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Dr Malicki ZOROM
CPGE II
”Département Sciences et Techniques de l’Ingénieur”
email: [Link]@[Link]
Institut 2iE
11 mars 2025
1 Probabilité
1 Probabilité
Plan
1 Probabilité
Espace probabilisé
Probabilité
Probabilité conditionnelle
Indépendance
Univers
Définition
L’ensemble des résultats possibles décrivant une expérience aléatoire est appelé univers.
Il est généralement noté Ω. Les éléments ω de Ω sont les issues observées de l’expérience
aléatoire,on les appelle éventualités. La réalisation de l’expérience aléatoire revient au
choix d’une éventualité dans l’univers i.e. d’un élément ω à l’intérieur de l’ensemble Ω.
Exemples
On lance une pièce pour obtenir Pile ou Face. Il est naturel de choisir Ω = {P; F } pour
modéliser les issues de l’expérience. Déterminer Ω. dans chacun des cas suivants : i) On
lance la pièce n fois ii) On lance la pièce indéfiniment.
Remarques
Le choix de l’univers dépend de la modélisation choisie pour l’expérience aléatoire
il ne doit pas être trop petit pour pouvoir étudier toutes les issues souhaitées ;
il ne doit pas être inutilement grand en prenant en compte des phénomènes inutiles.
Tribu
Définition
Exemple
Vérifier que P(Ω), {∅; Ω} sont une tribu de Ω. Soit A une partie de Ω. Vérifier que A = {∅; A; Ā; Ω} est une tribu de Ω.
Théorème
Tribu
Remarque
Une tribu est donc stable :
par passage au complémentaire ;
par réunion et intersection finie ou dénombrable.
Définition
On appelle espace probabilisable tout couple (Ω, A) constitué d’un
ensemble Ω et d’une tribu A sur Ω.
Eexemple
(Ω, P(Ω)) est un espace probabilisable.
Evénements
Définition
Si (Ω, A) est un espace probabilisable, les parties A de Ω éléments de la tribu A sont appelées événement de l’univers Ω.
Exemple
On lance un dé et l’on considère Ω = [ 1, 6]] et A = P(Ω). Traduire les évènements élémentaires suivants :
Ω = {6}; Ω = {2, 4, 6}
Définition
Définition
Evénements
Définition
Exemple
Soit (An )n∈N une suite d’événements de l’espace probabilisable (Ω, A).
+∞
[
L’événement An correspond à la réalisation de tous les An .
n=0
+∞
\
L’événement An correspond à la réalisation d’au moins un An .
n=0
+∞
[ +∞
\
L’événement An correspond à la réalisation de tous les An à partir d’un certain rang.
N=0 n=N
+∞
\ +∞
[
L’événement An correspond à la réalisation d’une infinité de An .
N=0 n=N
Plan
1 Probabilité
Espace probabilisé
Probabilité
Probabilité conditionnelle
Indépendance
Plan
1 Probabilité
Espace probabilisé
Probabilité
Probabilité conditionnelle
Indépendance
Plan
1 Probabilité
Espace probabilisé
Probabilité
Probabilité conditionnelle
Indépendance
Plan
Définition
On appelle variable aléatoire discrète définie sur l’espace probabilisé Ω et à valeurs dans un ensemble E toute application
X : Ω → E vérifiant
1 l’ensemble des valeurs prises X (Ω) est fini ou dénombrable ;
2 ∀x ∈ X (Ω), X −1 ({x}) = {ω ∈ Ω/X (ω) = x} est élément de la tribu A.
Lorsque E = R, on parle de variable aléatoire réelle.
Remarque
L’appellation variable aléatoire est usuelle bien que malheureuse. En effet, X n’est pas une variable, mais bien une fonction et
celle-ci n’est pas aléatoire, mais plutôt parfaitement déterminée. Ce sont les valeurs de X qui correspondent à des quantités qui
vont varier selon le résultat de l’expérience aléatoire.
Exemple
On tire avec remise n boules dans une urne contenant des boules blanches et rouges en proportion p et q = 1 − p. On note X
le nombre de boules blanches obtenues dans un tirage, X est une variable aléatoire discrète.
Remarque
il est fréquent de manipuler des variables aléatoires sans même avoir précisé l’espace probabilisé d’étude.
