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Modèle Zero Trust: Les Fondamentaux

Le document de l'ANSSI, intitulé « Modèle Zero Trust », présente les principes fondamentaux du modèle Zero Trust, visant à réduire la confiance implicite lors de l'accès aux systèmes d'information. Il souligne l'importance d'une évaluation dynamique et régulière des utilisateurs et des contextes d'accès, tout en intégrant ce modèle dans une stratégie de défense en profondeur. Les recommandations incluent des mécanismes de sécurité, des politiques de contrôle d'accès et une approche proactive face aux menaces.

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Modèle Zero Trust: Les Fondamentaux

Le document de l'ANSSI, intitulé « Modèle Zero Trust », présente les principes fondamentaux du modèle Zero Trust, visant à réduire la confiance implicite lors de l'accès aux systèmes d'information. Il souligne l'importance d'une évaluation dynamique et régulière des utilisateurs et des contextes d'accès, tout en intégrant ce modèle dans une stratégie de défense en profondeur. Les recommandations incluent des mécanismes de sécurité, des politiques de contrôle d'accès et une approche proactive face aux menaces.

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MODÈLE ZERO TRUST

LES FONDAMENTAUX
ANSSI-PA-111
20/06/2025

PUBLIC VISÉ :

Développeur Administrateur RSSI DSI Utilisateur


Informations

Attention
Ce document rédigé par l’ANSSI s’intitule « Modèle Zero Trust ». Il est téléchargeable sur le
site [Link].
Il constitue une production originale de l’ANSSI placée sous le régime de la « Licence Ouverte
v2.0 » publiée par la mission Etalab.
Conformément à la Licence Ouverte v2.0, le document peut être réutilisé librement, sous
réserve de mentionner sa paternité (source et date de la dernière mise à jour). La réutilisation
s’entend du droit de communiquer, diffuser, redistribuer, publier, transmettre, reproduire,
copier, adapter, modifier, extraire, transformer et exploiter, y compris à des fins commerciales.
Sauf disposition réglementaire contraire, les recommandations n’ont pas de caractère norma-
tif ; elles sont livrées en l’état et adaptées aux menaces au jour de leur publication. Au regard
de la diversité des systèmes d’information, l’ANSSI ne peut garantir que ces informations
puissent être reprises sans adaptation sur les systèmes d’information cibles. Dans tous les cas,
la pertinence de l’implémentation des éléments proposés par l’ANSSI doit être soumise, au
préalable, à la validation de l’administrateur du système et/ou des personnes en charge de la
sécurité des systèmes d’information.

Évolutions du document :
VERSION DATE NATURE DES MODIFICATIONS
1.0 20/06/2025 Version initiale

MODÈLE ZERO TRUST –1


Table des matières
1 Préambule 3

2 Principes généraux 4
2.1 Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Objectif du modèle Zero Trust . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3 Architecture fonctionnelle de contrôle d’accès Zero Trust . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3.1 Principes du contrôle d’accès . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3.2 Contraintes de sécurité relatives aux attributs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3.3 Descriptions des fonctionnalités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
[Link] Gérer les identités et les authentifiants . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
[Link] Gérer les données et leurs attributs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
[Link] Gérer les actifs et leurs vulnérabilités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
[Link] Détecter la menace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
[Link] Contrôler les autorisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.4 Mécanismes de sécurité pour la mise en œuvre du modèle Zero Trust . . . . . . . . . 17
2.4.1 Niveau de confiance des sujets et des équipements utilisés . . . . . . . . . . . 17
[Link] Assurance de l’identité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
[Link] Assurance du niveau d’intégrité de l’équipement . . . . . . . . . . . . 17
2.4.2 Protection des ressources . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
[Link] Protection des réseaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
[Link] Protection des applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
[Link] Protection des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.5 Principaux risques associés au modèle Zero Trust . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

3 Recommandations 23
3.1 Objectifs de sécurité et état des lieux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2 Évaluation de faisabilité et définition des besoins d’accès . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2.1 Identification des cas d’usage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2.2 Attributs de sécurité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
[Link] Identifier et appliquer les attributs de sécurité . . . . . . . . . . . . . 24
[Link] Évaluer la disponibilité et la qualité des données . . . . . . . . . . . . 24
[Link] Évaluer les contraintes pour la gestion des attributs de sécurité . . . . 25
3.2.3 Politique de contrôle d’accès . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.3 Acquisition, développement et maintenance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.4 Recommandations générales sur l’architecture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

Bibliographie 29

2 – MODÈLE ZERO TRUST


1
Préambule
Avec l’accroissement des usages liés au télétravail, à la pratique du « Bring Your Own Device »
(BYOD 1 ) et aux accès hétérogènes à des services on-premise ou dans le cloud, les produits déri-
vés du modèle Zero Trust sont promus par les éditeurs. Le principal objectif de ce modèle est de
réduire la confiance implicite accordée à un sujet souhaitant accéder au système d’information
(SI). Le contrôle d’accès logique repose alors sur :

n une évaluation dynamique et régulière du sujet cherchant à accéder à une ressource ;

n une évaluation dynamique et régulière du contexte d’accès d’un sujet incluant notamment l’état
de sécurité du poste utilisé pour réaliser ces accès ;

n la criticité en termes de disponibilité, d’intégrité et de confidentialité de la ressource accédée.


Les produits dits Zero Trust sont vus comme des solutions permettant de pallier certaines limita-
tions des mesures traditionnelles telles que la protection des flux par VPN ou le filtrage réseau par
des pares-feux périmétriques. Bien souvent, les modèles Zero Trust et de défense périmétrique sont
opposés alors qu’ils sont complémentaires et partagent de nombreux principes communs. Ainsi le
modèle Zero Trust doit être inclus dans une stratégie de défense en profondeur et il ne doit en
aucun cas être vu comme un remplacement d’une défense périmétrique.

En effet, l’idée d’une rupture entre les modèles Zero Trust et de défense périmétrique pourrait
mener à une dégradation du niveau de sécurité global des entités. Le déploiement de produits dits
Zero Trust n’est pas sans risque et doit impérativement être intégré dans une démarche globale de
maîtrise des risques. En particulier, les politiques de contrôle d’accès dans le contexte du Zero Trust
sont complexes à définir et à mettre en œuvre. Cela peut mener à un faux sentiment de sécurité
en cas d’accès illégitime autorisé à tort, ou se révéler un frein à l’opération en cas d’accès légitime
non autorisé à tort. Toutefois, si ce modèle est bien implémenté et sa configuration maintenue à
jour dans le temps, celui-ci pourrait permettre à une entité d’avoir une posture de sécurité plus
proactive face aux menaces.

Ce document a pour objectif d’apporter un éclairage, complémentaire à l’avis scientifique et tech-


nique de l’ANSSI publié en 2020 [1], sur le modèle Zero Trust et sur la manière dont il peut être mis
en œuvre progressivement dans le cadre d’une stratégie de défense en profondeur. Ce document
traite uniquement des principes généraux et des principales recommandations en la matière, et
ne se veut ni exhaustif ni détaillé sur les cas d’usage. Il ne présente pas de stratégie de migration,
dont une approche est, par exemple, proposée dans un document de la CISA [12].

1. Terme français équivalent : AVEC – Apportez votre équipement personnel de communication.

MODÈLE ZERO TRUST –3


2
Principes généraux

2.1 Glossaire
Application Programming Interface (API) Interface logique de communication d’un logiciel per-
mettant l’utilisation d’un ensemble de ses fonctionnalités par d’autres logiciels.
Assurance sécurité Ensemble d’activités permettant d’assurer la pertinence et l’efficacité des me-
sures de sécurité mises en œuvre pour couvrir les objectifs de sécurité d’un système, pro-
duit, service, ou d’une organisation. Ces activités incluent notamment la démonstration du
bon fonctionnement des mesures de sécurité et de leurs robustesses face à des tentatives de
contournements accidentelle ou intentionnelle.
Attribute-Based Access Control (ABAC) Mécanisme de contrôle d’accès reposant sur des attributs
associés au sujet demandant un accès, à la ressource devant être accédée et au contexte de la
demande d’accès du sujet (heure, lieu, équipement utilisé, etc.).
Endpoint Detection and Response (EDR) Solution de collecte et d’analyse d’évènements de sécu-
rité ayant pour but de détecter des menaces au niveau d’un équipement et de répondre de
manière automatique à certaines alertes de sécurité.
Niveau de confiance explicite (score de confiance) Estimation du niveau d’intégrité d’un utili-
sateur, composant matériel ou logiciel en opération. Cette estimation repose sur une évalua-
tion continue et dynamique (i) du niveau de conformité à la politique de sécurité de l’entité
et (ii) du niveau de menace (active ou passée) du sujet et de l’appareil utilisé pour accéder
aux ressources. Ce score ne peut pas être supérieur au niveau de confiance implicite accordé
aux fonctions et aux sources de données utilisées pour évaluer ce score.
Niveau de confiance implicite Estimation du niveau d’intégrité attendu d’un utilisateur, com-
posant matériel ou logiciel. Cette estimation prend en compte l’ensemble des mesures de
la politique de sécurité d’une entité mise en oeuvre et est déterminée indépendamment de
toute évaluation du contexte à un instant donné. Dans le modèle théorique du Zero Trust, le
niveau de confiance implicite est considéré comme nul.
Niveau de criticité Estimation, pour une ressource, de ses impacts métier au niveau de l’entité en
cas d’atteinte à ses besoins de sécurité en disponibilité (D), intégrité (I) et confidentialité (C).
Un niveau de criticité est défini par critère de sécurité DIC.
Niveau de menace explicite Estimation de la présence potentielle ou avérée d’une menace active
pouvant impacter les besoins en disponibilité, intégrité et confidentialité de l’entité.
Niveau de risque Estimation du risque, au niveau de l’entité, se basant sur le niveau de confiance
explicite de l’utilisateur et de l’équipement utilisé (vraisemblance), ainsi que sur le niveau de
criticité DIC de la ressource accédée (impact).

