2.4 Déterminant: Expression Du Produit Scalaire Dans Une Base Orthonormale
2.4 Déterminant: Expression Du Produit Scalaire Dans Une Base Orthonormale
Preuve ♥ Comme →
−
u = x→
−ı + y →
− et →
−
v = x ′→
−ı + y ′ →
− , par bilinéarité du produit scalaire, il vient
→
−
u .→
−
v = (x →
−ı + y →
− ).(x ′ →
−ı + y ′ →
− )
= →
− →
− →
− →
−
x ı .(x ′ ı + y ′ ) + y .(x ′ →
−ı + y ′ →
− )
= x.x ′ →
−ı .→
−ı + x y ′ →
−ı .→
− + yx ′ →
− .→
−ı + y y ′ →
− →
−
Comme →
− →− 2.8, on a : →
−ı .→
− = 0. Par ailleurs, →
−ı et →
− étant unitaires, on a →
−ı .→
−ı =
°→ ° °− ı° et sont orthogonaux,
°→ ° °→ ° d’après la proposition→
°−ı ° . °→ ° →
− →
− ° − ° ° − ° − →
− ′
ı = 1 et . = . = 1. Il vient alors que u . v = xx + y y . ′
°→ ° q
°−
u ° = x2 + y 2
Si (O, →
−ı , →
− ) est un repère orthonormal et que A et B sont deux points de P de coordonnées A(x , y ), B(x , y ) dans ce
A A B B
repère alors
°−→° q
° °
AB = °AB° = (xB − x A )2 + (y B − y A )2
p° ° q
Preuve Ces formules sont immédiates. Pour la première, on a °→
−
u°= →
−u .→
−u = x 2 + y 2 . Pour la seconde, il suffit d’appliquer la
−→ ¡ ¢
première au vecteur AB dont les coordonnées sont données par xB − x A , y B − y A .
P ROPOSITION 2.15 ♥
Un repère orthonormal (O, →
−ı , →
− ) étant fixé, on peut identifier V et C. Si →
−
u et →
−
v ont pour affixes respectives z et z ′ ,
alors
→
−
u .→
−
v = Re (z̄.z ′ ).
Preuve Exercice...
2.4 Déterminant
2.4.1 Définition
Remarque 2.10
– Le déterminant dépend de l’orientation choisie dans le plan. Si on avait choisie l’orientation contraire, on aurait un
déterminant de signe contraire. ³ ´
¡− → ¢ →
− ¡− → ¢ °− ° °→ °
– Pour tout →
−
u ∈ V , det →
u ,−
u = 0. En effet, si →
−
u 6= 0 , det →
u ,−
u = °→ u ° sin →
u ° · °− −
u ,→
−
u = 0 et si →
−
u = 0 le résultat est
immédiat.
71
P ROPOSITION 2.16 ♥
Deux vecteurs →
−
u et →
−
v sont colinéaires si et seulement si det(→
−
u ,→
−
v )=0 .
Remarque 2.11 Un corollaire immédiat à cette proposition est que trois points du plan A,B et C sont alignés si et
−→ −→
seulement si det(AB, AC) = 0.
θ
A
O H
La valeur absolue de ce déterminant correspond à l’aire du parallélogramme construit selon les vecteurs →
−
u et →
−
v.
°− °
Preuve ♥ Il est clair que °→ u ° = OA. Compte tenu de l’orientation choisie pour (HB), si α est la détermination de (→
−
u ,→
−
v)
appartenant à ]−π,π] alors
°− °
– si α est positif, °→
v ° sin(→
−
u ,→
− v ) = HB
°→ °
– si α est négatif, ° v ° sin( u , →
− →
− −
v ) = −HB.
°→
− ° →
− °− ° °→ °
Par conséquent ° v ° sin( u →
−
, v ) = HB et →−
u .→
−
v = °→
u ° °−
v ° sin(→
−
u ,→
−
v ) = OA .HB.
det(→
−
u , λ1 −
v→1 + λ2 −
v→2 ) = λ1 det(→
−
u ,−
v→1 ) + λ2 det(→
−
u ,−
v→2 ) et det(λ1 −
→+λ −
u 1
→→ − −
→→ − −
→→ −
2 u 2 , v ) = λ1 det(u 1 , v ) + λ2 det(u 2 , v ).
