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Le document traite des mutilations génitales féminines (MGF), définies comme des interventions non médicales sur les organes génitaux féminins, et présente leur classification par l'OMS. Il explore les raisons culturelles, sociales et religieuses qui perpétuent ces pratiques, ainsi que leurs conséquences sur la santé et les droits humains des femmes. Malgré les efforts pour les éliminer, les MGF demeurent répandues, avec des millions de femmes et de filles affectées dans le monde.

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Le document traite des mutilations génitales féminines (MGF), définies comme des interventions non médicales sur les organes génitaux féminins, et présente leur classification par l'OMS. Il explore les raisons culturelles, sociales et religieuses qui perpétuent ces pratiques, ainsi que leurs conséquences sur la santé et les droits humains des femmes. Malgré les efforts pour les éliminer, les MGF demeurent répandues, avec des millions de femmes et de filles affectées dans le monde.

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1

CHAPITRE PREMIER : CADRE THÉORIQUE SUR LA LUTTE CONTRE LES


MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES

Section 1. Généralités sur les mutilations génitales féminines

Paragraphe 1. Définition

Les mutilations sexuelles désignent toutes les interventions sur les organes
sexuels féminins et masculins externes qui sont réalisées sans raison médicale. Les
mutilations sexuelles ne sont pas exclusives aux personnes de sexe féminin et peuvent
également être exercées sur des personnes de sexe masculin, bien que la circoncision
masculine ne présente généralement pas de conséquences sur la santé sexuelle et
reproductive, contrairement aux mutilations féminines. Les premières approches de ce
sujet proviennent d’un regard anthropologique et mettent l’accent sur les aspects rituels
des pratiques alors désignées sous le terme de circoncision féminine. L’ONU se saisira
pour la première fois du sujet, en 1958 où ces pratiques seront décrites comme “des
opérations rituelles fondées sur la coutume”.1

Puis c’est grâce à l’influence et au développement des mouvements


féministes, au milieu des années soixante-dix, que le regard sur les MSF change. Les
pratiques sont désormais appréhendées comme une forme de violation des droits humains
et une atteinte grave à la santé, et sont qualifiées de “mutilations”. L’OMS définit en
1997les mutilations sexuelles féminines comme “toutes les interventions aboutissant à
une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme et/ou toutes
autres lésions des organes génitaux féminins pratiquées à des fins non thérapeutiques”.2.

2. Typologie des mutilations génitales féminines


1
: CNDA Grande formation 5 décembre 2019 Mme N. Mmes S. n°s 19008524-19008522-19008521- page
5
2
: idem
2

L'Organisation Mondiale de la Santé propose en 1997 une première


classification fondée sur quatre types de pratiques selon les atteintes physiques subies au
moment de la mutilation. Cette classification est revue par l’OMS et modifiée en 2008,
permettant de catégoriser les mutilations sexuelles féminines de la façon suivante :

_ Ablation partielle ou totale du gland clitoridien (clitoris). Également appelé la


clitoridectomie.

_ Ablation partielle ou totale du gland clitoridien et des petites lèvres, avec ou sans
excision des grandes lèvres. Correspond à ce que l’on appelle plus communément
l’excision.

_ Rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, réalisé en sectionnant et en


repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, avec ou sans ablation du gland
clitoridien type I. Cette fermeture quasi complète de l’orifice vaginal est également
nommée infibulation.

_ Toutes les autres interventions néfastes pratiquées sur les organes génitaux féminins à
des fins non médicales, telles que percer, piquer, inciser, scarifier, cautériser les organes
génitaux.

3. Les raisons de mutilations génitales sexuelles

Les raisons pour lesquelles les mutilations sexuelles féminines sont


pratiquées varient d’une région à l’autre, d’une communauté à l’autre, selon des facteurs
socio culturels propres à chaque groupe. Les raisons les plus fréquemment citées sont les
suivantes :

_ La perpétuation des coutumes et traditions :


3

Dans la plupart des sociétés les pratiquant, les mutilations sexuelles


féminines sont considérées comme une tradition culturelle, comme une pratique
ancestrale qui se perpétue de générations en générations. Elles persistent en particulier là
où les normes patriarcales sont solides et où les chefs traditionnels jouent un rôle central
dans la prise de décisions.

Mais les hommes ne sont pas les seuls à entretenir cette spirale. Il n’est pas
rare d’apprendre que les exciseuses sont les mères, les grands-mères et les tantes des
victimes, ce sont des femmes qui elles-mêmes ont été mutilées. La persistance de ces
pratiques relève du fait qu’elles sont issues principalement de traditions et de cultures
dans lesquelles le cercle familial joue un rôle crucial. Dans les communautés où elles sont
pratiquées, les MSF sont comme nécessaires, elles sont ancrées dans les générations
passées et doivent perdurer dans les générations futures3.

_ La norme sociale :

Dans la majorité des pays pratiquant les MSF, celles-ci relèvent également
d’une convention, d’une norme sociale. “Il est important de noter que dans la majorité
des société africaines, le groupe prime sur l’individu”. 4

La pression sociale incite à se conformer aux autres, pour ne pas être exclu
du groupe. La reconnaissance sociale constitue une forte motivation pour perpétuer la
pratique des MSF. Lorsque la pratique est très répandue, celle-ci peut être plus rarement
et difficilement contestée. L’opposition à cette pratique considérée comme norme sociale
peut entraîner un rejet par la communauté. Cette crainte peut être un frein à l'élimination
de cette pratique.

_ Les croyances religieuses :

3
Les justificatifs des mutilations en Afrique disponible dans le site internet https www. Wikipédia org
consulté le 7 août 2025 à 10 h
4
idem
4

Bien qu'aucun texte religieux ne prescrive cette intervention, nombreux sont


ceux qui pensent que subir une mutilation est un devoir religieux. L’origine des MSF est
relativement méconnue des chercheurs et il est difficile de dater précisément leur
apparition. Mais les recherches anthropologiques et en sciences sociales laissent à penser
qu’elles seraient nées dans l’Egypte ancienne. “On aurait découvert sur des momies,
femmes des pharaons, des traces d’excision”8. Cette pratique serait purement d’ordre
culturel, contrairement aux croyances sur ses origines religieuses. Les pharaons ayant
existé avant l'apparition des religions “dites révélées”. Les mutilations totales de type III,
sont par ailleurs parfois appelées “pharaoniques”, pouvant ainsi rappeler à leurs origines.5

Les MSF seraient pratiquées par des personnes de toutes croyances


religieuses, telles que les musulmans, les catholiques, les protestants, les coptes, les
animistes et même certains juifs éthiopiens10. Les autorités religieuses adoptent des
positions variables à l'égard des mutilations sexuelles féminines: “certaines les
préconisent, d'autres les considèrent comme étrangères à la religion et d'autres encore
contribuent à leur élimination”. Malgré une croyance populaire que les MSF sont
associées à l’islam, on constate que dans plusieurs pays musulmans du Moyen Orient et
du Maghreb, les mutilations ne sont pas pratiquées.

Le Coran ne mentionnerait pas l’excision ; alors qu’il “interdit toute


intervention nuisible àla santé”. 6

De plus, ces motifs religieux qui justifieraient les MSF dans certaines
communautés ,peuvent particulièrement impacter l’identité de la demandeuse d’asile
fuyant des mutilations, parfois tiraillée entre ses propres croyances personnelles, ses
représentations et l’interprétation de sa religion. Madame C, demandeuse d’asile de

5
ibidem
6
Les mutilations génitales féminines. Armelle Andro, Marie Lesclingand - Dans Population 2016/2 (Vol.
71), pages 224 à 311)
5

confession musulmane, avec laquelle je me suis entretenue dans le cadre de cette enquête,
illustre mes propos :

“Ce qui me fait le plus mal, c’est que c’est écrit nulle part dans le Coran,
c’est même interdit. Je me suis renseignée. J’ai même demandé à un Imam. Il faut
changer la manière de voir les choses en Afrique”.

_ L’éducation, le mariage et l’intérêt financier :

Les mutilations sexuelles féminines sont souvent considérées comme


faisant partie de la nécessaire éducation d'une jeune fille, de son passage à l'âge adulte et
de sa préparation au mariage.

Dans de nombreuses communautés, une jeune fille non mutilée sera


nettement plus difficile à marier qu’une jeune fille déjà mutilée. Les MSF sont associées
à des idéaux culturels de féminité et d'esthétisme selon lesquels les jeunes filles sont
“propres” et “belles” après l’ablation de parties de leur anatomie considérées comme une
imperfection, comme malpropres voire masculines. “Le sexe féminin [...] considéré
comme une sorte de version sous-développée ou imparfaite du sexe masculin” 7

Une jeune fille mutilée est considérée comme “pure”. C’est ainsi que les
MSF favorisent le mariage et notamment le mariage forcé. La pauvreté est un autre
facteur déterminant. Les familles incapables de payer les frais de scolarité de leur fille,
d’acheter à manger ou de couvrir d’autres dépenses élémentaires voient dans le mariage
de celle-ci une garantie pour leur sécurité. La dot que les familles reçoivent en échange
de leur fille (bétail, argent ou autres objets de valeur) est aussi un moyen d’atténuer la
pauvreté. Dans tous les cas, les filles doivent subir des MSF pour se préparer au mariage.

