SEQUENCE 10 : LES MOUVEMENTS DE LA LITHOSPHÈRE
Compétence : Reconstitution chronologique de l’histoire des fonds océaniques
La lithosphère est la couche superficielle rigide de l’écorce terrestre d’épaisseur
moyenne comprise entre 70 km sous les océans et 150 km sous les continents. La lithosphère
est composée de deux couches de composition chimique différente : la croute terrestre et la
partie du manteau solide supérieur.
Séance 1 : La dérive des continents
Objectif générale : à la fin de ce chapitre l’élève doit être capable de décrire les
mécanismes à l’origine des mouvements de la lithosphère.
I. Hypothèse a l’origine de la théorie de la dérive des continents
Objectif spécifique : énoncer et expliquer la théorie de la dérive des continents
En 1912, Alfred Wegener a émis l’hypothèse selon laquelle les continents actuels
(l’Afrique, l’Asie, l’Amérique, Europe etc…) ne forment dans le passé qu’un seul bloc
continental appelé Pangée (égale Terre unique) entoure d’un océane la panthalasa. Ce
supercontinent s’est fragmenté par la suite pour donner plusieurs blocs qui se sont déplacés les
uns par rapport aux autres à la manière d’un iceberg qui glisse sur l’eau : Wegener a appelé
dérive des continents, ce déplacement horizontal des continents sur le magma sous-jacent.
II. Arguments en faveur de la dérive des continents
Objectif spécifique : présenter les preuves développées par Wegener pour soutenir la dérive
des continents
Plusieurs arguments militent en faveur de l’hypothèse de la dérive des continents :
Arguments géographiques : il y’a complémentarité des formes côtières de part et d’autre
de l’océan atlantique (si on rapproche la cote de l’est de l’Amérique du Sud et l’Afrique de
l’ouest, les deux continents vont s’emboiter parfaitement comme ils étaient liés avant
l’apparition de l’océan atlantique) ;
Arguments paléontologiques : il y’a l’existence de mêmes fossiles d’âges primaires
rencontrés de part et d’autre de l’océan atlantique. C’est le cas de la plante glossopteries
qui date de l’ère primaire qu’on a retrouvé au Cameroun et en Afrique du Sud. C’est aussi
le cas des reptiles, de mesosaures de l’ère primaire qu’on a retrouvé au Brésil et en Afrique
du Sud ;
Arguments géologiques comme l’existence de certaines roches anciennes retrouvées en
Afrique et en Amérique du Sud dans des positions telles que si on rapproche les 2
continents, les blocs de ces roches anciennes vont s’emboîtés ;
Arguments paléoclimatiques comme la présence des mêmes traces de glaciation de l’ère
primaire retrouvée en Amérique du Sud, en Afrique, en Australie et en Inde ;
Preuve paléomagnétique relevée sur le plancher océanique de part et d’autre de l’axe de
la dorsale océanique.
Arguments tectoniques : on retrouve les traces d’une ancienne chaine de montagne (chaine
calédonienne) du primaire sur des continents aujourd’hui éloignés et formant une chaine
continue lorsque ces continents sont rassemblés. Elle se trouve au Groenland, canada,
Irlande, Angleterre Ecosse, Scandinavie
Remarque : l’hypothèse de Wegener a été combattue pendant une cinquantaine d’années par
d’autres scientifiques. Par la suite, on a admis l’hypothèse selon laquelle les continents actuels
formaient dans le passé deux supers continents qui se sont fragmentés et ont donnés les blocs
qui se déplacent les uns par rapport aux autres. Il y’avait le Gondwana au sud et la Laurasie au
nord.
Séance 2 : les plaques lithosphériques
Objectif générale : à la fin de ce chapitre l’élève doit être capable de décrire les
mécanismes à l’origine des mouvements de la lithosphère.
I. Définition (doc 21)
Objectif spécifique : définir la notion de plaque lithosphérique et énoncer et expliquer la
tectonique des plaques
La tectonique des plaques est une théorie selon laquelle la lithosphère est constituée d’une
mosaïque de plaques flottant et se déplaçant sur l’asthénosphère semi fluide.
Une plaque est une portion de la lithosphère rigide et stable flottant sur l’asthénosphère et
contenant à la fois des parties continentales et des parties océaniques ou seulement des parties
océaniques. L’épaisseur d’une plaque atteinte 150 à 200 km sous les continents et 70 km sous
les océans.
On dénombre une douzaine de plaques lithosphériques dont 07 grandes à savoir la plaque
Antarctique, la plaque nord-américaine, la plaque sud-américaine, la plaque Africaine, la
plaque Eurasienne, la plaque Indo-australienne, la plaque Pacifique et 05 petites plaques
à savoir la plaque de Nazca, la plaque des cocos, la plaque des caraïbes ou des Antilles, la
plaque arabique, la plaque des philippines.
II. Les types de plaques
Objectif spécifique Déterminer les types de plaques et les frontières des plaques
[Link] des plaques
Il y’a 12 plaques et 5 continents. La configuration des plaques n’a aucun rapport direct
avec la répartition des océans et des continents. Ainsi parmi la douzaine de plaque :
- trois ne sont constituées que de lithosphère océanique (nazca, cocos, pacifique) ce sont des
plaques dites océaniques ;
- alors que les neuf autres sont constitués à la fois de lithosphère océanique et continentale :
ce sont des plaques dites mixtes. Ceci suppose que les deux lithosphères (océanique et
continentale) existent au sein d’une même plaque. En conséquence le déplacement des
continents ne peut être conçu à la manière de Wegener comme le déplacement de la croûte
continentale sur un magma. Mais à partir de la tectonique des plaques, le déplacement
des continents doit être conçu comme le déplacement d’une plaque qui emporte avec
elle le continent qui lui est solidaire.