Plan
Événements valeurs
Définition
Exemple
On lance deux dés et X désigne la somme de leur valeur. L’événement (X = 12) correspond au cas où les deux dés valent 6.
Définition
Soit X : Ω → E une variable aléatoire discrète. Pour toute partie A de E on note (X ∈ A) ou {X ∈ A} l’événement X −1 (A).
Autrement dit (X ∈ A) = {ω ∈ Ω/X (ω) ∈ A}.
Remarque
[
(X ∈ A) = (X = x)
x∈X (Ω)∩A
est un événement car réunion au plus dénombrable d’événements. Cela autorise le calcul de sa probabilité P(X ∈ A)
Événements valeurs
Remarque
(X ∈ A) ∩ (X ∈ B) = (X ∈ A ∩ B)
(X ∈ A) ∪ (X ∈ B) = (X ∈ A ∪ B)
(X ∈ Ā) = (X ∈ A)
Définition
−1
{X ≤ a} = X (] − ∞, a]) = {ω ∈ Ω/X (ω) ≤ a}.
Plan
Définition
On appelle loi de la variable X : Ω → E l’application
PX : φ(X (Ω)) → [0, 1] définie par ∀A ∈ φ(X (Ω)), PX (A) = P(X ∈ A)
Théorème
La loi PX définit une probabilité sur l’espace probabilisable (X (Ω), φ(X (Ω)))
Corollaire
La loi PX est entièrement déterminée par les valeurs px = PX (x) = P(X = x) pour chaque
x ∈ X (Ω).
Remarque
Souvent, on résume la loi de X à la famille des probabilités px pour x ∈ X (Ω) puisque celles-ci
suffisent à déterminer PX (A) pour toute partie A de X (Ω).
Remarque
La loi PX détermine la probabilité de chaque événement valeur lié à la variable X . Cependant, la loi PX ne suffit pas à
déterminer la variable aléatoire X
PX = PY n’implique pas X = Y
Exemple
Considérons un lancer de deux équilibrés. Si X et Y désignent les valeurs de chaque dé, celles-ci suivent la même loi sans pour
autant être égales !
Définition
Soient X et Y deux variables aléatoires discrètes sur prenant les mêmes valeurs. Si PX = PY , on dit que X et Y suivent la
même loi et l’on note :
X ∼ Y.
X ∼ L.
Plan
Loi uniforme
On dit que la variable aléatoire X suit une loi uniforme sur un ensemble fini E si
1
X (Ω) = E et ∀x ∈ E , P(X = x) = avec n = Card(E ). On note U ([[a, b]]) la loi uniforme sur [ a, b]] et en particulier U (n)
n
celle sur [ 1, n]].
Exemple
Loi de Bernoulli
On dit que la variable aléatoire X suit une loi de Bernoulli de paramètre p (avec p ∈]0, 1[ ) si
X (Ω) = {0, 1}, P(X = 0) = 1 − p et P(X = 1) = p. On note B(p) cette loi.
Exemple
Une urne contient des boules blanches en proportion p et des boules rouges en proportion q = 1 − p. On tire une boule de cette
urne. Si X vaut 1 lorsque la boule est blanche et 0 sinon alors X ∼ B(p).
Remarque
Les variables de Bernoulli sont utiles pour modéliser les situations à deux issues : succès (valeur 1) ou échec (valeur 0)
Loi binomiale
On dit que la variable aléatoire X suit une loi binomiale de paramètres n et p (avec
n ∈ N et p ∈]0, 1[ ) si X (Ω) = [[0, n]] et ∀k ∈ [[0, n]], P(X = x) = Cnk p k (1 − p)n−k . On
note B(n, p) cette loi.
Exemple
Une urne contient des boules blanches en proportion p et des boules rouges en
proportion q = 1 − p. On tire n boules avec remise dans cette urne. Si X désigne le
nombre de boules blanches obtenues alors X ∼ B(n, p).
Remarque
La loi de Bernoulli est utile pour modéliser ce qui s’apparente à un tirage avec remise,
elle permet aussi de mesurer le nombre de succès lorsqu’on répète indépendamment une
expérience dont la probabilité de réussite égale p.
