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Morpho Syntax e

La morphosyntaxe analyse la structure des mots et leur organisation en phrases, révélant comment la langue façonne la pensée. Elle se divise en morphologie, qui étudie la flexion et la dérivation des mots, et en syntaxe, qui examine l'agencement des mots et les relations hiérarchiques. Comprendre la morphosyntaxe est essentiel pour l'analyse linguistique et littéraire, car chaque choix grammatical influence le sens.

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Morpho Syntax e

La morphosyntaxe analyse la structure des mots et leur organisation en phrases, révélant comment la langue façonne la pensée. Elle se divise en morphologie, qui étudie la flexion et la dérivation des mots, et en syntaxe, qui examine l'agencement des mots et les relations hiérarchiques. Comprendre la morphosyntaxe est essentiel pour l'analyse linguistique et littéraire, car chaque choix grammatical influence le sens.

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Introduction générale

La morphosyntaxe étudie conjointement la forme des mots (morphologie) et leur


organisation en phrases (syntaxe). Elle montre que la langue n’est pas une simple
juxtaposition de mots, mais une architecture structurée, où chaque élément occupe une
place précise et produit un effet de sens.

Au niveau universitaire, l’analyse morphosyntaxique ne se limite pas à identifier des


catégories grammaticales : elle cherche à comprendre comment la langue pense, comment
elle transforme l’expérience en structures linguistiques et comment ces structures orientent
l’interprétation.

I. La morphologie : l’atelier des formes


1. La flexion : structurer le temps, la personne et le point de vue

La flexion désigne l’ensemble des variations formelles d’un mot pour marquer des catégories
grammaticales telles que le temps, le mode, la personne, l’aspect, le genre et le nombre.

👉 En morphosyntaxe S3, l’accent est mis sur la flexion verbale, car le verbe est le centre
organisateur de l’énoncé.

1.1. Pourquoi la flexion verbale est-elle centrale ?

La flexion verbale :

 organise la temporalité (présent, passé, futur),


 encode l’aspect (action achevée / en cours / habituelle),
 inscrit le locuteur dans le discours,
 structure la dynamique interne du sens.

➡️Le verbe n’indique pas seulement quand une action se déroule, mais comment elle est
vécue ou pensée.

1.2. Méthodologie d’analyse de la flexion verbale (avec exemple)

Exemple : « Il marchait lentement vers la fenêtre. »

Étape 1 : Identifier le verbe


→ marchait (infinitif : marcher), 3ᵉ personne du singulier.

Étape 2 : Identifier le temps et le mode


→ Imparfait de l’indicatif.

Étape 3 : Valeur temporelle et aspectuelle


→ Valeur imperfective : action non bornée, en cours de déroulement.
Étape 4 : Valeur discursive
→ L’imparfait installe une scène descriptive, une action perçue dans sa durée. Il traduit une
attitude contemplative du narrateur.

👉 Ainsi, la flexion verbale participe à la construction du point de vue narratif.

2. La dérivation : fabriquer des concepts

La dérivation est un procédé morphologique qui permet de créer de nouveaux mots à partir
d’une base lexicale existante par ajout d’un suffixe ou d’un préfixe.

Contrairement à la flexion (qui concerne surtout les verbes), la dérivation touche


principalement :

 les noms,
 les adjectifs.

2.1. Exemple analysé pas à pas

Phrase : « Il avait compris l’importance de la plasticité humaine. »

Étape 1 : Analyse morphologique

 important → importance (suffixe nominal -ance)


 plastique → plasticité (suffixe abstrait -ité)
 humain → humaine (adjectif qualificatif)

Étape 2 : Analyse syntaxique

 importance : COD du verbe compris


 plasticité : complément du nom importance
 humaine : épithète liée de plasticité

Étape 3 : Valeur sémantique


La dérivation permet :

 un passage du concret à l’abstrait,


 la transformation d’une qualité intuitive en concept théorique,
 une montée en abstraction propre au discours scientifique.

➡️La langue devient un outil de pensée et non de simple description.

II. La syntaxe : organiser les relations


La syntaxe étudie l’agencement des mots en syntagmes et en phrases. Elle repose sur une
logique hiérarchique et non linéaire.

1. Identifier le noyau verbal

Exemple : « L’étudiant analyse le texte avec rigueur. »

 Noyau verbal : analyse


 Verbe transitif direct

Tout le reste de la phrase s’organise autour de ce noyau.

