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CAPA

Le juge en matière contractuelle dispose de trois pouvoirs principaux : la sanction des irrégularités, l'interprétation des clauses contractuelles et la modification des contrats pour respecter l'équité. Il peut annuler un contrat en cas de nullité, interpréter les intentions des parties au-delà du sens littéral et même imposer des clauses pour garantir la bonne foi. La jurisprudence a élargi le rôle du juge, lui permettant de jouer un rôle actif dans la détermination du contenu contractuel.

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CAPA

Le juge en matière contractuelle dispose de trois pouvoirs principaux : la sanction des irrégularités, l'interprétation des clauses contractuelles et la modification des contrats pour respecter l'équité. Il peut annuler un contrat en cas de nullité, interpréter les intentions des parties au-delà du sens littéral et même imposer des clauses pour garantir la bonne foi. La jurisprudence a élargi le rôle du juge, lui permettant de jouer un rôle actif dans la détermination du contenu contractuel.

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Quels sont les pouvoirs du juge en matière contractuelle ?

Le contrat est, par définition, une manifestation d'autonomie de la


volonté individuelle, ayant pour objet de créer une obligation ou de
transférer la propriété. Les parties contractantes s'assujettissent elles-
mêmes et s'engagent à respecter les clauses du contrat. L'art 1134
alinéa 1er du Code Civil stipule: « Les conventions légalement formées
tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. ». Comme dit l'adage, «
Pacta sunt servanda »: les conventions doivent être respectées.

Mais des litiges peuvent naître de ces contrats, et le juge, gardien du


pouvoir de dire le droit, de trancher les litiges, doit alors intervenir. Le
contrat, en tant qu'autonomie de la volonté s'impose-t-il au juge comme il
s'impose aux parties ? Et plus généralement quels sont les pouvoirs du
juge en matière contractuelle ?
Nous étudierons tour à tour les trois actions possibles du juge face au
contrat: d'une part la sanction, rôle classique (et relativement objectif) du
juge face à une situation d'irrégularité, d'autre part l'interprétation, où le
juge est amené à s'exprimer tout en respectant l'esprit du contrat et enfin
la modification, qui permet au juge d'aller plus loin encore dans
l'intervention et d'acquérir un rôle et une puissance nouvelle.
Sommaire
1. Le juge et la dissolution du contrat
1. La résolution
2. La nullité
2. Le juge et l'interprétation du contrat
1. L'interprétation subjective du contrat
2. La qualification
3. Le juge et la modification du contrat
1. La modération
1
2. Le « forçage », ou interprétation créatrice

Extraits
[...] Ainsi la liberté du juge semble relativement étendue. Elle peut
sanctionner un vice de forme ou de fond. Il existe deux types de nullités :
- la nullité relative, protectrice des intérêts individuels - la nullité absolue,
protectrice de l'intérêt général A noter que le juge ne peut soulever lui-
même la nullité qu'à condition l'intérêt général ou l'ordre public soit en jeu
(nullité absolue). Le juge peut donc annuler un contrat s'il le considère
non valide et cela malgré le fait qu'il soit le fruit de la volonté des parties.
[...]

[...] Le Code Civil quant à lui, ne fait que donner des conseils, indiquer
une méthode aux juges chargés d'interpréter. Ce sont les articles 1156 à
1164, que le doyen Carbonnier a qualifié de petit guide-âne mais qui
n'ont aucune valeur impérative. La règle essentielle figure à l'art 1156 On
doit dans les conventions rechercher quelle a été la commune intention
des parties contractantes, plutôt que de s'arrêter au sens littéral des
termes La Cour de Cassation a donc accordé un grand poids aux juges
du fond dans l'interprétation des contrats ambigus, puisqu'ils ont peu de
contraintes et de règles. [...]

[...] Objectif déclaré : la lutte contre l'exclusion, la prévalence du principe


de bonne foi, l'équité. En modérant certaines clauses du contrat, le juge

2
altère la volonté des parties. Il peut aller plus loin encore en ajoutant des
clauses au contrat. Le forçage ou interprétation créatrice Depuis le début
du XXe siècle, la jurisprudence a consacré ce qu'on appelle aujourd'hui
des suites naturelles Il arrive que les parties contractantes gardent le
silence sur des éléments essentiels de la convention : face à ce silence,
l'interprétation subjective ne suffit plus. [...]

[...] (décision du 11 juin 1991 cour de Cassation). L'obligation de sécurité


a également été étendue au contrat de travail à la charge de l'employeur,
notamment en ce qui concerne les maladies professionnelles
contractées par le salarié du fait des produits fabriqués ou utilisés par
l'entreprise (cf amiante). L'obligation est imposée par le juge aux parties
contractantes, et la doctrine s'interroge sur la création d'une obligation
non plus contractuelle mais légale. L'obligation d'info et de conseil De
même, la jurisprudence a imposé l'obligation contractuelle d'information
et de conseil. [...]

[...] Et plus généralement quels sont les pouvoirs du juge en matière


contractuelle ? Nous étudierons tour à tour les trois actions possibles du
juge face au contrat : d'une part la sanction, rôle classique (et
relativement objectif) du juge face à une situation d'irrégularité, d'autre
part l'interprétation, où le juge est amené à s'exprimer tout en respectant
l'esprit du contrat et enfin la modification, qui permet au juge d'aller plus
loin encore dans l'intervention et d'acquérir un rôle et une puissance
nouvelle. [...]