4 – MODÈLE ZERO TRUST


Plan de contrôle Ensemble des composants, qui dans le cadre du modèle Zero Trust, permettent la
supervision, la prise des décisions de contrôle d’accès, ainsi que la configuration des conditions
d’accès dans le plan de données.

Plan de données Ensemble des composants hébergeant les fonctions métier et permettant les
échanges des données métier selon les conditions d’accès définies par le plan de contrôle.

Ressource Entité passive contenant ou recevant des informations et sur lequel un ou des sujets
réalisent des opérations (p. ex. un équipement, un processus automatique, un fichier de don-
nées). Une ressource peut être physique ou virtuelle.

Role-Based Access Control (RBAC) Mécanisme de contrôle d’accès reposant sur le ou les rôles as-
sociés à un sujet. Un rôle représente un ensemble de permissions accordées à un sujet.

Security Information Event Management (SIEM) Solution de collecte et d’analyse d’évènements


de sécurité à partir de multiples sources au sein d’un ou plusieurs systèmes d’une entité pour
la détection des menaces.

Session Temps d’exploitation d’un canal reliant un sujet à une ressource et sur lequel circule les
actions du sujet. À l’établissement d’une session authentifiée, l’authentification du sujet per-
met de relier de façon fiable les actions circulant sur ce canal à l’identité du sujet, et d’en
assurer un suivi des états.

Sujet Utilisateur, processus automatique ou équipement actif réalisant des opérations sur une
ressource.

MODÈLE ZERO TRUST –5


2.2 Objectif du modèle Zero Trust
L’objectif principal du modèle Zero Trust est de réduire la confiance implicite accordée à un sujet
souhaitant accéder au système d’information.

Pour réduire cette confiance implicite, les contrôles doivent être granulaires, dynamiques et régu-
liers [10] :
n l’accès aux ressources doit être accordé sur la base du besoin d’en connaître ;
n l’accès doit être donné sur la base du plus faible niveau de privilège nécessaire pour réaliser la
tâche ;
n les demandes d’accès doivent être contrôlées avec la même attention quelles que soient leurs
origines (provenant de l’« intérieur » ou de l’« extérieur » de l’entité) ;
n la politique d’accès aux ressources doit inclure des attributs dynamiques s’adaptant aux compor-
tements du sujet et à son contexte d’accès (analyse comportementale de l’utilisateur, horaires
d’accès, localisation géographique, etc.) ;
n les conditions d’accès aux ressources doivent faire l’objet de réévaluations régulières.

2.3 Architecture fonctionnelle de contrôle d'accès Zero


Trust
Cette section a pour objectif de décrire de manière générale l’architecture fonctionnelle des méca-
nismes de contrôle d’accès Zero Trust et des différentes interactions d’un sujet avec les composants
de l’architecture afin d’accéder à une ressource. Les contraintes à prendre en compte afin d’assu-
rer l’efficacité de ces contrôles d’accès sont ensuite présentées. Finalement, une description des
différents composants d’architecture est fournie.

2.3.1 Principes du contrôle d'accès


L’architecture fonctionnelle du contrôle d’accès Zero Trust, illustrée par la figure 1, repose sur l’im-
plémentation du modèle Attribute-Based Access Control [9] (ABAC). Pour rappel, ce modèle permet
la définition de politiques de contrôle d’accès granulaire en s’appuyant sur des attributs portant
sur :
n le sujet, avec par exemple son niveau d’habilitation, son rôle dans l’entité, etc. ;
n la ressource, avec par exemple son niveau de classification, son propriétaire, etc. ;
n le contexte de la demande d’accès, avec par exemple l’heure, le lieu, l’état des mises à jour du
moyen d’accès utilisé, etc.
Lors d’une demande d’accès, un système de contrôle d’accès de type ABAC évalue les attributs et
actions associés à la demande par rapport aux règles de contrôle d’accès définies par l’entité.

6 – MODÈLE ZERO TRUST


Évènements de sécurité

Gérer les données et leurs Gérer des actifs et leurs


attributs vulnérabilités

Gérer la configuration

Gérer l’inventaire et la Gérer le téléchargement


catégorisation des et l’installation des mises
données à jour Évènements
de sécurité

Appliquer les attributs Évaluer continuellement


aux données la conformité

5' – Attributs des ressources 5' – Attributs des ressources (matériel, logiciel)
(données) / Attributs environnementaux (niveau de conformité)

Gérer les identités et les Contrôler les autorisations


authentifiants

Évènements
Identifier et authentifier Évaluer les demandes de sécurité Capturer les évènements
continuellement d’accès
5'' – Attributs
5 - Attributs du sujet environnementaux
Générer et déployer les (niveau de menace)
Gérer les identités Analyser et détecter
autorisations

Maintenir les attributs Évaluer continuellement


Gérer les authentifiants de sécurité des sessions le niveau de menace

Plan de contrôle

4 - Demande d’accès 6' – Configuration des


conditions d’accès
Plan de données
2' - Demande d’authentification / + résultat authentification
aux ressources Évènements
preuve d’identité
3 – Résultat 6 – Configuration de la de sécurité
authentification session (timeout etc.)

Appliquer les accès aux Appliquer les accès aux


sessions ressources

Personne
Contrôler l’accès aux Équipement réseau
réseaux physique ou virtuel
1 – Demande
Équipement physique d’accès Processus
Établir une session Contrôler l’accès aux
ou virtuel applications automatique
2 - Demande
d’authentification
Processus / preuve
Contrôler l’accès aux
automatique d’identité Maintenir une session
données
Données

7 - Établissement d’un canal sécurisé 7 - Établissement d’un canal sécurisé

Évènements de sécurité

PIP PDP PEP

FIGURE 1 – Architecture fonctionnelle du modèle Zero Trust pour le contrôle d’accès

MODÈLE ZERO TRUST –7


Les fonctions définies dans la figure 1 sont regroupées, comme illustré dans la figure 2 du document
[10], selon les blocs fonctionnels suivants :
n Policy Decision Point (PDP) : ensemble des fonctions permettant l’évaluation et les décisions
d’accès, ainsi que la définition des conditions d’accès à appliquer entre le sujet et la ressource.

n Policy Information Point (PIP) : ensemble des attributs utilisés par le PDP afin d’évaluer une
demande d’accès. Cela inclut notamment les attributs du sujet, de la ressource et le contexte de
la demande d’accès.

n Policy Enforcement Point (PEP) : ensemble des fonctions permettant la transmission des de-
mandes d’accès au PDP et l’application des conditions d’accès retournées par celui-ci afin de
permettre la communication entre un sujet et une ressource.
Ces fonctions sont généralement réparties de la manière suivante :
n Les fonctions du plan de données permettent l’établissement de la session de données et les
échanges d’actions entre le sujet et la ressource selon les conditions d’accès définies par les
fonctions du plan de contrôle.

n Les fonctions du plan de contrôle permettent de définir les conditions d’accès à appliquer par
le plan de données. Ces fonctions incluent l’acquisition des attributs associés aux demandes
d’accès, l’évaluation des demandes d’accès et la génération des conditions d’accès.

Information
La figure 1 est une représentation fonctionnelle des mécanismes de contrôle d’ac-
cès selon le modèle Zero Trust. La répartition des fonctions sur les composants d’une
architecture technique est dépendante des solutions des éditeurs et des choix d’archi-
tecture de l’entité. À titre d’exemple, la fonction de détection de la menace peut être
répartie sur différents composants d’une architecture technique avec une analyse et
une détection d’évènements locales aux équipements (via un agent logiciel de type
Endpoint Detection and Response - EDR) et/ou centralisées (via un ou plusieurs ser-
veurs centraux hébergeant une solution logicielle de type Security Information and
Event Management (SIEM).

Lors d’une demande d’accès d’un sujet à une ressource, les principales étapes du contrôle d’accès
sont les suivantes :
n Établissement d’une session entre un sujet et une ressource
> À la demande d’accès initiale, une authentification est demandée et le sujet prouve son iden-
tité (cf. 1 à 3 de la figure 1).
> La demande d’accès à la ressource est évaluée selon les attributs associés au sujet, à la res-
source et au contexte de la demande (cf. 4 à 5 de la figure 1). Plus particulièrement, les attri-
buts de contexte permettent :
» de définir l’heure et le lieu géographique associés à la demande d’accès ;
» d’identifier l’équipement utilisé lors de la demande d’accès et d’estimer son niveau de
conformité à la politique de sécurité de l’entité ;
» d’estimer le niveau de menace associée à l’utilisateur et/ou de l’équipement utilisé (par
analyse comportementale, analyse par signature, etc.).

8 – MODÈLE ZERO TRUST


> Selon l’évaluation, soit les conditions d’accès sont générées et fournies pour application lors
de l’établissement de la session (cf. 6 à 7 de la figure 1), soit l’ouverture de session est refusée.

n Contrôle des actions au sein d’une session authentifiée


> Les actions du sujet sur la ressource, au sein d’une session authentifiée, sont contrôlées soit
dynamiquement par action conformément aux principes Zero Trust, soit en transmettant les
conditions d’accès à la ressource et en accordant au sujet une confiance implicite, limitée
dans le temps. Par exemple, les conditions d’accès transmises peuvent inclure le groupe ou
rôle d’appartenance du sujet (Discretionary Access Control - DAC , Role-Based Access Control -
RBAC , etc.) afin d’en déterminer les permissions sur la ressource.

n Maintien d’une session


> Une réauthentification périodique du sujet est demandée.
> Une évaluation continue des attributs du sujet, de la ressource, et du contexte de la session
est réalisée.
> Selon l’évaluation, la session peut être soit maintenue, soit mise à jour (par exemple avec une
mise à jour du rôle associé au sujet), soit fermée.

