Fiches Risques
Fiches Risques
Sciences
de la Terre
La Réunion
Les risques naturels
Le langage des risques naturels
Définition du risque
D'après le dictionnaire de l'environnement
(1991), le risque est la possibilité de sur-
venance d'un évènement susceptible de L'ALÉA
porter atteinte à l'équilibre naturel. Le ris-
que résulte de la conjonction d'un aléa et
des enjeux en présence.
L'aléa est la probabilité d'occurrence d'un LES ENJEUX
phénomène donné. On parle toujours d'un
aléa pour un phénomène et une durée
donnés : aléa volcanique, aléa sismique,
aléa mouvement de terrain, aléa inondation
les enjeux sont les personnes, les
biens, les équipements et
l'environnement me-nacés par l'aléa, et
susceptibles de subir des préjudices.
Étroitement associée à la notion LE RISQUE
d'enjeux, la vulnérabilité mesure les
conséquences dédommageables de
l'évènement sur les enjeux.
[Link]
/HVEDVVLQVGHULVTXHGH/
D5pXQLRQGpMjUpDOLVpV
§
Le Plan de Prévention des Risques
Le Plan de Prévention des Risques (ou PPR) est un
document cartographique réglementaire (contrairement
à un atlas de risques qui est un document informatif). Il
concerne un aléa ou plusieurs types d'aléas et on parle
alors de PPR Multi-aléas. Ce PPR est généralement
réalisé pour une commune ou un groupement de com-
munes concerné par les mêmes aléas.
Le PPR est un zonage réglementaire, généralement au
1/10 000 et au 1/5 000 dans les zones à enjeux, qui
définit les zones inconstructibles, les zones
contructibles sous contraintes et sans contraintes vis-à-
vis du ou des aléas concernés par le PPR. Ces
différentes zones sont définies suivant la nature et le
BRGM
terrain recouvre en fait une grande variété de Chute de blocs rocheux sur la route du littoral
phénomènes dont les terminolo-
gies et les classifications diffèrent suivant
les auteurs et les régions. Elles se réfèrent
infiltration 1 En plus...
généralement à leur volume ou leur am-
pleur spatiale, leur cinématique ou bien en- fissure arrière Les ingénieurs dis-
core à leur teneur en eau. posent d'une vaste
zone d'altération panoplie de disposi-
Les mouvements de terrain tifs de protection
les plus fréquents sur l'île contre les risques
naturels qu'ils clas-
Chute de pierres et de blocs ro- sent en deux gran-
cheux des catégories :
Les parades acti-
Elles se produisent généralement à partir 2 ves qui visent à
d'une paroi rocheuse lorsque les ponts de ouverture en traction maintenir en place
matière, soumis aux agents extérieurs (in- les terrains mou-
filtration d'eau, gélifraction,etc.), entre les vants ;
altération et rupture
Les parades passi-ves
blocs et la paroi, ne sont plus suffisants des ponts de matière
qui consistent à laisser
pour retenir les blocs. Le déclenchement fatigue du matériau
qui se fissure le mouvement de terrain
se produit généralement à la suite d'un évoluer mais
événement se surimposant aux proces-sus à en contrôler les
de dégradation naturels : fortes préci- ef-fets.
pitations, tremblement de terre, etc. La falaise du littoral
3 3 est recouverte par
Au-delà de 100 m , on parle généralement endroits de filets in-
d'éboulement. Les éboulements de stallés parallèle-
grande ampleur dans les remparts de La ment à la paroi
Réunion concernent plusieurs millions de pour arrêter les
3 chutes de blocs.
m et peuvent être catastrophiques
(exemple de Grand Sable en 1875 dans le
BRGM
cirque de Salazie).
C
Particularités de La Réunion
À La Réunion, on parle de glissement lent de fond de cir-
que, ces mouvements d'ampleur qui affectent la surface des
plateaux (ou îlets) et dont la cinématique continue tout au
long de l'année s'accélère en saison cyclonique (ce ne sont
en fait pas réellement des glissements, ce sont plutôt des
mouvements de grande ampleur qui se caractérisent par
plusieurs types de mouvements : glissements, tasse-ments
suivant des guides structuraux,…). Enfin, on peut classer
parmi les glissements, le phénomène de reptation qui est
souvent observable sur des pentes de terrains meubles. Ce
phénomène se caractérise par des ondula-tions plus ou
octobre 2006
moins prononcées dans le paysage alors chahuté (résultante
du fluage des terrains).
BRGM
C
BRGM
© SciencesdelaTerre-LaRéunion
forme alors à l'amont du barrage naturel qui chenal dont les coulées ont
peut rompre sous l'effet des pressions hy- d'écoulement traversé la RN2 et se
drauliques. Selon le profil du cours d'eau, une sont jetées à la mer,
rupture brutale peut donner naissance à une une équipe de gen-
« onde de crue », avec ou sans transport darmes et de fores-
GM
BR
lobe
solide ou à une « lave torrentielle » dévasta- tiers de Saint-Philippe
a découvert un fantas-
trice : on parle alors de débâcle. En mars
C
changements de niveau
des Pluies (mars 2002)
de la lave.
