Université de Marne la Vallée Licence L2.
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1er semestre 2009/2010 Algèbre
TD 4 : Espaces Euclidiens
Exercice 1. Soient 𝑎 et 𝑏 deux réels, 𝑢 et 𝑣 deux vecteurs de ℝ2 , de coordonnées (𝑥, 𝑦) et
(𝑥′ , 𝑦 ′ ), et 𝐵 l’application sur ℝ2 × ℝ2 définie par
𝐵(𝑢, 𝑣) = 𝑥𝑥′ + 2𝑥𝑦 ′ + 𝑎𝑥′ 𝑦 + 𝑏𝑦𝑦 ′ .
1. A quelles conditions sur (𝑎, 𝑏), 𝐵 définit-elle un produit scalaire sur ℝ2 .
2. Préciser, pour 𝑎 = 2 et 𝑏 = 5, la norme définie par 𝐵.
3. Ecrire l’inégalité de Cauchy-Schwarz pour cette norme.
Exercice 2. On se place dans ℝ4 muni du produit scalaire euclidien.
1. Déterminer une base orthogonale du sous-espace vectoriel 𝐸 engendré par 𝑢1 = (1, 0, 0, −1)
et 𝑢2 = (−1, −1, 1, 1). En déduire une base orthonormale de 𝐸.
2. Déterminer le sous-espace vectoriel orthogonal de 𝐸, noté 𝐸 ⊥ . En déduire une base or-
thonormale de 𝐸 ⊥ .
3. Donner une base orthonormale de ℝ4 autre que la base canonique.
4. Quelles sont les coordonnées de 𝑢 = (1, 2, −1, −2) dans cette base.
5. Décomposer 𝑢 en la somme d’un élement de 𝐸 et d’un élement de 𝐸 ⊥ . Vérifier le théorème
de Pythagore.
Exercice 3. Soient 𝐸 = ℝ𝑛 , muni du produit scalaire usuel, et 𝐹 un sous-espace vectoriel de
𝐸 de dimension 𝑝 < 𝑛.
1. Montrer que pour tout 𝑥 ∈ 𝐸, il existe un unique élément 𝑦 ∈ 𝐹 tel que 𝑦 − 𝑥 ∈ 𝐹 ⊥ . On
note alors 𝑦 = 𝑃𝐹 (𝑥) (𝑦 est le projeté orthogonal de 𝑥 sur 𝐹 ).
2. Montrer que
∀𝑥 ∈ 𝐸, ∀𝑧 ∈ 𝐹, ∥𝑥 − 𝑧∥ ≥ ∥𝑥 − 𝑃𝐹 (𝑥)∥ .
3. Dans ℝ3 , on considère le vecteur 𝑏 = (𝑏1 , 𝑏2 , 𝑏3 ) et le plan 𝑄 défini par
𝑄 = 𝑥 ∈ ℝ3 , < 𝑥, 𝑏 >= 𝑏1 𝑥1 + 𝑏2 𝑥2 + 𝑏3 𝑥3 = 0 .
{ }
Décrire 𝑄⊥ et en déduire la distance entre un point 𝑎 de ℝ3 et 𝑄.
4. Soit (𝑒1 , 𝑒2 , ......., 𝑒𝑝 ) une base orthogonale de 𝐹, montrer que
𝑝
∑ < 𝑥, 𝑒𝑖 >
∀𝑥 ∈ 𝐸, 𝑃𝐹 (𝑥) = 𝑒𝑖
< 𝑒𝑖 , 𝑒𝑖 >
𝑖=1
1
Exercice 4. Soient 𝐸 = ℝ3 , et
⎛ ⎞ ⎛ ⎞ ⎛ ⎞
1 1 1
𝑢 = ⎝ 1 ⎠, 𝑣 = ⎝ 1 ⎠, 𝑤 = ⎝ 0 ⎠.
1 0 0
Vérifier que {𝑢, 𝑣, 𝑤} est une base de ℝ3 , puis trouver par le procédé de Gram-Schmidt une base
orthonormée de ℝ3 .