72
→
−
Preuve Supposons → −
u 6= 0. Soient →
−ı = u et O un point de P . Soit →
kuk
− le vecteur image de →
−ı par la rotation de centre O et d’angle
→
− →
−
π . Le triplet (O, ı , )forme un repère orthonormal direct R du plan. Dans cette base, les coordonnées de :
2 °− °
– →−u sont (x,0) avec x = °→ u °.
– −v→1 sont (x1 , y 1 )
– −v→2 sont (x2 , y 2 ).
– λ1 −v→ −
→
1 + λ2 v 2 sont (λ1 x1 + λ2 x2 ,λ1 y 1 + λ2 y 2 ).
Par application de la proposition 2.17 :
det(→
−
u ,λ1 −
v→ −
→
1 + λ2 v 2 ) = x(λ1 y 1 + λ2 y 2 ), det(→
−
u ,−
v→
1 ) = x.y 1 et det(→
−
u ,−
v→
2 ) = x.y 2 .
P ROPOSITION 2.20 ♥♥♥ Expression du déterminant dans une base orthonormale directe ¯ ¯ ′
→
− →
− →
− →
− →
− ¯x → − ¯x
Soit ( ı , ) une base orthonormale directe et soient u , v deux vecteurs de V de coordonnées u ¯ et v ¯¯ ′ dans cette
¯
y y
base. Alors
det(→
−u ,→
−
v ) = x y ′ − y x′
¯ ¯
¯ x x ′ ¯¯
On notera ¯¯ le déterminant det(→
−
u ,→
−
v ). On a donc
y y′ ¯
¯ ¯
→
− →
− ¯ x x ′ ¯¯
det( u , v ) = ¯¯ = x y ′ − x′ y
y y′ ¯
Preuve ♥ Comme →
−
u = x→
−ı + y →
− et →
−
v = x ′→
−ı + y ′ →
− , par bilinéarité du déterminant, on a
det(→
−
u ,→
−
v) = det(x →−ı + y →
− , x ′ →
−ı + y ′ →
− )
= →
− ′→
−
x det( ı , x ı + y ) + y det(→
′→
− − , x ′ →
−ı + y ′ →
− )
= x.x ′ det(→
−ı , →
−ı ) + x y ′ det(→ −ı , →
− ) + yx ′ det(→ − , →
−ı ) + y y ′ det(→
− , →
− ).
Comme la base (→ −ı , →
− ) est orthonormale et directe, det(→
−ı , →
− ) = 1 et det(→
− , →
−ı ) = −1. D’après la proposition 2.16, det(→
−ı , →
−ı ) =
→
− →
− →
− →
− ′ ′
det( , ) = 0. On obtient alors det( u , v ) = x y − yx .
P ROPOSITION 2.21 ♥
Un repère orthonormal direct (O, →
−ı , →
− ) étant fixé, on peut identifier V et C. Si →
−
u et →
−
v ont pour affixes respectives z et
′
z , alors
det(→
−
u ,→
−
v ) = Im(z̄.z ′ ).
Preuve Exercice...
2.4.5 Application du déterminant : résolution d’un système linéaire de Cramer de deux équa-
tions à deux inconnues
Soit ½
ax + by = α
(S ) :
cx + d y = β
On appelle déterminant de ce système le réel δ = ad − bc . Ce système linéaire est dit de Cramer si et seulement si son
déterminant δ est non nul. On a alors la proposition suivante.
