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Fiches Risques

Le document présente les risques naturels à La Réunion, en se concentrant sur la définition du risque, l'aléa, les enjeux et la vulnérabilité. Il décrit les mouvements de terrain, notamment les chutes de blocs et les glissements, ainsi que les mesures de prévention comme les plans Orsec et les atlas des risques. La gestion des risques inclut la création de cartes d'aléas et de Plans de Prévention des Risques pour protéger les populations et l'environnement.

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Fiches Risques

Le document présente les risques naturels à La Réunion, en se concentrant sur la définition du risque, l'aléa, les enjeux et la vulnérabilité. Il décrit les mouvements de terrain, notamment les chutes de blocs et les glissements, ainsi que les mesures de prévention comme les plans Orsec et les atlas des risques. La gestion des risques inclut la création de cartes d'aléas et de Plans de Prévention des Risques pour protéger les populations et l'environnement.

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Kit Pédagogique

Sciences
de la Terre
La Réunion
Les risques naturels
Le langage des risques naturels
Définition du risque
D'après le dictionnaire de l'environnement
(1991), le risque est la possibilité de sur-
venance d'un évènement susceptible de L'ALÉA
porter atteinte à l'équilibre naturel. Le ris-
que résulte de la conjonction d'un aléa et
des enjeux en présence.
L'aléa est la probabilité d'occurrence d'un LES ENJEUX
phénomène donné. On parle toujours d'un
aléa pour un phénomène et une durée
donnés : aléa volcanique, aléa sismique,
aléa mouvement de terrain, aléa inondation
les enjeux sont les personnes, les
biens, les équipements et
l'environnement me-nacés par l'aléa, et
susceptibles de subir des préjudices.
Étroitement associée à la notion LE RISQUE
d'enjeux, la vulnérabilité mesure les
conséquences dédommageables de
l'évènement sur les enjeux.
[Link]

À titre d'exemple, un séisme de forte ma-


gnitude en plein désert causera peu ou En plus...
pas de dommages, c'est pourquoi le ris- Les plans Orsec (ORga-
C

que pour ce phénomène est faible. À con- nisation des SECours)


recensent les moyens
trario, le même séisme dans une zone ur-
publics et privés suscep-
banisée causera des dégâts conséquents, tibles d'être mis en œuvre
d'où un risque sismique élevé. Par exemple, pour l'aléa « mouvement en cas de catas-trophe.
de terrain », on peut distinguer quatre ou Ils définissent les
cinq classes d'intensité d'aléa : conditions de leur emploi
La gestion des risques - les zones d'aléa très élevé par l'autorité compétente
pour diriger les secours.
Étant donné le coût et les dégâts importants correspondent à court terme (prochain Ils comprennent, selon la
que peuvent occasionner des catastrophes cyclone ou forte pluie) à des départs de nature et l'importance des
naturelles, les collectivités cherchent de plus mouvements de terrain ; moyens à mettre en
- les zones d'aléa élevé seront affectées œuvre :
en plus à mieux prévoir et prévenir ces - le plan Orsec national,
catas-trophes, et ce, par une bonne gestion par les mêmes événements mais dans déclenché par le Pre-
des ris-ques sur leurs territoires. un temps relativement plus lointain ou mier ministre ;
Cela passe par la réalisation de cartes dans une inten-sité moindre ; - les plans Orsec de
zone.
d'aléas, généralement à l'échelle d'une com- - les zones d'aléa moyen ne seront pas - les plans Orsec départe-
mune ou d'un groupement de communes, et af-fectées par des mouvements de mentaux, déclenchés par
qui comprennent un zonage de l'aléa pour terrain à court et à moyen terme mais ce le préfet.
sont des zones où l'évolution est À la Réunion le plan OR-
le phénomène étudié. SEC est déclenché lors
difficilement prévi-sible ; du passage d'un cyclone,
- les zones d'aléa modéré et faible sont des mais il pourrait être utilisé
zones supposées suffisament éloignées pour pour tous les autres types
ne pas être affectées par les mécanis-mes de catastrophes naturel-
les.
identifiés sur le territoire concerné.
Les documents cartographiques
L'atlas des risques
Dans le cadre de la loi du 22 juillet 1987, l'État se doit
de porter à la connaissance du public l'ensemble des
phénomènes naturels pouvant faire courir un risque
aux personnes et aux biens. Une application de cette
dé-marche d'information préventive a été imaginée au
dé-but des années 1990 par le BRGM aux Antilles
françai-ses, sous la forme d'atlas communaux des
risques naturels.
À La Réunion, le BRGM cofinance avec la DIREN la
réalisation d'atlas par bassins de risques. Il existe onze
bassins de risques à La Réunion, chaque bassin cor-
respondant à une unité géomorphologique telle que
par exemple un cirque ou un massif. Pour chaque bas-
sin, il est réalisé une carte au 1/25 000 de l'aléa mou-
vement de terrain, sismique, inondation et volcanique
(pour les communes concernées par cet aléa). L'atlas
comprend également une notice informant du risque
cyclonique et du risque feux de forêt.
BRGM
C

/HVEDVVLQVGHULVTXHGH/
D5pXQLRQGpMjUpDOLVpV
§
Le Plan de Prévention des Risques
Le Plan de Prévention des Risques (ou PPR) est un
document cartographique réglementaire (contrairement
à un atlas de risques qui est un document informatif). Il
concerne un aléa ou plusieurs types d'aléas et on parle
alors de PPR Multi-aléas. Ce PPR est généralement
réalisé pour une commune ou un groupement de com-
munes concerné par les mêmes aléas.
Le PPR est un zonage réglementaire, généralement au
1/10 000 et au 1/5 000 dans les zones à enjeux, qui
définit les zones inconstructibles, les zones
contructibles sous contraintes et sans contraintes vis-à-
vis du ou des aléas concernés par le PPR. Ces
différentes zones sont définies suivant la nature et le
BRGM

degré d'intensité de ou des aléas étudiés.


C

Extrait du zonage de l'aléa mouvements de terrain sur le Il a une triple vocation :


bassin de risques Planèze Nord Est à l'échelle du 1/25
000 (données BRGM) - interdire les implantations humaines dans les zones
les plus dangereuses où la sécurité des personnes ne
peut être garantie ;
- préserver les capacités d'écoulement et d'expansion
des crues pour ne pas aggraver les risques dans les
zones situées en amont et en aval ;
- sauvegarder l'équilibre et la qualité des milieux naturels.
Le plan de prévention des risques délimite les zones
exposées aux risques naturels et définit les mesures de
prévention, de protection et de sauvegarde à y mettre
en oeuvre tant par les particuliers que par les
collectivités publiques ;
- dans les secteurs très exposés, toute construction est
interdite ou limitée ;
- dans les zones moins exposées, des prescriptions parti-
culières sont imposées (surélévation, limitation des rem-
blais, transparence hydraulique). La DDE de la Réunion a
engagé des procédures de PPR sur plusieurs communes.

