Economie appliquée
Ecole Nationale d’Administration, Cycle Moyen Supérieur
KIMOU Koffi Ivan
Direction Générale du Budget et des Finances (DGBF)
Ingénieur Statisticien Economiste (ISE)
Juin 2025
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 1 / 46
Outline
1 Introduction à l’économie
Définition
Objet de l’économie
Les courants de la pensée économique
La macroéconomie
La microéconomie
La distinction entre la macroéconomie et la microéconomie
2 Les grands secteurs de l’économie
Le secteur réel
Le secteur monétaire et financier
Le secteur extérieur
Le secteur des administrations publiques
3 Les agrégats et les indicateurs macroéconomiques
4 Travaux dirrigés
Le PIB sous les trois optiques
L’inflation
Secteur extérieur
Convergence
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Objectifs du cours
Objectif général
Ce cours vise à instruire les élèves sur le fonctionnement de l’économie
d’une nation en mettant l’accent sur les bases théoriques mais également
les aspects empiriques.
De façon spécifique :
Maı̂triser les principes fondamentaux de l’économie ;
Identifier les secteurs institutionnels d’une économie ;
Connaı̂tre et distinguer les grands secteurs de l’économie : le secteur
réel, le secteur extérieur, le secteur monétaire et financier, ainsi que le
secteur des administrations publiques ;
Comprendre les principaux agrégats macroéconomiques et leurs
méthodes de calcul ;
Utiliser les indicateurs macrobudgétaires pour analyser la situation
économique d’un pays.
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Plan du chapitre
1 Introduction à l’économie
Définition
Objet de l’économie
Les courants de la pensée économique
La macroéconomie
La microéconomie
La distinction entre la macroéconomie et la microéconomie
2 Les grands secteurs de l’économie
Le secteur réel
Le secteur monétaire et financier
Le secteur extérieur
Le secteur des administrations publiques
3 Les agrégats et les indicateurs macroéconomiques
4 Travaux dirrigés
Le PIB sous les trois optiques
L’inflation
Secteur extérieur
Convergence
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Définition
Les physiocrates définissent la science économique comme la science
des gouvernements. Elle est la science du droit naturel appliqué
comme il doit être aux sociétés civilisées.
Selon L. Robbins, l’économie est la science qui étudie le
comportement humain en tant que relation entre des fins et des
moyens rares.
L’économie politique, ou encore l’économie sociale, est la science des
lois sociales régissant la production et la distribution des moyens
matériels afin de satisfaire les besoins humains.
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Objet de l’économie
L’objet de l’économie est d’étudier la manière dont les ressources rares
sont utilisées pour satisfaire les besoins illimités des individus et des
sociétés. Autrement dit, l’économie s’intéresse :
Que produire ? (Quels biens et services doivent être produits ?)
Comment produire ? (Avec quelles techniques, quels facteurs de
production ?)
Pour qui produire ? (Comment les biens sont-ils répartis entre les
individus ?)
Selon les approches :
L’économie positive décrit et explique les mécanismes économiques
tels qu’ils sont (ex : comment évoluent les prix, le chômage, etc.).
L’économie normative juge et propose ce qui devrait être (ex : faut-il
taxer les riches ?).
Maximiser le bien-être collectif, allouer efficacement les ressources, réduire
les déséquilibres économiques (chômage, inflation, pauvreté), analyser les
comportements des agents économiques (ménages, entreprises, État, etc.).
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Depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, l’économie a suscité des
réflexions diverses sur la façon dont les sociétés produisent,
répartissent et consomment les richesses.
Ces réflexions ont donné naissance à plusieurs courants de pensée
économique, chacun proposant une vision particulière du
fonctionnement de l’économie et du rôle de l’État.
Des mercantilistes au libéralisme classique, du marxisme au
keynésianisme, ou encore des monétaristes aux néo-keynésiens, ces
écoles de pensée permettent de mieux comprendre les grandes
orientations des politiques économiques et les débats théoriques qui
traversent l’histoire.