P ROPOSITION 2.22 ♥ ¡ ¢
Si (S ) est un système de Cramer alors il admet un et un seul couple solution x, y donné par
¯ ¯ ¯ ¯
¯ α b ¯¯ ¯ a α ¯¯
¯ ¯
¯ β d ¯ ¯ c β ¯
x= et y=
ad − bc ad − bc
73
Preuve
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
1 Prouvons l’unicité
¡ du couple x, ¢ y . Soient x1 , y 1 et x2 , y 2 deux couples solutions de (S ). On vérifie facilement que le
couple (X,Y) = x2 − x1 , y 2 − y 1 est solution du système
½
ax + by = 0
.
cx + d y = 0
Ceci prouve que dans le plan, identifié à R2 par le choix d’un repère orthonormal, les vecteurs (a,b) et (c,d) sont tout deux
orthogonaux au vecteur (X,Y). Mais comme
¯ ¯
¯ a b ¯¯
det((a,b) ,(c,d)) = ¯¯ = δ 6= 0,
c d ¯
les deux vecteurs (a,b) et (c,d) ne sont pas colinéaires. Le vecteur (X,Y) étant orthogonal à deux vecteurs non colinéaires
ne peut être que nul donc X = 0 et Y = 0. Ceci prouve que x1 = x2 et que y 1 = y 2 et donc l’unicité du couple solution.
¡ ¢
2 Pour prouver l’existence du couple x, y , il suffit de vérifier que le couple donné dans l’énoncé de la proposition est bien
solution de (S ), ce qui ne pose pas de difficulté.
Remarque 2.12 Si le déterminant du système est nul alors ce système admet soit une infinité de solutions soit aucune.
2.5 Droites
2.5.1 Préambule : Lignes de niveau
D ÉFINITION 2.14 ♥ Ligne de niveau
Soit α un réel. Une partie A du plan est une ligne de niveau α d’une fonction F : P −→ R si A est solution de l’équation
F(M) = α.
M ∈ A ⇔ F(M) = α
−−→
2.5.2 Lignes de niveau de M 7→ ~
u .AM
|α|
AM0 = −
||→u ||
M0
A −
→
u
F (M ) = α
P ROPOSITION 2.23 ♥ ½
R P −→
Soient A un point de P, →
−
u un vecteur non nul de V , α un réel et F : →
− −−→ . La ligne de niveau α de
M 7−→ u .AM
F : F(M) = α est donnée par la droite dont la direction est orthogonale à →
−
u et qui passe par le point M0 de P défini par
−−−→ →
−u
AM0 = α. kuk2 .
→
− ° ° →
− →
− →
−
Preuve Posons U = → −
u /°→
−
u ° et considérons V un vecteur unitaire de V tel que (A, U , V ) forme une repère orthonormale directe
¡°− ° ¢ −−→ ¡ ¢
de V . Soient (x, y) les coordonnées de M dans ce repère et α un réel. Comme → −u °→u ° ,0 et AM x, y , on a :
→
− −−→ °− ° α
F(M) = α =⇒ u .AM = α =⇒ x. °→
u ° = α =⇒ x = °→
−° °u°
ce qui prouve que si M est élément de la ligne de niveau F(M) = α alors M est élément de la droite orthogonale à →
−
u passant par le
−−−→ →
−u°
point M0 tel que AM0 = α. °→
° − °2 .
u
→
− →
− ¡ ° ° ¢
Réciproquement, si M est élément de cette droite alors les coordoonées de M dans le repère (A, U , V ) sont de la forme α/°→
−
u °, y
→− −−→
où y ∈ R et on vérifie facilement que F (M) = u .AM = α. Donc M appartient à la ligne de niveau F(M) = α.
74
³ −−→´
2.5.3 Lignes de niveau de M 7→ det ~
u , AM
|α|
AM0 = −
||→u ||
A
−
→
v
M0 F (M ) = α
−
→
u
P ROPOSITION 2.24 ♥ ½
R P −→
Soient A un point de P, →
−
u un vecteur non nul de V , α un réel et G : −−→ . La ligne de niveau α de
det(→
−M
u , AM)7−→
−−−→ →
−
G : G(M) = α est donnée par la droite de vecteur directeur →
−
u et qui passe par le point M0 de P défini par AM0 = α kukv
2
où →
−
v est le vecteur directement orthogonal à →
−
u et de même norme.
→
− ° ° →
−
Preuve Comme dans la démonstration de la proposition précédente, posons U = → −u /°→
−
u ° et considérons V un vecteur unitaire de
→− →
−
V tel que (A, U, V ) forme une repère orthonormal direct de V . Soient (x, y) les coordonnées de M dans ce repère. Soit α un réel.