Mots clés : risque, aléa, enjeux, cartes d'aléas, zonage

Kit Pédagogique Sciences de la Terre - La Réunion © BRGM octobre 2006


d'aléas, plan de prévention des risques
Kit Pédagogique
Sciences
de la Terre
La Réunion
Les risques naturels
Les mouvements de terrain à La Réunion
Un contexte actif
De par son climat tropical humide entraînant
des intensités exceptionnelles de précipita-
tions durant l'été austral, et de par la nature
hétérogène de son relief jeune et escarpé,
l'île de La Réunion est sujette à de nombreux
mouvements de terrain localisés surtout au
niveau des escarpements : remparts, falai-
ses, et à l'intérieur des trois cirques du massif
volcanique du Piton des Neiges.
Qu'est-ce qu'un
mouvement de terrain ?
Par définition, un mouvement de terrain
désigne un déplacement plus ou moins brutal
du sol ou du sous-sol, d'origine natu-relle ou
BRGM

anthropique. L'expression mouve-ment de


C

terrain recouvre en fait une grande variété de Chute de blocs rocheux sur la route du littoral
phénomènes dont les terminolo-
gies et les classifications diffèrent suivant
les auteurs et les régions. Elles se réfèrent
infiltration 1 En plus...
généralement à leur volume ou leur am-
pleur spatiale, leur cinématique ou bien en- fissure arrière Les ingénieurs dis-
core à leur teneur en eau. posent d'une vaste
zone d'altération panoplie de disposi-
Les mouvements de terrain tifs de protection
les plus fréquents sur l'île contre les risques
naturels qu'ils clas-
Chute de pierres et de blocs ro- sent en deux gran-
cheux des catégories :
Les parades acti-
Elles se produisent généralement à partir 2 ves qui visent à
d'une paroi rocheuse lorsque les ponts de ouverture en traction maintenir en place
matière, soumis aux agents extérieurs (in- les terrains mou-
filtration d'eau, gélifraction,etc.), entre les vants ;
altération et rupture
Les parades passi-ves
blocs et la paroi, ne sont plus suffisants des ponts de matière
qui consistent à laisser
pour retenir les blocs. Le déclenchement fatigue du matériau
qui se fissure le mouvement de terrain
se produit généralement à la suite d'un évoluer mais
événement se surimposant aux proces-sus à en contrôler les
de dégradation naturels : fortes préci- ef-fets.
pitations, tremblement de terre, etc. La falaise du littoral
3 3 est recouverte par
Au-delà de 100 m , on parle généralement endroits de filets in-
d'éboulement. Les éboulements de stallés parallèle-
grande ampleur dans les remparts de La ment à la paroi
Réunion concernent plusieurs millions de pour arrêter les
3 chutes de blocs.
m et peuvent être catastrophiques
(exemple de Grand Sable en 1875 dans le
BRGM

cirque de Salazie).
C

Un exemple de chute de blocs


Les glissements de terrain
Ils peuvent se définir comme le glissement d'une masse mare
de terrains le long d'une surface de rupture. Ils sont
souvent déclenchés par des événements climatiques
extrêmes tels que des précipitations anormalement fortes faille
ou des temp-ératures estivales élevées. Leur extension et
leur profon-deur sont très variables et leur cinématique
varie en fonc-tion des conditions locales (pente, nature du
sous-sol, quantité et durée des précipitations,…)
Les profondeurs des surfaces de glissement sont très varia-bles :
de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres, voire une
centaine de mètres pour certains glissements de versant. Des
indices caractéristiques peuvent être observés dans les
glissements de terrain actifs : niches d'arrachement, fissu-res,
bourrelets, arbres couchés, zone de rétention d'eau, etc.
Comme pour les chutes de masses rocheuses, les déclen-
cheurs naturels sont prépondérants dans ce type d'instabilité.
L'eau, associée à un épisode pluvieux impor-tant est le
signes
précurseurs ondulation
principal facteur aggravant, en raison des pres-sions
interstitielles qu'elle développe dans le sol et le sous-sol. de la surface
Toutefois, les actions anthropiques sont également à l'origine arbres couchés
des glissements : travaux de terrassement, tels
que surcharge en tête d'un talus ou d'un versant ou dé- suintement
charge en pied supprimant une butée stabilisatrice,
rejets d'eau non maîtrisés, mauvaise pratique culturale,
déboi-sement, etc.

Particularités de La Réunion
À La Réunion, on parle de glissement lent de fond de cir-
que, ces mouvements d'ampleur qui affectent la surface des
plateaux (ou îlets) et dont la cinématique continue tout au
long de l'année s'accélère en saison cyclonique (ce ne sont
en fait pas réellement des glissements, ce sont plutôt des
mouvements de grande ampleur qui se caractérisent par
plusieurs types de mouvements : glissements, tasse-ments
suivant des guides structuraux,…). Enfin, on peut classer
parmi les glissements, le phénomène de reptation qui est
souvent observable sur des pentes de terrains meubles. Ce
phénomène se caractérise par des ondula-tions plus ou

octobre 2006
moins prononcées dans le paysage alors chahuté (résultante
du fluage des terrains).

BRGM
C

BRGM
© SciencesdelaTerre-LaRéunion

Schémas des étapes possibles d'un glissement de terrain


KitPédagogique
MVTerre, BRGM, 2003

Mots clés : mouvement de terrain, chute de blocs, ébou-


lement, glissement de terrain, niches d'arrachement,
glissement de fond de cirque, reptation
C

Glissement de Cap Sylvestre vu sur une orthophoto (Cilaos)


Kit Pédagogique
Sciences
de la Terre
La Réunion
Les risques naturels
Les mouvements de terrain à La Réunion
Les écoulements gravitaires
Les coulées de boue, de débris ou encore les
laves torrentielles se caractérisent par des
vitesses très rapides et apparaissent dans des
matériaux meubles lorsque leur teneur en eau
augmente de manière significative. Con-stituées
d'éléments plus ou moins grossiers, emballés dans
une matrice argileuse, ces coulées sont guidées
par l'encaissement du thalweg, du vallon ou du
torrent qu'elles em-pruntent, et au débouché
c brgm

duquel elles s'étalent en cône ou en éventail. Le


terme de déboulé, propre à la problématique
réunion-naise, désigne des coulées de débris qui Coulée de débris dans le cirque de Mafate
se produisent en périodes cycloniques et qui
prennent naissance sur les pourtours des pla-teaux
dans les cirques.

