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Le document traite de l'organisation et des pouvoirs du Conseil de la concurrence au Maroc, mis en place pour réguler le marché et promouvoir la concurrence. Il souligne l'évolution législative qui a renforcé l'indépendance et les prérogatives de cette institution, notamment à travers les lois n° 20-13 et n° 41-21. La méthodologie adoptée pour analyser cette problématique est descriptive et analytique, en se concentrant sur les compétences et les procédures du Conseil.

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Le document traite de l'organisation et des pouvoirs du Conseil de la concurrence au Maroc, mis en place pour réguler le marché et promouvoir la concurrence. Il souligne l'évolution législative qui a renforcé l'indépendance et les prérogatives de cette institution, notamment à travers les lois n° 20-13 et n° 41-21. La méthodologie adoptée pour analyser cette problématique est descriptive et analytique, en se concentrant sur les compétences et les procédures du Conseil.

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Master : Droit civil ,Technique de

notarisation et Numérisation

Module : Droit de la concurrence

Le conseil de la
concurrence

Réalisé par les étudiants : Sous


l’encadrement de :
Mustapha Fouad [Link]
Mouhim

Abdelhak Morjan

Ayoub Elhaoudi

2025-2026

REMERCIEMENT

Nous tenons à remercier notre professeur

ABOUBAKR MOUHIM, qui nous a encadré tout au

long de notre parcours academique, et qui s’est

efforcé depuit le début de ce parcours là, à nous

fournir au maximum l’information juridique et nous

a donné la passion du droit.


INTRODUCTION

L’orientation fondamentale de la politique économique de ces dernières années


était de mettre fin à l’économie dirigée et d’instituer une liberté régulée et une
réforme économique de fond. Cette orientation demeure d’actualité.
Effectivement, il s’agit d’un processus de libéralisation qui implique la remise en
cause de l’organisation monopolistique d’une économie et son ouverture à la
concurrence. Cette libéralisation ne peut se concrétiser que par l’instauration des
instances de régulation qui participent à l’ouverture du marché et à l’émergence
d’un nouveau rôle de l’État.

Dans cette perspective, le Maroc s’était doté de son premier Conseil de la


concurrence par la loi n° 06-99 relative à la liberté des prix et de la concurrence
mise en œuvre depuis le début de l’année 2001. Cependant, ses pouvoirs sont
restés rigides et limités en raison de l'existence de plusieurs obstacles, car il
n'était qu'un outil entre les mains du gouvernement et manquait d'indépendance
vis-à-vis du pouvoir exécutif et était soumis à sa tutelle à plusieurs égards, dont
le plus important était la nomination du chef du conseil par le Premier ministre
(actuellement chef du gouvernement) et l'incapacité de publier le rapport annuel
relatif à son travail sans l'approbation préalable de ce dernier 1, jusqu’à sa
réactivation en 2009 avec un rôle principalement et foncièrement consultatif. 2

L’intervention d’une telle autorité dans l’organisation institutionnelle du contrôle


de la concurrence est significative de la volonté de rompre avec l’ancien modèle
dirigiste de régulation du marché. Surtout dans une période où la crise

126.‫ ص‬،15‫ العدد‬،‫ مجلة الحقوق‬،″2011‫ ودستور‬06-99 ‫ “مجلس المنافسة المغيب بين قانون‬،‫يوسف الزوجال‬- 1

2
ABDELMOUMNI Fouad, « Le Maroc et le Printemps arabe », Revue Pouvoirs, n° 145, 2013, pp. 123-140
1
économique mondiale prive le Maroc de ses moteurs principaux de sa
croissance1.

Ainsi, la constitution du 29 juillet 2011 dans son titre XII : « De la bonne


gouvernance », et dans le cadre réservé aux instances de bonne gouvernance.
Cette consécration constitutionnelle des autorités de régulation contribuera ainsi
à renforcer leur légitimité et à les responsabiliser davantage . Dans le même sens,
la déclaration gouvernementale de 2012 souligne que la consolidation de la
gouvernance économique implique : « le renforcement des prérogatives du
Conseil de la concurrence et de son rôle en matière de promotion de la
transparence et de la compétition et de la mise à sa disposition des moyens
nécessaires pour l’accomplissement de ses missions »3 . Afin de retraduire
réellement et prendre en considération tous ces éléments, l’arsenal juridique
marocain a été renforcé par la publication de deux textes de loi relatifs à la
concurrence. Le premier est la loi n° 104-12 relative à la liberté des prix et de la
concurrence, et le second la loi n° 20-13 4 relative au Conseil de la concurrence
modifiée et complétée par la loi n° 41-215 . Ce nouveau dispositif législatif a
élevé le Conseil de la concurrence de nature consultative, au rang d’une autorité
décisionnelle indépendante dotée de la personnalité morale et de l’autonomie
financière. Ainsi, il possède la capacité d’organiser une concurrence libre et
loyale et de garantir la transparence et l’équité en matière de relations
économiques6 .

3
Le Chef du Gouvernement du Maroc, Programme du Gouvernement, janvier 2012, p. 37
4
- La loi numéro 20.13 relative au Conseil de la concurrence, promulguée par le dahir chérifien numéro 1.14.117 du 2 ramadan
1435 correspondant au 30 juin 2014 Bulletin officiel n° 6280, du 10 chaoual 1435 (7 août 2014)
5
La loi numéro 41.21, promulguée par le dahir chérifien numéro 1.22.68 du 30 rebia II 1444 correspondant au 25 novembre 2022
Bulletin officiel n° 7152, du 20 joumada I 1444 (15 décembre 2022)
6
Le Roi Mohammed VI lors de l’ouverture de la dernière année législative de la 9e législature, le 9 octobre 2015, a estimé « qu’il
convient aussi de mettre en œuvre les textes juridiques relatifs au Conseil de la Concurrence et de l’Instance nationale de la
Probité et de la Prévention de la Corruption ».
2
La problématique du sujet :
Comment le législateur est-il parvenu à faire du Conseil de la concurrence une
institution capable de pratiquer ses fonctions avec succès et efficacité ?

La méthodologie adoptée :

Pour aborder ce sujet, nous adopterons une approche descriptive avec une
méthode analytique, en mettant en évidence les compétences du Conseil, ses
procédures de travail .

Le plan adopté :

PARTIE I : l’organisation du conseil de la concurrence et ses pouvoirs


Chapitre 1 : l’organisation du conseil de la concurrence
Chapitre 2 : Les pouvoirs du conseil de la concurrence
PARTIE II : Les procédures devant le conseil de la concurrence
Chapitre 1 : La saisine du conseil de la concurrence et ses effets
Chapitre 2 : Le déroulement de la procédure contentieuse

3
PARTIE I : l’organisation du conseil de la concurrence et ses pouvoirs

Chapitre 1 : l’organisation du conseil de la concurrence

Le Conseil de la concurrence est un organisme administratif non juridictionnel,


doté de l’indépendance et de la personnalité morale, chargé de réguler le marché
et d’assurer une gouvernance économique efficace7.

