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Ce document explore le comportement du consommateur et son influence sur les décisions d'achat, en se concentrant sur les étudiants en ligne. Il présente un cadre théorique comprenant des concepts fondamentaux et des théories explicatives, ainsi qu'une étude empirique sur les motivations, attentes et facteurs influençant le comportement d'achat. L'objectif est d'analyser ces éléments pour améliorer les stratégies marketing des entreprises.
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Ce document explore le comportement du consommateur et son influence sur les décisions d'achat, en se concentrant sur les étudiants en ligne. Il présente un cadre théorique comprenant des concepts fondamentaux et des théories explicatives, ainsi qu'une étude empirique sur les motivations, attentes et facteurs influençant le comportement d'achat. L'objectif est d'analyser ces éléments pour améliorer les stratégies marketing des entreprises.
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SOMMAIRE

Remerciements
Résumé
Abstract
Sommaire
Liste des figures
Liste des tableaux
Introduction générale
Chapitre I : Cadre théorique du comportement du consommateur
Section 1 : Concepts fondamentaux du comportement du consommateur
1.1 Définition du comportement du consommateur
1.2 Le processus de décision d’achat
1.3 Les besoins, motivations et attentes du consommateur
Section 2 : Les théories explicatives du comportement du consommateur
2.1 La valeur perçue et la satisfaction (Philip Kotler)
2.2 La hiérarchie des besoins (Abraham Maslow)
2.3 Le modèle d’apprentissage (Howard & Sheth)
2.4 Le modèle EBM (Engel, Blackwell et Miniard)
2.5 L’approche économique (Alfred Marshall)
2.6 La consommation ostentatoire (Thorstein Veblen)
2.7 La rationalité limitée et les biais cognitifs (Daniel Kahneman)
2.8 L’identité et le style de vie (Michael Solomon)
Section 3 : Synthèse théorique et formulation des hypothèses
3.1 Synthèse des approches théoriques
3.2 Modèle conceptuel de recherche
3.3 Hypothèses de recherche
Chapitre II : Étude empirique sur l’influence du comportement du
consommateur sur la décision d’achat
Section 1 : Cadre et méthodologie de la recherche
1.1 Présentation du contexte de l’étude
1.2 Méthode de recherche
1.3 Outils de collecte des données
1.4 Présentation de l’échantillon
Section 2 : Présentation et analyse des résultats
2.1 Présentation des résultats
2.2 Analyse statistique
2.3 Interprétation des résultats
Section 3 : Discussion et recommandations
3.1 Discussion des résultats
3.2 Comparaison avec les études antérieures
3.3 Recommandations managériales
Conclusion générale
Bibliographie
Annexes
Glossaire
Introduction générale
Le comportement du consommateur occupe aujourd’hui une place centrale
dans les stratégies des entreprises, notamment dans un environnement
marqué par une concurrence intense, une digitalisation croissante et une
évolution rapide des attentes des clients. Comprendre pourquoi, comment et
dans quelles conditions un consommateur décide d’acheter un produit ou un
service est devenu un enjeu majeur pour les organisations qui cherchent à
améliorer leur performance commerciale et à fidéliser leur clientèle.
En effet, le consommateur n’est plus un acteur passif. Il est désormais informé,
connecté et exposé à une multitude de stimuli marketing, notamment à travers
les médias numériques et les réseaux sociaux. Ses décisions d’achat sont
influencées par plusieurs facteurs, tels que ses besoins, ses motivations, ses
perceptions, son environnement social et culturel, ainsi que par les stratégies
marketing mises en place par les entreprises.
Dans ce contexte, le présent travail s’intéresse à la problématique suivante :
Comment le comportement du consommateur influence-t-il les décisions
d’achat en ligne chez les étudiants?
Cette question centrale soulève plusieurs interrogations secondaires,
notamment : quelles sont les motivations et les attentes des consommateurs ?
Quels sont les facteurs psychologiques, sociaux et culturels qui influencent leurs
choix ? Quel est le rôle du marketing digital dans la décision d’achat ? Quels
sont les éléments de confiance et les freins qui peuvent encourager ou
empêcher l’achat ?
L’objectif principal de cette recherche est d’analyser l’influence du
comportement du consommateur sur le processus de décision d’achat. Plus
précisément, il s’agit d’identifier les motivations et les attentes des
consommateurs, d’analyser les facteurs psychologiques, sociaux et culturels qui
les influencent, de mesurer l’impact du marketing digital sur leurs décisions, de
comprendre les freins et les éléments de confiance, et enfin de proposer des
