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Cours 2

Le document traite du marché du travail en France, en se concentrant sur la création et la destruction d'emplois, ainsi que sur les taux de chômage. Il souligne les défis liés à la réallocation de la main-d'œuvre, les différences de taux d'emploi entre divers groupes démographiques, et les causes du chômage élevé en France par rapport à d'autres pays de l'OCDE. Enfin, il aborde l'importance des emplois précaires et leur impact sur le marché du travail.

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Le document traite du marché du travail en France, en se concentrant sur la création et la destruction d'emplois, ainsi que sur les taux de chômage. Il souligne les défis liés à la réallocation de la main-d'œuvre, les différences de taux d'emploi entre divers groupes démographiques, et les causes du chômage élevé en France par rapport à d'autres pays de l'OCDE. Enfin, il aborde l'importance des emplois précaires et leur impact sur le marché du travail.

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MACROECONOMIE

Sciences Po 1ère année

2007-2008

Cours de Yann ALGAN


MACROECONOMIE
Sciences Po 1ère année
2007-2008

FORUM

[Link]
group/macro-sciencespo1
Chapitre 2

MARCHE DU TRAVAIL
INTRODUCION

Questions

Comment se déterminent l’emploi et les salaires ?

Comment expliquez les créations et les destructions d’emploi?

Quelles sont les sources du chômage?

Pourquoi le taux de chômage français est-il l’un des plus élevés


des pays de l’OCDE?
1. Les faits stylisés du marché du travail

1.1 Créations et destructions d’emplois


Forte réallocation de main d’œuvre
‰ 2 millions et trois cent mille emplois détruits par an en France
15% du stock d’emplois d’une année, 10 000 par jour, 7 par minute!

‰Mais créations d’emplois tout aussi importantes chaque année


Phénomène commun à toutes les sociétés

‰ Processus d’innovations et de créations-destructions: rôle du marché


du travail est de réallouer la force de travail vers ces nouveaux postes

‰ Spécificité d’une relation: imperfection de l’information, la création


d’un emploi nécessite du temps
Pour 1 emploi créé: 5 embauches et 4 séparations

% Gains bruts Pertes brutes Variations nettes Taux de rotation


France 12,7 11,8 0,9 24,5
USA 13,0 10,4 2,6 23,4
% en stock d’emplois de l’année 2004
Taux de réallocation= Gains Bruts + Pertes brutes
Recomposition de l’emploi par secteur
Croissance du revenu par habitant s’accompagne d’une
modification des structures de production

Evolution en millions: 25 millions d’emplois en 2002


Part de l’emploi par secteur en France
Créations destructrices et productivité

‰ Mais l’essentiel des réallocations se fait au sein d’un même secteur


France Textile Industrie pharmaceutique
Création 7,1% 7,3%
Destruction 11,4% 6,2%
Croiss nette -4,3% 1,1%

Total réallocation intersectorielle


France: 17%, USA: 14%, All: 3%
‰ Innovation repose sur un processus de création destructrice: prospérité
vient de la réallocation d’emplois vers des postes plus productifs
Courbe de Beveridge

Mise en évidence par William Beveridge (1944) de la coexistence


d’emplois vacants et de chômeurs: relation décroissante

Mesure de l’efficacité du processus de réallocation:


Pour un même nombre d’emplois vacants, le chômage peut être
beaucoup plus élevé dans certains pays: comparaison France-USA
Quelles explications ?
Déplacement de la courbe de Beveridge
‰ Dégradation du processus de réallocations d’emplois en France

Taux d’emplois Courbe Beveridge - France

1.2
1973
vacants

1
1974

Vacancy rate 1972


.6 .8

1971 1976 1999


1998
1975 1997
1977
1970 1996
1980
1978 1979 1995
.4

1982
1983
19901989
1981 1994
1991 1988
1987
1992
1984 1986
1985
.2

1993

2 4 6 8 10 12
unrmw

Taux de chômage
1.2 Chômage et emploi
Définitions
‰ Population en âge de travailler: 16-64 ans, 250 millions en Europe