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Les mercantlistes
Le mercantilisme est l’un des premiers courants de pensée économique,
dominant en Europe du XVIeme au XVIIIeme siècle.
Il repose sur l’idée que la richesse d’un pays dépend de la quantité de
métal précieux (or et argent) qu’il possède, les mercantilistes préconisent :
une balance commerciale excédentaire ;
un fort interventionnisme de l’État dans l’économie ;
le développement du commerce extérieur ;
Les grandes figures du mercantilisme sont :
Jean-Baptiste Colbert (France)
Thomas Mun (Angleterre)
Antonio Serra (Italie) .
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Les physiocrates
Les physiocrates sont un courant de pensée économique apparu en France
au XVIIIeme siècle, autour de François Quesnay. Ils préconisent que la
richesse d’un pays provient exclusivement de l’agriculture, seule activité
considérée comme réellement productive.
La nature est la source de toute richesse.
L’économie obéit à un ordre naturel qu’il faut respecter.
L’État doit garantir la liberté économique, notamment État minimal,
qui protège la propriété privée et fait respecter les lois naturelles.
L’impôt doit être unique et peser uniquement sur les propriétaires
fonciers.
Les grandes figures des physiocrates sont :
François Quesnay (auteur du Tableau économique)
Turgot
Dupont de Nemours
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Les classiques, fin XVIIIeme et XIXeme siècle)
Le courant classique marque la naissance de l’économie comme science
autonome. Il se développe principalement en Grande-Bretagne à la fin du
XVIIIeme siècle, avec Adam Smith comme précurseur.
L’économie fonctionne selon des lois naturelles, le marché s’autorégule
grâce au jeu de l’offre et de la demande, sous l’effet de la main invisible.
Liberté économique et non-intervention de l’État (laissez-faire).
L’intérêt individuel conduit à l’intérêt collectif.
La valeur des biens repose sur le travail (théorie de la valeur-travail).
Le marché tend spontanément vers l’équilibre.
Les grandes figures des classiques sont :
Adam Smith (La richesse des nations, 1776)
David Ricardo
Jean-Baptiste Say
Thomas Malthus
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Les libéraux, fin du XVIIIeme et XIXeme siècle
Ce courant nait à la fin du XVIIIeme et XIXeme siècle et est lié à l’école
classique. Le courant libéral s’appuie sur les principes du libéralisme
économique, qui valorisent la liberté individuelle et la non-intervention de
l’État dans l’économie. Les libéraux défendent l’idée que le marché, laissé
à lui-même, est le meilleur mécanisme pour allouer les ressources
efficacement.
Le marché s’autorégule, ce qui assure un équilibre spontané.
La main invisible guide les actions individuelles vers le bien être
collectif.
L’initiative privée et la concurrence sont les moteurs de la croissance
économique.
L’État doit se limiter à des fonctions régaliennes (sécurité, justice) et
ne pas intervenir dans l’économie.
La liberté économique est un droit fondamental qui garantit la
prospérité.
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Les socialistes, XIXeme siècle
Le socialisme émerge au XIXeme siècle, en réaction aux injustices sociales
provoquées par le capitalisme libéral et la révolution industrielle
(exploitation des ouvriers, inégalités de richesse, etc.).
Critique du capitalisme : considéré comme un système injuste, basé
sur l’exploitation de l’homme par l’homme.
La richesse doit être répartie équitablement entre tous les membres de
la société.
Nécessité de supprimer ou réguler la propriété privée des moyens de
production (usines, terres, capital, etc.).
L’État ou la collectivité doit jouer un rôle central dans la production,
la redistribution et l’organisation de l’économie.
Solidarité, justice sociale et égalité sont les valeurs fondamentales.
Les grandes figures des socialistes : Karl Marx, Friedrich Engels, etc.
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Les néoclassiques, XIXeme et XXeme siècle
Le courant néoclassique naı̂t à la fin du XIXeme siècle en réaction et en
continuité avec les classiques. Il marque une rupture méthodologique
importante, en introduisant les outils mathématiques et en mettant
l’accent sur l’analyse microéconomique.
