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Draft 4

Le gombo, plante essentielle de la famille des Malvaceae, est cultivé principalement dans les zones tropicales et tempérées chaudes, avec une production mondiale atteignant plus de 11 millions de tonnes en 2022. Cependant, les agriculteurs de Goma font face à des défis sanitaires majeurs dus aux ravageurs et aux maladies, entraînant une dépendance aux insecticides chimiques, qui nuisent à la santé humaine et à l'environnement. La recherche se tourne vers des alternatives écologiques comme le Neem pour protéger la culture tout en préservant la santé des producteurs et l'écosystème local.

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Draft 4

Le gombo, plante essentielle de la famille des Malvaceae, est cultivé principalement dans les zones tropicales et tempérées chaudes, avec une production mondiale atteignant plus de 11 millions de tonnes en 2022. Cependant, les agriculteurs de Goma font face à des défis sanitaires majeurs dus aux ravageurs et aux maladies, entraînant une dépendance aux insecticides chimiques, qui nuisent à la santé humaine et à l'environnement. La recherche se tourne vers des alternatives écologiques comme le Neem pour protéger la culture tout en préservant la santé des producteurs et l'écosystème local.

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INTRODUCTION

0.1. Contexte et justification

Le gombo (Abelmoschus esculentus L., Moench), plante annuelle emblématique de la famille


des Malvaceae, occupe une place de choix dans l’agriculture mondiale grâce à sa résilience et
sa valeur nutritionnelle. Cultivé principalement dans les zones tropicales et tempérées
chaudes, il est devenu un pilier alimentaire pour des millions de populations qui consomment
ses feuilles et ses fruits en sauces (Yao, 2022 ; Guebebia et al., 2023). En 2022, la production
mondiale a atteint le chiffre impressionnant de 11 232 656 tonnes, dont 3 545 750 tonnes
proviennent d’Afrique, représentant ainsi plus de 31 % de l’offre globale (FAOSTAT, 2024 ;
Massrie, 2025).

La réussite de la culture du gombo repose sur des exigences agro-climatiques précises,


nécessitant des températures oscillant entre 25°C et 35°C pour une croissance optimale, ainsi
que des sols bien drainés et riches en matières organiques. C'est une plante qui valorise
particulièrement les sols profonds, mais qui se montre sensible à l'asphyxie racinaire en cas
d'excès d'eau (Birlouez, 2020). Dans la région de Goma, bien que le climat d'altitude soit plus
frais, la fertilité naturelle des sols volcaniques et la répartition des pluies offrent un terrain
favorable à sa production, à condition de maîtriser le cycle végétatif et de protéger les jeunes
plants des agressions biotiques (Kpoviessi et al., 2017).

Cependant, sur le continent africain, cette culture fait face à une pression sanitaire sans
précédent. Des maladies virales, bactériennes et fongiques causent des pertes de rendement
dévastatrices, allant parfois jusqu'à l'anéantissement total de filières entières. Ces menaces
sont accentuées par l'émergence constante de nouveaux agents pathogènes qui s'adaptent
rapidement aux changements climatiques (Sánchez-Bayo & Wyckhuys, 2019). À ces
pathologies s'ajoute le fléau des insectes ravageurs qui attaquent les plants de gombo,
obligeant les agriculteurs à multiplier les interventions pour sauver leurs récoltes (Kpoviessi
et al., 2017).

Pour contrer ces attaques, l'utilisation d'insecticides chimiques de synthèse reste la méthode la
plus répandue, bien qu'elle ne soit plus une stratégie recommandable. La science moderne
démontre que ces produits présentent une toxicité aiguë alarmante, pouvant causer des
défaillances du système nerveux central, des arrêts cardiaques ou des brûlures cutanées
(Boedeker et al., 2020). À long terme, leur toxicité chronique favorise l'apparition de cancers,
de pneumonies et de malformations congénitales (Lerro et al., 2021). Au-delà de la santé
humaine, ces substances dégradent les agroécosystèmes en détruisant sans distinction les
insectes utiles, comme les pollinisateurs, perturbant ainsi l'équilibre fragile de la biosphère
(Engert et al., 2023).

Face à ces menaces, la recherche se tourne désormais vers des alternatives écologiques basées
sur des molécules botaniques biodégradables. Ces extraits de plantes, utilisés sous forme de
poudres, d'huiles essentielles ou d'extraits aqueux, offrent une protection efficace tout en étant
respectueux de l'environnement (Schulz et al., 2021). Parmi ces solutions, le Neem
(Azadirachta indica), également appelé « lilas de Perse », se distingue par ses propriétés
insecticides et antimycotiques exceptionnelles. La mise en place de tels biopesticides,
accessibles et faciles à manipuler, est devenue impérieuse pour garantir une agriculture
durable.