_ Le contrôle de la sexualité féminine :

7
idem
6

Les MSF favorisent le rapport de force et de domination entre le sexe


féminin et masculin. Elles sont souvent motivées par des croyances relatives à ce qui est
considéré comme un“ comportement sexuel approprié”. Les MSF visent généralement à
réduire la libido et le désir féminin, en assurant la virginité des jeunes filles avant leur
mariage, et leur fidélité après. Ainsi, les partisans pensent que les MSF sont utiles pour
aider les femmes à résister aux actes sexuels. Madame C l’explique comme cela : “Tout
le monde fait selon ses traditions. Chez nous, on dit que c’est pour ne pas que la femme
couche avec beaucoup d’hommes. Pour ne pas qu’elle ait des envies. Sinon, on dit qu’elle
est prostituée.”

_ La procréation :

Le centre de documentation du Commissariat général aux réfugiés et aux


apatrides de Belgique (l’équivalent de l’OFPRA en France) évoque, en prenant l’exemple
du Nigéria, des convictions en faveur des MSF comme l’amélioration de la fécondité et
de la fertilité ,l’amélioration de l’hygiène et la facilitation des naissances ou encore la
prévention de la mortalité néonatale.

Quelles que soient les raisons amenant les familles à pratiquer des
mutilations sur les filles ,un certain nombre d’entre elles décident de fuir leur pays
d’origine pour demander l’asile dans un pays pouvant les protéger de telles pratiques.

Paragraphe 4. Caractéristiques des MGF

Les Mutilations Génitales Féminines (MGF) se caractérisent par l'ablation


partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des
organes génitaux féminins réalisée pour des raisons non médicales.1 Cette intervention
est le plus souvent pratiquée par des praticien(ne)s traditionnels2 sur des filles entre
l'enfance et l'âge de 15 ans. Dans de nombreuses cultures, les MGF sont considérées
comme une condition préalable au mariage, mais aussi perçues comme un moyen
efficace de contrôler la sexualité des femmes et des filles.
7

Les MGF constituent un risque pour la santé reproductive de même qu'une


violation des droits humains dont les conséquences à court et à long terme sur la vie des
femmes et des filles sont dévastatrices. Ces conséquences revêtent la forme de douleur,
de choc, d'infections et de complications durant l'accouchement (tant pour la mère que
pour l'enfant), de problèmes gynécologiques à long terme (par exemple, la fistule), de
conséquences psychologiques et de décès. Les MGF sont pratiquées dans de nombreux
contextes culturels, avec d'importantes différences en termes d'âge auquel pratiquée,
d'étendue de la pratique, d'environnement dans lequel l'intervention a lieu et de rites
associés à celle-ci.

Bien que les chiffres réels demeurent inconnus (principalement en raison du


manque de données fiables sur les filles de moins de 15 ans), on estime à au moins 200
millions le nombre de filles et de femmes ayant subi des MGF dans le monde.3 En dépit
des nombreux efforts déployés à l'échelle mondiale et nationale visant à leur élimination,
les MGF restent répandues dans de nombreuses régions du monde et les progrès actuels
ne parviennent pas à suivre le rythme de la croissance démographique. Ainsi, si les
tendances actuelles se poursuivent, le nombre de femmes et de filles victimes de MGF
augmentera considérablement au cours des 15 années à venir. 8

1. Prévalence des mutilations génitales féminines en Afrique

Il est possible d'obtenir des données sur les MGF représentatives au niveau
national auprès de deux sources principales : les enquêtes démographiques et de santé
(EDS) et les enquêtes en grappes à indicateurs multiples (MICS). Ces enquêtes
définissent la prévalence des mutilations comme « le pourcentage de filles et de femmes
en âge de procréer (entre 15 et 49 ans) ayant subi des MGF sous une forme ou une autre
».5 Les données relatives à la prévalence des mutilations6révèlent une importante
variation d'un pays à l'autre. La Figure 1 donne un aperçu des données les plus récentes

8
Données mises à jour par l’UNICEF en 2020, contrairement au taux estimé à 98% en 2014 sur l’annexe
1,soit une augmentation de 1%.
8

sur la prévalence des MGF (chez les filles et les femmes âgées de 15 à 49 ans) dans les
neuf pays considérés par la présente analyse.

La définition la plus généralement utilisée de la prévalence des MGF (à


savoir, le pourcentage de filles et de femmes en âge de procréer [entre 15 et 49 ans]
ayant subi des MGF sous une forme ou une autre) ne permet pas d'en saisir les évolutions
récentes. Par conséquent, afin de mesurer cette prévalence, l'UNFPA préfère utiliser les
filles âgées de 15 à 19 ans en tant qu'indicateur.

Quant aux indicateurs mesurant la prévalence chez les filles de moins de 15


ans, ils reflètent uniquement le statut actuel de ces filles et peuvent donc se traduire par
une sous-évaluation de la prévalence actuelle des MGF dans la mesure où ces filles
risquent toujours d'être soumises à cette pratique. De plus, l'indicateur considérant le
groupe d'âges 15–19 ans est celui qui se rapproche le plus de l'incidence des MGF (c'est-
à-dire, les nouveaux cas de MGF) et se concentre sur les filles excisées le plus
récemment. Qui plus est, la disponibilité de données est une autre raison d'utiliser le
groupe d'âges 15–19 ans puisque toutes les enquêtes auprès des ménages permettent de
calculer la prévalence des MGF parmi ce groupe d'âges. 9

L'UNFPA a classé les pays en trois catégories en fonction du pourcentage


de filles âgées entre 15 et 19 ans ayant subi quelconque forme de MGF : pays à forte
prévalence (taux national de prévalence supérieur à 60 %), pays à prévalence moyenne
(taux national de prévalence compris entre 20 % et 60 %) et pays à faible prévalence
(taux national de prévalence inférieur à 20 %).8Tableau 1 donne une synthèse de cette
catégorisation dans les neuf pays couverts par la présente analyse, ainsi que du taux de
prévalence chez les femmes âgées entre 45 et 49 ans. Les données présentées révèlent une
nette différence du taux de prévalence des MGF entre le groupe le plus jeune et le groupe
le plus âgé, et illustrent par là-même les évolutions récentes.

Les mutilations génitales féminines et le droit international des droits humains

9
Source: :GAMSRhône-Alpes Les fleurs coupées - Albertine Pabingui-Gondjé Anthropologue - page 10
9

C'est dans les années 1990 que les Nations Unies ont catégorisé les MGF
comme une forme de violence à l'égard des femmes. Parmi les événements les plus
importants, on peut citer l'adoption de la recommandation générale no 14 relative à
l'excision10 (1990) et la recommandation générale no 19 relative à la violence à l'égard
des femmes11 (1992) par le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des
femmes.

Ce dernier a explicitement inscrit la violence à l'encontre des femmes dans


le champ d'application de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de
discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et, par conséquent, du droit international
des droits de l'homme. Plusieurs agences des Nations Unies ont ensuite renforcé cette
convention, à l'instar des déclarations communes sur l'élimination des MGF de 199712 et
2008.13 Ces déclarations articulaient l'engagement commun des agences des Nations
Unies14 à poursuivre leurs travaux en vue de l'élimination des MGF en l'espace d'une
génération.10

B. Engagement mondial en vue de l'élimination des mutilations génitales féminines

En septembre 2015, la communauté internationale s'est accordée sur les


Objectifs de développement durable (ODD) et a adopté le Programme de développement
durable à l'horizon 2030.15 On retrouve d'ailleurs ce consensus mondial sur la nécessité
d'éliminer toutes les formes de MGF dans la cible 5.3 intitulée « Éliminer toutes les
pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et
la mutilation génitale féminine » de l'ODD no 5 : « Parvenir à l'égalité des sexes et
autonomiser toutes les femmes et les filles ».Cet engagement mondial emblématique a
fait suite à plusieurs résolutions, recommandations générales et rapports des Nations
Unies, que nous aborderons plus bas.

En 2012, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution


67/146 sur l'intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales

10
idem
10

féminines,16 réaffirmée par la résolution 69/150 de 201417 puis la résolution 71/168 de


2016.18 Introduite par plusieurs États africains, cette résolution a été adoptée par
consensus. Ban Ki-moon, alors Secrétaire Général des Nations Unies, l'a décrite comme
une résolution « historique » représentant « une étape importante vers un monde libéré de
toute violence à l'égard des femmes ».11

Cette résolution témoigne de l'engagement croissant en faveur de


l'élimination des MGF. Soulignant que cette pratique constituait une violation des droits
humains, elle appelait à la multiplication des efforts mondiaux en vue de son élimination.
En outre, elle exhortait les États à « prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver
les filles et les femmes de ces pratiques, en promulguant et en faisant appliquer une
législation interdisant cette forme de violence, et à mettre fin à l’impunité ».

En 2014, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des


femmes et le Comité des droits de l'enfant ont adopté une Recommandation Générale
conjointe sur les pratiques néfastes.21 Dans ce document, ces deux comités clarifiaient
les obligations des États parties à la et à la Convention relative aux droits de l'enfant en
fournissant « une orientation faisant autorité quant à la législation, aux politiques et aux
autres mesures appropriées qu’ils doivent prendre pour s’acquitter pleinement des
obligations que leur imposent les deux Conventions d’éliminer les pratiques
préjudiciables ».

