MTH305
MTH305
Parcours : Mathématiques
Code et intitulé : MTH305 - Introduction à la modélisation
mathématique : cas de l’écologie
Crédits : 4
Public cible : Licence Mathématiques
Semestre : 6
Pré-requis : .........
Enseignant responsable de l’UE : ATCHONOUGLO Kossi
Document de base
Table des matières
I Introduction et généralités 4
I.1 Préambule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.1.1 Modélisation et Mathématiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.1.2 Itinéraire de la modélisation mathématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.2 L’utilisation de la dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.3 Les problèmes de taux de variation liés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I.3.1 Les problèmes d’optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I.4 La modélisation en écologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Introduction et généralités
I.1 Préambule
Galilée, le père de la science moderne, a déclaré que ”les mathématiques sont le langage de la nature
”. Il voulait dire que les phénomènes naturels peuvent se décrire par des équations et que travailler sur
ces équations, c’est observer, comprendre et prévoir ces phénomènes. Les mathématiques allaient fournir
une gamme d’outils pour décrire une multitude de phénomènes di↵érents et les représenter sous forme
d’un modèle mathématique.
Un modèle mathématique est un ensemble d’équations décrivant le mieux possible le phénomène qu’il
représente. Il se situe dans la démarche scientifique classique. C’est ce qu’on appelle « la mathématisation
des situations concrètes ».
D’abord, l’élaboration du modèle découle de l’observation objective du phénomène ; Ensuite, le mo-
dèle, une fois élaboré, doit permettre de reproduire le phénomène et d’en rendre les résultats prédictibles ;
Enfin, les résultats obtenus doivent être validés et critiqués pour permettre une rétroaction afin d’amé-
liorer ou de préciser les limites du modèle.
Les étapes de la modélisation correspondent aux étapes classiques de toute démarche scientifique :
observation, hypothèse, analyse, validation. Si cette démarche a d’abord été proposée par Galilée, elle a
été précisée quelques années après par Descartes et, surnommée la ”méthode cartésienne”, elle a été à
la base du développement des sciences modernes. Voici comment Bruno Jarrosson, dans Invitation à la
philosophie des sciences, décrit et commente cette méthode.
” Descartes définit une méthode en quatre points pour rechercher la vérité :
— douter jusqu’à ce qu’une évidence puisse sortir de ce doute : ne recevoir jamais aucune chose pour
vraie que je la connusse évidemment être telle ;
— diviser les difficultés autant qu’il est possible : diviser chacune des difficultés que j’examinerais
en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre. Cette étape
postule que le tout est la somme des parties, ce qui constitue sans doute l’une des limites de la
méthode cartésienne. Il s’agit d’une méthode inverse de celle du syllogisme, qui va du général au
particulier. Descartes est en rupture avec la scolastique aristotélicienne ;
— aller du plus simple au plus compliqué : conduire par ordre mes pensées, en commençant par les
objets les plus simples et les plus aisés à connaı̂tre, pour monter peu à peu, comme par degrés,
Le but de la modélisation est d’obtenir des équations décrivant les phénomènes mis en jeu. Il est essen-
tiel de connaı̂tre les hypothèses qui sous-tendent un modèle, leur domaine de validité et le comportement
qualitatif que l’on attend des solutions avant d’en chercher une approximation.
De nombreux modèles des sciences de l’ingénieur sont posés sous forme d’une équation di↵érentielle.
Une fois obtenues les équations régissant le modèle se posent un certain nombre de questions d’ordre
mathématique : peut-on prouver l’existence et l’unicité de la solution ? si une solution existe, est-elle stable
par rapport aux données du problème (conditions limites, condition initiale, termes sources, paramètres
phénoménologiques) ? Lorsque la réponse à ces questions est affirmative, on parle de problème bien posé
et il est raisonnable d’en envisager une résolution approchée. Une autre question théorique importante
est la régularité que l’on peut attendre des solutions du problème.
En e↵et, une méthode d’approximation peut être adaptée si l’on a a↵aire à des solutions régulières
mais ne pas convenir si des singularités ou des chocs sont présents, ou vice versa.
La mise en œuvre sur ordinateur est la dernière étape, elle aussi incontournable, car on dispose
très rarement de solutions analytiques. Le choix de la méthode d’approximation doit s’inspirer de la
modélisation physique (quels phénomènes cherche-t-on à représenter ?) et de l’analyse mathématique
(quelles sont les propriétés des solutions ?). La qualité d’une méthode d’approximation se juge d’une part
en fonction de critères mathématiques (stabilité, estimation d’erreur, ordre de convergence) et d’autre
part en fonction de ses performances pratiques, c’est-à-dire de sa capacité à produire une solution pour
les besoins de l’ingénieur à des coûts de calculs raisonnables.
La dérivée permet d’abord de traiter des phénomènes qui ” varient ”. Elle mesure, comme nous
pouvons l’imaginer, le taux de variation instantané de ces phénomènes ; elle nous indique le sens de leurs
variations, etc.
Elle permet aussi de déterminer quand les phénomènes passent par des maximums ou des minimums.
Nous allons donc étudier des phénomènes qui se traitent ou bien par la connaissance de leurs taux
de variation (les taux de variation liés) ou bien par les maximums ou les minimums qu’ils atteignent (les
problèmes d’optimisation).
Nous allons commencer par définir les outils mathématiques, puis nous verrons comment les utiliser
dans le cadre de la ” mathématisation de situations concrètes ”.
Les problèmes qui nécessitent cet outil sont des problèmes où la connaissance du Taux de Variation
Instantané (dérivée) apporte la solution. La fonction à dériver peut être une fonction régulière y = f (x),
elle peut être une fonction implicite, ou elle peut être une fonction telle que sa dérivée peut faire intervenir
d’autres variables ou des variables intermédiaires. Ce sont ces deux derniers cas qui relèvent des ” taux
de variation liés ” ou ” dérivation composée ”.
Méthode conseillée
Pour déterminer l’équation décrivant un phénomène basé sur les taux de variation liés, il faut :
1. Déterminer les taux de variation connus et inconnus du problème ;
2. Déterminer l’équation liant la variable dont on recherche le taux de variation avec la variable dont
le taux de variation est connu ;
3. Calculer les dérivées à partir de l’équation précédente.
L’équation obtenue est le ” modèle mathématique” de la situation proposée dans ce genre de problèmes.
Les problèmes d’optimisation sont des problèmes où l’on cherche à savoir à quelles conditions ou à
quels moments un phénomène passera par un minimum ou un maximum.
Nous avons vu que quand un phénomène décrit par une fonction y = f (x) passe par un maximum
ou un minimum, alors sa dérivée est nulle.
Méthode conseillée
Pour déterminer l’équation décrivant un phénomène basé sur l’optimisation, il faut :
1. Identifier la quantité que l’on cherche à optimiser ;
2. Déterminer la fonction traduisant cette quantité : cette quantité est généralement la variable
dépendante et il faut choisir la variable indépendante parmi les variables inconnues ;
3. Dériver cette fonction, identifier les valeurs de la variable indépendante qui annulent cette dérivée
et, par le test de la dérivée seconde, identifier la nature des extremums.