Exemple
Alice (le sujet) tente d’accéder à une application de partage de fichiers (la ressource).

n Une authentification multifacteur est demandée à Alice et celle-ci prouve son


identité.

n Le moteur de décision évalue les attributs d’Alice (par exemple son rôle dans l’en-
treprise, la méthode d’authentification utilisée etc.), les attributs associés à la so-
lution de partage de fichiers (par exemple son niveau de sensibilité) et le contexte
de la demande (par exemple la demande est réalisée en heure ouvrée à partir du
poste bureautique d’Alice, qui est à jour des correctifs).

n La demande est conforme aux règles définies dans le moteur de décision et l’accès
à l’application est autorisé avec des conditions d’accès incluant le rôle d’Alice (dans
une approche mixte ABAC/RBAC).

n Alice dispose d’une session sur l’application et accède aux différents fichiers selon
les permissions qui lui ont été octroyées via son rôle.

n Le comportement d’Alice est évalué de manière continue ainsi que toute autre
information de contexte pertinente pour les prises de décisions d’accès.

n A plusieurs reprises, Alice cherche à accéder à des fichiers pour lesquels elles ne
disposent pas des droits nécessaires. Le niveau de confiance d’Alice est réduit et
déclenche une perte de ses droits d’accès à l’application.

n La session d’Alice est fermée et toutes ses nouvelles demandes d’accès sont reje-
tées.

MODÈLE ZERO TRUST –9


2.3.2 Contraintes de sécurité relatives aux attributs
Le niveau de sécurité offert par un mécanisme de contrôle d’accès de type ABAC est dépendant
des attributs utilisés et de leur gestion dans le temps. Les principaux critères liés aux besoins de
disponibilité et d’intégrité de ses attributs 2 sont définis ci-après.
n Pertinence des attributs : il s’agit de définir les attributs pertinents par rapport à la politique
de sécurité de l’entité et les cas d’usage pour lesquels ceux-ci apportent un gain de sécurité. Cela
comprend les attributs du sujet, de la ressource et de l’environnement, incluant les éléments de
conformité et de niveau de menace. Par exemple, pour un système classifié au sens de l’IGI 1300
[8], le niveau d’habilitation du sujet et le niveau de classification de la ressource sont, dans ce
cas, des attributs pertinents pour le contrôle d’accès.
n Mise à jour des sources de données des attributs : la mise à jour des sources de données
utilisées pour le calcul d’attributs dynamiques est nécessaire pour éviter par exemple des re-
fus d’accès. Il s’agit ici de maintenir l’état réel du système par rapport à son état attendu. Cela
nécessite la mise en œuvre de nombreux processus organisationnels ainsi que d’outils d’auto-
matisation afin de maintenir ces données dans le temps. Par exemple, un attribut représentant
l’état de mise à jour des correctifs de sécurité d’un équipement nécessite la mise en oeuvre de
moyens techniques et organisationnels permettant le téléchargement et l’installation de ces
correctifs conformément à la base de référence des correctifs qui lui sont applicables.
n Niveau de fraîcheur des attributs : ce critère correspond au niveau de représentativité d’un
attribut selon la date de sa dernière mise à jour et par rapport à ses sources de données ou sa
valeur en cache. La fréquence de calcul ou de mise à jour en cache de certains attributs peut
avoir un impact direct sur le niveau de sécurité avec des accès autorisés à tort. Par exemple, une
identité peut avoir été compromise depuis la dernière consultation de l’attribut, mais ce nouvel
état ne sera pas pris en compte tant qu’il ne sera pas actualisé dans la valeur en cache du moteur
de contrôle d’accès.
n Fiabilité de calcul d’un attribut : la fiabilité de calcul d’un attribut correspond ici au niveau de
robustesse et de justesse des algorithmes de calcul utilisés pour dériver la valeur associée à un
attribut. Il s’agit ici de s’assurer que ces résultats de calcul sont cohérents et répétables malgré
des données d’entrée légèrement erronées, et que ceux-ci sont corrects par rapport aux résultats
attendus. Par exemple, le ou les attributs pour l’évaluation du niveau de confiance aux travers de
mécanismes de détection de la menace et l’utilisation de machine learning ne sont pas triviaux
à calculer et nécessitent un effort d’intégration conséquent avant d’obtenir des valeurs fiables.
Un attribut dont la valeur est peu fiable pourrait mener à des accès ou des refus d’accès à tort.
n Disponibilité d’accès d’un attribut : ce critère correspond à l’accessibilité des attributs lors des
prises de décision d’accès, notamment lorsque ceux-ci ne sont pas directement fournis par le
sujet et/ou la ressource. La non disponibilité de ces attributs ou des temps de réponses élevés
pour y accéder peuvent mener à des refus d’accès, et donc à un déni de service.
n Authenticité d’un attribut : ce critère est important pour s’assurer, lors d’une décision d’accès,
que les attributs proviennent d’une source de confiance. Une perte en intégrité et en authenti-
cité des attributs pourrait mener à des accès à tort, et donc à un faux sentiment de sécurité.

2. La confidentialité n’est pas prise en compte dans le présent document puisque ce critère n’a pas d’impact sur le niveau d’efficacité
du mécanisme de contrôle d’accès. Il est cependant important de noter que certains attributs, sur les sujets notamment, peuvent avoir
des besoins forts en confidentialité.

10 – MODÈLE ZERO TRUST


2.3.3 Descriptions des fonctionnalités
[Link] Gérer les identités et les authentifiants

La gestion des identités et des authentifiants 3 couvre l’ensemble des mesures permettant à une
entité de maîtriser les utilisateurs, les processus automatiques et les équipements cherchant à ac-
céder à son système d’information. L’authenticité des attributs associés à un sujet, et donc la con-
fiance qui peut leur être attribuée, est directement liée à la bonne maîtrise de cette thématique
de sécurité. En particulier, il est nécessaire pour les entités (i) de gérer l’ensemble des sujets de
l’entité interagissant avec son système, (ii) de déterminer le niveau de robustesse des mécanismes
d’authentification permettant aux sujets de prouver leur identité et (iii) d’appliquer le principe de
moindre privilège à ces accès. Les éléments suivants sont à prendre en compte :

n Gérer les identités : l’entité doit maintenir à jour un ou plusieurs référentiels centraux d’iden-
tités uniques 4 et des attributs de sécurité associés aux différents sujets de l’entité. Il est notam-
ment nécessaire d’identifier de manière unique les utilisateurs, les processus automatiques et
les équipements devant accéder au système. Les attributs d’un sujet ayant un impact direct sur
le niveau de sécurité du mécanisme de contrôle d’accès, ceux-ci doivent être mis à jour régulière-
ment pour prendre en compte les changements de fonctions d’un utilisateur, la compromission
d’un poste utilisateur, etc.

n Assurer l’authentification des sujets : l’authenticité des attributs du sujet utilisés lors de la
décision d’accès est liée au niveau de robustesse de sa preuve d’identité. Les éléments à prendre
en compte selon le niveau de criticité de la ressource accédée sont les suivants :
> Gestion des authentifiants : la robustesse d’un authentifiant dépend de son type, de son ni-
veau de protection (au repos ou en transit), de son niveau d’entropie, de son niveau de dis-
sémination au sein du système et de sa durée de vie. Il s’agit ici d’être en capacité de dimen-
sionner ce secret d’authentification selon les cas d’usage et d’en assurer la protection et le
renouvellement sur l’ensemble de son cycle de vie.
> Fonction d’authentification : les différents mécanismes d’authentification n’offrent pas le
même niveau de robustesse face aux menaces de compromission des authentifiants (ex. : ha-
meçonnage) ou contre le rejeu. Par exemple, l’utilisation d’un mécanisme d’authentification
multifacteur forte (cf. [7]) peut permettre de faire face à ces menaces.
> Authentification continue : les éléments précédents se focalisent sur le niveau de robustesse
de la preuve d’identité lors de l’établissement d’une session. Une session pouvant cependant
être usurpée (ex. : vol de cookies de session), le niveau de confiance initialement accordée à
une authentification se dégrade dans le temps. Une authentification périodique devient ainsi
nécessaire pour maintenir ce niveau de confiance et limiter les impacts en cas d’usurpation
de session, par exemple.

3. Un authentifiant correspond à un secret d’authentification.


4. Ces référentiels alimentent le ou les services d’annuaire de comptes utilisés par les utilisateurs, les processus automatiques et les
équipements d’un système.

MODÈLE ZERO TRUST – 11


Attention
Une vigilance particulière doit être accordée aux contraintes exportées vers les utili-
sateurs lors de la mise en œuvre d’une authentification continue. Afin d’assurer son
acceptabilité par les utilisateurs, des mécanismes d’authentification passive 5 pour-
raient être envisagés. Ces mécanismes, cependant, ne répondent pas aux bonnes
pratiques définies par l’ANSSI [7].

La majeure partie des mesures décrites ici n’est pas spécifique au modèle du Zero Trust et représente
déjà une thématique importante et complexe à gérer dans une stratégie de défense en profondeur.
Il s’agit cependant d’un prérequis qui, dans les hypothèses du Zero Trust, nécessite la mise en œuvre
de mesures renforcées et à l’état de l’art (compte unique, généralisation de l’authentification forte
et de l’authentification multi-facteur, etc.).