‰ Population active: ensemble des personnes ayant ou cherchant un


emploi. Europe: 170 millions versus USA: 137 millions
‰ Taux de participation: rapport entre population active et population
en âge de travailler.
‰ Taux d’emploi: nombre d’employés par rapport à population active

‰ Taux de chômage: nombre de chômeurs par rapport à population


active
‰ Définition du taux de chômage au sens du BIT
- Etre sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé ne serait-ce
qu’une heure durant la semaine de référence
- Etre disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours
- Chercher activement un emploi

‰ Le halo du taux de chômage…ou pourquoi les économistes


préfèrent se focaliser sur le taux d’emploi!
Evolution des taux d’emploi

Forte hétérogénéité des taux d’emploi


80
Taux d'emploi total (15-64 ans)
70
60
50

1 97 0 1 98 0 1 99 0 20 00
ye ar

E U -G B A l l- F r a
E s p - It a D k-S u e
‰ Hétérogénéité dans le temps:
Hausse des taux d’emploi féminins dans l’ensemble des pays,
mais baisse prononcée des taux d’emploi des seniors et des jeunes
dans certains pays

‰ Hétérogénéité entre pays:


Moyenne des taux d’emploi depuis 2000:
- 62.1% en France
- 72 % aux Etats-Unis
- 75 % au Danemark
Mais l’essentiel de l’hétérogénéité repose sur certains groupes
démographiques: jeunes, femmes, seniors

100
Taux d'emploi des hommes (25-54 ans)
70 80 90

1970 1980 1990 2000


year

EU-GB All-Fra
Esp-Ita D k-Sue
Taux d’emploi des femmes

90
Taux d'emploi des femmes (25-54 ans)
30 40 50 60 70 80

1970 1980 1990 2000


year

EU-GB All-Fra
Esp-Ita D k-Sue
Taux d’emploi des jeunes

90
Taux d'emploi des jeunes (15-24 ans)
30 40 50 60 70 80

1970 1980 1990 2000


year

EU-GB All-Fra
Esp-Ita D k-Sue
Taux d’emploi des seniors

90
Taux d'emploi des seniors (55-64 ans)
30 40 50 60 70 80

1 97 0 1 98 0 1 99 0 20 00
ye ar

EU-G B All-F ra
Esp-Ita D k-Su e
Evolution des taux de participation
Quelle relation avec l’évolution des taux de participation ?

Taux de participation des hommes (25-54 ans)


90 100

1970 1980 1990 2000


year

EU-GB All-Fra
Esp-Ita D k-Sue
‰ Les taux d’emploi suivent l’évolution des taux de participation

‰ Ajustement de l’économie et de l’emploi permet d’absorber


l’augmentation de l’offre de travail (mesurée par le taux de participation)

‰ Critique de la vision malthusienne de l’économie comme un gâteau


de taille donné, qu’il faudrait partager en réduisant le temps de travail
ou en excluant certaines catégories du marché du travail
Malthus, An Essay on the Principle of Population, 1798

‰ Les pays qui ont les taux d’emploi et de participation des seniors
les plus élevés ont également des taux plus élevés pour les jeunes et
les femmes!!
Taux de participation des femmes

Taux de participation des femmes (25-54 ans)


30 40 50 60 70 80 90

1 97 0 1 98 0 1 99 0 20 00
ye ar

EU-G B All-F ra
Esp-Ita D k-Su e
Taux de participation des jeunes

Taux de participation des jeunes (15-24 ans)


30 40 50 60 70 80 90

1970 1980 1990 2000


year

EU-GB All-F ra
Esp-Ita D k-Sue
Taux de participation des seniors

Taux de participation des seniors (55-64 ans)


30 40 50 60 70 80 90

1970 1980 1990 2000


year

EU-GB All-F ra
Esp-Ita D k-Sue
Etude de cas: comparaison France – USA…
…ou le malthusianisme à la française

80
Taux de participation total (15-64 ans)
70 65 75

1960 1970 1980 1990 2000


year

Etats-Unis F rance
98
Taux de participation des hommes (25-54 ans)
90 92 94 96

1 96 0 1 97 0 1 98 0 1 99 0 2 00 0
ye ar

Etats-U n is F ran ce
Taux de participation des femmes (25-54 ans)
40 50 60 70 80

