Cours 1: Diabète Chez L'enfant: Chapitre 5: Endocrinologie, Neurologie Et Hématologie
Cours 1: Diabète Chez L'enfant: Chapitre 5: Endocrinologie, Neurologie Et Hématologie
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IV- Signes d’alerte (circonstances de découverte) :
- Le diabète de type 1 atteint les enfants à tout âge ; avec une égale fréquence chez le garçon que chez la fille. Les
circonstances du diagnostic sont presque toujours les mêmes : le plus souvent la polyurie et la polydipsie. Une énurésie
secondaire peut être le premier signe remarqué. Il s’agit d’un signe de valeur permettant un diagnostic du diabète avant le
stade de décompensation, comme dans l’expérience de Parme.
- Le tableau complet des symptômes comprend : une polyurie, une polydipsie, une polyphagie et un amaigrissement. Les
troubles de l’appétit sont variables, tantôt polyphagie comme chez l’adulte, ils peuvent être représentés au contraire par une
anorexie.
- A un stade plus avancé, on peut observer une cétose qui se manifeste cliniquement par une anorexie, des nausées, des
vomissements et des douleurs abdominales.
- L’acidocétose se manifeste par : une déshydratation avec polypnée, des douleurs abdominales, et peut se compliquer de
coma et collapsus. Elle peut engager le pronostic vital de l’enfant.
- Chez le nourrisson, l’alerte prend souvent la forme d’une déshydratation (sans diarrhée), remarquable par sa coexistence
avec une polyurie ou du moins d’une diurèse conservée ou d’une mycose du siège.
- Enfin, rarement, la découverte d’un diabète type 1 chez l’enfant est fortuite.
V- Le diagnostic positif :
- La présence d’une glycosurie et acétonurie mise en évidence par une bandelette urinaire signe le diagnostic. Une glycémie
capillaire ou veineuse (souvent supérieure à 2 g/l) confirme ce diagnostic.
- Le dosage de l’hémoglobine glyquée (HbA1C) n’a pas d’intérêt diagnostique mais permet d’apprécier l’importance de
l’hyperglycémie pré existante au diagnostic et la durée de cette phase.
- Le caractère auto-immun du diabète est confirmé par le dosage des anticorps : Anticorps antiGAD (présents dans 80% au
début de la maladie), les anticorps anti IA2 (38 à 50%), les anticorps anti ilots de Langerhans ICA (80%) et les anticorps anti
insuline IAA (30 à 40%, plus fréquemment avant l’âge de 5ans).
- Le dosage du peptide C confirme l’insulinocarence.
- Enfin la recherche des marqueurs génétiques du système HLA confirme la prédisposition génétique chez l’enfant
diabétique type 1 avec la présence de HLA DR3- DQA1*0501 Ŕ DQB1* 201 et/ou HLA DR4- DQA1*0301 Ŕ DQB1* 302
(prédisposantes). Par contre la présence HLA DR2- DQA1*0102 Ŕ DQB1* 602 est un facteur plutôt protecteur contre la
survenue d’un diabète type 1.
- Faire un diagnostic de diabète auto-immun implique la recherche d’une pathologie auto-immune assez souvent associée :
• La maladie cœliaque : la symptomatologie est rarement typique. Le dépistage se fait par le dosage des Anticorps
antitransglutaminases et/ou antiendomysium. La biopsie jéjunale confirme le diagnostic.
• La thyroïdite auto-immune : avec ou sans goitre. Le dépistage se fait par le dosage des anticorps antithyroïdiens, avec les
hormones thyroïdiennes. Le plus souvent il s’agit d’une hypothyroïdie plutôt qu’une hyperthyroïdie.
• Autres affections plus rares : anémie de Biermer, insuffisance surrénalienne.
- Ces pathologies peuvent apparaître en cours d’évolution et il faut les rechercher régulièrement par la suite au cours de la
surveillance.
2- Moyens :
- Le traitement commence d’abord par la prise en charge de de l’acidocétose et qui repose sur 2 principes : la réhydratation et
l’insulinothérapie par voie parentérale.
- Le traitement après la phase d’urgence a un double objectif : favoriser un mode de vie le plus normal possible tout en
garantissant un équilibre glycémique optimal afin de limiter les risques de complications à long terme.
- La prise en charge est globale et s’organise autour de plusieurs volets : l’insulinothérapie, la nutrition, l’activité physique ;
l’éducation thérapeutique initiale et continue, et le soutien psychologique.
a- L’insulinothérapie
Principe Protocoles thérapeutiques
- Les insulines utilisées, concentrées à 100 unités/ml - Il n’existe pas de schéma idéal pour un équilibre parfait, ni de
(flacons pour seringues et cartouches pourstylos), consensus en matière de protocole thérapeutique. 2 schémas se
sont : dégagent néanmoins :
• Les insulines rapides dont les effets débutent 15 à • Schéma 2 injections : Mélange extemporané d’une insuline
30 mn après l’injection et durent de 5 à 6 heures. rapide et d’une insuline intermédiaire : 2/3 de la dose
• Les analogues rapides de l’insuline dont l’action quotidienne le matin et 1/3 le soir. Le mélange extemporané
est immédiate et dure 3 heures. permet plus de souplesse que les insulines prémélangées, le
rapport entre les 2 insulines pouvant être modifié. Des
suppléments sous formes d’analogues de l’insuline rapide
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• Les insulines NPH (semi-lentes ou intermédiaires) peuvent être adjoints à ce schéma, soit en cas de goûter l’après-
qui prennent effet 2 à 3 heures après l’injection et midi, soit à midi. Considéré comme « conventionnel », ce
dont l’action dure de 12 à 15 heures. schéma reste adapté à des pays où les repas sont pris
• Les analogues lents de l’insuline dont la durée régulièrement en famille et donne de bons résultats en termes de
d’action est de 24 heures. Ils ne sont pas utilisés contrôle métabolique.
avant l’âge de 6 ans. • Schéma basal bolus : Se rapproche de l’insulino-sécrétion
- La prise de l’insuline se fait par voie sous cutanée en physiologique mais nécessite un apprentissage spécifique. Il
alternant les zones d’injection : bras, abdomen, repose sur l’injection d’un analogue lent une fois toutes les 24
cuisses et fesses. heures et un analogue rapide avant chaque repas. Ici aussi
- Les pompes à insuline : elles sont indiquées pour les injections supplémentaires de l’analogue rapide sont conseillées
très jeunes enfants (avant 2 ans), en cas pour les goûters et les corrections des hyperglycémies.
d’hypoglycémies sévères non jugulées par l’usage Adaptation des doses d’insuline et surveillance quotidienne
des analogues de la lente ou encore si mauvais du diabète.