Section 1 : l’organisation administrative

Selon la nouvelle loi N° 20.13, la composition du conseil de la concurrence


s'articule sur deux collèges : le président et les membres du conseil d'une part, et
les auxiliaires constitués par le représentant du gouvernement, secrétaire général
et les rapporteurs d'autres part.

En se référant à l’article 9 de la loi 20.13 8, il est établi que le Conseil de la


concurrence est composé de treize membres : un président, quatre vice-présidents
et huit conseillers. Parmi ces membres, les compétences suivantes sont requises :
- Deux membres issus des juges, désignés comme vice-présidents.

- Quatre membres sélectionnés en raison de leur expertise dans le domaine


économique ou de la concurrence, dont l’un assume également le rôle de vice-
président.

- Deux membres choisis pour leur compétence dans le domaine juridique, dont
l’un agit comme vice-président.

‫ رسالة لنيل دبلوم الماستر في‬," ‫ فتيحة يوبي “ حماية المستهلك على ضوء قانون حرية األسعار و المنافسة‬7
‫قانون االعمال كلية العلوم القانونية و االقتصادية و االجتماعية جامعة القاضي عياض بمراكش السنة الجامعية‬
84 ‫ ص‬2010-2009
8
- Le législateur a organisé la composition du Conseil dans les articles 9 à 14 de la loi numéro 20.13
4
- Trois membres ayant ou ayant exercé leurs fonctions dans les secteurs de la
production, de la distribution ou des services.

- Un membre ayant une expertise en protection des consommateurs.

À travers l’analyse des dispositions de cet article, on constate que le Conseil est
dirigé par un président, bien que la loi ne précise pas les critères requis pour
occuper cette fonction. À titre comparatif, la législation commerciale française
impose que le président soit choisi pour ses compétences dans les domaines
juridique et économique. Cependant, en dépit de l’absence de conditions
formelles dans la loi 20.13, la responsabilité confiée au président exige une
grande maîtrise des questions économiques et juridiques9, compte tenu de la
nature constitutionnelle et multidimensionnelle du Conseil de la concurrence.
Concernant la durée et les modalités de fin des fonctions, selon l’article 12 de
cette même loi, le mandat du président prend fin à l’expiration de sa durée fixée,
en cas de décès, de démission ou encore par révocation conformément aux règles
légales applicables en la matière 10. Pour sa nomination, l’article 1011 stipule
qu’elle s’effectue par dahir pour une durée de cinq ans, renouvelable une seule
fois. Quant aux autres membres du Conseil, ils sont nommés par décret pour une
période identique de cinq ans, renouvelable une fois également, sur proposition
des administrations ou organismes compétents auxquels ils sont affiliés et

‫ قايدي نادية " مجلس المنافسة بين النص و الواقع " مقال منشور بمجلة الشؤون القانونية و القضائية عدد‬- 9
19 ‫ ص‬2024 ‫ السنة‬18
10
- L’article 12 de la loi numéro 20.13 dispose ce qui suit : Les fonctions des membres du Conseil prennent
fin : 1. À l’expiration de la durée fixée ; 2. En cas de décès du membre ; 3. Par démission volontaire, qui
doit être adressée au président du Conseil et prend effet à la date de nomination du remplaçant ; 4. Par
révocation décidée par le Conseil
11
- L’article 10 de la loi numéro 20.13 dispose ce qui suit : Le président est nommé par dahir pour une durée
de cinq (5) ans, renouvelable une seule fois. Les autres membres sont nommés par décret pour une durée de
cinq (5) ans, renouvelable une seule fois, sur proposition : - du Conseil supérieur de la magistrature pour les
deux membres magistrats ; - de l’autorité gouvernementale compétente pour les autres membres. Les
membres non magistrats du conseil prêtent serment devant la Cour d’appel de Rabat.
5
conformément aux textes réglementaires en vigueur. Par ailleurs, chaque membre
du Conseil a l’obligation d’informer le président de tout intérêt qu’il détient et
des éventuelles fonctions exercées dans une activité économique 12. Le président,
quant à lui, ne peut exercer aucune activité commerciale ou professionnelle dans
le secteur privé. Il doit renoncer à toute participation dans les organes de gestion
ou d’administration des établissements à but lucratif, qu’ils soient publics ou
privés. Ces règles d’incompatibilité visent à garantir la neutralité et
l’indépendance du président, tout en le protégeant de toute pression potentielle
dans l’exercice de ses fonctions13. Pour ce qui est des modalités d’organisation
des séances du Conseil, l’article 14 stipule que celles-ci peuvent se tenir en
plénière, en commission permanente ou au sein de sections spécifiques. La
commission permanente est constituée du président et des quatre vice-
présidents14, aussi un représentant du gouvernement assiste aux réunions du
Conseil à titre consultatif et a la possibilité de demander l’inscription d’une

12
- Mohamed ouziane , revue du droit marocain , revue juridique semestrielle , numéro 2 , 2éme année , mai
2007 , page 8.
13
- L' article 11 de la loi numéro 20.13 dispose ce qui suit : Le président et ses vice-présidents exercent leurs
fonctions à plein temps. Le président et les vice-présidents qui ne sont pas magistrats doivent, pendant la
durée de l’exercice de leurs fonctions, cesser toute activité professionnelle ou commerciale dans le secteur
privé , Ils doivent également suspendre leur participation aux organes de gestion, d’administration et de
direction des établissements privés ou publics ayant un but lucratif. Les membres magistrats restent soumis
aux règles prévues à l’article 15 du dahir portant loi n° 1.74.467 du 26 chawal 1394 (11 novembre 1974)
relatif au statut des magistrats. Chaque membre du Conseil doit informer le président des intérêts qu’il
détient ou qu’il a récemment acquis, ainsi que des fonctions qu’il exerce dans une activité économique.
Aucun membre du Conseil ne peut participer à la délibération d’une affaire dans laquelle il a un intérêt, ou
s’il représente une partie concernée par celle-ci, ou s’il l’a déjà représentée auparavant. Les membres du
Conseil sont tenus à la confidentialité des délibérations et des réunions.
Les membres du Conseil doivent également présenter une déclaration écrite des biens et des avoirs qu’ils
détiennent, directement ou indirectement, conformément aux conditions et modalités fixées par la loi, et ce
en application de l’article 158 de la Constitution
14
- L’article 14 de la loi numéro 20.13 dispose ce qui suit : Le Conseil peut se réunir en séance plénière, en
commission permanente ou en sections. La commission permanente est composée du président et des quatre
vice-présidents. Le Conseil ne peut se réunir ni délibérer valablement en séance plénière qu’en présence
d’au moins huit (8) membres, dont un membre parmi les magistrats. Le règlement intérieur du Conseil fixe
les règles de quorum applicables aux autres réunions du Conseil. Les délibérations lors des différents types
de réunions du Conseil se font à la majorité des membres présents. En cas d’égalité des voix, celle du côté
du président de la séance l’emporte
6
question à l’ordre du jour des discussions15. En outre, le Conseil repose sur une
équipe diversifiée de ressources humaines comprenant notamment le Secrétaire
général, le Rapporteur général et ses adjoints, ainsi que les rapporteurs et
chercheurs au sein des services d’enquête. Ces derniers jouent un rôle
déterminant dans l’accomplissement des missions techniques et procédurales
essentielles au bon fonctionnement du Conseil16. Il convient de préciser que,
conformément au dernier alinéa de l’article 20 de la loi s’y référant, le
Rapporteur général, ses adjoints, les rapporteurs et chercheurs sont soumis aux
dispositions du titre III du Statut général de la fonction publique en ce qui
concerne leurs droits et obligations. Ainsi, l’organisation administrative et le
cadre structurel mis en place au sein du Conseil de la concurrence démontrent
clairement son engagement à garantir les principes d’indépendance et
d’impartialité. Cela se traduit notamment par la diversité des compétences et
attributions qui lui sont confiées, renforçant ainsi son rôle dans son domaine
d’intervention et La structure du collège traduit la volonté du conseil de fonder
son autorité sur les compétences économiques, techniques et juridiques de ses
membres, en faisant siéger des juges à côté des personnalités ayant une
compétence ou une expérience professionnelle dans plusieurs secteurs
économiques.17