Plan
Définition
Si f est une application définie au moins sur X (Ω) ⊂ E à valeurs dans un ensemble E ′ , on note f (X ) la variable aléatoire
Y =f ◦X
′
Y : Ω → E avec Y (ω) = f (X (ω))
Remarque
−1 −1
[
On vérifie qu’il s’agit bien d’une variable aléatoire car ∀y ∈ Y (Ω), Y ({y }) = X ({x})
x∈X (Ω),f (x)=y
Remarque
Théorème
Si Y = f (X ) alors la loi de Y est entièrement déterminée par celle de X : ∀B ∈ Y (Ω), PY (B) = PX (f −1 (B))
Remarque
En pratique, connaı̂tre la loi de X suffira pour déterminer les lois des variables aléatoires composées déduites de X .
Exemple
Justifier que si X ∼ B(n, p) alors Y = n − X ∼ B(n, q).
Définition
Plus généralement, si X1 , · · · , Xm sont des variables aléatoires discrètes sur
(Ω, A, P), on peut donner un sens à la variable aléatoire discrète
Y = f (X1 , · · · , Xm ) pour peu que f soit définie sur les valeurs prises par :
ω 7→ (X1 (ω), · · · , Xm (ω)).
Remarque
Pour connaı̂tre la loi de Y , connaı̂tre les lois des Xk ne suffit pas, il faut
aussi connaı̂tre leurs comportements conjoints...
Plan
Loi conjointe
Définition
Soit X et Y deux variables aléatoires discrètes définies sur le même espace probabilisé (Ω, A, P) et à valeurs dans des ensembles
E et F respectivement. On appelle couple défini par les variables aléatoires X et Y la variable aléatoire
Z = (X , Y ) : Ω → E × F déterminée par ∀ω ∈ Ω, Z (ω) = (X (ω), Y (ω))
Remarque
Il s’agit d’une variable aléatoire discrète car Z (Ω) ⊂ X (Ω) × Y (Ω) est au plus dénombrable.
Définition
Remarque
Celle-ci est entièrement déterminée à partir de la connaissance de P(X = xi , Y = yj ) avec xi ∈ X (Ω) et yj ∈ Y (Ω). On
pourra exploiter un tableau pour visualiser cette loi conjointe.
Exemple
Une urne comporte 2 boules blanches, 1 rouge et 1 noire. On tire simultanément deux boules de cette urne et l’on note X le
nombre de boules blanches et Y le nombre de boules noires tirées. Donner le tableau Z = (X , Y ).
Lois marginales
Soit Z une variable aléatoire discrètes sur l’espace probabilisé (Ω, A, P) à valeurs dans un produit cartésien E × F . Pour
chaque ω ∈ Ω, Z (ω) désigne un couple élément de E × F . Notons X (ω) ∈ E et Y (ω) ∈ F les deux éléments de ce couple. La
variable Z se comprend alors comme le couple (X , Y ).
Définition
Les lois des deux variables aléatoires X et Y sont appelées les lois marginales de la variable Z .
Proposition
Remarque
Dans un tableau visualisant la loi conjointe, les lois marginales s’obtiennent en sommant sur les rangées
Exemple
On reprend l’urne urne comporte 2 boules blanches, 1 rouge et 1 noire. On tire simultanément deux boules de cette urne et l’on
note X le nombre de boules blanches et Y le nombre de boules noires tirées.
Remarque
Exemple
Donner deux tableaux correspondant à de mêmes lois marginales pour des lois conjointes différentes
Dr Malicki ZOROM (2iE) Probabilité 11 mars 2025 32 / 63
Variables aléatoires discrètes Couple de variables aléatoires discrètes
Lois marginales
Soit X et Y deux variables aléatoires discrètes sur un espace probabilisé (Ω, A, P).
Définition
Soit x ∈ X (Ω). On appelle loi conditionnelle de Y sachant X = x la loi de la variable aléatoire
Y pour la probabilité conditionnelle P(.|X = x). Autrement dit, pour toute partie B ⊂ Y (Ω)
P(Y ∈ B, X = x) , si P(X = x) > 0
Remarque
Cette loi est entièrement déterminée par la connaissance de P(Y = y |X = x) pour tout
y ∈ Y (Ω).
Théorème
La connaissance :
de la loi de X ;
de la loi de Y sachant X = x pour chaque x ∈ X (Ω)
détermine entièrement la loi conjointe de Z = (X , Y ).