équilibre avec un schéma multi injections bien - Il est conseillé de pratiquer des glycémies capillaires 3 à 6 fois par
expliqué et bien appliqué, et pour tous ceux qui jour avant les repas, au coucher et éventuellement au goûter. Les
présentent des douleurs liées aux injections. L’usage glycémies post prandiales sont rarement demandées en pédiatrie
de la pompe à insuline nécessite une formation sauf au goûter ou avant d’installer une pompe éventuellement- et
diététique adéquate. Son utilisation reste limitée au des analyses d’urines par une bandelette urinaire pour recherche de
Maroc du fait de son coût élevé et de son non glycosurie et/ou d’acétonurie au réveil et en cas d’hyperglycémie.
remboursement par les compagnies d’assurance. Les résultats sont consignés sur le carnet de surveillance.
b- Nutrition c- Activité physique
- La nutrition doit être adaptée selon l’âge et la - La pratique régulière d’un sport est très conseillée chez le
croissance normale. Elle doit également garantir la diabétique type 1. Cela permet d’une part d’optimiser la sensibilité
régularité des apports alimentaires et de la répartition à l’insuline et d’autre part d’améliorer le moral.
de l’apport glucidique. - Pour renforcer l’efficacité d’une telle pratique, il est nécessaire
- Les apports alimentaires sont déterminés d’après le d’apprendre à bien la gérer :
protocole d’insulinothérapie et le niveau d’activité • Pas de sport si le taux des glycémies est élevé
physique : 3 repas principaux avec une collation de • Diminuer les doses d’insuline avant l’activité physique pour
sucres lents à 10h en cas de mélange rapide et NPH. prévenir l’hypoglycémie et/ou augmenter es apports en glucides.
d- L’éducation thérapeutique (ET) de l’enfant et de sa famille
L’ET s’adresse aussi bien à l’enfant qu’à son entourage, en particulier ses parents. Elle s’organise autour de 2 phases :
- L’éducation initiale, au démarrage, qui vise principalement l’acquisition des compétences essentielles pour la prise en charge
quotidienne : insuline, techniques d’injection, nutrition et conduite à tenir devant une hypoglycémie et une cétose, ainsi que
des savoirs élémentaires sur la maladie.
- L’éducation continue qui renforce les savoirs et savoirs faire en matière de gestion de la maladie et de sa prise en charge sur
le long terme. Cette ET vise à favoriser « un meilleur vivre avec la maladie » et à prévenir les complications éventuelles.
IX- Complications :
Complications aigues Complications chroniques
- Hypoglycémie : - Micros angiopathies complications
• Glycémie inférieure à 0,60g/l chroniques dégénératives après 10 -
• Signes mineurs : pâleur, sueur, tremblement, asthénie, trouble de 15ans d’évolution :
comportement, agitation ou révélation nocturne • Œil : rétinopathie diabétique : 1ère
• Signes majeurs : convulsion ou coma d’installation brutale sans polyurie cause de cécité acquise, le diagnostic
• Cause : Omission/retard d’un repas ; Exercice physique ; Surdosage en insuline se fait par fond d’œil si fait par un
• Traitement urgent : mise au repos ; Apport du sucre : un morceau par 20g de examinateur expérimenté avec photo
poids Ou Glucagon 1⁄2 (enfant < 10ans) à 1mg par voie sous cutanée en cas de du FO sinon angiographie à la
malaise avec perte de connaissance. fluorescence. Cataracte liée à
- Rare chez le diabétique connu si l’information et le suivi sont corrects l’hyperglycémie, peut être précoce.
• Circonstances de survenue • Rein : néphropathie diabétique : elle
§Infection aigue fébrile évolue en trois stades
§Stress (accident.) §Micro albuminurie > 30mg/l
§Dose d’insuline insuffisante réversible (efficacité des IEC)
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• Symptômes §Protéinurie macroscopique
§Clinique muette au début, tableau dépisté sur les autocontrôles quotidiens qui §Syndrome néphrotique
montrent : une glycémie supérieure à 2,5g/l et dans les urines sucre+++ ou + • Neuropathie : latente puis patente
et acétone ++ ou + sensitive puis motrice
§Si pas de traitement : se constitue progressivement un tableau typique de - Complications chroniques non
DAC (douleur abdominales, vomissements...) dégénératives :
§Complication de la DAC : Œdème cérébral • Lipodystrophies aux points
§Traitement de l’acidocétose : d’injection
Ø Augmentation de la dose d’insuline (injection supplémentaire) en cas de • Retard staturo-pondéral ou retard de
cétose simple croissance si mauvais contrôle
Ø En cas de tableau d’acidocétose : réhydratation par perfusion (sérum salé métabolique et apports alimentaire
puis glucosé) + apport d’insuline par voie IV le traitement est urgent : voir inappropriés
fiche annexe +++
Conclusion :
- Une meilleure connaissance du diabète de l’enfant par les médecins, l’accès gratuit aux soins médicaux, le diagnostic rapide aux
bandelettes réactives et le transfert immédiat vers une unité de diabétologie pédiatrique sont des gestes nécessaires.
- Le défi est plus important en termes de santé publique, étant donné que l’incidence du diabète type 1 augmente dans le monde et
surtout chez l’enfant de moins de 5 ans.
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Chapitre 5 : Endocrinologie, neurologie et hématologie
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III- Retard de croissance :
Les éléments qui font rechercher un retard de croissance sont :
• Une taille < - 2 DS
• Une discordance entre la taille actuelle et la taille cible
• Une VC < à la norme pour l’âge (changement de couloir de croissance)
1- Intérêt :
- Le retard de croissance : le 1er signe d'un processus pathologique.
- Un retard de croissance pendant l'enfance peut se compliquer d'une petite taille adulte.
- Méconnaître un retard de croissance : risquer de ne pas identifier une situation potentiellement accessible à un traitement.
2- Questions à poser :
- Quels sont le retard de taille et la Vitesse de Croissance ?
- Quelle est l’évolution de la croissance staturale par rapport au poids ?
- Quelle a été la croissance intra-utérine ?
- Quelle est la taille cible ?
3- Démarche diagnostic :
a- Antécédents personnels
- Déroulement de la grossesse et de
l’accouchement.
- Période néonatale : terme, poids et taille
de naissance (un éventuel RCIU).
- Pathologie néonatale (hypoxie :
hypopituitarisme asphyxique).
- Malaises hypoglycémiques dans l’enfance
- Pathologie chronique connue
(malabsorption).
- Traitement au long cours (corticoïdes, …).
- Perturbations psychoaffectives.
- Contexte socioéconomique familial
(malnutrition).
b- Antécédents familiaux c- Signes fonctionnels
- Taille des parents, elle permet de calculer la taille cible : - Les céphalées et vomissements, tr. Visuels : un
• (Tpère [en cm] + Tmère [en cm] + 13)/ 2 chez le garçon processus expansif intracrânien.
• (Tpère + Tmère - 13)/ 2 chez la fille - Les troubles digestifs : une malabsorption.
- Petites tailles dans la famille (frères et soeurs, grands - parents). - Une polyuro-polydipsie : un diabète insipide.
- Âge pubertaire familial - Un infléchissement scolaire : une hypothyroïdie.
d- Que chercher a l'examen clinique ? e- Explorations
1. Taille : - 1 intention :
ère
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4- Étiologies :
a- Causes non endocriniennes :
Pathologies chroniques Causes génétiques
- Insuffisance rénale chronique : quelle que soit son étiologie. - Syndrome de Turner :
- Troubles nutritionnels : • Le caryotype systématique chez une petite fille
• Dénutrition dont le retard statural s’accroît avec l’âge.
• Malabsorption : maladie cœliaque, parasitose intest chronique • La taille finale est en moyenne de 142 +/- 5cm et
• Hypoxie chronique : pulmonaires (mucoviscidose…), améliorée par un traitement par hormone de
cardiopathies congénitales, hématologiques (anémie chronique). croissance (0.045 à 0.050 mg/Kg/jour 7j/7)
- Trisomie 21
- Autres syndromes plus rares (praderwilli…)
b- Causes endocriniennes :
Déficit somatotrope
- 10 % des retards de croissance supérieurs à 2,5 DS.
- Il peut être révélé dans les premiers mois de vie par des hypoglycémies.
- Le retard de croissance apparaît après l’âge de 2-3 ans : cassure de la courbe staturale et changement de couloir.
- Certains signes sont évocateurs : une surcharge pondérale à prédominance tronculaire, des extrémités petites, un
front bombé, un fasciés poupin, un micropénis. Ces signes sont inconstants et le plus souvent, le déficit statural paraît isolé.
