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La forteresse byzantine de Timgad, construite entre 539 et 540 sous le règne de Justinien, est un ouvrage militaire situé en Algérie, destiné à défendre la région face aux menaces internes. Elle est caractérisée par un plan rectangulaire, des murs renforcés par huit tours et des installations fonctionnelles, intégrant des éléments d'un ancien sanctuaire romain. Inscrite au patrimoine mondial depuis 1982, la forteresse a fait l'objet de fouilles archéologiques depuis 1938, révélant son importance historique et architecturale.

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La forteresse byzantine de Timgad, construite entre 539 et 540 sous le règne de Justinien, est un ouvrage militaire situé en Algérie, destiné à défendre la région face aux menaces internes. Elle est caractérisée par un plan rectangulaire, des murs renforcés par huit tours et des installations fonctionnelles, intégrant des éléments d'un ancien sanctuaire romain. Inscrite au patrimoine mondial depuis 1982, la forteresse a fait l'objet de fouilles archéologiques depuis 1938, révélant son importance historique et architecturale.

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Forteresse byzantine de Timgad

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35° 28′ 47″ nord, 6° 28′ 05″ est

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Forteresse byzantine de Timgad

Vue depuis la cité de Timgad.

Lieu Timgad, Batna, Algérie


Fait partie de Site archéologique de Timgad
Construction Construite, ou inaugurée, entre le 1er avril 539 et le 1er avril 540[JL 1],[1]
Longueur Rectangle de 111,25 × 67,50 mètres[2] (0,70 [3])
Contrôlé par OGEBC[4]
Protection Patrimoine mondial (1982)
Patrimoine mondial
Site du Bien Timgad
Année d’inscription 1982
Coordonnées 35° 28′ 47″ nord, 6° 28′ 05″ est
Géolocalisation sur la carte : Algérie

• (Voir situation sur carte : Algérie)


• (Voir situation sur carte : Timgad)
• (Voir situation sur carte : site archéologique de Timgad)

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La forteresse byzantine de Timgad (en latin : Civitas Tamogadiensis) est un ouvrage militaire édifié
au VIe siècle sur le territoire de la ville antique de Timgad, dans la wilaya de Batna (Algérie). Elle est
construite entre et , sous le règne de Justinien, à l'initiative du général byzantin Solomon, dans le cadre
de la réorganisation et de la défense de l'Afrique byzantine face aux instabilités régionales, notamment
aux abords du massif de l'Aurès.
Implantée au sud de la ville romaine, sur un terrain ouvert dépourvu de défenses naturelles, la
forteresse adopte un plan rectangulaire d'environ 111,25 × 67,50 mètres. Son enceinte est renforcée par
huit tours (aux angles et au milieu de chaque façade) et son accès principal est aménagé au nord par
une tour-porte. L'organisation interne associe rues périphériques, compartiments adossés à la muraille
et espaces fonctionnels, et intègre des équipements tels qu'une piscine transformée en réservoir, un bain
et une chapelle. L'ensemble est établi sur l'emplacement d'un sanctuaire romain lié à une source, dont
une partie des structures et des matériaux est remployée.
Connue des voyageurs et savants depuis le XVIIIe siècle, la forteresse fait l'objet de fouilles
archéologiques à partir de 1938, sous l'autorité du Service des Antiquités de l'Algérie, puis d'études et
de mises au point documentaires après l'indépendance. Les dégagements réalisés entre 1938 et 1956 et
la synthèse publiée par Jean Lassus constituent la base principale de la connaissance du monument, de
son plan et des découvertes associées. La forteresse s'inscrit dans l'ensemble archéologique de Timgad,
classé au patrimoine mondial depuis 1982.
Localisation et environnement

La forteresse byzantine de Timgad se situe à la périphérie méridionale de la ville antique de Timgad,


sur un terrain légèrement en contrebas du tissu urbain romain, au pied des premiers contreforts du
massif de l'Aurès[JL 2],[5]. Elle domine la plaine qui s'étend au nord de la montagne et contrôle les
axes naturels de circulation reliant l'intérieur numide aux hauts plateaux[JL 2]. Cette implantation
s'inscrit dans un dispositif défensif byzantin établi en retrait du massif, la frontière impériale se
maintenant au nord de l'Aurès et reposant sur un glacis fortifié constitué par un réseau de places fortes
quadrillant la plaine septentrionale[JL 3].
Le site s'inscrit dans un environnement stratégique marqué par la proximité immédiate de la ville
romaine, tout en étant volontairement séparé de celle-ci[JL 3]. Cette implantation traduit une rupture
fonctionnelle avec l'urbanisme antique : la forteresse ne protège plus une cité prospère, mais constitue
un point fortifié autonome destiné à surveiller et défendre la plaine, sans occupation directe du massif
montagneux de l'Aurès[JL 3].
La construction de la forteresse s'effectue sur l'emplacement d'un vaste sanctuaire romain lié à une
source, dont les structures monumentales sont en grande partie remployées[JL 4]. Cependant, la
forteresse manque de la beauté et du raffinement propres à l'architecture romaine[6]. Le choix de cet
emplacement répond à des contraintes à la fois topographiques et pratiques, la présence de l'eau jouant
un rôle essentiel dans l'implantation du fort et dans l'organisation de ses installations internes[JL 5].
L'environnement immédiat du monument est caractérisé par un paysage ouvert, sans dispositif défensif
naturel marqué[JL 3]. Cette situation explique l'importance accordée à la puissance des murailles et à
l'organisation interne du fort, conçu pour fonctionner comme un élément clé d'un système défensif
régional[JL 3]. La forteresse de Timgad s'intègre ainsi dans un réseau de points fortifiés byzantins
établis dans la plaine au nord de l'Aurès, aux côtés de sites tels que Bagaï, Lambèse ou Zana, formant
une défense en profondeur destinée à contenir les menaces intérieures[JL 3],[7].
Contexte historique
Timgad, connue dans l'Antiquité sous le nom de Thamugadi, est une cité romaine fondée vers l'an sous
le règne de l'empereur Trajan, à l'initiative de la IIIᵉ légion Auguste[8]. Implantée sur les piémonts nord
de l'Aurès, la ville est conçue selon un plan orthogonal régulier, caractéristique des colonies romaines,
organisé autour d'un cardo et d'un decumanus se croisant au niveau du forum[9]. Elle connaît un
développement important aux IIe et IIIe siècles, comme en témoignent ses monuments publics (forum,
capitole, théâtre, thermes, bibliothèque) et son réseau dense de quartiers d'habitation[10]. À partir de
l'Antiquité tardive, la cité subit un déclin progressif lié aux troubles politiques, aux incursions et à la
contraction de l'autorité impériale face à la domination vandale, avant d'être partiellement réoccupée et
restructurée à l'époque byzantine, notamment par l'édification d'une forteresse au VIe siècle[11],[12].