II.2. Les frontières des plaques (doc22)
Il existe trois types de frontière des plaques :
Les zones de divergences ou zones d’écartement des plaques : ce sont les zones de
naissance des plaques. Ces zones sont soumises aux forces de distension qui provoquent
l’écartement des plaques. Il s’agit de l’axe des dorsales océaniques. Dans les zones de
divergence des plaques, on observe les failles normales dues aux forces de distension, les
failles transformantes, un volcanisme fissural discret, des séismes à foyer superficiel (-
70 km de profondeur), une anomalie thermique positive, un flux géothermique dix fois
supérieur à l’anormale ;
Les zones de convergence ou d’affrontement de plaques : lorsque deux plaques se
rapprochent, il peut avoir soit subduction ou obduction, soit collision. Dans tous les cas,
il y’a formation d’une chaine de montagne.
Dans les zones de subduction, il y’a destruction de la lithosphère océanique par
engloutissement dans l’asthénosphère. Dans ces zones, on observe un volcanisme
andésitique explosif, des séismes à foyers superficiels et profond, un magmatisme
calco-alcalin, la présence d’une fosse océanique, une anomalie thermique négative
au niveau de fosse océanique et positive au niveau de la chaîne de subduction ;
Les zones de collision correspondent à l’affrontement de 2 plaques continentales. On
y observe des séismes à foyer superficiel, le métamorphisme, le plutonisme, des
failles inverses dues aux forces de compression.
Les zones de coulissage : le long des failles transformantes, les plaques coulissent
horizontalement mais à ce niveau il y’a ni création, ni destruction de lithosphère. Les zones
de coulissages sont les sièges des séismes superficiels puissants et elle comporte de
nombreuses failles transformantes.
III. Moteur des déplacements des plaques (doc23)
Objectif spécifique expliquer le Moteur des déplacements des plaques
Les courants de convection sont le moteur de déplacement des plaques. Les courants
de convection sont nés de différences de températures et de densité entre le manteau profonds
et la surface. Ils sont analogues au courant thermique observé dans un liquide en ébullition.
Pour assurer le déplacement des plaques, il faut des quantités considérables d’énergie. Cette
énergie a une origine interne au globe terrestre. L’évacuation de cette énergie vers la surface se
fait par de mouvements lents de matières dans le manteau. La circulation de matière est
organisée en cellules de convection sur plusieurs milliers de km de rayon. Les courants de
convection provoquent le déplacement de la matière dans les sens suivants :
De bas en haut au niveau de l’axe des dorsales ;
Horizontalement au-dessous des plaques c’est-à-dire parallèlement à la surface du
globe ;
De haut en bas dans les zones de subduction.
IV. Conclusion
La tectonique des plaques explique la géographie et la géologie actuelle du globe (répartition
des séismes, des volcans, des chaines de montagnes, des océans…). Elle a permis de
comprendre que :
La lithosphère est divisée en une douzaine de plaque rigide aux frontières desquelles
sont localisées la plupart des foyers sismiques et des volcans ;
Les plaques naissent au niveau de l’axe de dorsal et ces zones sont appelées zone
d’accrétion ;
Les plaques s’écartent à partir de l’axe de la dorsale en glissant sur l’asthénosphère ;
Les plaques océaniques sont détruites dans les zones subduction ;
Les continents se déplacent emportés par les plaques mais les continents ne sont
submersibles dans l’asthénosphère à cause de leur faible densité ;
L’énergie interne du globe se dissipe au frontière des plaques soit de manière
mécanique (séisme, formation des chaines de montagnes) soit de manière thermique
(éruption volcanique, magmatisme)
La tectonique des plaques a ainsi permis de faire des progrès considérables dans la naissance et
la compréhension du globe. Pour cela, on dit que la tectonique des plaques est une théorie
unificatrice et on parle de tectonique globale
Séance 3 : les mouvements des plaques
OPO : à la fin de cette séance, l’élève doit être capable de
Reconstituer les événements qui président à la naissance du plancher océanique et
d’identifier les marqueurs et les phénomènes associés à l’expansion océanique
Utiliser les données expérimentales liées à la fusion des péridotites pour expliquer la
naissance et les types de magma des zones de subduction et des dorsales.
I. naissance du plancher océanique
I.1. Formation d’un rift (doc2)
Opoi : d’expliquer chronologiquement les étapes de la formation d’un rift
Le rift est une déchirure de la croûte terrestre qui se matérialise par un fossé
d’effondrement parcouru par de nombreuses fissures. La formation du rift a lieu dans une zone
de l’écorce terrestre soumise à des forces de distensions intenses et se produit en plusieurs
étapes :
- Il y’a d’abord montée sous le continent du magma issus du manteau anormalement chaud
à ce niveau. Ce magma qui monte provoque un bombement de la croûte.
- La croûte continentale ainsi étirée sous la force de distension s’amincit et finit par se rompre
puis s’effondre à la suite du départ du magma sous-jacent.
- Les forces de distension provoquent alors grâce à un double jeu de faille, la naissance d’un
rift.
Le rift est caractérisé par une activité volcanique et une activité sismique intense . Il est
limité sur les côtés par les bords soulevés provenant des fractures parallèles à son axe c’est-à-
dire des failles normales qui caractérisent les zones étirées de l’écorce terrestre. On distingue
deux types de rifts :
- Rifts continentaux tels que le rift Est Africain ou rift valley.
- Rifts océaniques qui sont toujours situés au-dessus des dorsales océaniques.