L’équation de la fonction, l’équation annulant sa dérivée et l’expression donnant le signe de la dérivée
seconde forment le ” modèle mathématique” de la situation proposée dans ce genre de problèmes :
Exemple I.3.1 Considérons une compagnie qui produit et vend un certain objet.
Le coût de production, en dollars, de x objets est C = 100 + 1, 02x.
Les ventes de x objets rapportent R = 10x 0, 01x2 .
Définir les équations permettant de maximiser les bénéfices. La fonction définissant les bénéfices est
Bénéfices = Ventes - Coûts. Soit ici :
Soit :
B(x) = 8, 98x 0, 01x2 100 (I.1)
La seconde équation du modèle est celle permettant de déterminer les valeurs annulant la dérivée :
La dérivée seconde étant négative, les bénéfices passent par un maximum pour x = 449. Les équations
(I.1), (I.2) et (I.3) forment le modèle de cette situation.
La modélisation mathématique est devenue un outil incontournable de toute étude et recherche dans
le domaine de l’écologie. Nous présenterons dans ce cours, les rudiments en matière de modélisation
mathématique en ce qui concerne les systèmes dynamiques déterminés, notamment les équations di↵é-
rentielles ordinaires et les modèles en temps discret. Nous présenterons aussi quelques modèles classiques
dans le domaine de la dynamique des populations et de l’écologie.
Nous exposerons les techniques d’analyse des modèles mathématiques pour deux grandes familles :
les modèles en temps continu et les modèles en temps discrets. Nous présenterons une revue des modèles
de croissance d’une population et des modèles d’interaction entre deux populations (proie-prédateur,
hôte-parasitoı̈de, compétition, ...).
Objectifs
Remarque II.1.1 Nous noterons arbitrairement aussi dx/dt = x0 (t) la dérivée de x(t) par rapport au
temps t.
Nous nous limiterons aux équations et aux systèmes d’équations du type (II.2). On dira que l’équation
(II.2) est linéaire si la fonction f est du premier degré par rapport à x. Sinon, on dit qu’elle est non
linéaire.
Une solution particulière de cette équation dépend de la condition initiale x0 = x(t0 ).
Lorsque la fonction df /dt est continue sur un certain intervalle de I ⇢ R de la variable x, il y a
existence et unicité de la solution pour toute condition initiale x0 2 I, d’où le théorème.
Théorème II.1.1 On considère une équation di↵érentielle donnée par l’équation (II.2) où la fonction f
est définie sur I ⇢ R. Si la fonction f est dérivable et de dérivée continue sur I, alors pour tout x0 2 I,
il existe T un réel positif et une fonction x définie sur [ T, T ] ⇥ {x0 } telle que x(t, x0 ) est une solution
de l’équation di↵érentielle pour pout t 2 [ T, T ]. De plus la solution est unique.
qui en supposant x0 > 0, selon le signe de a est une fonction croissante du temps pour des valeurs
positives de a ou décroissante pour des valeurs négatives de a.
La solution particulière issue d’une condition initiale x0 est appelée trajectoire et dx
dt est la vitesse en
ce point donné de la trajectoire.
Définition II.1.2 On considère une fonction f de R dans R. La di↵érentielle de la fonction f est une
df
fonction de R dans R qui à tout x associe dx (x).
df = a exp(ax)dx.
f (x⇤ ) = 0.
La variable x(t) restant dans le voisinage de x⇤ , on peut développer la fonction f (x) en série de Taylor
au premier ordre au voisinage de x⇤ :
df ⇤
u0 (t) = f (x⇤ ) + (x )(x x⇤ ) + o(x x⇤ ).
dx
Or, par définition du point déquilibre f (x⇤ ) = 0, d’où la formule :
u0 (t)) = ⇤
u + o(u),
df
avec ⇤ = dx (x⇤ ). En négligeant le terme o(u) dans le développement, la solution de l’équation di↵éren-
tielle satisfaite par u(t) est :
u(t) = u(0) exp( ⇤ t).
La stabilité du point fixe est donc donnée par le signe de ⇤.
+ si ⇤ < 0, alors u(t) tend vers 0 lorsque t tend vers +1 et par conséquent x(t) tend vers x⇤ . On
dit que l’équilibre est stable. Toute solution correspondant à une condition initiale prise dans le
voisinage de l’équilibre donne lieu à un retour vers cet équilibre.
+ si ⇤ > 0, u(t) tend vers l’infini quand t tend vers l’infini, et par conséquent x(t) s’éloigne de part
et d’autre de x⇤ . On dit que l’équilibre est instable. Toute condition initiale prise dans le voisinage
de l’équilibre conduit à une solution qui ne retourne pas à l’équilibre mais qui au contraire s’en
éloigne.
+ si ⇤ = 0, il est nécessaire de considérer les termes d’ordre deux dans le développement en série de
Taylor de la fonction f au voisinage de x⇤ .
Remarque II.1.2 Dans le cas ⇤ = 0, le point d’équilibre peut être stable, instable ou conduire à deux
nouveaux portraits de phase appelés respectivement shunt positif (resp. négatif ) si la vitesse est positive
(resp. négative) de part et d’autre du point d’équilibre. Ces points d’équilibre sont appelés équilibres
semi-stables.
Exemple II.1.1 ¨ dx/dt = x2 , avec point d’équilibre 0. Ici, df /dx = 2x qui est nulle à l’équilibre. On
a donc ⇤ = 0. Cependant quelle que soit la variable x, dx/dt > 0, par suite il s’agit d’un shunt
positif.
≠ dx/dt = x2 ; on est dans le même cas que précédemment sauf qu’ici dx/dt < 0, donc il s’agit
d’un shunt négatif.
Æ dx/dt = x3 . On a toujours ⇤ = 0, mais le signe de dx/dt s’inverse lorsque l’on traverse le point
fixe 0, il s’agit alors d’un point instable.
Ø dx/dt = x3 . On a encore ⇤ = 0, mais ici, il s’agit d’un point stable
df
Définition II.1.3 Un équilibre x⇤ de l’équation di↵érentielle (II.2) est dit hyperbolique si ⇤
dx (x ) est non
nul.
Exercice II.1.3 Déterminer les équilibres de l’équation di↵érentielle suivante ainsi que leurs propriétés
de stabilité locale :
dx
= x3 4x2 11x + 30.
dt
Définition II.1.4 Deux équations di↵érentielles sont dites quantitativement équivalentes si elles pos-
sèdent les mêmes portraits de phase, i.e le même nombre d’équilibres avec les mêmes propriétés de
stabilité et se trouvant rangés dans le même ordre.