C
BRGM
provo-quées par des infiltrations d'eau depuis la
C
surface et par l'action végétale. Tunnel de lave de Citron-Galets
Localisation à La Réunion
De tels réseaux de galeries ont été découverts dans le
sud sur les communes de Saint-Philippe, Sainte-Rose
et Saint-Joseph, de même que sur la côte ouest, entre
tunnel de lave Saint-Gilles et l'Étang Salé, et à la plaine des Cafres.
La plupart des tunnels de lave de l'île ont été
découverts lors de chantiers de terrassement réalisés
dans le cadre de travaux de construction.
En juin 2005, neuf mois après l'éruption d'août 2004
dont les coulées ont traversé la RN2 et se sont jetées à
1. Fissuration, fragilisation de la zone de subsurface la mer, une équipe de gendarmes et de forestiers de
Saint-Philippe a découvert un fantastique tunnel de
lave dans le chaos minéral du Grand-Brûlé. Près de
500 m de galeries ont été parcourus mais leur
extension pourrait aller bien au-delà.
Le plus grand tunnel de lave répertorié dans l’île est
celui de la caverne Bateau, à la Plaine-des-Cafres,
dont le réseau connu atteint 1 900 m (au Kenya a été
découvert un tunnel de 11 km). Malheureusement,
comme pour le tunnel de la coulée de Citron-Galets à
2. Effondrement du tunnel
ques et sociales lourdes : de façon directe, Érosion visible par la mise à nu des racines de filaos sur la plage de l'Hermitage
destruction de terres agricoles ; de façon in-
directe, endommagement de bâtiments L' érosion littorale
ou d’aménagements… Les mécanismes d’évolution du littoral sont En plus...
À La Réunion, l’érosion concerne princi- conditionnés par la nature des forma-tions
palement les berges des ravines, les géologiques. Les côtes réunionnai-ses sont, La loi littoral du 3 jan-
sols et la zone côtière. soit de type rocheux (essentielle-ment sur la vier 1986 est relative à
« l’aménagement, la
façade sud-est de l’île), soit de type
protection et la mise en
L' érosion des berges alluvionnaire (galets, sables) au dé-bouché valeur du littoral ». Elle a
Elle se manifeste par un ou des glisse- des grandes rivières. pour objectif de préser-
ments ou des éboulements sur les L’érosion littorale résulte de la combinaison ver les espaces rares et
berges d’un cours d’eau. de plusieurs facteurs hydrodynamiques sensibles, de gérer de
(houle, marée et vent) auxquels s’ajoute façon économe la con-
Les phénomènes d’érosion des berges
sommation d’espace par
sont présents dans la majorité des ravines l’action de l’homme (aménagements dans
l’urbanisation et les am-
de La Réunion. Ils sont plus importants les ravines et en mer, extractions de sables
énagements touristiques
dans les ravines fortement encaissées. et galets des rivières, atteintes au récif co- et d’ouvrir plus largement
rallien par la pollution,…). le rivage au public. À la
Parmi les secteurs les plus affectés par Réunion la bande littora-
l’érosion littorale, on peut citer les plages le est l’espace compris
de sable de l’Hermitage et de l’Étang-Salé entre le rivage de l’océan
et la limite supérieure des
(au sud de la forêt domaniale), les plages
50 pas géométriques, soit
à galets de Saint-André (près de Champ- 81,20 m. Un décret de
Borne), Saint-Denis (au niveau du Bara- 1955 a autorisé des
chois) et du Port. particuliers à y acquérir
des terrains, ce qui expli-
que que certains, acquis
avant 1986, soient au-
jourd’huiprivés.
L' érosion des sols
L’érosion des sols correspond à une ablation
mécanique. Les mécanismes mis en jeu sont,
successivement, la dé-sagrégation des matériaux, leur
ablation, leur transport puis leur dépôt. Les deux
derniers phénomènes ne con-cernent plus strictement
les mécanismes d’érosion ; ils en sont la conséquence.
Les principaux facteurs entrant en jeu sont les pluies (effet
« splash » de l’impact des gouttes d’eau désagrégeant le
sol), la battance (favorisant le ruissellement), le ruisselle-
ment des eaux de surface (lorsque l’intensité des pluies
est supérieure au pouvoir d’absorption du sol), la dessic-
cation des sols, le vent, et divers facteurs anthropiques
(agriculture, travaux mettant le sol à nu, actions mécani-
BRGM
ques, telles que le piétinement ou la circulation,…).
C
L’ampleur du phénomène dépend de paramètres tels que
Érosion des sols, Saint-Gilles
le recouvrement végétal, la nature et la structure du sous-
sol, le réseau hydrographique, le relief (en particulier la
valeur des pentes), les aménagements et le climat.
Les secteurs les plus touchés par ce phénomène sont les
cirques du massif du Piton des Neiges, la plupart des zo-
nes cultivées (et en particulier les cultures maraîchères).
Par ailleurs, les aménagements anthropiques peuvent
modifier considérablement l’écoulement des eaux dans
leurs zones aval qui subissent alors une forte érosion.