VIe siècle.
La construction de la forteresse byzantine de Timgad s'inscrit dans le cadre de la reconquête de
l'Afrique du Nord menée par l'Empire byzantin sous le règne de Justinien[JL 2]. Après la prise de
Carthage en 533 et l'élimination du pouvoir vandale, l'autorité impériale fait face à une situation
intérieure instable, marquée par l'existence de royaumes berbères autonomes, notamment dans le
massif de l'Aurès[JL 2].
Dans ce contexte, le général byzantin Solomon reçoit pour la seconde fois le gouvernement de
l'Afrique durant la treizième année du règne de Justinien, cumulant les pouvoirs civils et militaires[13],
[1]. Il exerce alors simultanément les fonctions de maître des milices et de préfet du prétoire d'Afrique,
dans une phase de réorganisation profonde du territoire byzantin[13].
La forteresse de Timgad est construite par Solomon sur l'emplacement d'un important sanctuaire
romain dédié aux divinités protectrices d'une source, sanctuaire monumental antérieur à la fortification
et embelli sous le règne de l'empereur Caracalla[JL 4],[14],[15]. L'implantation du fort sur cet espace
illustre un phénomène de continuité monumentale, caractérisé par le réemploi et la transformation d'un
ancien lieu religieux romain en ouvrage militaire byzantin[JL 4].
L'attribution de la forteresse à Solomon repose sur une inscription de fondation byzantine, placée au-
dessus de la porte d'entrée nord ainsi qu'au-dessus des poternes de l'enceinte[JL 1]. Les blocs inscrits,
retrouvés à proximité de ces ouvertures, présentent un texte identique à quelques variantes mineures
près[16]. L'inscription indique que la cité de Timgad est « édifiée depuis les fondations » au cours de la
treizième année du règne de Justinien, à l'époque de l'impératrice Théodora, sous la responsabilité de
Solomon, qualifié de maître des soldats, ancien consul, patrice et préfet d'Afrique[JL 1].
Les sources littéraires, notamment le témoignage de Procope de Césarée rapporté et commenté par
Charles Diehl, permettent de replacer cette inscription dans son contexte historique. Après avoir vaincu
le roi berbère Iaudas, Solomon reprend la lutte contre les populations berbères de l'Aurès, après une
première campagne menée en 535 sans succès décisif[JL 4],[17]. Il remporte ensuite plusieurs victoires
militaires, défait les berbères et procède à une occupation renforcée du territoire[13].
Cette phase militaire s'accompagne d'un vaste programme de fortification[JL 6]. Solomon élève des
ouvrages défensifs à l'intérieur du massif aurésien et fortifie les villes situées à ses abords, décrites par
les sources comme abandonnées et dépourvues de remparts[JL 6]. La forteresse byzantine de Timgad
s'inscrit ainsi dans une politique de défense et de sécurisation destinée à contrôler l'espace intérieur de
l'ancienne province romaine, désormais exposée à des menaces internes plutôt qu'extérieures[13],[18].
La formule « édifiée depuis les fondations » mentionnée dans l'inscription traduit l'état de destruction
avancé de la ville antique après les dévastations consécutives aux troubles régionaux et aux attaques
berbères[19]. La reconstruction repose largement sur le réemploi des matériaux issus des édifices
romains ruinés et répond à la volonté impériale de rétablir l'autorité byzantine et d'assurer le contrôle
stratégique de la région[13]. La mention explicite de la treizième année du règne de Justinien permet de
dater avec certitude la construction de la forteresse entre le er avril 539 et le er avril 540[13].

Découverte et premières mentions

La forteresse byzantine de Timgad est signalée pour la première fois en 1765 par le navigateur anglais
James Bruce, premier Européen à s'aventurer jusqu'au site de Timgad[JL 7]. Il mentionne, au sud de la
ville antique, l'existence d'un vaste enclos fortifié dont les murailles restent visibles, sans proposer
d'analyse précise quant à la fonction ou à la chronologie du monument[20],[JL 7],[21].
Par la suite, le monument demeure connu mais mal compris. Jusqu'au début du XXe siècle, la
forteresse n'est appréhendée que par des observations de surface et par des plans partiels, sans étude
approfondie de son organisation interne ni de ses phases chronologiques[JL 8]. Elle est alors interprétée
comme un ouvrage tardif distinct de la ville romaine, dont la fonction reste incertaine[JL 8].
Au XIXe siècle, plusieurs plans et dessins du fort sont réalisés. Un premier plan anonyme, daté de
1852, restitue correctement le tracé de l'enceinte mais introduit une chapelle fictive[JL 9]. Un second
plan anonyme, daté de 1881 et attribué par Charles Diehl à Edmond Duthoit, distingue les parties
conservées de celles déjà ruinées, notamment les tours d'angle[JL 9]. Enfin, le plan publié par Diehl en
1896 dans L'Afrique byzantine corrige et complète ces documents et signale pour la première fois
certains dispositifs fonctionnels, en particulier les niches des monte-charges[JL 9],[21]. Dans le même
contexte, Stéphane Gsell décrit la forteresse comme « assez bien conservée » et indique que les murs de
la façade occidentale atteignent environ 7 de hauteur, estimation révisée à près de 14 après les
dégagements, ce qui met en évidence l'ampleur des remblais retirés lors des fouilles[JL 9]. En 1910, des
sondages menés à la demande de la Commission de l'Afrique du Nord conduisent Albert Ballu qui la
désigne dans son ouvrage Les ruines de Timgad, antique Thamugadi : Sept années de découvertes sous
le nom de « forteresse de Solomon »[22] à estimer que l'intérieur du fort ne présente pas d'intérêt
archéologique[5].
Les fouilles archéologiques débutent en 1938 à l'initiative de Louis Leschi, alors directeur des
Antiquités de l'Algérie[23],[21]. L'organisation des travaux est confiée à Marcel Christofle, architecte
en chef des Monuments historiques, tandis que la direction des recherches de terrain revient à Charles
Godet puis à son fils René Godet[JL 4],[21]. En 1939, dans le cadre de la préparation du Congrès
international des études byzantines prévu à Alger, un programme de fouilles plus étendu est engagé
sous l'autorité d'Eugène Albertini et de Louis Leschi. De nouveaux sondages mettent alors au jour, à
environ quatre mètres de profondeur, des vestiges importants, ce qui entraîne une intensification des
travaux, motivée par la volonté des autorités locales d'achever le dégagement de la forteresse en vue de
sa présentation lors du congrès. Les relevés de base sont réalisés par R. Vandel, ingénieur du service
des Ponts et Chaussées[5],[JL 4],[21].
Les travaux sont ralentis par la Seconde Guerre mondiale et par les difficultés institutionnelles de
l'après-guerre, tandis que la situation politique de l'Algérie après 1945 limite la poursuite des
recherches[JL 10] ; ils ne connaissent qu'une brève interruption, de quelques semaines, lors de la
maladie qui emporte Charles Godet[1].
Après 1955, en l'absence de crédits suffisants, aucun chantier d'envergure n'est plus mené à Timgad et
les recherches se limitent à l'étude de la ruine dégagée et à quelques observations ponctuelles[JL 10].
La découverte, sous la forteresse, d'un vaste sanctuaire romain oriente une partie des dégagements et
entraîne la suppression ou la reconstruction partielle de certaines structures byzantines, ainsi que la
récupération de nombreux blocs antiques inscrits, modifiant sensiblement l'état initial du monument et
compliquant la restitution de son état byzantin primitif[JL 10].
Après 1956, des interventions complémentaires sont menées par Serge Tourrenc et Jean-Pierre Bonnal,
conservateurs du site[21]. Des missions en 1967 et en 1975 permettent à Jean-Claude Golvin et Jean
Lenne de compléter les plans, coupes et relevés de détail. La documentation photographique est assurée
notamment par Charles Godet, Henri-Irénée Marrou, Jean Lassus, Marcel Le Glay et, pour l'essentiel,
Philippe Foliot. Le monument et l'ensemble du site de Timgad sont ensuite placés sous la conservation
de Mohamed Taghlissia[JL 4].