La forme générale d’un système de deux équations di↵érentielles ordinaires autonomes est :
ẋ = f (x, y) (II.5)
ẏ = g(x, y)
Le système (II.5) définit en fait un vecteur vitesse de manière unique en chaque point du plan. Une
conséquence importante est donc que deux trajectoires ne peuvent jamais se couper en un point du
plan, sauf en équilibre. Ce résultat est en réalité une conséquence du théorème de Cauchy d’existence
et d’unicité des solutions d’un système di↵érentiel autonome pour lequel on fixe les conditions initiales
(x0 , y0 ) :
Théorème II.2.1 Considérons un ouvert U de R2 sur lequel le système di↵érentiel (II.5) est défini et sur
lequel les fonctions f et g sont de classe C 1 . On suppose que le point (x0 , y0 ) 2 U . Il existe un nombre
réel T strictement positif tel que le système (II.5) avec (x(0), y(0)) = (x0 , y0 ) admet une solution unique
(x(t), y(t)) pour tout t dans [ T, T ].
f (x⇤ , y ⇤ ) = 0 (II.6)
g(x⇤ , y ⇤ ) = 0
Soit (u(t), v(t)) les coordonnées locales au voisinage d’un point d’équilibre donné (x⇤ , y ⇤ ) :
u(t) = x(t) x⇤
v(t) = y(t) y⇤
En considérant le fait que f (x⇤ , y ⇤ ) = 0 et g(x⇤ , y ⇤ ) = 0 et en négligeant les termes d’ordre supérieur à
1 dans le développement de Taylor, nous obtenons le système linéarisé :
@f ⇤ ⇤ @f ⇤ ⇤
u̇ = @x (x , y )u + @y (x , y )v, (II.7)
@g @g
v = @x (x⇤ , y ⇤ )u + @y (x⇤ , y ⇤ )v
x(0) = x0
y(0) = y0
Rappelons les formules qui permettent d’e↵ectuer le changement de la base de départ (x, y) vers la base
(u, v) : ! ! ! !
x u u 1 x
=P =P ,
y v v y
où P est appelée la matrice de passage de l’ancienne base à la nouvelle base. La matrice J du nouveau
système appelée matrice de Jordan vérifie la relation : J = P 1 AP et le nouveau système
! !
u̇ u
=J (II.12)
v̇ v
u(t) = exp( 1 t)
où et sont des constantes d’intégration. La solution du système (II.11) dans la base de départ
s’obtient par retour dans la base d’origine.
+ le déterminant de l’équation caractéristique associée à la matrice A admet une racine double. Dans
la nouvelle base, le système s’écrit
! ! !
u̇ 0 1 u
= (II.13)
v̇ 0 0 v
v(t) = exp( 0 t)
En posant
r(t) = exp(↵(t))
✓(t) = t +
dans le plan de la trace et du déterminant de la matrice (trA, detA) avec Aij = aij . Nous allons distinguer
trois cas à partir de l’équation caractéristique
2
trA + detA = 0.
Si 1 et 2 sont solutions de cette équation, alors leur somme et produit sont donnés par
trA = 1 + 2,
detA = 1 2.
= (trA)2 4detA.
Remarquons que pour le discriminant nul, ou encore 4detA = (trA)2 on a dans le plan (trA, detA) une
parabole passant par l’origine et dont les axes sont orientés vers le haut.
Soient 1 et 2 les deux valeurs propres. On avait dans la nouvelle base les solutions
u(t) = exp( 1 t)
Dans le plan (trA, detA), il s’agit de points se trouvant exactement sur la parabole. On distingue
deux cas de figures
+ > 0 : il s’agit d’un nøeud instable dégénéré, trA > 0 ;
+ < 0 : il s’agit d’un nøeud stable dégénéré, trA < 0.
r(t) = exp(↵t),
✓(t) = t + .
(a) Portrait de phase d’un nœud instable (b) Portrait de phase d’un nœud instable
Figure II.1 – Portraits de phase lorsque les valeurs propres sont des réels non nuls
(a) Portrait de phase d’un foyer instable (b) Portrait de phase d’un centre
Figure II.2 – Portraits de phase lorsque les valeurs propres sont des complexes
≠ ↵ = 0. Les deux valeurs sont imaginaires pures, il s’agit d’un centre. Toutes les trajectoires sont
des cercles entourant le point d’équilibre (0, 0). Dans le plan (trA, detA), les centres se trouvent
au dessus de la parabole sur le demi axe positif trA = 0 avec detA > 0.
Æ ↵ < 0. Il s’agit d’un foyer stable. Les trajectoires spiralent en s’approchant du point d’équilibre
(0, 0). Dans le plan (trA, detA), les foyers stables se trouvent au dessus de la parabole dans la
partie trA = 2↵ < 0.
Exercice II.2.2 Déterminer pour chacun des systèmes suivants si l’origine, unique point d’équilibre, est
un nøeud stable ou intable, un foyer stable ou instable, un point selle ou un centre :
1. ! ! ! ! ! !
ẋ 2 1 x ẋ 2 3 x
= ; =
ẏ 1 2 y ẏ 3 2 y
2. ! ! ! ! ! !
ẋ 2 1 x ẋ 2 1 x
= ; =
ẏ 4 3 y ẏ 1 1 y
Figure II.3 – Typologie des systèmes planaires en dimension 2 en fonction de la trace et du déterminant
de la matrice A dans le cas detA 6= 0.
3. ! ! !
ẋ 2 3 x
=
ẏ 3 2 y
ẋ = f (x, y) (II.15)
ẏ = g(x, y).
Définition II.2.1 Un point d’équilibre (x⇤ , y ⇤ ) d’un système du type (II.15) est dit stable si pour tout
voisinage V de (x⇤ , y ⇤ ), il existe U ✓ V tel que toute trajectoire pénétrant dans U reste dans V pour tout
t suivant.
Dans le cas où l’équilibre est un centre, il est stable mais pas asymptotiquement stable. Pour distin-
guer entre les di↵érents types de stabilité, on définit la stabilité asymptotique lorsque la limite de la
trajectoire est le point d’équilibre lorsque t tend vers plus l’infini. Lorsqu’un équilibre est stable mais
pas asymptotiquement stable, on parle de stabilité neutre. Un point est dit instable lorsqu’il n’est pas
stable. Par conséquent, les foyers et les nøeuds instables ou encore les points selles sont instables.
Définition II.2.2 On dit qu’un équilibre est hyperbolique si la matrice jacobienne à cet équilibre possède
des valeurs propres de partie réelle non nulle.
Théorème II.2.2 Soit un système di↵érentiel défini sur un ouvert U par le système (II.15) avec f et
g di↵érentiables et de dérivées partielles continues sur U . On suppose que ce système n’admet qu’un
équilibre dans U et que cet équilibre est hyperbolique. Alors le système est dit structurellement stable.
ẋ = f (x, y) = x xy 2 (II.16)
ẏ = g(x, y) = y yx2 .
f (x, y) = x xy 2 = 0
g(x, y) = y yx2 = 0.
Il est évident que ce système admet cinq points d’équilibre, l’origine (0, 0), et les points ( 1, 1), ( 1, 1),
(1, 1) et (1, 1).