Au fonds du rift, il y’a de nombreuses fissures par lesquelles les matériaux fluides montent pour
arriver en surface : on parle de volcanisme fissural
I.2. Formation de la croûte océanique
Opoi : décrire les fonds marins et expliquer la formation de la croute océanique
I.2.1. Topographie des fonds océaniques (doc3)
Le fond de chaque océan est occupé par une chaîne de montagne appelée dorsale ou ride
océanique. La topographie des fonds océaniques montre que chaque océan présente les
structures suivantes :
- Le plateau continental : c’est la bordure immergée des continents. Sa profondeur ne
dépasse pas 200m et sa pente est très faible (c’est la zone la plus riche de l’océan) ;
- Le talus continental : c’est la zone de transition entre le continent et l’océan, sa pente est
élevée ;
- La plaine abyssale : sa surface est à peu près plane et sa profondeur est comprise entre
4000 et 6000 m ;
- La dorsale océanique : On appelle dorsale océanique une chaîne de montagne sous-
marine à double pente symétrique parcourant tous les océans du globe et dont le sommet
est le plus souvent occupé par un rift. Cette chaîne de montagne parcoure tous les océans
du globe sur une longueur de 6000 à 8000 km. Elle est large de 2000 à 3000 km et culmine
entre 1000 et 2000 m. l’axe de la dorsale est occupé par un rift large de 20 à 50 km. La
dorsale est le siège d’un volcanisme fissural effusif avec formation des coulées typiques
appelées laves en coussins ou pillow lavas. Elle est aussi le siège de nombreux séismes à
foyer superficiel. La dorsale n’est pas continue mais elle est découpée en segments décalés
les uns par rapport aux autres. Ce découpage est dû aux failles perpendiculaires à l’axe de
la dorsale : se sont des failles transformantes.
- Fosse océaniques : dépression matérialisant le plan de subduction. Sa profondeur peut
atteindre 11000 km. Elle existe sur certaines marges continentales.
- Les îles volcaniques : elles émergent au niveau de lIslande et oscores.
I.2.2. Mise en place de la croûte océanique (doc4, doc5, doc6)
Elle se fait en deux étapes :
Fusion des péridotites du manteau (doc5)
Sur les rifts océaniques, il existe des courants de convections c’est-à-dire des courants
qui entrainent un déplacement lent de la matière. Ces courants de convections naissent de
différences de températures entre la lithosphère et l’asthénosphère. Les courants de convections
provoquent au-dessous du rift une remontée de l’asthénosphère qui repousse vers le haut les
péridotites du manteau supérieure à la vitesse de 2 à 8 cm/ans. Lorsque ces péridotites
repoussées vers le haut parviennent à une certaine profondeur (75 à 80 km), elle entre en fusion
partielle. On a étudié en laboratoire le comportement de péridotites quand elles sont soumises
à des conditions de température et de pression élevés. La courbe du solidus est encore appelée
courbe de fusion commençante. Cette courbe sépare deux domaines :
À pression constante une augmentation de la température provoque la fusion des
péridotites : on dit que la frontière du solidus est franchie.
À température constante, un abaissement de la pression liée à la remonté des péridotites
vers la surface déclenche une fusion partielle de la roche. Cette fusion partielle est due
à une décompression.
Le magma issu de la fusion partielle des péridotites est moins dense et migre vers le haut
pour s’installer dans une chambre magmatique dans la croûte sur l’axe du rift. Les résidus des
péridotites non fondus restent sur place pour former les péridotites résiduelles.
Cristallisation fractionnée des magmas. (Doc4)
Les magmas résultant d’une fusion partielle des péridotites subissent une histoire
complexe. Dans la chambre magmatique, une baisse de température entraine la cristallisation
fractionnée du magma. Le minéral qui cristallise en premier est l’olivine. Ce minéral étant plus
dense sédimente et s’accumule au fonds de la chambre magmatique pour donner les péridotites
d’accumulations. Le magma surnageant à une composition basaltique. Ce magma parvient en
surface par l’intermédiaire des fissures au fond du rift puis se figent rapidement au contact de
l’eau pour donner des basaltes ovoïdes appelés pillow lavas ou basalte en cousin. Les basaltes
seront recouverts de sédiments.
En profondeur dans la chambre magmatique, ce même magma se refroidit lentement et
se cristallise pour donner de minéraux tels que le pyroxène et le plagioclase calcique. Ces
minéraux forment des roches appelées gabbros. Les gabbros ainsi formés sont traversés par
des filons basaltiques qui ferment les fissures par lesquelles le magma est arrivé en surface.
La croûte océanique qui se met en place a une structure en écailles d’oignon. Cette
structure a été observé sur les carottes prélevées au fond de plusieurs océans et présentent
toujours la même succession verticale caractéristique. Cette succession de roches se retrouvent
parfois sur les continents et constitue les roches appelées ophiolites (ensemble de roches
magmatiques considérées comme étant des fragments du plancher océanique porté en altitude
lors de la collision de deux continents).
Remarque : la croûte océanique prend naissance au niveau du rift. On appelle accrétion
océanique la mise en place de la nouvelle lithosphère océanique à partir d’une dorsale
océanique. Les dorsales sont donc les zones d’accrétion océanique.
Les roches de la lithosphère océaniques sont les basaltes en coussin recouvert de
sédiments, les gabbros et les péridotites. Toutes ces trois roches proviennent de la solidification
d’un magma. Lorsque le magma arrive en surface à l’état fluide, son refroidissement est rapide.
Quand le magma se refroidit rapidement, il ne cristallise pas : on obtient alors une pâte ou un
verre contenant quelques cristaux formés avant. Quand le magma se refroidit en profondeur,
son refroidissement est lent et pour cela il cristallise complètement pour donner des roches à
structure grenue qui sont des roches plutoniques.
II. EXPANSION DU PLANCHER OCEANIQUE ET LES PHENOMENES ASSOCIES
[Link] du plancher océanique (doc7)
Objectif spécifique : Expliquer Expansion du plancher océanique et qu’il existe une
compensation entre la formation de la croûte océanique et sa disparition ;
L’expansion du plancher océanique est un éloignement progressif de la croûte de part
et d’autre de l’axe de la dorsale à la suite du phénomène d’accrétion c’est-à-dire l’agglomération
des basaltes.