En République Démocratique du Congo (RDC), cette transition est une nécessité vitale car
l'insécurité alimentaire ne cesse de croître, touchant plus de 27 millions de personnes en 2021
(IPC, 2021). À Goma, la situation est particulièrement critique : la porosité des sols
volcaniques facilite l'infiltration des produits chimiques vers les nappes phréatiques et le Lac
Kivu, empoisonnant les ressources en eau de la population locale. De plus, le coût élevé des
pesticides importés fragilise l'économie des maraîchers déjà éprouvés par les conflits.
Proposer une étude comparative entre le traitement chimique et une solution biologique à base
de Neem à Goma répond donc à un triple défi : protéger la santé des Congolais, préserver
l'écosystème volcanique et assurer la rentabilité économique du gombo pour les petits
producteurs.

Problématique

La culture du gombo est devenue un pilier de l'économie maraîchère autour de Goma,


permettant de nourrir une population urbaine en forte croissance. Cependant, cette plante subit
des attaques massives de ravageurs qui obligent les producteurs à intensifier leurs
interventions pour éviter des pertes économiques totales (Guebebia et al., 2023).

Pour sauver leurs récoltes, la majorité des maraîchers de Goma et du territoire de Nyiragongo
utilisent des insecticides chimiques de synthèse souvent vendus sur les marchés locaux sans
contrôle strict. Cette dépendance à la chimie pose un problème de santé publique majeur, car
l'exposition aux molécules toxiques provoque des intoxications aiguës et des maladies
respiratoires graves chez les agriculteurs (Boedeker et al., 2020).

À Goma, la situation environnementale est aggravée par la nature volcanique du sol : la


porosité des terres facilite l'infiltration rapide des pesticides chimiques vers les eaux
souterraines et le Lac Kivu, menaçant ainsi l'ensemble de la biosphère aquatique et la
potabilité de l'eau (Engert et al., 2023). De plus, l'usage abusif de ces produits détruit les
insectes pollinisateurs essentiels à la biodiversité locale du bassin du Congo.

Sur le plan économique, les maraîchers de Goma font face à une explosion du prix des
intrants chimiques importés, ce qui réduit considérablement leurs bénéfices dans un contexte
d'insécurité alimentaire déjà alarmant (IPC, 2021). Cette précarité financière rend l'achat de
pesticides de synthèse insupportable pour les petits exploitants, les poussant à chercher des
alternatives locales.

Face à ces menaces sanitaires, écologiques et économiques, la recherche de solutions


biodégradables devient une urgence pour l'agriculture urbaine de Goma. L'utilisation d'extraits
botaniques, comme ceux du Neem (Azadirachta indica), pourrait offrir une protection
efficace et durable contre les ravageurs, tout en respectant la santé des consommateurs et la
fragilité des sols volcaniques (Schulz et al., 2021).

0.2. Questions de recherche


0.3.1. Question principale

Quelle est l’efficacité comparative du traitement chimique et du traitement à base du neem


dans la lutte contre les ravageurs du gombo ?

0.3.2. Questions spécifiques

1. Quels sont les principaux ravageurs qui attaquent le gombo dans la zone d’étude ?
2. Quel est l’effet du traitement chimique sur la population des ravageurs du gombo ?
3. Quel est l’effet du traitement à base du neem sur la population des ravageurs du
gombo ?
4. Quel traitement permet d’obtenir un meilleur rendement du gombo ?
5. Quel traitement est le plus avantageux sur le plan économique et environnemental ?
0.3. Hypothèses de recherche

0.4.1. Hypothèse générale

Le traitement à base du neem est une alternative efficace au traitement chimique dans la lutte
contre les ravageurs du gombo, tout en étant plus respectueux de l’environnement et de la
santé humaine.

0.4.2. Hypothèses spécifiques

1. Les ravageurs du gombo sont significativement réduits par l’application du traitement


chimique.
2. Les extraits de neem réduisent efficacement la population des ravageurs du gombo.
3. Le rendement du gombo traité au neem est comparable à celui obtenu avec le
traitement chimique.
4. Le traitement à base du neem présente moins d’effets négatifs sur l’environnement que
le traitement chimique.
5. Le coût du traitement à base du neem est plus accessible pour les producteurs locaux.

0.4. Objectifs de l’étude

0.5.1. Objectif principal

Comparer l’efficacité du traitement chimique et du traitement à base du neem dans la lutte


contre les ravageurs du gombo.