15
- Le dernier alinéa de l’article 13 de la même loi dispose que : « Le délégué du gouvernement assiste aux
séances du conseil à titre consultatif et peut demander l’inscription d’une question à l’ordre du jour de ses
réunions. »
16
L’article 16 de la loi 20.13 dispose que : « Le Conseil dispose de services d’instruction et d’enquête, 26
dirigés par un rapporteur général assisté de rapporteurs généraux adjoints, Ces services conduisent les
investigations et recherches nécessaires à l’application des dispositions de la loi relative à la liberté des prix
et de la concurrence, en ce qui concerne les pratiques anticoncurrentielles et le contrôle des opérations de
concentration économique, conformément aux conditions d’enquête prévues par ladite loi ».
17

7
Section 2 : L’organisation financière
L'organisation financière du Conseil de la concurrence repose sur le principe
d'indépendance, pilier fondamental de son autonomie vis-à-vis du pouvoir
exécutif. Ce principe se traduit par la reconnaissance de la personnalité juridique
du Conseil. Conformément aux principes généraux, la reconnaissance de la
personnalité juridique d'un organisme entraîne la reconnaissance de son
indépendance financière, de sa capacité d'ester en justice, de sa capacité de
contracter et de sa responsabilité.
Le législateur a consacré le principe de l'indépendance financière du Conseil de
la concurrence dans le premier article de la loi n° 13.20, dispose que le Conseil
est : « le conseil de la concurrence… est une institution indépendante …Le
conseil est doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière» De
même, l'article 15 de la loi susmentionnée stipule : Le Président est ordonnateur
des recettes et des dépenses du budget du conseil. Il peut instituer des sous
ordonnateurs conformément à la réglementation relative à la comptabilité
publique. » Cet aspect positif confère au Conseil la liberté de gérer son budget et
d'employer les ressources humaines nécessaires à son bon fonctionnement, et le
rend responsable de ses décisions18. La personnalité juridique du Conseil de la
concurrence en fait une autorité indépendante, distincte des autres pouvoirs
publics, lui permettant d'exercer ses activités sans ingérence. Cette personnalité
juridique lui confère également une indépendance financière, lui permettant de
dépenser son budget librement.
L'indépendance financière du Conseil de la concurrence est par ailleurs
démontrée par son accès à des sources de financement autres que les subventions
publiques, son autonomie dans l'élaboration et la mise en œuvre de ses politiques

18
MELLARY (F) ; Une nouvelle crise de la notion d’établissement public, la reconnaissance d’autres
personnes publiques spécialisées, AJDA, Paris, Dalloz, 2003, p. 715
8
financières, et son indépendance opérationnelle. Cette indépendance financière se
manifeste également par le fait que les actifs financiers du Conseil constituent
une source de droits et d'obligations, distincte des actifs financiers de l'État, et
qu'il peut en disposer librement conformément à l’article mentionné au dessus 19,
comme les recettes provenant des biens mobiliers. En outre, il est également
prévu que le Conseil dispose de ressources propres, par exemple en lui allouant
un pourcentage des amendes qu'il inflige aux parties enfreignant les règles de
concurrence, ou en percevant une redevance sur les consultations et avis qu'il
fournit.
Généralement, l'organisation financière du Conseil est considérée comme l'une
des évolutions les plus importantes qui lui seront bénéfiques, contrairement à la
situation qui prévalait sous la loi 99.11, telle que modifiée, où le Conseil était
auparavant subordonné à l’autorité du Premier ministre.

Chapitre 2 : Les pouvoirs du conseil de la concurrence

Conformément aux dispositions de la Constitution et de la loi n° 20.13, le


Conseil de la concurrence est passé d'un simple organe consultatif 20 en vertu de
l'article 14 de la loi n° 99.06 relative à la liberté des prix et de la concurrence 21, à

19
Article 15 “ Le budget du conseil comprend En recettes - une dotation du budget de ! 'Etat ; - le produit de la redevance perçue
en vertu de l'article 13 de la loi n ° 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence ; - Les revenus de ses biens meubles
et immeubles ; - Les dons et legs qui ne sont pas susceptibles d'affecter son indépendance ; - Les revenus divers. En dépenses -
Les dépenses de fonctionnement ; - Les dépenses d'équipement. Le Président est ordonnateur des recettes et des dépenses du
budget du conseil. Il peut instituer des sous ordonnateurs conformément à la réglementation relative à la comptabilité publique.
Un comptable détaché auprès du conseil par décision de l'autorité gouvernementale chargée des finances, assume auprès du
président du conseil les attributions dévolues aux comptables publics par les lois et règlements en vigueur. L'exécution du
budget du conseil est soumise au contrôle de la Cour des comptes”.
20
-Bouayad Mohamed Hicham, La politique de la concurrence et la régulation sectorielle : interfaces
juridiques et architecture institutionnelle, Fès, Publication du Centre du droit des obligations et des contrats,
Faculté de droit de Fès 2014, p.284.

« Il est institué un Conseil de la concurrence à caractère consultatif, chargé d'exprimer des avis, de donner
21

des conseils ou de formuler des recommandations »


9
un organe décisionnel indépendant doté de la personnalité juridique et de
l'autonomie financière, comme le confirme l'article 2 de la loi n° 20.1322.