Phénomène d'embâcle / débâcle


BRGM

Le phénomène d'embâcle correspond à


C

Photographie d'une coulée de débris dans le cirque de Mafate


l'obstruction d'un cours d'eau par accumula-
tion de matériaux divers (par exemple, glis- En plus...
sements ou éboulements de terrain au ni-
Neuf mois après
arrachement

veau des berges). Une retenue d'eau se


l’éruption d’août 2004
superficiel

forme alors à l'amont du barrage naturel qui chenal dont les coulées ont
peut rompre sous l'effet des pressions hy- d'écoulement traversé la RN2 et se
drauliques. Selon le profil du cours d'eau, une sont jetées à la mer,
rupture brutale peut donner naissance à une une équipe de gen-
« onde de crue », avec ou sans transport darmes et de fores-
GM
BR

lobe
solide ou à une « lave torrentielle » dévasta- tiers de Saint-Philippe
a découvert un fantas-
trice : on parle alors de débâcle. En mars
C

tique tunnel de lave dans


2002, un tel événement à la Rivière des Schéma d'une coulée de débris le chaos minéral du
Pluies a provoqué la mort de trois personnes. Grand-Brûlé. Près de
500 mètres de gale-ries
ont été parcourus mais
leur extension pourrait
aller bien au-delà. On
peut y obser-ver entre
autres les pla-fonds et
parois nappés
d’épaisses couches
vernissées dues à des
augmentations de dé-bit
en cours d’éruption.
D’épaisses banquet-tes
BRGM

s’étagent sur les parois


du tunnel, té-moignant
C

elles aussi des


Formation d'une retenue sur la Rivière
BRGM

changements de niveau
des Pluies (mars 2002)
de la lave.
C

Glissement en amont de la retenue


Qu'est-ce qu'un tunnel de lave ?
Un tunnel de lave correspond à une cavité de section
mé-trique à plurimétrique, formée au sein d'une coulée
de lave fluide au moment de sa mise en place. Sa
section est très irrégulière. Des salles de grande
dimension, d'extension décamétrique, ont été
observées en plusieurs points de l'île. La longueur de
ces cavités souterraines est égale-ment variable, de
quelques mètres à plusieurs centaines de mètres.

Effondrement de tunnels de lave


Ces tunnels sont naturellement stables. La lave constituant la
voûte s'est refroidie in situ et est, de ce fait, bien consolidée.
Toutefois, des effondrements de la voûte peuvent se produire
à la suite de travaux ou de dégradations naturelles

BRGM
provo-quées par des infiltrations d'eau depuis la

C
surface et par l'action végétale. Tunnel de lave de Citron-Galets

Localisation à La Réunion
De tels réseaux de galeries ont été découverts dans le
sud sur les communes de Saint-Philippe, Sainte-Rose
et Saint-Joseph, de même que sur la côte ouest, entre
tunnel de lave Saint-Gilles et l'Étang Salé, et à la plaine des Cafres.
La plupart des tunnels de lave de l'île ont été
découverts lors de chantiers de terrassement réalisés
dans le cadre de travaux de construction.
En juin 2005, neuf mois après l'éruption d'août 2004
dont les coulées ont traversé la RN2 et se sont jetées à
1. Fissuration, fragilisation de la zone de subsurface la mer, une équipe de gendarmes et de forestiers de
Saint-Philippe a découvert un fantastique tunnel de
lave dans le chaos minéral du Grand-Brûlé. Près de
500 m de galeries ont été parcourus mais leur
extension pourrait aller bien au-delà.
Le plus grand tunnel de lave répertorié dans l’île est
celui de la caverne Bateau, à la Plaine-des-Cafres,
dont le réseau connu atteint 1 900 m (au Kenya a été
découvert un tunnel de 11 km). Malheureusement,
comme pour le tunnel de la coulée de Citron-Galets à

Kit Pédagogique Sciences de la Terre - La Réunion © BRGM octobre 2006


Saint-Philippe, les projets d’aménagement en vue
BRGM

d’une ouverture au public n’en fi-nissent pas d’aboutir.


C

2. Effondrement du tunnel

Mots clés : coulées de boue, de débris, laves


torren-tielles, embâcle, débâcle, tunnel de lave
BRGM
C

Les racines de la végétation pénètrent dans le tunnel


indiquant sa proximité avec la surface
Kit Pédagogique
Sciences
de la Terre
La Réunion
Les risques naturels
L'érosion
Le terme d’érosion désigne un
ensemble de processus physiques et
chimiques. L'érosion est souvent
considérée comme un ph-énomène lent
et progressif, mais ses cons-équences
peuvent être brutales et dangereu-ses.
L’Ile de La Réunion présente une morpholo-
gie jeune, marquée par d’importants reliefs,
et se situe dans une région climatique à très
fortes précipitations, notamment en période
cyclonique. De ce fait, elle est affectée par
des phénomènes d'érosion très actifs, cor-
respondant à des départs de matière de
l’ordre du millimètre d’épaisseur par an en
moyenne sur l’ensemble de l’île. Ce chiffre
moyen implique bien sûr des érosions con-
sidérablement plus intenses dans des sec-
teurs particulièrement exposés, ou lors
d’années très pluvieuses. Cette érosion a
BRG