0.5.2. Objectifs spécifiques

1. Identifier les principaux ravageurs du gombo dans la zone d’étude.


2. Évaluer l’efficacité du traitement chimique dans la réduction des ravageurs du gombo.
3. Évaluer l’efficacité du traitement à base du neem dans la réduction des ravageurs du
gombo.
4. Comparer les rendements du gombo obtenus sous les deux traitements.
5. Analyser les avantages et limites de chaque méthode de lutte.

0.5. Choix du sujet


0.6.1. Choix du sujet

Le choix de ce sujet est motivé par l’importance du gombo dans l’agriculture et l’alimentation
des populations locales. Les pertes causées par les ravageurs constituent un réel problème
pour les producteurs. Comparer les traitements chimiques et les traitements à base du neem
permet de mieux orienter les pratiques agricoles vers des méthodes plus efficaces et durables.

0.6.2. Intérêt scientifique

Sur le plan scientifique, cette étude contribue à l’amélioration des connaissances sur les
méthodes de lutte contre les ravageurs du gombo. Elle permet d’évaluer l’efficacité d’un
pesticide naturel par rapport aux produits chimiques, et d’apporter des données utiles pour la
promotion de la lutte intégrée et de l’agriculture durable.

0.6.3. Intérêt socio-économique

Cette recherche présente un intérêt socio-économique important, car elle peut aider les
producteurs à réduire les coûts liés à l’achat des pesticides chimiques. L’utilisation du neem,
disponible localement, peut améliorer les revenus des agriculteurs tout en protégeant leur
santé et celle des consommateurs.

0.6.4. Intérêt personnel

Sur le plan personnel, ce sujet permet d’approfondir mes connaissances en protection des
cultures et en agriculture durable. Il me donne l’opportunité de contribuer à la recherche de
solutions pratiques aux problèmes rencontrés par les producteurs locaux.

0.6. Subdivision du travail

Mise à part l’introduction, la présente étude comprend trois chapitres dont le premier parle de
la revue de la littérature ; le deuxième décrit le milieu, matériels et méthodes ; le troisième se
focalise sur la présentation et la discussion des résultats et enfin une conclusion et des
recommandations applicables à la fin du travail
1. Généralités sur la culture du gombo (Abelmoschus esculentus)

1.1 Origine de la plante

Le gombo (Abelmoschus esculentus (L.) Moench) est une plante légumière de la famille des
Malvacées, largement cultivée dans les régions tropicales et subtropicales du monde.
Plusieurs auteurs indiquent que son centre d’origine se situe en Afrique tropicale orientale,
particulièrement en Éthiopie, avant sa diffusion vers l’Afrique de l’Ouest, l’Asie et au-delà
(Islam, 2019 ; Durazzo et al., 2018) ; cette origine africaine est confirmée par des données
historiques et génétiques qui montrent une longue domestication de cette espèce dans la corne
de l’Afrique (Islam, 2019 ; Durazzo et al., 2018).

Description de la culture du gombo (Abelmoschus esculentus)

Le gombo est une plante herbacée robuste dont le cycle végétatif varie généralement entre 90
et 120 jours selon les variétés et les conditions climatiques. Sur le plan morphologique, il se
caractérise par une tige érigée pouvant atteindre 2 mètres de hauteur, des feuilles palmées et
des fleurs solitaires de couleur jaune pâle avec un centre pourpre, typiques des Malvaceae
(Birlouez, 2020). Sa croissance est optimale sous des températures diurnes comprises entre
25°C et 35°C, une chaleur nécessaire pour déclencher une floraison abondante et une
fructification rapide. En dessous de 15°C, la croissance ralentit drastiquement, ce qui rend la
gestion des semis cruciale dans les zones d'altitude comme Goma (Guebebia et al., 2023).

Sur le plan édaphique, le gombo est exigeant en nutriments, particulièrement en azote et en


potasse, et préfère les sols meubles, profonds et riches en humus avec un pH compris entre 6,0
et 6,8. Bien qu'il tolère une certaine sécheresse grâce à son système racinaire pivotant, un
stress hydrique durant la phase de floraison réduit significativement le nombre de capsules
produites (Yao, 2022). À Goma, la porosité exceptionnelle des sols volcaniques permet un
drainage efficace, évitant l'asphyxie racinaire dont la plante a horreur, mais nécessite en
contrepartie un apport régulier en matière organique pour maintenir l'humidité et la fertilité
(Massrie, 2025).