L’individu est un agent rationnel qui cherche à maximiser son utilité
(consommateur) ou son profit (producteur).
Les choix économiques sont fondés sur le raisonnement à la marge
(utilité marginale, coût marginal).
Les prix résultent de la rencontre entre l’offre et la demande sur des
marchés concurrentiels.
Le marché tend vers l’équilibre général, où toutes les ressources sont
allouées efficacement.
Les principales figures néoclassiques : Léon Walras, William Stanley
Jevons, Carl Menger, Alfred Marshall, etc.
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Les Keynésiens
Courant né dans les années 1930, après la crise de 1929, en réaction à
l’incapacité du marché à revenir au plein emploi par lui-même.
L’État doit intervenir pour relancer la demande globale en période de
crise.
Le chômage involontaire est possible même en situation d’équilibre.
La demande effective détermine le niveau de production et d’emploi.
Le marché ne s’autorégule pas toujours : les prix et les salaires sont
rigides à court terme.
John Maynard Keynes (Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la
monnaie, 1936) est le principal leader de ce courant.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 14 / 46
Les neokeynésiens
Apparus après la Seconde Guerre mondiale (années 1950–1980), pour
intégrer les apports de Keynes et des néoclassiques dans un cadre plus
rigoureux.
Les marchés peuvent mettre du temps à s’ajuster à cause des rigidités
nominales (prix/salaires).
Introduction de modèles mathématiques avec micro-fondements
(théorie des anticipations, imperfections des marchés).
Acceptent certaines hypothèses néoclassiques (rationalité,
optimisation), mais insistent sur le rôle stabilisateur de l’État à court
terme.
Paul Samuelson, Gregory Mankiw, Joseph Stiglitz sont les principaux
leaders de ce courant.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 15 / 46
Les monétaristes
Réaction contre les keynésiens dans les années 1970, notamment face à la
stagflation (inflation + chômage).
L’inflation est toujours un phénomène monétaire (liée à une création
excessive de monnaie).
Le rôle de l’État doit être limité, en particulier en matière budgétaire.
Préconisent une politique monétaire stable (règle de croissance de la
masse monétaire).
Croient au retour spontané au plein emploi si les marchés sont libres.
Milton Friedman est le principal auteur du courant monétariste.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 16 / 46
La macroéconomie
La macroeconomie est la branche de l’économie qui étudie les phénomènes
économiques globaux à l’échelle d’un pays ou d’une région. Elle analyse
des agrégats économiques comme :
Le produit intérieur brut (PIB)
Le taux de chômage
L’inflation
La croissance économique
La politique monétaire et budgétaire
Les échanges internationaux
Elle cherche à comprendre et à expliquer les grandes tendances et les
cycles économiques, ainsi que l’impact des politiques publiques sur
l’économie nationale.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 17 / 46
La microéconomie
La microéconomie étudie les comportements économiques des agents
individuels :
Les consommateurs
Les entreprises
Les marchés spécifiques (ex : marché du logement, marché du travail)
Elle s’intéresse à la manière dont ces agents prennent des décisions
concernant l’offre, la demande, les prix, la production, et la consommation,
ainsi qu’aux interactions entre ces agents dans des marchés particuliers.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 18 / 46
distinction entre macroéconomie et microéconomie
Aspect Microéconomie Macroeconomie
Objet d’étude Comportement des Agrégats
agents individuels et économiques glo-
marchés spécifiques baux et grandes
tendances
Niveau d’analyse individu, entreprises, National, régional,
etc. global
Exemples de sujets Choix du consomma- Inflation, chômage,
teur, fixation des prix croissance
sur un marché économique
Objectifs Comprendre l’alloca- Comprendre et in-
tion des ressources à fluencer la santé
petite échelle globale de l’économie
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Plan du chapitre
1 Introduction à l’économie
Définition
Objet de l’économie
Les courants de la pensée économique
La macroéconomie
La microéconomie
La distinction entre la macroéconomie et la microéconomie
2 Les grands secteurs de l’économie
Le secteur réel
Le secteur monétaire et financier
Le secteur extérieur
Le secteur des administrations publiques
3 Les agrégats et les indicateurs macroéconomiques
4 Travaux dirrigés
Le PIB sous les trois optiques
L’inflation
Secteur extérieur
Convergence
KIMOU Koffi Ivan (DGBF)UEMOA Economie appliquée Juin 2025 20 / 46
Introduction
L’économie d’un pays peut être décomposée en plusieurs grands secteurs
interdépendants qui reflètent la diversité des activités économiques. Cette
structuration permet de mieux analyser les mécanismes de création de
richesse, les flux économiques, ainsi que l’impact des politiques publiques.
