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Introduction Generale

Le document aborde la décentralisation administrative en République Démocratique du Congo et son impact sur l'unité nationale, en se basant sur la constitution de 2006. Il souligne les contradictions entre l'idée d'une nation unie et la décentralisation qui favorise l'autonomie des provinces. L'auteur exprime également son intérêt personnel, sociétal et scientifique pour ce sujet, tout en remerciant ceux qui ont contribué à son travail.

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Introduction Generale

Le document aborde la décentralisation administrative en République Démocratique du Congo et son impact sur l'unité nationale, en se basant sur la constitution de 2006. Il souligne les contradictions entre l'idée d'une nation unie et la décentralisation qui favorise l'autonomie des provinces. L'auteur exprime également son intérêt personnel, sociétal et scientifique pour ce sujet, tout en remerciant ceux qui ont contribué à son travail.

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~I~

EPIGRAPHE

« Le temps est venu pour une guerre totale


contre la pauvreté, les nations riches doivent
utiliser leurs vastes ressources pour se
développer. »

MARTIN LUTHER KING


~ II ~

DEDICACE

A mon beau-frère KAKULE MAGALI KITENDERE pour le soutien


tant moral, matériel et financier mis à notre disposition. Sans oublier la générosité
et la confiance placée en nous.

A MWANDAMA MWANDWE ROSE pour ton amour et ton


encouragement.

Aux membres de la famille pour leurs encouragements : KAVIKA


KAMATE, KABUO KAMATE, KAHAMBU KAMATE ANNIE, MOHINDO
KAMATE, KAMATE SAMBI, SINDANI KAMATE, MUMBERE WASINGYA,
BAGHENI WA SINGYA, MAGALI MBAMBU KAMATE, LUPETO KAMATE,
JEREMIE KAMATE, ALEOSI SIFA, IDRIS KAMATE, ARCEL KAMATE,
ELIE, KAMATE, ARNOLD KAMATE, TSHISINKU SEYA, KAMATE
YASMINE, ORELIE KAMATE, ARCEL KAMATE ARNOLD KAMATE,
KAHINDO IVONE, OLIVIER KAMATE, FANNY KAMATE, FANNY JEAN,
KAMATE FELIX, MARGILE ET GORETHIE.
~ III ~

IN MEMORIAM

A mes parents : KAMATE MAFUTA MINGI MARCEL et SAKINAH


MARIE GORETHIE pour m’avoir donné une vie précieuse, une meilleure
éducation et un amour infini.

A vous mes frères et sœurs : JUSTIN KAMATE, KATUNGU


KAMATE, NGALULA, TSHIZA LUBALA, MWANAFIER, MUNDALA
LUBALA, SAMBI KAMATE, MWANASISI, ARNOLD SWINGI KAMATE et
TRIGELE.

Vous avez choisi de me quitter en vue de préparer une bonne place pour
moi. Je ne vous oublierais jamais.
~ IV ~

AVANT-PROPOS

Aucun effort tout à fait vain. S’il ne sert pas tout de suite, il en prépare
néanmoins un autre de plus efficace. Ce travail est la réunion des efforts fournis
depuis des années.

C’est pourquoi, nous ne pouvons nous empêcher de remercier tous ceux


qui de près ou de loin ont contribué à l’élaboration de ce travail.

A Dieu l’Eternel Tout Puissant, le Maitre de temps et des circonstances


pour toutes ses bienfaits.

Le mérite revient ensuite à notre directeur le Professeur KAZADI


MPIANA Joseph et à notre Co-Directeur le Chef des Travaux Igor KAYIBU
BECKER qui malgré leur charge ont fait montrer de disponibilité en vue d’assurer
notre encadrement avec savoir et maitrise.

Nos remerciements s’adressent à l’Université de Likasi, pour la


formation de qualité nous offerte. Notre gratitude s’adresse aussi directement à
notre Recteur, le Professeur Ordinaire Louis MPALA MBABULA et a tout son
comité de gestion, pour les efforts qu’ils ne cessent de consentir en vue de faire
éviter à notre Université toute forme de dérive.

Nos remerciements s’adressent aux autorités de la faculté de Droit,


notamment le Doyen le Professeur Léon MUSANS KAPEND-A-KATSHIW, au
Chef de Travaux MWINDULE Vice-Doyen à l’enseignement et à la Cheffe de
Travaux Elodie KALENGA, Vice Doyen à la Recherche, au Chef de Travaux
Claude KABEMBA, le Secrétaire Académique et sans oublier le Chef de
Département de Droit General l’Assistant Franck KABULO.

A mes amis et connaissances : MUKAD VANNECK, MUKAD ELIE


STIVE, KINKE GANDHIE, CEDRICK, FRABRICE, SERAPHIN, CONCILE,
GAD A MUKAD, RETICE, GLOIRE MWALU, ARTHUR, JEROME, ELVIS,
~V~

CHARLY, NATHAN, FRANCINE MUJINGA, MIRADI KARUMB, DEMUJI,


MUKEYA LEONIE, GLOIRE MWALU, GASTON ET ALEBERT MUKEYA,
KIBALE, SEPHORA.

A tous ceux qui d’une manière ou d’une autre, moralement ou


matériellement, nous ont aidé durant notre formation, nous leurs disons sincèrement
merci. Et que leurs sacrifices et efforts soient récompenses à jamais.
~1~

INTRODUCTION GENERALE

1. PRESENTATION DU SUJET

L’article 1èr de la constitution Congolaise du 18 Février 2006 à son


premier alinéa dispose : « La République Démocratique du Congo est, dans ses
frontières du 30 juin 1960, un Etat de droit, indépendant, souverain, uni et
indivisible, social, démocratique et laïc ».1

De la lecture de cette disposition, nous pouvons ressortir deux concepts


à savoir : « uni » et « indivisible ». La fusion de ces deux concepts donne ce que
l’on appelle « l’unité nationale ». Celle-ci s’entend comme étant, la cohésion de
l’ensemble des composantes humaines de la société. Elle est donc, par excellence,
l’instrument primordial de l’action commune dans la Nation.

Dans une conception purement politico-juridique, l’unité nationale


renvoie à une homogénéité administrative, c’est-à-dire la nation entière constitue
une seule personne morale et une seule personnalité juridique. Deux conceptions
de la nation sont possibles : une conception objective selon laquelle la nation
regroupe des individus partageant des caractéristiques communes (ethnie, langue,
religion) et une conception subjective selon laquelle la nation est le sentiment
d'appartenir à une communauté qui partage les mêmes valeurs et les mêmes
idéaux.

Cependant, la constitution prerappelée prévoit la décentralisation


lorsqu’elle dispose d’abord au premier alinéa de son article 2 que : « La
République Démocratique du Congo est composée de la ville de Kinshasa et de 25
provinces dotées de la personnalité juridique ». En suite à son article 3 : « Les
provinces et les entités territoriales décentralisées de la République Démocratique
du Congo sont dotées de la personnalité juridique et sont gérées par les organes
locaux. Ces entités territoriales décentralisées sont la ville, la commune, le secteur
et la chefferie. Elles jouissent de la libre administration et de l'autonomie de
1
Article 1èr Al.1 de la constitution Congolaise du 18 Février 2006, telle que modifié et complétée à ces jours.
~2~

gestion de leurs ressources économiques, humaines, financières et techniques. La


composition, l'organisation, le fonctionnement de ces entités territoriales
décentralisées ainsi que leurs rapports avec l'Etat et les provinces sont fixés par une
loi organique ».

La décentralisation a commencé son effectivité en 2007, après la


promulgation de la Constitution de 2006 qui fait explicitement référence aux
provinces et aux institutions politiques provinciales (Article 195), à la répartition
des compétences entre le pouvoir central et les provinces (Article 201) et enfin, à
l’autorité coutumière (Article 207). Deux lois organiques ont aussi été adoptées en
2008, l’une relative à la libre administration des provinces et l’autre détaillant
l’organisation et le fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées (ETD)
et leurs rapports avec le gouvernement central et les provinces.

Ainsi, nous avons choisi d’intituler notre travail de la manière


suivante : « la décentralisation administrative face à l’unité nationale ».

2. CHOIX ET INTERET DU SUJET

a. Choix du sujet

Le choix d’un sujet de recherche peut découler d’une curiosité


scientifique, d’un désir ou d’une inquiétude résultant d’une situation bien précise.

Pour notre part, le choix de ce sujet n’est pas un fait du hasard, il


découle de la curiosité de constater que constitution Congolaise prévoit prône à la
fois l’unité nationale fondé sur l’idée de l’homogénéité administrative et la
décentralisation qui est fondé sur l’idée de l’autonomie administrative des
provinces et entités territoriales décentralisées, ce qui nous donne deux situation
contradictoires prônées par la même constitution.

b. Intérêt du sujet

En faisant le choix de ce sujet, nous poursuivons un intérêt qui se dégage


sur trois plans à savoir :
~3~

 Le plan personnel ;
 Le plan sociétal ;
 Le plan scientifique.

 Au plan individuel

Ce travail nous permet individuellement d’asseoir et maitriser les notions


relatives à l’organisation de l’Etat en générale et en particulier celles relative à la
décentralisation dans ses différentes formes. Ensuite, en tant que chercheur, nous
sommes appelés d’analyser les différents problèmes juridiques qui se posent afin
d’essayer de trouver quelques pistes de solution.

En outre, l’intérêt poursuivi sur le plan individuel est aussi le fait que
nous voulons répondre à l’obligation académique qui veut qu’à la fin du deuxième
cycle, nous puissions rédiger un travail de fin d’étude, lequel nous permettra
d’obtenir le grade de licencié en droit.

 Au plan scientifique

Ce travail constitue dans le domaine juridique, une contribution à


l’édification de celui-ci, une source d’information, mais aussi une référence pour
les futurs chercheurs qui voudront bien mener une étude se rapprochant à ce thème.
Il ouvre donc la voie à plusieurs thèmes de recherche juridique. Ce travail constitue
également une contribution à la notion de la décentralisation en droit Congolais.

 Au plan social

Ce travail vise à mettre ou à porter à la connaissance de la société en


Congolaise des différents problèmes pose la décentralisation sur l’unité nationale
que prône la constitution Congolais.
~4~

3. ETAT DE LA QUESTION

Tout travail scientifique exige un recours aux précédents, un recul


historique en vue de ressortir son originalité. Ainsi, dans le cadre de notre travail,
nous avons fait référence à quelques travaux rédigés précédemment qui
s’apparentent à notre sujet d’étude. C'est notamment le cas de :

 NKONGOLO MUSUNGULA Jacques2 ; Ce chercheur a mis l'accent sur


la praticabilité du projet décentralisateur dans son ensemble et du
financement de la décentralisation. Pour lui les conditions de réussite de la
décentralisation pour la RDC se situent au triple plan : des hommes, des
ressources financières et le comportement du pouvoir central.

Bien que nous parlons tous de la décentralisation, ce travail se distingue


du notre par son orientation dans la mesure où, le rédacteur du présent travail se
penche beaucoup plus sur les problèmes que pose la mise en œuvre de la
décentralisation en RDC alors que notre travail aborde la question l’impact de la
décentralisation sur l’unité nationale.

 LUBUNGA MWINDULWA Hervé3 ; Cet auteur a mis l'accent sur le


développement par la décentralisation actuelle sur le découpage territorial
qui exige des moyens matériels et financiers. La RDC est confrontée à
plusieurs problèmes qui freinent le développement des entités territoriales
décentralisées tels que l'égoïsme des dirigeants, la corruption, le tribalisme
comme stratégie politique pour certains hommes d'État.

Bien que nous parlons aussi tous de la décentralisation avec lui, ce


travail se distingue du notre également par son orientation dans la mesure où, le
rédacteur du présent travail la question du développement des entités territoriales
décentralisé en tenant compte de la réparation des ressources entre l’Etat et les ETD

2
NKONGOLO MUSUNGULA Jacques, la problématique de la mise en œuvre de la décentralisation financière en
RDC, Université MARIEN de Brazzaville, Mémoire en Science Economiques, 2007
3
LUBUNGA MWINDULWA Hervé, L’impact de la décentralisation territoriale sur le développement en RDC,
Université officielle de Bukavu, Mémoire de Licence en Droit, 2010.
~5~

en RDC alors que notre travail aborde la question l’impact de la décentralisation


sur l’unité nationale.

 MUSHAGALUSA BALEGANA4 ; Cet auteur a mis l'accent sur la question


d'autonomie financière et organique. Il affirme que c'est le principe
d'autonomie financière qui permet à une entité territoriale décentralisée de
disposer d'un budget propre, distinct de celui du pouvoir central, de la
province et même des autres entités territoriales décentralisées.

Il conclut son travail en suggérant que la commune d'IBANDA devra


donc jouir de son autonomie organique et financière dans le cadre de la
décentralisation.

Nous partageons un avis de convergence avec lui du fait que nous


traitons aussi sur la décentralisation en RDC, mais à la différence de lui, notre
travail parle de la décentralisation administrative face à l’unité nationale en RDC.

