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1.7 Racines - Ièmes de L'unité: Remarque 1.13

Le document traite de la fonction exponentielle complexe, de ses propriétés, et de son lien avec les racines n-ièmes de l'unité. Il établit que la fonction exponentielle complexe est un morphisme du groupe (C, +) vers (C∗, ×) et discute des racines n-ièmes de nombres complexes, en précisant que chaque nombre complexe non nul a exactement deux racines carrées. Enfin, il aborde la résolution d'équations du second degré à coefficients complexes.

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1.7 Racines - Ièmes de L'unité: Remarque 1.13

Le document traite de la fonction exponentielle complexe, de ses propriétés, et de son lien avec les racines n-ièmes de l'unité. Il établit que la fonction exponentielle complexe est un morphisme du groupe (C, +) vers (C∗, ×) et discute des racines n-ièmes de nombres complexes, en précisant que chaque nombre complexe non nul a exactement deux racines carrées. Enfin, il aborde la résolution d'équations du second degré à coefficients complexes.

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Remarque 1.

13
– Soit z = a + i b ∈ C. On a e z = e a+ib a ib a
¯ a= eib ¯e = ae ¯[cos
¯ b + i sin b]
– Soit z = a + i b ∈ C. On a |e | = ¯e e ¯ = |e | ¯e ib ¯ = |e a | = e a car la fonction exponentielle réelle est strictement
z

positive.
– La fonction exponentielle complexe ne s’annule jamais : |e z | = e a 6= 0. La fonction exponentielle complexe est donc à
image dans C∗ .
– La fonction exponentielle complexe prolonge la fonction exponentielle réelle ( ce qui signifie que sa restriction aux
nombres réels coïncide avec la fonction exponentielle réelle).
– Si Z est un complexe non nul, on peut l’écrire sous forme trigonométrique Z = ρe iθ . Un complexe z = a + i b vérifie
e z = Z si et seulement si e a e ib = ρe iθ . En prenant le module, on trouve que a = ln(ρ) puis ensuite b = θ + 2kπ ,
(k ∈ Z ). ½
C −→ C⋆
– La fonction exponentielle complexe est surjective (Voir la définition 1.7 page 1112) mais pas injec-
z 7−→ ez
tive (Voir la définition 1.6 page 1111). Il sera impossible à notre niveau de définir un logarithme complexe.

P ROPOSITION 1.30 La fonction exponentielle complexe est un morphisme du groupe (C, +) dans le groupe (C∗ , ×)
′ ′ ¡ z ¢−1 ¡ −z ¢
∀z, z ′ ∈ C, e z+z = e z e z ∀z ∈ C, e = e

Preuve
′ ′ ′
• Soient z = a + i b, z ′ = a ′ + i b ′ ∈ C. En utilisant les propriétés de l’exponentielle réelle et imaginaire, e z e z = e a e ib e a e ib =
′ ′ ′
e a+a e i(b+b ) = e z+z . ¡ ¢−1
• ¡Soit z¢ ∈ C. Par application de la propriété précédente, e z e −z = e z−z = e 0 = 1. Par conséquent, e −z est l’inverse de e z et e z =
e −z .
Vous pouvez maintenant étudier l’appendice B.3 pour des applications très importantes de l’exponentielle imaginaire aux
calculs trigonométriques. Avant cela, il est conseillé de lire l’appendice B.2 pour vous familiariser avec les techniques de
P
calcul de sommes et à la notation .

1.7 Racines n -ièmes de l’unité


Dans tout ce paragraphe n désigne un entier naturel non nul : n ∈ N∗ .

D ÉFINITION 1.9 Racine n -ième d’un nombre complexe


Soit z ∈ C. On appelle racine n -ième du nombre complexe z tout nombre complexe ξ vérifiant ξn = z .

2iπ p
Exemple 1.6 i est une racine deuxième de −1, e 3 est une racine cubique de 1, i 2 est une racine deuxième de −2.

D ÉFINITION 1.10 Racine n -ième de l’unité


On appelle racine n -ième de l’unité une racine n -ième de 1, c’est-à-dire un nombre complexe z tel que z n = 1 . On
notera Un l’ensemble des racines n -ièmes de l’unité : Un = {z ∈ C | z n = 1} .