On distingue généralement quatre secteurs économiques principaux :
1 Le secteur réel, qui regroupe la production de biens et services ;
2 Le secteur monétaire et financier, qui concerne la gestion de la
monnaie, du crédit et du système bancaire ;
3 Le secteur extérieur, qui traite des échanges économiques avec le
reste du monde ;
4 Le secteur des administrations publiques, qui englobe l’action de l’État
dans la production non marchande, la régulation et la redistribution.
L’étude de ces secteurs permet de mieux comprendre le fonctionnement
global de l’économie, d’identifier ses forces et ses déséquilibres, et
d’évaluer l’efficacité des politiques économiques mises en œuvre.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 21 / 46
Le secteur réel
Le secteur réel de l’économie désigne l’ensemble des activités économiques
directement liées à la production, à la consommation et à l’échange de
biens et services. Il regroupe les agents économiques (entreprises, ménages,
administrations) qui produisent des biens matériels (agriculture, industrie,
BTP) ou des services (santé, éducation, commerce, etc.).
Contrairement au secteur financier, qui concerne les flux monétaires, le
secteur réel s’intéresse aux quantités physiques produites, échangées ou
utilisées. Il constitue le cœur de l’économie réelle, celle qui génère
concrètement de la richesse, crée de l’emploi et répond aux besoins
fondamentaux de la société.
Exemples d’activités du secteur réel :
Agriculture, élevage, pêche
Industrie manufacturière
Transport, commerce, services marchands et non marchands.
Dans l’analyse macroéconomique, le secteur réel permet d’évaluer la
croissance économique, la productivité, etc.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 22 / 46
Le secteur monétaire et financier
Le secteur monétaire et financier regroupe l’ensemble des institutions
(banques commerciales, banque centrale, établissements financiers), des
marchés (monétaire et de capitaux) et des instruments (monnaie, crédits,
titres financiers) qui participent à la gestion et à la circulation de la
monnaie et du capital dans l’économie.
Il joue un rôle central dans le financement de l’économie, la régulation
monétaire, la création monétaire (via le crédit), et l’intermédiation entre
les agents à capacité de financement (ménages, entreprises) et ceux à
besoin de financement (entreprises, État). Il contribue également à la
stabilité macroéconomique à travers la politique monétaire et la
supervision du système financier.
Parmi les principaux indicateurs figurent : la masse monétaire, les taux
d’intérêt, le niveau de l’inflation, le taux de bancarisation, et les encours de
crédits et de dépôts.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 23 / 46
Le secteur extérieur
Le secteur extérieur regroupe l’ensemble des échanges économiques et
financiers d’un pays avec le reste du monde. Il comprend les exportations
et importations de biens et services, les mouvements de capitaux, les
revenus (comme les intérêts et dividendes) ainsi que les transferts courants
(ex. : envois de fonds, aides).
Son principal outil d’analyse est la balance des paiements, qui enregistre
toutes ces transactions. L’étude du secteur extérieur permet de mesurer la
capacité d’un pays à financer son économie par ses échanges
internationaux et à évaluer sa position dans l’économie mondiale.
Un déséquilibre persistant dans ce secteur (déficit commercial, fuite de
capitaux) peut menacer la stabilité économique et monétaire d’un pays.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 24 / 46
Le secteur des administrations publiques
Le secteur des administrations publiques (APU) regroupe les institutions
dont la mission principale est de produire des services non marchands
(éducation, sécurité, santé publique, etc.) et d’assurer des fonctions de
redistribution à travers la fiscalité et les prestations sociales.