4. PROBLEMATIQUE ET HYPOTESE DE RECHERCHE

a. Problématique de recherche

Tout travail scientifique part d’un problème, lequel est tiré soit d’un
constat soit d’une analyse d’un phénomène juridique.

Ces problèmes constituent la problématique qui se définie comme


l’ensemble des problèmes qui soulevé une science ou un objet sous étude.5

En se basant au problème tel qu’exposé ci-haut dans notre présentation


du sujet, il y a lieu de nous poser la question suivante :

 La décentralisation administrative ne remet-elle pas en cause l’unité


nationale de la RDC ?

4
MUSHAGA LUSA BALENGANA, de la décentralisation territoriale en RDC regard sur l’autonomie organique et
financière des entités territoriales décentralisées, cas de la commune d’Ibanda, Université Catholique de
Bukavu, Licence en Droit 2010.
5
NDAY WA MANDE, Initiation à la recherche scientifique, G1 Science économique et de gestion, Université de
Lubumbashi, extension de Likasi, 2009, inédit.
~6~

Voilà la question qui constitue le pilier de notre travail à laquelle nous


essayons de répondre progressivement.

b. Hypothèse du travail

L’hypothèse, quant à elle est une proposition des réponses aux questions
que l’on se pose à propos de l’objet de recherche formulé en des termes, tel que
l’observation et l’analyse puissent fournir des réponses qui peuvent être confirmées
ou infirmées après l’analyse.6

Pour ce qui est de notre problématique, et/ou regard de l’unité nationale


dans sa conception objective selon laquelle la nation regroupe des individus
partageant des caractéristiques communes d’une part et sa conception subjective
selon laquelle la nation est le sentiment d'appartenir à une communauté qui partage
les mêmes valeurs et les mêmes idéaux. D’autre part la décentralisation est une
contradiction à celle-ci dans la mesure où, elle exclut le partage de la communauté
des caractéristiques des individus ainsi que le sentiment d'appartenir à une
communauté qui partage les mêmes valeurs et les mêmes idéaux.

5. METHODE ET TECHNIQUES DE RECHERCHE

a. Méthode de recherche

Pour mener à bon port un travail scientifique, un chercheur a toujours


besoin des méthodes et techniques qui lui permettront de récolter les données
nécessaires. Ainsi, nous avons, dans ce travail, utilisé les méthodes et techniques
suivantes, qui constituent notre méthodologie.

Deux méthodes nous ont permis de récolter les données contenues dans
ce travail. La première, qui est d’ailleurs celle qui domine et qui est commune dans
les recherches juridiques, est le positivisme juridique ou la méthode positiviste
juridique. Pour éclairer le lecteur sur le contenu de cette méthode, nous retenons
l’explication qu’en donne Pierre Félix Kandolo selon laquelle le « Positivisme

6
MALEMBA N’SAKILA Gilbert, Initiation à la recherche scientifique, cours, G1 économie, Université de
Lubumbashi, 2006-2007.
~7~

juridique est une méthode ou une doctrine juridique par laquelle le droit se réduit
au droit positif tel qu’il est décrit dans les codes et tel qu’il est interprété par la
jurisprudence et par la doctrine »7. Ainsi, continue-t-il, toute recherche qui décrit le
droit positif tel qu’il est contenu dans les textes des lois et tel qu’il est interprété par
les cours et tribunaux et la doctrine se base sur le positivisme juridique »8.

De ce qui précède, en tant que paradigme dominant en droit 9, cette


méthode nous a facilité d’analyser l’effectivité de la décentralisation et
l’application de l’unité nationale en RDC en nous basant aux dispositions de la
constitution Congolaise telle qu’interprétée par la doctrine et la jurisprudence.

Quant à la seconde méthode, qui vient compléter celle qui vient d’être
dite ci-haut, est la méthode herméneutique, qui est depuis longtemps la méthode
privilégiée par les praticiens du droit, notamment, les juges, les avocats, les
professeurs de droit et autres, nous a aidé à comprendre ce qu’est le droit, le sens,
l’esprit, l’intention et le contexte dans lequel une loi, un traité a été adopté. Quant à
nous et plus spécifiquement, cette méthode nous a permis de mieux comprendre et
interpréter les textes juridiques relatifs à notre travail dont notamment la
Constitution de la RDC qui garantit l’unité nationale et prévoit la décentralisation
administrative, ainsi que la loi organique n° 08/016 du 07 octobre 2008 portant
composition, organisation et fonctionnement des Entités Territoriales
Décentralisées et leurs rapports avec l'Etat et les Provinces.

b. Technique de recherche

La technique devient une voix à suivre pour amener le chercheur a la


découverte de la vérité.10

7
Pierre Félix KANDOLO ON’UFUKU WA KANDOLO, Guide Kandolo. Méthodes et règles de rédaction d’un travail
de recherche en droit, Beau Bassin (Mauritius), Éditions universitaires européennes, 2018, p.245.
8
Id.
9
Le concept « paradigme » est retenu comme un modèle ou un exemple commun pour la solution d’autres
énigmes qui surgissent dans le développement de la discipline. Ce modèle commun est la méthode utilisée par
tous les juristes dans les recherches en droit. Cette explication est de Pierre Félix Kandolo : Ibid., p.228, n°542.
10
[Link]., explication de Pierre Félix Kandolo, p.228
~8~

Pour ce qui est de notre travail, nous avons fait recours à trois techniques
à savoir :

 Technique documentaire

Elle consiste à faire recours aux écrits laissés par les prédécesseurs pour
recueillir les données utiles.

Nous avons fait le choix de cette technique parce qu’elle nous a permis
de consulter un certain nombre de documents relatifs à l’objet de notre étude, c'est
notamment, les textes de lois, les ouvrages, les articles des revues, les notes de
cours et les jurisprudences ayant trait avec notre sujet d’étude.

 Techniques d’interview libre

Elle consiste à organiser un entretien avec différentes personnes ayant


une connaissance approfondie dans le domaine sous rédaction.

Dans le cas de notre travail, cette technique nous a permis d’entrer en


contact avec différentes personnes, ayant une connaissance approfondie dans le
domaine faisant notre étude.

6. DELIMITATION DU SUJET

Pour qu’un travail ne soit pas vague et sujet de plusieurs interprétations,


il est toujours recommandé au chercheur de délimiter son travail dans le temps et
dans l’espace ainsi que sur le plan matériel. Ainsi, comme le signale Pierre Félix
Kandolo dans Guide Kandolo, délimiter un sujet de recherche, revient à l’auteur de
préciser à la fois le cadre chronologique, le cadre géographique (si cela est
possible) mais aussi et surtout le cadre conceptuel et thématique dans lequel
s’inscrit le projet de recherche11.

11
P.F. KANDOLO ON’UF UKU WA KANDOLO, préc note 8. Voir également Pierre Félix KANDOLO
ON’UFUKU WA KANDOLO, Réparations en droit de la personne et en droit international humanitaire.
Problèmes et perspectives pour les victimes en République démocratique du Congo, Thèse présentée et soutenue
en vue de l’obtention du grade de Docteur en droit, Montréal, Université de Montréal, Faculté de droit, 2017, p.
27.
~9~

Ainsi, nous avons délimité notre travail quant à l'objet de la recherche,


quant aux personnes sur lesquelles porte notre recherche, quant au temps et quant à
l'espace comme suit :

 Sur le plan matériel

Notre sujet se limite à analyser l’application affective de la


décentralisation en RDC au regard l’unité nationale prônée par la constitution ;

 Sur le plan temporaire

Notre travail par de 2006, l’année d’entrée en vigueur de la Constitution


Congolaise qui institue la décentralisation et l’unité nationale faisant l’objet de
notre recherche jusqu’en 2022, année de rédaction du présent travail ;

 Sur le plan spatial

Notre travail couvre l’étendue de la République démocratique du Congo


étant donné que celle-ci est le siège d’application de ladite constitution.

7. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Outre l’introduction et la conclusion générale, notre travail est subdivisé


en trois chapitres composés des sections et des paragraphes.

 Le premier chapitre porte sur les considérations générales ;


 Le second chapitre parle de la mise en place de la décentralisation
en RDC ;
 Le troisième chapitre quant à lui est consacré à l’analyse de
l’impact de la décentralisation sur l’unité nationale.
~ 10 ~

Chapitre premier :

CONSIDERATIONS GENERALES

Avant d’aborder l’aspect pratique notre sujet d’étude, il est nécessaire de


commencer par les notions théoriques qui se rapportent à celui-ci de manière à
faciliter à nos lecteurs une bonne compréhension de la suite de notre travail. C’est
ainsi, deux sections vont faire l’objet du présent chapitre à savoir :

- Approche conceptuel ;
- Théorie générale sur la décentralisation.

SECTION I : APPROCHE CONCEPTUELLE

Pour permettre à nos lecteurs d’avoir une compréhension nette du sujet,


nous nous proposons de définir les concepts de base pour que nous ayons la même
compréhension. Ces concepts sont les suivants :

- Décentralisation ;

- La constitution ;

- L’unité nationale.

§1. Décentralisation

La décentralisation s’entend comme mode de gouvernance à même de


faciliter une bonne démocratie, en rapprochant l’administration des administrés et
en luttant contre la pauvreté, en vue de favoriser le progrès social et le
développement économique des populations.

C’est en quelques sorte « La reconnaissance par l’état d’autres personnes


publiques habilitées à intervenir dans certains domaines avec un pouvoir de
décision et disposant dans cette action d’une certaine autonomie. Décentralisation
territoriale : les institutions. »12

12
KAIMWA MANENO Bruno, les enjeux de la décentralisation en RDC, Kinshasa, éd. L’harmattan, 2016, p.11.
~ 11 ~

§2. La constitution

Une Constitution est un ensemble de textes fixant les règles juridiques


fondamentales d’organisation et de fonctionnement d’un Etat et de ses institutions
ainsi que les droits et les libertés de ses citoyens. Une Constitution peut être écrite
(comme en France ou aux Etats-Unis) ou non (comme au Royaume-Uni, où c'est la
coutume qui prévaut).13

La constitution peut revêtir deux formes à la savoir, la constitution


souple et la constitution rigide.

En droit constitutionnel, une Constitution est dite « souple » lorsque la


procédure pour la réviser est plus simple à suivre, c'est-à-dire, en général, la même
que celle applicable à l’adoption des lois ordinaires.

A l’inverse, une Constitution est dite « rigide » lorsque les conditions


applicables pour réviser son contenu requièrent une procédure complexe, différente
de celle applicable pour adopter les lois ordinaires.14

§3. L’unité nationale

L'unité nationale désigne l'union d'un ensemble d'individus au sein d'un


groupe suffisamment homogène pour que l'on parle de nation. Deux conceptions de
la nation sont possibles : une conception objective selon laquelle la nation regroupe
des individus partageant des caractéristiques communes (ethnie, langue, religion) et
une conception subjective selon laquelle la nation est le sentiment d'appartenir à
une communauté qui partage les mêmes valeurs et les mêmes idéaux.15

13
Gérard CORNU, vocabulaire juridique, Paris, 5ème édition Dalloz, 2007, p.65
14
La constitution, droits et grands enjeux contemporains, revue anonyme, à lire sur [Link],
consulté le 19 Mai 2022, à 16h01’
15
Lambert-Lucas, l’unité nationale, Communautés et communautarisme, Paris, éd. Dalloz, 2009, p.18
~ 12 ~

SECTION II : THÉORIE GÉNÉRALE SUR LA DÉCENTRALISATION

Dans cette section consacrée à la théorie générale sur la décentralisation


en RDC, nous allons aborder tour à tour 5 points à savoir :

- Définition et notion de la décentralisation ;

- Historique de la décentralisation ;

- Type des décentralisations ;

- Caractéristiques de la décentralisation ;

- Contrôle de l'état sur les entités territoriales décentralisées.

§.1. Définition et notion de la décentralisation

La décentralisation est un de modes d’organisation de l’administration.


Elle peut se définir comme un système d’organisation administrative dans lequel il
y a création par la loi ou par le constituant lui-même, en dehors du centre, d’autres
niveaux de responsabilité et de décision.16

Elle consiste ainsi à confier des pouvoirs de décision à des organes autres
que de simples agents du pouvoir central.

Certains auteurs définissent la décentralisation comme étant un système


d’administration consistant à permettre à une collectivité territoriale
(décentralisation territoriale) ou à un service (décentralisation technique) de
s’administrer eux –mêmes sous le contrôle de l’Etat, en les dotant de la personnalité
juridique, d’autorités propres et des ressources.17

Cette définition, quand bien même n’abordant pas la question de sources,


a le mérite de mettre en exergue la distinction entre la décentralisation territoriale
qui s’applique aux collectivités territoriales décentralisées uniquement et celle qui

16
F. VUNDWAWE te PEMAKO, « la politique de la décentralisation territoriale en RD Congo depuis février 1982 :
décentralisation classique ou ancienne décentralisation » in Congo-Afrique n°432, Kinshasa, février 2009,
p.p.105-106
17
R. GULLIEN et J. Vincent, Lexique des termes juridiques, 13e éd, Paris, Dalloz, 2011, p. 117
~ 13 ~

s’applique aux établissements publics, plus largement, les institutions spécialisées,


à savoir, la décentralisation technique ou par service.