[Link] Gérer les données et leurs attributs

L’identification et la catégorisation des données à protéger ainsi que les attributs de sécurité à ap-
pliquer à ces données sont des prérequis essentiels. Comme pour n’importe quel modèle d’accès
(ABAC, Mandatory Access Control - MAC, etc.), la politique d’accès définie par l’entité ne peut être
appliquée qu’aux seules ressources identifiées et sur lesquelles les attributs sélectionnés sont ap-
pliqués. La gestion des matériels et des logiciels étant traitée dans la section [Link], les éléments
suivants se concentrent sur les données.

n Inventorier et catégoriser les données : l’entité doit inventorier et catégoriser l’ensemble des
données à protéger. Cet inventaire doit permettre d’identifier les données existantes ainsi que
leur localisation dans le système. Toute donnée identifiée doit être ensuite catégorisée, en parti-
culier selon sa valeur pour l’entité et/ou les contraintes réglementaires qui leur sont applicables.
Cette catégorisation est essentielle afin d’adapter les mécanismes de contrôle d’accès à la sensi-
bilité de ces données.

n Labéliser les données (application des attributs) : selon la catégorisation de la donnée, les
attributs pertinents pour les besoins de contrôle d’accès doivent être appliqués à l’ensemble des
données existantes ainsi qu’à toute donnée nouvellement créée. Cette labélisation pourra être
réalisée par l’ajout de métadonnées protégées par l’utilisation de mécanismes crytographiques
assurant l’intégrité et l’authenticité des attributs.

Les éléments listés ci-dessus devraient déjà s’inscrire dans une démarche de protection des données
des entités. Il est important de noter que la mise en œuvre du modèle Zero Trust, et plus particu-
lièrement du modèle ABAC, implique la définition et l’application de nouveaux attributs (p. ex. un
attribut définissant le niveau de criticité de la donnée en termes d’intégrité ou de confidentialité)
sur les données existantes. De par la volumétrie et les localisations parfois multiples des données,
leur identification et leur labélisation peuvent donc être un prérequis complexe à satisfaire dans
la mise en œuvre du modèle Zero Trust.

5. Une authentification est dite passive lorsqu’elle ne nécessite pas une action de l’utilisateur (par exemple l’usage d’un facteur
biométrique pour l’authentification comme la reconnaissance faciale).

12 – MODÈLE ZERO TRUST


[Link] Gérer les actifs et leurs vulnérabilités

La gestion des actifs et de leurs vulnérabilités permet d’assurer la maîtrise des composants maté-
riels et logiciels en production et leur niveau de conformité par rapport à la politique de sécurité
de l’entité. Cette fonction permet d’évaluer le niveau de conformité d’un équipement lors d’une
demande d’accès et de maintenir ce niveau de conformité dans le temps. Il s’agit donc pour une
entité d’être en capacité (i) d’établir l’état attendu de son système et de ses composants, (ii) d’iden-
tifier les faiblesses des composants en production et (iii) de mettre en place un processus de gestion
des changements. Afin d’atteindre cet objectif et de gérer les attributs de conformité dans le temps,
les principales mesures suivantes sont nécessaires :
n Établir l’état attendu du système et de ses composants
> Gérer les versions de référence : afin d’établir un état attendu du système et de ses compo-
sants, une gestion de configuration doit être mise en œuvre, permettant de définir les versions
de référence applicables sur le système en production. Un inventaire de l’ensemble des actifs
(systèmes, sous-systèmes, équipements, logiciels et matériels), de leur criticité DIC, ainsi que
de leurs relations et dépendances nécessaires à leur bon fonctionnement doit être établi. Ces
versions de référence portent notamment sur le paramétrage sécurisé des différents compo-
sants logiciels (ex. : les Group Policy Object - GPO Windows applicables) et matériels (ex. : la
configuration des paramètres du firmware associé à la carte CPU).
n Identifier les écarts entre les composants en production et la configuration attendue
> Gérer l’inventaire : pour des objets de configuration versionnés par l’éditeur ou par l’entité, un
inventaire périodique des composants déployés en production doit être réalisé et comparé
aux versions attendues (ex. : les correctifs de sécurité installés comparés aux correctifs de
sécurité validés et à installer). Pour rappel, un inventaire n’offre aucune garantie d’intégrité
en cas de modifications malveillantes mais permet à une entité de s’assurer du respect de sa
politique de sécurité sur les objets de configuration versionnés.
> Identifier les vulnérabilités connues : des scans de vulnérabilités devraient être réalisés afin
d’identifier des faiblesses au niveau du paramétrage (ex. : utilisation de mécanismes crypto-
graphiques non robustes, pare-feu désactivé) et au niveau des logiciels (ex. : CVE pour les
vulnérabilités connues) sur les équipements maîtrisés par l’entité ou sur les équipements
personnels (si ceux-ci sont autorisés par l’entité).
> Vérifier l’intégrité et l’authenticité des logiciels : afin d’identifier des modifications non auto-
risées d’objets de configuration, un contrôle d’intégrité et d’authenticité pourrait aussi être
utilisé. Ces contrôles peuvent par exemple s’appuyer sur des mécanismes de type measured
boot et/ou des mécanismes de type liste d’applications autorisées (avec contrôle d’un conden-
sat cryptographique ou de signature cryptographique).
n Gérer les changements
> Définir les choix de traitement et les priorités : l’évolution des versions de référence doit obli-
gatoirement passer par un processus de gestion des changements. Chaque faiblesse doit être
qualifiée selon son niveau de criticité DIC, et un choix de traitement doit lui être appliqué.
Les évolutions d’un référentiel applicable et les tests de non régression associés doivent être
réalisés au regard du risque couvert et des coûts induits.
> Déployer et installer les mises à jour et correctifs de sécurité : le maintien à jour d’un référen-
tiel de configuration en exploitation par rapport à un référentiel de configuration attendue

MODÈLE ZERO TRUST – 13


devrait être automatisé. Cela est d’autant plus important que des équipements dont le niveau
de conformité est faible se verront refuser l’accès au système. Afin de limiter les impacts sur
la production, il est nécessaire de pouvoir mettre à jour un équipement de manière automa-
tique et d’évaluer à nouveau son niveau de conformité afin que l’accès lui soit autorisé.
L’ensemble des mesures présentées dans cette section, comme dans la précédente, s’inscrit dans
une stratégie de défense en profondeur. Les mécanismes de contrôle de posture de sécurité avant
d’autoriser l’accès à un système existent, par exemple dans des solutions de type Network Access
Controller (NAC). Le modèle Zero Trust vise principalement à utiliser ces mécanismes dans des cas
d’usage plus étendus, et non plus uniquement pour des contrôles lors de l’accès initial au réseau
de l’entité. Les attributs dits de conformité peuvent couvrir un large périmètre allant de la simple
comparaison de numéro de version à un contrôle d’intégrité et d’authenticité des actifs. Une bonne
maturité de l’entité est donc nécessaire pour la définition des attributs de conformité pertinents à
prendre en compte et de leur qualité (une simple comparaison de numéro de version n’offre par
exemple aucune assurance sur l’intégrité et l’authenticité de l’actif).

[Link] Détecter la menace

La détection de la menace joue un rôle central dans le modèle Zero Trust, et plus particulièrement
dans l’évaluation du niveau de confiance accordée à un sujet lors d’une demande d’accès. L’objectif
principal est de détecter au plus tôt toute compromission d’un compte d’accès, d’un moyen d’accès
(par exemple un poste utilisateur) ou d’une ressource accédée afin d’en limiter les impacts sur le
système, en réduisant ou révoquant les droits d’accès associés. Pour la mise en œuvre de ce type
d’attribut, il est nécessaire de (i) identifier les scénarios de menaces à détecter 6 , (ii) collecter les
données nécessaires au besoin identifié, (iii) analyser ces données pour détecter les menaces et (iv)
évaluer le niveau de menace du sujet et de l’équipement utilisé.
n Identifier les scénarios de menaces à détecter :
> Identifier les évènements redoutés : l’entité doit d’abord définir ses objectifs de détection
de sécurité, et donc les évènements redoutés sur lesquels elle souhaite être en capacité de
réaliser des actions préventives ou correctives afin de les éviter ou d’en limiter les impacts sur
son système. Ces objectifs correspondent à tout couple source de menace/événement redouté
[3] que l’entité juge pertinent dans le contexte de son activité.
> Identifier les composants à superviser : dans un deuxième temps, il est nécessaire d’identifier
les composants du système à superviser et dont la compromission pourrait mener à la réali-
sation de l’évènement redouté. Cette activité nécessite l’identification des différents chemins
d’attaque 7 , pour chaque évènement redouté, pouvant être utilisés par la source de menace.
> Identifier les techniques et actions d’un attaquant à superviser : finalement l’entité doit défi-
nir les évènements à superviser sur les différents composants précédemment identifiés. Ces
évènements découlent de la définition des scénarios de menace et plus particulièrement des
différentes techniques et actions utilisées par un attaquant afin d’atteindre ses objectifs. Avec
l’évaluation de la vraisemblance des scénarios de menace, l’entité dispose des différents cas
d’usage de détection adaptés à son contexte et associés à un niveau de risques permettant
une gestion des priorités dans leur mise en œuvre.
6. Par exemple, la méthode EBIOS-RM [3] peut être utilisée pour identifier ces scénarios de menace.
7. Un chemin d’attaque se caractérise par la succession d’événements causés par la source de menace sur un ou plusieurs composants
et menant à la réalisation de l’évènement redouté.