1960
1970
1980

Etats-Unis
year
1990

France
2000
Taux de participation des jeunes (15-24 ans)
30 40 50 60 70

1960
1970

Etats-Unis
year
1980

France
1990
2000
Taux de participation des seniors (55-64 ans)
30 40 50 60

1960
1970

Etats-Unis
year
1980

France
1990
2000
Evolution des taux de chômage
Très forte hétérogénéité des taux de chômage entre périodes et entre
pays, mais qui reposent toujours sur certains groupes démographiques

20
Taux de chômage des hommes (25-54 ans)
0 5 10 15

1 97 0 1 98 0 1 99 0 20 00
ye a r

E U -G B A l l-F ra
E s p -It a D k-S u e
Taux de chômage des hommes très similaires entre pays

Taux de chômage des hommes (25-54 ans)


0 5 10

1970 1980 1990 2000


year

EU-GB All-Fra
Esp-Ita D k-Sue
…mais forte hétérogénéité des taux de chômage féminin

20
Taux de chômage des femmes (25-54 ans)
0 5 10 15

1 97 0 1 98 0 1 99 0 20 00
ye a r

E U -G B A l l-F ra
E s p -It a D k-S u e
…des taux de chômage des jeunes

40
Taux de chômage des jeunes (15-24 ans)
0 10 20 30

1 97 0 1 98 0 1 99 0 20 00
ye a r

E U -G B A l l-F ra
E s p -It a D k-S u e
…des taux de chômage des seniors

15
Taux de chômage des seniors (55-64 ans)
0 5 10

1 97 0 1 98 0 1 99 0 20 00
ye ar

EU -G B All-F ra
Es p-It a D k-Su e
Comptabilité de l’évolution du chômage

‰ Evolution du chômage est le résultat de deux grandes forces :


- Démographie (+): Augmentation du taux de participation accroît le
nombre potentiel de personnes à la recherche d’un emploi
- Création d’emplois (-): Augmentation des créations d’emploi permet
d’absorber la hausse du taux de participation

‰ Les pays qui ont connu les plus fortes augmentations de taux
de participation ont connu aussi les taux de chômage les plus
faibles !!!

‰ Le chômage n’est pas vraiment un problème démographique


mais surtout un problème d’insuffisance de créations d’emplois.
Pourquoi certains pays créent-ils si peu d’emplois?
Chômage et activité: Okun law
Mise en évidence d’une relation décroissante entre taux de
croissance du PIB et variations du taux de chômage (Arthur Okun)
Etude de cas: la situation de la France
Mais précarité en France repose surtout sur certains groupes
démographiques, en particulier les jeunes
Mo y e n n e O CDE

S u is s e

Suède
Roy a ume-Uni

Po r tu g a l
Pa y s - B a s

N o u v e lle Z é la n d e

No rv è g e
Ja p o n

Ita lie Ec a r t d e ta u x d e c h ô m a g e 1 5 - 2 4 a n s
- 25-54 ans
Ir la n d e
Ta u x d e c h ô ma g e 1 5 -2 4 a n s
G rèc e

Fra n c e
F in la n d e

Eta ts - U n is

Es p a g n e
Danema rk

Cana da
B e lg iq u e

A u s tr a lie

A lle m a g n e

0 5 10 15 20 25 30
Ta u x d e c h ô ma g e
‰ Importance des emplois précaires
70% des embauches en emplois précaires, 1/3 transformés en CDI
A 20 ans: 1emploi sur 2 contre 1 sur 5 au Danemark

Part de contrats précaires, parmi tous les contrats

0.9

0.8

0.7

0.6 France
Taux de CDD

Danemark
Pays-Bas
0.5
Italie
Espagne
0.4 Portugal

0.3

0.2

0.1

0
18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35
Age
Panel Européen
‰ Durée de chômage
Comparaisons internationales 2004
M oy enne O CDE 12,2

M oy enne G 7 8,6

F ra n c e 16,7

N o rvè g e 5,1

F in la n d e 11,7

E t a t s -U n is 4,8

E s pagne 19,9

Canada 4,4

A u s t ra lie 8,3

0 5 10 15 20 25
D u ré e m o y e n n e d u c h ô m a g e e n m o is d e s p e rs o n n e s d e 2 5 à 5 4 a n s
‰ Taux d’ entrée et de sortie du chômage