Edouard MPONGO BOKAKO définit la décentralisation comme un


système d’organisation Etatique qui reconnaît une liberté plus ou moins étendue de
décision, d’administration à des différentes collectivités territoriales. Ces
collectivités se voient d’abord reconnaître la personnalité morale de Droit public et
l’Etat délègue par une loi solennelle un certain nombre de ses compétences.

La décentralisation peut être appréhendée sous trois aspects :

 Sous l’aspect économique : La décentralisation territoriale considère


toute entité décentralisée comme celle économique autonome gérée
par les citoyens vivant sur le territoire.

 Sur le plan politique : la décentralisation signifie « démocratiser »,


c.à.d. associer le peuple à la discussion et à la gestion des affaires
publiques ; c’est également la formation du citoyen qui s’intéressera
plus facilement et comprendra plus aisément les problèmes locaux.

 Sous l'angle juridique et administratif : elle est le fait de transformer


les centres d'exécution qui étaient la région et les entités
administratives en centres de décision et de responsabilité.18

Il existe d'autres modes de gestion du territoire d'un Etat parmi


lesquels, la centralisation et le régionalisme politique.

18
F. VUNDWAWE te PEMAKO, « La nouvelle décentralisation territoriale, (le régionalisme politique congolais)
et les mécanismes de sa mise en œuvre » In Congo-Afrique n° 433, Kinshasa, mai 2009, p. 167.
~ 14 ~

§.2. Historique de la décentralisation

1. Avant l’indépendance

Les premières années de la colonisation ont été caractérisées par la


conquête et l’implantation. Dès le 06 octobre 1891 sous L’E.I.C, la chefferie
traditionnelle reconnue par le pouvoir colonial. mais à la condition que son chef
obtienne l’investiture de l’Etat.

Il a fallu attendre le décret royal du 3 mai 1906 pour que la chefferie soit
considérée officiellement comme une subdivision administrative. La chefferie
moderne en tant qu’institution coloniale à base coutumière fut généralisée par le
décret du 10 mai 1910.

Quant aux secteurs, ils ont été créés à partir de 1911 au gré des intérêts
des colons en vue de punir le chef coutumier qui n’était plus coopérant.

A cette période, le type de décentralisation fut la déco centralisation car


les chefs locaux étaient chargés entre autres de collecter l’impôt, faire les travaux
agricoles, l’assainissement et l’hygiène. La subdivision du district en territoire fut
consacrée par l’arrêté royal du 28 mars 1912.

Dans les centres urbains, on avait prévu depuis 1923 des comités urbains
pour les districts urbains. Mais jusqu’à 1957 il ne sera question que des membres
européens. Le décret du 10 mai 1957 constitua l’amorce d’un système représentatif
dans les nouvelles circonscriptions indigènes. A l’issu de ces quelques lignes, il est
à remarquer qu’une dualité a caractérisé la législation régissant les entités locales
selon qu’il s’agit des milieux urbains ou des milieux ruraux.

Chaque réforme importante avait été précédée d’une période plus ou


moins d’expérimentation. C’était là, la démarche de la politique indigène telle que
la concevait le ministre Louis Frank « le père de la politique indigène » pour qui
~ 15 ~

l’art d’une politique est de mélanger les transitions, des préparer les stades
nouveaux, sans compromettre l‘acquis heureux du passé et la stabilité sociale.19

2. Pendant la première république

Cette période couvre la période du 30 juin 1960 au 24 novembre [Link]


loi fondamentale du 19 mai 1960 qui mettait en place des nouvelles structures de
l’administration locale héritée de la colonisation. Le territoire national restait
subdivisait en six provinces auxquelles la loi fondamentale reconnaissait une large
autonomie dans le cadre d’un état fédéral.

Avec cette loi fondamentale, chaque province pouvait se doter d’une


constitution provinciale. Il a fallu attendre les lois du 9 mars et du 27 Avril 1962
modifiant l’article 7 de la loi fondamentale concernant le nombre des provinces et
fixant les critères de leur création pour qu’on arrive à cet engouement à créer les
provinces dont le nombre dépassa de 6 à 21, raison pour laquelle on les
appelait « Provincette » La constitution du 1èr Août 1964, a continué sur cette
lancée de fédéralisme en asseyant d’uniformiser les appellations des entités
territoriales.20

Il est à retenir que cette période est caractérisée par le fédéralisme où


chaque Etat fédéré pouvait organiser ses entités territoriales comme il l’entendait. A
titre d’illustration concrète, par l’édit du 23 décembre 1963, la province du Kongo
Central créa des villes, des arrondissements, des communes et des groupements
tandis qu’au Kivu on parlait des villes, districts, collectivités.

3. Pendant la deuxième république

Nous considérons la période allant du 24 novembre 1965 au 17 mai 1997


date respectivement de la prise du pouvoir par le coup d’Etat de Mobutu et sa

19
NDAY WELL E NZIEM I., Histoire Générale du Congo. De l’héritage ancien à la République Démocratique du
Congo, Duculot, Paris, 1998, P.370
20
Sylvain MAPATANO, Cours de l’Histoire et Institutions Administratives en RDC, L2 Organisation Sociale,
ISDR/BKV, 2011, inédit
~ 16 ~

chute par l’arrivée de l’AFDL. Pour analyser cette période nous allons la subdiviser
en deux phases.

- La phase de 1965 à 1982,

- La phase de 1982 à 1997.

En cette première phase, nous constatons qu’il n’y a pas eu des reformes
très remarquables sauf quelques retouches sur les anciennes lois existantes avec
l’objectif de pouvoir enraciner le pouvoir issu du coup d’Etat et être dirigé par le
parti unique. Nous pouvons retenir entre autres.

L’ordonnance-loi du 12 mars 1969 portant organisation des collectivités


essayé d’organiser les anciennes circonscriptions indigènes en rapportant deux
innovations mineures au décret du 10 mai 1957. Il s’agit de transfert de la
compétence de nominations de chefs des chefferies par le ministre d’Etat chargé de
l’intérieur et la suppression du collège permanent de la collectivité locale (chefferie
ou secteur selon le cas). Ceci dit avant 1982, la décentralisation n’a jamais été
générale et totale.

La deuxième phase, 1982 à phase, de 1982 à 1997, il y a eu un pas


décisif franchi dans le domaine de la décentralisation territoriale. Il y a eu
l’ordonnance-loi 82-006 du 25 février 1982 et l’ordonnance-loi 95-005 du 20
décembre 1995.21

Disons-en ce qui concerne la loi de 1995, elle part de l’article 104 de


l’acte constitutionnel de la transition du 09 avril [Link] détermine que pendant
la transition, les ETD sont la région, la ville, la commune, le territoire et la
collectivité. Cette loi émane de la constitution issue d’un protocole d’accord entre
les forces politiques du conclave et l’union sacrée de l’opposition radicale et alliés.

Ces deux grandes tentatives montrent dans quelle mesure il y a eu un


souci de décentraliser après un long moment de dictature pour permettre le

21
Sylvain MAPATANO, [Link]., 2011
~ 17 ~

développement des entités territoriales rurales. Si à loi de 1982, n’a pas eu le temps
de s’implanter avec la fameuse guerre de l’AFDL dite de libération en 1997.

4. L’avènement de l’AFDL

A la prise du pouvoir, les nouveaux dirigeants ont commencé par


suspendre la constitution et toutes les lois qui étaient contraire à leur philosophie de
gouvernement. Pour eux, il fallait instaurer un nouvel ordre institutionnel qui doit
courir à la mobilisation de toutes les énergies nécessaires à l’entreprise de
reconstruction nationale.

Pour matérialiser cette vision, le décret-loi 081 du 2 juillet 1998 était


signé par le contexte d’une nouvelle transition décidée par le conseil élargi qui était
l’organe suprême de l’AFDL.

Dans son contenu, nous pouvons retenir :

 Le nombre des ETD est réduit, seules restent les ETD, la province, la
ville, la commune située à Kinshasa et seulement le territoire en
milieu rural,

 Le district apparait comme autorité de coordination, de contrôle et


d’inspection des entités territoriale de base,

 Le gouverneur, le Maire, l’Administrateur, du territoire, le


Bourgmestre, le chef de secteur ou de chefferie sont à la fois
représentant, du gouvernement et les seules autorités de la
compétence des entités qu’ils dirigent.

 Les adjoints chargés des questions économiques et financières sont


de droits gestionnaires des crédits des entités territoriales
respectives.22

22
YAV KATSHUNG Joseph, la décentralisation découpage en RDC, en une tour de Babel ? Lubumbashi, éd.
Contrôle citoyen, 2009, p.15
~ 18 ~

Avant d’être abrogée, cette loi a subi deux modifications par les décret-
loi n°018/2001 du 18 septembre 2001 Pour créer deux postes de vice-gouverneur
de provinces et n°04/008 du 19 mai 2004 pour doter la ville de Kinshasa de 3
postes de vice-gouverneur fruit de l’accord inclusif et global signé à Pretoria le 17
décembre 2002 et adopté à Sun city le 1er avril 2003.

5. Pendant la troisième république

Avant la constitution du 18 Février 2016, la décentralisation territoriale


dans le cadre d’un Etat unitaire était traditionnellement organisée par une loi
ordinaire que le législateur avait le pouvoir de modifier et de supprimer à sa guise.
Tel est le régime des lois sur la décentralisation territoriale des années 1982, 1995,
et 1998.

§.3. Type des décentralisations

De manière générale, on distingue deux (2) formes de la


décentralisation à savoir : la Décentralisation territoriale et la décentralisation
technique.

La première s’applique aux collectivités territoriales tandis que la


seconde concerne les établissements publics.

1. La décentralisation territoriale

La décentralisation territoriale est un mode de gestion des entités locales


qui consiste en une responsabilisation de celles-ci en ce qui concerne leur gestion
quotidienne pour laquelle elles bénéficient d’une autonomie de décision.23

La décentralisation territoriale, contrairement à la déconcentration (et


aussi dans une certaine mesure à la décentralisation technique) n’est pas une simple
technique d’administration. Elle revêt une signification politique à deux égards :

- Décentraliser les entités territoriales, c’est créer autant de


démocraties locales. Sans doute, elles ne sont pas de démocraties
23
NKULU KABILA Jerry, Droit administratif : institution administratives, cours, G3, UNILI, 2020-2021.
~ 19 ~

complètes. Le caractère unitaire s’y oppose : c’est sur le plan de


l’administration seulement et non sur ceux également de la
législation et de la justice, que les habitants de ces collectivités
règleront leurs affaires, par l’intermédiaire de leurs représentants
élus.

Par suite, ces collectivités sont très éloignées de ce que sont les Etats
membres d’une fédération.

D’autant plus que, réserve faite de quelques principes constitutionnels,


leur statut est notamment quant à leur domaine de compétence, ce que le législateur
veut qu’il soit, alors que celui des Etats fédérés est dans tous ses aspects déterminés
par la constitution elle-même.

- Ensuite, l’existence de ces démocraties administratives importe à la


démocratie politique, à laquelle, ainsi que l’histoire le fait d’ailleurs
apparaître, un lieu naturel les unit.24

Les raisons de la décentralisation (territoriale) ne sont point d’ordre


administratif, mais bien d’ordre constitutionnel. S’il ne s’agissait que du point de
vue administratif, la centralisation (autrement dit, la déconcentration) assurerait au
pays une administration plus habile, plus impartiale, plus intègre et plus économe
que la décentralisation. Mais les pays modernes n’ont pas besoin seulement
d’une bonne administration, ils ont besoin aussi de liberté politique.

On peut comprendre que l’adhésion à la démocratie n’ait pu que


s’accompagner d’une volonté de décentralisation territoriale ; en dépit des
inconvénients qui sont les siens et qui l’infériorisent par rapport à la
déconcentration, à deux points de vue, notamment : elle coûte cher et complique
l’organisation administrative.

24
YAV ATSHUNG Joseph, Prec. Note 22, p.27.
~ 20 ~

2. La décentralisation technique ou par service

La décentralisation technique est appliquée à des institutions qui ont ou


aux quelles on a reconnu un certain substratum humain, elle permet à un ensemble
de personnes d’assurer la gestion des affaires correspondant à la spécialité de
l’institution, par l’intermédiaire de leurs représentants élus, comme c’est le cas
notamment pour les chambres professionnelles et les universités.25

Elle est simplement une technique d’administration qui réalise l’option


des pouvoirs publics de placer certains services dans une situation d’autonomie de
gestion. C’est comme technique de gestion administrative que la décentralisation a
été préférée à la déconcentration.

On parle de la décentralisation technique lorsque la personnalité morale


est conférée à un service déterminé, détaché de ce fait, de la masse des services de
l’Etat. Autrement dit, la décentralisation est technique, quand la loi confère la
personnalité juridique et l’autonomie financière à un service public spécialisé dans
la gestion d’une activité donnée. Elle est territoriale, quand cette reconnaissance par
la loi, de la personnalité morale et de l’autonomie financière est accordée à une
entité intra Etatique.