Remarque 1.14
– Pour tout n Ê 1, on a : 1 ∈ Un et −1 ∈ Un si et seulement si n est pair.
– On a Un ⊂ U. En effet, si z ∈ Un alors z n = 1 et donc |z|n = |z n | = 1. Comme |z| ∈ R∗+ , cette égalité n’est possible que
si |z| = 1.
✎ Notation 1.7 Soient m, n ∈ Z tels que m É n . On note ‚m, nƒ l’intervalle d’entiers donné par :

‚m, nƒ = {k ∈ Z | m É k É n} .

2ikπ
P ROPOSITION 1.31 ♥♥♥ Les racines n -ièmes de l’unité sont de la forme ωk = e n où k ∈ ‚0, n − 1ƒ
2iπ
Notons ω = e i n . Il y a exactement n racines n -ièmes de l’unité. Elles sont données par les puissances de ω : ωk où
k ∈ ‚0, n − 1ƒ
n o n 2ikπ o
Un = ωk ; k ∈ [[0, n − 1]] = e n ; k ∈ ‚0, n − 1ƒ

31
Preuve Soit z ∈ C tel que z n = 1. En prenant le module, on en déduit que |z| = 1. Il existe donc un unique réel θ ∈ [0,2π[ tel que
z = e iθ . On doit alors avoir e inθ = 1, c’est-à-dire nθ = 2kπ avec k ∈ Z . Comme on veut θ ∈ [0,2π[, on doit avoir 0 É k < n et donc
2kπ
k ∈ [[0,n − 1]] d’où z = e i n = ωk . Réciproquement, tout complexe de cette forme vérifie bien z n = 1.

P ROPOSITION 1.32 (Un , ×) est un groupe commutatif


L’ensemble Un vérifie les propriétés suivantes :
1. Un est stable pour le produit (c-a-d : ∀ξ, ξ′ ∈ Un , ξ × ξ′ ∈ Un ).
2. Le produit est associatif (c-a-d : ∀ξ, ξ′ , ξ′′ ∈ Un , (ξ × ξ′ ) × ξ′′ = ξ × (ξ′ × ξ′′ )).
3. Le complexe 1 est élément de Un et est l’élément neutre du produit (c-a-d : ∀ξ ∈ Un , ξ × 1 = 1 × ξ = ξ).
1
4. Si ξ est élément de Un , alors son inverse aussi. De plus, on a :
ξ

1
= ξ̄
ξ

5. Le produit est commutatif (c-a-d : ∀ξ, ξ′ ∈ Un , ξ × ξ′ = ξ′ × ξ).


(Un , ×) est donc muni d’une structure de groupe commutatif.

Preuve Soient ξ,ξ′ ∈ Un :


¡ ¢
1. On a : ξ × ξ′ n = ξn × ξ′ n = 1. Donc ξ × ξ′ ∈ Un .
2. L’associativité est une conséquence directe de l’associativité du produit dans C.
3. On a : 1n = 1 donc 1 ∈ Un . La suite est évidente.
n
4. Remarquant tout d’abord que ξ = ξn = 1. Donc ξ ∈ Un . De plus : ξ ×ξ = ξ ×ξ = 1 car Un ⊂ U. Par conséquent, ξ−1 = 1/ξ = ξ̄.
5. La commutativité est une conséquence directe de la commutativité de la multiplication dans C.

Remarque 1.15 En fait, (Un , ×) est un sous-groupe de (U, ×) qui lui-même est un sous-groupe de (C∗ , ×). Nous verrons
là aussi plus tard comment prouver la propriété précédente de manière plus rapide (voir 46 page 712)..

i ωi
ω

2π 2π π
3 4 = 2
ω3 = 1 ω4 = 1
O 1 ω2 O 1

ω2
ω3

F IGURE 1.8 – U3 F IGURE 1.9 – U4

P ROPOSITION 1.33 ♥ La somme des racines n -ièmes de l’unité est nulle


X
Soit un entier n Ê 2. On a : 1 + ω + ω2 + . . . + ωn−1 = z =0 .
z∈Un

Preuve On utilise la formule d’une somme géométrique de raison ω 6= 1 et ωn = 1 :