14 – MODÈLE ZERO TRUST


n Générer et collecter les évènements de sécurité associés aux scénarios de menaces rete-
nus : les objectifs de détection et les différentes informations nécessaires pour couvrir chacun
des cas d’usage identifiés étant définis, l’entité doit mettre en œuvre l’ensemble des capteurs
nécessaires à leur supervision. Cette mise en œuvre est très souvent associée à des contraintes
techniques liées par exemple au chiffrement des flux réseau limitant leur visibilité, aux équipe-
ments industriels ou embarqués ne disposant pas de fonctionnalité de génération d’évènements
ou n’étant pas compatibles avec des capteurs logiciels du marché. La disponibilité de ces données
peut donc être limitée (ou à l’inverse trop volumineuse et inutile à la détection) et impacter
fortement l’efficacité de ces mécanismes de détection.

n Analyser les évènements de sécurité pour la détection des menaces :


> Analyse par signature : cette approche repose sur la reconnaissance d’indicateurs de compro-
mission ou sur la reconnaissance de techniques d’attaque connues 8 . Cette approche nécessite
le maintien à jour d’un référentiel des différents indicateurs de compromission, ainsi que des
techniques et actions attendus d’un acteur malveillant.
> Analyse par anomalie : cette approche se focalise sur la reconnaissance de toute activité sor-
tant d’un cadre d’utilisation considéré comme normal et défini par un modèle de référence.
Ces modèles peuvent aller de la simple représentation d’un protocole de communication à la
représentation beaucoup plus complexe du comportement d’un utilisateur, d’un processus
automatique ou d’un équipement. L’analyse comportementale repose généralement sur des
technologies de machine learning (ML) pour la création de ces modèles difficiles à caractéri-
ser.

n Évaluer le niveau de menace : le niveau de menace correspond à une estimation de la vrai-


semblance d’une compromission active d’un utilisateur ou d’un processus automatique ou d’un
équipement. Cette évaluation peut s’appuyer sur une analyse par signature, une analyse par
anomalie ou une combinaison des deux approches afin d’améliorer la fiabilité de l’évaluation.
La réduction du niveau de faux positifs et de faux négatifs afin d’obtenir une juste évaluation
est souvent un processus long et complexe.

Le sujet de la détection de la menace est un sujet complexe dans sa mise en œuvre et son main-
tien dans le temps. L’identification des besoins, et notamment l’identification des informations au
regard des techniques et actions réalisées par des attaquants, est un sujet nécessitant un bon ni-
veau d’expertise. Certains systèmes ou équipements ne disposent pas des prérequis nécessaires et
les mécanismes d’analyse comportementale restent complexes à mettre au point. L’utilisation de
la détection de la menace pour du contrôle d’accès dynamique n’est donc pas sans risques et pour-
rait mener soit à une dégradation des accès aux ressources de l’entité, soit à un faux sentiment de
sécurité.

[Link] Contrôler les autorisations

Les éléments définis précédemment viennent alimenter la fonction de contrôle d’accès dynamique
avec les attributs du sujet, de la ressource et du contexte des demandes d’accès. Ces différents élé-
ments permettent d’évaluer les demandes d’accès pour l’établissement d’une session entre le sujet
et la ressource, de générer et configurer les autorisations de manière dynamique, et de maintenir la
8. Des bases de connaissances comme par exemple le MITRE ATTACK ([Link] peuvent aider les entités.

MODÈLE ZERO TRUST – 15


session dans le temps par une évaluation continue des attributs du sujet et de l’équipement utilisé.
La fonction de contrôle d’accès repose sur (i) la définition et l’évaluation des règles d’accès et (ii)
l’application des décisions et des conditions d’accès.

n Définir et évaluer les règles d’accès : la définition des règles d’accès doit être réalisée selon
le principe du moindre privilège. Ces règles sont composées d’une combinaison de critères à
satisfaire afin d’autoriser un accès. Ces critères peuvent être de différents types.
> Critère de conformité simple : cette approche consiste à une évaluation unitaire de la de-
mande d’accès selon une combinaison d’attributs précis de conformité (rôle de l’utilisateur,
lieu et horaire de connexion, etc.). Si les critères sont validés, la condition est satisfaite.
> Critère sur la base d’un score de confiance simple : cette approche consiste en une évaluation
des demandes d’accès en incluant des pondérations sur des attributs de conformité et/ou des
attributs de détection de la menace simple (sur la base de signature par exemple) afin d’établir
un score de confiance. Si le score de confiance est au-dessus d’une certaine valeur, la condition
est satisfaite.
> Critère sur la base d’un score de confiance complexe : cette approche consiste en une éva-
luation des demandes d’accès sur la base du comportement du sujet et/ou de l’équipement
utilisé. Si le score de confiance est au-dessus d’une certaine valeur, la condition est satisfaite.

n Appliquer les décisions et les conditions d’accès selon le principe du moindre privilège
> Contrôle des sessions : les décisions et les conditions d’accès sont déterminées lors de l’établis-
sement d’une session et sont revues de manière périodique pour le maintien de la session.
À l’établissement de la session, certains attributs de sécurité peuvent être configurés de ma-
nière dynamique afin de déterminer, par exemple, la durée de vie maximale de la session, le
délai avant ré-authentification, etc. Selon l’évaluation continue d’un sujet et de l’équipement
utilisé, ces conditions d’accès peuvent être mises à jour ou la session peut être fermée.
> Contrôle des ressources : après l’établissement d’une session, les actions sur une ressource
peuvent être contrôlées selon deux approches, en évaluant chaque action de manière dyna-
mique dans une pure approche ABAC ou en accordant une confiance implicite limitée dans
le temps, par exemple dans une approche mixte ABAC (session) et RBAC (ressource). Dans
cette seconde approche, le rôle du sujet est fourni lors de l’établissement de la session dans
les conditions d’accès à appliquer. Ces rôles à appliquer sur la ressource devraient être définis
et mis à jour de manière dynamique selon l’évaluation de la posture de sécurité du sujet et
de l’équipement utilisé (cf. point précédent sur le contrôle des sessions).

Comme présenté dans cette section, le modèle ABAC est la brique de base du modèle Zero Trust
pour un contrôle granulaire, dynamique et régulier des accès. L’efficacité de cette fonction de sé-
curité est dépendante des attributs et des sources de données utilisés, dont la gestion nécessite
de nombreux prérequis techniques et organisationnels. Ces prérequis peuvent être complexes à
satisfaire, voire dans certains cas se révéler non réalisables sur certains systèmes.

16 – MODÈLE ZERO TRUST


2.4 Mécanismes de sécurité pour la mise en œuvre du
modèle Zero Trust
L’objectif de cette section est de présenter les principaux mécanismes de sécurité utilisés en complé-
ment du modèle ABAC afin d’implémenter le modèle Zero Trust. Ces mécanismes sont regroupés
en deux grandes catégories : les mécanismes visant à renforcer le niveau de confiance accordée
aux sujets et aux équipements utilisés, et les mécanismes visant à protéger les ressources selon le
principe du moindre privilège.

2.4.1 Niveau de confiance des sujets et des équipements utilisés


[Link] Assurance de l’identité

Les hypothèses sur l’environnement dans le modèle Zero Trust nécessitent l’utilisation de méca-
nismes conformes à l’état de l’art et d’un niveau de robustesse élevé face aux menaces de com-
promission des authentifiants (force brute, hameçonnage, etc.), de rejeu des authentifiants et de
contournement des mécanismes d’authentification par l’usurpation de sessions. Cela implique donc
l’utilisation de mécanismes d’authentification forte et une demande d’authentification périodique
des sujets. Notamment, les mécanismes à considérer sont :
n Authentification multifacteur forte des utilisateurs : utilisation d’un second facteur pour les
utilisateurs permettant l’utilisation du certificat qui leur est associé.

n Authentification forte des processus automatiques et équipements (cf. [7]) : utilisation d’un
protocole d’authentification s’appuyant sur un mécanisme de type défi/réponse et reposant sur
des moyens cryptographiques conformes au Référentiel Général de Sécurité (RGS) et ses an-
nexes B1 [6], B2 [5] et B3 [4].

n Stockage des authentifiants dans un environnement matériel dédié : utilisation d’un com-
posant matériel dédié (ex. : Hardware security module - HSM) pour stocker les authentifiants au
repos ou protéger ceux stockés sur une mémoire de masse.

n Single-Sign On (SSO) : limitation du nombre d’authentifiants à saisir à chaque authentification,


en permettant la fédération d’identité.
À titre d’exemple, les mécanismes comme le mTLS ou l’IPsec avec authentification mutuelle par
certificat peuvent être utilisés pour l’établissement d’un canal sécurisé. Pour l’authentification mul-
tifacteur des utilisateurs, le standard FIDO2 peut être utilisé avec un jeton (token) matériel incluant
le certificat et la clé privée d’authentification associée dont l’accès est protégé par un code PIN ou
par un facteur biométrique.

[Link] Assurance du niveau d’intégrité de l’équipement

Au niveau de l’équipement, plusieurs mécanismes peuvent être utilisés pour améliorer le niveau
de confiance qui lui est accordée. En effet, le niveau de confiance d’un équipement est dépendant

MODÈLE ZERO TRUST – 17


des mesures de sécurité qui lui sont associées. Un équipement personnel et un équipement géré
par l’entité n’ont, par défaut, pas le même niveau de confiance. Ces mesures sont notamment :
n Intégrité et authenticité de la chaîne de démarrage : l’utilisation des mécanismes Secure Boot
UEFI ou Measured Boot visent à contrôler l’intégrité de la chaîne de démarrage d’un système
d’exploitation par des mécanismes cryptographiques. Le niveau de confiance global d’un équi-
pement est directement dépendant de l’intégrité et du niveau de confiance de la chaîne de
démarrage.

n Intégrité et authenticité des applicatifs : l’utilisation de mécanismes par liste d’autorisations


permet de contrôler l’intégrité et l’authenticité des applications s’exécutant sur l’équipement.
Ces contrôles peuvent être réalisés par des mécanismes cryptographiques lorsque l’applica-
tion dispose d’une signature cryptographique, ou par l’établissement d’empreintes cryptogra-
phiques de référence de l’ensemble des applications autorisées.

n Mise à jour centralisée : l’utilisation de mécanismes de mises à jour centralisées facilite le


maintien à jour des logiciels et permet d’appliquer les correctifs de sécurité, lorsque ceux-ci
existent.

n Paramétrage de sécurité : la mise en œuvre d’un durcissement de la configuration permettant


de réduire la surface d’attaque d’un équipement devrait pouvoir être mis à jour de manière
dynamique au travers d’une API afin d’appliquer les conditions d’accès requis par la fonction
de contrôle d’accès.

n Protection contre les codes malveillants : l’utilisation d’un mécanisme de détection de la


menace au niveau de l’équipement (ex. : EDR) permet d’analyser les évènements internes de
l’équipement et d’identifier des correspondances avec des indicateurs de compromission ou des
comportements malveillants.