La décentralisation technique, concerne essentiellement les


établissements publics. Elle vise à les soustraire aux règles habituelles de
fonctionnement de l’administration afin de leur assurer une plus grande efficacité.

L’établissement public est une personne morale de Droit public, dotée de


l’autonomie financière et généralement chargée d’une mission de service public.
Ces collectivités particulières disposent de l’autonomie mais pas de territoire. Tel
est le cas des hôpitaux, des lycées, des universités, de certains offices qui jouissent
d’une réelle autonomie de gestion.26

25
NKULU KABILA Jerry, Prec. Note 23.
26
Aimé ZERMATTEN, Droit Administratif, Paris, PUF, 2007, p.112.
~ 21 ~

En RDC, la décentralisation fonctionnelle ou technique est appliquée aux


établissements publics (Universités, Ecoles, Instituts secondaires) et aux entreprises
publiques.

§.4. Caractéristiques de la décentralisation

La décentralisation suppose la réunion au profit des entités


décentralisées, des conditions suivantes : la reconnaissance de la personnalité
juridique, la libre administration et l’autonomie, enfin, un contrôle de tutelle.

1. La reconnaissance de la personnalité juridique ou le principe de la


répartition des compétences.

Les affaires locales dont le règlement appartient à l’autorité décentralisée


doivent être les propres affaires d’une institution personnalisée et distincte de
l’Etat.

A propos des affaires locales, il s’avère utile de clarifier le sens du


concept « répartition des compétences » distinct du « transfert des compétences ».

Contrairement à ce que d’aucuns estiment, la décentralisation n’est pas


synonyme de transfert ou de cession de compétences du pouvoir central aux entités
décentralisées. Cette conception de choses étant, à notre avis, le reflet d’une
tradition fortement ancrée de la concentration ou de la centralisation des pouvoirs
de l’Etat par une seule institution.

Le transfert ou la cession des compétences suppose un organe qui use de


ses prérogatives souveraines pour céder ou reconnaître à un autre.27

Or, les provinces et les ETD sont des démembrements de l’Etat qui
agissent tous en son nom et pour son compte, et aux quelles la constitution et la loi
reconnaissent des compétences spécifiques dans une sphère bien déterminée.28

27
RIVERO (J) ; « Droit administratif », in encyclopédie universelle, vol 1, Paris, 1982, p.240.
28
EPEE G et OTEMIKONGO, M., « Entités territoriales décentralisées et financement public du développement
local au Zaïre », Zaïre-Afrique, N° 266, juin-juillet- août 1992, p. 355, Kinshasa.
~ 22 ~

A cet égard, la fixation de la spécialité locale relève de la compétence


exclusive de l’Etat. C’est celui-ci en effet, qui doit dresser la liste des besoins
publics à ériger en services publics.

2. Le principe de la libre administration et l’autonomie de gestion

L’existence des organes propres de décision, issues de préférence des


élections ; c’est ce qu’on appelle l’autonomie organique (1). Celle-ci accompagne
la reconnaissance d’une catégorie des affaires locales, distinctes des affaires
nationales. Bien plus, pour son efficacité, la décentralisation doit être complétée par
l’autonomie financière (2) qui, à son tour, va de pair avec l’autonomie technique,
c.à.d. celle de jouir d’une trésorerie autonome ou d’une séparation d’avec la
comptabilité nationale.29

a. L’autonomie organique des ETD

Le recours à la décentralisation pour mieux répartir les responsabilités ou


les charges Etatiques peut être justifié par plusieurs raisons dont, notamment, la
nécessité d’assurer le développement harmonieux et équilibré du pays.

Le principe de la libre administration ou de l’autonomie de gestion des


ETD postule que ces entités disposent de leurs propres organes, et de la capacité de
décider librement sur la manière d’administrer lesdites entités, de disposer des
ressources propres mobilisables pour faire face aux besoins des populations
respectives, les quelles sont gérées par des organes locaux sans que ne puissent
s’immiscer l’autorité provinciale, moins encore, l’autorité centrale.

C’est cette faculté de s’administrer librement sans immixtion d’autres


organes qui rend efficace l’autonomie dont bénéficient les ETD. Elle permet aussi
l’émancipation politique des populations autochtones.

Mais, elle ne fait pas pour autant de la ville, de la commune, du secteur


et de la chefferie, des entités indépendantes de la province ou du pouvoir central.
Une gouvernance démocratique veut que ceux qui dirigent bénéficient de l’onction
29
Idem
~ 23 ~

populaire. Il s’agit en fait de l’élection qui confère une légitimité organique et


fonctionnelle.30

En effet, l’esprit de la décentralisation va dans le sens de la plus grande


indépendance personnelle possible de ces autorités. Comme une autorité élue a plus
de chances d’être indépendante de l’Etat qu’une autorité nommée, il est conforme à
cet esprit que les autorités décentralisées soient élues. Mais, il importe aussi que
lesdites autorités soient garanties contre le risque de désinvestiture arbitraire ou
trop aisée par les autorités de l’Etat. Le principe de la libre administration suppose
non seulement l’élection des organes locaux, mais aussi que ces organes disposent
de l’autonomie de décision.

Au fait, pour être effective, la libre administration veut que les


collectivités locales puissent disposer d’instruments, tant juridiques que financiers,
de nature à leur permettre de s’assurer une certaine autonomie de décision.

b. L’autonomie financière des ETD

L’autonomie financière, soutient VUNDUAWE te PEMAKO, suppose


en effet, non seulement la possibilité d’avoir un patrimoine et de la gérer, mais
également la possibilité pratique pour l’entité décentralisée de se procurer des
ressources et de choisir leur emploi.

C’est le principe de l’autonomie financière qui permet à une ETD de


disposer d’un budget propre, distinct de ceux du pouvoir central et de la province.31

Il ressort clairement que l’autonomie financière est intimement liée au


principe de la libre administration. Elle constitue le corollaire de la libre
administration. Elle suppose que les collectivités disposent d’un niveau de
ressources suffisant, leur permettant d’exercer pleinement leurs compétences, et
qu’elles conservent une marge d’appréciation dans l’utilisation de ces ressources.

30
JEZE GASTON, droit administratif, éd. PUF, Paris, 1990, p. 89
31
VUNDUAWE te PEMAKO, Préc. Note 18, p.106.
~ 24 ~

Ainsi, l’on en déduit que la décentralisation ne peut être effective que si


les autorités décentralisées disposent des moyens techniques et financiers d’exercer
selon leurs vues les pouvoirs dont elles sont investies. Toutefois, cette autonomie
est limitée par le contrôle administratif exercé par l’Etat et par la nécessité de
maintenir l’unité du pouvoir normatif, conséquence du caractère de l’Etat.

3. La tutelle administrative ou contrôle de tutelle

a. Notions

La tutelle administrative est traditionnellement organisée comme pouvoir


de contrôle au niveau des entités décentralisées, mais elle peut être remplacée par
un contrôle du juge administratif.

La décentralisation administrative laisse à l’Etat un droit de regard sur


les services publics qu’il crée. Ce droit de regard se réalise à travers la tutelle
administrative définie comme « l’ensemble des pouvoirs limités accordés par la loi
ou en vertu de celle-ci à une autorité supérieure aux fins d’assurer le respect du
Droit et la sauvegarde de l’intérêt général contre l’inertie préjudiciable, les excès et
les empiétements des agents décentralisés ».32

Il découle de ce qui précède ce qui suit :

1° Les pouvoirs des autorités de tutelle sont limités

Ils ne peuvent avoir pour effet de favoriser l’immixtion du pouvoir


central dans la gestion des services publics décentralisés. Dans les domaines des
compétences propres des services publics décentralisés, les instructions, les
injonctions, les ordres sont interdits. Le pouvoir central doit laisser l’initiative et la
responsabilité aux agents décentralisés et se borner à censurer leurs excès
éventuels.

32
CHIRISHUNGU CHIZA CHIBWIRE D., Organisation politico-administrative et développement, BUKAVU, Ed.
BUSH, 1993, p.25.
~ 25 ~

2° En conséquence, l’autonomie des organes décentralisés est la règle et la


tutelle l’exception.

Les pouvoirs de tutelle n’existent que dans les cas expressément prévues
par la loi ou les règlements, et les dispositions qui les établissent sont de stricte
interprétation. « Pas de tutelle sans texte, pas de tutelle au-delà des textes ».

3° La tutelle a pour fins le respect de la légalité et la protection de l’intérêt


général

Elle vise à assurer la protection de l’Etat contre la volonté trop forte des
corps administratifs autonomes, qu’il s’agit d’empêcher de compromettre, par leur
activité ou leur abstention délibérée, l’unité du Droit ou l’intérêt général du pays.
La tutelle administrative est donc, non pas une béquille mais un frein.33

§.5. Contrôle de l'état sur les entités territoriales décentralisées

Le contrôle de l’Etat sur les entités territoriales décentralisé se fait par le


mécanisme de tutelle de l’Etat sur ces dernières.

On distingue deux sortes de contrôle de tutelle :

1. Le contrôle de tutelle sur les personnes ou tutelle organique

Par tutelle organique, on entend un contrôle sur les structures


constitutionnelles, sur les personnes des organes décentralisés.

Pour ce qui est de la commune, ce contrôle s’effectuera sur le conseil


communal ou le collège exécutif communal.

Ici, trois types d’interventions de l’autorité de tutelle sont possibles :

- Le pouvoir de nomination ;

- Le pouvoir de suspension ;

- Le pouvoir de révocation ou de dissolution.

33
NKULU KABILA Jerry, préc. Note 25.
~ 26 ~

L’on peut aisément remarquer que cette tutelle sur les personnes ne
cadre pas avec l’esprit de la décentralisation en RDC telle qu’elle a été instituée par
le législateur. Accorder ainsi beaucoup plus de pouvoir à l’autorité de tutelle
paralyserait l’autonomie dont devraient jouir les ETD en RDC.

Pour ce faire, la seule forme de tutelle organisée en RDC est la tutelle


exercée sur les actes des autorités des ETD.

2. Le contrôle de tutelle sur les actes ou tutelle fonctionnelle

La tutelle fonctionnelle peut se définir comme le contrôle qui s’exerce


sur des décisions ou actes pris par les organes des institutions décentralisées et peut
se manifester par quatre (4) procédés différents à savoir :

- Le pouvoir de suspension et d’annulation

- Le pouvoir de constater la « nullité de droit de l’acte »

- Le pouvoir d’approbation ou de réformation

- Enfin, le pouvoir de substitution

Il y a lieu de noter qu’au-delà de ce contrôle de tutelle, les entités


décentralisées peuvent être soumises également à un contrôle juridictionnel. Ce
dernier peut être constitutionnel, judiciaire ou administratif.

Toutefois l’essentiel de contrôle relève du juge administratif. Celui-ci est


le juge naturel des actes administratifs unilatéraux de l’administration.
~ 27 ~

Chapitre Deuxième :

MISE EN PLACE DE LA DECENTRALISATION EN RDC

Dans ce chapitre, nous allons essayer de donner de manière plus ou


moins brève le processus de la mise en œuvre de la décentralisation en RDC.

C’est ainsi, deux sections feront l’objet de ce chapitre à savoir :

- La théorie légale sur la décentralisation en RDC ;

- Problèmes et conséquences de la décentralisation en RDC.

SECTION 1ère : THEORIE LEGALE SUR LA DECENTRALISATION EN


RDC

Dans cette théorie légale sur la décentralisation en RDC, nous allons


parler du fondement de la décentralisation en RDC (§1), du type de décentralisation
applicable en RDC (§2), ainsi que de l’effectivité de la décentralisation en RDC
(§3).

§1. Fondement juridique de la décentralisation en RDC

Le constituant du 18 février 2006 a opté pour la décentralisation comme


mode de gestion de certaines entités territoriales de la République.

Après les avoir énumérées à l'article 3, il pose les principes de leur libre
administration et de l'autonomie de gestion de leurs ressources humaines,
économiques, financières et techniques. Il annonce l'élaboration d'une loi organique
~ 28 ~

devant fixer les règles relatives à leur composition, organisation et fonctionnement


ainsi que leur rapport avec l'Etat et les provinces.

C’est ainsi qu’en 2008, une loi spéciale a été adopté qui est la loi
organique n°08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et
fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées et leurs rapports avec l'Etat
et les Provinces, qui constitue le fondement juridique de la décentralisation en
RDC.

Cependant, elle n'épuise pas le vaste champ de la décentralisation qui


comporte une série d'autres lois devant régir des matières particulières. Tel est
notamment le cas des lois fixant les limites des provinces ainsi que celles de la ville
de Kinshasa, de celle portant subdivision territoriale à l'intérieur des provinces ou
encore celle relative aux modalités d'organisation et de fonctionnement de la
Conférence des Gouverneurs de province.