II.1.1. Mécanisme (doc8)
De part et d’autre du rift, la lithosphère océanique est soumise à un mouvement de
translation c’est-à-dire un mouvement de dérive. Ce mouvement de dérive vient du fait que
lorsque de nouveaux matériaux issus du manteau viennent créer une nouvelle croûte, cette
dernière repousse l’ancienne croûte loin du rift. Ainsi le plancher océanique prend naissance au
niveau du rift océanique et s’éloigne progressivement du rift à la manière d’un double tapis
roulant. Ce phénomène provoque l’écartement des masses lithosphériques situé de part et
d’autre du rift et l’océan s’agrandit.
La vitesse de l’expansion est de 1 à 2 cm par an dans l’océan Atlantique (dorsale lente)
et de 6 à 18 cm par an dans l’océan Pacifique (dorsale rapide). Lorsque la vitesse d’expansion
est rapide, le rift est peu profond et présente plusieurs endroits des sources thermales.
Remarque : le plancher océanique formé est progressivement repoussé de l’axe de la dorsale
par le nouveau plancher qui se forme après. Plus le plancher océanique s’éloigne de l’axe de la
dorsale, plus il se refroidit, s’épaissit, devient dense et s’enfonce alors progressivement dans
l’asthénosphère. C’est pourquoi la profondeur de l’océan augmente au fur et à mesure que l’on
s’éloigne de l’axe de la dorsale.
II.1.2. Preuves de l’expansion du plancher océanique
II.1.2.1. Comparaison entre l’âge du basalte du rift et celui du basalte des marges
continentales (doc9)
On appelle marge continentale, la zone située sous la mer en bordure d’un continent et
qui fait la transition avec le plancher océanique. La marge continentale est active lorsqu’elle
constitue la zone de contact entre deux plaques convergentes, l’une portant un océan et l’autre
portant un continent. Cette marge active est marquée par une fosse océanique et par de très
nombreux séismes. La marge continentale est passive et stable lorsque le passage entre la
croûte continentale et la croûte océanique se fait au sein d’une même plaque lithosphérique.
On a effectué de nombreux prélèvement de basalte au niveau du plancher océanique à des
descentes de plus en plus éloignées de l’axe de la dorsale (ces prélèvements sont faits lors des
forages réalisés dans le plancher océanique). L’étude des roches prélevées a montré que :
Plus le basalte est prélevé loin de l’axe de la dorsale, plus l’âge de ce basalte est élevé ;
Plus le basalte est prélevé loin de l’axe de la dorsale, plus l’épaisseur des sédiments est
grande et plus l’âge des sédiments les plus profonds reposant ainsi sur le basalte est
élevé.
Ceci prouve que le plancher océanique prend naissance sur l’axe de la dorsale puis s’en
éloigne progressivement en se recouvrant des sédiments.
II.1.2.2. Alignement des volcans sur le plancher océanique (doc10)
Un point chaud est un réservoir de magma situé dans le manteau profond et qui émet
périodiquement des panaches de laves vers la surface.
La position des points chauds est fixe et le plancher océanique qui défile au-dessus du
point chaud est périodiquement perforé par des panaches de laves chaudes donnant en surface
des volcans. L’âge de ces volcans augmente au fur et à mesure que l’on s’éloigne du point
chaud. Le volcan le plus récent (encore actif) occupe une extrémité de l’alignement. Le volcan
le plus ancien se trouve à l’extrémité opposée de l’alignement. L’alignement des volcans sur
un plancher océanique est la preuve du déplacement de ce plancher océanique sur le point chaud
fixe. Leur alignement est remarquable sur le fond océanique.
II.1.2.3. Le paléomagnétisme (doc11)
C’est l’étude des caractéristiques du champ magnétique terrestre dans les temps
géologiques. La lave basaltique fluide et chaude (1100 à 1200°C) contient des cristaux de
magnétite (Fe3O4) qui ont la propriété de s’aimanter lorsque leur température s’abaisse au-
dessous de 600°C. Cette température est appelée température du point de curie ou point de
curie. En devenant solide, les laves basaltiques enregistrent les caractéristiques du champ
magnétique terrestre au moment du refroidissement de ses laves.
À l’aide du magnétomètre sensible, on peut déterminer la direction et le sens du champ
magnétique ancien ou champ paléo magnétique au moment de la mise en place des basaltes.
Les études portant sur des roches d’âges différents montre de nombreuses inversions du champ
magnétique terrestre au cours des temps géologiques (causes inconnues). On a ainsi observé
les zones ou la valeur mesurée du champ magnétique est supérieure (on parle d’anomalie
positive) ou inférieur (on parle d’anomalie négative) à la valeur moyenne. Ces zones forment
des bandes parallèles alternées qui dessine sur la carte du fond océanique une véritable « peau
de zèbre »
La répartition des anomalies magnétiques en bandes parallèles et symétriques par
rapport à l’axe de la dorsale constitue la preuve formelle que la nouvelle croûte se met en place
par accrétion et s’écarte de la dorsale au fur et à mesure.
II.2. Phénomènes associés à l’expansion océanique
On estime que chaque année il se forme une nouvelle croûte océanique c’est-à-dire de
nouvelle lithosphère. Or le volume du globe terrestre n’augmente pas malgré cette formation
de nouvelle lithosphère.
D’autre part, les forages dans les fonds des océans ont montrés qu’il n’existe pas de
croûte océanique âgée de plus de 200 millions d’années. Comme la planète Terre est vieux de
4 milliards d’années et a toujours été constituée d’océan, on doit admettre qu’il existe des zones
où il y’a destruction de la lithosphère océanique.
On peut donc penser que la lithosphère océanique créée en permanence au niveau de la
dorsale est détruite simultanément pour compensation en d’autres endroits du globe. Des études
plus poussées montrent que cette compensation se fait soit par subduction, soit par obduction
ou soit par collision.
