Economie Module 5
Economie Module 5
1 - Le rôle de l’État
I. Le budget de l’État
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En 2020, les dépenses sont supérieures aux recettes, le déficit est donc de 93 Md€.
La charge de la dette correspond au paiement des intérêts de la dette publique.
L’État remplit auprès des citoyens un certain nombre de missions répertoriées dans le
budget de l’État et dont le financement est redéfini chaque année dans la loi de finance
initiale. Les missions sont déclinées en programmes, ce qui permet au citoyen de
mieux comprendre à quelle politique publique ou mission est affecté l’argent de ses
impôts. Ainsi, la mission Développement agricole et rural comprend les missions
Développement et transfert en agriculture et Recherche appliquée et innovation en
agriculture. Le budget général 2020 de l’État compte 32 missions qui représentent
478,5 Md€.
Répartition des missions sur le budget de l’État en 2020
(dégrèvement d’impôts et remboursement de la dette mis à part)
Postes du budget Montants Md€ Missions Répartition Md€
Éducation et 102,7 Enseignement scolaire 74
recherche
Recherche - 28,7
Enseignement supérieur
Défense et 66,6 Défense 46,1
sécurité
Sécurité 20,5
Politiques sociales 54.5 Cohésion des territoires 15,2
Solidarité, insertion et 26,3
égalité des chances
Travail et emploi 13
Développement 13,3 Écologie, développement 13,3
durable et mobilité durables
Justice 9,4 Justice 9,4
Ce sont les ressources dont l’État dispose pour mettre en œuvre les politiques
publiques. L’essentiel des ressources provient des recettes fiscales (plus de 90 %)
constituées par les impôts directs et indirects. Le reste est représenté par les recettes
non fiscales comme le produit des amendes.
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On distingue dans les recettes fiscales les impôts directs (impôt sur le revenu, ...) et
les impôts indirects, comme la TVA. Cette dernière représente près de la moitié des
recettes fiscales nettes.
Recettes fiscales 2020 En Md€
Taxe sur la valeur ajoutée 126
Impôt sur le revenu 75,7
Impôt sur les sociétés 48,2
Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques 12,5
Autres contributions fiscales 30,6
TOTAL 293
Tous les ans, les services du ministère de l’Économie et des Finances préparent un
projet de loi de finance qui est soumis à l’Assemblée nationale et au Sénat à l’automne.
Le Parlement peut proposer des modifications avant de voter une loi de finance initiale
qui sera signée par le président de la République et publiée au JO avant la fin de
l’année. Elle prévoit et autorise, pour chaque année civile, l’ensemble des ressources
et des charges de l’État. Cette loi peut être révisée au cours de l’exercice par une loi
rectificative, aussi appelée collectif.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2008, l’article 34 de la Constitution consacre les
lois de programmation des finances publiques (LPFP). Concernant les dépenses, elles
prévoient un budget triennal de l’État qui sert de cadre à la préparation des projets de
lois de finance.
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E. Déficit budgétaire et dette de l’État
La notion de déficit budgétaire s’utilise quand le budget a un solde négatif. Les recettes
de l’État (hors emprunts) sont inférieures aux dépenses (hors remboursements
d’emprunts). Le déficit budgétaire se traduit par des emprunts nouveaux que l’État doit
contracter au cours de l’année. En France, cette situation est ininterrompue depuis le
milieu des années 1970.
La dette de l’État : il s’agit de l’ensemble des emprunts effectués par l’État. Ils se
composent de l’accumulation des déficits de l’État et se mesurent à un moment donné.
Le déficit budgétaire se mesure sur une période donnée qui représente généralement
une année.
Attention à bien différentier le déficit, qui est un flux, et la dette, qui est un stock. Bien
que différentes, ces deux notions sont liées car le flux du déficit budgétaire vient
alimenter l’encours de la dette. De même, les intérêts versés (38 milliards d’euros en
2020), qui sont une charge budgétaire, augmentent le déficit budgétaire.
La dette de l’État ne doit pas être confondue avec la dette publique qui représente la
dette de l’ensemble des administrations publiques, des collectivités territoriales et des
organismes de sécurité sociale.
Le déficit de l’État en 2020 est de 93 milliards d’euros. La dette publique était de
2 415 milliards d’euros en septembre 2019, soit 100,4 % du PIB.
Selon les critères des accords de Maastricht, le déficit public annuel ne doit pas
dépasser 3 % du produit intérieur brut (PIB) et la dette publique 60 % du PIB. La
France a enregistré depuis 2007 des déficits supérieurs à 3 % de son PIB, sauf
en 2017 et 2018.
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Il est difficile de fixer un seuil à partir duquel on peut parler d’insoutenabilité. Dans le
cas de la France, la dette publique a fortement augmenté en quarante ans. Le
financement des déficits s’est toujours fait sans difficulté, surtout avec les taux d’intérêt
très bas que nous connaissons depuis plusieurs années. Mais le niveau de dette actuel
peut avoir des conséquences sur la conduite de la politique économique et sur la
croissance du pays. Enfin, un autre facteur à prendre en compte est le vieillissement
de la population.
L’État est un agent économique complexe qui ne se prête pas facilement à une analyse
courante. Sa présence dans le tissu économique a toujours été un important objet de
controverse. De même, les fonctions qu’il peut ou doit remplir dans la société opposent
les économistes, les sociologues et les politiques.
L’État remplit diverses fonctions dans les économies développées modernes. De plus
en plus, une autre forme d’intervention s’affirme, en substitution parfois à l’intervention
centralisée : il s’agit de l’action des collectivités territoriales.
Cerner avec précision la nature et les fonctions de l’État est une tâche difficile car la
notion d’État change selon les approches.
Pour Musgrave (économiste américain), l’État a dans les économies contemporaines,
une triple fonction :
il produit des biens et des services à la place du secteur privé défaillant ;
il réduit les inégalités au sein de la société en procédant à une redistribution d’une
partie des richesses dégagées par la nation ;
il régule l’économie en tentant de lui faire suivre le chemin de l’équilibre par le
maintien de la demande globale assurée par la mise en place de politiques
économiques.
En agissant ainsi plus directement auprès des individus, l’État étend progressivement
ses interventions à d’autres domaines que ceux de l’État gendarme.
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Comment peut-on, dans une économie de marché où le prix est le régulateur essentiel,
produire des biens et des services dont le prix (ou le tarif) n’a pas de véritable
signification économique (ticket SNCF ou droits d’inscription à l’université) ? Si l’État
ne prend pas en charge ces activités, nul ne le fera tant les risques économiques sont
importants. D’où la délicate question de l’efficacité économique de l’État producteur.
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B. L’intervention des collectivités publiques territoriales
Depuis les lois de décentralisation de 1982, le pouvoir de l’État est de moins en moins
concentré entre les mains de l’État central, mais largement situé à différents niveaux,
plus proche du citoyen, les collectivités territoriales.
Les collectivités territoriales sont :
les communes ;
les départements ;
les DROM (Départements-Régions d’outre-mer) : Guyane, Martinique,
Guadeloupe, Mayotte et La Réunion ;
les COM (Collectivités d’outre-mer) : Wallis et Futuna, Polynésie française, Saint-
Martin, Saint Barthélemy, l’Île de Clipperton et les Terres australes et antarctiques
françaises ;
les collectivités à statut particulier, notamment la collectivité territoriale de Corse,
qui est parfois assimilée à une région.