L’administration centrale (État et services déconcentrés) ;
Les administrations publiques locales (collectivités territoriales) ;
Les administrations de sécurité sociale (organismes de protection
sociale).
Rôles clés :
Redistribution des richesses pour réduire les inégalités ;
Régulation de l’activité économique par la politique budgétaire ;
Stabilisation macroéconomique en période de crise ;
Production d’infrastructures et de biens collectifs.
Il est financé par des prélèvements obligatoires (impôts, cotisations
sociales) et son action est mesurée par le niveau de dépenses publiques, le
solde budgétaire, la dette publique, etc.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 25 / 46
Plan du chapitre
1 Introduction à l’économie
Définition
Objet de l’économie
Les courants de la pensée économique
La macroéconomie
La microéconomie
La distinction entre la macroéconomie et la microéconomie
2 Les grands secteurs de l’économie
Le secteur réel
Le secteur monétaire et financier
Le secteur extérieur
Le secteur des administrations publiques
3 Les agrégats et les indicateurs macroéconomiques
4 Travaux dirrigés
Le PIB sous les trois optiques
L’inflation
Secteur extérieur
Convergence
KIMOU Koffi Ivan (DGBF)UEMOA Economie appliquée Juin 2025 26 / 46
Agrégats et indicateurs
L’analyse macroéconomique repose sur l’observation de variables globales
appelées agrégats économiques. Ces agrégats permettent de mesurer la
performance d’une économie nationale, d’en suivre l’évolution dans le
temps et de comparer les situations entre pays. Les indicateurs
macroéconomiques qui en découlent sont essentiels pour orienter les
politiques économiques, apprécier les équilibres macroéconomiques,
anticiper les crises et évaluer les effets des décisions publiques.
Ce chapitre présente les principaux agrégats et indicateurs utilisés dans les
quatre grands secteurs de l’économie : le secteur réel, le secteur monétaire
et financier, le secteur extérieur, et le secteur des administrations
publiques.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 27 / 46
Agrégats et indicateurs
Un agrégat économique est une grandeur synthétique obtenue en
additionnant des données de même nature sur une période donnée. Il
résume la valeur d’un ensemble d’opérations économiques réalisées par les
agents (ménages, entreprises, État, etc.). Les agrégats sont construits dans
le cadre de la comptabilité nationale.
Exemples : le Produit Intérieur Brut (PIB), la Consommation des
ménages, l’Investissement brut, le Revenu national, etc.
Un indicateur macroéconomique est une variable ou un rapport chiffré qui
permet de suivre l’évolution d’un phénomène économique donné. Il peut
être construit à partir d’un agrégat ou d’un ensemble d’agrégats, mais peut
aussi inclure des taux, des ratios, ou des indices composites. Exemples : le
taux de chômage, le taux d’inflation, la dette publique rapportée au PIB, le
taux d’ouverture extérieure, l’Indice des prix à la consommation (IPC), etc.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 28 / 46
Le PIB
Le PIB se définit comme la somme des valeurs ajoutées créées par les
unités de production résidentes (ménages, entreprises, administrations,
etc.), augmentée des impôts sur les produits nets des subventions. Il
permet d’appréhender l’ampleur de l’activité économique en agrégeant la
production marchande et non marchande selon une norme comptable
commune établie par le Système de Comptabilité Nationale (SCN).
Approche Définition
Somme des valeurs ajoutées + impôts
Production
sur les produits – subventions
Somme des revenus primaires générés
Revenus par la production (salaires, excédents,
revenus mixtes)
Demande globale (consommation, in-
Dépenses vestissement, dépenses publiques, ex-
portations nettes)
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 29 / 46
Le PIB
Approche production
Formule
X
PIB = VA + (Impots sur les produits − Subventions sur les produits)
Approche revenu
Formule
PIB = Salaires + Excedents bruts exp + Revenus mixtes + Impots nets production
Approche dépenses
Formule
PIB = C + I + G + (X − M)
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 30 / 46
Demande globale
Composante Description
C - Consommation Dépenses des ménages pour l’achat de biens
et services (alimentation, logement, santé,
etc.).