recommandations pour améliorer les stratégies marketing.
Pour répondre à cette problématique, ce travail est structuré en deux chapitres.
Le premier chapitre est consacré au cadre théorique du comportement du
consommateur, à travers la présentation des concepts fondamentaux, des
principales théories et des hypothèses de recherche. Le second chapitre porte
sur l’étude empirique, qui présente la méthodologie adoptée, l’analyse des
résultats et les recommandations qui en découlent.
Chapitre I : Cadre théorique du comportement du consommateur
Section 1 : Concepts fondamentaux du comportement du consommateur
1.1 Définition du comportement du consommateur
Le comportement du consommateur désigne l’ensemble des actions, des
réactions et des processus mentaux par lesquels un individu ou un groupe
choisit, achète, utilise et évalue un produit ou un service afin de satisfaire un
besoin ou un désir. Il ne se limite pas uniquement à l’acte d’achat, mais englobe
également toutes les étapes qui le précèdent, comme la reconnaissance du
besoin et la recherche d’information, ainsi que celles qui le suivent, telles que
l’évaluation de la satisfaction après l’achat.
Selon les spécialistes du marketing, le comportement du consommateur est un
processus complexe qui résulte de l’interaction de plusieurs facteurs. Il dépend
à la fois de caractéristiques internes à l’individu, comme ses motivations, ses
perceptions, ses attitudes et sa personnalité, et de facteurs externes, tels que la
culture, la famille, les groupes sociaux, les médias et les actions marketing des
entreprises.
Ainsi, le consommateur n’agit pas de manière purement rationnelle. Ses choix
sont influencés par ses émotions, ses expériences passées, son environnement
et les informations auxquelles il est exposé. Comprendre le comportement du
consommateur permet donc aux entreprises d’adapter leurs offres, leur
communication et leurs stratégies afin de mieux répondre aux attentes du
marché et d’augmenter la probabilité d’achat.
1.2 Le processus de décision d’achat
Le processus de décision d’achat représente l’ensemble des étapes par
lesquelles passe un consommateur avant, pendant et après l’acquisition d’un
produit ou d’un service. Il s’agit d’un processus dynamique qui permet au
consommateur de résoudre un problème, c’est-à-dire satisfaire un besoin ou un
désir.
La première étape est la reconnaissance du besoin. Elle apparaît lorsque le
consommateur ressent un écart entre sa situation actuelle et une situation
souhaitée. Ce besoin peut être déclenché par des facteurs internes, comme la
faim ou l’envie, ou par des facteurs externes, comme la publicité, les réseaux
sociaux ou les recommandations d’autrui.
La deuxième étape est la recherche d’information. Une fois le besoin identifié,
le consommateur cherche des informations pour trouver une solution. Cette
recherche peut être interne, en faisant appel à sa mémoire et à ses expériences
passées, ou externe, en consultant Internet, les avis des clients, les publicités ou
l’entourage.
Ensuite vient l’évaluation des alternatives. Le consommateur compare les
différentes marques ou offres disponibles selon plusieurs critères, tels que le
prix, la qualité, l’image de marque, la réputation ou les bénéfices perçus. À
cette étape, ses préférences, ses attitudes et ses croyances jouent un rôle
important.
La quatrième étape est la décision d’achat. Le consommateur choisit le produit
ou le service qu’il estime le plus adapté à ses attentes. Cette décision peut
cependant être influencée par des facteurs situationnels, comme les
promotions, la disponibilité du produit ou l’opinion des autres.
Enfin, la dernière étape est l’évaluation post-achat. Après l’achat, le
consommateur évalue sa satisfaction en comparant ses attentes initiales avec la
performance réelle du produit. Si le produit répond à ses attentes, il sera
satisfait et pourra devenir fidèle à la marque ; dans le cas contraire, il pourra
ressentir une insatisfaction et changer de marque à l’avenir.
Ce processus montre que la décision d’achat n’est pas un acte isolé, mais le
résultat d’un cheminement influencé par de nombreux facteurs psychologiques,
sociaux et marketing.
1.3 Les besoins, motivations et attentes du consommateur

Les besoins, les motivations et les attentes constituent des éléments


fondamentaux dans le comportement du consommateur, car ils expliquent
pourquoi un individu décide d’acheter un produit ou un service plutôt qu’un
autre. Le besoin représente un état de manque ressenti par le consommateur,
qui cherche à rétablir un équilibre en consommant. Il peut être de nature
physiologique, comme la faim ou le besoin de se loger, ou psychologique,
comme le besoin de reconnaissance ou de sécurité.