Fouilles archéologiques (1938–1956)


Les fouilles archéologiques de la forteresse byzantine de Timgad et du sanctuaire de la source débutent
en 1938 sous l'autorité du Service des Antiquités de l'Algérie[JL 11]. L'initiative du chantier revient à
Louis Leschi, alors directeur des Antiquités, tandis que l'organisation générale des travaux est assurée
par Marcel Christofle, architecte en chef des Monuments historiques[JL 11]. La direction effective des
recherches sur le terrain est confiée à Charles Godet, puis reprise par son fils René Godet[JL 11].

Les opérations de fouille mobilisent une main-d'œuvre nombreuse ainsi que des moyens techniques
importants pour l'époque, notamment des voies Decauville et des dispositifs de levage destinés à
l'évacuation des remblais[JL 9]. Les relevés topographiques et architecturaux de base sont exécutés par
R. Vandel, ingénieur du service des Ponts et Chaussées, puis complétés par Édouard Stawski,
dessinateur du Service des Antiquités[JL 11]. Les fouilleurs, instituteurs de formation, acquièrent leur
expérience directement sur le terrain et ne disposent pas d'une équipe spécialisée d'archéologues[JL 2].
Aucun système rigoureux d'enregistrement stratigraphique n'est mis en place, ce qui limite la précision
de certaines observations et complique l'interprétation ultérieure des niveaux dégagés[JL 2]. Les plans
d'ensemble du monument ne sont établis qu'après coup, entre 1946 et 1949, à partir des relevés réalisés
durant les campagnes de fouilles[JL 2]. Le déroulement des travaux est en outre fortement perturbé par
la Seconde Guerre mondiale, qui ralentit considérablement l'avancement du chantier[JL 2]. Après 1945,
la situation institutionnelle et politique de l'Algérie limite la reprise des recherches à grande échelle[JL
2].
À partir de 1955, après la mort de René Godet et en l'absence d'un renouvellement suffisant des crédits,
aucun travail d'envergure n'est plus mené à Timgad[JL 2]. Les recherches se limitent alors à l'étude de
la ruine dégagée, ainsi qu'à la poursuite ponctuelle de sondages ou d'observations locales[JL 2]. Au
cours des fouilles, la découverte du vaste sanctuaire romain situé sous la forteresse oriente une part
importante des dégagements[JL 2]. Cette priorité accordée aux niveaux antiques entraîne la suppression
ou la reconstruction partielle de certaines structures byzantines, ainsi que la récupération de nombreux
blocs antiques, notamment inscrits[JL 2],[JL 8].
Jean Lassus souligne que ces interventions modifient profondément l'état du monument tel qu'il est
observé lors de sa découverte et rendent parfois difficile la restitution de son état byzantin primitif[JL
2].
Malgré ces limites méthodologiques, les fouilles menées entre 1938 et 1956 permettent le dégagement
presque complet de la forteresse, la reconnaissance de son plan général et l'identification de ses
principales composantes architecturales[JL 12]. Les rapports annuels rédigés par Charles et René Godet
constituent la principale source d'information sur le déroulement du chantier et servent de base à la
synthèse critique ultérieure proposée par Jean Lassus[JL 8],[JL 12].
Au début des années 1950, le centre de la forteresse byzantine de Timgad est encore occupé par un petit
établissement berbère, installé à l'intérieur de l'enceinte et recouvrant en partie les structures
antiques[21]. Cette occupation tardive, attestée lors de la reprise des fouilles après la Seconde Guerre
mondiale, est progressivement éliminée dans le cadre des travaux archéologiques menés au cours des
années 1950[21]. En 1958, l'ensemble de l'espace interne de la forteresse est entièrement dégagé afin de
permettre la documentation photographique et l'étude des vestiges byzantins, ce qui entraîne la
disparition complète des constructions berbères, aujourd'hui connues uniquement par les mentions des
sources archéologiques[21].

Reprise des recherches après l'indépendance


Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, les recherches archéologiques consacrées à la forteresse
byzantine de Timgad reprennent dans le cadre de nouvelles missions scientifiques, qui s'inscrivent dans
la continuité des travaux antérieurs et visent à compléter la documentation architecturale du
monument[JL 13]. Deux missions archéologiques sont ainsi menées après l'indépendance,
respectivement en 1967 et en 1975, avec pour objectif principal l'achèvement des plans, des coupes et
des relevés de détail de la forteresse, afin de préciser son organisation architecturale[JL 13]. Ces
missions sont réalisées par Jean-Claude Golvin, architecte DPLG, assisté de Jean Lenne, dessinateur en
chef à l'Institut d'archéologie méditerranéenne d'Aix, et permettent d'établir la documentation graphique
définitive utilisée pour la publication de la synthèse consacrée à la forteresse byzantine de Timgad[JL
13].
Description architecturale

UNESCO.
La forteresse byzantine de Timgad présente un plan rectangulaire régulier, caractéristique des
fortifications byzantines édifiées en Afrique du Nord au VIe siècle, et s'implante en terrain plat sans
exploiter de relief naturel pour sa défense, ce qui implique une fortification entièrement artificielle
reposant sur l'épaisseur des murailles et la régularité du tracé[JL 14]. Sa construction intègre de
nombreux éléments récupérés d'édifices pré-byzantins. Elle comprend un quartier d'habitation dans la
partie orientale et, dans la partie occidentale, les bâtiments de l'administration militaire. Un réservoir
rectangulaire y assure l'approvisionnement en eau, tandis qu'une église de plan basilical est implantée
sur le site de l'ancien temple Aqua Septimaiana. Le complexe comporte également des thermes,
destinés à l'usage des occupants[24].

L'enceinte et les tours

La forteresse est entourée d'une enceinte quadrangulaire dont le tracé reprend une formule régulière
caractéristique des fortifications byzantines d'Afrique[JL 15]. Cette enceinte est renforcée et surveillée
par huit tours, quatre disposées aux angles et quatre placées au milieu de chaque façade, qui assurent à
la fois la défense et le contrôle visuel du périmètre[JL 15]. Les tours, de plan carré, s'adossent
directement à la muraille, tandis que l'entrée principale du fort s'ouvre dans la tour centrale de la façade
nord[JL 16]. La muraille est construite en grand appareil de remploi, avec deux parements externes
entre lesquels se place un blocage interne composé de blocs de dimensions plus modestes, entassés sans
ordre régulier[JL 16]. Les assises sont constituées de blocs de grandes dimensions, dont la hauteur
dépasse fréquemment 40 , les modules les plus importants étant privilégiés dans les assises basses afin
d'assurer la stabilité de l'ensemble[JL 15]. Dans certains secteurs, des blocs disposés en boutisse
pénètrent profondément dans le corps du mur, renforçant la cohésion de la maçonnerie et la résistance
de l'ouvrage, notamment lorsque le parement extérieur a disparu[JL 16]. L'épaisseur du mur d'enceinte
atteint environ 2,6 , tandis que celle des tours est plus réduite, avoisinant 1,8 , ce qui traduit une
différenciation fonctionnelle entre les courtines et les ouvrages saillants[JL 17].
La hauteur conservée de l'enceinte varie actuellement entre 8 et 12 selon les secteurs, sans que la
hauteur primitive puisse être restituée avec certitude en raison des effondrements et des restaurations
postérieures[JL 18],[1]. Les tours dominaient probablement la courtine, au moins dans certaines parties
de l'enceinte, et étaient accessibles depuis le chemin de ronde, comme l'indiquent les escaliers de pierre
conservés sur les fronts nord et sud[JL 19]. Ces escaliers, d'une seule volée, sont portés par des piles
adossées à la muraille et reliées par des voûtes successives, un dispositif attesté dans l'architecture
militaire byzantine tant à Constantinople qu'en Afrique[JL 19]. La tour centrale nord, plus large que les
autres, mesure environ 9 × 9 , dimensions qui s'expliquent par sa fonction de tour-porte contrôlant
l'unique accès à la forteresse[JL 20]. Les tours comportent des espaces intérieurs superposés, interprétés
comme des magasins, dont certains sont couverts de voûtes ou de coupoles, indiquant un usage à la fois
défensif et logistique[JL 21]. L'état actuel de conservation de l'enceinte et des tours résulte enfin
d'effondrements anciens et récents, ainsi que de restaurations modernes documentées lors des
campagnes de fouilles, notamment sur les fronts nord et ouest[JL 22].