Les isoclines ẋ0 vérifient l’équation x(1 y 2 ) = 0 et définissent donc trois droites : x = 0 et y = ±1.
Les isoclines ẏ = 0 vérifient l’équation y(1 x2 ) = 0 et définissent donc trois droites : y = 0 et x = ±1.
Il faut à présent linéariser le système au voisinage de chaque point d’équilibre en calculant la matrice
jacobienne !
1 y2 2xy
A(x, y) = .
2xy 1 x2
Pour l’origine, nous avons !
1 0
A(0, 0) = .
0 1
La matrice jacobienne est diagonale et admet une valeur propre double 0 = 1. Il s’agit d’un nœud
dégénéré instable appelé étoile.
Ici, nous avons trA = 0 et detA = 4, ce qui implique des points selle.
Pour les deux derniers points d’équilibre, nous avons aussi
!
0 2
A( 1, 1) = A(1, 1) = ,
2 0
avec trA = 0 et detA = 4, ce qui implique des points selle aussi. La linéarisation a permis de montrer
que l’origine est un nœud instable entouré de quatre points selle.
Afin de tracer l’allure des trajectoires, il est nécessaire de rechercher le sens du vecteur vitesse le long
d’une isocline. Par exemple, la droite x = 0 est isocline ẋ = 0 et le vecteur vitesse est donc de direction
verticale le long de cette droite. Pour connaı̂tre son sens, il suffit de remplacer x par 0 dans l’équation
de la composante verticale du vecteur vitesse. Il vient que :
ẏ = y.
ẏ et y sont donc de même signe. Par conséquent, sur l’axe x = 0 le vecteur vitesse est vertical dirigé
vers les y positifs pour y > 0 et dirigé vers les négatifs pour y < 0.
De la même façon, on détermine le sens du vecteur vitesse sur la droite y = 0 qui est isocline
horizontale.
Connaissant le sens du vecteur vitesse sur une isocline, deux règles permettent de déduire son sens sur
n’importe quelle autre isocline de même nature :
— Lorsque deux isoclines de même nature se coupent en un point, le vecteur vitesse est commun
au point d’intersection, et par continuité, le vecteur vitesse possède le même sens sur les deux
isoclines.
— Le sens du vecteur vitesse s’inverse à la traversée d’un point d’équilibre.
Ce dernier résultat n’est valable que dans le cas où detA 6= 0. Si detA = 0, il faut faire une étude
approfondie. La figure suivante montre le portrait de phase pour notre système dynamique étudié.
Il est possible de tracer l’allure des trajectoires dans le plan (x, y) en respectant les directions et sens
du vecteur vitesse sur les isoclines et dans chaque compartiment en tenant compte de la nature des points
d’équilibre.
On constate sur la figure de portrait que lorsque l’on s’approche d’un point d’équilibre, le portrait de phase
local correspond à celui prévu par la linéarisation, c-à-d un nœud instable pour l’origine et un point selle
pour les quatre autres équilibres.
Définition II.2.3 On considère une solution x(t) du système (II.15) telle que x(t) tend vers un équilibre
x⇤1 quand t ! 1 et x(t) tend vers x⇤2 quand t ! +1. La trajectoire associée à x(t) est appelée
trajectoire hétérocline.
Définition II.2.4 Si x⇤1 = x⇤2 dans la définition précédente, on dit que la trajectoire est homocline.
(a) Isocline zéros du système (b) Isocline zéros avec la direction et le sens du vecteur
vitesse
ẋ = x + x3 ,
ẏ = y.
Rechercher les équilibres de ce système et déterminer leurs propriétés de stabilité locale en linéarisant au
voisinage des équilibres. Tracer les isoclines zéros et le portrait de phase.
La dynamique d’un système et la dynamique du même système linéarisé ne correspondent pas dans
certains cas. Tel est le cas du système
ẋ = x2
ẏ = y. (II.17)
Ce système admet un seul équilibre qui est l’origine. Le système est composé de deux équations
découplées, un shunt positif sur l’axe des x et un point instable sur l’axe des y, d’où le portrait de phase.
La linéarisation au voisinage de l’origine conduit à
! ! !
u̇ 0 0 u
=
v̇ 0 1 v
. Il s’agit d’un cas où la matrice de la partie linéarisée possède une seule valeur propre qui est zéro,
détA = 0. La solution du système est donc :
u(t) =
v(t) = exp(t).
Théorème II.3.1 Soit un système dynamique non linéaire défini sur un ouvert U 2 R2 et admettant un
unique équilibre en 0 2 U . Les portraits de phase du système non linéaire et de son système linéarisé au
voisinage de l’équilibre sont topologiquement équivalents si l’équilibre est hyperbolique.
la linéarisation au voisinage d’un point d’équilibre est donc valable lorsque la linéarisation prévoit
un foyer, un nœud ou encore un point selle mais elle est insuffisante pour connaı̂tre la dynamique d’un
système non linéaire lorsque le système linéaire admet une valeur propre de partie réelle nulle. Dans ce
cas, la linéarisation ne permet pas de conclure et il faut avoir recours à d’autres méthodes.
De plus, la connaissance de la nature des points fixes obtenus par linéarisation même si elle marche,
ne donne de renseignements que sur la dynamique locale, c-à-d dans un voisinage immédiat de chaque
équilibre. Pour connaı̂tre le portrait de phase global, il faut utiliser d’autres méthodes, plus globales,
tenant compte des termes non linéaires dans les équations.
Lorsqu’une intégrale première existe, elle n’est pas unique. Si H(x(t), y(t)) est intégrale première,
alors H(x(t), y(t)) + ou bien H(x(t), y(t)) sont des solutions, avec réels. Le fait que H(x(t), y(t))
soit intégrale première implique qu’elle vérifie la relation :
dH(x(t), y(t)) @H @H @H @H
= ẋ + ẏ = f (x, y) + g(x, y) = 0.
dt @x @y @x @y
Les système Hamiltoniens sont conservatifs. Ils sont définis par les équations
@H(x, p)
ẋ = ,
@p
@H(x, p)
ẏ = ,
@x
où x est la position d’une particule ponctuelle, p sa quantité de mouvement et H(x, p) son énergie totale.
dans ce cas, le calcul précédent qui assure la constance de la fonction H le long des trajectoires est
toujours vérifié. On a en e↵et :
dH(x(t), p(t)) @H @H @H @H @H @H
= ẋ + ṗ = = 0.
dt @x @p @x @p @p @x
L’existence d’une intégrale première est très utile car elle permet de trouver les trajectoires qui sont les
courbes de niveaux de la fonction H. En e↵et, afin d’obtenir les trajectoires d’équilibre, il faut éliminer
le temps entre les deux équations du système dynamique, ce qui conduit à l’intégration de l’équation
suivante :
dx f (x, y)
= .
dy g(x, y)
Si la solution de cette équation peut se mettre sous la forme :
H(x, y) = ,
où est une constante, alors H(x, y) st intégrale première du système dynamique. La constante est
déterminée par une condition initiale H(x0 , y0 ). La trajectoire de cette condition initiale s’e↵ectue à H
constante.