La structuration de cette loi met en relief les éléments suivants :

 Une répartition judicieuse des compétences entre les différentes


entités territoriales décentralisées afin de leur assurer un
développement harmonieux.
 La libre administration d'une entité territoriale décentralisée dans la
mesure où elle décide librement dans la sphère des compétences qui
lui sont conférées sans immixtion de l'autorité provinciale, sauf dans
des cas limitativement énumérés par la loi.
 Le principe de la représentation en même temps de l'Etat et de la
Province par les autorités exécutives des entités territoriales
décentralisées :

Ainsi, les mêmes autorités exécutives locales assurent également la


coordination et le suivi des services de l'Etat et de la Province dans leurs entités
respectives. Aussi, l'exercice des compétences déconcentrées de l'Etat se fait-il sous
~ 29 ~

l'autorité du Gouverneur qui peut déléguer ses pouvoirs à l'Administrateur de


territoire.

 L'autonomie financière qui permet à une entité territoriale


décentralisée de disposer d'un budget propre, distinct de ceux du
pouvoir central et de la province. Ce budget est toutefois intégré en
dépenses et en recettes au budget de la province qui est présenté en
même temps que le budget du pouvoir central pour former le budget
de l'Etat arrêté chaque année par une loi ;
 Le droit des entités territoriales décentralisées à 40% des recettes à
caractère national allouées à la province ainsi que la possibilité de
bénéficier des ressources de la caisse nationale de péréquation.34

Une entité territoriale décentralisée dispose des ressources


exceptionnelles. Il lui est toutefois interdit de recourir aux emprunts extérieurs.
L'autorité exécutive d'une entité territoriale décentralisée est placée sous la tutelle
du Gouverneur de province. Il s'agit d'un contrôle a priori ou a posteriori sur les
actes.

Pour leur garantir le libre exercice des compétences que leur


reconnaissent la Constitution et les lois, il est apparu nécessaire de conférer aux
membres des organes délibérants d'une entité territoriale décentralisée des
immunités de poursuites dans les limites des dispositions de l'article 107 de la
Constitution.

Par ailleurs, la loi institue un privilège de juridiction au bénéfice de


toutes les autorités d'une entité territoriale décentralisée. En matière pénale, elles
sont selon le cas, justiciables de la Cour d'Appel ou du Tribunal de grande instance
en premier ressort. Les autorités exécutives locales représentent le pouvoir central
dans leurs juridictions respectives. Elles exécutent les lois, édits et règlements

34
Exposé de motif de la Loi organique n° 08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et
fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées et leurs rapports avec l'Etat et les Provinces
~ 30 ~

nationaux ou provinciaux et assurent le maintien de l'ordre public avec notamment


des forces de la police nationale mises à leur disposition.35

La même loi fixe la composition, l'organisation et le fonctionnement des


entités territoriales décentralisées ainsi que leurs rapports avec l'Etat et les
provinces, conformément à l'article 3 alinéa 4 de la Constitution.

§2. Types de décentralisation applicable en RDC

Au terme de la Constitution Congolaise du 18 Février 2006 telle que


modifiée et complétée à ce jour et de la Loi organique n°08/016 du 07 octobre 2008
portant composition, organisation et fonctionnement des Entités Territoriales
Décentralisées et leurs rapports avec l'Etat et les Provinces. Le type de
décentralisation prévue en RDC est la décentralisation territoriale.

La Constitution Congolaise du 18 Février 2006 énumère les entités


territoriales décentralisées à savoir : La ville, la commune, le secteur et la
chefferie.36

Pour assurer cette décentralisation, la loi a prévu certains organes à


chaque entité pouvant leur permettre d’assurer leur autonomie administrative et
financière. C’est notamment :

1. Pour la Ville

La loi prévoit comme organe de la vile :

- Le Conseil urbain ;
- Le Collège exécutif urbain.

Le Conseil urbain est l'organe délibérant de la ville. Ses membres sont


appelés conseillers urbains. Ils sont élus dans les conditions fixées par la loi
électorale. Le mandat de Conseiller urbain commence à la validation des pouvoirs
par le Conseil urbain et se termine à l'installation du nouveau Conseil.
35
Article 7 de la loi organique n° 08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et
fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées et leurs rapports avec l'Etat et les Provinces
36
Article 3 de la Constitution du 18 Février telle que modifiée et complétée à ses jours
~ 31 ~

Sous réserve des dispositions particulières prévues par la loi électorale et


la présente loi, les dispositions de l'article 110 de la Constitution s'appliquent,
mutatis mutandis, au mandat de Conseiller urbain. Le Conseiller urbain a droit à
une indemnité équitable qui lui assure indépendance et dignité.

Le Conseil urbain a pour mission :

 Élire le Maire et le Maire - adjoint dans les conditions fixées


par la loi électorale ;

 Approuver le programme élaboré par le Collège exécutif


urbain ;

 Adopter le projet de budget de la ville ;

 Donner, lorsqu'il en est requis, avis sur toute matière intéressant la


ville ;

 statue par voie de décision.37

Dans les huit jours francs de son adoption, la décision est transmise au
Gouverneur de province qui dispose d'un délai de quinze jours pour faire connaître
son avis. Passé ce délai, l'avis favorable est réputé acquis. En cas d'avis
défavorable, celui-ci est motivé. Dans ce cas, la décision est renvoyée au Conseil
urbain pour une seconde délibération.

La décision soumise à une seconde délibération est adoptée, soit sous sa


forme initiale, soit après modification des dispositions concernées à la majorité
absolue des membres du Conseil urbain. Les décisions sont publiées au Bulletin
officiel de la province par les soins du Gouverneur. Le Ministre de la République
ayant les affaires intérieures dans ses attributions en est informé. A défaut de
publication dans le délai sus décrit, la publication est de droit.38

37
Article 7 de la loi organique n° 08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et
fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées et leurs rapports avec l'Etat et les Provinces
38
[Link]., Article 9 à 16.
~ 32 ~

Le Collège exécutif urbain est l'organe de gestion de la Ville et


d'exécution des décisions du Conseil urbain. Le Collège exécutif urbain est
composé du Maire, du Maire-adjoint et de trois Echevins urbains. Le Maire et le
Maire-adjoint sont élus au sein ou en dehors du Conseil urbain dans les conditions
fixées par la loi électorale.

Ils sont investis par le Ministre de la République ayant les affaires


intérieures dans ses attributions dans les quinze jours de la proclamation des
résultats. Passé ce délai, l'investiture est acquise de droit. Les Echevins urbains sont
désignés par le Maire au sein ou en dehors du Conseil urbain en tenant compte des
critères de compétence, de crédibilité et de représentativité communautaire.

2. Pour la Commune

La loi prévoit deux organes pour la commune à savoir :

- Le Conseil communal ;

- Le Collège exécutif communal.39

Le Conseil communal est l'organe délibérant de la commune. Ses


membres sont appelés Conseillers communaux. Ils sont élus dans les conditions
fixées par la loi électorale.

Le Collège exécutif communal est l'organe de gestion de la commune et


d'exécution des décisions du Conseil communal. Le Collège exécutif communal est
composé du Bourgmestre, du Bourgmestre - adjoint et de deux autres membres
appelés Echevins communaux.

Le Bourgmestre et le Bourgmestre - adjoint sont élus au sein ou en


dehors' du Conseil communal dans les conditions fixées par la loi électorale. Ils
sont investis par arrêté du Gouverneur de province dans les quinze jours de la
proclamation des résultats.

39
Article 47 de la loi organique n° 08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et
fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées et leurs rapports avec l'Etat et les Provinces
~ 33 ~

Les Echevins communaux sont désignés par le Bourgmestre au sein ou


en dehors du Conseil communal en tenant compte des critères de compétence, de
crédibilité et de représentativité communautaire. Cette désignation est soumise à
l'approbation de ce dernier.40

3. Pour le Secteur et la Chefferie

La loi prévoit comme organe du secteur et de la chefferie :

- Le Conseil de secteur ou de chefferie ;

- le Collège exécutif de secteur ou de chefferie.41

Le Conseil de secteur ou de chefferie est l'organe délibérant du secteur


ou de la chefferie. Ses membres sont appelés conseillers de secteur ou de chefferie.

Ils sont élus au suffrage universel direct et secret dans les conditions
fixées par la loi électorale. Le Conseil de secteur élit le Chef de secteur et le Chef
de secteur adjoint dans les conditions fixées par la loi électorale. Le Chef de
chefferie est désigné selon la coutume. Il est secondé par trois Echevins de
chefferie.

Le Collège exécutif du secteur ou de chefferie est l'organe de gestion du


secteur ou de chefferie et d'exécution des décisions de son conseil. Le Collège
exécutif du secteur est composé du Chef de secteur, du Chef de secteur adjoint et de
deux Echevins désignés par le Chef de secteur.

Le Collège exécutif de chefferie est composé du Chef de chefferie


désigné selon la coutume et de trois Echevins désignés par le Chef de chefferie. La
désignation des Echevins tient compte des critères de compétence, de crédibilité et
de représentativité communautaire et est soumise à l'approbation du Conseil de
secteur ou de chefferie.

40
[Link]., articles 49 à 59 de la loi organique N°08/016 du 7Octobre 2008.
41
Article 65 de la loi organique n° 08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et
fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées et leurs rapports avec l'Etat et les Provinces
~ 34 ~

Le Chef de secteur et le Chef de secteur adjoint sont élus au sein ou en


dehors du Conseil de secteur dans les conditions fixées par la loi électorale. Le
Gouverneur de province investit par arrêté le Chef de" secteur et son adjoint, dans
les quinze jours de leur élection. Passé ce délai, l'investiture est de droit. Il investit
également par arrêté le Chef de chefferie désigné selon la coutume locale dans le
respect de la loi sur le statut des Chefs coutumiers.42

§3. Effectivité de la décentralisation en RDC

La constitution du 18 février 2006 en prônant la décentralisation


détermine également les traits de sa matérialisation effective. Il ne fait ombre
d’aucun doute que désormais, la RDC s’embarque dans une réelle dynamique de
décentralisation qui a significativement changé la configuration politique du pays.

Les provinces jouissent déjà de l’autonomie financière, de gestion, etc.


Elles exercent par leurs institutions politiques les compétences qui leur sont
dévolues par la constitution ; l’éducation primaire, secondaire et professionnelle, la
santé, l’agriculture, et des compétences concurrentes avec l’Etat central dans 25
domaines.43

Les ETD, elles aussi dont la constitution prévoit que les autorités
émanent des élections, héritent déjà de nombreuses compétences locales dans le
domaine de la Police, Etat-civil, voirie, gestion de l’espace etc.

Cependant, plus de 16ans après la promulgation de la constitution de la


troisième République, en février 2006, et 14ans après l’adoption de la loi portant
composition, organisation et fonctionnement des ETD et leurs rapports avec l’Etat
et les provinces, la décentralisation peine encore à se stabiliser. Alors que la
décentralisation a été voulue en RDC comme un mode de gestion qui rapprocherait
l’administration des administrés et consolider la démocratie à la base en permettant
aux citoyens de participer au choix de leurs dirigeants, les élections des animateurs

42
articles 67 à 84 de la loi organique N°08/016 du 7Octobre 2008.
43
Art 203-204 de la constitution du 18 février 2006
~ 35 ~

de différents organes des ETD prévues n’ont jamais été organisées comme cela fut
prévue dans la loi électorale de 2006.

On note un arriéré électoral important pour le cycle électoral de 2006, les


élections urbaines, municipales et locales comme relevé précédemment n’ayant
jamais été organisées pour parachever ce cycle.

SECTION 2ème : PROBLEMES ET CONSEQUENCES DE LA


DECENTRALISATION EN RDC

Dans cette section, il sera question de relever les différents problèmes et


conséquences qui ont accompagnés la mise en place de la décentralisation en RDC
notamment :

- Problèmes d’ordre technique ;

- Conséquence sur le développement des ETD ;

- Conséquence sur l’organisation administrative et judiciaire du pays.

§1. Problèmes d’ordre technique

La décentralisation a également pour vertu de permettre une meilleure


efficacité administrative, moins de bureaucratie, une collaboration plus efficace
avec les acteurs locaux, une meilleure participation et représentation dans le
processus démocratique. Concrètement, la décentralisation du pouvoir s’opère à
trois niveaux : politique, administratif et financier. Autrement dit, on délègue le
pouvoir à des entités politiques décentralisées tout en mettant à leur disposition les
moyens administratifs ainsi que les ressources financières nécessaires pour garantir
une bonne gouvernance.

Il se pose quelques problèmes techniques suivants :

 Au lieu d’être une structure locale de gouvernance, souvent la


décentralisation vient combler un vide laissé par l’État. Cela se
traduit concrètement par l’absence totale des services publics et
~ 36 ~

aucune gestion des conflits qui ravagent les populations civiles.


Ainsi, les structures décentralisées s’attribuent le rôle sécuritaire et
régalien que l’État central n’est pas capable d’assurer.

 Au niveau des perceptions, les citoyens peuvent associer la


décentralisation aux mêmes méandres bureaucratiques des structures
centralisées. Ainsi, toute forme de gouvernance, soit-elle nationale
ou locale, est vue plutôt comme un labyrinthe administratif et un
fardeau coûteux plutôt qu’une structure destinée à répondre au mieux
aux besoins des citoyens.