Enfin, la qualité de la récolte dépend étroitement de la précocité : les fruits (capsules) doivent
être cueillis jeunes, généralement 4 à 6 jours après la floraison, avant que les fibres ne
deviennent trop lignifiées pour la consommation humaine. Cette fenêtre de récolte très courte
rend la plante particulièrement vulnérable aux insectes piqueurs-suceurs et aux foreurs de
fruits, qui peuvent déprécier la valeur marchande du produit en quelques heures (Kpoviessi et
al., 2017).
1.2 Taxonomie du gombo

 Règne : Plantae
 Sous- règne : Tracheobionta
 Division : Magnoliophyta
 Sous-classe : Dilleniidae
 Ordre : Malvales
 Genre : Abelmoschus
 Famille : Malvaceae

Cette taxonomie est reconnue dans les principales bases botaniques mondiales et confirme
l’appartenance phylogénétique du gombo à un groupe de plantes riches en composants
mucilagineux et résistantes à divers stress environnementaux.

1.3 Morphologie de la plante

Morphologiquement, A. esculentus est une plante herbacée annuelle pouvant atteindre 1,5 à 2
m de hauteur, avec une tige robuste et velue. Les feuilles sont palmées et lobées, favorisant
une large surface foliaire pour la photosynthèse. Les fleurs sont généralement jaunes avec un
centre rouge ou violet, et sont suivies par des fruits verts allongés riches en mucilage,
récoltés avant maturité pour éviter qu’ils ne deviennent fibreux (Islam, 2019 ; Durazzo et al.,
2018).

1.5 Exigences de culture du gombo

1.5.1 Température

Le gombo est une plante thermophile. Pour une germination optimale, une température du
sol d’au moins 20 °C est nécessaire, avec un optimum de croissance entre 26 °C et 30 °C. À
des températures inférieures à 15 °C, la germination est faible ou retardée.

1.5.2 Sol

Le gombo se développe dans une grande diversité de types de sols, mais préfère les sols bien
drainés, riches en matière organique et légèrement acides à neutres (pH entre 5,8 et 7,0). Les
sols trop compactés ou inondés nuisent à la croissance racinaire et à la production.
1.5.3 Eau

Cette culture nécessite une irrigation modérée, surtout pendant les étapes sensibles de
germination et de floraison. Un excès d’eau peut provoquer des maladies fongiques, tandis
qu’un déficit hydrique sévère limite fortement le développement de la plante.

1.5.4 Besoins nutritifs

Le gombo a des besoins nutritifs modérés mais réguliers. Il profite d’une fertilisation
équilibrée, notamment en azote (N) pour la croissance végétative, en phosphore (P) pour le
développement racinaire, et en potassium (K) pour la qualité des fruits et la résistance au
stress. L’ajout de matière organique améliore sensiblement la fertilité du sol et la production.

2. Les ravageurs du gombo en contexte africain

Le gombo est attaqué par une large diversité d’organismes nuisibles qui réduisent
significativement les rendements. Une revue récente recense plus de 70 espèces d’insectes et
d’acariens associées au gombo, avec des groupes majeurs incluant les pucerons comme
Aphis gossypii, les aleurodes (Bemisia tabaci), les jassides (Amrasca biguttula) et les vers
bourdons comme Helicoverpa armigera (Akinlosotu & Oyekunle, 2022 ; Islam, 2019 ;
Durazzo et al., 2018).

Les dégâts causés sont variés : les insectes suceurs détériorent la photosynthèse et
transmettent des virus, tandis que les légionnaires et borers percent les tiges et les fruits,
provoquant des pertes de qualité commerciale. Dans certains cas, les pertes de rendement
peuvent atteindre 50 % ou plus en absence de gestion efficace (Islam, 2019 ; Durazzo et al.,
2018).

3. Méthodes de lutte

3.1 Traitements chimiques

Les insecticides de synthèse restent largement utilisés pour réduire rapidement les populations
de ravageurs dans les cultures maraîchères. Des études sur l’utilisation d’insecticides tels que
l’acetamipride ou des organophosphorés montrent une efficacité élevée contre des ravageurs
comme les jassides (Amrasca biguttula) dans les cultures d’okra, avec souvent plus de 70 %
de réduction des populations après application (Javed, 2020).
Cependant, l’usage intensif de ces produits soulève des préoccupations liées à la résistance
des ravageurs, à la contamination des produits et à l’impact sur l’environnement et la
santé, ce qui limite leur durabilité à long terme.

3.2 Traitements à base de neem

Le neem (Azadirachta indica) est une plante connue pour ses propriétés insecticides
naturelles. Les extraits de graines et d’huile de neem contiennent l’azadirachtine, un
composé qui agit comme anti-nourriture, répulsif et perturbateur de croissance chez les
insectes (Isman, 2002).