Exemple II.3.1 Recherchons si le système dynamique suivant admet une intégrale première :
ẋ = y
ẏ = x
On a
dx y
= ,
dy x
avec solutions
x2 + y 2 = .
qui est intégrale première sur tout le plan. Le système est conservatif et les trajectoires sont des cercles
centrés sur l’origine.
Les intégrales premières jouent des rôles très importants en particulier pour démontrer l’existence des
centres. En e↵et, nous avions vu que les centres ne sont pas structurellement stables. En conséquence,
lorsque la linéarisation prévoit un centre, il n’est en général pas du tout certain que des trajectoires
centrales sont bien conservées. Pour démontrer l’existence de trajectoires fermées autour de l’équilibre,
on peut essayer de montrer que le système dynamique est conservatif et que son intégrale première
possède un minimum local au point d’équilibre. dans ce cas, les trajectoires du système dynamique qui
sont les courbes de niveau de l’intégrale première, s’obtienne en fixant la valeur de l’intégrale première.
Si l’on représente le graphe de la fonction H(x, y), les trajectoires sont obtenues en considérant les points
se trouvant à une altitude donnée. Au voisinage d’un extremum, les courbes de niveau se referment dans
le voisinage du point d’équilibre. Cela démontre l’existence de trajectoires centrales autour de l’équilibre.
ẋ = x xy
ẏ = y + xy.
Un cycle limite est donc di↵érent des trajectoires fermées dans un cercle pour lequel il y a une infinité
de trajectoires fermées. dans le cas d’un centre, il est impossible d’isoler une trajectoire fermée.
ẋ = y + x 1 x2 + y 2
ẏ = x+y 1 x2 + y 2
L’origine est le seul centre et les valures propres définies par la partie linéaire au voisinage de l’origine
sont
1,2 = 1 ± i.
Par conséquent, l’origine est un foyer instable et pour connaı̂tre la dynamique globale, nous devons
e↵ectuer un changement de variables en écrivant le système en coordonnées polaires (r, ✓)
rṙ = xẋ + y ẏ
✓˙ xẏ y ẋ
2
= .
cos ✓ x2
Par simplification, on obtient le système
ṙ = r 1 r2
✓˙ = 1
où ✓0 est la constante d’intégration corresondante à ✓(0). L’angle varie donc à vitesse angulaire constante.
Pour la première équation, puisque r > 0, ṙ a le signe de 1 r2 .
Par conséquent, il est clair que le cercle unité est une trajectoire fermée. De plus on voit que pour r < 1,
le trajectoire spirale en s’éloignant de l’origine alors que pour r > 1, la trajectoire spirale mais avec un
rayon vecteur qui diminue avec le temps t. En prenant donc une condition initiale à l’intérieure ou à
l’extérieur du cercle unité, la trajectoire va s’approcher progressivement de ce cercle qui constitue une
trajectoire isolée fermée appelée cycle limite. De plus quelle que soit la condition initiale (✓0 , r0 ), toute
trajectoire tend vers le cercle limite pour tout t tendant vers l’infini. On dit que le cycle limite est stable,
dans ce cas il est même globalement stable.
Soit un système de deux équations di↵érentielles du premier ordre autonomes couplées, dépendant
d’un paramètre :
ẋ = f (x, y, )
ẏ = g(x, y, ). (II.18)
f (x, y, ) = 0
g(x, y, ) = 0
Par conséquent, s’il existe des équilibres, ils dépendent en général de la valeur de , et nous les noterons
(x⇤ ( ), y ⇤ ( )). Le nombre de solutions peut changer lorsque traverse certaines valeurs critiques c . Des
solutions périodiques de type cycle limite stable ou instable peuvent exister pour certaines valeurs de .
Une étude de bifurcation consiste donc rechercher comment le portrait de phase de ce système se modifie
lorsque l’on fait varier le paramètre .
ẋ = + x2
ẏ = y.
ẋ = f (x, y)
ẏ = g(x, y).
Un vecteur orthogonal
⇣ ⌘ à la première isocline définie par f (x, y) = 0 est proportionnel au vecteur de
@f @f
composantes @x , @y . de même, un vecteur tangent à la seconde isocline est proportionnel au vecteur
⇣ ⌘
@g @g
de composantes @y @x . La condition mathématique pour qu’il y ait tangence des deux isoclines est
,
que le produit scalaire soit nul ou encore le déterminent formé par ces deux vecteurs soient nul :
@f @g
@x @x
@f @g = 0,
@y @y
i.e. que les deux vecteurs ont des directions parallèles. Cette condition doit être vérifiée au point d’équi-
libre. Une bifurcation selle-nœud est caractérisée par le déterminent de la matrice jacobienne nulle à la
bifurcation.
ẋ = x x3
ẏ = y.
ẋ = x + y
ẏ = x + y.
L’origine est le seul point d’équilibre. Mais ici, nous devons réécrire le système en coordonnées polaires :
ṙ = r
✓˙ = 1.
ẋ = y + x x2 y2
ẏ = x+y x2 y2
L’origine est ici aussi le seul point d’équilibre pour toutes valeurs de . Si nous réécrivons ces équations
di↵érentielles en coordonnées polaires, nous obtenons :
ṙ = r r2
✓˙ = 1.
1. < 0. Dans ce cas, ṙ < 0 et par conséquent les trajectoires spiralent vers l’origine qui est un foyer
stable.
2. = 0. ṙ < 0, donc les trajectoires spiralent vers l’origine qui est donc globalement asymptotique-
ment stable.
p
3. > 0. La première équation admet deux équilibre 0 et . Le premier est instable et le second
stable. Ce dernier correspond à une trajectoire fermée qui est un cycle limite stable.
Lorsque le paramètre change de signe, il apparaı̂t un cycle limite stable qui est un cercle centré sur
p
l’origine et dont l’amplitude augmente en .
ẋ = y
ẏ = x.
p
L’origine est le seul point d’équilibre et c’est un centre. Soit D = {(x, y)| x2 + y 2 1} le domaine défini
par le disque de rayon 1. Il s’agit d’un domaine borné et compact qui est positivement invariant car toute
trajectoire prise dans D reste dans D, y compris pour une condition initiale prise sur la frontière du
domaine, soit le sur le cercle unité qui est une trajectoire.
ẋ = f (x, y, )
ẏ = g(x, y, )
où est un paramètre réel. Supposons que l’origine est un point d’équilibre du système pour toute
valeur du paramètre . Soit la partie linéaire du système correspondant à la matrice Jacobienne
A(0, 0) calculée à l’origine : !
@f @f
@x @y
A(0, 0) = @f @f .
@x @y (0,0)
D’une manière générale, on a une bifurcation de Hopf lorsque le déterminent de la partie linéaire
est positif et que la trace peut changer de signe en faisant varier le paramètre . Soient 1 ( ) et
2 ( ) les deux valeurs propres de cette Jacobienne :
1,2 = ↵( ) ± i ( ).