En mars 2015, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de


l’homme a publié un rapport intitulé Prévention et élimination de la mutilation génitale
féminine : pratiques exemplaires et principales difficultés,23 qui soulignait lui aussi que «
les États ont l’obligation de respecter, protéger et réaliser le droit des femmes et des filles
de ne pas être soumises » aux mutilations génitales féminines.12

En juillet 2016, c'est au tour du Conseil des droits de l'homme (CDH) des
Nations Unies d'adopter une résolution sur l'élimination des mutilations génitales
11
Ibidem
12
RITA EL KAYAT OP. Cit p. 205
11

féminines.25 Dans cette résolution, le CDH assimilait les mutilations à un acte de


violence à l'égard des femmes et des filles et exhortait les États à promulguer des lois
nationales interdisant les MGF, en conformité avec le droit international des droits de
l'homme, et à prendre des mesures pour en garantir la stricte application. 13

Plus récemment, en juillet 2017, le Comité pour l'élimination de la


discrimination à l'égard des femmes a adopté la recommandation générale no 35 relative
à la violence à l'égard des femmes, qui mettait à jour la recommandation générale no 19
de 1992. Dans cette recommandation générale, le Comité expliquait que la prohibition
des violences sexistes à l'encontre des femmes était devenue une norme du droit
coutumier international. De plus, il fournissait aux États parties des directives
supplémentaires visant à accélérer l'élimination des violences sexistes à l'égard des
femmes.27 Il leur recommandait ainsi de veiller à ce que toutes les formes de violence
sexiste à l'égard des femmes soient criminalisées et à introduire des sanctions juridiques
et des recours civils ou à les renforcer. 14

C. Engagement africain en vue de l'élimination des mutilations génitales féminines

Depuis de nombreuses années déjà, l'Union africaine (UA) déploie des


efforts visant à éliminer les MGF. En 1990, la Charte Africaine des droits et du bien-être
de l'enfant a été adoptée. Ce traité appelle les États à « prendre toutes les mesures
appropriées pour abolir les coutumes et les pratiques négatives, culturelles et sociales qui
sont au détriment du bien-être, de la dignité, de la croissance et du développement normal
de l’enfant ».29 En 2003, l'Assemblée de l'UA a adopté le Protocole à la Charte africaine
des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique (Protocole
de Maputo). Ce protocole est le seul instrument juridiquement contraignant relatif aux
droits de l'homme et applicable en Afrique qui mentionne explicitement les MGF. Son
article 5, « Élimination des pratiques néfastes », oblige les États parties à prendre toutes

13
idem
14
ibidem
12

les mesures nécessaires, de nature législative ou autre, en vue de garantir l'élimination des
MGF.

On retrouve également cet engagement en faveur de l'élimination des MGF


dans le Programme Conjoint UNFPA-UNICEF sur les mutilations génitales
féminines/excision : Accélérer le changement (le Programme Conjoint), lancé en 2008.
Aujourd'hui, le Programme Conjoint apporte son appui à 17 pays30 dans l'objectif
d'accélérer l'abandon des MGF et d'en traiter les conséquences en fournissant des soins.
Dans le cadre de partenariats avec les autorités nationales, la société civile, les chefs
religieux, les jeunes, les professionnels de santé, les communautés et les autres
principales parties prenantes, le Programme Conjoint vise à soutenir et accélérer les
efforts déjà déployés à l'échelle nationale et régionale. Ce Programme Conjoint adopte
une approche sensible aux particularités culturelles et fondée sur les droits humains, et
exploite les dynamiques sociales de manière stratégique en vue de l'abandon des MGF.
L'un des domaines d'action du Programme Conjoint consiste à établir un environnement
politique et institutionnel propice à l'élimination des MGF,31y compris en soutenant
l'élaboration et la mise en application de lois, de politiques, de stratégies nationales
chiffrées et de lignes budgétaires relatives aux MGF.

Mise en œuvre à l'échelle nationale

Les États sont exhortés à interdire les MGF en promulguant puis en


appliquant véritablement des lois nationales qui prévoient entre autres d'engager des
poursuites contre les auteurs de MGF. Afin de garantir l'application efficace de ces lois,
les États sont priés d'établir un mécanisme national concret de mise en œuvre et de suivi
de la législation, de l'application des lois et des politiques nationales, mais aussi des
mécanismes de responsabilité appropriés au niveau national et local afin de vérifier
l'alignement sur ces cadres juridiques et leur mise en application. De plus, les États
doivent allouer des ressources suffisantes à la mise en œuvre des cadres législatifs visant
à éliminer les MGF. En fin de compte, c'est à l'échelle nationale que le défi doit être
13

relevé en veillant à ce que les normes des droits humains soient traduites en véritables
actions et en apportant des changements positifs aux femmes et aux filles exposées au
risque des MGF.

Depuis les années 1990, un grand nombre de pays ont promulgué des lois et
adopté des politiques visant à lutter contre les MGF. En Afrique de l'Ouest, de nombreux
pays ont élaboré et commencé à mettre en œuvre des mesures et des réformes juridiques
visant à prohiber ces pratiques. Plus récemment, en 2015, les gouvernements de la
Gambie et du Nigéria ont adopté des lois criminalisant les MGF. Qui plus est, un nombre
croissant de pays introduit et finance une ligne budgétaire nationale consacrée à la mise
en œuvre des politiques et des lois relatives aux MGF. Toutefois, on observe
d'importantes variations en ce qui concerne l'efficacité de la mise en œuvre et de
l'application de ces lois visant à lutter contre les MGF. En s'appuyant sur la
documentation et les études existantes dans ce domaine,32 ce rapport présentera et
analysera le cadre juridique relatif aux MGF de neuf pays d'Afrique de l'Ouest puis, à
travers une étude de cas, dégagera les éléments clés d'un cadre juridique robuste et de sa
mise en œuvre efficace.

Dans le monde entier, les Mutilations Génitales Féminines constituent une


pratique néfaste aujourd'hui reconnue comme une violation des droits humains et des
libertés fondamentales des filles et des femmes. La campagne internationale visant à
l'élimination de ces pratiques a adopté le cadre des droits humains, reconnaissant que
(même si les parents n'ont pas pour intention de porter préjudice à leurs filles) les MGF
violent plusieurs des droits humains reconnus. En effet, les MGF sont le reflet d'inégalités
profondément enracinées entre les sexes ainsi qu'une forme de discrimination à l'encontre
des femmes et des filles. Étant donné leurs impacts néfastes, les MGF violent le droit au
meilleur état de santé possible, y compris le droit à la santé sexuelle et reproductive. Les
MGF augmentent le risque de mortalité et de morbidité maternelle, mais aussi de
contraction des maladies sexuellement transmissibles, dont le VIH. En outre, elles violent
les droits des filles et des femmes à l'intégrité physique. Comme elles sont presque
14

toujours pratiquées sur des mineures, les MGF constituent également une violation des
droits de l'enfant. Qui plus est, elles violent le droit de ne pas être soumis à des tortures,
ni à des traitements cruels, inhumains ou dégradants. Enfin, lorsque ces pratiques
entraînent la mort, elles constituent une violation du droit à la vie.

Ces droits sont codifiés dans plusieurs traités internationaux et régionaux


relatifs aux droits humains, dont les suivants :

○ Pacte international relatif aux droits civils et politiques

○ Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels

○ Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination

à l’égard des femmes (CEDAW)

○ Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (Charte de Banjul)

○ Convention relative aux droits de l'enfant

○ Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant

○ Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif

aux droits de la femme en Afrique (Protocole de Maputo)

○ Charte africaine de la jeunesse

Lorsqu'un État accepte un traité par voie de ratification, d'adhésion ou de


succession, il accepte d'être lié par les dispositions juridiquement contraignantes de ce
traité, notamment les obligations de respecter, de protéger et de réaliser les droits qu'il
définit. Par conséquent, les gouvernements ont le devoir de veiller à ce que, sur leur
territoire, les filles et les femmes puissent exercer les droits humains définis dans le traité
auquel leur pays est partie. Par exemple, l'article 5 du Protocole de Maputo prévoit que :
15

Les États interdisent et condamnent toutes les formes de pratiques néfastes


qui affectent négativement les droits humains des femmes et qui sont contraires aux
normes internationales. Les États prennent toutes les mesures législatives et autres
mesures afin d’éliminer ces pratiques notamment interdire par des mesures législatives
assorties de sanctions, toutes formes de mutilation génitale féminine, la scarification, la
médicalisation et la para médicalisation des mutilations génitales féminines et toutes les
autres pratiques néfastes.15

En d'autres mots, tous les États ayant signé et ratifié des traités relatifs aux
droits humains portant sur l'élimination des MGF sont obligés de prendre des mesures
pour prévenir et éliminer ces pratiques, notamment des mesures législatives visant à les
interdire.42 En outre, les gouvernements peuvent être tenus responsables s'ils manquent
d'agir en faveur de l'interdiction des MGF en prenant des mesures législatives ou autres
visant à les éliminer.16

Section 2. Fondements juridiques de l'interdiction des mitulations génitales


féminines

Paragraphe 1. Les instruments juridiques internationaux

A. La déclaration universelle des droits de l'homme

La DUDH a été adoptée le 10 décembre 1948 par l’Organisation des


Nations, unies juste après la création de celle-ci, en réaction aux « actes de barbarie qui
[ont révolté] la conscience de l’humanité » pendant la Seconde Guerre mondiale. Son
adoption reconnaît les droits humains comme la base de la liberté, de la justice et de la
paix. 17

15
Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides, Les mutilations génitales féminines - 13 mai 2019

Rapport de mission du 25 novembre au 7 décembre 2019 OFPRA – CNDA, Côte d’Ivoire


16

La déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948 disponible dans le site internet
17

www HTTPS : // www académie de police. Bf, consulté le 9 août 2025 à 19 h


16

Le travail sur la DUDH a commencé en 1946, lorsqu’un Comité de


rédaction composé de représentants de plusieurs pays, dont les États-Unis, le Liban et la
Chine, a été créé. Le Comité de rédaction a ensuite été élargi pour intégrer des
représentants de l’Australie, du Chili, de la France, de l’Union soviétique et du Royaume-
Uni, afin que le document soit rédigé avec la contribution de pays de toutes les régions du
monde et intègre leurs diverses spécificités religieuses, politiques et culturelles. La
DUDH a ensuite été examinée par tous les membres de la Commission des droits de
l’homme et a enfin été adoptée par l’Assemblée générale en 1948. 18

La DUDH définit 30 droits et libertés inhérents à tous les humains et dont


personne ne peut les priver. Aujourd’hui encore, ces droits constituent la base de
l’ensemble du droit international en matière de droits humains. La DUDH reste un
document vivant. C’est le document le plus traduit au monde.