ωn − 1
1 + ω + · · · + ωn−1 = =0
ω−1
2iπ
Remarque 1.16 On utilisera très souvent les racines cubiques de l’unité. On note j = e 3 la racine cubique primitive
de l’unité et U3 = {1, j , j 2 }. Les puissances de j sont simples à calculer :

1
 si k = 3p
jk = j si k = 3p + 1


j2 si k = 3p + 2

32
i ω i
ω2 ω

ω2

2π 2π
5 6
ω5 = 1 ω6 = 1
O 1 ω3 O 1

ω3

ω4 ω5
ω4

F IGURE 1.10 – U5 F IGURE 1.11 – U6

Les propriétés suivantes sont fondamentales : j 2 = j = 1/ j et 1 + j + j 2 = 0 .

i
j


3
j3 = 1
O 1

j 2 = j = 1/j

F IGURE 1.12 – Racines cubiques de l’unité

P ROPOSITION 1.34 Expression des racines n -ièmes d’un nombre complexe


Un complexe non nul z = ρe iθ admet n racines n -ièmes données par
³ ´
i nθ + 2kπ
Z k = ρ1/n e n = ρ1/n e iθ/n ωk , k ∈ [[0, n − 1]]

où ω est la racine n -ième primitive de l’unité.

Preuve Notons Z0 = ρ1/n e iθ/n . On a bien Zn0 = z et donc Zn = z si et seulement si (Z/Z0 )n = 1 c’est-à-dire si et seulement si
(Z/Z 0 ) est une racine n -ième de l’unité.

On pourra consulter plus tard l’annexe B paragraphe B.4.4 afin de voir le rôle des racines de l’unité dans la factorisation
de certains polynômes.

33
1.8 Équations du second degré
1.8.1 Racines carrées

D ÉFINITION 1.11 Racine carrée d’un nombre complexe


Soit un nombre complexe z ∈ C. On appelle racine carrée de z une racine deuxième de z , c’est-à-dire un complexe Z
vérifiant Z2 = z .

Par application de la proposition 1.34, on peut affirmer :

P ROPOSITION 1.35
Tout nombre complexe non nul possède exactement deux racines carrées. De plus, ces deux racines carrées sont opposées
l’une de l’autre.

B Attention 1.8 p
La notation z n’a de sens que pour z ∈ R+ . Si on l’utilise à mauvais escient, on aboutit vite à des
p 2 p p p p
absurdités. Par exemple : −1 = −1 = −1 × −1 = (−1) × (−1) = 1 = 1.

Remarque 1.17
– Le complexe nul z = 0 ne possède qu’une seule racine carrée 0.
p p
– Si x ∈ R+ , ses deux racines carrées sont données par x p et − x . p
– Si x ∈ R∗− , ses deux racines carrées sont données par i |x| et −i |x|. p En effet, la forme
p
trigonométrique
p
de p
x est
x = |x| e iπ . D’après la proposition 1.34, les deux racines carrées de x sont |x|e iπ/2 = i |x| et |x|e π/2 e 2π/2 = −i |x|.

Pour calculer en pratique les racines carrées d’un nombre complexe z , le plus simple consiste souvent à mettre z sous
forme trigonométrique et à appliquer les formules précédentes. On dispose également d’une méthode permettant de cal-
culer les parties réelles et imaginaires des racines carrées de z .
P LAN 1.2 : Comment calculer les racines carrées d’un nombre complexe
Soit z = a + i b ∈ C. Soit Z = X + i Y une des deux racines carrées de z : Z2 = z . On a :
 2
|Z| = |z|

Re Z2 = Re z


ImZ2 = Im z

On en déduit  2 p
2 2 2
X + Y = a + b

X2 − Y2 = a


2XY = Im z
Et en particulier p
 2 2 2 2
X + Y = a + b

X2 − Y2 = a


XY est du signe de Im z

Exemple 1.9 Calculons les racines carrées de z = 8 − 6i . Soit Z = X + i Y une des deux racines carrées de z . Les réels X
et Y satisfont  p
X 2 + Y2 = 100 = 10

X2 − Y2 = 8


XY est négatif
Par addition des deux premières équations, on obtient : X = 3 ou X = −3. Par soustraction de ces deux mêmes équations,
on obtient : Y = 1 ou Y = −1. Comme le produit XY est négatif, les seules possibilités sont X = 3 et Y = −1 ou alors
X = −3 et Y = 1. En conclusion, Z = 3− i ou Z = −3+ i . On vérifie réciproquement que ces deux complexes vérifient bien
Z2 = 8 − 6i .