La décentralisation est un transfert de compétences de l’État à des institutions
distinctes de lui, ici, les collectivités territoriales. Celles-ci bénéficient alors d’une
certaine autonomie de décision et de leur propre budget (principe de libre
administration) sous la surveillance d’un représentant de l’État (l’autorité de tutelle). Il
ne faut pas confondre la décentralisation avec la déconcentration.
La déconcentration consiste aussi en une délégation de compétences à des agents
ou des organismes locaux, mais ces derniers relèvent de l’administration d’État : ils
sont soumis à son autorité et ne disposent d’aucune autonomie.
Au-delà du pouvoir politique, c’est tout le pouvoir économique et social qui est partagé.
Une série de réformes appelée "Acte III de la décentralisation" est adoptée à partir de
2013. Elle vise à modifier les modes de scrutin, à réduire le nombre de régions et à
leur transférer plus de compétences. Plusieurs métropoles sont créées, dont celles du
Grand Paris, d’Aix-Marseille-Provence et de Lyon.
Les régions sont depuis 2016 au nombre de 18, 13 métropolitaines et 5 ultramarines.
La clause générale de compétence est supprimée pour les régions et les départements
(loi du 7 août 2015).
1. La commune
Depuis 2002, les communes et leurs regroupements, tout comme les départements,
peuvent participer au financement des aides directes aux entreprises, dans le cadre
d’une convention passée avec la région et leur attribuer des aides indirectes (ex :
garantie d’emprunt).
La loi du 13 août 2004 permet à toutes les collectivités (communes et départements),
en plus de la participation au financement des aides économiques aux entreprises,
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d’intervenir économiquement. Désormais la région coordonne sur son territoire les
actions de développement économique des collectivités territoriales et de leurs
groupements.
En termes d’action sociale, la commune a une action complémentaire de celle du
département avec les centres communaux d’action sociale (CCAS), qui analysent les
besoins sociaux de la population et interviennent dans les demandes d’aides sociales
(aide médicale…).
2. Le département
Le département apparaît comme le principal bénéficiaire des transferts de
compétences effectués depuis 1982. Il exerce des responsabilités dans de nombreux
domaines, dont deux sont importants : le sanitaire et le social.
Depuis 1983, les responsabilités du département en la matière se sont accrues et elles
sont fort diverses :
l’aide sociale à l’enfance ;
l’aide aux handicapés ;
l’aide aux personnes âgées ;
les prestations légales d’aide sociale (gestion du RSA) ;
la contribution à la résorption de la précarité énergétique ;
l’insertion sociale et professionnelle ;
l’aide au logement.
Le département intervient également dans les actions économiques : depuis 1983, le
département peut attribuer des aides directes au développement économique, à
condition que ces aides ne dépassent pas les plafonds autorisés et qu’elles complètent
celles de la région. Depuis 2002, le département peut, tout comme les communes et
leurs groupements, participer au financement des aides directes aux entreprises,
définies par le conseil régional, dans le cadre d’une convention passée avec la région.
Le département peut aussi attribuer des aides indirectes aux entreprises.
3. La région
Les missions de la région sont caractérisées par un rôle important joué en matière de
développement économique, social et culturel. Le développement économique est le
domaine d’intervention principal de la région. L’action économique de la région
comprend entre autres :
la définition du régime des aides économiques aux entreprises et la décision de
leur octroi ;
l’élaboration d’un schéma régional de développement économique ;
la promotion du développement économique équilibré de la région ;
le développement de l’attractivité de son territoire.
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De plus, la région joue un rôle de premier plan en matière de formation professionnelle.
Le véritable pouvoir économique local appartient aux régions, qui disposent des
ressources financières propres.
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de la Communauté. Elles ne peuvent pas non plus acquérir directement auprès de
ces institutions des instruments de dette.
La notion de coordination se distingue de la coopération (recouvre tout échange
d’informations entre les pays portant sur les évolutions économiques et sur les
intentions en matière de politique), et de l’harmonisation (cas particulier de coopération
visant à rendre compatibles des réglementations nationales en matière bancaire et
financière).
a. 1957
Le 25 mars 1957, six pays (France, Italie, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-
Bas) signent, à Rome, deux traités :
la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA) est la transposition à
l’énergie nucléaire de la démarche déjà adoptée pour le charbon et l’acier ;
la Communauté économique européenne (CEE) inclut, dans la méthode
communautaire, les autres secteurs de l’économie. L’objectif économique est de
supprimer les frontières pour les marchandises, les services, les travailleurs et les
capitaux, et de créer un marché commun. L’objectif politique sous-jacent est de
créer une union sans cesse plus étroite entre les peuples.
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c. Les années 1970
On assiste à une relance européenne marquée :
le Royaume-Uni, le Danemark et l’Irlande adhèrent en 1973 ;
le budget communautaire est doté de ressources financières propres : la
Communauté perçoit directement les droits de douane aux frontières extérieures,
ce qui lui assure une autonomie financière par rapport aux États membres et
renforce sa capacité à mettre en œuvre les politiques communes, l’institution du
serpent monétaire vise à protéger les monnaies européennes de fluctuations
importantes dues au flottement du dollar, décidé par les autorités monétaires
américaines. En 1979, le Système monétaire européen perfectionne ce dispositif ;
le Parlement européen est élu pour la première fois au suffrage universel en 1979.
Malgré ces avancées, la crise de 1973 frappe l’Europe de plein fouet et ralentit sa
progression.
Le serpent monétaire européen (1972-1978) est un dispositif économique mis en place
sur proposition du Président Georges Pompidou. Il avait pour objectif de limiter les
fluctuations du taux de change entre les pays membres de la CEE. Pour chaque
monnaie, étaient définis un seuil d’intervention à la vente et un seuil d’intervention à
l’achat, en fonction du taux de change par rapport à chacune des monnaies.
Exemple : une monnaie ne pouvait fluctuer par rapport à une autre monnaie de plus
ou moins 2,25 % de sa parité bilatérale.
d. 1980-1995
Cette période voit se réaliser une nouvelle accélération de la construction européenne.
L’Europe s’élargit au Sud et s’ouvre à la Grèce, à l’Espagne et au Portugal. En 1986,
l’adoption de l’Acte unique européen modifie le traité de Rome et fixe comme objectif
la réalisation du marché unique au 1er janvier 1993, ceci grâce à l’harmonisation des
lois internes aux États membres.
En 1992, le traité de Maastricht réforme profondément la communauté. La structure
institutionnelle de l’union est organisée en trois piliers distincts :
les communautés historiques (CECA, CEE) forment le premier pilier ;
la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) forme le deuxième pilier ;
une coopération en matière de justice et d’affaires intérieures forme le troisième
pilier.
Le terme d’Union européenne désigne désormais l’ensemble des trois piliers. De plus,
le traité de Maastricht instaure une monnaie unique : l’euro. L’Allemagne réunifiée en
1990 donne ainsi à ses partenaires un gage fort d’intégration européenne. L’Europe
des citoyens prend forme, avec une plus grande reconnaissance des diplômes
d’enseignement supérieur au sein de l’Union européenne, des mesures destinées à
faciliter la libre circulation des personnes inactives et l’accès aux emplois publics
nationaux à tous les ressortissants d’un État membre de la Communauté.