L’héritage de la DUDH nous incite à passer à l’offensive. Il nous


commande de résister aux attaques mondiales, transnationales et locales contre les droits.
Mais il nous indique aussi que cela ne suffira pas. Il nous enjoint de déstabiliser
l’édification d’ordres mondiaux qui reproduisent des injustices et privilèges historiques,
violent les droits et musellent les défenseurs et de transformer la gouvernance mondiale
en la repensant, en innovant, et en prenant les rênes.

Nous pouvons, nous devons construire des systèmes, institutions et organes


dirigeants audacieux et visionnaires, capables de protéger notre planète pour les
générations futures et contre tout ce qui nous assiège.

La DUDH est document historique. Pour la première fois, le monde a


adopté un document en vertu duquel tous les humains sont libres et égaux,
indépendamment de leur genre, de la couleur de leur peau, de leurs croyances, de leur
religion ou de toute autre caractéristique.

18
idem
17

Les 30 droits et libertés énoncés dans la DUDH comprennent le droit de ne


pas être soumis à la torture, le droit à la liberté d’expression, le droit à l’éducation et le
droit de solliciter asile. Elle prévoit des droits civils et politiques, comme le droit à la vie,
le droit à la liberté et le droit à la vie privée, ainsi des droits économiques, sociaux et
culturels, comme le droit à la sécurité sociale, à la santé et à un logement convenable. 19

B. Pacte international relatif aux droits civils et politiques

Le Pacte précise les droits et libertés civils et politiques énumérés dans la


Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. 20

En vertu de l’article 1 du Pacte, les Etats prennent l’engagement de


promouvoir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de respecter ce droit. L’article
1 reconnaît aussi à tous les peuples le droit de posséder et de vendre leurs richesses et
ressources naturelles, c’est-à-dire d’en disposer librement. 21

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) a été


adopté à New York le 16 décembre 1966 par l'Assemblée générale des Nations unies
dans sa résolution 2200 A (XXI). Il comprend les droits et libertés classiques qui
protègent les particuliers contre les ingérences de l’État, comme le droit à la vie,
l’interdiction de la torture, de l’esclavage et du travail forcé, le droit à la liberté, etc.22

Le Pacte est complété par deux protocoles : le 1er daté du 16 décembre


1966, et le 2e, interdisant la peine de mort, en date du 15 décembre 1989. 23

Le Pacte II de l’ONU est entré en vigueur après la ratification par 35 États


le 23 mars 1976. Il est en principe applicable directement par les juridictions des États
signataires.

19
ibidem
20
ibidem
21
Préambule du pacte international relatif aux droits civils et politiques)
22
Voir le pacte international relatif aux droits civils et politiques dans son article 1 )
23
Présentation du pacte international relatif aux droits civils et politiques, pacte 2 ONU, Humanright. Ch )
18

Le Pacte institue le Comité des droits de l'homme. Il est composé de dix-


huit experts indépendants qui se réunissent trois fois par an pour étudier les rapports des
États parties et formuler des recommandations sur la mise en œuvre du pacte, sous forme
d'"observations générales". En cas d'état d'urgence, prévu par l'article 4 du PIDCP, il peut
éventuellement formuler des rapports spéciaux. 24

Un protocole facultatif, ratifié par plus de 100 pays, permet à des


particuliers, de déposer des "communications" (plaintes) individuelles au sujet du respect
du Pacte par les États qui ont ratifié ce protocole additionnel. 25

Droits protégés

Article 1 : droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et « à disposer librement de leurs


richesses et de leurs ressources naturelles »

Article 4 : dérogation au cas d'état d'urgence, mais elle ne permet pas sur les articles 6, 7,
8, 11, 15, 16 et 18 et implicitement l'article 14 qui protège l'accès à un juge même s'il
n'est pas cité.

Article 6 : droit à la vie et sur la Convention pour la prévention et la répression du crime


de génocide à la privation de la vie.

Article 7 : interdiction de la torture et des peines ou traitements cruels, inhumains ou


dégradants

Article 8 : interdiction de l'esclavage et des travaux forcés

Article 9 : droit à la liberté et à la sécurité, interdiction de la détention arbitraire

Article 11 : interdiction de la détention à cause de l'obligation du droit civil

Article 14 : égalité devant les tribunaux et les cours de justice. Droit au silence,
présomption d'innocence, non bis in idem et dommage pour l'erreur judiciaire. ( Source :
24
idem
25
ibidem
19

Wikipedia HTTPS : // fr. Pacte international relatif aux droits civils et politiques consulté
le 9 août 2025 à 19 h 10

C. Convention contre la tortue et traitements cruels, inhumain ou dégradant

La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels,


inhumains ou dégradants est un traité de droit international relatif aux droits de l'Homme,
adopté dans le cadre des Nations unies, visant à empêcher la torture, la peine ou
traitement cruel, inhumain ou dégradant partout dans le monde.

Elle définit dans son article premier la torture comme :

« Tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou
mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d’obtenir
d’elle ou d’une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d’un acte
qu’elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d’avoir commis, de
l’intimider ou de faire pression sur elle ou d’intimider ou de faire pression sur une tierce
personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu’elle
soit, lorsqu’une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la
fonction publique ou tout autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou
avec son consentement exprès ou tacite. Ce terme ne s’étend pas à la douleur ou aux
souffrances résultant uniquement de sanctions légitimes, inhérentes à ces sanctions ou
occasionnées par elles. » 26

Cette convention exige des États l'ayant ratifiée qu'ils prennent des mesures
concrètes afin d'empêcher la torture à l'intérieur de leurs frontières et leur interdit de
renvoyer dans leur pays d'origine des personnes qui risqueraient d'y être torturées. Elle a
instauré le Comité de l'ONU contre la torture, chargé de sa mise en œuvre effective, et
auquel tous les États signataires doivent rendre des rapports concernant la prise en
compte du droit international public dans leurs législations nationales.

26
https [Link] la convention sur la torture, les traitements cruels ou dégradants
20

Le texte de cette convention fut adopté par l'Assemblée générale des


Nations unies le 10 décembre 1984[1], et, après avoir été ratifié par un 20e État, il entra
en vigueur le 26 juin 1987. Cette date est maintenant considérée comme la Journée
internationale pour le soutien aux victimes de la torture.

En juin 2024, 174 États ont ratifié ce traité. L'état des ratifications de la
convention peut être consulté sur le site de la Section des traités des Nations unies. 27

Nombre de pays l'ont ratifié en excluant ou modifiant la portée de certaines


dispositions (en droit international, cela s'appelle des « réserves »), ce qui a pour effet que
les États signataires ne sont pas tenus aux mêmes obligations juridiques vis-à-vis de cette
convention.

D. Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des


femmes ( CEDAW 1979 )

La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à


l’égard des femmes (en anglais Convention on the Elimination of All Forms of
Discrimination Against Women, CEDAW) a été adoptée le 18 décembre 1979 par
l’Assemblée générale des Nations unies. Elle est entrée en vigueur le 3 septembre 1981
après avoir été ratifiée par 20 pays.

La précurseure de cette convention est une proclamation de 1967 : la


Déclaration sur l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes.

Cette convention est adoptée dans la lignée de l'Année internationale de la


femme de 1975. La convention est adoptée à l'ONU le 18 décembre 1979 par l'assemblée
générale de l'organisation. 28

Cette convention engage les États signataires ou adhérents à éliminer toute


forme de discrimination envers les femmes, et à favoriser leur plein développement dans
27
idem
28
www https wikipé[Link] la convention sur l'élimination de toutes formes de discrimination à l'égard
des femmes consulté le 9 août 2025 à 19 h 30 )
21

l'ensemble des domaines politiques, économiques, sociaux, culturels et civils. Cela passe
par la modification des lois et la prise de mesures d'éducation et d'incitation auprès du
public.

Plusieurs pays (Suède, Norvège, Canada, Danemark) avaient souhaité que


la Convention porte sur l'ensemble des discriminations sexuelles, à la fois pour une
volonté d'équité, et de façon que certains stéréotypes et clauses ne viennent pas renforcer
des discriminations existantes. Le compromis s'est fait sur une Convention ne concernant
que les discriminations envers les femmes, et le texte ne contient donc par exemple pas
de clause relatives au congé paternité en cas de naissance, pourtant susceptible d'aider à
la lutte contre les discriminations. En contre-partie « les propositions tendant à restreindre
l’emploi des femmes dans des « travaux pénibles » ou « physiquement nuisibles pour
elles » en raison de « leurs particularités physiologiques » ont été rejetées.
Physiologiquement, seules la grossesse et la maternité justifient expressément l’adoption
de mesures spéciales ». 29

Les quatre premières parties de la Convention traitent des champs


d'applications.