Section 1 : le pouvoir consultatif

La consultation est un élément essentiel de la vie sociale et économique. Compte


tenu de son importance, il est nécessaire de créer des organes chargés d'exercer
cette fonction dans tous les domaines, qu'ils soient économiques ou liés à toute
question juridique. Ces organes disposent de personnel spécialisé qui met à profit
son expertise, son expérience et ses compétences pour trouver des solutions aux
problèmes complexes. Parmi ces organes consultatifs figure le Conseil de la
concurrence, qui joue un rôle d'ingénieur économique en matière de concurrence
et est habilité à émettre des avis, soit de sa propre initiative, soit à la demande
d'une entité légalement désignée.
Le législateur a conféré à plusieurs organes le pouvoir de consulter le Conseil de
la concurrence chaque fois qu'une question relative à la concurrence se pose,
dans le but de protéger et de réguler le marché national. Ces organes sont
identifiés aux articles 5, 6 et 7 de la loi n° 20.13 relative au Conseil de la
concurrence et peuvent être résumés comme suit :
1- Le gouvernement
Le gouvernement est habilité à consulter le Conseil de la concurrence sur toutes
les questions relatives à la concurrence, conformément aux dispositions du
deuxième paragraphe de l’article 523 et de l’article 724 de la loi n° 20.13 relative
22
« Le Conseil est habilité à prendre des décisions en matière de lutte contre les pratiques contraires aux
règles de la concurrence et de surveillance des opérations de concentration économique telles que définies
par la loi relative à la liberté des prix et de la concurrence. »
23
“ Il donne son avis sur toute question relative à la concurrence à la demande du gouvernement.”
24
“ Le conseil est obligatoirement consulté par le gouvernement sur les projets de textes législatifs ou
réglementaires instituant un régime nouveau ou modifiant un régime en vigueur ayant directement pour effet
1. de soumettre l'exercice d'une profession ou l'accès à un marché à des restrictions quantitatives ; 2.
d'établir des monopoles ou d'autres droits exclusifs ou spéciaux sur le territoire du Maroc ou dans une partie
10
au Conseil de la concurrence. Cela indique que le législateur a autorisé le
gouvernement à consulter le Conseil sur toute question relative à la concurrence
sans désigner d’organe particulier. Cette disposition s’explique probablement par
la responsabilité du gouvernement en matière de protection de l’ordre
économique général. C’est au gouvernement qu’il incombe de garantir le bon
fonctionnement des marchés et de superviser l’élaboration et la mise en œuvre de
la politique économique du pays. En outre, cette consultation constitue un moyen
efficace pour le gouvernement de démontrer son rôle dans le respect des règles et
des principes de la concurrence.
Parmi les avis soumis par le gouvernement à l'examen du Conseil de la
concurrence figurent :
- L'inclusion temporaire des prix des carburants dans la liste des biens, produits
et services dont les prix sont réglementés.
- L'avis du Conseil de la concurrence sur le contenu des articles 7 à 15 du projet
de loi n° 94.17 relatif au secteur du gaz naturel après sa production. La demande
d'avis porte sur les règles régissant le droit exclusif accordé à l'entreprise de
fourniture d'importer et d'acheter du gaz naturel auprès de producteurs locaux,
ainsi que sur la concession accordée à l'entreprise de transport pour opérer sur
l'ensemble du territoire national.
2- Commissions parlementaires
Le législateur a conféré aux commissions permanentes du Parlement le pouvoir
de solliciter l'avis du Conseil de la concurrence sur les projets de loi et sur toute
question relative à la concurrence, conformément au premier paragraphe de
l'article 5 de la loi n° 20.13 relative au Conseil de la concurrence25.
substantielle de celui-ci ; 3. d'imposer des pratiques uniformes en matière de prix ou de conditions de vente ;
4. d'octroyer des aides de l'Etat ou des collectivités territoriales confonnément à la législation y relative.”
25
“Le conseil peut être consulté par les commissions permanentes du Parlement sur les propositions de loi
ainsi que sur toute question concernant la concurrence, conformément aux règlements intérieurs des
Chambres du Parlement.”
11
Il convient de noter que les dispositions de cet article indiquent que le législateur
a élargi le champ d'application des demandes de consultation auprès de ces
comités par rapport à la loi précédente, qui limitait la consultation aux projets de
loi relatifs à la concurrence. Le texte actuel, en revanche, étend la consultation à
tous les projets de loi, y compris ceux dont l'objet ne relève pas du droit de la
concurrence.
3- Les juridictions
La loi reconnaît explicitement la possibilité pour les juridictions de consulter le
Conseil de la concurrence dans les affaires dont elles sont saisies, pour autant que
l'objet concerne des pratiques anticoncurrentielles. Ceci est prévu à l'article 6 de
la loi n° 20.13 relative au Conseil de la concurrence. L'octroi de cette possibilité
aux juridictions tient à leur absence de spécialisation en matière de concurrence.
Par conséquent, la loi les autorise à consulter le Conseil de la concurrence dans
les affaires dont elles sont saisies, ce dernier étant l'autorité compétente en la
matière.
4- Autres institutions et organismes
L’autorisation de délivrer cette licence à ces établissements et organismes est
prévue à l’article 5 de la loi n° 20.13, telle que modifiée et complétée par la loi n°
41.21, qui, en son troisième paragraphe26, énumère les organismes habilités à
consulter le Conseil de la concurrence.
Ainsi, conformément aux dispositions du présent article, ces institutions et
organismes sont les suivants :
- Collectivités territoriales.

26
“Il peut également donner son avis, sur toute question de principe concernant la concurrence, à la demande
des conseils des collectivités territoriales, des chambres de commerce, d'industrie et de services, des
chambres d'agriculture, des chambres d'artisanat, des chambres des pêches maritimes, des organisations
syndicales et professionnelles, des instances de régulation sectorielle ou des associations de consommateurs
reconnues d'utilité publique, dans la limite des intérêts dont ils ont la charge.”
12
- Chambres de commerce, d’industrie et de services, ou Chambres d’agriculture,
Chambres d’artisanat ou Chambres des pêches maritimes.
- Organisations Syndicales et professionnelles.
- Instances des régulation sectorielles.
- Associations de consommateurs reconnues d’utilités publique.27
Le libellé du présent article indique que la définition de ces environnements est
exhaustive. De plus, dans sa volonté de renforcer les pouvoirs consultatifs du
Conseil de la concurrence, le législateur a élargi le champ d’application des
entités habilitées à solliciter son avis. En vertu de la loi actuelle, les collectivités
locales ont été ajoutées au champ d'application de cette compétence, alors
qu'auparavant, ce droit était limité aux conseils régionaux et urbains. Les
organismes de régulation sectoriels ont également été inclus, car il s'agit
d'organes administratifs indépendants chargés de réguler la sphère économique et
dont les compétences peuvent empiéter sur celles du Conseil, compte tenu du
pouvoir d'intervention de ce dernier dans les secteurs qu'il est chargé de réguler,
en vertu de son mandat global en matière de concurrence28.
Il convient de noter que le Conseil de la concurrence rend son avis ou formule
son recommandation, selon le cas, dans un délai n'excédant pas 60 jours à
compter de la date de saisine.29 Ce délai est toutefois ramené à 30 jours en cas
d'urgence, à condition que les motifs soient précisés dans la lettre de saisine
adressée au Conseil.30
D’une part, Le conseil peut prendre l’initiative de donner un avis sur toute
question concernant la concurrence, il peut également recommander à
27
Site web : [Link]
consulté le 27/01/2026 à 21h00.
‫ أطروحة لنيل الدكتوراه‬،‫ دور مجلس المنافسة في ضبط السوق االقتصادي‬،‫ اسماء طاهر‬28
8 :‫ ص‬،2023-2022 ‫ السنة الجامعية‬،‫ السويسي‬-‫ جامعة محمد الخامس‬،‫في القانون الخاص‬
29
4ème paragraphe de l’article 5 de la loi 20.13
30
5ème paragraphe de l’article 5 de la loi 20.13
13
l’administration de mettre en œuvre les mesures nécessaires à l’amélioration du
fonctionnement concurrentiel des marché31. Et d’une autre part, le gouvernement
doit obligatoirement effectuer des consultations concernant les projets de textes
législatifs ou réglementaires relatifs à l’instauration d’un nouveau régime ou à la
modification d’un régime existant32.