 Pour les États fragiles, la décentralisation peut constituer le risque de


capture du pouvoir local par des groupes armés ou des structures
locales non-étatiques. Ceux-ci peuvent être en désaccord avec le
pouvoir central ou poursuivre leurs propres intérêts, voire même
avoir des intentions sécessionnistes.

 Un autre danger est celui de voir se perpétuer un système plutôt


élitiste qui met à la tête des structures locales des copies fidèles du
pouvoir central et des ploutocrates sans aucune légitimité.44

Le processus de décentralisation en RDC n’a pas réussi à combler le


climat de suspicion installé entre le pouvoir central et les autorités locales. Un «
ingrédient » de plus qui menace de déséquilibrer davantage la cohabitation déjà
fragile entre les deux pouvoirs. En outre, on assiste à un foisonnement institutionnel
ambigu et chaotique dans lequel les lois restent souvent lettre morte. Par exemple,
les élections provinciales ont été organisées en 2007, mais les élections pour les
Entités Territoriales Décentralisées prévues ont toujours été reportées
continuellement. Cela implique concrètement que les maires, bourgmestres et les
chefs de chefferies continuent à être nommés par Kinshasa.

44
VUNDWAWE TEPEMAKO, « la politique de la décentralisation territoriale en RD Congo depuis février 1982 :
décentralisation classique ou ancienne décentralisation » in Congo-Afrique, n°432, Kinshasa, février 2009, p.10
~ 37 ~

La confusion s’est implantée à tous les niveaux, y compris en ce qui


concerne le statut des fonctionnaires locaux dont la plupart proviennent des
ministères nationaux. La question qui se pose est relative à la rémunération de ce
personnel à statut hybride qui est employé par l’État et qui est donc responsable de
payer leurs salaires. Par contre, les salaires de base des fonctionnaires congolais
sont très faibles et complétés par des bonus, primes et autres compensations. Donc,
en « déchargeant » ces fonctionnaires vers les entités locales, l’État leur transfère la
responsabilité de ces compensations, en ajoutant ainsi un fardeau financier sur les
épaules de ces structures qui souvent manquent cruellement d’argent. Cela a un
impact direct sur les fonctionnaires dont le revenu plutôt aléatoire les précarise et
les rend plus susceptibles de céder aux tentations de la corruption et au prélèvement
de taxes sauvages auprès des populations locales.

Le processus de mise en place de la démocratie locale a été interrompu


en chemin. Les axes stratégiques en termes de délégation des compétences et de
transfert des financements qui auraient dû accompagner ce développement local
n’ont pas vu le jour. La décentralisation est donc restée théorique. Le problème de
fond est plutôt structurel et pousse à croire que la gouvernance en RD Congo n’est
pas tournée vers le bien-être de la population. Hors, la décentralisation ne peut se
comprendre que lorsque les acteurs politiques œuvrent pour le bien-être collectif.
Donc des mécanismes doivent être mis en place afin d’approcher les décideurs de
la population locale pour bâtir ensemble plus de cohésion sociale. Mais lorsque les
institutions s’écartent de cet objectif, lorsque les assemblées provinciales servent
plutôt à créer de nouvelles élites qui viennent également s’enrichir sur le dos de
l’État sans penser à l’intérêt populaire, alors la décentralisation est vouée à l’échec.

§2. Conséquences sur le développement des ETD

La République Démocratique du Congo est un pays offrant


d'innombrables opportunités à ceux qui veulent investir réellement, et elle a
beaucoup des potentialités naturelles qui peuvent permettre aux entités
décentralisées de se développer.
~ 38 ~

En effet, l'article 3 de la constitution accorde une personnalité juridique


aux entités territoriales décentralisées, ce qui délègue un pouvoir réel aux autorités
locales. Mais, pour le moment ces entités n'ont pas encore les autorités légitimes
celles qui y sont, n’ont pas été nommées. Toutefois, il faut noter que la
décentralisation a un effet sur le développement des entités territoriales
décentralisées. Ces effets se produisent selon les secteurs ou selon les différents
domaines de la vie publique. Il s'agit notamment sur le plan politique, administratif,
économique, social et culturel, juridique...où la décentralisation territoriale produit
son influence.

Sur le plan politique, la décentralisation développe l'organisation des


entités décentralisées en favorisant l'émergence de l'Etat de droit et la promotion de
droits de l'homme, ainsi que l'émergence de leaders locaux bien connus de la
population dans le cadre d'une démocratie de proximité. Administrativement, la
décentralisation développe ou influe sur l'organisation et la gestion des ressources
humaines des entités décentralisées, en ce qu’elle permet le rapprochement des
administrés avec l'administration. Ce qui diminue la lenteur administrative et
permet à la population locale d'être tout près du centre d'impulsion des décisions.
La décentralisation permet, en outre à l'entité décentralisée d'administrer la
population qu'elle maîtrise.45

Economiquement, la décentralisation améliore l'organisation et la gestion


des ressources naturelles, financières et techniques des entités locales en ce sens
qu'elle permet aux populations locales et aux autorités locales de se prendre en
charge selon leurs besoins. Tout en préservant les intérêts locaux.

Sur le plan juridique, les décisions des autorités locales s'exécuteront


avec moins des réticences, en ce sens que les autorités locales ont été élues par la
population locale. Ce qui prouve qu'elle aime ses dirigeants et accepte leur
légitimité. Il y a aussi un climat de confiance mutuelle qui permet aux décisions
locales ou judiciaires de s'exécuter sans peine.

45
MBAYA KABAMBA, Grands services publics de l’Etat, cours, L1 Droit, UNILI, 2017-2018.
~ 39 ~

Sur le plan socioculturel, le fait que les membres de la communauté


locale se connaissent bien entre eux et connaissent leur culture, la décentralisation
permet donc l'émergence de certaines valeurs culturelles locales. Ainsi l'entité
décentralisée devient un cadre d'expression de ces valeurs. Nous estimons que le
pouvoir public à tous les niveaux (national, provincial et local), doivent associer la
société civile dans la gestion et le contrôle de la chose publique.

En fait, ce que nous constatons est que la participation au processus de


prise de décisions exige l'implication des populations sans considération ni du statut
social ni d'appartenance à un groupe ethnique ni encore moins des privilèges de
famille.46 D'où, il faut toujours mener une lutte contre le tribalisme.

Bref, pour que la décentralisation influe sur le développement réel des


entités locales, les moyens appropriés sont d'une grande importance et d'une
nécessité incontestable, notamment un cadre juridique qui est déjà prêt (la
constitution, la loi sur les entités décentralisées, et différents règlements), des
ressources humaines (des cadres compétents, expérimentés et honnêtes), des
finances publiques suffisantes et conséquentes. Et en cas d'abus de pouvoir, un juge
compétent et « Indépendant » doit alors intervenir pour trancher les conflits des
compétences ou sanctionner pénalement les coupables.47

Toutefois, ces moyens à eux seuls ne suffisent pas il faut « une bonne
gouvernance ». Ce que nous retenons de ce qui précède est la somme du
développement des toutes les entités territoriales décentralisées font du coup celui
du pays en général.

46
[Link] consulté le 20/09/2022
47
YAV KATSHUNG J., Le Parlement Provincial Pour Quoi Faire ? Ed. Contrôle Citoyen, Lubumbashi, 2008, p.49
~ 40 ~

§3. Conséquences sur l’organisation administrative et judiciaire du pays.

a. Conséquence sur l’organisation administrative

Nous constatons que les problèmes que connaît l’administration dans le


processus de la décentralisation sont d’ordre politique, ( manque de volonté
politique) notamment :

 Problèmes liés au non-respect des textes, d’une part, et d’autre part


ceux liés à la légitimité des dirigeants dans les ETD ;

La légitimité visée ici est celle des autorités des ETD pour que celles-ci
soient l’émanation du souverain primaire, contrairement à ce qui est fait à l’égard
des autorités à la tête des ETD actuellement en poste qui, jusqu’à ce jour, sont
nommées par le pouvoir central.48

Nous constatons que la démocratisation est seulement au niveau national


et à quelque niveau provincial, toutes les autorités politico- administratives étant
nommées, avec comme conséquence, qu’il n’y a pas d’amélioration des conditions
de fonctionnement de l’administration publique.

En principe, une ETD doit être administrée et gouvernée par des organes
issus des élections. Cette exigence de la décentralisation ne souffre que de très rares
exceptions. Normalement, si l’une des autorités gouvernant la collectivité ou
l’entité n’est pas élue, il y a des raisons très sérieuses de penser qu’il ne s’agit pas
d’une collectivité réellement décentralisée.

La loi organique n°08/016 du 07 octobre 2008 détermine les organes des


ETD et leurs attributions comme nous l’avons démontré ci-haut. Ces organes sont
essentiellement, le Conseil urbain et le Collège Exécutif urbain pour la ville, le
Conseil communal et le Collège Exécutif communal pour la commune, enfin, le
Conseil de Secteur ou de la Chefferie pour le Secteur et la Chefferie. 49 Cette loi

48
BALEGANA MUSHAGALUSA G, De la décentralisation territoriale en RDC : regard sur l’autonomie organique
et financière des entités territoriales décentralisées. Cas de la commune d’IBANDA , Mémoire de licence en
Droit, Université Catholique de BUKAVU, 2009-2010, p.21
~ 41 ~

organique reconnaît à chacun de ces organes des attributions qui lui sont propres,
dans le souci de viabiliser l’entité et répondre aux besoins du milieu.

b. Conséquences sur l’organisation Judiciaire

Au niveau de l’organisation judiciaire, le problème qui se pose est celui


de la dépendance de certaines entités territoriales décentralisées aux juridictions
judiciaires des autres entités. En effet, on observe à ces jours que la décentralisation
fait en a ce que, certaines entités territoriales décentralisées sont dépourvues des
institutions judiciaires et se voient obliger de dépendre des institutions judiciaires
des autres certaines entités territoriales décentralisées ; ce qui constitue un
problème d’organisation judiciaire étant donné que le principe de la territorialité
des juridictions judiciaires ou la compétence territoriale des juridictions n’est plus
respecté.

Cela est devenu plus sérieux avec l’installation des nouvelles provinces
dans le cadre du régionalisme qui a fait passer la RDC à 26 provinces ; ce qui nous
amène à une situation selon laquelle, l’entité qui était un territoire devient, suite à
cela, une ville et par conséquent une entité territoriale décentralisé mais qui ne
dispose d’aucun tribunal de grande Instance comme la loi le prévoit.

49
Les Articles 7,47 et 69 de la loi organique portant composition, organisation et fonctionnement des ETD et
leurs rapports avec l’Etat et les provinces
~ 42 ~

Chapitre Troisième :

LA DECENTRALISATION FACE A L’UNITE NATIONALE EN RDC

Dans cette partie du travail consacré à l’analyse de l’aspect pratique de


notre travail à savoir la décentralisation face à l’unité à l’Unité Nationale, nous
allons analyser deux grands points à savoir :

- La notion de l’unité nationale ;

- L’impact de la décentralisation sur l’unité nationale

SECTION 1ère : NOTION DE L’UNITE NATIONALE

Dans cette section nous allons développer tour à tour trois notions à
savoir :

- Définition et notion de l’Unité Nationale ;

- Origine et évolution de la notion de l’Unité Nationale ;

- Contenu de la notion de l’Unité Nationale.

§1. Définition et notion

Le vouloir vivre ensemble exige l’acceptation des règles communes, de


valeurs partagées, lesquelles expriment d’une façon générale, l’adhésion à une
conception analogue de la société.
~ 43 ~

Ce groupe de mots est dans l’air du temps et se vend plutôt bien au


marché des idées politiques. D’après le dictionnaire Larousse, la nation est définie
comme un «ensemble des êtres humains vivant dans un même territoire, ayant une
communauté d’origine, d’histoire, de culture, de traditions, parfois de langues et
constituant une communauté politique».50

Elle peut être aussi définie comme une « entité abstraite, collective et
indivisible, distincte des individus qui la composent et titulaire de la souveraineté »,
dans cette deuxième acception, elle se confond à l’Etat. L’unité étant définie
comme « caractère de ce qui est un, unique, indivisible ».

Une autre définition la rapproche de l’union, en faisant de l’unité «le


caractère de ce qui est considéré comme formant un tout dont les diverses parties
concourent à constituer un ensemble indivisible»51

Le concept d’unité nationale dont la finalité est plus aisée à appréhender


apparait plus complexe à définir ; d’abord parce que composé de deux mots dont la
mise en commun rend le sens redondant : la nation se définit par son unité, en
d’autres termes, il n’y a pas de nation sans unité. Ensuite au vue de la diversité
ethnique, linguistique, religieuse des peuples du Cameroun, la communauté
sociologique, identitaire est difficile à établir. De même, la communauté politique
entendue comme « groupe de personnes qui partagent une vision commune du bien
suprême et s’essayant ensemble à faire tendre la société vers lui », souffre d’un
déficit de doctrine (idéologie) pour porter notre destinée commune.