La première partie prévoit l'inscription dans la Constitution et dans les lois


du principe d'égalité des droits entre hommes et femmes, la lutte contre les
comportements stéréotypes et les préjugés sexués sur les rôles traditionnels ou sur la
supériorité supposée d'un sexe par rapport à l'autre ; elle prévoit aussi de faire reconnaître
la fonction sociale de la maternité, et de lutter contre toute forme de trafic de femmes et
d’exploitation de la prostitution. ( Source : ibid )

La seconde partie traite des discriminations en termes de droits civiques,


dont le droit à la nationalité des femmes et de leurs enfants, ainsi que des droits à
participer à la vie politique et publique.

29
ibidem
22

La troisième partie porte sur l'éducation, l'emploi, la santé, et l'ensemble de


la vie économique et sociale, avec prise en compte du cas particulier des femmes de
milieux ruraux vivant dans une économie non monétaire.

Sont entre autres abordées « toutes les formes d'enseignement en


encourageant l’éducation mixte et d'autres types d'éducation qui aideront à réaliser cet
objectif et, en particulier, en révisant les livres et programmes scolaires et en adaptant les
méthodes pédagogiques »[4] ; l'accès égal aux bourses d'études pour les filles, la
protection spéciale de la maternité n’étant pas considérée comme une discrimination
(Article 4) ; et encore le droit au travail et l'octroi de congés de maternité payés ou
ouvrant droit à des prestations sociales comparables, avec la garantie du maintien de
l'emploi antérieur, des droits d'ancienneté et des avantages sociaux.

La quatrième partie aborde les discriminations en termes de droits et


capacités juridiques, liés ou non au statut matrimonial.

Les cinquième et sixième parties abordent le fonctionnement de la


Convention, et du Comité chargé d'en assurer le suivi.

Paragraphe 2. Les instruments juridiques régionaux

A. Charte africaine des droits de l'homme et des peuples

La Charte africaine des droits de l'homme et des peuples est une convention
internationale adoptée par des pays africains dans le cadre de l’Organisation de l'unité
africaine (OUA).

La charte africaine des droits de l'homme et des peuples a été adoptée le 27


juin 1981 à Nairobi (Kenya) lors de la 18e Conférence de l'Organisation de l'Unité
Africaine.
23

Elle est entrée en vigueur le 21 octobre 1986, après sa ratification par 25


états.

Elle s’appuie sur la Charte de l'Organisation de l'Unité Africaine et la


Charte des Nations unies ainsi que sur la Déclaration universelle des droits de l'homme
tout en « tenant compte des vertus de leurs traditions historiques et des valeurs de
civilisation africaine qui doivent inspirer et caractériser leurs réflexions sur la conception
des droits de l'homme et des peuples » (préambule de la Charte).

Cette charte n'est pas une simple adaptation des principes fondamentaux de
la Déclaration Universelle aux spécificités de la culture africaine; d'ailleurs la notion de
"civilisation africaine" à laquelle elle se réfère est assez large puisque ce texte a été ratifié
par des pays de traditions très diverses (de l'Algérie à l'Afrique du Sud et du Cap-Vert à
Madagascar). Elle place au même niveau que les droits de l'homme d'une part le droit des
peuples africains à disposer d'eux-mêmes face au monde extérieur et d'autre part les
devoirs de l'individu envers la famille et l'État. Elle définit donc un dispositif dans lequel
indépendance nationale, tradition, cohésion sociale et autorité (dès lors que cette autorité
n'est pas imposée par une puissance coloniale) sont des valeurs aussi importantes que les
droits de l'homme au sens individuel, qui ne sont donc plus des droits au-dessus des
autres.

Depuis sa première et historique décision rendue le 15 décembre 2009


(Yangogombaye c. Sénégal en incompétence pour défaut d'accord préalable de l'Etat
défendeur) la Cour continentale a connu une évolution ponctuée par une abondante
jurisprudence: v. notamment l'Affaire Lidho et autres c. Cote d'Ivoire du 5 septembre
2023, ou plus récemment l'Affaire Commission africaine des droits de l'homme c. Kenya
(au fond le 13 juin 2023, c'est l'Affaire des Ogieck). v. Tchikaya (B.), Jurisclasseur Droit
international, La Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, fasc. 165-20
(2023). Les recours présentés à la Cour sont de plus divers. Ils portent sur les statuts et
des droits des personnes; sur les droits majeurs des Etats; sur les revendications
24

identitaires et l'autodétermination; sur les droits politiques; sur les droits relatifs à
l'environnement.

B. Charte africaine de droit et du bien être de l'enfant

La charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant garantit à tout


enfant le droit imprescriptible ; droit à la vie (article 5), droit à l'éducation (article 11),
aux loisirs et à la culture (article 12), à la protection contre l'exploitation et les mauvais
traitements (travail des enfants, exploitation .

La Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant est un traité


régional adopté par l'Union Africaine en 1990, entré en vigueur en 1999, qui énonce les
droits et les principes relatifs au statut des enfants en Afrique. Elle vise à protéger les
enfants contre diverses formes d'abus, de négligence, d'exploitation et de violence, et à
promouvoir leur bien-être général.

Paragraphe 3. Les instruments juridiques nationaux en RDC

A. La constitution du 18 février 2006

La constitution est la loi suprême de la république démocratique du Congo.


C'est de cette loi fondamentale que toutes les lois tirent leur substance. Aucune loi ne
peut être contraire à la Constitution, et donc ne peut s'opposer à elle ou réduire sa portée.
30

Ce document définit le type de société organisée dans le pays, les symboles


qui distinguent le pays des autres pays, tel que le drapeau, l'hymne national, la devise ou
la monnaie nationale, la forme de l'État (fédéral ou unitaire), le régime politique, le mode
de scrutin au niveau national et provincial, et la responsabilité et le fonctionnement de la
justice et des institutions.

30
Exposé de motif de la constitution du 18 février 2006 telle que modifiée à ce jour
25

La Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février


2006 ne contient pas une interdiction explicite des mutilations génitales féminines
(MGF). Cependant, elle établit des principes fondamentaux qui peuvent être interprétés
comme un fondement pour la lutte contre cette pratique.

En effet, la Constitution stipule que :

Les pouvoirs publics veillent à l'élimination de toutes les formes de


discrimination à l'égard de la femme et assurent la protection de ses droits.

Toute violence sexuelle faite sur toute personne est érigée en crime contre
l'humanité puni par la loi.

Ces dispositions, bien que générales, peuvent être utilisées pour justifier des
mesures législatives et des actions visant à interdire et à sanctionner les MGF. De plus, la
Constitution met l'accent sur la protection des droits de l'homme, notamment des femmes
et des enfants, ce qui peut être interprété comme un appel à l'élimination de pratiques
telles que les MGF.

Dans son exposé de motif, la constitution du 18 février 2006 telle que


modifiée et révisée à ce jour précise que le constituant tient à réaffirmer l'attachement de
la RDC aux droits humains et aux libertés fondamentales tels que proclamés par les
instruments juridiques internationaux auxquels elle a adhéré. Aussi, a-t-il intégré ces
droits et libertés dans le corps même de la constitution.

En vertu de l'article 16, elle dispose :

" La personne humaine est sacrée. L’État a l'obligation de la protéger. Toute


personne a droit à la vie, à l'intégrité physique ainsi qu'au libre développement de sa
personnalité dans le respect de la loi, de l'ordre public, du droit d'autrui et des bonnes
mœurs. 31
31
Article 16 de la constitution du 18 février 2006
26

B. Le code pénal congolais

Ceci est l'un des instruments juridiques nationaux, le code pénal congolais,
décret du 30 janvier 1940 tel que modifié et complété le 30 novembre 2004 qui fixe les
dispositions sur les infractions des personnes, des propriétés, les infractions contre la
sécurité publique, la foi publique, l'ordre public, l'ordre de famille, des atteintes aux droits
garantis aux particuliers et atteinte à la sûreté de l'Etat.32

CHAPITRE DEUXIÈME : IMPACT DES INSTRUMENTS JURIDIQUES


INTERNATIONAUX ET RÉGIONAUX SUR L'INTERDICTION DES
MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES

Section 1. Défis liés à l'application des instruments juridiques sur la lutte contre les
mutilations génitales féminines

Paragraphe 1. Ambiguïté du cadre juridique

32
Source : HTTPS: // congomines . Org. Reports code pénal congolais consulté le 9 août 2025 à 20 h
27

D’un point de vue historique, le constat est identique : le domaine n’est


investi par la science juridique que récemment. Ainsi, en 1954, l’Assemblée générale de
l’ONU adopte une résolution intitulée« la condition de la femme en droit privé :
anciennes lois et pratiques portant atteinte à la dignité de personne humaine de la femme
»33.

