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L'affaire Constant Mutamba concerne un ancien ministre de la Justice condamné pour détournement de 19 millions USD destinés à un fonds public. La Cour de cassation a fondé sa décision sur des preuves documentaires, malgré les exceptions soulevées par la défense, et a infligé une peine de trois ans de travaux forcés et cinq ans d'inéligibilité. Cette décision soulève des questions sur l'équité des poursuites et la perception de la gravité des faits dans un contexte politique complexe.

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L'affaire Constant Mutamba concerne un ancien ministre de la Justice condamné pour détournement de 19 millions USD destinés à un fonds public. La Cour de cassation a fondé sa décision sur des preuves documentaires, malgré les exceptions soulevées par la défense, et a infligé une peine de trois ans de travaux forcés et cinq ans d'inéligibilité. Cette décision soulève des questions sur l'équité des poursuites et la perception de la gravité des faits dans un contexte politique complexe.

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INTRODUCTION.

Dans le cadre de ce travail, il nous a été demandé de rechercher une décision de condamnation, puis de
l’analyser en répondant à certaines questions principales relatives aux faits, à la procédure, aux moyens
soulevés la motivation du juge...etc.

Notre choix s’est porté sur l’arrêt rendu par la Cour de cassation de la République démocratique du
Congo, en date du 2 septembre 2025, dans l’affaire Ministère public c. Constant Mutamba,
communément appelée Arrêt Constant Mutamba. Cette décision nous a paru particulièrement
pertinente en raison de son importance juridique et politique, mais aussi parce qu’elle illustre la manière
dont la Cour de cassation apprécie les exceptions soulevées par la défense et fonde sa conviction sur la
preuve documentaire et bancaire dans une affaire de détournement de deniers publics.

I. ANALYSEZ L'ARRET EN RELATANT LA PROCÉDURE SUIVIE.

L’affaire Constant Mutamba est née d’un ordre de paiement signé en avril 2025 par le ministre de la
Justice, portant sur près de 19 millions USD du FRIVAO, fonds destinés à la construction d’un centre
pénitentiaire à Kisangani. Ces sommes ont été transférées vers un compte bancaire de la société Zion
Construction, ouvert la veille du virement, ce qui a alimenté des soupçons de détournement de deniers
publics. Après enquête, le procureur général a sollicité et obtenu l’autorisation de poursuite de
l’Assemblée nationale en mai 2025, permettant l’ouverture du procès devant la Cour de cassation en
juillet.

Au cours des audiences, la défense a soulevé plusieurs exceptions d’irrégularité et de surséance, toutes
rejetées par la Cour. Le ministère public a alors requis une peine lourde, se fondant sur les pièces
bancaires et la chronologie des opérations. Mutamba, de son côté, a plaidé la bonne foi, soutenant que
les fonds restaient à la banque.

Le 2 septembre 2025, la Cour de cassation a retenu l’infraction de détournement de deniers publics et a


condamné Constant Mutamba à trois ans de travaux forcés et cinq ans d’inéligibilité. La décision repose
sur la valeur probante des documents bancaires et sur les violations des règles de passation, jugées
suffisantes pour caractériser l’infraction malgré la défense avancée.

II. ÉNONCEZ LES INFRACTIONS :

Constant Mutamba a été déféré devant la Cour de cassation pour détournement de deniers publics,
infraction prévue et punie par le Code pénal congolais (Livre II, art. 145 et suivants).

Cette infraction suppose deux éléments :

1. L’élément matériel : l’utilisation ou l’affectation illégale de fonds publics dont on a la charge (ici, 19
millions USD prélevés du Fonds spécial en faveur des victimes de violences sexuelles et crimes connexes
– FRIVAO).
2. L’élément intentionnel : la volonté de soustraire les fonds de leur destination légale, même sans
enrichissement personnel direct.

III. FAITES LE RESUME DE FAIT DE LA PROCEDURE AYANT CONDUIT À LA CONDAMNATION.

Constant Mutamba, alors ministre de la Justice, a été poursuivi pour détournement de deniers publics
liés à 19 millions USD destinés au FRIVAO. Après l’autorisation de poursuite votée par l’Assemblée
nationale en mai 2025, son procès s’est ouvert le 9 juillet devant la Cour de cassation. Sa défense a
soulevé plusieurs exceptions (irrégularité du vote, citation, surséance), mais elles ont toutes été
rejetées. Le ministère public a requis dix ans de travaux forcés, tandis que Mutamba niait tout
détournement en affirmant que les fonds restaient bloqués à la banque. Le 2 septembre 2025, la Cour
de cassation l’a condamné à 3 ans de prison ferme et 5 ans d’inéligibilité, retenant la violation des règles
de passation des marchés et le transfert irrégulier des fonds à une société privée.