Érosion littorale, plage de l ’Hermitage


M

des conséquences agronomiques, économi-


C

ques et sociales lourdes : de façon directe, Érosion visible par la mise à nu des racines de filaos sur la plage de l'Hermitage
destruction de terres agricoles ; de façon in-
directe, endommagement de bâtiments L' érosion littorale
ou d’aménagements… Les mécanismes d’évolution du littoral sont En plus...
À La Réunion, l’érosion concerne princi- conditionnés par la nature des forma-tions
palement les berges des ravines, les géologiques. Les côtes réunionnai-ses sont, La loi littoral du 3 jan-
sols et la zone côtière. soit de type rocheux (essentielle-ment sur la vier 1986 est relative à
« l’aménagement, la
façade sud-est de l’île), soit de type
protection et la mise en
L' érosion des berges alluvionnaire (galets, sables) au dé-bouché valeur du littoral ». Elle a
Elle se manifeste par un ou des glisse- des grandes rivières. pour objectif de préser-
ments ou des éboulements sur les L’érosion littorale résulte de la combinaison ver les espaces rares et
berges d’un cours d’eau. de plusieurs facteurs hydrodynamiques sensibles, de gérer de
(houle, marée et vent) auxquels s’ajoute façon économe la con-
Les phénomènes d’érosion des berges
sommation d’espace par
sont présents dans la majorité des ravines l’action de l’homme (aménagements dans
l’urbanisation et les am-
de La Réunion. Ils sont plus importants les ravines et en mer, extractions de sables
énagements touristiques
dans les ravines fortement encaissées. et galets des rivières, atteintes au récif co- et d’ouvrir plus largement
rallien par la pollution,…). le rivage au public. À la
Parmi les secteurs les plus affectés par Réunion la bande littora-
l’érosion littorale, on peut citer les plages le est l’espace compris
de sable de l’Hermitage et de l’Étang-Salé entre le rivage de l’océan
et la limite supérieure des
(au sud de la forêt domaniale), les plages
50 pas géométriques, soit
à galets de Saint-André (près de Champ- 81,20 m. Un décret de
Borne), Saint-Denis (au niveau du Bara- 1955 a autorisé des
chois) et du Port. particuliers à y acquérir
des terrains, ce qui expli-
que que certains, acquis
avant 1986, soient au-
jourd’huiprivés.
L' érosion des sols
L’érosion des sols correspond à une ablation
mécanique. Les mécanismes mis en jeu sont,
successivement, la dé-sagrégation des matériaux, leur
ablation, leur transport puis leur dépôt. Les deux
derniers phénomènes ne con-cernent plus strictement
les mécanismes d’érosion ; ils en sont la conséquence.
Les principaux facteurs entrant en jeu sont les pluies (effet
« splash » de l’impact des gouttes d’eau désagrégeant le
sol), la battance (favorisant le ruissellement), le ruisselle-
ment des eaux de surface (lorsque l’intensité des pluies
est supérieure au pouvoir d’absorption du sol), la dessic-
cation des sols, le vent, et divers facteurs anthropiques
(agriculture, travaux mettant le sol à nu, actions mécani-

BRGM
ques, telles que le piétinement ou la circulation,…).

C
L’ampleur du phénomène dépend de paramètres tels que
Érosion des sols, Saint-Gilles
le recouvrement végétal, la nature et la structure du sous-
sol, le réseau hydrographique, le relief (en particulier la
valeur des pentes), les aménagements et le climat.
Les secteurs les plus touchés par ce phénomène sont les
cirques du massif du Piton des Neiges, la plupart des zo-
nes cultivées (et en particulier les cultures maraîchères).
Par ailleurs, les aménagements anthropiques peuvent
modifier considérablement l’écoulement des eaux dans
leurs zones aval qui subissent alors une forte érosion.

Kit Pédagogique Sciences de la Terre - La Réunion © BRGM octobre 2006


BRGM
C

érosion faible Formation d'une ravine suite à


du ruissellement sur pente
érosion forte
BRGM
C

Intensité des phénomènes érosifs actifs et


passés à La Réunion (Chevalier et al. 2001)
Mots clés : sols, érosion, ravine
L’évaluation de la quantité de matériaux transportés par
les cours d’eau correspondrait à un décapage moyen an-
nuel de l’ordre de 1 mm ce qui situerait l’île de La Réunion
parmi les régions du globe où l’érosion est la plus active.
Kit Pédagogique
Sciences
de la Terre
La Réunion
Les risques naturels
Les risques cycloniques
Qu'est-ce qu'un cyclone ?
Les cyclones sont des perturbations atmosph-
ériques tourbillonnaires, de grande échelle,
associées à une zone de basses pressions. Ils se Oeil
forment dans les régions tropicales. Ils sont Mur de l’oeil
caractérisés par des pluies intenses et des vents
très violents (supérieurs à 117 km/h), tournant Bandes spiralées
dans le sens des aiguilles d'une mon-tre
(hémisphère sud) ou dans le sens inverse
(hémisphère nord).

Un cyclone est caractérisé par


- au centre, l'oeil, de diamètre inférieur à
50 km. A l'intérieur de celui-ci, les condi-
0pWpR)UDQFH

tions sont relativement calmes : précipita-


tions nulles, vent faible, ciel clair. La pres-
sion y est très basse, et atteint son
minimum ;
C

Image satellite d'un cyclone


- autour de l'oeil, le mur de l'oeil : énorme En plus...
masse nuageuse, de 20 à 50 km de lar- Conditions indispensables à la Le dernier cyclone en
geur. La violence des conditions météoro- génèse et au développement date à La Réunion
logiques est maximale (vents forts, pluies d'un cyclone Mardi 22 janvier 2002, le
diluviennes,...) ; cyclone intense Di-na
-température de l'océan supérieure à
- à la périphérie, une masse nuageuse den- s’abat sur La Réu-nion
26°C dans les soixante premiers
se génératrice de fortes pluies, d’un de toute la violen-ce de
mètres de profon-deur ; ses vents. Des rafales
diamètre moyen de 500 km, organisée en
-un cyclone prend toujours naissance sont enregis-trées à plus
bandes spiralées qui convergent vers le
au-dessus de l’océantropicalà de 250 km/h emportant
centre.
partird’unamas nuageuxpréexistant; tout sur leur passage.
À La Réunion, la saison cyclonique - zone dépressionnaire initiale Des maisons menacent
s'étale entre novembre et avril. Les entraînant un tourbillon ; de s’effondrer. Des toits
statistiques montrent que la période -forte humidité de l'air ; sont arrachés. Des baies
critique pour leur formation correspond vitrées sont en-foncées.
- vents dont la vitesse ou la direction Les éleva-ges et les
aux mois de janvier, février et mars. va-rient peu avec l'altitude. plantations sont
dévastées. Des arbres
plusieurs fois
Bassin cyclonique
du Sud-Ouest de 10°Sud centenaires sont dé-
l’océan Indien racinés. La mer est
agitée par une houle
20° impressionnante. Des
0pWpR)UDQ

M
R creux de 6 à 8 m sont
observés.
FH

30°
0pWpR)UDQFH

30° E st 40° 50° 60° 70° 80° 90°


La Réunion n’avait plus
C

connu de cyclone de
Trajectoires typiques des cyclones du cette violence depuis
sud-ouest de l’océan Indien 1989 lors du passage de
C

Coupe schématique d’un cyclone Firinga.