3
Correction Dissertation séance 9 : le rôle du juge dans la détermination du
contenu contractuel

Parler du principe de l’autonomie de la volonté, liberté contractuelle. Par


conséquent le juge n’a aucun pouvoir quant à la modification du contrat. Cette
vision a changé car le contenue et l’exécution du contrat sont de plus en plus
souvent imposé aux parties.

I) La détermination du contenu contractuel traditionnellement réservé


aux parties : le juge simple observateur ?
A) La toute puissance des parties : le principe de l’autonomie de la
volonté
B) Le rôle limité du juge : l’interprétation du contrat selon
l’intention des parties

II) La détermination du contenu contractuel entre les mains du juge : le


juge créateur du contrat ?
A) Le juge contrôlant le contenu du contrat
B) Le juge imposant le contenu du contrat

L’effet Relatif : conséquence du fondement de l’autonomie de la volonté : seule


la volonté d’un individu peut l’engager. Il en résulte que seules les parties sont

4
liées par l’accord qu’elles ont consenties : article 1134 alinéa 1. Les tiers au
contrat ne seront pas engagés par ces conventions.

I) La notion de partie et la notion de tiers

On a une conception classique et une conception renouvelée. Dans la classique,


est partie au contrat celui qui a voulu le contrat et que la loi a désigné comme
tel, et tiers celui qui n’a pas voulu du contrat. On reproche à cette conception
d’être trop imprécise et de ne pas révéler la réalité de la notion de partie et de
tiers. Dans la conception renouvelée :

Proposition de Guestin (document 1) : il va proposer de se placer au


moment de l’exécution du contrat et pas uniquement au moment de sa formation
ce qui lui permet d’avoir une conception plus élargie de la notion de partie. Ici la
qualité de partie ne serait plus déterminée par le seul consentement lors de la
conclusion du contrat mais aussi par le critère de la soumission à la force
obligatoire du contrat qui a lieu lors de son exécution. On parle d’innovation
temporelle à propos de sa conception. Cette conception a été critiquée par
[Link] (document 2)

Document 2 : les critères de Guestin ne sont pas toujours appropriés, il y a


des cas où ça ne fonctionnait pas. Par exemple l’hypothèse du cessionnaire légal
qui est tenu de conserver le personnel de l’entreprise qu’il rachète. Il va
constater que le cessionnaire légal est un tiers au contrat selon Guestin car il n’a
pas conclu les contrats et il ne les a pas voulu au moment de l’exécution,
pourtant le cessionnaire est bien soumis à la force obligatoire des contrats.

Document 3 (Thibierge) : le problème des autres théories était de se placer


uniquement du côté de la volonté. Elle se place plus uniquement du côté de la
volonté et elle tient compte de la critique de [Link] qui est qu’on peut être
partie à un contrat dont on n’a pas voulu. Les parties au contrat sont les
personnes soumises à l’effet obligatoire du contrat, soit par l’effet de la volonté,

5
soit par l’effet de la loi. Elle donne une exception au principe de l’effet relatif.
Les tiers seront toutes les personnes qui ne seraient pas soumises à l’effet
obligatoire du contrat.

Quel est le statut des intermédiaires ? si les contractants sont des parties ce n’est
pas uniquement parce que il a participé à la conclusion du contrat. Le
représentant n’est pas une partie au contrat. Le mandataire s’efface une fois le
contrat conclu et c’est le mandant qui a la qualité de partie. Il y a des personnes
pour lesquelles la distinction binaire partie et tiers ne semble pas adaptée
puisqu’elles sont dans une situation plus complexe en raison des liens qui va les
unir avec les parties au contrat :

Exemple des créanciers chirographaires (créanciers ordinaires qui n’ont pas de


sureté). Ils vont être des tiers par rapport au contrat passé par leur débiteur,
pourtant ils vont subir ces contrats et ils vont alors bénéficier d’actions
particulières pour exercer des droits appartenant à leur débiteur. Deux exemples
d’actions : obliques et pauliennes. L’action oblique est l’action qui permet de
faire entrer dans le patrimoine du débiteur des biens nouveaux ou des droits que
le débiteur disposait à l’encontre d’un autre débiteur. Tous ces biens peuvent
être saisis par tous les autres créanciers parce qu’ils rentrent dans le patrimoine
du débiteur. L’action paulienne : elle consiste en une action qui permet au
créancier de demander que lui soit déclaré inopposable les actes par lesquels le
débiteur a frauduleusement diminué son patrimoine. L’intérêt est que l’action ne
profite qu’à celui qui l’intente.

La portée du principe de l’effet relatif à l’égard des tiers : le principe c’est qu’un
contrat ne profite ni ne nuit aux tiers, il ne leur est qu’opposable. On trouve ces
règles dans les différents projets de réforme. La convention va constituer pour le
tiers un fait juridique. De ce fait juridique, pourra être déduit des conséquences
de droit à l’égard des tiers : arrêt de la 1ère chambre civile du 10 mai 2005.

6
- Si le contrat donne naissance à une situation juridique absolue, c’est-à-
dire un contrat constitutif ou translatif de propriété : le contrat est
opposable erga omnes, ainsi l’acquéreur d’une chose peut opposer le droit
réel qu’il tient du contrat de vente à toute personne.
- Si le contrat a pour objet un droit de créance, le contrat est opposable aux
tiers par les parties. Un tiers ne peut pas aider un débiteur d’une obligation
à ne pas s’exécuter. Il encourrerait une responsabilité délictuelle : Cass
Com 13 mai 1979. Le contrat est aussi opposable aux parties par les tiers.
Le tiers qui aurait un intérêt pourra invoquer l’existence du contrat. La
cour de cassation rappelle qu’il s’agit d’invoquer un fait juridique pour en
obtenir un profit : Cass Com 20 octobre 1991.