IV. FAITES ETAT DE LA MANIÈRE DONT LE JUGE ÉTAIT SAISi.

Dans cette affaire, le juge a été saisi par requête du procureur général près la cour de cassation aux fins
de fixation d'audience contre constat mutamba. Et c'est conformément à l'article 1 de la loi organique n°
13/010 du 19 février 2013 relative à la procédure devant la Cour de cassation.

V. QUELLES ÉTAIENT LES PRÉTENTIONS DE LA PARTIE ACCUSATRICE

Dans l’affaire MUTAMBA, le procureur accuse le prévenu de détournement de 19,9 millions USD en tant
que ministre de la Justice. Il lui reproche d’avoir attribué un marché public à une société privée sans
respect des procédures légales : absence d’avis de non objection, société sans capacité technique ni
siège connu, paiement anticipé illégal de 80 %, et contournement des organes techniques du ministère.
Le ministère public estime que ces actes traduisent une intention frauduleuse visant à enrichir
illicitement ladite société. Il requiert 10 ans de travaux forcés, l’interdiction de vote et d’éligibilité
pendant 10 ans, l’exclusion des fonctions publiques, la privation de réhabilitation, et la restitution des
fonds détournés.

VI. SUR BASE DE QUELS ÉLÉMENTS DES PREUVES LE JUGE EST ARRIVÉ À LA CONDAMNATION

La condamnation de Constant Mutamba par la Cour de cassation repose sur des preuves documentaires
et bancaires :

 un ordre de paiement signé par lui pour environ 19,9 M USD, exécuté rapidement après le
contrat ;
 le virement vers un compte bancaire de Zion Construction, ouvert la veille et différent de celui
indiqué dans le contrat ;
 le signalement du CENAREF et les relevés bancaires confirmant cette anomalie ;
 les irrégularités de passation du marché (absence de procédure conforme, société nouvellement
créée).

VII. QUELLES SONT LES EXCEPTIONS QUI ONT ÉTÉ SOULEVÉES PAR LA DÉFENSE.
 R. . Exception d’irrégularité/vice de procédure lié au vote de l’Assemblée nationale : la défense
soutenait que le vote ayant autorisé les poursuites aurait dû se tenir par bulletin secret (règle du
Règlement intérieur / Constitution) et qu’un vote à main levée rendrait la décision nulle.
 Requêtes d’inconstitutionnalité / demande de surséance : la défense a saisi la Cour
constitutionnelle (deux requêtes) et a demandé la surséance du procès en attendant la décision
constitutionnelle.
 Nullité de l’instruction (vices de procédure): la défense a invoqué la citation irrégulière au
greffe, des autorisation(s) de poursuite entachées de vices de forme, l’insuffisance de
l’instruction (le prévenu n’aurait été entendu qu’une fois avant de tomber malade), et la
récusation du Parquet général.
 Récusation / mise en cause de l’impartialité de juges : le prévenu a récusé (et obtenu, par
déport volontaire) deux magistrats qu’il estimait partiaux.

VIII. QUELS ÉTAIENT LES MOYENS DE DÉFENSE FACE À CES EXCEPTIONS.

 la Cour a considéré cette contestation comme un moyen procédural qui n’empêchait pas la
poursuite de l’instruction ; la demande de suspension en raison de ce vote a été traitée comme
dilatoire et le procès a continué (les recours devant la Cour constitutionnelle n’ont pas suspendu
l’audience).
 le Ministère public et la Cour ont fait valoir que ces saisines n’avaient pas d’effet suspensif
automatique sur la procédure pénale ; la Cour a donc refusé de surseoir et a maintenu
l’instruction.
 la Cour a appliqué le principe selon lequel une nullité n’est retenue que si elle produit un
préjudice concret aux droits de la défense ou vicie l’acte d’une façon essentielle. Elle a estimé
que les vices allégués n’avaient pas causé de tel préjudice et n’empêchaient pas l’examen du
fond. (motivation développée dans l’arrêt).
 la Cour a retenu que, sur les points invoqués, l’« approbation tacite » (délai de 10 jours sans
réponse de l’autorité compétente) et d’autres éléments procéduraux couvraient l’absence
formelle d’avis ; en tout état de cause ces irrégularités ne neutralisaient pas la preuve matérielle
(ordre de paiement, décaissement). Autrement dit : lacune formelle ≠ annulation automatique si
les conditions pratiques et la preuve matérielle subsistent.
 Moyens utilisés pour repousser : la défense a récusé deux magistrats, mais ces magistrats se
sont déportés volontairement ; la Cour a dès lors déclaré la demande de récusation sans objet et
a poursuivi l’audience avec une nouvelle composition.
 Moyens utilisés pour repousser (effet combiné) : la Cour a rappelé et appliqué le critère
probatoire — si les preuves documentaires et bancaires établissent l’acte matériel et l’élément
moral, les objections purement formelles ou dilatoires ne suffisent pas à faire disparaître l’action
pénale. Dans ce dossier la Cour s’est appuyée sur l’ordre de paiement, le virement vers le
compte du cocontractant (compte ouvert la veille), l’absence d’autorisation gouvernementale
effective pour justifier le rejet des exceptions.

