Synthèse de l'évaluation des versions 6.0 et 6.
1 de PHAST
L’INERIS a procédé à l’évaluation des versions 6.0 et 6.1 de PHAST dans le cadre d’un
fonds d’intervention. Cette évaluation a porté sur le calcul du terme source et sur la
modélisation de la dispersion. Pour ce faire, l’INERIS s’est appuyé sur un ensemble de
tests qui ont pour but d’analyser la cohérence des résultats obtenus lors de la variation des
principaux paramètres influençant le calcul du terme source et la dispersion d’un polluant.
Il est important de préciser que l’objectif de ces tests est prioritairement de vérifier
qualitativement le comportement global de l’outil évalué et qu’il ne s’agit pas d’estimer
quantitativement les résultats fournis. L’évaluation a été faite en deux temps du fait de la
mise sur le marché de la version 6.1 juste avant la date initialement prévue l’édition du
rapport d’évaluation de PHAST 6.0. Toutefois, seul le module de PHAST 6.1 relatif aux
calculs de débit au travers d’une longue canalisation a fait l’objet d’une évaluation dans la
mesure où, du point de vue de l’INERIS, il constitue l’une des principales modifications de
cette nouvelle version.
Avant de donner les résultats des tests effectués, il est important de rappeler que des
améliorations importantes ont été effectuées par rapport à la version précédente. Les
différents modèles employés ont été revus de sorte que chacun d’entre eux s’appuie
indépendamment des autres sur des essais ou des modèles développés par ailleurs, en
particulier le modèle de rejet diphasique. En d’autres termes, ceci signifie qu’un effort
important a été réalisé pour qu’il n’y ait plus de paramètre global d’ajustement. De plus,
des efforts ont également été réalisés pour soigner la transition entre les différents modèles.
Ces efforts ne sont pas anodins car ils permettent de s’affranchir des « sauts » de
concentration qui pouvaient être observés avec les versions précédentes lors d’un
changement de modèle.
Parmi les modifications notoires, les points suivants peuvent également être cités :
• L’influence de la densité des gaz est mieux prise en compte, notamment pour les gaz
légers. Ce point constitue une amélioration essentielle par rapport aux versions
précédentes. Pour ces versions, dès lors qu’un nuage touchait le sol, il n’en décollait
plus.
• Il est maintenant possible de modéliser plusieurs phases de rejet et en particulier un
débit variable au cours du temps, le débit est toutefois obligatoirement constant au
cours de chaque phase.
• Les sorties, dans certaines conditions, peuvent être plus riches, en particulier, il est
possible de réaliser des animations permettant de visualiser l’évolution du nuage au
cours du temps. Toutefois, l'évaluation du logiciel a mis en évidence la difficulté
pour exploiter de manière correcte les résultats, notamment au niveau des fichiers
« Reports ».
Ainsi, si le logiciel PHAST 6.0 présente d’indéniables avantages par rapport à la
version 4.2 en terme d’introduction de données, de maîtrise des paramètres
d’entrée…, en revanche, l’exploitation des résultats a été rendue largement plus
délicate.
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INERIS DRA- 2002-29576 -SDu/Jco/Ebe
Les tests effectués dans le cadre de l’évaluation du logiciel PHAST 6.0 ont mis en
évidence les points suivants :
• Concernant le terme source :
• Pour les rejets instantanés, les modèles proposés donnent des résultats cohérents ;
• Pour les fuites en ras de paroi, qu’elles soient en phase gazeuse ou liquide, le
modèle proposé donne des résultats également cohérents ;
• Pour les fuites consécutives à la rupture d’une canalisation, le modèle proposé
donne des résultats cohérents à condition toutefois qu’aucun changement de phase
ne soit constaté. Dans le cas contraire, les résultats fournis doivent être considérés
avec prudence. De plus, comme dans la version précédente, le modèle de fuite en
ras de paroi et celui de fuite sur canalisation ne se raccorde pas et il est conseillé
d’utiliser le modèle de fuite en ras de paroi lorsque les canalisations sont courtes.
• Les difficultés rencontrées avec le module précédent sont en partie compensées
par le module spécifique de PHAST 6.1 qui permet le calcul de débit de fuite au
travers d’une longue canalisation. Ce module n’a pas été mis en défaut par les
tests effectués.
• Pour l'évaporation de nappe, le résultats fournis par le modèle proposé sont
cohérents. La seule limitation de ce modèle concerne le cas d'un rejet sur l'eau où
il est nécessaire de vérifier au préalable que le produit rejeté ne va pas couler du
fait de sa plus grande densité. Ce test n’est pas réalisé automatiquement dans
PHAST 6.0.
• Pour la prise en compte dans le champ proche des rejets diphasiques, la nouvelle
version de PHAST 6.0 comporte un modèle plus pertinent qui permet de mieux
estimer les quantités recueillies au sol. Pour mémoire, cette quantité peut avoir
une incidence notable sur les distances d’effet calculées.
• Concernant la dispersion atmosphérique :
• Pour un rejet instantané
• Les modèles proposés prennent bien en compte les conditions
météorologiques ainsi que les conditions orographiques.
• Deux modèles sont principalement utilisés, les résultats de ces deux modèles
évoluent correctement au sein de leur domaine de validité. Toutefois, une
discontinuité des résultats entre les deux modèles (gaz lourd, gaz neutre) a été
observée dans le cas d'un rejet de gaz de même masse molaire que l’air dont
la température initiale varie. Toutefois, cette discontinuité relève pour partie
de la difficulté rencontrée pour estimer les concentrations au niveau du sol
lorsque le nuage décolle, c’est-à-dire lorsque la masse volumique du polluant
est inférieure à celle de l’air ambiant.
• l'étude de l’influence de l'altitude de rejet pour les gaz denses sur les
concentrations en aval a donné des résultats difficiles à exploiter dans la
mesure où plusieurs paramètres évoluent en même temps. Les tests réalisés
n’ont toutefois pas mis en évidence d’incohérence flagrante.
• Pour un rejet continu horizontal ou vertical, les tendances observées sont
globalement conformes à celles attendues.
De fait, du point de vue de l’INERIS, les versions 6.0 et 6.1 peuvent être utilisées pour
réaliser des calculs de dispersion atmosphériques de substances toxiques ou inflammables
en respectant bien entendu les limites de validité du logiciel.