Le capteur photovoltaïque : principe, matériaux
et limites
bleu:Malak
rouge:Chahd
vert: Amira
noir:Ghali
Introduction
Accroche
En une seule heure, le Soleil envoie sur la Terre assez d’énergie pour couvrir les besoins
énergétiques de toute l’humanité pendant une année entière.
Pourtant, en 2019, l’énergie solaire ne représentait que 4 % de la production mondiale
d’électricité, et elle n’atteindra qu’environ 8 % en 2023.
Ce paradoxe illustre à la fois le potentiel immense du rayonnement solaire et les défis liés à sa
conversion.
Présentation du Sujet et Définition
Un capteur photovoltaïque est un dispositif capable de convertir directement l’énergie
lumineuse du Soleil en énergie électrique, grâce à l’effet photovoltaïque. Mais Comment un
capteur photovoltaïque transforme-t-il l’énergie lumineuse du Soleil en énergie électrique, et quels
sont les facteurs qui limitent son rendement ?
Annonce du Plan
Pour répondre à ces questions, nous commencerons par expliquer le principe de conversion de la lumière
en électricité grâce à une cellule photovoltaïque (1). Ensuite, nous discuterons de l’importance du choix
du semi-conducteur employé :(2). Enfin, nous présenterons les limites théoriques du rendement d’une
cellule photovoltaïque simple et quelques pistes d’optimisation (3)
I. Principe de conversion lumière-électricité (3 min 30 s)
A. Le phénomène physique fondamental (Amira)
(Doc 1)
Le fonctionnement d’un capteur photovoltaïque repose sur les propriétés des matériaux semi-conducteurs.
Le document 1 rappelle qu’un semi-conducteur a un comportement intermédiaire entre un conducteur et
un isolant. Contrairement à un conducteur où les électrons peuvent circuler librement, un isolant possède
un gap (écart énergétique) très large qui empêche le passage du courant. Un semi-conducteur, lui, a un gap
suffisamment faible pour que des électrons puissent passer de la bande de valence à la bande de conduction
lorsqu’ils reçoivent de l’énergie – par exemple l’énergie des photons de lumière (Doc 1). Autrement dit, sous
l’effet de la lumière, un semi-conducteur peut temporairement devenir conducteur et laisser circuler un
courant électrique.
B. Le fonctionnement de la cellule à jonction (Malak)
(Doc 2)
Pour convertir le flux de photons solaires en courant exploitable, on utilise une jonction PN au sein du
semi-conducteur (document 2). Concrètement, on assemble deux couches de silicium dopé différemment :
l’une de type n (dopée avec un élément donneur, excès d’électrons) et l’autre de type p (dopée avec un
élément accepteur, excès de « trous » c’est-à-dire déficit d’électrons). Le contact p-n crée une zone de
jonction qui agit en quelque sorte comme les deux pôles d’une petite pile, créant un champ électrique
interne orienté de la couche p vers la couche n. Lorsque les photons du Soleil atteignent la couche n, ils
fournissent aux électrons l’énergie nécessaire pour franchir la jonction et rejoindre les fils conducteurs reliés
au circuit électrique extérieur (Doc 2). La circulation des électrons vers l’extérieur est compensée par le
déplacement des trous (charges positives) vers la couche p, ce qui assure la continuité du courant dans le
circuit. Ainsi, grâce à la lumière, des électrons sont arrachés du matériau et mis en mouvement dans un
circuit : c’est le courant électrique délivré par la cellule photovoltaïque. Ce phénomène de conversion de la
lumière en électricité est appelé effet photovoltaïque. À titre d’illustration, le document 2 montre qu’une
lampe reliée à la cellule s’allume sous l’effet de ce courant. À noter qu’une cellule solaire individuelle ne
produit qu’une tension d’environ 0,5 V : on assemble donc typiquement des dizaines de cellules en série
dans un panneau pour obtenir une tension plus élevée et exploitable.
II. Importance du choix du semi-conducteur (2 min 30 s)
A. (Ghali)
(Docs 3 & 5)
Le choix du matériau semi-conducteur est crucial pour maximiser l’efficacité du capteur. Il doit en effet être
adapté au spectre de la lumière solaire qu’il va absorber. D’après le document 3, le rayonnement du Soleil
s’étend des ultraviolets jusqu’à l’infrarouge, avec un maximum d’émission dans le visible pour un
lamda avoisinant les 500 nm ,mais le rayonnement est partiellement filtré par l’atmosphère :
certains gaz comme l’ozone, la vapeur d’eau et le dioxyde de carbone absorbent une partie
des ultraviolets et des infrarouges (Doc 3). Un bon semi-conducteur pour une cellule solaire doit donc
absorber efficacement la partie du spectre où l’intensité lumineuse est la plus élevée (principalement le
visible et le proche infrarouge).