Porte d'entrée
La porte d'entrée de la forteresse est aménagée dans la tour centrale de la façade nord et constitue
l'unique accès au monument après son achèvement[JL 20]. Cette tour-porte présente des dimensions
supérieures à celles des autres tours de l'enceinte, mesurant environ 9 × 9 en incluant l'épaisseur de la
muraille à laquelle elle est adossée[JL 20]. Vue de l'extérieur, l'entrée se compose de deux massifs
parallèles séparés par une large ouverture traversant entièrement l'enceinte pour déboucher à l'intérieur
de la forteresse[JL 20]. Cette disposition axiale permet un contrôle direct et exclusif des circulations
vers l'intérieur de l'ouvrage[JL 23].
La tour centrale nord n'est conservée aujourd'hui que jusqu'au niveau de la muraille, mais les vestiges
indiquent qu'elle dominait initialement la courtine afin de permettre l'installation des dispositifs de
fermeture et de défense de la porte[JL 24]. La hauteur primitive de la tour ne peut être déterminée avec
certitude, mais elle dépassait le mur au moins à hauteur du mécanisme de la herse et de son système
d'élévation[JL 25]. À l'intérieur de la tour, un couloir est aménagé à l'étage, au-dessus du niveau du sol,
ce qui témoigne d'une organisation défensive en profondeur[JL 26]. L'accès au sommet de la muraille à
proximité immédiate de la porte est assuré par un escalier de pierre appuyé à la courtine, reliant
directement l'entrée aux positions défensives supérieures[JL 27].
Cet escalier, partiellement conservé, est constitué de marches reposant sur des piles adossées à la
muraille, reliées entre elles par des voûtes successives destinées à supporter la montée jusqu'au sommet
du mur[JL 28]. À proximité de la porte, des niches sont ménagées dans l'épaisseur de l'enceinte et
participent à la composition architecturale et au dispositif défensif de l'entrée[JL 29]. Ces niches sont
associées à des poternes étroites appartenant au même système de circulation et de défense, mais celles-
ci sont rapidement condamnées par des blocs de grand appareil, indiquant un abandon précoce de leur
usage[JL 30]. L'analyse stratigraphique montre que la muraille et la tour d'entrée sont construites en
premier, avant l'adjonction de l'escalier et des structures annexes liées à la défense de la porte[JL 31].

Le bassin de la porte
Un bassin est aménagé à proximité immédiate de la porte d'entrée de la forteresse, sur le front nord, où
il s'insère dans l'organisation architecturale et fonctionnelle du dispositif d'accès[JL 29]. Ce bassin est
établi contre la muraille et prend appui sur les structures antérieures liées à la porte, notamment dans un
secteur où se concentraient plusieurs aménagements défensifs et techniques[JL 29].
L'implantation du bassin intervient après l'abandon de certains dispositifs initiaux, en particulier la
niche associée au monte-charge, dont il réemploie partiellement l'emplacement et les maçonneries[JL
30]. Cette transformation traduit une réorganisation fonctionnelle de l'espace situé à proximité
immédiate de l'entrée, consécutive à l'évolution des circulations et des usages internes de la
forteresse[JL 30].
Le bassin s'intègre ainsi dans une phase d'aménagement postérieure à la construction initiale de la
muraille et de la tour-porte, et participe à la restructuration progressive du secteur nord de l'enceinte,
marquée par la superposition et le réemploi des installations antérieures[JL 32].

Corps de garde
À l'est de la porte d'entrée, à l'intérieur de la forteresse, le corps de garde est construit après l'édification
de la muraille et de la tour d'entrée, ce que révèle clairement la succession des phases de construction
observées lors de la fouille[JL 33]. La muraille et la tour d'entrée sont d'abord élevées avec leur couloir
intérieur à l'étage et la niche du monte-charge, avant que ne soit entrepris l'aménagement des structures
annexes liées à l'accès défensif[JL 33]. La construction de l'escalier de la courtine intervient ensuite,
adossée au mur au moyen de piles successives, ce qui implique que le monte-charge ait cessé de
fonctionner à ce stade[JL 33].
Le corps de garde est aménagé au sol, derrière l'escalier et ses piles, sous la forme d'un groupe de salles
spécialement conçues pour tenir compte des lacunes laissées entre les supports de l'escalier[JL 34]. Ces
espaces s'inscrivent dans le prolongement du dispositif défensif de l'entrée et précèdent, le long de la
muraille, la rangée régulière des compartiments alignés jusqu'à la tour nord-est[JL 35]. Leur
implantation témoigne d'une organisation fonctionnelle étroitement liée à la surveillance et au contrôle
de l'accès principal de la forteresse[JL 35].
Le corps de garde s'ouvre vers l'ouest sur une petite cour dallée, assimilable à un vestibule, dont la
façade prolonge le parement intérieur de l'entrée du fort au-delà de l'ouverture de l'escalier[JL 35].
Cette cour présente une profondeur d'environ 2,75 et constitue un espace de transition entre la porte,
les dispositifs d'accès à la courtine et les zones internes de la forteresse[JL 35]. L'ensemble forme un
dispositif cohérent associant défense, circulation et contrôle des mouvements à l'intérieur de
l'ouvrage[JL 35].
Monte-charge
Un dispositif de monte-charge est aménagé dans l'épaisseur de la muraille, à proximité immédiate de la
porte d'entrée de la forteresse, et fait partie intégrante du système d'accès et de circulation verticale du
monument[JL 36]. Ce dispositif est associé à une niche ménagée dans le mur, dont l'ouverture se situe à
l'intérieur de la forteresse et s'inscrit dans la composition architecturale de la façade nord[JL 36].
La niche du monte-charge est construite dès la première phase d'édification de la muraille et de la tour
d'entrée, avant l'installation de l'escalier de la courtine[JL 36]. Sa présence implique l'existence d'un
mécanisme destiné à assurer le levage de charges entre le niveau du sol et celui de la courtine, dans un
contexte où l'accès direct par escalier n'est pas encore établi[JL 37].
Lors de la construction ultérieure de l'escalier adossé à la muraille, l'usage du monte-charge devient
incompatible avec la nouvelle organisation de l'accès à la courtine, ce qui conduit à son abandon[JL
38]. La niche est alors partiellement obstruée ou intégrée à des aménagements postérieurs, notamment
des compartiments adossés à l'enceinte, ce qui confirme la désaffectation rapide du dispositif[JL 39].