tropical de l’hémisphère Sud
Un cyclone s'accompagne de plusieurs L'aléa cyclonique à La Réunion
phénomènes météorologiques tels que : - L'aléa cyclonique lié aux effets du vent concerne
- des vents très forts, avec des rafales pouvant l'ensemble de La Réunion. Le relief joue un rôle
atteindre jusqu'à 350 km/h. Après le passage de l'œil, important sur la distribution des vents : il contribue à
les rafales recommencent brusquement en venant de la protéger temporairement certaines régions renforçant,
direction opposée ; à l'inverse, le vent sur les autressecteurs.
- des pluies diluviennes, responsables d'inondations - Les effets liés aux précipitations se traduisent par des
brutales, de coulées de boue et de glissements de inondationset desmouvements de terrain.
terrain. ÀLa Réunion, ces précipitations sont renforcées - Les effets de type marée de tempête et houle cyclo-
par la présence d’importants reliefs, ce qui vaut à l’île nique sont limités aux zones côtières. Selon la topo-
de détenir les records mondiaux de pluies pour les graphie des fonds sous-marins, les effets pourront être
périodes comprisesentre 12 heureset 15 jours ; plus ou moins importants. L'interaction entre houle et
- une houle cyclonique importante sur le littoral. Elle marée, deux phénomènes de genèses différentes,
se caractérise par des ondulations de grande amplitude reste cependant difficile à préciser.
qui se propagent sur des centaines de kilomètres, avec Météo-France dispose d'un modèle de calcul de
des vagues d’une hauteur d’une dizaine de mètres à surcote lié à la marée de tempête. Il permet de
proximité du cœur du cyclone. Quand elle arrive sur les quantifier le risque en fonction de la hauteurde la
côtes, la houle déferle sur le rivage et inonde marée et de la puissance du cyclone.
parfoislesrégionslittorales ;
BRGM
C

Houle cyclonique sur le Barachois (Ando, janvier 2001)


BRGM

- des marées cycloniques ou marées de tempête,


C

correspondant à une élévation anormale et brutale du

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Cartographie de l'aléa cyclonique sur les côtes réunionnaises
niveau de la mer lors du passage d'un cyclone. Dues
en grande partie au courant de surface provoqué par
les vents forts et en partie aussi à la baisse de la Localisation des phénomènes
pression de surface, les marées cycloniques dépendent Il apparaît que les régions est et nord-est de La Réunion
essentiellement de la topographie sous-marine, de la sont davantage exposées, en fait, tous les secteurs de
trajectoire et de l’intensité du cyclone. Ce type de l’île sont susceptibles d’être touchés par le vent et les
phénomène constitue un danger réel en cas de fort précipitations associés au passage d'un cyclone.
cyclone car il peut conduire à l'envahissement, par la À La Réunion, ce sont les côtes nord et est qui sont les
mer, des zones littorales basses. plus exposées à la houle cyclonique. Les marées
cycloniques affectent particulièrement le fond des baies
(La Possession, Saint-Paul, Saint-Leu,…) et les villes
construites en bordure du littoral et principalement à
l’embouchure des rivières et ravines.

Mots clés : œil, mur de l'œil, bandes spiralées,


houle cyclonique, marées cycloniques
Kit Pédagogique 6

Sciences
de la Terre
La Réunion
Les risques naturels
Le risque inondation
Terrasse
alluviale Lit majeur

Qu'est-ce qu'une inondation? Lit mineur


L'inondation désigne un recouvrement
d’eau qui déborde du lit mineur d’un
cours d’eau pérenne à différents niveaux
ou qui afflue dans les cours d’eau non
pérennes (ravines) ou dans les
dépressions et les plaines côtières.
Différents types d’inondations sont
susceptibles d’affecter La Réunion : Versant
- les inondations rapides par
BRGM

concentra-tion du ruissellement ;
C

- les inondations lentes par stagnation Morphologie d'un cours d'eau


d’eaux pluviales ou par remontée de nappe ;
- les inondations par ruissellement ur-
bain.
En zone littorale, il existe également un
Lit mineur
type plus particulier d’inondations : les En plus...
Un cours d'eau s'écoule habituellement
submersions marines provoquées par dans son lit mineur. Les inondations à
des phénomènes météorologiques (hou- la Réunion sont al-
le cyclonique, marée de tempête,…). Lit majeur éatoires et particu-
lièrement dévasta-
Espace occupé par un cours d'eau lors trices. À l’initiative
Facteurs conduisant aux crues d'une inondation. de la DDE, des
et aux inondations Terrasse alluviale études ont été en-
- l’eau mobilisable : elle peut provenir de gagées dès 1984,
Replat situé sur un versant de vallée, ou et aujourd’hui la to-
pluies répétées et prolongées, ou d’averses sur les deux, à une altitude supérieure à talité du territoire
relativement courtes mais intenses ; celle du cours d'eau, et qui représente le est couvert par des
- le ruissellement : il dépend de la nature reste d'un lit ancien dans lequel ce cours schémas techni-
du sol et de son occupation de surface. Il ques de protection
d'eau s'est enfoncé. Dans ce cas, la
est d’autant plus réduit que la couverture contre les crues
terrasse est construite par des alluvions. (STPC) qui dimen-
végétale est dense, et les sols épais et non sionnent et éva-
saturés par des épisodes pluvieux récents. Les facteurs aggravants luent les coûts des
Inversement, l’imperméabilisation des sols dispositifs de pro-
due à l’urbanisation le favorise ; - tout ce qui empêche la pénétration des tection des zones
- la propagation de la crue : elle dépend de la eaux dans le sol, sur les bassins versants urbaines.
et dans les zones de stockage : déboise- Chaque année, en
pente et de la largeur du champ d’écoulement. fonction des de-
ment, modification des écoulements agri-
mandes des com-
coles, suppression des haies, imperméa- munes (maîtres
bilisation des sols (routes, parkings...) ; d’ouvrages), un p r
- tout ce qui contrarie l'écoulement : cons- o g r a m m e
tructions, obstacles (naturels ou anthropi- d’endiguement est
retenu et bénéficie
ques) à la circulation des eaux... de subventions.
Quelques types d'inondations rencontrés à La Réunion

Les inondations rapides Les inondations lentes

Niveau piézométrique moyen


BRGM

BRGM
Inondation par débordement du Inondation par concentration du Inondation par stagnation des Inondation par remontée de
lit mineur d’un cours d’eau ruissellement dans une ravine eaux pluviales dans une zone plane nappe phréatique

