2.3.
Module de finesse
Le module de finesse est une mesure de la finesse ou de la distribution granulométrique d'un
matériau granulaire, comme le sable. En génie civil et en construction, il est couramment
utilisé pour évaluer la qualité du sable utilisé dans le béton.
Les sables doivent présenter une granulométrie telle que les éléments fins ne soient ni en
excès, ni en trop faible proportion. S’il y a trop de grains fins, il sera nécessaire d'augmenter
le dosage en eau du béton tandis que si le sable est trop gros, la plasticité du mélange sera
insuffisante et rendra la mise en place difficile.
Le module de finesse est calculé en tamisant une quantité de sable à travers une série de tamis
normalisés et en additionnant les pourcentages cumulés de matériau retenu sur chacun de
ces tamis, puis en divisant cette somme par la relation de la formule :
𝑆𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑐𝑒𝑛𝑡𝑎𝑔𝑒𝑠 𝑟𝑒𝑡𝑒𝑛𝑢𝑠s sur chacun des tamis (entre 0.125 mm et 63 mm)
Mf = 100
Le module de finesse est la somme de pourcentages des refus cumulés, ramenés à l'unité,
pour les tamis d’ouvertures 0.125 mm et 63 mm.
Le module de finesse d’un granulat (Mf) est une valeur qui détermine s’il peut-être utilisé
facilement et si sa courbe granulométrique peut-être employée telle quelle.
-Selon la norme française NFP 18-540
Le module de finesse est égal au 1/100e de la somme des refus cumulés exprimée en
pourcentages sur les tamis de la série suivante : 0,16-0,315-0,63-1,25-2,5-5 mm
1
Le module de finesse = ∑ Refus cumulés en % des tamis {0,16-0,315-0,63-1,25-2,5-5}
100
-Selon la norme européenne EN 12620
1
Le module de finesse = ∑ Refus cumulés en % des tamis {0,0125-0,25-0,5-1-2-4}
100
Par exemple, le sable dont la courbe granulométrique est tracée sur la figure ci-dessous a pour
module de finesse 𝐌𝐟 = 𝟐, 𝟗𝟓
La courbe granulométrique correspondant à un sable normal est représentée sur le graphique
ci-après, sur lequel ont été également portées les courbes de sables très fins et grossiers ainsi
que celles de graviers.
La forme des courbes granulométriques apporte les renseignements suivants :
-les limites d et D du granulat en [Link] exemple,sable 0/5 avec 0 mm pour la plus petite
dimension (d) et 5 mm pour la plus grande (D)
-la plus ou moins grande proportion d’éléments fins. Par exemple, la courbe située au-dessus
de celle du sable normal correspond à un sable à majorité de grains fins, et c’est l’inverse pour
celle située en dessous.
En effet, ces trois sables sont des sables 0/5 mm, mais les proportions de grains fins (0,5 mm,
par exemple) sont pour chacun d’eux :25% , 45% et 60%
-la continuité ou la discontinuité de la granularité. Par exemple, les courbes des sables sont
continues ,mais la courbe du gravier 5/31,5 présente une discontinuité .
En effet, un palier s’étend de 10 à 20 mm, ce qui signifie que le granulat en question ne
contient pas de grains compris entre 10 et 20 mm.
Ainsi, les courbes granulométriques obtenues et leurs pentes moyennes permettent de
caractériser le degré d’uniformité de la taille des éléments minéraux du sol. D’où la définition
de deux caractéristiques. Il s’agit du coefficient d’uniformité (Cu ) et le coefficient de
courbure (Cc ) .
D60
Le coefficient d’uniformité : Cu =
D10
(D30 )2
Le coefficient de courbure : Cc =
(D10 ∙ D60 )
Ce coefficient vient en complément de Cu pour la classification des sols , afin de déterminer
si la granulométrie est bien graduée ou mal graduée (un sol est mal gradué si une fraction de
grains prédomine).
Lorsque le module de finesse Mf est compris entre :
-1, 8 ≤ Mf ≤ 2, 2 : le sable a une majorité d’éléments fins et très fins, ce qui nécessite une
augmentation du dosage en eau. Le sable est à utiliser si l’on recherche particulièrement la
facilité de mise en œuvre au détriment probable de la résistance.
-2 < Mf ≤ 2,8 : le sable est à utiliser si l’on recherche une ouvrabilité satisfaisante et une
bonne résistance avec des risques de ségrégation limités. C’est un bon sable.
- 2 < Mf ≤ 3,2 : le sable manque d’éléments fins et le béton y perd de l’ouvrabilité. Le sable
est à utiliser si l’on recherche des résistances élevées au détriment de l’ouvrabilité et avec des
risques de ségrégation.
-Mf > 3,2 : le sable est à rejeter.
2.4 Rapport massique G/S
2.4.1. Influence du rapport massique G/S (dans la formulation du béton)
G = % de gravillons > 4 𝑚𝑚 et S = % de sable passant à 4 mm)
Le G/S influe sur :
-la compacité :légèrement plus élevée pour G/S > 1,2
-la résistance à la compression :meilleure pour G/S > 1,2
-l’ouvrabilité :un peu moins bonne pour G/S > 1,2
Dans une formule de composition de béton pour 1 m3 ,il est plus logique d’indiquer les
quantités de composants d’après leur masse en kilogramme
2.5 Les caractéristiques principales des granulats
[Link]éristiques physiques
[Link] La masse volumique absolue
La masse volumique absolue d'un matériau est la masse d'un mètre cube de ce matériau,
déduction faite de tous les vides, aussi bien des vides entre les grains que des vides à l'intérieur
des grains.