Escaliers de la courtine

L'accès à la courtine de la forteresse est assuré par des escaliers de pierre appuyés contre la muraille,
dont deux sont conservés, l'un à l'est de la porte d'entrée nord et l'autre à proximité de la tour centrale
sud[JL 19]. Ces escaliers permettent de relier directement le niveau du sol intérieur aux positions
défensives situées au sommet de l'enceinte[JL 19].
Les escaliers sont constitués d'une seule volée de marches, reposant sur des piles adossées à la muraille
et reliées entre elles par des voûtes successives, système attesté dans l'architecture militaire
byzantine[JL 19]. Dans le cas de l'escalier de la courtine nord, les vestiges conservés permettent de
restituer une rampe d'environ 14,40 de longueur, composée d'une quarantaine de marches menant à la
plateforme sommitale[JL 40].
Les marches sont formées de dalles inégales reposant sur un entassement empirique de blocs de petit
appareil, sans liaisonnement régulier[JL 41]. L'escalier est porté par des piles successives, dont la
première présente une largeur d'environ 1,30 , tandis que la dernière conservée atteint environ 1,90 de
largeur[JL 41].
Les piles sont reliées par des voûtes placées à des hauteurs croissantes, permettant de supporter la
montée continue jusqu'au sommet de la courtine sans palier intermédiaire[JL 40]. La hauteur de la
plateforme atteinte par l'escalier est estimée à environ 10 , correspondant au niveau du chemin de ronde
et des dispositifs défensifs supérieurs[JL 42].
Les escaliers conservés apparaissent insuffisants pour assurer à eux seuls la circulation de l'ensemble de
la garnison vers les positions de combat, ce qui conduit à envisager l'existence d'autres moyens d'accès
aujourd'hui disparus[JL 20]. L'analyse des vestiges suggère ainsi que les escaliers de la courtine
constituent un élément essentiel mais non exclusif du système d'accès vertical de la forteresse[JL 20].

La piscine

La moitié occidentale de la forteresse byzantine de Timgad s'organise autour d'un vaste bassin, élément
structurant de l'espace compris entre la porte nord et le mur d'enceinte[JL 43]. Ce bassin mesure
environ 13,60 du nord au sud pour 3,60 de largeur et est bordé d'un cadre de pierre marquant l'axe de
l'ancien sanctuaire romain[JL 43].
Le bassin est antérieur à la citadelle byzantine, les bases de la courtine et une partie des tours reposant
directement sur ses murs, ce qui conduit à l'attribuer à l'époque antonino-sévérienne[JL 44]. Le mur
occidental de la forteresse est élevé directement sur la paroi du bassin, selon une méthode également
observée pour le mur de fond des compartiments voisins[JL 44].
À l'époque byzantine, la piscine est transformée en réservoir d'eau et progressivement enclavée par des
constructions militaires, demeurant dissimulée sur trois côtés, tandis que son côté nord conserve des
éléments de balustrade romaine et le dispositif du trop-plein, point de départ d'un canal d'évacuation
vers le nord[JL 45].

L'état-major

trop-plein du bassin, puis l'arche d'entrée du sanctuaire païen


conservée par les Byzantins. À droite, derrière les vestiges de la balustrade, se situe le mur de fond du
bâtiment de l'état-major.
À l'ouest de la piscine, un bâtiment est identifié comme le siège de l'état-major de la forteresse, en
raison de sa position et de son articulation directe avec les principaux aménagements internes du
fort[JL 46]. Ce bâtiment est séparé de la piscine par un mur étroitement implanté, situé à moins d'un
mètre du rebord du bassin, ce qui traduit une organisation spatiale contrainte et volontairement
structurée[JL 46].
Le mur occidental de ce bâtiment correspond à un alignement continu qui se prolonge vers le nord
jusqu'à une zone marquée par la présence d'éléments en brique liés aux installations thermales
byzantines voisines[JL 46]. Vers le sud, ce même mur rencontre un mur transversal posé directement
sur le rebord de la piscine et rejoignant à l'ouest le mur de fond des compartiments longeant l'allée
occidentale de la forteresse[JL 46].
L'intérieur du bâtiment conserve des traces d'un corridor recouvert par des dalles encore en place aux
deux extrémités, indiquant une circulation interne structurée[JL 46]. L'arrêt précis de ce corridor à
l'angle sud-ouest de l'édifice, tandis que le mur extérieur se poursuit, souligne une différenciation
fonctionnelle entre les espaces internes et les limites bâties[JL 46].
L'implantation de l'état-major, immédiatement en arrière de la piscine et en liaison directe avec les
compartiments et les principaux axes de circulation du fort, témoigne de son rôle central dans
l'organisation interne de la forteresse byzantine[JL 46].

Le bain

Le bain est un établissement de thermes intégré à la forteresse byzantine de Timgad, situé à l'ouest de la
piscine et constitué d'un ensemble de salles successives organisées selon une progression fonctionnelle
du froid vers le chaud[JL 47]. L'édifice adopte un plan compact et rectangulaire, qui ne suit pas
strictement le modèle des thermes romains classiques mais conserve des relations fonctionnelles
proches, adaptées au contexte militaire[JL 48],[JL 47].
À l'est, l'accès au bain s'effectue depuis la place d'appel par un vestibule qui ouvre sur l'ensemble des
espaces[JL 48],[JL 49]. Dans l'enchaînement intérieur des salles, la première pièce constitue une zone
de transition ou de circulation, qui débouche sur une salle d'attente dallée avec un banc de pierre adossé
au mur, manifestant sa fonction d'accueil et de distribution[JL 49],[JL 47].
La salle suivante, de forme rectangulaire, comprend un couloir flanqué de baignoires carrées
symétriques. L'une d'entre elles est bien conservée et présente des marches et des revêtements intérieurs
en ciment rouge, tandis que ses dimensions intérieures atteignent environ 1,70 × 1,30 pour une
profondeur utile d'environ 1,05 [JL 50]. Cette salle illustre la circulation propre aux espaces tièdes du
bain[JL 47].
Suit une salle d'interconnexion qui marque la transition vers les parties chauffées[JL 47]. Elle est
dépourvue d'installations hydrauliques directes mais constitue un passage vers la zone chaude du
bain[JL 47].
Les salles chauffées sont ensuite atteintes par un passage plus étroit, où les murs sont pourvus de
conduits destinés à répartir la chaleur provenant des installations de chauffage[JL 48],[JL 47]. Ces
conduits se distribuent dans les murs et sous le dallage par l'intermédiaire d'hypocaustes, assurant un
chauffage par en dessous et sur les parois[JL 48],[JL 47].
La salle accessible depuis la salle précédente, est un espace particulièrement chaud, avec un dispositif
interne de chauffage renforcé. La baignoire orientale de cette salle repose sur une pierre inscrite
remployée portant l'inscription « [Sa]lvis Augustis Aqua [Se]ptimiana felix[25] », qui a donné son nom
à la source antique associée au sanctuaire originel[JL 43],[JL 51],[JL 47]. Cette inscription réinsérée
dans la structure du bain illustre la continuité de l'utilisation des lieux et le réemploi des éléments
antiques[JL 43],[JL 51].
Une salle adjacente occupe l'angle sud-ouest du bain et présente des aménagements spécifiques du
système thermique, avec des foyers et des variations de niveaux, suggérant un usage différencié au sein
des espaces chauds[JL 48],[JL 52],[JL 47]. Des conduits et des épaisseurs de maçonnerie indiquent une
distribution de chaleur contrôlée, bien que certaines zones soient difficiles à interpréter en raison de la
destruction partielle des structures[JL 48],[JL 47].
La façade ouest du bain, visible depuis la piscine, comporte plusieurs ouvertures et témoigne des
relations fonctionnelles entre l'espace des thermes et les installations hydrauliques extérieures[JL 53],
[JL 47]. Certains segments de mur, avec leurs conduits de chauffage et leurs contreforts, montrent des
efforts de protection thermique spécifiques à des zones de forte sollicitation[JL 48],[JL 47].
L'ensemble du bain illustre ainsi l'adaptation des techniques thermales romaines (hypocaustes, conduits
muraux, distribution des salles chaudes et froides) à un contexte byzantin et militaire, dans un espace
contraint, utilisant largement le remploi des matériaux et des structures préexistantes sans recherche de
monumentalité ostentatoire[JL 48],[JL 47],[JL 54].