La motivation est la force intérieure qui pousse le consommateur à agir afin de


satisfaire un besoin. Elle oriente son comportement vers un objectif précis,
comme l’achat d’un produit qui lui apportera du confort, du plaisir ou un
avantage social. Plus la motivation est forte, plus la probabilité d’achat est
élevée. Les motivations peuvent être rationnelles, basées sur le prix ou la
qualité, ou émotionnelles, liées au plaisir, au prestige ou à l’image de soi.

Les attentes, quant à elles, correspondent à ce que le consommateur espère


obtenir d’un produit ou d’un service. Elles sont formées à partir de ses
expériences passées, des informations reçues, de la publicité et de l’opinion des
autres. Les attentes jouent un rôle déterminant dans la satisfaction, car le
consommateur compare toujours la performance réelle du produit à ce qu’il
avait anticipé. Lorsque les attentes sont satisfaites ou dépassées, le
consommateur est plus susceptible de racheter et de recommander la marque.

Ainsi, comprendre les besoins, les motivations et les attentes des


consommateurs permet aux entreprises de proposer des offres mieux
adaptées, d’améliorer leur communication et de renforcer la satisfaction et la
fidélité des clients.
Section 2 : Les théories explicatives du comportement du consommateur
Après avoir posé les concepts fondamentaux, nous allons maintenant explorer
les cadres théoriques majeurs qui cherchent à expliquer pourquoi et comment
le consommateur agit. Nous débutons par l'approche managériale de Philip
Kotler, dont la pensée, notamment formalisée dans son ouvrage de référence
Marketing Management, structure une grande partie du marketing
contemporain.

2.1 La valeur perçue et la satisfaction (Philip Kotler)


Dans l'approche kotlérienne, le marché est avant tout un espace où
s'échangent des perceptions de valeur. Le succès d'une entreprise ne dépend
pas tant de la qualité intrinsèque de son produit que de sa capacité à créer et à
délivrer une valeur perçue supérieure à celle de ses concurrents. Cette idée se
décline en deux temps forts du parcours client : la valeur, qui motive le choix, et
la satisfaction, qui conditionne la fidélité.
La Valeur Perçue : Le moteur du choix

Selon Kotler, lors de la phase d'évaluation des alternatives, le consommateur ne


compare pas simplement des produits, il compare des offres de valeur. La
valeur perçue par le client (customer-perceived value) est définie comme la
différence entre l'ensemble des bénéfices qu'il attend de l'offre et l'ensemble
des coûts qu'il doit supporter pour l'acquérir (Kotler & Keller, 2016).

C'est un arbitrage subjectif entre :

La valeur totale pour le client (Total Customer Benefit) : La somme des


bénéfices attendus, qui peuvent être liés au produit (performance, fiabilité),
aux services associés (livraison, SAV), au personnel (compétence, amabilité) et à
l'image de marque (prestige, statut).

Le coût total pour le client (Total Customer Cost) : La somme de tous les coûts
engagés par le consommateur, qui incluent le coût monétaire (le prix), mais
aussi le coût en temps, le coût en énergie physique et mentale, et le coût
psychologique (stress du choix, risque perçu).

Le postulat de Kotler est que le consommateur, agissant de manière rationnelle


dans ce cadre, choisira systématiquement l'offre qui présente la valeur perçue
la plus élevée. La mission du marketing est donc de construire une "proposition
de valeur" gagnante en agissant sur ces deux leviers : augmenter les bénéfices
ou diminuer les coûts perçus.

La Satisfaction : Le juge de la performance et la clé de la fidélité

Une fois l'achat effectué, le processus entre dans sa phase post-achat,


gouvernée par la satisfaction. Kotler la définit comme « le jugement d'un client
résultant de la comparaison entre la performance perçue d'un produit (ou le
résultat) et ses attentes ».

Cette comparaison peut aboutir à trois issues :

Si la performance est en deçà des attentes, le client est insatisfait.

Si la performance correspond aux attentes, le client est satisfait.

Si la performance dépasse les attentes, le client est très satisfait ou enchanté.

L'importance de la satisfaction est capitale, car elle est le principal déterminant


de la rentabilité future. Un client très satisfait, comme le soulignent Kotler et
Keller, est beaucoup plus susceptible de rester fidèle, d'acheter davantage et de
devenir un "ambassadeur de la marque" en diffusant un bouche-à-oreille
positif. À l'inverse, l'insatisfaction mène à l'attrition (le churn) et à la
propagation d'avis négatifs, dont l'impact est décuplé à l'ère du marketing
digital.