1. la partie réelle des valeurs propres s’annule,t pour une valeur critique c du paramètre, soit
↵( c ) = 0 ;
2. pour = c , la partie imaginaire des valeurs propres est di↵érente de zéro, i.e. ( c ) 6= 0. Cela
revient à dire que les valeurs prpores sont imaginaires pures.
d↵
3. Supposons de plus que d ( c) > 0.
Alors on peut conclure que :
¨ = c est une valeur de bifurcation du système.
≠ il existe 1 < c tel que pour tout 2 [ 1, c] l’origine est un foyer stable.
Æ pour tout voisinage U de l’origine, il existe 2 > c tel que pour tout 2 [ c , 2 [ l’origine est
un foyer instable entouré d’un cycle limite stable contenu dans U , dont l’amplitude augmente
p
et est de l’ordre de c.
Le théorème informe sur l’existence d’un cycle limite stable dans un certain voisinage de > c ,
jusqu’à une certaine valeur 2 , qui n’est pas connue. Le cycle peut exister pour toute valeur de
> c , ou bien peut disparaı̂tre au-delà d’une valeur 2 .
Ce n’est pas toujours le cas et le thérème suivant complète le prédent dans le cas où la dérivée de
la partie réelle est négative.
Théorème II.4.2 Si l’on remplace dans le théorème de bifurcation de Hopf la troisième hypothèse
par la condition :
d↵
Supposons de plus que d ( c) < 0.
Alors les conclusions deviennent :
¨ = c est une valeur de bifurcation du système.
≠ il existe 2 > c tel que pour tout 2 [ c, 2[ l’origine est un foyer stable.
Æ pour tout voisinage U de l’origine, il existe 1 < c tel que pour tout 2 [ 1 , c ] l’origine est
un foyer instable entouré d’un cycle limite stable contenu dans U , dont l’amplitude augmente
p
et est de l’ordre de c .
ẋ = y + x x2 y2
ẏ = x+y x2 y2 .
L’origine est l’unique point d’équilibre et la matrice Jacobienne de la partie linéaire à l’origine est
!
1
A(0, 0) =
1
ṙ = r r2
✓˙ = 1.
Par conséquent, pour < 0, le foyer instable est entouré d’un cycle limite stable qui est le cercle
p
de rayon . Pour = 0, le système s’écrit :
ṙ = r3
✓˙ = 1
ce qui montre que le l’origine est stable . Enfin pour > 0, l’origine est un foyer stable (partie
réelle négative).
Le cycle limite qui apparaı̂t peut être instable et dans ce cas, la bifurcation est dite souscritique.
+ bifurcation souscritique
Objectifs
n(x) = ↵ x,
dx ⇣ x⌘
= rx 1 = f (x),
dt K
où r = ↵ ‘ qui est le taux de croissance intrinsèque de la population. Supposons dans la suite r > 0.
K s’appelle la capacité limite du milieu et est égal à :
↵
K= .
+
Puisque r est positif, alors K est aussi positif.
Cette équation appelée l’équation logistique admet deux points d’équilibres : l’origine et K. Calculons
la dérivée de f afin d’étudier la stabilité des équilibres.
La valeur de la dérivée f 0 (x) = r 2rx/K est r à l’origine et r en K. Par conséquent, l’origine est
instable et K est un équilibre stable. Pour toute condition initiale positive, nous avons :
lim (x(t)) = K.
t !1
et se calcule en recherchant le maximum de f (x) puisque f (x) = dx/dt est aussi égale à la vitesse de
croissance de la population, soit lorqu’on aura :
f 0 (x) = 0.
Dans le cas de l’équation logistique, le point d’inflexion se trouve en xi = K/2, alors que dans le cas de
l’équation de Gompertz, il se trouve en xi = K/e. Le choix d’une fonction de croissance logistique ou de
Gompertz impose une croissance maximale pour des valeurs précises de l’e↵ectif.
Afin d’obtenir une loi de croissance avec un point d’inflexion à une position quelconque, on définit
l’équation logistique généralisée :
dx ⇣ ⇣ x ⌘q ⌘
= rx 1 , (III.2)
dt K
où q est un réel strictement positif.
Exercice III.1.1 Déterminer le point d’inflexion dans le cas de l’équation logistique généralisée. Pour
quelle valeur de q retrouve-t-on la la formule de la logistique xi = K/2 ?
Exercice III.1.2 Étudier la loi de croissance d’une population dont le taux de croissance est supposé être
proportionnel à la densité de la population :
dx
= ↵x2 .
dt
Dans ce cas, on fait l’hypothèse que la loi de croissance est proportionnelle au taux de rencontre entre
les individus, ce qui correspond par exemple à une reproduction sexuée. Démontrer que la densité de
population tend vers l’infini au bout d’un temps fini.
+ Exploitation à e↵ort constant : La solution la plus simple consiste à ajouter un terme négatif
proportionnel à l’e↵ectif :
dx ⇣ x⌘
= rx 1 Ex,
dt K
où E > 0 est l’e↵ort d’exploitation.
+ Exploitation à prélèvement constant : l’hypothèse consiste à e↵ectuer un prélèvement constant par
unité de temps, ce qui correspond à la notion de quota :
dx ⇣ x⌘
= rx 1 Q,
dt K
où Q > 0 est le quota par unité de temps.
Nous considérons à présent deux populations d’e↵ectif respectif x(t) et y(t) en interaction. Ce mo-
dèle est décrit par un système de deux équations di↵érentielles. D’une manière assez générale, il est
usuel de décomposer chaque équation en une somme de deux termes, le premier terme correspondant
à la croissance de la population isolée et le second terme représentant les interactions entre les deux
population :
ẋ = f (x) + h(x, y)
ẏ = g(x) + k(x, y).
Ainsi les fonctions f (x) et g(x) représentent les croissances des populations isolées et ne dépendent
que de l’e↵ectif de cette population alors que les termes h(x, y) et k(x, y) correspondent aux interactions
entre les populations et dépendent des e↵ectifs des deux populations. Si la population d’e↵ectif x vit
dans un milieu avec une ressource limitée, on choisira par exemple une fonction de croissance de type
logistique : ⇣ x⌘
f () = rx 1 ,
K
où r et K sont respectivement le taux de croissance et la capacité limite du milieu.
Si la population d’e↵ectif y est caractérisée par une mortalité naturelle avec un taux constant m, on
choisira :
g(y) = my.
Le choix des fonctions h(x, y) et k(x, y) dépend de la nature de l’interaction entre les deux popultaions.
On distingue des interactions positives (resp. négatives) qui favorisent (resp. défavorisent) la croissance
d’une population. Les signes des fonctions h(x, y) et k(x, y) rendent compte de ce caractère favorable ou
non à la croissance.
Trois cas sont donc possibles :
+ les deux fonctions sont négatives : une population exerce un e↵et négatif sur la croissance de l’autre.
C’est le cas de la croissance interspécifique.
