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Source : Desombre, C. (2020, January 15). L’école inclusive peut-elle profiter à tous les élèves ?
Université de Lille. The Conversation. [Link]
Cet article a été sélectionné à des fins éducatives par le projet PROF-L.
Hinweis:
Dies ist eine Beispielaufgabe im Format der PROF-L Prüfung und keine Originalprüfungsaufgabe.
Inhalt und Schwierigkeitsgrad können abweichen.
École inclusive
Indication de temps : 15-20 minutes
Situation
Dans votre école, vous accueillez un·e élève porteur de handicap. Vous vous renseignez pour savoir
si l’école inclusive peut profiter à tous les élèves.
Consigne
Lisez l’article et répondez aux questions. Pour chaque question, choisissez une seule réponse.
L’École inclusive peut-elle profiter à tous les élèves ?
Les enfants scolarisés dans une classe inclusive seraient moins enclins aux préjugés. L’école inclusive a
pour objectif de permettre à tous les élèves « quels que soient leurs handicaps et leurs difficultés »
d’apprendre et d’avoir « une chance égale » de réussir. Depuis plusieurs années, on peut constater
une forte volonté politique pour la mise en place de cette école, à la fois à l’échelle internationale et
nationale.
En France, certaines circulaires, notamment celle de 2016, soutiennent ces mesures législatives en
réaffirmant que « le droit à l’éducation pour tous les enfants, quel que soit leur handicap, est un droit
fondamental » et que « chaque école a vocation à accueillir tous les enfants, quels que soient leurs
besoins ». Elle précise par ailleurs que : « L’élève en situation de handicap est un élève comme les
autres. Avec les aménagements et adaptations nécessaires, il doit avoir accès aux mêmes savoirs et
être soumis aux mêmes exigences. »
Malgré cette forte volonté politique, force est de constater que de nombreux obstacles persistent. La
difficulté de mise en place de l’éducation inclusive s’explique par de nombreuses variables, comme
par exemple le faible sentiment de compétence des enseignants, leur manque de formation ou
encore le manque de soutien perçu de l’institution.
L’inclusion des élèves à besoins éducatifs particuliers peut légitimement être questionnée dans ses
finalités. En effet, l’éducation inclusive met l’accent, dans ses principes fondamentaux, sur
les valeurs d’équité et de justice sociale.
Mais est-ce que l’éducation inclusive atteint son objectif ? En d’autres termes, permet-elle vraiment
aux élèves à besoins particuliers d’apprendre comme les autres ? Permet-elle aussi aux élèves
ordinaires d’apprendre dans les meilleures conditions ?
Variété des pédagogies
Une méta-analyse, c’est-à-dire une synthèse exhaustive des résultats de la littérature scientifique,
réalisée par Ruijs et Peetsma en 2009, tend à montrer que, de manière générale, l’inclusion a des
effets soit positifs (dans la plupart des études), soit neutres sur le développement cognitif des élèves
à besoins éducatifs particuliers. En d’autres termes, leur inclusion en classe ordinaire leur permet,
dans la majorité des cas, de développer davantage leurs apprentissages. Parfois, cet effet positif ne se
retrouve pas, mais l’inclusion ne nuit pas à leurs apprentissages.
Cette méta-analyse s’intéressait également aux effets de l’inclusion sur le développement socio-
affectif des élèves souffrant de handicap, comme la confiance en soi ou la qualité des relations
sociales. Sur ce point, l’analyse n’a pas permis de tirer des conclusions. Pour expliquer le manque de
consensus des études, les auteurs pointent l’inégale efficience des pédagogies inclusives dans les
classes.
En effet, les enseignants et les enseignantes ne sont pas tous préparés à l’inclusion et certaines
pratiques, peu adaptées, peuvent amener les élèves à besoins éducatifs particuliers à se sentir
marginalisés : manque d’interaction avec les autres élèves, support non adapté et donc difficulté face
aux tâches, évaluation négatives… D’autres pratiques, plus adaptées, peuvent au contraire favoriser le
développement socio-affectif.
Des progrès en lecture et en écriture
Une étude de Sermier et ses collaborateurs montre des effets contrastés en fonction des
compétences travaillées. Ces auteurs se sont intéressés aux effets de l’inclusion en classe ordinaire
sur les progrès d’élèves suisses présentant une déficience intellectuelle. Pour ce faire, deux groupes
d’enfants – similaires en termes d’âge, de QI, de statut socio-économique et de performances
scolaires avant l’étude – étaient comparés :
• un groupe d’enfants inclus dans des classes ordinaires à plein temps et bénéficiant de
quelques heures par semaine avec un enseignant spécialisé
• un groupe d’enfants scolarisés en classe spécialisée.
Ces élèves ont été suivis pendant deux ans, et leurs performances scolaires ont été évaluées à trois
reprises sur cette période. Les résultats indiquent que les élèves inclus en classe ordinaire ont plus
progressé en lecture, expression écrite, vocabulaire, orthographe et grammaire que les élèves en
classe spécialisée. En revanche, les deux groupes présentaient une progression similaire en
mathématiques. D’autres études ont également montré que le nombre d’heures d’inclusion en classe
ordinaire a un effet sur les apprentissages : plus les élèves sont scolarisés en classe ordinaire, plus
leurs scores aux évaluations de langue et de mathématiques sont élevés.