II.2.1. la subduction (doc12)
Objectif spécifique : Expliquer la subduction et les phénomènes associés ;
a) définition
On appelle subduction l’enfoncement d’une lithosphère océanique froide et dense dans
une asthénosphère moins dense située sous une lithosphère continentale ou sous une autre
lithosphère océanique.
Le plan d’inclinaison de la plaque plongeante ou plaque subductée est appelée plan de
Wadati-Benioff à la suite de l’enfoncement de la plaque plongeante. La plaque chevauchante
se soulève pour former une chaîne de montagne appelée chaîne de subduction. C’est le cas de
la cordillère des Andes (située sur la côte Ouest de l’Amérique du sud).
b) Mécanisme de la subduction
Au niveau des zones de subduction, la lithosphère océanique plus dense s’enfonce
obliquement dans l’asthénosphère sous la lithosphère continentale légère. Parfois aussi la
lithosphère océanique plus dense plonge sur une autre lithosphère océanique plus jeune et moins
dense. Dans ce cas il y’a construction d’un arc insulaire.
La plaque plongeante rencontre beaucoup de contrainte au cours de sa progression. Ces
contraintes sont liées aux frottements de la plaque plongeante avec la lithosphère chevauchante
mais aussi aux compressions lors du plongement dans l’asthénosphère. Ces contraintes font que
la plaque plongeante emmagasine beaucoup d’énergie et cette énergie est libérée brutalement à
l’occasion des séismes.
Remarque : un arc insulaire est une série d’îles volcaniques située au milieu d’un océan et
qui est engendré par le plongement d’une lithosphère océanique sous une autre lithosphère
océanique.
c) Phénomènes associés à la subduction (doc12, doc13, doc14)
Les phénomènes associés à la subduction et qu’on observe dans les marges actives ou
dans les arcs insulaires sont les suivants :
La formation d’une fosse océanique ; la zone de subduction se caractérise au niveau
océanique par une fosse océanique qui matérialise la flexion de la plaque plongeante. Dans
les zones actives, le fond océanique s’abaisse nettement et dessine une fosse étroite et
profonde d’environ 11 km ; associée soit à un arc insulaire volcanique (cas des Antilles) ; soit
à une chaîne de montagne bordant le continent (cas de la Cordillère des Andes).
Remarque : à l’avant de la fosse océanique, on trouve une accumulation des roches
sédimentaires formant un bourrelet pouvant atteindre 1000 m d’altitude : cette accumulation
des roches sédimentaires à l’avant de la fosse océanique est appelée prisme d’accrétion. Ce
prisme est constitué de sédiments qui sont raclés sur la plaque plongeante par la plaque
chevauchante.
Une sismicité caractéristique ; dans les zones de subduction, on rencontre de nombreux
séisme dont les foyers sont localisés le long du plan de wadati-benioff. Certains séismes
ont leur foyer superficiel (les foyers sont situés entre 5 et 100 km de profondeur). Les
séismes sont localisés entre la fosse océanique et la zone volcanique. Ils sont provoqués
par les frottements des deux plaques l’une contre l’autre. D’autres ont leurs foyers profonds
(les foyers sont situés entre 100 et 700 km de profondeur). Les séismes à foyer profond
sont provoqués par des contraintes de compressions qui entrainent des cassures dans la
lithosphère océanique plongeante.
Remarque : l’existence des foyers sismiques en grande profondeur est la preuve que la plaque
plongeante reste froide et dont solide et cassante pendant très longtemps. On comprend alors
que la plaque froide qui plonge dans l’asthénosphère se réchauffe très lentement et reste encore
solide et cassante à la profondeur de 700 km.
Un magmatisme complexe ; le magmatisme est l’ensemble des processus qui conduisent
à la formation et à la mise en place d’un magma. Le magma des zones de subduction a
plusieurs origines :
Entre 80 et 100 km de profondeur, le magma provient de la fusion partielle des
péridotites du manteau de la plaque chevauchante. En effet la plaque plongeante est
hydratée et se déshydrate pour fournir de l’eau qui abaissent le point de fusion
des péridotites de la plaque chevauchante. La fusion partielle des péridotites du
manteau de la plaque chevauchante est donc provoquée par l’abaissement du point
de fusion des péridotites grâce à l’eau perdue par la plaque plongeante. Ce magma
est de nature basaltique.
Au-delà de 100 km de profondeur, le magma provient de la fusion partielle des
sédiments entrainés par la plaque plongeante.
À très grande profondeur, le magma provient de la fusion partielle de la plaque
océanique plongeante qui s’est déshydraté et réchauffée. Ces magmas qui naissent
dans les zones de subduction remonte vers la surface et provoque la fusion partielle
des roches au sein de la croûte continentale.
Remarque : certains magmas formés dans la zone de subduction peuvent se refroidir lentement
dans la croûte continentale en cristallisant complètement : on obtient alors les roches
plutoniques comme les granodiorites. Il y’a donc plutonisme dans les zones de subductions.
Un volcanisme andésitique explosif : dans les zones de subduction, les magmas
subissent une évolution complexe par cristallisation fractionnée et deviennent de plus
en plus riche en silice et en gaz. L’éruption volcanique au niveau des chaines de
subduction et des arcs insulaires est explosive à cause de la libération brutale de gaz
enfermés dans le magma. Les laves volcaniques rejetées sont visqueuses à cause de leur
richesse en silice. Elles coulent sur une courte distance et se solidifient pour donner des
roches volcaniques appelées andésites. Les laves volcaniques rejetées par les volcans
des zones de subduction sont riches en silice, en calcium et en alcalin : on dit que le
magmatisme des zones de subduction est un magmatisme calco-alcalin.
Des anomalies du flux géothermique (doc13); on appelle anomalie géothermique la
différence observée entre la valeur du gradient géothermique mesurer à l’intérieur du
globe et la valeur théorique prévue. Si la valeur mesurée du gradient géothermique est
supérieure à la valeur théorique prévue, on dit que l’anomalie est positive. Quand la
valeur mesurée est inférieure à la valeur théorique prévue, on dit que l’anomalie est
négative.