Section 2 : Le pouvoir décisionel

Outre son rôle consultatif important, le Conseil de la concurrence joue également


un rôle crucial : son pouvoir décisionel en matière de lutte contre les pratiques
anticoncurrentielles et de surveillance des concentrations économiques. Le
Conseil dispose de pouvoirs de contrôle étendus couvrant tous les secteurs et
constitue l’organe suprême chargé de garantir la bonne application du droit de la
concurrence.
Le rôle de contrôle du Conseil de la concurrence vise à établir un mécanisme de
régulation pour soutenir et développer l’activité économique, en promouvant la
compétitivité et le professionnalisme. Ce rôle s’exerce de deux manières : d’une
part, avant le début de l’activité économique ; d’autre part, en contrôlant le
comportement des entreprises sur le terrain afin de garantir le respect des lois et
règlements applicables en matière de concurrence.
- Contrôle préalable des opérations de concentration économique :
Les règles de contrôle préalable des concentrations économiques revêtent un
caractère réglementaire pour le marché concerné, servant de moyen pour
prévenir l’apparition de pratiques anticoncurrentielles et ainsi garantir la libre
concurrence. Le contrôle préalable des projets de concentration économique
31
Site web officiel du conseil de la concurrence : [Link]
et-attributions/ consulté le 20/01/2026 à 22h00.
32
OUBEJJA KENZA POLITIQUE DE LA CONCURRENCE ET DEVELOPPEMENT CAS DE LA
LUTTE CONTRE LES ENTENTES ANTICONCURRENTIELLES AU MAROC, article publié dans une
revue scientifique “Moroccan Business Review Research” numéro 1 - octobre 2022 page 116.
14
proposés33 se traduit par l’intervention préventive de l’autorité de la concurrence,
fondée sur la notification préalable obligatoire de ces projets si l’une de leurs
conditions est remplie et que le seuil légalement défini est atteint. À la suite d'une
étude économique, financière et sociale du projet, une décision est rendue
autorisant, interdisant ou permettant la concentration économique, assortie
d'engagements visant à prévenir l'apparition de pratiques restrictives.
À cet égard, le Conseil de la concurrence a rendu plusieurs décisions relatives au
contrôle des opérations de concentration économique, dont les plus importantes
sont :
- Sa décision concernant la création de la coentreprise « Neptun Smulders
Offshore Renewables » par Smulders Group NV et Meyer Neptun SARL.34
- Sa décision concernant l'acquisition par SMRC Automotive Holdings
Netherlands B.V. du contrôle exclusif de SSCP Aero Topco par l'acquisition de
l'intégralité de son capital social et des droits de vote y afférents.35
- Sa décision concernant la gestion indirecte exclusive de Graines et de ses deux
filiales, Prive SARLAU, par la société « International Schools Partnership
Limited » « Groupe Charles Péguy » par l’acquisition de toutes ses actions et
des droits de vote y afférents.36
Par conséquent, le droit de la concurrence est, de manière générale, un pilier de la
libre régulation de l'économie, visant à garantir l'efficacité économique et à
améliorer le niveau de vie des consommateurs. C'est pourquoi le législateur a
retenu la condition de préjudice à la concurrence comme fondement juridique du
contrôle des concentrations économiques, cette condition assurant ainsi un

33
L’article 11 de la loi 104.12
34
Décision du Conseil de la concurrence n° 1/Q/2024 publiée le 19 Jumada al-Thani 1445/ 2 janvier 2024
35
Décision du Conseil de la concurrence n° 2/Q/2024 publiée le 27 Joumada al-Akhirah 1445 / 10 janvier
2024
36
Décision du Conseil de la concurrence n° 3/Q/2024 publiée le 27 Joumada al-Thani 1445/ 10 janvier 2024
15
équilibre entre les droits des institutions économiques et la liberté de
concurrence.
Cette condition est stipulée par le législateur dans l'article 16 de la loi 104.12
relative à la liberté des prix et de la concurrence, telle que modifiée et complétée
par la loi 40.21, qui précise que «…Il apprécie si l'opération apporte au progrès
économique une contribution suffisante pour compenser les atteintes à la
concurrence ».
- Contrôle post-entrée par le Conseil de la concurrence
Le législateur a conféré au Conseil de la concurrence un rôle de contrôle
important afin de maintenir l'équilibre du marché et de concilier les intérêts
privés et l'intérêt général. Ce rôle de contrôle est considéré comme une exigence
fondamentale de la régulation économique. Créer un environnement des affaires
qui concilie les exigences de la concurrence économique et la nécessité de
protéger les droits et libertés économiques est au cœur du mandat des autorités de
régulation, et ce rôle ne peut être rempli que par le biais de règles encadrant la
surveillance des différents opérateurs économiques.
Le Conseil de la concurrence intervient, en vertu des pouvoirs décisionnels qui
lui sont conférés, pour mettre fin aux pratiques adoptées par les établissements
dans le cadre de leurs activités économiques afin de renforcer illégitimement leur
influence sur le marché, ce qui a un impact sur l'économie nationale.
Dans de tels cas, le Conseil est tenu de veiller à l'interdiction des actions
délibérées, des accords ou des alliances, explicites ou implicites, visant à entraver
ou à limiter la concurrence37, ainsi que de ceux qui cherchent à en fausser le
cours sur un marché donné. Cela inclut la restriction de l'accès au marché pour
d'autres entreprises, l'obstruction à la formation des prix par les mécanismes du

37
L’article 9 de la loi 104.12
16
libre marché en gonflant ou en dégonflant artificiellement les prix, et le contrôle
et la surveillance de la production, de la segmentation du marché, des chaînes
d'approvisionnement et d'autres pratiques qui enfreignent les règles de la
concurrence.
Le Conseil de la concurrence intervient également pour lutter contre les pratiques
abusives38 afin de protéger l'économie nationale. L’abus de position dominante
figure parmi les pratiques anticoncurrentielles et est interdit par le législateur
marocain en vertu de l’article 7 de la loi sur la liberté des prix et la concurrence.
L’ensemble des pouvoirs conférés au Conseil de la concurrence renforce son rôle
de protection de l’économie nationale en lui permettant de lutter contre toute
action susceptible de perturber les règles de la concurrence entre les entreprises.