Moins de préjugés
Si l’inclusion ne peut être que bénéfique pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, qu’en est-il
pour les élèves ordinaires ? Une méta-analyse autour de 47 études réalisées en Europe, aux États-
Unis, et au Canada montre que l’inclusion a un effet faible, mais globalement positif sur les
apprentissages des élèves ordinaires. Elle indique également que l’effet positif est plus prononcé aux
États-Unis et au Canada qu’en Europe. Selon les auteurs, ce résultat peut s’expliquer d’une part, par
la mise en place de l’éducation inclusive plus récente de l’Europe, et d’autre part, par des conceptions
différentes de la notion d’inclusion. En effet, en Europe, l’inclusion est plutôt perçue comme une
forme d’instruction adaptée aux élèves à besoins éducatifs particuliers, alors qu’aux États-Unis et au
Canada, elle est vue comme une manière de transformer l’école.
L’effet de l’inclusion sur les compétences socio-affectives des élèves ordinaires a fait l’objet d’une
investigation très limitée. Il semblerait cependant que les élèves ordinaires scolarisés dans une classe
inclusive présentent moins de préjugés à l’égard des élèves souffrant de handicap, soient plus enclins
à jouer avec eux, et aient des attitudes plus positives à leur encontre.
Ces différentes études tendent à montrer que l’inclusion est au mieux bénéfique pour les élèves, au
pire ne nuit pas à leurs acquisitions. La poursuite de l’éducation inclusive dans notre pays semble
donc être une bonne chose pour les élèves à besoins éducatifs particuliers mais aussi pour les élèves
ordinaires. Elle permet d’offrir un véritable service public de l’éducation à tous les élèves.
(934 mots)
Question 1 :
L’objectif de l’école inclusive est …
A. de répondre à une ambition politique qui est l’égalité pour toutes et tous.
B. de combler le manque de places disponibles dans les écoles spécialisées.
C. d’améliorer les compétences sociales de tous les élèves pour mieux vivre ensemble.
Question 2 :
La circulaire de 2016 précise que l’élève en situation de handicap …
A. peut accéder aux mêmes savoirs que les autres élèves sans nécessiter d’ ajustements.
B. doit être évalué selon des critères différents pour compenser son handicap.
C. devrait bénéficier d’ajustements appropriés pour un accès équitable aux savoirs.
Question 3 :
La mise en place concrète de l’école inclusive est freinée parce que …
A. les moyens financiers disponibles sont insuffisants.
B. les élèves porteurs de handicap opposent des résistances.
C. les enseignant·e·s se sentent démuni·e·s face à cette problématique.
Question 4 :
La synthèse de Ruijs et Peetsma a montré que l’intégration des élèves porteurs de handicap…
A. permet le plus souvent de les faire progresser.
B. améliore systématiquement leurs notes scolaires.
C. a un impact limité sur les résultats scolaires.
Question 5 :
Une étude de Sermier a montré que les élèves scolarisés en classes spécialisées ont des résultats…
A. inférieurs en mathématiques.
B. inférieurs en langue.
C. similaires dans les deux matières.
Question 6 :
Les élèves à besoins éducatifs particuliers ne se sentent pas toujours intégrés dans le groupe-classe
en raison…
A. des aménagements insuffisants en classe.
B. des méthodes pédagogiques de certain·e·s enseignant·e·s.
C. d’un manque de motivation des élèves eux-mêmes.
Question 7 :
En Europe, on pense que l’inclusion…
A. signifie que tous les élèves ont un enseignement identique.
B. améliore les performances des élèves ordinaires.
C. est une instruction pour les élèves porteurs de handicap.
Question 8 :
Quel est l’impact de l’inclusion scolaire sur les élèves « ordinaires » ?
A. Ils sont moins disposés à coopérer avec les élèves souffrant de handicap.
B. Ils ont moins d’idées reçues sur les élèves souffrant de handicap.
C. Ils sont peu affectés du fait du peu d’interactions avec les élèves souffrant de handicap.
Corrigé et explications
Question 1:
Réponse correcte : A. de répondre à une ambition politique qui est l’égalité pour toutes et tous.
L’école inclusive vise à garantir une égalité des chances pour tous les élèves, indépendamment de
leurs handicaps ou difficultés, ce qui reflète une ambition politique d’équité.
Question 2 :
Réponse correcte : C. devrait bénéficier d’ajustements appropriés pour un accès équitable aux
savoirs.
La circulaire de 2016 souligne que les élèves en situation de handicap doivent bénéficier
d’aménagements pour accéder aux mêmes savoirs que les autres.
Question 3:
Réponse correcte : C. les enseignant·e·s se sentent démuni·e·s face à cette problématique.
La mise en œuvre de l’école inclusive est freinée par le manque de formation et le faible sentiment de
compétence des enseignant·e·s.
Question 4:
Réponse correcte : A. permet le plus souvent de les faire progresser.
La méta-analyse montre que l’inclusion scolaire permet généralement aux élèves à besoins
particuliers de progresser dans leurs apprentissages.
Question 5:
Réponse correcte : B. inférieurs en langue.
Les élèves en classe spécialisée ont montré des résultats inférieurs en langue comparés à ceux inclus
en classe ordinaire.
Question 6:
Réponse correcte : B. des méthodes pédagogiques de certain·e·s enseignant·e·s.
Certaines méthodes pédagogiques inadaptées peuvent marginaliser les élèves à besoins éducatifs
particuliers et nuire à leur intégration.
Question 7:
Réponse correcte : C. est une instruction pour les élèves porteurs de handicap.
En Europe, l’inclusion est souvent perçue comme une instruction spécifique pour les élèves porteurs
de handicap, plutôt qu’un changement global du système scolaire.
Question 8:
Réponse correcte : B. Ils ont moins d’idées reçues sur les élèves souffrant de handicap.
Les élèves ordinaires en classe inclusive développent moins de préjugés envers leurs camarades en
situation de handicap, favorisant des attitudes plus positives.