Au niveau de la fosse océanique ou du prisme d’accrétion, la plaque océanique
plongeante est froide et reste froide pendant plusieurs millions d’années. Cette plaque
froide abaisse la température de l’asthénosphère à plusieurs centaines de km de
profondeur. En conséquence, il y’a diminution du flux géothermique en surface et pour
cela l’anomalie du flux géothermique est négatif.
Au niveau de la chaîne de subduction comme l’arc insulaire, il y’a une activité
magmatique et volcanique intense. La chaleur émise par le magma provoque une
augmentation du flux géothermique : on dit que l’anomalie du flux géothermique est
positive.
Un climat métamorphique particulier (doc14) ; on appelle métamorphisme
ensemble des transformations qui se produisent dans une roche lorsque celle-ci est
soumise à des conditions thermodynamique différente de celles dans lesquelles elle s’est
mise en place. Lorsque la profondeur augmente, la pression augmente et cette pression
est provoquée par le poids de matériaux sur jacents. En grande profondeur le long du
plan de Benioff, la pression est élevée mais la plaque océanique plongeante étant froide,
la température est basse, en conséquence il y’a à ce niveau un métamorphisme de basse
température-haute pression caractérisé par la présence dans les roches d’un minéral
appelé glaucophane. Au niveau de la chaine de subduction, le magma proche de la
surface élève la température des roches. On a alors à la surface une haute température
mais une basse pression. Il se forme alors un métamorphisme haute température,
basse pression caractérisée par la présence dans les roches d’un minéral appelé
andalousite.
Entre la grande profondeur et la faible profondeur, on a un métamorphisme de MT, MP
caractérisé par les minéraux tels que le disthène.
Remarque :
Dans l’axe de la dorsale, il y’a association entre le volcanisme et le plutonisme parce qu’il y’a
production du basalte qui est une roche volcanique et du gabbro qui est une roche plutonique.
Le magma qui engendre ces roches contient environ 50% de silice mais un faible taux d’alcalins
(Na, K). Un tel magma dans lequel le rapport alcalin/silice est faible est qualifié de magma
tholéitique.
Dans les zones de subduction le magma qui alimente les volcans est assez riche en silice mais
aussi en alcalin et en calcium : un tel magma est qualifié de magma calco-alcalin
Au niveau des points chauds, les laves émises sont pauvres en silice mais riche en alcalin. Le
magma qui alimente le volcan est qualifié de magma alcalin car le rapport alcalin/silice est
élevé.
II.2.2. l’obduction (doc15)
Objectif spécifique : Expliquer l’obduction
On appelle obduction le chevauchement de la partie continentale d’une plaque par la portion
océanique d’une autre plaque. C’est aussi la transplantation d’un morceau de lithosphère
océanique d’une plaque sur la lithosphère continentale d’une autre plaque.
L’obduction est la conséquence d’une subduction océan-océan. La portion océanique
de la plaque chevauchante est alors soulevée et se retrouve au sommet d’une chaîne de
montagne appelée chaîne d’obduction. Ce fragment de plancher océanique forme ainsi un
ensemble de roches appelées ophiolite (ensemble de roche constituée de sédiment, basalte en
coussin, et gabbros). Les ophiolites sont les témoins des océans aujourd’hui disparus.
Ex : la chaîne de la nouvelle Calédonie et la chaîne de la nouvelle guinée
II.2.3. la collision et ses conséquences
Objectif spécifique : Expliquer la collision et ses conséquences ; et les conditions de
fusion (anatexie) des roches dans la collision.
II.2.3.1. définition
La collision est la confrontation de deux masses continentales à la suite de la fermeture
d’un océan qui termine une phase de subduction.
II.2.3.2. conséquence de la collision
Au terme d’une collision, il y’a des conséquences multiples :
La naissance d’une chaîne de montagne entre les 2 masses continentales (chaîne de
collision) ;
L’apparition de nombreux accidents tectoniques (faille, plis, chevauchement) ;
La transformation des roches à l’état solide (on parle de métamorphisme)
L’apparition de certaines roches plutoniques.
II.2.3.3. L’orogenèse (doc15)
L’orogenèse est la formation des chaînes de montagne. C’est un phénomène qui dure
plusieurs dizaines de milliards d’années et qui nécessite l’intervention des forces de
compression. Sa formation passe par plusieurs phases successives :
Première phase : subduction entraînant la fermeture progressive d’un océan situé entre deux
masses continentales ;
Deuxième phase : c’est une obduction qui se traduit par la translation d’une portion de la
croûte océanique de la plaque chevauchante sur la marge continentale de la plaque
plongeante. Il y’a alors fermeture de l’océan qui existait entre les 2 masses continentales ;
Troisième phase : c’est une collision correspondant à l’affrontement des 2 masses
continentales. La croûte continentale de la plaque plongeante est moins dense et refuse de
s’enfoncer à plus de 60 km de profondeur dans l’asthénosphère sous la plaque chevauchante.
Mais comme les forces de compressions latérales continues d’agir sur les deux plaques qui
s’affrontent, la croûte continentale de la plaque plongeante se casse en plusieurs grands
panneaux. Les panneaux s’encastrent les uns sous les autres pour former un ensemble
d’écailles tectoniques. Il y’a alors raccourcissement important de la lithosphère continentale
qui forme le relief et la racine de la chaine de collision.
Au cours du mouvement de convergence de deux masses continentales, un fragment de la
croûte océanique se retrouve coincé entre les deux plaques. Ce fragment du plancher
océanique est alors propulsé au sommet des chaines de collision et constitue des roches
appelées ophiolites. Les ophiolites constituent la zone de suture entre deux masses
continentales qui sont entré en collision.
