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TP N° 3 & 3bis - Etude Des Pertes de Charges

Ce document présente une étude des pertes de charge dans des conduites, réalisée sur deux semaines, avec des séances préliminaires et approfondies. Il aborde les concepts de pertes de charge régulières et singulières, ainsi que les méthodes de mesure et d'analyse des profils de pression. Les objectifs incluent la comparaison des pertes de charge pour différents types de tuyaux et l'évaluation des coefficients de perte de charge en fonction des débits.

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TP N° 3 & 3bis - Etude Des Pertes de Charges

Ce document présente une étude des pertes de charge dans des conduites, réalisée sur deux semaines, avec des séances préliminaires et approfondies. Il aborde les concepts de pertes de charge régulières et singulières, ainsi que les méthodes de mesure et d'analyse des profils de pression. Les objectifs incluent la comparaison des pertes de charge pour différents types de tuyaux et l'évaluation des coefficients de perte de charge en fonction des débits.

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TP n° 3 & 3bis - Etude des pertes de charges

Afin de mieux appréhender les problèmes liés à l’étude des pertes de charge, vous réaliserez
cette étude sur deux semaines.
Une première séance (Etude préliminaire des pertes de charges) vous sera nécessaire pour
vous familiariser avec les mesures et l’analyse des profils de pressions.
La deuxième séance (Etude approfondie des pertes de charges) s’effectuera sur une
installation similaire, mais possédant des caractéristiques différentes. En effet, vous aurez
alors la possibilité de comparer les pertes de charge obtenues pour des tuyaux de même
matériau mais de diamètres différents, de comparer les pertes de charge obtenues pour des
tuyaux de même diamètre mais de rugosité différente et enfin de caractériser, par le biais des
pertes de charges, le fonctionnement d’une vanne.

Introduction

Tous les fluides réels sont visqueux. Leurs écoulements s'accompagnent donc de frottements
internes qui sont d'autant plus intenses que les parois qui canalisent le fluide le freinent dans
leur voisinage (condition d'adhérence). La puissance que l'écoulement développe pour vaincre
les frottements est dégradée. En pratique, on appelle perte de charge par frottements l'énergie
mécanique dégradée, en moyenne, par unité de volume de fluide par les frottements visqueux.

L'énergie mécanique totale (par unité de volume) d'un fluide est mesurée par la pression
totale :

1 1
Pt = P + ρgz + ρV 2 = P* + ρV 2
2 2

qui est la somme de l'énergie potentielle (P* : pression motrice) et de l'énergie cinétique
(pression dynamique).

Quand on ne connaît pas la répartition précise des vitesses dans une section (profil de vitesse),
on se sert de la vitesse débitante pour évaluer la pression dynamique.

La dégradation d'énergie mécanique par les frottements entre deux sections 1 et 2 d'une
conduite se traduit donc par une perte de pression totale qu'on appelle perte de charge :

ΔPf = (Pt )1 − (Pt )2

Puisqu'en divisant les pressions par le poids volumique du fluide (ρg), on peut les exprimer en
hauteurs de colonne de fluide (par exemple : 1mmCE = 9.81 Pa) qu'on appelle "charge", les
pertes de charge sont souvent données en unités de longueur.
Dans le cas idéal d'un fluide parfait (dépourvu de viscosité) et incompressible, la pression
totale se conserve en écoulement stationnaire. C'est cette propriété qu'exprime l’équation de
Bernoulli.

21
Les pertes de charges localisées (singulières)

Un accident dans une conduite (variation progressive ou brusque de section, changement de


direction, embranchement, obstacle) oblige le fluide à un réarrangement des lignes de courant
qui s'accompagne de frottements additionnels, donc de pertes de charge supplémentaires. Les
pertes de charge singulières sont très généralement exprimées sous la forme :
V2
ΔPf = ζρ
2
où le coefficient ζ appelé coefficient de perte de charge est, en écoulement turbulent,
sensiblement constant et où V est la vitesse moyenne du fluide dans une section de référence
définie.