Flux mensuels Taux d’entrée Taux de sortie (% chômage)


USA 2,06% 37,04%
France 0,34% 3,4%
Allemagne 0,57 % 9%
1.3 Evolution des salaires
Forte hétérogénéité dans l’évolution des salaires

‰ Salaire réel
Mais évolution contrastée également des inégalités de salaires
2. Détermination de l’emploi, du chômage
et des salaires
Le modèle WS-PS
Quel cadre théorique pour comprendre la détermination de
l’emploi d’équilibre ? L’existence du chômage ? L’hétérogénéité
des taux de chômage et de salaires entre pays?

Nécessité de dépasser le modèle Offre - Demande de travail pour


tenir compte des imperfections de la concurrence dans la
détermination des salaires et des prix
2.1 – Détermination des salaires

Deux faits majeurs dans la détermination des salaires

‰ Un travailleur reçoit en général un salaire supérieur à son salaire


de réservation, i.e au salaire pour lequel il lui serait indifférent
d’accepter l’emploi proposé ou de chercher un autre emploi

‰ Salaire dépend des conditions du marché du travail, en particulier


du taux de chômage. Plus le taux de chômage est bas, plus les
salaires négociés sont élevés
Explications traditionnelles

Pouvoir de négociation
‰ Institutions du marché du travail:
Existence de syndicats, de salaires minimum, des allocations
chômage, de protection de l’emploi…
‰ Nature de l’emploi et des qualifications
‰ Degré de monopsone : un demandeur de travail (entreprise) pour
une multitude d’offreurs (travailleurs) du fait des coûts de mobilité,
de l’imperfection de l’information…
‰Niveau du taux de chômage:
Si chômage est bas, pouvoir de négociation des travailleurs est plus
élevé car les entreprises ont plus de mal à trouver des remplaçants et
les travailleurs ont moins de difficultés à trouver un poste
Salaires d’efficience
Lien entre salaire et productivité, efficience des travailleurs
‰ Les entreprises ont tendance à fixer les salaires au-dessus du salaire
de réservation pour renforcer la motivation et l’effort des salariés
Logique du don et contre don (Marcel Mauss)

‰ Importance de la fidélisation de la main d’œuvre: amortir les


coûts de formation, d’embauches et de réallocations

Henry Ford : hausse du salaire à 5$/journée au lieu de 2$8 en 1914


baisse du taux de rotation de 370% à 16%
baisse du taux de licenciement de 61% à 0,1%
Equation de wage-setting WS
‰ Possibilité de résumer l’ensemble de ces éléments à partir de la
détermination des salaires en fonction du niveau des prix, du taux
de chômage, et des différentes institutions du marché du travail

W = P F(u,z)
(-,+)
Le niveau des prix P
‰ Les salariés et les entreprises se soucient du salaire réel (W/P)
et non du salaire nominal. Ce qui importe est le pouvoir d’achat réel
pour le travailleur et le coût réel du travail pour l’entreprise

‰ Niveau anticipé des prix ou niveau réel des prix?


En général, les salaires nominaux sont négociés en début de période
avant que le niveau des prix au cours de la période ne soit connu

Or les salaires nominaux ne sont renégociés qu’à certaines échéances


( 1 an en France ou 3 ans aux Etats-Unis)

Les syndicats doivent donc se baser sur leurs anticipations des prix
Le niveau du taux de chômage
Le taux de chômage joue négativement sur les salaires

‰ Si salaire déterminé par pouvoir de négociation


Chômage fragilise le pouvoir de négociation des travailleurs en
diminuant leurs opportunités extérieures et en augmentant les
possibilités de leur remplacement pour les entreprises.