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e. 1995-2005
On assiste à un double processus, d’élargissement et d’approfondissement.
Élargissement de l’UE avec de nouveaux États membres :
en 1995 : Suède, Autriche et Finlande ;
en 2004 : Pologne, Hongrie, Lituanie, Estonie, Lettonie, République Tchèque,
Chypre, Malte, Slovénie et Slovaquie (25 États membres) ;
en 2007 : Roumanie et Bulgarie (27 États membres).
Approfondissement par l’adoption de la monnaie unique (l’euro) au 1er janvier 1999,
et du traité d’Amsterdam en 1997. Ce traité réalise un progrès dans le domaine de la
protection des citoyens par la décision d’instaurer un espace de liberté, de sécurité et
de justice à l’échelle de l’Union européenne avec :
l’accord de Schengen : cette convention intergouvernementale signée en 1985 en
dehors du cadre communautaire, est intégré dans le traité de l’union européenne ;
le traité de Nice en 2001 : l’Union adopte une charte des droits fondamentaux.
f. 2005 à 2019
L’Union européenne entre dans une phase de stabilisation de sa taille (27 États
membres) et du renforcement de ses institutions (adoption du traité de Lisbonne, traité
institutionnel simplifié, en 2007, élection du président du Conseil européen, …).
Si l’Union européenne est peuplée, en 2010, de 550 millions de citoyens (8 % de la
population mondiale), elle représente 30 % du PIB mondial. Cependant, l’Europe est
économiquement menacée par les pays émergents (Chine notamment), et fragilisée
par les crises monétaires et financières successives (2008, 2010).
La construction européenne conduit à une montée en puissance des institutions
supranationales, l’État européen connaît une double évolution : une diversification de
ses interventions et une intensification de ses actions.
Le 1er juillet 2013, la Croatie est le 28e pays à intégrer l’Union européenne.
Lors des élections européennes de 2014, on voit l’émergence des partis
eurosceptiques et dans cinq états, ils arrivent même en tête des élections (France,
Danemark, Hongrie, Pologne et Royaume Uni).
Le 12 mars 2015, l’Islande retire sa demande d’adhésion à l’Union européenne.
Le 23 juin 2016, le Royaume-Uni vote par référendum sa sortie de l’Union européenne
(Brexit).
Dans le même temps, l’Europe est touchée de plein fouet par la crise économique et
financière mondiale. La dette publique des États membres explose, à tel point que
certains pays (Grèce, Irlande, Portugal, Italie, Chypre) menacent directement la survie
de la zone euro.
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L’Union européenne leur vient en aide via de nouveaux instruments, en contrepartie
de réformes et d’une plus grande surveillance de leurs dépenses.
Alors que l’économie repart peu à peu en 2015, de nouvelles difficultés apparaissent :
crise ukrainienne (dès 2013) et tensions avec la Russie, terrorisme djihadiste, crise
migratoire, élection de Donald Trump, …
g. À partir de 2019
La nouvelle Commission européenne, présidée par Ursula Von der Leyen, est entrée
en fonction fin 2019. Son ambition est d’affirmer dans le monde chaotique l’Union
européenne comme une puissance à part entière, capable de rivaliser en termes de
recherche et d’innovation avec la Chine et les États-Unis.
L’Union européenne souffre de plusieurs faiblesses.
La première est liée au vieillissement de sa population. Elle compte 446 millions
d’habitants (sans le Royaume-Uni), parmi lesquels plus de personnes âgées que de
jeunes. Certains observateurs parlent d’hiver démographique. L’Allemagne et l’Italie
sont les pays les plus particulièrement touchés.
En 2015, la totalité de l’augmentation de la population provient de l’accroissement
migratoire, car l’accroissement naturel est négatif, avec plus de décès que de
naissances. Le flux migratoire, mal anticipé par l’Union européenne, a été de plus d’un
million de personnes.
Par conséquent, l’Union européenne devrait rester la région dont la population est la
plus âgée au monde (Japon excepté), ce qui entraîne des problèmes de financement
des retraites, des phénomènes de dépeuplement dans de vastes zones, des tensions
entre immigration et intégration.
La deuxième faiblesse, directement liée à la précédente, est l’affaiblissement du poids
économique de l’Union européenne. Elle représentait 12,7 % de l’investissement
mondial en 2014 contre 30,1 % en 1980. Le chômage n’y a jamais été inférieur à 7 %.
Les conséquences du Brexit sont une troisième cause de faiblesse. Le Royaume-Uni
représentait 14 % du PIB de l’Union européenne. Après son départ, ce PIB sera de
86 % de son niveau antérieur, ce qui accentuera le déclassement de l’UE par rapport
à la Chine et aux États-Unis.
Tous les agents économiques, les ménages en tant que récepteurs de revenu et
agents de la dépense, les entreprises et l’État en tant qu’investisseurs, participent à la
conduite de l’activité économique et surtout au maintien de l’équilibre. Lorsque celui-
ci n’est pas réalisé, l’État est amené à intervenir. Il mène ce que l’on nomme alors une
politique économique dont la nature est spécifique, qui vise à réaliser certains objectifs
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en recourant aux instruments les plus appropriés. Cependant, la politique économique
n’est pas un mode d’intervention incontestable de l’État, et elle fait l’objet de remises
en cause multiples.
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a. Les politiques structurelles
Elles agissent à long terme et visent à transformer le système économique afin d’en
améliorer le fonctionnement. Il s’agit des politiques industrielle, commerciale, de la
concurrence, …
D’une manière générale, les buts assignés par l’État en matière de politique
économique sont très divers. On peut construire une typologie des objectifs en trois
catégories :
les objectifs économiques purs : ce sont des objectifs qui affectent la nature et le
niveau de l’équilibre économique (plein-emploi, stabilité des prix, croissance de la
production, redistribution égalitaire des revenus, ...) ;
les objectifs sociaux : ce sont les objectifs qui affectent le bien-être individuel ou
collectif et qui, du fait de leur coût pour la collectivité, doivent être réalisés par
l’État (bonne santé de la population, haut niveau d’éducation, ...) ;
les quasi-objectifs : ce sont les objectifs qui n’affectent pas fondamentalement et
directement les agents économiques individuels (équilibre de la balance des
paiements, insertion de l’économie dans le commerce mondial, ...).
Suite aux travaux de Kaldor, celui-ci montre que l’État cherche, en général, à atteindre
quatre grands équilibres représentés sous le terme de carré magique : croissance,
plein emploi, stabilité des prix et équilibre des échanges extérieurs.
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Le carré magique représente la situation idéale pour une économie, c’est-à-dire un
taux de croissance le plus élevé possible, une situation proche du plein-emploi, un
taux d’inflation le plus faible possible et un commerce extérieur excédentaire.
Contrairement à ce que le modèle de Kaldor tend à montrer, les objectifs de la politique
économique ne sont pas indépendants les uns des autres, mais souvent fortement
dépendants. Deux relations entre ces objectifs sont importantes :
la relation de Philipps, relation inverse entre le taux d’inflation et le taux de
chômage ;
la relation d’Okun, relation inverse entre le taux de chômage et le taux de
croissance du PIB.
Courbe de Philipps : courbe illustrant une relation empirique négative (décroissante)
entre le taux de chômage et l’inflation ou taux de croissance des salaires nominaux.