Le concept d’unité nationale ne veut rien dire, du moins sans le contenu


socio-psychologique qui doit le sous-tendre. En d’autres termes, ce concept devrait
renvoyer à une réalité concrète dont l’architecture permettrait d’entrevoir la volonté
de vivre ensemble.

Faudrait-il le préciser, l’unité nationale n’est pas une panacée ou un


concept miracle dont la seule évocation dans la constitution en ferait «un
50
Jean TABIMA NGA, comprendre l’unité nationale, éd. C.I.D, 2008, p.23
51
Alexandre Arsène Bell, l’Unité Nationale, mythe ou réalité, éd. Karthala, Paris, 2000, p.37
~ 44 ~

instrument patriotique de dissuasion» contre toutes les manouvres de sécession ou


de déstabilisation.52

§2. Origine et évolution de la notion de l’unité nationale

L'union nationale revient périodiquement au premier plan de la vie


politique. Elle s'est exprimée le 4 août 1914, quand le chef de l'Etat, Raymond
Poincaré, a appelé les Français à l’union sacrée à la suite de la déclaration de guerre
allemande. Les gouvernements dits d'union nationale ont été légions dans l'histoire.
Ainsi, à la suite des émeutes parisiennes du 6 février 1934, déclenchées par les
ligues d'extrême droite, à l'origine d'une trentaine de morts, un « cabinet » d'union
nationale a été constitué par Gaston Doumergue, incluant des hommes de droite
comme de gauche. Le thème a été mis en avant sous les formes et les régimes les
plus divers.53

Le général de Gaulle a fait de l'appel à l'unité des Français la marque


essentielle de son discours : « Depuis l'aurore de notre histoire, nos malheurs furent
toujours en proportion de nos divisions. Mais jamais la fortune n'a trahi une France
rassemblée » (5 octobre 1947). François Mitterrand lui-même, en mai 1988, a fondé
la campagne présidentielle pour sa réélection sur le thème de la « France unie ». A
la suite de son élection en 2007, le président Sarkozy a pratiqué «l'ouverture» vers
l'opposition, une expression particulière de l'union nationale, mais face à
l'incompréhension de sa majorité et à la colère de l'opposition, il a dû renonce en
2010 à ce dessein.54

L'unité s'oppose à d'autres thèmes majeurs du discours politique qui vont


dans le sens inverse, comme la division ou le fédéralisme, voire le
communautarisme c'est-à-dire l'organisation d'une société en communautés fondées
sur la religion ou l'origine. L'appel à l'union nationale est parfois nécessaire pour
52
Serges Aimé Bikoï, comprendre l’échec de l’Unité Nationale, article en ligne, à lire sur [Link],
consulté le 22 Juillet 2022.
53
IDEM.
54
Vincent TREMOLET, Droit d’informer et devoir de se taire, Paris, éd. Figaro, 2015, p.44
~ 45 ~

préserver la paix civile face aux menaces de déchirure, notamment dans le contexte
d'une poussée des identités ethniques et religieuses dont le terrorisme djihadiste
marque le paroxysme.

Le discours de l'union nationale est en lui-même mobilisateur, il évoque


la paix, l'efficacité et la force d'un pays en marche.

§3. Contenu de la notion de l’unité nationale

1. L'unicité de la souveraineté

L'État unitaire se caractérise par l'unité du pouvoir politique, qui se


traduit, sur le plan juridique, par l'existence d'une seule catégorie de lois, adoptées
par des représentants de la souveraineté ou directement par référendum, et qui ont
vocation à s'appliquer sur l'ensemble du territoire. Cette indivisibilité du pouvoir
normatif implique qu'il n'existe qu'une seule catégorie de lois.55

Si la loi peut tolérer l'édiction de règles de droit qui s'appliquent sur une
portion du territoire, comme peuvent l'être les actes des autorités déconcentrées ou
même décentralisées, ces normes locales ne peuvent cependant être édictées qu'en
application et en conformité avec les normes nationales préalables. Elles ne peuvent
être créées que si la loi nationale détermine les matières dans lesquelles elles
peuvent intervenir. Ainsi, les autorités locales ne disposent d'un pouvoir normatif
que dans le cadre de la loi et en respectant cette loi.

De même, il est également reconnu aux collectivités territoriales un


pouvoir réglementaire, celui-ci est limité à l'exercice de leurs compétences et ne
peut empiéter sur le pouvoir réglementaire reconnu au Premier ministre et au
président de la République. Le pouvoir réglementaire reconnu aux collectivités
territoriales est donc secondaire et résiduel. Les actes des autorités locales restent
des actes administratifs soumis au contrôle du seul juge administratif, notamment
par l'intermédiaire du contrôle administratif confié au représentant de l'État et n'ont
aucune vocation à concurrencer ni la loi ni même les règlements nationaux.
55
L’impératif de l’Unité Nationale, article anonyme, à lire sur [Link], consulté le 24 Juillet
2022.
~ 46 ~

Cette unicité du pouvoir politique exprimée par le principe


d'indivisibilité ne se confond pas avec la question de l'intégrité du territoire avec
laquelle elle est parfois confondue, même si cette souveraineté s'exerce
nécessairement sur un territoire déterminé. Associé à l'existence d'un pouvoir
politique et à une population, le territoire est le troisième élément de définition d'un
État souverain.

L'intégrité du territoire n'est pas absente de la Constitution qui organise


surtout les conditions de sa protection. Le texte constitutionnel fait du président de
la République le garant de cette intégrité et son ultime rempart en cas de crise grave
et il interdit toute révision lorsqu'il est porté atteinte à l'intégrité du territoire .

Ces différentes protections du territoire n'empêchent pas à la


Constitution d'organiser, à propos des traités, une possibilité de modification du
territoire de la République.

2. L'unicité du peuple

Cette unicité correspond à l'unité de la nation française et elle est


affirmée notamment à l'article 5 de la Constitution Congolaise : « La souveraineté
nationale appartient au peuple... ». La révision constitutionnelle a consacré, presque
de manière incidente, l'unité du peuple. Deux décisions du Conseil constitutionnel
ont cependant précédé le Constituant et c'est au Conseil que l'on doit la
consécration constitutionnelle du peuple.

Dans une première décision (no 91-290 DC du 9 mai 1991, Loi portant
statut de la collectivité territoriale de Corse, Rec. p. 50), le Conseil constitutionnel a
censuré la référence à un « peuple corse, composante du peuple français ». Il s'est
fondé notamment sur l'article 1er de la Constitution selon lequel « la France assure
l'égalité de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion »,
pour considérer que la Constitution ne connaissait que le peuple français, du moins
pour la métropole, et qu'il ne pouvait y avoir de distinction au sein de ce peuple.
L'unité est donc assimilée à l'égalité, la première permettant d'atteindre la seconde.
~ 47 ~

Sur le fondement des textes les plus solennels qui font référence au « peuple
français » de la Déclaration de 1789 (« les représentants du peuple français ») et
des Préambules de 1946 (« au lendemain [...] le peuple français réaffirme »), et de
1958 (« Le peuple français proclame solennellement son attachement [...] »), le
Conseil a estimé que « la référence faite au “peuple français” figure d'ailleurs
depuis deux siècles dans de nombreux textes constitutionnels ; qu'ainsi que le
concept juridique de “peuple français” a valeur constitutionnelle ».56

Le Conseil semble exprimer ici une sorte de référence indirecte à une


continuité constitutionnelle qui dépasserait un texte précis, par une sorte de
coutume constitutionnelle ou de référence historique. Cette forme de supra
constitutionnalité dépasse les textes des différentes Constitutions, mais le Conseil a
pris la peine de n'invoquer que des textes dont la valeur constitutionnelle positive
est incontestable.

La continuité constitutionnelle a été réaffirmée dans la Charte de


l'environnement de 2004 qui dispose que « Le peuple français [...] proclame ». Sur
le fondement de cette continuité constitutionnelle, le Conseil avait jugé que la loi ne
pouvait créer d'autres peuples, même en tant que composante du peuple français, à
propos de la reconnaissance, dans l'article 1 er de la loi adoptée par le Parlement, de
la « communauté historique et culturelle vivante que constitue le peuple corse,
composante du peuple français » (cons. 13). Il a ainsi censuré la totalité de cet
article, en se fondant sur la mention du peuple français dans la Déclaration des
droits de 1789 et dans le préambule de 1958 qui distingue le peuple français des
peuples des territoires d'outre-mer.

Dans une seconde décision (déc. no 99-412 DC du 15 juin 1999, Charte


européenne des langues régionales ou minoritaires, Rec. p. 71), le Conseil
constitutionnel a confirmé sa position sur l'unicité du peuple français, consacrée
comme ayant valeur constitutionnelle (cons. 5). Cette Charte, signée par la France
en 1998 et initiée par le Conseil de l'Europe, a été déclarée contraire à la

56
Julien BARGETON, le mythe de l’unité nationale, éd. Dalloz, Paris, 2008, p.41
~ 48 ~

Constitution, et sa ratification ne peut intervenir qu'après une révision de cette


dernière, ce qu'une absence d'accord politique a toujours empêché depuis 1999. Les
critiques dirigées contre ce qui était considéré comme une conception archaïque et
dépassée de la nation française n'ont pas manqué. Toutefois, cette analyse
correspond à une vision historique de cette nation et à un refus de s'engager dans un
chemin, jugé dangereux, de la reconnaissance de groupes d'individus liés entre eux
par des intérêts divers, communautés ou ethnies. Elle permet de comprendre
pourquoi le Conseil constitutionnel a préféré utiliser le concept de peuple plutôt que
celui de langue de la République, pourtant consacré à l'article 2 de la Constitution
et qui semblait au cœur du texte qu'il examinait.

L'un des liens qui permet, en effet, de cimenter l'unicité du peuple peut
être la langue parlée par ce groupe, tant l'unité nationale peut être associée à l'unité
linguistique. Cette dernière, qui reflète l'unité du peuple, est aussi la conséquence
de l'unité de la souveraineté nationale.57

Le juge constitutionnel a fait application de cette disposition et il a


distingué la sphère privée, dans laquelle l'usage d'une autre langue que le français
est possible au nom du principe de la liberté de communication, inscrite à l'article
11 de la Déclaration des droits de 1789, et la sphère publique pour laquelle le
français est la langue officielle et donc la seule à pouvoir être utilisée dans ce cadre
(déc. no 94-345 DC du 29 juillet 1994, Loi relative à l'emploi de la langue
française, Rec. p. 106). Le français est ainsi devenu une langue publique, officielle,
qui peut être imposée à tout détenteur d'une parcelle de l'autorité publique et à ceux
qui sont en relation avec les administrations et juridictions.58

Les autres personnes peuvent continuer néanmoins, à utiliser librement la


langue qu'ils veulent dans les rapports privés, la « liberté fondamentale de pensée et
d'expression proclamée par l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme » s'y
opposant. Elle permet de considérer que l'unité linguistique de la République peut
connaître des nuances. Cette reconnaissance de la diversité n'est pas isolée.
57
Raoul GIRADET, les mythes et mythologie politiques, éd. De Boeck, Paris, 2001, p. 43
58
Michel WINOCK, les grandes crises politiques de 1871-1968, éd. C.D.I, Paris, 1986, p.39
~ 49 ~

SECTION 2ème : CONSEQUENCE DE LA DECENTRALISATION SUR


L’UNITE NATIONALE

Dans cette deuxième section nous allons analyser d’une part la remise en
cause de l’unité nationale par la décentralisation (§1) et l’autre part des critères de
la décentralisation mettant en cause l’unité nationale (§2).

§1. La remise en cause de l’unité nationale par la décentralisation

Depuis de nombreux siècles, les individus se sont regroupés et ont donc


formé des sociétés afin de faciliter les conditions de vie et l’entente entre ses
individus. Des règles se sont mises en place au cours des années. L’Homme a donc
créé l’Etat.

L’Etat est une forme d’organisation politique et juridique d’une société


ou d’un pays. Chaque Etat est constitué de trois éléments essentiels : les citoyens, le
territoire et une puissance politique. Il existe deux formes d’organisation de l’Etat :
les Etats unitaires où tous les citoyens sont soumis au même et unique pouvoir et
les Etats fédéraux où il y a plusieurs parties autonomes avec leur propre
gouvernement. L'Etat unitaire est un Etat qui a sur son territoire une seule
organisation juridique et politique mais cela n’exclut pas que l’Etat unitaire possède
des collectivités territoriales avec leur propre droit.59

La décentralisation suppose le découpage du territoire national en des


circonscriptions. Elle peut dans ce cas s’avérer être une opposition à l’unité
nationale qui suppose une intégration parce que l’unité nationale suppose la
prohibition de tout fractionnement de l’unité de l’Etat et des collectivités locales
ainsi que la recherche d’une plus forte agrégation nationale.