‰ Si salaire déterminé selon la logique de salaire d’efficience


Fort taux de chômage permet aux entreprises de baisser les salaires
sans risquer de perdre leurs travailleurs. Chômage comme mécanisme
de « discipline » des travailleurs (Akerlof)
Les institutions du marché du travail: z

Ensemble des institutions qui augmentent les opportunités extérieures


à la relation d’emploi (allocations chômage, taxes…) ou qui limitent
les ajustements de salaires ou des conditions de travail (salaire
minimum, protection de l’emploi…)
2.2 – Détermination des prix
Relation entre prix, salaire et taux de marge
‰ Les prix dépendent des coûts, et les coûts dépendent de la fonction
de production
‰ A court-terme: production dépend du travail N (et de la productivité
du travail A, négligée ici)
Y=N

‰ Hypothèse de rendements constants


Produire une unité supplémentaire nécessite l’embauche d’un
travailleur supplémentaire, payé au salaire W
Si marché des biens concurrentiel
‰ Bénéfice marginal d’une embauche =
Productivité marginale (supplément de bien) * Prix de vente du bien
1 * P

‰Coût marginal d’une embauche : salaire W

‰ En concurrence pure et parfaite:


P=W
Mais la plupart des marchés sont non concurrentiels
‰ Situations non concurrentielles (ex. monopole): possibilité de fixer
un prix de vente supérieur au coût marginal

‰ Marge des entreprises mesurée par un taux de mark-up positif

P= ( )W
‰ En décidant de leur taux de marge, les entreprises influencent
directement les salaires réels.

Exemple:

- Pour produire une unité de biens, entreprise paye un salaire de


10 euros, et prend une marge de 20%. Donc P=10 x 1,2=12 euros
Salaire réel est égal à W/P=10/12 euros = 0,83 cents

- Si taux de marge augmente à 30%, P=10 x 1,3= 13 euros


Salaire réel tombe à 10/13=0,76 cents
2.3 – Salaires réels, emploi et chômage

Salaire réel d’équilibre


‰ Equilibre sur le marché du travail implique que le salaire déterminé
lors des négociations salariales soit égal au salaire induit par la
détermination des prix

‰ Confrontation entre les équations WS et PS


W = P F(u,z) WS
P= ( )W PS
Généralisation du modèle Offre de travail – Demande de travail,
mais en tenant compte de la concurrence imparfaite

‰ Courbe WS est une courbe d’offre de travail dans le plan


salaire réel - emploi

‰ Courbe PS est une courbe de demande de travail constante dans


le plan salaire réel – emploi si les rendements marginaux du travail
sont constants, et une courbe décroissante du salaire si les rendements
sont décroissants
Taux de chômage d’équilibre

Détermination

‰ Taux de chômage qui résulte de la fixation du salaire réel d’équilibre

‰ Egalisation des équations WS et PS:


Interprétation
‰ Taux de chômage qui dépend des paramètres structurels du
fonctionnement du marché des biens et du marché du travail
‰ Paramètres structurels du marché du travail: z
-Allocations chômage ou toute autre institution qui augmente le
pouvoir de négociation et donc les salaires
- Déplacement vers la droite de la courbe WS entraîne une hausse du
taux de chômage d’équilibre (voir figure)

‰ Paramètres structurels du marché des biens:


- Barrières à l’entrée sur le marché des biens et pouvoir de marché
augmentent le taux de marge des entreprises, diminuent les créations
d’emplois et les salaires réels, et augmente le chômage
- Déplacement vers le haut de la courbe PS et hausse du taux de
chômage d’équilibre
‰ Le taux de chômage d’équilibre est qualifié de taux naturel car il ne
dépend que des paramètres structurels de l’économie, indépendamment
des variations conjoncturelles.

‰ Mais ce taux n’a rien de naturel et son niveau peut évoluer dans le
temps en fonction des changements de politiques économiques, des
institutions du marché du travail, du degré de concurrence sur le marché
des biens…

‰ Autre interprétation: taux de chômage moyen lorsqu’il est tenu compte


des fluctuations de court-terme
Fluctuation du taux de chômage autour de 6% aux Etats-Unis
Taux de chômage naturel en pointillé (taux de chômage moyen)
Taux d’emploi d’équilibre et Production

Détermination de l’emploi d’équilibre:


Taux d’emploi lorsque le taux de chômage est à l’équilibre
‰ Taux de chômage d’équilibre: u