- Le diagnostic de déficit repose sur l'insuffisance ou l'absence de sécrétion de GH sous stimulation.
- On parle de déficit en GH lorsque le pic sous stimulation est inférieur à 10 ng/ml.
- Pas de dosage ponctuel.
- Rechercher un autre déficit hypophysaire et une lésion de la région hypothalamo-hypophysaire par IRM.
- Le traitement : hormone de croissance synthétique à la posologie de 0.025 à 0.035 mg par kg et par jour 7j/7 en
injection sous cutanée. Il est poursuivi jusqu'à la fin de la croissance et de la puberté.
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L’hypothyroïdie L’hypercorticisme
- Le retard staturo-pondéral peut s’observer en - Le retard statural n’est jamais isolé
cas d’hypothyroïdie congénitale ou tardive - Autres signes cliniques de l’hypercorticisme.
(thyroïdite d’Hashimoto, par exemple). - La maladie de Cushing est rarissime chez l’enfant, la cause la plus
- Il est souvent accompagné d’autres signes fréquente est iatrogène.
cliniques goitre, obésité, constipation ;
frilosité, retard intellectuel.
- Mais formes infra cliniques : doser T4 et TSH
devant tout retard statural.
- La radio d’âge osseux montrera : âge osseux
< âge statural < âge chronologique
Retard pubertaire simple Retard statural familial ou constitutionnel
- Le garçon plus que la fille. - C’est la cause la plus fréquente de retard statural (40 % des cas) ; cependant, il s’agit
- Antécédents familiaux d’un diagnostic d’élimination [10].
identiques. - Certains éléments permettent.
- La courbe de croissance régulière - D’évoquer le diagnostic : petites tailles des parents, VC stable (après mise sur le
sans accélération pubertaire couloir génétique durant les 3 premières années), âge osseux en rapport avec l’âge
- Une absence (ou un retard) de chronologique, ensemble des explorations est normal.
développement des caractères - Aucun traitement n’est à envisager (aux États-Unis, depuis quelques années, ces
sexuels secondaires. enfants peuvent bénéficier d’un traitement par GH si le retard statural est ≤ - 2,5 DS).
- L’âge osseux est nettement La petite taille constitutionnelle
inférieur à l’âge chronologique,
- Appelée aussi retard essentiel, la cause la plus fréq (2,5 % de la population générale).
mais à peu près concordant à
- Le diagnostic par élimination
l’âge statural.
- Elle est souvent familiale, et la taille cible parentale aidera au diagnostic.
- Le pronostic est souvent bon,
- La croissance est régulière, restant sur le même couloir. L’âge osseux et l’âge
avec une taille finale normale,
chronologique sont très proches.
décalée dans le temps.
Conclusion :
- Un motif fréquent de consultation.
- Les causes sont multiples, les données de l‘anamnèse, de l’examen clinique et de la maturation osseuse permettent dans la
majorité des cas :
• D'orienter le diagnostic vers un des grands cadres étiologiques connus
• De préciser le pronostic statural définitif
• De ne pas laisser passer une éventuelle cause pouvant relever d'une thérapeutique spécifique
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Chapitre 5 : Endocrinologie, neurologie et hématologie
I- Définitions :
- Crise épileptique :
• Expression clinique d’une décharge excessive paroxystique et synchrone d’une partie ou de toute la population neuronale.
• Elle peut comporter des manifestations motrices, sensitives, sensorielles, psychiatriques, ou neurovégétatives.
• Elles sont associées ou non à des altérations de l’état de conscience.
- Convulsion : crise épileptique caractérisée par son expression purement motrice.
- Épilepsie : Affection chronique caractérisée par la récurrence de plusieurs crises épileptiques, elle est liée à une :
• Anomalie cérébrale organique ou
• Idiopathique de mécanisme purement fonctionnel.
- État de mal épileptique :
• Toute crise épileptique qui persiste au-delà de 15-30 min
• Ou Toute crise qui se répète à des intervalles brefs sans reprise de la conscience entre les crises.
II- Épidémiologie :
- 5 % des enfants font au moins une crise avant l’âge de 5ans, dont 75% sont des convulsions fébriles.
- Prévalence moyenne : • Crise épileptique : 1/100 habitants • Épilepsies : 5,8/1000 habitants
- Incidence moyenne : 66,2/100.000/an
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V- Classification :
1- Selon les types de crise :
a- Crises focales (partielles) : b- Crises généralisées :
2- Selon l’étiologie :
a- Une crise d’épilepsie peut être unique : Crise occasionnelle = Situationnelle :
= En rapport avec un événement aigu, identifiable
- Liée à une lésion cérébrale :
• Traumatisme crânien, AVC, tumeur
• Méningite ou Méningoencéphalite, Abcès cérébral
- Liée à une cause générale :
• Trouble métabolique : Hypoglycémie, Hypocalcémie, Dysnatrémie
• Fièvre
• Intoxication
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VI- Diagnostic étiologique :
1- Interrogatoire : 2- Examen clinique :
- Épilepsie familiale, consanguinité parentale - Examen Complet, Température, Tension artérielle
- Grossesse, Accouchement, Période périnatale, - Recherche d’une dysmorphie (syndrome malformatif,syndrome
SFA, Réanimation néonatale génétique)
- Retard ou régression des acquisitions - Examen neurologique +++, Périmètre Crânien, Fontanelle
psychomotrices, ATCD de Crises fébriles antérieur
- Notion de crise antérieure (âge de début, - Examen cutanée :
circonstances, traitement)
- Notion d’un facteur déclenchant : Prise
médicamenteuse ou de toxique
3- Examen paraclinique :
a- Électroencéphalogramme (EEG) voir Vidéo EEG
- EEG permet de retrouver des arguments pour le diagnostic positif ++++
- EEG : rythme de fond, aspect des anomalies, type d’épilepsie (on recherche les grapho-éléments épileptiformes)
VII- Étiologies :
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1- Nouveau-né :
a- Crises occasionnelles ++++ b- Syndromes épileptiques du nouveau-né
Les crises sont atypiques subtiles et discrètes et - Convulsions néonatales idiopathique bénignes (CNIB) dite du 5e j.
dominées par les manifestations végétatives : - Convulsions néonatales familiales bénignes (CNFB) :
machonnements, hypertonie, hypotonie brutale, • Nouveau-né à terme normal • Crises répétées en état de mal
apnée, bradycardie, révulsion oculaire, accès de • Pas de cause identifiée : idiopathique
déviation brusque du regard, secousses palpébrales • EEG caractéristique • Bon pronostic
- Encéphalopathies épileptiques avec aspect de « suppression Burst » à
EEG :
• Spasmes toniques, myoclonies, état neurologique altéré, mauvais pc
• Causes :
§ Maladies métaboliques héréditaires ou malfor. cérébrales
§ Pyridoxinodépendance, Hyperglycinémie sans cétose...
2- Nourrisson :
a- Crises occasionnelles :
• Convulsions avec fièvre :
ð Devant toute convulsion avec fièvre, il est indispensable d’évoquer les diagnostics : Méningite - Encéphalite ou
méningo-encéphalite (Encéphalite herpétique) - Abcès cérébral - Thrombophlébite cérébrale – Neuropaludisme -
Crises fébriles (CF) = Convulsion fébrile = Crise Convulsive Hyperthermique ++++
Crise fébrile = Convulsion fébrile = Crise Convulsion hyperthermique QE
Définition Épidémiologie
Crise fébrile est une convulsion (1) survenant - Cause la plus fréquente des crises épileptiques pédiatrique ++++++
chez un nourrisson ou un enfant entre 3 mois - 2 à 5% des enfants de moins de 5 ans font une ou plusieurs CF
et 5 ans (2), associé à de la fièvre (3), sans - Age : max 2e année
signe d’infection intracrânienne (4). - Prédisposition génétique +++++
Causes Diagnostic QE
Toute maladie fébrile - Diagnostic clinique.
du petit enfant en - Chercher les caractéristiques de l’épisode pour distinguer les CF simples des CF compliquées,
dehors d’une infection Qui différent en termes de prise en charge et de pronostic.
du SNC
- Infections des voies
aériennes, GEA,
Angine ... ect
- Origine virale :
Rougeole et
exanthème subit,
oreillons et varicelle...