Lois marginales
Remarque
P
En particulier la loi de Y est alors connue P(Y = y ) = P(Y = y |X = x)P(X = x)
x∈X (Ω)
Définition
Plus généralement, si A est une partie de X (Ω), on peut définir la loi de Y sachant X ∈ A
P(X ∈ A, Y = y ) , si P(X ∈ A) > 0
P(Y = y |X ∈ A) = P(X ∈ A)
0, sinon
Vecteurs aléatoires
Remarque
La loi conjointe détermine les lois marginales, mais l’inverse n’est pas vrai.
Plan
Définition
On dit que les deux variables X et Y sont indépendantes si pour tout A ⊂ X (Ω) et B ⊂ Y (Ω), les événements (X ∈ A) et
(Y ∈ B) sont indépendants.
Exemple
On lance deux dés discernables. X détermine la valeur du premier et Y celle du second. X et Y sont des variables
indépendantes ?
Remarque
Théorème
On a équivalence entre :
i) les variables aléatoires X et Y sont indépendantes ;
ii) ∀(x, y ) ∈ X (Ω) × Y (Ω), P(X = x, Y = y ) = P(X = x)P(Y = y )
Théorème
Si X et Y sont deux variables indépendantes alors pour toutes fonctions f , g définies sur les domaines de valeurs de X et Y , les
variables f (X ) et g (Y ) sont indépendantes.
Définition
On dit que celle-ci sont mutuellement indépendantes si pour toute famille (Xi )1≤n≤n
avec Ai ⊂ Xi (Ω) les événements (Xi = Ai ) sont mutuellement indépendants.
Exemple
On lance deux dés discernables. X détermine la valeur du premier et Y celle du second.
X et Y sont des variables indépendantes ?
Théorème
On a équivalence entre :
i) les variables aléatoires X1 , · · · , Xn sont mutuellement indépendantes ;
ii) ∀(x1 , · · · , xn ) ∈ X1 (Ω) × · · · × Xn (Ω), P(X1 = x1 , · · · , Xn = xn ) =
P(X1 = x1 ) · · · P(Xn = xn )
Plan
Espérance
Les variables aléatoires introduites seront toutes supposées réelles, discrètes et définies sur un même espace probabilisé
(Ω, A, P).
Définition
On dit que la variable X admet une espérance si la famille (xP(X = x))x∈X (Ω) est sommable. Sa somme définit alors
l’espérance de X X
E (X ) = xP(X = x).
x∈X (Ω)
Remarque
Si la variable X ne prend qu’un nombre fini de valeurs x1 , · · · , xn alors celle-ci est assurément d’espérance finie et
n
X
E (X ) = xk P(X = xk ).
k=1
Espérance
Remarque
Si la variable X prend une infinité (nécessairement dénombrable) de valeurs alors, en introduisant (xnP )n ∈ N une énumération de
celles-ci, la variable X admet une espérance si, et seulement si, il y a convergence absolue de la série xn P(X = xn ). On a alors
+∞
X
E (X ) = xn P(X = xn ).
n=0
Exemple
Définition
Si la variable X admet une espérance et si celle-ci est nulle, on dit que la variable X est centrée.
Propriété
Théorème
Si les variables X et Y admettent des espérances alors pour tout λ ∈ R les variables λX et
X + Y admettent une espérance et E (λX ) = λE (X ) et E (X + Y ) = E (X ) + E (Y )
Corollaire
L’ensemble des variables aléatoires réelles discrètes définies sur (Ω, A, P) admettant une
espérance est un espace vectoriel et l’espérance y définit une forme linéaire.
Théorème
Si X est à valeurs positives alors E (X ) > 0. Si de plus E (X ) = 0 alors X = 0 presque sûrement.
Corollaire
Si X et Y admettent une espérance et si X ≤ Y alors E (X ) ≤ E (Y )
Théorème
Si |X | ≤ Y et si Y admet une espérance alors X aussi.
Formule de transfert
Théorème
Soit X une variable et f une fonction définie au moins sur X (Ω) et à
valeurs dans R. On a équivalence entre :
i) la variable f (X ) admet une espérance ;
ii) la famille (f (x)P(X = x))x∈X (Ω) est sommable.
De plus, si tel est le cas
X
E (f (X )) = f (x)P(X = x).
x∈X (Ω)
Exemple
Donner E (X k ) et E (e X ) en fonction de P(X = x)
Inégalité de Markov
Théorème
Soit X une variable à valeurs positives admettant une espérance. Pour tout
a ≥ 0, on a
aP(X ≥ a) ≤ E (X )
Exemple
L’inégalité de Markov ( à démontrer) possède de nombreuses déclinaisons.