I - Investissement Dépenses des entreprises pour acquérir du
capital fixe (machines, bâtiments, etc.).
G - Dépenses publiques Achats de biens et services réalisés par l’État
et les collectivités (éducation, sécurité, infra-
structures, etc.).
X - Exportations Biens et services produits localement et ven-
dus à l’étranger.
M - Importations Biens et services achetés à l’étranger.
Table – Composantes de la demande globale
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 31 / 46
Le taux de croissance
Le taux de croissance économique mesure l’évolution de la richesse
produite par une économie sur une période donnée, généralement d’une
année à l’autre. Il s’agit d’un indicateur central de la performance
économique, souvent calculé à partir du PIB en volume (ou PIB réel,
c’est-à-dire corrigé de l’effet de l’inflation). Il permet de distinguer les
périodes d’expansion, de stagnation ou de récession.
Formule
PIBt − PIBt−1
Taux de croissance = × 100
PIBt−1
Si le taux est positif, l’économie est en expansion.
Si le taux est négatif, l’économie est en récession.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 32 / 46
L’Indice de Production Industrielle (IPI)
L’Indice de Production Industrielle (IPI) est un indicateur quantitatif qui
mesure l’évolution de la production des secteurs industriels d’un pays
(industrie extractive, manufacturière, énergie, etc.) sur une période
donnée, généralement mensuelle ou trimestrielle. Il est exprimé sous forme
d’indice base 100. L’IPI permet d’observer les fluctuations de l’activité
industrielle et d’anticiper les tendances conjoncturelles de l’économie.
Formule
Qt
IPIt = × 100
Q0
Si IPIt > 100, la production a augmenté par rapport à la période de
base.
Si IPIt < 100, la production a diminué.
L’IPI est un indicateur de court terme utilisé dans les analyses
conjoncturelles.
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 33 / 46
Le taux d’inflation
Le taux d’inflation mesure la variation en pourcentage du niveau général
des prix d’une période à une autre, généralement d’une année sur l’autre. Il
reflète la perte de pouvoir d’achat de la monnaie.
IPCt − IPCt−1
Taux d’inflation = × 100
IPCt−1
Où :
IPCt : indice des prix à la consommation de l’année courante.
IPCt−1 : indice des prix de l’année précédente.
Exemple :
Si IPC2024 = 120 et IPC2023 = 110, alors :
120 − 110
Taux d’inflation = × 100 = 9,09%
110
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 34 / 46
Le solde budgétaire
Le solde budgétaire est la différence entre les recettes et les dépenses de
l’État sur une période donnée. Il indique si l’État dispose d’un excédent ou
d’un déficit budgétaire.
Formule :
Solde budgétaire = Recettes publiques − Dépenses publiques
Interprétation :
Si le solde > 0 Excédent budgétaire
Si le solde < 0 Déficit budgétaire
Exemple :
Si les recettes sont de 6 000 milliards FCFA et les dépenses de 6 500
milliards FCFA, alors :
Solde = 6 000 − 6 500 = −500 milliards FCFA (déficit)
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 35 / 46
Le ratio dette publique/PIB
Le ratio dette publique / PIB permet d’évaluer le poids de la dette d’un
pays par rapport à sa richesse annuelle. Il donne une indication sur la
soutenabilité de la dette.
Formule :
Dette publique
Ratio dette/PIB = × 100
PIB nominal
Interprétation :
Ratio faible dette maı̂trisée par rapport à la richesse produite
Ratio élevé risque d’endettement excessif
Exemple :
Si la dette publique est de 45 000 milliards FCFA et le PIB nominal de 60
000 milliards FCFA :
45 000
Ratio = × 100 = 75%
60 000
KIMOU Koffi Ivan (DGBF) Economie appliquée Juin 2025 36 / 46