La chapelle
La forteresse byzantine de Timgad comporte une chapelle intégrée au complexe militaire, associée aux
installations du bain et implantée sur les structures du sanctuaire antique antérieur[JL 55],[26]. La
chapelle est construite sur le podium des temples du sanctuaire païen, dans l'espace compris entre le
mur est du grand temple et le mur nord du temple latéral oriental, en réemployant largement les
fondations et les élévations existantes[JL 56],[27].
L'édifice adopte un plan basilical simple, inscrit dans un rectangle d'environ 18 × 10,80 , et se compose
de trois nefs séparées par deux files de colonnes, précédées à l'ouest par un narthex et terminées à l'est
par une abside profonde[JL 56]. L'orientation de la chapelle est facilitée par le tracé régulier de la
citadelle et du sanctuaire antique sous-jacent, dont les murs sont dirigés vers les points cardinaux[JL
56].
La façade occidentale du narthex est construite en briques et repose sur une assise de pierres régulières
formant seuil, tandis que le mur du temple central sert partiellement de fondation à cet espace, avec un
léger retrait d'environ 35 [JL 57]. Le narthex est voûté, ses murs sont distants d'environ 2,12 , et chacun
est percé de trois portes donnant accès à la nef centrale et aux collatéraux[JL 58].

Une tribune est attestée par la présence d'un escalier d'accès ajouté à l'extérieur de la chapelle, dans le
prolongement du narthex, et construit en grand appareil[JL 59]. Cet escalier, qui s'enroule autour d'un
pilier central dans un espace d'environ 3 × 2,50 , permet d'accéder à une porte située à l'étage, au-
dessus de celle du rez-de-chaussée[JL 59].
Les trois nefs sont séparées par des colonnes remployées, munies de bases et de chapiteaux homogènes
de style corinthien datés du IIe siècle[JL 60]. Les colonnes présentent un diamètre d'environ 0,42 , les
bases environ 0,63 de côté, et les arcs qu'elles supportent offrent une portée d'environ 2,44 d'axe en
axe[JL 60]. Les collatéraux mesurent environ 2 de largeur, tandis que la nef centrale atteint environ
4,60 , pour une largeur intérieure totale proche de 9 [JL 61]. La longueur de l'espace central, depuis
l'entrée jusqu'au-delà du socle de l'autel, atteint environ 9,65 [JL 61].
À l'est, l'abside est inscrite dans un mur droit et s'aligne sur le mur de soutènement du podium antique,
situé environ 35 plus à l'est[JL 62]. L'abside conserve un dallage et correspond au sanctuaire liturgique
de l'édifice[JL 62]. Deux sacristies longues et étroites flanquent l'abside, chacune mesurant environ
4,70 × 2 , et communiquant à la fois avec les nefs latérales et avec le sanctuaire par des portes
distinctes[JL 63]. La sacristie nord est transformée en baptistère, avec une cuve carrée aménagée dans
le sol, pourvue de marches et de joints de ciment assurant l'étanchéité[JL 64]. Trois niches semi-
circulaires sont aménagées dans le mur nord du baptistère, près du sol, tandis que d'autres niches
rectangulaires sont également signalées, bien que leur nombre exact ne puisse être déterminé en raison
de l'état de conservation[JL 64]. Devant l'abside, l'autel est installé sur un podium rectangulaire
d'environ 3,75 × 2,75 [JL 65]. La table d'autel repose sur quatre fûts de colonnes remployés, dont les
diamètres varient entre environ 24 × 29 et dont les hauteurs approchent un mètre[JL 65].

sarcophage en marbre, initialement enterré au pied de l'abside,


est aujourd'hui exposé à gauche de l'entrée du musée.
Entre les supports de l'autel est placé un coffre de pierre, et plusieurs éléments décoratifs remployés
sont signalés, notamment un fragment de plaque sculptée[JL 66]. Trois bases du ciborium sont
conservées en place dans le pavement, la quatrième n'étant pas assurée en raison des reprises anciennes
du dallage[JL 67].
Les fouilles menées devant l'abside ont mis au jour des structures enfouies sous le dallage et liées au
secteur de l'autel, révélant notamment la présence de deux sarcophages[JL 68]. Un sarcophage de
marbre, dépourvu de couvercle, est découvert enterré sous le pavement puis transporté au musée, tandis
qu'un second sarcophage en calcaire est mis au jour sous les colonnes supportant la table d'autel et
laissé en place[JL 68]. Entre ces deux sarcophages, une caisse délimitée par des dalles de marbre rouge
contient plusieurs petites poteries et autres récipients, décrits dans les rapports de fouille[JL 69]. Le
sarcophage de marbre est décrit comme richement décoré, avec une façade ornée de demi-colonnes, de
strigiles et d'un motif central de porte, et il est signalé comme particulièrement bien conservé[JL 70].
L'ensemble de la chapelle témoigne ainsi de l'intégration d'un édifice cultuel byzantin complet dans un
contexte militaire, combinant remploi d'éléments antiques, organisation liturgique élaborée et
transformations successives attestées par les données de fouille[JL 70].
Organisation interne, casernements et voirie

L'organisation interne de la forteresse byzantine de Timgad repose sur un réseau structuré de rues et de
compartiments adossés à l'enceinte, définissant les espaces de circulation, de casernement et de
service[JL 71],[JL 72]. Cette organisation distingue nettement une partie occidentale, moins densément
occupée, et une partie orientale, caractérisée par une concentration élevée de compartiments
réguliers[JL 71],[JL 73].
Les casernements se présentent sous la forme de compartiments rectangulaires alignés contre les murs
de l'enceinte, chacun mesurant environ 4,40 de longueur pour 2,60 de largeur[JL 74]. Ces cellules,
adossées directement à la muraille, constituent des unités répétitives destinées à l'hébergement et au
stockage, et forment des séries continues le long des rues internes[JL 73],[JL 75].
Les compartiments sont desservis par des rues périphériques longeant les quatre côtés de l'enceinte,
dont la largeur varie généralement entre environ 2 × 2,20 selon les secteurs[JL 24],[JL 76],[JL 73]. Ces
voies assurent une circulation continue et structurent la distribution des espaces bâtis[JL 73].
La rue nord longe la courtine septentrionale et relie directement la porte d'entrée aux secteurs oriental et
occidental de la forteresse[JL 77]. Dans sa partie est, elle dessert une série de compartiments disposés
de manière régulière et contribue à l'organisation fonctionnelle de la zone orientale[JL 77],[JL 73].
La rue ouest suit le tracé de la muraille occidentale et dessert les compartiments de la partie ouest, en
relation avec la piscine et les bâtiments de l'état-major[JL 78]. Sa largeur, proche de 2 , correspond à un
axe de desserte secondaire mais continu[JL 78].
La rue sud longe la courtine méridionale et assure la desserte des compartiments adossés à cette façade,
constituant un axe de circulation parallèle à l'enceinte[JL 79]. Elle permet la liaison interne entre les
secteurs est et ouest du fort[JL 79].
La rue est longe la muraille orientale et dessert la série la plus dense de compartiments, régulièrement
espacés et strictement alignés[JL 80]. Cette rue est ponctuée par des épis, c'est-à-dire des murs
perpendiculaires à la courtine, d'environ 1 de largeur, qui rythment l'implantation des compartiments et
renforcent la stabilité de l'ensemble[JL 78].
La suite de la rue est se prolonge vers le nord et le sud, assurant la continuité de desserte de l'ensemble
des compartiments orientaux[JL 81]. Dans ce secteur, le nombre élevé de cellules et leur régularité
conduisent à identifier la partie est comme le principal espace de casernement de la forteresse[JL 82],
[JL 81].
La place axiale occupe une position centrale à l'intérieur de la forteresse et constitue un espace dégagé
autour duquel s'organisent les principaux axes de circulation[JL 83],[JL 84]. Elle assure la transition
entre les zones fonctionnelles et participe à la lisibilité générale du plan interne[JL 83].
L'ensemble formé par les casernements, les compartiments de 4 × 2,60 , les rues périphériques de 2 à
2,20 de largeur, les épis et la place axiale compose un plan interne rigoureusement ordonné,
caractéristique des forteresses byzantines d'Afrique[JL 74],[JL 77].