Exemples de chaînes de collision
Les alpes (situés entre la France et l’Italie) : cette chaîne est née de la collision entre
l’Europe et l’Afrique entrainant la fermeture de l’océan alpin qui sépare les deux
continents ;
L’Himalaya : née de la collision entre l’Inde et l’Asie.
Remarque
Au cours d’une orogenèse, les forces gigantesques sont mises en jeux. Ces forces provoquent
des déplacements de matières sur une grande distance.
Il y’a des mouvements verticaux de matières ; ces mouvements concernent les
granites qui ont pris naissance dans les profondeurs de la croûte terrestre et qui se trouve à
plusieurs milliers de mètre d’altitude. Ces mouvements verticaux concernent aussi des roches
du plancher océanique qui se retrouvent propulsés au sommet des chaînes de collision.
Il y’a des mouvements horizontaux qui affectent les masses continentales. Les
mouvements sont provoqués par des forces de compression verticales qui entrainent le
raccourcissement de la croûte terrestre. Les chaines de subductions, les chaines d’obduction et
les chaines de collisions sont appelées chaînes de montagnes récentes à cause de leurs
positions en bordure des plaques. Ces montagnes récentes résultent des mouvements de
convergence des plaques lithosphériques.
II.2.3.4. Déformations caractéristiques dans une chaîne de collision (doc16)
Les contraintes compressives à l’origine d’une chaîne de collision entrainent le
raccourcissement de la croûte. Les témoins de se raccourcissement sont des déformations
tectoniques tels que les plissements, les failles, les chevauchements et les nappes de charriages
Les plissements
Les plis sont les déformations souples de l’écorce terrestre. Les roches se plissent lorsqu’elles
sont soumises pendant plusieurs millions d’années aux forces de compressions latérales et
lorsque la température et la pression sont suffisantes pour rendre la roche plastique.
Les failles inverses
Une faille est une cassure des couches de terrain accompagnée d’une dénivellation des deux
compartiments séparés. Lorsque les forces de compression latérale s’exerce brusquement sur
des couches rigides, ces couches se cassent dès que le seuil de rupture est dépassé et il y’a
rapprochement de compartiments séparés.
Les chevauchements
Un chevauchement est un mouvement horizontal des couches aboutissant à la superposition
d’un terrain sur un autre terrain totalement indépendant du premier. La surface de
chevauchement est généralement une faille inverse qui est proche de l’horizontale. Lorsque le
déplacement des roches le long de la surface de chevauchement atteint plusieurs dizaines de
km, on parle de nappe de charriage.
II.2.4. Plutonisme associé à la collision (doc17)
Objectifs spécifiques : Expliquer les causes du plutonisme associé à la collision
Le plutonisme est l’ensemble des processus qui conduisent à la formation des roches à
texture grenue à partir d’un magma en profondeur. Les roches plutoniques les plus courantes
sont : le granite, le gabbro, la péridotite et le granodiorite.
Au cours de la collision des masses continentales, les roches de la croûte sont enfouies
à des profondeurs de plus en plus grandes et sont progressivement transformées en micaschiste
puis en gneiss qui sont des roches métamorphiques. Lorsque la profondeur d’enfouissement des
roches solides atteint 20 à 30 km, la température et la pression sont si élevées que les roches ne
restent plus à l’état solide mais subissent une fusion partielle ou anatexie. Au terme de cette
fusion partielle des roches solides, on obtient un mélange de magma et de fragment de roches
solides.
Après refroidissement lent en profondeur, ce mélange donne une roche qualifiée de
migmatite (les migmatites sont les roches hétérogènes présentant des parties métamorphiques
associées aux parties granitiques provenant d’un processus incomplet d’anatexie). Si la fusion
des roches métamorphique est complète, on obtient le magma granitique. Ce magma peut
rester surplace en profondeur et se refroidir lentement pour donner une roche appelée granite
anatexie. Mais comme ce magma est moins dense que les roches qui le recouvrent, il monte
vers la surface sans atteindre la surface. Il se refroidit alors lentement au cours de son ascension
et donne des plutons intrusifs de granite d’anatexie. Par le jeu de l’érosion, les migmatites et
les granites d’anatexie peuvent plus tard apparaître en surface.
NB : dans les zones de collision, le magmatisme aboutit à la formation des magmas granitiques
alors que le plutonisme aboutit à la formation du pluton de granite d’anatexie. Dans les zones
de collision, le magma granitique formé n’arrive pas à la surface à l’état fluide ; il n’y a donc
pas volcanisme dans les zones de collision par contre il y’a de nombreux séismes superficiels
qui sont la conséquence des fortes compressions horizontales.
II.2.5. Métamorphisme associé à la collision
Objectifs spécifiques :
Expliquer les causes du métamorphisme associé à la collision ;
Expliquer le climat du métamorphisme ;
Reconstituer l’histoire d’une roche métamorphique ;
Dans les zones d’affrontement des plaques (zones de subduction, zone de collision), les
roches solides enfouies à des profondeurs de plus en plus grandes sont soumises à des
températures et des pressions de plus en plus élevées qui les transforment en roches
métamorphiques. C’est pourquoi les roches métamorphiques sont abondantes dans les zones de
collision et dans les zones de subduction.
II.2.5.1. Quelques roches métamorphiques (présenter de l’échantillon)
Les roches métamorphiques présentent des caractéristiques spécifiques :
Certaines présentent une schistosité (propriété de certaines roches à se débiter en
feuillets parallèles plus ou moins serré). ex : le schiste ardoisier, le micaschiste ;
D’autres présentent la foliation (disposition de minéraux orientés suivant des plans
parallèles dans la roche). ex : le gneiss ;
D’autres encore présentent des plis et ce plissement traduit le climat de contrainte
tectonique dans lequel les roches se sont formées. Ex : les migmatites ;
Enfin la plupart des roches métamorphiques sont cristallophylliennes c’est-à-dire
entièrement cristallisées et feuilletées. Ex : le gneiss, les grenatites, les amphibolites.