IX. QUELS ÉTAIENT LES MOYENS DE DÉFENSE DE LA PARTIE PRÉVENUE.


1. Les fonds n’étaient pas détournés mais bloqués à la banque

Mutamba a affirmé que les 19 millions USD étaient toujours disponibles sur un compte séquestre à la
Rawbank au nom de Zion Construction. Pour lui, l’État n’avait donc subi aucune perte matérielle.

2. Marché de gré à gré justifié par l’urgence

Il a expliqué que la situation nécessitait une réponse rapide, ce qui rendait légal le recours à un marché
de gré à gré. L’absence d’appel d’offres public n’était donc pas une faute mais une nécessité.

3. Approbation tacite ou gouvernementale du marché

Selon sa défense, même si certains avis formels manquaient, le contrat avait été approuvé tacitement
(par le silence de l’autorité compétente dans le délai légal) et validé par le Conseil des ministres.

4. Absence d’intention frauduleuse et de bénéfice personnel

Il a nié tout enrichissement personnel. Les paiements réalisés l’ont été dans le cadre d’une décision
collective du gouvernement, pas sur une initiative individuelle malveillante.

5. Clé de répartition du FRIVAO

Mutamba a soutenu qu’une partie des fonds du FRIVAO (par ex. 12 %) revenait légalement au ministère
de la Justice. Certains décaissements étaient donc conformes à cette répartition et non des
détournements.

6. Argument politique : acharnement et instrumentalisation

il a dénoncé une instrumentalisation judiciaire, affirmant que les poursuites relevaient plus d’un
acharnement politique que d’une infraction réelle.

CONCLUSION.

Nous Voici au terme de notre travail qui a consisté à critiquer l'arrêt de la cour de cassation sur
l'affaire Constat Mutamba. Cet Arrêt du 2 septembre 2025 consacre la responsabilité pénale d’un
ancien ministre de la Justice pour détournement de deniers publics, en se fondant sur la preuve
bancaire et la violation des règles de passation. Juridiquement, il marque un pas important dans la
répression des atteintes aux finances publiques.

Toutefois, l’arrêt laisse transparaître certaines faiblesses politiques : le caractère sélectif des
poursuites, dans un contexte où d’autres affaires similaires ne sont pas jugées avec la même célérité,
nourrit l’idée d’une justice parfois instrumentalisée. De plus, la peine prononcée, relativement clémente
au regard des montants en cause, peut être perçue comme un compromis entre sanction judiciaire et
considérations politiques. Enfin, la récupération rapide des fonds par la banque interroge sur l’existence
d’un réel préjudice matériel, ce qui affaiblit la perception de la gravité des faits. Ainsi, si cet arrêt a une
portée symbolique, il révèle aussi les limites d’une justice qui reste exposée aux tensions politiques et
aux critiques d’instrumentalisation.
BIBLIOGRAPHIE.

QUELQUES SOURCES MÉDIATIQUES.

1. Actualité.cd, « Procès Constant Mutamba : la Cour de cassation le condamne à 3 ans de travaux


forcés », 2 septembre 2025.
2. Radio Okapi, « Cour de cassation : ouverture du procès de l’ancien ministre de la Justice Constant
Mutamba », 9 juillet 2025.
3. RFI Afrique, « RDC : l’ex-ministre Constant Mutamba condamné pour détournement », 3
septembre 2025.
4. Congo Profond, « Détournement des fonds du FRIVAO : la Cour de cassation tranche »,
septembre 2025.

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