2. Relations hiérarchiques

 Sujet : L’étudiant
 COD : le texte
 Complément circonstanciel : avec rigueur

👉 La phrase est une structure centripète : tout converge vers le verbe.

III. La valence verbale : le moteur de la phrase


La valence verbale désigne le nombre d’actants exigés par un verbe pour que son sens soit
complet.

 Avalent (0 actant) : Il pleut.


 Monovalent (1 actant) : Il dort.
 Bivalent (2 actants) : Il lit un livre.
 Trivalent (3 actants) : Il donne un livre à son ami.

👉 Cette structure est intrinsèque au verbe, non au contexte.

IV. Thème et rhème : organiser l’information


La distinction thème / rhème permet d’analyser la hiérarchie informationnelle.

Exemple : « Il me semblait que cet homme n’avait point d’opinions. »

 Thème : Il me semblait → cadre énonciatif


 Rhème : que cet homme n’avait point d’opinions → information nouvelle

👉 Le thème ancre, le rhème informe.


V. Les conjonctions de coordination
Les conjonctions de coordination (mais, ou, et, or, ni, car) établissent un lien syntaxiquement
symétrique, mais sémantiquement orienté.

Exemples :

 « Il est fatigué mais il continue. » → contraste


 « Ils sont partis car ils avaient peur. » → cause

⚠️Donc n’est pas une conjonction de coordination mais un adverbe conjonctif.

Conclusion générale
La morphosyntaxe permet de comprendre comment la langue structure la pensée. Elle montre
que chaque choix grammatical (temps verbal, dérivation, ordre syntaxique) est porteur de
sens. Maîtriser la morphosyntaxe, c’est acquérir une lecture scientifique du langage,
indispensable à l’analyse universitaire en linguistique et en littérature.
Réponses détaillées aux questions théoriques de
morphosyntaxe

1. Expliquez et analysez à travers des exemples les


deux procédés de la morphologie.
La morphologie étudie la structure interne des mots. Elle distingue deux
procédés principaux :

 La flexion : modification d’un mot pour exprimer des traits grammaticaux


(genre, nombre, temps, personne, cas) sans changer sa catégorie lexicale.
Exemple :

o chantons (1ᵉʳ personne du pluriel) vs chantez (2ᵉ personne du pluriel) →


variation de personne.

o cheval (singulier) vs chevaux (pluriel) → variation de nombre.

 La dérivation : création d’un nouveau mot par ajout d’affixes (préfixe,


suffixe) ou par changement de catégorie grammaticale.
Exemple :

o chant (nom) → chanteur (nom + suffixe -eur) → chantonn-er (verbe dérivé


par suffixe diminutif).

o heureux (adj) → malheureux (adj + préfixe mal-).

2. En quoi consistent les étapes de l’analyse


flexionnelle ?
L’analyse flexionnelle vise à identifier les marques flexionnelles d’un mot
et à interpréter leur fonction grammaticale. Étapes :

1. Isoler le mot dans son contexte.

2. Identifier le lemme (forme de base).


3. Repérer les marques flexionnelles (désinences).

4. Interpréter ces marques (nombre, genre, temps, mode, personne, cas).

5. Vérifier l’accord avec les autres éléments de la phrase.

Exemple : elles étaient venues

 Lemme : être et venir

 Flexions : elles (3ᵉ pers. pl. féminin), étaient (imparfait, 3ᵉ pers.


pl.), venues (participe passé féminin pluriel).

3. En quoi consistent les étapes de l’analyse


dérivationnelle ?
L’analyse dérivationnelle étudie la formation des mots par affixation ou
conversion. Étapes :

1. Identifier la base (radical).

2. Repérer les affixes (préfixe, suffixe, infixe).

3. Déterminer le sens apporté par l’affixe.

4. Identifier la catégorie grammaticale résultante.

5. Vérifier la productivité du procédé.

Exemple : défaire

 Base : faire

 Préfixe : *dé-* (sens inversif)

 Catégorie : verbe

 Signification : faire l’inverse de faire.


4. Expliquez la notion de la valence verbale en vous
appuyant sur des exemples.
La valence verbale désigne le nombre et le type d’actants (arguments)
requis par un verbe pour former une phrase grammaticale.

 Verbe avalent : sans actant obligatoire (ex. pleuvoir : Il pleut).

 Verbe monovalent : un actant (sujet). Ex. dormir : Il dort.

 Verbe bivalent : deux actants (sujet + COD/COI). Ex. voir : Il voit un film.

 Verbe trivalent : trois actants. Ex. donner : Il donne un livre à


Marie (sujet + COD + COI).