C
C

(OOHVSHXYHQWrWUHGHGHX[W\SHV
Les inondations rapides résultent de la concentration ,QRQGDWLRQVSDUVWDJQDWLRQG¶HDX[SOXYLDOHV

rapide du ruissellement des eaux de pluie dans un


cours d’eau à pente forte et ordinairement sec
OHQLYHDXHWODYLWHVVHGHO¶HDXVRQWIDLEOHV/DVWDJQDWLRQ
(définition des ravines à La Réunion). Elles sont
GHVHDX[HVWOLpHjXQHFDSDFLWpLQVXIILVDQWHG¶LQILOWUDWLRQ
accompagnées de phénomènes d’érosion et
HWG¶pYDFXDWLRQGHVVROVORUVGHSOXLHVDQRUPDOHV
d’accumulation importante de matières solides.
6RQWFRQFHUQpHV

Suite à des pluies violentes OHV]RQHV EDVVHV OLWWRUDOHV


ou durables, l'augmentation H[ OHV SODLQHV
du débit des cours d'eau G¶HQQRLHPHQW GH O¶+HUPLWDJH¤ GH 6DLQW3DXO
peut être telle que ceux-ci HW GH
peuvent gonfler au point de 6DLQWH6X]DQQH
déborder de leur lit mineur,
pour envahir leur lit majeur.
Les dégâts peuvent être
très importants, et surtout,
le risque de noyade existe
C BRGM
(en particulier, lors du
Bassin des Aigrettes de
la Ravine Saint-Gilles,
franchissement de gués au
février 1998 moment de l'arrivée de
l'onde de crue).
-
OHV]RQHVGHGpSUHVVLR
QVWRSRJUDSKLTXHVRFFX
SpHVRX
QRQSDUGHO¶HDX¤DS
SHOpHV³PDUHV´/
HVH[HPSOHVVRQW
QRPEUHX[ GDQV OHV
WURLV FLUTXHV¤ GH
&LODRV
0DUH j
-RQFV¤0DUH6qFKH¤
¤6DOD]LH
0DUHj*R\DYHV¤0DUH
j 3RXOH G¶HDX¤ 0DUH
j 0DUWLQ¤
¤ HW 0DIDWH
SODWHDX
.HUYDO¤SODLQHGHV7DPDULHQV¤
,QRQGDWLRQVSDUUHPRQWpHQ 'HVSOXLHVDERQGDQWHVHW
DWXUHOOHGHQDSSHSKUpD WRXV OHV SRLQWV EDV GH VRQ VHFWHXU $ /D 5pXQLRQ¤
SURORQJpHVSHXYHQWUHFK OHV
DUJHU
VHFWHXUV WRXFKpV SDU FH W\SH G¶LQRQGDWLRQ
OD QDSSH SKUpDWLTXH HW VRQW OH
WLTXH OD IDLUH GpERUGHU DX
QLYHDX GH
Les inondations urbaines %RFDJH j 6DLQWH6X]DQQH¤ (WDQJ6DOp¤
6DLQW3DXO¤ 6DLQW'HQLV
LQRQGDWLRQGHVFDYHV

C BRGM
Inondation par ruissellement urbain

En secteur urbain, des pluies intenses peuvent


occasionner un très fort ruissellement (le phénomène
d'infiltration est considérablement réduit en raison de
l’imperméabilisation par l’Homme, des terrains naturels
(parkings, routes,…), qui va saturer les capacités du
réseau d'évacuation des eaux pluviales et conduire à
des inondations au niveau des points bas.
Un sous-dimensionnement des ouvrages hydrauliques
(buses, fossés) et des accumulations de détritus
engendrent des rétrécissements qui vont gêner le
passage de l’eau et accentuer le risque d’inondation.
8QW\
SHSDUWLFXOLHUG¶LQRQGDWLR
Q

© BRGM octobre 2006


GM
BR

Niveau moyen de la mer

Inondation côtière par submersion marine


/
HVVXEPHUVLRQVPDULQHVVRQWGHVLQRQGDWLRQVWH

- La Réunion
PSR
UDLUHVGHOD]RQHF{WLqUHSDUODPHUGDQVGHVFRQGL
WLRQV
PpWpRURORJLTXHV HW GH PDUpHV
SDUWLFXOLqUHV $ /D
5pXQLRQ¤ HOOHV VRQW GXHV j GH IRUWHV
Terre

PDUpHV¤ j GHV
PDUpHV GH WHPSrWH HW GHV KRXOHV F\
FORQLTXHV¤ j GHV
de la

KRXOHV SRODLUHV /HV VXEPHUVLRQV PDULQHV


VRQW HQ
Sciences

SULQFLSHGHFRXUWHGXUpHHQUDLVRQGHOHXURULJLQH
HWVH
WUDGXLVHQW SDU O¶LQYDVLRQ GH ]RQHV OLWWRUDOHV¤
EkWLHV RX
QRQ¤SDUGHVHDX[VDOpHV
Pédagogiqu

Mots clés : inondation rapide, inondation lente,


e

inondation par ruissellement, submersion marine,


lit mineur, lit majeur, plaine alluviale
Kit
Kit Pédagogique
Sciences 1
de la Terre La
Réunion
Les risques naturels
L'éboulement de Grand Sable
Un éboulement d'extension
catastrophique
On dit qu'un éboulement est d'extension
catastrophique lorsque :
- il concerne un volume important de
3
matériaux supérieur à 10 millions de m ;
- son étendue est considérable de l'ordre
de plusieurs kilomètres ;
- les vitesses sont très élevées, elles
peuvent atteindre 100 m par seconde.

Historique de la catastrophe
Le 26 novembre 1875, un gigantesque
éboulement fait disparaître le hameau de
Grand Sable (62 morts sur 65 habitants) et
MVTerre,BRGM, 2003

crée un lac temporaire. La masse de mat-


3
ériaux éboulés (18 millions de m soit 10 000
piscines olympiques pleines) est venue bu-
ter contre le piton de Grand Sable, lui-même
C

issu d'un ancien éboulement. Carte de localisation éboulement de Grand Sable, cirque de Salazie
Cause de ce glissement
de panneau
Ce glissement a été favorisé par une
surface structurale de dyke (cheminée
basaltique) du centre du volcan qui a
servi de drain aux eaux d'infiltration et de
plan de décollement.
2003

Grand Morne
MVTerre,BRGM

lac
,

Plateau en Intrusions de
gradins basalte
C

Piton
Vallon
Grand sable
&DUWRJUDSKLHGHO¶pERXOHPHQWGH*UDQG6DEOHGDWD
Grand Sable QWGHµ
1