Les groupes de contrat : on distingue les ensembles contractuels qui regroupent


un certain nombre de conventions ayant un même objet en vue d’un but
commun, on les distingue des chaines de contrat qui interviennent sur le même
objet mais qui n’ont pas nécessairement un but commun. Parmi les chaines de
contrat on distingue entre les chaines homogènes (contrat de même nature) et les
chaines hétérogènes (nature différente). Quelle est la nature de la responsabilité
entre les deux bouts de la chaine du contrat. Il y a deux distinctions :

- Contrat translatifs de propriété : la responsabilité sera contractuelle : ass


pl 7 février 1986
- Contrat non translatifs de propriété : arrêt du document 4 qui précise que
c’est la responsabilité délictuelle. Il n’y a aucun lien contractuel entre le
maître de l’ouvrage et l’exécutant, de ce fait seule la responsabilité
délictuelle peut s’engager. Avant on considérait que c’était la reps
contractuelle dans la mesure où la faute reprochée consistait dans
l’inexécution du contrat et dans la mesure où les deux contrats faisaient
partis d’un même groupe de contrat.

7
I) Le tiers dans le contrat : de la notion de partie à la notion de tiers
A) Le faux tiers : ni partie au contrat, ni tiers absolu
B) Le tiers devenu partie au contrat par l’effet de la loi ou de la volonté
II) Le tiers face au contrat : l’opposabilité du contrat aux tiers et par les
tiers
A) Un tiers indifférent au contrat en tant qu’acte juridique
B) Un tiers soumis au contrat en tant que fait juridique

 §1. Le pouvoir des juges du fond

A) Recherche de la volonté des parties

Les articles 1156 et suivants du Code civil donnent des recommandations


non-impératives pour l’interprétation des conventions. En premier lieu
l’article 1156 du code civil dispose que : « l’on doit dans les conventions
rechercher dans les conventions quelle a été la commune intention des
parties contractantes. » cet article consacre l’autonomie de la volonté
comme on l’a vu précédemment.

La difficulté pour le juge est de déterminer cette commune intention des


parties, puisqu’au moment où il est saisi du litige il n’y a plus de
commune intention des parties. Il appartiendra au juge de déterminer
quelle était la volonté des parties au moment où elles ont conclu le
contrat. Cet article précise par ailleurs qu’il est préférable de rechercher

8
la commune intention des parties plutôt que de s’arrêter au sens littéral
des termes. Autrement dit, ce qui compte c’est la volonté interne, non la
volonté déclarée. Le juge ne doit pas en conséquence forcément
s’arrêter à la lettre du contrat. En particulier, il ne doit pas s’arrêter à la
dénomination du contrat par les parties, il doit déterminer sa véritable
nature puis en appliquer le régime. A cette fin, il peut fort bien prendre
des éléments extérieurs à la déclaration de volontés, il peut tenir compte
d’éléments extrinsèques au contrat et notamment de témoignages. Ce
qui compte c’est de déterminer la volonté des parties, il peut se retrouver
face à des parties qui n’ont plus ou n’ont peut-être jamais eu la même
vision du contrat.

B) Les éléments d’interprétation

L’article 1157 du code civil dispose : « lorsqu’une clause est susceptible de


deux sens on doit plutôt l’entendre dans celui avec lequel elle peut avoir
quelque effet que dans le sens avec lequel elle n’en pourrait produire
aucun. » par ailleurs, l’article 1161 du code civil prévoit que toutes les
clauses des conventions s’interprètent les unes par les autres. En
donnant à chacune le sens qui résulte de la convention. Ce sont des
articles qui fournissent au juge d’autres éléments pour interpréter la
volonté des parties. Tandis que l’article 1156 consiste à s’interroger sur
la volonté des parties.

9
Par ailleurs l’article 1159 du code civil dispose que : « ce qui est ambigu
s’interprète par ce qui est d’usage dans le pays où le contrat est passé »
tandis que l’article 1160 prévoit que l’on doit suppléer dans le contrat
des clauses qui sont d’usage quoiqu’elles n’y soient pas exprimées.
L’idée étant de compléter le contrat par les clauses qui sont d’usage, ou
par ce qui est admis généralement dans le pays où le contrat a été
passé. Le juge s’en tient essentiellement à la recherche de la volonté
des parties. Cela le conduit par exemple à privilégier une clause
manuscrite par rapport à une clause de style dès lors que ces clauses
sont en contradiction. Il faut ajouter deux éléments :

· Dans certains domaines il y a lieu de tenir compte de certains


éléments particuliers, ou de l’esprit général de la législation pour
interpréter les contrats. C’est le cas par exemple des contrats
entre consommateurs et professionnels. Dans le doute,
l’interprétation se fait en faveur du consommateur.

· On retrouve dans le cadre de cette interprétation, certaines des


limites qui ont été invoquées. Le juge peut compléter le contrat ou
l’interpréter à travers la notion de bonne foi, d’usage ou d’équité.

II - Les pouvoirs de la cour de cassation

L’interprétation du contrat est une interprétation de fait qui relève de


l’appréciation souveraine des juges du fond. Ce n’est pas une question
de droit, contrairement à la qualification du contrat ou encore à
l’interprétation de la loi. La cour de cassation ne fait pas porter son
contrôle sur les faits, elle ne fait porter son contrôle que sur la loi. Elle
observe si les juges du fond ont bien appliqué la loi. Lorsque l’on dit que
la question de l’interprétation du contrat est une question de fait, en
10
conséquence on admet que cette interprétation relève du pouvoir
souverain des juges du fond.