A l’analyse des objectifs de ces deux notions, nous pouvons constater


que ces deux notions deviennent contradictoires et la décentralisation remet en
cause l’Unité nationale de l’Etat dans la mesure où elle s’écarte de l’idée de la
prohibition de tout fractionnement de l’unité de l’Etat et des collectivités locales

59
Elie CHANCELIN, la décentralisation et l’Unité Nationale, Pars, éd. De Boeck, 2009, p.27
~ 50 ~

ainsi que de la recherche d’une plus forte agrégation nationale dans la mesure où
celle-ci consiste en des termes clairs, à une division administrative et territoriale de
l’Etat.

Cette affirmation est plus renforcée par la conception sociologique de la


décentralisation en RDC. Effet, selon la conception sociologique, décentralisation
veut dire « division », c’est-à-dire, chaque entité territoriale décentralisée entretient
des valeurs distinctes de celles des autres entités, ce qui suppose une diversité
culturelle et une considération tendant à considérer comme étranger, tout ce qui
vient ou qui est lié à une entité autre que celle à laquelle on appartient.

§2. Les critères de la décentralisation mettant en cause l’unité nationale

La décentralisation est un processus d’aménagement de l’État unitaire


qui consiste à transférer des compétences administratives de l’État vers des entités
(ou des collectivités) locales distinctes de lui. A ce titre, elle présente plusieurs
avantages sur le processus de développement de l’Etat. Cependant, en la
confrontant à l’unité nationale et en se basant aux aspects soulevés ci-haut, nous
allons relever quelques critères de la décentralisation qui mettent en cause l’unité
nationale dont notamment :

- Le découpage du territoire national en des circonscriptions ;

- La gestion séparée des entités décentralisées avec l’Etat.

1. Le découpage du territoire national en des circonscriptions

Le processus de décentralisation est susceptible d’accroître les inégalités


entre les provinces les plus pauvres et les plus riches d’un pays. Cela peut être le
cas si la politique de péréquation fiscale n’est pas assez efficace pour empêcher les
entités territoriales décentralisés les mieux dotées en ressources de bénéficier
encore de revenus. En outre cela va déstabiliser l’unité nationale et déclencher par
ce fait des conflits politiques ou ethniques ; faciliter l’abus d’autorité ou la
~ 51 ~

corruption des autorités locales et centrales et en faire des régimes locaux


dictatoriaux.

La décentralisation, par son critère de découpage du territoire national en


des circonscriptions, renie totalement l’unité nationale, qui, elle milite contre
l’indivisibilité du pays sur tous les plans et tous les aspects. Le découpage du
territoire national en des circonscriptions est le critère de la décentralisation qui met
le plus en mal l’unité nationale par le fait qu’il implique une division de l’Etat.

2. La gestion séparée des entités décentralisées avec l’Etat

L’unité nationale implique l’homogénéité dans le fonctionnement de


l’Etat, ce qui exclut toute gestion séparée à l’intérieur d’un même Etat. Mais avec la
décentralisation qui implique une gestion séparée des entités décentralisées avec
l’Etat, cela sort directement du contexte de l’Unité Nationale et contredit celle-ci
par ce fait. C’est en ça que ce critère de la décentralisation remet en cause l’Unité
Nationale.

§3. L’incompatibilité entre la décentralisation et l’unité nationale

En se basant sur tout ce qui a été développé ci-haut, il ressort qu’il existe
une incompatibilité entre la décentralisation et l’unité nationale dans le mesure où
ces deux notions prônent des valeurs qui se contredisent et qui ne peuvent en aucun
cas évoluer ensemble.

Les valeurs exclues par l’une constituent celles prônées par les autres et
vice versa ; ce qui montre à quel points ces deux notions ne peuvent pas marcher
ensembles.
~ 52 ~

CONCLUSION GENERALE

Ce travail avait pour titre « La décentralisation consacrée par la


constitution du 18/02/2006 face à l’unité nationale en RDC ». Il a comporté trois
chapitres : Le premier chapitre a porté sur un Aperçu de la décentralisation en
République Démocratique du Congo. La décentralisation face à l’unité nationale a
constitué le deuxième chapitre ; enfin le troisième chapitre s’est basé sur l’étude de
la mise en place de la décentralisation en RDC.

Chacun de ces trois chapitres ; présente un lien avec l’autre, ce qui fait
que les effets engendrés par l’application de la décentralisation varient en fonction
des différents facteurs (Politique, Economique, Administratif ou Socio-culturel) et
de la gestion même des ETD.

Pour une bonne administration du territoire national, la constitution du


18/02/2006 a optée pour la décentralisation à son article 3. Ce qui a nécessité la
promulgation des lois nécessaires pour la programmation effective de la
décentralisation.

Cependant chaque autorité publique doit s’engager pour la construction


de la cohésion nationale et de l’unité nationale. Car sans la paix, il n’y aura ni
bonne gouvernance ni développement.
~ 53 ~

BIBLIOGRAPHIE

I. TEXTES LEGAUX
1. La constitution de la RDC du 18 Février 2006.
2. Loi organique N°08/016 du 07 Octobre 2008 portant composition,
organisation et fonctionnement des entités territoriales décentralisées et leurs
rapports avec l’Etat et les Provinces.
3. Article 7 de la Loi organique N°08/016 du 07 Octobre 2008 portant
composition, organisation et fonctionnement des entités territoriales
décentralisées et leurs rapports avec l’Etat et les Provinces.

II. OUVRAGES
4. AIME ZERMATTEN, Droit administratif, paris, éd. PUF, 2007.
5. KAIMWA MANENO BRUNO, Les enjeux de la décentralisation en RDC,
éd. Le harmattan Kinshasa, 2016.
6. LAMBERT LUCAS, L’unité nationale, communautés et communautarisme,
paris, éd. Dalloz, 2009, p.18.
7. GULLIEN R. VINCENT, Lexique des termes juridiques, 13 e éd., paris,
Dalloz, 2011.
8. YAV KATSHUNG, Le parlement provincial pourquoi faire ? éd. Contrôle
citoyen, Lubumbashi, 2008, p.49
9. JOSEPH YAV KATSHUNG, La décentralisation en RDC, une tour de
Babel ? Lubumbashi, éd. Contrôle citoyen, 2009, p.15
[Link] GASTON, Droit administratif, éd. PUF, paris, 1990, p.89
[Link] CHIZA CHIBWIRED, Organisation politico-
administrative et développement, éd. BUSHIRI, BUKAVU, 1993.
[Link] TABIMANGA, Comprendre l’unité nationale, éd.
[Link] ARSENE, Bell, l’unité nationale, mythe ou réalité ? éd.
Kathola, paris, 2000, p.37
[Link] TREMOLET, Droit d’informer et devoir de se faire, paris, éd.
Figaro, 2015, p.44
~ 54 ~

[Link] MICHEL BARTELOT, Les Etats de se voie, du duché à l’unité


nationale, éd. Grenier, paris, 2009, p.27
[Link] BARGETON, Le mythe de l’unité nationale, éd. Dalloz, paris,
2008, p.41
[Link] GIRADET, Les mythes et mythologie politiques, éd. De Boeck,
paris, 2011, p.43
[Link] WINOCK, Les grandes crises politiques de 1871-1968, éd. C.D.I,
paris, 1986, p.39
[Link] CHANCELIN, La décentralisation et l’unité nationale, paris, éd. De
Boeck, 2002, p.27
[Link] Felix KANDOLO ON’UFUKU WA KANDOLO, Guide Kandolo,
Méthodes et règles de rédaction d’un travail de recherche en droit, Beau
Bassin (Marius), éditions universitaires européennes, 2018.

III. ARTICLES
[Link] AIME BIKOI, Comprendre l’échec de l’unité nationale, article en
ligne, à lire sur www.237 [Link] consulté le 22 Juillet 2022
[Link] TE PEMAKO, « La politique de la décentralisation
territoriale en R.D. Congo depuis Février 1982 » in Congo Afrique, N°432,
Février 2009, Kinshasa
[Link] TE PEMAKO, « La nouvelle décentralisation territoriale
(régionalisme politique congolais) et les mécanismes de sa mise en œuvre »
in Congo Afrique, N°433, Mai 2009, Kinshasa
[Link] RIVERO, « Droit administratif » in Encyclopédie universelle, vol. 1,
Université de Paris, 1982
[Link] G et OTEMIKONGO M., « Entités territoriales décentralisées et
financement public du développement local au Zaïre » In zaïre-Afrique,
N°266, 1992, Kinshasa
~ 55 ~

IV. MEMOIRES, COURS ET THESES


[Link] MWINDOLWA Hervé, L’impact de la décentralisation
territoriale sur le développement des entités territoriales décentralisées en
RDC, Mémoire de licence en Droit Public, U.O.B, 2005
[Link] GALUSA BALEGANA, De la décentralisation territoriale en
RDC. Regard sur l’autonomie organique et financière des entités territoriales
décentralisées. Cas de la commune d’EBANDA, Mémoire de licence en
Droit, UCB, 2010
[Link] MUSUNGULA Jacques, La problématique de la mise en
œuvre de la décentralisation financière en RDC, Mémoire de licence en
sciences Economiques, Université Morien Ngauabi, Brazza, 2007
[Link] KABAMBA, Grands services publics de l’Etat, L1 Droit UNILI,
2017-2018
[Link] N’SAKILA, Initiation à la recherche scientifiques, G1 Sciences
Economiques, UNILU, 2006-2007
[Link] KABILA G., Droit administratif : Institutions administratives, G3
Droit, UNILI, 2020-2021
[Link] Sylvain, Histoire et institutions administratives de la RDC, L2
Organisation sociale, ISDR/BUKAVU, 2011
[Link] ON’UFUKU WA KANDOLO P.F, Réparations en droit de la
personne et en droit international humanitaire. Problèmes et perspectives
pour les victimes en RDC, Thèse de Doctorat en droit, Université de
Montréal, 2017
~ 56 ~

TABLE DES MATIERES

EPIGRAPHE.........................................................................................................................................I
DEDICACE..........................................................................................................................................II
IN MEMORIAM.................................................................................................................................III
AVANT-PROPOS...............................................................................................................................IV
INTRODUCTION GENERALE.........................................................................................................1
1. PRESENTATION DU SUJET.................................................................................................1
2. CHOIX ET INTERET DU SUJET.........................................................................................2
a. Choix du sujet.......................................................................................................................2
b. Intérêt du sujet......................................................................................................................2
3. ETAT DE LA QUESTION......................................................................................................4
4. PROBLEMATIQUE ET HYPOTESE DE RECHERCHE...................................................5
a. Problématique de recherche................................................................................................5
b. Hypothèse du travail............................................................................................................6
5. METHODE ET TECHNIQUES DE RECHERCHE.............................................................6
a. Méthode de recherche..........................................................................................................6
b. Technique de recherche.......................................................................................................7
6. DELIMITATION DU SUJET.................................................................................................8
 Sur le plan matériel..............................................................................................................9
 Sur le plan temporaire..........................................................................................................9
 Sur le plan spatial.................................................................................................................9
7. SUBDIVISION DU TRAVAIL................................................................................................9
CONSIDERATIONS GENERALES................................................................................................10
SECTION I : APPROCHE CONCEPTUELLE..........................................................................10
§1. Décentralisation....................................................................................................................10
§2. La constitution......................................................................................................................11
§3. L’unité nationale...................................................................................................................11
SECTION II : THÉORIE GÉNÉRALE SUR LA DÉCENTRALISATION..............................12
§.1. Définition et notion de la décentralisation.........................................................................12
§.2. Historique de la décentralisation........................................................................................14
§.3. Type des décentralisations..................................................................................................18
§.4. Caractéristiques de la décentralisation..............................................................................21
§.5. Contrôle de l'état sur les entités territoriales décentralisées............................................25
MISE EN PLACE DE LA DECENTRALISATION EN RDC........................................................27
SECTION 1ère : THEORIE LEGALE SUR LA DECENTRALISATION EN RDC..................27
~ 57 ~

§1. Fondement juridique de la décentralisation en RDC.........................................................27


§2. Types de décentralisation applicable en RDC....................................................................29
§3. Effectivité de la décentralisation en RDC...........................................................................33
SECTION 2ème : PROBLEMES ET CONSEQUENCES DE LA DECENTRALISATION EN
RDC.................................................................................................................................................35
§1. Problèmes d’ordre technique...............................................................................................35
§2. Conséquences sur le développement des ETD....................................................................37
§3. Conséquences sur l’organisation administrative et judiciaire du pays.............................39
LA DECENTRALISATION FACE A L’UNITE NATIONALE EN RDC....................................42
SECTION 1ère : NOTION DE L’UNITE NATIONALE..............................................................42
§1. Définition et notion...............................................................................................................42
§2. Origine et évolution de la notion de l’unité nationale........................................................44
§3. Contenu de la notion de l’unité nationale...........................................................................45
SECTION 2ème : CONSEQUENCE DE LA DECENTRALISATION SUR L’UNITE
NATIONALE..................................................................................................................................49
§1. La remise en cause de l’unité nationale par la décentralisation........................................49
§2. Les critères de la décentralisation mettant en cause l’unité nationale..............................50
§3. L’incompatibilité entre la décentralisation et l’unité nationale........................................51
CONCLUSION GENERALE............................................................................................................52
BIBLIOGRAPHIE.............................................................................................................................53

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