État actuel
Glissement de la
partie supérieure
Affaissement
du gradin

Démantèlement
du Piton Coulée de
BRGM

Grand Sable

2
C

3 4

Reconstitution interprétative de l'éboulement catastrophique de Grand Sable


L'éboulement du rempart de Mahavel
Fiche d'identité
Localisation : en tête du Bras de Mahavel, entre la
Plaine des Sables et la Rivière des Remparts,
commune de Saint-Joseph
Éboulement de rempart
Date de l'éboulement principal : 6 mai 1965 (autres
éboulements : 09/01/1996 et 18/01/2001)
3 3 3
Volumes : en 1965 : 50 Mm , en 1996 : 5 Mm , en 2001 : 1 Mm

Principaux dégâts : en 1965, formation d'un barrage


dans la Rivière des Remparts

BRGM
C
BRGM, d'après IGN

BRGM
C

9XHGXUHPSDUWGXVLWHGH0DKDYHO
3
L'éboulement de Mahavel de 1965 (50 millions de m ) est
le plus important mouvement de terrain connu à La D'autres écailles se sont écroulées en 1996 et en 2001, de
Réunion dans la période historique, en terme de volume 3
tailles plus réduites (respectivement 5 et 1 million de m ).
de matériau mis en jeu. Il s'agit du détachement d'une
Ainsi, en 2001, d'après les enregistrements des
écaille qui mesurait un millier de m de haut, environ 700 m
sismographes de l'Observatoire volcanologique et les
de large et dont l'épaisseur au sommet devait être de

octobre 2006
l'ordre d'une cinquantaine de mètres : elle était située en visites effectuées, différents éboulements se sont
tête du Bras de Mahavel. Les terrains écroulés étaient succédés entre le 8 et le 18 janvier, suite au passage du
cyclone Ando : la partie du rempart qui s'est détachée
BRGM
constitués au sommet de coulées peu pentues reposant
sur des coulées et projections plus anciennes, présentant mesure 400 m de longueur.
un pendage pouvant atteindre 30° vers le vide. Cette
Actuellement, des fractures ouvertes, parallèles au ver-
disposition structurale défavorable a joué un rôle
©

déterminant dans le déclenchement des instabilités. sant, sont visibles en tête de falaise. Le sentier de ran-
-LaRéunion

Les terrains effondrés ont constitué un barrage sur la donnée a été fermé au public.
Rivière des Remparts, au niveau du confluent avec le
Bras de Mahavel.
Terre

Mots clés : coulées de boue, de débris, laves


torrentielles, embâcles, débâcle, tunnel de lave
Kit Pédagogique Sciences de la
Kit Pédagogique
Sciences 2
de la Terre La
Réunion
Les risques naturels
Les risques volcanologiques
Les aléas volcaniques
L'aléa volcanique
« coulées de lave »
La vitesse des coulées de lave dépend de la
composition chimique du magma, de sa te-neur
en gaz, de sa température (ces 3 fac-teurs
conditionnent sa viscosité) et de la pente sur
laquelle il s'épanche. Des vites-ses très rapides
(jusqu'à 80 km/h) peuvent être atteintes au sein
de chenaux d'écoulement. Dans les zones
habitées, hors Enclos, la menace provoquée
par des coulées de lave a, jusqu'à présent,
toujours été anticipée par une évacuation des
popu-lations. Pour le public assistant aux érup-
tions du Piton de La Fournaise, les princi-paux
risques liés aux coulées de lave résident dans
la rupture des toits refroidis de coulée,
[Link]

l'effondrement brutal du front de coulée ainsi


que dans un encerclement possible par des
C

langues de lave
Coulée de 2002 traversant la RN2

Les aléas volcaniques liés aux


Les aléas volcaniques « pro- éruptions hydromagmatiques En plus...
duits de projection liés à une Lors de sa montée, le magma peut rencon-trer
Le danger ne s'arrête pas
avec l'éruption. Des
éruption effusive » d'importantes nappes d'eau souterrai-ne risques persistent tant
Lors de l'ouverture d'une fissure éruptive, le (douce ou salée). La vapeur d'eau ainsi créée que la lave des coulées
violent dégazage (lié à la décompression du augmente considérablement la quantité de gaz n'est pas complètement
refroidie, ce qui peut
magma lors de son arrivée en surface), liée à l'éruption et conduit à des explosions
prendre plusieurs mois. Si
provoque l'expulsion de fragments de lave violentes, pulvérisant les ro-ches anciennes et
les coulées arrivées
encore fluides. Ces éjectas (cendres, la-pilli, la lave fraîche : l'éruption est dite « jusqu'à la mer ont cons-
blocs) s'accumulent autour du point d'émission hydromagmatique ». Les blocs (dont des truit une « banquette »
formant un cône de projec-tions, limitant donc 3 littorale, il existe un ris-
bombes pouvant atteindre plu-sieurs m )
à cette zone le risque correspondant. Les que minime mais bien
retombent à proximité du lieu de l'explosion réel de déstabilisation.
éléments les plus fins (cendres) sont alors que les cendres, projetées haut et loin, Il faut aussi être cons-
transportés par le vent, sur de grandes peuvent recouvrir des surfaces de plusieurs cient qu'une coulée ré-
distances et constituent en re-tombant une 2 cente reste encore très
dizaines de km . Les risques liés à ce type
nuisance plutôt qu'une mena-ce. Les cheveux chaude en surface, avec
d'activité volcanique, heureu-sement peu la présence de fissures et
de Pélé, un type particu-lier de projections,
fréquente sur le Piton de La Fournaise, sont de zones fragiles, de
représentent probablement le seul risque
majeurs de par leur intensité. tunnels de lave, d’arêtes
volcanique di-rect sur la quasi-totalité de l'île. coupantes, sans oublier
Ces fibres de verre sont un danger pour le des dégagements de va-
bétail et pour l'homme (perforations peurs de souffre. Pour
intestinales, accidents des yeux, des poumons, ces raisons, il est for-
mellement interdit, après
…), en couvrant les prairies et les pâtures, les
une éruption de s'écarter
cul-tures maraîchères et en polluant les sour- des sentiers balisés par
IPGP

ces, les captages, les rivières, etc. l'ONF.


C

Fontaine de lave
Prévention : l'Observatoire
Volcanologique et ses moyens d'étude
Création d'un observatoire
Une surveillance instrumentale est assurée par
l'Observatoire volcanologique depuis son installation à
Bourg Murat, en 1980. Ses observations permettent le
déclenchement d'alertes préventives auprès des services
préfectoraux de la Protection Civile. Une gestion de crise
efficace appuyée par un plan de secours spécialisé«
Volcan » fait que très peu d'accidents mortels directement
dûs à l'activité volcanique, ont été à déplorer jusqu'à
présent sur le Piton de La Fournaise.