Solution de principe du 2 février 1808. Le contrôle exercé par la cour de


cassation est un contrôle de la dénaturation.

A) Le contrôle de la dénaturation

Les juges du fond ont le pouvoir d’interpréter le contrat, mais ils ne peuvent
dénaturer les termes clairs et précis d’une convention. Ils ne sauraient
retenir une interprétation conduisant à donner un sens au contrat qui n’a
pas été voulu par les contractants. On parle alors de dénaturation, les
juges dénaturent la volonté des parties. Dans cette hypothèse, la cour de
cassation exerce un contrôle de la dénaturation, casse la décision.
[Link]. 1872. Dalloz p. 176. La cour de cassation exerce un contrôle de
la dénaturation qui est une limite au pouvoir d’interprétation des juges du
fond.

Quel sens donner au mot « dénaturation » ?

- La chambre commerciale de la Cour de cassation a considéré


que l’appréciation de la portée d’un écrit sans altération de son
texte n’est pas susceptible d’être critiquée au moyen d’un grief de
dénaturation. Comm. 9 juil. 1991. Bull. Civ 4 n°251. La
dénaturation ne pourrait donc être envisagée que lorsqu’il y avait
méconnaissance des termes exacts.

- Pour les chambres civiles, la dénaturation consistait à


méconnaitre le sens d’un acte clair et précis. Civ. 1ère, 26 mai
1993. JCP 1993 22 079.

11
Finalement la chambre commerciale a rejoint la position des chambres
civiles, voir en ce sens comm. 31 janv. 1995, JCP 1995-2 22 385. L’acte
clair et précis, est considéré comme susceptible d’un seul sens. Civ.
1ère 28 janv. 1962, Bull. Civ 1 n° 128.

B) L’interprétation unificatrice

Les hypothèses d’interprétation unificatrice de la cour de cassation sont


rares. L’idée c’est que certains contrats se rapprochent techniquement
du règlement dans la mesure où ils génèrent des règles d’application
générales. Cf. Conventions collectives, ce qui peut conduire la cour de
cassation à retenir une interprétation qui s’impose alors
généralement. Ass. Plén. 12 mai 1989, Bull. d’Ass Plén. n°1. Lorsqu’un
contrat qui pose difficulté est soumis au juge, il rend une décision en
retenant une interprétation pour ce contrat.

C) Le forçage du contrat

Le juge dans certaines circonstances a forcé le contrat pour trouver des


interprétations qui à l’origine n’ont pas été prévues par les parties. En
réalité le juge a admis des obligations en considérant que ces obligations
résultaient de la nature du contrat et des obligations entre les parties.

1. L’obligation de sécurité

Dans un premier temps, l’obligation de sécurité a été envisagée dans les


contrats de travail afin de protéger les salariés victimes d’accidents de
travail. C’est finalement dans les contrats de transport de personnes que

12
l’obligation de sécurité a été appliquée. La cour de cassation a jugé que
l’exécution du contrat de transport comporte pour le transporteur
l’obligation de conduire le voyageur sain et sauf à destination. 21 nov.
1911 Sirey 1912. Ce que veut la cour de cassation c’est faciliter
l’indemnisation de la victime en cas d’accident, le régime juridique est
favorable à la victime. Le transporteur a l’obligation d’arriver à un
résultat, c’est de transporter la victime saine et sauve à destination. La
seule possibilité pour le transporteur c’est de démontrer que c’est en
raison d’une force étrangère que la victime a eu préjudice.

Par la suite la cour de cassation a étendu cette obligation de sécurité dans


une série de situations contractuelles plus ou moins voisines. Par
exemple, dans les contrats pour les auto-tamponneuses, en tout cas
dans les contrats voisins du contrat de transport. Elle a également par la
suite étendu cette obligation de sécurité à des contrats qui n’ont rien à
voir avec les transports, ce fut le cas en matière de garde d’enfants, ou
encore en matière de produits défectueux. D’un autre côté la
jurisprudence a limité l’obligation de sécurité-résultat.

Cette obligation de sécurité illustre bien lorsqu’elle se retrouve face à des


situations d’opportunisme à un moment donné. Le poids de la
responsabilité civile a évolué dans le sens d’une indemnisation toujours
plus simple de la victime, la cour de cassation a cherché à travers sa
jurisprudence à faciliter la réparation de la victime. La lecture nouvelle
qui a été faite XIXe siècle, à propos de la responsabilité du fait des
choses, cette nouvelle lecture s’est faite pour faciliter la victime qui
agissait contre une personne pour obtenir réparation de son préjudice.
Cette évolution de la jurisprudence s’est faite en parallèle de l’évolution
de la responsabilité. Dans les gares, et transport, la responsabilité était à
la charge du transporteur à partir du moment où le voyageur était dans

13
l’enceinte de la gare jusqu’au moment où il l’a quittait, la [Link] a
considéré en 1969 que l’obligation de sécurité attachée au contrat de
transport n’existait que depuis le moment où le voyageur commence à
monter dans le véhicule jusqu’au moment où il achève d’en descendre.
Civ. 1ère, 1er juill. 1969, Dalloz 1970, p. 640.