- Post vaccinale (vaccin
de la coqueluche)
Examens complémentaires Évolution
Crise fébrile simple Crise fébrile complexe - Pas de séquelles
- Aucun examen complémentaire - Examens biologiques : OUI neurocognitives rapportés en
sauf en cas d’absence de foyer • Recherche d’un foyer infectieux en fonction de cas CF simple
infectieux à l’examen clinique. l’examen clinique : (NFS, CRP, bandelette - Risque de récidive élevée
- Ponction lombaire : de principe urinaire, Radio de thorax) ++++ pour les CF simple
chez les nourrissons de moins de • Ponction lombaire systématique +++++ - Risque de récidive et
18 mois. - Imagerie cérébrale (Scanner/IRM) et EEG : OUI d’évolution vers une épilepsie
- Imagerie et EEG : NON ++++++ - Hospitalisation systématique pour les CF complexe
Traitement
- Le traitement d’une crise fébrile est identique à celui de toute crise convulsive associée à un traitement antipyrétique :
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- Traitement de fond : QE
• Traitement de fond n’est pas recommandé en cas de Crise Fébrile Simple même répétée.
• En cas de CF complexe un traitement de fond est indiqué par Valproite de sodium (Dépakine) : 20 - 30mg/Kg en 2 prises
pendant un à 2 ans après bilan de ces crises par imageries cérébrale et EEG
Étiologies Traitement
- Formes symptomatiques (2/3 cas) - Corticoïdes (hydrocortisone ou ACTH)
• Sclérose tubéreuse de Bourneville, - Antiépileptique : Vigabatrin, Valproate de sodium, Benzodiazépines
Phénylcétonurie Évolution sous Traitement
• Anoxie ischémie périnatale - Évolution favorable en cas de syndrome de West idiopathique.
• Trisomie 21, Malformations cérébrales - Évolution variable en cas de syndrome de West symptomatique et/ou
- Formes primitives (1/3 cas) : enfant de 6 cryptogénétique.
mois normal jusque-là, les explorations - Détérioration psychomotrice et Épilepsie secondaire (Syndrome de lennox-
restent normales. Gastaut).
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3- Enfant :
a- Crises occasionnelles : Rares
- Avec fièvre : méningite aigue, méningo-encéphalite, abcès cérébral
- Sans fièvre : intoxication volontaire ou non, traumatisme crânien, HTA +++, causes métaboliques (hypoglycémie), tumeurs
cérébrales.
Épilepsie absences infantile : la plus bénigne des épilepsies généralisées Épilepsie partielle bénigne à pointes
QE +++ centrotemporales = à paroxysmes
rolandiques
- Âge : 3 - 13 ans, Filles >> garçons prédisposition génétique +++ ð La plus fréquentes des épilepsies de
- Clinique : Absences brèves, rupture de contact (suspension de conscience), avec l’enfant
arrêt de l’activité en cours et une incapacité à répondre, à début et fin brusques, - Âge : 3 à 14 ans
très fréquentes, favorisées par l’émotion, la privation du sommeil et l’hyperpnée, - Horaire caractéristique : Après
durée (4’’ à 30’’). L’enfant reprend immédiatement son activité. l’endormissement ou avant le réveil
- Examen clinique : Normal - Clinique :
- Neuroimagerie : Normal (non nécessaire au diagnostic) • Crises focales sans alteration de la
- EEG de veille activé par hyperpnée : Bouffées de pointes ondes PO à 3 HZ, conscience sensitivo-motrice de la
généralisées, régulières, à début et fin brusques, déclenchées par l’hyperpnée région buccofaciale : clonies de
- Traitement : Valproate de sodium Ou Ethosuximide l’hémiface, paresthésie de la langue,
- Évolution : Généralement favorable. Des crises généralisées TC peuvent hypersalivation, impossibilité de
apparaître à l’adolescence 40% cas. parler.
• Attire l’attention par des bruits de
gorge.
• Enfant est conscient pendant toute la
crise.
• 1 à 2 crises/an ds 70% cas.
- Examen neuro-radiologique : Normal
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4- Adolescent :
Épilepsie avec crise grand mal du réveil Épilepsie myoclonique juvénile bénigne
- Âge : Début adolescent (Filles++) - Âge : début adolescent (12-18 ans), Filles+++
- Clinique : Crises tonico-cloniques généralisées - Clinique : Secousses myocloniques spontanées matinales peu après le
après le réveil matinal ou après sieste réveil des membres sup, face, membres inf, très brèves avec
- EEG : bouffées de pointes ondes généralisées à conscience conservée (signe de la tasse de café du petit déjeuner),
2,5 à 4HZ et des polypointes onde activées par chute = ++
l’endormissement et la stimulation lumineuse - EEG : Bouffée paroxystiques bilatérales et
intermittente (SLI). synchrones de polypointes ondes favorisées
- Traitement : Valproate de sodium par la stimulation lumineuse intermittente (SLI).
- Imagerie : Normal (non indispensable pour le diagnostic)
- Traitement : Valproate de sodium
- Évolution : Bonne réponse au traitement
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Chapitre 5 : Endocrinologie, neurologie et hématologie
I- Définition :
- C’est un déficit moteur flasque associé à une hypotonie avec ROT abolis.
- La PFA est l’expression d’une atteinte nerveuse périphérique paralytique
secondaire à des lésions sur :
• Les motoneurones périphériques et cornes antérieures de la moelle
• Les racines
• Les plexus ou
• Les troncs nerveux périphériques
II- Anatomie :
III- Épidémiologie :
Expérience de Hôpital d’enfants de Rabat 1990 - 1996 : sur 100 cas de PFA
- Syndrome de Guillain Barré (SGB) : 91 cas
- Myélopathie : 6 cas
- Polyneuropathies secondaires : 3 cas
- Poliomyélite antérieure aigue (PAA) : 0 cas
b- Physiopathologie :
- Lésion fondamentale est une démyélinisation aiguë, disséminée le long du système nerveux périphérique.
- Cette lésion histologique provoque un bloc de conduction, c’est-à-dire une diminution, voire un arrêt de la progression du
potentiel d’action.
- Le processus de démyélinisation est sans doute provoqué par des réactions immunitaires (cellulaires et humorales).
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- Mécanismes hypothétiques de la réponse immune dans SGB :
• Immunité cellulaire : Infiltrats inflammatoires (lymphocytes T et macrophages),
Effets cytotoxiques et médiateurs inflammatoires (cytokines)
• Immunité humorale : Anticorps (en rouge) dirigés contre des gangliosides (protéines)
constitutifs de la myéline
- Une des théories actuelles ferait intervenir le rôle favorisant d’un des agents pathogènes
observé dans des antécédents prodromiques.
- Étiologies :
• Maladies infectieuses : Virus (CMV, EBV, virus coxackie, HZV, HIV), Bactéries
(Mycoplasma pneumoniae (pneumonie), Campylobacter Jejuni (gastroenterite) +++), 2/3 des cas, 1 à 4 sem avant le début.
• Après une vaccination (extrêmement rare).
c- Étude clinique :
Moteur Reflexe ostéotendineux
- Douleur et difficulté à marcher - Destruction des fibres nerveuses
- Déficit moteur flasque ascendant, impliquées dans la transmission
généralement symétrique, du signal
rapidement progressive.
