devint agité. Pressé.
— Danger… danger…
Salma se leva brusquement.
Elle courut vers le chef du village.
— Une tempête arrive !
Il leva les yeux vers le ciel clair.
— Il n’y a aucun nuage.
— Le vent me l’a dit !
Il hésita.
Puis secoua la tête.
— Rentre chez toi.
Mais Salma n’abandonna pas.
Elle alla voir chaque famille.
Certaines la rejetèrent.
Mais d’autres… la suivirent.
Par instinct.
Par espoir.
Par peur.
La nuit tomba.
Et le ciel se déchira.
La tempête arriva.
Violente.
Brutale.
Incontrôlable.
Le village fut détruit.
Au matin, les survivants regardèrent Salma
autrement.
Avec respect.
Avec gratitude.
— Comment savais-tu ?
Elle répondit simplement :
— J’ai écouté.
Mais le vent ne parlait pas seulement du danger.
Il parlait du monde.
Des océans lointains.
Des villes immenses.
Des peuples inconnus.
Salma comprit.
Elle n’était pas faite pour rester.
Un soir, elle quitta le village.
Sans peur.
Sans regret.
Guidée par le vent.
Vers un destin qu’elle seule pouvait entendre.
3. L’horloger et le temps oublié
Au fond d’une ruelle presque invisible se trouvait une
boutique étrange.
Peu de gens la remarquaient.
Et encore moins entraient.
Mais ceux qui le faisaient… changeaient à jamais.
Youssef entra un jour de pluie.
Il cherchait une montre.
Mais en réalité… il cherchait autre chose.
La boutique était remplie d’horloges.
Des centaines.
Toutes différentes.
Toutes vivantes.
Certaines avançaient.
D’autres reculaient.
Certaines semblaient… respirer.
Un vieil homme apparut.
— Bienvenue.
— Je cherche une montre.
— Non, répondit-il calmement. Tu cherches du
temps.
Youssef resta silencieux.
Le vieil homme lui fit signe de le suivre.
Ils s’arrêtèrent devant une petite boîte.
— Ouvre.
Youssef hésita.
Puis il ouvrit.
Et tout changea.
Il se retrouva dans son passé.
Un moment précis.
Une décision qu’il regrettait profondément.
— Tu peux changer cela.
Youssef se tourna.
— Vraiment ?
— Oui. Mais chaque choix a un prix.
— Lequel ?
— Un souvenir disparaîtra.
Youssef hésita.
Changer le passé… ou garder son histoire ?
Il regarda la scène.
Puis referma la boîte.
— Je garde mes erreurs.
Le vieil homme sourit.
— Alors tu es prêt à avancer.
4. Le gardien des rêves
Chaque nuit, quand le monde s’endormait, Idriss
commençait son travail.
Il marchait dans les rues silencieuses.
Invisible.
Oublié.
Mais essentiel.
Idriss était le gardien des rêves.
Il entrait dans les esprits.
Réparait les cauchemars.
Apaisait les peurs.
Ranimait les souvenirs.
Une nuit, il trouva quelque chose d’anormal.
Un enfant.
Sans rêves.
Juste du vide.
Idriss comprit immédiatement.
C’était dangereux.
Sans rêves… l’âme s’éteint.
Il plongea dans l’esprit de l’enfant.
Et trouva la cause.
Une peur immense.
Trop grande.
Trop profonde.
Idriss resta.
Longtemps.
Très longtemps.
Il reconstruisit lentement.
Un souvenir.
Une couleur.
Un rire.
Une lumière.
Puis…
Un rêve naquit.
Petit.
Fragile.
Mais vivant.
Idriss sourit.
Car parfois…
Sauver un seul rêve…
C’est sauver tout un monde.