‰ Population active: L

‰ Emploi d’équilibre: N

u = U/L = (L-N)/L = 1-N/L


Emploi d ’équilibre
N = L (1- u)

Si population active est de 100 000 millions et taux de chômage


structurel est de 5%, le niveau d’emploi d’équilibre est de 95 millions

Production d’équilibre

Y=N
Conclusion

Résumé
‰ Population active: ensemble des personnes qui travaillent
(employés) et des personnes cherchant un travail (chômeurs)
Taux de chômage est égal au ratio du nombre de chômeurs
sur la population active

‰ Marché du travail caractérisé par l’importance des créations


et de destructions d’emploi (15% du stock d’emplois par an)

Processus de réallocation des anciens postes vers des nouveaux postes


plus productifs est au cœur du fonctionnement du marché du travail
‰ Hétérogénéité des taux de chômage entre pays: taux plus élevés
dans les pays méditerranéens et d’Europe continentale par rapport
aux pays anglo-saxons et pays scandinaves

‰ Essentiel de l’hétérogénéité repose sur certains groupes:


jeunes, femmes, non-qualifiés

‰ Le chômage est élevé en période de récession et faible en période


d’expansion (loi d’Okun)

‰ Les salaires sont négativement corrélés au taux de chômage, qui


diminue le pouvoir de négociation des travailleurs.

Les salaires sont déterminés en anticipant le niveau des prix,


car c’est le salaire réel (pouvoir d’achat) qui importe et non
le salaire nominal
‰ Les prix fixés par les entreprises dépendent des salaires réels et
de la marge sur les salaires
‰ La relation WS décrit la règle de détermination des salaires et la
relation PS décrit la règle de fixation des prix.

Les courbes WS et PS correspondent respectivement aux courbes d’offre


de travail et de demande de travail lorsque l’on tient compte du pouvoir
de négociation des travailleurs et du pouvoir de marché des entreprises

‰ Equilibre sur le marché du travail implique que le salaire réel


résultant de la fixation des salaires soit égal au salaire réel
résultant de la fixation des prix.
Le taux de chômage qui en résulte est dit taux de chômage d’équilibre
Comment expliquer l’hétérogénéité des taux de chômage ces
dernières décennies?

‰ Institutions qui augmentent le pouvoir de négociation des travailleurs


ne peuvent pas expliquer par elles-mêmes les différences de taux de
chômage entre pays

Institutions souvent déjà plus développées en France dans les années


60-70 et pourtant le taux de chômage était plus faible qu’aux Etats-Unis
‰ Mais propagation des chocs macroéconomiques différente
en fonction des institutions du marché du travail

Cette question est développée dans le complément ci-après, et sera étudiée


en détail dans un chapitre du cours sur les politiques de l’emploi
Complément – Etude de Cas
Comment expliquer l’hétérogénéité des
taux de chômage ?

Illustration du modèle WS-PS pour expliquer les fluctuations et


l’hétérogénéité des taux de chômage ces dernières décennies.
- Quel est le rôle des institutions du marché du travail ?
- Quel est le rôle des chocs macroéconomiques affectant
l’environnement économique et la croissance ?
I Institutions du marché du travail
A – Le rôle des syndicats
Une grande partie des salaires est fixée par des négociations
collectives
Forte hétérogénéité des taux de syndicalisation entre pays:
‰ Taux de syndicalisation français est l’un des plus bas des pays
de l’OCDE: proche de 7% en 2008, contre 80% en Suède.
‰ Causes diverses:
- Règles de représentativité donnant un monopole aux cinq principales
organisations indépendamment des élections
- Règles sur les négociations entretiennent la division syndicale
- Syndicalisme de militants à l’opposé d’un syndicalisme de
services (provision des allocations chômage) dans les pays nordiques
Forte hétérogénéité des taux de syndicalisation
Moyenne 2000-2005
80
Taux de syndicalisation (%)
20 400 60

Swd Fin Dk Bg Nw Ire Aut Ita Cd Uk Czr Gre Ger Pt Nth Jp Hg Mx Pol Sp Usa Fra
Taux de couverture des négociations collectives

‰ Mesure de la proportion de salariés, même non syndiqués, pour


lesquels s’appliquent la négociation salariale.