Celle-ci demande aux Etats administrant des territoires non autonomes ou


sous tutelle d’abolir le mariage des enfants, la pratique du prix de la mariée, de garantir le
libre choix du conjoint ou des droits pour les veuves. Néanmoins, s’il est donc question
de mariage, nulle mention de violences ou mutilations sexuelles, alors que la pratique est
déjà bien connue. La femme n’est qu’une épouse, et si elle est bien sujet de droit, son
corps, quant à lui, n’est pas objet de droit. De même, en 1959, sollicitée par le Conseil
économique et social de l’ONU, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) refuse
d’initier une étude sur « la persistance des coutumes qui consistent à soumettre les filles à
des opérations rituelles et sur les mesures prises, ou projetées, pour mettre fin à ces
pratiques », parce qu’il s’agit de pratiques motivées par des considérations culturelles et
sociales ne relevant pas de sa compétence. Le langage est y particulièrement euphémique
et pudique.34

: « Le Dr. Dorolle n'aura pas besoin de donner de détails sur ces pratiques ;
au cas où ces détails seraient demandés, ils pourront être fournis en séance privée ». (…).
« L'Organisation ne croit pas qu'une étude des conséquences physiques et psychologiques
puisse apporter de nouvelles lumières sur la question. Il serait semble-t-il, plus
satisfaisant que les organismes des Nations Unies compétents en matière sociale et
culturelle se chargent de cette étude ».

Le sujet est tabou, et n’est pas une question d’intérêt sanitaire


international4. L’organisation finit pourtant (tardivement) par prendre la tête de la lutte
contre les « mutilations génitales féminines » (MGF), pour lesquelles elle propose

33
P. BRENOT (Dir.), Dictionnaire de la sexualité humaine, L’Esprit du Temps, 2004, 721 p
34
OMS, Procès-verbal de séance, EB23/Min/l8, 10 mars 1959, pp. 10-11
28

aujourd'hui une typologie médicale, identifie des causes, des conséquences


préjudiciables, et propose des solutions. 35

En France, au début des années 1980, l’excision parvient jusqu’au monde


judiciaire. Un premier procès contre le père d’une enfant décédée conduit laborieusement
à la qualification criminelle de l’excision en 1983, alors inconnue du code pénal. Ces
premières affaires révèlent à fois d’immenses réticences des magistrats (dont, en l’espèce,
Antoine Garapon, alors juge des enfants) à condamner une pratique culturelle étrangère,
et les divisions profondes du monde socio-médical. 36

En outre, ce n’est que douze ans après, en 1994, qu’une circulaire


ministérielle inscrit la prévention desdites mutilations dans les politiques publiques
locales. Les victimes d’excision ne sont pleinement protégées par la reconnaissance de
leur statut conventionnel de réfugié que depuis des arrêts d’assemblée du Conseil d’Etat
de décembre 2012. 37

Il n’existe aucune définition univoque et juridiquement contraignante de


l’expression
« mutilations sexuelles ». La doctrine y insère parfois une dimension d’atteinte à
l’épanouissement de la sexualité8, là où l’OMS reste très neutre et médicale, mettant
l’accent sur un acte chirurgical. Selon la définition interinstitutionnelle qu’elle a initié, «
les mutilations sexuelles féminines recouvrent toutes les interventions aboutissant à une
ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autres lésions
des organes génitaux féminins pratiquées à des fins non thérapeutiques ». Quoi qu’il en
soit, les pratiques existent depuis des millénaires et sur tous les continents.38

35
idem
36
A. GARAPON, « La culture dangereuse », in Le groupe familial, no. 114« familles étrangères »,
janvier-mars 1987, pp. 78-87)
37
Sur ce point liant l’excision et le droit d’asile en France, voir la contribution de [Link] et
[Link] dans le présent ouvrage.
38
D. BORRILLO, Le droit des sexualités, Paris, PUF, « Les voies du droit », 2009, p. 195
29

« La mutilation sexuelle peut être définie comme toute altération


morphologique ou fonctionnelle affectant des structures corporelles qui participent à
l'épanouissement de la sexualité ».)

Elles sont très diverses et il ne s’agit pas d’en faire un catalogue complet.
Elles relèvent de ces rites de passages, d’un âge à un autre, d’un groupe social à un autre,
déclinées en autant de cérémonies, motivées par un traditionalisme dont les causes sont
multiples et évolutives, et dont la trace est souvent perdue.39

De nombreux chercheurs ont cherché à les connaitre et comprendre, chacun


dans leur discipline : en ethnologie et anthropologie physique ou sociale (y compris et
surtout l’anthropologie raciale -et raciste- du début du 19eme siècle), en médecine, et
enfin en droit.

Cependant, ce dernier intervient fort tardivement pour encadrer certains


comportements constituant des atteintes graves à des droits fondamentaux
universellement consacrés. La nature sexuelle ou non des mutilations rituelles n’est pas
totalement circonscrite. En effet, des mutilations rituelles historiquement bien connues,
telles que le bandage des pieds des chinoises, peuvent avoir comporté une dimension
indirectement sexuelle, à visée érotique12, mais sans conséquence directe sur les organes
ni sur l’accès à la sexualité récréative ou reproductive. D’autres altérations du corps que
celles des organes génitaux peuvent donc, elles aussi, relever du sujet. Par ailleurs,
médicalement, le terme « génital » est bien plus restrictif que le terme « sexuel » et que le
phénomène visé ici. Dès lors, il semble qu’une approche large soit à privilégier. C’est
notamment le choix sémantique privilégié récemment dans les instances onusiennes, qui
préfèrent, pour la plupart, l’expression « mutilations sexuelles féminines » (MSF) à
l’ancienne « MGF ».40

39
P. BOURDIEU, « Les rites comme actes d'institution », Actes de la recherche en sciences sociales, Vol.
43, juin 1982 (Rites et fétiches), pp. 58-63
40
F. ELLENBERGER (psychiatre), « Mutilations corporelles infligées aux femmes : étude
victimologique », Criminologie, vol. 13, n° 1, 1980, p. 80-93. On peut aussi mentionner le phénomène
des « cous-girafes » ou du labret (disque labial).
30

Paragraphe 2. Facteurs socio-culturels

La lutte contre les mutilations sexuelles n’implique pas la négation des


valeurs traditionnelles par le droit. Il reconnait l’existence de traditions culturelles
positives à protéger, mais qui identifie aussi des traditions préjudiciables22. Le droit
relatif aux traditions néfastes nait à partir de l’article 5 de la CEDEF, qui impose aux
Etats d’éliminer les « pratiques coutumières » infériorisant la femme. 41

Il fut repris et précisé dans le cadre régional, lors de l’adoption en Amérique


latine, 17 ans avant l’Europe, d’une convention consacrée à la violence contre les
femmes, qui vise notamment à « modifier les habitudes de comportement social et
culturel des hommes et des femmes, y compris des programmes d’éducation de type
classique et extra-scolaires à tous les niveaux du processus d'enseignement, pour
neutraliser les préjudices, coutumes et toutes autres pratiques basées sur le concept
d’infériorité ou de supériorité d'un sexe par rapport a l'autre ». 42

A l’ONU, si dès 1986 un rapporteur spécial sur la question des « harmful


traditional practices » est nommé, la première étude d’ensemble fut menée par le Haut
commissariat aux droits de l'homme en 1995, sous l’angle des « pratique préjudiciables à
la santé des femmes et des enfants »43

Si les rites de passage sont présents dans toutes les sociétés, ils ne sauraient
fonder des violences sur des motifs culturels ou religieux. L’affirmation figure dans de
très nombreux textes, à vocation universelle comme régionale. Elle se traduit notamment
par l’article 12.5 de la Convention d’Istanbul précitée.44

41
P. MEYER-BISCH, « Les traditions sous l’angle des droits de l’homme : une responsabilité culturelle
commune », Genève, 2010, 10 p, disponible sur [[Link]
42
OEA, Convention interaméricaine pour la prévention, la sanction et l’élimination de la violence contre
la femme, Convention De Belem Do Para, AG/RES.1257 (XXIV-O/94), 9 juin 1994, article 8.b.
43
UN Office of the High Commissioner for Human Rights (OHCHR), Fact Sheet No23, Harmful
Traditional Practices Affecting the Health of Women and Children, août 1995
44
Les Parties veillent à ce que la culture, la coutume, la religion, la tradition ou le prétendu « honneur »
ne soient pas considérés comme justifiant des actes de violence couverts par le champ d’application de la
présente Convention »
31

Or, les motifs avancés pour expliquer et justifier les mutilations sexuelles
sont très divers. Le motif religieux, erroné, doit être rejeté fermement d’emblée tant il est
clair, malgré des croyances locales persistantes, que la pratique de l’excision n’est pas
d’origine religieuse. Elle remonte à l’Egypte antique (l’infibulation est, encore
aujourd'hui, qualifiée de « circoncision pharaonique »), avant les monothéismes, et aucun
texte religieux ne prescrit une telle pratique. En outre, elle est pratiquée dans toutes les
communautés, quelles que soit leur confession.45

D’ailleurs, on peut souligner que des autorités religieuses elles-mêmes ont


parfois expressément souligné l’indifférence de leur religion à l’égard de l’excision. 46

Les autres motifs avancés sont d’ordre socio-culturel. Ainsi, il s’agit avant
tout d’un rite d’intégration dans une communauté. Pour les plus jeunes enfants, il s’agit
d’achever la féminisation ou la masculinisation du corps : le clitoris étant perçu comme
un petit pénis, tandis que le prépuce du garçon serait d’essence féminine, il convient de
les enlever. En outre, la morale est indéniablement très présente, car il s’agit aussi
d’encadrer et de limiter la sexualité des (seules) femmes. Ainsi, l’excision permettrait à la
fois de préserver la virginité (pour l’infibulation, surtout), de limiter les comportements
sexuels « inappropriés » en diminuant la libido, de préparer les jeunes filles à l’entrée
dans le groupe social des épouses, et de préserver l’honneur de la famille. L’argument de
la protection de la femme contre le viol et les violences masculines est également
fréquemment mentionné. Last but not least, on peut également recenser des motivations
traditionnelles d’ordre esthétique ou hygiénique.