- Atteinte des nerfs crâniens possible :
• Difficulté à avaler et à parler - Abolition des réflexes ostéotendineux
• Paralysie oculomotrice
Sensitif
- PEUT ETRE NORMAL (la règle chez
l’enfant)
- Mais divers types de dysfonction
sensitive peuvent être présents : Tact
(toucher), Position, Température
Autres
- Possible atteinte respiratoire : détresse respiratoire
- Symptômes dysautonomiques peuvent être présents : Tension artérielle, Contrôle sphincters
ð L’ensemble de la maladie suit schématiquement 4 phases :
1- Phase prodromique 2- Phase d’extension des paralysies
- Regroupe les événements - Comprise entre le 1er signe déficitaire et le maximum des paralysies, environ 12 jours
survenus dans le - Débute le plus souvent au niveau des MI => Allure ascendante : de jour en jour, on note :
mois précédant les 1ers aggravation d’un territoire déjà touché et apparition de nvlles atteintes (signes déficitaires).
signes neuro. - Manifestations douloureuses :
- Épisode infectieux • Syndromes révélateurs dans 20% des cas
d’allure virale : sd grippal, • Myalgies, rachialgies…
GEA, ou éruption fébrile / • Sensation paresthésies désagréables ou hyperesthésie cutanée
vaccination. - Apyrexie ++++
3- Phase de plateau
Signes moteurs Signes sensitifs
- Paralysie flasque sans amyotrophie, diffuse, symétrique - Paresthésies : surtout au niveau des membres
- Atteinte des membres inférieurs puis les membres supérieurs, - Douleurs musculaires profondes
ensuite les muscles du tronc, muscles respiratoires, muscles de la - Déficits sensitifs discrets
nuque, et muscles pharyngés Troubles neurovégétatifs
- ROT sont abolis - L’atteinte respiratoire est de mauvais Pc
- Paralysie des nerfs crâniens : une paralysie de la phonation et de la - Poussées d’HTA, Troubles du rythme
déglutition (IX, XI), Paralysie oculomotrice + (diplopie isolée) - Troubles sphinctériens + (rétention d’urine, dysurie)
129
4- Phase de récupération
- 1 - 6 mois
- Dans 80% des cas : récupération complète vers 12 mois
- Les séquelles sont modérées et entravent peu ou pas l’activité physique
- Remarque : Il existe d’autres formes à côté de la forme typique la plus fréquente : Formes trompeuses, Formes axonales de
mauvais pronostic
d- Paraclinique :
Ponction lombaire : Étude du LCR Électromyographie (EMG)
- Compte cellulaire - Révèle la nature démyélinisante des lésions
- Taux de protéines (albumine) caractéristiques du SGB. Elle montre :
- Dissociation albuminocytologique : • Des signes de neuropathie démyélinisante
• Élévation de la protéinorachie (0,8 à 2g/l) segmentaire
• Réaction cellulaire nulle ou faible • Diminution des vitesses de conduction
sensitives et motrices
• Allongement des latences distales
- EMG peut être normal au début, Anomales
maximales à 3 semaines
e- Traitement et évolution :
Symptomatique Spécifique
- Hospitalisation - Objectifs :
- Surveillance ++++ • Limiter l’extension des paralysies
- Kinésithérapie • Favoriser la récupération motrice
- Supprimer l’alimentation orale au moindre trouble de la • Diminuer les séquelles
déglutition - Immunoglobulines (Ig IV) : 0,4 g/kg/jour pendant 5 jours
- Traitement symptomatique, ventilation mécanique… - Échange plasmatique
Évolution
Spontanée vers la guérison est la règle, cependant le pronostic vital et fonctionnel respiratoire peut être mis en jeu.
130
V- Conduite à tenir devant une PFA :
1- Hospitalisation
2- Déclaration Pour recherches virologiques car système de surveillance épidémiologique
obligatoire
3- Anamnèse doit - État vaccinal - Affections médicales préexistantes
rechercher : - Prise de médicaments - Exposition aux toxiques
- Existence des symptômes identiques dans la famille - Mode d’installation des paralysies
4- Examen - Mise en évidence du syndrome neurogène périphérique : déficit moteur flasque + ROT abolis.
clinique - Analyse Topographique du syndrome neurologique : permet de situer le niveau d’atteinte lésionnel
- Examen somatique complet permet d’orienter vers certaines étiologies
- EMG : Permet d’établir le niveau d’atteinte (corne antérieure, radiculaire, plexus, nerfs périphériques)
et d’établir un pronostic
- Autres examens : si suspicion de polyneuropathies secondaires : NFS – VS – fonction rénale glycémie,
sérologie HIV
6- Traitement - Mesures symptomatiques +++
- Traitement spécifique variable en fonction de l’étiologie
Conclusion :
- Les PFA représentent un motif peu fréquent d’hospitalisation en pédiatrie.
- Leur prise en charge pose, toutefois, des problèmes diagnostiques, pronostiques et thérapeutiques.
- La déclaration des PFA est obligatoire et doit être faite dès l’admission des malades.
- Afin d’assurer un système de surveillance épidémiologique actif et efficace.
131
Chapitre 5 : Endocrinologie, neurologie et hématologie
III- Physiopathologie :
L’anémie est un syndrome qui relève de nombreuses causes, 3 grands mécanismes en sont responsables :
1- Un trouble de la production entraînant une anémie 2- Un excès de destruction ou hyper hémolyse entraînant
arégénérative une anémie régénérative
- Soit par anomalie de production : déficit en un des - Hyperhémolyse constitutionnelle :
facteurs nécessaires à l’érythropoïèse : • Déficit enzymatique (G6PD, Pyruvate kinase)
• Défaut de fer : par carence ou par mécanisme • Anomalie de la membrane du GR (Microsphérocytose
inflammatoire (déviation de l’utilisation du fer) héréditaire ou maladie de Minkowski-Chauffard)
• Acide folique : en cas de malabsorption • Anomalie de l’hémoglobine
• Vit B12 : permettant la synthèse d’ADN - Hyperhémolyse acquise : agression des GR
• Érythropoïétine : en cas d’IR chronique • Immunologique : auto-immune, allo-immune
• Autres : vitamines B, C, protéines (malnutrition) • Mécanique : syndrome hémolytique et urémique
- Soit par diminution de production : - Infectieuse : septicémie
• Insuffisance médullaire 3- Par perte exagérée de sang
• Envahissement de la moelle osseuse par des cellules - Aigue : anémie régénérative
anormales - Chronique (perte de fer) : anémie arégénérative
V- Principales étiologies :
1- Anémie microcytaire :
- Une anémie est microcytaire lorsque le VGM est ≤ 80 μ3.
- L’anémie microcytaire est généralement due à une synthèse insuffisante d’hémoglobine.
- Les anomalies de synthèse de l’hémoglobine peuvent impliquer l’un ou l’autre des 2 constituants : hème et globine.
• Anomalie de synthèse de l’hème :
§ Insuffisance d’apport en fer : carence martiale
§ Trouble de l’utilisation du fer par le GR : états inflammatoires
• Anomalie de synthèse de la globine : thalassémies mineures
- L’anémie est hypochrome lorsque la TCMH est < 27 pg.
- Les anémies hypochromes microcytaires sont fréquentes chez l’enfant, elles sont dominées par les carences martiales.
133
Diagnostic
- Interrogatoire orienté
- Examen clinique complet
- Bilan biologique => anémie hypochrome microcytaire sidéropénique (hyposidérémique)
• Hémogramme : il s'agit d'une anémie microcytaire et hypochrome
• Fer sérique : la sidérémie est basse, inférieure à 10 μmol/l. La capacité totale de fixation de la transferrine est
augmentée et le coefficient de saturation est diminué parallèlement au fer sérique.