1.8.2 Équations du second degré

34
T HÉORÈME 1.36 ♥ Résolution d’une équation du second degré à coefficients complexes
Soient a , b , c trois nombres complexes avec a 6= 0. Considérons l’équation d’inconnue z ∈ C

az 2 + bz + c = 0 (⋆)

Notons ∆ = b 2 − 4ac le discriminant de l’équation (⋆). On a :


−b
• Si ∆ = 0, l’équation (⋆) admet une racine double z0 donnée par : z0 = .
2a
• Si ∆ 6= 0 et si δ désigne une des deux racines carrées de ∆ alors l’équation (⋆) admet deux racines distinctes z1 et z2
−b − δ −b + δ
données par : z1 = et z2 = .
2a 2a

Preuve Soit z ∈ C une solution de l’équation (⋆). Puisque a 6= 0, nous pouvons écrire le trinôme sous forme canonique
µ ¶ "µ ¶ #
b 2c b 2 b 2 − 4ac
0=a z + z+ =a z+ −
a a 2a 4a 2

En notant Z = z + b/2a , on doit avoir Z2 = ∆/4a 2 .


– Si ∆ = 0, alors Z = 0 c’est à dire z = −b/(2a).
−b − δ −b + δ
– Si ∆ 6= 0, en notant δ une racine carrée complexe de ∆, (Z −δ)(Z +δ) = 0 c’est à dire Z = ±δ ou encore z = ou z = .
2a 2a
On vérifie dans chacun des cas précédents que z est effectivement solution de l’équation.

C OROLLAIRE 1.37 ♥ Résolution d’une équation du second degré à coefficients réels


Soient a , b , c trois nombres réels avec a 6= 0. Considérons l’équation d’inconnue x ∈ C

ax 2 + bx + c = 0 (⋆)

Notons ∆ = b 2 − 4ac son discriminant. Remarquons que ∆ ∈ R. On a :


• Si ∆ > 0, (⋆) admet deux solutions distinctes, toutes deux réelles x1 et x2 données par
p p
−b − ∆ −b + ∆
x1 = et x2 =
2a 2a

• Si ∆ = 0, (⋆) admet une seule solution x0 donnée par :

b
x0 = −
2a

• Si ∆ < 0, (⋆) admet deux solutions distinctes, toutes deux complexes conjuguées x1 et x2 données par
p p
−b − i |∆| −b + i |∆|
x1 = et x2 =
2a 2a

Preuve p
– Si ∆ Ê 0, une racine de ∆ est donnée par δ = ∆ et les formules pour x0 , x1 et x2 se déduisent de celles énoncées dans le
théorème 1.36. p
p δ = i |∆|. D’après les formules énoncées dans le théorème
– Si ∆ < 0, une racine de ∆ est donnée, d’aprèspla remarque 1.17 par
−b − i |∆| −b + i |∆|
1.36, les deux racines de (⋆) sont x1 = et x2 = qui sont bien complexes et conjuguées.
2a 2a
On pourra se reporter à l’annexe B paragraphe B.4.1 pour des précisions supplémentaires sur les trinômes du second degré
et au paragraphe B.4.5 pour des applications des relations entre les coefficients et les racines d’un polynôme.

1.9 Nombres complexes et géométrie plane


1.9.1 Distance

35
P ROPOSITION 1.38
Soient A et B deux points du plan d’affixe respective a et b . La distance de A à B est donnée par AB = |b − a|

−→ −→
Preuve L’affixe du vecteur AB est donnée par Aff(B) − Aff(A). De plus, par définition, |b − a| = ||AB|| = AB.

1.9.2 Barycentre
P ROPOSITION 1.39
Soient A, B et G trois points d’affixes respectives a, b et g ; Soient α et β deux réels tels que α + β 6= 0. Alors, G est le
barycentre des points A et B affectés respectivement des poids α et β si et seulement si

α(g − a) + β(g − b) = 0.