Exercice 5. Soient 𝐸 = ℝ𝑛 , muni du produit scalaire usuel, et (𝑒1 , 𝑒2 , ....., 𝑒𝑝 ) une famille
orthonormale de vecteurs de 𝐸. On considère une application 𝑓 de 𝐸 dans 𝐸 vérifiant
𝑓 (0) = 0 et ∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , ∥𝑓 (𝑦) − 𝑓 (𝑥)∥ = ∥𝑦 − 𝑥∥ .
1. Démontrer que ∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , < 𝑓 (𝑥), 𝑓 (𝑦) > = < 𝑥, 𝑦 >.
2. Démontrer que la famille (𝑓 (𝑒1 ), 𝑓 (𝑒2 ), ....., 𝑓 (𝑒𝑝 )) est orthonormale.
3. En déduire que l’application 𝑓 est linéaire.
Exercice 6. Soit 𝐸 l’espace vectoriel des polynômes à coefficients réels, de degré ≤ 2, muni du
produit scalaire ∫ 1
< 𝑃, 𝑄 > = 𝑃 (𝑥)𝑄(𝑥)𝑑𝑥.
0
Soit F le sous-espace formé des polynômes de degré inférieur à 1 et 𝑅(𝑥) = 𝑥2 .
1. Vérifier que < 𝑃, 𝑄 > est bien un produit scalaire.
2. Déterminer 𝑎 et 𝑏 de telle sorte que le polynôme 𝑥2 − 𝑎𝑥 − 𝑏 soit orthogonal à chacun des
polynômes 1 et 𝑥.
3. Trouver le polynôme 𝑆 ∈ 𝐹 le plus proche de 𝑅.
Exercice 7. Soit 𝐸 l’espace vectoriel des polynômes à coefficients réels, de degré ≤ 2, muni du
produit scalaire ∫ 1
< 𝑃, 𝑄 > = 𝑃 (𝑥)𝑄(𝑥)𝑑𝑥.
−1
Trouver le polynôme 𝑃 ∈ 𝐸 tel que
∫ 1 ∫ 1
2
∣cos(𝑥) − 𝑃 (𝑥)∣ 𝑑𝑥 = inf ∣cos(𝑥) − 𝑄(𝑥)∣2 𝑑𝑥.
−1 𝑄∈𝐸 −1
Exercice 8. Soit 𝐸𝑛 l’espace vectoriel des polynômes à coefficients réels, de degré ≤ n, muni
du produit scalaire ∫ 1
< 𝑃, 𝑄 > = 𝑃 (𝑥)𝑄(𝑥)𝑑𝑥.
−1
1. A partir de la base {1, 𝑋, 𝑋 2 }, construire une base orthonormale de 𝐸2 .
2. Montrer qu’il existe une unique suite de polynômes 𝑃𝑛 tel que
∙ Degré(𝑃𝑛 ) = 𝑛.
∙ Si 𝑛 ∕= 𝑚, < 𝑃𝑛 , 𝑃𝑚 >= 0.
∙ ∥𝑃𝑛 ∥ = 1.
2
3. On pose 𝑓 (𝑥) = (𝑥2 − 1)𝑛 , et 𝑄𝑝 (𝑥) est la dérivée 𝑝-ième de 𝑓 .
(a) Quel est le degré de 𝑄𝑛 ?
(b) Pour 𝑝 < 𝑛, que vaut 𝑄𝑝 (−1) et 𝑄𝑝 (1)?
(c) Pour 𝑝 < 𝑛, calculer < 𝑄𝑝 , 𝑄𝑛 >.
(d) En déduire que, pour tout 𝑛, 𝑃𝑛 = 𝛼𝑛 𝑄𝑛 , où 𝛼𝑛 est une constante dépendant de 𝑛.
(e) Montrer que √
1
𝑛+ 2
𝛼𝑛 = .
2𝑛 𝑛!