IPGP
C
Surveillance-Prévision-Recherche L'Observatoire Volcanologique de la Plaine des Cafres

L'Observatoire Volcanologique de l'Institut de Physique du Réseaux de surveillance


Globe de Paris, assure une triple mission de surveillance,
La surveillance de l'activité du Piton de La Fournaise, est
de prévision et de recherche. Il surveille en continu
effectuée par une équipe d'une dizaine de personnes, à
l'activité du Piton de la Fournaise, de manière à prévoir le
partir d'un réseau très dense d'instruments automatisés et
déclenche-ment des éruptions et d'en assurer le suivi,
télémétrés qui enregistrent les variations du magnétis-me,
pour répondre aux besoins de sécurité de la population.
de la sismicité, des déformations...
BRGM, modifié d'après IPGP
IPGP
C

Kit Pédagogique Sciences de la Terre - La Réunion © BRGM octobre 2006


Appareils de mesure de l'Observatoire

Les sismomètres
C

18 sismomètres installés sur le massif du Piton de La


Four-naise permettent :
- un suivi permanent de l'activité sismique du volcan en
pé-riode de repos éruptif ;
- d'observer d'éventuels mouvements de magma dans
le sous-sol ;
- de localiser la mise en place des intrusions pendant
les crises sismiques précédant les éruptions ;
- de distinguer les événements volcano-tectoniques
pro-pres à la vie du volcan, des mouvements de terrain
(par exemple, éboulements de rempart) et des Le signal enregistré le 8 août 2004
C IPGP

tremblements de terre régionaux qui ont lieu dans le (= tremor)


sous-sol de l'île ou dans ses environs. Un sismomètre

Mots clés : rupture du toit, encerclement,


éruption hydromagmatique, Observatoire
volcanologique, sismomètre, tremor
Kit Pédagogique
Sciences
de la Terre /D
5pXQLRQ
Les risques naturels
Les risques volcanologiques
Les capteurs de déformation
Les remontées de magma provoquent
généralement, en surface, des gonfle-
ments de certaines zones du volcan. Ces
déformations se traduisent par des varia-
tions de pente et par des ouvertures de fis-
sures ; les distances entre deux repères
changent et l'altitude varie. Le début d'une
éruption se manifeste souvent par une dé-
flation. Ces variations sont très faibles et
imperceptibles à l'oeil, mais peuvent être
observées et suivies en temps réel grâce à
des instruments modernes et dont la préci-
sion est constamment améliorée.
IPGP

La variation des pentes


C

L'appareil permettant de mesurer les varia-


tions de pente des flancs des volcans est Un inclinomètre
l'inclinomètre. Cet instrument, particulière-
ment sensible, détecte des variations
d'inclinaison inférieures à un micro radian
ce qui correspond à un angle traduisant
En plus...
une variation verticale de moins d'un mm Les réseaux fonction-nent en
sur une base d'un km de longueur. continu, 24h/24 et 365 jours
IPGP

par an. Ils comportent un


C

total d'environ 100 instru-


L'écartement des fissures Un extensomètre ments pour 35 sites dif-
férents sur le massif du Piton
L'extensomètre mesure l'écartement des de la Fournaise. Les
fissures. Il mesure également les valeurs du instruments sont entretenus
cisaillement (plan de cassure et dépla-
Mesurer le gonflement et constam-ment
perfectionnés par les
cement suivant ce plan dans une masse L'appareil capable de détecter le gonfle- techniciens et le bon
rocheuse) et le décrochement (faille verti- ment d'un volcan est le distancemètre. Ce fonctionnement des réseaux
est vérifié tous les jours par
cale ou presque séparant des comparti- phénomène courant sur les volcans basal- le per-sonnel de l'
ments qui se sont déplacés l'un par rapport tiques, a comme effet de modifier les dis- Observatoi-re. Le flot de
à l'autre dans le sens horizontal et parallèle tances entre deux points. Des valeurs de données enregistrées à l'
Obser-vatoire et dépouillées
à cette faille), donc le mouvement en trois plusieurs dizaines de cm ont ainsi pu être quotidiennement, per-met de
dimensions. Lors d'une éruption, des écar- mesurées sur le massif du Piton de La prévoir toutes les éruptions.
tements de plusieurs dizaines de mm peu- Fournaise, ce qui est considérable. L'analyse des données et les
recher-ches expérimentales
vent se produire sur une fissure. men-ées à l'Observatoire et
à l'Institut de Physique du
Globe de Paris ont am-élioré
notre compréhen-sion des
mécanismes
éruptifsdesvolcans.
IPGP
C

Photographie d'un distancemètre


Photographie d'un extensomètre 3D et principe de fonctionnement et principe de
fonctionnement
Le GPS Prélèvement d'échantilons
Le système GPS (Global Positioning System) mis au Lors de la reprise de l'activité volcanique sur le Piton de La
point par les militaires américains, et maintenant Fournaise, les volcanologues équipés de vêtements ignifug-
largement utilisé pour des applications civiles, permet és de protection, utilisent des cannes de prélèvement pour
de déterminer avec précision la position d'un point sur soutirer aux coulées, des lambeaux de lave. Ceux-ci après
le globe, à l'aide de signaux émis par de avoir été brutalement refroidis dans l'eau (phénomène de
nombreux satellites qui trempe permettant d'éviter un début d'oxydation à l'air libre)
tournent autour de la Terre renseignent à la suite d'analyses en laboratoire sur la com-
à une altitude de 20 000 position chimique et minéralogique de la lave. Par ailleurs,
km. Sur le Piton de La des mesures de température et de viscosité sont également
Fournaise, des récepteurs effectuées in situ dans les coulées.
GPS sont utilisés pour
cartographier le contour des
coulées ou de manière plus
complexe pour suivre les
déformations du volcan.
IPGP
C

Caméras fixes
Deux caméras de surveillance sont implantées au nord et
au sud du cône sommital, à proximité des remparts de
IPGP

l'Enclos. Dirigées vers celui-ci, elles transmettent toutes


C

les 10 minutes une image en couleur à l'Observatoire. En Prélèvement d'échantillons de lave lors d'une éruption
cas d'éruption, elles permettent une localisation précise
du point d'émission des laves, et indiquent aussi la direc-
tion et l'intensité des coulées, ainsi que l'importance du
panache éruptif. Mais, les conditions météorologiques
sont souvent peu favorables à cette altitude et ne permet-
tent donc pas toujours d'observations directes.

Réunion © BRGM octobre


2006
IPGPC

Caméra « Nord », 2000


d la Terre -

Mots clés : gonflement, inclinomètre, distancemètre,


e La
IPGP

extensomètre, GPS
C

Caméra « Ouest »
Kit Pédagogique
Sciences

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