PRÉSENTATION d’OUVRAGE
Œuvre : Mes trois vagues à bonds d’âge
PRYTANEE MILITARE DE NIAMEY
groupe no.2
I. Table des matières
I. Introduction...............................................................3
II. Présentation de l’auteur..................................................3
III. Analyse du titre............................................................4
IV. Résumé de l’œuvre.......................................................4
A. 1er bond.........................................................................5
A. 2ᵉ bond.........................................................................5
B. 3e bond.........................................................................6
VI. Le style littéraire de l’auteur.....................................7
VII. Les différentes figures de styles..................................9
VIII. Les différentes tonalités.........................................10
IX. Les dimensions du roman.................................11
X. Leçons ou moralité......................................................12
XI. Conclusion..................................................................12
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Groupe 2
Rafiyatou Nouhou Soumana 1563
Oumeissa Kimba Yayé 1561
Mbodji Mohamed 1619
Amadou Tidjani Moussa Nomao Abdoulaziz 1646
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I. Introduction
La littérature africaine contemporaine est marquée par une forte dimension
engagée. De nombreux auteurs font usage de leur plume comme un moyen
pour dénoncer les dérives politique, sociale et économique qui affectent leurs
sociétés
C’est dans cette dynamique que s’inscrit le roman Mes trois vagues à bonds d
âges de Boubé Hama, publie le 03 septembre 2025 aux nouvelles éditions du
sahel
A travers ce titre, l’auteur propose une réflexion profonde sur :
- La jeunesse
- Le pouvoir politique
- La démocratie
- La manipulation des masses
- La désillusion face aux promesses sociales
Problématique : Dans quel contexte pouvons-nous dire que ce roman critique
la démocratie moderne et la place des jeunes dans le système politique ?
Avant de rentrer en profondeur dans notre exposé, parlons de notre cher
auteur.
II. Présentation de l’auteur
Boubé Hama est un écrivain nigérien contemporain. Il appartient à une
génération d’intellectuels africains qui analysent avec lucidité les réalités
politiques postcoloniales. Il écrit dans un contexte marqué par :
- L’instabilité politique
- La crise de confiance envers les institutions
- La frustration croissante des jeunes
- Les coups d’états et transitions en Afrique de l’ouest.
Quant à son écriture, elle est engagée. Il ne se contente pas de raconter
une histoire ; il questionne le système.
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Mr BOUBE HAMA
III. Analyse du titre
Le titre est très symbolique :
Vague : suggère un mouvement, un bouleversement, un changement.
Les trois vagues peuvent symboliser l’enfance (innocence), la jeunesse ou
adolescence, et l’âge adulte marquée par la maturité, la désillusion et la
lucidité
A bonds d’âges
Cela suggère une évolution rapide. La maturité ne vient pas progressivement,
mais par chocs successifs
Le titre annonce une transformation progressive du regard sur le monde
IV. Résumé de l’œuvre
Le roman n’est pas un simple récit linéaire. Il s’agit davantage d’une réflexion
philosophique et critique illustrée à travers les différents bonds. En effet, il
retrace les trois voyages de l’auteur vers la capitale française Paris dans le
cadre de ses activités culturelles et littéraires. Cette structure pourrait paraitre
relater un récit anodin, un simple carnet de voyage en apparence, mais en
réalité il va bien au-delà.
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A. 1er bond
Le 1er bond retrace le premier voyage de l’auteur à Paris en 2015, vécu comme
un véritable rite de passage. Plus qu’un simple déplacement pour la remise
d’un prix littéraire, ce voyage marque son « baptême de l’air » et symbolise une
étape fondatrice de son parcours personnel.
À travers ce récit autobiographique, l’auteur présente cette période comme
une phase d’innocence et de formation morale et psychologique. Il se décrit tel
un explorateur découvrant une nouvelle civilisation, émerveillé mais aussi
dérouté par ses premières expériences : le vol en avion, les transports
parisiens, les différences culturelles. Cette découverte du monde révèle une
certaine naïveté dans sa manière de percevoir la société et la politique, encore
teintée d’idéalisme et d’utopie.
Peu à peu, confronté aux difficultés et aux injustices, notamment à des formes
subtiles de discrimination, son regard évolue. Il comprend que l’on ne devient
pas adulte par hasard, mais à travers les expériences vécues dès l’enfance, qui
façonnent le caractère et la conscience. Ainsi, le premier bond apparaît comme
le socle de son évolution : il montre que l’enfance n’est pas seulement une
étape de la vie, mais la base sur laquelle se construit toute existence humaine.