+ les deux fonctions sont de signes contraires : une population a un e↵et positif sur la croissance de
l’autre mais on a l’e↵et inverse dans l’autre sens. Il s’agit par exemple des relations proie-prédateur
ou encore hôte-parasite.
+ les deux fonctions sont positives : chaque population favorise la croissance de l’autre population.
C’est le cas de mutualisme ou encore de la symbiose.
Il existe des cas où l’une des fonctions est nulles habituellement appelés commensalisme et amensalisme.
Dans le cas de la prédation, il est usuel de considérer que les proies et les prédateurs se déplacent en
explorant leur milieu au hasard. Cela conduit à un modèle de typeaction de masse où le nombre moyen
de rencontres entre les deux populations est proportionnel au produit des e↵ectifs. De ce fait, on doit
avoir un terme négatif dans l’équation de la proie, puisqu’il y a disparition des proies mangées par les
prédateurs, du type :
h(x, y) = axy,
où a est un paramètre constant et positif qui rend compte de l’efficacité des prédateurs dans leurs
attaques.
Une telle fonction de prédation est appelée une fonction de lotka-Volterra ou encore de type I. Dans
l’équation de prédateur, on doit s’attendre à un terme positif de même forme car les proies tuées sont
assimilées par les prédateurs et leur permettent de maintenir la croissance de leur population. Cela
conduit par exemple à :
g(x, y) = eh(x, y) = eaxy,
qui signifie que la biomasse (ici l’e↵ectif) des proies tuées se trouve transformée en biomasse (e↵ectif) du
prédacteur avec une certaine efficacité dont rend compte le paramètre constant e, appelé couramment le
rendement de conversion de la biomasse proie en biomasse prédateur.
Avec les hypothèses précédentes, on obtiendrait finalement le modèle suivant :
⇣ x⌘
x = rx 1 axy,
K
y = my + eaxy.
f (x) = rx,
dont la solution est x(t) = x(0) exp(rt), avec r > 0 le taux de croissance des proies.
Le modèle suppose une mortalité naturelle du prédateur qui ne peut donc pas survivre en absence de
proie :
g(y) = my,
dont la solution y(t) = y(0) exp( mt), où m > 0 est le taux de mortalité naturelle du prédateur. Ainsi,
en l’absence du prédateur, les proies pulluleraient et leur e↵ectif va donc pouvoir être régulé par des
prédateurs. En l’absence de proies, les prédateurs disparaitront. Le couplage des deux populations par
les termes de prédateurs peut avoir des e↵ets stabilisateurs sur la dynamique globale du système de deux
population en interaction.
Dans ce modèle, il est aussi supposé que le terme d’interaction est un terme classique de lotka-Volterra.
Avec ces hypothèses, le modèle de lotka-Volterra s’écrit sous la forme :
ẋ = rx axy,
ẏ = my + eaxy,
ẋ = r(x ay),
ẏ = y( m + bx),
avec b = ea. Le fait de pouvoir mettre x en facteur dans la première équation et y dans la seconde est
important parce que cela signifie que les axes sont isoclines zéro du système. En conséquence, aucune
trajectoire ne peut couper ni l’axe des abscisses ni l’axe des ordonnées. Ainsi, toute trajectoire issue
d’une condition initiale prise dans le cadran positif reste, pour tout t > 0, à l’intérieur de ce cadran. On
dit que le cadran positif est positivement invariant. Ce résultat est important car les variables x(t) et
y(t)sont des e↵ectifs et doivent donc rester non négatives pour tout t > 0. Le modèle garantit donc qu’en
choisissant une condition initiale acceptable, i.e avec des e↵ectifs initiaux positifs (x(0) > 0, y(0) > 0),
les e↵ectifs restent toujours par la suite positifs et ne puissent jamais devenir négatifs, ce qui n’aurait
aucune signification du point de vue de la biologie.
Les isoclines zéro sont vles suivantes :
r
ẋ = 0 =) x = 0 ou y =
a
m
ẏ = 0 =) y = 0 ou x = .
b
Sur la figure des isoclines, il est très facile de voir que sur l’axe x = 0, on a pour y > 0, ẏ = my < 0,
ce qui veut dire que la composante verticale de la verticale de la vitesse est négative. On remarquera
aussi que la composante horizontale de la vitesse est positive.
Le modèle de lotka-Volterra admet deux points d’équilibre : l’origine correspondant à l’absence de
proie et de prédateur, et un point (x⇤ , y ⇤ ) non trivial et appartenant au cadrant positif tel que :
m
x⇤ =
b
⇤ r
y = .
a
La matrice Jacobienne est !
r ay ax
.
by m + bx
On remarquera qu’à l’orine, la matrice jacobienne admet deux valeurs propres réelles r > 0 et m < 0.
Il s’agit donc d’un point selle instable.
Pour le second équilibre, on remarquera que la trace est nulle et le déterminant vaut mr > 0. Il s’agit
donc d’un centre.
Cependant, d’après le théorème de linéarisation, nous ne pouvons pas être certain qu’il existe réelle-
ment des trajectoires fermées entourant le point d’équilibre (x⇤ , y ⇤ ). Il est donc nécessaire de rechercher
une intégrale première possédant un extremum au point (x⇤ , y ⇤ ). On a :
dx x(r ay) dx dy
= ou encore m + bdx = r ady.
dy y( m + bx) x y
(a) Isoclines zéros du modèle classique de lotka-Volterra (b) Composantes du vecteur vitesse dans le cadran positif
H(x, y) = m ln x r ln y + bx + ay.
On vérifie que les dérivées premières de H s’annulent en (x⇤ , y ⇤ ) et que les dérivées secondes en ce point
d’équilibre sont de même signe positif. En conséquence, le développement limité au second ordre de la
fonction H(x, y) au voisinage de (x⇤ , y ⇤ ) est
✓ ◆ ✓ ◆
⇤ ⇤ 1 @2H ⇤ 2 1 @2H
H(x, y) = H(x , y ) + (x x ) + (y y ⇤ )2 .
2 @x2 2 @y 2
Ainsi, le signe de H(x, y) H(x⇤ , y ⇤ ) est constant et positif au voisinage de l’équilibre, ce qui veut
dire que H(x, y) présente un minimum local en ce point. Les trajectoires autour de cet équilibre sont les
courbes de niveau de l’intégrale première et par conséquent se referment au voisinage de ce point.
On montre que les solutionssont périodiques avec une période T qui est déterminée par la partie
imaginaire des valeurs propres de la jacobienne calculée à l’équilibre non trivial. La période vérifie la
relation :
2⇡ p
= mb.
T
et par suite on peut dire que le cadran positif est aussi positivement invariant. Les isoclines sont :
r⇣ x⌘
y= 1 ou x = 0
a K
m
x= ou y = 0.
b
Le sens des vecteurs vitesses sur les isoclines est facile à obtenir puisqu’en absence de prédateurs (soit
isocline y = 0), l’e↵ectif des proies augmente jusqu’à la capacité K et en absence de proies ( isoclines x
=0), l’e↵ectif des prédateurs diminue. En conséquence, deux cas sont possibles et les équilibres possibles
se trouvent à l’intersection des isoclines horizontales et verticales :
1. m/B < K, il y a trois points d’équilibres (0, 0), (K, 0) et (x⇤ = m/b, y ⇤ = r/a(1 m/bK)) ;
2. m/b > K, il n’y a que deux points d’équilibres (0, 0), (K, 0). Il existe un troisième point d’équilibre
avec une composante négative.