Suite a cet arrêt on s’est demandé si c’était une responsabilité délictuelle


ou contractuelle, le 21 juillet 1970, la cour de cassation a considéré que
l’obligation de sécurité de la SNCF était maintenue dans les périodes
précédents et suivants le contrat de transport lui-même c’est-à-dire dans
les accidents de gare. C’est une obligation de sécurité-moyen. Dalloz
1970, p. 765.

Dans un arrêt du 7 mars 1989 la Cour de cassation décide qu’en dehors de


l’exécution du contrat de transport, la responsabilité du transporteur à
l’égard du voyageur est soumise aux règles de la responsabilité
délictuelle, Civ. 1ère 7 mars 1989, RTDciv, 1989 p. 548.

2. L’obligation d’information et de conseil

La cour de cassation, a admis dans de nombreux contrats une obligation


d’information ou de conseils accessoires aux obligations principales de
certains contractants. Une telle obligation a été admise dans les
hypothèses où un déséquilibre existe entre les contractants. Ce qui est
le cas des contrats conclus entre professionnels et consommateurs. La
cour de cassation a ainsi mis à la charge des professionnels une
obligation d’information des consommateurs. Là encore, le tableau est
difficile à dessiner en quelques mots. La jurisprudence a admis une
obligation précontractuelle de renseignement, mais parfois elle a
également mis à la charge des professionnels une obligation
14
contractuelle de renseignement. Théoriquement on doit faire la
différence entre les deux, parce que si une information est due avant la
formation du contrat, si une telle information n’a pas été délivrée seule la
responsabilité délictuelle peut être envisagée puisque le contrat n’a pas
été conclu. Dans l’autre cas, c’est une responsabilité contractuelle. La
jurisprudence montre que cette logique n’est pas toujours respectée.

Le contrat est un acte juridique, qui crée des droits et des


obligations. Même si sa formation est régie par le Législateur, il
arrive souvent qu'aucun contrat n'est été écrit entre les parties.
En cas de litige, c'est alors au juge d'intervenir. Le Juge doit
rechercher la volonté des parties, doit respecter le contrat
même oral et le faire appliquer. Par contre, lorsque les clauses
sont obscures ou ambiguës, le juge se voit attribuer un rôle
d'interprétation.
Quelle est la place du juge dans le domaine contractuel ?

I- Le principe de la force obligatoire vis-à-vis du juge


A- L'interprétation du contrat par le juge
B- De l'interprétation à la création : l'accroissement des
pouvoirs du juge

II- Le rôle du juge dans la sanction du contrat


A- La nullité du contrat
B- Le juge et les clauses abusives

15
Extrait du document:

Le juge a pour premier rôle d'appliquer le droit mais la plus part


du temps il est impossible d'appliquer directement un texte car
il faut l'interpréter pour pouvoir l'appliquer aux litiges ce qui est
véritablement le rôle du juge. Le juge se doit donc
essentiellement assurer le passage de la règle de droit abstraite
au cas concret en définissant le sens et la portée de la règle de
droit. Il existe souvent plusieurs interprétations possibles d'un
texte par exemple la notion de « cause » en matière
contractuelle peut être interprété comme une motivation de
contractant ou une volonté d'obtenir une contrepartie d'une
obligation et selon le choix le résultat peut être différent.

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contrats Dissertation

Commentaire d'une phrase de François Gény extraite de


"Science et technique du droit privé positif" dans laquelle il
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16
fonder leurs jugements sur ce qu'il appelle la «nature des
choses positives».

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Commentaires

L'inexécution d'un contrat lorsqu'elle est portée devant le juge


peut emporter diverses conséquences. Celui-ci a la possibilité
en effet soit de suspendre le contrat, afin d'accorder au
débiteur un délai de grâce, soit engager sa responsabilité
contractuelle en le condamnant à des dommages intérêts. Il
peut également ordonner l'exécution forcée en nature du
contrat, ou bien en prononcer la résolution.
L'article 1184 du code civil dispose que «la résolution doit être
demandée en justice», posant ainsi le principe de la résolution
judiciaire pour les contrats inexécutés.

I. Le juge, maître de la résolution


A. L'unique résolution judiciaire
B. Les limites de la seule résolution judiciaire

II. Le juge peu à peu évincé du sort du contrat


A. L'acceptation de la résolution unilatérale extrajudiciaire
B. Les éventuelles réformes

17
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Extrait du document:

Conformément à la morale chrétienne dont est imprégné le


droit français, seul le juge est autorisé à résoudre le contrat
lorsque celui-ci est inexécuté, ou mal exécuté.
En effet, le principe du respect de la parole donnée s'oppose à
ce qu'un contractant puisse se délier des liens du contrat et
manquer à ses engagements sous prétexte d'un manquement
contractuel.
De plus la résolution, dont les effets sont rétroactifs, est une
sanction assez lourde économiquement puisqu'elle détruit le
contrat, support de l'activité économique.

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 Les contrats de droit administratif Cas pratique

Cas pratique de droit portant sur les critères des contrats


administratifs et visant à expliquer les recours dont dispose les
tiers.

Théoriquement, le contrat n'a d'effets qu'entre les parties. Il


n'intéresse pas les tiers. Trois articles à la base du droit des
contrats pose le problème soulevé ici. L'article 1101 du Code
Civil dispose que « le contrat est une convention par laquelle
une ou plusieurs personnes s'obligent, envers une ou plusieurs
autres, à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose ».
L'article 6 du Code Civil dispose qu' « on ne peut déroger, par
des conventions particulières, aux lois qui intéressent l'ordre
public et les bonnes mœurs ». Quant à l'article 1134, alinéa 1er
du Code Civil, il dispose que « les conventions légalement
formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites ». Le
contrat est donc la loi des parties et le juge ne peut le modifier
de son propre chef. Le juge a pour rôle d'assurer le passage de
la règle de droit abstraite au cas en définissant le sens et la
portée de cette règle de droit.