Cette relation s’explique par le fait qu’au-delà d’un certain niveau de chômage, les
salariés ne sont plus en position de force pour exiger une hausse de salaire. Le partage
des gains de productivité s’effectue alors en faveur de l’entreprise. La relation de
Phillips illustre à la fois l’interdépendance des objectifs de la politique économique et
leur incompatibilité, la maîtrise du taux de chômage s’effectuant au détriment de celle
de l’inflation.
Parfois, ces objectifs sont conflictuels : la croissance et le plein-emploi sont sources
d’inflation, tandis que la stabilité des prix se fait souvent au détriment de l’emploi et de
la croissance. Les gouvernements sont alors amenés à effectuer des choix.
Dans l’Union européenne, les différents objectifs de la politique économique sont
hiérarchisés. En raison tant des critères de Maastricht que du Pacte de stabilisation et
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de croissance, les objectifs d’équilibre du commerce extérieur et de la croissance
économique sont secondaires par rapport aux objectifs d’emploi et de stabilité des prix.
Pour mener à bien sa politique économique, l’État dispose de deux instruments qui
jouent un rôle essentiel : la politique budgétaire et la politique monétaire.
1. La politique budgétaire
L’État dispose du budget comme levier de commande de sa politique économique.
Son importance et son utilisation font l’objet de controverses entre économistes
libéraux et classiques, en dépit de l’existence de multiples outils.
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L’analyse macroéconomique keynésienne accorde une place prépondérante à la
politique budgétaire. Keynes, en effet, critique le dogme de l’équilibre budgétaire
comme garantie d’une saine gestion de l’économie, et montre :
qu’un déficit budgétaire contribue à accroître la demande par un effet multiplicateur
et donc à provoquer une diminution du chômage ;
qu’un excédent budgétaire provoque, par la contraction de la demande solvable,
une détente sur les prix.
L’effet multiplicateur est un effet keynésien qui décrit le fait que tout accroissement de
dépenses, par exemple d’investissement (ΔI) ou de dépenses publiques (ΔG), génère
un accroissement multiplié du revenu (ΔR). On a ainsi : ΔR = k.ΔI, ou ΔR = k. ΔG,
avec k = 1 / (1-c), où c représente la propension marginale à consommer.
Ex : On part du principe que 80 % de tout supplément de revenu est utilisé en
consommation soit c = 0,8 ; et que l’accroissement d’investissement est de
100 millions d’euros soit ΔI = 100 ; alors le revenu augmentera de 500 millions d’euros
soit :
ΔR = 1 (1 / (1 - 0,8)) x 100 = 500
La politique publique
C’est en 1950, aux États Unis, que l’analyse des politiques publiques fait son
apparition. L’objectif de cette nouvelle discipline est d’améliorer l’efficacité des
politiques publiques en rationalisant l’action étatique.
C’est donc une science de l’action publique qui vise à aider à la prise de décisions :
élaboration d’un outil de planification budgétaire ;
procédure de rationalisation des choix budgétaires, … Toutefois une politique
publique est un objet difficile à définir car il varie dans le temps et dans l’espace :
aujourd’hui, l’action publique recouvre des domaines d’intervention beaucoup plus
larges qu’il y a 30 ou 40 ans (protection de l’environnement)
on ne trouve pas la même conception de l’intervention de l’État suivant les pays
(aux États-Unis, les niveaux des politiques publiques sont beaucoup moins élevés
qu’en Europe)
l’action publique prend surtout la forme de réglementations et non pas de grands
programmes dépensiers.
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L’action par les recettes publiques
Au-delà des objectifs financiers, à savoir la couverture des dépenses publiques, les
recettes publiques (impôts et emprunts) servent à atteindre des objectifs économiques
et sociaux précis. On distingue deux outils :
l’interventionnisme fiscal : l’impôt peut être utilisé pour modifier la répartition du
revenu national, pour relancer un secteur industriel quel qu’il soit, pour orienter les
dépenses des agents vers un domaine souhaité, … ;
le recours à l’emprunt : l’emprunt peut permettre d’assurer un équilibre entre les
besoins de financement de l’État et l’épargne, de peser sur la demande globale, …
2. La politique monétaire
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Depuis le 1er janvier 1999, la France appartient à la zone euro. La politique monétaire
nationale disparaît donc au profit de la mise en place d’une politique monétaire unique,
définie par la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort.
Dans ce cadre, la politique monétaire est centrée sur l’objectif de stabilité des prix.
Sous l’influence du monétarisme, on considère que l’inflation résulte d’une création
excessive de monnaie, et qu’il appartient à la BCE de se consacrer à la maîtrise de la
croissance des agrégats monétaires. Au sein de la zone euro, la BCE a comme objectif
la stabilité des prix, c’est-à-dire le maintien d’un taux d’inflation inférieur à 2 %.
On distingue traditionnellement les objectifs finaux et les objectifs intermédiaires de la
politique monétaire.
Les objectifs finaux sont les mêmes que ceux des politiques conjoncturelles, à savoir
réaliser le carré magique.
L’objectif prioritaire affiché par la banque centrale européenne est cependant la
stabilité des prix.
Les objectifs intermédiaires sont ceux par lesquels on parvient aux objectifs finaux :
maîtrise de la masse monétaire (donc du crédit bancaire) ;
maîtrise des taux d’intérêt ;
maîtrise du taux de change (ne concerne que les taux entre l’euro et les autres
monnaies).
Pour atteindre cet objectif de lutte contre l’inflation, les autorités monétaires
européennes disposent de deux instruments : l’action par la liquidité et l’action par les
taux d’intérêt.
L’action par la liquidité
Les banques de second rang ont besoin de détenir une certaine quantité de monnaie
de banque centrale (ou monnaie centrale) en fonction de leur activité sur le marché du
crédit. En rendant la monnaie centrale plus abondante, on incite les banques à octroyer
plus de crédits et à créer plus de monnaie. Réciproquement, en rendant les banques
moins liquides (en rendant la monnaie centrale moins abondante), on les incite à
octroyer moins de crédits.
Pour agir sur la liquidité bancaire, les banques centrales (et en particulier la BCE)
disposent de deux types d’instruments :
elles peuvent d’une part alimenter plus ou moins les banques dans le cadre du
refinancement bancaire, en intervenant sur le marché interbancaire ;
elles peuvent d’autre part jouer sur le taux de réserves obligatoires (taux qui
détermine le pourcentage de dépôts que les banques doivent détenir sous forme
de monnaie centrale : en augmentant le taux, on rend les banques moins liquides,
et réciproquement).
L’action par les taux d’intérêt
Module 5
Lorsque les banques de second rang empruntent des liquidités pour se refinancer,
elles doivent s’acquitter d’un taux d’intérêt (le taux du marché interbancaire le plus
souvent). Lorsque le coût du refinancement augmente, les banques répercutent cette
hausse sur leurs clients qui sont incités à réduire le recours à un crédit devenu plus
coûteux. Les autorités monétaires, en agissant sur les taux d’intérêt, peuvent
encourager ou freiner le crédit ou la création monétaire. Pour agir sur les taux d’intérêt
du marché, les banques centrales utilisent des taux directeurs.
La politique monétaire exerce des effets sur la demande globale, la consommation et
l’investissement principalement, à travers trois canaux, appelés canaux de
transmission de la politique monétaire :
le taux d’intérêt : l’action monétaire influence le coût du capital pour les entreprises.