−→ −→
Preuve C’est une traduction en terme d’affixe de l’égalité vectorielle αGA + βGB = 0 qui définit le barycentre G.

Remarque 1.18 Si α = β = 1, le point G est le milieu du segment [AB]. On a alors, avec les notations précédentes,
l’égalité g = (a + b)/2.

P ROPOSITION 1.40
Soient n Ê 2 un entier, A 1 , ..., A n des points du plan d’affixes respectives z1 , ...., zn . Soient α1 , ..., αn des réels tels que
X
n
αi 6= 0. Le point G est le barycentre des points A i affectés des poids αi , i = 1, ..., n si et seulement si son affixe z
i=1
vérifie l’équation
X
n
αi (zi − z) = 0
i=1

n
X −−→
Preuve C’est une traduction en terme d’affixe de l’égalité vectorielle αi GAi = 0.
i=1

1.9.3 Angles
P ROPOSITION 1.41
Soient A, B, et C trois points du plan tels que C est distinct de A et de B, d’affixes respectives a , b et c . Une mesure de
µ ¶

à→ −→ −
→ −→
à b −c
l’angle (CA, CB) est alors donnée par (CA, CB) = arg [2π]
a −c
µ ¶
b −c −→ −→
Preuve Remarquons tout d’abord que arg = arg(b − c) − arg(a − c) [2π]. Par ailleurs b − c = Aff(BC) et a − c = Aff(CA).
a −c
ƒ −→ ƒ −→ −→ −→
à
Donc arg(b − c) = (→ −
ı , CB) et arg (a − c) = (→

ı , CA). On conclut en utilisant la relation de Chasles pour les angles (CA, CB) =
ƒ −
→ ƒ −→
(→

ı , CB) − (→

ı , CA).

C OROLLAIRE 1.42
Soient A, B, et C trois points du plan tels que C est distinct de A, d’affixe respective a , b et c .
c −b
– A, B, et C sont alignés si et seulement si est réel.
c −a
c −b
– Les droites (CA) et (CB) sont perpendiculaires si et seulement si est imaginaire pur.
c −a

1.10 Transformations remarquables du plan


On notera P le plan et V l’ensemble des vecteurs du plan. On appelle transformation du plan toute application bijective
du plan dans lui même. À toute transformation f du plan, on peut associer une application g du plan complexe dans lui
même qui au complexe z d’image le point M ∈ P associe l’affixe du point f (M) :
½
C −→ C
g: où M′ = f (M) .
Aff(M) 7−→ Aff(M′ )
On dit alors que g représente l’application f dans le plan complexe.

36
1.10.1 Translations, homothéties
D ÉFINITION 1.12 Translation, homothétie
– Soit →

u un vecteur du plan. La translation de vecteur →

u , est la transformation du plan qui à tout point M ∈ P
u , notée t→

−−−→
associe le point M′ ∈ P tel que MM′ = → −
u.
– Soit Ω un point du plan et λ un réel non nul. L’homothétie de centre Ω et de rapport λ, noté hΩ,λ , est la transformation
−−−→ −−→
du plan qui à tout point M ∈ P associe le point M′ ∈ P tel que ΩM′ = λΩM .

Remarque 1.19
– Si le rapport d’une homothétie h vaut 1, alors h est l’application identique ( L’application identique de P est celle
qui à tout point M ∈ P associe lui même).
– Les translations conservent les longueurs (on dit que ce sont des isométries), les homothéties de rapport λ les multi-
plient par |λ|.

P ROPOSITION 1.43
Soit Ω un point du plan d’affixe ω et λ un réel différent de 0 et 1. L’homothétie de rapport λ et de centre Ω peut être
représentée dans le plan complexe par l’application qui à tout z ∈ C associe z ′ ∈ C tel que z ′ − ω = λ(z − ω) (ou encore
z ′ = λz + (1 − λ)ω).
−−−→ −−→
Preuve Le point M′ est l’image de M par h Ω,λ si et seulement si ΩM′ = λΩM ou encore Aff(M) − Aff(Ω) = λ(Aff(M)′ − Aff(Ω))
c’est-à-dire z ′ − ω = λ(z − ω).