E (|X |)
Montrer que P(|X | ≥ ϵ) ≤
ϵ
Variables indépendantes
Théorème
Si les variables X et Y sont indépendantes et admettent une espérance
alors XY admet une espérance et E (XY ) = E (X )E (Y )
Remarque
La réciproque est fausse : on peut avoir E (XY ) = E (X )E (Y ) sans pour
autant indépendance de X et Y .
Corollaire
Si f (X ) et g (Y ) admettent des espérances avec X et Y variables
indépendantes alors E (f (X )g (Y )) = E (f (X ))E (g (Y ))
Plan
Moments
Exemple
Donner m0 , m1
Remarque
Ce résultat se généralise : si X admet un moment d’ordre n, X admet un
moment d’ordre k pour tout k ≤ n.
Théorème
Si les variables X et Y admettent chacune un moment d’ordre 2 alors XY
est d’espérance finie et E (XY )2 ≤ E (X 2 )E (Y 2 )
Théorème
L’ensemble des variables admettant un moment d’ordre 2 est un
sous-espace vectoriel de l’espace des variables admettant un moment
d’ordre 1.
Dr Malicki ZOROM (2iE) Probabilité 11 mars 2025 48 / 63
Variables aléatoires discrètes Variance d’une variable aléatoire
Variance et écart-type
Définition
Si X admet un moment d’ordre 2, on appelle variance de la variable X le réel V (X ) = E ((X − E (X )2 )). On introduit aussi son
p
écart type σ(X ) = V (X )
Remarque
Remarque
Théorème
Exemple
Variance et écart-type
Théorème
Si X est admet un moment d’ordre 2 alors pour tout a, b ∈ R, V (aX + b) = a2 V (X )
Remarque
Il est naturel que la translation de b ne modifie pas la valeur de la variance car, si cette
translation modifie la moyenne, elle ne modifie pas la dispersion de la variable autour de celle-ci.
Définition
Lorsqu’une variable aléatoire est de variance égale à 1, on la qualifie de réduite.
Exemple
Si X est une variable admettant un moment d’ordre 2 alors en introduisant son espérance m et
X −m
son écart type σ (supposé non nul), montrer que la variable Y = est centrée réduite.
σ
Covariance
Définition
les variables X et Y admettent des moments d’ordre 2, on introduit leur covariance Cov (X , Y ) = E ((X − E (X ))(Y − E (Y )))
Exemple
Proposition
La covariance définit une application bilinéaire symétrique sur l’espace des variables admettant un moment d’ordre 2.
Théorème
Si X et Y sont deux variables aléatoires réelles sur l’espace probabilisé (Ω, P) alors Cov (X , Y ) = E (XY ) − E (X )E (Y )
Corollaire
Proposition
Théorème
Corollaire
Pn Pn
Si les variables X1 , · · · , Xn sont deux à deux indépendantes V ( i=1 Xi ) = i=1 V (Xi )
Exemple
Inégalité de Bienaymé-Tchebychev
Théorème
Si la variable X admet un moment d’ordre 2 alors pour tout ϵ > 0,
V (X )
P(|X − E (X )| ≥ ϵ) ≤
ϵ2
Remarque
Cette inégalité permet de mesurer dans quelle mesure l’expérimentation
peut s’écarter de sa moyenne.
on a
Sn
P(| − m |≥ ϵ) −→ 0
n n→+∞
Exemple
On veut estimer l’équilibre d’une pièce. On note p la probabilité (inconnue) que la pièce donne
face lors d’un lancer.
On lance n fois la pièce et l’on pose S égale au nombre de lancers ayant donné face . En
Pn
posant Xk la variable de Bernoulli testant si le k − ième lancer donne face , on a S = Xk .
k=1
1
Sachant E (Xk ) = p, V (Xk ) = p(1 − p) ≤ et ϵ = 0, 01 pour quelle valeur de n, on obtient que
4
S/n est une valeur approchée de p à ϵ près avec une probabilité supérieure à 5 % ?
Plan
Loi de Poisson
Définition
On dit qu’une variable aléatoire X suit une loi de Poisson de paramètre λ (avec λ > 0 ) si
λk
X (Ω) = N et P(X = k) = e −λ .
k!