La baisse des taux nominaux, si elle se répercute sur les taux réels à long terme,
doit dynamiser l’investissement quelques mois après la décision des autorités
monétaires ;
le crédit bancaire : une politique monétaire expansionniste accroît, au bout de
quelques semaines, le volume de financement accordé par exemple aux ménages
pour des crédits à la consommation ;
les prix des actifs : à la suite d’une baisse des taux, le prix des actifs financiers
(actions, obligations) et immobiliers détenus par les ménages augmente. Au terme
de quelques mois, une partie du supplément de richesse issu de la valorisation du
patrimoine est consommée. Du côté des entreprises, la hausse du prix des actions
augmente la profitabilité de l’investissement et soutient alors l’investissement.
L’analyse des canaux de transmission de la politique monétaire est fondamentale pour
étudier l’efficacité potentielle de la politique économique.
L’efficacité de la politique monétaire est discutée. En effet, si le maniement des
variables monétaires (liquidité bancaire, taux d’intérêt) exerce des effets immédiats sur
l’activité économique, certains économistes estiment que l’arme monétaire perturbe le
comportement des agents économiques et crée souvent des effets inflationnistes.
Les limites de l’efficacité de la politique monétaire
Depuis plusieurs années, notamment suite à la montée en puissance des thèses
libérales dans les années 1980, la politique économique fait l’objet de vives critiques.
Le débat les concernant n’est pas clos et, actuellement, deux séries d’objections leur
sont faites : d’une part leur efficacité et leur légitimité sont contestées et, d’autre part,
les contraintes pesant aussi bien sur la politique budgétaire que sur la politique
monétaire seraient excessives.
Les politiques communautaires relèvent de ce que l’on nomme le premier pilier. Elles
englobent un ensemble de politiques. Elles concernent des domaines dans lesquels
les États membres acceptent de transférer, partiellement ou totalement, leurs
Module 5
compétences au niveau européen (délégation de souveraineté), et constituent une part
importante de l’acquis communautaire. En marge des politiques plus économiques de
régulation conjoncturelle que constituent les politiques monétaires et budgétaires, ces
politiques communautaires jouent, depuis 1957, un rôle essentiel qui s’avère croissant.
Elles contribuent à donner à l’Europe une consistance, une densité, une cohérence et
une crédibilité qui en font une zone singulière sur le plan économique et social.
Trois politiques sont particulièrement essentielles : la politique commerciale, la
politique agricole commune et la politique sociale.
1. La politique commerciale
La politique commerciale est la première politique commune car elle résulte
directement du traité de Rome de 1957 et de la création du marché commun. La
politique commerciale commune constitue le pendant du marché unique, concernant
les relations de l’Union avec les pays tiers. Ces politiques visent à développer le libre-
échange et le commerce mondial en promouvant la suppression des restrictions aux
échanges internationaux et consistent à rechercher un équilibre entre l’ouverture de
marchés étrangers aux produits européens et la protection du marché intérieur. Elle
est aussi un moyen pour l’Europe de proposer des solutions pour réguler la
mondialisation, dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Les principaux instruments de la politique commerciale de l’Union sont au nombre de
trois :
le tarif extérieur commun : tarif douanier commun aux pays de l’Union européenne,
il est appliqué à l’ensemble des produits importés au sein du marché intérieur et
symbolise l’union douanière ;
les mesures de défense commerciale : mesures de sauvegarde, actions anti-
dumping et mesures anti-subventions destinées à protéger l’économie des États
membres de pratiques déloyales de leurs partenaires commerciaux ; les mesures
de défense commerciales peuvent donner lieu au rétablissement temporaire de
droits de douane sur les importations incriminées ;
les accords préférentiels : au-delà des accords multilatéraux mis en œuvre par
l’OMC, l’Union européenne a noué des relations commerciales particulières avec
plusieurs groupes de pays en leur accordant un accès privilégié au marché
intérieur. Ex : les accords avec les pays du bassin méditerranéen et l’accord de
Cotonou, signé en 2000 avec les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique).
Module 5
le type d’agriculture qu’il convient d’y développer. Les contraintes environnementales
apparaissent majeures dans le cadre de cette réflexion.
Le fonctionnement de la PAC repose sur des principes qui sont vecteurs d’intégration
au sens strict du terme :
l’unicité du marché : elle permet la libre circulation des produits à l’intérieur de la
Communauté ;
la préférence communautaire : son objectif est d’inciter les États de la
Communauté à s’approvisionner auprès de leurs partenaires et de se protéger
contre les importations extra-communautaires à faible prix et contre les fluctuations
des cours du marché mondial ;
la solidarité financière : elle s’exprime dans le Fonds européen d’orientation et de
garantie agricole (FEOGA) qui assure le financement de la PAC.
Module 5
La thèse libérale standard postule l’efficience des marchés. A contrario, elle considère
toute intervention de l’État dans l’économie comme néfaste car préjudiciable au bien-
être social et inefficace économiquement. L’inefficacité de la politique économique,
mode d’intervention conjoncturelle de l’État, aurait plusieurs causes :
les agents économiques anticipent les effets des politiques économiques : toute
intervention de l’État a d’autant plus d’efficacité que rien n’entrave les mécanismes
mis en œuvre (politique d’investissement public, relance de la demande, …).
Cependant, si les agents économiques anticipent les effets escomptés, ils peuvent
empêcher ceux-ci de se réaliser ;
la mondialisation rend les politiques économiques plus difficiles à réaliser : la
mondialisation contemporaine est marquée par la disparition progressive des
obstacles à la circulation des biens, des capitaux et des personnes et par
l’apparition d’agents opérant directement à l’échelle mondiale. Les États, les
peuples, les systèmes économiques et sociaux nationaux sont alors mis en
concurrence par les agents mobiles : les grandes entreprises multinationales, les
individus les plus riches ou les plus qualifiés peuvent choisir où produire, s’installer,
être taxés, et ceci dans des délais très courts. La marge de manœuvre des États
étant réduite, les politiques menées sont donc moins efficaces ;
les conflits d’intérêts : les politiques économiques sont souvent la résultante de
compromis entre les différents acteurs de la vie économique nationale. Pour éviter
le mécontentement, elles perdent en efficacité.
Dans le cas d’une politique de relance de la part de l’État, les agents peuvent anticiper
le fait que le coût de la relance sera financé par l’impôt et, en prévision de ceci, ils
peuvent être amenés à réduire leur consommation afin d’épargner plus, ce qui limite
l’efficacité de la relance.
Module 5
De plus en plus, les problèmes économiques ne sont pas nationaux, mais régionaux
voire mondiaux. Ainsi, les politiques économiques ne peuvent plus être exclusivement
nationales, mais doivent s’inscrire dans le cadre des politiques menées à un niveau
supranational. Dès lors, se pose le problème de leur coordination. Or, la coordination
est rendue difficile parce que les États :
ont des priorités différentes ;
sont dans des situations économiques différentes ;
ont des tailles différentes ;
ont des niveaux de développement différents.
Dans le cadre de l’Union européenne, la question de la coordination est centrale. Des
procédures techniques existent, de deux natures :
des procédures indicatives (la stratégie de Lisbonne) ;
des procédures coercitives (le Pacte de stabilité de croissance en matière de
politique budgétaire et monétaire).