En somme, l'approche de Kotler fournit un cadre d'analyse pragmatique : attirer


le client en lui promettant une valeur supérieure, puis le fidéliser en délivrant
une performance qui génère une forte satisfaction. Si ce modèle explique
comment le client choisit, il est nécessaire de se pencher sur des théories plus
psychologiques, comme celle de Maslow, pour comprendre l'origine profonde
des besoins qui fondent cette quête de valeur.
2.2 La hiérarchie des besoins (Abraham Maslow)
Si l'approche de Kotler se concentre sur la transaction de valeur, la théorie
développée par le psychologue Abraham Maslow dans les années 1940
s'attache à une question plus fondamentale : quelle est l'origine profonde des
besoins qui motivent l'action humaine ? Bien qu'issue de la psychologie
clinique, sa théorie de la hiérarchie des besoins a été massivement adoptée par
le marketing pour comprendre les motivations profondes des consommateurs.

Maslow postule que les besoins humains sont hiérarchisés et peuvent être
représentés sous la forme d'une pyramide. Selon ce modèle, un individu ne
cherche à satisfaire les besoins d'un niveau supérieur que lorsque les besoins
du niveau inférieur sont déjà comblés. Cette progression crée une dynamique
puissante pour le marketing, qui peut ainsi adapter son discours en fonction du
type de besoin qu'il cherche à cibler.

La pyramide se décompose en cinq niveaux :

1. Les besoins physiologiques (Base de la pyramide)


Ce sont les besoins liés à la survie de l'individu : se nourrir, boire, dormir,
respirer, etc. Ils sont les plus puissants et leur non-satisfaction empêche
l'émergence de tout autre besoin.

Application marketing : Les produits de grande consommation (alimentation,


boissons), les chaînes de fast-food ou les matelas répondent directement à ce
niveau, en mettant en avant la satisfaction d'un besoin primaire (ex: "un petit
creux ?").

2. Les besoins de sécurité


Une fois les besoins physiologiques satisfaits, l'individu cherche à se protéger
contre les dangers physiques et psychologiques. Ce niveau inclut la sécurité de
l'emploi, la stabilité du logement, la sécurité physique, la santé, et la protection
financière.

Application marketing : Les assurances, les alarmes résidentielles, les pneus de


voiture vantant leur adhérence, ou les placements financiers sécurisés ciblent
ce besoin de protection et de sérénité.
3. Les besoins d'appartenance et d'amour
Satisfait sur le plan de la sécurité, l'être humain, en tant qu'animal social,
cherche à s'intégrer à des groupes et à nouer des relations affectives : amitié,
amour, famille, communauté.

Application marketing : Les marques qui créent un sentiment de communauté


(ex: Harley-Davidson), les réseaux sociaux (Facebook, Instagram), ou les
publicités montrant des groupes d'amis heureux partageant un moment (ex:
Coca-Cola) capitalisent sur ce besoin.

4. Les besoins d'estime


Ce niveau concerne la reconnaissance par les autres et par soi-même. Il s'agit
du besoin de confiance en soi, de respect des autres, de statut, de réussite et
de réputation.

Application marketing : C'est le terrain de jeu des marques de luxe (voitures,


montres, haute couture) qui vendent un symbole de statut. Les cartes de crédit
"premium" ou les programmes de fidélité "Gold" jouent également sur ce levier
de reconnaissance.

5. Le besoin d'accomplissement de soi (Sommet de la pyramide)


Au sommet se trouve le besoin de réaliser son plein potentiel, de développer
ses compétences, sa créativité et de donner un sens à sa vie.

Application marketing : Les universités qui promettent de "révéler votre


potentiel", les agences de voyage proposant des défis sportifs, les ONG qui
appellent à "faire une différence", ou encore les logiciels de création
s'adressent à ce besoin d'épanouissement personnel.
En conclusion, la théorie de Maslow, malgré ses critiques (notamment son
caractère rigide et sa vision occidentale), reste une grille de lecture
extraordinairement puissante pour le marketing. Elle permet de segmenter le
marché non pas sur ce que les gens sont, mais sur ce qu'ils recherchent
profondément. Elle offre un cadre pour comprendre le "pourquoi" derrière
l'achat. Cependant, elle se concentre peu sur le "comment" du processus
décisionnel, ce que des modèles plus complexes, comme celui de Howard et
Sheth, tenteront de formaliser.
2.3 Le modèle d’apprentissage (Howard & Sheth)
Alors que la pyramide de Maslow se focalise sur l'origine des besoins, le modèle
développé par John Howard et Jagdish Sheth en 1969 propose une des
premières théories véritablement intégratives du comportement d'achat. Il
traite le consommateur comme un système de traitement de l'information
complexe et, surtout, comme un acteur qui apprend et ajuste son
comportement au fil du temps. Il s'agit d'une tentative ambitieuse d'ouvrir la
"boîte noire" que Kotler évoquait.