Comme précédemment, pour connaı̂tre la stabilité des équilibre, on calcule la jacobienne :
!
r 2rx K ay ax
A=
by m + bx
1 = r<0 2 = m + bK,
1. m/b < K, 2 est positive et par suite l’équilibre est un point selle ;
2. m/b > K, 2 est négative et l’équilibre est un nœud stable.
Pour le troisième point (x⇤ , y ⇤ ), on a
!
2rx⇤
r ay ⇤ ax⇤
A(x⇤ , y ⇤ ) = K .
by ⇤ m + bx⇤
On a alors
rx⇤
trA = detA = abx⇤ y ⇤ .
K
Par conséquent, lorsque le point d’équilibre (x⇤ , y ⇤ ) se trouve dans le cadran positif, nous avons la trace
qui est négative et le déterminant positif, ce qui assure la stabilité de cet équilibre.
ẋ = f (x) h(x, y)
ẏ = g(y) + eh(x, y)
où le paramètre e est le taux de la biomasse des proies en biomasses des prédateurs. Il est très utile
de considérer le nombre de proies tuées par un seul prédateur par unité de temps qui est aussi appelé
la fonction réponse du modèle proie-prédateur. Dans le modèle en présentation, la fonction de réponse
(x, y) est
h(x, y)
(x, y) = .
y
Dans le cas particulier du modèle de Lotka-Volterra, la fonction h(x, y) = axy et il vient que :
(x, y) = ax.
Il faut remarquer que est proportionnelle à x, cela veut dire que le nombre de proies ingurgitées par
un seul prédateur peut être très grand si x est grand. On doit plutôt s’attendre à une limitation du
nombre de proies tuées et ingurgitées par un prédateur même si la densité des proies est très forte. Il est
donc plus réaliste de concevoir une fonction réponse présentant un e↵et de saturation avec la densité des
proies.
Une telle fonction réponse présentant un plateau pour les fortes densités de proies est dite fonction
réponse de type II en opposition à la fonction réponse de Lotka-Volterra appelée de type I. La fonction
de type II dite de Holling est de la forme :
ax
(x, y) = ,
x+D
où D est une constante positive. Avec une telle fonction réponse, et en conservant les hypothèses du
modèle étudié précédemment, on a le modèle de Holling :
⇣ x⌘ axy
ẋ = rx 1
K x+D
bxy
ẏ = my + ,
x+D
avec b = ea.
Exercice III.2.1 Étudier le modèle de Holling dans le cas où le point d’équilibre non trivial est stable.
où r1 et r2 sont les taux de croissance des deux popultaions. Les coefficients ↵ et sont positifs et
caractérisent la force de compétition exercée par une population sur l’autre. On procède généralement
au changement de variables :
x y
u= v= .
K1 K2
Il vient alors le modèle :
u̇ = r1 u (1 u av)
v̇ = r2 v (1 v bu) ,
⌧ = r1 t
conduit au système
du
= u (1 u av)
d⌧
dv
= rv (1 v bu) ,
d⌧
où r = r2 /r1 . Cette opération de changement de variables et d’échelle de temps s’appelle une opération
de redimensionalisation ou de renormalisation. Elle permet de simplifier le modèle initial écrit sous forme
biologique pour le mettre sous une forme plus simple avant d’en faire l’étude mathématique.
ẋ = Ax,
ẋ = x (r ay)
ẏ = y ( m + bx cz)
⇣ z⌘
ż = sz 1 + dyz,
K
où x(t), y(t) et z(t) sont les e↵ectifs respectifs de la proie, du prédateur et du super prédateur.
Avec le changement de variables et d’échelle des temps :
z
u = x, v = y, w = et ⌧ = st,
K
on obtient le système :
du
= u (⇢ ↵v)
d⌧
dv
= v( µ+ u w)
d⌧
dw
= w (1 w) + vw,
d⌧
avec
r a m b cK d
⇢= , ↵= , µ= , = , = et = .
s s s s s s
Les plans u = 0, v = 0 et w = 0 sont isoclines zéros. Aucune trajectoire ne peut donc les traversées, ce
qui implique que le cadran strictement positif reste positivement invariant.
Les isoclines vérifient
u (⇢ ↵v) = 0
v( µ+ u w) = 0
w (1 w + v) = 0
L’origine est donc un équilibre et l’unique équilibre non trivial dans le cadran positif (u⇤ , v ⇤ , w⇤ ) est tel
que
µ ⇣ ⇢⌘ ⇤ ⇢ ⇢
u⇤ = + 1+ , v = , w⇤ = 1 + .
↵ ↵ ↵
Pour déterminer la stabilité de ce point, on calcule la matrice jacobienne en ce point :
0 1
⇢ ↵v ⇤ ↵u⇤ 0
B C
A=@ v⇤ µ + u⇤ w⇤ v⇤ A.
0 w⇤ 1 2w ⇤ + v ⇤
En tenant compte des équations qui définissent cet équilibre, on a la matrice plus simple :
0 1
0 ↵u⇤ 0
B C
A = @ v⇤ 0 v⇤A .
0 w⇤ w⇤
3
+ w⇤ 2
+ (↵ u⇤ v ⇤ + ↵ v ⇤ w⇤ ) + ↵ u⇤ v ⇤ w⇤ = 0.
↵1 = w ⇤
↵2 = ↵ u⇤ v ⇤ + ↵ v ⇤ w⇤
↵3 = ↵ u ⇤ v ⇤ w ⇤ .
H1 = ↵ 1
H2 = ↵ 1 ↵ 2 ↵3
H3 = ↵ 3 ,
qui sont tous positifs. Nous pouvons donc affirmer que le point d’équilibre non trivial (u⇤ , v ⇤ , w⇤ ) appar-
tenant au cadran positif est localement asymptotiquement stable.
Exercice III.3.1 En utilisant les critères de Routh-Hurwitz, démontrer que le point d’équilibre non trivial
appartenant au cadran positif du système suivant est localement asymptotiquement stable :
ẋ = x (r ay)
ẏ = y ( m + bx cz)
ż = z ( n + dy f t)
✓ ◆
k
k̇ = sk 1 + gzk.
K
x(t), y(t), z(t) et k(t) sont respectivement les e↵ectifs de la proie, du prédateur, du super prédateur et
du super-super prédateur.
[1] Pierre Auger, Christophe Lett, Jean-Christophe Poggiale. Modélisation mathématique en écologie.
Dunod, Paris, 2010.
[2] Jean-René Chazottes. Modélisation mathématique pour l’écologioe, l’environnement et l’économie.
Notes de cours, Version du 12 juin 2014