A. 2ᵉ bond
Il correspond à une période de bouleversements et de prise de conscience. Le
personnage s’interroge sur son identité et sa place dans la société, tout en
découvrant les réalités politiques de son pays, marquées par la corruption et
l’injustice. Il comprend que le système qu’il idéalisait est profondément
corrompu et que la réussite dépend davantage des relations que du mérite. Il
dénonce ainsi une démocratie de façade, proche d’une dictature déguisée, et
critique les divisions et l’hypocrisie qui affaiblissent l’Afrique.
Sa désillusion s’étend aussi à la France, qu’il croyait exemplaire, mais qu’il
découvre confrontée aux mêmes injustices, notamment au racisme. Il constate
alors que, d’un continent à l’autre, les discours politiques se ressemblent sans
produire de véritables changements. Plus lucide que lors du premier bond, il
adopte une critique engagée et satirique de la société. Cependant, malgré sa
colère et sa déception, il conserve une lueur d’espoir face à l’avenir de la
démocratie.
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B. 3e bond
Dans le troisième bond, correspondant à l’âge adulte, le personnage atteint
une maturité morale qui se traduit par une plus grande lucidité face aux
réalités de la vie. Il assume ses responsabilités avec stoïcisme et observe
désormais, avec calme et recul, les injustices, les hypocrisies et la corruption
qui l’entourent.
Son séjour en France, marqué par la découverte de son histoire, de sa
géographie et du mode de vie parisien, contribue à briser l’idéal qu’il s’en
faisait. Cette désillusion est renforcée par ses expériences personnelles,
notamment sa relation avec la jeune femme qui l’accompagne.
Portant un regard plus critique sur le monde, il s’intéresse particulièrement à la
jeunesse. Il y perçoit un déracinement culturel chez les Africains, ainsi qu’une
délinquance semblable en France, ce qui accentue son désenchantement.
Ainsi, ce passage met en lumière une jeunesse en perte de repères, prise entre
différentes influences culturelles, et illustre une réflexion plus large sur les
contradictions du monde moderne.
V. Grands thèmes abordés
- La jeunesse comme instrument politique : Comme nous l’avons abordé
plus haut, les jeunes représentent :
La majorité démographique
La force électorale ou comme il le dit le « bétail
électoral »
L’énergie sociale
En d’autres termes, les jeunes sont manipulés, instrumentalisés lors des
campagnes et marginalisés après les élections.
- L’identité culturelle :
Dans cette œuvre, l’auteur dénonce la perte progressive de l’identité culturelle
africaine, montrant l’abandon des traditions au profit des modèles occidentaux,
ce qui entraîne un effacement des valeurs et des repères propres aux sociétés
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africaines. Il montre cette perte culturelle à travers le comportement de celle
qu’il désigne comme son « Eve ». Il montre la façon dont en cherchant à se
conformer aux idées reçues sur l’occident les jeunes perdent non seulement
leur propre culture mais en plus échouent à se rapprocher de celle qu’ils
cherchent à copier. Cela se remarque à travers le mauvais comportement de la
fille à son égard lui qui lui a rendu service et qui plus est son ainé. On le
remarque lorsqu’il la compare à une française qu’ils ont rencontré et qui elle a
été très cordiale et serviable. A travers son ouvrage, l’auteur met donc en
lumière une Afrique en quête d’elle-même, fragilisée à cause de l’imitation des
cultures occidentales et qui, peu à peu, relègue ses propres traditions au
second plan.
- La démocratie :
« En Europe comme en Afrique, je ne crois pas à la réalité du ‘’gouvernement
par le peuple et pour le peuple’’ » affirma l’auteur dans un passage de son
récit. Il poursuit : « Le sens de la démocratie est pour moi ‘’le pouvoir du peu
par le peu et pour le peu’’. L’auteur critique une démocratie confisquée par une
minorité qui gouverne pour ses propres intérêts. Cette reformulation ironique
de la formule originale relève une dérive du système démocratique où le
pouvoir, au lieu d’être collectif, est monopolisé par une élite restreinte. Il
devient celui d’un petit groupe et sert des intérêts personnels plutôt que ceux
du peuple. Il indique aussi que cela se passe de la même manière que ce soit en
Europe ou en Afrique.