Le modèle se structure autour de quatre ensembles de variables :

1. Les variables d'entrée (Inputs)


Ce sont les stimuli que le consommateur reçoit de son environnement. Howard
et Sheth les classent en trois catégories :

Stimuli significatifs : Les caractéristiques intrinsèques et tangibles du produit ou


de la marque (le prix, la qualité, la composition, etc.).

Stimuli symboliques : Les informations créées par le marketeur pour


représenter le produit, qui sont de nature intangible (la publicité, l'image de
marque, le design).

Stimuli sociaux : L'influence exercée par l'environnement social du


consommateur (la famille, les groupes de référence, la classe sociale).
2. Les construits hypothétiques (Hypothetical Constructs)
C'est le cœur du modèle, la véritable "boîte noire" qui traite les informations.
Ces variables internes sont de deux ordres :

Les construits perceptuels (concernent le traitement de l'information) :

L'attention : Le degré d'ouverture du consommateur aux informations qu'il


reçoit.

Le biais perceptuel : La distorsion de l'information due au cadre de référence


propre au consommateur (ses croyances, ses attitudes préexistantes).

Les construits d'apprentissage (concernent la formation du jugement) :

Le motif : La force qui pousse à l'action.

La compréhension de la marque : La connaissance que le consommateur a des


marques disponibles sur le marché.

L'attitude : L'évaluation globale (positive ou négative) d'une marque.

L'intention : La prévision par le consommateur de son futur achat.

La confiance : Le degré de certitude du consommateur dans son jugement sur


la marque.

3. Les variables de sortie (Outputs)


Ce sont les réponses observables du consommateur suite au traitement de
l'information. Elles suivent une hiérarchie : l'attention → la compréhension →
l'attitude → l'intention → et enfin, l'achat. L'achat est donc l'aboutissement de
tout ce processus interne.

La dynamique d'apprentissage : La contribution majeure

La grande force du modèle de Howard et Sheth est de ne pas être statique. Il


intègre une boucle de rétroaction (feedback) : l'expérience de l'achat et de la
consommation (une variable de sortie) vient nourrir les construits internes (en
particulier l'attitude et la confiance), modifiant ainsi le comportement futur.
C'est le principe même de l'apprentissage.

Grâce à cette dynamique, le modèle distingue trois niveaux de comportement


d'achat :

La résolution de problème extensive (Extensive Problem Solving) : Concerne les


achats nouveaux et très impliquants (ex: une première voiture). Le
consommateur n'a pas de critères de choix définis, il doit activement
rechercher de l'information et le processus est long.

La résolution de problème limitée (Limited Problem Solving) : Le consommateur


a déjà des critères de choix mais fait face à de nouvelles marques dans une
catégorie de produits connue (ex: choisir un nouveau smartphone). La
recherche d'information est plus ciblée.

Le comportement de réponse routinier (Routinized Response Behavior) : Pour


les achats fréquents et peu impliquants (ex: son café habituel). Le
consommateur a une forte confiance et une attitude positive envers une
marque, la décision est quasi-automatique et la recherche d'information est
nulle.
En conclusion, le modèle de Howard et Sheth offre une vision riche et
dynamique, montrant que le comportement d'achat n'est pas un acte isolé
mais un processus d'apprentissage qui simplifie les décisions futures. Sa
complexité le rend toutefois difficile à appliquer en l'état, ce qui a conduit
d'autres chercheurs, comme Engel, Blackwell et Miniard, à proposer des
modèles intégrateurs alternatifs, que nous allons maintenant étudier.
2.4 Le modèle EBM (Engel, Blackwell et Miniard)
Proposé comme une évolution du modèle initial d'Engel, Kollat et Blackwell
(1968), le modèle EBM de James Engel, Roger Blackwell et Paul Miniard (1995)
est l'un des cadres d'analyse du comportement du consommateur les plus
complets et les plus influents. S'inscrivant dans la lignée des grands modèles
intégrateurs comme celui de Howard et Sheth, il se distingue par sa structure
claire et son orientation managériale. Il présente le processus de décision
comme un flux logique en plusieurs étapes, influencé par des facteurs internes
et externes.