M
R creux de 6 à 8 m sont
observés.
FH
30°
0pWpR)UDQFH
connu de cyclone de
Trajectoires typiques des cyclones du cette violence depuis
sud-ouest de l’océan Indien 1989 lors du passage de
C
Sciences
de la Terre
La Réunion
Les risques naturels
Le risque inondation
Terrasse
alluviale Lit majeur
concentra-tion du ruissellement ;
C
BRGM
Inondation par débordement du Inondation par concentration du Inondation par stagnation des Inondation par remontée de
lit mineur d’un cours d’eau ruissellement dans une ravine eaux pluviales dans une zone plane nappe phréatique
C
C
(OOHVSHXYHQWrWUHGHGHX[W\SHV
Les inondations rapides résultent de la concentration ,QRQGDWLRQVSDUVWDJQDWLRQG¶HDX[SOXYLDOHV
C BRGM
Inondation par ruissellement urbain
- La Réunion
PSR
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Terre
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Pédagogiqu
Historique de la catastrophe
Le 26 novembre 1875, un gigantesque
éboulement fait disparaître le hameau de
Grand Sable (62 morts sur 65 habitants) et
MVTerre,BRGM, 2003
issu d'un ancien éboulement. Carte de localisation éboulement de Grand Sable, cirque de Salazie
Cause de ce glissement
de panneau
Ce glissement a été favorisé par une
surface structurale de dyke (cheminée
basaltique) du centre du volcan qui a
servi de drain aux eaux d'infiltration et de
plan de décollement.
2003
Grand Morne
MVTerre,BRGM
lac
,
Plateau en Intrusions de
gradins basalte
C
Piton
Vallon
Grand sable
&DUWRJUDSKLHGHO¶pERXOHPHQWGH*UDQG6DEOHGDWD
Grand Sable QWGHµ
1
État actuel
Glissement de la
partie supérieure
Affaissement
du gradin
Démantèlement
du Piton Coulée de
BRGM
Grand Sable
2
C
3 4
BRGM
C
BRGM, d'après IGN
BRGM
C
9XHGXUHPSDUWGXVLWHGH0DKDYHO
3
L'éboulement de Mahavel de 1965 (50 millions de m ) est
le plus important mouvement de terrain connu à La D'autres écailles se sont écroulées en 1996 et en 2001, de
Réunion dans la période historique, en terme de volume 3
tailles plus réduites (respectivement 5 et 1 million de m ).
de matériau mis en jeu. Il s'agit du détachement d'une
Ainsi, en 2001, d'après les enregistrements des
écaille qui mesurait un millier de m de haut, environ 700 m
sismographes de l'Observatoire volcanologique et les
de large et dont l'épaisseur au sommet devait être de
octobre 2006
l'ordre d'une cinquantaine de mètres : elle était située en visites effectuées, différents éboulements se sont
tête du Bras de Mahavel. Les terrains écroulés étaient succédés entre le 8 et le 18 janvier, suite au passage du
cyclone Ando : la partie du rempart qui s'est détachée
BRGM
constitués au sommet de coulées peu pentues reposant
sur des coulées et projections plus anciennes, présentant mesure 400 m de longueur.
un pendage pouvant atteindre 30° vers le vide. Cette
Actuellement, des fractures ouvertes, parallèles au ver-
disposition structurale défavorable a joué un rôle
©
déterminant dans le déclenchement des instabilités. sant, sont visibles en tête de falaise. Le sentier de ran-
-LaRéunion
Les terrains effondrés ont constitué un barrage sur la donnée a été fermé au public.
Rivière des Remparts, au niveau du confluent avec le
Bras de Mahavel.
Terre
langues de lave
Coulée de 2002 traversant la RN2
Fontaine de lave
Prévention : l'Observatoire
Volcanologique et ses moyens d'étude
Création d'un observatoire
Une surveillance instrumentale est assurée par
l'Observatoire volcanologique depuis son installation à
Bourg Murat, en 1980. Ses observations permettent le
déclenchement d'alertes préventives auprès des services
préfectoraux de la Protection Civile. Une gestion de crise
efficace appuyée par un plan de secours spécialisé«
Volcan » fait que très peu d'accidents mortels directement
dûs à l'activité volcanique, ont été à déplorer jusqu'à
présent sur le Piton de La Fournaise.
IPGP
C
Surveillance-Prévision-Recherche L'Observatoire Volcanologique de la Plaine des Cafres
Les sismomètres
C
Caméras fixes
Deux caméras de surveillance sont implantées au nord et
au sud du cône sommital, à proximité des remparts de
IPGP
les 10 minutes une image en couleur à l'Observatoire. En Prélèvement d'échantillons de lave lors d'une éruption
cas d'éruption, elles permettent une localisation précise
du point d'émission des laves, et indiquent aussi la direc-
tion et l'intensité des coulées, ainsi que l'importance du
panache éruptif. Mais, les conditions météorologiques
sont souvent peu favorables à cette altitude et ne permet-
tent donc pas toujours d'observations directes.
extensomètre, GPS
C
Caméra « Ouest »
Kit Pédagogique
Sciences