PARTIE II : Les procédures devant le conseil de la concurrence

Chapitre 1 : La saisine du conseil de la concurrence et ses effets

Section 1 : La saisine du conseil de la concurrence

En analysant l’article 3 de la loi 20.13, on constate largement que le législateur a


maintenu dans la présente loi la liste des organismes et des institutions habilités à
saisir le conseil, mais aussi il fait noter que le mème article donne aussi le
pouvoir aux entreprises de saisir le conseil pour toutes les pratiques
anticoncurrentielle à coté de l’administration sur toutes pratiques
anticoncurrentielles ou sur des faits susceptibles de constituer une telle pratique,
sur des manquements des engagements pris par les parties à une opération de

،)‫ عرقلة المنافسة في السوق ( التعسف في استغالل الوضع المهيمن نموذجا‬،‫ ابو بكر مهم‬38
.27 :‫ ص‬،2018 ‫ السنة‬، 12-11 ‫ عدد‬،‫مجلة القضاء التجاري‬
17
concentration économique lorsque l’administration a évoqué la décision relative
ladite opération conformément à la loi de la libre des prix et de la concurrence.39
Pour l'application des articles 6, 7 et 8 de la loi n°104-12, le conseil peut
également, sur proposition du rapporteur général, se saisir d'office de toutes les
pratiques susceptibles d'affecter le libre jeu de la concurrence (auto saisi)40.
Il ressort de ce qui précède que la loi numéro 20-13 a élargi le champ des
instances habilitées à saisir le Conseil, Cette mesure est de nature à exercer un
impact positif sur la concurrence et, plus particulièrement, sur le consommateur,
dans la mesure où toute atteinte aux équilibres concurrentiels, qu’il s’agisse de
monopole ou d’exploitation abusive, peut se traduire par une incidence soit sur
les prix pratiqués sur le marché, soit sur la qualité des biens ou services
proposes.41
Section 2 : Les effets de la saisine
Le conseil de la concurrence a le droit de prendre trois types de decisions :
 La décision d’irrecevabilité :
Le conseil de la concurrence peut déclarer l’irrecevabilité de la saisine par
décision motivée et dans un délai de 2 mois, et dans les cas suivants :
 Pour défaut d’intérêt.
 Pour défaut de qualité à agir de l’auteur de celle-ci.
 Si les faits sont prescrits confortement à l’article 23 de la loi 104.1242
39
article 3 de la loi 20.13 « Le conseil peut être saisi, pour toutes les pratiques anticoncurrentielles, par les
entreprises ou, pour toute affaire qui concerne les intérêts dont ils ont la charge, par les organismes
mentionnés au dernier alinéa de l’article 5 ci- dessous Il peut également être saisi par l’administration de
toute pratique anticoncurrentielle, ou de faits susceptibles de constituer une telle pratique, ainsi que des
manquements aux engagements pris par les parties à une opération de concentration économique lorsque
l’administration a évoqué la décision relative à ladite opération conformément à la loi sur la liberté des prix
et de la concurrence».
40
Dernière alinéa de l’article 26 de la loi 104.12 .
13/14 ‫ مجلة القضاء التجاري عدد‬20.13 ‫ عبد اللطيف بوعالم "مجلس المنافسة" دراسة في ضوء القانون‬41
74 ‫ ص‬2019 ‫السنة‬
42
“Le conseil de la concurrence ne peut être saisi ou se saisir d’office de faits remontant à plus de cinq (5)
ans s’il n’a été fait au cours de cette période aucun acte tendant à leur recherche, leur constatation ou leur
sanction. Les actes interruptifs de la prescription de l'action publique pour l’application de l’article 75 de la
18
 S’il estime que les faits évoqués n’entrent pas dans le champ de sa
compétence.
 S’il estime que les faits invoqués ne sont pas appuyés d’éléments
suffisamment.
 La décision de non-lieu :
Le conseil peut déclarer par décision motivée, après que l’auteur de la saisine ait
été mis en mesure de consulter le dossier et de faire valoir ses observations, qu’il
n’a pas lieu de poursuivre la procédure.
Cette décision est transmise à l’auteur de la saisine et aux personnes dont les
agissements ont été examinés au regard des dispositions relatives à l’entente, à
l’abus de position dominante, à l’abus de dépendance économique et au prix
abusivement bas.
Par ailleurs, la saisine d’office s’impose en cas de désistement des parties, cette
décision est donnée par acte venant du président ou du vice-président du conseil.
En ce qui concerne les sanctions applicables aux auteurs de pratiques
anticoncurrentielles, celles-ci peuvent prendre la forme d'injonctions, telles que la
demande du Conseil d'annuler une clause anticoncurrentielle figurant dans un
contrat. Des sanctions financières peuvent également être infligées, après l'échec
de toutes les demandes et injonctions émises par le Conseil visant à inciter les
entreprises à cesser ou à modifier leurs pratiques anticoncurrentielles. Ces
sanctions sont précisées à l'article 39 de loi 104.12, qui fixe le montant maximum
des sanctions financières applicables aux contrevenants à 4 000 000 de dirhams
lorsque le contrevenant n'est pas une personne morale. Pour les entreprises dont
le chiffre d'affaires est défini, la sanction est estimée à 10 % du chiffre d'affaires
mondial ou national pour les entreprises n’ayant pas une activité à l’international.
présente loi sont également interruptifs de la prescription devant le conseil de la concurrence. Toutefois, la
prescription est acquise en toute hypothèse lorsqu’un délai de dix (10) ans à compter de la cessation de la
pratique anticoncurrentielle s’est écoulé sans que le conseil de la concurrence ait statué sur celle-ci.”
19
Le calcul de la sanction est le suivant : en cas de non-respect de ses décisions, le
Conseil de la concurrence peut infliger des astreintes aux parties concernées afin
de les contraindre à s'y conformer. l’astreinte est fixée dans la limite de 5 000
dirhams pour les entités qui n'ont pas de chiffre d'affaires régulier, et jusqu'à 5 %
du chiffre d’affaires journalier moyen hors taxes, par jour de retard à compter de
la date fixé par le Conseil, pour tous les autres établissements.43

Chapitre 2 : le déroulement de la procédure contentieuse

Cette procédure est divise en deux partie la première est celle relative à
l’enquête, alors que la seconde traite le déroulement des instructions.