VI. Le style littéraire de l’auteur
C’est ici que notre exposé prend de la profondeur car l’auteur fait usage d’un
style autobiographique engagé et introspectif
Un style engagé car l’écriture est marquée par :
- Un vocabulaire politique
Car l’auteur cherche à nous montrer les dérives politiques du système
- Des formulations directes
En effet, il exprime clairement et directement ses idées et ses positions
- Un ton affirmatif
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Car il montre ses positions et les défend clairement
- Des phrases parfois percutantes
Comme lorsqu’il critique les hommes politiques et le système qu’il condamne
sans ménagement
Ce n’est pas une écriture neutre, l’auteur prend position : On approche du
roman a thèse.
Un style introspectif
Le narrateur adopte un regard personnel. On retrouve :
- Des réflexions intérieures
- Des questionnements
Sur la place des jeunes et de lui-même en tant qu’artiste dans la société
Sur la réalité des systèmes en place
Sur l’avenir de son pays et de l’Afrique en général
- Une prise de conscience progressive
Au fur et à mesure il se rend compte des maux qui l’entourent
Dans ce cas, le roman devient un journal de maturation politique, sociale et
personnelle
Un style autobiographique
L’auteur raconte sa propre vie à travers trois grandes étapes appelées
« bonds » :
On retrouve :
- L’usage fréquent du ‘’je ‘’ ;
- Récit basé sur les aventures personnelles
- Ton sincère et subjectif
- Présence émotionnelle (joie, douleur, espoir…)
Nous sommes dans le récit de formation : L’auteur montre comment il mûrit
Style inclusif
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Le style utilisé par l’auteur est également inclusif car au fil des pages on se rend
compte que l’auteur inclut son auditeur dans le récit à travers des mentions
comme
- « Cher lecteur »
- « Chère lectrice »
- « Ne t’apitoie pas sur ton sort ! »
EXEMPLE : « Ah, mais non, ne pleure pas, amie lectrice ! Allez, tamponne
délicatement tes jolies joues avec ton petit mouchoir. Et toi n’en cherche pas
au fond de ta poche, cher lecteur qui pourtant ne se laisse pas cueillir
facilement au sentiment ».
VII. Les différentes figures de styles
Le roman « mes trois vagues à bonds d’Age » de Boubé Hama est écrit dans
une dynamique engagée et de dénonciation. Fort heureusement, cela
l’empêche pas à ce dernier de conserver cette touche humoristique,
dramatique à certains moments et quelque peu voilée. Le tout grâce à des
figures de styles qui magnifient la lecture. Au fil des pages, plusieurs figures de
style se distinguent comme :
- La métaphore lorsque par exemple l’auteur parle de l’avion comme
d’une boite de conserve volante ou encore lorsqu’il se compare à un
enfant dû au fait qu’il avait l’air de s’amuser avec les transports en
commun ;
- La personnification comme lorsque l’auteur parle de son dialogue avec
des policiers qu’il décrit comme « mort-né »
- L’euphémisme lorsqu’il nous parle des ségrégations qu’il perçoit en
l’atteignant avec l’expression « les signes de quelques divergences »
- L’anaphore lorsque l’auteur nous parle de marche et de contremarche
lors de son discours qu’il allait prononcer à la conférence animée par
Mme la ministre.
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- L’addition lorsqu’il ajoute qu’on fait plus que le « mener en bateau »
pour faire ressortir son incrédulité par apport à ce qu’il entend.
- Le paradoxe : au moment au l’auteur se dit respectueux du règlement et
monte sans billet dans un transport en commun. A noter qu’il écrivait
ceci dans un contexte où les transports étaient gratuits, il est cependant
contradictoire que quelqu’un qui affirme respecter le règlement prenne
les transports sans billet.
Toutes ces figures contribuent à fluidifier la lecture de l’œuvre, à nous faire
oublier sa dimension politiquement et philosophiquement engagée ; mais
en dehors de celles-ci, il y a aussi les tonalités qui non seulement nous font
comprendre l’esprit de l’auteur dans son roman, mais nous permettent
aussi de saisir le message qu’il essaie de nous transmettre
VIII. Les différentes tonalités
Tout au long de son ouvrage, Mr Boubé Hama fait usage de plusieurs tonalités
différentes. On distingue alors :
La tonalité humoristique
L’auteur se sert beaucoup de cette tonalité dans son œuvre : elle lui
permet de relater ses diverses mésaventures sous un aspect comique.