Inventaire des découvertes archéologiques

Sérapis découverte.
Les fouilles menées dans la forteresse byzantine mettent au jour, entre 1939 et 1942, un ensemble
structuré de vestiges architecturaux, épigraphiques et mobiliers. Ces découvertes sont documentées lors
de campagnes successives et sont présentées ici selon l'ordre chronologique de leur mise au jour.
En 1939, cinquante-trois inscriptions sont mises au jour dans l'enceinte de la forteresse, sans précision
individuelle de localisation[JL 85].
La même année, deux dolia sont découverts dans un magasin situé sur le front ouest de la forteresse, à
environ trois mètres sous le niveau des poternes, correspondant au niveau des caves[JL 86].
En 1940, un pied en marbre muni d'un goujon de fer, attribué à une statue masculine colossale, est
découvert sur la terrasse du temple romain central, au-dessus du podium, sous le dallage byzantin
recouvrant cet espace ; une inscription gravée au-dessus de la cheville porte la mention « PRO SALVTE
AVGG »[28],[JL 87].

Toujours en 1940, une tête de serpent associée au culte d'Esculape est signalée parmi les découvertes
mobilières du site[JL 87],[JL 88].
La même campagne révèle également un groupe de sept dolia, grandes poteries d'environ un mètre de
hauteur et d'une capacité estimée à environ 150 litres, disposées ensemble dans un même
compartiment[JL 87].
En 1940 encore, une dédicace byzantine relative à la reconstruction de Timgad sous Justinien et
Théodora, attribuée à Solomon, est retrouvée près de la poterne est et intégrée dans le mur du fort ; des
fragments analogues indiquent que des inscriptions similaires se trouvaient aux poternes sud, est et
ouest[JL 89].
En 1941, une tête en marbre blanc représentant une figure masculine barbue identifiée comme Sérapis
est découverte dans l'angle extérieur sud-est du bassin du fort ; la sculpture mesure environ 0,50 de
hauteur et présente des dispositifs de fixation pour un modius ou un calathos ainsi que pour des rayons
rapportés[JL 90].
En 1942, plusieurs éléments sculptés associés à des statues sont mis au jour, dont un bras en marbre
blanc attribué à la statue de Sérapis, une main droite brisée au poignet, un petit torse masculin à tête
mobile, un dessous de tête en marbre destiné à s'emboîter dans un buste, une tête masculine pouvant
être attribuée à un jeune Bacchus, ainsi qu'une tête féminine très fragmentaire[JL 88].
La même année, une mosaïque noire semée de petites fleurettes blanches est mise au jour dans le
vestibule du sanctuaire central[29],[JL 88].
En 1942 également, une seconde tête en marbre blanc de Sérapis est découverte sur la terrasse, sous un
dallage byzantin ; plus petite que la précédente, elle présente un sommet aplati et percé ainsi qu'un cou
convexe indiquant un montage sur un buste à tête mobile[JL 91].
Toujours en 1942, un premier sarcophage en marbre blanc sans couvercle est découvert entièrement
enfoui sous le dallage au pied de l'abside, il mesure environ 2,40 de long, 0,70 de large et 0,60 de
haut, et contenait une boucle de ceinture ainsi que des restes d'ossements[JL 92],[JL 93],[JL 94].
La même année, un second sarcophage en calcaire est mis au jour sous les colonnes soutenant la table
d'autel, il ne présente pas de décor figuré et renfermait un os iliaque, une petite poterie intacte et une
amphore en verre fragmentaire, et il est laissé en place après sa découverte[JL 92],[JL 93].
En 1942 toujours, sept petites poteries de formes similaires sont découvertes lors d'un sondage effectué
derrière l'autel[JL 95],[JL 96].
Enfin, trois vaisseaux en poterie munis d'anses sont découverts déposés ensemble dans une fosse
délimitée par des dalles de marbre rouge[JL 95],[JL 96].
Fonction et garnison
La forteresse byzantine de Timgad est conçue avant tout comme un ouvrage militaire destiné au
contrôle et à la sécurisation de la plaine située au nord du massif de l'Aurès[JL 14]. Elle s'inscrit dans
un réseau de fortifications établies sous le commandement de Solomon afin de surveiller les axes de
circulation et de contenir les incursions venues des zones montagneuses, plutôt que de défendre une
frontière linéaire au sens romain classique[JL 14],[30].
La fonction principale du fort est d'assurer une présence militaire permanente dans un espace intérieur
devenu instable à l'époque byzantine[JL 14]. La forteresse participe ainsi à un dispositif de défense en
profondeur, combinant observation, contrôle du territoire et réaction rapide aux menaces locales[JL 14],
[31].
L'organisation interne du monument reflète cette vocation militaire. La disposition régulière des
casernements, la présence d'un état-major clairement identifié et l'existence d'équipements collectifs
tels que la piscine et le bain indiquent une occupation stable et structurée, adaptée à une garnison
installée de manière durable[JL 97],[JL 98],[JL 99].
La taille de la forteresse et la densité de son plan intérieur conduisent naturellement à s'interroger sur
l'effectif de la garnison[JL 100]. Lassus souligne toutefois que l'ampleur apparente de l'enceinte ne doit
pas conduire à en inférer automatiquement une garnison nombreuse, les fortifications byzantines étant
conçues pour être tenues par des effectifs relativement réduits[JL 100]. En s'appuyant sur des
comparaisons avec des forteresses médiévales et sur des données historiques, Lassus estime que
l'effectif permanent d'une forteresse de ce type peut être limité à quelques dizaines d'hommes en
période normale, les dispositifs défensifs et la configuration des lieux compensant le faible nombre de
défenseurs[JL 101]. Les casernements identifiés dans la forteresse ne permettent pas de déterminer
avec certitude le nombre exact de soldats ni la présence éventuelle d'unités spécifiques, notamment de
cavalerie[JL 102]. Lassus souligne enfin que certaines parties des casernements paraissent inachevées
et que l'existence d'un ou de plusieurs étages reste incertaine, ce qui complique toute restitution précise
de la capacité d'hébergement[JL 102].
La forteresse ne constitue pas un centre urbain autonome, mais un établissement militaire dépendant
étroitement du réseau administratif et stratégique byzantin de Numidie[JL 14]. Sa fonction est ainsi
moins celle d'un refuge pour la population civile que celle d'un point de contrôle militaire et logistique,
destiné à assurer la domination impériale sur un territoire récemment pacifié[JL 14].
Abandon et état de conservation

Michel Berthaud en 1901.