Le modèle s'articule autour de trois grands blocs :

1. Le Processus de Décision (Decision Process)


C'est la colonne vertébrale du modèle. Il décompose le parcours du
consommateur en cinq étapes logiques, qui rappellent le modèle classique de
Kotler mais qui sont ici intégrées dans un système plus large :

Reconnaissance du besoin : Le point de départ, identique au processus déjà


décrit.

Recherche d'information : Le consommateur active une recherche interne


(mémoire) et/ou externe (sources commerciales, sociales, etc.).

Évaluation des alternatives avant l'achat : Le consommateur se forge des


croyances et des attitudes envers les différentes options et forme une intention
d'achat.
Achat : L'acte transactionnel lui-même.

Résultats post-achat : Le consommateur consomme le produit et évalue sa


satisfaction, ce qui influence ses croyances et son comportement futur (boucle
de rétroaction).

2. Le Traitement de l'Information (Information Processing)


Le modèle EBM détaille de manière très précise comment les stimuli marketing
et environnementaux sont traités par le consommateur pour alimenter le
processus de décision. Cette phase se déroule en cinq étapes :

Exposition : Le consommateur est exposé à un message (ex: il voit une


publicité).

Attention : Il choisit (consciemment ou non) de prêter attention à ce message.

Compréhension : Il interprète le message et lui donne un sens.

Acceptation : Il accepte ou rejette les arguments du message, ce qui modifie (ou


non) ses attitudes.

Rétention : L'information est stockée en mémoire à long terme et sera


disponible pour une utilisation future.

3. Les Variables d'Influence (Influencing Variables)


Le modèle reconnaît que tout ce processus est modulé par un ensemble de
facteurs qui sont propres à l'individu et à son environnement. Ces variables sont
divisées en deux catégories :
Les différences individuelles : Elles incluent les ressources du consommateur
(temps, argent, compétences), sa motivation et son implication, ses
connaissances, ses attitudes, sa personnalité, ses valeurs et son style de vie.

Les influences environnementales : Elles comprennent la culture, la classe


sociale, les influences personnelles (famille, amis), et la situation d'achat elle-
même (le temps disponible, l'humeur, etc.).

La force du modèle EBM réside dans sa clarté structurelle. Il offre aux managers
une "carte" détaillée du parcours client, leur permettant d'identifier
précisément les points de friction ou d'influence potentiels. Par exemple, un
échec commercial peut provenir d'un manque d'exposition (mauvais plan
média), d'un problème de compréhension (message trop complexe), d'une
mauvaise évaluation face aux concurrents, ou de l'influence négative d'un
groupe de référence.

Comme le modèle de Howard et Sheth, le modèle EBM stipule que le niveau


d'implication du consommateur détermine l'étendue du processus. Un achat
très impliquant déclenchera un "processus de résolution de problème extensif"
(toutes les étapes sont suivies en détail), tandis qu'un achat routinier reposera
sur un processus très simplifié, quasi-automatique.

Tandis que ces modèles psychologiques offrent une vision cognitive riche,
d'autres approches, plus classiques et issues de l'économie, proposent une
explication du choix du consommateur basée sur un principe de pure
rationalité.
2.5 L’approche économique (Alfred Marshall)
En opposition aux modèles psychologiques et cognitifs qui tentent de
décortiquer la "boîte noire" du consommateur, l'approche économique
classique, portée par l'économiste néoclassique Alfred Marshall à la fin du XIXe
siècle, propose une vision plus épurée et normative du comportement d'achat.
Dans cette perspective, le consommateur n'est pas vu comme un individu
complexe soumis à des influences sociales ou émotionnelles, mais comme un
agent parfaitement rationnel : l'homo economicus.

Le postulat de base de la théorie marshallienne est que les décisions d'achat


sont le résultat d'un calcul rationnel et conscient visant à maximiser l'utilité
sous une contrainte budgétaire. Chaque décision est donc une réponse à une
question simple : comment allouer au mieux ses ressources financières limitées
pour obtenir la plus grande satisfaction possible ?

Les principes fondamentaux de cette approche sont :

La maximisation de l'utilité : Le consommateur cherche à tirer le maximum de


satisfaction (ou "utilité") de ses dépenses. Il connaît parfaitement ses besoins et
est capable de classer les produits selon leur capacité à satisfaire ces besoins.

La rationalité des choix : Les décisions sont basées sur un calcul logique et non
sur l'impulsion ou l'émotion. Le consommateur choisira toujours le produit qui
offre le meilleur rapport qualité/prix ou le plus grand bénéfice pour un coût
donné.