I] Le principe de l'autonomie de la volonté et de la liberté


contractuelle domine le droit des contrats et impose au juge un
rôle de neutralité
19
II] L'intervention du juge est nécessaire afin d'établir une
certaine justice

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 Extrait du document
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 Commentez et partagez

Extrait du document:

Concernant l'interprétation des clauses obscures, la


jurisprudence a évolué. Dans un premier temps, avant la
promulgation du Code civil, le raisonnement était le suivant : le
contrat a la même force juridique que la loi ; or, le juge de
Cassation peut interpréter la loi. Donc ce juge peut aussi
interpréter le contrat. Dans un second temps, la Cour de
Cassation a retenu une solution tout à fait différente :
l'impossibilité d'interpréter tout contrat, le contrat étant
considéré comme de pur fait.

Théoriquement, le contrat n'a d'effets qu'entre les parties. Il


n'intéresse pas les tiers. Trois articles à la base du droit des
contrats pose le problème soulevé ici. L'article 1101 du Code
Civil dispose que « le contrat est une convention par laquelle
une ou plusieurs personnes s'obligent, envers une ou plusieurs
autres, à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose ».
L'article 6 du Code Civil dispose qu' « on ne peut déroger, par
des conventions particulières, aux lois qui intéressent l'ordre
public et les bonnes mœurs ». Quant à l'article 1134, alinéa 1er
du Code Civil, il dispose que « les conventions légalement
20
formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites ». Le
contrat est donc la loi des parties et le juge ne peut le modifier
de son propre chef. Le juge a pour rôle d'assurer le passage de
la règle de droit abstraite au cas en définissant le sens et la
portée de cette règle de droit.

I] Le principe de l'autonomie de la volonté et de la liberté


contractuelle domine le droit des contrats et impose au juge un
rôle de neutralité
II] L'intervention du juge est nécessaire afin d'établir une
certaine justice

 Résumé
 Extrait du document
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Extrait du document:

Concernant l'interprétation des clauses obscures, la


jurisprudence a évolué. Dans un premier temps, avant la
promulgation du Code civil, le raisonnement était le suivant : le
contrat a la même force juridique que la loi ; or, le juge de
Cassation peut interpréter la loi. Donc ce juge peut aussi
interpréter le contrat. Dans un second temps, la Cour de
Cassation a retenu une solution tout à fait différente :
l'impossibilité d'interpréter tout contrat, le contrat étant
considéré comme de pur fait.

21
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 La bonne foi en droit des contrats Dissertation

Dissertation qui s'intéresse au rôle que joue la bonne foi en


droit des contrats.

Le juge et la formation du contrat DISSERTATION

Le juge et la formation du contrat

Dissertation sur l'intangibilité du contrat, la nullité, le pouvoir


créateur des juges.

№ 15147 | 3 305 mots | 0 sources | 2010

Publié le avr. 25, 2010 in Droit

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document

Résumé:

« Lie les bœufs par les cornes, les hommes par les paroles ».
Cette citation du professeur Loisel, juriste français du 16ème
siècle retranscrit bien l'idée que le contrat ne saurait être lié
autrement que par la commune intention des parties, entre
autre le consensualisme. Jhering écrit à la fin du 19ème siècle

22
qu‘« ennemi juré de l'arbitraire, la forme est la sœur jumelle de
la liberté ». Ce principe est clairement promu par le législateur
de 1804, qui sera la pierre angulaire du principe de liberté
contractuelle dans la formation du contrat.

1. L'intangibilité du contrat: un conditionnement de la liberté


contractuelle, assurant cependant la sécurité juridique des
parties
2. Le pouvoir d'appréciation des juges : une entrave et une
utilité à la sécurité juridique des parties

 Résumé
 Extrait du document
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Extrait du document:

L'interprétation créatrice du juge peut encourir dans le fait que


le contrat soit silencieux sur la question qui est l'objet du litige
pour lequel il a été saisi. Par un contrôle a posteriori il va
s'apercevoir de ce silence et va ainsi par le biais de l'article
1135 du Code civil, devoir envisager la question de son propre
gré. On peut voir ici une certaine insécurité juridique se profiler
suite à la mauvaise formation du contrat de la part des
cocontractants.

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23
Cet accroissement du rôle du juge est d’autant plus remarquable qu’il
s’inscrit à rebours de l’objectif affiché par l’ordonnance de restreindre le
recours aux tribunaux.

par les parties et lui laisse une marge d’appréciation qui ne semble pas
exactement conforme aux objectifs de sécurité juridique et de recul de
l’intervention du juge affichés par la réforme.