‰ Pouvoir de négociation ne se réduit donc pas au taux de syndicalisation


Ex. France: 90% des salariés couverts par les accords.
Le rôle des syndicats
‰ Augmentation du pouvoir de négociation des travailleurs…

‰ …Amélioration des normes de coopération au sein de l’entreprise


Hirshman: Exit, Voice and Loyalty 1970

Explication du chômage par les taux de syndicalisation est donc peu


convaincante. Le point essentiel est la qualité des relations de travail,
et les syndicats y contribuent grandement dans certains pays (nordiques)
‰Degré de coopération des relations de travail (enquêtes individuelles
auprès des dirigeants (GCR index)) et taux de syndicalisation en 2000
Aut
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Indice de coopération des relations de travail

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0 20 40 60 80
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B – Le allocations chômage
Rôle des allocations
‰ Assurance contre les pertes de revenu lors des épisodes de chômage:
allocations calculées comme un taux de remplacement des
salaires passés (ex. France: autour de 50% des salaires passés)
‰ Financement de la recherche d’emploi pour trouver le meilleur
appariement possible avec un poste de travail

‰ Justification de l’intervention publique: restriction de l’offre


d’assurance privée en présence d’aléa moral
Allocations chômage et pouvoir de négociation
‰ Allocations chômage peuvent augmenter le salaire de réservation,
salaire en-dessous duquel un individu refuse de travailler

‰ Empiriquement: impact sur le salaire de réservation des chômeurs


les plus qualifiés, qui reçoivent des offres d’emploi et peuvent être
plus sélectifs
Les allocations ont-elles un impact sur la sortie du chômage ?
Salaire de référence appartenant aupremier quartile Salaire de référence appartenant audernier quartile

0,012 0,012
Taux de repris e d'emploi journalier

Taux de repris e d'emploi journalier


0,01 0,01

0,008 0,008

0,006 0,006

0,004 0,004

0,002 0,002

0 0
0 1 3 4 5 7 8 9 11 12 13 15 16 17 19 20 21 23 24 25 0 1 3 4 5 7 8 9 11 12 1315 16 1719 20 2123 24 25

Duréeduchômageenmois Duréeduchômageenmois
C – La protection de l’emploi
Rôle de la protection de l’emploi

‰ Protection des droits de la personne (discrimination…)

‰ Différence entre valeur privée et valeur sociale d’un emploi du


fait de la fiscalité sur le travail qui permet de financer les biens publics

‰ Assurance contre les risques de chômage ?


- Quel rôle par rapport aux allocations chômage ?
- Protection de l’emploi plutôt que du travailleur, dispositif efficace?
Protection de l’emploi et pouvoir de négociation

‰ Coûts de licenciements: restriction des possibilités de licenciements


ou modifications des conditions salariales

‰ Arbitrage soulevé par la protection de l’emploi


- Restriction des destructions d’emploi

- Mais peut également diminuer les incitations des entreprises à créer


des emplois, car la séparation sera plus onéreuse en cas de
retournement de la conjoncture
Législation française
‰ Licenciement individuel: pour faute, ou pour motif économique
(1/5ème salaire mensuel par année d’ancienneté: environ 1 an de salaire)

‰ Licenciement collectif (plus de 10 ou 50 salariés)


- Primes de licenciement
- Plan de sauvegarde de l’emploi et de reclassement
- Loi de modernisation sociale : motif de licenciement pour
sauvegarder et non pas pour améliorer la productivité
Hétérogénéité des législations entre les pays de l’OCDE
‰ Indice de l’OCDE: synthèse licenciement individuel et collectif
Les faiblesses de la législation française

Un contournement systématique du droit

En matière d’emplois à durée déterminée


70% embauches en CDD mais moins de la moitié
converties en CDI: contournement des règles
En matière de licenciements
• Licenc. économiques: 2, 5% des départs de l’emploi
• Licenc. personnels: 6% des départs