¡°− ° ¢ −−→ ¡ ¢
Comme → −
u °→ u ° ,0 et AM x, y , on a :
−−→ °− ° α
G(M) = α =⇒ det(→
−
u , AM) = α =⇒ y. °→
u ° = α =⇒ y = °°→
−°° u
Donc si M(x, y) vérifie l’équation G(M) = α alors il est élément de la droite de vecteur directeur →
−
u passant par le point M0 tel que
−−−→ →
− →− →−
V°
AM0 = α. °°→ − . Réciproquement, si M est élément de cette droite, alors ses coordonnées dans le repère (A, U , V ) sont de la forme
u°
¡ °− °¢ −−→
x,α/°→u ° où x ∈ R et on vérifie facilement que M est élément de la ligne de niveau G(M) = α car G(M) = det(→ −
u , AM) = α. Par
° ° →
− −
− −
→ →−
ailleurs, si →
−
v = °→ −
u ° V , on obtient bien AM0 = α. ° v° et →
°→
− 2
−
v est comme indiqué dans la proposition.
u°
½
x M = x A + λ0 α
(Ce qui signifie que M(xM , y M ) ∈ D ⇔ ∃λ0 ∈ R ).
y M = y A + λ0 β
¡ ¢ −−→ −−→
Preuve Si M x, y ∈ D alors les vecteurs AM et → −u sont colinéaires. Il existe donc un réel t tel que AM = t →
−
u et l’égalité des
coordonnées de ces deux vecteurs se traduit par les égalités (⋆). Réciproquement, les égalités (⋆) impliquent l’égalité vectorielle
−−→
AM = t →
−
u et le fait que le point M ∈ D.
75
Par application du théorème précédent, une équation paramétrique de D est :
½
x = 1 + 3t α
t ∈R
y = −2 + 5t β
Soient R (O, →
−ı , →
− ) un repère orthonormal du plan, α, β, c trois réels tels que α et β ne sont pas tous deux nuls.
¯
¯−β
1. La droite D passant par le point A de coordonnées (x A , y A ) dans R et dirigée par le vecteur non nul →
−
u ¯¯ admet
α
une équation cartésienne de la forme
αx + βy + c = 0 .
2. Réciproquement,
¯ l’ensemble des points du plan d’équation αx + βy + c = 0 est une droite de vecteur directeur
→
− ¯−β
u ¯¯ .
α
3. Deux telles équations représentent deux droites confondues si et seulement si elles sont proportionnelles.
Preuve
1. On pourrait démontrer cette égalité en éliminant le paramètre t dans l’équation paramétrique de D. Il est plus rapide de
constater que
−−→
M(x, y) ∈ D =⇒ det(→
−
u , AM) = 0
¯ ¯
¯ −β x − x A ¯
=⇒ ¯ ¯=0
¯ α y − yA ¯
¡ ¢
=⇒ − α(x − x A )) + β(y − y A ) = 0
=⇒ αx + βy = −(αx A + βy A )
la première représente une droite D1 et la seconde une droite D2 . Si ces deux équations sont proportionnelles, alors tout point
M dont les coordonnées (x, y) vérifient l’équation (1) (⇔ M ∈ D1 ) vérifient aussi l’équation (2) et donc est aussi élément de
D2 ¡. Ceci prouve
¢ − que D1 =¢D2 . Réciproquement, si une droite D possède deux représentations cartésiennes (1) et (2) alors,
−
u→ →¡ ∗
1 −β1 ,α1 et u2 −β2 ,α2 étant deux vecteurs directeurs de D, ils sont colinéaires et il existe donc k ∈ R tel que α2 = kα1 ,
β2 = kβ1 . Considérons un point A(x A , y A ) de D et étudions les égalités
½
α1 x A + β1 y A + c1 = 0
,
α2 x A + β2 y A + c2 = 0
Remarque 2.13 Une droite donnée dans un repère orthonormal possède une infinité d’équations cartésiennes propor-
tionnelles.
76
Une équation cartésienne de D est donc : 2x − y − 3 = 0
La proposition qui suit permet de calculer l’équation cartésienne d’une droite quand on connaît un point et un vecteur
normal de cette droite.