2.4.2 Protection des ressources


[Link] Protection des réseaux

La protection des ressources réseau peut s’appuyer sur différents mécanismes :


n Software Defined Perimeter (SDP) [11] : ce mécanisme permet l’établissement d’un tunnel,
notamment Virtual Private Network (VPN), dans des modèles de déploiement de type client/-
serveur, client/passerelle ou serveur/serveur, par exemple. Par défaut, le port d’accès pour l’éta-
blissement du tunnel est fermé et une authentification préalable du sujet est nécessaire sur le
plan de contrôle. Si l’accès est autorisé, les conditions d’accès sont fournis au client et à la passe-
relle (serveur SDP) afin de permettre l’établissement du tunnel. Ces conditions d’accès incluent
notamment le port d’accès à ouvrir et à utiliser par le client, ainsi que la liste des ressources
auxquelles le sujet peut accéder au travers du tunnel. Cette approche permet ainsi d’établir de
manière dynamique un tunnel et d’appliquer les règles de filtrage reposant sur l’identité du
sujet. L’utilisation de SDP nécessite cependant un agent local sur l’équipement afin de com-
muniquer avec le plan de contrôle et d’appliquer les conditions d’accès fournies. Il est à noter
que tous les échanges avec le plan de contrôle sont réalisés au travers d’un tunnel sécurisé.
La figure 2 illustre les principes généraux des mécanismes d’accès SDP dans un déploiement
client/passerelle.

18 – MODÈLE ZERO TRUST


1 – Établissement d’un canal sécurisé Contrôleur Gérer les identités et
2 – Contrôle de l’identité
et authentification du sujet d’accès SDP les authentifiants

0 – Établissement d’un
4 – Conditions d’accès canal sécurisé
via la passerelle 3 – Conditions d’accès
du sujet

Sujet + 5 – Établissement
d’un canal sécurisé Passerelle SDP Ressource
Equipement
6 – Accès à la ressource 6' – Accès à la ressource

FIGURE 2 – Mécanismes d’accès SDP dans un déploiement client/passerelle

n Cloisonnement réseau : les conditions d’accès réseau définies dynamiquement à la suite de


l’authentification du sujet sont applicables aux différentes couches du modèle TCP/IP selon le
niveau d’accès réseau demandé.
> Pour un accès local à un LAN, les conditions d’accès peuvent inclure le VLAN ou le PVLAN
dans lequel le sujet est cloisonné afin de limiter sa visibilité au sein d’un segment réseau.
> Pour un accès à un réseau IP distant, les conditions d’accès incluent la mise en œuvre d’un
tunnel VPN de type IPsec ou TLS permettant un cloisonnement par le chiffre.
> Pour un accès à un service applicatif distant et un cloisonnement réseau de bout en bout
entre le sujet et le service applicatif, les services hébergés par les équipements sont par dé-
faut inaccessibles (le service n’est pas accessible sur son réseau local et donc cloisonné de
celui-ci). Les conditions d’accès incluent dans ce cas l’ouverture du port d’écoute du service
à cet utilisateur et l’établissement d’un cloisonnement par le chiffre avec authentification
mutuelle.

[Link] Protection des applications

Dans cette section, seuls les mécanismes de protection dont la configuration est déterminée dyna-
miquement au travers d’un mécanisme de contrôle d’accès de type ABAC sont abordés. En parti-
culier, le cloisonnement applicatif avec l’utilisation de conteneurs ou l’assurance sécurité des diffé-
rents logiciels (au travers des sujets de la chaîne d’approvisionnement) ne sont pas traités ici. Seule
la protection des applications au travers de l’utilisation d’un proxy (serveur mandataire) ou d’un
reverse proxy (serveur mandataire inverse) est abordée ci-après. Bien que ces composants peuvent
offrir des services de protection réseau et donc être présentés dans la section [Link], leurs objec-
tifs principaux dans le modèle Zero Trust sont d’offrir des services de protection des applicatifs, et
potentiellement de protection des données par analyse des flux de communication.

MODÈLE ZERO TRUST – 19


n Proxy Zero Trust : pour les accès à des services publics exposés sur Internet, les contrôles sont
effectués au travers d’un proxy. Les contrôles réalisés sont identiques à tout autre proxy clas-
sique (ex. : filtrage d’URL pour les accès Web, analyse de contenus, etc.). La différence majeure
réside dans l’authentification obligatoire du sujet au proxy et dans l’évaluation continue de ses
autorisations. L’utilisation d’un modèle ABAC sur un proxy permet d’adapter les autorisations
selon l’utilisateur et le poste utilisé. Le cas échéant, le proxy peut couper tous les accès à Inter-
net de manière dynamique si le niveau de confiance accordé au sujet et à son équipement est
dégradé. Ce mécanisme a pour objectif de protéger l’utilisateur, l’intégrité des applications de
son poste et potentiellement empêcher une fuite de données.

n Reverse proxy Zero Trust : cette approche repose sur un reverse proxy nécessitant une authenti-
fication préalable de l’utilisateur afin de déterminer dynamiquement les conditions d’accès qui
lui sont applicables. Cette approche permet de limiter les accès aux services de l’entité selon
le profil de l’utilisateur. Il s’agit du socle minimal de fonctions assurées par un reverse proxy
Zero Trust. En effet, différents mécanismes supplémentaires peuvent être utilisés, selon les cas
d’usage, pour contrôler les flux entrants lorsque ceux-ci sont déchiffrés au niveau du reverse
proxy. Cela peut notamment inclure des contrôles syntaxiques et sémantiques au niveau ap-
plicatif (ex. : WAF) pour protéger les applications internes de l’entité, des contrôles par liste
d’autorisations sur les commandes pouvant être émises par le sujet vers des services internes,
etc. Par rapport à une approche SDP, cette approche ne nécessite pas l’utilisation d’un agent
de communication avec le plan de contrôle Zero Trust sur le client mais impose des limitations
selon les protocoles supportés par le reverse proxy. La figure 3 illustre les principes généraux
des mécanismes d’accès avec un reverse proxy Zero Trust.

Gérer les identités et Gérer les


les authentifiants autorisations

0 – Établissement d’un
canal sécurisé
4 - Requête d’accès
2 – Authentification du sujet + preuve d’identité
5 – Conditions d’accès
Du sujet

1 – Demande d’accès

3 - Demande d’accès
Sujet + / preuve d’identité
Reverse Proxy Ressource
Equipement
6 – Accès à la ressource 6' – Accès à la ressource

FIGURE 3 – Mécanismes d’accès avec un reverse proxy Zero Trust

20 – MODÈLE ZERO TRUST


Information
Bien que l’approche avec un reverse proxy Zero Trust ne nécessite pas l’utilisation d’un
agent spécifique Zero Trust, il est important de distinguer le niveau de confiance et
de visibilité qui peut être atteint entre des postes maîtrisés et des postes personnels.
Bien souvent, les postes maîtrisés disposent d’autres types d’agent permettant de fa-
ciliter la gestion de leur conformité et/ou la détection de la menace. Les prises de
décisions d’accès avec des postes maîtrisés se font donc avec un nombre d’attributs
plus important et d’un niveau d’authenticité plus élevé qu’avec des postes person-
nels.

[Link] Protection des données

Les mécanismes de protection des données utilisés dans le modèle Zero Trust ne sont pas nouveaux.
Il s’agit ici d’adapter ces mécanismes à l’utilisation du modèle de contrôle d’accès ABAC et aux
hypothèses du Zero Trust. Ces mécanismes de protection sont :
n Contrôle d’accès dynamique aux données : il s’agit ici de contrôler les opérations sur les don-
nées et de limiter celles-ci de manière dynamique aux seules personnes autorisées et équipe-
ments conformes. Plus particulièrement, ces contrôles peuvent être mis en œuvre sur :
> la création et l’import des données en rendant obligatoire la labélisation (l’application des
attributs de sécurité et de leurs valeurs) ;
> l’export des données pour limiter les risques de fuite de données ;
> le masquage dynamique des données permettant un accès à un sous-ensemble des données.

n Protection cryptographique des données : une protection cryptographique des données de-
vrait être appliquée en complément des mécanismes de contrôle d’accès dynamique afin de
renforcer la sécurité de ces données en cohérence avec leurs besoins en confidentialité et en
intégrité. Ces mécanismes sont applicables pour les données au repos et en transit.