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S1.2 - Mémo - Niveaux institutionnels d’intervention
1. État et collectivités
Selon Musgrave, l’État remplit trois rôles distincts : affectation et redistribution des
ressources, et stabilisation de la conjoncture.
Les collectivités territoriales sont :
les communes ;
les départements ;
les DROM (départements-régions d’outre-mer) : Guyane, Martinique, Guadeloupe,
Mayotte et la Réunion ;
les COM (collectivités d’outre-mer) : Wallis et Futuna, Polynésie française, Saint-
Martin, Saint-Barthélemy, l’île de Clipperton et les Terres australes et antarctiques
françaises ;
les collectivités à statut particulier (collectivité territoriale de Corse).
2. Politiques économiques
On distingue deux grands types de politique économique :
structurelle : transformer et améliorer la politique économique (long terme) ;
conjoncturelle : réguler l’activité économique (court et moyen terme).
Il existe trois catégories d’objectifs :
objectifs économiques purs (nature et niveau de l’équilibre économique) ;
objectifs sociaux (bien-être individuel ou collectif) ;
quasi-objectifs : ils n’affectent pas fondamentalement et directement les agents
économiques individuels.
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3. Emploi
Selon les définitions internationales, une personne occupe un emploi dès lors qu’elle
exerce un travail rémunéré. En France, la forme normale du travail est un CDI à temps
plein. Les salariés bénéficient d’une multitude de droits de trois natures distinctes :
un droit à l’emploi ;
des droits par l’emploi (contreparties économiques et sociales) ;
des droits dans l’emploi (grève, syndicalisation, garanties, …).
En période de ralentissement économique, les entreprises visent à la flexibilisation de
l’emploi :
flexibilité quantitative externe : faire varier les effectifs en fonction des besoins ;
externalisation ;
flexibilité quantitative interne : utilisation différente des salariés présents ;
flexibilité fonctionnelle : modifier les affectations des travailleurs en fonction des
besoins.
Microéconomie de l’emploi : le travail est considéré comme une marchandise et il
existe un marché de l’emploi. Le capital humain est formé de trois éléments : les
compétences, les expériences et les savoirs.
Macroéconomie de l’emploi : le travail n’est plus une marchandise, le niveau de
l’emploi est déterminé par la demande effective.
4. Chômage
Concept flou car il existe une pluralité du chômage :
est chômeur une personne en âge de travailler qui est sans emploi et à la recherche
active d’un emploi disponible dans les quinze jours (Insee) ;
est un demandeur d’emploi, un chômeur qui, en France, est inscrit à Pôle emploi ;
au sens du BIT (Bureau international du travail), toute personne en âge de travailler
et qui fait partie de la population active ;
le chômage, à un moment donné, apparaît comme le solde des entrées et des
sorties du chômage (la mesure du chômage résultant de plusieurs flux).
Module 5
Le chômage peut également s’expliquer par toute une série de causes partielles :
ralentissement de la croissance ;
mauvais fonctionnement du marché du travail ;
contraintes juridiques ;
concurrence internationale.
6. La redistribution
La redistribution est un mécanisme compensateur qui permet d’accroître le niveau de
bien-être social au-delà de ce que le marché effectue spontanément. Il existe deux
types de redistribution :
verticale : d’une génération à l’autre, des bien portants vers les malades, des actifs
occupés vers les chômeurs, des célibataires vers les familles ;
horizontale : des ménages à revenus élevés vers ceux à revenus faibles.
La Sécurité sociale française emprunte à la fois au système beveridgien (logique
d’assistance) et au système bismarckien (logique d’assurance) :
assurances sociales à vocation générale et complétées par des prestations
universelles ;
administrations publiques et caisses sous le contrôle de l’État ;
financement par des cotisations et par les impôts ;
prestations proportionnelles mais avec minima sociaux ;
obligation pour tous les résidents dans la plupart des cas.
7. Politique industrielle
La politique industrielle désigne l’intervention publique en vue de développer le secteur
industriel d’un pays. Elle a pour objectifs :
Module 5
d’assurer l’indépendance nationale ;
de mettre en place un modèle de développement ;
de mettre en œuvre une politique de sortie de crise ;
de piloter le secteur secondaire ;
de gérer les multiples transformations qui affectent les systèmes économiques.
Instruments de la politique industrielle :
à effets directs : politique de promotion et politique de soutien ;
à effets indirects : politiques conjoncturelles générales et politiques
d’infrastructures.
Trois types de politiques industrielles se sont succédé :
la politique de créneaux pour redéployer les activités sur les marchés plus
porteurs ;
la politique de filières pour reconquérir le marché intérieur par la production de
firmes nationales ;
la politique axée sur la compétitivité.
8. Politique de concurrence
Les objectifs de la politique de la concurrence :
la dilution du pouvoir de marché (pour valider la condition d’atomicité du marché) ;
la promotion de l’efficience économique.
Les dispositions des politiques de la concurrence doivent contrôler :
les concentrations ;
les accords verticaux regroupant sous une seule autorité les divers stades de
production et de distribution concernant un type de produits ou de services ;
les accords horizontaux : accords recherche-développement, de production en
commun, d’achats groupés, …
Module 5
S2.1 - Les politiques économiques
La politique économique a une portée à court et à long terme. Elle cherche à agir sur
les variables macroéconomiques que sont : la croissance économique, le plein-emploi,
la stabilité des prix et l’équilibre des comptes extérieurs. On peut ainsi représenter et
évaluer les résultats obtenus par la politique économique (du moins à court terme) à
l’aide du carré magique de Kaldor qui permet de mettre en évidence les quatre
paramètres principaux (situation extérieure, situation budgétaire, taux d’inflation et
taux de chômage). La difficulté en matière de fixation des objectifs de la politique
économique vient du fait qu’ils peuvent être en partie contradictoires. En fixant, par
exemple, une priorité à l’emploi, on risque de provoquer un surcroît d’inflation, et
inversement.
La politique économique est l’ensemble des actions engagées par l’État pour atteindre
les objectifs d’ordre macroéconomique, à savoir : la lutte contre l’inflation, la lutte
contre le chômage, le soutien de la croissance, l’équilibre extérieur et la stabilité du
change.
Pour ce faire, l’État mobilise plusieurs instruments : politique monétaire, politique
budgétaire, politique des revenus, politique industrielle et politique de change.
La plupart des démocraties admettent aujourd’hui que l’État est indispensable pour
réguler les économies de marché à travers des politiques appropriées et des
instruments dont l’usage variera en fonction du contexte et du but recherché.
Module 5
la politique de la santé (prise en charge des dépenses, …).
Notons qu’une politique conjoncturelle peut combiner politiques monétaire et
budgétaire, qualifiées alors de politique mixte ou policy mix. Ce qui nécessite
d’employer un réglage fin ou fine tuning en vue de jongler entre les deux façons
d’impulser une hausse ou une baisse de l’activité économique.
La politique de l’emploi est aussi importante sur le plan conjoncturel. En effet,
l’équilibre sur le marché du travail se réalise à l’aide de mesures capables d’améliorer
son fonctionnement à travers la flexibilité, la formation professionnelle, l’aménagement
du temps de travail, l’indemnisation du chômage, …
Les politiques conjoncturelles incluent des politiques de relance et des politiques de
rigueur.