Section 1 : Le déroulement de l’enquête

Le but principal de l’enquête est de rassembler les éléments nécessaires et les


moyens de preuves, elle vise à rétablir le libre jeu de la concurrence. Les
enquêtes pour la constatation et la recherche des infractions relatives aux
pratiques anticoncurrentielles et aux violations des articles de la loi 104-12 sont
établies tout en respectant les dispositions du premier chapitre de la loi précitée.
les pouvoirs d’enquête sont définies de l’article 68 à l’article 71 de la loi 104-12.
Le conseil peut procéder à deux formes d’enquêtes :
- Investigation classiques et ordinaires.
- Investigation sous de strictes conditions.
 Investigation classiques et ordinaires :
La loi permet aux enquêteurs du conseil de recueillir des informations auprès des
entreprises soupçonnées de pratiques anticoncurrentielles. 44
43
Article 40 de la loi 104.12
44
Article 71 de la loi 104-12 dispose que « Les enquêteurs peuvent accéder à tous locaux, terrains ou
moyens de transport à usage professionnel, demander la communication des livres, des factures et tous
autres documents professionnels et en prendre copie, recueillir sur convocation ou sur place les
renseignements et justifications.
20
La personne concernée doit être informée et donc l’enquêteur doit indiquer à la
personne contrôlée l’objet de l’enquête et dans quel domaine il effectue ses
recherches. La loyauté dans la recherche de la preuve est suffisamment assurée si
l’enquêteur informe son interlocuteur que les investigations qu’il entreprend
concernent le respect des règles garantissant un fonctionnement loyal de la
concurrence par l’entreprise la notion de documents professionnels couvre non
seulement les documents prévues par les textes législatifs mais aussi ceux en
relation avec l’activité de l’entreprise.
Les enquêteurs du conseil ont toute latitude pour entendre les professionnels des
entreprises et confronter les responsables des entreprises avec les auteurs de
déclarations qui les mettent en cause.
Toutes les opérations effectuées doivent être constatées par des procès verbaux,
qu’il s’agisse de la transcription des déclarations des personnes entendues, de la
description des démarches effectuées au sein de l’entreprise ou des remises de
documents. Ces procès verbaux font partie intégrante de la procédure et sont
systématiquement annexés au rapport d’enquête.

 Investigation sous autorisation judiciaire


Dans certaines circonstances, les investigations nécessitent une autorisation du
juge sur la base d’une requête du président du conseil ou de l’administration.
Selon la loi 104-12 les enquêteurs ne peuvent procéder aux visites en tous lieux
et à la saisie de document que dans le cadre d’enquêtes demandées par le

L’action des enquêteurs s’exerce également sur les marchandises ou les produits transportés. A cet effet, ils
peuvent requérir pour l’accomplissement de leur mission l’ouverture de tous colis et bagages lors de leur
expédition ou de leur livraison en présence du transporteur et soit de l’expéditeur, soit du destinataire ou en
présence de leur mandataire. Les entrepreneurs de transport sont tenus de n’apporter aucun obstacle à ces
opérations et de présenter les titres de mouvements, lettres de voiture, récépissés, connaissements et
déclarations dont ils sont détenteurs. Les enquêteurs peuvent demander au conseil de la concurrence ou à
l’administration de désigner un expert agrée auprès des tribunaux pour procéder à toute expertise
contradictoire nécessaire ».
21
président du conseil de la concurrence ou par l’administration sur autorisation
motivée du procureur du roi dans le ressort duquel sont situés les lieux à visiter.
La loi oblige que la visite et la saisie s’effectuent sous l’autorité et le contrôle du
procureur du roi qui les a autorisées. Il désigne un ou plusieurs officiers de police
judiciaire, et au besoin une femme fonctionnaire de la police judicaire lors des
visites locaux à usage d’habitation, chargés d’assister à ces opérations.
Le respect de la régularité et de la loyauté des opérations appartient à l’officier de
la police judiciaire assistant systématiquement aux opérations. Représentant du
juge, il doit prendre contact avec lui s’il estime que les enquêteurs outrepassent
leurs pouvoirs.
Concernant les horaires des visites et en applications des règles du droit commun,
qui doivent être effectuées de 6 h du matin à [Link] enquêteurs et les officiers de
police peuvent seuls prendre connaissance des pièces et documents avant leur
saisie. Il faut noter que pour saisir ces documents et pièces, le conseil de
concurrence doit disposer d’indices de pratiques anticoncurrentielles portant sur
un marché particulier, ce qui signifie que les enquêteurs ne pourront pas saisir
des documents sans l’autorisation du juge. Le procès verbal clôt les opérations,
ce dernier est transmis au procureur du roi qui a autorisé la visite.

Section 2 : Le déroulement d’instruction

Le déroulement d’instruction nous renvoi à deux procédures; la première est la


procédure du contradictoire et la deuxième la protection des secret des affaires.
 La procédure du contradictoire
La loi 104-12 prévoit un processus, commençant par la notification des griefs,
c’est le rapporteur général qui s’en charge de les notifier. Les entreprises
destinataires des griefs signalent sans délai au rapporteur chargé du dossier, à
tout moment de la procédure d’instruction, toute modification de leur situation
22
juridique susceptible de modifier les conditions dans lesquelles sont présentées
ou dans lesquelles les griefs peuvent leur être imputés. En suite la notification
des rapports ; la présente loi exige que le rapport est notifié aux parties et au
commissaire du gouvernement, il doit contenir :
- L’exposé des faits.
- Les infractions relevées.
- Les éléments d’informations et les documents ou leurs extraits sur lesquels
se fonde le rapporteur.
- Des observations faites, le cas échéant, par les intéressés.
- Après, il y a les observations des parties. les parties en cause doivent
présenter par écrit leurs observations sur le rapport dans un délai de 2 mois
compter de la date de sa réception. Ces observations peuvent être
consultées dans les 20 jours qui précédent la séance du conseil de la
concurrence par les parties et le commissaire du gouvernement45.
Enfin, les séances et les délibérations, les séances du conseil de concurrence ne
sont par publiques, seules les parties en cause et le commissaire du
gouvernement peuvent y assister comme ils peuvent être représenté par les
conseillers juridiques. Le conseil est tenu de communiquer les dates des séances
par voie d’affichage à son siège et sur son site électronique.

 la protection du secret des affaires


La loi 104-1246 a renforcé le dispositif du secret des affaires des entreprises
devant le conseil de la concurrence. En matière de pratiques anticoncurrentielles,
le président du conseil de la concurrence peut refuser à une partie la