5. Que représentent les relations hiérarchiques dans


l’analyse morphosyntaxique et à quel niveau
d’analyse s’opèrent-elles ?
Les relations hiérarchiques décrivent la structure de dépendance entre
les éléments d’une phrase. Elles opèrent au niveau de la syntaxe et de
la morphosyntaxe.
Par exemple, dans Le chat noir mange une souris, noir dépend
de chat (épithète), mange est le noyau prédicatif, et une souris dépend
de mange comme complément.

6. Expliquez le Thème et le thème ainsi que leurs


rôles en morphosyntaxe.
 Thème (ou topique) : élément dont on parle, souvent en position initiale.

 Rhème (ou propos) : ce qu’on dit du thème, l’information nouvelle.

Exemple : Pierre (thème) arrive demain (rhème).


En morphosyntaxe, cette distinction aide à analyser la structure
informationnelle et l’ordre des mots.
7. Comment indique-t-on la valence d’un verbe ?
On indique la valence en précisant :

 Le nombre d’actants obligatoires.

 Leur nature syntaxique (sujet, COD, COI, attribut, etc.).

 Leur nature sémantique (agent, patient, bénéficiaire, etc.).

Exemple :
Donner : valence 3 → [sujet agent] + [COD patient] + [COI bénéficiaire].

8. En quoi consiste l’analyse prédicative ?


L’analyse prédicative identifie le prédicat (ce qui est affirmé du sujet) et
ses arguments (actants). Elle distingue :

 Prédicat verbal (verbe conjugué).

 Prédicat nominal (verbe être + attribut).

Exemple : Marie est professeur → prédicat nominal : est professeur.

9. Pourquoi la morphosyntaxe est-elle essentielle en


linguistique ?
La morphosyntaxe est essentielle car :

 Elle lie la forme des mots (morphologie) à leur fonction en


phrase (syntaxe).

 Elle permet d’analyser la structure grammaticale des énoncés.

 Elle est fondamentale pour l’étude de la variation linguistique, de


l’acquisition du langage, et de la traduction.
10. Quels sont les types de verbes qui existent ?
(Donnez des exemples)
 Verbes d’action : courir, écrire.

 Verbes d’état : être, paraître, sembler.

 Verbes transitifs (direct/indirect) : manger (COD), parler (à qqn).

 Verbes intransitifs : dormir.

 Verbes pronominaux : se laver.

 Verbes impersonnels : pleuvoir, falloir.

11. Expliquez la lecture centripète.


La lecture centripète est une méthode d’analyse syntaxique qui part des
éléments périphériques de la phrase pour remonter vers le noyau (le
verbe). Elle s’oppose à la lecture centrifuge (du noyau vers les
expansions).
Exemple : Dans Le petit chat noir dort paisiblement, on part des
modifieurs (petit, noir, paisiblement) pour identifier le noyau dort.

12. Quelle est la différence entre actant et


circonstant ? Répondez par un exemple analysé.
 Actant : argument obligatoire du verbe, nécessaire à la complétude de la
phrase.

 Circonstant : élément facultatif qui précise les circonstances (temps, lieu,


manière, etc.).
Exemple : Marie (actant-sujet) lit (verbe) un livre (actant-COD) dans le
jardin (circonstant de lieu).
Dans le jardin peut être supprimé sans rendre la phrase agrammaticale.

13. Discutez le statut grammatical de donc.


Donc est traditionnellement classé comme conjonction de
coordination (dans mais, ou, et, donc, or, ni, car), mais il fonctionne
souvent comme un adverbe de phrase exprimant la conséquence
logique.
Exemple :

 Conjonction : Il pleut, donc je reste.

 Adverbe : Je reste donc à la maison.

14. Quelles sont les niveaux de coordination ?


Corroborez par des exemples.
La coordination peut opérer à différents niveaux syntaxiques :

 Coordination de phrases : Il lit et elle écrit.

 Coordination de syntagmes : [Le chat] et [le chien] dorment.

 Coordination de mots : un livre intéressant et instructif.

 Coordination de propositions subordonnées : Je sais qu’il part et qu’il


reviendra.

15. Comparez la coordination d’addition (et, ni).


 Et : coordination additive positive. Lie des éléments sans restriction.
Exemple : Paul et Marie viennent.
 Ni : coordination additive négative. Lie des éléments dans un contexte
négatif.
Exemple : Ni Paul ni Marie ne viennent.

Ni est souvent associé à la négation ne et implique une exclusion de tous


les éléments coordonnés.

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