Module 5
III. Les fondements théoriques de l’interventionnisme de l’État
Selon les approches économiques, l’État n’a pas le même rôle à jouer dans la sphère
économique.
A. Les libéraux
Module 5
B. Les keynésiens
Keynes était convaincu que l’économie ne peut être laissée à la seule initiative des
agents privés. Il recommandait, par opposition aux libéraux, une intervention de la
puissance publique, c’est-à dire un policy mix, combinant une politique budgétaire de
relance de l’État et une politique monétaire de relance de la Banque centrale pour
sortir de la crise.
Dans l’esprit de Keynes, la politique monétaire ne peut suffire à relancer l’économie :
l’État a un rôle indispensable à jouer dans la mise en œuvre de ce policy mix de relance
de l’activité économique.
Si les politiques publiques à long terme visent à augmenter le potentiel de l’économie
ou à corriger certaines externalités négatives, le soutien direct des ménages, donc de
la demande, peut être très productif et utile à court terme pour relancer la
consommation.
À court terme, selon Keynes, une augmentation de la dépense publique conduit à une
variation plus grande de la demande agrégée. En phase basse du cycle, une
intervention budgétaire, notamment via le soutien aux ménages, peut donc se justifier
afin de limiter la durée du ralentissement. Keynes reprend le principe du multiplicateur
pour montrer l’efficacité du déficit budgétaire en faveur de la production et du revenu
national.
Les nouveaux économistes keynésiens (Stiglitz, Nobel 2001) considèrent qu’en raison
d’imperfections et de lenteur d’ajustement, le marché répond mal aux chocs. À partir
de là, l’État a un rôle conjoncturel et doit déployer des politiques discrétionnaires
souples adaptées aux cas particuliers et non systématiques.
C. Les marxistes
Pour bien comprendre le rôle joué par la puissance publique selon les marxistes, il faut
caractériser rapidement le mode de production capitaliste.
Pour les marxistes, le mode de production capitaliste se caractérise par :
la propriété privée des moyens de production (le mode ne peut fonctionner que si
la propriété privée des moyens de production est garantie par l’État) ;
l’accumulation du capital ;
une accumulation décentralisée reposant sur les incitations (les décisions de
production, de consommation, d’épargne et d’investissement sont prises de façon
décentralisée par les agents économiques eux-mêmes. L’économie de marché
repose donc sur des incitations en termes de profits, de prix ou de taux d’intérêt qui
poussent ou non les agents économiques à entreprendre, à travailler, à
consommer ou à s’endetter).
Module 5
À la lumière de ces caractéristiques, pour Marx, l’État n’est donc qu’un instrument au
service de la bourgeoisie, c’est-à-dire un instrument qui défend la propriété privée des
moyens de production et donc les intérêts de la classe capitaliste.
Module 5
La politique de la demande relève des politiques conjoncturelles et plus précisément
de la politique de relance.
Elle accorde une priorité à la consommation et à l’emploi. Elle est principalement
alimentée par le déficit budgétaire, la hausse des prestations sociales, la revalorisation
des minimas sociaux, des baisses ciblées d’impôts pour les classes moyennes, parfois
une baisse de la TVA, et éventuellement la création d’emplois publics provisoires
(contrats aidés) ou permanents (augmentation des places dans les concours publics
ou recrutement à travers les agences publiques et les collectivités).
Une politique de la demande est censée doper l’activité économique par le biais de la
consommation, soutenir les embauches et alimenter le cercle vertueux de la relance
économique.
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Quelques exemples d’actualité
Le plan du Trésor américain annoncé le 28 mars 2020, suite à la crise du coronavirus,
porte sur 2 000 milliards de dollars (1 846 milliards d’euros), soit environ 10 % du
produit intérieur brut ou la moitié du budget fédéral annuel. Il est prévu de verser aux
Américains directement 500 milliards de dollars. Ils vont recevoir un chèque de
1 200 dollars par personne, à condition de gagner moins de 75 000 dollars par an pour
une personne, et 150 000 pour un couple, ainsi que 500 dollars par enfant. Il s’agit
d’une vraie politique de relance de la consommation. Le soutien américain en faveur
des bas revenus constitue une aide précieuse pour les personnes non indemnisées et
permet de limiter les trappes à inactivité. En effet, après la crise, certaines populations
peuvent préférer ne pas travailler afin de ne pas perdre certaines prestations.
Le plan de relance chinois est de 1 200 milliards de yuans (156 milliards d’euros) afin
de soutenir une économie mise à mal par l’épidémie de coronavirus. Une grosse partie
de cette somme sera consacrée au soutien des revenus des populations urbaines et
rurales.
Dans ce contexte d’inflation que nous connaissions depuis fin février 2022, les États-
Unis ont initié un vaste programme de relance appelé IRA (Inflation Reduction Act) mis
en œuvre en août 2022. Ce programme a pour but de soutenir l’économie américaine
tout en relançant la demande intérieure et en soutenant les investissements des
entreprises. Ce plan est estimé à 370 milliards de dollars afin de doper la politique
industrielle.
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VI. Analyse d’une décision de politique économique : cas du plan d’urgence
décidé par la France
Module 5
4. Décryptage
À travers ce plan d’urgence, la réponse économique du gouvernement s’efforce
d’absorber le choc provoqué par l’arrêt de l’activité économique locale et mondiale, en
dédommageant les secteurs sinistrés à proportion exacte de leur perte. Le déficit
pourrait donc être du même montant que la perte irréversible de la production. Il faudra
en fait aller au-delà pour soutenir les entreprises les plus menacées, comme Air France
ou toutes les PME qui rencontrent une situation de trésorerie très tendue. Il ne s’agit
pas d’un vrai plan de relance et les retombés seront visibles dès que les conditions de
production seront en place. Cette prise en charge va déjà coûter, sur une année, au
moins 3 points de PIB de plus en matière de déficit public. Or, la France n’a pas une
capacité budgétaire suffisante pour aller au-delà.
Emmanuel Macron cherche à mettre en place une économie souveraine, moins
dépendante de pays étrangers qui peuvent d’un point de vue stratégique nous être
défavorable en cas de rupture des relations commerciales ou en cas de pénurie
d’approvisionnement. À cet effet, le soutien accordé au développement de l’innovation
trouve sa légitimité dans cette perspective de retour au protectionnisme de nos
économies.
Cette politique semble porter ses fruits puisque la France est le premier pays le plus
compétitif d’Europe en matière d’IDE (investissement direct de l’étranger). D’ailleurs,
de nombreux projets en matière industrielle voient le jour tels que l’implantation de
plusieurs gigafactory dans la région des Hauts-de-France.
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S2.2m - Mémo - Politique publique et régulation
Module 5
L’État central : son rôle économique se conçoit mal en dehors de sa relation au
marché. Une condition nécessaire de la légitimité de l’intervention publique est que
l’État soit susceptible de faire mieux que le marché.
Les collectivités territoriales : leurs niveaux de pouvoir se différencient, selon les pays,
par leurs domaines de compétences et par leur degré d’autonomie. En France, elles
sont souvent subordonnées au bon vouloir de l’autorité centrale (État unitaire
centralisé oblige). Leurs interventions se limitent à des mesures de solidarité décidées
par l’État. Elles peuvent aussi, depuis la loi sur la décentralisation, octroyer des
mesures incitatives aux acteurs économiques en vue de dynamiser leurs territoires.