Culture et coutumes étant étroitement liées, le droit peut protéger aussi bien
que limiter les traditions, à travers l’élaboration récente, sous l’égide de l’UNESCO, d’un

45
Voir UNICEF, Mutilations génitales féminines/excision : bilan statistique et examen des dynamiques
du changement, New York, juillet 2013, 194 p, et Analyse de situation des enfants en Guinée, 2015, 106
p)
46
Voir le recensement des attitudes religieuses par le rapport du HCDH à l’AGONU, Prévention et
élimination de la mutilation génitale féminine : pratiques exemplaires et principales difficultés,
A/HRC/29/20, 27 mars 2015, §§29-31
32

droit dela diversité culturelle. Cependant, la diversité n’autorise pas le relativisme culturel
qui sévit en droit international des droits de l'homme et qui tolère des atteintes graves aux
droits fondamentaux. Or, il se diffuse dans des instruments juridiques internationaux
depuis les années 1980, notamment via les nombreuses réserves aux traités de protection
des droits de l'homme motivées par les traditions. 47

En outre, dans différents champs du droit, l’invocation de certaines


traditions et coutumes est un outil permettant de déroger à la règle générale. ( Source : En
matière de traitement des animaux, les cas sont nombreux (combats de coqs, gavage de
canards, tueries de dauphins ou de phoques, pour des motifs traditionnels), et le droit de
l’OMC (article XX a) du GATT autorise les Etats à prendre en compte un argument de «
moralité publique » pour imposer des restrictions aux importations de produits qui en
découlent. Un différend tranché en 2014 a opposé l’Europe et le Canada sur ce
fondement dans « l’affaire des phoques ».)

Les droits culturels font partie intégrante des droits de l'homme, et les
années 2000 ont confirmé la tendance visant à limiter la protection de la diversité
culturelle aux pratiques ne portant pas atteinte aux droits fondamentaux. C’est ainsi
qu’une disposition fut insérée dans la convention sur la diversité culturelle, affirmant que
« [n]ul ne peut invoquer les dispositions de la présente Convention pour porter atteinte
aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales tels que consacrés par la Déclaration
universelle des droits de l’homme ou garantis par le droit international, ou pour en limiter
la portée »34. C’est la seule, cependant, et l’on peut souligner par exemple le silence de
48
la convention sur la renaissance culturelle africaine de 200635.
L’équilibre entre traditions et traditionalisme, entre culture et relativisme, est fort délicat,

47
Ainsi, les ratifications de la convention CEDEF avaient été assorties de très nombreuses réserves à
l’article 5, précité : pour une analyse, voir D. ROMAN, [Link]., pp. 35-47. Egalement Juliette GATE, «
droits des femmes et traditions », RRJ 2012-3, pp. 1141-1154.)
48
UNESCO, Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles,
octobre 2005, article 2§1.
33

comme l’illustrent les discussions et travaux menés au sein du Conseil des droits de
l'homme36 et les réflexions doctrinales.49

La récente résolution du CODESC sur le droit à la santé sexuelle et


procréative illustre bien cette conciliation ambigüe, dans un modèle de paradoxe et
d’ambiguïté sur le lien entre respect des cultures et services de santé sexuelle.( Source :
Comité des droits économiques, sociaux et culturels (CODESC), Observation générale
sur le droit à la santé sexuelle et procréative (art. 12 du Pacte international relatif aux
droits économiques, sociaux et culturels), E/C.12/GC/22, 2 mai 2016, §20 )

Paragraphe 3. Absence de campagne et sensibilisation

Les mutations génitales féminines étant considérées comme une violation


des droits humains, il importe de procéder à des campagnes et des sensibilisations aux
droits humains visent à informer, éduquer et mobiliser les individus et les communautés
pour prévenir les violations des droits et promouvoir leur respect. Ces campagnes
utilisent divers canaux et stratégies pour atteindre un large public et susciter un
changement de comportement et de mentalité. 50

Section 2. Impact ou contribution des instruments juridiques de lutte contre les


mutilations génitales féminines en Afrique

Les instruments internationaux et régionaux jouent un rôle crucial en


établissant des normes, en orientant les politiques publiques et en soutenant les réformes
légales et opérationnelles. Leur impact est le plus fort lorsque les cadres normatifs sont
traduits en lois claires et en actions concrètes sur le terrain, soutenues par des services de
protection et des initiatives communautaires efficaces. Néanmoins, l’efficacité dépend
largement de la volonté politique, des ressources, et de la capacité des systèmes
judiciaires et sanitaires à mettre en œuvre ces cadres.

49
C. Le Bris, « La contribution du droit à la construction d’un « vivre ensemble » : entre valeurs
partagées et diversité culturelle », Droit et société, 2016/1 (N°92), pp. 75-98.)
50
De la sensibilisation contre les mutilations génitales féminines disponible dans le site internet https
www [Link] consulté le 9 août 2025 à 20 h )
34

Paragraphe 1. Prohibition des mutilations génitales féminines

Les mutilations génitales féminines (MGF) comprennent toutes les


interventions qui impliquent l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes
de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins qui sont pratiquées pour
des raisons non médicales. Ces pratiques ne présentent aucun avantage pour la santé des
jeunes filles et des femmes et peuvent provoquer de graves hémorragies et des problèmes
urinaires, et par la suite des kystes, des difficultés menstruelles, des infections ainsi que
des complications lors de l’accouchement, et elles augmentent le risque de décès
néonatal.51

La pratique des mutilations génitales féminines est considérée comme une


violation des droits humains des jeunes filles et des femmes à l’échelle internationale.
Elle est le reflet d’une inégalité profondément enracinée entre les sexes et constitue une
forme extrême de discrimination à l’égard des filles et des femmes. Les mutilations
génitales féminines sont presque toujours pratiquées sur des mineures et constituent une
violation des droits de l’enfant. Ces pratiques sont également contraires au droit à la
santé, à la sécurité et à l’intégrité physique ; au droit à ne pas être soumis à la torture et
aux autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; ainsi qu’au droit à la
vie lorsqu’elles ont des conséquences mortelles. Dans plusieurs contextes, les données
semblent indiquer que les soignantes et les soignants participent davantage aux MGF, car
on pense que ces actes sont plus sûrs s’ils sont médicalisés. L’OMS exhorte les
soignantes et les soignants à ne pas pratiquer de MGF et elle a élaboré une stratégie
mondiale et des documents spécifiques pour soutenir le secteur de la santé et les
personnels soignants à mettre fin à la médicalisation des MGF. 52

Paragraphe 2. Extradition et coopération transfrontalière

La coopération transfrontalière en matière de sécurité n’allait pas de soi


lorsque les pères fondateurs de l’Europe ont voulu unifier le continent. Le traité de Rome
51
Idem
52
ibidem
35

de 1957, a d’abord instauré le marché commun et posé le principe des « quatre libertés »
fondamentales que sont la libre circulation des personnes, des services, des marchandises
et des capitaux. Ces libertés ont été imaginées sans penser aux questions de sécurité. Seul
le Conseil de l’Europe aborde cette question avec la signature, en 1959, de la Convention
européenne d’entraide judiciaire en matière pénale. 53

L'extradition et la coopération transfrontalière sont deux concepts clés dans


la lutte contre la criminalité internationale. L'extradition est la procédure par laquelle un
État remet une personne se trouvant sur son territoire à un autre État, afin que cette
personne puisse y être poursuivie ou y subir une peine. La coopération transfrontalière,
quant à elle, englobe l'ensemble des mécanismes et accords par lesquels les États
collaborent pour lutter contre la criminalité, notamment par l'échange d'informations,
l'entraide judiciaire et l'extradition.54

L'extradition du point de vue des mutilations génitales féminines est une


mesure de droit pénal international qui permet à un État (l'État requérant) d'obtenir d'un
autre État (l'État requis) la remise d'une personne poursuivie ou condamnée pour cette
infraction, afin qu'elle soit jugée ou qu'elle purge sa peine dans le pays requérant.

La coopération transfrontalière désigne l'ensemble des mécanismes et


accords par lesquels les États coopèrent pour lutter contre la criminalité, notamment par
l'échange d'informations, l'entraide judiciaire et l'extradition.

Paragraphe 3. Renforcement législatif et politique

Le renforcement législatif et politique relatif aux incisions fait référence à


l'ensemble des mesures visant à améliorer le cadre juridique et politique encadrant les
pratiques d'incision, notamment en matière de santé, de sécurité, et de droits humains.
Cela implique souvent une révision des lois existantes, l'adoption de nouvelles

53
Notions de l'extradition et coopération transfrontalière en droit international sur https www. Grils not
bride consulté le 9 août 2025 à 20 h 10 )
54
idem
36

réglementations, et la mise en place de mécanismes de contrôle et de suivi pour garantir


leur application effective.