2.5 Principaux risques associés au modèle Zero Trust


n Centralisation des décisions d’accès : le déport des décisions d’accès local à une ressource vers
une infrastructure centralisée implique une dépendance des accès aux fonctions et aux données
métier à un nouveau service transverse. Ce service transverse peut devenir, selon les cas d’usage,
critique au bon fonctionnement du SI ou à sa sécurité.

n Disponibilité, intégrité et authenticité des attributs : les décisions d’accès sont dépendantes
des attributs utilisés par le moteur de règles. L’indisponibilité ou le manque d’intégrité/authen-
ticité des données d’entrée utilisées par le moteur de règles peuvent mener à des pertes d’accès
ou à des accès non autorisés aux ressources de l’entité. Répondre aux différentes contraintes de
sécurité associées à ces attributs (cf. 2.3.2) est un sujet complexe à traiter.

n Justesse du score de confiance : la prise en compte du comportement des utilisateurs dans une
évaluation dynamique du score de confiance nécessite un temps de mise au point conséquent et

MODÈLE ZERO TRUST – 21


une maturité forte sur la thématique de la détection de la menace. Dans le pire des cas, l’entité
pourrait avoir un faux sentiment de sécurité alors que le taux de faux positifs est élevé (accès
illégitime autorisé à tort).

n Écarts entre le modèle théorique et les implémentations existantes : le terme Zero Trust
n’est, en soi, qu’un modèle et ne définit en aucun cas les fonctions de sécurité d’une technologie
dite Zero Trust. Il est donc essentiel de revenir aux fonctionnalités de sécurité offertes par les
différentes solutions des éditeurs et d’identifier leurs limitations avec le modèle théorique afin
de bien évaluer leurs impacts d’un point de vue sécurité.

n Manque de standardisation : le manque de standardisation sur la définition des attributs ou


des protocoles de communication permettant le contrôle d’accès dynamique engendre une in-
teropérabilité limitée entre les différentes solutions des éditeurs ou entre différentes entités en
cas de fédération d’identités, pour du partage de données par exemple. Une entité peut donc
se retrouver avec une dépendance plus ou moins forte vis-à-vis de l’éditeur choisi, ou potentiel-
lement dans l’incapacité de partager de l’information avec d’autres entités.

n Impact sur les performances d’accès aux ressources : l’entité doit prendre en compte les
éventuels impacts sur les délais et les latences d’accès à ses ressources lors la mise en œuvre
du modèle Zero Trust. En effet, l’évaluation continue des demandes d’accès (par exemple avec
l’utilisation de nombreux attributs, un contrôle d’accès par action du sujet) pourrait avoir des
impacts non acceptables sur les performances d’accès à certaines fonctions ou données métier de
l’entité. Il est donc important de s’assurer que les composants utilisés pour réaliser ces contrôles
d’accès soient dimensionnés de manière appropriée au regard du besoin en disponibilité des
ressources accédées.

n Dépendance avec les services cloud : les mécanismes mettant en œuvre les principes du Zero
Trust s’appuient sur des technologies avec des besoins en performance élevés, tels que le machine
learning ou les décisions d’accès selon le modèle ABAC. Le Zero Trust n’implique pas l’utilisa-
tion de services cloud, même si ceux-ci disposent des infrastructures nécessaires pour faciliter
leur mise en œuvre. L’utilisation de ces technologies pourrait augmenter la dépendance des
entités auprès des fournisseurs de services cloud et complexifier davantage toute décision de
ré-internalisation de ces différents services.

22 – MODÈLE ZERO TRUST


3
Recommandations

3.1 Objectifs de sécurité et état des lieux


n L’entité doit définir les objectifs de sécurité de chacun de ses systèmes selon une approche par
les risques.

Information
Une approche par les risques permet à une entité de définir et de prioriser les
actions à mener pour renforcer sa sécurité. En effet, pour une entité donnée, il
pourrait être plus pertinent d’un point de vue de la gestion des risques d’engager
des efforts d’amélioration de son système d’administration que de s’orienter vers
l’utilisation de technologies dites Zero Trust.
n L’entité doit évaluer le niveau de sécurité de chacun de ses systèmes au travers d’audits tech-
niques et organisationnels afin d’identifier les écarts entre sa posture de sécurité actuelle et les
objectifs visés.

n L’entité doit utiliser les solutions déjà à sa disposition pour améliorer son niveau de sécurité et
ainsi réduire le niveau de confiance implicite accordée aux utilisateurs, processus automatiques
et équipements.

3.2 Évaluation de faisabilité et définition des besoins


d'accès
3.2.1 Identification des cas d'usage

n L’entité doit identifier les cas d’usage pour lesquels la mise en œuvre du modèle Zero Trust
apporterait un gain de sécurité. Au minimum, le niveau de sécurité de l’entité ne doit pas être
dégradé lorsque sa mise en œuvre est motivée par des critères autres que la sécurité (financiers,
de performance, etc.).

MODÈLE ZERO TRUST – 23


Pour chacun des cas d’usage retenus :

n L’entité doit avoir un inventaire détaillé et maintenu à jour des utilisateurs, des processus auto-
matiques et des équipements associés aux cas d’usage.

n L’entité doit définir, de manière itérative, la cartographie détaillée des différents composants
inclus dans le périmètre retenu et nécessaires à la réalisation des objectifs du cas d’usage.

n L’entité doit identifier les chemins d’accès entre chaque sujet et les ressources cibles (qui doit
accéder à quoi et pour quel objectif) et établir, de manière itérative, les différents scénarios
d’accès (comment accéder à la ressource selon la politique d’accès définie).

3.2.2 Attributs de sécurité


[Link] Identifier et appliquer les attributs de sécurité

n L’entité doit identifier l’ensemble des attributs de sécurité portant sur les sujets, les ressources
et l’environnement. Pour chacun de ces attributs, les valeurs ou les plages de valeurs autorisées
doivent être définies.

n L’entité doit identifier les sources de données nécessaires au calcul des attributs de sécurité dy-
namiques et la manière dont les valeurs associées seront calculées.

n L’entité doit définir les processus nécessaires pour l’application des attributs de sécurité sur l’en-
semble des sujets et des ressources. Ces processus doivent être appliqués aux sujets et ressources
lors de leur création, ainsi qu’à ceux déjà existants.

n L’entité doit documenter l’ensemble des attributs de sécurité identifiés en incluant les sources
de données nécessaires, leurs modes de calcul, leurs plages de valeurs et une description du
périmètre couvert.

[Link] Évaluer la disponibilité et la qualité des données

n L’entité doit s’assurer de disposer des données nécessaires pour générer les attributs de sécurité
pertinents pour les cas d’usage de contrôle d’accès retenus.

n L’entité doit s’assurer de sa capacité à collecter ces données et à les mettre à disposition de la
fonction de contrôle d’accès.

n Pour les attributs de conformité :


> L’entité doit s’assurer de la définition et du maintien des versions de référence des logiciels,
paramétrages de durcissement et correctifs applicables par type d’équipement.
> L’entité doit s’assurer de sa capacité à collecter les données nécessaires au travers de l’utili-
sation d’agents logiciels locaux de conformité ou par des outils de scans centraux pour les
équipements concernés.

24 – MODÈLE ZERO TRUST


n Pour les attributs de niveau de menace :
> L’entité doit s’assurer, pour les différents scénarios de menace à détecter, que les journaux
pertinents peuvent être générés ou que les flux d’information pertinents sont accessibles en
clair.
> L’entité doit s’assurer de sa capacité à capturer et analyser ces données par la mise en œuvre
de capteurs physiques ou logiciels sur le réseau ou sur les équipements.
> L’entité doit s’assurer de la fiabilité des alertes de détection de la menace (faible taux de faux
positifs et de faux négatifs), en particulier celles reposant sur une analyse comportementale.

Information
L’amélioration des mesures de détection et d’automatisation des réponses visent à ré-
duire fortement la fenêtre d’attaque d’un acteur malveillant, et ainsi limiter l’impact
d’une compromission ou la vraisemblance de l’atteinte d’un événement redouté. Ce
renforcement des mesures de détection et de réponse pourrait mener sur certains
scénarios à justifier la réduction des mesures de protection sur les équipements, tout
en maintenant un niveau de risque acceptable. Cependant, le principe de précau-
tion prévaut. Ces mécanismes de détection et de réponse sont complexes à mettre
en œuvre et peuvent être contournés. Le principe de défense en profondeur avec
l’utilisation de plusieurs barrières de protection restent donc applicables.

[Link] Évaluer les contraintes pour la gestion des attributs de sécurité

Pour éviter un faux sentiment de sécurité ou des refus d’accès à tort, il est nécessaire de pouvoir
maintenir à jour les différents attributs dans le temps. En particulier :

n L’entité doit s’assurer de l’utilisation de référentiels uniques et d’une gestion centralisée de ceux-
ci. Cela inclut, sans être exhaustif, le référentiel des comptes d’accès utilisateurs, le référentiel
des comptes d’accès administrateurs, le référentiel des ressources matérielles et logicielles.

n L’entité doit être en capacité de maintenir à jour les référentiels de comptes d’accès, et plus
particulièrement de désactiver de manière automatique tout compte d’accès considéré comme
compromis dans le système.

n L’entité doit être en capacité de renouveler les secrets des différents sujets et ressources. Cela
implique, pour les certificats notamment, la mise en œuvre d’une infrastructure de gestion de
clés.

n L’entité doit être en capacité de maintenir à jour ses équipements. Cela implique le maintien
du référentiel de correctifs applicables et la gestion centralisée du processus de mise à jour des
composants logiciels par rapport à ce référentiel.

n L’entité doit être en capacité de maintenir à jour ses référentiels de détection (indicateurs de
compromission, modèles comportementaux, etc.) et avoir une activité de veille relative aux
menaces (Cyber Threat Intelligence).

MODÈLE ZERO TRUST – 25


n L’entité doit protéger en authenticité et en intégrité les attributs au repos et en transit. Pour
la protection des attributs associés à une donnée, cela implique l’utilisation de mécanismes
cryptographiques sur les attributs et les métadonnées d’un fichier par exemple.