« Le juge et l’intangibilité du contrat »

Le contrat est défini par l’article 1101 du Code Civil comme une
« convention par laquelle une ou plusieurs personnes
s’obligent, envers une ou plusieurs autres, à donner, à faire ou
à ne pas faire quelque chose ».
Classiquement, le contrat se fondait sur la théorie de
l’autonomie de la volonté selon laquelle le contrat repose sur la
volonté de ceux qui s’engagent. Dans la philosophie des
Lumières cela s’expliquait par le fait que l’homme est libre et
ne peut être lié que parce qu’il l’a voulu dans la mesure de ce
qu’il a voulu. Il résulte de cette théorie le principe de la force
obligatoire du contrat selon lequel la personne qui s’est
librement engagée ne peut se délier de cet engagement. Ce
principe est consacré par l’article 1134 alinéa 1er du Code Civil
qui dispose que « les conventions légalement formées tiennent
lieu de loi à ceux qui les ont faites ».Dès lors, l’idée est bien que

24
les conventions s’imposent comme la loi s’impose aux
citoyens :« le contrat est la loi des parties ».
De plus, les parties contractantes, une fois leur engagement
passé, ne peuvent se rétracter que d’un consentement mutuel,
ainsi une partie n’est pas en droit de se rétracter
unilatéralement : c’est le principe de l’intangibilité du contrat.
L’intangibilité du contrat s’impose non seulement aux parties
mais aussi au juge. En principe, le rôle du juge est de servir les
volontés souveraines par un contrôle
a posteriorien cas de litige.
Cependant, les volontés souveraines sont elles mêmes
soumises à certaines limitations légales telles que le respect
des bonnes mœurs et de l’ordre public ainsi que la bonne foi
dans l’exécution du contrat. Cette exigence de bonne foi a
permis à la jurisprudence de nuancer le principe de la force
obligatoire du contrat. Alors si le juge se porte garant de
la souveraine volonté des parties, supposées en théorie
égales, il n'en demeure pas moins que, sous couvert
d'interprétation, il va ajouter souvent au contrat des obligations
auxquelles les parties n'avaient pas songé.
La question qui se pose alors est de savoir si, en dehors de
l’encadrement légal des volontés, le juge peut venir
modifier le contrat conclu entre les parties. Peut-il
venir remettre en cause leurs volontés souveraines donnant
force obligatoire au contrat ?
En principe, le juge n’est pas censé s’immiscer dans le
contrat, qui s’impose à lui, mais la pratique tend à lui
accorder de plus en plus la possibilité de le faire. Alors bien que

25
l’intangibilité du contrat soit le principe (I), elle connait
quelques atténuations cependant contrôlées (II)

I. La soumission du juge au principe


d’intangibilité du contrat
Le principe d'intangibilité du contrat fortement ancré
en droit français empêche toute modification par le
juge (A), celui-ci peut toutefois l'interpréter en cas
d'obscurité destermes (B)

.[Link] principe d'intangibilité du contrat


Les individus étant libres, ils ne peuvent être tenus
d'obligations que parce qu'ils les ont eux mêmes voulues.
C'est le principe de la force obligatoire du contrat.
Ainsi, au termede l'article 1134 du Code Civil: "les conventions
légalement formées tiennent lieu del o i à c e u x q u i l e s o n t
faites" en conséquence, seules les parties
p e u v e n t m o d i f i e r l'étendue de leurs engagements, mais il
faut l'accord de toutes les parties présentes aucontrat initial
pour pouvoir le modifier et apporter des dispositions
contractuellesnouvelles.D e p l u s , c e c o n t r a t s ' i m p o
se au juge qui s'interdit d'en modifier les st
i p u l a t i o n s contractuelles même si les circonstances
économiques ont changé et engendrés des situations
inéquitables. Le juge doit donc faire appliquer le
contrat, il s'interdit

26
d'end é n a t u r e r l e s c l a u s e s , m ê m e s i l e s t e r m e
s e m p l o y é s s o n t o b s c u r s , a m b i g ü s o u incomplet
s. Dans la pureté des principes, toute révocation ou
modification du contrat ne peuvent etre que le fait des
parties. En ce cas, le juge est impuissant à modifier le
contrat, cad à a j o u t e r à c e l u i - c i d e s o b l i g a t i o n s
envers l’une ou l’autre des parties ou bien à en
modifier les termes principaux. Bien entendu, à ce
principe de base, une multitude d’atteintes à cette force
obligatoire sont posées.

[Link] variation au principe d'intangibilité du


contrat: l'interprétation du contrat par le jugeL'article
1156 du Code Civil dispose qu' "on doit dans les conventions
rechercher quelle aété la commune intention des parties
contractantes, plutôt que de s'arrêter au sens
littéraldes termes". Il est ici demandé au juge de faire
prévaloir l'esprit de la convention plutôt que le sens strict
se dégageant parfois d'une rédaction hasardeuseL'article
1163 du Code Civil vient aussitôt limiter se champ
d'interprétation conféré au juge "quelque généraux que
soient les termes dans lesquels une convention est
conçue,elle ne comprend que les choses sur lesquelles il parait
que les parties se sont proposés decontracter".Ces deux
textes précisent clairement la volonté du législateur:
celui-ci interdit au juge d'interpréter les termes d'une
convention quand celle-ci est claire et pré[Link] n'est
uniquement dans le cas d'une obscurité manifeste des termes

27
que ce dernier peutt e n t e r d e s ' a p p r o c h e r d e
l'économie générale voulue par les parties au
m o m e n t d e l a contraction du contrat (Com, 15 février
2000).I l l u i e s t n o t a m m e n t i m p o s s i b l e d e r e f u s e r l '
application d'un contrat si celui-
ci esttotalement obscur, dans l'affirmative il com
m e t t r a i t u n d é n i d e j u s t i c e r é p r i m e n d é à l'article 4
du Code Civil.