Exercice 9. Soit 𝐸 = ℳ𝑛 (ℝ), l’espace vectoriel des matrices carrées d’ordre 𝑛 (𝑛 ≥ 2) à
coefficients réels et Φ l’application de 𝐸 × 𝐸 dans ℝ définie par :
Φ(𝐴, 𝐵) = 𝑇 𝑟(𝐴 𝑡𝐵)
1. Montrer que Φ est un produit scalaire.
2. Déterminer 𝐻 ⊥ dans les cas suivants :
i) 𝐻 est l’ensemble des matrices diagonales.
ii) 𝐻 est l’ensemble des matrices triangulaires inférieures.
Exercice 10. Soit 𝐸 = ℝ3 . Trouver les matrices de
1. La rotation d’angle 2𝜋/3 autour du vecteur (1, 1, 1)
2. La symétrie orthogonale par rapport au plan d’équation 𝑥 + 𝑦 − 𝑧 = 0.
Exercice 11. Soit 𝐸 = ℝ3 , et
⎛ ⎞ ⎛ ⎞ ⎛ ⎞ ⎛ ⎞
0 0 1 2 2 1 1 2 2 1 0 0
1 1
𝐴=⎝ 1 0 0 ⎠ , 𝐵 = ⎝ −2 1 2 ⎠ , 𝐶 = ⎝ 2 1 −2 ⎠ , 𝐷 = ⎝ 0 0 −1 ⎠ .
3 3
0 1 0 1 −2 2 2 −2 1 0 −1 0
Montrer que ce sont des matrices d’isométries vectorielles, en précisant leurs natures.
Exercice 12. Soient 𝐸 = ℝ𝑛 (𝑛 ≥ 2), muni du produit scalaire usuel, et 𝐴 une matrice carrée
réelle de vecteurs colonnes 𝑋1 , 𝑋2 , ..., 𝑋𝑛 .
1. Montrer que ∣ det 𝐴∣ ≤ ∥𝑋1 ∥ ∥𝑋2 ∥ . . . ∥𝑋𝑛 ∥.
2. Montrer que, dans le cas où aucun des 𝑋𝑖 n’est nul, il y a égalité si et seulement si
(𝑋1 , 𝑋2 , ...., 𝑋𝑛 ) est une base orthogonale de 𝐸.
3. Posons 𝐴 = (𝑎𝑖𝑗 )1≤𝑖,𝑗≤𝑛 et 𝑎 = max1≤𝑖,𝑗≤𝑛 ∣𝑎𝑖𝑗 ∣. Montrer que
𝑛
∣ det 𝐴∣ ≤ 𝑎𝑛 𝑛 2 .
Exercice 13. Soit 𝐸 un espace vectoriel sur ℝ de dimension finie muni d’une norme.
1. Montrer que si la norme est euclidienne, alors on a l’identité du parallélogramme suivante
∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , ∥𝑥 + 𝑦∥2 + ∥𝑥 − 𝑦∥2 = 2 ∥𝑥∥2 + ∥𝑦∥2 .
( )
3
2. On suppose maintenant que la norme satisfait l’identité du parallélogramme. Soit 𝑏 l’application
de 𝐸 × 𝐸 dans ℝ vérifiant
1[
∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , ∥𝑥 + 𝑦∥2 − ∥𝑥∥2 − ∥𝑦∥2 .
]
𝑏(𝑥, 𝑦) =
2
On va établir que 𝑏 est un produit scalaire.
(a) Montrer que 𝑏 est symétrique. et que
2 2
𝑥+𝑦 𝑥−𝑦
∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , 𝑏(𝑥, 𝑦) = − .
2 2
(b) Montrer que, ∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , 𝑏(2𝑥, 𝑦) = 2𝑏(𝑥, 𝑦).
(c) Montrer que, ∀(𝑥, 𝑦, 𝑧) ∈ 𝐸 3 , 𝑏(𝑥 + 𝑦, 𝑧) = 𝑏(𝑥, 𝑧) + 𝑏(𝑦, 𝑧).
(d) Montrer, en examinant successivement les cas 𝜆 ∈ ℕ, 𝜆 ∈ ℤ, 𝜆 ∈ ℚ et 𝜆 ∈ ℝ que
∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , ∀𝜆 ∈ ℝ, 𝑏(𝜆𝑥, 𝑦) = 𝜆𝑏(𝑥, 𝑦).
Conclure.