Les instruments juridiques internationaux et régionaux une fois ratifiés, ces


derniers obligent les États à pouvoir adapter les lois nationales et mettre en place des
politiques nationales tendant à incriminer et sanctionner de manière rigoureuse la
pratique des mutilations génitales féminines. 55

Paragraphe 4. mécanismes de suivi et responsabilisation

La mise en place de mécanismes de contrôle et de suivi permet de s'assurer


que les lois et réglementations sont effectivement appliquées, et de détecter et de
sanctionner les pratiques illégales. Les instruments juridiques internationaux et régionaux
permettent de contrôler si les États respectent les obligations conventionnelles qui leur
incombe notamment en matière de protection des femmes contre les mutilations génitales
féminines qui sont considérées comme étant une violation de droit de l'homme. ( Source :
ibidem )

Section 3. Autres perspectives de solution contre les mutilations génitales féminines

Paragraphe 1. Renforcement du cadre légal et des mesures de sanction

Le renforcement du cadre légal et des sanctions contre les incisions vise à


dissuader la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) et à protéger les
victimes. Cela implique l'adoption de lois plus strictes, l'augmentation des peines pour les
auteurs de ces actes, et la mise en place de mesures de prévention et de protection pour
les femmes et les filles à risque.

55
https www openbookedition cadre légal des mutilations génitales féminines consulté le 9 août 2025 à
20 h 20 )
37

_ Adoption de lois spécifiques:

De nombreux pays ont adopté des lois interdisant explicitement les MGF, avec des peines
de prison et des amendes pour les auteurs.

_ Extension de la compétence territoriale:

Certaines juridictions ont étendu leur compétence pour poursuivre les auteurs de MGF
même si l'acte a été commis à l'étranger, si la victime ou l'auteur est un ressortissant de ce
pays.

_ Clarification des définitions:

Il est important de définir clairement ce qui constitue une MGF afin de faciliter
l'application des lois et de s'assurer que toutes les formes de mutilations sont couvertes.

_ Mesures de sanctions:

a. Peines de prison

Les peines de prison pour les auteurs de MGF peuvent varier, mais elles sont
généralement significatives pour dissuader la pratique.

b. Amendes

Des amendes peuvent être imposées en plus des peines de prison pour punir
financièrement les auteurs et compenser les victimes.

Paragraphe 2. Mobilisation des leader religieux, traditionnels et communautaires

Dans le monde, près de 200 millions de filles envie aujourd’hui ont déjà
subi une forme de mutilation génitale. Selon les estimations de l’UNFPA 4,1 millions de
femmes et de filles risquent d’en subir en 2021, et ce chiffre pourrait atteindre 4,6
38

millions d’ici 2030. Selon l’enquête nationale de santé de 2013 (l’année la plus récente
pour laquelle on a des chiffres), une fille indonésienne de 11 ans ou moins a subi ce type
de mutilations. 56

En 2014, le ministère de la Santé a entériné une réglementation stipulant


que les mutilations génitales féminines n’ont aucun fondement médical et aucun bénéfice
de santé, violent les droits des femmes à la santé procréative et constituent une violence
faite aux femmes et aux filles. Cette réglementation n’interdit cependant pas
explicitement ces pratiques. L’initiative conjointe de l’UNFPA et de l’UNICEF, De
meilleurs droits et une meilleure santé sexuelle et procréative en Indonésie (BERANI),
financée par Affaires mondiales Canada, a soutenu le ministère dans la diffusion de
supports d’information de sensibilisation, d’éducation et de communication, et dans le
développement de stratégies de plaidoyer visant les leaders religieux, les professionnelles
de santé et les organisations de la société civile. 57

Paragraphe 3. Éducation et autonomisation des filles

L'éducation et l'autonomisation des filles sont étroitement liées à la lutte


contre les mutilations génitales féminines (MGF). L'éducation permet aux filles de
comprendre les conséquences néfastes de la pratique et de faire des choix éclairés, tandis
que l'autonomisation leur donne la confiance et les moyens de résister à la pression
sociale et de protéger leurs droits.

L'éducation des filles comme levier contre les MGF:

Connaissance et prise de conscience:

L'éducation permet aux filles d'acquérir des connaissances sur leur corps,
leur santé sexuelle et reproductive, et sur leurs droits fondamentaux. Cela inclut la

56
Amnesty International www// https leaders religieux et travailleuses sociales contre les mutilations
génitales féminines consulté le 7 août 2025 à 17 h )
57
idem
39

compréhension des conséquences des MGF, telles que les complications de santé, les
problèmes psychologiques et les difficultés lors de l'accouchement.

Renforcement de la confiance et de l'estime de soi:

L'éducation aide les filles à développer leur confiance en elles et leur estime
de soi, ce qui les rend moins vulnérables à la pression sociale et plus aptes à refuser les
MGF.

_ Autonomisation économique:

L'accès à l'éducation permet aux filles d'acquérir des compétences et des


connaissances qui leur ouvrent les portes du marché du travail et leur donnent plus
d'indépendance économique. Cette indépendance financière réduit leur dépendance vis-à-
vis de leur famille ou de leur communauté, ce qui peut les rendre moins susceptibles de
subir des MGF.

_ Changement des normes sociales:

L'éducation des filles peut contribuer à un changement des normes sociales


qui perpétuent les MGF. En sensibilisant les filles, les mères et les membres de la
communauté, l'éducation peut remettre en question les croyances et les pratiques
traditionnelles qui soutiennent la mutilation.
40

CONCLUSION GÉNÉRALE

En définitive, nous voici au terme de notre travail scientifique dont le sujet


a porté sur l'impact des instruments juridiques internationaux et régionaux sur la lutte
contre les mutilations génitales en Afrique. Nous sommes parti du constat selon lequel,
les mutilations génitales féminines sont considérées comme des violations des droits
humains, néanmoins l'application des textes juridiques pour les éradiquer est butée à
certains défis majeurs.

Devant cette situation, nous nous sommes posés les questions ci-dessous :

 Que prévoient les instruments juridiques régionaux mutatis mutandis ceux


nationaux pour la lutte contre les mutilations génitales féminines en Afrique ?
 Pouvons-nous conclure que ces tous ces textes contribuent efficacement et
effectivement à l'éradication de ce phénomène de mutilations génitales féminines
en Afrique ?

Au regard de ces interrogations suitées par notre problématique, nous avons postulé que :

_ Les instruments juridiques régionaux et nationaux relatifs à l'incision, et plus largement


aux mutilations génitales féminines (MGF), viseraient à interdire ces pratiques et à
41

protéger les femmes et les filles de ces violences. Ils cherchent à éradiquer les MGF par
le biais de mesures législatives, de sanctions, de sensibilisation, et de protection des
victimes.

_ Les instruments juridiques régionaux et nationaux relatifs à la lutte contre les


mutilations génitales féminines contribueraient mais pas de manière significative à lutter
contre le phénomène de ces pratiques.

En menant cette étude, nous avons poursuivi comme objectifs suivants :

_ Faire une étude comparée ou une analyse approfondie comparative des instruments
juridiques régionaux ainsi que nationaux au regard de la pratique des mutilations
génitales féminines en Afrique. Elle vise à ressortir les prévisions de ces instruments
juridiques pour ressortir les mécanismes de lutte de cette pratique considérée comme
illégale.

_ Démontrer l'impact généré par les instruments juridiques régionaux et nationaux sur la
lutte contre les pratiques des mitulations génitales féminines.

Afin d'atteindre nos objectifs assignés et vérifier nos hypothèses établies, il


a été fait recours à la méthode dogmatique juridique. Cette méthode nous a aidé et permis
de pouvoir analyser la question des droits humains au regard des prévisions des textes
juridiques. Nous nous sommes servis afin de bien interpréter certains textes juridiques.
S'agissant de la technique nous avons fait recours à la technique documentaire qui
consiste à puiser des sources informationnelles dans des livres, machines, etc.

Outre l'introduction et la conclusion, le présent travail a été structuré en 2


chapitres. Le premier a porté sur le cadre théorique sur la lutte contre les mutilations
génitales féminines, enfin, le second chapitre a été consacré à l'impact des instruments
juridiques internationaux et régionaux sur la lutte contre les mutilations génitales
féminines en Afrique.

Après analyse, nous avons aboutit aux résultats suivants :


42

_ Les instruments juridiques internationaux et régionaux sur les mutilations génitales


féminines ne génèrent pas tellement un impact tendant à éradiquer ces pratiques en
Afrique car ils sont confrontés à des défis comme l'ambiguïté des textes, difficulté d'accès
à la justice, les facteurs socio-culturels, l'absence de sensibilisation et campagne

_ Ces instruments juridiques internationaux et régionaux contribuent quand même à


combattre à juste mesure les pratiques des mitulations génitales féminines en instaurant
sa prohibition bien que moins claire, en prévoyant l'extradition et la coopération
transfrontalière, en obligeant aux États de renforcer leurs lois nationales pour interdire ces
pratiques et en mettant quelques mécanismes de suivi.

_ Pour lutter efficacement contre les mutilations génitales féminines en Afrique, nous
avons dénicher quelques perspectives de solutions notamment : le renforcement du cadre
légal et des mesures des sanctions contre les auteurs, la sensibilisation et éducation des
leaders religieux et traditionnels qui cautionnent ces pratiques, l'éducation et
l'autonomisation des femmes elles-mêmes pour les outiller sur comment éviter ces
pratiques.

Eu égard à ces résultats énumérés ci-haut, nous disons que grâce à la


méthode dogmatique juridique et à la technique documentaire nos hypothèses sont
confirmées et nos objectifs sont atteints.

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