Les circonstances exactes de l'abandon de la forteresse byzantine de Timgad ne sont pas documentées
par des sources textuelles contemporaines et ne peuvent être restituées que de manière indirecte à partir
des données archéologiques[JL 102]. Aucune trace d'un événement brutal, tel qu'une destruction
violente ou un siège, n'est mise en évidence lors des fouilles, ce qui suggère un abandon progressif
plutôt qu'une rupture soudaine de l'occupation[JL 102].
Lassus souligne que certaines parties du monument, notamment dans les zones de casernements,
paraissent inachevées ou n'avoir jamais été pleinement utilisées, ce qui peut indiquer une occupation
limitée dans le temps ou une évolution rapide du contexte stratégique régional[JL 102]. La forteresse
semble ainsi perdre sa fonction militaire avant d'avoir atteint un état d'occupation prolongée
comparable à celui des grandes installations romaines antérieures[JL 103].
Après l'abandon de la garnison, le monument connaît une phase de dégradation progressive. Les
structures sont affectées par l'effondrement des parties hautes, l'accumulation de remblais et la
récupération systématique des matériaux, en particulier des blocs de remploi antiques et byzantins[JL
2],[JL 8]. Cette récupération contribue à modifier l'aspect du fort bien avant les interventions
archéologiques modernes[JL 8].
Au moment de sa redécouverte par les voyageurs et savants des XVIIIe et XIXe siècles, la forteresse
conserve toutefois des élévations importantes, en particulier sur la façade occidentale, où les murs
atteignent plusieurs mètres de hauteur[JL 9]. Stéphane Gsell décrit alors le monument comme « assez
bien conservé », bien que largement envahi par les terres accumulées à l'intérieur de l'enceinte[JL 9].
Les fouilles entreprises à partir de 1938 transforment profondément l'état de conservation du
monument. Le dégagement massif des remblais met au jour l'élévation réelle des murailles et des tours,
mais modifie également l'état du site par rapport à celui observé lors de sa découverte[JL 2]. Lassus
insiste sur le fait que certaines reconstructions et suppressions opérées au cours des fouilles rendent
parfois difficile la distinction entre l'état byzantin originel et les interventions modernes[JL 2].
Dans son état actuel, la forteresse présente un ensemble architectural largement dégagé et lisible dans
son plan général, mais marqué par les effets conjoints de l'abandon ancien, des récupérations de
matériaux et des choix opérés lors des fouilles du XXe siècle[JL 6],[JL 12]. Lassus souligne que
l'analyse du monument doit ainsi tenir compte des transformations successives qui affectent sa
conservation, depuis l'époque byzantine jusqu'aux interventions archéologiques modernes[JL 6].
Apports scientifiques et historiographiques
L'étude de la forteresse byzantine de Timgad constitue un apport majeur à la connaissance des
fortifications byzantines en Afrique du Nord, en offrant pour la première fois une analyse exhaustive
d'un monument dégagé dans son ensemble[JL 12]. Les fouilles permettent de dépasser les descriptions
anciennes limitées à l'enceinte et de restituer l'organisation interne complète de la forteresse, jusque-là
inconnue[JL 8],[JL 12].
Jean Lassus souligne que la forteresse de Timgad fournit un exemple exceptionnel de fortification
byzantine construite en terrain plat, dont le plan régulier peut être étudié dans le détail et comparé à
d'autres ouvrages contemporains d'Afrique et d'Orient[JL 104]. L'analyse du plan met en évidence la
continuité entre les traditions militaires romaines tardives et les adaptations byzantines, notamment
dans l'organisation des casernements, des axes de circulation et des dispositifs défensifs[JL 104].
La mise au jour du sanctuaire romain sous-jacent renouvelle profondément l'interprétation du site. Elle
permet de documenter de manière précise les pratiques de remploi et d'adaptation monumentale à
l'époque byzantine, ainsi que les contraintes imposées par les structures antiques sur la conception du
fort[JL 105].
Sur le plan historiographique, l'étude de Lassus marque une rupture avec les jugements antérieurs
portés sur l'architecture militaire byzantine, souvent considérée comme improvisée ou techniquement
inférieure[JL 104]. Lassus rappelle que ces fortifications s'inscrivent au contraire dans une politique
impériale cohérente et centralisée, relevant d'un savoir-faire architectural contrôlé par l'État byzantin[JL
104].
Les comparaisons proposées avec d'autres forteresses byzantines d'Afrique, telles que Lemsa, Tobna ou
Ksar Bellezma, permettent de replacer Timgad dans une série architecturale homogène et de mieux
définir les caractéristiques propres à cette catégorie d'ouvrages militaires[JL 7],[JL 104],[32]. La
forteresse de Timgad apparaît ainsi comme un jalon essentiel pour l'étude des dispositifs défensifs
byzantins dans les provinces africaines[JL 104].
Enfin, Lassus insiste sur les limites méthodologiques liées aux conditions de fouille et à l'histoire des
dégagements, qui imposent une lecture critique permanente des vestiges conservés. L'analyse du
monument devient ainsi un exercice historiographique à part entière, intégrant à la fois les données
archéologiques, les transformations modernes du site et l'évolution des méthodes de recherche en
archéologie africaine[JL 2],[JL 8],[JL 12].

Notes et références
La forteresse byzantine de Thamugadi : Fouilles à Timgad 1938-1956, CNRS
Éditions, 1981
1. Lassus 1981, 13.
2. Lassus 1981, 18-19.
3. Lassus 1981, 19–21.
4. Lassus 1981, 10.
5. Lassus 1981, 19-20.
6. Lassus 1981, 19.
7. Lassus 1981, 16.
8. Lassus 1981, 22-24.
9. Lassus 1981, 22.
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[Link] 1981, 5-6.
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[Link] 1981, 19-21.
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Annexes
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Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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in-8° (BNF 34095848, lire en ligne [archive]), Livre III Monuments chrétiens et byzantins, II
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• Jacques Gascou, La politique municipale de l'empire romain en Afrique proconsulaire de
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• Paul Corbier, « Timgad, son développement urbain, ses notables », dans Agnès Groslambert
(réunion de textes), Urbanisme et urbanisation en Numidie militaire : actes du colloque
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recherches sur l'Occident romain (CEROR) ; diff. De Boccard, « Collection du Centre d'études
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Ouvrages sur la forteresse byzantine de Timgad


• Jean Lassus, La forteresse byzantine de Thamugadi : Fouilles à Timgad 1938-1956, Paris,
CNRS Éditions, , re , 247 (ISBN 2-222-02676-8). [texte intégral [archive]].
Ouvrage servant de base à cet article. À noter : (« Rapports et lettres de Charles Godet,
Inspecteur des fouilles, à le directeur des Antiquités (1939-1943) »), 27-38.
• Louis Leschi, « Découvertes récentes à Timgad : Aqua Septimiana Felix », Comptes rendus des
séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, Paris, Académie des inscriptions et
belles-lettres via Persée « 91e année », o 1, , 87-89 (ISSN 0065-0536, lire en ligne [archive], consulté
le ).

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