45
L’article 16 de la loi 104.12
46
L’article 21 de la loi 104.12

23
communication ou la consultation des pièces ou documents qui peuvent mettre
en jeu le secret des affaires d’autres personnes
Les parties doivent à chaque fois qu’elles communiquent des documents ou des
informations au conseil, quel que soit le support utilisé, les informations qui
relèvent du secret des affaires.
Toute personne auditionnée ou qui communique des informations ou documents
au conseil de la concurrence signale clairement tous les éléments qu’elle juge
confidentiels, explications à l’appui, et fournit séparément une version non
confidentielle de ces documents dans le délai imparti par le conseil. les
informations, documents ou parties de documents pour lesquels une
demande de protection au titre du secret des affaires n’a pas été présentée sont
réputés ne pas mettre en jeu le secret des affaires.
Le décret d’application de la loi 104-12 prévoit que sont réputés ne pas mettre en
jeu le secret des affaires des éléments portant sur les ventes, parts de marché,
offres ou données similaires de plus de cinq ans au moment ou il est statué sur la
demande, sauf si , dans des cas exceptionnels, le rapporteur général en décide
autrement.
La levée de la confidentialité de secrets d’affaire relève de l’appréciation du
président du conseil qui apprécie le caractère confidentiel des documents et des
informations figurant dans le dossier selon les usages et les pratiques des affaires
en vigueur. La levée du secret des affaires peut intervenir à l’initiative du
rapporteur ou à l’initiative de la partie mise en cause.

CONCLUSION

Il convient de noter que le législateur marocain a conféré à deux instances


judiciaires le pouvoir de statuer sur les décisions du Conseil de la concurrence et

24
d'interjeter appel de celles-ci, l'article 44 de la loi sur la liberté des prix et la
concurrence stipulant la compétence de la Chambre administrative de la Cour de
cassation et de la Cour d'appel de Rabat pour connaître des recours contre les
décisions du Conseil de la concurrence.
Nous espérons toutefois que le législateur interviendra pour résoudre le problème
de la double compétence judiciaire en matière de contrôle des décisions du
Conseil de la concurrence, qui a entraîné la fragmentation des litiges découlant
de ces décisions entre les juridictions de droit commun et les juridictions
administratives.
Afin d'éviter des décisions judiciaires contradictoires en matière de concurrence,
le législateur doit :
 Créer une juridiction unique compétente pour connaître de toutes les
actions entreprises par le Conseil de la concurrence et œuvrer à
l'harmonisation de la jurisprudence en la matière.
 Simplifier les procédures contentieuses en évitant le recours systématique à
des règles générales inadaptées à la nature des litiges découlant des
décisions du Conseil de la concurrence.

Bibliographie

Lois :

 Loi n° 104.12 relative à la liberté des prix et de la concurrence


 Loi n° 20.13 relative au Conseil de la Concurrence

25
Oeuvrage en langue française :

 MELLARY (F) ; Une nouvelle crise de la notion d’établissement public, la


reconnaissance d’autres personnes publiques spécialisées, AJDA, Paris,
Dalloz, 2003

Articles en langue française :

 ABDELMOUMNI Fouad, « Le Maroc et le Printemps arabe », Revue


Pouvoirs, n° 145, 2013
 Bouayad Mohamed Hicham, La politique de la concurrence et la régulation
sectorielle : interfaces juridiques et architecture institutionnelle, Fès,
Publication du Centre du droit des obligations et des contrats, Faculté de
droit de Fès 2014
 Site web : [Link]
concurrence-selon-la-loi-n-20-13/
 Site web officiel du conseil de la concurrence : [Link]
[Link]/qui-sommes-nous/mission-et-attributions/
 Oubejja Kenza, politique de la concurrence et developpement cas de lutte
contre les ententes anticoncurentielles au maroc, la revue scientifique
“Moroccan Business Review Research” numéro 1 - octobre 2022
 Mohamed ouziane , revue du droit marocain , revue juridique semestrielle ,
numéro 2 , 2éme année , mai 2007

Articles en langue arabe :

‫ عرقلة المنافسة في السوق ( التعسف في استغالل الوضع‬،‫ ابو بكر مهم‬


2018 ‫ السنة‬، 12-11 ‫ عدد‬،‫ مجلة القضاء التجاري‬،)‫المهيمن نموذجا‬

26
‫يوسف الزوجال‪“ ،‬مجلس المنافسة المغيب بين قانون ‪ 06-99‬ودستور‪،″2011‬‬ ‫‪‬‬

‫مجلة الحقوق‪ ،‬العدد‪15‬‬


‫قايدي نادية " مجلس المنافسة بين النص و الواقع " مقال منشور بمجلة‬ ‫‪‬‬

‫و القضائية عدد ‪ 18‬السنة ‪2024‬‬ ‫الشؤون القانونية‬


‫عبد اللطيف بوعالم "مجلس المنافسة" دراسة في ضوء القانون ‪ 20.13‬مجلة‬ ‫‪‬‬
‫القضاء التجاري عدد ‪ 13/14‬السنة ‪2019‬‬

‫‪Mémoires universitaires :‬‬

‫أ سماء طاهر‪ ،‬دور مجلس المنافسة في ضبط السوق االقتصادي‪ ،‬أطروحة‬ ‫‪‬‬

‫لنيل الدكتوراه في القانون الخاص‪ ،‬جامعة محمد الخامس‪ -‬السويسي‪ ،‬السنة‬


‫الجامعية ‪2023-2022‬‬
‫‪ ‬فتيحة يوبي “ حماية المستهلك على ضوء قانون حرية األسعار و المنافسة "‪,‬‬
‫رسالة لنيل دبلوم الماستر في قانون االعمال كلية العلوم القانونية و‬
‫االقتصادية و االجتماعية جامعة القاضي عياض بمراكش السنة الجامعية ‪-2009‬‬
‫‪2010‬‬

‫‪Tables des matières‬‬


‫‪INTRODUCTION.....................................................................................................1‬‬

‫‪PARTIE I : l’organisation du conseil de la concurrence et ses pouvoirs........4‬‬

‫‪Chapitre 1 : l’organisation du conseil de la concurrence‬‬

‫‪27‬‬
Section 1 : l’organisation administrative...................................................4

Section 2 : L’organisation financière………………………………………………………….8

Chapitre 2 : Les pouvoirs du conseil de la concurrence...............................9

Section 1 : le pouvoir consultatif...............................................................10

Section 2 : Le pouvoir décisionel..............................................................14

PARTIE II : Les procédures devant le conseil de la concurrence.................17

Chapitre 1 : La saisine du conseil de la concurrence et ses effets.............17

Section 1 : La saisine du conseil de la concurrence.................................17

Section 2 : Les effets de la saisine.............................................................18

Chapitre 2 : le déroulement de la procédure contentieuse.........................20

Section 1 : Le déroulement de l’enquête..................................................20

Section 2 : Le déroulement d’instruction.................................................22

CONCLUSION..................................................................................................25

28

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