L’intervention des instances européennes se limite au niveau réglementaire, sous
forme de directives contraignantes dans des domaines précis (la concurrence, la
consommation, les transactions économiques, …). Avec le temps, la Commission
européenne a vu son mode d’action s’étendre au volet commercial avec les échanges
avec les pays hors CEE (établissement d’accords bilatéraux et multilatéraux et
régulation des échanges entre pays de l’Union européenne et le reste du monde).
L’instance européenne constitue une contrainte pour les différents États membres
dans la mesure où elle s’efforce de les contraindre à adopter des mesures similaires
à l’égard des principaux partenaires non-membres, et à se conformer à ses directives
en vue d’une plus grande harmonisation de l’espace européen.
Module 5
Pour Schumpeter, la concurrence engendre une compétition dans laquelle un certain
nombre d’entreprises efficaces vont en éliminer d’autres moins performantes. Donc on
peut déduire qu’il n’est pas favorable à une régulation extérieure au marché.
Pour l’École de Chicago, lorsqu’une seule firme survit sur un marché, c’est qu’elle s’est
montrée la meilleure. Il n’y a pas abus de position dominante mais toujours
concurrence potentielle. Pour cette école, il n’y a pas lieu d’établir une régulation
concurrentielle ni de prendre des sanctions contre cette entreprise (cas des GAFA).
Coase, dans sa théorie institutionnelle, suggère des solutions alternatives, sans
remettre en cause la réglementation. Pour lui, les coûts de transaction sont à l’origine
des défauts du marché. Mais, selon lui, si les droits de propriété sont correctement
définis, les agents peuvent corriger spontanément les externalités en passant par le
marché (marché des droits à polluer).
Les théoriciens de la régulation sont, quant à eux, favorables à un encadrement
institutionnel en vue de juguler les dysfonctionnements du marché (entre autres les
monopoles). Cet encadrement institutionnel se justifie par l’interdépendance qui existe
entre les institutions politiques et le marché. L’institutionnel, à travers une autorité de
régulation, qu’elle soit inféodée à l’État ou indépendante, joue le rôle de médiation
entre structure et comportements individuels des agents économiques.
Stigler, dans sa théorie de la capture, a critiqué le rôle des agences réglementaires en
essayant de montrer qu’elles finissent par prendre la défense des intérêts des
producteurs qu’elles sont chargées de contrôler. Dans un souci de réélection, le
réglementeur peut être la proie des groupes de pression (lobbies).
Aghion et Howitt ont mentionné plus récemment les limites des politiques de régulation
de la concurrence trop agressives et leur impact négatif sur le façonnage du tissu
industriel. Malgré ses mérites et sa légitimité économique, toute réglementation a un
coût. Celui-ci peut être direct (supporté par l’administration pour l’appliquer ou par les
agents économiques pour s’y conformer) ou indirect (perte d’innovation et de
croissance par l’effet dissuasif à l’égard de certains producteurs).
On peut retenir deux formes de régulation :
la régulation des marchés financiers : elle est composée de règles d’encadrement
des activités financières afin d’assurer la pleine transparence du marché, garantir
l’intégrité des pratiques des acteurs y agissant et la protection des épargnants
contre tout délit d’initié ou manipulation quelconque des cours ;
la régulation micro ou macroprudentielle : il s’agit ici de surveiller le marché et le
comportement des acteurs financiers en matière de gestion du risque et de mettre
en place une réglementation stricte de nature à minimiser tout risque avéré de
faillite ou de dysfonctionnement pouvant remettre en cause la stabilité du système
(crise systémique).
La régulation concurrentielle des marchés : l’objectif est de garantir les conditions d’un
fonctionnement équilibré et transparent des marchés.
L’État, au niveau local à travers la DGCCRF, et la commission à la concurrence, au
niveau européen, agissent par :
Module 5
la lutte contre les ententes et les abus de position dominante (ententes
anticoncurrentielles, abus de domination, abus de dépendance économique, prix
abusivement bas) ;
le contrôle des concentrations afin de garantir l’existence de structures
concurrentielles dans le tissu économique avec l’interdiction des concentrations
créant ou renforçant une position dominante ;
la lutte contre les pratiques commerciales déloyales pour assurer notamment la
bonne relation entre les fournisseurs et les distributeurs (refus de vente : interdit
tant que le consommateur est en mesure de payer ; vente à perte (dumping) ;
pratiques discriminatoires : pratiquer des prix différents selon les consommateurs,
ventes liées) ;
l’examen de la situation de la commande publique pour en assurer l’accès
équitable et transparent.
Au niveau européen, le commissaire à la concurrence est chargé de veiller à la bonne
tenue de la politique de la concurrence qui comprend deux volets : les règles vis-à-vis
des entreprises (ententes, abus de position dominante et concentrations) et celles à
l’égard des interventions de l’État (subventions et aides financières octroyées par les
États membres à leurs propres entreprises de nature à fausser la concurrence ou
monopoles accordés à certaines entités publiques dans le cadre d’une mission de
service public).
La politique de concurrence est là pour protéger le jeu concurrentiel. Elle cherche à
préserver la situation du consommateur final plus que la position des concurrents,
même si elle vise à empêcher la disparition de ces concurrents face à la concentration
de firmes sur le marché.
Module 5
S2.3 - L’influence de l’Union européenne sur les politiques
de régulation
On parle d’entente lorsque des entreprises passent des accords entre elles et se
retrouvent en situation de domination sur un marché, afin de gérer librement les prix à
la hausse ou à la baisse, ou encore la quantité de biens ou de produits mis en
circulation.
La régulation a pour objectif, d’une part, d’éviter les situations hégémoniques avec
uniquement de gros acteurs sur un marché et la disparition des plus petites structures
ne pouvant pas se développer et survivre ; et d’autre part, de tendre vers un marché
de concurrence pure et parfaite.
Des dérogations à l’interdiction des ententes sont possibles lorsque l’entente contribue
au progrès technique ou économique, à favoriser l’intérêt du consommateur, à
améliorer la production et la distribution de certains produits.
Dans tous les cas, une dérogation ne saurait mettre en péril l’existence même d’une
concurrence.
Cet abus s’apprécie par des comportements inéquitables vis-à-vis des concurrents,
mettant en péril le principe même de concurrence. C’est le cas notamment lorsqu’une
entreprise occupe une très grande place sur un marché et décide unilatéralement
d’augmenter ou de baisser ses prix.
Exemple : Microsoft ou Apple sur le marché de l’informatique et des nouvelles
technologies avec les ordinateurs ou les tablettes.
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C. Encadrement des projets de fusion
La libre concurrence au niveau de l’Union européenne ne doit pas être parasitée par
l’intervention de certains États qui peuvent subventionner une des entreprises et lui
apporter des aides (subventions, garanties de prêt, exonérations fiscales, ...).
Le principe de la dérogation existe également lorsque l’aide de l’État sert à secourir un
secteur fragilisé ou une région en difficulté.
Les dérogations à l’interventionnisme des États : certains cas de figure permettent des
dérogations, comme toutes les initiatives en faveur de la recherche et du
développement, du développement et de l’aide aux PME, de la protection de
l’environnement, ou de la préservation du patrimoine.
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