• Ferritine sérique : Sa diminution est le témoin le plus précoce d'une carence martiale et son taux normal entre 6 mois
et 2 ans, est de l'ordre de 30 ng/ml.
Traitement
Traitement préventif Traitement curatif
- La mère doit avoir un apport de fer suffisant durant la - La VO est la voie habituelle et on peut utiliser différents
grossesse sels de fer (Gluconate, Fumarate, Ascorbate, sulfate, ...).
- L'allaitement maternel doit être recommandé - Prescription de fer per os :
- Les nouveau-nés à risque (hypotrophe, prématuré) • Traitement d'attaque : 5 à 10 mg/kg/j de fer élément en 2
doivent être supplémentés pendant 3 mois. à 3 prises à distance des repas. Ce traitement est en règle
- Diversification alimentaire à temps, fortification de la poursuivi pendant 2 mois.
farine • Traitement de consolidation : il est recommandé de faire
- Éviter les pertes excessives de fer : traiter les maladies un relais (3 à 5 mg/kg/j de fer élément) pendant 2 à 3
parasitaires, hémorragies lors d'une gastro-entérite. mois pour reconstituer le stock de fer.
Traitement d'une étiologie
b- Anémie inflammatoire :
- Par trouble de l’utilisation du fer
- Une balance de fer équilibrée mais un défaut de distribution du fer à l’érythroblaste (fer sérique bas, ferritine normale
ou élevée, syndrome inflammatoire associé)
- Il s’agit d’une anémie hypochrome microcytaire à ferritinémie normale ou élevée
c- Anémies sidéroblastiques.
d- Thalassémie mineure :
- Élévation de l'hémoglobine A2.
- C’est la seule forme clinique d’une anémie hémolytique qui s’accompagne d’une microcytose.
2- Anomalies de l’hémoglobine :
a- Les thalassémies :
- Les thalassémies sont des anémies héréditaires. Elles se caractérisent par une diminution ou une absence de synthèse
des chaines alpha (alpha thalassémies) ou des chaines béta (béta thalassémies) de l'hémoglobine. Les autres chaines
sont normales. Elles se transmettent selon un mode autosomique récessif.
- La Thalassémie homozygote ou maladie de Cooley : habituellement diagnostiquée entre 6 mois et 2 ans. Elle est
fréquente au Maroc.
Clinique Bilan Traitement
- Pâleur - Hémogramme : anémie majeure (4 à 7 g/dl) - Transfusions régulières pour
- Ictère conjonctival - Hypochromie et microcytose avec des maintenir un taux d'Hb > 10 g/dl
- Splénomégalie réticulocytes normaux ou élevés +++ - Chélation du fer pour éviter son
- Le faciès est particulier : - Sidéremie et ferritinémie élevées dépôt dans les tissus
élargissement des os - Signes biologiques d’hémolyse (bilirubine libre - Splénectomie si SMG volumineuse
malaires, hypertélorisme, élevée, haptoglobine basse) avec un hypersplénisme
aplatissement de la base - Électrophorèse de l’hémoglobine : permet - Transplantation médullaire
du nez d’établir le diagnostic allogénique : seul traitement radical
- Retard staturo-pondéral • Hémoglobine F = 50 à 95 % (élevée)
• Hémoglobine A = 5 à 45 %
• Le taux d’Hb A2 est normal ou augmenté
135
b- La drépanocytose ou hémoglobinose S ou anémie falciforme :
- Maladie à transmission autosomique récessive.
- L’hémoglobine anormale = hémoglobine S (Sickle) est responsable de la déformation du GR en faucille d’où la
dénomination d’anémie falciforme. En situation d’hypoxie, cette hémoglobine se polymérise et entraine des
microthromboses au niveau des tissus responsables de micro-infarcissements.
- Forme homozygote : drépanocytose SS
Clinique Bilan Traitement
- Crises douloureuses vaso-occlusives - Hémoglobine : entre 6 et 10 g/dL - Hyperhydratation
nommées crises drépanocytaires - Réticulocytose : élevée entre 200 000 et - Antalgiques : de palier
- Signes d'anémie hémolytique : 600 000/mm3. adapté à l’évaluation de
• Pâleur avec subictère. - Le frottis sanguin montre de nombreuses la douleur
• Splénomégalie : constante et modérée cellules falciformes. Le test de - Transfusions
jusque l'âge de 5 ans. Elle involue par falciformation est positif. - Acide folique (activité
la suite vue les infarctus spléniques. - L’électrophorèse de l’hémoglobine, régénérative de la moelle
• Anémies nécessitant une transfusion confirme le diagnostic et met en évidence : osseuse)
d’urgence en cas de crises de • Une fraction majeure : l'Hb S > 90 % +++ - Antibiothérapie adaptée
déglobulisation • Une fraction mineure : l'Hb A2 2 - 3.5% en cas d’infection
• Hyperthermies de cause infectieuse : • L'absence d'Hb A+++
susceptibilité accrue aux infections par
les germes encapsulés
3- Enzymopathies érythrocytaires :
1- Le déficit en G6PD 2- Le déficit en pyruvate
kinase (PK)
- Maladie héréditaire à transmission récessive liée à X. La majorité des enfants porteurs - Déficit rare, de
de ce déficit n'ont pas d'anémie. Mais la maladie souvent révélée à l’occasion d’une transmission autosomique
ingestion de fèves ou d’un agent médicamenteux oxydant qui déclenchent une récessive ou dominante
hémolyse aigue : - Anémie hémolytique
• Pâleur d’installation brutale chronique
• Céphalées - Diagnostic : Absence ou
• Douleurs abdominales et lombaires diminution importante de
• Hémoglubinurie (urines de couleur rouge sombre, coca cola ou porto) l'activité enzymatique PK
• Puis l'ictère devient évident avec une splénomégalie modérée. - Traitement : des
- Le diagnostic est confirmé par dosage de la G6PD intra-erythrocytaires qui est abaissée. transfusions sont souvent
- Traitement : nécessaires en raison de
• Transfusion et traitement symptomatique lors de la déglobulisation sévère (crise l'hémolyse. La
hémolytique aigue) splénectomie est indiquée
• En dehors des crises, l'enfant est asymptomatique. en cas de splénomégalie
• Le traitement est surtout préventif : exclusion des fèves et certains aliments, proscrire avec hypersplénisme.
les médicaments oxydants dont la liste doit être remise aux parents +++.
136
Chapitre 5 : Endocrinologie, neurologie et hématologie
I- Démarche diagnostique :
1- Reconnaitre le purpura :
- Il existe 3 formes de purpura :
• Pétéchial ou pétéchies
• Ecchymotique ou ecchymoses
• Les vibices
- De couleur rouge violacée, peuvent être planes ou en relief
- De taille variable, parfois à peine visibles de la taille d’une tête d’épingle
- Ne disparaissant pas à la vitro-pression : la mise sous tension de la peau entre 2 doigts ne permettant pas de faire
disparaitre la lésion au contraire d’une lésion érythémateuse (macule, papule) où la vitro-pression fait disparaitre
transitoirement la lésion.
- Peuvent survenir spontanément ou être provoquées par un traumatisme minime
- Elles mesurent environ 2- 4 cm
- De couleur bleutée
- Elles disparaissent en quelques jours en changeant de couleur et en passant par les différentes teintes de le biligénie
(l’extravasation étant une extravasation d’hématies, la disparition de la lésion passe par les différentes phases de
dégradation de l’hème)
- Elles sont planes sans collection ce qui permet de les différencier d’un hématome des parties molles
- Les vibices sont des stries linéaires aux plis de flexion.