Par exemple à la page 16, il aperçoit un homme arabe et se l’imagine
bourré jusqu’aux yeux d’explosifs capable de se faire sauter à tout
moment, profitant de l’occasion pour tous les embarquer avec lui dans la
mort.
« …je me l’imagine gros, enveloppé. Ah là là, mais enveloppé par quoi ?
Bon sang, serait-il garni d’une ceinture d’explosifs ? »
La tonalité satirique
Le long de l’œuvre cette tonalité a été très utilisée pour dénoncer,
critiquer les ignobles et in quantifiables abus de pouvoir perpétrés par les
autorités gouvernementales africaines comme européennes, les
injustices et exactions commises envers et contre les peuples.
La tonalité fataliste
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Elle fait ressortir la désillusion de l’auteur quant au concept de démocratie, le
fait que les espérances du peuple aient été trahies et la contemplation résignée
de la dérive de la politique contemporaine
La tonalité ironique
L’auteur utilise également un style très ironique, parfois drolatique,
comme c’est le cas à la page 142 ou il dit : « Appliquant toujours à la
lettre l’adage « sois gentil avec les gens qui t’aident dans la vie », je
remercie ardemment la jolie demoiselle au béret posé en pente douce,
ce qui suscite, je le vois bien, un brin de jalousie de la part de ma
broussarde. Il est vrai que si elle voulait porter son chapeau de manière
pareillement inclinée, c’est sa valise qui se casserait la gueule par terre. »
IX. Les dimensions du roman
Ce roman tire aussi sa profondeur à travers les multiples dimensions qu’il
explore au fil de ce dernier :
Dimension sociale
Cette œuvre est écrite dans un contexte social marque par la recherche
identitaire et le déracinement. En effet à l’instar de l’auteur lui-même la
jeunesse africaine est en proie à un véritable dilemme identitaire. Ils sont
tiraillés entre leur culture d’origine, celle africaine par rapport à celle que leur a
inocule la France et la colonisation. Cela pousse ces derniers à adopter des
comportements malsains et en déphasage avec leurs traditions car c’est ce
qu’ils jugent à la mode. L’auteur et son roman sont donc là pour nous rappeler
sur le droit chemin dont nous devions dangereusement et la façon dont la
jeunesse africaine se doit de défendre leur culture envers et contre tout.
Dimension politique
En dehors du contexte social, sur le plan politique, ce roman s’inscrit dans
une période de refondation et de grands arrangements. En effet, le Niger,
pays dont l’auteur est originaire et dont il décrit les insuffisances du
système, est au crépuscule d’une longue période marquée par la corruption,
les défaillances des systèmes politiques et l’injustice.
Dimension philosophique
Ce livre possède une profonde dimension philosophique car l’auteur pose
de nombreuses interrogations :
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- Il se demande ce que c’est que la liberté politique. En effet, car la
politique démocratique, censée offrir souveraineté et liberté au peuple,
ne fait que davantage l’emprisonner.
- Si les pouvoirs ‘’démocratiques’’ divisent volent pillent et concentrent les
intérêts du peuple, la démocratie est-elle un mythe ?
- La jeunesse est utilisée puis abandonnée, le vote garantit-il vraiment le
pouvoir aux votants ?
- Si la démocratie n’est nullement une chimère, sous un régime injuste,
peut-on parler de démocratie ?
- Dans un pays aux règle déséquilibrées quelle est la place des jeunes dans
la société ?
Voilà des questions qui donnent une profondeur philosophique à l’œuvre
tout en interrogeant le système.
X. Leçons ou moralité
Ce livre nous apprend que la vie n’est pas une ligne droite, mais une succession
de vagues qui nous façonnent et nous forgent. En d’autres termes, la vie est un
processus d’apprentissage continue. Chaque étape est nécessaire pour
construire une personnalité forte et consciente.
Le message principal que nous adresse l’auteur est que les épreuves ne doivent
pas nous briser ; elles doivent plutôt nous forger et nous rendre résilients et
nous faire grandir.
XI. Conclusion
Mes trois vagues à bond d’âges est une œuvre qui décrit la passe de l’illusion a
la confrontation avec la réalité puis a la lucidité.
L’auteur invite la jeunesse à
- Ne pas être naïfs
- Réfléchir avant de suivre les baratins des politiciens
- Comprendre les mécanismes du pouvoir
Ce roman nous pousse à réfléchir sur la situation actuelle en Afrique et
ailleurs.
La question reste ouverte :
Comment la démocratie doit être réformée pour servir le peuple ?
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