Part des licenciements économiques a été divisée par trois


au cours des deux dernières décennies
Faible protection en CDI

LICENCIEMENT ECONOMIQUE AUTRE LICENCIEMENT DEMISSION

60 000

50 000

40 000

30 000

20 000

10 000

0
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90

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19

19

19

19

19

19

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19

19

19

19

20

20

20

20

20
Confusion des rôles de l’entreprise: reclassement? Sauvegarde
de la productivité plutôt que son amélioration?
D – Le salaire minimum
Rôle du salaire minimum
‰ Argument traditionnel: mécanisme de redistribution et de lutte
contre les inégalités
‰ Mais d’autres mécanismes de redistribution possibles: impôt
négatif tel que la prime pour l’emploi, versée ex-post aux salariés
les plus modestes.
‰ Argument véritable: protection contre les situations
d’exploitation lorsqu’il existe des situations de monopsone

‰ Mais si le salaire minimum est supérieur à la productivité


marginale du travail, impact négatif sur la demande de travail
Evolution du salaire minimum en France
II Concurrence imparfaite sur le marché des biens

Difficultés d’insertion et insécurité proviennent surtout de la rareté


des emplois

Mauvaises performances dans les secteurs fermés (et non ouverts)


à la concurrence mondiale!!

Secteur des services : si même taux d’emploi que les USA dans
hôtellerie, commerce, restaurations: 3,4 millions d’emplois
supplémentaires
Restrictions à la création d’emploi: comparaisons internationales
Importance des licences pour ouverture des services
Ex. hôtellerie, débits de boisson
Taxis parisiens: licences de 200 000 à 300 000 euros
14 900 taxis parisiens dans les années 2000, moins qu’avant-guerre!

Numerus clausus dans les diplômes et professions


Indicateurs de Barrières à l'Entrée pour quelques Professions

Professions Professions Architecte Ingénieurs Pharmaciens


Comptables Juridiques
Australie 6.2 7.3 5.1 5.0 7.3
Belgique 6.3 4.6 3.9 1.2 5.4
Danemark 2.8 3.0 0.0 0.0 5.9
Finlande 3.5 0.3 1.4 1.3 7.0
France 5.8 6.6 3.1 0.0 7.3
Allemagne 6.1 6.5 4.5 7.4 5.7
Grèce 5.1 9.5 n.d. n.d. 8.9
Irlande 3.0 4.5 0.0 0.0 2.7
Italie 5.1 6.4 6.2 6.4 8.4
Luxembourg 5.0 6.6 5.3 5.3 7.9
Hollande 4.5 3.9 0.0 1.5 3.0
Portugal n.d. 5.7 2.8 n.d. 8.0
Espagne 3.4 6.5 4.0 3.2 7.5
Suède 3.3 2.4 0.0 0.0 12.0
G.B. 3.0 4.0 0.0 0.0 4.1
Source: I.H.S.
III Les chocs macroéconomiques

Les économies occidentales ont été affectées par de nombreux chocs


macroéconomiques depuis les années 1970

‰ Chocs pétroliers de 1974 et 1979


‰ Ralentissement du taux de croissance de la productivité

‰ Politiques monétaires restrictives: désinflation compétitive


à partir des années 1980

‰ Hausse des taux d’intérêt au début des années 90 en Allemagne


et en France
‰ Ralentissement du taux de croissance de la productivité
‰ Hausse des taux d’intérêt
‰ Politiques monétaires restrictives
Mais chocs macroéconomiques souvent communs à la plupart
des pays

‰ Comment expliquer hétérogénéité des taux de chômage entre


pays? Chocs différents (ex. taux d’intérêt en Europe) ?

‰ Comment expliquer hétérogénéité par groupes démographiques


à l’intérieur des pays si chocs macroéconomiques?

‰ Pourquoi les chocs macroéconomiques devraient-ils se traduire


par un ajustement du chômage plutôt que des salaires?
Conclusion: Interactions entre chocs et institutions

‰ Rigidités réelles du marché du travail ne peuvent pas expliquer par


elles-mêmes les différences de taux de chômage entre pays

Institutions déjà plus développées en France dans les années 60 et


pourtant le taux de chômage était plus faible qu’aux Etats-Unis

‰ Mais propagation des chocs macroéconomiques différente


en fonction des institutions du marché du travail

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