Des essais récents ont démontré l’efficacité du neem contre des ravageurs du gombo,
notamment la jasside (Amrasca biguttula), avec des réductions significatives de population,
bien que souvent moins rapides que celles observées avec des insecticides synthétiques — ce
qui suggère qu’il est une alternative viable mais à action plus lente (Wali Muhammad
Mangrio, 2025).

L’utilisation du neem comme biopesticide présente aussi des avantages environnementaux,


car il est généralement moins toxique pour les organismes non cibles et se dégrade plus
rapidement dans l’environnement qu’un insecticide chimique classique.

1. Origine du gombo

Le gombo (Abelmoschus esculentus L. Moench) trouve ses racines historiques en Afrique


Éthiopienne, bien que sa domestication se soit étendue très tôt à l'Égypte et à l'Asie du Sud.
Aujourd'hui, il est considéré comme une culture cosmopolite, indispensable à la biodiversité
alimentaire des zones tropicales (Birlouez, 2020). C'est l'une des rares Malvacées dont la
domestication a réussi à conquérir les marchés mondiaux grâce à sa résilience naturelle (Yao,
2022).

2. Description botanique

C'est une plante herbacée annuelle, robuste, dotée d'une racine pivotante profonde qui lui
confère une certaine tolérance à la sécheresse. Sa tige érigée peut atteindre 2 mètres de
hauteur. Ses feuilles sont grandes, palmées et souvent rugueuses. La fleur, très esthétique, est
de couleur jaune crème avec un centre pourpre foncé (Guebebia et al., 2023). Le fruit est une
capsule allongée, charnue et mucilagineuse, contenant de nombreuses graines sphériques
(Massrie, 2025).
3. Importance du gombo

 Nutritionnelle : Riche en vitamines A, C et K, en calcium et en fibres, il joue un rôle


clé dans la lutte contre les carences alimentaires (FAOSTAT, 2024).
 Économique : À Goma, c'est une culture de rente rapide. Son cycle court permet aux
maraîchers de générer un revenu régulier (IPC, 2021).
 Thérapeutique : Ses mucilages sont utilisés pour réguler la glycémie et faciliter le
transit intestinal (Yao, 2022).

4. Exigences écologiques

 Température et adaptation au froid : Le gombo est exigeant en chaleur. Sa


croissance est optimale entre 25°C et 35°C. Il est très sensible au froid : en dessous de
15°C, son développement s'arrête net. À Goma, où les nuits peuvent être fraîches, le
choix des parcelles bien exposées est crucial (Kpoviessi et al., 2017).
 Lumière : C'est une plante héliophile qui nécessite un ensoleillement direct pour une
floraison abondante.
 Sol : Il préfère les sols meubles et profonds. À Goma, la porosité des sols volcaniques
favorise le drainage, évitant l'asphyxie racinaire, mais exige un apport constant en
matière organique (Massrie, 2025).
 Besoins nutritifs : Le gombo est gourmand en Azote ($N$) pour le feuillage, en
Phosphore ($P$) pour les racines et surtout en Potassium ($K$) pour la qualité des
fruits.

5. Techniques culturales

 Semis : En poquets de 2 à 3 graines à 2 cm de profondeur, avec un écartement de 50


cm sur 80 cm.
 Entretien : Le démariage (un seul plant par poquet), le sarclage et un binage régulier
pour aérer le sol volcanique souvent compact après les pluies.
 Récolte : Elle commence environ 60 jours après le semis. Les fruits doivent être
cueillis jeunes (3 à 6 jours après la floraison) pour rester tendres (Birlouez, 2020).

6. Méthodes de lutte contre les ravageurs

A. Traitement chimique de synthèse

C'est la méthode conventionnelle basée sur des molécules comme les organophosphorés. Bien
qu'efficace à court terme, cette lutte est risquée. À Goma, la porosité du sol volcanique
entraîne un risque de lessivage des pesticides vers le Lac Kivu (Engert et al., 2023). De plus,
l'exposition des agriculteurs provoque des intoxications aiguës et des risques de cancers à
long terme (Boedeker et al., 2020 ; Lerro et al., 2021).

B. Traitement biologique à base de Neem (Azadirachta indica)

Le Neem est l'alternative écologique par excellence. Ses principes actifs, notamment
l'azadirachtine, agissent comme un perturbateur de croissance et un répulsif puissant.
 Avantages : Biodégradable, il respecte les insectes utiles et ne laisse aucun résidu
toxique sur les fruits (Schulz et al., 2021).
 Accessibilité : Pour le paysan de Goma, le Neem est économique car il peut être
préparé localement (extraits de feuilles ou de graines), réduisant la dépendance aux
produits importés coûteux (Kpoviessi et al., 2017).

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