Attention
Assurer l’intégrité et l’authenticité des attributs utilisés pour le contrôle d’accès est
très dépendant du niveau de sécurité des postes utilisés et de la visibilité que l’entité
en a. La pratique du BYOD, en particulier, ne permet pas d’accorder un niveau d’as-
surance élevé vis-à-vis des valeurs retournées par ses équipements (lorsque celles-ci
sont disponibles et collectables) pour la prise de décision d’accès.

3.2.3 Politique de contrôle d'accès


De manière générale :

n L’entité doit définir sa politique d’accès uniquement sur des attributs maîtrisés, c’est-à-dire des
attributs qu’elle est capable de maintenir à jour et dont elle maîtrise le périmètre de couverture
et le niveau de qualité.

n L’entité doit inclure de manière itérative les différents attributs de sécurité, allant d’attributs
simples et faciles à maintenir à jour à des attributs plus complexes à mettre au point (ex. :
l’analyse comportementale).

n À chaque itération, l’entité doit évaluer le niveau d’efficacité de ses mécanismes de contrôle
d’accès dynamique et adapter sa politique de contrôle d’accès en cohérence.

n L’entité doit pondérer le ou les scores de confiance selon l’importance de l’attribut pour l’entité
lors des décisions d’accès, et selon le niveau de fiabilité des attributs.

n L’entité doit construire sa politique d’accès sur un ensemble de critères de conformité. Le score
de confiance doit être utilisé comme un critère de contrôle de sécurité supplémentaire.

n L’entité doit définir pour chaque type d’équipement un niveau de confiance implicite reposant
sur la politique de sécurité qui leur est applicable lorsque le type d’équipement n’est pas utilisé
comme critère de conformité lors de la prise de décision d’accès.

n L’entité doit réaliser des évaluations continues afin de calculer un score de confiance (c.-à-d.
un niveau de confiance explicite). Le score de confiance d’un équipement ne peut pas pas être
supérieur au niveau de confiance implicite qui lui est accordée pour accéder aux ressources de
l’entité 9 .

n L’entité doit définir des seuils de score de confiance en cohérence avec la criticité DIC des res-
sources accédées.

9. Le score de confiance d’un équipement doit toujours être calculé au regard du type d’équipement évalué (par exemple, un poste
BYOD ou un poste maîtrisé par l’entité). Cette évaluation ne peut être qu’une dégradation de la confiance implicitement accordée à un
type de poste. En aucun cas un poste BYOD ne peut être utilisé par un administrateur pour réaliser des actions d’administration même
si l’évaluation explicite du poste semble indiquer que celui-ci est intègre

26 – MODÈLE ZERO TRUST


Information
Bien que le concept du Zero Trust permet, en théorie, d’améliorer le niveau de sé-
curité d’une entité avec une réorientation des mesures de sécurité vers des mesures
de détection et de réaction, il est important d’évaluer à chaque étape de sa mise en
œuvre son niveau d’efficacité réelle. En effet, celle-ci est dépendante des attributs
utilisés ainsi que de leur niveau de protection en intégrité et authenticité (et donc
dans la confiance implicite accordée à l’évaluation). Il est donc essentiel de mettre
en cohérence le niveau de protection de l’équipement utilisé et le niveau de criti-
cité DIC de la ressource accédée avec le niveau d’efficacité actuelle de la chaîne de
contrôle d’accès.

Pour assurer un fort niveau de robustesse de la preuve d’identité, les recommandations suivantes
sont applicables :

n Tout accès d’un utilisateur, d’un processus automatique ou d’un équipement devrait être iden-
tifié de manière unique et authentifié par l’utilisation d’un authentifiant de type certificat.

n Tout utilisateur devrait utiliser un second facteur d’authentification permettant l’utilisation de


la clé privée associée à son certificat.

n Le secret d’authentification de type certificat devrait être protégé dans un composant matériel
dédié. Pour les utilisateurs, un jeton (token) physique devrait être utilisé.

n Les mécanismes d’authentification passive ne devraient pas être utilisés.

Pour les équipements utilisés lors des demandes d’accès, les recommandations suivantes sont ap-
plicables :
n Les équipements personnels de type BYOD doivent être considérés par défaut comme de faible
confiance et donc leurs accès limités à des services non critiques de l’entité.

n Les accès d’administration doivent être réalisés à partir de postes ayant un niveau de confiance
implicite élevé. Les mesures du guide d’administration de l’ANSSI [2] pour la sécurisation des
postes d’administration restent donc applicables y compris pour l’administration des fonctions
du plan de contrôle Zero Trust.

Pour l’application du principe de moindre privilège à la suite de l’authentification des sujets, les
recommandations suivantes sont applicables :

n Après l’authentification d’un sujet, un canal sécurisé doit être établi assurant la confidentialité,
l’intégrité et l’authenticité des données par des mécanismes cryptographiques.

n Les accès à privilège doivent être réalisés au travers d’un tunnel VPN IPSec. Le cas échéant,
l’utilisation exclusive d’un reverse proxy Zero Trust n’est pas recommandée.

n Les accès utilisateurs à des services publics exposés sur Internet doivent transiter par un proxy
Zero Trust.

MODÈLE ZERO TRUST – 27


3.3 Acquisition, développement et maintenance
n L’entité doit définir des jalons intermédiaires dans la mise en œuvre du modèle Zero Trust pour
les cas d’usage retenus. La cohérence des risques doit être assurée à chaque jalon.

n L’entité doit privilégier l’utilisation de protocoles standards, lorsque ceux-ci existent, afin de
limiter sa dépendance à des solutions d’un même éditeur ou d’accepter le risque associé à cette
dépendance.

n L’entité doit s’assurer de la compatibilité de ses ressources avec les fonctionnalités du modèle
ABAC. Le cas échéant, l’entité doit prévoir le développement ou la mise en œuvre de solutions
matérielles ou logicielles tierces supplémentaires.

n L’entité doit s’assurer du niveau d’assurance sécurité des solutions logicielles acquises ou déve-
loppées dans le cadre de son architecture Zero Trust.

n L’entité doit réaliser des campagnes de tests pour identifier toutes les règles pouvant causer des
accès refusés à tort.

n L’entité doit réaliser des tests de sécurité, notamment des audits de configuration et des tests
d’intrusion pour identifier toute règle trop permissive menant à des accès autorisés à tort.

n L’entité doit prévoir une durée d’apprentissage conséquente afin de fiabiliser les décisions d’ac-
cès reposant sur les comportements de l’utilisateur et/ou de l’équipement.

n L’entité doit prévoir les moyens humains, techniques et organisationnels nécessaires pour le
support des utilisateurs en cas d’accès refusé à tort, ainsi que leur accompagnement dans la
gestion du changement.

3.4 Recommandations générales sur l'architecture


n L’entité doit cloisonner son réseau de manière logique ou physique. Cette segmentation reste
nécessaire pour couvrir des attaques au niveau réseau.

n L’entité doit cloisonner de manière logique ou physique le plan de contrôle et le plan de don-
nées.

n L’entité doit s’assurer que tous les accès d’un équipement du plan de données vers le plan de
contrôle est réalisé via l’établissement d’un canal sécurisé en confidentialité, intégrité et authen-
ticité avec une authentification mutuelle.

n L’entité doit s’assurer de réaliser ses accès d’administration au travers d’une chaîne d’accès dif-
férente de celle des accès utilisateurs.

n L’entité doit mettre en œuvre des mécanismes de redondance et de synchronisation des états
sur les équipements du plan de contrôle assurant le contrôle d’accès continu.

n L’entité doit répartir et segmenter les services de contrôle d’accès dynamique par type d’usage
afin de limiter l’impact sur l’entité en cas de défaillance.

28 – MODÈLE ZERO TRUST


Bibliographie
[1] Le Modèle Zero Trust.
Publication scientifique, ANSSI, août 2020.
[Link]

[2] Recommandations relatives à l’administration sécurisée des systèmes d’information.


Guide ANSSI-PA-022 v3.0, ANSSI, mai 2021.
[Link]

[3] La méthode EBIOS Risk Manager - Le Guide.


Guide ANSSI-PA-048 v1.5, ANSSI, mars 2024.
[Link]

[4] RGS Annexe B3 : Règles et recommandations concernant les mécanismes d’authentification.


Référentiel Version 1.0, ANSSI, janvier 2010.
[Link]

[5] RGS Annexe B2 : Règles et recommandations concernant la gestion des clés utilisées dans les
mécanismes cryptographiques.
Référentiel Version 2.0, ANSSI, juin 2012.
[Link]

[6] RGS Annexe B1 : Règles et recommandations concernant le choix et le dimensionnement des mé-
canismes cryptographiques.
Référentiel Version 2.03, ANSSI, février 2014.
[Link]

[7] Authentification multifacteurs et mots de passe.


Guide ANSSI-PG-078 v1.0, ANSSI, octobre 2021.
[Link]

[8] Instruction générale interministérielle n°1300.


Référentiel, SGDSN, août 2021.
[Link]

[9] Guide to Attribute Based Access Control (ABAC) Définition and Considerations.
Rapport, NIST, janvier 2014.
[Link]

[10] Zero Trust Architecture.


Rapport, NIST, août 2020.
[Link]

[11] Software-Defined Perimeter (SDP) Specification v2.0.


Rapport, CSA, octobre 2022.
[Link]
trust-specification-v2.

MODÈLE ZERO TRUST – 29


[12] Zero Trust Maturity Model.
Rapport, CISA, avril 2023.
[Link]
Model_Version_2_508c.pdf.

30 – MODÈLE ZERO TRUST


MODÈLE ZERO TRUST – 31
Version 1.0 - 20/06/2025 - ANSSI-PA-111
Licence ouverte / Open Licence (Étalab - v2.0)

AGENCE NATIONALE DE LA SÉCURITÉ DES SYSTÈMES D'INFORMATION

ANSSI - 51 boulevard de La Tour-Maubourg, 75700 PARIS 07 SP


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