L'hypothèse de l'information parfaite : Le consommateur est supposé avoir


accès à toutes les informations nécessaires pour prendre sa décision
(caractéristiques de tous les produits, prix de tous les concurrents, etc.) et est
capable de les traiter sans biais.

La loi de l'utilité marginale décroissante : L'une des contributions majeures de


Marshall est l'idée que la satisfaction procurée par la consommation d'une
unité supplémentaire d'un bien diminue au fur et à mesure que l'on consomme
ce bien. Par exemple, le premier verre d'eau pour quelqu'un qui a très soif
procure une satisfaction immense ; le cinquième verre, beaucoup moins. Ce
principe explique pourquoi la demande pour un bien n'est pas infinie.
Implications pour le marketing

Dans un monde purement marshallien, le levier marketing le plus puissant,


voire le seul, serait le prix. Si un produit A est identique à un produit B mais
moins cher, le consommateur rationnel choisira systématiquement le produit A.
La stratégie marketing se résumerait donc à une optimisation des coûts de
production pour proposer le prix le plus bas possible.

Limites du modèle

Si cette approche a le mérite de la clarté et a longtemps dominé la pensée


économique, ses limites sont évidentes au regard des comportements de
consommation réels :

Elle ignore totalement les facteurs psychologiques (émotions, apprentissage,


personnalité) et sociaux (influence des pairs, culture, symbolisme des marques).

Elle ne peut expliquer des phénomènes comme l'achat d'impulsion, la fidélité à


une marque plus chère, ou la consommation à des fins de démonstration
sociale (consommation ostentatoire).

L'hypothèse de l'information parfaite est irréaliste dans des marchés complexes


et saturés.

En conclusion, le modèle de l'homo economicus de Marshall offre une base de


référence théorique importante, mais il est aujourd'hui considéré comme une
vision trop simplificatrice et incomplète du comportement du consommateur. Il
constitue néanmoins un excellent point de départ pour comprendre les
théories qui ont émergé en réaction, notamment celles qui, comme celle de
Thorstein Veblen, vont s'attacher à démontrer que la consommation peut être
tout sauf rationnelle.
2.6 La consommation ostentatoire (Thorstein Veblen)
En totale rupture avec la vision de l'homo economicus, le sociologue et
économiste Thorstein Veblen, dans son ouvrage séminal Théorie de la classe de
loisir (1899), avance que la consommation est loin d'être un acte purement
rationnel et utilitaire. Pour Veblen, elle est avant tout un acte social, un moyen
de démonstration et de communication au sein d'une hiérarchie sociale. Il
introduit pour cela le concept révolutionnaire de consommation ostentatoire
(conspicuous consumption).

La consommation ostentatoire décrit l'achat et l'utilisation de biens et de


services non pas pour leur valeur d'usage intrinsèque, mais pour leur capacité à
rendre la richesse et le statut social du propriétaire visibles aux yeux des autres.
Le but n'est pas de satisfaire un besoin fonctionnel, mais de susciter l'envie,
d'affirmer sa supériorité et de se différencier des classes sociales jugées
inférieures.

Cette théorie met en lumière plusieurs mécanismes clés :

L'Effet Veblen (ou effet de démonstration) : C'est la conséquence directe de la


consommation ostentatoire. Pour certains biens, qualifiés de "biens Veblen", la
demande augmente lorsque leur prix augmente. Ce phénomène est paradoxal
et contredit frontalement la loi de l'offre et de la demande de Marshall. Ici, le
prix élevé n'est plus un frein mais devient un argument de vente ; il est le
garant de l'exclusivité et du prestige du produit. Un prix trop bas ferait perdre
au produit son pouvoir de distinction.

Le Rôle du Symbolisme : Les biens de luxe (voitures de sport, montres de haute


horlogerie, sacs à main de créateur) deviennent des symboles de réussite. Leur
possession envoie un message clair sur la place de l'individu dans la société.
L'achat est donc motivé par la valeur symbolique du produit bien plus que par
sa valeur fonctionnelle.
L'Aspiration Sociale : Veblen a observé que les classes inférieures tendent à
imiter les modes de consommation des classes supérieures dans un effort
d'ascension sociale. Ce phénomène crée un cycle perpétuel où les tendances et
les marqueurs de statut se diffusent du haut vers le bas de la pyramide sociale,
poussant la "classe de loisir" à trouver constamment de nouveaux moyens de
se distinguer.

Implications pour le marketing

L'approche de Veblen est le fondement théorique de tout le marketing du luxe.


Les stratégies de ces marques reposent entièrement sur ses observations :

Prix élevés et non négociables pour maintenir l'exclusivité.