La densité absolue est le rapport de la masse absolue d'une unité de volume du matériau à
température donnée à la masse du même volume d'eau distillée à la même température.
[Link] La masse volumique réelle
La masse volumique réelle d'un matériau est la masse d'un mètre cube de ce matériau
déduction faite des vides entre particules. La déduction ne concerne pas les vides compris
dans le matériau mais seulement ceux entre les particules.
La densité réelle est le rapport de la masse réelle d'une unité de volume du matériau sec
dans l'air à température donnée à la masse d'un égal volume d'eau distillée à la même
température.
LE BÉTON
Le béton est l’un des matériaux les plus utilisés dans le monde. Pour ce qui est de sa mise en
oeuvre,il est façonnable à volonté et à température ambiante. Il ne nécessite pas de cuisson.
Il peut être coulé sur place ou préfabriqué.
Il est accessible à tous et présente une grande longévité. C’est un matériau bien adapté à la
réglementation thermique car il peut apporter de l’inertie au bâtiment si l’isolant est placé à
l’extérieur ou dans le cas de murs intérieurs de refend.
Il est assez complexe de positionner les matériaux les uns par rapport aux autres au regard
de leur bilan environnemental global, étant donné la multitude de facteurs entrant en jeu
(type d’approvisionnement en matériaux naturels, procédé exact de fabrication, type de
mise en œuvre donc performance technique et thermique du bâtiment, approvisionnement
local ou non ).
Le béton est un matériau composite aggloméré constitué de granulats durs de diverses
dimensions collées entre eux par un liant. Dans les bétons courants, les granulats sont des
grains de pierre, sable, gravier, cailloux et le liant est un ciment, généralement un ciment
Portland. Si le type de liant utilisé n'est pas un ciment, on parle alors, selon le liant utilisé, de
béton de résine, de béton d'hydrocarboné, de béton d'argile, etc.
Les principaux constituants du béton sont les granulats, le ciment et l’eau.
Les différents granulats forment le squelette granulaire du béton. Le ciment, l'eau et les
adjuvants forment la pâte liante. Lorsqu’il n’y a pas de squelette granulaire, on parle de "pâte
de ciment".
La pâte est un élément unique et actif du béton enrobant les granulats. L'objectif est de
remplir les vides existants entre les grains. La pâte joue le rôle de lubrifiant et de colle. Dans
le béton où une très grande compacité est recherchée, la dimension des éléments les plus fins
peut descendre en dessous de 0.1 mm (fillers, fumée de silice). De même les granulats très
légers ont des masses volumiques inférieures à 100 kg/m3.
Le rôle de l’eau dans le béton est de permettre l’hydratation de la pâte du ciment, de mouiller
les granulats et de favoriser la maniabilité (mise en œuvre) du béton.
Mais l’eau s’avère très néfaste pour le résistance du béton quand elle se trouve en trop grande
quantité.
L’eau potable convient pour la fabrication du béton, elle ne nécessite aucun essai. Toutes les
eaux de forage , de ruissellement, et les eaux recyclées doivent faire l’objet d’essais. Les eaux
de mer et les eaux usées sont interdites pour tous les bétons.
Pour hydrater 100 kg de ciment, il suffit de 25 litres d’eau.
Le rapport eau/liant (ciment )influe sur :
-la résistance mécanique
-la porosité
-le retrait
𝐸 𝐶
Pour les bétons courants le rapport 𝐶 = 0,5 ou le rapport 𝐸 = 2
La quantité d’eau de gâchage est égale à environ le poids du ciment divisé par deux: pour 100
kg de ciment on compte 25 𝑙 pour l’hydratation du ciment et 25 𝑙 pour mouiller les granulats.
Une modification du dosage en eau par rapport à la quantité optimale importante sur les
résistances mécaniques .Dans notre exemple, l’ajout de 60 𝑙 au lieu de 50 𝑙 engendre 6% de
résistance en moins.
Ordre de grandeur des proportions des constituants d'un béton courant, présentés dans le
tableau ci-dessous.
6.1. Mise en oeuvre du béton
Toutes les opérations de mise en oeuvre sont importantes si l'on veut obtenir un béton dense
de qualité homogène.
6.2.1 Gâcher le béton à la main
1. Préparer une aire de gâchage propre.
2. Déposer sur cette aire la quantité de granulats voulue et verser la quantité de ciment
nécessaire.
3.Mélanger à l’aide d’une pelle le ciment aux granulats et déplacer le tas en le mélangeant
deux ou fois à sec.
[Link] un cratère dans le tas et verser les 2/3 de l’eau nécessaires
5. Faire tomber peu à peu les bords du cratère dans l’eau pour mouiller le mélange sec et
mélanger jusqu’à ce que toute l’eau soit absorbée. L’eau ne doit pas s’échapper.
6. Mélanger le tas jusqu’à obtenir un béton homogène : déplacer le tas deux ou trois fois en
chargeant la pelle bien en dessous du tas puis en la retournant. Si nécessaire, mouiller
légèrement le béton à l’aide du creux de la main trempe dans un seau d’eau. Un béton bien
dosé en eau ne doit pas s’étaler mais former un tas arrondi
Remarque : Un mauvais mélange peut réduire considérablement le dosage du ciment. En
effet ,lorsque l’eau s’écoule vers l’extérieur, elle entraine une quantité de ciment non
négligeable.