On note P(λ) cette loi.
Théorème
Si X ∼ P(λ) alors E (X ) = λ et V (X ) = λ
Exemple
Si durant un laps de temps T un phénomène se produit en moyenne λ fois, il est fréquent de dire que le nombre d’occurrences
de ce phénomène durant ce laps de temps suit une loi de Poisson de paramètre λ.
Par exemple, le nombre de désintégrations radioactives par seconde, le nombre de passages journalier le long d’une route, le
nombre d’accidents annuel, etc.
Cette interprétation s’explique par un passage à la limite de la loi binomiale dans le cadre des événements rares.
Théorème
Soit (Xn )n≥0 est une suite de variables aléatoires avec Xn ∼ B(n, pn ).
Si npn −→ λ alors
n→+∞
λk
P(Xn = k) −→ e −λ
n→+∞ k!
Loi de Poisson
Exemple
Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant des lois de
Poisson de paramètres λ et µ > 0. Étudions la loi de la variable
Z = X + Y . Montrer que La variable X + Y suit une loi de Poisson de
paramètre λ + µ.
Indications
k
P
X + Y est à valeurs dans N et P(X + Y = k) = P(X = k, Y = k − l)
l=0
Par indépendance et par la formule du binôme on
k k λl µk−l
e −λ e µ
P P
P(X + Y = k) = P(X = l)P(Y = k − l) = =
l=0 l=0 l! (k − l)!
e −λ+µ P k (λ + µ)k
Ckl λl µk−l = e −(λ+µ)
k! l=0 k!
Loi géométrique
Définition
On dit que la variable aléatoire X suit une loi géométrique de paramètre p (avec p ∈]0, 1[ ) si
X (Ω) = N⋆ et P(X = k) = p(1 − p)k−1 .
On note G(p) cette loi.
Exemple
On lance successivement un dé équilibré jusqu’à obtention d’un six. On pose X le nombre de lancers nécessaires. Déterminer la
loi de X .
Remarque
Plus généralement, la loi géométrique est utile pour évaluer le temps d’attente du premier succès dans une suite d’épreuves de
Bernoulli mutuellement indépendantes de même paramètre p.
Théorème
1 1−p
Si X ∼ G(p) alors E (X ) = et V (X ) =
p p2
Théorème
Si X est une variable aléatoire à valeurs dans N⋆ vérifiant la condition d’absence de mémoire
∀n, k ∈ N, P(X > n + k | X > n) = P(X > k)
alors X suit une loi géométrique.
Fonctions génératrices
Soit X une variable aléatoire discrète à valeurs dans N.
Définition
Théorème
Cette série entière est de rayon de convergence RX au moins égale à 1 et converge normalement sur [−1, 1].
Corollaire
Remarque
La fonction génératrice est entièrement déterminée par la loi de X . Inversement, la fonction génératrice caractérise la loi de X
(n)
GX (0)
puisque P(X = n) =
n!
Exemple
Dr Malicki ZOROM (2iE) Probabilité 11 mars 2025 59 / 63
Variables aléatoires discrètes Variables aléatoires à valeurs naturelles
et donc
(k)
GX (t) = E (X (X − 1) · · · (X − k + 1))t X
Fonctions génératrices
Théorème
On a équivalence entre :
i) la variable X admet une espérance ;
ii) la fonction génératrice GX est dérivable en 1.
De plus, on a alors
′
E (X ) = GX (1)
Théorème
On a équivalence entre :
i) la variable X admet un moment d’ordre 2 ;
ii) la fonction génératrice GX est deux fois dérivable en 1.
De plus, on a alors
′′ ′ ′ 2
V (X ) = GX (1) + GX (1) − (GX (1))
Exemple
Si X ∼ B(p), X ∼ B(n, p), X ∼ P(λ), X ∼ G(p). Déterminer E (X ) et V (X ) en utilisant GX (t) dans chacun des cas.
Théorème
Soit X et Y sont deux variables aléatoires discrètes à valeurs dans N.
Si X et Y sont indépendantes alors
GX +Y = GX × GY
Corollaire
Si X1 , · · · , Xn sont des variables mutuellement indépendantes
Exemple
Sachant qu’une loi B(n, p) peut être simulée par la somme de n loi B(p) indépendantes, on
retrouve que si X ∼ B(n, p) alors GX (t) = (1 − p + pt)n .
Bibliographie