Dernièrement, le juge n'est pas limité à l'étiquette juridique


apportée par les parties. Il peuttrès bien si les termes du
contrat le permettent, requalifier un contrat.P a r f o i s l e s
parties oublient de mentionner certains points
c l e f d u c o n t r a t . I l e s t d o n c impossible pour le juge
d'interpréter.D a n s c e c a s , i l p e u t t e n t e r d e l e
compléter en tenant rigueur par exemple des
u s a g e s professionnels couramment utilisé[Link] juge peut
également se poser en défenseur des faibles
en fondant ses décisions sur le principe d'équité. C'est
notamment le cas pour les contrats d'adhésion, si ce
dernier estlacunaire, le juge aura tendance à combler ces
vides en faveur de la partie
faible.I l a r r i v e é g a l e m e n t q u e l e j u g e f a c e u n
u n e l a c u n e d ' u n c o n t r a t d é c i d e d ' a j o u t e r à l'e
ncontre de l'une des parties, une obligation nouvelle. C'est ce
qu'on appelle le forçagedu contrat. L'article 1135 du Code
Civil appuie cette théorie "les conventions obligent non

28
seulement à ce qui est exprimé, mais encore à toutes les
suites que l'équité, l'usage oula loi donnent à l'obligation
d'après sa nature".La jurisprudence a ainsi ajouté à de
nombreux contrats des obligations de toutes natures:obligation
de sécurité dans le contrat de transport, obligation de
surveillance (Civ 1ère 13octobre 1987) ou encore obligation
d'[Link] pouvoir d'interprétation du juge ne s'attaque
pas directement à la forme du contrat, il nes'attaque pas
directement à la force obligatoire du contrat ce qui n'est pas le
cas pour larévision du contrat.

[Link] révision pour cause d'imprévision


Si les principes d'autonomie de la volonté et de force obligatoire
du contrat empêchent en principe la révision du contrat
(A), il existe toutefois des cas particuliers
extrèmementsencadrés ou cela demeure possible (B).

A.L'impossibilité de réviser le contrat en principe


Sauf cas exceptionnel, le juge ne peut pas réviser le contrat
conclu par les parties. La force obligatoire du contrat lui confie
un caractère intangible. Il est donc impossible deconce voir une
reformulation du contrat par le juge. Cette hypothèse serait
une atteinte à un autre principe consacré par la
philosophie des lumières à savoir l'autonomie de la volonté.
Que dire de la sécurité juridique d'une nation dont le juge,
détenteur suprême du pouvoir de sanction pourrait modifier à
sa guise des conventions reposant sur la volonté suprêmedes
parties.Déjà reconnue en droit Romain, "pacta sunt
servanda", la notion de contrat ne

29
supportea u c u n a v i l i s s e m e n t , i l e x i s t e p o u r t a n t d e
s e x c e p t i o n s a u p r i n c i p e d ' i m p o s s i b i l i t é d e révision
du contrat mais ces dernières sont largement encadrées.

B. Des exceptions au principe encadrées


Ces précautions peuvent revêtir deux formes, tout d'abord
celles encadrées par la loi etcelle insérées dans la lettre du
contrat.

Le juge peut intervenir dans deux cas précis, soit il peut si la


situation l'impose, accorder un droit de grâce au débiteur, soit il
doit protéger le consommateur des clauses abusives présentes
lors de la manifestation d'un déséquilibre économique entre les
deux parties [Link] cocontractants prévoyants
peuvent intégrer dans le champ contractuel des
clausesvisant à limiter les risques liés à l'imprévision de la
situation économique et sociale futureau [Link] peuvent
tout d'abord décider d'indexer leurs prix sur un indice par
exemple ou encoreintégrer une clause de sauvegarde au
[Link] le dernier cas les juges peuvent jouer un rôle clef
lor

Le dol et l'erreur dans la


formation du contrat
Le dol et l'erreur dans la formation du contrat

30
Dissertation de droit sur les contrats et ses obligations.
№ 140 | 900 mots | 0 sources | 2007
Publié le avr. 13, 2007 in Droit

5,95 $US

Résumé:
Qu'est-ce qu'un contrat, quelles sont les conditions
requises pour en établir un ? La première est le
consentement. Ce document traite du dol et de l'erreur
en tant que vices du consentement et de leurs effets sur
le contrat.

I- Le dol et l’erreur : vices du consentement


A- Leur différence : le caractère volontaire du dol et
involontaire
de l’erreur
B- Leur point commun : le caractère déterminant

II- Les effets de ces vices du consentement


A- La nullité relative
B- Les autres sanctions

 Résumé
 Extrait du document

31
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Extrait du document:
Le contrat est un acte juridique bilatéral, c’est-à-dire qu’il
faut qu’au moins deux volontés se manifestent pour que
des effets juridiques se produisent. C’est une sorte de
convention car il sert à créer un droit.
D’après l’article 1108 du Code Civil, pour que ce contrat
soit valablement formé, quatre conditions sont
nécessaires.
Il faut tout d’abord que les parties donnent leur
consentement. Il est nécessaire également que ces
parties aient la capacité de contracter. Il faut aussi un
objet certain. Et enfin une cause licite.
Nous nous pencherons sur la première de ces conditions :
Le Consentement.
L’article 1109 du Code Civil énonce « qu’il n’y a point de
consentement valable si le consentement n’a été donné
que par erreur ou s’il a été extorqué par violence ou
surpris par dol. ».
L’erreur est un vice du consentement qui consiste en une
représentation inexacte de la réalité ; on croit vrai de ce
qui est faux et faux ce qui est vrai.
Quant au dol, il s’agit d’un ensemble de tromperies
kdestinées à induire le contractant en erreur afin de le
pousser à contracter.

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