II.2.5.2. Causes ou facteurs du métamorphisme (doc 18)
La température et la pression sont les deux principaux facteurs du métamorphisme.
a) La température
Elle augmente avec la profondeur et cette augmentation est due au gradient géothermique qui
est en moyenne de 30°C par km.
Expérience
Résultat
Conclusion : dans le métamorphisme, la température a pour effet de faire disparaître
les minéraux hydratés instable à haute température et de faire apparaître des minéraux
nouveaux qui sont anhydres et donc stable à haute température.
b) La pression
Elle s’exprime en bars et en pascals. Elle augmente avec la profondeur et cette augmentation
est dû au poids des roches sus-jacentes et à la compression tectoniques liée à l’affrontement des
plaques. La pression augmente de 250 à 270 bar/km.
Expérience
Résultat
Conclusion : au cours des réactions du métamorphisme, la pression fait apparaître la
schistosité et la foliation dans les roches et fait disparaître les minéraux moins denses
qui sont remplacés par les minéraux plus denses. D’autre part la pression provoque
parfois le plissement des roches.
Remarque : au cours des réactions du métamorphisme, les roches subissent deux grands types
de transformations :
Les transformations structurales : qui se traduisent par l’apparition de la foliation, de
la schistosité et des plissements des roches. La pression est le facteur responsable de la
transformation structurale ;
Les transformations minéralogiques : qui se traduisent par la disparition de certains
minéraux et leur remplacement par des minéraux nouveaux. La température et la
pression sont responsables des transformations minéralogiques (la température fait
disparaître les minéraux hydratés et la pression fait disparaître les minéraux moins
denses.)
Toutes les réactions du métamorphisme s’opèrent à l’état solide. Il n’y a pas fusion des roches.
Au cours du métamorphisme, l’eau s’en va et donc les réactions du métamorphisme n’entrainent
pas une modification de la composition chimique globale des roches. Pour cela on dit que le
métamorphisme est isochimique.
II.2.5.3. Climats du métamorphisme et reconstitution de l’histoire d’une roche
métamorphique (doc19)
Certains minéraux des roches métamorphiques ne se forment et se maintiennent que
dans les conditions bien précises de température et de pressions. De tels minéraux sont appelés
minéraux repères. La présence des minéraux repères dans une roche métamorphique indique
les conditions thermobarymétriques dans lesquelles les roches se sont formées. Ainsi il
devient possible de déterminer à quelle profondeur et à quelle température elles se sont formées.
Ex : le silicate d’alumine est un minéral qui existe sous trois (03) formes différentes :
l’andalousite, la sillimanite et le disthène. Chaque forme n’apparait et ne se maintient que
dans des conditions précises de températures et de pressions. Les géologues ont alors déterminé
03 climats de métamorphismes. Le point p correspond aux conditions d’existence de trois
formes minérales. Chaque droite correspond aux conditions d’existence des 02 formes
minérales situées de part et d’autre de la droite :
Métamorphisme HP-BT : les roches formées dans ce climat de métamorphisme
renferment le glaucophane associé au disthène ;
Métamorphisme BP-HT : les roches formées dans ce climat de métamorphisme
renferment l’andalousite et la sillimanite ;
Métamorphisme MP-MT : les roches formées dans ce climat de métamorphisme
renferment le disthène associé à la sillimanite.
Au cours de la formation d’une chaîne de collision ou d’une chaîne de subduction, les
roches solides sont enfouies à de profondeurs de plus en plus grandes et sont soumises à des
températures et pression de plus en plus élevée. Dans les zones de subductions, les basaltes du
plancher océanique sont transformés progressivement.
Basaltes T° élevée amphibolites T° élevée éclogites.
Cette suite de transformation qui se fait de manière progressive et croissante est qualifiée
de métamorphisme prograde.
Les roches métamorphiques ainsi formées à une certaine profondeur peuvent remonter
vers la surface par le jeu de l’érosion. Les réactions du métamorphisme étant réversibles, il
suffit que les roches qui montent vers la surface soient réhydratées pour subir un
métamorphisme inverse.
Éclogite + eau amphibolites
Cette transformation qui correspond à un métamorphisme inverse est appelée
métamorphisme rétrograde.
II.2.5.4. Quelques types de métamorphismes (doc20)
Sans tenir compte des facteurs du métamorphisme, on distingue dans la nature deux
types de métamorphismes : le métamorphisme de contact ou d’auréoles et le métamorphisme
régional ou général.
II.[Link]. métamorphisme de contact ou d’auréole
Il résulte du contact entre un pluton granitique intrusif et les roches sédimentaires
voisines. Au cours de son refroidissement lent, le pluton granitique dégage de la chaleur et cette
chaleur transforme les roches voisines. Il se forme autour du pluton granitique des auréoles
métamorphiques, des zones concentriques de roches transformées.
II.[Link]. métamorphisme régional ou général
Le métamorphisme peut affecter tout une région : c’est pourquoi on le qualifie de régional.
Pendant plusieurs millions d’années, les sédiments se sont déposés dans une fosse
géosynclinale (fosse à fond mobile) à cause de phénomène de subsidence. Les premiers
sédiments se retrouvent à une profondeur suffisante pour que la température et la pression leur
transforme. On appelle subsidence l’enfoncement progressif de certaines parties de l’écorce
terrestre sous l’action du poids des sédiments situés au-dessus. Lorsque les roches sont
transformées, les nouvelles roches peuvent remontées vers la surface soit grâce à l’érosion, soit
grâce à la formation d’une chaîne de montagne. Les calcaires sont transformés en marbres, les
argiles sont transformées en schistes, ardoisier et micaschiste, le sable et les grès sont
transformés en quartzite, le granite est transformé en gneiss.