Leçon 4 : Le jugement ou proposition
Justification : Cette leçon te permettra d’identifier les types de jugements, afin de pouvoir en faire
usage pour produire des pensées et des discours exempts d’ambiguïtés et d’incompréhensions, afin
d’échanger dans une dynamique d’intercompréhension.
Introduction
Nous avons pour habitude d’émettre des jugements sur les discours des uns et autres. Pourtant
nous-mêmes sommes souvent dans l’incapacité de prouver la véracité ou non des propos formulés.
Dès lors comment parvenir à objectiver ou à crédibiliser les discours ? En d’autres termes qu’est-ce
que le jugement ?
I. Définition et structure du jugement.
1. Définition du jugement.
Le jugement est une opinion, un sentiment d’appréciation. C’est un fait par lequel on affirme qu’une
chose est ou n’est pas. On traduit le jugement à l’aide des propositions. La proposition, c’est la
relation établie entre un sujet, un verbe, un attribut et un prédicat.
Exemple : Dieu est immortel.
Il existe plusieurs types de jugements d’après Aristote.
2. Structure d’un jugement
Le jugement a les éléments constitutifs suivants :
Le sujet c’est un terme auquel on rapporte ou duquel on nie une relation ;
Le verbe ou copule placé entre le sujet et le prédicat, il est utilisé pour exprimer la relation ;
L’attribut ou prédicat renvoie à ce qu’on affirme, établit ou nie.
Exemple : je(S) suis(V) malade(P).
Un quantificateur il indique la quantité des sujets concernés ou non par le prédicat.
Exemple : Tous(Q) les philosophes(S) sont(V) des éducateurs(P).
II. Les types de propositions
Il existe plusieurs types de propositions :
Selon Aristote il existe 04 types de propositions, distinguées selon leur quantité (universelle ou
particulière) et selon leur qualité (affirmative eu négative) représentées selon les lettres suivantes :
A : Proposition universelle affirmative (tout X est M) Ex : Tous les banquiers sont riches) ;
E : Proposition universelle négative (aucun X est M) Ex : Aucun banquier n’est riche ;
I : Proposition particulière affirmative (quelque X est M) Ex : Quelques banquiers sont riches ;
O : Proposition particulière négative (quelque X n’est pas M) Ex : Quelques banquiers ne sont pas
riches.
III. Les relations logiques entre les propositions : le carré logique des oppositions
A E
I O
A et E se ressemblent par la quantité, mais différentes par la qualité ;
A et I se ressemblent par la qualité, mais différentes par la quantité ;
I et O se ressemblent par se ressemblent par la quantité, mais différentes par la qualité ;
O et E se ressemblent par la qualité et différentes par la quantité.
Les règles de ces propositions sont les suivantes :
1) La règle des propositions contraires (A-E). Elles concernent les propositions universelles
n’ayant pas la même qualité. Si l’une est vraie, l’autre est fausse.
Ex: « Tous les hommes sont heureux » et « aucun homme n’est heureux ».
2) La règle des propositions subcontraires (I-O). Ces propositions qui sont différentes par la
qualité et se ressemblent en quantité et sont gouvernées par la règle. D’après cette règle 02
propositions ne peuvent pas être vraies au même moment.
Ex : « Quelques hommes sont de genre masculin » et « quelques hommes ne sont pas de
genre masculin ».
3) La règle des propositions contradictoires (A-O, E-I). Elles sont différentes par la qualité et la
quantité. Elles ne peuvent être ni fausses, ni vraies. Entre une proposition universelle et une
proposition particulière ayant la même qualité, il y a une rè[Link] la proposition universelle
est vraie, alors la proposition particulière est aussi vraie. Par contre si la proposition
universelle est fausse, celle particulière peut être vraie ou fausse.
Ex : « Tous les astres brillent », alors il est faux que « quelques astres ne brillent pas ».
4) La règle des propositions subalternes ces propositions sont de même qualité, mais de la
quantité différente. D’après cette règle, la vérité de l’universelle implique la particulière.
Ex : « Tous les oiseaux volent » est vraie implique inévitablement que « quelques oiseaux
volent » est vraie.
Conclusion
Les jugements sont les formes de propositions qui obéissent à certaines règles de la pensée et qu’il
faut respecter en vue de leur cohérence. De ce fait, cette démarche dialectique introduit le
raisonnement dans la pensée.