Le document 5 illustre cette notion en montrant les courbes d’absorption de plusieurs semi-conducteurs en
fonction de la longueur d’onde (Doc 5). Chaque matériau n’absorbe les photons que jusqu’à une certaine
longueur d’onde limite, déterminée par la valeur de son gap. Par exemple, le germanium (Ge), dont le gap est
très faible (~0,7 eV), possède la bande d’absorption la plus étendue (il absorbe jusqu’à l’infrarouge lointain),
alors qu’à l’inverse le CdS (sulfure de cadmium, gap ~2,4 eV) n’absorbe que le domaine UV-visible. plus le
gap du semi-conducteur est faible, plus son domaine d’absorption s’étend vers les grandes longueurs d’onde,
jusqu’à l’infrarouge (cas du germanium, Ge). À l’inverse, un gap plus élevé (comme celui du CdS ou du
GaAs) limite l’absorption aux courtes longueurs d’onde, c’est-à-dire à la lumière visible ou ultraviolette.
Il faut trouver un compromis : un gap ni trop petit ni trop grand, de manière à couvrir une large part du
spectre solaire sans pour autant gaspiller l’excès d’énergie des photons en chaleur.
B. Le compromis économique (Chahd)
(Doc 6)
Au-delà des considérations purement physiques, des critères économiques entrent en jeu dans le choix du
matériau. Le document 6 compare le coût de quelques semi-conducteurs par rapport à celui du silicium
(Doc 6). Le silicium sert de référence (coût relatif 1). On voit ainsi que certains matériaux prometteurs sont
bien plus onéreux que le silicium. Par exemple, le germanium coûte environ ×4, l’InP (phosphure
d’indium) ~×8, et le GaAs (arséniure de gallium) jusqu’à ×10 (Doc 6). Ces coûts élevés expliquent que le
silicium – abondant, bon marché et ayant un gap acceptable – demeure le semi-conducteur le plus utilisé
dans les panneaux solaires actuels, malgré un rendement théoriquement inférieur à celui d’autres matériaux.
III. Limites théoriques et pistes d’optimisation (2 min)(Amira)
Même en choisissant au mieux le matériau, le rendement d’une cellule photovoltaïque à simple jonction est
plafonné par des limites fondamentales. Le document 4 indique que le rendement maximal théorique
d’une cellule en silicium (gap ~1,1 eV) est d’environ 33 % (Doc 4). C’est la limite de Shockley-Queisser.
Cette limite s’explique par deux causes principales :
(1) les photons les plus énergétiques perdent une partie de leur énergie au-dessus du gap sous forme de
chaleur au lieu d’être convertie en électricité,
(2) les photons trop peu énergétiques (en dessous du gap) ne sont pas absorbés par le semi-conducteur
et n’apportent donc aucune contribution (Doc 4).
En outre, d’autres pertes pratiques (par exemple la réflexion d’une partie de la lumière, les résistances
internes…) interviennent. Ainsi, les meilleures cellules commerciales ont aujourd’hui un rendement de
l’ordre de 20 à 25 %, en deçà de la limite théorique (Doc 4).
Pour dépasser le plafond d’environ 33 %, une piste d’optimisation consiste à utiliser des cellules
multi-jonctions, constituées de plusieurs couches de semi-conducteurs différents. Chaque couche, ayant
un gap spécifique, absorbe une portion différente du spectre solaire : par exemple, une cellule
triple-jonction peut combiner du GaAs, de l’InP et du Ge afin que chaque matériau convertisse
efficacement une partie du spectre (du visible jusqu’à l’infrarouge). Cette architecture multi-couches permet
d’atteindre des rendements bien plus élevés – au-delà de 40 % dans les conditions de laboratoire – car elle
réduit les pertes par chaleur et par non-absorption des photons. L’enjeu restant est d’ordre
technico-économique : ces dispositifs sophistiqués sont plus coûteux et complexes à fabriquer, ce qui
réserve pour l’instant leur usage à des applications spécifiques (par exemple pour les satellites spatiaux).
Conclusion (1 min)(Malak)
En conclusion, un capteur photovoltaïque fonctionne grâce à un semi-conducteur à jonction PN qui
convertit l’énergie lumineuse en électricité (effet photovoltaïque). Le choix du matériau détermine la part
du spectre solaire exploitable ; aujourd’hui c’est surtout le silicium qui s’impose, car il offre un compromis
satisfaisant entre efficacité et coût de production. Néanmoins, le rendement d’une cellule simple reste
limité (≈33 % maximum théorique – Doc 4) en raison de la physique des semi-conducteurs et de la
distribution du spectre solaire. Pour aller au-delà, la recherche explore des solutions innovantes comme les
cellules multi-jonctions ou de nouveaux matériaux (par exemple des pérovskites combinées au silicium).
Ces avancées laissent entrevoir des panneaux solaires toujours plus performants et compétitifs, accélérant
la transition vers des énergies durables.