- Le purpura peut être isolé ou associé à d’autres manifestations hémorragiques :
• Epistaxis et gingivorragies,
• Hémorragies digestives, urinaires, conjonctivales, cérébro-méningées...
- Il convient d’éliminer :
• Les éruptions s’effaçant à la vitro-pression tels que l’érythème des maladies éruptives (rougeole, rubéole...)
• Les télangiectasies qui sont des dilatations pulsatiles et anormalies des petits vaisseaux.
• Les angiomes
• Les piqures d’insectes
• Les ecchymoses dans le cadre d’un syndrome de Silvermann (maltraitance de l’enfant)
137
3- Faire un examen clinique complet à la recherche de :
- Caractéristiques et description du purpura
- Signes infectieux : hyper ou hypothermie, troubles hémodynamiques
- Syndrome anémique (pâleur)
- Signes ostéo-articulaires : arthrite, arthralgies...
- Signes cutanéo-muqueux : angiomes sous cutanés, hémorragies des muqueuses, infiltration cutanée ou gingivale
- Organomégalie (splénomégalie, hématomégalie ou polyadénopathie)
- Examen du fond d’œil à la recherche d’une hémorragie rétinienne
- Anomalies morphologiques (dysmorphie faciale, anomalies des membres...)
- Recherche d’une hématurie et d’une protéinurie en utilisant des bandelettes urinaires
5- Examens complémentaires :
a- Hémogramme avec numération plaquettaire b- Prélèvements infectieux en urgence en cas de suspicion
de purpura infectieux
- Permet d’identifier les purpuras avec thrombopénie - Hémoculture +++
• Taux normal de plaquettes compris entre 150 et 400 - Ponction lombaire (qui peut être différée après le début
éléments/mm3 du traitement en cas d’altération de l’état général ou
• Manifestations hémorragiques chez l’enfant surtout si d’instabilité hémodynamique).
plaquettes < 50 éléments/mm3 - CRP (C reactive proteine), ECBU...
• Risque hémorragique spontané grave (risque c- Groupage érythrocytaire, en prévision d’une éventuelle
hémorragique cérébral) si plaquettes < 20 transfusion
éléments/mm3. d- Bilan complet de coagulation à la recherche de signes de
- Permet d’apprécier les autres lignées sanguines : CIVD
• Anémie et son type (par phénomène hémorragique ou - Taux de Prothrombine (TP),
par atteinte de la lignée érythrocytaire) - Fibrinogénémie,
• Anomalie de la lignée leucocytaire. - Temps de Céphaline Activée (TCA).
e- Examens plus spécifiques à l’étiologie suspectée ou affirmée
- Myélogramme (origine centrale de la thrombopénie)
- Bilan immunologique (test de Coombs plaquettaire)
- Étude des fonctions plaquettaires par un laboratoire spécialisé (en cas de suspicion d’une thrombopathie).
II- Étiologies :
- 3 groupes étiologiques du purpura sont à retenir :
• Purpura thrombopénique
• Purpura vasculaire
• Purpura thrombopathique
- 3 étiologies sont importantes à retenir soit à cause de leur fréquence ou de leur gravité :
• Le purpura fulminans
• Le purpura thrombopénique immunologique
• Le purpura rhumatoïde
1- Le purpura thrombopénique :
ð On parle de thrombopénie si le taux de Plaquettes est < 150 000/mm3 sur deux hémogrammes successifs.
ð Le myélogramme permet de différencier une thrombopénie centrale d’une thrombopénie périphérique.
138
a- Thrombopénie par destruction excessive :
Caractérisés par :
- Une moelle osseuse riche en mégacaryocytes
- Une durée de vie des plaquettes diminuée
140
d- Autres causes de purpuras vasculaires
- Après administration de médicaments (pénicillines, sulfamides, hydantoïnes, quinidine, dérivés iodés, inhibiteurs calciques,
sérums et vaccins...). Dans ce cas le purpura est associé à d’autres éléments éruptifs et à une hyper-éosinophilie.
- Au cours d’affections auto-immunes
- Maladies du collagène/ maladie d’Ehlers-Danlos
3- Le purpura thrombocytopathique :
- Le syndrome hémorragique, de gravité variable, est dû à un déficit d’une ou de plusieurs des fonctions d’adhésion, de
sécrétion et d’agrégation plaquettaire.
- Deux tests sont essentiels : TS et agrégation du plasma citraté riche en plaquettes en présence de différents agonistes.
a- Thrombopathies constitutionnelles
Thrombasthénie de Glanzman Dystrophie thrombocytaire hémorragipare (Bernard-
Soulier)
- Thrombopathie par défaut d’agrégation par diminution ou absence - Thrombopathie par trouble de l’adhésion des
de fixation du fibrinogène par déficit quantitatif et ou qualitatif du plaquettes lié à la diminution ou l’absence de
complexe glycoprotéique IIb-IIIa glycoprotéine Ib/IX
- Transmission autosomique récessive - Transmission autosomique récessive, manifestations
- Purpura chronique débutant dans la petite enfance hémorragiques sévères et précoces dans les 1ers mois
- Hémorragies surtout muqueuses intéressant la sphère ORL chez le de vie
petit enfant, digestives, ménométrorragies Thrombopathies par défaut d’activation et ou de
- Taux de plaquettes normal, TS allongé et absence d’agrégation libération
plaquettaire à tous les agents agrégants - Syndrome du pool vide
- En cas d’hémorragie grave, la transfusion de plaquettes est - Syndrome des plaquettes grises
efficace. Les hémorragies s’atténuent chez l’enfant plus âgé et le - Anomalies des flux calciques,
traitement hormonal pour bloquer les menstruations est souvent - Anomalies du métabolisme de l’acide arachidonique
nécessaire chez la fille pubère.
b- Thrombopathies acquises
- Causes médicamenteuses (AAS et AINS, pénicillines, céphalosporines)
- Au cours de certaines maladies : insuffisance rénale chronique, défaillance hépatique, leucémie granuleuse...
141
Chapitre 5 : Endocrinologie, neurologie et hématologie
I- Épidémiologie :
- Fréquence : les cancers de l’enfant sont rares, constituant environ 1 pour 100des cancershumains, ils représentent cependant
la première cause de mortalité de l’enfant dans les pays développés. L’incidence est de 10 nouveaux cas pour 10000 enfants de
moins de 16 ans. Au Maroc, selon le registre du cancer du grand Casablanca, on estime que 1000 enfants de moins de 15 ans
et 1200 enfants de moins de 18 ans sont atteints de cancer chaque année.
- Les étiologies sont mieux connues :
• Le rôle de l’environnement est au mieux démontré dans le lymphome de Burkitt à localisation maxillaire initiale qui est lié
à des facteurs géographiques précis (pluviométrie, latitude, altitude, taux d’humidité) associés à certaines conditions
socioculturelles, certaines habitudes comme le tabagisme (actif ou passif) sont reconnues coupables de cancer depuis
plusieurs décennies. Parmi les virus tenus pour responsables de cancer, le virus Epstein-Barr est le mieux connu (Lymphome
de Burkitt, Cancer du Cavum ou UCNT, Maladie de Hodgkin). Le rôle des radiations dans la survenue des cancers a été
démontré à l’occasion des accidents nucléaires.
• La génétique tient actuellement une place dans plusieurs cancers de l’enfant. 40 % des rétinoblastomes bilatéraux sont
reconnus relevant d’une hérédité mendélienne.
• La connaissance de l’épidémiologie des cancers revêt une importance cruciale pour l’identification des facteurs étiologiques
et le développement de programmes de prévention, de diagnostic précoce ou de traitements adaptés.