ζ est alors une caractéristique de la singularité pour une section de référence donnée (les
valeurs les plus utilisées pour ζ sont regroupées dans l' annexe 2).

Les pertes de charge réparties ou régulières

En présence de pertes de charges, une partie de l'énergie mécanique totale est dissipée sous la
forme de frottements internes. Ainsi, l'écoulement s'accompagne d'une perte d'énergie
mécanique totale directement fonction de la nature du circuit et du débit mais aussi de l'état de
surface de la paroi. On qualifie ordinairement cet état par une seule dimension géométrique k,
qui est en général la hauteur moyenne des aspérités de cette paroi. Les valeurs de k pour des
parois usuelles sont données dans l'annexe 3. Un raisonnement basé sur l'analyse
dimensionnelle montre que la perte de charge (ΔPf) dans une conduite de longueur L et de
diamètre D peut se mettre sous la forme
L V2
ΔPf = Λ ρ
D 2
Le coefficient de perte de charge Λ ne dépend alors que de deux facteurs adimensionnels : Re
k ρVD k
et . Le nombre de Reynolds ( Re = ) caractérisant l'écoulement et la rugosité
D µ D
relative de la paroi.
Le calcul de la perte de charge dans une canalisation est conditionné par l'estimation du
coefficient de perte de charge. Dans une conduite rectiligne et de section constante, loin de
l'entrée, les pertes de charge deviennent proportionnelles à la longueur du tuyau. On parle
alors de pertes de charge réparties ou régulières. On considère généralement que le coefficient
de pertes de charge régulières Λ est donné par l'une des corrélations suivantes selon la gamme
de Nombre de Reynolds et la rugosité des parois:

• Hagen-Poiseuille pour les écoulements laminaires (Re < 2500)


64
Λ=
Re

• Blasius pour les écoulements turbulents hydrauliquement lisses (104<Re<105)

0.316
Λ= 1

Re 4

22
• Karman-Nikuradze pour les écoulements turbulents hydrauliquement lisses
5
(Re>10 )
1
Λ
( )
= 2 log Re Λ − 0 ,8

• Karman-Prandtl pour les écoulements turbulents complètement rugueux (dans ce


cas le coefficient de perte de charge ne dépend plus que de la rugosité de la paroi)

1
Λ
= −2 log k( D)+ 1,14
• Colebrook pour l'ensemble des écoulements turbulents

1 ⎡ k 2.51 ⎤
= −2 log ⎢0.270 +
Λ ⎣ D Re Λ ⎥⎦

Nota : La paroi d'une conduite est dite hydrauliquement lisse quand l'effet de la rugosité est
négligeable

L'ensemble de l'évolution de Λ en fonction de Re et du rapport de rugosité de la paroi est


représenté sur le diagramme de Moody (cf. Fig 2 et annexe 4) qui est un lissage des résultats
expérimentaux sur la base des lois citées.

Figure 2 : Diagramme de Moody.

23
TP 3 Etude préliminaire des pertes de charges

Photo de l'installation

Description de l’installation

On dispose d'un banc d'écoulement muni d'une pompe centrifuge alimentant en parallèle des
tuyaux comportant différents types de pertes de charges. L'étude des pertes de charges sera
effectuée sur trois des six tuyaux seulement.
Le tuyau 1 : pour les pertes de charges régulières (tuyau rectiligne de section constante)
Le tuyau 4 : pour les pertes de charges localisées (rétrécissement et élargissement)
Le tuyau 6 : pour les pertes de charges localisées (coudes)

Objectifs du TP

L'objectif du TP est de mesurer les pertes de charge, d'en déduire les coefficients de pertes de
charges localisées et réparties, d'analyser leur évolution par rapport au débit, et enfin de
comparer les résultats aux données disponibles dans la littérature.
Moyens de mesure

-Mesure du débit : rotamètre et empotage


Pour l’ensemble du TP, vous disposerez d’un rotamètre pour la mesure du débit. Le débit peut
également être mesuré par empotage grâce à un réservoir situé derrière la manipulation.