Création de rareté (éditions limitées, listes d'attente).

Communication centrée sur l'héritage, le prestige et le rêve, plutôt que sur les
caractéristiques techniques du produit.

En conclusion, Thorstein Veblen a démontré de manière éclatante que les


motivations sociales peuvent l'emporter sur la rationalité économique. Il a
ouvert la voie à une compréhension du consommateur en tant qu'être social,
dont les choix sont dictés par le désir de reconnaissance et d'identité. Si Veblen
a mis en lumière l'irrationalité dans la quête de statut, des travaux plus récents
en psychologie cognitive, comme ceux de Daniel Kahneman, montreront que
même nos décisions les plus quotidiennes sont truffées de biais qui nous
éloignent du modèle de l'agent parfaitement rationnel.
2.8 L’identité et le style de vie (Michael Solomon)
Si les théories précédentes ont exploré les mécanismes cognitifs et sociaux de
l'achat, l'approche développée par Michael R. Solomon, une figure majeure de
la recherche en comportement du consommateur, propose une vision plus
holistique : la consommation est un moyen fondamental par lequel les individus
construisent, maintiennent et expriment leur identité. Dans cette perspective,
les produits et les marques ne sont pas simplement des objets fonctionnels,
mais des ressources symboliques utilisées pour communiquer aux autres (et à
soi-même) qui nous sommes.

L'analyse de Solomon repose sur plusieurs piliers qui sont au cœur du


marketing moderne :

1. Le "Soi" Étendu (Extended Self)


Solomon popularise l'idée que notre concept de soi ne se limite pas à notre
corps et à notre esprit, mais s'étend aux objets que nous possédons. Nos
vêtements, notre voiture, notre musique, et même nos marques préférées
deviennent des extensions de notre personnalité. Perdre un objet de valeur
sentimentale peut ainsi être vécu comme une perte d'une partie de soi. Le
marketing ne vend donc pas un produit, mais une "pièce d'identité" potentielle.

2. Les Marques comme Partenaires de l'Identité


Les consommateurs se forgent des relations avec les marques, qui peuvent
développer de véritables personnalités (brand personality). Une personne peut
choisir une marque comme Apple pour exprimer sa créativité et son côté
innovant, ou une marque comme Patagonia pour afficher son engagement
écologique. Les marques deviennent des partenaires qui aident le
consommateur à projeter une image désirée de lui-même.

3. Le Marketing du Style de Vie


Pour Solomon, la consommation ne se résume pas à des achats isolés. Les choix
d'un individu tendent à s'organiser de manière cohérente autour d'un style de
vie. Un style de vie est un "schéma de consommation" qui reflète la manière
dont une personne alloue son temps et son argent. Il est défini par les activités,
les intérêts et les opinions de la personne (le modèle AIO).
Application marketing : Le marketing de style de vie cherche à positionner un
produit non pas sur ses attributs, mais en l'intégrant dans un ensemble
cohérent d'activités et de valeurs. Une marque de boisson énergisante ne vend
pas seulement une boisson, elle vend l'appartenance à un style de vie "sports
extrêmes". Une marque de produits bio ne vend pas des aliments, elle vend
une adhésion à un style de vie "sain et responsable".

4. Les Sous-cultures de Consommation


Le concept d'identité se décline également au niveau du groupe. Solomon met
en lumière l'importance des sous-cultures de consommation (consumption
subcultures), qui sont des groupes d'individus s'identifiant les uns aux autres
sur la base d'un engagement commun envers une classe de produits, une
marque ou une activité de consommation (par exemple, les fans d'une équipe
de football, les collectionneurs de baskets, les "gamers"). Ces groupes
développent leurs propres codes, leurs propres rituels et leur propre hiérarchie,
et représentent des cibles marketing extrêmement précieuses car très
engagées.

En conclusion, Michael Solomon nous invite à voir le consommateur non pas


comme un décideur rationnel ou une victime de biais, mais comme un
constructeur de sens actif. Les choix de consommation sont des actes
d'expression personnelle et d'appartenance sociale. Cette perspective est
fondamentale à l'ère du marketing digital, où l'identité est constamment mise
en scène sur les réseaux sociaux. Chaque "like", chaque partage, chaque avis
contribue à la construction d'un "soi" numérique.

Après avoir passé en revue ces huit approches théoriques complémentaires,


des modèles économiques aux théories cognitives et identitaires, nous sommes
maintenant en mesure de proposer une synthèse qui servira de base à notre
propre modèle de recherche.

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