- Les cancers les plus fréquents chez l’enfant sont les leucémies aigues. Par ordre de fréquence suivent les tumeurs
cérébrales, les lymphomes (maladie d’Hodgkin et lymphomes non hodgkinien), le néphroblastome (tumeur du rein), le
neuroblastome (tumeur du système nerveux sympathique), le rétinoblastome (tumeur de la rétine), les tumeurs
mésenchymateuses malignes (le rhabdomyosarcome en est le plus fréquent), les tumeurs osseuses (ostéosarcome et tumeurs
d’Ewing) …
ð Les retards au diagnostic des cancers de l’enfant sont fréquents car les signes sont généralement non spécifiques et
souvent intriqués : une douleur osseuse est souvent mise sur le compte d’un traumatisme ou d’une douleur de croissance,
un gros ventre, une fièvre trainante, une fatigabilité, des troubles visuels, des difficultés scolaires...
142
2- Approche du diagnostic du cancer de l’enfant :
L’approche du diagnostic du cancer de l’enfant est différente selon qu’il s’agisse d’une leucémie ou d’une tumeur solide.
143
7- Les soins de support (supportive care)
- Sont parmi les éléments qui ont participé le plus au développement de l’oncologie pédiatrique. Ils permettent d’accompagner
les symptômes de la maladie et les effets secondaires du traitement essentiellement de la chimiothérapie.
- La transfusion : Les techniques transfusionnelles sont plus sûres, plus spécifiques
- Les techniques de réanimation métabolique permettent d’affronter plus aisément les situations d’urgence métabolique
provoquées par le démarrage de la chimiothérapie chez les malades ayant une masse tumorale importante (ex : leucémies
aigues hyperleucocytaires, lymphomes de Burkitt...) : C’est le syndrome de lyse Tumorale.
- Le traitement des infections fait appel à des protocoles antibiotiques adaptés à l’écologie bactérienne et microbiologique de
chaque centre. L’utilisation de facteurs de croissance hématopoïétiques (G-CSF) permet de raccourcir la durée de la
neutropénie et de respecter les intervalles entre les cures de chimiothérapie.
- Le traitement de la douleur est un impératif dans les services d’oncologie pédiatrique : douleur liée à la maladie ou la
douleur liée aux gestes diagnostiques et thérapeutiques invasifs.
- Le support nutritionnel : traitement des troubles digestives et nutritionnels occasionnés par la tumeur et la chimiothérapie
fait souvent appel, au début du moins, à la nutrition parentérale.
- Le traitement et la prévention des vomissements : Certaines drogues de chimiothérapie étant très émétisantes.
IV- Pronostic :
- L’évolution sans traitement est toujours fatale en quelques semaines ou quelques mois. En revanche, les tumeurs de l’enfant
sont très sensibles au traitement et on peut assister à des fontes tumorales spectaculaires en quelques jours sous l’effet de la
chimiothérapie.
- Le pronostic initial a bénéficié d’une meilleure connaissance de critères précis dans chaque type de cancer, ceci permettant
d’alléger le traitement des formes de bon pronostic et d’alourdir celui des formes de mauvais pronostic.
Conclusion :
Le cancer de l’enfant reste une pathologie rare dans la pratique médicale. Son mode d’expression clinique est varié et peu
spécifique ce qui contribue aux difficultés d’approche des patients. Le diagnostic précoce revêt une grande importance. Les taux
de survie sont en effet étroitement corrélés au stade d’extension de la maladie qui est lui-même dans la majorité des cas corrélé à
la durée d’évolution avant le diagnostic. Le pédiatre ou le médecin généraliste devra savoir relever les signes pouvant être en
rapport avec un cancer. Des investigations sommaires doivent être préconisées et le patient adressé à un centre de référence pour
la prise en charge par une équipe pluridisciplinaire.
144
Chapitre 5 : Endocrinologie, neurologie et hématologie
II- Épidémiologie :
Les leucémies aiguës représentent 30% des cancers de l’enfant âgés de moins de 15 ans. La fréquence est variable selon le
type : LAL = 75% et LAM = 15 à 20% (l’inverse chez l’adulte). Les LA se voient dans les deux sexes et à tous les âges, y
compris à la naissance.
III- Étiologies :
- Aucune étiologie n’est retrouvée dans 90% des cas.
- Dans les autres cas, ce sont des facteurs à risque. On peut citer :
• Trisomie 21 • Maladie de Fanconi • Déficits immunitaires • Leucémie myéloïde chronique
• Radiations ionisantes • Benzène ; hydrocarbures ; solvants ; pesticides
• Radiothérapie et chimiothérapie (alkylants, étoposide) • Virus (ex : Epstein Barr Virus ; HTLV-1)
146
1- Traitement préparatoire à la chimiothérapie et prise en charge immédiate des urgences vitales :
Dans certains cas de LA des mesures thérapeutiques initiales sont nécessaires pour prévenir les complications vitales telles
que : le syndrome de lyse tumorale ; le syndrome cave supérieur ; la leucostase pulmonaire ou cérébrale ; la CIVD ; le
syndrome hémorragique et/ou un syndrome infectieux sévère.
- Hyperdiurèse alcaline, durant 3 jours ou jusqu’à la normalisation de l’uricémie. L’hyperhydratation est à poursuivre jusqu’à
la disparition de l’hyperleucocytose et/ou du syndrome tumoral, soit en moyenne 3 à 7 jours. Elle se fait par voie IV ou VO.
- Prévention de l’hyperuricémie par l’allopurinol (Zyloric®) ou l’urate oxydase (l’Uricozyme®)
- Déparasitage par le métronidazole, le triméthoprime- sulfamétoxazole et Albendazole.
- Soins de bouche et traitement de toute porte d’entrée ou infection patente.
5- Mesures adjuvantes :
- Transfusion de concentrés érythrocytaires et plaquettaires selon les données de l’hémogramme
- Prévention et traitement des infections
- Soutien psychologique et social du patient, de ses parents, de sa fratrie et de son entourage.
6- Rechutes :
- Les rechutes peuvent être médullaires (30% des cas), neuroméningées (5-10% des cas) testiculaires (5%), ovariennes (1-2%)
et/ou oculaires.
- Les rechutes se manifestent le plus souvent par des anomalies de l’hémogramme, l’apparition de douleurs osseuses, une
intolérance au traitement d’entretien, une hypertension intracrânienne, une atteinte des nerfs crâniens, une prise de poids
importante et/ou une augmentation du volume d’un testicule.
- La thérapie cellulaire demeure en général le seul espoir de guérison de ces rechutes.
147
7- La réponse à la chimiothérapie
Les enfants dont la leucémie répond rapidement au traitement (la chimiothérapie) ont un meilleur pronostic que ceux dont la
leucémie ne répond pas rapidement ou qui ne sont pas en rémission à la fin du traitement d’induction.
Conclusion :
- La leucémie aiguë est une maladie à plusieurs facettes qui diffèrent par le type de prolifération blastique, la présentation clinique
initiale, l’approche thérapeutique et l’évolution.
- Elle est curable grâce à l’adaptation de l’intensité du traitement aux facteurs de risque.
- En règle générale, il est aisé pour tout praticien de reconnaître une LA devant l’un des signes de l’insuffisance médullaire et / ou
les anomalies de l’hémogramme. Néanmoins, il demeure indispensable de confier initialement au spécialiste toute LA, afin qu’il
détermine le pronostic et définisse le protocole de prise en charge. Par la suite, une collaboration avec le pédiatre ou le médecin
de proximité est nécessaire afin de mener le traitement dans les conditions les plus confortables pour l’enfant et sa famille.
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