Introduction
L’hypertension artérielle (HTA) constitue aujourd’hui un problème majeur de santé
publique dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2023), plus d’un
milliard de personnes sont hypertendues, dont les deux tiers vivent dans les pays à revenu
faible ou intermédiaire. Cette maladie chronique, souvent silencieuse, est l’un des
principaux facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, rénales et cérébrovasculaires,
responsables de près de 10,8 millions de décès chaque année à l’échelle mondiale (OMS,
2023).
En Afrique subsaharienne, la prévalence de l’HTA connaît une progression inquiétante. Elle
est estimée à plus de 30 % chez l’adulte, avec une tendance croissante dans les groupes
jeunes, alors que le dépistage et le contrôle de la maladie demeurent faibles (Mills et al.,
2020). La faible observance thérapeutique, liée à la non-acceptation du diagnostic et à
divers facteurs socio-économiques et culturels, aggrave cette situation, entraînant des
complications précoces et un poids accru sur les systèmes de santé (Ataklte et al., 2015).
En Côte d’Ivoire, plusieurs études confirment cette tendance préoccupante. Le Programme
national de lutte contre les maladies métaboliques et de prévention des maladies non
transmissibles (PNLMMT, 2021) rapporte une prévalence de l’HTA avoisinant 21,5 % dans
la population adulte. Des travaux réalisés à l’Institut de cardiologie d’Abidjan montrent que
plus de la moitié des patients hypertendus suivis présentent une mauvaise observance
thérapeutique, souvent associée à la non-acceptation de la maladie, au coût du traitement et
au manque d’éducation thérapeutique (Kouamé et al., 2019 ; Kramoh et al., 2017).
Chez les jeunes adultes, cette problématique est particulièrement préoccupante. En effet,
l’HTA est souvent perçue comme une « maladie des personnes âgées », ce qui retarde
l’acceptation du diagnostic et compromet l’adhérence au traitement (PNLMMT, 2021). Or,
l’absence de suivi et de contrôle adéquat chez ces sujets entraîne un risque accru de
complications cardiovasculaires précoces et d’altération de la qualité de vie.
Ainsi, l’étude de l’impact de la non-acceptation de l’HTA sur l’adhérence thérapeutique chez
les adultes jeunes hypertendus suivis à l’Institut de cardiologie d’Abidjan se justifie
pleinement. Elle permettra non seulement de mieux comprendre les déterminants
psychosociaux de l’observance, mais également de proposer des stratégies adaptées visant
à améliorer la prise en charge de cette population à risque.
Références
Organisation mondiale de la santé (OMS). (2023). Hypertension.
[Link]
Mills, K. T., Stefanescu, A., & He, J. (2020). The global epidemiology of hypertension.
Nature Reviews Nephrology, 16(4), 223–237.
Ataklte, F., Erqou, S., Kaptoge, S., Taye, B., Echouffo-Tcheugui, J. B., & Kengne, A. P.
(2015). Burden of undiagnosed hypertension in sub-saharan Africa: a systematic review
and meta-analysis. Hypertension, 65(2), 291-298.
Programme national de lutte contre les maladies métaboliques et de prévention des
maladies non transmissibles (PNLMMT). (2021). Rapport annuel. Ministère de la Santé,
Côte d’Ivoire.
Kouamé, J. K., N’Guetta, R., & Kramoh, E. (2019). Observance thérapeutique des patients
hypertendus suivis à l’Institut de cardiologie d’Abidjan. Revue Africaine de Cardiologie,
11(2), 45-52.
Kramoh, E., N’Guetta, R., & Anzouan-Kacou, J. B. (2017). Hypertension artérielle en Côte
d’Ivoire : épidémiologie et prise en charge. Médecine d’Afrique Noire, 64(5), 243-251.