-Mesure des pertes de charge : manomètre à eau et manomètre différentiel

Pour les mesures des pertes de charges vous disposez de prises de pression situées de part et
d'autre des singularités pour les tubes 4 et 6 et réparties tout au long du tube 1 pour les pertes

24
de charges distribuées. Ces prises de pression pourront être reliées au manomètre à eau et/ou
au manomètre différentiel. Le branchement de ces prises de pression est réalisé par des
connecteurs rapides. Afin que la mesure soit possible, vous devrez ajuster la position de
l’interface eau/air dans le cas du manomètre à eau et vous devrez vérifier qu’il n’y a pas de
bulle d’air dans les tuyaux souples.
La température de l'eau circulant dans l'installation peut être mesurée grâce à un thermomètre
et permet ainsi de prendre en compte d'éventuelles variations de la viscosité de l'eau.

Mesures et résultats
1- Relever les caractéristiques géométriques des tuyaux et les positions des prises de pression.
2- Grâce à la mesure du débit par empotage, vérifier la valeur lue du débit au niveau du
rotamètre. La différence observée peut-elle s’expliquer par les incertitudes de mesures?
3- Pour les tubes 4 et 6, tracer les profils de pression en prenant soin de faire figurer la
position des singularités. D’après l’allure des profils de pression, comment peut-on déterminer
les coefficients de perte de charge de chaque singularité ? Compte tenu de la précision des
mesures, peut-on considérer que ζ est une constante? Comparer avec les valeurs théoriques.
Commentaires.
4- Pour le tube 1, tracer, pour chaque débit, le profil de pression correspondant et commenter.
A partir de ces profils de pression, déterminer les coefficients Λ. En plaçant vos points
expérimentaux sur le diagramme de Moody, en déduire le coefficient de rugosité relative du
tuyau. Conclusions.
5- A partir d'un débit de 3m3/h circulant dans le tube 1 on ouvre alors, en parallèle, un second
tube. Comment évolue le débit de la pompe et pourquoi? Déterminer les débits dans chacun
des deux tubes.

Préparation de séance

Soit les pressions P1 et P2 avant et après le convergent. Etablir l’expression de la perte de


charge singulière due à un convergent. Comment détermineriez-vous ce coefficient en
utilisant des mesures effectuées à plusieurs débits ?
Air

0,034 m 0
P1 P2 Manomètre à eau

Q 0,609 m
D1 D2

Application numérique : Q= 2 m3/h ; D1= 26 mm ; D2= 16 mm

Tracer un profil de pression théorique pour la perte de charge répartie (Q=4m3/h , Dint. =
26mm et longueur 2,2m) pour un écoulement hydrauliquement lisse (prendre 0 pour la
pression d’entrée).

25
ANNEXE 1
Pertes de charge singulières pour des conduites de section circulaire
(Techniques de l’ingénieur)

26
ANNEXE 2
Rugosité géométrique des parois usuelles
(Techniques de l’ingénieur)
Nature de la paroi Rugosité uniforme
équivalente k (mm)
Tuyau étiré en verre, cuivre, laiton <0.001
Tuyau industriel en laiton 0.025
Tuyau en acier laminé :
*neuf 0.05
*rouillé 0.15 à 0.25
*incrusté 1.5 à 3
*bitumé intérieurement 0.015
Tuyau en acier soudé :
*neuf 0.03 à 0.1
*rouillé 0.4
Tuyau en fer galvanisé 0.15 à 0.2
Tuyau en fonte usuelle moulée:
*neuf 0.25
*rouillé 1 à 1.5
*bitumé intérieurement 0.1
Tuyau quelconque fortement incrusté jusqu'à 3
Tuyau en ciment
*lisse 0.3 à 0.8
*brut jusqu'à 3
Tuyau en acier riveté 0.9 à 9
Planches non rabotées 1 à 2.5
Pierre de taille 8 à 15
Galerie brute de percement 90 à 600

27
ANNEXE 3
Diagramme de MOODY
(Techniques de l’ingénieur)

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