1.10.2 Rotation
D ÉFINITION 1.13 Rotation
Soient Ω ∈ P et θ un réel. La rotation de centre Ω et d’angle θ, notée r Ω,θ est la transformation du plan qui
– à tout point Ω associe Ω,

 −−→ −−−→
á
(ΩM, ΩM′ ) = θ [2π]
– à tout point M différent de Ω associe le point M′ tel que
 ||−−−→ −−→
ΩM′ || = ||ΩM||

P ROPOSITION 1.44
Soient Ω ∈ P et θ un réel. Soit ω l’affixe de Ω. La rotation de centre Ω et d’angle θ peut être représentée dans le
plan complexe par l’application qui à tout z ∈ C associe le complexe z ′ tel que z ′ − ω = e iθ (z − ω) (ou encore z ′ =
e iθ z + (1 − e i θ)ω).

Preuve Soient z et z ′ les affixes respectives de M et M′ . Si M 6= Ω, on a :


M′ est l’image de M par la rotation de centre Ω et d’angle θ ⇔
−−→ −−−→′
á ′
(µΩM, ΩM ¶ ) = θ [2π] et ΩM = ΩM ⇔
z′ − ω ′
arg = θ [2π] et |z − w | = |z − ω| ⇔
µz − ω ¶

z −ω ¯ z −w ¯
¯ ¯
arg = θ [2π] et ¯ ′ ¯ = 1 (∗).
z −ω z −ω
z −w
Soit ρe iα une représentation trigonométrique de . Les deux relations précédentes sont équivalentes à ρ = 1 et α = θ [2π].
z′ − ω
z −w
Donc (∗) est équivalente à ′ = e iθ , soit z ′ − ω = e iθ (z − ω). Si M = Ω alors M′ = Ω et z = z ′ = ω. L’égalité z ′ − ω = e iθ (z − ω)
z −ω
est alors trivialement vérifiée.

1.10.3 Similitudes directes


D ÉFINITION 1.14 Similitude directe
Une similitude directe est une transformation du plan admettant comme représentation dans le plan complexe l’appli-
½
C −→ C
cation : où (a, b) ∈ C∗ × C.
z 7−→ az + b

37
P ROPOSITION 1.45
Une similitude directe conserve les angles orientés et les rapports de longueurs.

Preuve Soit f la similitude représentée par z 7→ az +b , A1 , A2 , A3 , A4 des points de P tels que A1 6= A2 et A3 6= A4 , z1 , z2 , z3 , z4


leurs affixes respectives et z1′ , z2′ , z3′ , z4′ les affixes respectives de leurs images par f . Pour tout i ∈ {1,2,3,4}, on a donc zi′ = azi +b .
En particulier :
½
z2′ − z1′ = a(z2 − z1 )
z4′ − z3′ = a(z4 − z3 )

z4′ − z3′ z4 − z3
et donc a étant non nul : = . Par conséquent
z2′ − z1′ z2 − z1

−−−á→ −−−→ z ′ − z3′ z4 − z3 −−−


á→ −−−→
(A′1 A′2 , A′3 A′4 ) = arg( 4′ ) = arg( ) = (A1 A2 , A3 A4 ) [2π]
z2 − z1′ z2 − z1

et ¯ ′ ¯
A′3 A′4 ¯ z − z ′ ¯ ¯¯ z − z ¯¯ A A
¯ 4 3¯ ¯ 4 3¯ 3 4
= ¯ ¯= = ,
A′1 A′2 ¯ z2′ − z1′ ¯ ¯ z2 − z1 ¯ A1 A2
ce qui prouve la propriété.

P ROPOSITION 1.46
La composée de deux similitudes directes est encore une similitude directe.

Preuve Soient f et f ′ deux similitudes directes représentées dans le plan complexe par, respectivement, z 7→ az +b et z 7→ a ′ z +b ′
où (a,b) ∈ C∗ × C et où (a ′ ,b ′ ) ∈ C∗ × C. Alors f ′ ◦ f est représentée par z 7→ a ′ (az +b) +b ′ soit z 7→ aa ′ z + a ′ b +b ′ . Notant α = a ′ a
et β = a ′ b + b ′ et remarquant que α est non nul, on a représenté f ′ ◦ f par z 7→ αz + β avec (α,β) ∈ C∗ × C et f ′ ◦ f est donc bien une
similitude directe.