P ROPOSITION 2.27 ♥
Le plan étant rapporté à un repère orthonormal, on considère une droite D d’équation cartésienne αx + βy + c = 0. Alors
¡ ¢ ¡ ¢
le vecteur →
−
u −β, α est un vecteur directeur de D et →
−
v α, β est un vecteur normal à D.
¡ ¢ ¡ ¢
Preuve ♥ Le fait que → −
u −β,α est un vecteur directeur de D a déjà été prouvé dans la proposition 2.26. Le vecteur →
−
v α,β est
par ailleurs clairement orthogonal à →
−
u et est donc un vecteur normal à D.
P ROPOSITION 2.28 ♥ Équation d’une droite définie par un point et un vecteur normal ¡ ¢
Un repère orthonormal étant fixé, la droite D passant par le point A(x A , y A ) et de vecteur normal →
−
n α, β a pour équation
α(x − x A ) + β(y − y A ) = 0 .
¡ ¢ −−→
Preuve ♥ Soit M x, y un point du plan. Supposons que M ∈ D alors AM.→ −n = 0, ce qui s’écrit aussi α(x − x A ) + β(y − y A ) = 0.
−−→ → −−→
−
Réciproquement si M vérifie cette égalité alors le produit scalaire AM. n est nul et les vecteurs AM et → −
n sont orthogonaux. Le
−−→
vecteur AM dirige donc la droite D. A étant un point de cette droite, ceci n’est possible que si M ∈ D.
D
H
N
Remarque 2.14 Si H est le projeté orthogonal de M sur D et si N est un point de D alors, d’après le théorème de
Pythagore,
MN2 = MH2 + HN2 Ê MH2
Le minimum de la distance entre M et un point de la droite existe, est atteint en H et vaut MH.
77
P ROPOSITION 2.29 ♥
Soit R (O, →
−ı , →
− ) un repère orthonormal direct du plan. Soit D une droite du plan :
• Par ailleurs, toujours par utilisation de la trigonométrie dans le triangle AHM, on a aussi
°−−→° ° ° ¯¯ µ ¶¯
−→ − ¯¯ ¯¯−−→
− ¯
° ° − °¯ à
¯ µ ¶¯ °AM° °→ n ¯cos AM, → n ¯ ¯AM · → −
n¯
¯
¯ −−
→
à →
− ¯
d (M,D) = HM = AM ¯¯cos AM, n ¯¯ = °→ ° = ° °
°−
n° °→−
n°
car A ∈ D et donc ax A + by A + c = 0.
cos θx + sin θy = p
−
→
n θ
P ROPOSITION 2.30 ♥
Soit R (O, →−ı , →
− ) un repère orthonormal du plan. Pour toute droite D du plan, il existe des réels θ et p tel que x cos θ +
y sin θ = p soit une équation normale de D dans R.
78
Preuve Soit ax + by = c une équation cartésienne de D. Alors
a b c
p x+ p x=p
a 2 +b 2 a 2 +b 2 a 2 +b 2
est une équation proportionnelle à notre première équation et est donc une autre représentation cartésienne de D dans R . Comme
µ ¶2 µ ¶2
a b
p + p = 1,
a 2 +b 2 a 2 +b 2
Remarque 2.15
– Si x cos θ + y sin θ = p est une équation normale d’une droite D dans un repère orthonormal R, la seule autre équation
normale de D dans R est x cos(θ + π) + y sin(θ + π) = −p
– Interprétation géométrique de θ et p : Soit D une droite du plan rapporté à un repère orthonormal direct R (O, →−ı , →
− ).
On suppose que D ne passe pas par l’origine de ce repère.
¯ Soit H le projeté orthogonal de O sur D et soit x cos θ +
¯cos θ
y sin θ = p une équation normale de D. Le vecteur →
−
n ¯¯ est un vecteur normal à D. Par conséquent, il est colinéaire
sin θ
µ ¶
−−→ à −−→
au vecteur OH. Donc → −ı , OH = θ [π]. De plus,
¯ ¯
¯0 × cos θ + 0 × sin θ − p ¯ ¯ ¯
d (O, D) = p = ¯p ¯
cos2 θ + sin2 θ
¯ ¯
et donc ¯p ¯ = d (O, D).
– En corollaire à cette dernière remarque, si x cos θ + y sin θ = p est une équation normale de D et si M est un point du
plan alors d(M, D) = |x cos θ + y sin θ − p|.
θ = θ0 [π]
où θ0 est un réel. Ceci signifie que si le point M est représenté par le couple de coordonnées (r M , θM ) dans Rθ alors M
est élément de D si et seulement si θM = θ0 .
Réciproquement, une telle équation est celle d’une droite passant par le pôle O de Rθ .
Preuve Soit → −
u un vecteur directeur de D. Soit θ0 une mesure de l’angle (→ −
ı ,→
−
u ). M est élément de D si et seulement si il existe
−−→ →
−
α ∈ R tel que OM = t u , c’est à dire si et seulement si (|t| ,θ0 ) ou (|t| ,θ0 + π) forme un système de coordonnées polaires de M.
L’équation θ = θ0 [π] définie donc bien une équation polaire passant par O et dirigée par → −u.
P ROPOSITION 2.32 ♥ Équation polaire d’une droite ne passant pas par le pôle
Une droite D ne passant pas par le pôle O du repère polaire Rθ admet une équation polaire du type
p
r=
cos (θ − θ0 )
µ ¶
à −−→
où p = d (O, D) et où θ0 = →
−
ı , OH [2π], H étant le projeté orthogonal de O sur D.
Réciproquement, une telle équation est celle d’une droite ne passant pas par le pôle O de Rθ .
Preuve On utilise une équation normale de la droite D et son interprétation géométrique. Comme la droite D ne passe pas par
l’origine, elle admet une équation normale de la forme x cos θ0 + y sin θ0 = p où θ0 ∈ R et où p 6= 0. Quitte à changer θ0 en θ0 +π, on
peut même supposer que p > 0. Si (r,θ) est un système de coordonnées polaires pour un point M du plan, alors les coordonnées de
M sont données dans R par le couple (r cos θ,r sinθ). Le point M appartient à D si et seulement si r (cos θcos θ0 +βsin θsin θ0 ) = p ,
p
c’est-à-dire si et seulement si r = cos(θ−θ ) .
0
79
2.5.11 Intersection de deux droites, droites parallèles
Dans tout ce paragraphe, on considère un repère othonormal R (O, →
−ı , →
− ).
P ROPOSITION 2.33 ♥
Soient D et D′ deux droites d’équations respectives ax + by = c et a ′ x + b ′ y = c ′ dans R où (a, b) ∈ R2 \ {(0, 0)} et
(a ′ , b ′ ) ∈ R2 \ {(0, 0)}.
– ¯D et D′ sont ′ ′
¯ parallèles si et seulement si les couples (a, b) et (a , b ) sont proportionnels, c’est à dire si et seulement si
¯ a a′ ¯
¯ ¯
¯ b b ′ ¯ = 0 (Dans ce cas soit les deux droites sont confondues soit leur intersection est réduite à l’ensemble vide).
– Si D et D′ ne sont pas parallèles, elles ont un unique point d’intersection.
−¡
→ ¢
Preuve ♥ Les vecteurs → −u (−b, a) et u ′ −b ′ , a ′ sont, respectivement, des vecteurs directeurs de D et D′ . D et D′ sont parallèles
si et seulement si ces deux vecteurs sont colinéaires, c’est à dire si et seulement si
¯ ¯
¯ −b −b ′ ¯¯
¯
¯ a = −ba ′ + ab ′ = 0.
a′ ¯
¯ ¯
¯ a a ′ ¯¯
Cette dernière quantité étant égale à ¯¯ , la première partie de la proposition est démontrée.
b b ¯
′
(
ax + by =c
Si par ailleurs D et D′ ne sont pas parallèles, alors ab ′ −ba ′ 6= 0 et, d’après la proposition 2.22 page 73, le système
a ′ x + b′ y = c′
possède une unique solution :
b ′ c − bc ′
x =
ab ′′ − ba ′
.
y ac − a ′ c
=
ab ′ − ba ′
2.6 Cercles
2.6.1 Définition
M
yM
R
yM − yΩ
yΩ
Ω xM − xΩ
xΩ xM
80