P ROPOSITION 1.47
Soient (a, b) ∈ C∗ × C. Soit f la similitude du plan représentée dans le plan complexe par z 7→ az + b .
– Si a = 1, f est la translation de vecteur d’affixe b .
– Si a 6= 1, f admet un unique point invariant Ω ( f (Ω) = Ω ) appelé centre de la similitude. De plus, dans ce cas, si
1. α est un argument de a ,
2. r est la rotation de centre Ω et d’angle α ( r Ω,α ),
3. h est l’homothétie de centre Ω et de rapport |a| ( hΩ,|a| ),
alors f s’écrit comme la composée de h et r : f = r ◦ h = h ◦ r . Le réel |a| est appelé le rapport de la similitude et α
est une mesure de l’angle de la similitude. En particulier,
– si a ∈ R∗ , f est l’homothétie de centre Ω et de rapport |a|.
– si |a| = 1, f est la rotation de centre Ω et d’angle α.

Preuve
– Si a = 1, on reconnaît l’application étudiée dans la proposition 1.9.
– Supposons maintenant a 6= 1 et recherchons les points invariants par f . Soit un tel point qu’on suppose d’affixe z0 . z0 est alors
b
solution de l’équation z0 = az0 +b . Cette équation possède une et une seule solution qui est z0 = (car a 6= 1 !). Notons Ω le
1−a
point d’affixe z0 . Ω est donc l’unique point invariant de f . Soient M un point d’affixe z . Notons M le point d’affixe z ′ = f (z).

On a : z ′ − z0 = a(z − z0 ). Soient α un argument de a , h l’homothétie hΩ,|a| et r la rotation r Ω,|a| . Vérifions que f s’écrit comme
la composée de h et de r . Notons z1 l’affixe de r (M) et z2 celle de h(r (M)). D’après les propositions 1.43 et 1.13 :

z1 − z0 = e iα (z − z0 )

z2 − z0 = |a|(z1 − z0 )
donc
z2 − z0 = |a|e iα (z − z0 ) = a(z − z0 )
ce qui prouve que z2 = z ′ et donc que z2 est l’affixe de f (M) On a donc bien montré que f = h ◦ r . On montre de la même façon
que f = r ◦ h .
Multimédia : On donne un rapport, un angle et un centre. On pointe avec la souris
sur un z du plan complexe et le logiciel construit l’image de z par la rotation ,
puis l’image de ce point par l’homothétie

38
En résumé
1 il faut savoir manipuler parfaitement les opérations suivantes sur les nombres complexes : addition, multiplication,
conjugaison, calcul du module ou d’un argument.
2 il faut connaître parfaitement les formules d’Euler et de Moivre.
3 la fonction exponentielle complexe doit être bien maîtrisée. La technique de factorisation par les angles moitiés
est d’un usage fréquent dans les exercices.
4 il faut savoir calculer les racines carrées d’un nombre complexe ainsi que les solutions d’une équation du second
degré à coefficients complexes.
5 il faut avoir bien compris les groupes U et Un tant au niveau algébrique que géométrique.
6 les différentes transformations du plan doivent être bien maîtrisées ainsi que la traduction en terme d’affixe des
notions d’angle ou de distance.
Il est essentiel de compléter la lecture de ce chapitre par celle des paragraphes suivants de l’annexe B :
1 Trigonométrie, voir paragraphe B.1 page 1128.
2 Calculs de sommes, voir paragraphe B.2 page 1131.
3 Trigonométrie et complexes, voir paragraphe B.3 page 1137.
4 Calculs sur des polynômes, voir le paragraphe B.4.1 page 1141 consacré au trinôme du second degré ainsi que le
paragraphe B.4.4 page 1149 consacré à la factorisation des polynômes grâce aux racines de l’unité.

39
16.
Suites & 21. Po-
Fonctions lynômes
Complexes

Théorème de
d’Alembert
Partie
Imaginaire

1. Nombres
Partie
Complexes
Module
Imaginaire

Partie Réelle

Partie Réelle Argument

Norme
Conjugué

Base (1,i ) Applications


linéaires
Angle

Base (1, j ) Symétrie


Axiale
24. Di-
mension
des E.V. 2. Géomé-
trie Plane

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